Affichage des articles dont le libellé est Jean-Paul Oury. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean-Paul Oury. Afficher tous les articles

mai 23, 2026

Jean-Paul Oury : « Contrairement à l’homme, la machine sera toujours limitée »

Auteur de nombreux essais dont La querelle des OGM (Puf, 2006) et De Gaïa à l’IA : pour une science libérée de l’écologisme (VA Éditions, 2024), Jean-Paul Oury vient de publier son premier roman d’anticipation, Siliclone. Un ouvrage dans lequel il s’interroge sur la capacité de la machine à remplacer l’homme à long terme.
 
Une machine reste et restera une machine quoi qu’il arrive et ne pourra jamais devenir une sorte de nouvel être humain, estime le docteur en histoire des sciences et technologies et éditeur en chef du site Europeanscientist.
 
 
 
Epoch Times – Quel est l’objet de ce premier roman que vous publiez ?
L’histoire se passe en 2045 dans un univers dystopique dans lequel une caste que j’appelle l’algorithmocratie règne en maîtresse.
Dans ce monde, deux types d’individus existent. D’abord, ceux qui exercent un métier et qui n’ont pas été remplacés par les machines ; et ceux qui ont été totalement remplacés, les purposeless (les sans but en français).
Mais les algorithmocrates sont pris de remords. Ils constatent que même les individus qui n’ont pas encore été remplacés sont menacés et donc décident, pour les aider, de leur créer leur double androïde, un siliclone. C’est-à-dire un personnage qui leur ressemble comme deux gouttes d’eau et qui est capable de faire les mêmes choses qu’eux.
Admettons que je sois un silicone. Je serais le double androïde de Jean-Paul Oury répondant à vos questions à la place du vrai Jean-Paul Oury qui n’a pas le temps ou l’envie de réaliser cet entretien avec vous.
L’idée d’écrire ce roman d’anticipation m’est venue en réfléchissant à cette possibilité qu’un jour les machines prendront notre place. C’est une hypothèse qui effraie beaucoup de gens, et ils ont raison d’avoir peur.
 
Dans votre ouvrage, vous développez l’idée que l’homme programme les machines pour qu’elles finissent par lui ressembler. Cela correspond-il à un désir profond de l’homme ?
Il est certain que l’être humain aspire à créer des technologies qui lui ressemblent.
Regardez aujourd’hui le nombre d’entreprises, notamment américaines et chinoises, qui développent des androïdes. Chacun y va de son modèle. L’Américain Tesla devrait lancer prochainement Optimus, un robot humanoïde multifonctionnel. Le Chinois Unitree entend vendre le plus de modèles G1 cette année.
Je pourrais même vous parler de la société américano-polonaise Protoclone qui va encore plus loin dans l’humanisation des robots.
Cette entreprise propose de calquer directement un vrai squelette humain, de le reproduire en carbone, et enfin de le recouvrir d’une peau synthétique. On peut aisément imaginer que dans vingt ans, cette technologie aura largement évolué et sera capable de faire de vrais corps humains.
J’ai d’ailleurs inventé un terme dans mon ouvrage pour nommer la robotique qui entend imiter à la perfection le corps humain : la robiotique. 
 
Les hommes sont fascinés par les nouvelles technologies. Jusqu’où va cette fascination ?
Je pense que dans nos sociétés, il y a plutôt deux catégories d’individus : les algorithmocrates et les collapsocrates.
Les algorithmocrates sont par définition très friands de progrès technologiques.
Les collapsocrates quant à eux, que j’évoque dans mes précédents essais, appellent de leurs vœux la construction d’une société décroissante, un retour en arrière, c’est-à-dire une société où il n’y a plus de progrès technologiques.
Ces deux idéologies se positionnent par rapport au progrès technologique et au changement à vitesse exponentielle qu’il nous fait subir.
Pour ma part, je considère que nous devons sortir de ce débat stérile entre ces deux idéologies.
Le choix ne devrait pas être entre suivre les décroissants fanatiques et les pro-croissance qui, eux, ne remettent jamais en question le progrès technologique.
Nous devrions mettre en œuvre une véritable politique scientifique, basée sur le progrès tout en cherchant des valeurs externes au progrès lui-même comme la libre-responsabilité. Et ensuite, optimiser la libre-responsabilité par rapport à chaque innovation.
 
