Lors de la réunion à Matignon, Raphaël Glucksmann est venu remettre à Sébastien Lecornu son plan de sortie de crise en 10 propositions.
JEUNESSE
→ Abrogation de Parcoursup
→ Fin des suppressions de postes d’enseignants
→ Stages rémunérés 1 000 €/mois
→ Revalorisation des bourses
POUVOIR D’ACHAT
→ SMIC à 1 700 € net et mise en place d’une CSG progressive
→ Chèques énergie jusqu’à 500 € financés par une taxation des superprofits
→ Carburants : −20 centimes/litre par un encadrement des marges
ORDRE RÉPUBLICAIN
→ Réforme du maintien de l’ordre
→ Sanctions contre les plateformes numériques
→ Indemnisation des victimes du 17 octobre
"Les emmerdes commencent" : les huit défis que Raphaël Glucksmann va devoir relever après sa victoire à la primaire de la gauche
Désigné dès le premier tour d'un scrutin qu'il voulait initialement éviter, le candidat de Place publique et, désormais, du Parti socialiste doit maintenant rassembler un camp divisé s'il veut rester dans la course à l'Elysée.
"Du pain sur la planche." Voilà comment un soutien de Raphaël Glucksmann résume l'état d'esprit dans le camp du vainqueur de la primaire social-démocrate, lundi 12 octobre. "Les emmerdes commencent", s'amuse, plus prosaïquement, un cadre du Parti socialiste. La veille, l'eurodéputé et leader de Place publique s'est imposé dès le premier tour, avec deux tiers des suffrages (66,17%), un score qui a surpris jusqu'à ses conseillers.
Désormais, l'intellectuel converti à la politique, enfariné après sa victoire dimanche soir, fait face à de nombreux défis. Du rassemblement avec ses anciens adversaires au dialogue avec les autres forces de gauche, en passant par le travail sur son programme, les chantiers ne manquent pas.
1Rassembler un PS divisé
Pas issu du parti, Raphaël Glucksmann doit embarquer dans sa campagne des socialistes qui sont nombreux à l'avoir vigoureusement critiqué durant la primaire. Ses soutiens veulent y croire. L'enjeu est de faire une place "à toutes les sensibilités et à tous les candidats" vaincus, explique à l'AFP Jérôme Auslender, un des responsables de Place publique. "Après 50 nuances de bordel, il y aura 50 nuances de gauches autour d'un candidat", vantait, dimanche soir, un proche d'Olivier Faure.
Pour autant, certains au PS pourraient limiter leur soutien au service minimum. "Le stagiaire a gagné, malheureusement", a commenté une Ségolène Royal amère, questionnée sur franceinfo(Nouvelle fenêtre) au sujet du surnom peu flatteur dont elle avait affublé Raphaël Glucksmann. La candidate socialiste à la présidentielle 2007 l'avait plusieurs fois brocardé, notamment lors des débats télévisés. "Certains élus vont avoir piscine, ou envie d'aller pisser un peu plus longtemps que prévu", présageait un autre cadre fauriste dès la fin septembre.
Une partie des soutiens de Raphaël Glucksmann a même intégré cette idée, et se méfie particulièrement du premier secrétaire du PS, largement battu dimanche (14,46%) : "Olivier Faure dira 'rassemblons-nous', mais il nous mettra des bâtons dans les roues, en se taisant sur les succès et en pointant les échecs", grince l'un des proches du candidat. "Il l'a fait avec Anne Hidalgo", représentante malheureuse du PS en 2022 (1,76%).
2Convaincre Les Ecologistes et les autres forces de gauche
Comme l'assure un cadre de l'équipe de campagne de Raphaël Glucksmann, "faire un pas vers Les Ecologistes" fait partie de ses priorités. Un des courants internes au parti, soutenu par Yannick Jadot, a fait un pas vers le vainqueur de la primaire en appelant la direction à entamer des discussions avec lui. Mais la patronne du parti Marine Tondelier, elle-même candidate à la présidentielle, ne compte pas abandonner. Une partie des Ecologistes, dont Sandrine Rousseau, défend en miroir un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise. Ce sont les adhérents qui trancheront la stratégie du parti pour la présidentielle au mois de décembre.
Raphaël Glucksmann doit aussi convaincre les communistes, eux aussi pleinement lancés dans la course à l'Elysée avec Fabien Roussel. "Si demain Les Ecologistes et les communistes se retirent, on passe devant Jean-Luc Mélenchon", croit même un élu socialiste pro-Glucksmann.
D'autres formations, au poids plus modeste, avaient appelé à ouvrir la primaire de l'ensemble de la gauche, comme L'Après, formée par des anciens de La France insoumise, ou Debout !. Le mouvement de François Ruffin, d'un côté, a appellé "à l'union, au sursaut et aux échanges entre toutes les forces de gauche". Mais, de l'autre, le député de la Somme a raillé la primaire dimanche soir sur X(Nouvelle fenêtre) : "Quelle surprise ! Raphaël Glucksmann remporte la primaire de Raphaël à Glucksmann !" Signe que le rassemblement est loin d'être acquis.
3Tenir sur son refus d'alliance avec LFI, y compris aux législatives
Après avoir fait campagne sur la rupture avec La France insoumise, Raphaël Glucksmann affirme que son score clôt le débat à gauche sur une alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Olivier Faure, plus ouvert à cette idée, "n'est plus majoritaire au sein de son propre parti (...) et il n'y aura plus d'alliance avec LFI, ça a été tranché par plus de 66% des gens qui sont venus participer à cette primaire", a-t-il insisté lundi matin sur France Inter. Mais le premier secrétaire du PS ne compte pas se mettre en retrait de sa fonction malgré sa lourde défaite. Et il avait prévenu, avant la primaire, que le PS déciderait "seul" de ce qu'il ferait pour les prochaines législatives, après avoir été l'un des architectes des accords de la Nupes en 2022, puis du NFP en 2024, en alliance avec LFI.
