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octobre 23, 2026

David Zini, directeur du Shin Bet à Paris...Sécurité du sang !

RENSEIGNEMENT – Émeutes du 17 octobre : Macron donne des leçons à Israël, mais Paris reçoit le patron du Shin Bet ! 

Alors que la France peine à retrouver son calme après les violences du 17 octobre 2026, une visite aussi discrète que révélatrice vient rappeler les contradictions de sa diplomatie. Le 20 octobre, David Zini, directeur du Shin Bet, le puissant service israélien de sécurité intérieure, s’est rendu à Paris pour rencontrer de hauts responsables de la DGSI et de la DGSE. Au programme, selon les médias israéliens : terrorisme, radicalisation islamiste et coopération sécuritaire. Un déplacement prévu bien avant les émeutes, mais dont le calendrier prend une dimension particulièrement symbolique. Car tandis qu’Emmanuel Macron multiplie les critiques envers Israël, reconnaît un État palestinien et restreint la participation des industriels israéliens aux salons français de défense, les professionnels du renseignement poursuivent leur coopération. Une leçon de Realpolitik : la diplomatie peut s’offrir le luxe des postures. La sécurité nationale, beaucoup moins.


 

Un paradoxe qui n’échappe pas à Roland Lombardi, historien, géopolitologue spécialiste du Moyen-Orient et directeur du Diplomate, pour qui les motivations de la diplomatie française ne font guère de doute : « Sauf à être stupide – et il ne l’est absolument pas –, Emmanuel Macron a reconnu la Palestine pour apaiser la rue arabe en France et, surtout, satisfaire ses amis du Qatar. Quel succès ! Heureusement que nos responsables du renseignement et de la sécurité sont, eux, des pragmatiques, toujours connectés au réel ! »

Il fallait presque attendre que la France s’embrase pour que cette évidence retrouve toute sa force : en matière de terrorisme, les alliances ne se choisissent pas à l’applaudimètre des conférences internationales. Elles se construisent dans le secret des échanges de renseignements, l’identification des réseaux, la prévention des attentats et la connaissance précise d’adversaires qui, eux, ne s’embarrassent guère de subtilités diplomatiques.

Le contraste est saisissant. D’un côté, Emmanuel Macron et une diplomatie française qui, depuis le déclenchement de la guerre à Gaza, ont multiplié les critiques à l’égard du gouvernement israélien, jusqu’à provoquer une crise profonde entre Paris et Jérusalem. De l’autre, les responsables des services de renseignement français qui continuent de travailler avec leurs homologues israéliens, conscients de la valeur d’une coopération forgée par plusieurs décennies de lutte contre le terrorisme.

Le 17 octobre, des manifestations contre la vie chère et la dégradation des services publics ont dégénéré en violences dans plusieurs villes françaises. Pillages, razzias, incendies, attaques contre les forces de l’ordre : ces événements ont révélé de graves difficultés de maintien de l’ordre, même si l’immense majorité des manifestants n’a pas participé aux exactions. Quelques jours plus tard, le patron du Shin Bet se trouvait à Paris.

La visite n’a pas été décidée en réaction aux émeutes. Mais sa concomitance avec la crise française donne à cette rencontre une résonance politique que personne ne peut raisonnablement ignorer.

David Zini à Paris : Quand le renseignement rappelle les réalités que la politique préfère oublier

L’information a été révélée le 21 octobre par la chaîne publique israélienne Kan, puis reprise par le Jerusalem Post, le Times of Israel et plusieurs médias francophones : David Zini, directeur du Shin Bet depuis octobre 2025, s’est rendu en France le mardi 20 octobre pour une visite de travail auprès des responsables du renseignement français.

Selon ces informations, le général israélien a rencontré des représentants de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Les discussions auraient notamment porté sur la lutte antiterroriste et la radicalisation islamiste. Le Shin Bet n’a pas souhaité commenter officiellement ces rencontres, dont le contenu précis demeure confidentiel.

Il serait donc excessif d’affirmer que Paris a fait venir en urgence le chef du renseignement israélien parce que ses propres services auraient été dépassés par les événements. Le déplacement était programmé avant les violences. Mais il n’en illustre pas moins une réalité stratégique : la coopération entre la France et Israël survit aux tensions politiques, parce que les menaces communes ne disparaissent pas au gré des déclarations présidentielles.

Israël possède une expérience singulière de la lutte antiterroriste. Depuis des décennies, ses services affrontent des organisations structurées, des réseaux clandestins, des opérations suicides, des prises d’otages et des menaces transfrontalières. Le Shin Bet a développé des capacités importantes en matière de renseignement humain, d’analyse des réseaux, de prévention des attentats et de protection des infrastructures sensibles.

Cette expertise n’est ni infaillible ni exempte de controverses. Les défaillances israéliennes ayant précédé les massacres du 7 octobre 2023 en ont tragiquement rappelé les limites. Or précisément, l’expérience d’un échec majeur, les enseignements qui en sont tirés et les adaptations qui suivent constituent aussi des sujets essentiels pour les services partenaires.

La France, de son côté, n’a évidemment pas attendu Israël pour développer ses propres compétences. La DGSI, la DGSE, les services militaires et les unités spécialisées disposent d’une expérience considérable, acquise notamment dans la lutte contre les réseaux djihadistes et à travers les engagements français au Sahel et au Levant. La coopération franco-israélienne n’est donc pas une relation entre un maître et un élève, mais un échange entre deux appareils de sécurité expérimentés.

Et c’est précisément ce qui rend cette rencontre intéressante et importante. Les professionnels du renseignement savent qu’aucun pays ne peut prétendre détenir seul toutes les réponses.

Les terroristes coopèrent, circulent, s’adaptent et exploitent les failles des États. Il serait pour le moins absurde que les démocraties renoncent à échanger leurs informations au nom de leurs désaccords diplomatiques.

Encore faut-il ne pas confondre les menaces. Les violences urbaines du 17 octobre, aussi graves soient-elles, ne constituent pas en elles-mêmes une opération terroriste islamiste. Le renseignement doit justement permettre de distinguer les mouvements sociaux, les groupes violents, les réseaux criminels et les organisations terroristes, plutôt que de les amalgamer.

C’est dans cette capacité à qualifier précisément la menace que réside la première exigence d’une politique de sécurité sérieuse.

Macron, Gaza, Qatar : Les contradictions d’une diplomatie française qui s’éloigne d’Israël

Le paradoxe prend toute sa dimension lorsqu’on examine les relations franco-israéliennes depuis le 7 octobre 2023.

Ce jour-là, les terroristes du Hamas et d’autres groupes armés palestiniens ont perpétré des massacres de civils en Israël, commis des violences sexuelles et enlevé des otages. Ces crimes doivent demeurer un point de référence essentiel dans toute réflexion sur la sécurité israélienne. Ils n’effacent pas les souffrances des civils palestiniens ni les obligations du droit international humanitaire, mais ils rappellent la nature de la menace à laquelle Israël a été confronté.

Or, à mesure que la guerre à Gaza s’est prolongée, Emmanuel Macron a durci son discours envers le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Certaines critiques françaises portent sur des questions légitimes de protection des populations civiles et de respect du droit international. Mais leur accumulation, leur tonalité et les décisions politiques qui les ont accompagnées ont contribué à une dégradation spectaculaire des relations bilatérales.

Le point culminant est intervenu le 22 septembre 2025, lorsque la France a officiellement reconnu l’État de Palestine à l’Assemblée générale des Nations unies.

