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janvier 04, 2026

L'État ce Maître-chanteur redoutable, manipulateur pervers par Arthur Homines

L'État assure sa propre continuité en captant nos affects, les transformant en une allégeance indue envers son appareil politique, administratif et militaire. L'esprit peu entraîné projette alors ses émotions les plus intimes (comme l'amour des paysages de son enfance, sa langue, ses habitudes, ses relations, etc) sur l'entité politique au sein de laquelle il a vécu jusque-là. 
 

 
 C'est une forme de hold-up psycho-affectif et culturel. L'individu se sent appartenir à quelque chose de bien réel, et cela est bien légitime. Mais l'État s'est depuis longtemps greffé par-dessus ces réseaux naturels en prétendant qu'il serait le seul à pouvoir garantir leur pérennité. C'est un chantage redoutable, et qui fonctionnera tant qu'on n'aura pas imaginé d'autres formes d'organisation, et notamment de défense. 
 
C'est par ce biais que nous en venons à parler de "la France" ou de "l'Occident" comme d'entités politiques disposant d'une volonté propre (voire d'un destin), et indispensables à nos vies. 
 
Ce langage de perversion de la réalité nous condamne alors à la logique binaire du « Nous vs Eux ». Si l'Occident est un corps, alors chacun de nous est déterminé à n'être qu'une cellule de celui-ci prête à se sacrifier. C'est la dissolution de l'individu dans une chimère politico-mystique. 
 
Et plus la souveraineté individuelle est mise à mal, plus nous dérivons en tendance vers des réflexes servant de compensations psychologiques à une puissance évaporée. C'est pourquoi certains se sentent revigorés quand ils voient les USA manifester leur domination. Il s'agit de sortir de cette brutalité par procuration, en réalisant que l'institution même qui prétend vous protéger est un bourreau, non un allié.
 
Identitaires => fusion entre atlantisme/pro-américanisme, sionisme, européisme, libéralisme (léger, quand ça les arrange) et bellicisme. 
 
Je veux bien qu'on se doive de proposer autre chose que le souverainisme et le nationalisme sauce socialiste, mais il s'agirait de ne pas faire encore pire. 
 
Il n'y a qu'à voir comment ses partisans se rangent systématiquement dans le camp néoconservateur américain et conçoivent les rapports sociaux. Ils valideraient sans problème un régime bien plus autoritaire que celui de Macron tant que celui-ci leur promet de satisfaire leurs désirs. 
 
Aucune trace de conception juridique autour de la souveraineté individuelle, aucune théorie des droits de propriété ni aucune compréhension des mécanismes de la monnaie, du crédit ou du capital...seule la Force compte ! 
 
Quel horizon. Ils veulent les fruits de la Civilisation (notamment la richesse et la sécurité, produits de l'individualisme européen), tout en se vautrant dans un nouveau collectivisme droitier. 
 
Que voulez-vous, ils prétendent incarner une politique pragmatique. Ils disent tous pareil juste avant de finir dévorés par le régime qu'ils ont eux-mêmes poussé.

Notre espèce n'est pas nécessairement vouée à se foutre sur la gueule à cause d'ultra-minorités constituées en castes violentes. 
 
Ne confondez pas ce qui est (ou a été) avec ce qui doit être (ou ce qui pourrait être). Soutenir que la violence est la seule règle de gestion des rapports humains sous prétexte qu'on a connu que cela revient à utiliser l'argument de ceux qui auraient refusé l'abolition de l'esclavage. 
 
Non seulement c'est votre imagination qui bloque, mais surtout nul ne peut prédire l'avenir. L'évolution du monde est incertaine et chaotique, restons humbles. Je me rends compte de la difficulté d'intégration d'un tel propos, mais il ne s'agit que de conditionnement. Nous pouvons donc démystifier cette croyance. 
 
L'histoire que l'on nous enseigne depuis l'enfance est une chronique des crimes de masse. On ne retient donc que les dates de batailles et les traités signés par les chefs d'une époque donnée. On oublie les milliards d'échanges quotidiens, les solidarités et les innovations qui ont eu lieu MALGRÉ les castes violentes (et non grâce à elles !). 
 
On perçoit donc aisément « l'ordre » imposé par le haut, tout en oubliant l'ordre légitime et structurant émanant du bas. Les étatistes croient encore que leur organe chéri est une réalité indépassable, mais rien ne dit qu'il en sera ainsi pour l'éternité. C'est à nous de nous en détacher. Surtout, ils ne sont pas créateurs de richesse. 
 
Au contraire, TOUT ce que vous chérissez est le produit du Droit et du Marché. La violence des États ne peut rien créer, elle ne peut que détruire. La Civilisation est ce processus par lequel l'Humanité s'efforce de se sophistiquer pour sortir de l'Agression. Nous avons encore du travail, manifestement.
 
L’État et les industries de connivence ont industrialisé la mort dans des proportions inimaginables. Ils ont travesti la violence en droit, le mensonge en science et le vol en solidarité. Ils sont responsables d'inflation, d’endettement public, de cartellisation de l’économie, d’expropriations directes et indirectes, de corruption, de népotisme et de favoritisme, de destruction des liens familiaux et communautaires, d'uniformisation culturelle, de chaos social, de surveillance de masse, de propagande, de manipulations et de mensonges, de censures, de répressions, d’incarcérations d’innocents, d’esclavage, de déportations, de colonisations et d’apartheids, d’ingénieries pathogènes, d’attaques fabriquées pour justifier la guerre, de conscriptions, de pillages, d’alliances barbares, de déstabilisations à l’étranger, de famines, de tortures, de bombardements et de génocides. Que vous faut-il de plus pour déclarer qu'ils sont le problème ? 

Question fréquente, à laquelle je vais tenter d'apporter une réponse claire. L'usage de la force est légitime dans le cadre d'une réponse proportionnée à une agression déjà en cours (menace sérieuse ou violation de propriété manifeste par exemple). C'est la règle de Droit. Ensuite, vient la notion de prévention. Ce besoin de frapper en premier parce qu'on sent que l'autre le fera sinon. La réponse est alors NON, ce principe ne tient pas. Il trahit par ailleurs un manque d'imagination. La gestion du risque doit être abordée bien autrement. Il s'agit de repartir d'un règle de Droit justifiable, puis de mettre en place les conditions de la quasi-impossibilité de l'agression.

Tout ce qui relève de l'intervention dite préventive signe en réalité la fin du Droit. Si je peux vous frapper parce que je pense que vous allez me frapper en premier, alors n'importe qui peut frapper n'importe qui à tout moment. La notion de « menace imminente » est même une arme rhétorique de prédilection dès qu'il s'agit de justifier les guerres, l'expansion budgétaire et le contrôle social. C'est un puits sans fond puisqu'il y aura toujours une nouvelle menace à « prévenir » à l'autre bout du monde. Je vous invite donc à renverser le paradigme.

L'agression doit devenir fantaisiste, improbable, coûteuse, délirante. L'idée même de « frappe préventive » devrait représenter un risque financier et juridique énorme pour celui qui ose y songer. Pour ce faire, il faudra mettre en place un large réseau de contrats, d'alliances et commercer abondamment avec ses voisins (voire au-delà bien sûr). Si j'agresse mon partenaire commercial, je me ruine moi-même et je perds sa confiance ! En instaurant les conditions de la quasi-impossibilité de l'agression par l'établissement d'un nouveau cadre social, nous sortirons du cycle de la Barbarie pour entrer dans celui de la Civilisation.

