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septembre 10, 2026

Pour information, le programme de l'AFD et son carrousel !

Programme AFD

Regierungsprogramm
der AfD Sachsen-Anhalt

Puisque personne n'a visiblement fait cet effort dans les médias de service public, voici un résumé du programme sur lequel l'AfD a été élue. 138 pages, 17 chapitres, 324 mesures numérotées. Il est public et accessible à tous, le lire aurait évité aux journalistes de proférer des énormités et de se déconsidérer encore un peu plus aux yeux des Français.
 
 
 
Le programme a été adopté en congrès régional à Magdebourg le 11 avril dernier, puis mis en ligne dans son intégralité. 
 
👨‍👨‍👧‍👧 Famille : dix-neuf mesures pour relancer la natalité.
 
Le chapitre s'ouvre sur un chiffre : 1,31 enfant par femme en Saxe-Anhalt en 2024, un plus-bas historique. Le texte parle clairement d'extinction du peuple allemand et refuse explicitement l'immigration comme réponse.
 
Suit un dispositif financier détaillé. Une prime de naissance de 2 000 € pour les deux premiers enfants et 4 000 € pour chaque suivant, versée en deux fois. Une allocation régionale mensuelle qui monte avec le rang de l'enfant : 50 € pour le premier, 150 € pour le deuxième, 250 € à partir du troisième. Un prêt immobilier bonifié jusqu'à 300 000 € pour les parents de moins de quarante ans ayant au moins un enfant, dont 10 000 € sont effacés à la première naissance suivant l'octroi et 20 000 € à chacune des suivantes. La crèche gratuite dès le premier enfant, la cantine gratuite de la crèche au lycée, la pratique sportive en club gratuite jusqu'à dix-huit ans, et un « Stolz-Pass » ouvrant gratuitement aux familles les châteaux et musées du Land.
 
L'accès à la prime de naissance et à l'allocation est conditionné à la nationalité allemande d'au moins un parent et à un an de résidence dans le Land.
 
Le même chapitre propose la restriction de l'accès des mineurs aux bloqueurs de puberté et aux traitements hormonaux.
 
😍 Immigration et remigration : quarante-trois mesures, le chapitre le plus long
 
Le texte demande le refoulement systématique aux frontières, le refus d'accueil par le Land des personnes entrées illégalement depuis un pays tiers sûr ou dont l'identité n'est pas établie, le retrait du Land des programmes de réinstallation, et un arrêt d'accueil immédiat pour la plupart des ressortissants de pays hors UE. Il demande la transformation du droit d'asile constitutionnel en un droit de grâce accordé discrétionnairement par l'État, ainsi que la suppression de la protection subsidiaire pour les réfugiés de guerre.
 
Sur les conditions de séjour : hébergement en centres collectifs situés hors des centres-villes, prestations en nature plutôt qu'en espèces, contrôle et confiscation des avoirs détenus à l'entrée pour financer l'hébergement, travail d'intérêt général obligatoire, vérification annuelle des statuts de protection, retrait automatique du statut en cas de voyage au pays d'origine.
 
Sur les retours, le texte est chiffré. En 2024, la Saxe-Anhalt a expulsé 654 personnes ; 1 252 expulsions ont échoué. Le programme prévoit une enveloppe de 100 millions d'euros, une « Task Force expulsions » réunissant les ministres de l'Intérieur et de la Justice et les autorités policières, le passage de trente à au moins trois cents places de rétention, l'organisation de vols par le Land lui-même, une cellule dédiée et un chargé de mission « remigration » financés par le redéploiement des 1,2 million d'euros affectés aux « médiateurs d'intégration ». Il demande la fin de l'allocation de subsistance pour les Ukrainiens arrivés depuis le début de la guerre et la préparation de leur retour. Il vise aussi les financements associatifs : 275 millions d'euros inscrits au budget 2025-2026 pour l'hébergement des demandeurs d'asile, 11 millions pour le conseil et l'ouverture interculturelle, 4,9 millions pour la « culture d'accueil ».
 
Le chapitre comporte un versant symétrique, moins commenté : un programme de retour destiné aux Allemands qualifiés partis à l'étranger. Le texte avance trois millions de départs entre 1991 et 2015 et 270 000 en 2024, et propose de traiter la pénurie de main-d'œuvre par l'automatisation, la numérisation et l'intelligence artificielle plutôt que par l'immigration de travail.
 
🎓 Culture, école, université : soixante-six mesures
 
Le chapitre demande l'inscription de critères esthétiques dans le code de la construction du Land, défend le feu d'artifice comme pratique culturelle, remplace le test de naturalisation à trente-trois questions à choix multiples par une dissertation, et s'oppose aux minarets et à l'appel du muezzin.
 
À l'école : neutralité politique imposée aux enseignants ; interdiction des drapeaux arc-en-ciel dans les établissements ; maintien de l'enseignement du russe et relance des échanges scolaires avec la Russie ; natation obligatoire pour chaque enfant ; davantage d'éducation physique ; manuels gratuits ; classes séparées pour les enfants de réfugiés ; service de sécurité dans les établissements ; et un passage de l'obligation de scolarisation à une obligation d'instruction, qui ouvre la voie à l'enseignement à domicile.
 
À l'université : suppression des études de genre, création d'une chaire de sciences de la population et d'un institut d'islamologie critique, examens d'entrée à la place du numerus clausus, fin des contrats précaires, retour partiel sur le processus de Bologne.
 
