Affichage des articles dont le libellé est FED. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est FED. Afficher tous les articles

octobre 29, 2026

Qu’est-ce qui mène au populisme violent en Occident ?

Qu’est-ce qui mène au populisme violent ?

 Au-delà de la tentative d’assassinat très médiatisée visant Charlie Kirk, le niveau de violence politique a considérablement augmenté. Qu’est-ce qui pousse la violence politique à devenir « populaire » ? Heureusement, les libertariens ont attiré l’attention sur cette violence, sur la division politique et sur le chaos engendré par l’État ; ils en expliquent également les causes et montrent comment l’école autrichienne d’économie propose des solutions. 


 Cela fait quelque temps que j’aborde la question de la violence politique intérieure, que ce soit dans ce podcast ou lors d’entretiens. Je me suis concentré non pas sur des tentatives d’assassinat spectaculaires, mais sur les affrontements violents, de plus en plus fréquents, entre les citoyens et leur gouvernement. Je peux vous dire que le public n’aime guère entendre parler de guerre ou de violence civile ; c’est un sujet qui plombe l’ambiance. Par ailleurs, les partisans inconditionnels de Trump croient que je m’en prends au président et aux « conservateurs » ; pourtant, je tiens à vous assurer qu’il s’agit d’un problème qui transcende les clivages partisans. Les républicains sont tout autant détestés que les démocrates. La violence politique ne connaît pas de camp politique ! 

 Parallèlement à l’insatisfaction croissante et à la division politique en Amérique, les statistiques révèlent une montée de la violence politique, à des niveaux bien plus élevés qu’on ne pourrait le penser. Tout porte à croire que la violence politique pourrait devenir un enjeu majeur lors des élections de mi-mandat, de l’installation du nouveau Congrès en janvier, et au-delà — autant d’épreuves cruciales pour l’Amérique. Si cette dynamique n’est pas désamorcée, elle pourrait constituer la menace la plus grave jamais pesée sur le mode de vie américain. 

Le professeur Robert A. Pape, du prestigieux département de science politique de l’université de Chicago, vient de publier un ouvrage sur ce sujet : *Our Own Worst Enemies: America in the Age of Violent Populism* (« Nos pires ennemis : l’Amérique à l’ère du populisme violent »). Cet auteur reconnu a travaillé sur des thématiques telles que la stratégie militaire — notamment le rôle de la puissance aérienne —, la sécurité nationale et le terrorisme ; il est toutefois surtout connu pour ses interventions en tant qu’expert invité dans de nombreuses émissions de premier plan, notamment au sujet de la guerre du Golfe. 

Cet article propose un aperçu de cet ouvrage, qui s’appuie en grande partie sur des travaux de science politique empirique démontrant que la violence politique s’est normalisée au sein de la « conscience publique » américaine. Cette évolution idéologique sous-jacente nous amène au concept de « populisme violent » : lorsque la violence politique devient un instrument accepté de la lutte démocratique. J’examinerai ensuite un chapitre en particulier afin d’en dégager les réponses apportées par l’école autrichienne et la pensée libertarienne au dilemme posé ; on y trouve à la fois l’identification de la cause et une solution tout à fait plausible. 

Autrefois, quiconque se réclamait du « libéralisme » — qu’il soit libertarien ou même progressiste — aurait jugé impensable le recours à la violence physique pour atteindre des objectifs politiques. Or, cette pratique est désormais banalisée au sein d’une minorité significative, tant à gauche qu’à droite. Ce phénomène émane, pour une large part, de milieux éduqués, issus des classes moyennes et résidant en banlieue, et non — comme on pourrait le croire — des franges les plus démunies ou les moins instruites de la société, qu’elles soient urbaines ou rurales. Pour ma part, j’ai été consterné de voir des amis de gauche, par ailleurs tout à fait épanouis, prôner le recours à la violence politique. 

 Bien entendu, les facteurs habituels entrent en ligne de compte : évolutions démographiques, minorités, immigration, ainsi que tout un éventail de politiques publiques — protection sociale, politique migratoire, enseignement public, fiscalité, subventions, partis politiques, classe politique, accès aux emplois publics ou aux universités d’État, bouleversements économiques, sans oublier les mécanismes politiques tels que le vote, le redécoupage électoral ou le rôle des tribunaux. Le professeur Pape conclut, preuves à l’appui, que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de violence politique, celle-ci devenant — tant à gauche qu’à droite — une « composante persistante » de la vie politique américaine, de plus en plus largement acceptée.

 Les données de sondages démographiques présentées sont très instructives, tout comme les études de cas examinées. Les deux périodes antérieures de violence politique que nous allons réexaminer sont les années 1920 et les années 1960. 

Le professeur Pape résume le problème par l’expression « légitimité fracturée » et appelle les modérés à rétablir cette légitimité. Pour ma part, j’interprète ce problème comme le résultat d’un basculement idéologique et de l’expansion de l’appareil étatique, amorcés dans les décennies précédant les années 1920 — durant l’ère progressiste et la Première Guerre mondiale. Les progressistes ont protégé leur programme par des amendements constitutionnels et des législations adoptées au niveau des États, leur conférant ainsi une forme de légitimité. Le siècle dernier a été marqué par une croissance incessante de la violence économique exercée par l’État à l’encontre des individus et de leurs biens, par le biais d’impôts, de réglementations, de l’inflation, d’obligations légales, etc. 

Plus significativement encore, le pouvoir présidentiel a connu une croissance exponentielle, entraînant des guerres permanentes, la mainmise du gouvernement fédéral sur l’éducation et les soins de santé, une politique monétaire discrétionnaire, et bien plus encore. Chaque intervention étatique est, par essence, violente. Certes, il existe souvent des bénéficiaires autres que les politiciens, mais il y a, de toute évidence, une multitude de perdants ; et comme l’État ne peut rien produire qu’il n’ait préalablement confisqué, le nombre de perdants excède mécaniquement celui des bénéficiaires — surtout si l’on prend en compte le coût exorbitant de la lourdeur administrative. 

 À mon sens, la légitimité politique en Amérique reposait sur un consensus idéologique selon lequel le gouvernement central devait demeurer restreint — en taille, en pouvoir et en budget — et être limité, voire bridé, par des contraintes constitutionnelles et républicaines. Tel était le consensus qui prévalait à l’époque des « Articles de la Confédération » et de la Convention constitutionnelle. Ce consensus repose sur l’idée que toute activité étatique est, par nature, violente et moralement condamnable ; elle doit donc être juridiquement encadrée. Ceux qui perçoivent la nature coercitive et moralement injustifiable de l’État acceptent néanmoins de composer avec un système républicain et constitutionnel, dans un souci de consensus et de stabilité : le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins. 

