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octobre 15, 2026

Raphaël Glucksmann son projet...

 Lors de la réunion à Matignon, Raphaël Glucksmann est venu remettre à Sébastien Lecornu son plan de sortie de crise en 10 propositions. 


 

 🎓 JEUNESSE → Abrogation de Parcoursup → Fin des suppressions de postes d’enseignants → Stages rémunérés 1 000 €/mois → Revalorisation des bourses

 💶 POUVOIR D’ACHAT → SMIC à 1 700 € net et mise en place d’une CSG progressive → Chèques énergie jusqu’à 500 € financés par une taxation des superprofits → Carburants : −20 centimes/litre par un encadrement des marges 

 ⚖️ ORDRE RÉPUBLICAIN → Réforme du maintien de l’ordre → Sanctions contre les plateformes numériques → Indemnisation des victimes du 17 octobre

"Les emmerdes commencent" : les huit défis que Raphaël Glucksmann va devoir relever après sa victoire à la primaire de la gauche

Désigné dès le premier tour d'un scrutin qu'il voulait initialement éviter, le candidat de Place publique et, désormais, du Parti socialiste doit maintenant rassembler un camp divisé s'il veut rester dans la course à l'Elysée. 

 

"Du pain sur la planche." Voilà comment un soutien de Raphaël Glucksmann résume l'état d'esprit dans le camp du vainqueur de la primaire social-démocrate, lundi 12 octobre. "Les emmerdes commencent", s'amuse, plus prosaïquement, un cadre du Parti socialiste. La veille, l'eurodéputé et leader de Place publique s'est imposé dès le premier tour, avec deux tiers des suffrages (66,17%), un score qui a surpris jusqu'à ses conseillers.

Désormais, l'intellectuel converti à la politique, enfariné après sa victoire dimanche soir, fait face à de nombreux défis. Du rassemblement avec ses anciens adversaires au dialogue avec les autres forces de gauche, en passant par le travail sur son programme, les chantiers ne manquent pas.

1 Rassembler un PS divisé

Pas issu du parti, Raphaël Glucksmann doit embarquer dans sa campagne des socialistes qui sont nombreux à l'avoir vigoureusement critiqué durant la primaire. Ses soutiens veulent y croire. L'enjeu est de faire une place "à toutes les sensibilités et à tous les candidats" vaincus, explique à l'AFP Jérôme Auslender, un des responsables de Place publique. "Après 50 nuances de bordel, il y aura 50 nuances de gauches autour d'un candidat", vantait, dimanche soir, un proche d'Olivier Faure.

Pour autant, certains au PS pourraient limiter leur soutien au service minimum. "Le stagiaire a gagné, malheureusement", a commenté une Ségolène Royal amère, questionnée sur franceinfo(Nouvelle fenêtre) au sujet du surnom peu flatteur dont elle avait affublé Raphaël Glucksmann. La candidate socialiste à la présidentielle 2007 l'avait plusieurs fois brocardé, notamment lors des débats télévisés. "Certains élus vont avoir piscine, ou envie d'aller pisser un peu plus longtemps que prévu", présageait un autre cadre fauriste dès la fin septembre.

Une partie des soutiens de Raphaël Glucksmann a même intégré cette idée, et se méfie particulièrement du premier secrétaire du PS, largement battu dimanche (14,46%) : "Olivier Faure dira 'rassemblons-nous', mais il nous mettra des bâtons dans les roues, en se taisant sur les succès et en pointant les échecs", grince l'un des proches du candidat. "Il l'a fait avec Anne Hidalgo", représentante malheureuse du PS en 2022 (1,76%).

2 Convaincre Les Ecologistes et les autres forces de gauche

Comme l'assure un cadre de l'équipe de campagne de Raphaël Glucksmann, "faire un pas vers Les Ecologistes" fait partie de ses priorités. Un des courants internes au parti, soutenu par Yannick Jadot, a fait un pas vers le vainqueur de la primaire en appelant la direction à entamer des discussions avec lui. Mais la patronne du parti Marine Tondelier, elle-même candidate à la présidentielle, ne compte pas abandonner. Une partie des Ecologistes, dont Sandrine Rousseau, défend en miroir un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise. Ce sont les adhérents qui trancheront la stratégie du parti pour la présidentielle au mois de décembre.

