Les gauches antisémites. De Proudhon à aujourd'hui
Avant cet article voici trois liens importants sur ce même thème:
https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-1-de.html
Il est courant de penser que l’antisémitisme est étranger aux traditions politiques de gauche. Celles-ci aiment à rappeler leur enracinement dans l’universalisme des Lumières, l’acte émancipateur de la Révolution française, le combat socialiste égalitaire du long xixe siècle et la mobilisation dreyfusarde. Le rapport à l’antisémitisme serait ici un non-sujet. L’obsession « antisioniste » de l’extrême gauche contemporaine appelle pourtant à une exploration de longue durée de l’histoire des gauches où peuvent être repérées nombre de distorsions entre la dure réalité des positions exprimées et les principes moraux invoqués.
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La détermination totalitaire
Résumé
La prise du pouvoir par Hitler en 1933 systématise la dimension racialiste et meurtrière de l’antisémitisme. Cela ne va pas empêcher la gauche pacifiste et les communistes de collaborer, à partir de juin 1940, de manière ponctuelle ou continue, avec l’Occupant nazi. Or, à peine cinq ans après le génocide des Juifs, l’antisémitisme est réactivé sur ses bases traditionnelles – contre Léon Blum –, et selon deux axes inédits. Le premier est celui du négationnisme du génocide, initié par des nostalgiques de la collaboration puis légitimé par Paul Rassinier, un résistant déporté venu du PCF puis de la SFIO, et son livre Le Mensonge d’Ulysse, relayé à partir des années 1960 par l’ultra-gauche.
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L’irrésistible convergence d'antisémitismes pluriels
Résumé
Il est souvent admis qu’après la Shoah, l’antisémitisme aurait durablement disparu des traditions politiques de gauche, discrédité par le génocide et cantonné à l’extrême droite. La période des Trente Glorieuses, la décolonisation et l’essor des luttes tiers-mondistes semblaient consacrer l’avènement d’un humanisme universaliste débarrassé de ses vieux démons. Pourtant, dès les années 1950, un antisémitisme renouvelé prend place dans une concurrence victimaire, se recompose dans les milieux communistes, anticolonialistes et révolutionnaires, sous couvert d’antisionisme et de dénonciation de l’« impérialisme ».
Des théories de Césaire et Fanon à l’héroïsation palestinienne après 1967, des dérives négationnistes de Rassinier et Faurisson à la propagande de Garaudy, puis à l’essor de l’islamisme politique et de ses relais médiatiques, se construit un système idéologique cohérent, associant relativisation de la Shoah, inversion des rôles et réactivation de stéréotypes anciens. Cette histoire montre comment, de Mai 68 aux années 2000, une partie des gauches a progressivement substitué au combat universaliste une vision manichéenne du monde, où l’hostilité envers Israël sert de vecteur principal à un nouvel antisémitisme, désormais mondialisé, médiatisé et politiquement instrumentalisé.
NOUVEAUTE OCTOBRE 2026
Les gauches antisémites. De Proudhon à aujourd'hui
Résumé
Bernard Bruneteau et Stéphane Courtois, deux de nos meilleurs spécialistes d’histoire contemporaine, pulvérisent ici l’idée reçue selon laquelle l’antisémitisme serait étranger à la gauche.
Au contraire, ils montrent que, loin d’être marginal, l’antisémitisme y est présent tout au long du XIXe siècle, qu’il est assumé dans les années 1930-1940, et jusque dans le collaborationnisme.
Depuis, jamais l’antisémitisme n’a disparu à gauche ; toujours il s’est métamorphosé, pour renaître en se radicalisant, du négationnisme à l’« antisionisme », sous l’impulsion de l’URSS de Staline, en 1948. Même après la Shoah, il revient dans l’anticolonialisme et l’anti-impérialisme.
