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octobre 29, 2026

Qu’est-ce qui mène au populisme violent en Occident ?

Qu’est-ce qui mène au populisme violent ?

 Au-delà de la tentative d’assassinat très médiatisée visant Charlie Kirk, le niveau de violence politique a considérablement augmenté. Qu’est-ce qui pousse la violence politique à devenir « populaire » ? Heureusement, les libertariens ont attiré l’attention sur cette violence, sur la division politique et sur le chaos engendré par l’État ; ils en expliquent également les causes et montrent comment l’école autrichienne d’économie propose des solutions. 


 Cela fait quelque temps que j’aborde la question de la violence politique intérieure, que ce soit dans ce podcast ou lors d’entretiens. Je me suis concentré non pas sur des tentatives d’assassinat spectaculaires, mais sur les affrontements violents, de plus en plus fréquents, entre les citoyens et leur gouvernement. Je peux vous dire que le public n’aime guère entendre parler de guerre ou de violence civile ; c’est un sujet qui plombe l’ambiance. Par ailleurs, les partisans inconditionnels de Trump croient que je m’en prends au président et aux « conservateurs » ; pourtant, je tiens à vous assurer qu’il s’agit d’un problème qui transcende les clivages partisans. Les républicains sont tout autant détestés que les démocrates. La violence politique ne connaît pas de camp politique ! 

 Parallèlement à l’insatisfaction croissante et à la division politique en Amérique, les statistiques révèlent une montée de la violence politique, à des niveaux bien plus élevés qu’on ne pourrait le penser. Tout porte à croire que la violence politique pourrait devenir un enjeu majeur lors des élections de mi-mandat, de l’installation du nouveau Congrès en janvier, et au-delà — autant d’épreuves cruciales pour l’Amérique. Si cette dynamique n’est pas désamorcée, elle pourrait constituer la menace la plus grave jamais pesée sur le mode de vie américain. 

Le professeur Robert A. Pape, du prestigieux département de science politique de l’université de Chicago, vient de publier un ouvrage sur ce sujet : *Our Own Worst Enemies: America in the Age of Violent Populism* (« Nos pires ennemis : l’Amérique à l’ère du populisme violent »). Cet auteur reconnu a travaillé sur des thématiques telles que la stratégie militaire — notamment le rôle de la puissance aérienne —, la sécurité nationale et le terrorisme ; il est toutefois surtout connu pour ses interventions en tant qu’expert invité dans de nombreuses émissions de premier plan, notamment au sujet de la guerre du Golfe. 

Cet article propose un aperçu de cet ouvrage, qui s’appuie en grande partie sur des travaux de science politique empirique démontrant que la violence politique s’est normalisée au sein de la « conscience publique » américaine. Cette évolution idéologique sous-jacente nous amène au concept de « populisme violent » : lorsque la violence politique devient un instrument accepté de la lutte démocratique. J’examinerai ensuite un chapitre en particulier afin d’en dégager les réponses apportées par l’école autrichienne et la pensée libertarienne au dilemme posé ; on y trouve à la fois l’identification de la cause et une solution tout à fait plausible. 

Autrefois, quiconque se réclamait du « libéralisme » — qu’il soit libertarien ou même progressiste — aurait jugé impensable le recours à la violence physique pour atteindre des objectifs politiques. Or, cette pratique est désormais banalisée au sein d’une minorité significative, tant à gauche qu’à droite. Ce phénomène émane, pour une large part, de milieux éduqués, issus des classes moyennes et résidant en banlieue, et non — comme on pourrait le croire — des franges les plus démunies ou les moins instruites de la société, qu’elles soient urbaines ou rurales. Pour ma part, j’ai été consterné de voir des amis de gauche, par ailleurs tout à fait épanouis, prôner le recours à la violence politique. 

 Bien entendu, les facteurs habituels entrent en ligne de compte : évolutions démographiques, minorités, immigration, ainsi que tout un éventail de politiques publiques — protection sociale, politique migratoire, enseignement public, fiscalité, subventions, partis politiques, classe politique, accès aux emplois publics ou aux universités d’État, bouleversements économiques, sans oublier les mécanismes politiques tels que le vote, le redécoupage électoral ou le rôle des tribunaux. Le professeur Pape conclut, preuves à l’appui, que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de violence politique, celle-ci devenant — tant à gauche qu’à droite — une « composante persistante » de la vie politique américaine, de plus en plus largement acceptée.

 Les données de sondages démographiques présentées sont très instructives, tout comme les études de cas examinées. Les deux périodes antérieures de violence politique que nous allons réexaminer sont les années 1920 et les années 1960. 

Le professeur Pape résume le problème par l’expression « légitimité fracturée » et appelle les modérés à rétablir cette légitimité. Pour ma part, j’interprète ce problème comme le résultat d’un basculement idéologique et de l’expansion de l’appareil étatique, amorcés dans les décennies précédant les années 1920 — durant l’ère progressiste et la Première Guerre mondiale. Les progressistes ont protégé leur programme par des amendements constitutionnels et des législations adoptées au niveau des États, leur conférant ainsi une forme de légitimité. Le siècle dernier a été marqué par une croissance incessante de la violence économique exercée par l’État à l’encontre des individus et de leurs biens, par le biais d’impôts, de réglementations, de l’inflation, d’obligations légales, etc. 

Plus significativement encore, le pouvoir présidentiel a connu une croissance exponentielle, entraînant des guerres permanentes, la mainmise du gouvernement fédéral sur l’éducation et les soins de santé, une politique monétaire discrétionnaire, et bien plus encore. Chaque intervention étatique est, par essence, violente. Certes, il existe souvent des bénéficiaires autres que les politiciens, mais il y a, de toute évidence, une multitude de perdants ; et comme l’État ne peut rien produire qu’il n’ait préalablement confisqué, le nombre de perdants excède mécaniquement celui des bénéficiaires — surtout si l’on prend en compte le coût exorbitant de la lourdeur administrative. 

 À mon sens, la légitimité politique en Amérique reposait sur un consensus idéologique selon lequel le gouvernement central devait demeurer restreint — en taille, en pouvoir et en budget — et être limité, voire bridé, par des contraintes constitutionnelles et républicaines. Tel était le consensus qui prévalait à l’époque des « Articles de la Confédération » et de la Convention constitutionnelle. Ce consensus repose sur l’idée que toute activité étatique est, par nature, violente et moralement condamnable ; elle doit donc être juridiquement encadrée. Ceux qui perçoivent la nature coercitive et moralement injustifiable de l’État acceptent néanmoins de composer avec un système républicain et constitutionnel, dans un souci de consensus et de stabilité : le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins. 

 

Des idéologies néfastes, contraires à l’esprit « américain », ont érodé cette idéologie originelle, ce consensus général et la légitimité sur laquelle repose l’État. À tous égards, la taille, l’étendue et le pouvoir de l’État — en particulier de l’État fédéral centralisateur — sont bien plus considérables, englobants et autoritaires qu’avant l’ère progressiste et la guerre hispano-américaine. En effet, il s’immisce plus profondément que jamais dans les finances personnelles et dans les détails de la vie quotidienne ; il exerce une marge de manœuvre et un contrôle accrus, tout en donnant l’impression de ne guère se soucier de représenter les citoyens ou de défendre la Constitution et l’État de droit. Par conséquent, si les libertariens ne cautionnent pas la montée de la violence politique en tant que réponse civile à l’hypertrophie de l’État, ils n’en sont pas pour autant surpris. 