Raphaël Glucksmann doit aussi convaincre les communistes, eux aussi pleinement lancés dans la course à l'Elysée avec Fabien Roussel. "Si demain Les Ecologistes et les communistes se retirent, on passe devant Jean-Luc Mélenchon", croit même un élu socialiste pro-Glucksmann.

D'autres formations, au poids plus modeste, avaient appelé à ouvrir la primaire de l'ensemble de la gauche, comme L'Après, formée par des anciens de La France insoumise, ou Debout !. Le mouvement de François Ruffin, d'un côté, a appellé "à l'union, au sursaut et aux échanges entre toutes les forces de gauche". Mais, de l'autre, le député de la Somme a raillé la primaire dimanche soir sur X(Nouvelle fenêtre) : "Quelle surprise ! Raphaël Glucksmann remporte la primaire de Raphaël à Glucksmann !" Signe que le rassemblement est loin d'être acquis.

3
 Tenir sur son refus d'alliance avec LFI, y compris aux législatives

Après avoir fait campagne sur la rupture avec La France insoumise, Raphaël Glucksmann affirme que son score clôt le débat à gauche sur une alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Olivier Faure, plus ouvert à cette idée, "n'est plus majoritaire au sein de son propre parti (...) et il n'y aura plus d'alliance avec LFI, ça a été tranché par plus de 66% des gens qui sont venus participer à cette primaire", a-t-il insisté lundi matin sur France Inter. Mais le premier secrétaire du PS ne compte pas se mettre en retrait de sa fonction malgré sa lourde défaite. Et il avait prévenu, avant la primaire, que le PS déciderait "seul" de ce qu'il ferait pour les prochaines législatives, après avoir été l'un des architectes des accords de la Nupes en 2022, puis du NFP en 2024, en alliance avec LFI.

Si la question est une ligne rouge pour Raphaël Glucksmann, un proche lui conseille toutefois de ne pas trop insister sur ce point : "Je lui ai dit de ne pas dire qu'il ne voulait plus d'alliance avec LFI, mais au contraire qu'il a besoin de tous les électeurs de gauche."

4 Rassembler des électeurs au-delà d'une base étriquée

Certes large vainqueur, l'eurodéputé a reçu le soutien de près de 80 000 personnes sur un total de plus de 120 000 votants, membres du PS, de Place publique (qui revendique près de 3 000 adhérents) ou ayant décidé de participer sans adhésion moyennant la somme de 15 euros. Ses détracteurs raillent une participation bien en deçà de celle de la dernière primaire de gauche, en 2017, qui était à l'époque ouverte à tous, au prix de 1 euro et de la signature d'une charte de valeurs. "C'est sûr que le nombre de votants permet de nuancer un peu ce score. Néanmoins, il faut voir que Raphaël Glucksmann part avec un gros socle de légitimité", note Diane Lamotte, de l'institut de sondages Ipsos-BVA, sur franceinfo.

Mais le candidat a besoin de convertir ce soutien militant en intentions de vote, en élargissant sa base électorale. Dans quelle direction ? Il y a là une "difficulté stratégique", estime le politologue Jean-Yves Dormagen dans Le Point(Nouvelle fenêtre). "Il doit gérer une double concurrence, avec Jean-Luc Mélenchon, sur sa gauche, et avec les candidats du bloc central, de l'autre, Gabriel Attal et Edouard Philippe. (...) Il lui faut donc gagner des voix au centre, sans perdre la frange la plus à gauche de ses électeurs", analyse-t-il. "Avec toutes les critiques qui le visent, il a plutôt intérêt à commencer à chercher à parler à la gauche plutôt qu'au centre", estime un cacique socialiste.