 

Des idéologies néfastes, contraires à l’esprit « américain », ont érodé cette idéologie originelle, ce consensus général et la légitimité sur laquelle repose l’État. À tous égards, la taille, l’étendue et le pouvoir de l’État — en particulier de l’État fédéral centralisateur — sont bien plus considérables, englobants et autoritaires qu’avant l’ère progressiste et la guerre hispano-américaine. En effet, il s’immisce plus profondément que jamais dans les finances personnelles et dans les détails de la vie quotidienne ; il exerce une marge de manœuvre et un contrôle accrus, tout en donnant l’impression de ne guère se soucier de représenter les citoyens ou de défendre la Constitution et l’État de droit. Par conséquent, si les libertariens ne cautionnent pas la montée de la violence politique en tant que réponse civile à l’hypertrophie de l’État, ils n’en sont pas pour autant surpris. 

Le professeur Pape évoque deux périodes antérieures de populisme violent — les années 1920 et les années 1960 — dont les caractéristiques historiques s’accordent parfaitement avec une analyse économique. Avant les années 1920, le protectionnisme en faveur de l’industrie américaine a favorisé une immigration massive de catholiques européens, tandis que la Première Guerre mondiale a entraîné d’importants flux migratoires de populations noires du Sud rural vers les centres industriels du Nord. L’élément central de la vague de violence qui a alors surgi fut le second Ku Klux Klan, devenu une force politique puissante et un vecteur de violence populaire dirigée contre les populations noires et les immigrés. 

À l’inverse, la violence populiste des années 1960 était orientée à gauche. Elle résultait d’une combinaison d’émeutes de protestation menées par des populations noires et de manifestations contre la guerre du Vietnam, auxquelles prenaient part des populations blanches. Tout comme les années 1920, cette période fut marquée par un progrès économique notable ; toutefois, selon Pape, la représentation politique n’a pas su suivre l’évolution et les déplacements de la population. Une coquille figure à la page 164, indiquant que les populations noires représentaient 1 % de la population en 1965 ; en réalité, ce chiffre était plus proche de 11 %, alors même que les élus noirs n’occupaient que six sièges au Congrès. 

Il est indéniable que les institutions politiques, quelles qu’elles soient, sont par nature statiques et lentes à évoluer, contrairement au dynamisme rationnel qui caractérise les formes d’organisation et de coopération volontaires au sein du marché. Si l’on peut faire confiance aux marchés libres pour s’autoréguler, la « régulation » étatique des marchés et des structures sociales engendre, de manière quasi systématique, un chaos croissant — que ce soit dans les domaines de la finance, de la santé, de l’éducation ou de la défense nationale. C’est pourquoi le consensus initial a si bien fonctionné de 1790 à 1890 : l’État était restreint et limité, et il parvenait à gérer de manière acceptable les services postaux, l’académie militaire de West Point et la perception des droits de douane.

 Les véritables problèmes des années 1920 et 1960, tout comme le défi majeur auquel nous sommes confrontés aujourd'hui, partagent une cause commune ainsi qu'une cause immédiate — ce qui ne remet nullement en question les mécanismes de science politique mis en avant par le professeur Pape. 

La cause commune réside dans la rupture du consensus initial, entraînant une expansion gouvernementale ininterrompue. Ce phénomène se traduit par une intensification de la coercition étatique sous diverses formes ; chaque modalité crée des gagnants et des perdants, tout en favorisant l'émergence de réactions violentes. La cause immédiate est un élément omniprésent, pourtant ignoré de tous alors qu'il se trouve sous nos yeux : la Réserve fédérale. La création d'une banque centrale en 1913 a constitué la pierre angulaire de la législation de l'ère progressiste — une mesure qui fait d'ailleurs écho au *Manifeste du parti communiste* de Karl Marx. Une banque centrale rend possible toutes sortes d'extensions du pouvoir étatique : financement de guerres, accroissement massif des dépenses publiques, explosion de la dette nationale, et même suppression d'impôts rationnels, bien qu'impopulaires. 

Les années 1920, les années 1960 et la période actuelle correspondent aux phases où la Réserve fédérale a été la plus active et la plus inflationniste. Dans les années 1920, la Fed — tout juste créée — a rapidement accru la masse monétaire pour financer la Première Guerre mondiale, avant de stimuler massivement la monnaie et le crédit tout au long de la décennie. Cela a conduit au krach boursier de 1929, contribuant ainsi à déclencher la Grande Dépression — fruit du progressisme — sous les administrations Hoover et Roosevelt. Les années 1960, marquées par l'apogée de l'économie keynésienne, ont été celles d'une politique budgétaire expansionniste — alliant « canons et beurre » — doublée d'une expansion monétaire. Cette dynamique a provoqué une fuite de l'or, menant finalement le président Nixon à abandonner l'étalon-or de Bretton Woods en 1971. 

 J'ai longuement analysé et débattu de notre situation économique actuelle. À l'instar des deux périodes précédentes, on observe une expansion considérable de la masse monétaire, du crédit et des dépenses publiques. Cette expansion monétaire entraîne une hausse des prix, ainsi qu'une érosion des salaires réels (ajustés à l'inflation). L’expansion du crédit profite aux détenteurs de richesses et d’actifs ; elle constitue une aubaine pour les plus riches. Par ailleurs, l’expansion de l’action publique accroît une violence souvent insidieuse, créant ainsi des gagnants et des perdants. L’inflation monétaire est la cause profonde de la montée de la violence politique. Ce sont là des résultats prévisibles selon la théorie économique — en particulier la théorie des cycles économiques de l’École autrichienne, qui explique l’ensemble des phénomènes fondamentaux comme un mécanisme cohérent et intégré. 

Cette approche nous offre également une solution politique au problème : un programme visant à renouer avec le consensus américain originel, en commençant par le rétablissement d’une monnaie saine.  