Toute politique étatico-démocratique définit un but suprême à viser (la « justice sociale », la « grandeur nationale », etc) et use de mystifications pour y parvenir. Pour faire accepter la croissance des exceptions juridiques, chaque politique doit alors renommer la violence qu'elle instituera. Pour ce faire, les camps politiques usent de mots-écrans qu'ils font passer pour du bon sens. Le vol se change alors en « solidarité », la contrainte en « citoyenneté » et le privilège en « intérêt général ». Ces mystifications permettent d'anesthésier la lucidité des individus, leur faisant croire qu’ils servent une entité juste et nécessaire. 
 
L’étatisme est en réalité devenu la nouvelle religion majoritaire, avec sa foi, son culte et ses rites. L’État est ainsi présenté comme la seule entité capable de corriger les « failles » de notre nature humaine, de nous protéger et d’instaurer la paix entre les hommes. Aucun changement de fond ne sera possible sans réaliser en nombre l'ampleur de cette duperie.

décembre 25, 2025

Le rôle des intellectuels et des intellectuels libertariens anti-intellectuels - Hans-Hermann Hoppe

"Les États ne gouvernent pas uniquement par la force ; ils achètent le prestige, les subventions et le pouvoir des intellectuels pour qu’ils colportent des mythes comme celui des « biens publics » et des chimères égalitaires, légitimant ainsi leur monopole sur la violence et la fiscalité. L’antidote ? Des intellectuels libertariens « anti-intellectuels » qui déconstruisent ces sophismes et révèlent la véritable nature de l’État. « La majorité doit accepter votre autorité de son plein gré » – et les intellectuels sont essentiels pour obtenir ce consentement. 
Lire l’article complet :"
Sean Gabb 


 
Le rôle des intellectuels et des intellectuels anti-intellectuels 
 
Commençons par la définition d'un État. Que doit pouvoir faire un agent pour être considéré comme un État ? Cet agent doit pouvoir exiger que tous les conflits entre les habitants d'un territoire donné lui soient soumis pour décision finale ou pour examen ultime. Plus précisément, il doit pouvoir exiger que tous les conflits le concernant soient tranchés par lui ou son représentant. Et, implicitement, dans le pouvoir d'exclure quiconque du rôle de juge suprême, seconde caractéristique déterminante d'un État, se trouve le pouvoir de lever des impôts : celui de déterminer unilatéralement le prix que les demandeurs de justice doivent payer pour ses services. 
 
 À partir de cette définition, on comprend aisément pourquoi le désir de contrôler un État peut exister. Car celui qui détient le monopole de l'arbitrage final sur un territoire donné peut légiférer. Et celui qui peut légiférer peut aussi lever des impôts. Il s'agit assurément d'une position enviable. 
 
 Plus difficile à comprendre est comment quiconque peut impunément contrôler un État. Pourquoi certains toléreraient-ils une telle institution ? 
 
Je souhaite aborder la question indirectement. Imaginez que vous et vos amis contrôliez une telle institution hors du commun. Que feriez-vous pour vous maintenir au pouvoir (en supposant que vous n'ayez aucun scrupule) ? Vous utiliseriez certainement une partie de vos recettes fiscales pour engager des hommes de main. D'abord, pour maintenir la paix parmi vos sujets afin qu'ils restent productifs et qu'il y ait des recettes fiscales à l'avenir. Mais surtout, vous pourriez avoir besoin de ces hommes pour votre propre protection si le peuple sortait de sa torpeur dogmatique et vous contestait. 
 
Cependant, cette solution ne fonctionnera pas, en particulier si vous et vos amis représentez une petite minorité par rapport au nombre de sujets. Car une minorité ne peut pas gouverner durablement une majorité par la seule force brute. Elle doit gouverner par l'opinion. La majorité de la population doit être amenée à accepter volontairement votre autorité. Cela ne signifie pas que la majorité doive approuver chacune de vos mesures. En effet, elle pourrait très bien penser que nombre de vos politiques sont erronées. Toutefois, il faut croire en la légitimité de l'institution étatique en tant que telle, et donc considérer que même si une politique particulière s'avère erronée, une telle erreur est un « accident » qu'il faut tolérer au regard du bien supérieur que l'État œuvre. 
 
Mais comment persuader la majorité de la population de cette idée ? La réponse est simple : uniquement grâce aux intellectuels.

Comment s'assurer la collaboration des intellectuels ? La réponse est simple. La demande du marché pour les services intellectuels est loin d'être forte et stable. Les intellectuels seraient à la merci des valeurs éphémères des masses, lesquelles se désintéressent des questions intellectuelles et philosophiques. L'État, en revanche, peut accommoder l'ego souvent démesuré des intellectuels et leur offrir une place confortable, sûre et permanente au sein de son appareil. 
 
Cependant, il ne suffit pas d'employer quelques intellectuels. Il faut les employer tous, même ceux qui travaillent dans des domaines très éloignés de vos principales préoccupations : la philosophie, les sciences sociales et les lettres. Car même les intellectuels travaillant en mathématiques ou en sciences naturelles, par exemple, peuvent penser par eux-mêmes et devenir potentiellement dangereux. Il est donc important de s'assurer de leur loyauté envers l'État. Autrement dit : il faut devenir un monopole. Le meilleur moyen d'y parvenir est de placer toutes les institutions « éducatives », de la maternelle à l'université, sous contrôle étatique et de faire certifier tout le personnel enseignant et de recherche par l'État. 
 
Mais que se passe-t-il si la population ne souhaite pas s'instruire ? Dans ce cas, l'« éducation » doit être rendue obligatoire ; et afin de soumettre la population à un système éducatif étatisé le plus longtemps possible, il faut déclarer chacun également « éduquable ». Les intellectuels savent pertinemment qu'un tel égalitarisme est illusoire. Pourtant, proclamer des absurdités telles que « chacun est un Einstein en puissance s'il bénéficie d'une attention éducative suffisante » séduit les masses et, par conséquent, alimente une demande quasi illimitée de services intellectuels. 
 
Bien entendu, rien de tout cela ne garantit une pensée étatique « correcte ». Il est certes utile, pour parvenir à la « bonne » conclusion, de réaliser que sans l'État, on risquerait de se retrouver au chômage et de devoir se reconvertir dans la mécanique des pompes à essence plutôt que de se préoccuper de problèmes aussi urgents que l'aliénation, l'équité, l'exploitation, la déconstruction des rôles de genre et sexuels, ou encore la culture des Inuits, des Hopis et des Zoulous. 
 
Quoi qu'il en soit, même si les intellectuels se sentent sous-estimés par vous – c'est-à-dire par une administration étatique particulière –, ils savent que l'aide ne peut venir que d'une autre administration, et non d'une attaque intellectuelle contre l'institution étatique en tant que telle. Dès lors, il n'est guère surprenant que, de fait, l'immense majorité des intellectuels contemporains, y compris la plupart des intellectuels conservateurs ou dits libéraux, soient fondamentalement et philosophiquement étatistes. 
 
Le travail des intellectuels a-t-il été bénéfique à l'État ? Je le crois. Si l'on demandait à la population si l'institution de l'État est nécessaire, je ne crois pas exagérer en disant que 99 % des gens répondraient sans hésiter par l'affirmative. Pourtant, ce succès repose sur des fondements plutôt fragiles, et tout l'édifice étatique peut s'effondrer – pourvu que l'action des intellectuels soit contrée par celle des « anti-intellectuels intellectuels », comme j'aime à les appeler. 
 
