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septembre 11, 2026

L'État à la casse avec Sarah Knafo.; débouter par les médias...!

Dans un long dossier que Marianne consacre à mon livre et à ma personne cette semaine, le journal n'a même pas réussi à contredire un seul des centaines de chiffres que j'ai donnés dans Le Casse du Siècle. 
 
Ils admettent à demi-mot que tout est juste. 
 
Et donc que c'est bien leur titre qui est « tout faux », ou plutôt tout mensonger.
 

 
Leur seul angle d'attaque ? 
 
Changer d'angle. 
 
Au lieu de raisonner en euros, et de parler de votre argent comme je le fais page après page, ils raisonnent en évolution de la part du PIB de chaque ministère dans le temps. 
 
Ce qui est totalement absurde puisque cela part du principe que les dépenses de l'Etat devraient nécessairement suivre la croissance économique. 
 
Comme si les gains de productivité étaient interdits. 
 
Comme si, dès qu'une entreprise française décrochait un gros contrat et faisait de gros bénéfices, faisant ainsi augmenter le PIB, il faudrait alors immédiatement augmenter les effectifs des bureaucrates en conséquence, sans quoi ce serait le signe que les services publics perdent des moyens ! 
 
Et comme si, à l'inverse, dès qu'une usine faisait faillite, on devrait réduire les dépenses de l'Etat à qualité de service public constant. 
Ridicule !
 
Derrière la pauvreté du fond, il y a l'absence de méthode : 
 
Quand Marianne avance des chiffres, qui n'invalident d'ailleurs jamais les miens, aucune source n'est précisée, sauf parfois un « calcul Marianne d'après l'INSEE ». 
 
Quels calculs ? 
Quelles données INSEE ? 
 
Nul ne sait. Nous devons les croire sur parole. 
 
Alors que dans Le Casse du Siècle, j'ai pris la peine de présenter des centaines de notes de bas de page avec sources précises et détails de tous les calculs. Chacun peut d'ailleurs les retrouver en un clic sur sarahknafo.fr/preuves
 
Les journalistes de Marianne ont été incapables de s'approcher du niveau de rigueur de ce qu'ils prétendent critiquer.
 
Marianne ne s'appuie que sur des dires d'« experts » pour affirmer de manière péremptoire que « on est déjà presque à l’os : il n’y a quasi pas d’économies à trouver ».
 
Ils ne se rendent même pas compte de l'absurdité de leur conclusion. 
 
Le pays le plus dépensier du monde n'aurait aucune possibilité de réduire ses dépenses ? On se demande comment survivent l'ensemble des autres pays de la planète !
 
Car oui, Marianne, qui adore visiblement faire des ratios en % du PIB, aurait pu se pencher sur celui-ci :
 
 57,3 % de dépenses publiques. Record du monde. Et ce ratio est en croissance continue depuis les années 1960. Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381414
 
Rappelons que Marianne a touché 973 554 € de subventions en 2024 
 
 J'ai prévenu dans le livre que tous les complices des casseurs m'attaqueraient, parfois sans argument : 
 
Vous allez vite découvrir qui a intérêt à faire perdurer le casse ! 
 

 
Le dossier de l'Université Liberté sur S. KNAFO

septembre 10, 2026

Pour information, le programme de l'AFD et son carrousel !

Programme AFD

Regierungsprogramm
der AfD Sachsen-Anhalt

Puisque personne n'a visiblement fait cet effort dans les médias de service public, voici un résumé du programme sur lequel l'AfD a été élue. 138 pages, 17 chapitres, 324 mesures numérotées. Il est public et accessible à tous, le lire aurait évité aux journalistes de proférer des énormités et de se déconsidérer encore un peu plus aux yeux des Français.
 
 
 
Le programme a été adopté en congrès régional à Magdebourg le 11 avril dernier, puis mis en ligne dans son intégralité. 
 
👨‍👨‍👧‍👧 Famille : dix-neuf mesures pour relancer la natalité.
 
Le chapitre s'ouvre sur un chiffre : 1,31 enfant par femme en Saxe-Anhalt en 2024, un plus-bas historique. Le texte parle clairement d'extinction du peuple allemand et refuse explicitement l'immigration comme réponse.
 