Mark Thornton 

 Mark Thornton est chercheur associé principal (« Senior Fellow ») au Mises Institute ; il a occupé la chaire Peterson-Luddy en économie autrichienne de 2021 à 2023. Il anime deux podcasts, *Minor Issues* et *Unanimity*, et est responsable de la rubrique des comptes rendus de lecture au sein du *Quarterly Journal of Austrian Economics*. Parmi ses publications, on peut citer : *The Economics of Prohibition* (1991), *Tariffs, Blockades, and Inflation: The Economics of the Civil War* (2004), *The Quotable Mises* (2005), *The Bastiat Collection* (2007), *An Essay on Economic Theory* (2010), *The Bastiat Reader* (2014) et *The Skyscraper Curse and How Austrian Economists Predicted Every Major Crisis of the Last Century* (2018). [photo haute résolution] Le Dr Thornton a été rédacteur en chef de l’*Austrian Economics Newsletter* et a siégé au comité de rédaction du *Journal of Libertarian Studies* ainsi que de plusieurs autres revues universitaires. Il a enseigné au niveau des cycles supérieurs à l’université d’Auburn et à la Columbus State University. Il a également enseigné l’économie à l’université d’Auburn à Montgomery et à l’université Trinity, au Texas. Mark Thornton a occupé les fonctions de surintendant adjoint des banques et de conseiller économique auprès du gouverneur de l’Alabama, Fob James (1997-1999) ; en 2002, il a reçu le prix de la recherche universitaire (« University Research Award ») à la Columbus State University. Diplômé de l’université St. Bonaventure, il est titulaire d’un doctorat en économie obtenu à l’université d’Auburn. En 2014, il a participé à un débat à l’Oxford Union, où il s’est prononcé contre la « guerre contre la drogue ». Les travaux et les interventions du Dr Thornton ont été relayés dans de nombreux médias, notamment : *American Spectator*, *Barron’s*, *Bloomberg*, *Christian Science Monitor*, *The Economist*, *Forbes*, *Investors’ Business Daily*, *Le Monde*, *New York Post*, *New York Times*, *USA Today*, *Wall Street Journal*, *Economic Times* (Inde), *Financial Times* (Norvège) et *Tejarat-e-Farda* (Iran). Il est également intervenu à de nombreuses reprises sur Russia Today et Press TV. Ses éditoriaux et ses entretiens ont été publiés dans plusieurs journaux régionaux de premier plan, notamment : *Apple Daily* (Hong Kong), *Atlanta Constitution*, *Birmingham News*, *Business Alabama*, *Chicago Sun-Times*, *Houston Chronicle*, *Mobile Press Register*, *Minneapolis-St. Paul Star Tribune*, *Montgomery Advertiser*, *New York Post*, *Orange County Register*, *Richmond Times-Dispatch*, *Tampa Tribune* et *Washington Times*. Ses analyses sont régulièrement publiées dans *Mises Daily* et *Mises Wire*. Il intervient par ailleurs fréquemment dans des émissions et sur des plateformes telles que *Boom-Bust*, RT, *Butler on Business*, *Tom Woods Show*, *Thom Hartmann Show*, *Scott Horton Show*, Press TV et FreedomWorks.

https://mises.org/mises-wire/what-leads-violent-populism 

 

Mark Thornton est un économiste américain qui adhère aux principes de l'école autrichienne d'économie. Il est un grand spécialiste de l'économiste Richard Cantillon, souvent présenté comme un précurseur de l'école autrichienne d'économie. Libéral et scientifique, Mark Thornton fait partie du bureau éditorial du Journal of Libertarian Studies. Il est également membre du réseau de la faculté "FEE" (Foundation for Economic Education).

Il est diplômé de l'université de St Bonaventure en 1982 (BS) et de l'université d'Auburn en 1989 (Ph.D.). Ses thèmes de recherche portent sur les finances publiques, le Droit, la règlementation, la croissance de l'État, l'esclavage et la guerre civile.

Publications

Pour une liste détaillée des œuvres de Mark Thornton, voir Mark Thornton (bibliographie)

Littérature secondaire

Liens externes

 

 Autres liens sur cette violence en occident: 

Le gauchisme, maladie adolescente...Mais formaté, vous en redemandez à en mourir !

Le gauchisme, maladie adolescente ! 1) L’absurdité des postures anticapitalistes; 2) L’injuste procès des énergies fossiles; 3) Les errements de l’agribashing; 4) Un anti-occidentalisme pathologique; 5) Ma tribune contre la gauche et l’extrême gauc

 

Emeutes banlieusardes et étudiantes, une inversion des valeurs; surtout n'abandonnez pas vos enfants à la propagande !

A) -  N’abandonnez pas vos enfants à la propagande !; B) -  Violences policières versus violences anti-policières : Gilets jaunes, émeutes banlieusardes et étudiantes, une inversion des valeurs ?; C) -  La Guerre civile qui vient, ou l’inconduite barbare du mouvement lycéen.; D) -  Les lycéens, petits dindons de la farce égalitaire; E) -  17 octobre : le Grand soir des Tartuffes; F) -Quand la France brûle, vient le temps des boucs émissaires

La France vue de l'étranger ! US; Canada; UK, Suisse; etc....

France, une vision de l'étranger ! 

 

L’extrême gauche dans l'histoire, Black-Blocs, Casseurs.....Nombreux liens en interne

Le spectre de 1789

« L’extrême gauche menace de constituer un État dans l’État » : l’analyse d’un historien après les émeutes

 

David Zini, directeur du Shin Bet à Paris...Sécurité du sang !

RENSEIGNEMENT – Émeutes du 17 octobre : Macron donne des leçons à Israël, mais Paris reçoit le patron du Shin Bet !

 

Crise sociétale et crise de la monnaie...Conséquences !

A) -  Et si le problème n'était pas ceux qui ne croient plus en la République ?; B) -  Le passé ne peut pas tenir lieu d'avenir; C) -  La France sous tension : Quand la fracture sociale menace la puissance


 

 

L’ultragauche sous la loupe du renseignement : 5 000 militants, des profils multiples et un groupe largement sous-estimé.
 
Selon les services, les violences du 17 octobre ont mobilisé plusieurs cercles, de l’anarcho-autonome organisé aux « jeunes de quartier » attirés par le pillage.
 
Le renseignement territorial et, à Paris, la direction du renseignement de la préfecture de police évaluent à environ 5 000 personnes les effectifs de la mouvance dite d’ultragauche en France. Ils se répartissent entre anarchistes, autonomes, antifascistes et « contestataires sociétaux ».
 
Un cas illustre leur suivi. Le 20 octobre à 6 h 15, Hodei Ciarra Ocampo, 34 ans, a été interpellé au domicile de ses parents, à Bussière-Boffy (Haute-Vienne), près de Limoges. Il est soupçonné d’avoir participé aux saccages et à l’incendie de la mairie limougeaude trois jours plus tôt. Fiché S pour sa proximité avec l’« UG » et proche des Soulèvements de la Terre, il vit en yourte et se revendique de la mouvance anarcho-autonome. Son père, Fernando Ciarra Ramirez, 70 ans, a été condamné en avril pour le sabotage d’antennes 5G ; le renseignement le présente comme historiquement proche de l’ETA.
 