L'immense majorité des partisans de l'État ne sont pas des étatistes philosophiques, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas réfléchi à la question. La plupart des gens ne se préoccupent guère de questions « philosophiques ». Ils vaquent à leurs occupations quotidiennes, et c'est tout. Ainsi, le soutien le plus fréquent découle du simple fait qu'un État existe, et a toujours existé, aussi loin que l'on se souvienne (et cela ne dépasse généralement pas l'âge de notre propre vie). Autrement dit, le plus grand succès des intellectuels étatistes est d'avoir cultivé la paresse intellectuelle (ou l'incapacité intellectuelle) naturelle des masses et de ne jamais avoir permis que « le sujet » fasse l'objet d'un débat sérieux. L'État est considéré comme une composante incontestable du tissu social. 
 
La première et principale tâche des intellectuels anti-intellectuels est donc de contrer cette torpeur dogmatique des masses en proposant une définition précise de l'État, comme je l'ai fait d'emblée, puis de se demander s'il n'y a pas quelque chose de véritablement remarquable, d'étrange, de bizarre, de maladroit, de ridicule, voire de grotesque, dans une institution comme celle-ci. Je suis convaincu que ce travail de définition, aussi simple soit-il, suscitera un premier doute, certes, mais sérieux, à l'égard d'une institution que l'on tenait jusqu'alors pour acquise – un bon début. 
 
Pour passer des arguments pro-étatiques les moins sophistiqués (mais, ce n'est pas un hasard, les plus répandus) aux plus élaborés : dans la mesure où les intellectuels ont jugé nécessaire de défendre l'État, leur argument le plus courant, rencontré dès la maternelle, se résume ainsi : on cite quelques actions de l'État : il construit des routes, des crèches, des écoles ; il distribue le courrier et assure la sécurité des rues. Imaginons un monde sans État. Nous n'aurions alors pas accès à ces services. L'État est donc nécessaire.

Au niveau universitaire, une version légèrement plus élaborée de ce même argument est présentée. Le raisonnement est le suivant : certes, les marchés sont les plus performants pour fournir de nombreux biens, voire la plupart ; mais il existe d’autres biens que les marchés ne peuvent fournir, ou pas en quantité ou en qualité suffisantes. Ces autres biens, dits « biens publics », sont des biens qui procurent des avantages à la population, au-delà de ceux qui les ont produits ou financés. Parmi ces biens, l’éducation et la recherche occupent généralement une place prépondérante. L’éducation et la recherche, par exemple, sont, selon nous, des biens extrêmement précieux. Elles seraient toutefois sous-produites en raison de « passagers clandestins », c’est-à-dire de « tricheurs », qui bénéficient – ​​par le biais d’effets de voisinage – de l’éducation et de la recherche sans y contribuer financièrement. Ainsi, l’État est nécessaire pour fournir les biens publics, tels que l’éducation et la recherche, qui seraient autrement non produits ou sous-produits. 
 
Ces arguments étatistes peuvent être réfutés par la combinaison de trois constats fondamentaux : premièrement, concernant l’argument simpliste, le fait que l’État fournisse des routes et des écoles n’implique pas que seul l’État puisse fournir de tels biens. Il est aisé de reconnaître qu’il s’agit d’un sophisme. De même, le fait que les singes puissent faire du vélo n’implique pas que seuls les singes puissent en faire. Deuxièmement, et c’est immédiatement le cas, il convient de rappeler que l’État est une institution qui peut légiférer et lever des impôts ; par conséquent, ses agents sont peu incités à produire efficacement. Les routes et les écoles publiques seront donc plus coûteuses et de moindre qualité. En effet, les agents de l’État ont toujours tendance à consommer un maximum de ressources dans leurs activités, tout en minimisant leur effort. 
 
Troisièmement, concernant l’argument étatiste plus élaboré, il repose sur le même sophisme que celui rencontré à l’échelle de l’argumentation simpliste. Car même en admettant le reste de l’argument, il reste erroné de conclure, du fait que les États fournissent des biens publics, que seuls les États peuvent le faire. 
 
Plus important encore, il faut souligner que cet argument témoigne d'une méconnaissance totale du fait le plus fondamental de la vie humaine : la rareté. Certes, les marchés ne peuvent pourvoir à tous les besoins. Il y aura toujours des besoins insatisfaits tant que nous ne vivrons pas au jardin d'Éden. Mais la production de ces biens non encore créés exige l'utilisation de ressources rares, qui, de ce fait, ne peuvent plus servir à produire d'autres biens tout aussi désirables. La coexistence de biens publics et privés est ici sans importance : la rareté demeure le principe même de la rareté : l'augmentation des biens « publics » se fait nécessairement au détriment des biens « privés ». Or, il est nécessaire de démontrer qu'un bien est plus important et plus précieux qu'un autre. C'est ce que l'on entend par « économiser ». 
 
Mais l'État peut-il contribuer à économiser les ressources rares ? Voilà la question à laquelle il faut répondre. En réalité, il existe une preuve irréfutable que l'État ne réalise pas et ne peut pas réaliser d'économies : pour produire quoi que ce soit, il doit recourir à l'impôt (ou à la législation), ce qui démontre sans équivoque que ses citoyens ne désirent pas ce qu'il produit, mais préfèrent autre chose qu'ils jugent plus important. Plutôt que de réaliser des économies, l'État ne peut que redistribuer : il peut produire davantage de ce qu'il souhaite et moins de ce que le peuple désire – et, rappelons-le, toute production étatique sera de toute façon inefficace.
 
 

 

Enfin, il convient d'examiner brièvement l'argument le plus sophistiqué en faveur de l'État. Depuis Hobbes, cet argument a été maintes fois répété. Il se résume ainsi : à l'état de nature – avant l'établissement d'un État – règne un conflit permanent. Chacun revendique un droit sur tout, ce qui engendre des guerres sans fin. Aucun accord ne saurait sortir de cette impasse ; car qui les ferait respecter ? Dès que la situation semble avantageuse, l'une ou l'autre des parties, voire les deux, rompent l'accord. Dès lors, on reconnaît qu'il n'existe qu'une seule solution à l'idéal de paix : l'établissement, par voie d'accord, d'un État, c'est-à-dire d'une tierce partie indépendante faisant office de juge et d'autorité suprême. Or, si cette thèse est juste et que les accords requièrent l'intervention d'un autorité extérieure pour être contraignants, alors un État fondé sur un accord ne peut jamais voir le jour. Car pour faire respecter l'accord même qui doit aboutir à la formation d'un État (pour rendre cet accord contraignant), il faudrait déjà qu'un autre autorité extérieure, un État préexistant, existe. Pour que cet État ait pu exister, il faut postuler un autre État encore antérieur, et ainsi de suite, dans une régression à l'infini. 
 
Or, si l'on admet l'existence des États (et ils existent bel et bien), ce fait même contredit le récit hobbesien. L'État lui-même a émergé sans intervention extérieure. Vraisemblablement, au moment de l'accord supposé, aucun État antérieur n'existait. De plus, une fois qu'un État issu d'un accord existe, l'ordre social qui en résulte demeure auto-imposé. Certes, si A et B s'entendent sur un point, leurs accords sont rendus contraignants par une partie extérieure. Cependant, l'État lui-même n'est soumis à aucune autorité extérieure. Il n'existe aucun tiers extérieur en ce qui concerne les conflits entre agents et sujets de l'État ; et de même, aucun tiers extérieur n'existe pour les conflits entre différents agents ou organismes de l'État. En ce qui concerne les accords conclus entre l'État et ses citoyens, ou entre deux organismes étatiques, ces accords ne peuvent engager que l'État lui-même. L'État n'est lié par rien d'autre que par ses propres règles, qu'il accepte et applique, c'est-à-dire les contraintes qu'il s'impose. En quelque sorte, vis-à-vis de lui-même, l'État demeure dans un état d'anarchie naturelle, caractérisé par l'autonomie et l'auto-application des règles, puisqu'aucun État supérieur ne pourrait le contraindre. 
 