Le professeur Pape évoque deux périodes antérieures de populisme violent — les années 1920 et les années 1960 — dont les caractéristiques historiques s’accordent parfaitement avec une analyse économique. Avant les années 1920, le protectionnisme en faveur de l’industrie américaine a favorisé une immigration massive de catholiques européens, tandis que la Première Guerre mondiale a entraîné d’importants flux migratoires de populations noires du Sud rural vers les centres industriels du Nord. L’élément central de la vague de violence qui a alors surgi fut le second Ku Klux Klan, devenu une force politique puissante et un vecteur de violence populaire dirigée contre les populations noires et les immigrés. 

À l’inverse, la violence populiste des années 1960 était orientée à gauche. Elle résultait d’une combinaison d’émeutes de protestation menées par des populations noires et de manifestations contre la guerre du Vietnam, auxquelles prenaient part des populations blanches. Tout comme les années 1920, cette période fut marquée par un progrès économique notable ; toutefois, selon Pape, la représentation politique n’a pas su suivre l’évolution et les déplacements de la population. Une coquille figure à la page 164, indiquant que les populations noires représentaient 1 % de la population en 1965 ; en réalité, ce chiffre était plus proche de 11 %, alors même que les élus noirs n’occupaient que six sièges au Congrès. 

Il est indéniable que les institutions politiques, quelles qu’elles soient, sont par nature statiques et lentes à évoluer, contrairement au dynamisme rationnel qui caractérise les formes d’organisation et de coopération volontaires au sein du marché. Si l’on peut faire confiance aux marchés libres pour s’autoréguler, la « régulation » étatique des marchés et des structures sociales engendre, de manière quasi systématique, un chaos croissant — que ce soit dans les domaines de la finance, de la santé, de l’éducation ou de la défense nationale. C’est pourquoi le consensus initial a si bien fonctionné de 1790 à 1890 : l’État était restreint et limité, et il parvenait à gérer de manière acceptable les services postaux, l’académie militaire de West Point et la perception des droits de douane.

 Les véritables problèmes des années 1920 et 1960, tout comme le défi majeur auquel nous sommes confrontés aujourd'hui, partagent une cause commune ainsi qu'une cause immédiate — ce qui ne remet nullement en question les mécanismes de science politique mis en avant par le professeur Pape. 

La cause commune réside dans la rupture du consensus initial, entraînant une expansion gouvernementale ininterrompue. Ce phénomène se traduit par une intensification de la coercition étatique sous diverses formes ; chaque modalité crée des gagnants et des perdants, tout en favorisant l'émergence de réactions violentes. La cause immédiate est un élément omniprésent, pourtant ignoré de tous alors qu'il se trouve sous nos yeux : la Réserve fédérale. La création d'une banque centrale en 1913 a constitué la pierre angulaire de la législation de l'ère progressiste — une mesure qui fait d'ailleurs écho au *Manifeste du parti communiste* de Karl Marx. Une banque centrale rend possible toutes sortes d'extensions du pouvoir étatique : financement de guerres, accroissement massif des dépenses publiques, explosion de la dette nationale, et même suppression d'impôts rationnels, bien qu'impopulaires. 

Les années 1920, les années 1960 et la période actuelle correspondent aux phases où la Réserve fédérale a été la plus active et la plus inflationniste. Dans les années 1920, la Fed — tout juste créée — a rapidement accru la masse monétaire pour financer la Première Guerre mondiale, avant de stimuler massivement la monnaie et le crédit tout au long de la décennie. Cela a conduit au krach boursier de 1929, contribuant ainsi à déclencher la Grande Dépression — fruit du progressisme — sous les administrations Hoover et Roosevelt. Les années 1960, marquées par l'apogée de l'économie keynésienne, ont été celles d'une politique budgétaire expansionniste — alliant « canons et beurre » — doublée d'une expansion monétaire. Cette dynamique a provoqué une fuite de l'or, menant finalement le président Nixon à abandonner l'étalon-or de Bretton Woods en 1971. 

 J'ai longuement analysé et débattu de notre situation économique actuelle. À l'instar des deux périodes précédentes, on observe une expansion considérable de la masse monétaire, du crédit et des dépenses publiques. Cette expansion monétaire entraîne une hausse des prix, ainsi qu'une érosion des salaires réels (ajustés à l'inflation). L’expansion du crédit profite aux détenteurs de richesses et d’actifs ; elle constitue une aubaine pour les plus riches. Par ailleurs, l’expansion de l’action publique accroît une violence souvent insidieuse, créant ainsi des gagnants et des perdants. L’inflation monétaire est la cause profonde de la montée de la violence politique. Ce sont là des résultats prévisibles selon la théorie économique — en particulier la théorie des cycles économiques de l’École autrichienne, qui explique l’ensemble des phénomènes fondamentaux comme un mécanisme cohérent et intégré. 

Cette approche nous offre également une solution politique au problème : un programme visant à renouer avec le consensus américain originel, en commençant par le rétablissement d’une monnaie saine.  

Mark Thornton 

 Mark Thornton est chercheur associé principal (« Senior Fellow ») au Mises Institute ; il a occupé la chaire Peterson-Luddy en économie autrichienne de 2021 à 2023. Il anime deux podcasts, *Minor Issues* et *Unanimity*, et est responsable de la rubrique des comptes rendus de lecture au sein du *Quarterly Journal of Austrian Economics*. Parmi ses publications, on peut citer : *The Economics of Prohibition* (1991), *Tariffs, Blockades, and Inflation: The Economics of the Civil War* (2004), *The Quotable Mises* (2005), *The Bastiat Collection* (2007), *An Essay on Economic Theory* (2010), *The Bastiat Reader* (2014) et *The Skyscraper Curse and How Austrian Economists Predicted Every Major Crisis of the Last Century* (2018). [photo haute résolution] Le Dr Thornton a été rédacteur en chef de l’*Austrian Economics Newsletter* et a siégé au comité de rédaction du *Journal of Libertarian Studies* ainsi que de plusieurs autres revues universitaires. Il a enseigné au niveau des cycles supérieurs à l’université d’Auburn et à la Columbus State University. Il a également enseigné l’économie à l’université d’Auburn à Montgomery et à l’université Trinity, au Texas. Mark Thornton a occupé les fonctions de surintendant adjoint des banques et de conseiller économique auprès du gouverneur de l’Alabama, Fob James (1997-1999) ; en 2002, il a reçu le prix de la recherche universitaire (« University Research Award ») à la Columbus State University. Diplômé de l’université St. Bonaventure, il est titulaire d’un doctorat en économie obtenu à l’université d’Auburn. En 2014, il a participé à un débat à l’Oxford Union, où il s’est prononcé contre la « guerre contre la drogue ». Les travaux et les interventions du Dr Thornton ont été relayés dans de nombreux médias, notamment : *American Spectator*, *Barron’s*, *Bloomberg*, *Christian Science Monitor*, *The Economist*, *Forbes*, *Investors’ Business Daily*, *Le Monde*, *New York Post*, *New York Times*, *USA Today*, *Wall Street Journal*, *Economic Times* (Inde), *Financial Times* (Norvège) et *Tejarat-e-Farda* (Iran). Il est également intervenu à de nombreuses reprises sur Russia Today et Press TV. Ses éditoriaux et ses entretiens ont été publiés dans plusieurs journaux régionaux de premier plan, notamment : *Apple Daily* (Hong Kong), *Atlanta Constitution*, *Birmingham News*, *Business Alabama*, *Chicago Sun-Times*, *Houston Chronicle*, *Mobile Press Register*, *Minneapolis-St. Paul Star Tribune*, *Montgomery Advertiser*, *New York Post*, *Orange County Register*, *Richmond Times-Dispatch*, *Tampa Tribune* et *Washington Times*. Ses analyses sont régulièrement publiées dans *Mises Daily* et *Mises Wire*. Il intervient par ailleurs fréquemment dans des émissions et sur des plateformes telles que *Boom-Bust*, RT, *Butler on Business*, *Tom Woods Show*, *Thom Hartmann Show*, *Scott Horton Show*, Press TV et FreedomWorks.