Plusieurs cercles aux logiques distinctes
 
Les services distinguent plusieurs profils. Les anarcho-autonomes, surnommés « totos », font de l’idéologie un mode de vie (squats ou habitats légers). Les antifascistes apparaissent plus « insérés », souvent plus jeunes et étudiants, avec pour priorité la lutte contre l’extrême droite. S’y ajoutent les « contestataires sociétaux violents », emportés par l’ambiance sans engagement militant structuré – un profil déjà observé sous le nom d’« ultrajaunes » pendant les Gilets jaunes. À Paris, la marche vers les lieux de pouvoir relèverait davantage d’une « extrême gauche radicale » plus fluide, mêlant écologistes radicaux, « étudiants politisés » et militants de groupes comme le NPA-R ou Poing levé.
 
À Limoges, le renseignement attribue clairement aux cercles d’ultragauche organisée une part déterminante des événements du 17 octobre. Des tags politiques (« Vive la Commune », « Commune 2026 », « A » anarchiste) ont été relevés dans plusieurs villes touchées. Emmanuel Macron a évoqué le 22 octobre des « actes politiques et même séditieux » conduits par des groupes organisés d’ultragauche « qui visent à faire tomber la République ». La procureure de Paris, Laure Beccuau, avait toutefois nuancé : les militants d’ultragauche n’étaient pas majoritaires parmi les personnes interpellées.
 
Un phénomène sous-estimé
 
La France insoumise n’apparaît pas dans les premiers retours comme impliquée dans les violences. Les services ne surveillent pas les partis politiques : l’interdiction est absolue. « Nous travaillons sur des individus à potentialité violente, pas sur des partis ou des groupements politiques », a indiqué Hugues Bricq, patron de la DRPP.
 
Un groupe a été largement sous-estimé : les « jeunes de quartier ». Attirés principalement par les opportunités de pillage de commerces, ces mineurs et jeunes majeurs ont rejoint les violences « en très très grand nombre, de façon inédite », selon une source au ministère de l’Intérieur. Outre les réseaux sociaux, cette participation aurait été facilitée par des connexions nouvelles avec le milieu étudiant et lycéen. « Tout ça s’est construit notamment grâce au mouvement lycéen-étudiant. Pendant un mois, ils ont eu ce lien », a précisé un haut responsable. Une alliance que personne, place Beauvau, n’avait anticipée. Le Plateau de Millevaches reste, aux yeux du renseignement, un épicentre de la mouvance anarcho-autonome.
 
D’après un article de L’Express paru le 29 octobre 2026. 
 

 

août 25, 2026

Dans la mesure où les États-Unis s'affaiblissent, le monde sera apaisé - Peter SCHIFF ! End the FED

Si les États-Unis s'affaiblissent, le monde sera soulagé

Je n'investis pas dans les actions tchèques ; le patron de la banque centrale américaine ment ; et le tout dernier lauréat du prix Nobel d'économie ne comprend rien à l'économie.  

Tout cela a été dit par Peter Schiff, qui avait prédit dans le détail la crise actuelle.


Vous avez été l'un des rares à prédire avec une grande précision la crise actuelle ; les événements se sont déroulés presque exactement comme vous l'aviez annoncé.  

Comment évaluez-vous vos chances d'obtenir un siège au Sénat américain, une candidature que vous envisagez depuis peu ? 

J'y réfléchis encore. Je n'ai pas encore officiellement annoncé ma candidature. La situation sera claire d'ici la fin du mois, ou au plus tard en septembre. Quant à mes chances ? Je l'ignore. Elles sont probablement inférieures à 50 %. Je pense toutefois que ma victoire n'est pas impossible. L'histoire montre que des personnes comme moi peuvent être élues, même si, d'ordinaire, ce genre de profil ne brigue pas ce type de mandat. 

 À qui pensez-vous en particulier ? 

Par exemple à Ron Paul, représentant du Texas. Nous partageons une philosophie économique similaire. Nos positions ne sont pas strictement identiques, mais très proches. 

Êtes-vous favorable à la suppression de la banque centrale américaine ? Ron Paul, lui, l'est... 

 Abolir la Fed du jour au lendemain serait très difficile. 

Par quoi la remplacerions-nous ?  

Certes, sa suppression pourrait être une bonne chose, j'en conviens, mais comment procéder concrètement ?  

Ce serait sans doute très ardu. Il est plus simple de la réformer. 

Comment ? 

En la transformant. En modifiant sa mission. En changeant son mode de fonctionnement pour la rendre moins politique et plus indépendante. Je souhaiterais une Fed qui n'achète pas d'obligations d'État et qui n'imprime pas de monnaie simplement pour colmater les brèches de la dette publique. Je ne veux pas que la banque centrale devienne une machine à générer de l'inflation. Je souhaite également que les taux d'intérêt soient fixés différemment. Il ne devrait pas s'agir d'une décision — ou d'une simple estimation — prise par quelques personnes, mais d'un prix déterminé par le marché. Car les estimations de taux sont souvent mauvaises et réalisées sous pression politique. Cette pression conduit à des taux artificiellement bas, ce qui alimente la formation de bulles spéculatives et déforme l'économie tout entière, comme nous le constatons aujourd'hui. À mon sens, réformer la Fed serait préférable à sa suppression pure et simple. Comme nous disons aux États-Unis, mieux vaut le diable que l'on connaît. Si l'on confiait le pouvoir d'émettre de la monnaie directement au Congrès, la situation économique pourrait finalement s'avérer encore pire. 

Le pire de la crise est-il derrière nous ?  

Les derniers chiffres semblent quelque peu optimistes. L'indice boursier de référence Standard & Poor’s 500 a franchi la barre des mille points, pour la première fois depuis un certain temps. 

Pas du tout, en ce qui concerne l'Amérique : tout ne fait que commencer. Il faut bien comprendre que la Bourse a chuté d'environ 50 % en très peu de temps ; la hausse actuelle était donc, en réalité, prévisible. Pourtant, beaucoup se sont laissé aller à croire à tort que la hausse des marchés boursiers signifiait la fin de la crise. Le marché est à nouveau aveugle. 

À nouveau ? 

