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août 27, 2026

Il faut que nous recommencions à rêver sans permission !

Il faut que nous recommencions à rêver

L'histoire d'un continent qui a inventé le futur, qui l'a abandonné, et qui peut encore aller le reprendre.

Le jour où l'Europe a ralenti

2 mars 1969. Toulouse. André Turcat pousse les manettes du Concorde 001, et une machine française s'arrache du sol devant les caméras du monde entier.
Ce jour-là, personne ne demande si c'est bien raisonnable. Personne ne réclame un comité d'éthique, une étude d'impact, un moratoire. L'Europe fait décoller le futur, et elle trouve ça normal.
Trente-quatre ans plus tard, le Concorde se pose pour la dernière fois. Pas dépassé par mieux. Pas remplacé. Abandonné.
2003 : pour la première fois de l'histoire moderne, l'humanité choisit d'aller moins vite. Et l'Europe applaudit.
Retenez cette image. Elle raconte tout ce qui suit.
 
 
 
Ce que nous étions
 
Le Concorde n'était pas une anomalie. C'était notre signature.
Nous avons bâti des cathédrales dont les architectes savaient qu'ils ne verraient jamais la dernière pierre. Nous avons lancé des caravelles vers un océan dont personne ne connaissait l'autre rive. Nous avons inventé la méthode scientifique, vaincu la rage, découvert la radioactivité, creusé un tunnel sous la mer, construit à Genève la plus grande machine jamais assemblée par l'homme.
Rêver était notre métier. Bâtir était notre langue maternelle.
 
La grande capitulation
 
Et puis nous avons cessé. Pas d'un coup. Par capitulations successives.
Nous avons inscrit la précaution dans nos constitutions et la peur dans nos programmes scolaires. Nous avons remplacé l'ingénieur par le juriste, le bâtisseur par le commentateur, l'explorateur par le régulateur. Nous avons fait de la décroissance une vertu et de l'audace un délit.
Trois générations ont grandi avec ce catéchisme : le futur est une menace, la technologie un danger, la croissance une maladie, l'ambition une indécence.
Nous sommes devenus le premier continent de l'Histoire à organiser méthodiquement son propre renoncement, et à appeler ça de la sagesse.
 
« Tes rêves »

Cette capitulation tient en deux mots. Deux mots que tout Européen ambitieux a entendus au moins une fois dans sa vie : « Tu rêves. »
Je les connais par cœur. En 2012, je suis rentré de San Francisco avec la certitude que les voitures autonomes, les fusées réutilisables et l'intelligence artificielle allaient tout changer. On m'a répondu : « Tu rêves, Brivael. »
À San Francisco, « you're dreaming » est le début d'un pitch. À Paris, c'est la fin d'une conversation.
Voilà la vraie frontière. Elle ne sépare pas deux continents. Elle sépare deux logiciels mentaux.
 
Le texte que l'Europe refuse de lire
 
En octobre 2023, Marc Andreessen publie le Techno-Optimist Manifesto. Première phrase : « We are being lied to. » On nous ment.
L'Europe a ricané. Évidemment. Le ricanement est la dernière industrie où nous sommes encore leaders mondiaux.
Mais lisez ce texte. Vraiment. Il dit tout ce que trois générations d'Européens n'ont plus le droit de penser.
Que la technologie n'est pas ce qui détruit le monde : c'est ce qui l'a construit. Que chaque bond technique a allongé nos vies, nourri nos enfants, éclairé nos nuits. Que la croissance n'est pas une option parmi d'autres : c'est la seule alternative à la stagnation, et la stagnation transforme toute société en jeu à somme nulle, et les jeux à somme nulle finissent toujours en guerre de tous contre tous. Que l'énergie et l'intelligence sont les deux carburants de la civilisation, et qu'il faut les multiplier, pas les rationner. Que le nucléaire était la solution depuis le début, et que le principe de précaution qui l'a étranglé est l'une des erreurs les plus coûteuses de l'histoire occidentale. Que le pessimisme n'est pas de la lucidité : c'est une idéologie.
Et que nos ennemis ne sont pas des hommes, mais des idées. La précaution érigée en religion. L'égalitarisme érigé en morale. La gestion du déclin érigée en projet de civilisation.
 