Si la question est une ligne rouge pour Raphaël Glucksmann, un proche lui conseille toutefois de ne pas trop insister sur ce point : "Je lui ai dit de ne pas dire qu'il ne voulait plus d'alliance avec LFI, mais au contraire qu'il a besoin de tous les électeurs de gauche."
4Rassembler des électeurs au-delà d'une base étriquée
Certes large vainqueur, l'eurodéputé a reçu le soutien de près de 80 000 personnes sur un total de plus de 120 000 votants, membres du PS, de Place publique (qui revendique près de 3 000 adhérents) ou ayant décidé de participer sans adhésion moyennant la somme de 15 euros. Ses détracteurs raillent une participation bien en deçà de celle de la dernière primaire de gauche, en 2017, qui était à l'époque ouverte à tous, au prix de 1 euro et de la signature d'une charte de valeurs. "C'est sûr que le nombre de votants permet de nuancer un peu ce score. Néanmoins, il faut voir que Raphaël Glucksmann part avec un gros socle de légitimité", note Diane Lamotte, de l'institut de sondages Ipsos-BVA, sur franceinfo.
Mais le candidat a besoin de convertir ce soutien militant en intentions de vote, en élargissant sa base électorale. Dans quelle direction ? Il y a là une "difficulté stratégique", estime le politologue Jean-Yves Dormagen dans Le Point(Nouvelle fenêtre). "Il doit gérer une double concurrence, avec Jean-Luc Mélenchon, sur sa gauche, et avec les candidats du bloc central, de l'autre, Gabriel Attal et Edouard Philippe. (...) Il lui faut donc gagner des voix au centre, sans perdre la frange la plus à gauche de ses électeurs", analyse-t-il. "Avec toutes les critiques qui le visent, il a plutôt intérêt à commencer à chercher à parler à la gauche plutôt qu'au centre", estime un cacique socialiste.
C'est ce que Raphaël Glucksmann semble avoir choisi de faire dès dimanche soir, en s'adressant au "peuple de gauche" et à la "gauche démocratique", et en se posant en rassembleur de sa famille politique. "Je veux que [François Hollande] soit dans notre équipe, qu'il participe au combat commun, comme Bernard Cazeneuve, comme les Ecologistes", a-t-il espéré sur France Inter, lundi matin. Depuis sa victoire, il martèle aussi que "Marine Le Pen ne sera pas à l'Elysée en mai 2027", dans l'espoir de fédérer les détracteurs de l'extrême droite autour de sa candidature.
5Etoffer son programme
La présentation du programme est un passage obligé pour tous les candidats, dont certains ont pris de l'avance sur Raphaël Glucksmann, qui n'a pour le moment dévoilé que quelques mesures, comme la surtaxation des "méga-héritages". Il a également partagé quelques axes de son projet dans un livre paru en mai, mais il lui reste à traduire ces orientations en mesures concrètes.
Le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a été chargé en septembre de piloter la construction du projet, et une trentaine de groupes de travail planchent sur les propositions. Raphaël Glucksmann a d'ores et déjà chargé Yannick Jadot de planifier les "100 jours de la révolution écologique" qu'il promet en ouverture de son mandat. S'il parvient à rallier des personnalités d'autres sensibilités à gauche, il lui faudra sans doute intégrer de nouvelles propositions à son projet.
6Gérer le tempo pour ne pas louper l'"effet primaire"
Le tout juste vainqueur s'est rendu directement sur le plateau du "20 Heures" de France 2, dimanche soir, pendant que ses équipes faisaient imprimer 50 000 tracts dans la nuit, pour être présents sur les marchés dès le début de la semaine, et espérer surfer sur ce résultat. "Tout commence maintenant", peut-on y lire au recto. Au verso, Raphaël Glucksmann appelle les électeurs à le rejoindre "dans ce combat existentiel pour la démocratie et la République". Il devrait enchaîner avec un premier déplacement officiel en fin de semaine, pour continuer à occuper le terrain après une primaire qui lui a offert une caisse de résonance médiatique.
Avant les résultats, ses soutiens misaient sur ce vote interne pour offrir "un petit booster" au candidat, en retard sur Jean-Luc Mélenchon dans la plupart des sondages. "Cette nouvelle dynamique pourrait susciter un afflux supplémentaire vers sa candidature", avance prudemment Diane Lamotte, d'Ipsos-BVA. "Il peut prendre 4 à 5 points [dans les intentions de vote] après cette primaire, on verra le premier sondage. S'il ne les prend pas maintenant, ce sera dur", juge un cadre du PS.
7Renforcer son image de présidentiable après des ratés
Même ses partisans reconnaissent que le candidat Glucksmann n'a pas tout réussi sur le plan de l'image et de la communication. "Le déplacement sur les éoliennes, par exemple, c'était raté de A et Z", rappelle l'un de ses soutiens à propos d'une visite en Charente-Maritime, fin août, alors qu'il venait d'officialiser sa candidature et sa participation à la primaire. Des images de l'eurodéputé avaient immédiatement été tournées en dérision sur les réseaux sociaux. "Il faut qu'on reprenne la main", confiait, mi-septembre, une cheville ouvrière de la campagne.
Ses opposants raillent son supposé manque de charisme, une qualité réputée indispensable dans la bataille présidentielle. La critique a même percé en interne : "C'est un type qui écoute, qui veut progresser, mais qui est un peu perché. Ce qui est un peu injuste, c'est qu'il est bon avec les gens, mais dès qu'il y a des caméras, il récite. Il a conscience qu'il est en apprentissage constant", développe l'un de ses soutiens. "Il faut qu'on se lâche, on doit être iconoclaste, on doit changer nos mots", a défendu Raphaël Glucksmann lundi matin, sur France Inter, comme pour ouvrir une nouvelle séquence dans la manière de s'exprimer, pour lui-même et ses troupes.
8Balayer toute proximité avec le macronisme
L'une des plus grosses tâches de Raphaël Glucksmann durant ces six prochains mois ? Réussir à convaincre qu'il est le candidat de la "rupture avec le macronisme", comme il l'a redit dimanche soir sur France 2. Ses opposants à gauche, à commencer par La France insoumise, lui reprochent précisément l'inverse. "Sa stratégie, c'est d'incarner le renouveau macroniste. En abandonnant les ouvriers, les plus pauvres, les jeunes", avait par exemple fustigé la vice-présidente de l'Assemblée Clémence Guetté, après la diffusion en mai d'une note interne conseillant Raphaël Glucksmann sur l'électorat à cibler.