N'oublions pas que la récession a débuté en décembre 2007. À peine deux mois auparavant, les indices Standard & Poor’s 500 et Dow Jones avaient atteint des sommets historiques. Le marché donnait l'impression que tout allait pour le mieux, alors même que nous étions au bord de la pire crise depuis la Grande Dépression des années 1930. Les marchés boursiers n'ont donc aucune idée de ce qui se passe réellement. Par conséquent, la hausse actuelle des marchés ne signifie pas que la crise est terminée. La progression de la Bourse ne traduit pas nécessairement une croissance de l'économie.

Le secteur financier (banques, compagnies d'assurance et autres institutions) a-t-il au moins surmonté le pire ? 

Les problèmes de la sphère financière ont peut-être été temporairement écartés, mais au prix de conséquences à long terme bien pires. Les pertes subies par le secteur financier – qui ont conduit plusieurs institutions au bord de la faillite – sont toujours là ; elles ont simplement été socialisées par un transfert vers le bilan de la Réserve fédérale (Fed). En outre, nous avons pris un certain nombre de mesures qui continuent d'affaiblir l'économie. Nous avons tenté d'atténuer la douleur liée à l'impact de la crise, mais, à mon avis, nous avons davantage aggravé la situation que si nous n'étions pas intervenus du tout. Nous avons encore plus éloigné le système économique mondial de son équilibre. Or, c'est ce déséquilibre mondial qui est la cause même de la crise. La crise financière n'était que la manifestation d'une crise économique plus profonde, et celle-ci est loin d'être terminée. Au contraire, elle ne cesse de s'aggraver. 

Que pensez-vous des interventions des responsables politiques ? 

En voulant résoudre la situation, ils ont plongé le pays dans des problèmes encore plus graves. L'argent qui nous a endettés davantage a été utilisé de manière improductive : pour stimuler la consommation et pour accroître les dépenses publiques. Nous ne nous sommes pas endettés pour réaliser des investissements en capital ou pour améliorer les infrastructures. Tout ce que les responsables politiques ont fait au cours de l'année écoulée pour répondre à la crise s'est résumé à creuser davantage la dette. Nous avons fait exactement la même chose avec l'argent emprunté qu'avant la crise : nous l'avons dépensé. Il a servi à financer la consommation, l'appareil d'État et la prime à la casse. Nous continuons donc de sombrer, par notre propre faute malheureusement. Notre situation est pire qu'il y a six mois ou qu'il y a un an, et elle va encore se dégrader. 

Que pensez-vous de la prime à la casse américaine (« Cash for Clunkers ») ? 

C'est encore un exemple de la façon dont nous faisons tout de travers. La dernière chose dont ce pays ait besoin, c'est d'encourager les gens à s'endetter davantage. Or, c'est précisément ce à quoi conduit la prime à la casse. Elle incite des personnes qui ne sont pas endettées à contracter une dette. Le principe est le suivant : vous possédez une voiture, elle est à vous, vous n'avez plus de crédit dessus, vous l'avez déjà « gratuitement » ; on vous paie pour la mettre à la casse, afin que plus personne ne puisse l'utiliser. Ensuite, vous devrez contracter un emprunt pour en acheter une neuve : vous vous endetterez. C'est tout simplement la chose la plus stupide que nous puissions faire. 

En Europe, de nombreux pays mettent également en place des primes à la casse – comme l'Allemagne et le Royaume-Uni, par exemple – et cette mesure sera probablement introduite en République tchèque aussi. 

Eh bien, évidemment. L'Amérique n'a pas le monopole de la stupidité ! Mais pour nous, les conséquences seront plus graves, car l'Allemagne, par exemple, jouit d'une meilleure santé financière. C'est une chose qu'une personne relativement riche agisse de manière insensée, et c'en est une autre qu'un pauvre criblé de dettes perde la raison. L'Allemagne peut tout simplement se permettre de faire des bêtises, car sa situation est meilleure que celle de l'Amérique. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il faille le faire. 

Quelle région sera, au bout du compte, la plus durement touchée par la crise : les États-Unis, l'Union européenne ou l'Asie – la Chine, par exemple ? 

Sans aucun doute, les États-Unis. 

Et comment s'en sortiront les marchés émergents, notamment ceux d'Europe centrale et orientale, et plus particulièrement la République tchèque ? 

Je pense qu'ils s'en sortiront bien mieux ; ils s'en tireront relativement facilement.

Recommandez-vous d'investir en Europe centrale et orientale, notamment en République tchèque et en Pologne ? 

Je n'investis pas beaucoup dans cette région ; je ne la suis pas de très près. Je ne détiens aucune action tchèque. 

Et qu'en est-il des autres régions ? 

Je pense que la vitesse de reprise de l'économie mondiale dépendra avant tout de la rapidité avec laquelle l'économie américaine s'effondrera. Je suis convaincu que le reste du monde croule sous les problèmes principalement parce qu'il soutient l'économie américaine. À long terme, ce soutien étranger constitue le problème majeur, y compris pour les États-Unis eux-mêmes. Les capitaux étrangers permettent à notre situation de continuer à se dégrader. Les investisseurs étrangers continuent d'acheter des obligations du Trésor américain et de soutenir le dollar, permettant ainsi à notre gouvernement de nuire davantage à l'économie. Ils permettent à l'Amérique de s'endetter encore plus et de s'enfoncer dans une insolvabilité potentiellement plus grave, ce qui entraînerait des pertes encore plus lourdes pour le reste du monde. Ils fragilisent notre économie en élargissant la marge de manœuvre de l'administration américaine. 

 Comment inverser la tendance ? 

 Il faudrait affaiblir le gouvernement pour permettre aux entités privées, aux entrepreneurs et aux entreprises de se renforcer. Toutefois, une telle démarche se heurterait actuellement au soutien étranger croissant dont bénéficient les États-Unis. Il faut que les investisseurs étrangers cessent d'acheter des obligations américaines ; malheureusement, il est également nécessaire que le dollar baisse pour refléter la baisse de productivité des travailleurs américains. L'Amérique doit adopter une politique économique capable d'enrayer ce déclin. Le dollar va baisser, mais pas jusqu'à zéro ; l'enjeu est de fixer un plancher. Pour y parvenir, nous devons relever les taux d'intérêt et réduire la taille de l'État, c'est-à-dire faire exactement l'inverse de ce que nous faisons actuellement.

Vous êtes un partisan de ce que l'on appelle l'école autrichienne d'économie. 

Comment en êtes-vous arrivé là ? 