https://mises.org/mises-wire/what-leads-violent-populism 

 

Mark Thornton est un économiste américain qui adhère aux principes de l'école autrichienne d'économie. Il est un grand spécialiste de l'économiste Richard Cantillon, souvent présenté comme un précurseur de l'école autrichienne d'économie. Libéral et scientifique, Mark Thornton fait partie du bureau éditorial du Journal of Libertarian Studies. Il est également membre du réseau de la faculté "FEE" (Foundation for Economic Education).

Il est diplômé de l'université de St Bonaventure en 1982 (BS) et de l'université d'Auburn en 1989 (Ph.D.). Ses thèmes de recherche portent sur les finances publiques, le Droit, la règlementation, la croissance de l'État, l'esclavage et la guerre civile.

Publications

Pour une liste détaillée des œuvres de Mark Thornton, voir Mark Thornton (bibliographie)

Littérature secondaire

Liens externes

 

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Crise sociétale et crise de la monnaie...Conséquences !

A) -  Et si le problème n'était pas ceux qui ne croient plus en la République ?; B) -  Le passé ne peut pas tenir lieu d'avenir; C) -  La France sous tension : Quand la fracture sociale menace la puissance


 

 

L’ultragauche sous la loupe du renseignement : 5 000 militants, des profils multiples et un groupe largement sous-estimé.
 
Selon les services, les violences du 17 octobre ont mobilisé plusieurs cercles, de l’anarcho-autonome organisé aux « jeunes de quartier » attirés par le pillage.
 
Le renseignement territorial et, à Paris, la direction du renseignement de la préfecture de police évaluent à environ 5 000 personnes les effectifs de la mouvance dite d’ultragauche en France. Ils se répartissent entre anarchistes, autonomes, antifascistes et « contestataires sociétaux ».
 
Un cas illustre leur suivi. Le 20 octobre à 6 h 15, Hodei Ciarra Ocampo, 34 ans, a été interpellé au domicile de ses parents, à Bussière-Boffy (Haute-Vienne), près de Limoges. Il est soupçonné d’avoir participé aux saccages et à l’incendie de la mairie limougeaude trois jours plus tôt. Fiché S pour sa proximité avec l’« UG » et proche des Soulèvements de la Terre, il vit en yourte et se revendique de la mouvance anarcho-autonome. Son père, Fernando Ciarra Ramirez, 70 ans, a été condamné en avril pour le sabotage d’antennes 5G ; le renseignement le présente comme historiquement proche de l’ETA.
 
Plusieurs cercles aux logiques distinctes
 
Les services distinguent plusieurs profils. Les anarcho-autonomes, surnommés « totos », font de l’idéologie un mode de vie (squats ou habitats légers). Les antifascistes apparaissent plus « insérés », souvent plus jeunes et étudiants, avec pour priorité la lutte contre l’extrême droite. S’y ajoutent les « contestataires sociétaux violents », emportés par l’ambiance sans engagement militant structuré – un profil déjà observé sous le nom d’« ultrajaunes » pendant les Gilets jaunes. À Paris, la marche vers les lieux de pouvoir relèverait davantage d’une « extrême gauche radicale » plus fluide, mêlant écologistes radicaux, « étudiants politisés » et militants de groupes comme le NPA-R ou Poing levé.
 
À Limoges, le renseignement attribue clairement aux cercles d’ultragauche organisée une part déterminante des événements du 17 octobre. Des tags politiques (« Vive la Commune », « Commune 2026 », « A » anarchiste) ont été relevés dans plusieurs villes touchées. Emmanuel Macron a évoqué le 22 octobre des « actes politiques et même séditieux » conduits par des groupes organisés d’ultragauche « qui visent à faire tomber la République ». La procureure de Paris, Laure Beccuau, avait toutefois nuancé : les militants d’ultragauche n’étaient pas majoritaires parmi les personnes interpellées.
 
Un phénomène sous-estimé
 
La France insoumise n’apparaît pas dans les premiers retours comme impliquée dans les violences. Les services ne surveillent pas les partis politiques : l’interdiction est absolue. « Nous travaillons sur des individus à potentialité violente, pas sur des partis ou des groupements politiques », a indiqué Hugues Bricq, patron de la DRPP.
 
Un groupe a été largement sous-estimé : les « jeunes de quartier ». Attirés principalement par les opportunités de pillage de commerces, ces mineurs et jeunes majeurs ont rejoint les violences « en très très grand nombre, de façon inédite », selon une source au ministère de l’Intérieur. Outre les réseaux sociaux, cette participation aurait été facilitée par des connexions nouvelles avec le milieu étudiant et lycéen. « Tout ça s’est construit notamment grâce au mouvement lycéen-étudiant. Pendant un mois, ils ont eu ce lien », a précisé un haut responsable. Une alliance que personne, place Beauvau, n’avait anticipée. Le Plateau de Millevaches reste, aux yeux du renseignement, un épicentre de la mouvance anarcho-autonome.
 
D’après un article de L’Express paru le 29 octobre 2026. 
 

 

octobre 25, 2026

Crise sociétale et crise de la monnaie...Conséquences !

Sommaire:

A) -  Et si le problème n'était pas ceux qui ne croient plus en la République ?

B) -  Le passé ne peut pas tenir lieu d'avenir

C) -  La France sous tension : Quand la fracture sociale menace la puissance

 


A) - Et si le problème n'était pas ceux qui ne croient plus en la République ? 

Face aux émeutes, chacun semble sommé de choisir son camp. Condamner les violences ou comprendre les colères. Défendre la République ou dénoncer ses manquements. Restaurer l’autorité ou combattre les injustices. Et si cette manière de poser le problème nous empêchait précisément de le penser ?

Il ne s’agit pas de relativiser les violences. Détruire une mairie, une école, une bibliothèque ou un service public, c’est aussi détruire ce dont d’autres ont besoin pour vivre. Mais condamner un acte ne suffit pas à comprendre ce dont il est le symptôme. Et comprendre ne signifie pas excuser. Une question demeure, autrement plus dérangeante, à savoir que se passe-t-il lorsqu’une République qui se veut universelle ne constitue plus, pour une partie de ses citoyens, un monde dans lequel ils peuvent se reconnaître ?