Les détracteurs du leader de Place publique soulignent la composition de son entourage : Aurélien Rousseau, son conseiller politique, était ministre de la Santé d'Elisabeth Borne en 2023 ; Simon Bernard, coordinateur de sa campagne, conseillait la même Première ministre macroniste ; et Sacha Houlié, qui a aussi rejoint la campagne, était député du parti présidentiel jusqu'en juillet 2024.
Pour contrer cette attaque, le candidat et ses proches peuvent se servir de l'examen des textes budgétaires, cet automne. "Ce budget, en l'état, est inacceptable", a ainsi lancé Raphaël Glucksmann sur France Inter, lundi matin, en prévenant que "si la copie de monsieur Lecornu et du gouvernement ne bouge pas, il y aura censure". "Dix ans de macronisme ont aggravé les inégalités", a renchéri Nicolas Mayer-Rossignol, l'un de ses soutiens, sur Public Sénat(Nouvelle fenêtre).
Raphaël Glucksmann : « Je suis prêt pour le combat qui vient »
La nuit a été courte. Lorsqu’on le retrouve lundi 12 octobre après-midi, les traits tirés, une tasse de café et un Coca Zéro devant lui, Raphaël Glucksmann prépare déjà la suite. Tout juste auréolé de sa large victoire, la veille, à la primaire sociale-démocrate, le candidat veut « enchaîner très vite ». Après avoir esquivé les flèches empoisonnées d’Olivier Faure ou de Ségolène Royal dans un scrutin que beaucoup voyaient comme un piège, le parlementaire européen rêve désormais de bousculer la présidentielle.
Il en est persuadé : en plein effondrement du macronisme, sa gauche, celle qui ne s’acoquine pas avec LFI, « ne joue pas sur les noms juifs dans les meetings » et « ne se prosterne pas devant les tyrans », a, pour la première fois depuis quinze ans, un chemin pour l’emporter. « C’est extrêmement ouvert ! », veut croire son allié l’écologiste Yannick Jadot.
Mais, à n’en pas douter, le plus dur commence. Il faudra à Raphaël Glucksmann, lui, l’intello parisien si souvent accusé de déconnexion, le militant des causes ukrainienne et rwandaise avant le politique, moult rations de caféine pour surmonter les (innombrables) défis qui l’attendent. Sur le plan idéologique, le fils du philosophe André Glucksmann devra rassurer la gauche, sans s’aliéner le centre, mais aussi résister au rouleau compresseur du tango Le Pen-Mélenchon.
Sur le plan stratégique, il aura pour mission de rassembler une famille divisée, alors même que la direction du Parti socialiste ne le tient pas dans son cœur et que François Hollande n’a pas renoncé à ses propres ambitions.« Les vrais ennuis commencent », glisse un élu qui le connaît bien. « Rien ne me fera dévier, je suis prêt au combat qui vient », rétorque Raphaël Glucksmann. Il est l’heure d’enfiler une armure.
Le Point : Qu’allez-vous faire de votre large victoire à la primaire ?
Raphaël Glucksmann : J’ai toujours dit que cette primaire était le moment tant attendu de la clarification et de la refondation. Là où on me parlait d’un « piège », je voyais un tremplin, l’opportunité de trancher et de donner un élan puissant à la gauche démocratique, de la libérer de l’esprit de défaite qui la mine. Le résultat est sans appel. Et ce n’est qu’un début. Maintenant, la bataille de France commence.
Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out.
Le plus dur commence ?
Le plus important commence. Cette campagne présidentielle est la plus importante de la Ve République. L’extrême droite est aux portes du pouvoir. La guerre menace l’Europe. Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out. Partout dominent les sentiments d’impuissance, d’injustice et de colère. Le choix que nous allons faire en 2027 va définir le visage de notre pays – et de notre continent avec lui – pour des décennies. Une élection présidentielle, c’est toujours un moment où le peuple français se redéfinit. Là, il va choisir de sombrer dans le trumpisme et le poutinisme ou de retrouver ce qui fait sa grandeur.
L’identité française sera le débat majeur de cette présidentielle ?
La nation est en proie à un doute profond, et nous éprouvons tous le besoin de renouer avec l’idée d’un destin français, de redonner un sens fort au fait simple et merveilleux d’être français…
Autrement dit, faut-il un nouveau roman national ?
Un récit national. Les élites françaises ont laissé notre pays sans récit, sans horizon, sans cap depuis trop longtemps. Partout, on retrouve une fierté blessée. À l’école, on nous apprend que notre nation a parlé la langue de tous les hommes et éclairé le monde. Et que voit-on autour de nous ? Des services publics qui suffoquent, une société fragmentée, une dette qui explose, des privilèges qui s’ossifient et des inégalités qui se creusent, une voix qui n’est plus écoutée en Europe et dans le monde. Il faut une rupture et un sursaut.
Mes ancêtres ramassaient des bouts de chiffon aux confins de l’Europe orientale, dans la nuit noire de l’oppression et de la misère. Et ils savaient tous qu’il y avait un pays, la France, qui avait proclamé que les hommes naissaient libres et égaux. Nous sommes les héritiers d’une histoire et d’un destin. Et qu’avons-nous fait de ce trésor ? Un des ressorts majeurs du vote pour le RN, c’est cette fierté blessée. Nous allons y répondre.
En France, la saison des programmes a commencé. On peut
s’en réjouir. On a trop connu de campagnes électorales présidentielles
avec des programmes bâclés dans les dernières semaines, et des
présidents élus sans aucune idée de ce qu’ils devraient accomplir,
oubliant immédiatement les rares promesses qu’ils auraient pu faire,
pour gérer au jour le jour l’ivresse de leur pouvoir nouveau, éblouis
par le protocole, fascinés par les rencontres internationales, et
limitant leur exercice du pouvoir interne à des nominations plus ou
moins capricieuses.