De plus, si l'on accepte l'idée hobbesienne selon laquelle l'application de règles mutuellement convenues requiert l'intervention d'un tiers indépendant, cela exclurait de fait l'établissement d'un État. En réalité, cela constituerait un argument irréfutable contre l'institution d'un État, c'est-à-dire d'un monopole du pouvoir de décision et d'arbitrage ultime. Car alors, il doit également exister un tiers indépendant pour trancher tout conflit entre moi (citoyen) et un agent de l'État, et de même, un tiers indépendant doit exister pour tout conflit interne à un État (et il doit y avoir un autre tiers indépendant pour les conflits entre différents tiers) ; or, cela signifie bien sûr qu'un tel « État » (ou tout tiers indépendant) ne serait pas un État tel que je l'ai défini au départ, mais simplement l'un des nombreux arbitres de conflits tiers librement concurrents.
 
Je conclurai donc ainsi : l'argumentation intellectuelle contre l'État semble simple et directe. Mais cela ne signifie pas qu'elle le soit en pratique. En effet, presque tout le monde est convaincu que l'État est une institution nécessaire, pour les raisons que j'ai exposées. Il est donc fort douteux que la bataille contre l'étatisme puisse être gagnée, aussi facile qu'elle puisse paraître sur le plan purement théorique et intellectuel. Cependant, même si cela s'avérait impossible, amusons-nous au moins un peu aux dépens de nos adversaires étatistes. 
 
Et pour cela, je vous suggère de les confronter systématiquement et avec insistance à l'énigme suivante. Imaginez un groupe de personnes, conscientes de la possibilité de conflits entre elles. Quelqu'un propose alors, comme solution à ce problème humain, de se faire arbitrer en dernier ressort dans tout conflit de ce type, y compris ceux dans lesquels il est impliqué. Accepteriez-vous un tel marché ? Je suis certain qu'on le prendrait pour un plaisantin ou un déséquilibré. Pourtant, c'est précisément ce que proposent tous les étatistes.
 
Hans-Hermann Hoppe

 
Note : Nous avons publié cet article en 2008. Malheureusement, il a disparu sans laisser de trace lors d'une refonte de notre site web. Nous sommes heureux de le republier aujourd'hui. AB 
 
The Libertarian Alliance 
 
 
 
 
Le schéma indique qu'il tient un compte nommé « Afueriste » sur Instagram. En vérifiant, on voit qu'il s'affiche avec des droitards libéraux et partage des capsules de personnalités politiques de droite. En réalité, la plupart des nouveaux libertariens que nous voyons évoluer depuis deux ans sur les réseaux s'affilient à la droite/l'extrême droite (selon les catégorisations). Le problème étant qu'ils s'en satisfont très bien. Tout comme Milei exprime de la connivence auprès de Meloni, de Trump, de Netanyahu, etc.

Dès lors, il n'est pas étonnant que les gauchistes se vautrent dans l'amalgame « libertarianisme = extrême droite ». C'est déjà compliqué de défendre nos idées dans cette mare socialiste qu'est la France, n'en rajoutons pas en créant toujours plus de confusions. Donc au lieu de créer des comptes « Bouli » anti-arabes sans le moindre intérêt culturel ni intellectuel, il serait judicieux de se former aux idées anarcaps et d'adopter la bonne démarche. Parce que pour l'heure tout cela est minable, futile, et dommageable pour ceux qui transmettent la tradition de la Liberté.

décembre 18, 2025

Mensonge sur le pouvoir d’achat et solutions avec Sarah Knafo !

Ceux qui vous promettent du « pouvoir d’achat » sans réduire drastiquement les dépenses de l’Etat vous mentent. 

Ne les croyez plus. La solution existe. 

 

 

La France mène « une politique de pouvoir d’achat » depuis des décennies. Pourtant, notre pouvoir d’achat chute depuis 15 ans. 📉 La faute à la crise ? Non ! ❌ 

Celui de nos voisins monte, quand nous serons bientôt sous la moyenne de la zone euro ! Le décrochage est spectaculaire. 


 

La classe politique vous dira que l’Etat n’était pas assez présent pour « soutenir le pouvoir d’achat ».🤦‍♀️ 

Pourtant, sur la période, nos dépenses et notre dette ont explosé. 10 fois plus que la moyenne européenne ! 💥 Et cela a des conséquences désastreuses. 

 


 

Les démagogues vous diront : « Pas d’inquiétude ! Nous ne sommes pas obligés de rembourser la dette ! C’est virtuel ! ». Encore faux ! ❌ 

Nous la remboursons tous les jours et nous réempruntons à chaque fois pour la rembourser. Résultat ? Nous payons plus de 50 milliards d’euros d'intérêts cette année. En 2025, ce sera probablement la première dépense de l’Etat ! 🥇 

Cet argent, c’est dans votre poche que l’Etat le prend. Il y a une autre conséquence… Combien d'équipements non construits, d'investissements non réalisés, d'opportunités manquées pour payer les intérêts de cette dette colossale ? N’avons-nous pas beaucoup mieux à faire de ces 50 milliards d’euros ? Il n’y a qu’à voir. 

 


 

Et ce n'est que le début ! Nous remboursons encore aujourd'hui de la dette contractée quand les taux d'intérêts étaient bas… Mais dans les 5 années qui viennent cette charge atteindra un niveau difficilement soutenable. ⏰ 

Conséquence : pour financer cette dette et ces dépenses, nous avons les impôts les plus élevés du monde. 🥇 Près d’un euro sur deux de richesse produite est confisqué par l’impôt. Et chaque hausse d'impôts entraîne l’Etat à gaspiller encore, puisqu’il reste des moutons à tondre. 🐑 

Que faire ? 💡Réduire le fardeau de la dette, tout en baissant les impôts. Il n’y a qu’une seule solution : réduire massivement les dépenses publiques. Moins de dépenses, moins de bureaucratie, moins d'assistanat. Vous n’avez pas à faire de sacrifice quand l’Etat ne fait aucun effort. 

➡️ Il faut couper dès aujourd’hui dans les 15 milliards d’euros d’aide publique au développement. Avons-nous tellement d’argent, que nous pouvons en faire cadeau à des puissances étrangères ? 

➡️ Il faut couper dans les 23 milliards d’euros d’aide aux associations. Certaines sont politisées et leur seul objectif est de nuire à l’Etat : devons-nous encore les financer ? 

➡️ Il faut privatiser l’audiovisuel public : encore 4 milliards d’euros chaque année ! 

➡️ Il faut réserver la solidarité nationale aux Français : ce sera jusqu’à 20 milliards de moins à prendre aux Français pour les donner à des étrangers. 

➡️ Ce ne sont que quelques chiffres. Nous pouvons vraiment couper PARTOUT. La puissance publique gaspille à un point que vous ne pouvez même pas imaginer. Il faut s’attaquer à la bureaucratie. 🥊 

La bureaucratie, c’est le contraire du service public. Elle ne vous rend aucun service : elle vous contraint, elle vous sanctionne, elle vous contrôle. Sortons de l’empilage d’agences, services et bureaux ! 