En fait, l’antisémitisme sert aussi à opérer des recompositions de la gauche ; il est au cœur d’une alliance des mondes communiste et arabo-musulman, la matrice de l’« islamo-gauchisme » dont on sait aujourd’hui la virulence et la dangerosité.
Avec méthode et précision, les auteurs décrivent comment la haine d’Israël et de tout ce qui s’y apparente est promue au sein d’une gauche qui parvient à imposer ses mécanismes de justification et de déni, propagés dans une partie du monde politique, des médias et de l’Université, y compris au lendemain du 7 octobre 2023.
Le livre de Bernard Bruneteau et Stéphane Courtois traite franchement, avec lucidité et courage, d’un phénomène politique que doit connaître quiconque cherche à comprendre la marche du temps et à prévenir les redoutables menaces émergentes.
Ce livre se situe dans le prolongement des travaux de la Fondapol consacrés à l’antisémitisme.
Les Editions du CERF en partenariat avec la Fondapol, 304 pages, 21.90€
Radiographie de l’antisémitisme en France - édition 2019
Résumé
La multiplication des actes antisémites depuis le début des années 2000 interroge sur l’ampleur de ce phénomène en France. Quelle est la proportion de Français de confession ou de culture juive à avoir déjà été victime d’un acte antisémite ? Quel est le profil des victimes ? Quel est le ressenti global des Français juifs concernant la prévalence et l’évolution des actes antisémites ? Quel est le regard porté par la société dans son ensemble sur l’antisémitisme en France ?
Les statistiques publiées par le ministère de l’Intérieur ne peuvent prétendre apporter des réponses exhaustives à ces questions. Les données existantes reposent principalement sur les dépôts de plaintes qui ne représentent que la partie « émergée de l’iceberg ».
Face à ce constat, la Fondation pour l’innovation politique et AJC ont réalisé une enquête quantitative (administrée par l’Ifop) qui vise à poser un diagnostic fin et dépassionné de ce phénomène. Le dispositif d’enquête mis en place repose sur une logique de regards croisés entre les Français de confession ou de culture juive (un échantillon de 505 personnes a été constitué) et le grand public (un échantillon de 1 027 personnes a été constitué). L’enquête apporte des données quantitatives nouvelles sur ce phénomène. En voici les principaux enseignements.
Radiographie de l’antisémitisme en France - édition 2022
Depuis les étoiles jaunes portées par des manifestants opposés au passe sanitaire jusqu’à l’usage par certains du pronom « qui » utilisé pour dénoncer la supposée mainmise des Juifs sur les principaux médias, sans oublier la notion de complot juif remis au goût du jour pour expliquer la pandémie du coronavirus, l’année 2021 a été marquée par la multiplication d’incidents antisémites. Si de tels faits sont venus rappeler la persistance des préjugés sur les Juifs au sein de la société française, l’histoire enseigne que l’antisémitisme prospère dans les périodes de crise. Ainsi, près de deux ans après le début de la crise sanitaire, il nous a semblé essentiel de réaliser une vaste étude pour dresser un diagnostic fin et dépassionné de ce phénomène.
Quel est le poids des préjugés à l’égard des Juifs dans la société française en 2021 ? La crise sanitaire s’accompagne-t-elle d’une poussée de l’antisémitisme dans l’opinion publique ? Quel regard portent les Français sur ce phénomène ? Dans quelle mesure les Français juifs s’inquiètent-ils des violences les visant ? Comment ces violences se déroulent-elles ? Pour tenter de répondre à ces interrogations, nous avons construit un dispositif d’enquête exceptionnel. Exceptionnel par sa taille : nous avons conduit l’enquête parallèlement auprès de deux échantillons spécifiques – personnes de confession juive, personnes de confession musulmane – et auprès d’un échantillon global, représentatif de la population française dans son ensemble, ce dernier permettant de se pencher également sur d’autres sous-catégories de la population : les Français catholiques, les jeunes, des groupes de Français classés en fonction de leur zone géographique, de critères socio-économiques, d’affinités politiques ou encore en fonction de leurs sources privilégiées d’information. Exceptionnel également par la diversité des thématiques abordées : exposition et observations d’actes violents, opinions à l’égard d’Israël, de la Shoah, préjugés à l’égard des Juifs… autant de sujets clés à examiner pour tenter d’apporter de nouveaux éclairages sur l’antisémitisme1.