Pour l’Élysée, cette reconnaissance devait relancer la solution à deux États, renforcer l’Autorité palestinienne et marginaliser le Hamas. Pour ses détracteurs, au contraire et à juste titre, elle constituait une erreur stratégique majeure : reconnaître un État sans contrôle territorial unifié, sans désarmement préalable du Hamas et sans garanties sécuritaires suffisamment solides risquait de produire davantage de symboles diplomatiques que de résultats concrets.

La reconnaissance internationale ne saurait, à elle seule, créer les conditions politiques, institutionnelles et sécuritaires d’un État viable. Et lorsqu’une organisation terroriste a fait du massacre de civils un instrument de sa stratégie, toute initiative diplomatique doit être évaluée à l’aune de ses conséquences réelles, pas seulement de ses intentions proclamées.

La question du Qatar mérite également d’être posée. Doha entretient des relations privilégiées avec Paris, dispose d’investissements considérables en France et joue depuis longtemps un rôle d’intermédiaire dans les négociations avec le Hamas, dont il a accueilli des dirigeants politiques. Cette position lui confère une influence diplomatique importante, mais soulève aussi des interrogations sur les ambiguïtés de son rôle régional mais aussi, et ne l’oublions jamais, sur son soutien (avec la Turquie d’Erdogan) à l’organisation politico-religieuse radicale des Frères musulmans !

On l’a dit, pour Roland Lombardi, il n’y a pas de doute, « sauf à être stupide, et il ne l’est absolument pas, Emmanuel Macron a reconnu la Palestine pour apaiser la rue arabe en France et surtout satisfaire ses amis du Qatar ». La véritable question est donc celle de la cohérence stratégique française : Paris sait-il défendre ses intérêts et ses alliances sans laisser ses relations économiques, ses ambitions diplomatiques ou ses calculs politiques brouiller ses priorités sécuritaires ?

À ces désaccords s’ajoute le traitement réservé aux entreprises israéliennes de défense.

En juin 2026, le gouvernement français a limité leur participation au salon Eurosatory aux équipements de défense antiaérienne et antimissile, excluant la présentation de systèmes offensifs. Le ministère israélien de la Défense a dénoncé cette décision comme discriminatoire. Quelques mois plus tard, un cadre restrictif comparable a été annoncé pour Euronaval 2026, organisé à Paris Nord Villepinte.

Le message politique est clair. Paris entend manifester sa désapprobation des opérations militaires israéliennes. Mais le contraste demeure troublant : la France restreint la visibilité commerciale de technologies de défense israéliennes tout en conservant un intérêt évident pour les compétences sécuritaires du même pays.

Cette politique est-elle cohérente ? On peut en douter. Un État peut parfaitement contester les choix militaires d’un gouvernement allié sans remettre en cause toute coopération stratégique. Encore faut-il assumer cette distinction et ne pas transformer chaque désaccord en démonstration publique de fermeté.

Car à force de vouloir donner des leçons à Jérusalem, Paris risque surtout de brouiller le message qu’il adresse à l’un de ses partenaires importants dans la lutte contre le terrorisme.

Émeutes, islamisme, LFI : La France doit choisir la lucidité stratégique plutôt que les postures

Les violences du 17 octobre ont également mis en lumière une autre difficulté française : la confusion croissante entre revendications sociales, radicalisation politique, violences opportunistes et instrumentalisation de causes internationales.

Les manifestations ont rassemblé des centaines de milliers de personnes aux motivations diverses, dont une très large majorité n’a commis aucune violence. Mais certains groupes ont profité de ces rassemblements pour attaquer les forces de l’ordre, incendier des véhicules, dégrader des bâtiments publics et piller des commerces.

Des drapeaux palestiniens ont également été visibles dans certains cortèges et des slogans liés au conflit proche-oriental ont été repris. Chez les casseurs des cités comme chez les nervis de l’ultra-gauche, le soutien aux droits des Palestiniens est une position politique qui rejoint souvent l’apologie du terrorisme. De fait, la récupération d’une cause internationale par des groupes violents ou des mouvances radicales mérite d’être examinée sans complaisance.

La question concerne aussi la responsabilité des acteurs politiques français.

Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, mais comme d’autres à l’instar de Dominique de Villepin, ont adopté des positions particulièrement critiques et virulentes envers Israël, tout en soutenant de nombreuses mobilisations sociales. Leur discours sur le conflit israélo-palestinien, notamment les controverses autour de la qualification des attaques du 7 octobre, a suscité, à raison, de vives critiques et des condamnations bienvenues.

Lorsque des responsables publics entretiennent une rhétorique de confrontation permanente, minimisent certaines violences ou refusent de condamner sans ambiguïté ou pire occultent les actes les plus graves, ils peuvent contribuer à dégrader le climat démocratique. Encore faut-il établir précisément les propos et les responsabilités de chacun.

Au fond, la leçon de la visite de David Zini est ailleurs.

Elle rappelle que les responsables du renseignement ne peuvent se contenter d’une lecture idéologique du monde. Ils doivent identifier les menaces telles qu’elles existent, comprendre leurs réseaux, anticiper leurs évolutions et travailler avec les partenaires capables de contribuer à leur neutralisation.

La France et Israël ont des ennemis communs dans les organisations djihadistes et les réseaux terroristes qui menacent leurs populations. Ils partagent aussi un intérêt majeur à la protection de leurs ressortissants, de leurs infrastructures et de leurs institutions. Cela ne signifie pas que toutes les violences urbaines françaises relèvent de cette même menace, ni que leurs intérêts diplomatiques soient toujours identiques.

Mais cette communauté d’intérêts sécuritaires est suffisamment importante pour ne pas être sacrifiée à des affrontements politiques.

Il faut d’ailleurs rappeler une évidence : la défense des intérêts français ne consiste pas à approuver systématiquement toutes les décisions du gouvernement israélien. Elle consiste à reconnaître les convergences stratégiques lorsqu’elles existent, à exprimer les désaccords lorsqu’ils sont nécessaires et, surtout, à ne jamais confondre diplomatie de principe et diplomatie de posture.

La France a besoin d’une politique étrangère indépendante. Mais l’indépendance ne signifie ni l’isolement, ni l’aveuglement, ni la multiplication de gestes symboliques et les leçons de morale dont les conséquences pratiques seraient mal évaluées.

À cet égard, la rencontre entre David Zini et les responsables de la DGSI et de la DGSE constitue une illustration particulièrement parlante de la Realpolitik. Derrière les déclarations officielles, les appareils de sécurité continuent de travailler, parce qu’ils savent que la prévention d’un attentat ne dépend ni de la com’, d’un communiqué de presse ni d’une résolution diplomatique.

La France doit évidemment tirer les enseignements des émeutes du 17 octobre : mieux anticiper les violences, protéger ses citoyens, poursuivre les auteurs d’exactions et empêcher que les réseaux criminels ou extrémistes exploitent les tensions sociales. Elle doit également poursuivre la lutte contre l’islamisme violent mais aussi contre l’islamisme « d’atmosphère » et comme le rappelle Roland Lombardi, « le travail de sape et de sécession des Frères musulmans dans nos sociétés occidentales cherchant à empoisonner les esprits et les cœurs de nos concitoyens musulmans qui n’ont rien à voir avec ces organisations ».

Mais elle doit surtout retrouver une cohérence entre ses discours et ses intérêts.

On ne peut pas réclamer une coopération antiterroriste efficace tout en laissant les postures politiques détériorer inutilement les relations avec les partenaires qui y contribuent.

David Zini n’est pas venu à Paris pour arbitrer les querelles diplomatiques d’Emmanuel Macron et de Benjamin Netanyahu. Selon les informations disponibles, il est venu parler sécurité avec des professionnels de la sécurité. Et c’est précisément ce qui donne à son déplacement toute sa portée.

