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octobre 23, 2026

Dossier antisémitisme en France, tout une histoire depuis Proudhon...

Les gauches antisémites. De Proudhon à aujourd'hui

 

Avant cet article voici trois liens importants sur ce même thème:

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-1-de.html 

LES GAUCHES ANTISÉMITES (1) DE PROUDHON À LA RÉVOLUTION BOLCHEVIQUE
 
RÉSUMÉ

Il est courant de penser que l’antisémitisme est étranger aux traditions politiques de gauche. Celles-ci aiment à rappeler leur enracinement dans l’universalisme des Lumières, l’acte émancipateur de la Révolution française, le combat socialiste égalitaire du long xixe siècle et la mobilisation dreyfusarde. Le rapport à l’antisémitisme serait ici un non-sujet. L’obsession « antisioniste » de l’extrême gauche contemporaine appelle pourtant à une exploration de longue durée de l’histoire des gauches où peuvent être repérées nombre de distorsions entre la dure réalité des positions exprimées et les principes moraux invoqués.

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-2-la.html 

La détermination totalitaire 

Résumé

La prise du pouvoir par Hitler en 1933 systématise la dimension racialiste et meurtrière de l’antisémitisme. Cela ne va pas empêcher la gauche pacifiste et les communistes de collaborer, à partir de juin 1940, de manière ponctuelle ou continue, avec l’Occupant nazi. Or, à peine cinq ans après le génocide des Juifs, l’antisémitisme est réactivé sur ses bases traditionnelles – contre Léon Blum –, et selon deux axes inédits. Le premier est celui du négationnisme du génocide, initié par des nostalgiques de la collaboration puis légitimé par Paul Rassinier, un résistant déporté venu du PCF puis de la SFIO, et son livre Le Mensonge d’Ulysse, relayé à partir des années 1960 par l’ultra-gauche. 

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-3.html 

L’irrésistible convergence d'antisémitismes pluriels

Résumé

Il est souvent admis qu’après la Shoah, l’antisémitisme aurait durablement disparu des traditions politiques de gauche, discrédité par le génocide et cantonné à l’extrême droite. La période des Trente Glorieuses, la décolonisation et l’essor des luttes tiers-mondistes semblaient consacrer l’avènement d’un humanisme universaliste débarrassé de ses vieux démons. Pourtant, dès les années 1950, un antisémitisme renouvelé prend place dans une concurrence victimaire, se recompose dans les milieux communistes, anticolonialistes et révolutionnaires, sous couvert d’antisionisme et de dénonciation de l’« impérialisme ».

Des théories de Césaire et Fanon à l’héroïsation palestinienne après 1967, des dérives négationnistes de Rassinier et Faurisson à la propagande de Garaudy, puis à l’essor de l’islamisme politique et de ses relais médiatiques, se construit un système idéologique cohérent, associant relativisation de la Shoah, inversion des rôles et réactivation de stéréotypes anciens. Cette histoire montre comment, de Mai 68 aux années 2000, une partie des gauches a progressivement substitué au combat universaliste une vision manichéenne du monde, où l’hostilité envers Israël sert de vecteur principal à un nouvel antisémitisme, désormais mondialisé, médiatisé et politiquement instrumentalisé.

 

NOUVEAUTE OCTOBRE 2026 

Les gauches antisémites. De Proudhon à aujourd'hui

Résumé

Bernard Bruneteau et Stéphane Courtois, deux de nos meilleurs spécialistes d’histoire contemporaine, pulvérisent ici l’idée reçue selon laquelle l’antisémitisme serait étranger à la gauche.

Au contraire, ils montrent que, loin d’être marginal, l’antisémitisme y est présent tout au long du XIXe siècle, qu’il est assumé dans les années 1930-1940, et jusque dans le collaborationnisme.

Depuis, jamais l’antisémitisme n’a disparu à gauche ; toujours il s’est métamorphosé, pour renaître en se radicalisant, du négationnisme à l’« antisionisme », sous l’impulsion de l’URSS de Staline, en 1948. Même après la Shoah, il revient dans l’anticolonialisme et l’anti-impérialisme.

En fait, l’antisémitisme sert aussi à opérer des recompositions de la gauche ; il est au cœur d’une alliance des mondes communiste et arabo-musulman, la matrice de l’« islamo-gauchisme » dont on sait aujourd’hui la virulence et la dangerosité. 

Avec méthode et précision, les auteurs décrivent comment la haine d’Israël et de tout ce qui s’y apparente est promue au sein d’une gauche qui parvient à imposer ses mécanismes de justification et de déni, propagés dans une partie du monde politique, des médias et de l’Université, y compris au lendemain du 7 octobre 2023.

Le livre de Bernard Bruneteau et Stéphane Courtois traite franchement, avec lucidité et courage, d’un phénomène politique que doit connaître quiconque cherche à comprendre la marche du temps et à prévenir les redoutables menaces émergentes. 

Ce livre se situe dans le prolongement des travaux de la Fondapol consacrés à l’antisémitisme.

Les Editions du CERF en partenariat avec la Fondapol, 304 pages, 21.90€

En librairie le 22 octobre 2026

Bernard Bruneteau,

Professeur émérite de science politique à l’université Rennes 1. 

Stéphane Courtois,

Historien, directeur de recherche honoraire au CNRS, enseignant d’histoire à l’Institut catholique d’études supérieures (ICES) à La Roche-sur-Yon, membre du conseil scientifique et d’évaluation de la Fondation pour l’innovation politique.

Directeur de recherche honoraire au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et membre du Conseil scientifique et d’évaluation de la Fondapol.

 

ANCIENNEMENT avec EVOLUTION 

Radiographie de l’antisémitisme en France - édition 2019 

Résumé

La multiplication des actes antisémites depuis le début des années 2000 interroge sur l’ampleur de ce phénomène en France. Quelle est la proportion de Français de confession ou de culture juive à avoir déjà été victime d’un acte antisémite ? Quel est le profil des victimes ? Quel est le ressenti global des Français juifs concernant la prévalence et l’évolution des actes antisémites ? Quel est le regard porté par la société dans son ensemble sur l’antisémitisme en France ? 

Les statistiques publiées par le ministère de l’Intérieur ne peuvent prétendre apporter des réponses exhaustives à ces questions. Les données existantes reposent principalement sur les dépôts de plaintes qui ne représentent que la partie « émergée de l’iceberg ».

Face à ce constat, la Fondation pour l’innovation politique et AJC ont réalisé une enquête quantitative (administrée par l’Ifop) qui vise à poser un diagnostic fin et dépassionné de ce phénomène. Le dispositif d’enquête mis en place repose sur une logique de regards croisés entre les Français de confession ou de culture juive (un échantillon de 505 personnes a été constitué) et le grand public (un échantillon de 1 027 personnes a été constitué). L’enquête apporte des données quantitatives nouvelles sur ce phénomène. En voici les principaux enseignements.  

Dominique Reynié,

Professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique.

Auteur, entre autres, du Triomphe de l’opinion publique. L’espace public français du XVIe au XXe siècle (Odile Jacob, 1998), du Vertige social nationaliste. La gauche du Non (La Table ronde, 2005) et des Nouveaux Populismes (Pluriel, 2013). Il a également dirigé l’ouvrage Où va la démocratie ? (Plon, 2017) et Démocraties sous tensions (Fondation pour l’innovation politique, 2020), deux enquêtes internationales de la Fondation pour l’innovation politique. 