Nous répondons souvent en rappelant les principes républicains que sont la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Comme si leur proclamation devait suffire à leur donner une existence en acte. Mais une liberté que l’on ne peut exercer, une égalité dont on ne fait pas l’expérience, une fraternité que l’on ne rencontre jamais ne risquent-elles pas de devenir des mots auxquels on demande de croire ? La République ne manque peut-être pas de valeurs. Elle manque de situations dans lesquelles ces valeurs deviennent effectivement vivables. Cette contradiction prend une force particulière dans une société où chacun est de plus en plus invité à devenir l’entrepreneur de sa propre existence. Réussir, s’adapter, être performant, se rendre employable, faire les bons choix n’est-ce pas là une rengaine familière de la rationalité néo-libérale. La responsabilité individuelle semble devoir répondre de tout. Mais comment demander à chacun de devenir l’auteur de sa vie lorsque les conditions dans lesquelles il peut agir lui échappent largement ?

Voilà peut-être l’une des contradictions de notre temps. Nous proclamons l’émancipation tout en organisant plutôt l’adaptation. Nous célébrons l’autonomie tout en réduisant les possibilités de transformer les règles du jeu. Nous demandons aux citoyens d’adhérer à un monde commun sans toujours leur permettre de contribuer à ce qu’il devient. Et si nous redoutions, au fond, les conséquences de l’émancipation que nous proclamons ? Un sujet qui s’émancipe ne devient pas seulement plus autonome dans le cadre qu’on lui propose. Il peut aussi contester ce cadre et contribuer à le transformer. Dès lors, quelle place accordons-nous, dans nos organisations, dans l’éducation et dans la formation professionnelle, à cette possibilité ? Voulons-nous permettre aux personnes de se former ou seulement les rendre capables de mieux répondre à ce que nous attendons d’elles, en les réduisant à de simples ressources ?

La question n’est donc plus seulement de savoir pourquoi certains ne se reconnaissent plus dans la République. Elle est aussi de savoir ce que nous avons fait de la République pour que cette reconnaissance devienne si difficile. Pourquoi certaines promesses républicaines peinent-elles à devenir des expériences vécues ? Encore faut-il ne pas transformer cette interrogation en nouvelle accusation. Ni les émeutiers, ni les institutions, ni le néolibéralisme ne peuvent tenir lieu, à eux seuls, d’explication universelle. Ce serait remplacer une caricature par une autre. Le véritable enjeu est ailleurs. Il s’agit d’apprendre à poser le problème autrement. J’appelle apprenance cet engagement à ne pas seulement chercher des réponses dans ce que nous savons déjà, mais à accepter que le réel transforme les questions que nous nous posons. Elle prend corps par un concernement, qui ne se réduit pas simplement à être touché, perturbé, inquiet ou indigné, mais incarne ce qui nous arrive, ce à quoi nous sommes confrontés, et met aussi en jeu notre propre manière d’habiter le monde.

Pour celui qui porte un éthos républicain, l’épreuve est considérable. Il ne peut plus se contenter de défendre un idéal dont il se considère le dépositaire. Il lui faut accepter que cet idéal soit mis au travail par l’expérience de ceux qui ne le vivent pas comme lui. C’est ici que pourrait naître une riposte créative. Non pas riposter aux émeutes par un discours de plus en s’enfermant dans des stratégies défensives. Non pas inventer une nouvelle méthode de persuasion sous couvert de leadership pour obtenir l’adhésion. Mais sortir des oppositions qui nous condamnent à répéter les mêmes réponses.

La philosophie de Hegel nous aide à nommer cette exigence car un universel qui demeure extérieur aux existences particulières reste abstrait. Il ne devient concret qu’à travers les médiations qui donnent à la liberté une réalité vécue. La République ne devient pas universelle parce qu’elle parle au nom de tous. Elle le devient dans la mesure où chacun peut effectivement prendre part au monde qu’elle institue. Ne pas exiger d’abord que les autres se reconnaissent dans le monde que nous leur présentons, mais nous demander avec eux ce qui pourrait le rendre habitable, c’est peut-être cela, aujourd’hui, habiter la République. Il ne s’agit pas de renoncer à l’Universel républicain. Il s’agit de cesser de croire que nous le possédons et qu’il s’imposerait de lui-même. Cette prétention à maîtriser le comportement d’autrui par le seul énoncé du prescrit, rappelle ce que Friedberg désigne comme « l’hubris des dirigeants ». La conviction d’agir au nom de tous ne nous dispense jamais d’interroger ce que vivent ceux au nom desquels nous prétendons agir.

Dès lors, une question s’adresse à tous ceux qui exercent une responsabilité politique : suffit-il de demander aux citoyens de respecter les règles du monde commun sans leur permettre de participer à sa transformation ? Reconnaître cette exigence ne signifie ni céder à la violence ni renoncer à l’autorité. Cela suppose une autorité capable d’entendre ce que le réel oppose à ses certitudes, de mettre ses propres réponses à l’épreuve et de rendre possibles d’autres manières d’agir ensemble. La question n’est donc pas de savoir comment former les citoyens à s’adapter à la République telle qu’elle est, mais comment leur permettre de se former en participant à ce qu’elle peut devenir. On ne forme pas les citoyens comme on façonne les membres d’une société conforme à un modèle. On peut, en revanche, créer les conditions dans lesquelles ils se forment, deviennent auteurs de leur existence et contribuent, avec d’autres, à transformer le monde commun.

C’est précisément pourquoi il importe d’ouvrir, comme nous y invite Yves Schwartz, des espaces de débat sur les normes, où celles et ceux qui vivent les situations puissent aussi participer à la définition des règles qui les organisent. C’est là que peuvent prendre forme des pratiques véritablement démocratiques, qui ne réduisent pas les citoyens à être les destinataires de décisions prises en leur nom, mais leur reconnaissent la capacité de contribuer à la construction du monde commun.

La République n’est pas seulement un héritage à transmettre. Elle est un monde dont il faut rendre possible la transformation par ceux qui l’habitent. Et si la fidélité à l’idéal républicain se mesurait finalement à notre capacité de permettre à d’autres d’en devenir les auteurs, sans prétendre en rester les maîtres ? 

Bernard Alix

 enseignant et philosophe clinicien

https://nouvellerevuepolitique.fr/bernard-alix-et-si-le-probleme-netait-pas-ceux-qui-ne-croient-plus-en-la-republique/ 

 

Le passé ne peut pas tenir lieu d'avenir

L’histoire mérite mieux que ceux qui exploitent la rancœur. Je suis né en Algérie, sur les Hauts-Plateaux de Sétif, et je n’ai aucune raison de détourner le regard des pages sombres de notre histoire commune. Le 17 octobre 1961 en fait partie. Ce jour doit être étudié, transmis, assumé, mais je refuse que ce drame devienne une monnaie électorale, une blessure entretenue à dessein, un instrument entre les mains de ceux qui n’ont rien à offrir à la jeunesse, sinon la répétition sans fin des griefs du passé.

Le régime algérien a fait de la mémoire de la colonisation l’un de ses principaux arguments pour se légitimer. Faute de perspectives crédibles, il entretient le ressentiment et transforme l’histoire en procès permanent. En France, La France insoumise suit une autre route vers un but comparable : assigner les citoyens à leurs origines, cultiver les appartenances, fragmenter la communauté nationale à des fins politiques. Dans les deux cas, l’identité devient une frontière, alors que la citoyenneté devrait ouvrir un horizon commun.