Car dans les chancelleries, les mots peuvent masquer les contradictions. Dans les services de renseignement, une erreur d’appréciation peut coûter des vies.

La diplomatie peut se payer des symboles. La sécurité, elle, se paie parfois en sang.

À Paris comme à Jérusalem, cette réalité devrait suffire à rappeler une règle élémentaire : les alliances stratégiques se jugent moins aux discours qu’à leur utilité lorsque survient le danger.

Ulysse Jean Capella 

Ulysse Jean Capella

Ulysse J. Capella est né en Corse au début des années 1970. Ancien militaire et marin, il est docteur en histoire médiévale et en histoire de l'art.

Esprit libre, indépendant et voyageur, il a longtemps parcouru le monde, multipliant les séjours à l’étranger où il vit encore aujourd’hui, cultivant une certaine discrétion sur son parcours et ses activités. Il est aujourd’hui antiquaire, spécialisé dans les armes anciennes.

Passionné par l’histoire, la Méditerranée et les grands rapports de force, il porte un regard réaliste et volontiers non conformiste sur les affaires du monde. Son expérience du terrain et des hommes nourrit des analyses mêlant culture stratégique, profondeur historique et goût du temps long.

Il a rejoint Le Diplomate média pour son attachement à une lecture libre et décloisonnée des relations internationales, loin des conformismes, de la bien-pensance et des idéologies, et au plus près des réalités du terrain.

 

  • DÉCRYPTAGE – David Zini : Un nouveau chef du Shin Bet au cœur de la tourmente israélienne
  • ENTRETIEN : Après la mort de Fouad Chokr et d’Ismael Haniyeh, figures majeures respectivement du Hamas et du Hezbollah, quelle est la situation au Proche-Orient ?
  • RENSEIGNEMENT – États-Unis-Iran : La guerre des services et des frappes…
  • L’Homme qui avait trop d’idées simples dans un Orient compliqué
  • Le Grand Entretien du Diplomate avec David Lisnard : « La souveraineté européenne n’existe pas ! »

  • Dossier antisémitisme en France, tout une histoire depuis Proudhon...

    Les gauches antisémites. De Proudhon à aujourd'hui

     

    Avant cet article voici trois liens importants sur ce même thème:

     https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-1-de.html 

    LES GAUCHES ANTISÉMITES (1) DE PROUDHON À LA RÉVOLUTION BOLCHEVIQUE
     
    RÉSUMÉ

    Il est courant de penser que l’antisémitisme est étranger aux traditions politiques de gauche. Celles-ci aiment à rappeler leur enracinement dans l’universalisme des Lumières, l’acte émancipateur de la Révolution française, le combat socialiste égalitaire du long xixe siècle et la mobilisation dreyfusarde. Le rapport à l’antisémitisme serait ici un non-sujet. L’obsession « antisioniste » de l’extrême gauche contemporaine appelle pourtant à une exploration de longue durée de l’histoire des gauches où peuvent être repérées nombre de distorsions entre la dure réalité des positions exprimées et les principes moraux invoqués.

     https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-2-la.html 

    La détermination totalitaire 

    Résumé

    La prise du pouvoir par Hitler en 1933 systématise la dimension racialiste et meurtrière de l’antisémitisme. Cela ne va pas empêcher la gauche pacifiste et les communistes de collaborer, à partir de juin 1940, de manière ponctuelle ou continue, avec l’Occupant nazi. Or, à peine cinq ans après le génocide des Juifs, l’antisémitisme est réactivé sur ses bases traditionnelles – contre Léon Blum –, et selon deux axes inédits. Le premier est celui du négationnisme du génocide, initié par des nostalgiques de la collaboration puis légitimé par Paul Rassinier, un résistant déporté venu du PCF puis de la SFIO, et son livre Le Mensonge d’Ulysse, relayé à partir des années 1960 par l’ultra-gauche. 

     https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-3.html 

    L’irrésistible convergence d'antisémitismes pluriels

    Résumé

    Il est souvent admis qu’après la Shoah, l’antisémitisme aurait durablement disparu des traditions politiques de gauche, discrédité par le génocide et cantonné à l’extrême droite. La période des Trente Glorieuses, la décolonisation et l’essor des luttes tiers-mondistes semblaient consacrer l’avènement d’un humanisme universaliste débarrassé de ses vieux démons. Pourtant, dès les années 1950, un antisémitisme renouvelé prend place dans une concurrence victimaire, se recompose dans les milieux communistes, anticolonialistes et révolutionnaires, sous couvert d’antisionisme et de dénonciation de l’« impérialisme ».

    Des théories de Césaire et Fanon à l’héroïsation palestinienne après 1967, des dérives négationnistes de Rassinier et Faurisson à la propagande de Garaudy, puis à l’essor de l’islamisme politique et de ses relais médiatiques, se construit un système idéologique cohérent, associant relativisation de la Shoah, inversion des rôles et réactivation de stéréotypes anciens. Cette histoire montre comment, de Mai 68 aux années 2000, une partie des gauches a progressivement substitué au combat universaliste une vision manichéenne du monde, où l’hostilité envers Israël sert de vecteur principal à un nouvel antisémitisme, désormais mondialisé, médiatisé et politiquement instrumentalisé.

     

    NOUVEAUTE OCTOBRE 2026 

    Les gauches antisémites. De Proudhon à aujourd'hui

    Résumé

    Bernard Bruneteau et Stéphane Courtois, deux de nos meilleurs spécialistes d’histoire contemporaine, pulvérisent ici l’idée reçue selon laquelle l’antisémitisme serait étranger à la gauche.

    Au contraire, ils montrent que, loin d’être marginal, l’antisémitisme y est présent tout au long du XIXe siècle, qu’il est assumé dans les années 1930-1940, et jusque dans le collaborationnisme.

    Depuis, jamais l’antisémitisme n’a disparu à gauche ; toujours il s’est métamorphosé, pour renaître en se radicalisant, du négationnisme à l’« antisionisme », sous l’impulsion de l’URSS de Staline, en 1948. Même après la Shoah, il revient dans l’anticolonialisme et l’anti-impérialisme.

    En fait, l’antisémitisme sert aussi à opérer des recompositions de la gauche ; il est au cœur d’une alliance des mondes communiste et arabo-musulman, la matrice de l’« islamo-gauchisme » dont on sait aujourd’hui la virulence et la dangerosité. 

    Avec méthode et précision, les auteurs décrivent comment la haine d’Israël et de tout ce qui s’y apparente est promue au sein d’une gauche qui parvient à imposer ses mécanismes de justification et de déni, propagés dans une partie du monde politique, des médias et de l’Université, y compris au lendemain du 7 octobre 2023.

    Le livre de Bernard Bruneteau et Stéphane Courtois traite franchement, avec lucidité et courage, d’un phénomène politique que doit connaître quiconque cherche à comprendre la marche du temps et à prévenir les redoutables menaces émergentes. 

    Ce livre se situe dans le prolongement des travaux de la Fondapol consacrés à l’antisémitisme.

    Les Editions du CERF en partenariat avec la Fondapol, 304 pages, 21.90€

    En librairie le 22 octobre 2026

    Bernard Bruneteau,

    Professeur émérite de science politique à l’université Rennes 1. 

    Stéphane Courtois,

    Historien, directeur de recherche honoraire au CNRS, enseignant d’histoire à l’Institut catholique d’études supérieures (ICES) à La Roche-sur-Yon, membre du conseil scientifique et d’évaluation de la Fondation pour l’innovation politique.

    Directeur de recherche honoraire au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et membre du Conseil scientifique et d’évaluation de la Fondapol.