Conclusion

Les résultats de cette enquête mettent en exergue le fait que l’antisémitisme en France ne saurait être réduit à quelques faits divers sordides. Au-delà du ressenti d’un phénomène perçu comme étant présent et en augmentation, cette étude révèle qu’une partie importante des Français de confession ou de culture juive a déjà été exposée à des actes antisémites au cours de sa vie.

Ce climat de peur pousse une partie d’entre eux à mettre en place des stratégies d’évitement, voire même à envisager un exil du territoire national. Pour autant, cette enquête révèle un fait encourageant : une prise de conscience du grand public qui estime très largement que l’antisémitisme ne saurait être réduit à la seule communauté juive mais concerne la société dans son ensemble.

Développement interne, cliquez le lien ci-dessous: 

 https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france/


Radiographie de l’antisémitisme en France - édition 2022 

Depuis les étoiles jaunes portées par des manifestants opposés au passe sanitaire jusqu’à l’usage par certains du pronom « qui » utilisé pour dénoncer la supposée mainmise des Juifs sur les principaux médias, sans oublier la notion de complot juif remis au goût du jour pour expliquer la pandémie du coronavirus, l’année 2021 a été marquée par la multiplication d’incidents antisémites. Si de tels faits sont venus rappeler la persistance des préjugés sur les Juifs au sein de la société française, l’histoire enseigne que l’antisémitisme prospère dans les périodes de crise. Ainsi, près de deux ans après le début de la crise sanitaire, il nous a semblé essentiel de réaliser une vaste étude pour dresser un diagnostic fin et dépassionné de ce phénomène. 

Quel est le poids des préjugés à l’égard des Juifs dans la société française en 2021 ? La crise sanitaire s’accompagne-t-elle d’une poussée de l’antisémitisme dans l’opinion publique ? Quel regard portent les Français sur ce phénomène ? Dans quelle mesure les Français juifs s’inquiètent-ils des violences les visant ? Comment ces violences se déroulent-elles ? Pour tenter de répondre à ces interrogations, nous avons construit un dispositif d’enquête exceptionnel. Exceptionnel par sa taille : nous avons conduit l’enquête parallèlement auprès de deux échantillons spécifiques – personnes de confession juive, personnes de confession musulmane – et auprès d’un échantillon global, représentatif de la population française dans son ensemble, ce dernier permettant de se pencher également sur d’autres sous-catégories de la population : les Français catholiques, les jeunes, des groupes de Français classés en fonction de leur zone géographique, de critères socio-économiques, d’affinités politiques ou encore en fonction de leurs sources privilégiées d’information. Exceptionnel également par la diversité des thématiques abordées : exposition et observations d’actes violents, opinions à l’égard d’Israël, de la Shoah, préjugés à l’égard des Juifs… autant de sujets clés à examiner pour tenter d’apporter de nouveaux éclairages sur l’antisémitisme1.  

Conclusion

La crise sanitaire ne s’est pas accompagnée d’une poussée de l’antisémitisme que l’on pouvait redouter. Cependant, les stéréotypes négatifs à l’égard des Juifs sont toujours aussi présents dans l’opinion publique française. Si les proportions sont restées stables depuis notre enquête de 2019, il demeure important de retenir qu’entre un quart et un tiers de nos concitoyens partagent ces préjugés antisémites. Cette nouvelle radiographie de l’antisémitisme confirme la persistance de l’antisémitisme au coeur de la société française. 

Les Français de confession juive ne pâtissent pas d’une mauvaise image et représentent au contraire une des minorités les mieux acceptées dans l’opinion publique française. En d’autres termes, la proportion de Français exprimant de l’antipathie, voire de la haine pour les Juifs est probablement moins importante qu’elle ne l’a été par le passé. 

Ceci n’atténue pourtant pas la réalité brutale de l’antisémitisme et ses conséquences potentiellement dramatiques à la fois pour la vie quotidienne des Français juifs et pour le pays dans son ensemble. L’antisémitisme en France est principalement le fait de segments particuliers de la population française. Ces segments sont minoritaires, mais particulièrement actifs. L’antisémitisme est particulièrement répandu parmi les Français proches du Rassemblement national et de La France insoumise ; il est également plus répandu parmi les répondants de confession ou de culture musulmane, notamment parmi ceux se déclarant pratiquants, d’autant plus qu’ils fréquentent plus assidûment les lieux de culte. 

La crise sanitaire a vu aussi l’émergence d’un monde protestataire – les sympathisants des anti-vaccins – plus enclin aux préjugés antisémites. Les résultats de notre enquête confirment le rôle moteur de ces formes de protestation et des réseaux sociaux dans la production et la diffusion de la haine antisémite. On ne saurait cependant attribuer ces résultats aux confinements et à la pandémie, puisque nous avions déjà enregistré le rôle des réseaux sociaux dans nos enquêtes précédentes, en 2014 et en 2019. 

Le vécu antisémite des Français de confession ou de culture juive est difficile et douloureux. La plupart des Français juifs (74%) disent avoir déjà subi au cours de leur existence un comportement antisémite, de la moquerie à l’agression physique en passant par l’insulte ou la menace verbale. Notre enquête confirme un fait très préoccupant : l’identification en tant que Juif dans l’espace public français constitue un facteur de risque et expose particulièrement à la violence. Dès lors, on comprend pourquoi tant de Français juifs cachent leur religion. La peur de pouvoir subir à tout moment un comportement antisémite est décuplée chez les parents qui craignent davantage encore pour leurs enfants. Dès lors, ils les éduquent à adapter ou à modifier leurs comportements. En effet, c’est au sein des établissements scolaires que les agressions se déroulent le plus fréquemment. Les familles juives l’ont compris et demandent souvent à leurs enfants de ne pas porter de signes reconnaissables de leur judéité, et même d’éviter de révéler le fait qu’ils sont juifs. C’est pourquoi ces familles scolarisent de plus en plus souvent leurs enfants dans des établissements confessionnels, catholiques ou juifs. L’école de la République a permis pendant des décennies aux citoyens de toutes confessions de « faire nation », mais cette fonction, essentielle à l’école, à la République et au pays, est désormais menacée. 

Dans leur ensemble, les Français semblent l’avoir compris. En témoignent les résultats de notre enquête, en témoignent l’indignation générale suscitée par le meurtre de Sarah Halimi et l’affaire suscitée par le procès de son meurtrier, en témoigne encore l’approbation majoritaire, au printemps dernier, de la décision d’interdire des manifestations pour empêcher les débordements antisémites qui pouvaient suivre. 

Les Français semblent comprendre que l’antisémitisme n’est pas le problème des Français juifs mais qu’il concerne la société dans son ensemble, que ses institutions, sa culture et ses valeurs ne résisteraient pas à l’augmentation de l’antisémitisme. Une prise de conscience peut avoir lieu. Face au retour de l’antisémitisme observé depuis bientôt vingt-cinq ans, notre enquête montre qu’une réponse collective juste, forte, efficace et durable est maintenant nécessaire, et qu’elle est devenue possible.