Suit un dispositif financier détaillé. Une prime de naissance de 2 000 € pour les deux premiers enfants et 4 000 € pour chaque suivant, versée en deux fois. Une allocation régionale mensuelle qui monte avec le rang de l'enfant : 50 € pour le premier, 150 € pour le deuxième, 250 € à partir du troisième. Un prêt immobilier bonifié jusqu'à 300 000 € pour les parents de moins de quarante ans ayant au moins un enfant, dont 10 000 € sont effacés à la première naissance suivant l'octroi et 20 000 € à chacune des suivantes. La crèche gratuite dès le premier enfant, la cantine gratuite de la crèche au lycée, la pratique sportive en club gratuite jusqu'à dix-huit ans, et un « Stolz-Pass » ouvrant gratuitement aux familles les châteaux et musées du Land.
 
L'accès à la prime de naissance et à l'allocation est conditionné à la nationalité allemande d'au moins un parent et à un an de résidence dans le Land.
 
Le même chapitre propose la restriction de l'accès des mineurs aux bloqueurs de puberté et aux traitements hormonaux.
 
😍 Immigration et remigration : quarante-trois mesures, le chapitre le plus long
 
Le texte demande le refoulement systématique aux frontières, le refus d'accueil par le Land des personnes entrées illégalement depuis un pays tiers sûr ou dont l'identité n'est pas établie, le retrait du Land des programmes de réinstallation, et un arrêt d'accueil immédiat pour la plupart des ressortissants de pays hors UE. Il demande la transformation du droit d'asile constitutionnel en un droit de grâce accordé discrétionnairement par l'État, ainsi que la suppression de la protection subsidiaire pour les réfugiés de guerre.
 
Sur les conditions de séjour : hébergement en centres collectifs situés hors des centres-villes, prestations en nature plutôt qu'en espèces, contrôle et confiscation des avoirs détenus à l'entrée pour financer l'hébergement, travail d'intérêt général obligatoire, vérification annuelle des statuts de protection, retrait automatique du statut en cas de voyage au pays d'origine.
 
Sur les retours, le texte est chiffré. En 2024, la Saxe-Anhalt a expulsé 654 personnes ; 1 252 expulsions ont échoué. Le programme prévoit une enveloppe de 100 millions d'euros, une « Task Force expulsions » réunissant les ministres de l'Intérieur et de la Justice et les autorités policières, le passage de trente à au moins trois cents places de rétention, l'organisation de vols par le Land lui-même, une cellule dédiée et un chargé de mission « remigration » financés par le redéploiement des 1,2 million d'euros affectés aux « médiateurs d'intégration ». Il demande la fin de l'allocation de subsistance pour les Ukrainiens arrivés depuis le début de la guerre et la préparation de leur retour. Il vise aussi les financements associatifs : 275 millions d'euros inscrits au budget 2025-2026 pour l'hébergement des demandeurs d'asile, 11 millions pour le conseil et l'ouverture interculturelle, 4,9 millions pour la « culture d'accueil ».
 
Le chapitre comporte un versant symétrique, moins commenté : un programme de retour destiné aux Allemands qualifiés partis à l'étranger. Le texte avance trois millions de départs entre 1991 et 2015 et 270 000 en 2024, et propose de traiter la pénurie de main-d'œuvre par l'automatisation, la numérisation et l'intelligence artificielle plutôt que par l'immigration de travail.
 
🎓 Culture, école, université : soixante-six mesures
 
Le chapitre demande l'inscription de critères esthétiques dans le code de la construction du Land, défend le feu d'artifice comme pratique culturelle, remplace le test de naturalisation à trente-trois questions à choix multiples par une dissertation, et s'oppose aux minarets et à l'appel du muezzin.
 
À l'école : neutralité politique imposée aux enseignants ; interdiction des drapeaux arc-en-ciel dans les établissements ; maintien de l'enseignement du russe et relance des échanges scolaires avec la Russie ; natation obligatoire pour chaque enfant ; davantage d'éducation physique ; manuels gratuits ; classes séparées pour les enfants de réfugiés ; service de sécurité dans les établissements ; et un passage de l'obligation de scolarisation à une obligation d'instruction, qui ouvre la voie à l'enseignement à domicile.
 
À l'université : suppression des études de genre, création d'une chaire de sciences de la population et d'un institut d'islamologie critique, examens d'entrée à la place du numerus clausus, fin des contrats précaires, retour partiel sur le processus de Bologne.
 
👮‍♂️ 👨‍⚖️ Sécurité et justice : quarante mesures
 
Recrutements policiers, allègement des tâches administratives, généralisation du taser. Le texte demande la publication des adresses des pédophiles condamnés, en avançant un taux de récidive de 40 à 50 %, et la création d'une garde citoyenne volontaire placée sous l'autorité des services d'ordre municipaux. Il demande le classement de l'Antifa comme organisation terroriste.
 