     

    ANCIENNEMENT avec EVOLUTION 

    Radiographie de l’antisémitisme en France - édition 2019 

    Résumé

    La multiplication des actes antisémites depuis le début des années 2000 interroge sur l’ampleur de ce phénomène en France. Quelle est la proportion de Français de confession ou de culture juive à avoir déjà été victime d’un acte antisémite ? Quel est le profil des victimes ? Quel est le ressenti global des Français juifs concernant la prévalence et l’évolution des actes antisémites ? Quel est le regard porté par la société dans son ensemble sur l’antisémitisme en France ? 

    Les statistiques publiées par le ministère de l’Intérieur ne peuvent prétendre apporter des réponses exhaustives à ces questions. Les données existantes reposent principalement sur les dépôts de plaintes qui ne représentent que la partie « émergée de l’iceberg ».

    Face à ce constat, la Fondation pour l’innovation politique et AJC ont réalisé une enquête quantitative (administrée par l’Ifop) qui vise à poser un diagnostic fin et dépassionné de ce phénomène. Le dispositif d’enquête mis en place repose sur une logique de regards croisés entre les Français de confession ou de culture juive (un échantillon de 505 personnes a été constitué) et le grand public (un échantillon de 1 027 personnes a été constitué). L’enquête apporte des données quantitatives nouvelles sur ce phénomène. En voici les principaux enseignements.  

    Dominique Reynié,

    Professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique.

    Auteur, entre autres, du Triomphe de l’opinion publique. L’espace public français du XVIe au XXe siècle (Odile Jacob, 1998), du Vertige social nationaliste. La gauche du Non (La Table ronde, 2005) et des Nouveaux Populismes (Pluriel, 2013). Il a également dirigé l’ouvrage Où va la démocratie ? (Plon, 2017) et Démocraties sous tensions (Fondation pour l’innovation politique, 2020), deux enquêtes internationales de la Fondation pour l’innovation politique. 

    Conclusion

    Les résultats de cette enquête mettent en exergue le fait que l’antisémitisme en France ne saurait être réduit à quelques faits divers sordides. Au-delà du ressenti d’un phénomène perçu comme étant présent et en augmentation, cette étude révèle qu’une partie importante des Français de confession ou de culture juive a déjà été exposée à des actes antisémites au cours de sa vie.

    Ce climat de peur pousse une partie d’entre eux à mettre en place des stratégies d’évitement, voire même à envisager un exil du territoire national. Pour autant, cette enquête révèle un fait encourageant : une prise de conscience du grand public qui estime très largement que l’antisémitisme ne saurait être réduit à la seule communauté juive mais concerne la société dans son ensemble.

    Développement interne, cliquez le lien ci-dessous: 

     https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france/


    Radiographie de l’antisémitisme en France - édition 2022 

    Depuis les étoiles jaunes portées par des manifestants opposés au passe sanitaire jusqu’à l’usage par certains du pronom « qui » utilisé pour dénoncer la supposée mainmise des Juifs sur les principaux médias, sans oublier la notion de complot juif remis au goût du jour pour expliquer la pandémie du coronavirus, l’année 2021 a été marquée par la multiplication d’incidents antisémites. Si de tels faits sont venus rappeler la persistance des préjugés sur les Juifs au sein de la société française, l’histoire enseigne que l’antisémitisme prospère dans les périodes de crise. Ainsi, près de deux ans après le début de la crise sanitaire, il nous a semblé essentiel de réaliser une vaste étude pour dresser un diagnostic fin et dépassionné de ce phénomène. 

    Quel est le poids des préjugés à l’égard des Juifs dans la société française en 2021 ? La crise sanitaire s’accompagne-t-elle d’une poussée de l’antisémitisme dans l’opinion publique ? Quel regard portent les Français sur ce phénomène ? Dans quelle mesure les Français juifs s’inquiètent-ils des violences les visant ? Comment ces violences se déroulent-elles ? Pour tenter de répondre à ces interrogations, nous avons construit un dispositif d’enquête exceptionnel. Exceptionnel par sa taille : nous avons conduit l’enquête parallèlement auprès de deux échantillons spécifiques – personnes de confession juive, personnes de confession musulmane – et auprès d’un échantillon global, représentatif de la population française dans son ensemble, ce dernier permettant de se pencher également sur d’autres sous-catégories de la population : les Français catholiques, les jeunes, des groupes de Français classés en fonction de leur zone géographique, de critères socio-économiques, d’affinités politiques ou encore en fonction de leurs sources privilégiées d’information. Exceptionnel également par la diversité des thématiques abordées : exposition et observations d’actes violents, opinions à l’égard d’Israël, de la Shoah, préjugés à l’égard des Juifs… autant de sujets clés à examiner pour tenter d’apporter de nouveaux éclairages sur l’antisémitisme1.  

    Conclusion

    La crise sanitaire ne s’est pas accompagnée d’une poussée de l’antisémitisme que l’on pouvait redouter. Cependant, les stéréotypes négatifs à l’égard des Juifs sont toujours aussi présents dans l’opinion publique française. Si les proportions sont restées stables depuis notre enquête de 2019, il demeure important de retenir qu’entre un quart et un tiers de nos concitoyens partagent ces préjugés antisémites. Cette nouvelle radiographie de l’antisémitisme confirme la persistance de l’antisémitisme au coeur de la société française. 

    Les Français de confession juive ne pâtissent pas d’une mauvaise image et représentent au contraire une des minorités les mieux acceptées dans l’opinion publique française. En d’autres termes, la proportion de Français exprimant de l’antipathie, voire de la haine pour les Juifs est probablement moins importante qu’elle ne l’a été par le passé. 

    Ceci n’atténue pourtant pas la réalité brutale de l’antisémitisme et ses conséquences potentiellement dramatiques à la fois pour la vie quotidienne des Français juifs et pour le pays dans son ensemble. L’antisémitisme en France est principalement le fait de segments particuliers de la population française. Ces segments sont minoritaires, mais particulièrement actifs. L’antisémitisme est particulièrement répandu parmi les Français proches du Rassemblement national et de La France insoumise ; il est également plus répandu parmi les répondants de confession ou de culture musulmane, notamment parmi ceux se déclarant pratiquants, d’autant plus qu’ils fréquentent plus assidûment les lieux de culte. 

    La crise sanitaire a vu aussi l’émergence d’un monde protestataire – les sympathisants des anti-vaccins – plus enclin aux préjugés antisémites. Les résultats de notre enquête confirment le rôle moteur de ces formes de protestation et des réseaux sociaux dans la production et la diffusion de la haine antisémite. On ne saurait cependant attribuer ces résultats aux confinements et à la pandémie, puisque nous avions déjà enregistré le rôle des réseaux sociaux dans nos enquêtes précédentes, en 2014 et en 2019. 

    Le vécu antisémite des Français de confession ou de culture juive est difficile et douloureux. La plupart des Français juifs (74%) disent avoir déjà subi au cours de leur existence un comportement antisémite, de la moquerie à l’agression physique en passant par l’insulte ou la menace verbale. Notre enquête confirme un fait très préoccupant : l’identification en tant que Juif dans l’espace public français constitue un facteur de risque et expose particulièrement à la violence. Dès lors, on comprend pourquoi tant de Français juifs cachent leur religion. La peur de pouvoir subir à tout moment un comportement antisémite est décuplée chez les parents qui craignent davantage encore pour leurs enfants. Dès lors, ils les éduquent à adapter ou à modifier leurs comportements. En effet, c’est au sein des établissements scolaires que les agressions se déroulent le plus fréquemment. Les familles juives l’ont compris et demandent souvent à leurs enfants de ne pas porter de signes reconnaissables de leur judéité, et même d’éviter de révéler le fait qu’ils sont juifs. C’est pourquoi ces familles scolarisent de plus en plus souvent leurs enfants dans des établissements confessionnels, catholiques ou juifs. L’école de la République a permis pendant des décennies aux citoyens de toutes confessions de « faire nation », mais cette fonction, essentielle à l’école, à la République et au pays, est désormais menacée. 