Mon père m'y a initié avant même que j'entre au lycée. Je n'ai donc jamais été endoctriné par le keynésianisme, pas même à l'université de Berkeley, où il était pourtant très enseigné. Le keynésianisme n'a jamais obscurci mon jugement. J'ai compris dès le départ de quoi il s'agissait, ce qui m'a permis d'anticiper bien des choses. Avant la crise, j'analysais tout à travers le prisme de l'école autrichienne ; c'est pourquoi j'ai fait preuve d'une plus grande clairvoyance que les autres. Je disposais de meilleurs outils pour comprendre l'ensemble des événements. Les keynésiens font fausse route sur toute la ligne. 

Quel économiste de l'école autrichienne préférez-vous ? Friedrich von Hayek ou Ludwig von Mises ? 

Oui, ce sont deux grandes figures. Mais il y en a d'autres, comme Murray Rothbard et Henry Hazlitt, ainsi que des partisans de l'école autrichienne issus du monde de l'investissement, tels que Marc Faber ou Jim Rogers (des spécialistes de l'investissement très présents ces derniers temps dans les médias financiers internationaux, note de L.K.). 

Observez-vous un regain d'intérêt pour ce courant économique en raison de la crise ? 

 Oui, beaucoup plus de gens s'y intéressent aujourd'hui. Il suffit de voir la demande pour le livre d'Ayn Rand, *La Grève* (*Atlas Shrugged*) ; bien qu'elle soit objectiviste, elle est proche de l'école autrichienne. L'intérêt grandit à mesure que l'économie décline. Internet offre un excellent moyen de diffuser des idées ; on trouve aussi beaucoup de contenu sur YouTube, où l'on peut voir nombre de mes prédictions. Les gens peuvent ainsi revenir en arrière, voir ce que je disais et comparer avec ce qui s'est réellement passé. Ils se demandent alors : « Pourquoi Schiff avait-il raison alors que les autres avaient tort ? » En cherchant des informations à mon sujet, ils en découvrent beaucoup sur l'école autrichienne. Et ils se disent : « Ce type défend l'école autrichienne et a prédit la crise ; il doit bien y avoir du vrai là-dedans... » 

Le keynésianisme est-il dépassé ? 

Avec le recul, les keynésiens passent pour des imbéciles. Tout le monde voit désormais à quel point ils avaient tort. Récemment, un groupe d'économistes a adressé une lettre à la reine d'Angleterre pour s'excuser de ne pas avoir prédit la crise. Mais s'ils ne l'ont pas prédit, c'est tout simplement parce qu'ils n'y connaissent rien en économie ! Les hypothèses sur lesquelles reposent leurs théories sont erronées : le keynésianisme ne fonctionne tout simplement pas. Et ce n'est pas seulement parce que les théories de Keynes ont été mal appliquées : elles sont, en elles-mêmes, une absurdité totale. 

 Cela me rappelle qu'au début du millénaire, Paul Krugman (figure de proue du keynésianisme et lauréat du prix Nobel l'année dernière, note de L.K.) préconisait de fait de gonfler davantage la bulle immobilière, la présentant comme l'un des meilleurs moyens de sortir du ralentissement économique survenu après l'éclatement de la bulle technologique... 

 À lire ses écrits, Krugman encourageait presque la Fed à gonfler délibérément la bulle immobilière. Krugman ne comprend tout simplement pas l'économie, bien qu'il ait reçu un prix Nobel dans ce domaine. Cela prouve simplement que ceux qui décident de l'attribution de ce prix n'y comprennent rien non plus. Il y a tout simplement beaucoup de fous en économie.

Craignez-vous davantage la déflation ou l'inflation à l'heure actuelle ? 

De nombreux keynésiens mettent en garde contre la déflation. 

C'est parce qu'ils ne comprennent pas ce que sont la déflation et l'inflation. En réalité, il s'agit d'une baisse du volume de la masse monétaire dans le cas de la déflation, et d'une augmentation lorsqu'on parle d'inflation. Nous nous dirigeons vers une inflation véritablement massive. Les prix des biens et services augmenteront encore plus vite que ceux des actions et de l'immobilier. La valeur des actifs baissera donc par rapport aux prix à la consommation. Un environnement inflationniste est principalement dû à la nature de la monnaie actuelle, qui n'est adossée à rien et que les banques centrales peuvent créer littéralement à partir de rien. Comme l'a déclaré Ben Bernanke dans l'un de ses discours, la Fed peut générer de l'inflation à tout moment en imprimant de la monnaie. Toutefois, en termes réels (par exemple, en considérant la quantité d'or que l'on peut acheter avec une somme donnée), je pense que les prix baisseront. Le prix des actifs tels que les actions et l'immobilier diminuera également en termes réels, tout comme celui des biens et services. Ainsi, si vous disposiez actuellement d'une épargne hypothétique en or, les actions, les logements, les biens et les services seraient moins chers pour vous dans deux ou trois ans. En revanche, si vous épargnez en dollars, les biens et services seront nettement plus chers pour vous à cette même échéance. 

Pourquoi ? 

 Parce que la masse monétaire en dollars va augmenter. La quantité d'or croît très lentement, alors que celle de dollars augmente de façon exponentielle. 

Cela peut-il mener à une hyperinflation ?  

C'est une hypothèse qui est même évoquée... 

 C'est absolument le pire scénario possible. Personnellement, je ne m'attends pas à une hyperinflation. 

 Quel taux d'inflation prévoyez-vous alors ? 

Je ne sais pas exactement quel sera ce taux ; aux États-Unis, il se situera autour de vingt ou trente pour cent. Mais l'hyperinflation correspond à une hausse bien plus importante du niveau des prix, comme ce fut le cas sous la République de Weimar ou, actuellement, au Zimbabwe. Cela pourrait également arriver aux États-Unis ; cette possibilité existe toujours. Et cela deviendra une certitude si nous poursuivons la politique actuelle. Mais je crois que nous changerons de cap avant qu'il ne soit trop tard. 

 La Fed dispose-t-elle d'une stratégie potentiellement efficace pour retirer de la circulation, le moment venu, toute la monnaie qui y a été injectée ?  

Non, une telle stratégie n'existe pas. 

Pourtant, Bernanke a récemment affirmé avec conviction (le 21 juillet 2009, note de L.K.), dans un article du *Wall Street Journal*, qu'il disposait d'une stratégie. 