Pendant ce temps, en Louisiane
 
Pendant que nous ricanions, eux bâtissaient.
Aujourd'hui, SpaceX annonce Starbase Louisiana. Plus de cent milliards de dollars. Un spaceport conçu pour des milliers de vols par an. Premier lancement en 2029. Pas dans un livre blanc. Pas dans un rapport de commission. Dans le béton, l'acier et le méthane liquide.
Et nous ? Nous avons régulé l'intelligence artificielle avant de l'avoir bâtie. Nous rédigeons le code de la route d'un pays où personne n'a le droit de construire de voitures.
En 1969, le futur décollait de Toulouse. En 2029, il décollera de Louisiane.
Le rêve européen n'est pas mort. Il a déménagé.
 
Réapprendre à rêver
 
Voici maintenant la bonne nouvelle, et je veux qu'elle soit entendue jusque dans les couloirs de Bruxelles.
Rien de tout cela n'est génétique.
Le peuple qui a bâti Chartres, découvert le radium et fait voler le Concorde n'a pas changé d'ADN. Il a changé de logiciel. Le pessimisme européen n'est pas une fatalité : c'est un programme installé. Et un programme, ça se désinstalle.
Alors voici mon appel. Il est simple. Européens : réapprenez à rêver.
Rêvez de centrales nucléaires par dizaines, construites sans s'excuser. Rêvez de labos d'IA qui font trembler San Francisco. Rêvez de lanceurs réutilisables, d'usines-cathédrales, de robots dans nos ateliers, de thérapies qui feront reculer le cancer et le vieillissement. Rêvez d'un continent qui exporte du futur au lieu d'importer du renoncement.
La France a tout pour mener ce sursaut. L'énergie nucléaire. Une tradition mathématique que le monde entier nous envie. Des ingénieurs que la Silicon Valley s'arrache. Il ne nous manque qu'une chose : la permission de rêver.
Je propose qu'on arrête de la demander.
 
Nous devons rêver à nouveau.
 
Et toi, jeune ingénieur, jeune fondateur, jeune bâtisseur qui lis ceci quelque part entre Lisbonne et Helsinki : ton pessimisme n'est pas le tien. On te l'a enseigné. Rends-le.
Tu n'es pas né pour commenter le futur des autres. Tu es né pour construire le tien.
Le rêve n'est pas une fuite hors du réel. C'est la première étape de sa construction. Tout ce qui existe aujourd'hui a d'abord été rêvé par quelqu'un que les gens raisonnables traitaient de fou.
Alors la prochaine fois qu'on te dira « tu rêves », ne baisse pas les yeux. Souris. Réponds : merci.
Le Concorde attend ses héritiers.
Il est temps de rêver. Il est temps de bâtir.
Les bâtisseurs gagnent. Toujours.
 
Aujourd’hui je débattais avec un pote sur les règles à mettre en place. 
 
 Je lui disais un truc simple : en Europe, tout est illégal par défaut. Tu veux construire, soigner, expérimenter, lancer un produit ? 
 Tu commences par demander la permission. Si personne ne te répond, tu n’as pas le droit. Le silence de l’État, c’est un non. 
 
Son argument était honnête. « Je suis pas pour qu’un mec puisse faire de la merde et déverser des produits chimiques dans les rivières. » On est d’accord là-dessus. Évidemment. Le problème, ce n’est pas ça. Le problème, c’est qu’on a construit toute une civilisation sur la peur du connard visible. Et qu’on a oublié les morts invisibles. 
 
Milton Friedman l’avait vu avec une clarté presque cruelle, à travers la FDA. Un fonctionnaire chargé d’approuver un médicament peut faire deux erreurs. 
La première : laisser passer un produit qui tue. Son nom est à la une. Sa carrière est finie. 
La deuxième : bloquer ou retarder un médicament qui aurait sauvé des milliers de vies. Personne ne compte ces morts. Aucune une. Aucune sanction. La FDA ne compte pas les patients qui meurent en attendant un médicament qu’elle n’a pas encore approuvé. Elle compte seulement ceux qu’un médicament approuvé a blessés. 
 