C'est ce que Raphaël Glucksmann semble avoir choisi de faire dès dimanche soir, en s'adressant au "peuple de gauche" et à la "gauche démocratique", et en se posant en rassembleur de sa famille politique. "Je veux que [François Hollande] soit dans notre équipe, qu'il participe au combat commun, comme Bernard Cazeneuve, comme les Ecologistes", a-t-il espéré sur France Inter, lundi matin. Depuis sa victoire, il martèle aussi que "Marine Le Pen ne sera pas à l'Elysée en mai 2027", dans l'espoir de fédérer les détracteurs de l'extrême droite autour de sa candidature.

5 Etoffer son programme

La présentation du programme est un passage obligé pour tous les candidats, dont certains ont pris de l'avance sur Raphaël Glucksmann, qui n'a pour le moment dévoilé que quelques mesures, comme la surtaxation des "méga-héritages". Il a également partagé quelques axes de son projet dans un livre paru en mai, mais il lui reste à traduire ces orientations en mesures concrètes.

Le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a été chargé en septembre de piloter la construction du projet, et une trentaine de groupes de travail planchent sur les propositions. Raphaël Glucksmann a d'ores et déjà chargé Yannick Jadot de planifier les "100 jours de la révolution écologique" qu'il promet en ouverture de son mandat. S'il parvient à rallier des personnalités d'autres sensibilités à gauche, il lui faudra sans doute intégrer de nouvelles propositions à son projet.

6 Gérer le tempo pour ne pas louper l'"effet primaire"

Le tout juste vainqueur s'est rendu directement sur le plateau du "20 Heures" de France 2, dimanche soir, pendant que ses équipes faisaient imprimer 50 000 tracts dans la nuit, pour être présents sur les marchés dès le début de la semaine, et espérer surfer sur ce résultat. "Tout commence maintenant", peut-on y lire au recto. Au verso, Raphaël Glucksmann appelle les électeurs à le rejoindre "dans ce combat existentiel pour la démocratie et la République". Il devrait enchaîner avec un premier déplacement officiel en fin de semaine, pour continuer à occuper le terrain après une primaire qui lui a offert une caisse de résonance médiatique.

Avant les résultats, ses soutiens misaient sur ce vote interne pour offrir "un petit booster" au candidat, en retard sur Jean-Luc Mélenchon dans la plupart des sondages. "Cette nouvelle dynamique pourrait susciter un afflux supplémentaire vers sa candidature", avance prudemment Diane Lamotte, d'Ipsos-BVA. "Il peut prendre 4 à 5 points [dans les intentions de vote] après cette primaire, on verra le premier sondage. S'il ne les prend pas maintenant, ce sera dur", juge un cadre du PS.

7
 Renforcer son image de présidentiable après des ratés

Même ses partisans reconnaissent que le candidat Glucksmann n'a pas tout réussi sur le plan de l'image et de la communication. "Le déplacement sur les éoliennes, par exemple, c'était raté de A et Z", rappelle l'un de ses soutiens à propos d'une visite en Charente-Maritime, fin août, alors qu'il venait d'officialiser sa candidature et sa participation à la primaire. Des images de l'eurodéputé avaient immédiatement été tournées en dérision sur les réseaux sociaux. "Il faut qu'on reprenne la main", confiait, mi-septembre, une cheville ouvrière de la campagne.

Ses opposants raillent son supposé manque de charisme, une qualité réputée indispensable dans la bataille présidentielle. La critique a même percé en interne : "C'est un type qui écoute, qui veut progresser, mais qui est un peu perché. Ce qui est un peu injuste, c'est qu'il est bon avec les gens, mais dès qu'il y a des caméras, il récite. Il a conscience qu'il est en apprentissage constant", développe l'un de ses soutiens. "Il faut qu'on se lâche, on doit être iconoclaste, on doit changer nos mots", a défendu Raphaël Glucksmann lundi matin, sur France Inter, comme pour ouvrir une nouvelle séquence dans la manière de s'exprimer, pour lui-même et ses troupes.