Il n'a rien. Il ment. Le mensonge, voilà sa stratégie. Il a toujours menti sur quelque chose. Souvenez-vous : lorsque les problèmes liés aux prêts hypothécaires à risque ont fait surface, il assurait qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter et que tout était sous contrôle. Soit c'est un parfait imbécile, soit c'est un menteur. Je ne pense pas qu'il soit un imbécile. C'est un homme intelligent ; il a enseigné à Princeton. C'est donc un menteur. Ces prêts hypothécaires à risque... il était évident, même pour moi, qu'il s'agissait d'un problème majeur et que nous courions à la catastrophe, alors que je ne disposais pas de toutes les informations détaillées auxquelles Bernanke avait accès. Il devait le savoir, lui aussi. Par conséquent, il a menti au public.

Pourquoi ? 

Peut-être pense-t-il que mentir est acceptable, que c'est normal. Qu'il est de son devoir de présenter les choses sous un jour favorable. Il sait que la psychologie joue un rôle important sur les marchés. Que s'il déclare aux médias que tout ira pour le mieux, cela finira par se réaliser. Il ne dira donc jamais : « Nous avons mal agi sur ce point. » S'il ment, ce n'est probablement pas par malhonnêteté, mais parce qu'il a conscience de l'importance cruciale de la psychologie des marchés. Il cherche simplement à gagner du temps grâce à ses déclarations rassurantes. Il en va de même pour la politique du dollar fort : elle repose sur le simple fait d'affirmer que nous menons une telle politique. Quant à la stratégie d'injection massive de liquidités, c'est la même chose : elle consiste à dire que nous avons une stratégie. 

Bernanke devrait-il être reconduit à la tête de la Fed ? 

Non, absolument pas. 

Qui devrait alors lui succéder ? 

Moi, bien sûr ! (Rires.) Mais plus sérieusement : je ne sais pas qui ils vont nommer. Peut-être que Paul Volcker (président de la Fed de 1979 à 1987, note de L.K.) pourrait revenir ; il fait actuellement partie de l'administration Obama. 

Vous aviez remarquablement prédit la crise actuelle. Toutefois, certains commentateurs, comme Mike Shedlock, soulignent que depuis lors, vous avez formulé une douzaine de prédictions majeures qui ne se sont pas réalisées. De plus, les clients de votre société d'investissement ont dû essuyer des pertes allant jusqu'à 70 % l'année dernière. 

Eh bien, Mike Shedlock cherchait simplement à se faire de la publicité pour sa petite société d'investissement. Oui, Euro Pacific Capital compte de nombreux clients – environ quinze mille comptes clients. Certains ont-ils enregistré une baisse de 70 % l'année dernière ?  

Oui, c'est exact. Regardez la Bourse chinoise : elle a également chuté de 70 % l'an dernier. Quiconque y a investi massivement a subi des pertes similaires. Mais cette année est à nouveau exceptionnelle. La plupart de nos clients ont déjà vu leur capital doubler, ou s'en rapprochent ; certains ont même triplé leur mise, voire plus. Nous investissons beaucoup en Chine. 

Pour quelle raison ? 

Prenons l'exemple de Hong Kong. Au cours des six dernières années, la bourse locale a enregistré une croissance annuelle moyenne de 30 %, même en tenant compte de la chute de 70 % survenue l'an dernier. Sur la même période, les marchés américains ont affiché un rendement annuel d'environ 3 %. Ainsi, sur ces six années, le rendement des investissements en Asie a été dix fois supérieur à celui des investissements aux États-Unis. Pourtant, des observateurs comme Shedlock se focalisent uniquement sur cette année-là et insistent sur les pertes subies. Que recommandait Shedlock à ses propres clients ? D'acheter des obligations d'État. Or, c'est précisément la pire année pour ce type d'actifs ! 

Que conseillez-vous à vos clients ? 

De diversifier leurs placements : surtout, ne pas tout miser sur une seule carte, ne pas se cantonner au dollar, mais acheter des devises et des actions étrangères ainsi que des métaux précieux. Quiconque a suivi une telle recommandation — qu'elle vienne de moi ou d'un autre — a connu une période très fructueuse entre 2000 et 2007 ; certes, ces investisseurs ont aussi traversé une année 2008 difficile — je ne le nie pas — mais ils connaissent aujourd'hui une nouvelle période exceptionnelle. Ceux qui ont suivi mes conseils et investi à l'étranger cette année s'en sortent bien mieux que ceux qui ont investi aux États-Unis. Il n'y a qu'en 2008 qu'il valait mieux rester sur son « marché intérieur », mais ce fut la seule année de ce genre au cours de la dernière décennie.

D'accord, mais vous avez forcément eu tort à un moment donné. 

 L'année dernière, je me suis surtout trompé concernant la forte appréciation du dollar. C'est l'une des principales raisons pour lesquelles mes clients ont enregistré des pertes en 2008. Mais le dollar a depuis reperdu la moitié de ce qu'il avait gagné à l'époque. Je pense que d'ici la fin de l'année, le dollar sera encore plus bas que son plus bas niveau de l'an dernier. Les pertes liées aux investissements en devises étrangères, constatées par certains de mes clients, se transformeront ainsi en bénéfices. J'estime que 90 % de mes clients ayant obtenu de mauvais résultats l'année dernière s'en sortiront mieux cette année. Et pour beaucoup d'entre eux, de manière significative. 

Comme vous l'avez dit, vous misez beaucoup sur l'Asie. Certains soutiennent que le boom asiatique, en particulier en Chine, est alimenté par l'inflation de la masse monétaire et du crédit plutôt que par la productivité croissante des entreprises. 

 Oui, la masse monétaire en Chine augmente, en raison de l'arrimage imprudent de la monnaie chinoise au dollar ; les Chinois importent notre politique financière à contrecœur. Mais le fait est que, malgré les manœuvres insensées du gouvernement chinois, les Chinois travaillent dur, sont productifs et épargnent ; autrement dit, ils agissent correctement. Le dynamisme du marché local l'emportera sur les excès commis par Pékin. 

 Et les « camarades » finiront-ils par voir clair ? 

Je pense qu'en fin de compte, le gouvernement s'en rendra compte et abandonnera sa politique monétaire peu judicieuse, notamment cet arrimage au dollar. L'environnement économique de toute la région Asie du Sud-Est deviendra alors très favorable. Comme au Japon. Les entreprises fournissant des matières premières, les sociétés d'extraction, etc., s'en sortiront bien. 

Cela semble presque exagérément optimiste. 

On dit de moi que je ne présente que des visions sombres, mais je suis un grand optimiste quant à l'amélioration de la qualité de vie et du niveau de vie de ces milliards de personnes vivant en dehors des États-Unis. Je suis très pessimiste lorsque je pense à ce qui attend les trois cents millions d'Américains. Mais si nous prenons les bonnes mesures en tant que pays, si nous acceptons de faire des sacrifices dès maintenant, si le gouvernement et la banque centrale font preuve de raison, alors je suis très optimiste, même pour l'avenir de l'Amérique. Si nous répétons nos erreurs, alors je vois les choses en noir.  