Côté justice : exécution des peines des détenus étrangers dans leur pays d'origine : le texte relève 21,4 % d'étrangers en détention et 27,5 % en détention pour mineurs ; abaissement de la majorité pénale, appuyé sur une hausse de 11,3 % de la délinquance des moins de quatorze ans en 2024 ; amnistie des infractions aux mesures sanitaires (notamment COVID) ; et l'inscription dans le code pénal d'une protection du peuple allemand contre le dénigrement, symétrique de celle des minorités.
 
⚡ Énergie : trente mesures, le second chapitre le plus fourni
 
Fin des subventions aux renouvelables et de la priorité d'injection sur le réseau, moratoire sur l'éolien, interdiction des parcs solaires sur les terres agricoles et des éoliennes en forêt, abandon de la stratégie hydrogène, plan de prévention des coupures.
 
Puis le volet production : maintien du charbon au-delà de 2038, nouvelles centrales à gaz, relance de la recherche nucléaire avec un axe explicite sur le réacteur Dual-Fluid et le retraitement des combustibles déjà stockés, recherche sur la fusion, refus du gaz de schiste sur le territoire du Land, et remise en service des gazoducs Nord Stream.
 
Enfin le volet fiscal et institutionnel : sortie de l'Accord de Paris et du Green Deal, abrogation de la loi fédérale sur le climat, fin du marché des quotas d'émission, suppression de la taxe carbone (le texte en chiffre l'effet à 185 € par an pour une voiture essence roulant 15 000 km et 350 € pour un chauffage au fioul consommant 2 000 litres), fin des subventions aux véhicules électriques et abandon de l'interdiction du moteur thermique.
 
📈 🪙 Économie, agriculture, transports, communes
 
Zones économiques spéciales à l'essai dans les régions structurellement faibles, levée des sanctions contre la Russie (premier partenaire commercial du Land avant 2022), gratuité totale du brevet de maîtrise assortie d'une prime, aide au permis de conduire pour les apprentis, label « Fabriqué en Saxe-Anhalt », réforme de la transmission d'entreprise.
 
En agriculture : renationalisation de la politique agricole, régulation du loup, interdiction de l'abattage sans étourdissement (donc du Halal), meilleur financement des refuges, stérilisation obligatoire des chats en liberté, participation obligatoire des demandeurs d'asile aux travaux de reboisement.
 
Dans les transports : fin des subventions aux vélos-cargos (financés jusqu'à 60 % pour les entreprises et 90 % pour les communes), préservation de la culture motocycliste, ticket régional gratuit pour tous les élèves, suppression du droit de recours des associations environnementales.
 
Dans les communes : réforme du financement, refus de nouvelles implantations de migrants en zone rurale, suppression des postes de déléguées à l'égalité.
 
📺 ⚕️ Médias, administration, finances, santé
 
Suppression de la redevance audiovisuelle (18,36 € par mois, 220,32 € par an et par foyer) remplacée par une offre de base et des abonnements facultatifs ; fin du financement de la radio associative Radio Corax, chiffré à 968 438,61 € entre 2019 et 2023 ; abrogation de la loi allemande sur les réseaux sociaux.
 
Réduction du nombre de ministères, fin des financements publics aux fondations de partis, suppression de l'office administratif du Land, abandon des budgets annexes hors bilan. Baisse des droits de mutation, suppression des taxes de faible rendement, engagement de ne créer aucun nouvel impôt, arrêt de la collecte de l'impôt d'Église par l'État.
 
En santé : arrêt des privatisations d'hôpitaux et retour au public des cliniques déjà cédées, refus de la fermeture des petites urgences, formation de médecins allemands plutôt que recrutement à l'étranger, développement des soins palliatifs, et une commission d'examen de la période Covid.
 
Le préambule, qui s'étend sur plusieurs pages, se termine par une phrase que nous reprenons telle quelle : « Voici notre programme. Jugez vous-mêmes s'il faut interdire l'AfD, ou plutôt la voter. »
Le texte est en accès libre, en allemand, dans son intégralité : afd-regierungsprogramm.de
 
 
Voici le carrousel:  














juillet 27, 2026

L’ironie élégante de Bernard Arnault en réponse aux journalistes sponsorisés Le Monde !

Réponse élégante de Bernard Arnault à deux ‘ journalistes ‘ du monde qui ont fait une enquête sur lui…
 
‘ Il paraît que je suis le chef de « la dernière famille royale de France ».

Je l’ai appris en lisant Le Monde, entre deux tasses de thé. 
 