Le développement du sujet de 2022 est ci-dessous en lien:

https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france-edition-2022/

  

Radiographie de l'antisémitisme en France - Edition 2024 

Résumé

Notre enquête le montre, la société française dans son ensemble n’est pas antisémite. Les Français sont même particulièrement préoccupés par la montée de l’antisémitisme. Les trois quarts (76%) des personnes interrogées estiment que « l’antisémitisme est un problème qui concerne la société dans son ensemble » contre 9% qui y voient « un problème qui concerne uniquement les Juifs et ne concerne pas la société dans son ensemble ». Les Français réclament une politique plus ferme pour lutter contre l’antisémitisme, ils sont 80% à considérer que la justice ne condamne pas assez sévèrement les auteurs des actes antisémites.

Cependant, en dépit de ces données qui témoignent de l’attachement des Français aux valeurs fondamentales de la République, aujourd’hui, nous montrons également qu’une partie de la société française est gagnée par l’antisémitisme. C’est le cas notamment des jeunes en général et plus spécifiquement encore des jeunes Français de confession ou de culture musulmane. Cette évolution est souvent interprétée comme l’effet d’un contexte d’aggravation du conflit israélo-palestinien.

En réalité, l’antisémitisme est déjà présent, le conflit israélo-palestinien l’a mis en mouvement et a donné une justification au passage à l’acte.

C’est un antisémitisme culturel qui ignore l’histoire, ne veut pas la connaître ou la refuse, au point de partager des jugements outranciers et révisionnistes que l’on trouve à foison sur les réseaux sociaux : 40% des moins de 35 ans que nous avons interrogés répondent qu’Israël se comporte avec les Palestiniens comme les nazis se comportaient avec les Juifs, contre 32% de l’ensemble des Français et 31% des moins de 65 ans, mais ce chiffre atteint 67% chez les Français de confession musulmane et 65% chez les Français de confession musulmane de moins de 35 ans ; de même, 29% des jeunes interrogés pensent que “la création d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste”, contre 16% des Français et 12% des 65 ans ou plus. 

Ce chiffre monte à 45% chez les Français de confession musulmane et à 46% chez les moins de 35 ans. Le corollaire de cette détestation d’Israël est une complaisance montante à l’égard du Hamas, l’organisation terroriste islamiste palestinienne. Si 2% des 65 ans et plus disent éprouver de la sympathie pour ce groupe terroriste, le niveau atteint 14% chez les moins de 35 ans. Ce chiffre monte à 22% chez les Français de confession musulmane et à 27% chez les moins de 35 ans.

Cette étude, est la quatrième édition d’un baromètre initié en 2014 par l’American Jewish Committee (AJC), Fondapol et l’Ifop. Cette édition s’inscrit dans le contexte d’une recrudescence d’actes antisémites depuis l’attaque du 7 octobre. L’enquête a été menée auprès de trois échantillons : un échantillon représentatif de l’ensemble des Français ; un échantillon de Français de confession musulmane et un échantillon de Français de confession juive. Les Français de confession juive ont fait l’objet d’une enquête de victimation sur leur expérience de l’antisémitisme, notamment depuis le 7 octobre. 

Dominique Reynié,

Professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondapol

Auteur, entre autres, du Triomphe de l’opinion publique. L’espace public français du XVIe au XXe siècle (Odile Jacob, 1998), du Vertige social nationaliste. La gauche du Non (La Table ronde, 2005) et des Nouveaux Populismes (Pluriel, 2013). Il a également dirigé l’ouvrage Où va la démocratie ? (Plon, 2017) et Démocraties sous tensions (Fondation pour l’innovation politique, 2020), deux enquêtes internationales de la Fondation pour l’innovation politique.

Simone Rodan-Benzaquen,

Directrice AJC Europe

Anne-Sophie Sebban-Bécache,

Directrice AJC Paris

Sarah Perez-Pariente,

Directrice adjointe AJC Paris

François Legrand,

Directeur d'études IFOP 

Conclusion 

Au lendemain du 7 octobre, notre étude confirme une poussée de l’antisémitisme en France. Dans un climat où 61% des citoyens français de confession juive rapportent être parfois tenus responsables des événements au Proche-Orient, un quart d’entre eux indiquent avoir subi un acte antisémite depuis le 7 octobre. La crainte d’une agression est généralisée.

Alors que les jeunes Français de confession juive rapportent qu’on leur reproche plus fréquemment la politique du gouvernement israélien, qu’ils sont plus souvent victimes d’actes antisémites, il est impossible de nier qu’il existe un problème au sein de certains établissements scolaires, d’autant plus que les données en population générale montrent que sur le fond d’une évolution générationnelle du rapport à Israël et à la condition juive, les jeunes sont plus enclins à juger acceptables des actes antisémites.

 Alya intérieure, développement des établissements confessionnels, départ en Israël : depuis 20 ans, face à l’antisémitisme, et dans une société de plus en plus morcelée, une partie des Français de confession juive font sécession à leur corps défendant. Les résultats de l’étude font craindre que la période traversée ne se traduise par un nouveau repli. C’est la réponse prévisible de la part d’une minorité confrontée aux menaces et à la violence. Il est par ailleurs alarmant de voir comment la question de l’antisémitisme a resurgi comme objet de mobilisation politique. En 2024, l’idéal républicain d’une société fraternelle unie dans la diversité n’a jamais semblé aussi difficile à atteindre.

 Veuillez trouver en lien ci-dessous le développement ce sujet 2024

 https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france-2/

 

 

octobre 20, 2026

L’extrême gauche dans l'histoire, Black-Blocs, Casseurs.....Nombreux liens en interne

Le spectre de 1789

« L’extrême gauche menace de constituer un État dans l’État » : l’analyse d’un historien après les émeutes

ENTRETIEN. Pour Loris Chavanette, spécialiste de la Révolution française, les violences du 17 octobre révèlent une crise de l’autorité de l’État. Il appelle à tirer les leçons de l’histoire.
 
 Dans son dernier ouvrage, Les femmes entrent en révolution (Tallandier), il retraçait les journées d’émeutes des 5 et 6 octobre 1789, au cours desquelles les femmes de Paris étaient allées chercher le couple royal à Versailles afin de le ramener dans la capitale. Quinze jours plus tard, l’Assemblée constituante votera la loi martiale afin d’encadrer les rassemblements jugés séditieux. L’État se doit également d’être fort et de réaffirmer son autorité comme en 1795, estime l’historien.
 
 

Le Point : Samedi, les saccages ont marqué par leur violence. Relèvent-ils d’une histoire propre à la France ?

Loris Chavanette : C’est surtout propre à notre époque et cela fait plus de vingt ans que ça dure. Certes, nous avons une tradition de l’insurrection politique pour renverser un régime : dans ce cas, l’idéologie est le ferment de la révolte. Mais ce à quoi nous assistons aujourd’hui est un déferlement de violence s’apparentant plus à de la sauvagerie qu’à un mouvement révolutionnaire. Nous avons basculé dans l’ère de l’impunité où c’est notre classe politique qui a peur qu’il y ait un seul mort ou ne serait-ce qu’une bavure causée par les forces de l’ordre. Les casseurs, eux, ne craignent ni la justice ni la police ni personne. En ce sens, nos dirigeants sont des faibles doublés de lâches, ce qu’était Louis XVI quand il renonçait à employer la force. Nous payons cette histoire deux fois. 