 


 

Cessons le saupoudrage, la dispersion des moyens de l’Etat dans mille sujets où il n’a pas sa place. Quelques milliards pour la permaculture, la promotion du vélo, les potagers dans les administrations... 

Tant de sujets où l’Etat s’égare, gaspille son énergie et notre argent. Il faut couper dans l’assistanat, ce maquis d’aides incompréhensible. 

Pour 100€ d’aides, il faut prélever 150€ d’impôts : pour payer les fonctionnaires qui distribuent, contrôlent et traquent la fraude. L'aide coûte plus cher qu’elle ne rapporte aux bénéficiaires. 

 


 

Il faut dépenser moins, pour taxer moins et gagner plus. 👊 Baissons donc massivement les impôts ! C’est la seule manière d’empêcher l’Etat de se reposer sur la solution de facilité : vous prendre votre argent, parce qu’il ne sait pas gérer celui qu’on lui donne déjà. 


 

La baisse des dépenses publiques vous enrichira. 🫵 Seul Reconquête est prêt à dégraisser cet Etat obèse ! Pour que les Français ne se fassent plus confisquer le fruit de leur travail... Et pour que l’Etat, recentré sur ses missions essentielles, redevienne efficace. 


Députée française @Reconquete_off au Parlement européen et Vice-Présidente du groupe ENS 🇫🇷🇪🇺

https://x.com/knafo_sarah/status/1859855752409776446 

https://x.com/knafo_sarah

 

Les libéraux depuis 2007, notamment avec mon ami dentiste, en avait fait une vidéo du "diable" lol

On savait tout ceci depuis longtemps, le Vénérable nous l'avait expliqué clairement:

 https://x.com/KuingYamang/status/1860069086845370785?s=20

novembre 23, 2025

Les entretiens avec Stéphane Geyres...!

Ce prophète de la liberté a un message à vous faire passer. (Entretien avec Stéphane Geyres)

Dans un paysage politique dominé par les variantes d'étatismes, je suis allé à la rencontre d'une personne qui a étudié un système alternatif nécessitant la sortie de la démocratie.


Bonjour Stéphane Geyres,
Vous avez un point de vue libertarien, vous estimez que l’on doit sortir de la démocratie, supprimer l’État au profit d’une société de contrats, d’entreprises et de propriété privée et avec un rapport aux autres qui fonctionne sur le “consentement libre” et la “non-agression”. Vous cherchez à diffuser ces idées depuis plusieurs années.
1. Est-ce bien résumé ?


Bonjour à Vous, et merci pour cette proposition d’entretien. Je suis heureux qu’un média s’affichant “L’humain” trouve un intérêt humain au libertarianisme, qui selon moi en est la meilleure expression philosophique. Oui, c’est assez bien résumé, merci et bravo pour la synthèse. En effet, Libéralie est une société où absolument toute l’organisation sociale repose sur le libre consentement de chacun, matérialisé par des contrats et des entreprises en pleine concurrence.

Il y a cependant trois mots dans votre résumé que je souhaite reprendre. «Point de vue» : Les libertariens font une différence nette entre théorie et opinion, ou ‘point de vue’. La doctrine libertarienne ne repose en rien sur une opinion, mais sur des certitudes fondamentales. Le Droit naturel est prouvé – je dis bien prouvé, comme en maths – la théorie économique autrichienne l’est tout autant. Ces certitudes, mises en musique sociale, permettent alors la pleine libre expression des opinions ou préférences sociales de chacun.

Aucune autre doctrine politique ne permet cette articulation. «l’on doit» : Je n’impose rien à personne. Mais en effet, quiconque souhaite vraiment la Liberté n’a pas d’autre choix logique que de se débarrasser de tout monopole, donc de l’état. «supprimer» : Et pour compléter, je n’impose pas aux autres de supprimer leur cher état, mais j’exige, je revendique qu’on me laisse, qu’on nous laisse choisir de le quitter, totalement. C’est strictement légitime.

2. Aviez-vous des prédispositions sociales qui vous ont mené vers une vision libertarienne ?

Pas spécialement. Deux facteurs familiaux ont cependant pu jouer : Je suis d’une famille d’entrepreneurs et d’artisans, et j’ai grandi à l’étranger, donc loin de la propagande de l’Éducation nationale. Aussi, un événement brutal – vivre en direct et sur place l’explosion de la crise des subprimes en 2008 – m’a déclenché un besoin immense de comprendre comment on avait pu en arriver là.

Pour mieux vous répondre, je pense que nous sommes tous, absolument tous, des libertariens naturels. On naît libertarien. Être libertarien, c’est être humain, tout simplement. Et inversement. Par contre, c’est l’endoctrinement massif subi par chacun durant ses jeunes années qui finit par faire de nous des zombies étatistes – de droite comme de gauche, peu importe, la différence entre les deux est infime.

3. Dans les pays européens sociaux-démocrates, nous cherchons souvent où placer la limite à la liberté et d’ailleurs rarement, voire jamais, celle de l’égalité. De même, nous entendons les termes “ultralibéralisme” mais jamais “ultracommunisme”, “ultraétatisme”, “ultrasocialisme”,…
Est-ce à dire que les médias sous perfusion étatique jouent un rôle majeur dans notre imaginaire ?

C’est une observation très juste. Je la généraliserai : personne ou presque n’ose – car il s’agit bien d’oser – remettre en cause le socialisme, le communisme, encore moins les versions politiques du communisme issues des diverses religions, telle la sharia ou les kolkhozes. Le «Bien» serait définitivement de leur côté. Donc plus on s’en éloignerait – comme le préfixe «ultra» le suggère – plus on tendrait vers le «Mal» absolu. Il n’y a rien de naturel à cette croyance. Sauf déficients psychiques, les parents, sous toutes les latitudes, enseignent à leurs enfants des valeurs qui sont à l’inverse du communisme.

Les enfants ont un sens instinctif de la propriété privée et du développement personnel. Le rôle intemporel de tout parent est de se transformer en une route de son enfant vers la prospérité, dans la civilité et le respect d’autrui. Il faut donc bien que ce soit des acteurs sociaux, disons, qui tordent cet ordre des choses en cet imaginaire que vous évoquez à juste titre. Et ce qui importe à voir, c’est que l’état ne peut agir autrement, car sans cela, il n’aurait aucune place légitime aux yeux de l’Enfant sur son chemin vers l’Homme.

 

4. L’égalité, selon-vous, est-ce une valeur qui compte ? Est-ce seulement une conviction d’ordre privée, qui serait secondaire ou du même ordre qu’une conviction confessionnelle par exemple ?

Je vous répondrai par une pirouette que je crois significative. Dans un article sur Libéralie, et dans mon Liberté Manifeste, je propose d’adopter la «devise nationale» suivante : Liberté, Inégalité, Concurrence. C’est vous dire combien je vois une valeur dans l’égalité ! La Gauche – et la pseudo Droite ne fait que la suivre – commet, volontairement, une erreur profonde dans sa confusion entre égalité et Justice.

La Révolution est née de la volonté de détruire les privilèges, donc d’aller vers «l’égalité devant la loi». Mais l’égalité devant la loi, cela ne permettait pas de faire des lois contre les «riches» et les «exploiteurs» que Marx est venu fantasmer depuis. Il leur a donc fallu faire glisser l’égalité de la loi vers celle de la richesse, ou plutôt vers la pauvreté égale pour tous. L’égalité rime depuis avec légalité, mais c’est l’inégalité seule qui est restée légitime. Pourquoi ? Juste un exemple : si nous étions tous en situation d’égalité, pourquoi faire des échanges entre nous ? Pourquoi commercer ? Tout échange vient de l’inégalité de ses acteurs et en crée une autre. Comme valeur, l’égalité est donc celle d’un monde à la Matrix, où nous sommes tous uniformes – sauf bien sûr les élus plus égaux que les autres.