Le système n’optimise pas pour sauver des vies. Il optimise pour ne jamais être responsable d’un scandale.
 
Après 1962, le nombre de nouveaux médicaments a chuté de plus de moitié. Les délais ont explosé. Des traitements déjà disponibles ailleurs mettaient des années de plus à arriver. On a célébré les victimes évitées de la thalidomide. On n’a jamais compté les tuberculeux, les cardiaques, les cancéreux morts en attendant un médicament déjà inventé. Ce qu’on voit : le type qui pollue la rivière. Ce qu’on ne voit pas : le patient qui meurt parce qu’on a interdit par précaution. La réponse n’est pas plus de règles avant. C’est un système connard-resistant. 
 
Un bon système ne suppose pas que tout le monde soit un saint. Il suppose qu’il y aura des salauds. Et il est conçu pour qu’un salaud ne puisse pas tout casser sans payer. Ça demande d’accepter une part de prise de risque. Une société qui refuse le risque refuse aussi le progrès. Le principe de précaution n’est pas de la sagesse. C’est un linceul. 
 
Il protège le bureaucrate. Il enterre le bâtisseur. 
 
Et ça demande de punir a posteriori, pas d’interdire a priori. Tu déverses du chimique dans la rivière ? On te ruine. On t’enferme. On t’interdit de recommencer. Fort. Vite. Sans pitié. Mais on ne gèle pas dix mille entreprises honnêtes pour empêcher le geste d’un seul connard. L’Europe a choisi l’inverse. 
 
 Interdire d’abord. Autoriser parfois. 
 
Et ne presque jamais assumer le coût de ce qu’elle a empêché. Résultat : des rivières un peu plus propres, et une médecine, une industrie, une énergie, une IA en retard. Le logiciel est simple. Liberté d’agir. Responsabilité réelle. Sanction brutale si tu nuis. Zéro permission préalable pour exister. Nos ennemis ne sont pas les gens qui ont peur du connard dans la rivière. 
 
Ce sont les idées qui ont transformé cette peur en régime par défaut. Les bâtisseurs n’ont pas besoin d’un monde sans risques. Ils ont besoin d’un monde où le risque est permis, et où le salaud paie après. 
 
 Allez construire. Sans demander la permission.
 
Elon a dit un truc d’une clarté presque brutale. « There will be no poverty in the future and so no need to save money. » 
 
La plupart des gens ont entendu une provocation de milliardaire. C’est autre chose. C’est une phrase sur la physique. Pas sur la morale. La pauvreté, ce n’est pas d’avoir moins que son voisin. C’est de manquer de ce qui rend une vie humaine possible. Manger. Se loger. Se soigner. Se déplacer. Avoir assez d’énergie et de temps pour ne pas vivre dans l’urgence permanente. La pauvreté, c’est la rareté qui t’écrase. Pas l’écart. 
 
Et c’est précisément ici que le logiciel de gauche fait son tour de passe-passe. 
 
Il redéfinit la pauvreté en inégalité. Dès que tu fais ça, le problème devient insoluble par construction. Il y aura toujours quelqu’un plus riche. Donc il y aura toujours des « pauvres ». Donc il y aura toujours besoin d’intermédiaires. Donc il y aura toujours besoin d’eux. Diviser pour régner. Classe. Quartier. Diplôme. Origine. Tout sauf la seule question utile : qui crée la valeur, et qui l’alloue sans l’avoir créée. Ils se vendent comme les sauveurs du peuple. Regarde ce qu’ils proposent depuis quarante ans. Des dispositifs qui ne sortent jamais les gens de la rareté. Qui les y maintiennent. Le piège de l’aide. Le logement verrouillé. L’école qui ne transmet plus. L’énergie volontairement renchérie. Le travail puni. Tu gagnes un peu plus, on te retire ce qu’on t’avait « donné ». Tu restes. C’est le produit. 
 
Pendant ce temps, la caste s’enrichit. Pas en créant. En allouant l’argent des autres. 
 