Ce que j’écris là peut paraître sévère. C’est pourtant ce qui s’est
passé : depuis le deuxième mandat de François Mitterrand, aucun
président n’a été élu avec l’ambition de conduire des réformes
importantes. Aucun n’en a fait. Même si les trois résidents encore
vivants peuvent inscrire à leur actif quelques actions significatives,
essentiellement dans le domaine social, dans celui des mœurs, de la
flexibilité du travail et de la création d’entreprise.
Cependant, aucune transformation majeure n’a touché l’essentiel et le
pays en souffre. Certes, la France a encore des atouts immenses qui en
font un des pays les plus privilégiés de la planète : une démocratie
qui fonctionne, un État de droit presque parfaitement respecté, une
laïcité si précieuse en ces temps difficiles, un des niveaux de vie les
plus élevés du monde.
Mais, tout cela est en train de se défaire. Nos industries
traditionnelles, de l’aviation à l’automobile, du luxe à l’armement,
voient venir avec angoisse un tsunami chinois. Nos starts-up ont le plus
grand mal à trouver les financements privés dont elles auraient besoin,
faute de retraites par capitalisation. Notre système hospitalier est
chancelant. Notre agriculture vacille. Notre école décline. La mobilité
sociale n’est plus au rendez-vous. Un quart des Français est au bord de
la pauvreté. Des centaines de milliers d’enfants sont abandonnés à l’ASE
et basculent dans la prostitution. Notre balance des paiements est à
peine équilibrée, voire déficitaire ; notre balance commerciale est
incertaine, nous importons désormais plus de produits agricoles que nous
n’en exportons. Malgré toutes les promesses, le déficit public ne
descend pas au-dessous de 5% ; la dette publique atteint les 3500
milliards, soit 115% du PIB et on ne dira jamais assez qu’elle est
désormais hors de contrôle.
Non pas que la France puisse être mise en défaut (elle a une capacité
à lever l’impôt, et une épargne nationale qui suffisent à rassurer tous
les prêteurs), mais parce que le coût du service de la dette va
maintenant grignoter toutes les marges de manœuvre.
Vraisemblablement, les élections de 2027 se dérouleront dans le même
aveuglement que les précédentes, car j’en reste à une constatation
simple : toutes les dépenses publiques paient des salaires, des
retraites et des revenus pour les détenteurs de marchés publics ; elles
sont toutes des revenus pour des habitants du pays et d’abord pour les
électeurs et leurs familles. Et comme elles représentent 58% du PIB, il
n’est pas déraisonnable de penser que plus de la moitié des électeurs
vivent des dépenses publiques.
On ne peut pas s’attendre à ce qu’ils votent contre leurs intérêts.
Pas plus en 2027 qu’avant, ils ne feront rien pour réduire leurs revenus
par leurs votes, quel que soit le parti qui aura leur faveur.
La dette publique continuera d’augmenter. Et les mâchoires du piège
se refermeront sur la France : Si le PIB augmente de 2,5% et si le taux
d’intérêt reste de 4%, la dette publique atteindra 5 580 Md€ en 2035 et
la charge annuelle d’intérêts bondira de 65 Md€ à 223 Md€. Si le taux
d’intérêt atteint 6%, le stock de dette dépassera les 6 000 Md€ en 2035,
et la charge annuelle d’intérêts atteindra 360 Md€, soit plus de 4 fois
le budget de l’Éducation nationale, plus de 7 fois celui de la Défense
et 20 % du PIB français actuel. La part des dépenses publiques dans le
PIB passera de 57,2 % en 2025 à environ 61 % en 2035, essentiellement
par l’explosion des charges d’intérêts. Si la croissance nominale est
plus faible (1 % à 1,5 %, ce qui est plausible avec une inflation basse
et une croissance réelle atone), la part des dépenses pourrait dépasser
67 % du PIB : près des deux tiers des électeurs auront la totalité ou
une partie importante de leur revenu venant des dépenses publiques. Un
niveau totalement inédit en temps de paix pour la France. L’État sera
alors contraint de couper massivement dans les recrutements, les
retraites, les allocations, les investissements pour l’école et les
hôpitaux, ce qu’aucun pouvoir démocratique ne saura faire.
Voilà ce qui nous attend impitoyablement. Car on peut discuter de tout, sauf de l’arithmétique.
Si, en 2027, comme dans toutes les élections présidentielles depuis
1981, la campagne présidentielle ne prend pas en compte très
sérieusement ces enjeux, si le président élu ne propose aucune réforme
de structure, si, comme dans toutes les élections présidentielles depuis
1974, il ne fait pas de la réduction des dépenses publiques un objectif
central, et s’il ne se préoccupe que de l’intérêt immédiat de ses
électeurs, la France sombrera.
Les réformes nécessaires sont claires : réduire massivement les
retraites les plus élevées, à la fois en montant et en durée du travail.
Mettre en place une retraite complémentaire significative par
capitalisation et utiliser l’épargne ainsi captée pour investir dans les
entreprises de pointe. Réduire significativement les diverses strates
administratives. Concentrer les allocations sur les plus défavorisés. En
finir avec le tiers payant généralisé et avec la gratuité de tout et
n’importe quoi, qui ne profitent qu’aux riches. Augmenter les impôts
indirects, et d’abord la TVA, et réduire les impôts directs de tous,
sauf ceux des plus privilégiés.
Les Français seront-ils assez sages pour élire quelqu’un qui leur promettra des moments difficiles ?
Jacques Attali
Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller
d’État. Conseiller spécial du Président de la République François
Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions
internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.
Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à
l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits
en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express.
Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.
B) - Programme de La France Insoumise pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la démocratie directe
doit s’imposer comme un enjeu clé pour redonner du pouvoir aux
citoyens. Cet article analyse dans quelle mesure le programme de La France insoumise (LFI),
porté dans le cadre d’une éventuelle candidature de Jean-Luc Mélenchon,
permet un réel impact des citoyens dans les décisions politiques, et
évalue la crédibilité de ses engagements.