Beaucoup de lieux représentant l’autorité publique ont été pris pour cible. Est-ce le signe que l’État, dont le pouvoir semble de plus en plus limité, a perdu toute légitimité ?

Un État n’est légitime que s’il assure la sécurité de ses propres citoyens ; tel est l’enseignement de Hobbes. Est-ce que l’État actuel a failli dans ce domaine ? C’est incontestable. Se coagulent plusieurs colères, avec une extrême gauche d’autant plus virulente qu’elle est vaincue dans les urnes. Au lendemain du second tour des présidentielles, la légitimité même des élections sera contestée assurément par Mélenchon, honni pourtant par l’immense majorité silencieuse. Au chaos de nos institutions se mêle celui de la rue. C’est en sortant du guêpier algérien par l’ordre et l’état de siège que la Ve République aura gagné sa légitimité. Il faut regagner celle-ci par l’autorité de l’État et le recours au référendum.

On pourrait penser revenir mutatis mutandis à ces révoltes anciennes qui en appelaient directement au roi, sans contester son autorité, mais les manifestants croient-ils encore que l’État puisse agir pour eux ?

La crise est tellement systémique que personne n’envisage un avenir serein. Nous avons aujourd’hui les inconvénients d’une monarchie républicaine surendettée, dispendieuse, opulente et faible à en mourir. Comment les Français pourraient-ils espérer que le salut vienne des mêmes qui ont précipité et aggravé le déclin du pays ?

La France n’a pas manqué de révoltes, jacqueries, soulèvements en tous genres, mais l’agrégation de composantes hétérogènes et parfois dissociées – étudiants et casseurs politisés – vous paraît-elle nouvelle, même au regard du mouvement des Gilets jaunes ?

En 1789, l’aristocratie libérale, la bourgeoisie robine du Tiers État de même que la masse des ouvriers et paysans se sont unies pour renverser l’absolutisme. Désormais, l’extrême gauche LFIste et les voyous des cités rivalisent de violence pour faire trembler les centres-villes. Ils s’instrumentalisent les uns les autres. Les jeunes des quartiers hurlent au racisme quand un passant ose leur dire que ce n’est pas bien de s’en prendre aux pompiers, tandis que je me souviens avoir entendu des professeurs à la Sorbonne enseigner que les descendants d’immigrés vivant à la périphérie des villes dans des HLM étaient à la marge de notre société comme les roturiers l’étaient en 1789. L’histoire enfante de l’histoire, disait Paul Valéry. Autrement dit, la Révolution française, par exemple, incite à vouloir la rejouer régulièrement.

A-t-on affaire à un détournement de manifestation, au sens où la violence, venue d’ailleurs, prend le pas sur les manifestations légitimes ? 

Les pilleurs ne manifestent pas et beaucoup de manifestants ne pillent pas. Mais les manifestants ouvrent la porte des magasins aux pilleurs à partir du moment où ils maintiennent de telles journées de mobilisation civique en demandant parallèlement que la police ne fasse pas son travail de maintien de l’ordre avec les armes et les moyens à sa disposition. La responsabilité des partis, syndicats et associations mérite d’être posée. Leur légitimité à eux pose problème car ce sont les Français qui payent les dégâts.

Que traduit le débat sur la responsabilité des violences, qui oppose le Premier ministre au dirigeant de LFI ?

Monsieur Mélenchon, qui aime à convoquer la Révolution française, ferait mieux de se rappeler que l’extrême gauche fut éliminée pour sa violence au terme de cette Révolution ; que l’Assemblée constituante, la Législative et la Convention thermidorienne décrétèrent la loi martiale ; que les bourgeois des villes créèrent des milices, la Garde nationale, pour maintenir l’ordre public dans les rues ; que Robespierre et Danton unirent leurs forces pour éliminer les hébertistes et ultra-révolutionnaires, et que le Directoire supprima les clubs politiques et populaires, dont celui des Jacobins, pour éviter un État dans l’État rivalisant avec la légitimité des urnes. Quant à l’abbé Sieyès, qui inaugura la révolution de 1789 avec son pamphlet Qu’est-ce que le Tiers État ?, il fit adopter la loi de grande police, particulièrement répressive à l’égard des attroupements et des cris séditieux.

Ce dernier demandait aux dirigeants et élus de se préparer militairement à combattre les ennemis intérieurs de la République, surtout ceux à l’extrême gauche prônant la révolte : « Vous ne vous montrerez jamais plus grands et plus puissants que lorsque vous irez droit à ce qui vous menace. » Oui, il faut retrouver le génie de l’audace, le goût du courage, le sens de la sûreté de l’État, tout cela en respectant l’État de droit. Car jamais nos constituants ni les pères fondateurs de la République n’ont exclu qu’en cas de péril ou d’atteinte grave à la nation, la réponse pénale puisse être adaptée par des mesures d’exception. Combien de Cassandre ont annoncé ce qui allait arriver ! Combien de temps jusqu’à comprendre que l’extrême gauche menace de constituer un État dans l’État ?

 François-Guillaume Lorrain

https://www.lepoint.fr/histoire/lextreme-gauche-menace-de-constituer-un-etat-dans-letat-lanalyse-dun-historien-apres-les-emeutes-QLKZOQQGBNE6BMZLXTL3ZVCDCM/?

 

 

 

Aux côtés des casseurs des cités, les Black Blocs : Qui sont ces autres acteurs du chaos du 17 octobre ?

Vêtus de noir, visages dissimulés, mobiles et déterminés à affronter les forces de l’ordre, les Black Blocs ont joué un rôle dans les violences qui ont marqué la journée du 17 octobre 2026. Derrière ces groupes sans chef apparent se cache une histoire politique ancienne, issue de l’extrême gauche autonome européenne, et une stratégie de confrontation qui transforme parfois les manifestations en scènes d’émeute. Leur organisation, leurs éventuels financements et leurs relations avec les mouvements politiques radicaux soulèvent des questions majeures. Mais comment combattre une mouvance qui n’existe pas sous la forme d’une organisation unique ? Et jusqu’où l’État peut-il aller pour empêcher la violence sans porter atteinte au droit de manifester ?

Les vitrines fracassées, les barricades incendiées et les attaques contre les policiers du 17 octobre n’ont pas seulement révélé la profondeur de la colère sociale française. Elles ont également remis au premier plan une mouvance dont les méthodes sont connues depuis des décennies : les Black Blocs.

Selon les autorités, des militants anarcho-autonomes, antifascistes et d’ultragauche ont participé aux affrontements, aux côtés de casseurs venus profiter du désordre. À Paris, Le Monde a notamment décrit des groupes organisés attaquant les lignes policières près de la Madeleine. Reuters a rapporté la présence de centaines de participants constitués en Black Blocs autour de la place de la République.

Mais les Black Blocs ne sauraient résumer, à eux seuls, les violences du 17 octobre. D’autres groupes de casseurs et de pillards, notamment des individus issus de certains quartiers populaires et des cités, doivent également être pris en compte dans l’analyse des saccages, des pillages de commerces et des attaques contre les forces de l’ordre. Leurs motivations peuvent être différentes de celles des militants anarcho-autonomes : recherche d’affrontement, opportunisme délinquant ou volonté de profiter du désordre pour piller. Il convient toutefois de distinguer ces profils sans présumer de l’origine des auteurs de chaque violence avant les conclusions des enquêtes. Cette pluralité d’acteurs est essentielle pour comprendre comment une mobilisation sociale peut dégénérer en une succession d’émeutes aux logiques parfois distinctes.