Mes enfants, prévenus par WhatsApp, m’ont demandé si cela signifiait qu’ils devaient désormais me faire la révérence. 
Je leur ai répondu qu’un simple « bonjour Monsieur » suffirait, comme d’habitude. Ils ont éclaté de rire. C’était, je crois, le plus beau moment de la semaine.
 
 

Le Monde a donc décidé de sortir l’artillerie lourde : six mois d’enquête, deux journalistes dédiées à plein temps, six épisodes sur double page, un feuilleton achevé vendredi. Cela mérite un mot, et ce sera… merci.

Je n’avais pas eu droit à pareil traitement depuis la reprise de Boussac en 1984. On m’appelait alors « The Terminator ». Je préfère « la dernière famille royale » : c’est plus élégant, et c’est meilleur pour les ventes chez Dior.

Je n’ignore pas qu’en répondant, j’offre à ce feuilleton le projecteur qu’il espérait peut-être : un dernier épisode, signé de ma main. Soit.

Qu’il serve au moins à une chose : épargner de l’énergie à tous ceux qui, ailleurs, parient sur la fissure d’une famille pour vendre du papier. Ils attendront longtemps.

Reprenons.

J’ai appris, d’abord, que mes collaborateurs étaient tirés à quatre épingles et qu’aucun n’était en surpoids. Je présente mes excuses aux lecteurs pour ce manquement à la diversité corporelle et j’en saisirai lundi le restaurant d’entreprise. J’ai appris aussi que l’on confisquait aux visiteurs leur cravate Hermès. C’est faux : nous la leur laissons. Nous leur en proposons simplement une seconde, plus discrète, pour l’ascenseur. Question de savoir-vivre. J’ajoute, sous le sceau du secret, que j’en possède plusieurs.

Ensuite, je murmurerais à l’oreille de tous les présidents. Je plaide coupable : Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron. J’aurais dû rester avenue Montaigne à ne parler qu’à mon chien. J’ajoute, par souci d’exhaustivité, qu’au-delà de cinq présidents américains, j’ai également murmuré à trois premiers ministres britanniques, deux chanceliers allemands, et un empereur du Japon. Pas une ligne sur ces murmures-là. Faut-il comprendre que seuls les murmures français sont scandaleux ? Pour un groupe dont 75 % du chiffre d’affaires se réalise hors d’Europe, la hiérarchie éditoriale m’échappe.

Vient ensuite « la stratégie du business first ». Qu’un groupe exportant l’essentiel de ses produits fabriqués en France place le commerce quelque part dans sa stratégie relèverait donc du scoop. J’attends les suivants : L’Oréal vend des produits de beauté, Danone s’intéresse à l’alimentation, Renault fabrique des voitures, etc. On tiendra jusqu’à Noël.

Mais attention, pour LVMH vendre ses produits, d’accord, mais pas n’importe où ! Sur tous les grands exportateurs vers la Chine, un seul, décidément, mériterait de rendre des comptes sur la nature du régime, celui qui y porte le luxe français. Airbus par exemple, et ses 2 200 appareils livrés aux compagnies chinoises, comme beaucoup d’autres groupes français exportateurs en Chine, n’ont semble-t-il pas suscité la même vigilance de votre part. 
À suivre !

Plus loin, je ferais pression sur les médias. J’ai lu ce volet avec une attention particulière. Il paraît, dans un quotidien dont l’un des actionnaires individuels, dans la vie civile, se trouve être mon « gendre ». Il faudra qu’on m’explique un jour, calmement et sans ironie, la géométrie exacte de l’indépendance éditoriale française. Je la trouve fascinante. Je paierais volontiers la formation.

Puis mon préféré : « amoureux des arts et de la défiscalisation ». J’ai contribué à hauteur de 200 millions d’euros à la reconstruction de Notre-Dame. Je finance pour 50 millions un institut de recherche en mathématiques à Polytechnique. J’ai offert à Paris et à la France la Fondation Louis Vuitton et ses 1,5 million de visiteurs annuels.

J’ai effectivement financé la Fondation Louis Vuitton dans le cadre voté en 2003 par le Parlement français, sur proposition du ministre de la Culture. Autrement dit : la loi de la République invite les entreprises ou les particuliers à donner pour l’intérêt général ; j’ai donné, et cela paraît suspect. Si le dispositif blesse à ce point, il reste à convaincre le législateur de l’abroger. En attendant, j’assume. Personne ne m’y a obligé.