Où trouver le programme présidentiel 2027 de La France insoumise ?
À ce stade, La France insoumise n’a pas publié de programme présidentiel spécifique pour 2027.
En revanche, une version actualisée de son programme (2025) existe et
sert de base de travail. Elle s’inscrit dans la continuité des
campagnes précédentes, notamment celles de 2017 et 2022.
Ce programme comprend plus de 800 mesures et couvre un large éventail de politiques publiques.
Que peut-on lire sur la démocratie directe dans son programme ?
La France insoumise défend une transformation institutionnelle importante, centrée sur la mise en place d’une 6ᵉ République.
Ce qui est proposé
Réécriture de la Constitution via une assemblée constituante
Participation citoyenne à ce processus constituant
Référendum obligatoire envisagé pour certaines décisions, notamment constitutionnelles
Ces éléments traduisent une volonté de refondation démocratique.
Mais plusieurs limites apparaissent
Absence de RIC constituant (référendum d’initiative citoyenne permettant de modifier la Constitution) dans la version 2025 Pouvoir d’initiative directe des citoyens limité une fois les institutions mises en place Aucune garantie que la future Constitution inclura des outils forts de démocratie directe
En pratique, la logique repose sur un moment fondateur (la
constituante), dont l’issue reste incertaine, plutôt que sur des
mécanismes permanents donnant le pouvoir aux citoyens.
Selon quel calendrier La France insoumise s’engage à appliquer la démocratie directe ?
À ce jour, aucun calendrier précis n’est défini.
Malgré un programme très détaillé, il n’est pas indiqué :
quand la constituante serait lancée ;
dans quels délais les nouvelles institutions seraient mises en place ;
ni quelles mesures seraient prioritaires.
Cette absence de calendrier rend difficile l’évaluation de la
faisabilité et de la priorité réelle de la démocratie directe dans le
projet.
La France insoumise est-elle prête à s’engager sur tous ses biens devant notaire pour respecter cet engagement pour 2027 ?
Aucun engagement contraignant de ce type n’a été formulé par La France insoumise.
Les propositions restent programmatiques :
sans mécanisme de garantie ;
sans engagement personnel contraignant.
Dans un contexte de défiance politique, l’absence de tels dispositifs peut limiter la crédibilité des engagements.
La France insoumise s’est-elle déjà significativement impliquée pour faire avancer la démocratie directe en France ?
La France insoumise a pris certaines initiatives, mais avec des limites importantes.
Ce qui a été fait
Dépôt à deux reprises de propositions de loi visant à instaurer un
RIC constituant (notamment sous l’impulsion de mobilisations citoyennes)
Mais dans les faits :
ces propositions n’ont jamais été inscrites dans leur niche parlementaire (malgré les mobilisations citoyennes en ce sens) ;
elles n’ont donc pas été réellement mises en débat.
Par ailleurs :
la communication du mouvement reste centrée sur la 6ᵉ République ;
les outils concrets de démocratie directe sont peu détaillés.
Cela montre une volonté de transformation institutionnelle, mais sans
stratégie claire pour installer durablement un pouvoir citoyen direct
après la phase constituante.
L’équipe de Solution Démocratique se tient disponible pour interviewer La France insoumise sur ces sujets !
Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?
Découvrez notre comparatif:
Comparatif des candidats et programmes à l’élection présidentielle en France de 2027
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, vous serez confronté à une multitude de programmes et de promesses.
Mais comment savoir lesquels offrent réellement les conditions d’un
changement durable, réaliste, qui s’appuie sur l’expérience des pays
fonctionnant mieux que le notre ? Ce comparatif vous propose de
regarder au-delà des annonces pour vous concentrer sur un critère
souvent sous-estimé : la qualité démocratique des propositions.
C) - Programme du Rassemblement National pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la démocratie directe
doit s’imposee comme un enjeu central pour redonner du pouvoir aux
citoyens. Cet article analyse les positions du Rassemblement national (RN),
dans le cadre d’une éventuelle candidature portée par Marine Le Pen ou
Jordan Bardella, et évalue dans quelle mesure leur projet permet un
véritable contrôle des institutions par les citoyens.
Où trouver le programme présidentiel 2027 du Rassemblement national ?
À ce jour, aucun programme officiel détaillé pour l’élection
présidentielle de 2027 n’a été publié par le Rassemblement national.
Pour analyser sa position, il faut donc s’appuyer sur :
le programme présidentiel 2022 ;
les propositions portées lors des élections législatives 2024 ;
les prises de parole publiques de ses dirigeants
Cela signifie que l’analyse repose sur des éléments indirects, et non sur un projet structuré spécifiquement pour 2027.
Que peut-on lire sur la démocratie directe dans son programme ?
Le Rassemblement national défend depuis plusieurs années l’idée de recourir davantage au référendum, mais dans un cadre limité.
Ce qui est proposé
Mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) législatif
Possibilité de consulter les Français par référendum sur certains sujets
Référendum obligatoire envisagé pour les réformes constitutionnelles
Ces propositions vont dans le sens d’un recours plus fréquent au vote des citoyens.
Mais plusieurs limites importantes apparaissent.
Absence de RIC constituant : les citoyens ne pourraient pas modifier directement la Constitution eux-mêmes.
Modalités floues :
aucun détail précis sur les seuils de déclenchement ;
aucune précision sur les conditions de validation ou de contrôle.
Absence de traduction législative : aucune proposition de loi
structurante déposée ces dernières années pour concrétiser ces mesures
Selon quel calendrier le Rassemblement national s’engage à appliquer la démocratie directe ?
Aucun calendrier précis n’a été communiqué.
Cela signifie :
aucune échéance claire ;
aucune priorisation des mesures ;
aucune garantie de mise en œuvre rapide.
Dans l’analyse politique, l’absence de calendrier est un indicateur
important : elle rend difficile l’évaluation du caractère opérationnel
des propositions.
Le Rassemblement national est-il prêt à s’engager sur tous ses biens devant notaire pour respecter cet engagement pour 2027 ?
À ce jour, aucun engagement public de ce type n’a été formulé par le Rassemblement national ou ses représentants.