8 Balayer toute proximité avec le macronisme

L'une des plus grosses tâches de Raphaël Glucksmann durant ces six prochains mois ? Réussir à convaincre qu'il est le candidat de la "rupture avec le macronisme", comme il l'a redit dimanche soir sur France 2. Ses opposants à gauche, à commencer par La France insoumise, lui reprochent précisément l'inverse. "Sa stratégie, c'est d'incarner le renouveau macroniste. En abandonnant les ouvriers, les plus pauvres, les jeunes", avait par exemple fustigé la vice-présidente de l'Assemblée Clémence Guetté, après la diffusion en mai d'une note interne conseillant Raphaël Glucksmann sur l'électorat à cibler.

Les détracteurs du leader de Place publique soulignent la composition de son entourage : Aurélien Rousseau, son conseiller politique, était ministre de la Santé d'Elisabeth Borne en 2023 ; Simon Bernard, coordinateur de sa campagne, conseillait la même Première ministre macroniste ; et Sacha Houlié, qui a aussi rejoint la campagne, était député du parti présidentiel jusqu'en juillet 2024.

Pour contrer cette attaque, le candidat et ses proches peuvent se servir de l'examen des textes budgétaires, cet automne. "Ce budget, en l'état, est inacceptable", a ainsi lancé Raphaël Glucksmann sur France Inter, lundi matin, en prévenant que "si la copie de monsieur Lecornu et du gouvernement ne bouge pas, il y aura censure". "Dix ans de macronisme ont aggravé les inégalités", a renchéri Nicolas Mayer-Rossignol, l'un de ses soutiens, sur Public Sénat(Nouvelle fenêtre).

 
 

Raphaël Glucksmann : « Je suis prêt pour le combat qui vient »

La nuit a été courte. Lorsqu’on le retrouve lundi 12 octobre après-midi, les traits tirés, une tasse de café et un Coca Zéro devant lui, Raphaël Glucksmann prépare déjà la suite. Tout juste auréolé de sa large victoire, la veille, à la primaire sociale-démocrate, le candidat veut « enchaîner très vite ». Après avoir esquivé les flèches empoisonnées d’Olivier Faure ou de Ségolène Royal dans un scrutin que beaucoup voyaient comme un piège, le parlementaire européen rêve désormais de bousculer la présidentielle.

Il en est persuadé : en plein effondrement du macronisme, sa gauche, celle qui ne s’acoquine pas avec LFI, « ne joue pas sur les noms juifs dans les meetings » et « ne se prosterne pas devant les tyrans », a, pour la première fois depuis quinze ans, un chemin pour l’emporter. « C’est extrêmement ouvert ! », veut croire son allié l’écologiste Yannick Jadot.

Mais, à n’en pas douter, le plus dur commence. Il faudra à Raphaël Glucksmann, lui, l’intello parisien si souvent accusé de déconnexion, le militant des causes ukrainienne et rwandaise avant le politique, moult rations de caféine pour surmonter les (innombrables) défis qui l’attendent. Sur le plan idéologique, le fils du philosophe André Glucksmann devra rassurer la gauche, sans s’aliéner le centre, mais aussi résister au rouleau compresseur du tango Le Pen-Mélenchon.

Sur le plan stratégique, il aura pour mission de rassembler une famille divisée, alors même que la direction du Parti socialiste ne le tient pas dans son cœur et que François Hollande n’a pas renoncé à ses propres ambitions. « Les vrais ennuis commencent », glisse un élu qui le connaît bien. « Rien ne me fera dévier, je suis prêt au combat qui vient », rétorque Raphaël Glucksmann. Il est l’heure d’enfiler une armure. 

Le Point : Qu’allez-vous faire de votre large victoire à la primaire ?

Raphaël Glucksmann : J’ai toujours dit que cette primaire était le moment tant attendu de la clarification et de la refondation. Là où on me parlait d’un « piège », je voyais un tremplin, l’opportunité de trancher et de donner un élan puissant à la gauche démocratique, de la libérer de l’esprit de défaite qui la mine. Le résultat est sans appel. Et ce n’est qu’un début. Maintenant, la bataille de France commence.

Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out. 

Le plus dur commence ?