En vivant du 57 % du PIB qui passe par l’État. Le ministre devient banquier. Le syndicaliste devient consultant. L’élu habite un monde que les gens qu’il « défend » n’approcheront jamais. Ce n’est pas que ce sont des méchants. C’est que leur structure morale a besoin de victimes permanentes. Sans pauvres à protéger, plus de rôle. Sans rareté, plus de justification. Sans intermédiaires, plus de rente. Le socialisme n’est pas d’abord une théorie économique. C’est une structure morale à trois piliers. La rareté. Les victimes. Les intermédiaires indispensables. 
 
Elon ne parle pas de redistribution. 
 
Il parle de ce qui arrive quand ces trois piliers tombent en même temps. L’IA et la robotique — Optimus en tête — vont faire chuter le coût de presque tout ce qui constitue une vie. Nourriture. Logement. Transport. Médecine. Éducation. Énergie. Quand un robot humanoïde sait construire, soigner, assembler, livrer, le travail humain cesse d’être le goulot. La rareté des biens et des services s’effondre. Ce qui reste rare, c’est le temps, l’attention, quelques biens positionnels. Plus la survie. D’où la deuxième partie de la phrase. Plus besoin d’épargner contre la misère. Pas parce que l’État te protège. Parce que la production elle-même devient triviale. Universal high income. Pas un chèque de survie. L’abondance. Le rêve communiste — plus de pauvreté, chacun selon ses besoins — n’était pas idiot comme destination. Il était idiot comme chemin. 
 
Le collectivisme est le problème d’ordre 1. 
 
Parce qu’il détruit le calcul économique. 
Parce qu’il remplace le prix par le comité. 
Parce qu’il concentre le pouvoir dans les mains de ceux qui n’ont jamais créé ce qu’ils allouent. 
Parce qu’il a besoin de la rareté pour exister. 
 
Le capitalisme et la liberté individuelle, armés de l’abondance technologique, font l’inverse. Ils produisent tellement que le problème cesse d’être « qui mérite quoi ». Il devient « qu’est-ce qu’on fait de tout ça ». On n’abolit pas la pauvreté en volant le producteur. On l’abolit en rendant la production triviale. 
 
Les bâtisseurs sont en train de livrer ce que les planificateurs ont promis pendant un siècle. Sans Gosplan. Sans Terreur. Sans caste d’intermédiaires. Le XXIe siècle n’aura pas besoin de sauveurs. Il aura besoin de gens qui construisent. Alors on construit. 
 
Brivael Le Pogam 
@brivael
 
 

Sept menaces dont tout dépend.

Si l’on veut éviter de trébucher sur un obstacle, mieux vaut marcher les yeux ouverts. Pourtant, quand on propose la même attitude à l’égard de l’avenir, on est taxé de pessimiste ou de Cassandre, et trop souvent discrédité. Aujourd’hui plus que jamais, il faut marcher les yeux ouverts sur la route du temps. On y trouve au moins sept crevasses béantes. Toutes sont aujourd’hui documentées, chiffrées, et pour la plupart déjà à l’œuvre. Ne pas les voir, ne pas en tenir compte dans les débats sur les échéances qui s’annoncent, relèverait de l’irresponsabilité.

Première menace : En France, le débat budgétaire qui s’ouvre pour 2027 devrait rappeler une réalité que les postures électorales s’emploient à occulter : la dette publique a franchi, en août 2026, le seuil de 118,3 % du produit intérieur brut, contre 115,6 % fin 2025 et va vers 130 %. Le Conseil d’orientation des retraites prévoit, dans son rapport de juin 2025, un besoin de financement qui ne se résorbera pas avant 2070. Aucun candidat déclaré à la présidentielle ne propose, à ce jour, l’ajustement structurel massif pour les dépenses publiques et en particulier pour les retraites (recul important de l’âge de départ, désindexation partielle des pensions, fiscalisation accrue, capitalisation) qui seul permettrait d’inverser durablement cette trajectoire.

Second péril : l’emballement de la finance mondiale. La dette mondiale, publique et privée confondues, dépasse en 2026 le triple du produit intérieur brut de la planète. Cette masse, gonflée par une décennie de taux bas puis par la remontée erratique des taux longs, circule largement dans un système bancaire parallèle (fonds de private equity, hedge funds, plateformes de crédit privé) soustrait à la supervision imposée après la crise de 2008. Ni la Réserve fédérale, ni la Banque centrale européenne, ni le Comité de Bâle ne maîtrisent aujourd’hui l’ampleur des risques systémiques que ce shadow banking, largement opaque et interconnecté, fait courir à l’économie réelle ; le jour approche où les taux longs, ou un choc géopolitique, en révéleront la fragilité et où tout cela explosera.