Concrètement :
aucun mécanisme contraignant n’est proposé ;
aucune garantie forte n’est donnée aux citoyens.
Dans un contexte de défiance politique, ce type d’engagement pourrait
pourtant renforcer significativement la crédibilité des propositions.
Le Rassemblement national s’est-il déjà significativement impliqué pour faire avancer la démocratie directe en France ?
Le Rassemblement national évoque régulièrement le référendum dans ses discours, mais son implication concrète reste limitée.
Ce qui existe :
une communication régulière en faveur du recours au référendum ;
une volonté affichée de consulter davantage les citoyens.
Mais dans les faits
aucune proposition de loi pour instaurer un RIC constituant ;
peu d’initiatives parlementaires structurantes sur la démocratie directe ;
absence de stratégie claire pour donner un pouvoir continu aux citoyens.
Cela suggère que la démocratie directe n’est pas aujourd’hui un axe prioritaire structuré du mouvement.
L’équipe de Solution Démocratique se tient
disponible pour interviewer le Rassemblement national sur ces sujets
(comme tous les autres candidats et partis, sans exception) !
D) - Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?
Découvrez notre comparatif:
Comparatif des candidats et programmes à l’élection présidentielle en France de 2027
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, vous serez confronté à une multitude de programmes et de promesses.
Mais comment savoir lesquels offrent réellement les conditions d’un
changement durable, réaliste, qui s’appuie sur l’expérience des pays
fonctionnant mieux que le notre ? Ce comparatif vous propose de
regarder au-delà des annonces pour vous concentrer sur un critère
souvent sous-estimé : la qualité démocratique des propositions.
Pourquoi un comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 ?
Solution Démocratique fait campagne en 2027 pour rendre possible une véritable transition démocratique en France. Avec ce comparateur, nos objectifs sont donc principalement :
d’encourager les Français et Françaises pour qui la démocratie est un thème important de tout programme à aller voter à la présidentielle 2027 (des études montrent
que le fait d’être exposé à certains types de comparateurs augmente le
taux de participation aux élections) ;
aider à identifier les candidats dont le programme et les engagements pris garantissent le plus un vrai changement démocratique positif pour la France ;
inciter les candidats à s’engager sur ce thème.
Il est important selon nous de se focaliser sur l’aspect démocratique des programmes.
C’est en effet l’élément central pour imaginer de vrais changements sur
tous les autres aspects (économiques, environnementaux, sécurité,
etc.).
Source des études mentionnées : Munzert, S., & Ramirez-Ruiz,
S. (2021). Meta-Analysis of the Effects of Voting Advice
Applications. Political Communication, 38(6), 691–706. https://doi.org/10.1080/10584609.2020.1843572
Présidentielle 2027
Fondé
en 2024, Solution Démocratique présentera pour la première fois un
candidat à l’élection présidentielle 2027. La candidate est l’Ardéchoise
et chercheuse en science politique Clara Egger.
3 bonnes raisons de comparer les programme sur leur valeur démocratique
Peut-être que pour vous, ce qui compte le plus, c’est ce que le futur
président va faire pour le pouvoir d’achat, contre la dette, pour
l’environnement ou encore sur l’immigration ou la santé.
Il y a cependant au moins 3 bonnes raisons de choisir la démocratie directe comme principal critère comparatif des programmes. Et cela même pour les personnes qui, peut-être comme vous, ne le placeraient pas spontanément comme critère primordial.
1 – Les promesses n’engagent que ceux qui y croient
Rien n’oblige un président de la République à tenir ses promesses de campagne. Ceci est particulièrement vrai lorsque ces promesses :
sont nombreuses : il est alors facile de mettre en avant celles honorées et de mettre les autres sous le tapis.
Impliquent pour être réalisées d’autres représentants que le président de la République.
C’est pourquoi il est bon pour les citoyens de pouvoir rectifier le tir en cas de promesses non tenues.
2 – La démocratie directe pour mieux s’adapter aux imprévus
En 5 ans, il peut s’en passer des choses. Admettons que le Président
tente d’appliquer à la lettre ce qu’il s’est engagé à faire dans son
programme, dans tous les domaines. Ce dès son entrée au pouvoir. Mais il
va être confronté à plusieurs problèmes :
il n’aura pas forcément l’appui d’assez d’autres parlementaires
(députés et sénateurs) pour mettre en place tout ce qu’il souhaite ;
certaines choses qu’il voulait mettre en place vont s’avérer inefficaces ou ne pas produire les effets escomptés ;
d’autres priorités vont apparaître au cours du
mandat à cause d’événements imprévisibles lorsque le programme a été
établi (comme l’épidémie à la Covid-19).
Il va alors falloir qu’il redéfinisse des priorités en cours de mandat,
qu’il abandonne certains projets au profit d’autres. Malheureusement,
il ne peut pas avoir une expertise dans tous les domaines. Il va donc
peut-être rechercher l’expertise de quelques personnes afin d’élaborer
de nouveaux plans.
S’il a mis en place dès son entrée au pouvoir des modalités de fonctionnement beaucoup plus démocratiques, les choses se passeront bien autrement.
Ce sont les citoyens, les élus locaux, les experts, les personnes
engagées dans la vie associative qui vont directement suggérer de
nouveaux projets plus pertinents (via l’initiative citoyenne). La
pertinence de ces projets sera évaluée non pas par quelques
représentants, mais par un grand nombre de citoyens (via un RIC). Cela augmente les choses que des projets plus pertinents voient le jour.
Des modalités de fonctionnement plus démocratiques incitent également les élus à :
mieux respecter leurs programmes, leurs engagements ;
prendre de meilleurs décisions puisqu’ils ont plus peur des réactions des citoyens.
3 – Des indicateurs objectifs existent
Le fonctionnement plus ou moins démocratique d’un pays est quelque chose de bien étudié en sciences politiques. Il est possible de trouver des critères pour comparer des programmes par rapport au cadre démocratique qu’ils proposent.
Comment réalisons-nous ce comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 ?