👮‍♂️ 👨‍⚖️ Sécurité et justice : quarante mesures
 
Recrutements policiers, allègement des tâches administratives, généralisation du taser. Le texte demande la publication des adresses des pédophiles condamnés, en avançant un taux de récidive de 40 à 50 %, et la création d'une garde citoyenne volontaire placée sous l'autorité des services d'ordre municipaux. Il demande le classement de l'Antifa comme organisation terroriste.
 
Côté justice : exécution des peines des détenus étrangers dans leur pays d'origine : le texte relève 21,4 % d'étrangers en détention et 27,5 % en détention pour mineurs ; abaissement de la majorité pénale, appuyé sur une hausse de 11,3 % de la délinquance des moins de quatorze ans en 2024 ; amnistie des infractions aux mesures sanitaires (notamment COVID) ; et l'inscription dans le code pénal d'une protection du peuple allemand contre le dénigrement, symétrique de celle des minorités.
 
⚡ Énergie : trente mesures, le second chapitre le plus fourni
 
Fin des subventions aux renouvelables et de la priorité d'injection sur le réseau, moratoire sur l'éolien, interdiction des parcs solaires sur les terres agricoles et des éoliennes en forêt, abandon de la stratégie hydrogène, plan de prévention des coupures.
 
Puis le volet production : maintien du charbon au-delà de 2038, nouvelles centrales à gaz, relance de la recherche nucléaire avec un axe explicite sur le réacteur Dual-Fluid et le retraitement des combustibles déjà stockés, recherche sur la fusion, refus du gaz de schiste sur le territoire du Land, et remise en service des gazoducs Nord Stream.
 
Enfin le volet fiscal et institutionnel : sortie de l'Accord de Paris et du Green Deal, abrogation de la loi fédérale sur le climat, fin du marché des quotas d'émission, suppression de la taxe carbone (le texte en chiffre l'effet à 185 € par an pour une voiture essence roulant 15 000 km et 350 € pour un chauffage au fioul consommant 2 000 litres), fin des subventions aux véhicules électriques et abandon de l'interdiction du moteur thermique.
 
📈 🪙 Économie, agriculture, transports, communes
 
Zones économiques spéciales à l'essai dans les régions structurellement faibles, levée des sanctions contre la Russie (premier partenaire commercial du Land avant 2022), gratuité totale du brevet de maîtrise assortie d'une prime, aide au permis de conduire pour les apprentis, label « Fabriqué en Saxe-Anhalt », réforme de la transmission d'entreprise.
 
En agriculture : renationalisation de la politique agricole, régulation du loup, interdiction de l'abattage sans étourdissement (donc du Halal), meilleur financement des refuges, stérilisation obligatoire des chats en liberté, participation obligatoire des demandeurs d'asile aux travaux de reboisement.
 
Dans les transports : fin des subventions aux vélos-cargos (financés jusqu'à 60 % pour les entreprises et 90 % pour les communes), préservation de la culture motocycliste, ticket régional gratuit pour tous les élèves, suppression du droit de recours des associations environnementales.
 
Dans les communes : réforme du financement, refus de nouvelles implantations de migrants en zone rurale, suppression des postes de déléguées à l'égalité.
 
📺 ⚕️ Médias, administration, finances, santé
 
Suppression de la redevance audiovisuelle (18,36 € par mois, 220,32 € par an et par foyer) remplacée par une offre de base et des abonnements facultatifs ; fin du financement de la radio associative Radio Corax, chiffré à 968 438,61 € entre 2019 et 2023 ; abrogation de la loi allemande sur les réseaux sociaux.
 
Réduction du nombre de ministères, fin des financements publics aux fondations de partis, suppression de l'office administratif du Land, abandon des budgets annexes hors bilan. Baisse des droits de mutation, suppression des taxes de faible rendement, engagement de ne créer aucun nouvel impôt, arrêt de la collecte de l'impôt d'Église par l'État.
 
En santé : arrêt des privatisations d'hôpitaux et retour au public des cliniques déjà cédées, refus de la fermeture des petites urgences, formation de médecins allemands plutôt que recrutement à l'étranger, développement des soins palliatifs, et une commission d'examen de la période Covid.
 
Le préambule, qui s'étend sur plusieurs pages, se termine par une phrase que nous reprenons telle quelle : « Voici notre programme. Jugez vous-mêmes s'il faut interdire l'AfD, ou plutôt la voter. »
Le texte est en accès libre, en allemand, dans son intégralité : afd-regierungsprogramm.de
 
 
Voici le carrousel:  














juin 13, 2026

FRANCE TRADITION ET INNOVATION: Que restera-t-il ?

Sommaire:

A) - Petite histoire des grandes innovations : des craintes à la prospérité

B) -  Vin, terroirs, gastronomie : cet autre patrimoine que certains voudraient voir disparaître

C) - Choose France : un pays en mal d’innovation

 


 

A) - Petite histoire des grandes innovations : des craintes à la prospérité

L’émergence de technologies de rupture a toujours suscité, au cœur des sociétés, un puissant mélange de fascination et d’effroi. À chaque grande vague d’innovation, une angoisse récurrente s’empare de l’opinion publique : celle de l’obsolescence de l’homme, de la destruction massive des emplois et, in fine, de la fin du travail. Pourtant, l’histoire économique nous enseigne avec constance que ces craintes, bien que légitimes et souvent douloureuses à court terme, se heurtent systématiquement à une réalité plus complexe et fondamentalement créatrice de valeur. Mieux : l’histoire nous apprend comment identifier les effets indésirables et les risques, et comment les minimiser tout en bénéficiant des apports positifs de la technologie.