La prise de position de David Lisnard sur le 17 octobre 1961 doit être replacée dans ce débat. La vraie question n’est pas de savoir qui saura le mieux convoquer les blessures de l’histoire. Elle est de savoir qui empêchera qu’elles deviennent des instruments de division. Reconnaître les faits historiques n’oblige pas à céder à leur instrumentalisation politique.

Le présent, lui, ne nous attend pas. Précarité, déclassement, services publics qui se dégradent, défiance envers les institutions, tout cela nourrit une colère réelle. Les pillages et les destructions de commerces y ajoutent une injustice de plus, celle qui fait payer aux honnêtes gens les conséquences d’un désordre qu’ils n’ont pas créé. Derrière chaque vitrine brisée, il y a des travailleurs, des familles, parfois une vie entière d’efforts réduite à néant. Aucune explication sociale n’effacera la responsabilité de ceux qui choisissent la violence.

Emmanuel Macron ne peut pas davantage se dérober à son bilan. Après des années au pouvoir, la confiance publique s’est affaiblie, les fractures persistent et l’État donne le sentiment d’être impuissant. C’est un lourd passif. Les déclarations solennelles ne convainquent plus ceux qui estiment que leurs difficultés ne sont ni comprises ni prises en charge. La fonction présidentielle exige plus que des discours : des résultats, une vision, la capacité de rassembler.

Je suis Français par choix et attaché à mes origines algériennes. Je n’ai jamais admis que cette double histoire m’enferme dans une fidélité communautaire ou m’interdise de penser librement. Mon attachement à la France repose précisément sur cette possibilité ― être un citoyen à part entière, juger les pouvoirs, interroger le passé, défendre un universalisme qui ne demande à personne de renoncer à sa dignité, mais refuse de réduire chacun à ses origines.

La mémoire est indispensable quand elle éclaire. Elle devient stérile quand elle dispense les gouvernants de répondre de leurs échecs. Nous devons la vérité historique à ceux qui ont souffert. Nous devons aussi aux générations qui viennent un avenir qui ne soit pas prisonnier de leurs blessures.

Une nation ne se relève pas en administrant indéfiniment ses rancœurs. Elle se relève en donnant à ses citoyens des raisons de croire à un destin commun. C’est à cette exigence qu’il faut confronter les responsables politiques, bien plus qu’à leur talent pour réveiller les fantômes du passé afin de repousser les réponses qu’exige le présent.


 

Kamel Bencheikh est un écrivain et intellectuel franco-algérien dont le parcours mêle engagement, réflexion politique et passion pour la langue française. Après une vingtaine d’années en Algérie, puis un long ancrage en France, il s’est imposé comme une voix universaliste, attachée à la laïcité, à l’émancipation individuelle et à l’exigence républicaine. Auteur entre autres de L’Islamisme ou la crucifixion de l’Occident (éditions Frantz Fanon), chroniqueur

 https://nouvellerevuepolitique.fr/le-passe-ne-peut-pas-tenir-lieu-davenir/

  

C) - La France sous tension : Quand la fracture sociale menace la puissance 

Derrière les violences, un État qui peine à concilier protection sociale, discipline financière et ambitions internationales

Une mairie incendiée, des manifestations qui dégénèrent, un gouvernement qui promet de rétablir l’ordre : la France connaît ces images. Leur répétition ne les rend pas moins graves. À Limoges, l’incendie de l’hôtel de ville, le 17 octobre, a frappé un symbole de la vie collective. Le déplacement de Sébastien Lecornu et les annonces sur la reconstruction et la sécurisation montrent combien l’exécutif mesure la portée politique de cette destruction. Mais réparer un bâtiment sera plus simple que restaurer la confiance. 

La crise française naît de cette distance entre les institutions et une partie de la population. L’État promet l’égalité ; l’expérience quotidienne révèle des écarts dans l’accès à l’école, aux soins, aux transports et à l’emploi. La République conserve son vocabulaire universel, mais sa présence devient inégale selon les territoires.

Réduire cette fracture à l’immigration serait une facilité. La nier au nom de la seule question sociale en serait une autre. Relégation résidentielle, discriminations, précarité et affaiblissement des services publics peuvent se renforcer mutuellement. Aucun de ces mécanismes ne transforme cependant les habitants des quartiers populaires en un bloc homogène, encore moins en une population collectivement responsable des violences.

Le piège budgétaire

Le gouvernement doit répondre à des demandes de protection au moment où il cherche à contenir les dépenses. Pour 2027, il annonce un effort de redressement de 54 milliards d’euros et vise un déficit de 5 % du produit intérieur brut. Le chiffre désigne un effort budgétaire annoncé : il ne faut pas l’assimiler mécaniquement à une diminution équivalente des dépenses effectivement constatées. 

Le problème économique tient à l’enchaînement possible des effets. Une consolidation trop brutale peut réduire la consommation et l’investissement, ralentir l’activité puis affaiblir les recettes fiscales. Le déficit résiste alors aux sacrifices consentis. À l’inverse, repousser indéfiniment les arbitrages peut accroître la charge des intérêts et réduire les moyens disponibles pour les services publics.

Trois trajectoires se dessinent. Un compromis crédible permettrait un ajustement progressif, protégeant les dépenses qui soutiennent la croissance future. Une succession de budgets fragiles prolongerait l’incertitude et l’attentisme des entreprises. Une confrontation durable entre gouvernement, Parlement et rue pourrait enfin transformer la difficulté budgétaire en crise de confiance.

Aucune règle comptable ne dispense donc d’un choix politique : qui contribue, quelles dépenses sont préservées et quels résultats sont attendus ? Une économie acceptée comme juste peut durer. Une restriction perçue comme arbitraire devient un motif supplémentaire de contestation.

L’ordre public ne remplace pas le consentement

L’exécutif a la responsabilité de protéger les personnes, les commerces et les bâtiments publics. Mais sa crédibilité dépend aussi de sa capacité à distinguer manifestants, auteurs de dégradations et groupes organisés recherchant l’affrontement.

Confondre ces catégories facilite les déclarations martiales et complique la sortie de crise. Les revendications disparaissent derrière les incendies ; les violences deviennent le principal sujet du débat ; chaque camp trouve dans les images la confirmation de ce qu’il pensait déjà.

Le renseignement intérieur joue ici un rôle essentiel : identifier les préparatifs violents, comprendre les réseaux et prévenir les attaques. Il ne peut toutefois résoudre une crise de représentation. Une meilleure anticipation policière peut empêcher un incendie. Elle ne suffit pas à rétablir la confiance dans l’école ou dans la répartition de l’effort fiscal.

Une puissance militaire sous contrainte intérieure

La portée stratégique dépasse les affrontements urbains. La France veut conserver une dissuasion nucléaire crédible, des forces conventionnelles disponibles, une industrie d’armement solide et une capacité d’action extérieure. Ces ambitions exigent des financements continus et des engagements industriels de longue durée.

Une crise intérieure prolongée rend ces arbitrages plus difficiles. Le risque militaire serait d’abord progressif : reports de commandes, entretien différé, stocks insuffisants, entraînement comprimé. Une armée peut conserver ses équipements les plus visibles tout en perdant de la disponibilité.

Inversement, présenter chaque dépense militaire comme une somme retirée à l’école serait trompeur. La défense soutient aussi l’emploi, la recherche et des compétences industrielles. La question est celle de la cohérence : quelles missions financer, avec quels moyens et quelle base productive ? La souveraineté se fragilise lorsque les objectifs dépassent durablement les ressources.