5. La liberté, vous dites, c’est elle qui a façonné la civilisation et qu’elle n’est “guère à la mode aujourd’hui”. En Europe, ou en Occident plus largement, on constate sous certains aspects un effondrement civilisationnel. Et donc on a tout un tas leaders d’opinion qui commencent à surfer sur la vague. Chacun tente d’expliquer le déclin et on en a de toutes les couleurs ! Et vous, vous dites que c’est lié à la liberté.
Quand est-ce qu’on a eu assez de liberté pour pouvoir bâtir cette civilisation ?

C’est une bonne question, merci. Dans une vidéo récente (#100) sur la chaîne «Pour ainsi dire» de mon ami Laurent, je conclus que la civilisation se fait «malgré la démocratie». Et je maintiens cette position ici. La civilisation n’est pas, n’est jamais et n’a jamais été faite par le pouvoir politique – ou religieux, qui n’en est qu’une variante – mais par les gens, par les individus. Le pouvoir, bâti sur la force arbitraire, la coercition, est le parfait contraire de la civilisation. Ce n’est pas le roi qui imposa aux gens de se respecter et de préférer le commerce à la guerre. Le roi dut respecter le commerce pour se faire accepter des gens.

Ce n’est pas un dieu quelconque qui inventa et imposa au monde les diverses formes du «Tu ne tueras point». (C. S. Lewis vous expliquerait que l’adoption du Tao est un fait universel.) Ce sont les «sages» des religions anciennes qui surent intégrer le fait universel du Droit naturel dans leurs textes – pour, ce faisant, en devenir les premiers transmetteurs. (Allez chercher par exemple chez Hermann Hesse, ‘le Jeu des Perles de Verre’, pour sa vision du transmetteur.) Les gens vivent et font donc la civilisation au jour le jour. Leur capacité à la faire positivement exploser est déterminée par le plus ou le moins d’oppression qu’ils subissent du pouvoir politique et religieux.

6. La Liberté, est-ce le seul sacré à sanctifier et dont on ne peut blasphémer ?

Je ne vois pas la Liberté comme un sacré d’ordre religieux – même si les diverses Écritures l’ont absorbée dans leurs propres sacrés. La Liberté est plutôt un sacré d’ordre logique et d’ordre naturel. Encore une fois, la Liberté est vécue spontanément par les hommes, chaque homme, tous les hommes, si «on» (les loups parmi les hommes) les laisse faire.

La Liberté est pour moi plutôt une valeur, sinon La Valeur, l’autre face de la Justice, sa sœur jumelle. Une Valeur vitale et profonde de et pour l’Humanité, qu’il s’agit d’affirmer, entretenir et transmettre, sauf à voir l’Espèce finir comme dans Matrix et ses champs d’élevage...

7. Historiquement, les révolutionnaires puis les républicains au pouvoir ont eu peur du retour à l’Ancien Régime. Aujourd’hui, les royalistes ne représentent globalement pas une menace. L’Action Française par exemple ne fait que quasiment que donner des cours d’Histoire de France.

Ensuite, il y a eu les nationaux/conservateurs/populistes. Eux ne menacent pas forcément de danger de mort, mais comme ils veulent orienter l’État, il est facile de jouer le “théâtre antifasciste”.

Par contre, j’ai l’impression que l’État français a très peur des libertariens. Il commence à les surveiller sur les réseaux sociaux. C’est très compliqué de bâillonner ceux qui prônent la liberté maximale. Le contraste est tellement visible que le récit ne fonctionnerait pas. La liberté, c’est une idée qui se vend assez bien.

C’est tout ce qu’il y a de logique que l’état nous surveille. Car il n’y a dans l’espace politique que les libertariens (j’entends par là les anarcho-capitalistes, les minarchistes ne sont pas des libertariens) pour remettre totalement en cause sa légitimité et le prétendu besoin de son existence. Toutes les autres lignes politiques ne sont que des variantes de l’étatisme, selon l’une des couleurs de l’arc-en-ciel. Même les anarchistes historiques, issus en France de la révolution de 1848, conçoivent en fait une société qui reproduit une forme d’état collectiviste, parce qu’ils ne font pas confiance au libre marché pour remplacer l’état.

L’état sait très bien qu’Etienne de la Boétie avait raison il y a déjà 500 ans, quand il le qualifiait de «colosse aux pieds d’argile». Que les gens sortent de leur hypnose, celle calquée par la propagande en continu, et la question de l’état saura aussitôt réglée. Quant à savoir si la Liberté se vend bien, je ne demande qu’à le croire. C’est bien parce que j’en suis convaincu que j’avance chaque jour. Cependant, la foule des étatistes de tous bords montre qu’il y a encore beaucoup à faire pour que la vente se fasse en masse.


PARTIE II : Allons en profondeur de la théorie libertarienne

La liberté, c’est de pouvoir faire ce que l’on désire avec notre propriété privée. Ce droit se négocie entre les Hommes.
Stéphane Geyres

1. Si l’on veut situer le libertarianisme dans un temps long. Peut-on dire qu’il est issue d’autres courants de pensée ou tradition ? Aussi, pourquoi le libertarianisme est-il plus répandu aux États-Unis plutôt qu’en France ?

Je souhaite d’emblée faire référence à un livre sorti récemment aux Editions John Galt, consacré précisément à ‘Une Histoire du Libertarianisme’, par Romain Jégouic. Ce livre montre justement que les origines sont lointaines, remontant jusqu’en Chine, même si l’accélération est depuis venue de la période des Lumières – dont il ne faut pas oublier la branche germanique, l’Aufklärung.

Les thèses libertariennes sont vives en Amérique, tout simplement parce que, par tradition depuis la découverte du Continent, la Liberté demeure dans l’esprit de pionnier qui a fait son histoire et sa population. Tout à l’opposé de la France, dont le centralisme, le colbertisme, le jacobinisme, le bonapartisme marquent les esprits depuis les Bourbons, voire plus tôt. Cinq siècles de centralisme, qui ont en plus empreint le pays de mépris envers l’initiative personnelle et l’entreprise, avant même l’arrivée de Marx.

2. Le consentement, qu’apporte-t-il, pourquoi est-il si important ?
Pourquoi on devrait baser nos relations économiques et politiques sur cette notion ?

La réalité humaine fait que pour vivre, il faut se nourrir. Pour se nourrir, il faut avoir produit, ou tout au moins cueillir. La survie de l’Espèce repose sur sa capacité à produire. Le développement de l’Espèce repose sur sa capacité à surproduire, afin de pouvoir capitaliser et disposer de temps pour inventer et créer du loisir, de l’art ou des outils pour… mieux et plus produire. Il y a deux façons de produire : l’autarcie ou la division du travail. Nous sommes depuis toujours ou presque dans un monde de division du travail, qui repose sur une forme ou une autre de répartition des fruits de ce travail.

Il y a deux formes de répartition de ces fruits : l’échange libre ou la répartition par la force, càd le vol ou l’expropriation. La première forme est celle du libre consentement. Elle est aussi culturellement, profondément, intrinsèquement à l’Homme, celle de la Justice. La seconde est celle de l’esclavage et de l’injustice. Toute démarche politique qui sortirait de la stricte logique de l’échange libre – la base des relations économiques naturelles – tombe donc aussitôt dans le champ de l’esclavage. Or depuis les Lumières, si ce n’est bien avant, «on» prétend être sortis de l’esclavage...