Le gouvernement et les services de police ont également mis en cause l’ultragauche, tandis que les responsabilités politiques faisaient l’objet d’affrontements entre majorité, droite et gauche radicale.

Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise ont soutenu la mobilisation sociale et critiqué la gestion policière. Leurs adversaires les accusent d’entretenir une culture de confrontation avec les institutions. Pour Jordan Bardella, président du RN, LFI pousse à la guerre civile et « Jean-Luc Mélenchon fait du policier un ennemi à abattre ».

A raison. Et au regard des déclarations incendiaires et des appels à la violence, à la révolte, à la sécession de nombreux de ses membres et élus, LFI peut être considéré aujourd’hui comme en grande partie responsable de cette ultra-violence en incitant à l’insurrection. Ne soyons pas naïf, le terrorisme de l’extrême-gauche n’est pas un fantasme. Certains groupes, organisés en véritables milices et gravitant autour de LFI, et dont nombreux membres sont fichés S, s’entraînent même régulièrement à la guérilla. Et pire, comme le rappelle si justement David Lisnard : « Les groupuscules d’extrême gauche sont souvent des petits-bourgeois. Ils vont s’entraîner sur le plateau de Millevaches. Il y a des camps de terroristes d’extrême gauche en France. Tous les 11 novembre, Monsieur Mélenchon y va, ce n’est pas pour rien ! ».

De même, le slogan ACAB, acronyme anglais signifiant « All Cops Are Bastards », circule depuis longtemps dans certaines mouvances radicales hostiles à la police. 

Comment alors une démocratie peut-elle contenir des groupes qui considèrent parfois la violence comme un instrument politique ?

Des squats allemands aux émeutes françaises : L’histoire d’une tactique révolutionnaire

Contrairement à une idée répandue, les Black Blocs ne constituent pas une organisation internationale dotée d’un président, d’un siège social ou d’une carte d’adhérent.

Le terme désigne avant tout une tactique de regroupement militant.

Son origine remonte à Berlin-Ouest, au début des années 1980. Des militants autonomes, issus notamment du mouvement des squats, se regroupent vêtus de noir pour affronter la police. Leur objectif est double : afficher une solidarité collective et compliquer l’identification individuelle.

Cette méthode se diffuse ensuite dans les milieux anarchistes et anticapitalistes européens, puis aux États-Unis. Elle acquiert une visibilité mondiale lors des manifestations contre l’Organisation mondiale du commerce à Seattle, en 1999.

Son fonctionnement repose sur des groupes d’affinité, souvent peu hiérarchisés. Les participants peuvent partager une idéologie libertaire, anarchiste, antifasciste ou anticapitaliste, sans relever d’une structure unique.

Leur rapport à la violence varie. Certains privilégient la confrontation symbolique avec les institutions et les entreprises ; d’autres revendiquent des destructions matérielles ou participent à des attaques contre les forces de l’ordre.

Dans les manifestations françaises, cette tactique a été observée notamment lors des mobilisations contre la loi Travail en 2016, du mouvement des Gilets jaunes et des rassemblements du 1er Mai.

Le 17 octobre 2026 s’inscrit dans cette continuité.

L’une des difficultés rencontrées par les forces de l’ordre tient à la capacité de ces groupes à se mêler à des cortèges pacifiques. Les interventions deviennent alors particulièrement délicates : isoler les auteurs de violences sans exposer les autres manifestants exige du renseignement, de la mobilité et une coordination rigoureuse.

La question d’éventuels militants venus de l’étranger mérite également d’être examinée. Les réseaux anarchistes européens entretiennent historiquement des relations transfrontalières, et certains rassemblements internationaux favorisent leur circulation.

Mais aucun bilan public suffisamment précis ne permet, à ce stade, de quantifier la présence de militants étrangers parmi les auteurs des violences du 17 octobre. La dimension internationale d’une mouvance ne démontre pas, à elle seule, l’existence d’une opération organisée depuis l’étranger.

Qui finance les Black Blocs ? Entre réseaux militants, soupçons et accusations américaines

L’absence d’organisation centrale complique considérablement l’identification des ressources financières des Black Blocs.

Certains militants s’appuient sur des moyens personnels, des collectes, des réseaux de solidarité ou des structures locales. D’autres peuvent bénéficier d’un soutien matériel ponctuel. Mais ces situations ne permettent pas de conclure à l’existence d’une caisse internationale unique finançant les violences.

Aux États-Unis, le débat s’est cristallisé autour de l’antifascisme radical, généralement désigné sous le terme « Antifa ».

Le 22 septembre 2025, Donald Trump a signé un décret présentant Antifa comme une organisation terroriste intérieure et demandant aux agences fédérales d’enquêter sur ses activités illégales ainsi que sur leurs financements.

Cette décision constitue un tournant politique important. Sa portée juridique demeure néanmoins discutée, le droit américain ne prévoyant pas un mécanisme de désignation des organisations terroristes intérieures comparable à celui applicable aux organisations étrangères.

Les accusations visant à juste titre le milliardaire George Soros et ses Open Society Foundations ont également alimenté les controverses américaines.

Il existe une documentation publique sur les financements accordés par ces fondations à des organisations de défense des droits civiques et à des initiatives de la société civile. En revanche, ces financements ne constituent pas une preuve que Soros aurait financé les Black Blocs, Antifa ou des émeutes violentes.

Open Society Foundations conteste ces accusations mais le doute est largement permis…

La question du financement de violences politiques reste légitime. Mais elle exige des éléments précis : bénéficiaires identifiés, transferts financiers documentés, dépenses liées à des infractions et, idéalement, constatations judiciaires.

Une accusation spectaculaire n’est pas une enquête financière.

En France, le même principe doit prévaloir. Les investigations peuvent rechercher d’éventuels soutiens logistiques, des collectes destinées à préparer des violences ou des liens entre individus et structures organisées. Elles ne sauraient cependant transformer automatiquement toute association radicale, tout syndicat contestataire ou tout parti de gauche en financeur d’émeutes.

L’enjeu est de remonter les réseaux lorsqu’ils existent, sans inventer une organisation centrale là où les militants fonctionnent précisément de manière décentralisée.

Interdire, dissoudre, sanctionner : Comment l’État peut-il reprendre l’initiative ?

Face aux violences du 17 octobre, plusieurs pistes reviennent dans le débat public : durcir les sanctions, empêcher les casseurs connus de participer aux manifestations, dissoudre certains groupements ou s’inspirer de la politique américaine envers Antifa.

La France dispose déjà d’un arsenal juridique important.

Le Code pénal réprime notamment les dégradations, les violences contre les forces de l’ordre et la participation à un groupement constitué en vue de préparer des violences ou des destructions. Le fait de dissimuler volontairement son visage dans certaines manifestations peut également être sanctionné.

La loi du 10 avril 2019, souvent appelée « loi anti-casseurs », a renforcé plusieurs dispositifs. Mais le Conseil constitutionnel a censuré la mesure permettant aux préfets de prononcer certaines interdictions individuelles de manifester, jugeant l’atteinte aux libertés insuffisamment proportionnée.

Il serait donc inexact de prétendre que toute la loi anti-casseurs a disparu : plusieurs de ses dispositions demeurent applicables.