 


 

L’imprimerie : la première révolution de l’information

Les prémices de l’imprimerie à caractères mobiles en métal datent de 1450 à Mayence, sous l’impulsion de Gutenberg. Dès son apparition, l’angoisse est immense au sein des abbayes et des corporations. Les moines copistes et les scribes voient leur monopole s’effondrer et leur rôle évoluer. En 1492, l’abbé Johannes Trithemius rédige ainsi De laude scriptorum (paradoxalement imprimé par la suite), faisant l’apologie des scribes face à l’imprimerie et alertant sur le risque que les moines perdent leur discipline spirituelle liée au travail manuel.

Dans les faits, la baisse drastique du coût du livre a provoqué une explosion de la demande liée à l’alphabétisation et démocratisé l’accès à l’information. Si plusieurs milliers de postes de copistes ont disparu, l’imprimerie a jeté les bases de l’économie de la connaissance, augmentant le PIB européen par l’éducation, et engendrant des dizaines de milliers de nouveaux métiers dans la chaîne du livre – qu’il s’agisse d’auteurs ou d’ouvriers du livre.

La Machine à Tisser : L’étincelle industrielle

L’automatisation du tissage arrive en France avec le métier Jacquard en 1801. Les craintes sur l’emploi furent alors d’une violence inouïe : les artisans tisserands de la soie y voient la destruction de leur savoir-faire, ce qui conduit à la célèbre révolte des Canuts à Lyon en 1831. Toutefois, le paradoxe de Jevons, selon lequel la baisse du prix d’un produit peut entraîner une hausse de la demande telle qu’elle induit une hausse de l’activité et du chiffre d’affaires, s’est pleinement appliqué. La machine ayant rendu le textile moins cher, la demande de vêtements a fortement augmenté. Au lieu de détruire un secteur économique, l’industrie a embauché massivement, faisant du textile le premier moteur du PIB français au XIXᵉ siècle.

La Vapeur et le Train : la contraction de l’espace

Les travaux de Denis Papin (1690) et James Watt (1769) posent les bases. En France, le marquis de Jouffroy d’Abbans fait naviguer un bateau à vapeur dès 1776, mais le pays, riche en bois et en main-d’œuvre, tarde à l’adopter. L’arrivée massive dans l’industrie française se fait sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) et sa démocratisation prendra environ 50 ans. La peur se concentre alors logiquement sur les métiers de la force motrice. Les meuniers traditionnels et les haleurs de bateaux redoutent l’obsolescence de leurs fonctions. Pourtant, la vapeur fut le cœur de la première révolution industrielle, générant une croissance inédite dans l’histoire humaine. Dans le même temps, la locomotive bouleverse les distances à partir de 1825. Les relais de poste et les cochers de diligences crient à la faillite. S’y ajoutent des craintes irrationnelles, l’homme politique Adolphe Thiers estimant que le train n’est qu’un « jouet », tandis que d’autres s’inquiètent des effets mortels des écarts de température dans les tunnels. La réalité fut la création d’un marché national unifié et une contribution monumentale au PIB via de gigantesques chantiers d’infrastructures.

L’électricité : la lumière et le confort

L’électricité a été découverte par Volta (1800) puis développée notamment par Edison. Elle frappe les esprits en France lors de l’Exposition internationale de l’Électricité à Paris en 1881 et la démocratisation, freinée par la Première Guerre mondiale, s’accélère grâce au programme d’électrification rurale dans les années 1930, pour s’achever dans les années 1950. À l’époque, le syndicat des gaziers mène de violentes campagnes de dénigrement contre ce développement, et la profession des allumeurs de réverbères, très présente à Paris, multiplie les grèves face à cet « ennemi invisible » accusé de causer des incendies mortels.

Tout le monde a oublié les 4000 allumeurs de réverbères parisiens. Ce dont on se souvient, c’est que l’électricité a accompagné la Seconde révolution industrielle et le développement du travail à la chaîne motorisé, ainsi que l’émergence du secteur de l’électroménager. L’éclairage électrique a permis l’allongement du temps de travail et de loisir nocturne. Au total, l’électricité est à l’origine d’une part significative des gains de productivité des Trente Glorieuses. L’effet indésirable fut la dépendance croissante aux ressources énergétiques.

Internet : la première révolution numérique

Internet est né avec ARPANET (1969) aux USA, et a également bénéficié de contributions françaises comme celle de Louis Pouzin. En France, son adoption est pourtant d’abord entravée par le succès national du Minitel, avant qu’apparaissent les premiers fournisseurs d’accès grand public en 1994. La démocratisation s’est accélérée avec l’arrivée de l’ADSL au début des années 2000.

Dans les années 1990, des ouvrages comme La Fin du travail de Jeremy Rifkin (1995) prédisent un chômage massif. D’autres craignent la disparition des agents de voyage, des postiers (concurrencés par l’e-mail) ou du petit commerce face à la naissance du e-commerce. Enfin, l’arrivée d’Uber sur le marché du transport se heurte à l’opposition des syndicats de taxi. À l’aube des années 2000, la révolution semblait immédiate : des milliards étaient injectés dans la « convergence des médias » par Vivendi, et des « pure players » internet menaçaient de remplacer épiceries, magasins de prêt-à-porter et même le Père Noël (à l’image de la société pere-noel.fr, dont les promesses extravagantes et la gestion approximative ont été sanctionnées par la justice[1]).