3. Comment distingue-t-on un consentement libre d’un consentement manipulé, ou énormément manipulé (ex : secte) ? Je précise ma question, la vie quotidienne est déjà pleine de petites manipulations (ex : le papier toilette se situe souvent au fond d’un supermarché et les chips vers l’entrée et la sortie.). Étant donné que la notion de manipulation est très difficile à prouver, et que s’il y a manipulation, la personne peut être endoctrinée à croire qu’elle a été libre de son choix. Ne pourrait-il pas y avoir une création massive de la part de personnes (physiques ou morales) malintentionnées pour créer du consentement non-libre ?

C’est une question classique, mais qui en fait ne se pose pas vraiment, du moins pas en ces termes. Je suggère de visionner la vidéo chez «Pour ainsi dire», ou celle de la série AuCoeurDeLaLiberte.fr pour approfondir le sujet, qui est celui du libre arbitre. En substance, la confusion vient du manque de distinction entre ‘influence’ – un synonyme plus neutre de ‘manipulation’ – et ‘décision’. À moins de vivre en ermite isolé, il n’y a pas de vie sociale sans influence permanente des uns envers les autres, sur tous les sujets de la vie. C’est une bonne chose, car c’est ainsi que la vie économique, et donc la survie, s’organise. C’est aussi une mauvaise chose lorsque l’influence devient manipulation et propagande, bien évidemment. Mais ces considérations font partie de la vie, tout homme responsable et adulte doit avoir appris à vivre avec elles, à faire le tri entre le côté clair et le côté obscur de l’influence.

Dans tous les cas, quelles que soient les influences qui l’ont affecté, il demeure factuel, objectif, incontestablement observable qu’il finit par décider de son action. Il ne peut pas ne pas agir et il est incontestable que cette prise de décision nous semble, nous paraît libre – la seule exception, c’est lorsqu’il subit objectivement une coercition de la part d’autrui. Pourquoi est-ce incontestable ? Parce que prétendre le contester, c’est décider d’agir soi-même : on ne peut pas contester ce que l’on fait soi-même. En synthèse, l’individu est toujours, objectivement, libre de son action, donc de son consentement, sauf lorsque l’état lui impose son oppression, sa coercition.

4. Où met-on la limite entre “influence normale” et “manipulation qui rend un consentement invalide” ?

Pour voir où se trouve la frontière, il faut revenir à ce qui caractérise socialement la Liberté : On vient de le voir, il y a Liberté lorsqu’il y a libre choix. Le libre choix se matérialise dans la concurrence, réelle ou possible (légale), en toutes choses – ce qui renvoie à la devise «Liberté, Inégalité, Concurrence», plus haut. Ainsi, une entreprise, en concurrence sur son marché, peut tenter de me séduire, càd de m’influencer à acheter ses produits. Tant que la concurrence me permet de lui dire «non, merci», le libre consentement est préservé. Mais lorsque le message vient de Bercy, par exemple, ou d’un prétendu «service public» sans concurrence, tel Radio France et la foule des monopoles, où sont la Liberté de choix et le consentement ? Car ne nous y trompons pas, si un service public est en monopole, quel besoin aurait-il de nous influencer, nous séduire, puisque ses produits sont sans concurrence ? Autrement dit, la différence est facile à faire : s’il y a concurrence, on est dans la séduction, tout va bien ; s’il y a monopole, on est dans la propagande et rien ne va plus.

5. Peut-on dire que faire Sécession, c’est une façon moderne et non-barbare de faire une révolution ?

D’une certaine façon, oui, c’est une façon de le voir. Mais je pense que ce n’est pas prendre la pleine mesure du concept. Faire la révolution, c’est souvent une manifestation, une protestation comme disent les anglophones, qui tourne mal, qui passe à la violence. Mais manifester, ce n’est pas une démarche de sécession : celui qui manifeste n’agit pas dans son coin, il agit envers «les autres» et en particulier envers le pouvoir. Il fait jouer sa force politique pour obtenir quelque chose – un privilège ou la fin d’une contrainte. Il s’adresse au pouvoir en place pour obtenir plus de lui. Donc il se met implicitement en position de reconnaissance et de soumission envers le pouvoir en place. La révolution n’est donc pas une remise en cause du pouvoir politique, elle n’est qu’une secousse qui prétend lui donner une autre forme, ou d’autres oligarques. Mais ce n’est pas une rupture d’avec le système politique, encore moins une rupture pacifique. La sécession est une rupture pacifique ; sa seule revendication, c’est la reconnaissance du droit difficilement contestable à l’autodétermination. Faites comme vous voulez, mais acceptez de me laisser faire comme je veux. Faites, mais sans moi.

6. Qui veut faire sécession à part les libertariens ? Une alliance négociée avec des séparatistes est-elle possible ?

Bonne question. En effet, personne, aucun parti, que je sache, aucune ligne politique ne propose la sécession, pas même les séparatistes. Pas même le «Parti Libertarien»… Les séparatistes – ces dernières années, on pense à la Catalogne, aux Basques de l’ETA, aux Savoyards – ne vont jamais plus loin que d’ambitionner de reconstruire une démocratie – ou autre forme de dictature – sur le territoire cher à leurs cœurs. Ils n’ambitionnent que de passer d’un grand état à un état réduit en proportion de leur territoire. Ils n’ambitionnent que le pouvoir, pas la Liberté de leur «peuple». Les sécessionnistes catalans étaient mêmes de véritables rouges, aspirant à une Catalogne digne de l’héritage espagnol de la guerre civile de 1936. Pourtant, oui, je pense qu’il peut y avoir des synergies à trouver avec ces mouvements, de même que j’étais, à l’époque, un plein soutien au Brexit. Pourquoi ? Parce la sécession sera de toute manière un lent processus, dont il faut soutenir chaque étape, même les étapes laborieuses. Et parce que toute réduction du territoire d’un état contribue à deux facteurs positifs : un état plus petit en surface, c’est forcément des politiciens moins éloignés de la population, donc moins libres de prendre les décisions les plus délirantes – comme on l’observe actuellement à la lointaine Union Européenne ; et un état qui se fragmente, un pays qui en devient deux, c’est une concurrence plus forte entre les pays, c’est un contre-pouvoir plus fort contre la dictature de l’un comme de l’autre.

7. Est-ce que chaque libéralie peut définir sa propre vision du consentement libre ou de non-agression ?

Non, prise au premier degré, cette question n’a aucun sens : le consentement et la non-agression ne se définissent pas en fonction de préférences personnelles, locales ou culturelles. Un individu, quel qu’il soit, où qu’il soit, quelle que soit son époque, sa religion ou sa culture, consent, ou ne consent pas. C’est l’individu qui fait le consentement, ce n’est pas son contexte social, Ce n’est pas la société qui fait le consentement, c’est le consentement qui fait la société. Par contre, et je suppose que c’est plutôt le sens de la question, chaque Libéralie (chaque territoire libre) pourra calquer des préférences locales, culturelles et autres par-dessus le ‘NAP’ – Non-Aggression Principle, Principe de Non-Agression. Le propre du libre consentement individuel, c’est de permettre à toutes les formes de société, d’organisation sociale, de voir librement le jour.


PARTIE III : Parlons un peu de stratégie politique

Pour contextualiser pour les lecteurs, il existe plusieurs approches stratégiques qui peuvent causer des désaccords chez les libertariens.