Le plus important commence. Cette campagne présidentielle est la plus importante de la Ve République. L’extrême droite est aux portes du pouvoir. La guerre menace l’Europe. Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out. Partout dominent les sentiments d’impuissance, d’injustice et de colère. Le choix que nous allons faire en 2027 va définir le visage de notre pays – et de notre continent avec lui – pour des décennies. Une élection présidentielle, c’est toujours un moment où le peuple français se redéfinit. Là, il va choisir de sombrer dans le trumpisme et le poutinisme ou de retrouver ce qui fait sa grandeur.

L’identité française sera le débat majeur de cette présidentielle ?

La nation est en proie à un doute profond, et nous éprouvons tous le besoin de renouer avec l’idée d’un destin français, de redonner un sens fort au fait simple et merveilleux d’être français…

Autrement dit, faut-il un nouveau roman national ?

Un récit national. Les élites françaises ont laissé notre pays sans récit, sans horizon, sans cap depuis trop longtemps. Partout, on retrouve une fierté blessée. À l’école, on nous apprend que notre nation a parlé la langue de tous les hommes et éclairé le monde. Et que voit-on autour de nous ? Des services publics qui suffoquent, une société fragmentée, une dette qui explose, des privilèges qui s’ossifient et des inégalités qui se creusent, une voix qui n’est plus écoutée en Europe et dans le monde. Il faut une rupture et un sursaut.

Mes ancêtres ramassaient des bouts de chiffon aux confins de l’Europe orientale, dans la nuit noire de l’oppression et de la misère. Et ils savaient tous qu’il y avait un pays, la France, qui avait proclamé que les hommes naissaient libres et égaux. Nous sommes les héritiers d’une histoire et d’un destin. Et qu’avons-nous fait de ce trésor ? Un des ressorts majeurs du vote pour le RN, c’est cette fierté blessée. Nous allons y répondre.

 https://www.lepoint.fr/politique/raphael-glucksmann-je-suis-pret-au-

septembre 25, 2025

Mercosur: un libre-échange sabordé par l'écologie ses normes via les médias

 Le Mercosur, ce bouc émissaire de nos politiques agricoles

Déforestation, bœuf aux hormones, trahison de nos agriculteurs. Le Mercosur, accusé de tous les maux, fait l’unanimité contre lui. Pourtant, cet accord pourrait être une opportunité pour notre industrie, sans pour autant sacrifier notre souveraineté alimentaire.
 
 

 
 
Le Mercosur, c’est en quelque sorte la version sud-américaine de notre marché commun, un espace de libre circulation des biens et des services. Il regroupe l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et, depuis l’an dernier, la Bolivie. Le Venezuela en a été exclu en 2016. Après deux décennies de négociations, l’Union européenne et le Mercosur ont conclu, en juin 2019, un traité instaurant une zone de libre-échange. Ou plutôt un accord commercial, car le terme, qui suggère une libéralisation sans contraintes, est trompeur : les règles restent nombreuses et certaines importations limitées. Aujourd’hui, il demeure suspendu à la ratification des 27 États européens. La France est l’un des rares pays à avoir des réserves. À tort ou à raison ?
 

 
Concrètement, la suppression de 4 milliards de droits de douane rendrait nos exportations beaucoup plus compétitives. Le prix des voitures et des vêtements pourrait baisser de 35 %, celui des machines-outils, produits chimiques et pharmaceutiques de 14 à 20 %. Les fournisseurs de services — télécommunications, transports, numérique — accéderaient aux marchés publics locaux. L’industrie automobile européenne, en grande difficulté, appelle évidemment l’accord de ses vœux : il relancerait ses ventes de véhicules thermiques, au moins pour un temps. Au total, Bruxelles projette près de 50 milliards d'euros d’exportations supplémentaires vers le Mercosur, pour seulement 9 milliards d’importations en plus. Des importations qui pourraient bien profiter aux industries européennes. Le Brésil, en particulier, est un important fournisseur de matières premières critiques comme le nickel, le cuivre, l’aluminium, l’acier ou le titane.
L’erreur est en effet de réduire exportations et importations à une lecture comptable. On croit trop souvent que seule la production locale enrichit, quand les importations appauvrissent. L’exemple du CETA, l’accord entre l’Europe et le Canada, montre l’inverse : les entreprises françaises ont pu importer hydrocarbures et minerais à des prix plus avantageux. Si ces flux semblent peser négativement sur la balance commerciale, ils sont économiquement bénéfiques. Des matières premières moins chères permettent à nos entreprises de réduire leurs coûts et de gagner en compétitivité. Aujourd’hui, qu’importe-t-on majoritairement depuis l’Amérique latine ? Des hydrocarbures, des produits miniers… et des produits agricoles.
 