Certaines promesses se sont bel et bien réalisées, mais beaucoup plus tard, et avec des gagnants différents – Netflix plutôt que Vivendi. Et la disparition de l’emploi attendue n’a pas eu lieu : la France a actuellement un taux de chômage inférieur à 8%, très loin de celui de la fin des années 90 (proche de 10%). L’impact sur le secteur du transport permet de mieux comprendre comment cela est arrivé : si le nombre de taxis a peu évolué (environ 60.000), la valeur de revente de la « plaque » de taxi a été divisée par 3 et on voit clairement les files s’allonger dans les gares. A côté de cela, on compte 70.000 emplois de VTC en plus, et des situations courantes il y a 30 ans (se retrouver à 2 heures du matin au centre de Paris sans pouvoir trouver de taxi) paraissent désormais anachroniques. L’éviction fiscale a changé de nature : avant c’était la machine à carte bleue du taxi qui était étonnamment souvent en panne, désormais les courses sont comptabilisées précisément mais la marge des plateformes fuit hors de portée du fisc français (Luxembourg notamment).

À la fin des années 80, Solow avait énoncé le paradoxe qui porte son nom : on voyait les ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité. Avec le recul, on voit cette productivité : on estime désormais qu’elle représente environ 20 points de PIB, qui ont été gagnés en 25 ans – soit 0,8 % par an. Les changements que l’on imaginait immédiats en 2000 se sont produits, mais plus tardivement, ce qui a rendu l’adaptation de l’emploi et de l’économie plus simple qu’anticipé. Si l’on avait annoncé à n’importe lequel d’entre nous en 2000 qu’il faudrait attendre 20 ans pour que la prise de rendez-vous avec un médecin puisse se faire de façon informatique, personne n’y aurait cru ! Autre phénomène : ce gain de productivité est arrivé à une époque où le reste de la productivité s’est effondré : loin de provoquer un cataclysme sur l’emploi, la productivité d’internet nous a évité l’affaissement de pouvoir d’achat que nous aurions subi sans cette technologie.

Enfin notons qu’internet a apporté de nombreux bénéfices non monétaires (perdre moins de temps pour s’orienter dans une ville que l’on ne connaît pas, échanger avec ses proches) ainsi que quelques effets indésirables (notamment le fonctionnement de notre démocratie, dont les règles définies à l’ère du cheval et du papier font l’objet d’attaques régulières[2] de puissances étrangères plus agiles que nous pour utiliser le numérique contre nous).

L’Intelligence Artificielle : Le choc cognitif et le paradoxe de la productivité

L’idée que l’ordinateur puisse reproduire la pensée humaine n’est pas nouvelle et depuis le tout début de l’informatique, l’intelligence artificielle a connu plusieurs phases de développement suivies de déception avant de prendre l’importance qu’on lui connaît actuellement.

Le premier espoir nait dans les années 1950 avec le perceptron de Frank Rosenblatt en 1957, premier réseau de neurones artificiels dont les applications concrètes se limitaient à la classification visuelle de formes simples, avant que ses limites ne conduisent au premier « hiver de l’intelligence artificielle ». Il est matérialisé par un ouvrage publié en 1969 par Minsky et Papert, qui démontre l’impossibilité pour le perceptron de réaliser des opérations mathématiques simples.

Une autre approche a été l’intelligence artificielle symbolique et les langages de résolution de clauses comme Prolog (1972), qui permettent de décrire certains types de problèmes et d’en obtenir une solution. On peut également citer le programme ELIZA (Joseph Weizenbaum, 1966), utilisant des reconnaissances de patterns pour simuler un psychothérapeute en service client, ou le système de diagnostic médical MYCIN. Mais passé les premiers espoirs, ces solutions montrent rapidement leurs limites et restent loin du « test de Turing » : confronté à ces « intelligences », tout utilisateur comprend vite qu’il parle à une machine.

Une voie nouvelle s’ouvre en 1989 lorsque Yann LeCun applique avec succès l’algorithme de rétropropagation à des réseaux de neurones convolutifs (CNN) pour la reconnaissance de chiffres manuscrits (tels que les codes postaux sur les enveloppes), une technologie immédiatement déployée dans la vie réelle pour le tri automatisé des chèques bancaires et du courrier postal. Parallèlement, d’autres formes de réseaux de neurones tels que les réseaux de neurones récurrents (RNN) sont développées, et permettent des progrès significatifs au début des années 2000 pour des applications comme la reconnaissance vocale.

Au-delà de ces découvertes de nouvelles techniques, la véritable explosion des performances de l’intelligence artificielle s’explique par la « Leçon Amère » (The Bitter Lesson) théorisée par Richard Sutton en 2019. Il constate que la méthode la plus efficace pour résoudre un problème est moins de trouver des algorithmes sophistiqués que d’attendre que les coûts des ordinateurs baissent suffisamment pour pouvoir résoudre ce problème « par la force brute » avec une puissance de calcul massive. C’est une leçon amère, car l’histoire récente de l’intelligence artificielle nous enseigne que la force brute bat l’ingéniosité, et qu’une technologie initialement médiocre (comme l’était ChatGPT 2) deviendra rapidement beaucoup plus efficace.

Ainsi le coût d’un TERAFLOP de calcul, c’est-à-dire la réalisation de mille milliards d’opérations mathématiques, est passé de plusieurs millions de dollars il y a trente ans à quelques dizaines de dollars actuellement. Un téléphone mobile haut de gamme peut en faire 6 par seconde et on peut louer une puissance bien supérieure sur le cloud sans rien avoir à investir.