Certains veulent faire du “rentre-dedans" en “s’infiltrant” dans les institutions démocratiques. Le but est de promouvoir le libertarianisme, de tenter de rapetisser l’État avec le pouvoir obtenu et enfin de faire autant que ce peut pour décentraliser les centres de pouvoirs en petits morceaux, par exemple territoriaux. Ce faisant, la concurrence et surtout la propriété privée pourra retrouver plus de place et les gens auront tendance à défendre la leur et l'e collectivisme/socialisme perdra de son ampleur. Dans ce contexte, les gens seront plus aptes à aller vers une société libertarienne et faire Sécession.

Après avoir essayé la politique, votre point de vue a changé. Pour une question d’efficacité, vous souhaitez plutôt changer l’opinion des gens par le biais de centres de réflexions et les médias. Vous ne voulez pas rentrer dans les règles politiques des institutions. Votre but étant de faire d’un coup seul la Sécession. Vous craignez qu’avec la stratégie du “rentre-dedans” la société reste seulement avec un État minimal, et qu’il redevienne un jour maximal.

Votre approche semble plus puritaine, ne serait-il pas plus judicieux de laisser les différentes stratégies opérer et de voir quelle est la plus efficace dans le temps long ? Peut-être que les deux stratégies vont coopérer.

Précisons que la société libertarienne n’a jamais été expérimentée à grande échelle, dans les sociétés modernes et complexes et dans un temps long. Et donc sur le papier, ça peut être séduisant, mais en pratique — dans le réel — on peut rencontrer des difficultés inattendues. Pensons notamment au ravage de la révolution communiste russe qui a plongé la tête première de la théorie à la pratique. Les marxistes avaient prévu de supprimer l’État une fois la dictature du Prolétariat établie, et d’avoir une société sans pauvre. Le réel a été autre.


1. Que diriez-vous aux sceptiques qui veulent y aller petit à petit ?

J’ai fait de nombreux écrits, des heures de vidéo sur cette question, à nouveau je renvoie donc à Liberté Manifeste ou à AuCoeurDeLaLiberte.fr pour développer ma réponse qui sera forcément trop brève. Mais en substance, en écho à votre préambule, les arguments sont de quatre ordres :

1) Entrisme (jouer le jeu politique de l’intérieur) : L’entrisme est voué à l’échec, on le sait à l’avance, et l’histoire des Thatcher de ce monde nous l’illustre. L’échec est certain pour deux raisons. L’ambition réductionniste (celle de Javier Milei, celle qui imagine réduire l’état à un «état minimal» bien inoffensif), c’est une ambition qui buttera sur la démocratie elle-même : quel est le mécanisme qui permet à une démocratie minimale de s’auto-saborder en une Libéralie ? Il n’y en a aucun, ce serait anticonstitutionnel. Libéralie est donc inaccessible via l’entrisme, seule la sécession y conduit. La seconde raison nous vient de Hans-Hermann Hoppe et son célèbre livre ‘Démocratie, le dieu qui a échoué’. Ce livre explique – je précise : il démontre, comme en maths – que la démocratie, sur le long terme, ne peut pas converger vers l’état minimal, car elle converge vers le communisme. Toujours. Le meilleur des Javier Milei pourra bien crier tous les «Afuera !» de la Terre, ses successeurs – sinon lui-même avant eux – seront politiquement obligés de suivre la demande de la masse, et la masse n’a pas d’incitation à renoncer à la redistribution de l’état-providence.

2) Sécession ou pas : De toute évidence, je n’ai pas et n’aurai jamais les moyens de réaligner tous ceux qui se disent libertariens sur la ligne sécessionniste. Ce qui ne m’empêche pas de le tenter. Il est donc évident que certains tentent et tenteront encore la voie de l’entrisme, bien malheureusement. Ce n’est pas bien grave ; dans l’absolu : ils sont autant de freins à la chute dans le trou noir communiste. En vision positive, ces gens finiront par entendre raison et rejoindre les réalistes que nous sommes. En vision négative par contre, à défendre de facto la démocratie, chacun devient le pire adversaire de la Liberté.

3) Temps long & Expérimenter : La pensée libertarienne a un gros avantage sur les autres. Son raisonnement aprioriste lui permet de décrire les phénomènes avant qu’ils se produisent. Ce n’est pas de l’arrogance, ni du fantasme, mais de la pure logique. Ainsi, les auteurs libertariens ont déjà largement écrit et décrit le mécanisme de la conservation ou de la perte de la Liberté à long terme. Et à cet égard, ce n’est certainement pas un Robert Nozick qui décrit le véritable processus. Il vaut mieux lire Frank Chodorov, ‘Essor et Chute de la Société’. En substance, il dit une chose simple : pour perdre la Liberté à terme, il faut ni plus ni moins qu’y renoncer. Sinon, rien ne peut la mettre à sa loi, et certainement pas les lois de l’économie.

4) Communisme : La comparaison avec le communisme témoigne d’une autre de ces confusions quant à la source de la doctrine libertarienne. Les communistes se trompent, parce qu’ils partent d’une fausse description du monde, d’une fausse théorie économique. Ils ne décrivent pas la réalité, donc leurs projets ne peuvent s’inscrire dans la réalité. C’est exactement le contraire s’agissant de la doctrine libertarienne. Aucune – I repeat, aucune – doctrine n’est plus solidement ancrée dans le réel de l’Homme. De ce fait, il est très rare que ce que décrivent ou annoncent les libertariens soit du pur fantasme...

2. Si une entreprise devient gigantesque… Il peut commencer à y avoir les défauts d’un État ? Si oui, à partir de quand ?

Non, comment cela serait-il possible ? Le raisonnement est simple. Dans ma Libéralie, le régalien est apporté par tout un complexe d’entreprises. Une en particulier, une compagnie d’assurance, possède une dimension internationale qui en fait un mastodonte à notre petite échelle. Bien sûr, sa tentation pourrait être grande d’en abuser. Mais la concurrence veille. Il n’y a pas de pouvoir politique pour lui accorder privilèges ou monopoles. Ainsi, quiconque se sentirait menacé par cette puissance apparente peut à tout moment simplement aller voir ailleurs et à la fois ne plus en dépendre et réduire d’autant sa puissance. Tant qu’il y a concurrence, et tant qu’il n’y a pas d’état pour forcer, imposer un monopole, la menace posée par mon assureur ne demeure qu’une hypothèse de salon... Ou un choix des clients.

PARTIE IV : Questions simples/réponses simples

1. Vous achetez du BTC ?

Non, je préfère acheter des «assets» ayant une valeur commerciale.

2. Qu’est-ce qui vous motive au quotidien ?

La curiosité, le besoin de comprendre, mes enfants, mes petits-enfants, les jeunes de ce pays, l’espoir d’une vague utilité sociale...

3. Une passion insoupçonnée ?

J’en ai deux. La première est un peu connue : le risque dans le domaine informatique et la théorie mathématique de l’informatique en général.
L’autre, ce sont les traces géologiques universelles de très anciennes civilisations, dont je suis convaincu qu’elles nous ont transmis le Droit.

4. Un livre ou une musique ?

Gödel, Escher et Bach, de Douglas Hofstadter.

„Invisible Limits“, Stratosfear, par Tangerine Dream.

 


 

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Stéphane GEYRES et le libertarianisme 

Stéphane Geyres: Y a-t-il des obligations chez les libertariens ?

Libertariens contre Libéraux par Stéphane GEYRES 

Stéphane Geyres t-il la Liberté par principe naturel ?

Voter, pourquoi donc !! (A) Pourquoi voter - un dossier de 2012 Books - Stéphane GEYRES)

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