 

 

Les agriculteurs européens sont-ils vraiment sacrifiés sur l’autel du commerce ?

L’agriculture des pays du Mercosur fait peur. Avec 238 millions de bovins, le Brésil possède le plus grand cheptel au monde et assure à lui seul près d’un quart des exportations mondiales. L’Argentine n’est pas en reste, avec 54 millions de bêtes et des troupeaux en moyenne quatre fois plus grands qu’en France. En Amazonie ou dans le Cerrado brésilien, certaines exploitations dépassent même les 100 000 têtes de bétail. À titre de comparaison, la « ferme des mille vaches » picarde, fugace symbole tricolore de l’élevage intensif, n’a jamais compté plus de 900 bovins. Mais le gigantisme ne s’arrête pas à l’élevage. Au Brésil, SLC Agrícola exploite plus de 460 000 hectares de céréales. Deux cents fois plus que la plus grande exploitation française. Les vergers sont quatre fois plus étendus de l’autre côté de l’Atlantique. Sucre, maïs, soja… les agriculteurs européens font face à un géant. Sans jouer avec les mêmes cartes : si les produits importés devront répondre aux normes de consommation européennes, les règles de production ne sont pas identiques. Notamment concernant l’utilisation des pesticides, qui fait tant débat en Europe. Pour les agriculteurs français, difficile de se départir de l’impression de concourir face à des V12 avec un 3 cylindre
 
Heureusement, l’Union européenne a prévu des garde-fous. Les importations de bœuf, notamment, sont limitées à 99 000 tonnes par an, soit l’équivalent d’un gros steak par habitant. Cela ne représente, comme pour la volaille ou le sucre, que moins de 1,5 % de la production du continent. Aucune chance, dans ces conditions, d’être submergé par l’afflux de produits agricoles sud-américains. Et si jamais c’était le cas, une procédure de sauvegarde, qui stopperait net les importations, pourrait être enclenchée.
 
« En France comme en Europe, les cheptels bovins ont reculé d’environ 10 % en dix ans, et cette concurrence n’y est pour rien », souligne Vincent Chatellier, ingénieur de recherche à l’Inrae. Selon lui, les pays du Mercosur disposent déjà d’un client de poids avec la Chine, beaucoup plus simple à approvisionner. L’Europe, au contraire, impose des normes strictes et chaque exploitation doit être agréée individuellement. « On l’a vu avec le CETA : dans ces conditions, rien ne garantit même que les quotas soient atteints », ajoute-t-il.
 
Café, oranges, soja… À l’heure actuelle, le Mercosur vend surtout à l’Europe des produits qu’elle ne cultive pas. La seule filière réellement exposée semble être celle du maïs. Massivement OGM, la production brésilienne échappe à tout quota. Elle représente bien la schizophrénie des normes : un maïs impossible à cultiver en Europe peut nourrir nos animaux d’élevage.
 
L’accord pourrait même ouvrir de nouvelles perspectives à certains agriculteurs européens. Bruxelles table sur 1,2 milliard d’euros d’exportations supplémentaires. Les viticulteurs seraient les premiers bénéficiaires : leurs vins gagneraient en compétitivité et leurs appellations, comme celles de plusieurs fromages, seraient enfin reconnues outre-Atlantique. Exit le « Champagne » argentin ou le camembert brésilien. Dans une moindre mesure, les fruits et légumes, les huiles végétales et les produits laitiers devraient eux aussi profiter de nouveaux débouchés commerciaux. 