Cette abondance inouïe de calcul abordable a permis l’émergence en 2017 de l’architecture Transformer (publiée par Ashish Vaswani et son équipe chez Google), qui a levé les goulots d’étranglement séquentiels des RNN et servi de fondation directe aux grands modèles de langage (LLM).

Aujourd’hui, le succès des solutions comme ChatGPT-4 d’OpenAI repose sur l’accès à des masses d’informations considérables sur internet (parfois en prenant quelques libertés avec le droit d’auteur, ou en appliquant la version anglo-saxonne de ce droit, plus permissive) sur la capacité à réaliser des volumes de calculs astronomiques à la demande sur le cloud et sur la possibilité de proposer une application à des milliards d’utilisateurs de façon quasi instantanée.

Les investissements mondiaux dans l’IA atteignent désormais des sommets vertigineux : 1000 milliards par an, si l’on additionne le capital-risque, les infrastructures (datacenters, processeurs) des géants technologiques et la transformation des entreprises aux Etats-Unis, en Chine et dans une moindre mesure ailleurs. Pourtant, trois ans après l’irruption de ChatGPT, on n’en voit toujours pas l’impact macroéconomique dans les statistiques de productivité. Une étude de février 2026, portant sur des milliers de dirigeants et pilotée par le très sérieux National Bureau of Economic Research (NBER), ne constate ainsi aucun gain de productivité sur le passé et estime à seulement 1 ou 2 % d’ici trois ans les gains à venir. Si cette tendance se confirme dans les années à venir, on serait sur une courbe comparable à celle d’internet : un impact important sur la productivité, mais plus long à venir que ne l’affirment les gourous de la tech et les consultants à la recherche de la prochaine mission.

Pour l’IA comme dans le cas d’Internet, l’économiste Erik Brynjolfsson explique cette inertie par le temps nécessaire à la réalisation de « co-investissements » : on peut commander un serveur ou souscrire une licence logicielle en un clic, mais il est beaucoup plus long et coûteux de réorganiser les processus de l’entreprise, de former ses équipes ou d’inventer de nouveaux modèles d’affaires. En outre, ces efforts coûtent massivement avant de rapporter, ce qui fait d’abord baisser la productivité avant qu’elle n’augmente.

Ceux qui pilotent aujourd’hui des projets d’IA sur le terrain constatent ces mêmes frictions, et l’enquête de la NBER citée plus haut ne dit pas autre chose. Tout ceci pousse à l’humilité résumée par la loi d’Amara : nous surestimons systématiquement l’impact de la technologie à court terme, mais nous le sous-estimons dramatiquement à long terme.

Naviguer entre confiance et vigilance

À la lecture des siècles passés, nous pouvons et nous devons aborder les ruptures technologiques en cours avec une confiance globale. Toute innovation majeure, malgré les perturbations et les angoisses initiales, s’avère fondamentalement positive pour le développement et la création de richesse collective.

Cependant, cette confiance macroéconomique ne doit pas occulter la brutalité des transitions, et l’existence d’effets indésirables qui méritent d’être régulés. Dans ce contexte, notre attention doit se focaliser sur deux risques critiques.

Le premier risque concerne les secteurs menacés et le « déversement ». La théorie du déversement économique d’Alfred Sauvy stipule que les gains de productivité nécessitent que l’on accompagne le passage des emplois des secteurs où ils sont rendus sans objet par la technologie, vers ceux où ils répondent à de réels besoins. En matière de santé, de justice ou de sécurité, les besoins sont considérables. Et il est préférable pour les Français de payer des emplois qui leur sont utiles plutôt que des tâches largement mécanisables. L’enjeu majeur est d’organiser et de financer la reconversion des professionnels touchés pour éviter une fracture sociale. C’est le vieux sujet, qui a étonnamment peu progressé depuis trente ans, du passage d’un modèle social centré sur la dépense passive (qui utilise ses moyens pour les allouer à ceux qui sont dans une situation de sous-emploi) à un modèle plus proche du modèle « nordique » centré sur la dépense active (qui met des moyens plus importants pour accompagner le passage d’une situation de sous-emploi ou de sous-productivité vers un emploi de meilleure qualité).

Le deuxième risque est le risque du retard technologique. Dans une économie isolée, on peut ralentir le progrès sans que personne n’en prenne conscience. Dans une économie mondialisée, l’hésitation se paie au prix fort et se traduit rapidement en décrochage économique. Une nation ou une entreprise qui tarde à adopter, à intégrer et à co-investir dans la réorganisation de ses processus s’expose à un décrochage fatal face à ses concurrents plus agiles. La question pour la France n’est pas de décider si elle veut vivre dans un monde où l’on n’utilise ni l’intelligence artificielle ni internet. Son seul choix est de décider si elle veut utiliser les opportunités de ce monde et capitaliser sur ses propres forces pour augmenter sa productivité autant que possible – et donc son pouvoir d’achat mais aussi son pouvoir d’influence dans le monde. Et de noter que fermer la porte au progrès, ce serait à la fois appauvrir ceux qui auraient pu en tirer des opportunités, et se priver de la richesse nécessaire pour financer les fameuses politiques actives évoquées plus haut.

L’innovation demeure un moteur incontestable de notre prospérité future. Son succès ne réside pas dans un rejet craintif, mais dans notre capacité collective à en contrôler les risques tout en s’organisant avec pragmatisme pour en extraire la valeur.