Nous suivons une méthode rigoureuse pour établir et mettre à jour ce comparatif de programmes pour la présidentielle 2027. Nous vous l’indiquons pour que vous puissiez vous faire votre propre avis sur sa qualité.
Identification de tous les candidats qui se sont déclarés comme se présentant à l’élection présidentielle et qui sont listés sur la page Wikipédia dédiée (ou annonce publique dans des médias nationaux ou la presse quotidienne régionale), ou pressentis.
Recherche du programme de chaque candidat. Le
moteur de recherche Google est utilisé avec les mots clés suivant :
« programme + prénom/nom du candidat ou nom du parti + présidentielle
2027 ». Consultation des 10 premières pages de résultat Google pour
trouver la plus pertinente.
Exploration de la principale page synthétique du programme. Les mots démocratie, pouvoir ou référendum d’initiative citoyenne (RIC) sont-ils utilisés ?
Si oui, un RIC est-il proposé ? Pour répondre à
cette question, nous explorons toute la documentation accessible par
internet relative au programme du candidat. Même chose pour établir s’il
s’agit d’un RIC constituant (permettant
de modifier la Constitution française), et s’il est obligatoire
d’organiser un référendum pour toute modification de la Constitution.
Idéalement, une proposition de loi constitutionnelle rédigée doit être
disponible, car le diable est dans les détails.
Enfin, quelle est la crédibilité du candidat ? Quel
degré de certitude peut-on avoir pour qu’il tienne ses engagements ?
Est-il prêt à s’engager sur ses biens pour appliquer son programme et respecter ses promesses de campagne ?
Notre comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 à jour
Abonnez-vous à notre newsletter pour ne rien manquer de nos mises à jour ! Nous interviewons également sur le sujet de la démocratie tous les candidats à l’élection présidentielle 2027 en direct sur YouTube tous les dimanches soirs 20h30 (rediffusion dès le lendemain sur Spotify, Apple Podcast, YouTube).
Clara Egger était la candidate d’Espoir RIC en 2022, le mouvement
citoyen dont est originaire Solution Démocratique. C’est notre candidate
pressentie pour 2027.
Elle est prête à s’engager sur tous ses biens devant notaire à suivre
à la lettre notre calendrier si elle obtient les 500 parrainages pour
accéder au premier tour de la présidentielle.
Depuis 2019, elle écrit des ouvrages et intervient dans de nombreux
médias pour promouvoir l’instauration du RIC constituant en France.
François Asselineau 2027 (Union populaire républicaine, UPR)
Malgré nos nombreuses prises de contact ces dernières années, M. Asselineau a jusqu’à présent toujours refusé :
de relayer les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire et le RIC constituant ;
de débattre avec nos experts Clara Egger ou Raul Magni Berton.
Dans le programme de 2022 le RIC est relégué à la 32ème place. Il n’y
est pas précisé si les Français auront l’initiative citoyenne sur la
constitution, et le droit de voter par référendum toute modification de
cette dernière.
Clémentine Autain a signé une des 2 propositions de loi pour le RIC
constituant déposée par le député LFI Jean-François Coulomme suite à
notre lobbying citoyen (n°1900), la dernière en date étant la n°722, non signée par Mme Autain (ici).
M. Bertrand, député sous 4 légilatures puis ministre, n’a jamais
proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC
constituant.
En 2019, il s’est prononcé contre certaines formes de RIC et pour le
maintien d’un RIP avec un seuil abaissé de signatures (mais en
conservant un seuil de signataires parlementaires nécessaires) (source :
France 24).
Son programme sur le site de son parti Nous France n’évoque l’importe la souveraineté populaire, la démocratie directe.
Nicolas Dupont-Aignan 2027 (Debout la France, DLF)
M. Dupont-Aignan a cosigné la proposition de loi pour le RIC constituant n°4516
déposée en 2021 par Jean Lassalle mais n’a pas soutenu la PPL n°1900
pour le RIC constituant déposée par Jean-François Coulomme en 2021 alors
que M. Dupont-Aignant était encore député.
Dans son programme actualisé pour 2027, il évoque :
Mention du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) Référendum obligatoire pour les révisions constitutionnelles Proposition de RIC Constituant non publiée Calendrier de mise en place non publié
En période électorale, suite au lobbying de nos militants, il s’est
prononcé favorable au RIC constituant. Il n’a cependant jamais relayé
auprès de son audience les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée
nationale sur le RIC constituant, malgré nos sollicitations.
Mme Le Pen s’est à notre connaissance toujours prononcée contre le
RIC constituant, promouvant uniquement le RIC législatif (voir par
exemple cet article de CNews
de 2022). Le RN avait a son programme des législatives 2024 le
référendum obligatoire pour la constitution, mais n’a jamais déposé de
proposition de loi à ce sujet.
À notre connaissance M. Lisnard ne s’est jamais investi ou prononcé
favorablement ou non en faveur du RIC constituant ou du référendum
obligatoire pour la Constitution. Il promeut en revanche le deuxième axe
du programme de Solution Démocratique, la décentralisation par le bas où subsidiarité ascendante (voir par exemple ici), bien qu’il n’ait pas proposé dans son programme une proposition de loi précise et un calendrier définit de mise en place.
M. Philippe, député sous une législature puis ministre, n’a jamais
proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC
constituant.
À notre connaissance il s’est toujours prononcé contre le référendum
d’initiative citoyenne, privilégiant le RIP (voir par exemple sur Europe 1 ou Le Monde).
François Ruffin a signé une des 2 propositions de loi pour le RIC
constituant déposée par le député LFI Jean-François Coulomme suite à
notre lobbying citoyen (n°1900), la dernière en date étant la n°722, non signée par M. Ruffin (ici).
Il n’a cependant à notre connaissance jamais partagé dans ses réseaux
les pétitions enregistrées sur le site de l’Assemblée nationale pour le
RIC constituant et le référendum obligatoire.
Le programme de Picardit (ici) mentionne de façon vague
le RIC et la souveraineté populaire mais sans s’engager de manière
précise et concrète sur le sujet (proposition de loi, référendum
obligatoire pour toute modification de la constitution, initiative
citoyenne y compris pour modifier la constitution).