    Dans leur ensemble, les Français semblent l’avoir compris. En témoignent les résultats de notre enquête, en témoignent l’indignation générale suscitée par le meurtre de Sarah Halimi et l’affaire suscitée par le procès de son meurtrier, en témoigne encore l’approbation majoritaire, au printemps dernier, de la décision d’interdire des manifestations pour empêcher les débordements antisémites qui pouvaient suivre. 

    Les Français semblent comprendre que l’antisémitisme n’est pas le problème des Français juifs mais qu’il concerne la société dans son ensemble, que ses institutions, sa culture et ses valeurs ne résisteraient pas à l’augmentation de l’antisémitisme. Une prise de conscience peut avoir lieu. Face au retour de l’antisémitisme observé depuis bientôt vingt-cinq ans, notre enquête montre qu’une réponse collective juste, forte, efficace et durable est maintenant nécessaire, et qu’elle est devenue possible.

    Le développement du sujet de 2022 est ci-dessous en lien:

    https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france-edition-2022/

      

    Radiographie de l'antisémitisme en France - Edition 2024 

    Résumé

    Notre enquête le montre, la société française dans son ensemble n’est pas antisémite. Les Français sont même particulièrement préoccupés par la montée de l’antisémitisme. Les trois quarts (76%) des personnes interrogées estiment que « l’antisémitisme est un problème qui concerne la société dans son ensemble » contre 9% qui y voient « un problème qui concerne uniquement les Juifs et ne concerne pas la société dans son ensemble ». Les Français réclament une politique plus ferme pour lutter contre l’antisémitisme, ils sont 80% à considérer que la justice ne condamne pas assez sévèrement les auteurs des actes antisémites.

    Cependant, en dépit de ces données qui témoignent de l’attachement des Français aux valeurs fondamentales de la République, aujourd’hui, nous montrons également qu’une partie de la société française est gagnée par l’antisémitisme. C’est le cas notamment des jeunes en général et plus spécifiquement encore des jeunes Français de confession ou de culture musulmane. Cette évolution est souvent interprétée comme l’effet d’un contexte d’aggravation du conflit israélo-palestinien.

    En réalité, l’antisémitisme est déjà présent, le conflit israélo-palestinien l’a mis en mouvement et a donné une justification au passage à l’acte.

    C’est un antisémitisme culturel qui ignore l’histoire, ne veut pas la connaître ou la refuse, au point de partager des jugements outranciers et révisionnistes que l’on trouve à foison sur les réseaux sociaux : 40% des moins de 35 ans que nous avons interrogés répondent qu’Israël se comporte avec les Palestiniens comme les nazis se comportaient avec les Juifs, contre 32% de l’ensemble des Français et 31% des moins de 65 ans, mais ce chiffre atteint 67% chez les Français de confession musulmane et 65% chez les Français de confession musulmane de moins de 35 ans ; de même, 29% des jeunes interrogés pensent que “la création d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste”, contre 16% des Français et 12% des 65 ans ou plus. 

    Ce chiffre monte à 45% chez les Français de confession musulmane et à 46% chez les moins de 35 ans. Le corollaire de cette détestation d’Israël est une complaisance montante à l’égard du Hamas, l’organisation terroriste islamiste palestinienne. Si 2% des 65 ans et plus disent éprouver de la sympathie pour ce groupe terroriste, le niveau atteint 14% chez les moins de 35 ans. Ce chiffre monte à 22% chez les Français de confession musulmane et à 27% chez les moins de 35 ans.

    Cette étude, est la quatrième édition d’un baromètre initié en 2014 par l’American Jewish Committee (AJC), Fondapol et l’Ifop. Cette édition s’inscrit dans le contexte d’une recrudescence d’actes antisémites depuis l’attaque du 7 octobre. L’enquête a été menée auprès de trois échantillons : un échantillon représentatif de l’ensemble des Français ; un échantillon de Français de confession musulmane et un échantillon de Français de confession juive. Les Français de confession juive ont fait l’objet d’une enquête de victimation sur leur expérience de l’antisémitisme, notamment depuis le 7 octobre. 

    Dominique Reynié,

    Professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondapol

    Auteur, entre autres, du Triomphe de l’opinion publique. L’espace public français du XVIe au XXe siècle (Odile Jacob, 1998), du Vertige social nationaliste. La gauche du Non (La Table ronde, 2005) et des Nouveaux Populismes (Pluriel, 2013). Il a également dirigé l’ouvrage Où va la démocratie ? (Plon, 2017) et Démocraties sous tensions (Fondation pour l’innovation politique, 2020), deux enquêtes internationales de la Fondation pour l’innovation politique.

    Simone Rodan-Benzaquen,

    Directrice AJC Europe

    Anne-Sophie Sebban-Bécache,

    Directrice AJC Paris

    Sarah Perez-Pariente,

    Directrice adjointe AJC Paris

    François Legrand,

    Directeur d'études IFOP 

    Conclusion 

    Au lendemain du 7 octobre, notre étude confirme une poussée de l’antisémitisme en France. Dans un climat où 61% des citoyens français de confession juive rapportent être parfois tenus responsables des événements au Proche-Orient, un quart d’entre eux indiquent avoir subi un acte antisémite depuis le 7 octobre. La crainte d’une agression est généralisée.

    Alors que les jeunes Français de confession juive rapportent qu’on leur reproche plus fréquemment la politique du gouvernement israélien, qu’ils sont plus souvent victimes d’actes antisémites, il est impossible de nier qu’il existe un problème au sein de certains établissements scolaires, d’autant plus que les données en population générale montrent que sur le fond d’une évolution générationnelle du rapport à Israël et à la condition juive, les jeunes sont plus enclins à juger acceptables des actes antisémites.

     Alya intérieure, développement des établissements confessionnels, départ en Israël : depuis 20 ans, face à l’antisémitisme, et dans une société de plus en plus morcelée, une partie des Français de confession juive font sécession à leur corps défendant. Les résultats de l’étude font craindre que la période traversée ne se traduise par un nouveau repli. C’est la réponse prévisible de la part d’une minorité confrontée aux menaces et à la violence. Il est par ailleurs alarmant de voir comment la question de l’antisémitisme a resurgi comme objet de mobilisation politique. En 2024, l’idéal républicain d’une société fraternelle unie dans la diversité n’a jamais semblé aussi difficile à atteindre.

     Veuillez trouver en lien ci-dessous le développement ce sujet 2024

     https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france-2/

     

     

    septembre 23, 2026

    Macron à l’ONU maquille la réalité pour attendrir des alliés régionaux afin de plaire envers les mouvements islamistes radicaux

    Ah le jeu diplomatique comme électoraliste !!
      

    "Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ?", a lancé le président français, soulignant que bâtir une solution à deux Etats était la condition de la "sécurité d'aujourd'hui et de demain pour Israël et son peuple". Il a aussi critiqué les agissements israéliens en Cisjordanie, affirmant que le Hamas n'était pourtant pas actif sur ce territoire où siège l'Autorité palestinienne. "L'absurdité grotesque des propos d'Emmanuel Macron est sidérante", a réagi le bureau du Premier ministre Benyamin Nétanyahou, qui doit prononcer jeudi un discours devant l'instance internationale.