Une crise française, une épreuve européenne

Une dégradation durable de la confiance envers la dette française pourrait se transmettre par les banques, les portefeuilles d’obligations et le renchérissement du financement. Elle pèserait aussi sur la capacité européenne à investir dans l’énergie, l’industrie et la défense.

La comparaison avec la Grèce doit pourtant rester prudente. Le poids économique, la structure productive et la place institutionnelle de la France changent l’échelle du problème. Une intervention européenne serait politiquement difficile ; cela ne signifie ni qu’un effondrement soit inévitable ni que tout soutien soit impossible.

Sur le plan géopolitique, une France absorbée par ses conflits internes disposerait de moins de continuité pour négocier et entraîner ses partenaires. Ses concurrents pourraient exploiter cette faiblesse. Cela ne suppose pas que Washington, Moscou et Pékin poursuivent un projet commun : leurs intérêts divergent, même lorsqu’ils tirent avantage des divisions européennes.

Le danger, pour Paris, est de conserver le discours de la puissance tout en réduisant les moyens de l’exercer. La présidentielle pourra redistribuer les responsabilités. Elle ne supprimera ni les contraintes financières ni les fractures territoriales. Le prochain pouvoir devra obtenir ce qui manque aujourd’hui : un consentement suffisamment solide pour rendre les décisions applicables et suffisamment durable pour leur permettre de produire des résultats.

 Giuseppe Gagliano, 

Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)

octobre 20, 2026

L’extrême gauche dans l'histoire, Black-Blocs, Casseurs.....Nombreux liens en interne

Le spectre de 1789

« L’extrême gauche menace de constituer un État dans l’État » : l’analyse d’un historien après les émeutes

ENTRETIEN. Pour Loris Chavanette, spécialiste de la Révolution française, les violences du 17 octobre révèlent une crise de l’autorité de l’État. Il appelle à tirer les leçons de l’histoire.
 
 Dans son dernier ouvrage, Les femmes entrent en révolution (Tallandier), il retraçait les journées d’émeutes des 5 et 6 octobre 1789, au cours desquelles les femmes de Paris étaient allées chercher le couple royal à Versailles afin de le ramener dans la capitale. Quinze jours plus tard, l’Assemblée constituante votera la loi martiale afin d’encadrer les rassemblements jugés séditieux. L’État se doit également d’être fort et de réaffirmer son autorité comme en 1795, estime l’historien.
 
 

Le Point : Samedi, les saccages ont marqué par leur violence. Relèvent-ils d’une histoire propre à la France ?

Loris Chavanette : C’est surtout propre à notre époque et cela fait plus de vingt ans que ça dure. Certes, nous avons une tradition de l’insurrection politique pour renverser un régime : dans ce cas, l’idéologie est le ferment de la révolte. Mais ce à quoi nous assistons aujourd’hui est un déferlement de violence s’apparentant plus à de la sauvagerie qu’à un mouvement révolutionnaire. Nous avons basculé dans l’ère de l’impunité où c’est notre classe politique qui a peur qu’il y ait un seul mort ou ne serait-ce qu’une bavure causée par les forces de l’ordre. Les casseurs, eux, ne craignent ni la justice ni la police ni personne. En ce sens, nos dirigeants sont des faibles doublés de lâches, ce qu’était Louis XVI quand il renonçait à employer la force. Nous payons cette histoire deux fois. 

Beaucoup de lieux représentant l’autorité publique ont été pris pour cible. Est-ce le signe que l’État, dont le pouvoir semble de plus en plus limité, a perdu toute légitimité ?

Un État n’est légitime que s’il assure la sécurité de ses propres citoyens ; tel est l’enseignement de Hobbes. Est-ce que l’État actuel a failli dans ce domaine ? C’est incontestable. Se coagulent plusieurs colères, avec une extrême gauche d’autant plus virulente qu’elle est vaincue dans les urnes. Au lendemain du second tour des présidentielles, la légitimité même des élections sera contestée assurément par Mélenchon, honni pourtant par l’immense majorité silencieuse. Au chaos de nos institutions se mêle celui de la rue. C’est en sortant du guêpier algérien par l’ordre et l’état de siège que la Ve République aura gagné sa légitimité. Il faut regagner celle-ci par l’autorité de l’État et le recours au référendum.

On pourrait penser revenir mutatis mutandis à ces révoltes anciennes qui en appelaient directement au roi, sans contester son autorité, mais les manifestants croient-ils encore que l’État puisse agir pour eux ?

La crise est tellement systémique que personne n’envisage un avenir serein. Nous avons aujourd’hui les inconvénients d’une monarchie républicaine surendettée, dispendieuse, opulente et faible à en mourir. Comment les Français pourraient-ils espérer que le salut vienne des mêmes qui ont précipité et aggravé le déclin du pays ?

La France n’a pas manqué de révoltes, jacqueries, soulèvements en tous genres, mais l’agrégation de composantes hétérogènes et parfois dissociées – étudiants et casseurs politisés – vous paraît-elle nouvelle, même au regard du mouvement des Gilets jaunes ?

En 1789, l’aristocratie libérale, la bourgeoisie robine du Tiers État de même que la masse des ouvriers et paysans se sont unies pour renverser l’absolutisme. Désormais, l’extrême gauche LFIste et les voyous des cités rivalisent de violence pour faire trembler les centres-villes. Ils s’instrumentalisent les uns les autres. Les jeunes des quartiers hurlent au racisme quand un passant ose leur dire que ce n’est pas bien de s’en prendre aux pompiers, tandis que je me souviens avoir entendu des professeurs à la Sorbonne enseigner que les descendants d’immigrés vivant à la périphérie des villes dans des HLM étaient à la marge de notre société comme les roturiers l’étaient en 1789. L’histoire enfante de l’histoire, disait Paul Valéry. Autrement dit, la Révolution française, par exemple, incite à vouloir la rejouer régulièrement.

A-t-on affaire à un détournement de manifestation, au sens où la violence, venue d’ailleurs, prend le pas sur les manifestations légitimes ? 

Les pilleurs ne manifestent pas et beaucoup de manifestants ne pillent pas. Mais les manifestants ouvrent la porte des magasins aux pilleurs à partir du moment où ils maintiennent de telles journées de mobilisation civique en demandant parallèlement que la police ne fasse pas son travail de maintien de l’ordre avec les armes et les moyens à sa disposition. La responsabilité des partis, syndicats et associations mérite d’être posée. Leur légitimité à eux pose problème car ce sont les Français qui payent les dégâts.

Que traduit le débat sur la responsabilité des violences, qui oppose le Premier ministre au dirigeant de LFI ?

Monsieur Mélenchon, qui aime à convoquer la Révolution française, ferait mieux de se rappeler que l’extrême gauche fut éliminée pour sa violence au terme de cette Révolution ; que l’Assemblée constituante, la Législative et la Convention thermidorienne décrétèrent la loi martiale ; que les bourgeois des villes créèrent des milices, la Garde nationale, pour maintenir l’ordre public dans les rues ; que Robespierre et Danton unirent leurs forces pour éliminer les hébertistes et ultra-révolutionnaires, et que le Directoire supprima les clubs politiques et populaires, dont celui des Jacobins, pour éviter un État dans l’État rivalisant avec la légitimité des urnes. Quant à l’abbé Sieyès, qui inaugura la révolution de 1789 avec son pamphlet Qu’est-ce que le Tiers État ?, il fit adopter la loi de grande police, particulièrement répressive à l’égard des attroupements et des cris séditieux.