Vincent Champain

Vincent Champain est dirigeant d’entreprise et président de l’Observatoire du Long Terme (www.longterme.org), think tank dédié aux stratégies et aux enjeux de long terme.

[1] https://www.zdnet.fr/actualites/pere-noelfr-les-anciens-dirigeants-ecopent-de-30-et-6-mois-de-prison-ferme-39130971.htm

[2] Voir notamment https://longterme.org/2025/08/manipulation-et-polarisation-de-lopinion-sur-bfm-la-librairie-de-leco.html

 

 

B) -  Vin, terroirs, gastronomie : cet autre patrimoine que certains voudraient voir disparaître

Depuis plusieurs mois, les alertes se multiplient sur l’état du patrimoine religieux français. Églises vandalisées, chapelles abandonnées, cimetières profanés : les atteintes à notre héritage matériel suscitent enfin l’émotion qu’elles méritent. La sénatrice Valérie Boyer appelle à juste titre à un sursaut national. Mais un autre patrimoine, moins visible parce qu’il demeure vivant, est lui aussi fragilisé : celui du vin.

 


 

Car le vin n’est pas seulement une boisson. Il est un paysage, une histoire, un savoir-faire, une mémoire collective. Il est une part de ce que la France a été, de ce qu’elle est encore et de ce qu’elle pourrait cesser d’être si nous continuons à le considérer avec gêne, voire avec mépris.

La vigne a façonné la France bien avant la naissance de l’État moderne. Des générations de moines bénédictins et cisterciens ont défriché les coteaux, bâti les terrasses, sélectionné les cépages, perfectionné les méthodes de vinification. Du Jura à la Champagne, de la vallée du Rhône au Languedoc, ils ont sculpté les paysages que des millions de touristes admirent aujourd’hui. Les climats bourguignons inscrits au patrimoine mondial ne sont pas seulement un exploit agricole : ils sont l’aboutissement de siècles de travail patient, d’observation et de transmission.

Le vin est également indissociable de l’histoire spirituelle de l’Europe. Il occupe une place centrale dans le judaïsme comme dans le christianisme. Il accompagne le shabbat, les fêtes, les bénédictions. Il devient, dans l’eucharistie, le signe même de l’alliance entre Dieu et les hommes. Même dans l’islam, souvent présenté de manière monolithique, l’histoire est plus complexe. Les grands poètes soufis ont fréquemment utilisé l’ivresse comme métaphore de l’union mystique. Le vin y symbolisait parfois l’abandon de soi devant le divin.

Or, depuis plusieurs années, le regard porté sur le vin change. La baisse de sa consommation résulte évidemment de phénomènes multiples : évolution des modes de vie, urbanisation, préoccupations sanitaires, nouvelles habitudes de loisirs. Mais un autre facteur demeure souvent absent du débat public : la progression d’un discours rigoriste qui tend à présenter toute consommation d’alcool comme moralement suspecte et culturellement condamnable.

Il faut être clair : chacun est libre de boire ou de ne pas boire. Cette liberté est l’un des fondements de notre société. Beaucoup de Français de culture musulmane ne consomment pas d’alcool et personne ne songe à le leur reprocher. Beaucoup d’autres en consomment occasionnellement. Des milliers travaillent dans la viticulture, la restauration ou l’hôtellerie. Les cafés kabyles font partie depuis longtemps du paysage social français. La réalité du pays est celle du brassage, de la coexistence et de la diversité des pratiques.

Ce qui devient problématique, en revanche, c’est lorsque certains prétendent transformer un choix personnel en norme collective et présentent les symboles culturels français comme autant d’instruments d’exclusion. Nul n’est obligé de boire du vin, pas plus qu’il n’est obligé de manger du porc, d’assister à une messe ou de participer à une fête traditionnelle. Mais considérer que la simple existence de ces pratiques constituerait une agression revient à nier ce qu’est une civilisation : un héritage commun que chacun est libre d’adopter, de critiquer ou d’ignorer, mais non d’effacer.

La France demeure l’une des premières destinations touristiques au monde. Sa gastronomie participe largement à son rayonnement. Ses chefs sont célébrés sur tous les continents. Ses grands crus s’échangent à des prix qui témoignent autant de leur rareté que de leur prestige. Certaines bouteilles sont même devenues des placements recherchés par les collectionneurs internationaux. Derrière ces succès se trouvent des centaines de milliers d’emplois : vignerons, tonneliers, pépiniéristes, cavistes, restaurateurs, transporteurs, sommeliers, exportateurs.

Pourtant, un discours de dénigrement s’installe progressivement. Le vin, le fromage, la ruralité, l’agriculture deviennent parfois les symboles d’une France prétendument ringarde, provinciale ou dépassée. Je repense souvent à cette polémique où l’on expliquait que la gastronomie française ne pouvait être réduite au vin et au fromage puisque les Français mangent désormais des sushis. Certes. Mais il n’existe pas en France une filière économique, agricole, paysagère, culturelle et patrimoniale du sushi comparable à celle du vin. Confondre une mode culinaire avec un héritage millénaire relève d’une étrange amnésie.

Cette condescendance frappe d’ailleurs souvent les mêmes catégories : les agriculteurs, les éleveurs, les vignerons, les habitants des campagnes. Ceux qui entretiennent les paysages que d’autres photographient le week-end. Ceux qui préservent les terroirs dont l’existence paraît évidente à ceux qui n’ont jamais taillé une vigne ni travaillé une terre. Ceux qui produisent ce que les citadins consomment quotidiennement tout en leur reprochant parfois d’exister.