    "Un discours déconnecté de la réalité"

    "Des terroristes du Hamas mènent des attaques contre des Juifs presque tous les jours. Ils ont assassiné d'innombrables civils israéliens en Judée-Samarie", a déclaré le dirigeant israélien, en utilisant le nom biblique de la Cisjordanie. L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, lui a emboîté le pas, jugeant "difficile d'imaginer un discours plus déconnecté de la réalité que celui de Macron à l'ONU".

     

    Le bureau de Benyamin Nétanyahou a évoqué la mort en Cisjordanie d'un colon israélien, père de six enfants et qui avait également la nationalité française, tué par balles dimanche, à la veille de Yom Kippour, le jour le plus sacré du judaïsme. L'armée israélienne a dit avoir arrêté le tireur palestinien dans un hôpital et fait savoir que des soldats avaient ensuite mené un raid dans son village. Un ministre du gouvernement de Benyamin Nétanyahou a réclamé son exécution, en vertu d'une nouvelle loi.

    Des colons israéliens extrémistes attaquent fréquemment les Palestiniens en Cisjordanie. Selon les Nations unies, on y a recensé plus six incidents violents par jour liés aux colons visant des Palestiniens ou leurs biens depuis le début de l'année.

     

    Mes Amis, le discours de Macron à l’ONU n’est pas seulement creux, il est ignoble.
     
    Ignoble parce qu’il réécrit l’histoire.
    Ignoble parce qu’il maquille la réalité pour plaire à des alliés régionaux dont la complaisance envers les mouvements islamistes radicaux est bien connue.
    Ignoble parce qu’il préfère la géopolitique des équilibres à la vérité des victimes. Pendant qu’Israël affronte le Hamas, et le Hezbollah groupe armé soutenu par l’Iran qui massacre sa population, 
     
      
    Macron déroule une liturgie diplomatique qui évite soigneusement de nommer les bourreaux.
     
    Il parle de “jungle”, de “honte”, de “barbarie”, mais jamais de ceux qui ont commis ces actes.
    Il parle de “paix”, mais jamais de ceux qui sabotent chaque tentative de paix.
    Il parle d'équilibre, mais jamais de ceux qui veulent effacer Israël de la carte. Et pourquoi ce silence......
    Parce qu’il est poussé par des alliances régionales islamistes, par des partenaires qui préfèrent la fiction à la vérité, par des États qui ont intérêt à ce que l’histoire soit réécrite.
     
    Macron suit cette ligne : une ligne qui arrange les diplomates, qui rassure certains régimes, qui évite les vagues.
     
    Mais cette ligne trahit Israël.
    Elle trahit les Juifs.
    Elle trahit la vérité. Un président français devrait être un rempart.
    Là, il n’a été qu’un orateur prudent, soucieux de ménager des sensibilités étrangères plutôt que de défendre un peuple agressé.
    Il a réécrit l’histoire pour ne pas froisser ceux qui préfèrent l’ambiguïté à la justice.
    Il a réécrit l’histoire pour ne pas nommer les terroristes.
    Il a réécrit l’histoire pour ne pas dire clairement, Israël est attaqué, Israël est menacé, Israël se défend.
     
    Ce discours est ignoble parce qu’il relativise les crimes.
     
    Ignoble parce qu’il met sur le même plan les bourreaux et les victimes.
    Ignoble parce qu’il transforme la souffrance juive en variable diplomatique.
    Ignoble parce qu’il préfère les applaudissements de l’ONU à la vérité nue.
    Ignoble parce qu’il laisse entendre que la neutralité est une vertu, alors qu’elle est ici une faute morale. 
     
     Moi, je parle pour Israël.
     
    Je parle pour mes frères juifs.
    Je parle pour ceux qui subissent les tirs, les menaces, les pogroms, les slogans antisionistes qui déguisent la haine.
    Et je dis ceci : un président français qui réécrit l’histoire pour plaire à des alliés régionaux, qui refuse de nommer les terroristes, qui refuse de soutenir clairement Israël, prononce un discours ignoble.
    Indigne de la France.
    Indigne de la fonction.
    Indigne de la vérité !!!!!!
     






    Emmanuel Macron à l'ONU : Israël dénonce l'"absurdité grotesque" de ses propos

    Monde. Le président français a provoqué la colère de l'Etat hébreu en déclarant, à la tribune des Nations unies, que le Hamas n'avait jamais sévi en Cisjordanie.


    Les relations qu'entretiennent Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahou sont mauvaises, et cela ne devrait pas changer de sitôt. Le Premier ministre israélien a dénoncé mardi 22 septembre "l'absurdité grotesque des propos" du président français, la qualifiant de "sidérante", après son discours plus tôt dans la journée à la tribune de l'ONU. "Dimanche, à la veille de Yom Kippour, il y a seulement deux jours, Netanel Shukrun – un CITOYEN FRANÇAIS et père de six enfants – a été assassiné dans sa voiture par un terroriste du Hamas en Judée-Samarie [NDLR : le nom donné à la Cisjordanie par Israël]", a écrit son bureau sur X, avant de poursuivre : "Les terroristes du Hamas mènent des attaques contre les Juifs presque tous les jours. Ils ont assassiné d'innombrables civils israéliens en Judée-Samarie. L'ignorance n'est AUCUNE EXCUSE pour effacer leur sang".

    Une réponse directe à Emmanuel Macron, qui depuis New York avait pointé du doigt les agissements israéliens : "Regardez ce qui se passe en ​Cisjordanie, où chaque jour des violations sont faites, au nom de quoi ? Le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie", a-t-il lancé, avant de déplorer "l'impossibilité d'un projet qui est le respect des droits légitimes du peuple palestinien à exister".

    LIRE AUSSI : Israël et l'Europe en instance de divorce : "Il y a maintenant un fossé dans l'opinion"

    "C'est une chose de lâcher une phrase stupide et de se faire prendre par la caméra. C'est une tout autre chose de se tenir devant le monde et de réciter un mensonge qu'un chatbot d'IA gratuit aurait refusé d'écrire", a aussi réagi sur X Amichai Chikli, le Ministre israélien de la Diaspora, ponctuant son message d'un "Honte à vous, Emmanuel. Honte à vous."

    A Gaza, un "spectacle qui nous fait honte à tous"

    Un an après avoir reconnu l'Etat palestinien lors de cette même assemblée générale, Emmanuel Macron a de fait profité de ce nouveau discours devant les Nations unis, son dernier avant la fin de son mandat, pour évoquer une fois de plus la crise au Proche-Orient, dénonçant notamment la situation humanitaire à Gaza. "Il y a un an, ici même, nous étions une douzaine d'Etats à reconnaître la Palestine", a-t-il dit. "J'entends le cynisme de certains : 'reconnaissance de papier, regardez la réalité'. Mais quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ?", a-t-il poursuivi. "Certains se flattent d'une paix prétendue, mais cette paix n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires. Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ?".

    La critique adressée à Donald Trump était à peine voilée, alors que le président américain s'était targué quelques heures plus tôt, au même endroit, d'un triomphe diplomatique avec son plan de paix entre Israël et le Hamas palestinien. Mardi soir, la porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a répondu à Emmanuel Macron, vantant le bilan de l'action de Donald Trump, qui a "mis fin à la guerre entre Israël et le Hamas, libéré tous les otages encore en vie, restitué les corps des défunts à leurs familles et pilote désormais la mise en œuvre du Plan en 20 points pour la paix à Gaza". "Pendant que d'autres parlent, ce président a pris ce problème complexe à bras-le-corps. Personne n'a fait autant pour la paix et la stabilité dans la région", a-t-elle assuré.

    https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/emmanuel-macron-a-lonu-israel-denonce-labsurdite-grotesque-de-ses-propos-BUBC6HD5XNFOZFFC2OCO6SVZSE/




    avril 18, 2026

    La Société de la Propriété et de la Liberté de Hans-Hermann HOPPE ( Expression 2)

    La Société de la Propriété et de la Liberté 

    Un radicalisme intellectuel intransigeant

    Suite à mon article initial¹, l'Institut Mises n'a pas réagi officiellement, si ce n'est par une brève annonce de ses deux nouveaux directeurs exécutifs m'informant que je serais déchu de mon titre de seul et unique membre émérite de l'institut, titre que j'occupais depuis longtemps². Cette réaction, et les événements qui ont suivi, n'ont fait que confirmer mes inquiétudes, mes critiques et mes soupçons, comme nous le verrons brièvement ci-après. 
     
