Une
machine reste et restera une machine quoi qu’il arrive et ne pourra
jamais devenir une sorte de nouvel être humain, estime le docteur en
histoire des sciences et technologies et éditeur en chef du site
Europeanscientist.
Epoch Times – Quel est l’objet de ce premier roman que vous publiez ?
L’histoire
se passe en 2045 dans un univers dystopique dans lequel une caste que
j’appelle l’algorithmocratie règne en maîtresse.
Dans
ce monde, deux types d’individus existent. D’abord, ceux qui exercent
un métier et qui n’ont pas été remplacés par les machines ; et ceux qui
ont été totalement remplacés, les purposeless (les sans but en français).
Mais
les algorithmocrates sont pris de remords. Ils constatent que même les
individus qui n’ont pas encore été remplacés sont menacés et donc
décident, pour les aider, de leur créer leur double androïde, un
siliclone. C’est-à-dire un personnage qui leur ressemble comme deux
gouttes d’eau et qui est capable de faire les mêmes choses qu’eux.
Admettons
que je sois un silicone. Je serais le double androïde de Jean-Paul Oury
répondant à vos questions à la place du vrai Jean-Paul Oury qui n’a pas
le temps ou l’envie de réaliser cet entretien avec vous.
L’idée
d’écrire ce roman d’anticipation m’est venue en réfléchissant à cette
possibilité qu’un jour les machines prendront notre place. C’est une
hypothèse qui effraie beaucoup de gens, et ils ont raison d’avoir peur.
Dans
votre ouvrage, vous développez l’idée que l’homme programme les
machines pour qu’elles finissent par lui ressembler. Cela correspond-il à
un désir profond de l’homme ?
Il est certain que l’être humain aspire à créer des technologies qui lui ressemblent.
Regardez
aujourd’hui le nombre d’entreprises, notamment américaines et
chinoises, qui développent des androïdes. Chacun y va de son modèle.
L’Américain Tesla devrait lancer prochainement Optimus, un robot
humanoïde multifonctionnel. Le Chinois Unitree entend vendre le plus de
modèles G1 cette année.
Je pourrais
même vous parler de la société américano-polonaise Protoclone qui va
encore plus loin dans l’humanisation des robots.
Cette
entreprise propose de calquer directement un vrai squelette humain, de
le reproduire en carbone, et enfin de le recouvrir d’une peau
synthétique. On peut aisément imaginer que dans vingt ans, cette
technologie aura largement évolué et sera capable de faire de vrais
corps humains.
J’ai d’ailleurs
inventé un terme dans mon ouvrage pour nommer la robotique qui entend
imiter à la perfection le corps humain : la robiotique.
Les hommes sont fascinés par les nouvelles technologies. Jusqu’où va cette fascination ?
Je pense que dans nos sociétés, il y a plutôt deux catégories d’individus : les algorithmocrates et les collapsocrates.
Les algorithmocrates sont par définition très friands de progrès technologiques.
Les
collapsocrates quant à eux, que j’évoque dans mes précédents essais,
appellent de leurs vœux la construction d’une société décroissante, un
retour en arrière, c’est-à-dire une société où il n’y a plus de progrès
technologiques.
Ces deux idéologies
se positionnent par rapport au progrès technologique et au changement à
vitesse exponentielle qu’il nous fait subir.
Pour ma part, je considère que nous devons sortir de ce débat stérile entre ces deux idéologies.
Le
choix ne devrait pas être entre suivre les décroissants fanatiques et
les pro-croissance qui, eux, ne remettent jamais en question le progrès
technologique.
Nous devrions mettre
en œuvre une véritable politique scientifique, basée sur le progrès tout
en cherchant des valeurs externes au progrès lui-même comme la
libre-responsabilité. Et ensuite, optimiser la libre-responsabilité par
rapport à chaque innovation.
Certains
philosophes sont très critiques à l’égard des nouvelles technologies et
estiment que plus nous confierons de tâches à des robots, plus nous
perdrons notre humanité. Qu’en pensez-vous ?
Je
comprends leurs inquiétudes, mais qu’ils se rassurent, une machine
reste et restera une machine quoi qu’il arrive et ne pourra jamais
devenir une sorte de nouvel être humain. C’est ce que je démontre dans
mon roman avec les siliclones.
Ils ne seront jamais semblables aux humains, puisqu’ils ne disposent pas de la liberté d’incarner des valeurs.
Même
s’ils connaissent nos préférences et nos goûts, les siliclones ne les
incarnent pas de la même manière que les sujets d’origine. Ils ont
besoin d’une directive ou d’un commandement pour les incarner. À
l’inverse, les êtres vivants sont capables de s’autodéterminer de
manière finaliste.
Contrairement à l’homme, la machine sera toujours limitée.
Aujourd’hui
l’Europe semble à la traîne par rapport aux États-Unis et à la Chine
dans la course aux nouvelles technologies et préfère se comporter comme
une grande autorité régulatrice. Quel est votre regard sur cette
situation ?
J’aborde
cette question de manière un peu humoristique dans le roman lorsque
j’évoque la commission Guéreau, en référence au pianiste Étienne Guéreau
qui est très critique à l’égard de l’IA.
Dans
tout domaine, la législation est nécessaire. Encore faut-il que
celle-ci soit instaurée après le développement d’une technologie, et non
en amont. Pour filer la métaphore, l’Europe devrait inventer des
voitures avant de créer un code de la route !
Journaliste
Contact: @HerreroJulian1
Le mauvais serviteur est-il celui qui entre la possibilité de libérer les machines de leurs créateurs ou celui qui prend le risque de la faire advenir ?
La réponse dans siliclone amzn.to/4ubA2LO
Le chapitre 4 de SiliCLone, mon nouveau roman d'anticipation ...
Droïd Alex permettra-t-il à Doc. Alex son maître d’accéder à la vie éternelle ? Les 9 siliclones d’Élan Musklé lui procureront-ils le don d’ubiquité ? JiPé+ le siliclone augmenté de Jean-Patrick, le musicien raté, l'aidera-t-il à se réincarner en guitariste manouche ? PR_2FR, permettra-t-il au président Luc Templier d’échapper à un attentat ? ElwirX aidera-t-elle Elwira l’influenceuse paresseuse experte en recommandation touristique à rester sur son canapé à ne rien faire pendant qu’elle visite le monde ? Etc, etc….
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire