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mai 29, 2026

Nouvelles d'un Monde de Paix à un Monde de Puissances....de totalitarisme !

Sommaire:

A) - Quand les protagonistes d’un conflit ne veulent pas céder, le pire est à craindre pour les autres.

B) - Mathias Desmet : la psychologie du totalitarisme technocratique qui étouffe l’Occident

C) - Facturation électronique obligatoire : la mafia euro-bruxelloise impose le contrôle fiscal total et la fin de la liberté de commercer

D) - Prédation chronopolitique : l’Iran, Israël et le mensonge diplomatique du temps

E) - Le Grand Entretien avec Peer de Jong – Guerres, puissances et chaos mondial : Où va le monde ?

 


 

 

A) - Quand les protagonistes d’un conflit ne veulent pas céder, le pire est à craindre pour les autres.

En Ukraine et au Moyen-Orient, aucun protagoniste des deux conflits en cours ne peut reculer sans mettre en jeu sa survie. Malgré tous les discours sur une paix imminente, il faut s’attendre à la prolongation de ces guerres, avec des conséquences économiques et sociales désastreuses pour le monde. Les électeurs israéliens et américains, et les dirigeants européens et chinois peuvent encore agir pour éviter le pire.

Ma nouvelle chronique pour @lesechos est en ligne. 

 


 

Les conflits d’aujourd’hui ont une caractéristique qu’on n’a pas vue depuis la Seconde Guerre Mondiale : aucun belligérant ne peut céder sans disparaître. Après 1945, ce sont les fascistes et les nazis qui ont disparu. Dans les conflits qui ont suivi, la survie des grandes puissances n’était pas en jeu ; elles pouvaient céder, ce qu’elles firent à de nombreuses reprises : les Russes ont reculé en Afghanistan, en Europe centrale et Orientale, en Irak et ailleurs. Les Américains au Vietnam, en Afghanistan et dans bien d’autres contrées.  Les Français ont cédé partout.

Ce n’est pas le cas dans les deux conflits majeurs aujourd’hui :

En Europe, ni l’Ukraine ni la Russie ne peuvent reculer :  Pour l’Ukraine, ce serait renoncer à son existence même. Pour le régime de Vladimir Poutine, ce serait un coup majeur qui mettrait fin à sa toute-puissance au Kremlin.

Au Moyen-Orient, Israël ne peut reculer ni contre le Hamas, ni contre le Hezbollah, ni contre l’Iran, qui tous les trois proclament leur volonté de détruire l’État hébreu. Et réciproquement, le Hamas, le Hezbollah et l’Iran des mollahs savent que capituler face à Israël serait pour eux comme recevoir un coup de grâce. De même, les mollahs et les pasdarans ne peuvent pas accepter les conditions posées par les États-Unis sans accélérer leur chute, tandis que, pour Trump, accepter les conditions posées par les dictateurs de Téhéran serait ouvrir la porte à la nucléarisation de l’Iran et augmenterait les perspectives d’une victoire démocrate en novembre et de la paralysie de l’administration républicaine.

En conséquence, tous les discours qu’on entend sur des négociations en cours en vue d’un cessez-le-feu, qui seraient, dans les deux cas, à la veille d’aboutir à un accord, ne sont que des balivernes, qui ne visent qu’à retarder la prise de conscience, en particulier par les marchés financiers, de la réalité de la situation : celui qui acceptera un cessez-le-feu à son désavantage perdra, à échéance plus ou moins brève, le pouvoir dans son pays. On peut faire confiance à Zelinsky, Netanyahou, à Trump, à Poutine et aux mollahs pour tout faire pour l’éviter.

Il faut vraiment être aveugle pour ne pas le voir. Comme nous sommes aveugles sur le dérèglement climatique et sur tant d’autres choses.

Le plus vraisemblable n’est donc pas l’imminence, dans un aucun de ces deux théâtres d’opérations, d’un cesser-le- feu réel et durable, même si on va encore nous amuser beaucoup avec cela. Et que les chaînes d’informations continuent en feront leur miel.

En Ukraine, le plus probable est une aggravation du conflit, avec une entrée en guerre de la Biélorussie, l’utilisation par les Russes d’armes d’une puissance immense, le bombardement des centres-villes et des lieux de pouvoir, avec des représailles ukrainiennes de même ampleur. Au Moyen-Orient, le plus vraisemblable est un blocage durable du détroit d’Ormuz et une prolongation des batailles à Gaza et au Liban.

Avec des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale. Car, même si on voit se mettre en place des mécanismes de substitution, même si le pétrole de la région passe en partie par d’autres chemins que le détroit d’Ormuz et les bateaux de commerce par d’autres passages que le canal de Suez, ces deux guerres entraînent des pénuries qui vont bientôt peser très lourd sur tous les pays du monde, en particulier sur les plus pauvres, qui n’ont rien à voir avec ce conflit :

Les stocks de pétrole de l’OCDE atteindront des niveaux critiques d’ici juin ; 120 milliards de mètres cubes de GNL seront perdus ; l’agriculture devrait enregistrer des pertes de récoltes à partir du second semestre 2026, (le détroit d’Ormuz gérant environ 30% du commerce mondial d’engrais) ; la période de semis dans l’hémisphère nord étant déjà passée, les perturbations entraîneront des dégâts irréversibles. Les polymères clés manqueront, avec des répercussions considérables pour les industries de l’emballage, des peintures, des produits pharmaceutiques et des cosmétiques. L’aviation et le tourisme souffriront de pénuries de kérosène, qui cloueront au sol des avions de plus en plus nombreux d’ici fin juin. Les industries de l’automobile (et en particulier des véhicules électriques) seront confrontées à une aggravation des pénuries d’aluminium, de plastiques et d’acide sulfurique, qui perturberont le traitement des métaux destinés aux batteries pendant au moins un an. Enfin, un tiers de l’approvisionnement mondial en hélium étant  interrompu, la fabrication de semi-conducteurs sera gravement perturbée, pendant au moins trois ans, indépendamment de tout cessez-le-feu.

La Chine, les Européens, l’Inde, l’Afrique, les pays du Golfe et une grande partie de l’industrie américaine, feront de plus en plus pression sur les belligérants pour éviter ce désastre que les marchés n’anticipent pas encore. Nul ne peut savoir s’ils auront suffisamment d’influence pour faire reculer des pouvoirs qui jouent leur survie.

La solution viendra donc plutôt soit de l’effondrement d’un dictateur, soit de la défaite électorale d’un dirigeant d’un pays démocratique. On peut plus aisément tabler, et espérer, en la défaite de Netanyahou et celle de Trump, tous les deux très menacés en novembre, qu’en un coup d’état à Moscou ou à Téhéran.

Rien, donc, de sérieux, ne devrait changer avant novembre. Il faut en tout cas s’y préparer. Et ne pas oublier que d’autres conflits à venir sont de même nature : Par exemple, celui qui pourrait opposer Pékin à Taïwan, avec les mêmes conséquences.

Le moment est venu pour l’Europe de faire entendre la voix de la raison.

Jacques Attali

Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller d’État. Conseiller spécial du Président de la République François Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.

Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express. 

Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.

https://www.attali.com/geopolitique/quand-les-protagonistes-dun-conflit-ne-veulent-pas-ceder-le-pire-est-a-craindre-pour-les-autres/

 

 


B) - Mathias Desmet : la psychologie du totalitarisme technocratique qui étouffe l’Occident  

Une nouvelle forme de totalitarisme s’installe sous nos yeux

Le professeur Mathias Desmet, psychologue et statisticien à l’université de Gand, a parfaitement décrypté le mécanisme qui broie nos sociétés occidentales depuis une décennie. Dans une interview décisive,

il explique que nous ne sommes plus face à de simples dictatures classiques, mais à l’émergence d’un totalitarisme technocratique inédit, froid, bureaucratique et sans visage.

Ce n’est ni le fascisme ni le communisme du XXe siècle : c’est le totalitarisme du XXIe siècle, piloté par des élites ternes, des experts autoproclamés et des médias aux ordres.

RussiaGate, Covid, Ukraine : la même psychose collective qui se répète

Desmet le montre avec une clarté glaçante : depuis 2016, la société occidentale est prise dans une succession de formations de masse. 

  • RussiaGate : un récit absurde, sans preuve, imposé pendant des années.
  • Covid : un vaccin « miraculeux » mis au point en quelques mois, présenté comme la seule solution, avec interdiction de tout débat.
  • Guerre en Ukraine : soudain, la guerre est « non provoquée », l’OTAN n’y est pour rien, et toute nuance devient une trahison. 

À chaque fois, le même schéma : une adhésion fanatique à un récit unique, une intolérance totale envers la dissidence, et une volonté de détruire ceux qui osent poser des questions. C’est la marque du totalitarisme moderne.

La formation de masse : le cœur psychologique du totalitarisme

Desmet explique que le totalitarisme ne naît pas d’abord de la force brute, mais d’un processus psychologique et social : la formation de masse. 

Entre 20 et 30 % de la population adhèrent de manière fanatique à un récit collectif. Ils deviennent aveugles à la réalité, prêts à tout sacrifier (santé, richesse, avenir de leurs enfants) et surtout profondément intolérants envers ceux qui pensent autrement. C’est ainsi que des mères dénoncent leurs propres enfants, que des voisins se dénoncent entre eux. 

Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il a pris une ampleur inédite avec la modernité : solitude massive, atomisation des individus, perte de sens (jusqu’à 60 % des gens considèrent leur travail comme un « bullshit job »). Résultat : une anxiété flottante, une frustration et une agressivité sans objet précis. Dès qu’un récit simple (le virus, Poutine, le « complot ») est diffusé par les médias, les gens y accrochent toute leur angoisse et retrouvent un semblant de lien social… au prix de leur liberté.

Dictature classique ou totalitarisme ? La différence est capitale

Dans une dictature classique, la population a peur du pouvoir et se soumet. Si le dictateur tombe, le régime s’effondre. 

Dans le totalitarisme, c’est la population elle-même (ou une partie fanatisée) qui devient le bras armé du système.

La police secrète, ce sont les 20-30 % qui croient dur comme fer au récit officiel et qui traquent les dissidents.

Le pouvoir n’a plus besoin d’être charismatique : il est technocratique, bureaucratique, porté par des experts sans éclat, comme l’avait prédit Hannah Arendt dès 1953.

Le totalitarisme technocratique : le nouveau visage du système

Aujourd’hui, ce ne sont plus Hitler ou Staline qui dirigent, mais des bureaucrates de Bruxelles, des experts payés par les think tanks, des médias et des GAFAM. Ils transforment l’être humain en machine biologique (cf. Yuval Noah Harari) qu’il faut optimiser, pucer, contrôler. La science elle-même est devenue une nouvelle religion : « Faites confiance à la science », « Faites confiance aux experts ». 

La propagande n’a plus besoin de la force : elle utilise la solitude, l’angoisse et la répétition. Et surtout, elle transforme la démocratie en son contraire : une majorité qui piétine les droits des minorités.

La seule résistance efficace : la parole sincère

Face à cela, Desmet est clair : la seule arme qui marche, c’est la parole sincère. Pas la violence, pas les complots, mais le courage de continuer à dire la vérité, calmement, même quand la masse ne veut pas entendre. C’est ce qui empêche le totalitarisme d’atteindre sa phase ultime : la destruction morale de l’adversaire.


 

Français, réveillez-vous : ce totalitarisme est déjà là

Ce que décrit Mathias Desmet, c’est exactement ce que vit la France et l’Europe depuis des années : conformisme imposé, censure, diabolisation de la dissidence, récit unique sur l’Ukraine, sur l’UE, sur le « progrès » technocratique. 

La mafia euro-atlantiste a trouvé la formule parfaite : un totalitarisme sans dictateur visible, porté par des bureaucrates et des experts, qui détruit la liberté au nom de la « solidarité », de la « science » et de la « démocratie ». 

La seule issue reste la même : le Frexit. Sortir de cette prison européenne, reprendre notre souveraineté, restaurer le débat véritable et la liberté de penser. 

Tant que nous resterons dans l’Union européenne, dans l’euro et dans l’OTAN, ce totalitarisme technocratique continuera à progresser. Il est temps de dire NON. Il est temps de reprendre notre destin en main. 

La parole sincère, c’est déjà la résistance. Et la France souveraine, c’est la seule solution.

https://multipol360.com/mathias-desmet-la-psychologie-du-totalitarisme-technocratique-qui-etouffe-loccident/



 

C) - Facturation électronique obligatoire : la mafia euro-bruxelloise impose le contrôle fiscal total et la fin de la liberté de commercer  

Sous couvert de « simplification », Big Brother s’installe dans vos factures

À partir du 1er septembre 2026, la France bascule dans l’horreur administrative et numérique. Toutes les entreprises, TPE, PME, auto-entrepreneurs, professions libérales, médecins, agriculteurs, artisans, auteurs… seront obligés de passer à la facturation électronique (e-invoicing) et à l’e-reporting.

Plus de facture papier, plus de PDF par mail : tout doit transiter par des plateformes privées agréées par l’État et par le réseau européen Peppol. 

Tatiana Ventôse l’a parfaitement démontré dans son intervention chez Nicolas Vidal : ce n’est pas une simple modernisation. C’est la surveillance généralisée et permanente de toutes nos transactions économiques. 

Tout le monde est concerné : même les plus petits

On vous ment déjà en vous disant « ce n’est que pour les grosses boîtes ». Faux. Dès septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA (même celles sous franchise en base) devront pouvoir recevoir des factures électroniques. L’émission devient obligatoire en septembre 2027 pour les petites structures. 

Auto-entrepreneurs, libéraux, commerçants, agriculteurs : vous êtes tous dans le viseur. Seuls les purs salariés et fonctionnaires échappent (pour l’instant). Mais toutes vos données – nom, adresse, ce que vous achetez, à qui vous vendez, à quel prix, en quelle quantité – seront transmises en quasi temps réel à la DGFiP… et au réseau européen. 

Peppol : le lobby privé créé par Bruxelles qui va tout centraliser

Derrière ce système se cache Peppol (OpenPeppol), une organisation de droit belge créée par la Commission européenne. Présentée comme un « réseau démocratique », c’est en réalité un lobby privé qui compte parmi ses membres : 

  • les grands cabinets de conseil (PwC, EY, etc) qui vont vous facturer des formations et audits ;

  • les fournisseurs de logiciels qui vont vous vendre leurs solutions payantes ;

  • et, selon Tatiana Ventos dans son intervention du 26 mai 2026, s’appuyant sur les recherches de Frédéric Baldan (ancien lobbyiste européen et activiste belge), des entreprises étrangères, dont des filiales liées au Parti communiste chinois (via une entreprise aérospatiale) et à Alibaba, présenté comme service de renseignement fiscal de Pékin.

On va donc confier toutes nos données économiques à un réseau international contrôlé en partie par des puissances étrangères. C’est du délire absolu. 

Un racket mafieux en bonne et due forme

Vous n’aurez pas le choix : il faudra obligatoirement passer par une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) privée qui va vous facturer un abonnement. L’État crée ainsi un nouveau marché juteux pour des boîtes privées qui vont s’enrichir sur votre dos en transmettant vos données à l’administration. 

C’est exactement le fonctionnement de la mafia : on vous oblige à payer pour « protéger » votre activité… sauf qu’ici, c’est l’État et l’Union européenne qui vous rackettent et vous espionnent. 

La fin de la liberté de commercer et de la vie privée économique

Comme l’a très bien résumé Frédéric Baldan : « Si on refuse la facturation électronique, on ne peut plus faire commerce aujourd’hui. » 

La facture papier sera illégale. Le PDF par mail sera illégal.

Sans inscription dans ce réseau, votre entreprise n’existera plus légalement. C’est la mort programmée de la liberté d’entreprendre. 

Ajoutez à cela les risques de cyberattaques massives (comme celle de l’ANTS en 2026) et la centralisation de toutes ces données chez des acteurs privés exposés au Cloud Act américain ou aux intérêts chinois : c’est la fin de tout secret commercial, de toute confidentialité. 

Le paquet ViDA voté par TOUS les eurodéputés français

Cette horreur vient directement du projet européen ViDA (VAT in the Digital Age). Et devinez quoi ? 100 % des députés européens français ont voté pour, y compris ceux du RN, de LFI, de Renaissance et des autres. Manon Aubry, Jordan Bardella, tous complices (voir ici et ici). 

Même ceux qui se disent « souverainistes » laissent passer l’étranglement numérique de la France. 


 

La seule issue : le Frexit

Français, producteurs de richesse, entrepreneurs, indépendants : on vous transforme en agents de renseignement du fisc et en vaches à lait d’un cartel euro-bruxellois. 

Ce n’est pas une réforme technique. C’est une brique supplémentaire dans l’édifice totalitaire que construit l’Union européenne : contrôle total, disparition du cash avec l’euro numérique, passeports pour objets d’occasion, identité numérique obligatoire… 

La France ne se relèvera pas en acceptant ce carcan. Elle se relèvera en reprenant sa souveraineté. 

Le Frexit est la seule solution. Sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. Reprise en main de notre destin. 

Il est temps de dire NON. Signez la pétition contre cette folie (même si elle passe par l’identité numérique, c’est déjà un scandale). Et surtout, réveillez-vous : la liberté de commercer est en train de mourir sous nos yeux. 

Tant que nous resterons dans cette prison européenne, la France sera détruite de l’intérieur. Il est temps que les Français reprennent leur pays.

https://multipol360.com/facturation-electronique-obligatoire-la-mafia-euro-bruxelloise-impose-le-controle-fiscal-total-et-la-fin-de-la-liberte-de-commercer/ 

 


 

D) - Prédation chronopolitique : l’Iran, Israël et le mensonge diplomatique du temps

Tout accord diplomatique contient un mensonge sur le temps. On signe au présent des engagements que les parties n’habitent pas dans la même durée. L’une cherche une respiration tactique tandis que l’autre travaille déjà l’après, si bien que l’accord, tout en prétendant rapprocher des volontés, ne fait souvent que juxtaposer des temporalités irréconciliables. Le Memorandum of Understanding (MOU) discuté entre Washington et Téhéran le montre avec une netteté particulière : dès lors qu’à Washington on parle de désescalade, de garanties et de calendrier, à Téhéran le raisonnement relève d’un autre registre, fait de survie du régime, de continuité de l’État et d’usure méthodique de l’adversaire. Le malentendu ne tient pas seulement aux clauses mais au temps lui-même.


C’est en ce sens qu’il faut parler de prédation chronopolitique : une situation où l’un des acteurs transforme la durée en ressource tandis que l’autre en supporte le coût, l’asymétrie ne relevant plus de la seule patience stratégique, mais d’un échange inégal où un acteur consomme du temps pendant que l’autre l’accumule. En stratégie, cela suffit déjà à établir un avantage décisif. François Hartog a montré que les sociétés n’articulent pas toutes le passé, le présent et l’avenir de la même manière, mais, en politique étrangère, ces régimes de temps ne sont pas de simples catégories d’analyse puisque certains acteurs savent s’en servir comme d’instruments. La République islamique l’a compris depuis 1979.

Téhéran superpose en effet plusieurs régimes de temps : mémoire impériale persane, horizon chiite et calcul tactique de l’usure, pariant sur l’épuisement des adversaires, sur la lenteur des démocraties et sur la succession des administrations. Le régime islamique n’a pas besoin de gagner. Il lui suffit de durer plus longtemps que ses adversaires. C’est là que se révèle la vulnérabilité occidentale : les démocraties gèrent l’urgence électorale et l’instant médiatique ; l’Iran investit la durée.

Le MOU doit être lu dans cette perspective, parce que le débat public se concentre sur les seuils d’enrichissement, les mécanismes de contrôle et le rythme des sanctions, ce qui n’est pas inutile en soi mais devient secondaire si l’on n’interroge pas la structure temporelle du problème. L’accord intervenu ne brise pas la logique d’attente du régime iranien ; il lui offre précisément ce qu’il recherche le plus : du temps, et le temps, pour Téhéran, n’est pas un contexte mais une arme. Israël le perçoit avec une netteté particulière parce qu’il vit dans une autre épaisseur historique, portant une mémoire longue et la conscience permanente que l’histoire peut recommencer, ce qui rend son rapport au temps plus grave, plus chargé et plus tragique que celui des démocraties ordinaires.

C’est une des raisons pour lesquelles Israël se retrouve souvent seul au moment décisif, cette solitude ne relevant pas toujours d’un abandon explicite mais d’une incompatibilité de temporalités. On ne négocie pas un siècle avec un mandat de quatre ans et on ne bâtit pas une architecture durable avec des partenaires qui vivent sous la tyrannie de l’instant. Le problème n’est donc pas seulement iranien, il est aussi occidental. La question palestinienne occupe, dans cet ensemble, une place plus complexe qu’on ne le dit souvent, car elle n’est pas seulement un conflit territorial ou national, mais elle est aussi une temporalité suspendue, fragmentée et reconduite par la répétition du conflit et par l’attente politique qu’elle produit. Sans cesse reprise, instrumentalisée et traduite dans d’autres stratégies, au premier rang desquelles celle de Téhéran.

Le vrai clivage n’oppose ni modérés ni idéologues, ni Israéliens et Palestiniens. Il oppose des régimes du temps, des manières inégales de convertir ce temps en puissance, et c’est là que se situe la ligne de fracture décisive. La mémoire israélienne ne procède d’ailleurs pas d’une seule catastrophe historique. Elle articule des mémoires européennes et orientales, religieuses et politiques, ce qui explique aussi son rapport singulier à la vulnérabilité et à la durée.

Cette pluralité des mémoires confirme l’enjeu central : les conflits les plus durables ne se résolvent pas au rythme du commentaire, mais exigent une politique étrangère capable de penser au-delà des cycles courts. La France gaullienne avait compris, avec l’arme nucléaire, qu’une souveraineté sérieuse se pense à l’échelle des générations. Aujourd’hui, cette capacité s’est affaiblie, les démocraties occidentales demeurant enfermées dans la simultanéité médiatique et dans l’obsession de la réaction immédiate, où l’on confond souvent mouvement et stratégie ; l’Iran, lui, ne confond rien, car il attend, il observe, il use, il recommence, et ce rapport au temps explique une part essentielle de sa résilience.

C’est pourquoi le MOU ne doit pas être lu seulement comme un arrangement diplomatique de plus, mais comme un test de capacité stratégique. Il pose une question simple et dure : les démocraties occidentales peuvent-elles encore produire une politique étrangère qui ne soit pas structurellement perdante face à des régimes installés dans la durée ? Jusqu’ici, la réponse demeure incertaine. Téhéran a déjà intégré ce que les démocraties refusent encore d’admettre : dans certains rapports de force, le temps est la première des conquêtes. Il ne se signe pas. Il habite les puissances — ou les détruit.

Fundji Benedict


 

https://nouvellerevuepolitique.fr/fundji-benedict-predation-chronopolitique-liran-israel-et-le-mensonge-diplomatique-du-temps/

 


E) - Le Grand Entretien avec Peer de Jong – Guerres, puissances et chaos mondial : Où va le monde ?

Le système international traverse une phase de recomposition brutale marquée par le retour des conflits de haute intensité, la fragmentation des équilibres géopolitiques et l’affaiblissement progressif des cadres de sécurité hérités de l’après-Guerre froide. Entre la confrontation entre Israël, les États-Unis et l’Iran, la guerre russo-ukrainienne qui s’enlise, les tensions stratégiques entre Washington et Pékin et la déstabilisation persistante du Sahel, les rapports de force mondiaux semblent entrer dans une nouvelle ère de confrontation durable.

Dans ce contexte, la rencontre prévue ce 15 mai 2026 entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin apparaît comme un moment diplomatique majeur. Rivalités commerciales, compétition technologique, guerre énergétique, crise ukrainienne et tensions indo-pacifiques structurent désormais la relation entre les deux principales puissances mondiales. 

Parallèlement, l’Afrique et particulièrement le Sahel demeurent des zones de forte instabilité stratégique, où se croisent terrorisme jihadiste, effondrement étatique, rivalités d’influence et recul progressif de la présence française.

Pour analyser ces bouleversements géopolitiques majeurs et leurs implications militaires et stratégiques, Le Diplomate Média a une nouvelle fois rencontré Peer de Jong. Ancien colonel des Troupes de marine, expert des dynamiques de conflictualité et cofondateur de l’Institut Themiis.

Propos recueillis par Roland Lombardi

Le Diplomate : Depuis plusieurs années, les conflits de haute intensité et les rapports de force entre grandes puissances semblent redevenir centraux dans les relations internationales. Sommes-nous selon vous entrés dans une nouvelle phase historique de confrontation globale durable ?

Peer de Jong : L’irruption de la Russie en Ukraine en 2022 a été fortement déstabilisatrice dans les rapports entre États. C’est la première fois qu’un pays du P5 envahit son voisin…. C’est déstabilisant pour l’Ukraine évidemment mais aussi pour l’Europe qui voit un conflit conventionnel s’incruster sur le continent. La menace n’est plus virtuelle. Facteur aggravant, cette invasion produit des effets induits. Donald Trump nouvellement élu en janvier 2025 s’est d’emblée retracté sur l’aide à apporter à l’Ukraine tout en préconisant une nouvelle logique géopolitique centrée sur le continent américain ; une forme de doctrine de Monroe revisitée appelée la « doctrine de Donroe » en référence au prénom du président américain. En matérialisant son espace d’intérêt et d’influence sur le Groenland, le Canada, Panama et le Mexique (et accessoirement sur le Venezuela et Cuba…) lors de son discours d’intronisation en janvier 2025, Donald Trump reconnait aux autres grandes puissances que sont la Russie et la Chine, la possibilité d’exercer leur influence sur leurs zones géographiques respectives. Presque un « droit de tirage » qui met en exergue, avec le véto quasi permanent de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité des Nations unies, une sorte de fin du droit international.   

La guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran a profondément déstabilisé le Moyen-Orient et ravivé les tensions énergétiques mondiales. Comment analysez-vous aujourd’hui les objectifs stratégiques réels de Washington dans cette confrontation ?

La guerre déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février 2026 contre l’Iran présente plusieurs caractéristiques. On remarque en préalable, l’influence du premier ministre Netanyahou sur l’exécutif américain alors que ce dernier semblait après les bombardements de juin 2025, plutôt enclin à laisser « pourrir la situation ». Les émeutes de janvier 2026 en Iran allaient d’ailleurs dans le sens de la logique américaine. A l’évidence, poussés par les Israéliens qui ont évidemment leur propre agenda, les forces américaines ont lancé le 28 février 2026, une opération militaire qui a présenté deux caractéristiques négatives. En effet, l’impréparation sans prévenir les alliés de l’OTAN et le défaut de planification (cadre espace-temps et effet final recherché ?) ont caractérisé l’assaut initial sur l’Iran. La doctrine américaine « choc et effroi » (shock and awe), fondé sur l’écrasement de l’ennemi et son incapacité à réagir, n’a pas été efficiente. Ces errements initiaux pourraient être corrigés par la redéfinition d’un objectif clair : celui d’interdire à l’Iran un accès au nucléaire militaire. Cet objectif est en phase avec ceux de la Chine. Les discussions sont en cours…     

À lire aussi :  EXCLUSIF – Le Grand Entretien avec Reza Pirzadeh –  Entre guerre classique et guerre hybride : les ressorts de la résilience iranienne

Malgré les frappes occidentales, l’Iran paraît avoir démontré une forte capacité de résilience politique, militaire et régionale. Cette séquence constitue-t-elle selon vous un succès limité pour les États-Unis ou révèle-t-elle les limites actuelles de la puissance américaine ?

Cette résilience iranienne démontre d’abord la très bonne capacité d’anticipation de l’Iran qui s’était visiblement préparé à un conflit de ce niveau (tunnels, installations enterrées, etc…). De plus, l’Iran avait clairement dissimulé les progrès réalisés dans le domaine de la balistique. Ces deux points forts se conjuguant dans l’emploi des moyens. De l’autre côté, les États-Unis, malgré le très haut niveau de l’armée américaine, démontrent plusieurs faiblesses : tout d’abord le défaut d’appréciation des forces de l’Iran (lié en grande partie au « mépris » des Américains sur les capacités iraniennes/discours de Trump). Cet état d’esprit a engendré un défaut d’appréciation des capacités iraniennes. Les États-Unis ont ainsi semblé durant les premières semaines du conflit comme totalement décalé par rapport à une réalité. Enfin les États-Unis ont subi la double manœuvre iranienne : celle du blocage du détroit d’Ormuz et celle des tirs massifs dit de saturation de missiles et de drones sur les pays du Golfe Persique. Les forces américaines ont subi le tempo de Téhéran révélant les limites de l’emploi de la force militaire.   

Concernant la guerre russo-ukrainienne, le conflit semble désormais installé dans une logique d’usure prolongée. Comment évaluez-vous aujourd’hui l’état réel des forces militaires russes et ukrainiennes après plus de quatre années de guerre ?

Après 4,5 ans de guerre, nous sommes clairement entrés dans une phase de cristallisation du conflit. Sur le terrain, on note un essoufflement du mouvement vers l’ouest des forces russes tandis que les Ukrainiens résistent et arrivent même à reprendre du terrain. Ainsi les forces ukrainiennes ont repris plus de 100 Km2 en avril 2026. Cette stabilisation du front dénote une usure des belligérants malgré les déclarations des uns et des autres. Par contre, la guerre s’est déplacée sur un autre plan. Les Russes et les Ukrainiens se mènent à présent une guerre dans la profondeur qui s’apparente à une guerre d’attrition. Drones et missiles s’échangent à un rythme particulièrement élevé et provoquent des destructions importantes, des installations énergétiques entre autres. Ces tirs dans la profondeur provoquent de fait des dégâts collatéraux très importants. 

Donald Trump avait promis de mettre rapidement fin aux grands conflits internationaux après son retour à la Maison-Blanche. Pourquoi les États-Unis semblent-ils aujourd’hui incapables d’imposer une stabilisation durable aussi bien en Ukraine qu’au Moyen-Orient ?

Sur l’Ukraine, deux visions s’affrontent aux États-Unis. La première prône une forme de partage objectif du monde et la stabilisation du conflit aux conditions russes. Donald Trump a ouvert la voie en exprimant son désintérêt pour l’Ukraine. Pour lui, les États-Unis doivent se concentrer sur le continent américain qui est leur zone d’intérêt. Il donne ainsi un blanc-seing à la Chine pour agir en Asie, comme il attribue un rôle dominant à Poutine sur le fuseau central, c’est-à-dire sur l’Europe et l’Afrique. C’est la vision « real politique » de partage du monde. 

La motivation des Européens pour s’engager collectivement en faveur de l’Ukraine a ouvert la voie à une vision mercantile aux États-Unis. Comme l’Europe n’a plus les industries de défense capables de répondre aux demandes de Kiev, les Etats-Unis se placent en position de pourvoyeurs d’armes pour les Ukrainiens mais achetées par les États européens. C’est un modèle économique qui se veut vertueux à Washington mais qui enfonce progressivement l’Europe dans une politique d’assujettissement aux conditions américaines. Le sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet 2026 en Turquie promet d’être compliqué.  

La guerre au Moyen-Orient révèle quant à elle, des failles importantes au sein de l’armée américaine mais sans préjuger de sa capacité à mener un conflit. L’armée des États-Unis reste le modèle le plus puissant… mais altéré par les atermoiements de l’exécutif américain.

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La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin pourrait-elle ouvrir une phase de stabilisation stratégique entre Washington et Pékin ou faut-il plutôt y voir une simple gestion tactique d’une rivalité systémique appelée à durer ? 

La Chine devient progressivement la « tour de contrôle » mondiale de la paix et de la guerre. Et si la Chine partage avec la Russie et les États-Unis, le statut de grande puissance, elle n’est pas engagée dans un conflit chaud. Elle ne commet pas l’erreur américaine et russe d’être mise en échec par des pays plus faibles comme l’Iran et l’Ukraine. La Chine a compris, probablement avant tout le monde, que le nucléaire militaire ne dissuade que le nucléaire militaire. Mais se frotter à un pays déterminé comme l’Iran ou l’Ukraine, donc mener un combat asymétrique, donne un avantage systémique aux plus faibles dès lors qu’ils utilisent des armements « rudimentaires » et en grand nombre. La capacité à durer fait le reste.  

Vous connaissez particulièrement bien les questions africaines et sahéliennes. Après le recul de l’influence française au Mali, au Niger ou encore au Burkina Faso, la France peut-elle encore redevenir un acteur crédible en Afrique face à la montée en puissance de la Russie, de la Chine ou de la Turquie ? Et comment analysez-vous le retour en force des jihadistes au Mali notamment ?

La France a perdu l’ensemble de ses « positions » territoriales entre 2022 et 2025. Le dispositif français s’est évaporé en 3 ans à l’exception de Djibouti qui est louée. Cette perte d’influence majeure s’apparente à une perte de crédibilité. Cet état de fait a ouvert grandes les portes de l’Afrique à tous nos compétiteurs qu’ils soient Américains, Russes, Turcs, Israéliens, Chinois et bien sûr Européens. Ce constat d’échec ne vient pas seulement de l’impossibilité pour l’opération Barkhane de traiter la question du djihadisme dans le Sahel. Il vient d’un flux récurrent d’erreurs commises depuis 1994 – de la guerre au Rwanda, à la dévaluation du franc CFA sans en informer les États, à la suppression du ministère de la coopération mais aussi de maladresses comme l’humiliant discours de Dakar en 2007 ou d’erreurs comme la guerre en Libye en 2011, etc…. La France s’est embourgeoisée dans sa relation à l’Afrique dans un contexte de montée en puissance de l’Union européenne depuis le traité de Lisbonne qui lui donne de larges prérogatives en même temps que des budgets conséquents. L’Afrique est devenue attractive. Elle s’ouvre à tous. Mais elle doit trouver à présent les solutions à la montée du terrorisme islamiste qui gangrène le Sahel, l’Afrique centrale et à terme les pays du Golfe de Guinée. La porte s’est ainsi également ouverte pour les djihadistes internationaux qui peuvent entrevoir à présent la création d’un califat au cœur du continent.   

Enfin, dans un monde marqué par la montée des blocs, le retour des guerres et les tensions économiques mondiales, la France dispose-t-elle encore selon vous des moyens militaires, diplomatiques et industriels lui permettant de préserver une véritable autonomie stratégique ?

La France a évidemment les moyens militaires, diplomatiques et industriels pour préserver voire amplifier son autonomie stratégique. Malheureusement la France aborde la période avec une situation budgétaire catastrophique qui limite de fait ses capacités tout en divisant l’opinion publique française. Enfin, l’Europe a compris qu’il ne fallait pas compter sur les Américains et sur Trump, pour les protéger. L’OTAN n’est plus l’alliance espérée par les Européens à l’issue de la deuxième guerre mondiale. Trump a sonné la fin de l’idée selon laquelle les Européens pouvaient consommer sereinement sans faire les efforts indispensables à sa protection. C’est un peu l’histoire des « trois petits cochons » et la prise de conscience de la nécessité d’investir massivement dans les questions de défense. Cette prise de conscience provoque de fait une exacerbation de la compétition intra européenne. Les Allemands affirment à présent leur volonté d’être « leader » de la défense du continent en se dotant de la plus grande armée conventionnelle européenne, tandis que la Pologne semble avoir des prétentions identiques. Il nous faut donc entretenir le très haut niveau technologique de notre modèle nucléaire militaire tout en affermissant les forces conventionnelles mises à mal depuis la réforme Armée 2000 et la RGPP, la réforme générale des politiques publiques chère au président Nicolas Sarkozy. Mais avec quel budget ?  


 


 

 

 

mars 01, 2026

Ali Khamenei et Maduro, ou la fin de l’incantation. D’ores et déjà un événement d’une portée identique à ce que fut en son temps la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS.

D’ores et déjà un événement d’une portée identique à ce que fut en son temps la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS.

Fin d’un régime qui a façonné l’histoire du monde pendant près de 50 ans? Les semaines et les mois qui viennent nous le diront. 

Ceux qui gouvernent au nom d'un Dieu, finissent par se prendre pour lui. "L’apocalypse des mollahs" évoque l'objectif affiché : décapiter le régime des mollahs, l'opération militaire, nécessaire mais pas suffisante sans la diplomatie. L'Iran peut enfin redevenir la Perse !


 

Ils n'ont pas bombardé l'Iran. Ils ont attendu que tous les dirigeants iraniens soient réunis dans la même pièce avant de bombarder l'Iran. Des mois de renseignement. Des milliers d'heures de surveillance et d'interception de signaux. Une seule variable : le moment où le Guide suprême, le président et le haut commandement militaire se sont réunis au même endroit et au même moment. 

 Il était 8h15 ce matin. En plein jour. Toutes les frappes israéliennes précédentes contre l'Iran ont eu lieu de nuit. Celle de juin 2025 a été lancée dans l'obscurité. Celle d'octobre 2024 après minuit. Toute la doctrine de défense aérienne iranienne repose sur l'hypothèse qu'Israël attaque de nuit. Israël a attaqué en plein jour car la cible n'était pas une infrastructure. La cible était une réunion. 

Reuters confirme que les frappes visaient Khamenei et Pezeshkian. CNN confirme des mois de planification conjointe américano-israélienne. Des responsables israéliens ont confirmé que la frappe a touché le lieu où étaient réunis les plus hauts responsables iraniens. La question de savoir si Khamenei a été déplacé avant ou exfiltré après la frappe est l'inconnue la plus cruciale au monde actuellement. Si c'était avant, quelqu'un au sein du cercle restreint de Téhéran a informé Jérusalem de la date et du lieu de la réunion. Si c'était après, les frappes ont touché la pièce et il a survécu. Les deux scénarios sont catastrophiques pour le régime. Car les dirigeants iraniens savent désormais trois choses : Israël savait où ils se réunissaient, quand ils se réunissaient et qui serait présent. Et tout ce que nous avons observé au cours du mois dernier – les F-22 à Ovda, les avions ravitailleurs à Ben Gourion, Al Udeid complètement vidé, 270 vols de transport – tout cela constituait le dispositif de lancement d’une frappe chirurgicale unique sur une réunion. 

Désormais, chaque réunion des hauts dirigeants iraniens sera marquée par une question : Israël est-il également au courant de cela ? Il ne s'agit pas d'une opération militaire. Il s'agit de la destruction de la confiance institutionnelle au sein d'un régime. Demain, chaque général qui rencontrera Khamenei se demandera qui a informé Jérusalem de ce qui s'est passé aujourd'hui. Chaque commandant des Gardiens de la révolution qui recevra une convocation à une réunion évaluera si sa présence est un devoir ou une condamnation à mort. Toutes les installations censées être sécurisées à Téhéran se sont révélées vulnérables. En juin 2025, Israël a tué 30 généraux dans les premières minutes. C'était une opération de force brute menée sur des cibles dispersées. Ici, c'était une opération chirurgicale. 

Une rencontre. Un instant. Des mois de patience. En représailles, l'Iran a lancé des missiles sur six pays. La plupart ont été interceptés. Un civil a été tué par des débris à Abou Dhabi. L'Arabie saoudite a réagi en promettant de mobiliser toutes ses forces contre l'Iran. La coalition du Golfe, qui n'existait pas hier, existe aujourd'hui parce que Téhéran l'a construite en attaquant simultanément tous les pays. Israël a troqué une matinée de frappes de précision contre la destruction permanente de la cohésion du commandement iranien. Ce n'est pas un combat. C'est un échec et mat déguisé en premier coup. 

 
Très intéressantes révélations du Washington Post sur le fait que MBS et les Saoudiens auraient en coulisse poussé Trump à l’intervention et à en finir, contrairement au lieu commun partagé en public.

L'Iran décrète 40 jours de deuil national suite au décès du guide suprême, le présentateur de la télévision nationale fond en larmes...
 
La mort de Khamenei est l’énième réplique de l’onde de choc déclenchée par l’attaque terroriste du 7 octobre. Sinwar voulait la mort de l’État juif. Il a été éliminé et avec lui, les principaux dirigeants de l’axe de la « résistance ». Spectaculaire retour de bâton stratégique. Le stratège Sinwar a entraîné tous ses complices vers la mort Le "7 octobre" est le plus grand événement depuis le "11 septembre". Deux événements marqués par des dates et qui ont secoué le monde et réveillé deux grands pays : les USA et Israël La France n'a toujours pas compris.
Le fils de Khamenei, Mojtaba Hosseini Hamaney, fut éliminé en même temps que son père tyrannique. Mojtaba était le successeur de Khamenei et le plus proche candidat au titre d'ayatollah. Il était le chef de la Force de résistance Bassidj.
Le chef de l’armée iranienne, le général Hatami, affirme que le guide suprême « souhaitait le martyre » et qu’il « a réalisé son vœu », déclarant l’avoir constaté à plusieurs reprises lors de réunions privées avec lui.
 
 

 

Ali Khamenei (1939-2026) : de la fin d’un tyran en Iran 

L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique depuis 1989 est mort aujourd’hui 28 février 2026 dans le cadre des attaques menées par les États-Unis et Israël contre la République islamique afin de provoquer un changement de régime par la force.

Sa disparition, sans savoir si elle conduira à un changement de régime par la force, à une transition vers un proche, ou vers un chaos généralisé, marque la fin d’un pouvoir de 37 ans qui a défini et structuré la nature du pouvoir de la République islamique.

Nous revenons sur les grandes étapes de son existence, de son enfance pieuse au Nord de l’Iran et sa rencontre avec l’ayatollah Khomeyni pendant des études de théologie au renforcement progressif de son pouvoir brutal au sein du régime iranien.

                                      Ruhollah Khomeini et Ali Khamenei dans les années 1970.
 

Ali Khamenei était issu d’une famille pieuse du nord-est de l’Iran.

  • Ali Khamenei est né en 1939 à Mashhad, principale ville du nord-est de l’Iran et important centre religieux en raison de la présence du mausolée de l’Imam Reza, seul Imam du chiisme duodécimain à être enterré en Iran, les autres se trouvant principalement en Irak. 
  • Il grandit dans une famille azérie, deuxième d’une fratrie de huit enfants, dans une famille pieuse — son père, Seyed Javad Khamenei, était lui-même un clerc religieux réputé à Mashhad. Plusieurs de ses frères deviendront eux-mêmes clercs. 
  • Il aurait des liens de parentés avec le quatrième imam chiite Ali Zeyn-ol-Abedin, et appartiendrait à ce titre aux descendants de la famille du Prophète, ce qui l’autorise à porter un turban noir ainsi que le nom de seyyed.
  • Malgré son appartenance à une lignée prestigieuse sur le plan religieux, Khamenei a souvent insisté dans ses discours sur la pauvreté de sa famille durant son enfance — repas frugaux, logement modeste. C’est un élément important car il nourrit sa rhétorique populiste et son identification aux déshérités (mostazafin), un pilier idéologique de la République islamique.

Ali Khamenei avec son père, Seyed Javad Khamenei, un clerc religieux réputé de Mashhad après la révolution.
 

Entre 1957 et 1979 il se forme à la théologie, et par le biais d’une série de rencontres militantes, il devient une figure de l’opposition à la monarchie pahlavie.

  • Après des études à Machhad puis à Najaf, il s’installe à Qom, principale ville de formation théologique en Iran, où il suit le séminaire du grand-ayatollah Boroujerdi. 
  • Il rencontre dans ce cadre Seyed Mojtaba Navvab Safavi, dirigeant des Fédaïs d’islam, qui comptait instaurer un gouvernement islamique en Iran dans les années 1940. 
  • Il fait surtout la rencontre, décisive pour la suite, de Rouhollah Khomeyni en 1957. 
  • Qom est en effet un important lieu de contestation des mesures de la monarchie pahlavie, comme en 1963 contre la Réforme agraire, mais aussi les droits des femmes et la transformation séculière de l’Iran.
  • Ali Khamenei est arrêté à six reprises et même banni dans une ville, Iranchahr, en 1977 à cause de sa prédication politique, de la diffusion de tracts et cassettes de Khomeini et de sa participation à des réseaux clandestins d’opposition cléricale.
  • Sur sa formation théologique proprement dite, Khamenei n’a jamais atteint le rang de marja (grand ayatollah et source d’imitation), ce qui a été et reste une source de contestation de sa légitimité religieuse. Il est généralement considéré comme hojatoleslam, un rang intermédiaire dans la hiérarchie cléricale. C’est un point important pour comprendre les débats ultérieurs autour de sa nomination comme Guide suprême.
  • Sur ses influences intellectuelles : au-delà de Khomeini, Ali Khamenei a été marqué par des penseurs comme Sayyid Qutb, intellectuel égyptien, principal théoricien des Frères musulmans, dont les écrits — notamment Jalons sur la route — ont influencé l’islamisme sunnite en prônant une rupture radicale avec les sociétés qu’il jugeait revenues à un état d’ignorance pré-islamique (jahiliyya), et défendant l’instauration d’un gouvernement révolutionnaire au nom de l’Islam en Égypte. 
  • Il a même traduit deux ouvrages de Sayyid Qotb, L’avenir dans les terres d’islam et Réquisitoire contre la civilisation occidentale — ce qui confirme l’influence de la pensée qotbienne sur sa vision du monde, par-delà le clivage sunnisme-chiisme. 

                      Ali Khamenei s’inscrit à l’élection présidentielle iranienne, octobre 1981
 

Entre la révolution (1979) et la mort de Khomeini (1989) il connaît une impressionnante ascension.

  • Il rejoint Téhéran lors de la Révolution de 1979 et monte rapidement les échelons, jusqu’à devenir Imam du vendredi à Téhéran, c’est-à-dire responsable de la principale prière de la semaine. 
  • Il est blessé lors d’un attentat attribué tantôt à Forqan, groupe extrémiste islamiste, et tantôt à l’Organisation des Moudjahidines du peuple (OMK/MEK), mouvement d’opposition armée à la République islamique, alors qu’il prononce un sermon en 1981 et en a conservé depuis un bras droit mutilé. 
  • Il est ensuite élu président de la République islamique en 1981 puis en 1985, dans un contexte où le pouvoir du président était limité par l’autorité morale et politique incontestable du Guide suprême, Khomeyni, jusqu’à la mort de ce dernier en 1989. 
  • Pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), Ali Khamenei, alors président de la République, a joué un rôle important dans la conduite du conflit : il acquiert une visibilité internationale, plaide la cause iranienne à l’ONU et auprès des pays non-alignés, se rend sur les lignes de front, et participe aux décisions stratégiques sur la conduite de la guerre, même si le pouvoir réel revenait au Guide suprême Rouhollah Khomeini et aux commandants militaires, notamment les Gardiens de la révolution.

 

Ali Khamenei conduit la prière à Téhéran dans les années 1980. Crédit : Michel Artault/Gamma-Rapho

Khamenei devient alors le successeur non charismatique de Khomeyni mais couronné de succès.

  • En 1989, à la suite de la mort de Rouhollah Khomeini, il est élu Guide suprême, alors même qu’il n’était pas considéré comme un marja-é taqlid (ou « source d’imitation »), statut qui signifie qu’un religieux est suivi par une communauté de croyants qui écoutent ses préceptes, recommandations théologiques et conseils de vie pratique. La Constitution a d’ailleurs dû être révisée la même année pour supprimer l’exigence que le Guide soit un marja — une révision voulue par Khomeini lui-même avant sa mort, qui souligne le caractère davantage politique que religieux de cette désignation.
  • Beaucoup considèrent alors que l’homme fort du régime sera Hachemi Rafsandjani, président de la République islamique de 1989 à 1997 et partisan d’une ouverture commerciale du pays : le régime aurait pu se séculariser progressivement au profit des élus et aux dépens des autorités religieuses. 
  • Alors qu’il est considéré moins charismatique et populaire, disposant d’une plus faible légitimité religieuse que Khomeyni dans l’ombre duquel il a grandi, Ali Khamenei parvient progressivement à conforter son pouvoir et à écarter ses rivaux politiques, au point que certains considèrent qu’il est le dirigeant le plus puissant en Iran depuis Nassereddine Shah — qui a régné de 1848 à 1896. 
  • Pour consolider son pouvoir, il renforce progressivement son contrôle des institutions non élues — Conseil des gardiens de la Constitution, pouvoir judiciaire, forces armées, Corps des Gardiens de la Révolution, Fondations religieuses avec un rôle économique —, développe son Bureau (beyt-e rahbari) comme centre de pouvoir parallèle, et met au pas ses rivaux.

 

                         L’ayatollah Ali Khamenei hospitalisé après une tentative d’assassinat

La centralité du pouvoir d’Ali Khamenei se comprend, en effet, à la lueur des liens qu’il a tissés avec le Corps des Gardiens de la Révolution. 

  • Il leur accorde notamment la gestion d’importantes Fondations religieuses, à l’instar d’Astan Qods Razavi, qui deviennent des géants économiques, présents dans l’intégralité d’une économie fermée, caractérisée par le clientélisme, disposant de passe-droits multiples — échappant largement au contrôle fiscal et parlementaire, et répondant directement au Guide —, rendus encore plus intenses par les régimes de sanctions qui s’abattent sur le pays.
  • Le chercheur Afshon Ostovar propose pour décrire la relation entre le Corps des Gardiens de la Révolution et le Guide le concept de comitatus  : « À l’époque classique, un comitatus était l’avant-garde ou le cercle intérieur des guerriers et des commandants de l’armée d’un roi. […] En ce sens, le Sepâh 1 fonctionne comme le comitatus d’Ali Khamenei. Ils le maintiennent au pouvoir et ne permettent à personne de remettre en question son autorité ou sa légitimité. En retour, il leur donne essentiellement les clés du royaume, toutes les ressources dont ils ont besoin, tous les pouvoirs qu’ils demandent et presque toutes les politiques qu’ils préfèrent ».
  • Ali Khamenei conforte également son emprise sur le pouvoir judiciaire et parvient à faire reposer sur les présidents démocratiquement élus la responsabilité de la répression de mouvements contestataires, comme Mohammad Khatami en 1999. 

Le pouvoir d’Ali Khamenei s’exprimait concrètement par le développement d’une administration, le Bureau du guide. 

  • Pour Ali Vaez, « le bureau du Guide, qui comprend 5000 personnes, est un gouvernement fantôme de la République islamique. C’est une boîte noire. Il est encore plus opaque que le Kremlin de la guerre froide ».
  • Son pouvoir ne consistait pas à prendre des décisions, à diriger le pays ou à proposer des politiques publiques, mais à avoir le dernier mot sur tous les sujets stratégiques, à rendre des arbitrages entre les différents centres de pouvoirs en Iran qui existent et sont en concurrence (Gardiens, armée, religieux, élus). 

La forme qu’a prise l’exercice du pouvoir en Iran est également un reflet de plusieurs convictions idéologiques d’Ali Khamenei. 

  • Il est arrivé au pouvoir en 1989 et a été profondément marqué par la chute de l’URSS, dont il a tiré la conviction que toute ouverture politique conduirait inévitablement au délitement du régime. Cette grille de lecture peut expliquer sa réponse systématiquement répressive et parfois extraordinairement cruelle face aux mouvements contestataires : la révolte étudiante de 1999, le Mouvement vert de 2009 — né de la contestation de la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad et mené par son ancien rival Mir-Hossein Moussavi, assigné à résidence depuis 2011 — (au moins 150 morts), puis le mouvement Femme, Vie, Liberté de 2022, déclenché par la mort de Mahsa Jina Amini aux mains de la police des mœurs (plus de 500 morts selon des ONG) ou plus récemment avec les grandes manifestations des derniers mois qui semblent avoir été accueillies par des massacres (certaines estimations indiquent plus de 30 000 victimes). 
  • À chaque fois, Khamenei a interprété la contestation non comme l’expression de revendications légitimes, mais comme une tentative de déstabilisation orchestrée par des puissances étrangères — lecture qui justifie à ses yeux le recours à la force et la conduite d’une guerre contre la société.
  • Sa formation idéologique anti-américaine, anti-sioniste, anti-coloniale et pro-palestinienne explique en partie l’importance qu’a jouée l’Axe de la Résistance dans la politique étrangère de l’Iran. Sous son autorité, le régime de Téhéran a construit avec des investissements massifs un réseau d’alliés, de milices et de proxies à travers le Moyen-Orient — le Hezbollah au Liban, le Hamas et le Jihad islamique dans les territoires palestiniens, les milices chiites en Irak, les Houthis au Yémen, et le soutien au régime de Bachar al-Assad en Syrie — qui permettait de projeter sa puissance régionale bien au-delà de ses frontières et à moindre coût. 
  • Cet édifice s’est toutefois largement délité à partir de 2023-2024 : l’affaiblissement considérable du Hezbollah après la guerre avec Israël à l’automne 2024, puis la chute du régime Assad en décembre 2024, ont privé l’Iran de ses deux piliers les plus stratégiques, remettant en cause des décennies d’investissement géopolitique.
  • Par ailleurs, la confrontation longtemps indirecte entre l’Iran et Israël — menée par proxies interposés — est devenue ouverte, avec les échanges de frappes directes d’avril et octobre 2024, révélant au grand jour une asymétrie militaire et technologique que la stratégie des milices avait pour fonction de masquer. Ces revers posent la question de la pertinence d’une doctrine à laquelle Khamenei a consacré l’essentiel de sa politique étrangère.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, participe aux cérémonies de deuil à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Fatima, la fille du prophète islamique Mahomet, à l’Imam Khomeini Hussainiyah à Téhéran, 24 novembre 2025.
 

En dépit de convictions idéologiques très fortes, Ali Khamenei a été capable à plusieurs reprises de prendre des décisions pragmatiques qui ont probablement assuré la survie du régime et sa centralité dans les jeux de pouvoir.

  • Dès 2012, il accepte le principe de négociations nucléaires avec les États-Unis pour soulager un pays épuisé par les sanctions, alors même que Mahmoud Ahmadinejad est encore président de la République. Ces négociations aboutissent à l’accord de Vienne (JCPOA) en 2015 sous la présidence Rohani que Khamenei a couvert politiquement tout en maintenant une rhétorique de méfiance envers les Américains — ce qui lui a permis de ne pas être affaibli lorsque Trump s’en est retiré en 2018.
  • En 2024, à la suite de la mort de Ebrahim Raisi dans un accident d’hélicoptère, il ne s’oppose pas à l’élection du candidat réformateur Massoud Pezechkian – conscient peut-être d’une nécessité à éviter que le mouvement Femme, vie, liberté conduise à un renversement complet de son autorité.
  • Pour Afshon Ostovar, Ali Khamenei avait souvent une attitude plus pragmatiste et de relative modération vis-à-vis d’un certain nombre de militaires qui seraient prêts à prendre davantage de risques dans la confrontation avec Israël et les États-Unis : « Si dans une pièce se trouve un grand nombre de généraux tête brûlée qui veulent attaquer, il est celui qui invitera à ne pas tomber dans le piège de l’adversaire ».

Le prochain Guide suprême de la République devrait être choisi par l’Assemblée des Experts, chambre haute de la République islamique, composée de clercs, pour la plupart très âgés, et dont une partie est nommée directement par le Guide actuel. 

  • Depuis la mort d’Ebrahim Raisi, le candidat le plus souvent évoqué pour la succession d’Ali Khamenei est son fils, Mojtaba Khamenei, déjà considéré comme un acteur central du pouvoir iranien. 
  • Toutefois, son choix reviendrait à réinstaurer une logique monarchique au sein d’un régime qui s’est construit contre la monarchie pahlavie qu’il avait renversée. 
  • Ali Vaez considérait que la solution la plus probable serait de choisir un Guide qui ne soit pas « suprême », qui n’ait pas de base de pouvoir propre, ce qui permettrait à Mojtaba Khamenei de continuer à jouer un rôle central dans le Bureau du Guide. Cette hypothèse a cependant été formulée avant la mort de tous les commandants des Gardiens, proches de Mojtaba Khamenei. 

La mort du Guide est présentée par les autorités américaines et israéliennes comme une étape dans le cadre d’un changement de régime imposé par l’extérieur, sans qu’une alternative politique soit identifiable à ce stade : 

  • Le fils du Shah d’Iran, Reza Pahlavi, est présenté comme une possible solution d’alternance, mais il ne dispose pas de soutien organisé au sein du pays où il n’est pas retourné depuis 1978. 
  • Une solution de continuité pourrait conduire l’Assemblée des Experts nomme un des apparatchiks du régime qui pourraient devenir Guide, comme Ali Larijani, ancien ministre et conseiller du Guide, Alireza Arafi, membre du Conseil des gardiens ; Hojjat-ol-Eslam Mohsen Qomi, conseiller du Guide ; Mohsen Araki, membre du Conseil de discernement ainsi que Hashem Hosseini Bushehri, imam de la prière du vendredi à Qom 2

L’hypothèse d’un soulèvement populaire en Iran semble encore difficile à imaginer à ce stade, car la population ne dispose pas d’armes et vient d’être réprimée très brutalement par les forces du régime, en bonne partie formées à la lutte révolutionnaire et aux stratégies d’insurrection.

 https://legrandcontinent.eu/fr/2026/02/28/ali-khamenei-1939-2026-de-la-fin-dun-tyran-en-iran/

Sources
  1. Le Sepah-e pasdaran-e Enghelab-e Eslami ou Corps des gardiens de la révolution islamique)
  2. Suzanne Maloney, « Leadership Transition in Iran », Council on Foreign Relations, février 2026.

 


 

Ali Khamenei et Maduro, ou la fin de l’incantation.   

En quelques mois, les États-Unis ont mis à terre deux des dictateurs les plus cruels de notre époque. Appuyé par son allié israélien, le président des USA a accompli en peu de temps ce que le monde libre se contentait d'appeler de ses vœux depuis des années — à grand renfort de tweets, de publications Facebook et de discours à l'ONU. C’est une rupture majeure dans la politique étrangère des démocraties : la fin des incantations et la reprise de l’action. 


 

En Europe, à quelques exceptions près, on peine encore à admettre que le monde a changé. 

Les nations libres ne sont plus perçues comme des modèles mais comme des ennemis à abattre précisément parce qu’elles incarnent l’universalisme, l’égalité entre les femmes et les hommes et les principes démocratiques. Ces fondamentaux sont désormais combattus par une haine nourrie par le rejet de la pensée occidentale issue des Lumières et qui a dominé le monde ces derniers siècles. 

La plus grande erreur d’une partie de l’Occident — notamment à gauche, mais pas uniquement — est de croire que ceux qui nous menacent respectent les mêmes règles que nous.
Avons-nous toujours bien agi ? Évidemment que non. Mais à quoi ressemblerait le monde aujourd’hui si Ben Laden était encore en vie et Al-Qaïda toujours opérationnel ? La démocratie se défend aussi et parfois par la force, avec les conséquences difficiles que cela impose. Mais croyez que le dialogue diplomatique permanent serait l’unique programme, et la culpabilisation l’unique argument, est une illusion. La paix ne s'obtient pas ainsi quand l'interlocuteur n'en veut pas. Cela explique en partie la faillite du droit international, devenu un simple instrument que chacun brandit au gré de ses intérêts. Je comprends que ce constat soit difficile à entendre pour une génération qui n’a connu que la quiétude et s’imagine qu’il suffit de l’invoquer à New-York pour qu’elle sorte du chapeau. Mais nos parents n’ont connu cette stabilité que parce qu’un ordre suffisamment puissant existait pour dissuader ses adversaires. Cet équilibre aujourd’hui vacille : l’évolution démographique, la repentance systématique et certains récits décoloniaux ont alimenté la défiance envers un modèle qui a pourtant généré un progrès économique et social inédit dans l’histoire humaine. 

 Nous sommes aujourd’hui les héritiers de ce modèle.
Notre responsabilité est donc de le protéger — sans nier ses dérives — mais en reconnaissant qu'il demeure celui qui permet le mieux l'épanouissement des individus. Et oui, cela implique de sortir de notre zone de confort. Le parallèle avec ce qui traverse la NouvelleCalédonie est d’ailleurs frappant. On y retrouve les défenseurs de la démocratie, ses adversaires déclarés, et un "ventre mou" qui se berce d'incantations pour résoudre les crises. Les déclarations de ces derniers jours sur le territoire le démontrent : -D'un côté, les candidats loyalistes aux municipales défendent tous les Calédoniens désireux de vivre en sécurité et en harmonie les uns avec les autres. -

De l'autre, les responsables de la CCAT, lors des manifestations contre Bougival, contestent les fondements démocratiques pour leur opposer les règles coutumières.
-Enfin, le ventre mou nous parle de "sentiment" d'insécurité et invoque le dialogue comme seule mesure concrète, sans savoir quoi répondre à ceux qui refusent justement de discuter. Nous vivons à notre échelle ce que vit le monde. C’est le combat de notre époque : préserver nos démocraties ou les voir mourir. En attendant de savoir de quel côté basculera l’Histoire, ce soir je lèverai mon verre aux #Iraniennes particulièrement. Persécutées, violées et abattues parce qu'elles voulaient être libres.
Elles auront fini par gagner.
 

 

 


 
Iran : quels sont les objectifs stratégiques🇺🇸 ? 
 
 Le 1er objectif : la sidération des challengers. Il faut mesurer l’ampleur de la domination opérationnelle des États-Unis, capable de maîtriser des théâtres d’opérations successives, éloignées et hétérogènes. Après le Venezuela en janvier, puis des opérations à l’autre bout du globe, la démonstration est exceptionnelle. Cuba ferait sans doute bien de s’en inquiéter. 
Comme au Venezuela, les États-Unis ont neutralisé en un temps très court le système d’interdiction de zone iranienne, et ce malgré la profondeur stratégique du territoire. C’est encore un revers majeur pour le Kremlin : l’allié iranien avait bâti son système de défense aérienne et de commandement autour d’architectures matérielles et logicielles russes. 
Qu’il s’agisse des États-Unis face au Venezuela ou d’Israël face à l’axe Hezbollah-Iran, l’écart technologique rappelle celui qui séparait l’Europe du reste du monde au XIXᵉ siècle. 
Le séquençage des frappes est également révélateur. Les premières ont visé le démantèlement du système aérien, afin d’ouvrir un véritable couloir d’accès par l’ouest, ce qui suggère la préparation de frappes multiples et modulables, et non d’un raid ponctuel. Donald Trump s’est ainsi donné une capacité d’ajustement stratégique en fonction de l’évolution de la situation. 
 
 Le principal moteur de Donald Trump reste toutefois interne : les marchés financiers🇺🇸.  
 
Tant que la bourse se maintient, l’opinion demeure stable. Dans une région aussi inflammable, il ne peut se permettre un blocage du détroit d’Ormuz, ce qui implique soit la soumission contrôlée du régime, par l’émergence de figures coopératives comme au Venezuela, soit sa chute par la rue. Cette deuxième option est extrêmement risquée. L’Iran est une mosaïque ethnique : moins des deux niveaux de la population est perse, et environ 10 % restent un soutien idéologique pendant le régime.  
 
Une guerre civile est plausible, d’autant que le pouvoir a méthodiquement détruit toute opposition structurée capable de prendre le relais. La première option offrirait aux États-Unis, après le Venezuela, un levier majeur sur les réserves mondiales d’hydrocarbures, permettant d’influencer les prix du pétrole et de renforcer la pression stratégique sur la Chine. La seconde, bien que chaotique, resterait acceptable d’un point de vue géostratégique : elle empêcherait l’émergence d’un État iranien fort capable de fermer Ormuz, tout en fixant durablement la Russie et la Chine en Asie centrale, contraintes d’y mobiliser des ressources considérables pour y éviter un embrasement. 
 
Patrick Edery

 

Arafi au centre du dispositif : La succession iranienne entre continuité cléricale, verrouillage institutionnel et équilibre de puissance
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Une nomination qui dépasse la procédure
L’entrée de l’ayatollah Alireza Arafi dans le Conseil directeur intérimaire ne doit pas être lue comme une simple formalité constitutionnelle. Elle révèle au contraire la logique profonde du système iranien dans une phase de vulnérabilité extrême : lorsque le sommet vacille, la République islamique ne cherche pas…
 

Une nomination qui dépasse la procédure

L’entrée de l’ayatollah Alireza Arafi dans le Conseil directeur intérimaire ne doit pas être lue comme une simple formalité constitutionnelle. Elle révèle au contraire la logique profonde du système iranien dans une phase de vulnérabilité extrême : lorsque le sommet vacille, la République islamique ne cherche pas d’abord un visage, mais un mécanisme de continuité. Dans ce cadre, la présence conjointe du président Masoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire et d’Arafi dessine une architecture très précise : l’exécutif pour l’administration courante, l’appareil judiciaire pour le contrôle coercitif, et le clergé institutionnel pour la légitimation doctrinale.

Arafi n’est donc pas un troisième homme ajouté pour l’équilibre symbolique. Il est le maillon qui empêche que la transition ne glisse vers une simple compétition entre factions politiques ou vers une prééminence exclusive des appareils sécuritaires. Sa fonction est de rappeler que, même dans la crise, la souveraineté ultime du régime reste fondée sur une synthèse entre droit religieux, appareil constitutionnel et contrôle idéologique.

Le choix d’un homme de système, non d’un homme de rupture

Le point essentiel est là : Arafi n’incarne ni une ligne de réforme, ni une ligne de confrontation ouverte, ni une ambition personnelle de nature populiste. Il représente le cœur administratif du clergé d’État. C’est précisément ce qui le rend précieux dans une phase de succession. Le régime n’a pas besoin, à ce moment, d’un acteur qui redistribue les cartes ; il a besoin d’un garant qui empêche la table d’être renversée.

Dans l’histoire de la République islamique, les périodes de transition ont toujours été des moments où le véritable enjeu n’était pas seulement la désignation d’un successeur, mais la préservation de la cohérence du bloc dominant. Arafi appartient à cette catégorie d’hommes qui rassurent les centres de décision parce qu’ils n’introduisent pas d’incertitude supplémentaire. Son profil est bureaucratique au sens fort : il n’est pas faible, il est calibré.

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Le clergé comme instrument de puissance intérieure

Pour comprendre son importance, il faut sortir d’une lecture occidentale trop étroite qui verrait dans le clergé iranien un simple corps religieux. En Iran, le clergé institutionnel est une structure de reproduction du pouvoir. Les séminaires, les centres doctrinaux, les réseaux de formation, les organes de validation religieuse ne sont pas séparés de l’État : ils en constituent une profondeur stratégique.

Arafi, formé à Qom et inséré depuis longtemps dans l’administration religieuse, appartient précisément à cette couche qui organise la continuité du système. Son poids ne vient pas d’un charisme de masse, mais du fait qu’il maîtrise l’infrastructure intellectuelle et normative du régime. Contrôler la formation du clergé, orienter les institutions de savoir religieux, participer à la définition de l’orthodoxie, c’est contrôler une partie de la fabrique de la légitimité. Dans une phase post-Khamenei, cette fonction devient décisive, car la crise de succession n’est pas seulement politique : elle est aussi une crise potentielle de validité symbolique.

Conseil des gardiens et Assemblée des experts : la double clé du système

Ce qui donne à Arafi une valeur géopolitique et institutionnelle supérieure est son appartenance aux deux structures qui encadrent la souveraineté réelle du régime. Le Conseil des gardiens est bien davantage qu’un organe de contrôle constitutionnel : il est le filtre du champ politique. Il décide qui peut concourir, quelles lois sont recevables, quelles limites ne peuvent être franchies. Il ne gère pas la pluralité, il la discipline.

L’Assemblée des experts, de son côté, est l’organe chargé de désigner la Guide suprême. En théorie, elle incarne la transmission légale du sommet. En pratique, elle ne choisit jamais dans un vide politique : elle agit dans un rapport de forces entre clergé, appareils sécuritaires, réseaux institutionnels et intérêts du régime profond.

Le fait qu’Arafi appartienne à ces deux enceintes, puis entre dans le Conseil intérimaire, signifie qu’il se trouve à l’intersection de trois niveaux : la gestion de l’urgence, la régulation du champ politique, et la préparation de la succession. Peu d’acteurs disposent d’une telle centralité sans être eux-mêmes des figures surexposées.

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Le message envoyé aux Pasdarans

Toute nomination de cette nature est aussi un message adressé aux Gardiens de la Révolution. Les Pasdarans constituent depuis longtemps bien plus qu’un appareil militaire : ils sont une force politico-économique, sécuritaire et stratégique, avec une capacité considérable d’influence sur la direction du régime. Or, dans un moment de transition, le risque principal serait que la succession apparaisse comme un basculement vers une domination trop visible du pôle sécuritaire.

En plaçant Arafi dans le triumvirat, le système envoie un signal d’équilibre : la force des appareils de coercition demeure, mais elle ne peut pas se substituer ouvertement à la matrice cléricale du régime. Autrement dit, la transition doit rester encadrée par une légitimité religieuse et constitutionnelle, même si, dans les faits, les Pasdarans pèseront lourdement sur l’issue.

Arafi joue ici le rôle d’un contrepoids institutionnel. Non pas contre les Pasdarans au sens d’une opposition, mais comme rappel que la République islamique ne veut pas apparaître comme un pur régime de caserne. Elle entend maintenir la fiction structurante — et en partie la réalité — d’un ordre où la force reste couverte par la norme religieuse.

Le calcul interne : éviter la fragmentation

La nomination d’Arafi traduit aussi une peur centrale du système : la fragmentation. Dans la phase post-Khamenei, le danger le plus grave n’est pas seulement une contestation venue de l’extérieur ou de la rue, mais l’ouverture d’une compétition désordonnée entre blocs internes : conservateurs institutionnels, réseaux du clergé, appareil présidentiel, magistrature, Pasdarans, services, fondations économiques.

Face à ce risque, Arafi représente une figure de basse température politique. Il ne surchauffe pas le jeu. Il n’élargit pas le conflit entre factions. Il crée un point de stabilité. C’est précisément pour cela qu’il est utile : il n’est pas l’homme qui tranche de manière spectaculaire, mais celui qui permet au système de gagner du temps, de refermer les lignes de fracture et de conduire la transition à l’intérieur d’un périmètre contrôlé.

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La dimension géopolitique extérieure

Sur le plan extérieur, cette nomination remplit également une fonction de signal. L’Iran veut montrer à ses adversaires, à ses partenaires et aux puissances régionales que le régime conserve une chaîne de commandement et une capacité d’auto-reproduction. Dans une période de tension militaire, de pression internationale et d’incertitude stratégique, il s’agit de dissuader l’idée d’un vide de pouvoir exploitable.

Le message est clair : même si le sommet est fragilisé, la structure demeure. En ce sens, Arafi est un instrument de continuité stratégique. Sa présence rassure l’appareil intérieur, mais elle sert aussi à l’extérieur à projeter une image d’ordre institutionnel. Pour les rivaux régionaux comme pour les puissances occidentales, cela signifie que la succession ne sera pas nécessairement synonyme de désagrégation immédiate, mais plutôt d’un resserrement défensif du noyau dirigeant.

Ce qu’Arafi représente vraiment

Arafi n’est peut-être pas l’héritier final. Il n’est pas forcément l’homme appelé à incarner le futur visage suprême du régime. Mais il est d’ores et déjà l’un des gardiens du cadre dans lequel ce futur visage devra être choisi. Et c’est parfois un pouvoir plus décisif encore.

Il représente la volonté de maintenir la succession à l’intérieur du cercle fermé de l’establishment clérical et institutionnel, sous surveillance, sans ouverture incontrôlée, sans césure idéologique, sans basculement brutal vers une domination exclusivement militaire. Il est le signe que, dans la République islamique, le moment de crise ne produit pas automatiquement du changement ; il produit d’abord une intensification du réflexe de conservation.

Au fond, Arafi incarne moins un homme qu’une méthode : préserver, filtrer, verrouiller, transmettre. Et dans l’Iran de l’après-Khamenei, cette méthode peut compter davantage que n’importe quel nom.

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Tous les États sont criminels par nature, car chacun d'eux représente un monopole de la violence initiée sur un territoire donné. 

En s'érigeant en juges ultimes de tous les conflits (dont ceux qu'ils provoquent), ils s'extraient donc du droit naturel et violent le nôtre. Cependant, une symbiose étatique se distingue particulièrement par sa capacité de violence et son ignominie : j'ai nommé l'axe Washington-Tel Aviv. Une fusion rendue plus manifeste que jamais par les dossiers Epstein, et plus encore par ses alignements militaires successifs. 

D'un côté, une force de frappe massive alimentée par le privilège du dollar, permettant à l'Empire de projeter sa violence à moindre frais. De l'autre, une entité politique dont la légitimité repose sur un socle ethnique et un liant historique religieux, mais dont la survie dépend d'un moteur sécuritaire devenu produit d'exportation. L'appareil d'État américain servant de bras armé et de bouclier à Israël par ailleurs. Nous sommes donc face à une superstructure de domination qu'il faudra rendre obsolète par notre capacité à la grand remplacer. 

Là est l'important : le paradigme politique que nous subissons n'est pas une fatalité. En fait, le mode d'organisation des sociétés humaines n'est jamais que la projection de la maturité éthique, de la prospérité et des coutumes des individus qui la composent. Il en va de même à plus haute échelle. Le chaos mondial en cours est alors le symptôme d'un mimétisme de masse. À force de déléguer notre Liberté à des structures centralisées, nous avons écarté la possibilité d'ordres sociaux volontaires et concurrents pour laisser place à ce giga-cartel. 

Arthur Hominès 

 


LE RÔLE OBSCUR DE LA FRANCE AVEC L'AYATOLLAH KHOMEINI 🇫🇷🇮🇷 

Depuis quelques jours, on voit émerger des images d'archives de Khomeini en France, avant son intronisation. Mais que faisait-il en France ? 

 


Les origines de Khomeini 

 Issu d'une famille de religieux chiite, il fait ses études religieuses à Qom et devient un grand savant chiite, critiquant la modernisation et la proximité occidentale du Shah. Il est condamné à l'exil en Irak. 

L'exil en Irak 🏃‍♂️‍➡️ 

En Irak, il se réfugie à Najaf, ville sainte chiite, où il continue ses prêches anti-Shah et distribue des messages et cassettes audio dans les mosquées d'Iran. En 1978, il est chassé d'Irak par Saddam Hussein


L'exil en France 🏃‍♂️‍➡️🇫🇷 

Chassé d'Irak et refusé de tous les pays musulmans, il décide de partir pour le seul pays où obtenir un visa touristique est simple et rapide, avec une excellente couverture médiatique internationale: la France  

Le point de vue de l'État 🇫🇷 

Les services secrets et les conseillers de Giscard se méfient de l'ayatollah, pensent qu'il est dangereux, sauf Michel Poniatowski qui conseillera à Giscard de lui laisser sa chance. Grave erreur. (Giscard a sa part de responsabilité. Mais il ne faut oublier ni le lobby anglais du pétrole, éternellement haineux de la nationalisation, ni Carter qui pensait qu'un islamiste serait un meilleur anticommuniste que le Shah. Mais les US ont compris leur erreur, pas la France.)


 

Neauphle-Le-Château 

Le 7 octobre 1978, Khomeini atterrit en France. Le 10 octobre, il s'installe à Neauphle-Le-Chateau, dans la maison d'un universitaire iranien. C'est ici qu'il coordonnera sa révolution islamique


 

Une fenêtre médiatique énorme 

Depuis sa maison de Neauphle-le-Château, Khomeini reçoit journalistes, militants et opposants iraniens. Ses messages sont enregistrés, copiés, envoyés clandestinement en Iran. 


Un Gandhi musulman? 

Les journalistes et intellectuels de gauche (Sartre, Foucault, De Beauvoir..) ont construit une image erronée de Khomeini, en faisant un démocrate musulman, pacifiste. Grave erreur, il s'agissait du plus grand théocrate autoritaire du 20e siècle. 

 

L'abandon de Giscard 

Influencé par son conseiller Poniatowski, la pression médiatique et la répression en Iran, Giscard abandonne le Shah et laisse sa chance à Khomeini Ce qu'il va faire ensuite va être déterminant pour la fin du régime du Shah . (Il faut noter que depuis mars 1977, Poniatowski n'avait plus aucune fonction dans l'exécutif. Son avis n'engageait donc personne. De plus Khomeini est resté moins de 4 mois en France. Le shah est mort 16 mois après le retour de Khomeini d'un cancer détecté 5 ans plutôt.)


La conférence de Guadeloupe 

Giscard convoque les présidents américains et allemands ainsi que le PM britannique en Guadeloupe le 4 janvier 1979. Il va les convaincre d'abandonner définitivement les soutiens au Shah, ce qui va être un tournant pour la suite 


Le départ de Khomeini 

Grâce à sa couverture médiatique et à ses cassettes audio, les soutiens iraniens de Khomeini grossissent et attendent de pied ferme l'ayatollah. Il ne manque plus que Khomeini, que la France va amener sur un plateau d'argent 

 L'avion Air France 

La France offre un aller simple le 1er février à Khomeini dans un avion Air France, avec journalistes pour couvrir son arrivée triomphale en Iran. La révolution islamique commence 


CONCLUSION 

 La France est complice de la révolution islamique, de l'arrivée au pouvoir de Khomeini, et de ce fait, des 50 ans de malheur qu'a subi le peuple iranien. (La France va devoir rendre des comptes et s'excuser auprès de l'Iran libre)

https://x.com/Papaquipaie/status/2029598872062873765



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