     

     
     
    Tout d'abord, et surtout, j'avais constaté qu'en raison de la détérioration rapide et alarmante de sa santé, Lew Rockwell avait perdu le contrôle de l'Institut Mises au profit d'autres personnes, notamment Joe Salerno. Le public, et en particulier les donateurs de l'Institut, avaient été systématiquement trompés à ce sujet. Des lettres de collecte de fonds prétendument signées par Lew continuaient d'être envoyées et des articles publiés en son nom, alors qu'ils n'étaient pas de lui, étaient encore en circulation. On pouvait même douter que les décisions « soi-disant » prises l'aient réellement été. Cette pratique honteuse a soudainement cessé après que je l'ai dénoncée. Confirmation ! 
     
    Pour revenir à Lew Rockwell : j’avais reçu le titre de Distinguished Senior Fellow grâce à mes travaux de recherche, et la seule raison légitime pour que le MI me le retire aurait été une trahison de l’héritage intellectuel de ses deux figures tutélaires, Mises et Rothbard. Or, outre le fait curieux que les deux directeurs exécutifs qui m’ont informé de ma rétrogradation n’avaient aucune qualification universitaire, personne n’a jamais prétendu le contraire. Plus révélateur encore, les deux seules personnes qui auraient pu l’affirmer, Lew Rockwell et Joe Salerno, ne l’ont pas fait ! Lew, car il avait perdu le contrôle du MI et ne prenait plus aucune décision concernant son fonctionnement (et, d’après ses propres dires, comme je le démontrerai bientôt, il n’aurait jamais pu ni voulu le faire). Quant à Salerno, sans l'approbation duquel les deux directeurs exécutifs n'auraient jamais osé annoncer ma rétrogradation, il a renoncé à engager sa propre responsabilité, pressentant l'embarras probable que cela pourrait engendrer.
     
    Après mon éviction, le Mises Institute, par l'intermédiaire de deux employés désignés, s'est efforcé de semer la confusion et de promouvoir Salerno comme le nouveau grand dirigeant de l'institut. David Gordon a publié une critique dithyrambique du livre véritablement excellent (mais unique) de Salerno, *Money: Sound and Unsound*(3), paru initialement quinze ans auparavant. Ryan McMaken, dans un article récent intitulé « Rothbard, le Mises Institute et la bataille des idées » (4), a poursuivi dans la même veine en relatant une anecdote et des éloges formulés par Lew Rockwell dans sa préface au recueil d'hommages à Salerno de 2015 : 
     
    Après le décès de Joey Rothbard, je me suis rendu à New York pour organiser la disposition des biens de Murray et Joey conformément à leurs dernières volontés. Les livres et les documents ont bien sûr été légués au Mises Institute, où ils constituent le cœur de notre bibliothèque et de nos archives. Mais mon souvenir le plus marquant, outre une tristesse indicible, reste le document imprimé posé sur la petite table près du fauteuil de lecture de Murray, dans le salon. Il s'agissait de la thèse de doctorat de Joe Salerno. … Quelle ironie que [Salerno] soit également le successeur de Murray au poste de vice-président aux affaires académiques.⁵ 
     
    Dans mon article initial, j'avais formulé de sévères critiques à l'encontre de Salerno (j'y reviendrai bientôt), mais je n'avais pas dit un mot contre ses travaux. Bien au contraire, je considérais Salerno, et le considère toujours, comme le plus éminent théoricien monétaire contemporain de tradition autrichienne. Or, c'est bien lui qui m'a démis de mes fonctions, et c'est lui qui a veillé à ce que le MI ne fasse jamais d'annonce officielle concernant mon éviction. Bien sûr, l'information a fini par fuiter, mais comme ce sont soi-disant les deux responsables administratifs, et non lui, qui ont pris la décision, il n'a jamais eu à s'expliquer, ce qui aurait été une tâche ardue. Car il aurait alors dû comparer toute son œuvre à la mienne (y compris celle de « L’Année Rothbard »), ce qui aurait donné un résultat quelque peu embarrassant. Qu’on demande à Grok, le plus éminent élève et héritier intellectuel de Murray Rothbard. 
     
    De plus, Salerno aurait dû justifier cet éloge de Rockwell à mon égard.


    Ma première véritable immersion dans le génie de Hans-Hermann Hoppe eut lieu lors d'une des premières « Universités Mises », où il donna la conférence principale sur la méthodologie. Il y proposa une nouvelle interprétation de la méthode kantienne de Mises. Hoppe expliqua la typologie des propositions de Kant et montra comment Mises se les était appropriées, en y apportant une perspective inédite. 
     
    Au lieu de catégories de pensée et de catégories de l'esprit, Mises alla plus loin que Kant en définissant des catégories d'action, fondement du raisonnement économique. Lors de cette conférence, nous avons tous découvert chez Mises une dimension insoupçonnée, plus vaste et plus profonde que ce que nous imaginions, qui nous a amenés à repenser un sujet que nous pensions maîtriser. 
     
    Ce même effet Hoppe – ce sentiment d'avoir été profondément éclairé par une compréhension radicalement nouvelle – s'est produit à maintes reprises au fil des ans. Il a contribué à l'éthique, à l'économie politique internationale, à la théorie de l'origine de l'État, aux systèmes comparés, à la culture et à ses rapports économiques, à l'anthropologie, ainsi qu'à la théorie et à la pratique de la guerre. Même sur un sujet auquel tout le monde pense mais que personne ne semble vraiment comprendre – le système démocratique –, il a clarifié les choses d'une manière qui permet de percevoir le fonctionnement du monde sous un jour entièrement nouveau. Peu de penseurs ont un tel impact. Mises en était un. Rothbard un autre. Hoppe s'inscrit assurément dans cette lignée. C'est le genre de penseur qui nous rappelle que les idées sont des choses concrètes qui façonnent notre compréhension du monde qui nous entoure. J'ose affirmer que personne ne peut lire des ouvrages tels que « De la démocratie : le dieu qui a échoué », « Théorie du socialisme et du capitalisme » et « Économie et éthique de la propriété privée » sans en ressortir indemne.⁶
     
    Tout cela ne fait que confirmer mes inquiétudes, mes critiques et mes soupçons. Et ce n'est pas tout. Comme l'ont unanimement confirmé les trois précédents présidents du MI, j'avais mentionné que Salerno, malgré un salaire conséquent et de longues absences d'Auburn, est paresseux et improductif, et que cette attitude a affecté une grande partie du personnel de l'institut. L'organisation des différentes conférences annuelles est principalement assurée par les nombreux assistants de Salerno. Les deux principales conférences annuelles, la conférence de l'Université Mises et le séminaire Rothbard, proposent chaque année le même programme avec les mêmes intervenants. Peu de travail, donc. La conférence autrichienne de recherche économique réunit une poignée de conférenciers de renom et un grand nombre de présentateurs présélectionnés par d'autres professeurs. 