Enfin, le clou : la famille. On n’écrit pas six mois sur un homme sans finir par s’inviter, en pensée, à sa table. J’y ai retrouvé mes cinq enfants, mon épouse, mes neveux. J’aurais aimé y trouver une nuance : celle qui permet à cinq personnalités fortes de travailler dans la même maison sans que cela tourne à l’opéra italien. Chez les Arnault, apparemment, on ne discute pas, on complote ; on ne délibère pas, on rivalise.

C’est romanesque. Dans le monde réel, mes enfants dirigent des Maisons, forment des équipes, prennent des décisions et, sacrilège, s’appellent le dimanche. Ce qui, dans une famille ordinaire, s’appelle un dimanche s’appelle chez nous une intrigue. C’est une affaire de vocabulaire. Nous préférons les dimanches.

Un mot plus sérieux, si vous le permettez.

Le luxe est l’un des rares secteurs à penser en générations plutôt qu’en trimestres. Un cognac dort entre 10 et 50 ans avant d’être vendu. Un vignoble se transmet sur quatre-vingts ans. Un savoir-faire de malletier ou de verrier se forme en vingt ans et se perd en trois. On ne dirige pas cela comme une plateforme numérique : on l’entretient, on le prépare, on le transmet.

C’est un métier de longue durée, et une responsabilité, d’autant plus sérieuse qu’elle ne m’appartient pas. Elle appartient aux savoir-faire des 220 000 collaborateurs du groupe, aux 40 000 qui travaillent en France, aux familles qui en vivent, aux Maisons dont nous ne sommes que les dépositaires.

De tout cela, des centaines d’ateliers de production sur le sol national, des milliers d’apprentis formés chaque année aux métiers d’art, la série n’a pas jugé utile de faire une phrase. On a préféré inventorier les garde-robes et passer aux rayons X un dîner de famille. C’est un choix éditorial. Il se respecte. On peut, dans un pays libre, préférer les ragots aux ateliers. C’est plus croustillant, je le reconnais volontiers.

Une dernière remarque, sincère, pour Mesdames Bacqué et Schneider. Votre série précédente s’achevait sur les Wertheimer, propriétaires de Chanel : « discrets », « mécènes », « accompagnant leur quatrième génération, loin des projecteurs ». Celle-ci, sur les Arnault : « cour », « terreur », « rivalités ». La différence entre ces deux familles ? Les Wertheimer ne vous ont pas reçues. Nous, si.

Six mois durant, plusieurs dirigeants ont pris, à votre demande, le soin de vous rencontrer, de vous présenter leur travail et ce qu’exige de faire marcher un groupe mondial.

Ma famille a fait de même : mes cinq enfants, mon épouse, avec dévouement et attention, moi-même. Tous présents, tous disponibles, tous unis.

Je vous soupçonne, très clairement, d’avoir puni la transparence. Que cela serve d’enseignement pour vos prochains sujets.
Une question, pour conclure, avec le sourire. En 1984, quand j’ai repris Boussac, votre journal aurait-il parié un franc, même symbolique, sur le fait que la France abriterait, quarante ans plus tard, le leader mondial du luxe, portant le drapeau de l’excellence française dans près de 100 pays, et ayant contribué à hauteur de plus de 40 milliards d’euros au Trésor public.

Prenez votre temps pour y répondre. Je vous offre l’apéritif à la Fondation. Les vins seront français. Vous y croiserez peut-être quelques personnages de votre feuilleton. 
 
Vous verrez : ils sont plus fréquentables que vous ne le pensiez.

Quant à moi, rassurez-vous : je continuerai à pratiquer les mots croisés du Monde qui, eux, sont excellents.

Bernard Arnault 


 
 
Voici la version anglaise pour ceux qui souhaitent la lire. Elle vaut la peine d'être lue et très complète.
 



 



Bernard Arnault signe une réponse acerbe à la série du « Monde » à son égard

Le patron de LVMH n’a pas apprécié la vaste enquête du quotidien en six volets sur son empire et les rivalités familiales. Il y répond avec humour, mais amertume.

« Cela mérite un mot, et ce sera… merci ». Le patron de LVMH a choisi l’ironie. Bernard Arnault a réagi à la série d’été du Monde au sujet de « son empire ». Après six mois d’enquête et six épisodes en double page, il tacle le quotidien pour avoir « sorti l’artillerie lourde » pour son « feuilleton ».