Troisième dérive : la concentration économique. Les fusions-acquisitions mondiales devraient dépasser 5 300 milliards de dollars en 2026 : sur les cinq premiers mois de l’année, la valeur des transactions a bondi de 41 %, tandis que leur nombre n’augmentait que de 2 %. Les méga-transactions de plus de 10 milliards de dollars ont progressé de 52 % en nombre et 53 % en valeur en un an. Tout cela prouve, si c’était nécessaire, que la richesse se concentre entre un nombre toujours plus restreint d’acteurs. De l’intelligence artificielle à la pharmacie, quelques dizaines de groupes acquièrent une puissance de marché, et donc politique, que ni les autorités américaines de la concurrence ni la Commission européenne, malgré leurs procédures ouvertes contre les géants technologiques, ne parviendront bientôt plus à endiguer.

Quatrième catastrophe, la plus documentée : le dérèglement climatique. Le monde connaît cette année les incendies de forêt les plus intenses jamais enregistrés ; la banquise polaire a atteint son niveau le plus bas observé ; et la température moyenne mondiale est maintenant supérieure de 1,52 °C à celle de son niveau préindustriel, dépassant pour la première fois le seuil que l’accord de Paris visait à ne jamais franchir. Si on continue, on va vers une hausse de 4 degrés avant 2040.

Cinquième bouleversement : l’automatisation par l’intelligence artificielle et la robotique. L’OCDE évalue pour la France à quatre millions, soit le quart de l’emploi, le nombre de postes exposés à un risque élevé de disparition. Le Fonds monétaire international estime que 40 % des postes de travail dans le monde seront affectés, voire détruits ; C’est un choc beaucoup plus rapide que celui des révolutions industrielles précédentes, qui avaient laissé aux sociétés le temps de s’adapter. Et aucun projet de formation ou de reconversion n’est, à ce stade, à la hauteur de ce qui s’annonce.

Sixième menace : la mobilisation américaine dans le Golfe n’échappe ni à Moscou ni à Pékin. La Chine a multiplié cet été les manœuvres militaires autour de Taïwan, pendant que la Russie n’a pas cessé ses provocations dans toute l’Europe ; tout cela augmente le risque d’une coordination sino-russe visant à profiter de l’absence américaine, pour l’une, attaquer l’Europe et l’autre envahir Taïwan.

Septième poison, plus insidieux : la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme. En France, la Commission nationale consultative des droits de l’homme constate un enracinement de ces haines plutôt qu’un pic conjoncturel. Et d’autres poisons encore, tout aussi insidieux, comme les diverses formes de drogues et le déclin démographique.

Face à ces sept périls (et d’autres, plus discrets, comme la drogue, la démographie ou le délabrement de l’école), des réponses existent. À condition de les mettre en œuvre sans délai : maîtriser la dette publique française par un ajustement structurel assumé ; réguler la finance parallèle avant qu’elle n’impose sa propre crise ; mettre en place une politique mondiale de la concurrence à la hauteur des mégafusions ; sortir des énergies fossiles et protéger la biosphère ; organiser une formation massive à ceux des métiers que l’intelligence artificielle ne détruira pas ; réarmer suffisamment l’Europe, d’une façon autonome, pour dissuader des puissances agressives ; combattre sans complaisance la haine raciale et antisémite ; et toutes les autres formes de poisons qui s’insinuent dans les sociétés.

Tout cela suppose du courage, une mobilisation de tous les instants, un projet, des femmes et des hommes de caractère capables d’accepter d’être provisoirement impopulaires. Il nous faut très vite de la niaque, et de nouveaux Churchill.

Jacques Attali 

Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller d’État. Conseiller spécial du Président de la République François Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.

Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express. 

Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.

 https://www.attali.com/societe/sept-menaces-dont-tout-depend/

 

 
 
 
 
 
 

  

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