    Là encore, peu de travail. En 2026, « Année Rothbard », le MI a réussi à rééditer le recueil d’hommages à Rothbard, vieux de 38 ans (tout en ignorant délibérément le mémorial commémoratif publié par Kinsella et moi-même le 2 mars, jour du centenaire de Murray) (7). Ils collectent des fonds pour une prétendue conférence spéciale de deux jours, l’Université Rothbard, proposant essentiellement, à l’exception de l’intervention de Wanjiru Njoya, de vieilles conférences déjà présentées à l’Université Mises, datant de cette année ou des années précédentes. Et pour l’automne, ils lèvent encore des fonds pour un séminaire spécial de trois jours sur l’Éthique de la liberté de Rothbard (pour lequel j’ai rédigé une longue introduction) (8). Pas très impressionnant. 
     
    Par ailleurs, en matière de faible productivité, il y a près de deux ans, le MI a organisé une conférence spéciale sur l’action humaine, sous l’égide de son président de l’époque, Tom DiLorenzo. Des fonds ont été collectés et des sponsors ont été sollicités pour chaque intervenant. Le résultat de la conférence, promis aux donateurs, aux sponsors et aux participants, était un livre. À ce jour, il n'est toujours pas paru, et même s'il devait paraître prochainement, deux ans de travail, malgré l'aide de nombreux contributeurs, n'ont rien d'impressionnant. De même, il y a un an, Tom DiLorenzo avait organisé une conférence sur l'histoire révisionniste de la guerre, qui devait également déboucher sur la publication d'un ouvrage. J'avais remis ma contribution à ce projet en décembre dernier. (9) Près de six mois plus tard, je n'ai toujours pas reçu les épreuves de mon article. Encore une fois, la productivité laisse à désirer.


    Enfin, quelques mots sur les manœuvres de Ryan McMaken, très probablement orchestrées en étroite collaboration avec Salerno. McMaken avait refusé de publier mon introduction ¹⁰ à la Gedenkschrift susmentionnée en l'honneur de Murray Rothbard, au motif que le MI allait se spécialiser dans la publication d'articles strictement économiques, délaissant le vaste champ de l'austro-libertarianisme, et que mon article ne s'inscrivait pas dans cette perspective. Quiconque a suivi les articles publiés sur mises.org, avant ou après la décision de McMaken concernant mon texte, devrait constater que sa justification était un mensonge flagrant. La véritable raison de sa décision était la suivante : d'une part, le MI ne voulait pas se laisser éclipser par Kinsella et Hoppe à l'occasion de l'anniversaire de Rothbard, alors même que cette dernière, forte d'une trentaine d'employés, n'avait rien à présenter ce même jour. Mais plus important encore, mon article contenait une critique assez acerbe de Javier Milei, l'Argentin qui se proclamait « plus grand président sioniste du monde », et expliquait en détail pourquoi la prétention de Milei (et de ses nombreux partisans) d'être un anarcho-capitaliste « philosophique » dans la tradition rothbardienne est tout simplement ridicule et complètement absurde ; pourquoi Rothbard n'aurait jamais soutenu ce « meilleur ami » de Netanyahou et de Trump, fervent partisan des guerres américano-israéliennes à Gaza et en Iran, mais l'aurait au contraire vigoureusement condamné.(11) Et c'est là que le bât blessait : le MI, ou plus précisément Joe Salerno, avait invité Jesus Huerta de Soto, le plus éminent propagandiste intellectuel de Milei, à donner la conférence commémorative Ludwig von Mises. Publier mon article une semaine seulement avant cette conférence aurait certainement fait des vagues et probablement provoqué des troubles. Alors, mieux valait me faire taire et oublier les principes. 
     
    Salerno connaissait les opinions de Rothbard sur Israël, le sionisme et les néoconservateurs ; il savait que Rockwell partageait ces opinions ; il connaissait le sionisme de Milei et son faux rothbardianisme ; il connaissait le rôle de JHS comme propagandiste de Milei ; et il savait que ce que j’avais écrit dans mon article était vrai. Pourquoi, malgré tout cela, a-t-il décidé de se vendre et de trahir ainsi l’héritage de Rothbard et de Rockwell ? Cela reste un mystère pour moi.
     
    Il va sans dire que rien n'a changé entre-temps concernant la structure organisationnelle et la composition plutôt curieuses, voire étranges ou même suspectes, du conseil d'administration du MI. En effet, Lew étant de facto hors jeu, la situation paraît encore plus étrange qu'auparavant. À ma connaissance, aucun nouveau président n'est en vue. 
     
     Hans-Hermann Hoppe
     

     Istanbul, le 16 avril 2026

    https://propertyandfreedom.org/mises-institute-quo-vadis-postscript/

     

     

    (Sa première expression en rappel ici :

    Dissonance, Hoppe - Mises Institute ! L'Anarcho-capitalisme phagocyté par les "libéralopithèques" ?

    Hoppe: Mises Institute: Quo Vadis?

     
    Depuis 1985, Hans-Hermann Hoppe collaborait étroitement avec le Mises Institute (fondé en 1982 par Lew Rockwell et Murray Rothbard). 
     
    Devenu Senior Fellow, puis Distinguished Senior Fellow en 2000 (un titre unique créé spécialement pour lui), Hoppe est à ce jour la figure qui incarne le plus remarquablement l'esprit anarcho-capitaliste, en tant que plus proche héritier intellectuel de Murray Rothbard. )

     

    1.  Hans-Hermann Hoppe, “Mises Institute: Quo Vadis?”, Property and Freedom Journal (March 25, 2026). []
    2. Stephan Kinsella, “Hoppe Removed as Mises Institute Senior Distinguished Fellow,” Property and Freedom Blog (April 1, 2026). []
    3. Joseph T. Salerno, Money: Sound and Unsound (Auburn, Ala.: Mises Institute, 2010). []
    4. Ryan McMaken, “Rothbard, the Mises Institute, and the Battle of Ideas,” Mises Wire (04/08/2026). []
    5. Llewellyn H. Rockwell, Jr., “Foreword,” in The Next Generation of Austrian Economics: Essays in Honor of Joseph T. Salerno, Per Bylund and David Howden, eds. (Auburn, Ala.: Mises Institute, 2015). []
    6. Llewellyn H. Rockwell, “A Life of Ideas,” in Property, Freedom, and Society: Essays in Honor of Hans-Hermann Hoppe, Jörg Guido Hülsmann and Stephan Kinsella, eds. (Auburn, Ala.: Mises Institute, 2009); see also Rockwell, “In Honor of Hans Hoppe,” in A Life in Liberty: Liber Amicorum in Honor of Hans-Hermann Hoppe, Jörg Guido Hülsmann and Stephan Kinsella, eds. (Houston, Texas: Papinian Press, 2024). []
    7. Rothbard at 100: A Tribute and Assessment, Stephan Kinsella and Hans-Hermann Hoppe, eds. (Papinian Press and The Saif House, 2026). []
    8.  Hoppe, Murray N. Rothbard and the Ethics of Liberty, Introduction to the new edition of Murray N. Rothbard, The Ethics of Liberty (New York: New York University Press, 1998).  []
    9. Hoppe, “On War, Democratic Peace, and Reeducation: The “German Experience” in Reactionary Perspective,” allegedly forthcoming in a book based on the Mises Institute’s Revisionist History of War Conference (May 15, 2025—May 17, 2025).  []
    10. Hoppe, “Introduction,” in Rothbard at 100: A Tribute and Assessment. []
    11. See commentary on Milei at HansHoppe.com and Propertyandfreedom.org. As noted in Hoppe, “Mises Institute: Quo Vadis?”, “Tom DiLorenzo would not have invited him.” See references in n.7. []
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