M. Wauquiez n’a pas cosigné la proposition de loi pour le RIC
constituant n°722 déposée par Jean-François Coulomme en 2024 alors que
M. Wauquiez était député.
À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.
En 2018, au cours des mouvements des Gilets-Jaunes :
A droite, le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, s’est dit « favorable » au référendum d’initiative citoyenne, sur « des grands sujets », afin d’« équilibrer notre démocratie représentative », mais cette mesure devra être « encadré[e] », a-t-il précisé sur LCI mardi, tout en rappelant que le référendum est « une tradition de la Ve République ». (source)
En 2019, il affirme :
Je pense que la démocratie directe peut amener beaucoup de violence. (source)
En 2026 :
Bruno Retailleau, qui fait partie des défenseurs d’une telle réforme,
a indiqué, il y a quelques jours, vouloir consulter les Français pour «
réduire drastiquement l’immigration, engager une véritable révolution
de notre justice pénale, et redonner la primauté à notre droit national
». (source)
Au regard de ces déclarations, la position de Bruno Retailleau
apparaît la suivante : il accepte le référendum à condition qu’il reste contrôlé et limité à certains sujets définis par le pouvoir.
Sa méfiance exprimée en 2019 montre qu’il ne considère pas la
démocratie directe comme un pilier du système politique, mais plutôt
comme un outil à manier avec prudence. Enfin, ses propositions récentes
confirment une logique de consultation descendante, où l’initiative reste gouvernementale.
En résumé, il défend davantage un référendum d’encadrement politique qu’une véritable initiative citoyenne autonome.
Son programme propose des RIC sans qu’aucune proposition de loi ne
soit formulée. Il n’est pas dit que seuls les citoyens pourront modifier
la Constitution par référendum.
De plus :
p70 de « Comment fabriquer une guillotine », Juan Branco s’accorde
le droit de mettre un véto présidentiel sur chaque référendum ;
p8 de « Le Projet » en petit et bas de page, il est écrit « ou en cas de mise en jeu de son véto ».
Suite à notre lobbying citoyen, Jean Lassalle a déposé en 2021 la proposition de loi pour le RIC constituant n°4516
. Il n’a cependant pas soutenu la PPL n°1900 pour le RIC constituant
déposée par Jean-François Coulomme en 2021 alors que M. Lassalle était
encore député.
Lors de la présidentielle 2022, sous les actions combinées d’Espoir
RIC et de son équipe de campagne, Jean Lassalle inscrit en numéro 1 le
RIC constituant dans son programme juste avant le premier tour. Ces
mêmes actions le conduisent aussi à s’engager chez un notaire à léguer
tous ses biens au cas où il ne respecterait pas son engagement.
M. Lassalle ne s’est pas encore engagé à le refaire potentiellement pour 2027, au cas où il obtiendrait les 500 parrainages.
Il ne propose cependant pas que les citoyens puissent lancer des
référendums : il laisse cette possibilité aux représentants nationaux
uniquement.
De plus, même si le référendum obligatoire figure dans son programme,
il ne prend jamais la parole à ce sujet (ou de manière anecdotique) et
Reconquête (malgré nos sollicitations) n’a jamais relayé notre pétition
enregistrée sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum
obligatoire.
Il ne propose cependant pas que les citoyens puissent lancer des
référendums : il laisse cette possibilité aux représentants nationaux
uniquement.
De plus, même si le référendum obligatoire figure dans son programme,
elle ne prend jamais la parole à ce sujet (ou de manière anecdotique)
et Reconquête (malgré nos sollicitations) n’a jamais relayé notre
pétition enregistrée sur le site de l’Assemblée nationale pour le
référendum obligatoire.
Interviewée par le podcasteur Matthieu Stefani lors de sa campagne
pour l’élection municipale 2026 à Paris, elle évoque l’importance de
s’inspirer du système politique suisse pour l’échelon municipal. Ce
sujet revient cependant très peu dans ses communications publiques
pourtant très régulières.
M. de Villepin a lancé en juin 2025 un nouveau parti politique, La
France humaniste. À notre connaissance, il ne s’est jamais déclaré
favorable à donner aux citoyens français le contrôle de leur système
politique et n’a jamais rien fait en ce sens au cours de ses précédents
mandats.
Mme Tondelier, qui a été députée, n’a jamais proposé ou soutenu de
proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant, bien que
son groupe parlementaire d’appartenance (Les Écologistes) ait déposé une
telle proposition de loi en novembre 2025 (PPL n°2081).
Le groupe parlementaire LFI a déposé à 2 reprises une proposition de
loi visant l’instauration du RIC constituant mais n’a jamais souhaité
faire passer cette proposition de loi dans sa niche parlementaire. Dans
la version 2025 du programme LFI, le référendum obligatoire est inclus,
mais pas l’initiative citoyenne sur la constitution (voir ici).
De plus, aucun calendrier précis d’instauration une fois le candidat au
pouvoir est donné pour les plus de 800 mesures proposées.
Groupe politique s’exprimant peu sur la démocratie directe. Certains
députés ont cosigné une proposition de loi pour le RIC constituant,
d’autres se sont prononcés contre en Commission des lois lors de
l’examen de pétitions.
En 2024, elle déclare dans une tribune souhaiter :
Rendre l’autonomie aux régions, réformer la fiscalité pour les
collectivités, donner du pouvoir aux élus locaux et, surtout, rapprocher
les décisions des citoyens. (source)
Dans son discours d’annonce de candidature sur sa page Facebook, elle insiste particulièrement sur la facette fédérale.
Elle n’a pas formalisé à notre connaissance de texte de loi précis.
Gabriel Attal (Renaissance / Ensemble pour la république)
Depuis que Solution Démocratique existe (2024), le groupe politique
auquel appartient Gabriel Attal est le seul représenté à l’assemblée
n’ayant jamais accepté sur les sujets démocratiques avec nous, malgré
nos multiples sollicitations auprès de députés et sénateurs.
À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC
constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution. En tant
que député, il n’a jamais non plus déposé ou cosigné de proposition de
loi à ce sujet.