Les juridictions peuvent par ailleurs prononcer des interdictions de manifester dans les conditions prévues par la loi. Quant à la dissolution administrative, elle peut viser des associations ou groupements de fait répondant aux critères légaux, notamment lorsqu’ils provoquent à des agissements violents… ou pas. Le problème est que les groupes d’extrême-gauche sont étonnamment et rarement inquiétés… Car notons au passage qu’à contrario, les groupes et mouvements d’ultra-droite ne bénéficient pas du même laxisme et de la même largesse des pouvoirs actuels…

Toute la difficulté réside dans la nature des Black Blocs : on peut dissoudre un groupement identifiable, mais on ne dissout pas une méthode d’action.

La qualification terroriste pose une autre question. En droit français, elle suppose des éléments constitutifs précis, notamment une entreprise individuelle ou collective visant à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur. Or lorsque l’avenir même d’un pays est en jeu, toute violence politique, même grave, peut relever du terrorisme…

Reste enfin l’hypothèse la plus dérangeante : les gouvernements auraient-ils parfois intérêt à laisser prospérer des violences pour discréditer un mouvement social ?

La question a notamment été posée pendant la crise des Gilets jaunes, lorsque certains manifestants ont accusé les autorités de laisser agir les casseurs afin de ternir l’image de leur mobilisation.

Il existe effectivement un effet politique possible : lorsque les images de destructions remplacent les revendications dans le débat public, le gouvernement peut retrouver un terrain plus favorable en se présentant comme le garant de l’ordre.

Mais cet effet ne prouve pas une stratégie délibérée.

Pour établir une instrumentalisation volontaire, il faudrait démontrer des instructions, des décisions conscientes de non-intervention ou une coordination destinée à favoriser les violences. À défaut, plusieurs explications concurrentes demeurent possibles : erreurs de renseignement, effectifs insuffisants, mauvaises anticipations ou arbitrages opérationnels contestables.

Confondre un bénéfice politique éventuel avec une intention secrète reviendrait à remplacer l’analyse par le soupçon.

Le véritable défi est ailleurs.

Les Black Blocs prospèrent dans les failles de la sécurité publique, mais également dans les fractures politiques et sociales qui rendent possibles les confrontations. Leur violence peut détourner une mobilisation de son objet, exposer des manifestants pacifiques et placer les forces de l’ordre dans des situations particulièrement dangereuses.

La République n’a pas besoin de choisir entre le droit de manifester et le droit à la sécurité. Elle doit garantir les deux.

Cela suppose des enquêtes efficaces, des sanctions individualisées, un renseignement adapté, une meilleure prévention des violences et des décisions politiques assumées.

Car si l’État doit savoir résister aux casseurs, il doit également éviter de leur offrir la victoire qu’ils recherchent parfois : transformer chaque manifestation en affrontement général entre la société et ses institutions.

Sources et références

Violences du 17 octobre 2026

Histoire et organisation des Black Blocs

Financement et politique américaine

Droit français

Le Diplomate

 https://lediplomate.media/securite-cotes-casseurs-cites-black-blocs/?


 

 Liens sur le sujet:

https://universite-liberte.blogspot.com/2026/10/emeutes-banlieusardes-et-etudiantes-une.html 

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/10/la-france-vue-de-letranger.html?

 https://universite-liberte.blogspot.com/2015/11/dossier-terrorismes-et-trafic-darmes.html?

 https://universite-liberte.blogspot.com/2019/04/black-blocs-qui-sont-ils-donc.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2019/06/crise-implosion-du-systeme-revolution.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/06/violences-letat-perdu-le-controle.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2025/02/olivier-vial-en-france-beaucoup-de.html

https://universite-liberte.blogspot.com/2026/10/les-lyceens-sont-les-victimes-du.html 

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/02/quen-tin-homme-est-tue-lachement-quand.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/le-melenchonisme-lfiste-une-france.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/02/france-informations-mi-fevrier-2026.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2025/09/le-nazisme-et-le-fascisme-viennent.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-2-la.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-1-de.html

 

 




octobre 15, 2026

Raphaël Glucksmann son projet...

 Lors de la réunion à Matignon, Raphaël Glucksmann est venu remettre à Sébastien Lecornu son plan de sortie de crise en 10 propositions. 


 

 🎓 JEUNESSE → Abrogation de Parcoursup → Fin des suppressions de postes d’enseignants → Stages rémunérés 1 000 €/mois → Revalorisation des bourses

 💶 POUVOIR D’ACHAT → SMIC à 1 700 € net et mise en place d’une CSG progressive → Chèques énergie jusqu’à 500 € financés par une taxation des superprofits → Carburants : −20 centimes/litre par un encadrement des marges 

 ⚖️ ORDRE RÉPUBLICAIN → Réforme du maintien de l’ordre → Sanctions contre les plateformes numériques → Indemnisation des victimes du 17 octobre

"Les emmerdes commencent" : les huit défis que Raphaël Glucksmann va devoir relever après sa victoire à la primaire de la gauche

Désigné dès le premier tour d'un scrutin qu'il voulait initialement éviter, le candidat de Place publique et, désormais, du Parti socialiste doit maintenant rassembler un camp divisé s'il veut rester dans la course à l'Elysée. 

 

"Du pain sur la planche." Voilà comment un soutien de Raphaël Glucksmann résume l'état d'esprit dans le camp du vainqueur de la primaire social-démocrate, lundi 12 octobre. "Les emmerdes commencent", s'amuse, plus prosaïquement, un cadre du Parti socialiste. La veille, l'eurodéputé et leader de Place publique s'est imposé dès le premier tour, avec deux tiers des suffrages (66,17%), un score qui a surpris jusqu'à ses conseillers.

Désormais, l'intellectuel converti à la politique, enfariné après sa victoire dimanche soir, fait face à de nombreux défis. Du rassemblement avec ses anciens adversaires au dialogue avec les autres forces de gauche, en passant par le travail sur son programme, les chantiers ne manquent pas.

1 Rassembler un PS divisé

Pas issu du parti, Raphaël Glucksmann doit embarquer dans sa campagne des socialistes qui sont nombreux à l'avoir vigoureusement critiqué durant la primaire. Ses soutiens veulent y croire. L'enjeu est de faire une place "à toutes les sensibilités et à tous les candidats" vaincus, explique à l'AFP Jérôme Auslender, un des responsables de Place publique. "Après 50 nuances de bordel, il y aura 50 nuances de gauches autour d'un candidat", vantait, dimanche soir, un proche d'Olivier Faure.

Pour autant, certains au PS pourraient limiter leur soutien au service minimum. "Le stagiaire a gagné, malheureusement", a commenté une Ségolène Royal amère, questionnée sur franceinfo(Nouvelle fenêtre) au sujet du surnom peu flatteur dont elle avait affublé Raphaël Glucksmann. La candidate socialiste à la présidentielle 2007 l'avait plusieurs fois brocardé, notamment lors des débats télévisés. "Certains élus vont avoir piscine, ou envie d'aller pisser un peu plus longtemps que prévu", présageait un autre cadre fauriste dès la fin septembre.