Le dernier article, paru vendredi 24 juillet, fait état de dissensions entre ses enfants, avec en toile de fond sa succession à la tête du géant mondial du luxe. Dans un long message posté sur le compte X du groupe LVMH dimanche 26 juillet, le milliardaire a démenti toute « fissure » au sein de sa famille. « Ceux qui (...) parient sur la fissure d’une famille pour vendre du papier (...) attendront longtemps », écrit-il.

Les journalistes du Monde Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider ont décortiqué les « rivalités » entre les cinq enfants de Bernard Arnault, issus de deux unions, ainsi que les inimitiés entre sa deuxième épouse, Hélène Mercier, et son gendre, le milliardaire Xavier Niel (actionnaire individuel du groupe Le Monde, dont fait partie Le HuffPost, ndlr).

L’épineuse question de la succession

Si Bernard Arnault s’amuse de la fascination pour la « dernière famille royale de France », il tolère moins qu’on lui colle les termes « cour », « rivalités » et « terreur », quand la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, avait eu droit à « discrets » et « mécènes ». « La différence entre ces deux familles ? Les Wertheimer ne vous ont pas reçues. Nous, si », lance-t-il aux deux journalistes du Monde, les soupçonnant d’avoir « puni la transparence ».

« Chez les Arnault, apparemment on ne discute pas, on complote ; on ne délibère pas, on rivalise », ironise le grand patron dans son message de réponse. « Dans le monde réel, mes enfants dirigent des Maisons, forment des équipes, prennent des décisions et, sacrilège, s’appellent le dimanche. Ce qui, dans une famille ordinaire, s’appelle un dimanche s’appelle chez nous une intrigue », ajoute-t-il.

Le patriarche n’a pas nommé de successeur à ce jour, mais ses cinq enfants - une fille, quatre fils - travaillent tous pour le groupe et quatre sont au conseil d’administration. Deux d’entre eux, Antoine Arnault et Delphine Arnault, font désormais partie du comité exécutif.

Interrogé en avril lors de l’assemblée générale de LVMH au sujet de sa succession, Bernard Arnault, 77 ans, avait répondu qu’il avait été « renouvelé » l’année dernière à « 99 % » et suggéré de reposer la question « dans sept, huit ans ».

Bernard Arnault contre Le Monde

Le milliardaire français, première fortune de France, n’a pas réagi qu’à l’enquête sur sa famille. Son message de trois pages répond également aux précédents articles de la série, sur son influence sur les présidents français, sa stratégie du « business first » auprès des dirigeants étrangers et sa pression éditoriale sur les médias qu’il possède, entre autres.

Point par point, Bernard Arnault a riposté non sans humour. Il « plaide coupable » de murmurer à l’oreille de tous les présidents, présente ses excuses pour le « manquement de diversité corporelle » des collaborateurs de LVMH et demande une formation sur « la géométrie exacte de l’indépendance éditoriale française ». Mais ces blagues ne font que confirmer ce que les deux journalistes avancent dans leurs articles.

Après un long plaidoyer sur l’excellence du luxe français et les contributions de LVMH aux finances publiques, Bernard Arnault n’a pas manqué l’occasion d’une dernière pique envers leur travail d’enquête : « rassurez-vous : je continuerai à pratiquer les mots croisés du Monde qui, eux, sont excellents ».

 


 

  La réponse du @lemondefr à @BernardArnault

Très révélatrice réponse du quotidien : elle cherche moins à réfuter B Arnault qu’à reprendre le contrôle du récit 1. Le point faible majeur : aucune réponse précise sur le fond Le journal insiste dès le début sur le fait que Bernard Arnault ne démentirait « rien » des informations publiées. Habile, mais un peu court. Ne pas démentir chaque élément d’une enquête en 6 volets ne signifie pas nécessairement les valider. 

B Arnault a choisi une réponse politique et communicationnelle : il conteste le cadrage général, l’intention prêtée aux journalistes et la mise en scène d’une dynastie fragilisée. Le Monde , lui, évite soigneusement de répondre à cette critique centrale : l’enquête établit-elle réellement des faits nouveaux d’intérêt public ou organise-t-elle surtout un grand récit autour de la puissance, de la richesse et des tensions familiales ? 2. Un article de réponse très chargé en sous-entendus Le vocabulaire n’est pas neutre : « il fait mine de s’étonner » « sans vouloir comprendre manifestement » « il jure posséder » « ses éternels rivaux » « filtrent les rivalités » « mésentente » « divisions familiales » 