La France possède pourtant cette singularité admirable : être simultanément populaire et raffinée, paysanne et savante, conviviale et sophistiquée. Le vin en est l’une des expressions les plus accomplies. Il est à la fois le verre partagé lors d’un repas familial et le sujet d’études infinies sur les terroirs, les cépages, les millésimes et les méthodes de vinification.

Je viens moi-même d’un milieu où l’on buvait peu de vin. Je me souviens de mon embarras devant les conversations savantes chez les cavistes ou lors de certains dîners. Puis j’ai découvert un univers de savoirs, de gestes, de paysages et de traditions. Comme toute culture, celle du vin s’apprend. On peut l’aimer ou non. Mais elle mérite le respect.

Car le vin n’est pas seulement un produit de consommation. Il est une archive vivante ; la mémoire du territoire. Une forme de sacré, au sens où il relie les générations entre elles (c’est l’étymologie de religio) et rappelle que certaines œuvres humaines nécessitent du temps, de la patience et de l’humilité.

Lorsque nous laissons se déliter ce patrimoine immatériel, nous commettons finalement la même erreur que lorsque nous abandonnons nos églises, nos chapelles ou nos monuments. Nous oublions que l’héritage ne survit que si chaque génération accepte d’en devenir la dépositaire.

Le vin n’est pas un obstacle à l’intégration. Il n’est pas un marqueur d’exclusion. C’est une invitation. Libre à chacun de l’accepter ou non. Mais cessons de présenter comme oppressif ce qui constitue l’une des plus belles expressions de notre histoire collective.

À force de considérer nos traditions comme des fautes, nous finirions par croire que la France elle-même doit s’excuser d’exister. Et ce serait sans doute la plus grave des intoxications.

Charlotte Touati


 

Charlotte Touati, historienne et vigneronne

https://nouvellerevuepolitique.fr/charlotte-touati-vin-terroirs-gastronomie-cet-autre-patrimoine-que-certains-voudraient-voir-disparaitre/

 

 

 

C) - Choose France : un pays en mal d’innovation

C'est l'événement de l'année pour les investisseurs : le sommet Choose France est de retour, mais pour quelles retombées concrètes ? Face à la crise économique, le sommet parviendra-t-il à relancer la productivité et l'innovation des entreprises françaises ? 

Alors que l'actualité titre régulièrement sur l'appauvrissement de la France et sa perte de productivité, les économistes réfléchissent aux moyens que le pays peuvent mettre en place pour faire face à ces constats pessimistes pour l'avenir.

 


 

La France et l'Europe en perte de productivité

Antonin Bergeaud travaille sur l'innovation technologique et a observé la baisse de la productivité en France : "Il y a eu des graphiques impressionnants où l'on voyait vraiment la productivité française dégringoler, même par rapport à l'Europe, encore plus par rapport aux États-Unis. Ce qui est étonnant, c'est que ce décrochage, il est conjoncturel et a commencé bien avant la covid, à peu près à la fin des années 1990." Dans les débats de la société, la productivité est parfois méconnue, ou sous-estimée, explique Antonin Bergeaud, alors même qu'elle est un point central de notre économie : "Sans productivité ou sans gain de productivité, on va avoir des difficultés à augmenter le PIB chaque année. Le problème est que notre modèle social, et notre budget notamment, sont construits sur l'idée que le PIB augmente chaque année. Le PIB n'augmente sur longue période qu'avec la productivité pratiquement. Donc, il faut concevoir, si l'on décide d'abandonner l'idée de faire des gains de productivité, un monde dans lequel le PIB va rester constant ou presque constant. Mais à partir du moment où le PIB reste constant, on ne crée pas plus de valeur d'une année sur l'autre, et quand on doit investir ou augmenter un poste budgétaire, on est obligé d'enlever ailleurs."

Le virage numérique et technologique : l'échec de la France ?

Ce qui interpelle, c'est l'impression de décrochage de la productivité, alors qu'il n'est pas si brutal que cela. Mais on observe néanmoins un recul bien visible, notamment par le facteur d'un retard technologique : "Une source d'augmentation de la productivité est la technologie, en utilisant des ordinateurs, du matériel de plus en plus perfectionné, qui permet de plus en plus efficace. Le décrochage technologique en Europe est assez net depuis les années 1990 quand on compare aux États-Unis. C'est un peu paradoxal, parce qu'on a l'impression qu'on a adopté les ordinateurs, Internet, les technologies numériques de la même manière partout. Mais il se trouve qu'en Europe, on a été beaucoup plus lents, car il y a eu beaucoup plus de réticence, et il y a toujours beaucoup plus de réticence, à adopter des technologies et à former les gens pour les utiliser. Ce qui fait que, évidemment, la productivité a augmenté, mais beaucoup plus lentement qu'aux États-Unis."

Antonin Bergeaud considère alors que la France a raté le virage numérique, comme d'autres pays en Europe. La stratégie mise en place consistait à instaurer une politique de subventions, en baissant le coût du travail qualifié et de la R&D pour les entreprises : l'inconvénient, selon Antonin Bergeaud, est que cela n'a pas permis de privilégier certains secteurs en priorité, ce qui revient à dépenser massivement sans viser les domaines plus stratégiques.

Innover à l'heure du changement climatique : comment mieux investir ?