Quand l’écologie gagne à commercer avec le bout du monde

Pour beaucoup, faciliter le commerce transatlantique est vu comme une aberration environnementale. Pourtant, les accords commerciaux sont des outils puissants pour convertir le reste du monde à la vision européenne du mieux-disant écologique et social. Ils permettent de façonner les règles du commerce mondial conformément aux normes européennes les plus élevées, de projeter nos valeurs à travers des obligations détaillées en matière de commerce, d’emploi et de développement durable. Les signer, c’est ratifier les conventions de l’Organisation internationale du travail et les accords multilatéraux sur l’environnement, de l’Accord de Paris aux conventions biodiversité. Toute violation pouvant justifier une suspension, totale ou partielle. Ainsi, en 2020, le Cambodge a perdu ses privilèges unilatéraux, du fait des dérives autoritaires du Premier ministre Hun Sen.
 
La culture du soja, importante cause de déforestation, est souvent évoquée. Pourtant, l’accord avec le Mercosur ne change rien à l’affaire, les importations de tourteaux étant déjà exemptes de toute taxation douanière. Le rôle de l’Union européenne, qui n’importe que 14 millions de tonnes par an, contre 112 millions pour la Chine, est de toute façon minime. L’accord entraîne par ailleurs la ratification du Protocole de Glasgow, qui prohibe toute déforestation à partir de 2030. Pour la transition énergétique, c’est aussi un enjeu majeur : le Brésil détient 20 % des réserves mondiales de graphite, de nickel et de manganèse. L’Argentine regorge de lithium. De quoi nourrir notre industrie verte…
 
Reste la question du contrôle. Croire que les contrôleurs de l’Union puissent éviter toute entorse aux règles est évidemment illusoire. Mais croire qu’ils sont aveugles n’est pas moins excessif. L’an dernier, une enquête a dévoilé la présence d’hormones dans le régime alimentaire des bœufs au Brésil. Pas à des fins d’engraissement, comme on l’a souvent suggéré, mais à des fins thérapeuthiques… ce qui est aussi possible en Europe. Les mêmes craintes étaient brandies lors de la signature du CETA. Huit ans plus tard, aucun bœuf aux hormones n’est importé du Canada.
 
 

 

En creux, l’amertume du deux poids, deux mesures

Alors que toutes les pratiques agricoles sont remises en question, que des militants n’hésitent pas à les accuser d’empoisonnement, ni à fantasmer sur une chimérique agriculture sans intrants, l’opposition au Mercosur semble bien dérisoire. Nos agriculteurs ont-ils baissé les bras face aux ennemis de l’intérieur, au point de ne plus s’autoriser d’autre combat que celui contre leurs concurrents étrangers ? Pensent-ils trouver dans la mondialisation un ennemi commun leur assurant la miséricorde des gardiens du dogme ?
 
Signer l’accord avec le Mercosur serait un signal puissant, un acte de confiance et de détermination, à contre-courant du repli américain. Mais après des années d’agri-bashing, de surtransposition des normes, on comprend que les agriculteurs se sentent fragilisés face à la concurrence — même si, dans les faits, elle vient bien plus de l’Ukraine ou des autres pays européens que du Mercosur. Après le raz-de-marée médiatique contre la loi Duplomb cet été, difficile de ne pas comprendre non plus leur sentiment d’impuissance. C’est pourtant là que sont les vrais enjeux : redonner aux agriculteurs le goût du possible. Qu’ils puissent à nouveau se projeter dans un avenir à la fois serein et conquérant. Nous en sommes loin. Mais ne baissons pas les bras : la souveraineté se construit plus solidement dans la compétitivité que dans le repli sur soi.
 
 Antoine Copra

 https://podcasts.apple.com/fr/podcast/le-mercosur-ce-bouc-%C3%A9missaire-de-nos-politiques-agricoles/id1837942449?i=1000728344420

 

 

 

 

 

 

septembre 24, 2025

Coup de blues, ou coup de colère d'un "rurbain" !!

MERDE A LA FIN !!!
 