 Ce n’est pas du #journalisme. C’est un papier franchement éditorialisé qui psychologise, interprète et discrédite. Mais de factuel : RIEN Autrement dit, le journal reproche à B Arnault d’user d’ironie, tout en lui répondant par une ironie beaucoup moins assumée. 3. La succession familiale devient le vrai sujet Le journal affirme que la préoccupation du dirigeant serait la révélation de rivalités familiales. Mais il ne démontre pas réellement dans cet article que ces tensions ont une incidence sur la gouvernance de LVMH, sur ses actionnaires ou sur ses salariés. Il existe évidemment un intérêt économique légitime à étudier la succession d’un groupe de cette importance. Mais il faut distinguer : - les questions documentées de gouvernance - les divergences stratégiques - les rivalités personnelles supposées et la chronique « de famille royale » pour lecteurs fascinés par les palais, même lorsqu’ils portent des mocassins Berluti :-) Le titre même de la série, « L’Empire Bernard Arnault », indique que le Monde avait choisi un registre narratif très fort. 

 B Arnault marque donc un point lorsqu’il relève la théâtralisation de l’enquête. 4. Sur l’indépendance des médias, les deux camps se répondent imparfaitement B Arnault attaque la « géométrie » de l’indépendance éditoriale française en mentionnant Xavier Niel, actionnaire individuel du Monde et son gendre. Le journal répond que Xavier Niel n’intervient pas dans sa ligne éditoriale. Sur le principe, cette réponse est recevable. Mais elle reste déclarative. Le véritable sujet soulevé par Arnault est plus vaste : pourquoi soupçonner systématiquement les propriétaires de certains médias d’influencer leurs rédactions, tout en considérant comme définitivement réglée la question lorsque le propriétaire appartient à son propre écosystème ? Le Monde aurait pu répondre par les mécanismes concrets garantissant son indépendance : statut, gouvernance, droits des journalistes, société des rédacteurs, contrôle du capital. Il préfère répondre sur le mode : Bernard Arnault « ne veut manifestement pas comprendre ». C’est condescendant et intellectuellement moins solide. 5. Le journal confirme malgré lui l’efficacité de la riposte B Arnault a parfaitement identifié la mécanique médiatique : répondre lui permettait de devenir lui-même le 7e épisode de la série. Le Monde tombe exactement dans ce piège en consacrant un nouvel article à sa réaction, avec photo, citations et renvoi vers les 6 épisodes. Autrement dit, B Arnault avait annoncé : « Vous allez exploiter ma réponse pour prolonger votre feuilleton. » Et le journal a immédiatement publié : nouvel épisode du feuilleton. Il faut avoir un certain goût du comique involontaire.

Conclusion 

La réponse du @lemondefr n’est pas un désastre journalistique, mais elle est défensive, condescendante et insuffisamment factuelle. Pire elle ne réfute pas réellement @BernardArnault. Elle rappelle que l’enquête est documentée, réaffirme son indépendance et revient lourdement sur les tensions familiales, sans répondre à l’accusation principale : celle d’avoir construit une fresque spectaculaire où la puissance d’un homme devient presque, en elle-même, la preuve d’un problème. Bernard Arnault ne démontre évidemment pas que toute l’enquête est injuste. Mais sur le terrain de la #communication, il domine nettement l’échange : humour, hauteur, quelques formules mémorables, et surtout une capacité à obliger le journal à se justifier. Le Monde voulait disséquer l’empire Arnault. Bernard Arnault a réussi, en un billet, à disséquer les réflexes et les travers du Monde.

La formule est spectaculaire. Le raisonnement, lui, a manifestement péri dans l’incendie. L’Histoire retiendra peut-être surtout qu’à chaque fois que le monde brûlait, O Besancenot trouvait encore le moyen d’y voir une opération du gvt au profit du RN. Toujours la même mécanique : une formule apocalyptique, un ennemi commode, aucun fait, aucune démonstration.

anne testuz

 

Bernard Arnault, le Président-directeur général de LVMH, a accepté l’invitation de LEGEND et a partagé les moments les plus marquants de sa carrière. Il s’est aussi confié sur les coulisses de la construction de son empire qui est aujourd’hui le groupe numéro 1 mondial du luxe.

 

 

 





avril 10, 2026

L'Humanité, journal subventionné, une rente absolue sur son courant politique.

L'Humanité : La Rente Institutionnelle Méconnue des Réseaux Publics


Si le débat public se focalise souvent sur les subventions directes versées par l'État à la presse, une réalité économique bien plus structurelle et moins documentée assure la pérennité du journal L'Humanité : la capture systématique des budgets d'acquisition des bibliothèques, médiathèques et Centres de Documentation et d'Information (CDI). Au nom d'un pluralisme érigé en obligation d'achat pour les gestionnaires publics, le titre bénéficie d'une diffusion "captive" qui dépasse désormais son lectorat spontané, lui octroyant une rente absolue sur son courant politique.