Ce dernier demandait aux dirigeants et élus de se préparer militairement à combattre les ennemis intérieurs de la République, surtout ceux à l’extrême gauche prônant la révolte : « Vous ne vous montrerez jamais plus grands et plus puissants que lorsque vous irez droit à ce qui vous menace. » Oui, il faut retrouver le génie de l’audace, le goût du courage, le sens de la sûreté de l’État, tout cela en respectant l’État de droit. Car jamais nos constituants ni les pères fondateurs de la République n’ont exclu qu’en cas de péril ou d’atteinte grave à la nation, la réponse pénale puisse être adaptée par des mesures d’exception. Combien de Cassandre ont annoncé ce qui allait arriver ! Combien de temps jusqu’à comprendre que l’extrême gauche menace de constituer un État dans l’État ?

 François-Guillaume Lorrain

https://www.lepoint.fr/histoire/lextreme-gauche-menace-de-constituer-un-etat-dans-letat-lanalyse-dun-historien-apres-les-emeutes-QLKZOQQGBNE6BMZLXTL3ZVCDCM/?

 

 

 

Aux côtés des casseurs des cités, les Black Blocs : Qui sont ces autres acteurs du chaos du 17 octobre ?

Vêtus de noir, visages dissimulés, mobiles et déterminés à affronter les forces de l’ordre, les Black Blocs ont joué un rôle dans les violences qui ont marqué la journée du 17 octobre 2026. Derrière ces groupes sans chef apparent se cache une histoire politique ancienne, issue de l’extrême gauche autonome européenne, et une stratégie de confrontation qui transforme parfois les manifestations en scènes d’émeute. Leur organisation, leurs éventuels financements et leurs relations avec les mouvements politiques radicaux soulèvent des questions majeures. Mais comment combattre une mouvance qui n’existe pas sous la forme d’une organisation unique ? Et jusqu’où l’État peut-il aller pour empêcher la violence sans porter atteinte au droit de manifester ?

Les vitrines fracassées, les barricades incendiées et les attaques contre les policiers du 17 octobre n’ont pas seulement révélé la profondeur de la colère sociale française. Elles ont également remis au premier plan une mouvance dont les méthodes sont connues depuis des décennies : les Black Blocs.

Selon les autorités, des militants anarcho-autonomes, antifascistes et d’ultragauche ont participé aux affrontements, aux côtés de casseurs venus profiter du désordre. À Paris, Le Monde a notamment décrit des groupes organisés attaquant les lignes policières près de la Madeleine. Reuters a rapporté la présence de centaines de participants constitués en Black Blocs autour de la place de la République.

Mais les Black Blocs ne sauraient résumer, à eux seuls, les violences du 17 octobre. D’autres groupes de casseurs et de pillards, notamment des individus issus de certains quartiers populaires et des cités, doivent également être pris en compte dans l’analyse des saccages, des pillages de commerces et des attaques contre les forces de l’ordre. Leurs motivations peuvent être différentes de celles des militants anarcho-autonomes : recherche d’affrontement, opportunisme délinquant ou volonté de profiter du désordre pour piller. Il convient toutefois de distinguer ces profils sans présumer de l’origine des auteurs de chaque violence avant les conclusions des enquêtes. Cette pluralité d’acteurs est essentielle pour comprendre comment une mobilisation sociale peut dégénérer en une succession d’émeutes aux logiques parfois distinctes.

Le gouvernement et les services de police ont également mis en cause l’ultragauche, tandis que les responsabilités politiques faisaient l’objet d’affrontements entre majorité, droite et gauche radicale.

Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise ont soutenu la mobilisation sociale et critiqué la gestion policière. Leurs adversaires les accusent d’entretenir une culture de confrontation avec les institutions. Pour Jordan Bardella, président du RN, LFI pousse à la guerre civile et « Jean-Luc Mélenchon fait du policier un ennemi à abattre ».

A raison. Et au regard des déclarations incendiaires et des appels à la violence, à la révolte, à la sécession de nombreux de ses membres et élus, LFI peut être considéré aujourd’hui comme en grande partie responsable de cette ultra-violence en incitant à l’insurrection. Ne soyons pas naïf, le terrorisme de l’extrême-gauche n’est pas un fantasme. Certains groupes, organisés en véritables milices et gravitant autour de LFI, et dont nombreux membres sont fichés S, s’entraînent même régulièrement à la guérilla. Et pire, comme le rappelle si justement David Lisnard : « Les groupuscules d’extrême gauche sont souvent des petits-bourgeois. Ils vont s’entraîner sur le plateau de Millevaches. Il y a des camps de terroristes d’extrême gauche en France. Tous les 11 novembre, Monsieur Mélenchon y va, ce n’est pas pour rien ! ».

De même, le slogan ACAB, acronyme anglais signifiant « All Cops Are Bastards », circule depuis longtemps dans certaines mouvances radicales hostiles à la police. 

Comment alors une démocratie peut-elle contenir des groupes qui considèrent parfois la violence comme un instrument politique ?

Des squats allemands aux émeutes françaises : L’histoire d’une tactique révolutionnaire

Contrairement à une idée répandue, les Black Blocs ne constituent pas une organisation internationale dotée d’un président, d’un siège social ou d’une carte d’adhérent.

Le terme désigne avant tout une tactique de regroupement militant.

Son origine remonte à Berlin-Ouest, au début des années 1980. Des militants autonomes, issus notamment du mouvement des squats, se regroupent vêtus de noir pour affronter la police. Leur objectif est double : afficher une solidarité collective et compliquer l’identification individuelle.

Cette méthode se diffuse ensuite dans les milieux anarchistes et anticapitalistes européens, puis aux États-Unis. Elle acquiert une visibilité mondiale lors des manifestations contre l’Organisation mondiale du commerce à Seattle, en 1999.

Son fonctionnement repose sur des groupes d’affinité, souvent peu hiérarchisés. Les participants peuvent partager une idéologie libertaire, anarchiste, antifasciste ou anticapitaliste, sans relever d’une structure unique.

Leur rapport à la violence varie. Certains privilégient la confrontation symbolique avec les institutions et les entreprises ; d’autres revendiquent des destructions matérielles ou participent à des attaques contre les forces de l’ordre.

Dans les manifestations françaises, cette tactique a été observée notamment lors des mobilisations contre la loi Travail en 2016, du mouvement des Gilets jaunes et des rassemblements du 1er Mai.

Le 17 octobre 2026 s’inscrit dans cette continuité.

L’une des difficultés rencontrées par les forces de l’ordre tient à la capacité de ces groupes à se mêler à des cortèges pacifiques. Les interventions deviennent alors particulièrement délicates : isoler les auteurs de violences sans exposer les autres manifestants exige du renseignement, de la mobilité et une coordination rigoureuse.

La question d’éventuels militants venus de l’étranger mérite également d’être examinée. Les réseaux anarchistes européens entretiennent historiquement des relations transfrontalières, et certains rassemblements internationaux favorisent leur circulation.