Peter Schiff

Peter Schiff (46 ans) Il suffit de taper, par exemple, « Peter Schiff avait raison » sur YouTube pour comprendre immédiatement pourquoi le président de la société d'investissement Euro Pacific Capital est devenu une telle vedette : il a prédit la crise actuelle de manière plus convaincante que quiconque. Mais hors du monde de la finance, c'est comme si sa détermination s'évanouissait : si on l'interroge sur sa musique de prédilection, son restaurant new-yorkais favori ou simplement sur la couleur qui lui tient le plus à cœur, ce père divorcé d'un garçon de bientôt sept ans peine à donner une réponse satisfaisante… 

CANDIDAT AU CONGRÈS. « Mes chances ? Un peu moins de cinquante pour cent », estime Peter Schiff.

 

Une version abrégée de cet entretien, réalisé à New York, a été publiée dans le numéro 33 de *Týden* le 17 septembre 2009.

https://www.lukaskovanda.cz/en/interviews-with-nobelists/peter-schiff/ 

# 

Peter Schiff

Peter Schiff, né le 23 mars 1964, est un économiste américain, disciple de l'école autrichienne d'économie. Ancien conseiller économique auprès du candidat libertarien à l'investiture républicaine, Ron Paul, il est célèbre pour avoir annoncé la crise actuelle en s'appuyant sur la théorie autrichienne du cycle économique.  

Présentation

Il est diplômé en économie de l'université de Berkeley en 1987, puis travaille pour un broker, Shearson Lehman. Il rachète avec un associé une affaire de broker-dealer et la renomme Euro Pacific Capital. Il continue à conseiller à ses clients de fuir le dollar pour des monnaies plus sures comme le franc suisse, le dollar de Singapour, l'or et l'argent.

Son père, Irwin Schiff (1928-2015), est considéré par les libertariens comme un prisonnier politique : il a été condamné à 13 ans de prison, sans avoir pu se défendre correctement, pour avoir refusé de payer ses impôts.

Vues sur l'économie américaine

Reprenant les théories autrichiennes, il a souligné que l'économie américaine actuelle, en s'appuyant sur un mécanisme d'endettement vis-à-vis du reste du monde, ne pouvait connaître qu'une croissance économique éphémère, l'emmenant tout droit à la crise. Il qualifie ainsi le mécanisme d'endettement pour consommer un « schéma de Ponzi », sur le modèle des systèmes pyramidaux. Ne s'appuyant pas sur la constitution de capital, cet état ne pouvait durer.

Cependant, c'est la réaction du gouvernement américain à la crise qui est la pire des catastrophes, ce dernier cherchant à prolonger la bulle par l'injection de centaines de milliards plutôt que de restaurer des fondamentaux sains.

A cette fin, il n'existe qu'une solution : réduire drastiquement l'intervention étatique dans l'économie et mettre un terme aux énormes subventions accordées au système bancaire. C'est uniquement avec un tel remède douloureux que l'économie américaine pourrait repartir, alors que l'administration Obama l'entraine dans une récession longue selon Schiff.

Popularité

La justesse de ses analyses ont fait de lui l'un des analystes les plus écoutés aux États-Unis : invité sur les principaux plateaux de télévision, deux de ses derniers livres sont également dans les cinq ouvrages les plus vendus en matière d'investissement.

Il est candidat à l'investiture républicaine pour le poste de sénateur du Connecticut.

Citation

  • « Nous avons une économie fondée sur les mêmes principes que les investissements de Bernie Madoff. C'est une économie de Ponzi. Elle n'est pas réelle. Nous n'épargnons plus et nous ne produisons plus rien. »[1]

Notes et références

  1. "He Saw It Coming", Fortune, 2 février 2009, p.19

Ouvrages

  • 2007, Crash Proof: How to profit From the Coming Economic Collapse, ISBN 0470043601
  • 2008, The Little Book of Bull Moves in Bear Market, ISBN 047038378X
  • 2009, Crash Proof 2.0: How to Profit From the Economic Collapse, 2e édition, ISBN 047047453X
  • 2010, The Little Book of Bull Moves, Updated and Expanded: How to Keep Your Portfolio Up When the Market Is Up, Down, Or Sideways, ISBN 0470643994
  • 2010, How an Economy Grows and Why it Crashes, John Wiley & Sons, ISBN 047052670X

Liens externes

https://www.wikiberal.org/wiki/Peter_Schiff


Les banquiers vivent de l'inflation

 Sommaire:

A) - Les banquiers vivent de l'inflation

B) -  Jesús Huerta de Soto

C) - Inflation

D) - Déflation


 La Réserve fédérale a ouvert ses portes en novembre 1914 et le dollar ne s’est pas redressé depuis. 

 En 1914, un dollar achetait ce qu'on achète aujourd'hui à environ 30 dollars. Ce chiffre provient directement du calculateur d’inflation du Bureau of Labor Statistics. La banque centrale que votre gouvernement vous avait promis de « stabiliser les prix » a présidé à une destruction de 99 % du pouvoir d’achat. En un peu plus d'un siècle. Tout un palmarès. Cela compte pour vous personnellement car les salaires sont payés en dollars, les économies sont stockées en dollars et les comptes de retraite sont libellés en dollars. 


 

Chaque fois que la Fed augmente la masse monétaire (ce qu’elle a fait de manière agressive en 2020, augmentant M2 de plus de 25 % en une seule année), elle dilue chaque dollar que vous détenez déjà. Vous n'avez pas voté sur ce transfert. Personne ne vous l'a demandé. Ludwig von Mises a publié « La théorie de la monnaie et du crédit » en 1912, un an avant l'adoption de la loi sur la Réserve fédérale. La création monétaire profite à ceux qui la reçoivent en premier : les banques, le Trésor, les emprunteurs politiquement connectés. Au moment où cet argent atteint votre salaire ou votre compte d’épargne, les prix se sont déjà ajustés à la hausse.  

Richard Cantillon a décrit ce processus dans les années 1730 : l'effet Cantillon. L’or a conservé son pouvoir d’achat pendant des siècles. Le dollar, géré par des technocrates experts dotés d’un pouvoir illimité en matière d’impression monétaire, a perdu presque toute sa valeur en 112 ans. Tirez vos propres conclusions.
@Handre

 

 

Powered By Blogger