I. Au-delà des aides directes : Le mécanisme de la perfusion étatique

Avant d'analyser la rente des réseaux, il faut rappeler que L'Humanité est déjà le titre le plus aidé de France par exemplaire produit. En 2021, chaque numéro vendu recevait 50 centimes d'aide directe, contre seulement 4 centimes pour Le Monde.
 
 

II. La Rente Invisible : Les C.D.I des collèges / Lycée et les Bibliothèques comme clients forcés

La véritable force de frappe financière de L'Humanité réside dans son maillage des structures publiques. Contrairement à un abonné individuel qui peut résilier, l'institution achète par principe de représentativité éditoriale.
Le maillage des 26 000 points d'achat publics
En France, le réseau de lecture publique et scolaire constitue un marché de plus de 26 000 établissements. Pour L'Humanité, dont la diffusion papier est en chute libre, ce réseau fait office de "filet de sécurité" financier.
 
 

 
L'analyse du déséquilibre : En 2023, la diffusion totale de L'Humanité était de 38 841 exemplaires. Si l'on déduit les abonnements individuels (environ 13 700) et les ventes au numéro (environ 2 700), on constate que la majorité du tirage papier est absorbée par les "tiers" (administrations, CDI, bibliothèques).
Calcul de la captivité : Avec plus de 26 000 points institutionnels pour un tirage papier réel estimé à moins de 20 000 exemplaires physiques par jour, le journal ne survit que parce qu'une part massive de sa production est achetée par l'argent public pour être posée sur des étagères de CDI ou de médiathèques, indépendamment de la fréquentation réelle.
 

 

III. Le monopole du pluralisme : Une rente jamais remise en cause

Ce mécanisme crée un monopole politique. En tant que "quotidien d'opinion à faibles ressources publicitaires", L'Humanité préempte la quasi-totalité des budgets publics fléchés vers la gauche radicale dans les bibliothèques.
  • L'argument du pluralisme comme barrière à l'entrée : Les chartes documentaires des bibliothèques obligent à présenter "tous les courants". Comme L'Humanité est le seul quotidien national sur son créneau, il bénéficie d'une situation de monopole : une bibliothèque qui veut être "pluraliste" n'a pas d'autre choix que de s'abonner à ce titre précis.
  • Absence de mise en concurrence : Contrairement aux aides directes qui font l'objet de rapports de la Cour des Comptes, les budgets d'acquisition des CDI et des médiathèques sont atomisés entre des milliers de collectivités et d'établissements. Cette dispersion rend la rente globale invisible et empêche toute remise en cause politique du système.
  • La rente des archives : Dans les lycées et classes préparatoires, L'Humanité est souvent acheté en plusieurs exemplaires pour alimenter les "fonds d'archives" utilisés pour les épreuves de revues de presse (HGGSP, SES). L'État finance ainsi non seulement la lecture du jour, mais aussi le stockage historique du titre.

IV. Le pivot numérique : La nouvelle frontière de la rente

L'argent public suit désormais la transition numérique du journal via des plateformes dédiées.
  1. Lire l'actu : Cette plateforme, financée par le ministère de l'Éducation nationale, garantit à L'Humanité une présence numérique dans tous les établissements scolaires. Si l'accès est gratuit pour l'élève, l'éditeur perçoit une rémunération pour la mise à disposition de ses contenus.
  2. Pass Culture : Le dispositif permet aux jeunes de 15 à 18 ans d'utiliser leurs crédits publics pour s'abonner au titre. En 2025, la part des versions numériques représente déjà 54,3 % de la diffusion payée, une croissance dopée par ces mécanismes de recrutement financés par l'État.
 

 

Conclusion : Une dépendance structurelle au secteur public

L'analyse des chiffres montre que L'Humanité a cessé d'être un journal dépendant de ses lecteurs pour devenir un service culturel financé par la collectivité. Sa survie ne repose plus sur la séduction d'un public militant, mais sur son inscription irréversible dans les budgets de fonctionnement des infrastructures publiques (CDI, bibliothèques).
Cette rente institutionnelle, parce qu'elle est justifiée par le dogme du pluralisme, échappe à toute logique de marché et à toute critique parlementaire sérieuse. Elle garantit au journal un monopole absolu sur sa famille politique, financé par un contribuable qui, dans sa grande majorité, ne le lit plus.
 
Dindon Fiscal

 

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