Mais aucun bilan public suffisamment précis ne permet, à ce stade, de quantifier la présence de militants étrangers parmi les auteurs des violences du 17 octobre. La dimension internationale d’une mouvance ne démontre pas, à elle seule, l’existence d’une opération organisée depuis l’étranger.

Qui finance les Black Blocs ? Entre réseaux militants, soupçons et accusations américaines

L’absence d’organisation centrale complique considérablement l’identification des ressources financières des Black Blocs.

Certains militants s’appuient sur des moyens personnels, des collectes, des réseaux de solidarité ou des structures locales. D’autres peuvent bénéficier d’un soutien matériel ponctuel. Mais ces situations ne permettent pas de conclure à l’existence d’une caisse internationale unique finançant les violences.

Aux États-Unis, le débat s’est cristallisé autour de l’antifascisme radical, généralement désigné sous le terme « Antifa ».

Le 22 septembre 2025, Donald Trump a signé un décret présentant Antifa comme une organisation terroriste intérieure et demandant aux agences fédérales d’enquêter sur ses activités illégales ainsi que sur leurs financements.

Cette décision constitue un tournant politique important. Sa portée juridique demeure néanmoins discutée, le droit américain ne prévoyant pas un mécanisme de désignation des organisations terroristes intérieures comparable à celui applicable aux organisations étrangères.

Les accusations visant à juste titre le milliardaire George Soros et ses Open Society Foundations ont également alimenté les controverses américaines.

Il existe une documentation publique sur les financements accordés par ces fondations à des organisations de défense des droits civiques et à des initiatives de la société civile. En revanche, ces financements ne constituent pas une preuve que Soros aurait financé les Black Blocs, Antifa ou des émeutes violentes.

Open Society Foundations conteste ces accusations mais le doute est largement permis…

La question du financement de violences politiques reste légitime. Mais elle exige des éléments précis : bénéficiaires identifiés, transferts financiers documentés, dépenses liées à des infractions et, idéalement, constatations judiciaires.

Une accusation spectaculaire n’est pas une enquête financière.

En France, le même principe doit prévaloir. Les investigations peuvent rechercher d’éventuels soutiens logistiques, des collectes destinées à préparer des violences ou des liens entre individus et structures organisées. Elles ne sauraient cependant transformer automatiquement toute association radicale, tout syndicat contestataire ou tout parti de gauche en financeur d’émeutes.

L’enjeu est de remonter les réseaux lorsqu’ils existent, sans inventer une organisation centrale là où les militants fonctionnent précisément de manière décentralisée.

Interdire, dissoudre, sanctionner : Comment l’État peut-il reprendre l’initiative ?

Face aux violences du 17 octobre, plusieurs pistes reviennent dans le débat public : durcir les sanctions, empêcher les casseurs connus de participer aux manifestations, dissoudre certains groupements ou s’inspirer de la politique américaine envers Antifa.

La France dispose déjà d’un arsenal juridique important.

Le Code pénal réprime notamment les dégradations, les violences contre les forces de l’ordre et la participation à un groupement constitué en vue de préparer des violences ou des destructions. Le fait de dissimuler volontairement son visage dans certaines manifestations peut également être sanctionné.

La loi du 10 avril 2019, souvent appelée « loi anti-casseurs », a renforcé plusieurs dispositifs. Mais le Conseil constitutionnel a censuré la mesure permettant aux préfets de prononcer certaines interdictions individuelles de manifester, jugeant l’atteinte aux libertés insuffisamment proportionnée.

Il serait donc inexact de prétendre que toute la loi anti-casseurs a disparu : plusieurs de ses dispositions demeurent applicables.

Les juridictions peuvent par ailleurs prononcer des interdictions de manifester dans les conditions prévues par la loi. Quant à la dissolution administrative, elle peut viser des associations ou groupements de fait répondant aux critères légaux, notamment lorsqu’ils provoquent à des agissements violents… ou pas. Le problème est que les groupes d’extrême-gauche sont étonnamment et rarement inquiétés… Car notons au passage qu’à contrario, les groupes et mouvements d’ultra-droite ne bénéficient pas du même laxisme et de la même largesse des pouvoirs actuels…

Toute la difficulté réside dans la nature des Black Blocs : on peut dissoudre un groupement identifiable, mais on ne dissout pas une méthode d’action.

La qualification terroriste pose une autre question. En droit français, elle suppose des éléments constitutifs précis, notamment une entreprise individuelle ou collective visant à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur. Or lorsque l’avenir même d’un pays est en jeu, toute violence politique, même grave, peut relever du terrorisme…

Reste enfin l’hypothèse la plus dérangeante : les gouvernements auraient-ils parfois intérêt à laisser prospérer des violences pour discréditer un mouvement social ?

La question a notamment été posée pendant la crise des Gilets jaunes, lorsque certains manifestants ont accusé les autorités de laisser agir les casseurs afin de ternir l’image de leur mobilisation.

Il existe effectivement un effet politique possible : lorsque les images de destructions remplacent les revendications dans le débat public, le gouvernement peut retrouver un terrain plus favorable en se présentant comme le garant de l’ordre.

Mais cet effet ne prouve pas une stratégie délibérée.

Pour établir une instrumentalisation volontaire, il faudrait démontrer des instructions, des décisions conscientes de non-intervention ou une coordination destinée à favoriser les violences. À défaut, plusieurs explications concurrentes demeurent possibles : erreurs de renseignement, effectifs insuffisants, mauvaises anticipations ou arbitrages opérationnels contestables.

Confondre un bénéfice politique éventuel avec une intention secrète reviendrait à remplacer l’analyse par le soupçon.

Le véritable défi est ailleurs.

Les Black Blocs prospèrent dans les failles de la sécurité publique, mais également dans les fractures politiques et sociales qui rendent possibles les confrontations. Leur violence peut détourner une mobilisation de son objet, exposer des manifestants pacifiques et placer les forces de l’ordre dans des situations particulièrement dangereuses.

La République n’a pas besoin de choisir entre le droit de manifester et le droit à la sécurité. Elle doit garantir les deux.

Cela suppose des enquêtes efficaces, des sanctions individualisées, un renseignement adapté, une meilleure prévention des violences et des décisions politiques assumées.

Car si l’État doit savoir résister aux casseurs, il doit également éviter de leur offrir la victoire qu’ils recherchent parfois : transformer chaque manifestation en affrontement général entre la société et ses institutions.

Sources et références

Violences du 17 octobre 2026

Histoire et organisation des Black Blocs

Financement et politique américaine

Droit français

Le Diplomate

 https://lediplomate.media/securite-cotes-casseurs-cites-black-blocs/?


 

 Liens sur le sujet:

https://universite-liberte.blogspot.com/2026/10/emeutes-banlieusardes-et-etudiantes-une.html 

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/10/la-france-vue-de-letranger.html?

 https://universite-liberte.blogspot.com/2015/11/dossier-terrorismes-et-trafic-darmes.html?

 https://universite-liberte.blogspot.com/2019/04/black-blocs-qui-sont-ils-donc.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2019/06/crise-implosion-du-systeme-revolution.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/06/violences-letat-perdu-le-controle.html

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 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/le-melenchonisme-lfiste-une-france.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/02/france-informations-mi-fevrier-2026.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2025/09/le-nazisme-et-le-fascisme-viennent.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-2-la.html

 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/07/les-gauches-antisemites-etude-1-de.html

 

 




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