Que personne ne se sente visé mais une bonne prise de conscience ne fait pas de mal.
Les néo-bobo-écolos oublient toutes les avancées, dont ils bénéficient, depuis la dernière guerre…
Il est de bon ton aujourd'hui, de reprocher à ceux qui ont trimé pour le confort de tous d'avoir contribué à détruire la planète… Un peu de modération et petite leçon de déculpabilisation.
 
Il a été oublié : que nous nous torchions le "cul" avec du papier journal, que nous vidions les "chiottes" dans le jardin pour ne pas utiliser d’engrais chimiques, ce qui produisait de beaux légumes bien bio et pas du tout empoisonnés !
 

 
Ça rappellera des souvenirs à certains, surtout les familles nombreuses…Que les couches appelées "pointes" étaient lavées…Il paraît que les « anciens » ont détruit la planète ! Pourriez-vous réfléchir un peu les écolos !...Nous n'avons rien pollué, bien au contraire.
 
De plus, nous étions économes. Le linge était lavé avec du savon liquide ou solide. Nous faisions sécher les vêtements dehors sur une corde, sans adoucissant à la lavande…Nous avions un réveil que nous remontions le soir.
Dans la cuisine, nous nous activions afin de préparer les repas, sans tous ces gadgets électriques qui bouffent des watts autant qu'EDF en produit, juste pour tout préparer sans efforts. Nous ne connaissions pas tous les emballages modernes. Nous nous accommodions les restes pour ne rien jeter, même les épluchures allaient au poulailler ou dans la grange à cochons. Quand nous effectuions nos courses, nous avions des paniers et des filets pour le transport sans sacs plastiques. Quand nous emballions des éléments fragiles pour un envoi postal (dans des boites ayant déjà servi) nous utilisions du papier journal ou de la ouate comme rembourrage et pas des bulles de polystyrène ou de plastique.
 
Nous n'avions pas de tondeuses à essence autopropulsées ou auto-portées : Nous utilisions "l'huile de coude" pour tondre son gazon. Nous travaillions physiquement, pas besoin d'aller au club de gym courir sur des tapis roulants qui consomment de l'électricité…
 
Mais, c'est vrai, nous ne connaissions pas le mouvement écologiste…
Nous n'utilisions ni tasses, ni couverts, ni bouteilles en plastique à jeter. Nous remplissions les stylos avec une bouteille d'encre, au lieu d’acheter un nouveau stylo. Nous remplaçions les lames de rasoir, sans jeter le rasoir entier après deux utilisations.
 
Mais, c'est vrai, nous ne connaissions pas le mouvement écologiste…
Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se rendaient à l'école à vélo ou à pied, au lieu d'utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi 24H/24H. Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d'une année sur l'autre, les crayons de couleurs, gommes, taille-crayon et autres accessoires duraient tant qu'ils pouvaient, pas de cartable neuf tous les ans et des cahiers jetés fin juin ou de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan !
 
Mais, c'est vrai, nous ne connaissions pas le mouvement écologiste…
Nous  n'avions qu'une prise de courant par pièce et pas de bande multiprises pour alimenter toute la panoplie d’accessoires électriques, indispensables aux jeunes d'aujourd'hui.
 
ALORS NE VENEZ PAS ME FAIRE "CHIER" AVEC VOTRE MOUVEMENT ÉCOLOGISTE !
Tout ce que nous regrettions, c'est de ne pas avoir eu assez tôt la pilule, pour éviter d'engendrer des génération des jeunes sots, qui s'imaginent avoir tout inventé, à commencer par le travail, qui ne savent pas écrire 10 lignes sans faire 20 fautes d'orthographe, qui n'ont jamais ouvert un bouquin autre que des bandes dessinées, qui ne savent pas qui a écrit le Boléro (certains pensent que Ravel est un grand couturier), qui ne savent pas mieux où passe le Danube même quand on propose Vienne ou Athènes...
 
Et qui, du haut de leur ignorance, s’autorisent à donner des leçons aux autres !
MERDE à la fin et stop aux rackets!
Ah oui !
Ça défoule.
 
auteur inconnu, sauf moi-même.....
 
 


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