Une partie des soutiens de Raphaël Glucksmann a même intégré cette idée, et se méfie particulièrement du premier secrétaire du PS, largement battu dimanche (14,46%) : "Olivier Faure dira 'rassemblons-nous', mais il nous mettra des bâtons dans les roues, en se taisant sur les succès et en pointant les échecs", grince l'un des proches du candidat. "Il l'a fait avec Anne Hidalgo", représentante malheureuse du PS en 2022 (1,76%).

2 Convaincre Les Ecologistes et les autres forces de gauche

Comme l'assure un cadre de l'équipe de campagne de Raphaël Glucksmann, "faire un pas vers Les Ecologistes" fait partie de ses priorités. Un des courants internes au parti, soutenu par Yannick Jadot, a fait un pas vers le vainqueur de la primaire en appelant la direction à entamer des discussions avec lui. Mais la patronne du parti Marine Tondelier, elle-même candidate à la présidentielle, ne compte pas abandonner. Une partie des Ecologistes, dont Sandrine Rousseau, défend en miroir un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise. Ce sont les adhérents qui trancheront la stratégie du parti pour la présidentielle au mois de décembre.

Raphaël Glucksmann doit aussi convaincre les communistes, eux aussi pleinement lancés dans la course à l'Elysée avec Fabien Roussel. "Si demain Les Ecologistes et les communistes se retirent, on passe devant Jean-Luc Mélenchon", croit même un élu socialiste pro-Glucksmann.

D'autres formations, au poids plus modeste, avaient appelé à ouvrir la primaire de l'ensemble de la gauche, comme L'Après, formée par des anciens de La France insoumise, ou Debout !. Le mouvement de François Ruffin, d'un côté, a appellé "à l'union, au sursaut et aux échanges entre toutes les forces de gauche". Mais, de l'autre, le député de la Somme a raillé la primaire dimanche soir sur X(Nouvelle fenêtre) : "Quelle surprise ! Raphaël Glucksmann remporte la primaire de Raphaël à Glucksmann !" Signe que le rassemblement est loin d'être acquis.

3
 Tenir sur son refus d'alliance avec LFI, y compris aux législatives

Après avoir fait campagne sur la rupture avec La France insoumise, Raphaël Glucksmann affirme que son score clôt le débat à gauche sur une alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Olivier Faure, plus ouvert à cette idée, "n'est plus majoritaire au sein de son propre parti (...) et il n'y aura plus d'alliance avec LFI, ça a été tranché par plus de 66% des gens qui sont venus participer à cette primaire", a-t-il insisté lundi matin sur France Inter. Mais le premier secrétaire du PS ne compte pas se mettre en retrait de sa fonction malgré sa lourde défaite. Et il avait prévenu, avant la primaire, que le PS déciderait "seul" de ce qu'il ferait pour les prochaines législatives, après avoir été l'un des architectes des accords de la Nupes en 2022, puis du NFP en 2024, en alliance avec LFI.

Si la question est une ligne rouge pour Raphaël Glucksmann, un proche lui conseille toutefois de ne pas trop insister sur ce point : "Je lui ai dit de ne pas dire qu'il ne voulait plus d'alliance avec LFI, mais au contraire qu'il a besoin de tous les électeurs de gauche."

4 Rassembler des électeurs au-delà d'une base étriquée

Certes large vainqueur, l'eurodéputé a reçu le soutien de près de 80 000 personnes sur un total de plus de 120 000 votants, membres du PS, de Place publique (qui revendique près de 3 000 adhérents) ou ayant décidé de participer sans adhésion moyennant la somme de 15 euros. Ses détracteurs raillent une participation bien en deçà de celle de la dernière primaire de gauche, en 2017, qui était à l'époque ouverte à tous, au prix de 1 euro et de la signature d'une charte de valeurs. "C'est sûr que le nombre de votants permet de nuancer un peu ce score. Néanmoins, il faut voir que Raphaël Glucksmann part avec un gros socle de légitimité", note Diane Lamotte, de l'institut de sondages Ipsos-BVA, sur franceinfo.

Mais le candidat a besoin de convertir ce soutien militant en intentions de vote, en élargissant sa base électorale. Dans quelle direction ? Il y a là une "difficulté stratégique", estime le politologue Jean-Yves Dormagen dans Le Point(Nouvelle fenêtre). "Il doit gérer une double concurrence, avec Jean-Luc Mélenchon, sur sa gauche, et avec les candidats du bloc central, de l'autre, Gabriel Attal et Edouard Philippe. (...) Il lui faut donc gagner des voix au centre, sans perdre la frange la plus à gauche de ses électeurs", analyse-t-il. "Avec toutes les critiques qui le visent, il a plutôt intérêt à commencer à chercher à parler à la gauche plutôt qu'au centre", estime un cacique socialiste.

C'est ce que Raphaël Glucksmann semble avoir choisi de faire dès dimanche soir, en s'adressant au "peuple de gauche" et à la "gauche démocratique", et en se posant en rassembleur de sa famille politique. "Je veux que [François Hollande] soit dans notre équipe, qu'il participe au combat commun, comme Bernard Cazeneuve, comme les Ecologistes", a-t-il espéré sur France Inter, lundi matin. Depuis sa victoire, il martèle aussi que "Marine Le Pen ne sera pas à l'Elysée en mai 2027", dans l'espoir de fédérer les détracteurs de l'extrême droite autour de sa candidature.

5 Etoffer son programme

La présentation du programme est un passage obligé pour tous les candidats, dont certains ont pris de l'avance sur Raphaël Glucksmann, qui n'a pour le moment dévoilé que quelques mesures, comme la surtaxation des "méga-héritages". Il a également partagé quelques axes de son projet dans un livre paru en mai, mais il lui reste à traduire ces orientations en mesures concrètes.

Le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a été chargé en septembre de piloter la construction du projet, et une trentaine de groupes de travail planchent sur les propositions. Raphaël Glucksmann a d'ores et déjà chargé Yannick Jadot de planifier les "100 jours de la révolution écologique" qu'il promet en ouverture de son mandat. S'il parvient à rallier des personnalités d'autres sensibilités à gauche, il lui faudra sans doute intégrer de nouvelles propositions à son projet.

6 Gérer le tempo pour ne pas louper l'"effet primaire"

Le tout juste vainqueur s'est rendu directement sur le plateau du "20 Heures" de France 2, dimanche soir, pendant que ses équipes faisaient imprimer 50 000 tracts dans la nuit, pour être présents sur les marchés dès le début de la semaine, et espérer surfer sur ce résultat. "Tout commence maintenant", peut-on y lire au recto. Au verso, Raphaël Glucksmann appelle les électeurs à le rejoindre "dans ce combat existentiel pour la démocratie et la République". Il devrait enchaîner avec un premier déplacement officiel en fin de semaine, pour continuer à occuper le terrain après une primaire qui lui a offert une caisse de résonance médiatique.

Avant les résultats, ses soutiens misaient sur ce vote interne pour offrir "un petit booster" au candidat, en retard sur Jean-Luc Mélenchon dans la plupart des sondages. "Cette nouvelle dynamique pourrait susciter un afflux supplémentaire vers sa candidature", avance prudemment Diane Lamotte, d'Ipsos-BVA. "Il peut prendre 4 à 5 points [dans les intentions de vote] après cette primaire, on verra le premier sondage. S'il ne les prend pas maintenant, ce sera dur", juge un cadre du PS.