Conclusion
La crise sanitaire ne s’est pas accompagnée d’une poussée de l’antisémitisme que l’on pouvait redouter. Cependant, les stéréotypes négatifs à l’égard des Juifs sont toujours aussi présents dans l’opinion publique française. Si les proportions sont restées stables depuis notre enquête de 2019, il demeure important de retenir qu’entre un quart et un tiers de nos concitoyens partagent ces préjugés antisémites. Cette nouvelle radiographie de l’antisémitisme confirme la persistance de l’antisémitisme au coeur de la société française.
Les Français de confession juive ne pâtissent pas d’une mauvaise image et représentent au contraire une des minorités les mieux acceptées dans l’opinion publique française. En d’autres termes, la proportion de Français exprimant de l’antipathie, voire de la haine pour les Juifs est probablement moins importante qu’elle ne l’a été par le passé.
Ceci n’atténue pourtant pas la réalité brutale de l’antisémitisme et ses conséquences potentiellement dramatiques à la fois pour la vie quotidienne des Français juifs et pour le pays dans son ensemble. L’antisémitisme en France est principalement le fait de segments particuliers de la population française. Ces segments sont minoritaires, mais particulièrement actifs. L’antisémitisme est particulièrement répandu parmi les Français proches du Rassemblement national et de La France insoumise ; il est également plus répandu parmi les répondants de confession ou de culture musulmane, notamment parmi ceux se déclarant pratiquants, d’autant plus qu’ils fréquentent plus assidûment les lieux de culte.
La crise sanitaire a vu aussi l’émergence d’un monde protestataire – les sympathisants des anti-vaccins – plus enclin aux préjugés antisémites. Les résultats de notre enquête confirment le rôle moteur de ces formes de protestation et des réseaux sociaux dans la production et la diffusion de la haine antisémite. On ne saurait cependant attribuer ces résultats aux confinements et à la pandémie, puisque nous avions déjà enregistré le rôle des réseaux sociaux dans nos enquêtes précédentes, en 2014 et en 2019.
Le vécu antisémite des Français de confession ou de culture juive est difficile et douloureux. La plupart des Français juifs (74%) disent avoir déjà subi au cours de leur existence un comportement antisémite, de la moquerie à l’agression physique en passant par l’insulte ou la menace verbale. Notre enquête confirme un fait très préoccupant : l’identification en tant que Juif dans l’espace public français constitue un facteur de risque et expose particulièrement à la violence. Dès lors, on comprend pourquoi tant de Français juifs cachent leur religion. La peur de pouvoir subir à tout moment un comportement antisémite est décuplée chez les parents qui craignent davantage encore pour leurs enfants. Dès lors, ils les éduquent à adapter ou à modifier leurs comportements. En effet, c’est au sein des établissements scolaires que les agressions se déroulent le plus fréquemment. Les familles juives l’ont compris et demandent souvent à leurs enfants de ne pas porter de signes reconnaissables de leur judéité, et même d’éviter de révéler le fait qu’ils sont juifs. C’est pourquoi ces familles scolarisent de plus en plus souvent leurs enfants dans des établissements confessionnels, catholiques ou juifs. L’école de la République a permis pendant des décennies aux citoyens de toutes confessions de « faire nation », mais cette fonction, essentielle à l’école, à la République et au pays, est désormais menacée.Dans leur ensemble, les Français semblent l’avoir compris. En témoignent les résultats de notre enquête, en témoignent l’indignation générale suscitée par le meurtre de Sarah Halimi et l’affaire suscitée par le procès de son meurtrier, en témoigne encore l’approbation majoritaire, au printemps dernier, de la décision d’interdire des manifestations pour empêcher les débordements antisémites qui pouvaient suivre.