La quête d'innovation pour favoriser la productivité soulève des questions environnementales. Bruno Bonnell, ancien député pour le parti présidentiel jusqu'en 2022, juge nécessaire de réévaluer les directives environnementales qui freineraient la productivité, en soumettant les entreprises à des contraintes règlementaires trop élevées : "Il y a une demande forte de simplification, mais il y a un courage à dire que, pour la simplification, il faut repartir parfois de zéro. La directive que veut supprimer Emmanuel Macron partait sur une mauvaise direction, donc il faut la changer et avancer. En tout cas, ce serait ma position, mais cela ne veut absolument pas dire que, fondamentalement, il faut abandonner le combat de la décarbonation." Antonin Bergeaud observe une dynamique mondiale de recul des normes environnementales, notamment aux États-Unis, tout en reconnaissant que certaines règles ont peu d'efficacité : "C'est un peu à nous, Européens, de trouver notre équilibre. On veut être pionnier, et on l'est, sur l'environnement. En même temps, on veut aussi développer les technologies du futur, l'IA, et rattraper les États-Unis et la Chine. Cela me paraît compliqué d'avoir tout en même temps, en tout cas, on n'a pas vraiment trouvé la solution."

Au vu de la situation actuelle, l'enjeu pour les entrepreneurs est de trouver des filières productives qui permettraient à la France, et l'Europe, d'augmenter la compétitivité. C'est notamment un des objectifs du plan "France 2023" que dirige Bruno Bonnell, qui a poussé à la création de 17 000 emplois à Dunkerque pour la production de batteries électriques. Le rapport Draghi sur la compétitivité en Europe recommandait, en septembre 2024, d'investir 800 milliards d'euros supplémentaires : "Il faut les mettre. Aussi, il faudrait faire un plan 'Europe 2050', comme on a fait un plan 'France 2030', qui est un modèle qui fonctionne, avec 7500 entreprises innovantes qui, aujourd'hui, sont soutenues par le gouvernement en France."

  • Antonin Bergeaud

    Professeur d’économie à HEC Paris

  • Bruno Bonnell

    Entrepreneur, député LREM du Rhône

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le paralogisme des anti-ogm par Jean-Paul Oury

Imaginez un journaliste qui écrit aujourd’hui un article contre les automobiles 🚗 en reprenant les arguments contre les locomotives 🚂 à vapeur…la science évolue, les biotechnologies améliorent leurs procédés…les idéologues eux ne changent pas d’idée ils s’obstinent !

Et l’idéologie en question c’est l’écologisme qui repose sur une vision fausse de la nature. Dans le cas des OGM j’ai mis en évidence le paralogisme des anti-ogm qui l’utilisaient comme une alternative à la science
Alors que les idéologues dans les années 2000 imprimaient des plaquettes pour décourager les investisseurs de miser sur les biotechnologies aujourd’hui celles-ci sont présentes dans plus d’une trentaine de pays et ont connu une croissance exponentielle
 
 
 
Contrairement au danger invoqué par les anti-OGM pas un seul rhume n’a été provoqué par cette technologie
Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna reçoivent le prix Nobel pour Crispr Cas 9 qui permet de modifier le génome sans « violer la barrière des espèces » ( principal argument revendiqué par les anti ) mais les fauchages continuent
Alors que la technologie se montre avantageuse pour les petits agriculteurs et l’environnement les idéologues continuent de nier ces atouts
Les agribasheurs continuent l’agribashing contre l’agriculture moderne et continuent de réclamer l’agriculture d’antan…Celle-là qui n’a jamais empêché une famine
Bref l’exception culturale continue …. Et en 2050 je parie que nous resterons le seul pays au monde avec des médias qui écrivent des papiers pour regretter le bon vieux temps des chevaux de traits
Pour en savoir











Jean-Paul Oury 

 
@JP_O   
La liberté et le progrès sont les choses les plus importantes pour moi. Science-tech, politique, biotech, jazz, Greta a tué/ressuscité Einstein, de Gaia à l'IA et SilicLone   
 
 
 

Jean-Paul Oury

Jean-Paul Oury, né à Verdun en 1971, est un essayiste français.

Biographie

Il étudie à la faculté des lettres de Nancy puis suit un DEA en histoire des sciences, obtenu en 1996 à l'université de Strasbourg I. Il est également titulaire d'un doctorat en histoire des sciences et technologies obtenu à Paris Jussieu.


C'est un observateur critique du mouvement écologiste contemporain et de ses contradictions. Dans une tribune dans Le Figaro en octobre 2022, il se réjouit ainsi du ralliement, tardif, de Greta Thunberg au nucléaire comme réponse au réchauffement climatique[1]. Pour cet historien des sciences, le rôle majeur que peut avoir la science sur les sujets contemporains est injustement minoré, au profit de discours politiques.

Il a été engagé en politique, comme candidat d’Alternative Libérale aux élections législatives 2007 dans la 2e circonscription de Meurthe et Moselle.

Il est aujourd'hui directeur de publication du site Europeanscientist.com et consultant.

Citations

  • « [Nous vivons le] sacrifice de la science prométhéenne sur l'autel de l'écologisme: le second a eu la peau de la première en rendant tabou la possibilité de modifier le vivant, de fissionner l'atome, de diffuser des ondes et de synthétiser des molécules. »[1]
  • « La science et la technologie n'ont plus pour finalité de libérer l'humanité des déterminismes que lui impose la nature ; elles sont désormais au service des politiques qui s'appuient sur elles pour créer de nouvelles contraintes. »[1]

Notes et références

Publications

Liens externes

Autre liens sur l'Université Liberté qui concerne cet auteur et sur la biodiversité:  

 

 
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