7
 Renforcer son image de présidentiable après des ratés

Même ses partisans reconnaissent que le candidat Glucksmann n'a pas tout réussi sur le plan de l'image et de la communication. "Le déplacement sur les éoliennes, par exemple, c'était raté de A et Z", rappelle l'un de ses soutiens à propos d'une visite en Charente-Maritime, fin août, alors qu'il venait d'officialiser sa candidature et sa participation à la primaire. Des images de l'eurodéputé avaient immédiatement été tournées en dérision sur les réseaux sociaux. "Il faut qu'on reprenne la main", confiait, mi-septembre, une cheville ouvrière de la campagne.

Ses opposants raillent son supposé manque de charisme, une qualité réputée indispensable dans la bataille présidentielle. La critique a même percé en interne : "C'est un type qui écoute, qui veut progresser, mais qui est un peu perché. Ce qui est un peu injuste, c'est qu'il est bon avec les gens, mais dès qu'il y a des caméras, il récite. Il a conscience qu'il est en apprentissage constant", développe l'un de ses soutiens. "Il faut qu'on se lâche, on doit être iconoclaste, on doit changer nos mots", a défendu Raphaël Glucksmann lundi matin, sur France Inter, comme pour ouvrir une nouvelle séquence dans la manière de s'exprimer, pour lui-même et ses troupes.

8 Balayer toute proximité avec le macronisme

L'une des plus grosses tâches de Raphaël Glucksmann durant ces six prochains mois ? Réussir à convaincre qu'il est le candidat de la "rupture avec le macronisme", comme il l'a redit dimanche soir sur France 2. Ses opposants à gauche, à commencer par La France insoumise, lui reprochent précisément l'inverse. "Sa stratégie, c'est d'incarner le renouveau macroniste. En abandonnant les ouvriers, les plus pauvres, les jeunes", avait par exemple fustigé la vice-présidente de l'Assemblée Clémence Guetté, après la diffusion en mai d'une note interne conseillant Raphaël Glucksmann sur l'électorat à cibler.

Les détracteurs du leader de Place publique soulignent la composition de son entourage : Aurélien Rousseau, son conseiller politique, était ministre de la Santé d'Elisabeth Borne en 2023 ; Simon Bernard, coordinateur de sa campagne, conseillait la même Première ministre macroniste ; et Sacha Houlié, qui a aussi rejoint la campagne, était député du parti présidentiel jusqu'en juillet 2024.

Pour contrer cette attaque, le candidat et ses proches peuvent se servir de l'examen des textes budgétaires, cet automne. "Ce budget, en l'état, est inacceptable", a ainsi lancé Raphaël Glucksmann sur France Inter, lundi matin, en prévenant que "si la copie de monsieur Lecornu et du gouvernement ne bouge pas, il y aura censure". "Dix ans de macronisme ont aggravé les inégalités", a renchéri Nicolas Mayer-Rossignol, l'un de ses soutiens, sur Public Sénat(Nouvelle fenêtre).

 
 

Raphaël Glucksmann : « Je suis prêt pour le combat qui vient »

La nuit a été courte. Lorsqu’on le retrouve lundi 12 octobre après-midi, les traits tirés, une tasse de café et un Coca Zéro devant lui, Raphaël Glucksmann prépare déjà la suite. Tout juste auréolé de sa large victoire, la veille, à la primaire sociale-démocrate, le candidat veut « enchaîner très vite ». Après avoir esquivé les flèches empoisonnées d’Olivier Faure ou de Ségolène Royal dans un scrutin que beaucoup voyaient comme un piège, le parlementaire européen rêve désormais de bousculer la présidentielle.

Il en est persuadé : en plein effondrement du macronisme, sa gauche, celle qui ne s’acoquine pas avec LFI, « ne joue pas sur les noms juifs dans les meetings » et « ne se prosterne pas devant les tyrans », a, pour la première fois depuis quinze ans, un chemin pour l’emporter. « C’est extrêmement ouvert ! », veut croire son allié l’écologiste Yannick Jadot.

Mais, à n’en pas douter, le plus dur commence. Il faudra à Raphaël Glucksmann, lui, l’intello parisien si souvent accusé de déconnexion, le militant des causes ukrainienne et rwandaise avant le politique, moult rations de caféine pour surmonter les (innombrables) défis qui l’attendent. Sur le plan idéologique, le fils du philosophe André Glucksmann devra rassurer la gauche, sans s’aliéner le centre, mais aussi résister au rouleau compresseur du tango Le Pen-Mélenchon.

Sur le plan stratégique, il aura pour mission de rassembler une famille divisée, alors même que la direction du Parti socialiste ne le tient pas dans son cœur et que François Hollande n’a pas renoncé à ses propres ambitions. « Les vrais ennuis commencent », glisse un élu qui le connaît bien. « Rien ne me fera dévier, je suis prêt au combat qui vient », rétorque Raphaël Glucksmann. Il est l’heure d’enfiler une armure. 

Le Point : Qu’allez-vous faire de votre large victoire à la primaire ?

Raphaël Glucksmann : J’ai toujours dit que cette primaire était le moment tant attendu de la clarification et de la refondation. Là où on me parlait d’un « piège », je voyais un tremplin, l’opportunité de trancher et de donner un élan puissant à la gauche démocratique, de la libérer de l’esprit de défaite qui la mine. Le résultat est sans appel. Et ce n’est qu’un début. Maintenant, la bataille de France commence.

Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out. 

Le plus dur commence ?

Le plus important commence. Cette campagne présidentielle est la plus importante de la Ve République. L’extrême droite est aux portes du pouvoir. La guerre menace l’Europe. Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out. Partout dominent les sentiments d’impuissance, d’injustice et de colère. Le choix que nous allons faire en 2027 va définir le visage de notre pays – et de notre continent avec lui – pour des décennies. Une élection présidentielle, c’est toujours un moment où le peuple français se redéfinit. Là, il va choisir de sombrer dans le trumpisme et le poutinisme ou de retrouver ce qui fait sa grandeur.

L’identité française sera le débat majeur de cette présidentielle ?

La nation est en proie à un doute profond, et nous éprouvons tous le besoin de renouer avec l’idée d’un destin français, de redonner un sens fort au fait simple et merveilleux d’être français…

Autrement dit, faut-il un nouveau roman national ?

Un récit national. Les élites françaises ont laissé notre pays sans récit, sans horizon, sans cap depuis trop longtemps. Partout, on retrouve une fierté blessée. À l’école, on nous apprend que notre nation a parlé la langue de tous les hommes et éclairé le monde. Et que voit-on autour de nous ? Des services publics qui suffoquent, une société fragmentée, une dette qui explose, des privilèges qui s’ossifient et des inégalités qui se creusent, une voix qui n’est plus écoutée en Europe et dans le monde. Il faut une rupture et un sursaut.

Mes ancêtres ramassaient des bouts de chiffon aux confins de l’Europe orientale, dans la nuit noire de l’oppression et de la misère. Et ils savaient tous qu’il y avait un pays, la France, qui avait proclamé que les hommes naissaient libres et égaux. Nous sommes les héritiers d’une histoire et d’un destin. Et qu’avons-nous fait de ce trésor ? Un des ressorts majeurs du vote pour le RN, c’est cette fierté blessée. Nous allons y répondre.

 https://www.lepoint.fr/politique/raphael-glucksmann-je-suis-pret-au-

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