Les Français semblent comprendre que l’antisémitisme n’est pas le problème des Français juifs mais qu’il concerne la société dans son ensemble, que ses institutions, sa culture et ses valeurs ne résisteraient pas à l’augmentation de l’antisémitisme. Une prise de conscience peut avoir lieu. Face au retour de l’antisémitisme observé depuis bientôt vingt-cinq ans, notre enquête montre qu’une réponse collective juste, forte, efficace et durable est maintenant nécessaire, et qu’elle est devenue possible.
Le développement du sujet de 2022 est ci-dessous en lien:
https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france-edition-2022/
Radiographie de l'antisémitisme en France - Edition 2024
Résumé
Notre enquête le montre, la société française dans son ensemble n’est pas antisémite. Les Français sont même particulièrement préoccupés par la montée de l’antisémitisme. Les trois quarts (76%) des personnes interrogées estiment que « l’antisémitisme est un problème qui concerne la société dans son ensemble » contre 9% qui y voient « un problème qui concerne uniquement les Juifs et ne concerne pas la société dans son ensemble ». Les Français réclament une politique plus ferme pour lutter contre l’antisémitisme, ils sont 80% à considérer que la justice ne condamne pas assez sévèrement les auteurs des actes antisémites.
Cependant, en dépit de ces données qui témoignent de l’attachement des Français aux valeurs fondamentales de la République, aujourd’hui, nous montrons également qu’une partie de la société française est gagnée par l’antisémitisme. C’est le cas notamment des jeunes en général et plus spécifiquement encore des jeunes Français de confession ou de culture musulmane. Cette évolution est souvent interprétée comme l’effet d’un contexte d’aggravation du conflit israélo-palestinien.
En réalité, l’antisémitisme est déjà présent, le conflit israélo-palestinien l’a mis en mouvement et a donné une justification au passage à l’acte.
C’est un antisémitisme culturel qui ignore l’histoire, ne veut pas la connaître ou la refuse, au point de partager des jugements outranciers et révisionnistes que l’on trouve à foison sur les réseaux sociaux : 40% des moins de 35 ans que nous avons interrogés répondent qu’Israël se comporte avec les Palestiniens comme les nazis se comportaient avec les Juifs, contre 32% de l’ensemble des Français et 31% des moins de 65 ans, mais ce chiffre atteint 67% chez les Français de confession musulmane et 65% chez les Français de confession musulmane de moins de 35 ans ; de même, 29% des jeunes interrogés pensent que “la création d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste”, contre 16% des Français et 12% des 65 ans ou plus.
Ce chiffre monte à 45% chez les Français de confession musulmane et à 46% chez les moins de 35 ans. Le corollaire de cette détestation d’Israël est une complaisance montante à l’égard du Hamas, l’organisation terroriste islamiste palestinienne. Si 2% des 65 ans et plus disent éprouver de la sympathie pour ce groupe terroriste, le niveau atteint 14% chez les moins de 35 ans. Ce chiffre monte à 22% chez les Français de confession musulmane et à 27% chez les moins de 35 ans.
Cette étude, est la quatrième édition d’un baromètre initié en 2014 par l’American Jewish Committee (AJC), Fondapol et l’Ifop. Cette édition s’inscrit dans le contexte d’une recrudescence d’actes antisémites depuis l’attaque du 7 octobre. L’enquête a été menée auprès de trois échantillons : un échantillon représentatif de l’ensemble des Français ; un échantillon de Français de confession musulmane et un échantillon de Français de confession juive. Les Français de confession juive ont fait l’objet d’une enquête de victimation sur leur expérience de l’antisémitisme, notamment depuis le 7 octobre.
Veuillez trouver en lien ci-dessous le développement ce sujet 2024
https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france-2/