Certains philosophes sont très critiques à l’égard des nouvelles technologies et estiment que plus nous confierons de tâches à des robots, plus nous perdrons notre humanité. Qu’en pensez-vous ?
Je comprends leurs inquiétudes, mais qu’ils se rassurent, une machine reste et restera une machine quoi qu’il arrive et ne pourra jamais devenir une sorte de nouvel être humain. C’est ce que je démontre dans mon roman avec les siliclones.
Ils ne seront jamais semblables aux humains, puisqu’ils ne disposent pas de la liberté d’incarner des valeurs.
Même s’ils connaissent nos préférences et nos goûts, les siliclones ne les incarnent pas de la même manière que les sujets d’origine. Ils ont besoin d’une directive ou d’un commandement pour les incarner. À l’inverse, les êtres vivants sont capables de s’autodéterminer de manière finaliste.
Contrairement à l’homme, la machine sera toujours limitée.
 
Aujourd’hui l’Europe semble à la traîne par rapport aux États-Unis et à la Chine dans la course aux nouvelles technologies et préfère se comporter comme une grande autorité régulatrice. Quel est votre regard sur cette situation ?
J’aborde cette question de manière un peu humoristique dans le roman lorsque j’évoque la commission Guéreau, en référence au pianiste Étienne Guéreau qui est très critique à l’égard de l’IA.
Dans tout domaine, la législation est nécessaire. Encore faut-il que celle-ci soit instaurée après le développement d’une technologie, et non en amont. Pour filer la métaphore, l’Europe devrait inventer des voitures avant de créer un code de la route !
 
Journaliste Contact: @HerreroJulian1



Le mauvais serviteur est-il celui qui entre la possibilité de libérer les machines de leurs créateurs ou celui qui prend le risque de la faire advenir ? La réponse dans siliclone amzn.to/4ubA2LO
 




 
 Le chapitre 4 de SiliCLone, mon nouveau roman d'anticipation ...
 




 
Droïd Alex permettra-t-il à Doc. Alex son maître d’accéder à la vie éternelle ? Les 9 siliclones d’Élan Musklé lui procureront-ils le don d’ubiquité ? JiPé+ le siliclone augmenté de Jean-Patrick, le musicien raté, l'aidera-t-il à se réincarner en guitariste manouche ? PR_2FR, permettra-t-il au président Luc Templier d’échapper à un attentat ? ElwirX aidera-t-elle Elwira l’influenceuse paresseuse experte en recommandation touristique à rester sur son canapé à ne rien faire pendant qu’elle visite le monde ? Etc, etc….

 

 La liberté et le progrès sont les choses les plus importantes pour moi. Science-tech, politique, biotech, jazz, auteur de Greta a tué/ressuscité Einstein et de Gaia à l'IA

Jean-Paul Oury

Jean-Paul Oury, né à Verdun en 1971, est un essayiste français.

Il étudie à la faculté des lettres de Nancy puis suit un DEA en histoire des sciences, obtenu en 1996 à l'université de Strasbourg I. Il est également titulaire d'un doctorat en histoire des sciences et technologies obtenu à Paris Jussieu.

C'est un observateur critique du mouvement écologiste contemporain et de ses contradictions. Dans une tribune dans Le Figaro en octobre 2022, il se réjouit ainsi du ralliement, tardif, de Greta Thunberg au nucléaire comme réponse au réchauffement climatique[1]. Pour cet historien des sciences, le rôle majeur que peut avoir la science sur les sujets contemporains est injustement minoré, au profit de discours politiques.

Il a été engagé en politique, comme candidat d’Alternative Libérale aux élections législatives 2007 dans la 2e circonscription de Meurthe et Moselle.

Il est aujourd'hui directeur de publication du site Europeanscientist.com et consultant.

Citations

  • « [Nous vivons le] sacrifice de la science prométhéenne sur l'autel de l'écologisme: le second a eu la peau de la première en rendant tabou la possibilité de modifier le vivant, de fissionner l'atome, de diffuser des ondes et de synthétiser des molécules. »[1]
  • « La science et la technologie n'ont plus pour finalité de libérer l'humanité des déterminismes que lui impose la nature ; elles sont désormais au service des politiques qui s'appuient sur elles pour créer de nouvelles contraintes. »[1]

Notes et références

Publications

Liens externes

https://www.wikiberal.org/wiki/Jean-Paul_Oury
 
 
 

 
Il y a 17 ans le libéralisme n’avait pas le vent en poupe comme aujourd’hui malgré tous les talents d’Alternative Libérale ! On rasait les murs et on se prenait dans les dents : « mais comment osez-vous remettre en cause le modèle d’État que le monde nous envie ? » Aujourd’hui les choses ont bien changé et on peut mettre nos espoirs en .@davidlisnard et .@nouvelle_energie
 
 
Powered By Blogger