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mars 01, 2026

Ali Khamenei et Maduro, ou la fin de l’incantation. D’ores et déjà un événement d’une portée identique à ce que fut en son temps la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS.

D’ores et déjà un événement d’une portée identique à ce que fut en son temps la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS.

Fin d’un régime qui a façonné l’histoire du monde pendant près de 50 ans? Les semaines et les mois qui viennent nous le diront. 

Ceux qui gouvernent au nom d'un Dieu, finissent par se prendre pour lui. "L’apocalypse des mollahs" évoque l'objectif affiché : décapiter le régime des mollahs, l'opération militaire, nécessaire mais pas suffisante sans la diplomatie. L'Iran peut enfin redevenir la Perse !


 

Ils n'ont pas bombardé l'Iran. Ils ont attendu que tous les dirigeants iraniens soient réunis dans la même pièce avant de bombarder l'Iran. Des mois de renseignement. Des milliers d'heures de surveillance et d'interception de signaux. Une seule variable : le moment où le Guide suprême, le président et le haut commandement militaire se sont réunis au même endroit et au même moment. 

 Il était 8h15 ce matin. En plein jour. Toutes les frappes israéliennes précédentes contre l'Iran ont eu lieu de nuit. Celle de juin 2025 a été lancée dans l'obscurité. Celle d'octobre 2024 après minuit. Toute la doctrine de défense aérienne iranienne repose sur l'hypothèse qu'Israël attaque de nuit. Israël a attaqué en plein jour car la cible n'était pas une infrastructure. La cible était une réunion. 

Reuters confirme que les frappes visaient Khamenei et Pezeshkian. CNN confirme des mois de planification conjointe américano-israélienne. Des responsables israéliens ont confirmé que la frappe a touché le lieu où étaient réunis les plus hauts responsables iraniens. La question de savoir si Khamenei a été déplacé avant ou exfiltré après la frappe est l'inconnue la plus cruciale au monde actuellement. Si c'était avant, quelqu'un au sein du cercle restreint de Téhéran a informé Jérusalem de la date et du lieu de la réunion. Si c'était après, les frappes ont touché la pièce et il a survécu. Les deux scénarios sont catastrophiques pour le régime. Car les dirigeants iraniens savent désormais trois choses : Israël savait où ils se réunissaient, quand ils se réunissaient et qui serait présent. Et tout ce que nous avons observé au cours du mois dernier – les F-22 à Ovda, les avions ravitailleurs à Ben Gourion, Al Udeid complètement vidé, 270 vols de transport – tout cela constituait le dispositif de lancement d’une frappe chirurgicale unique sur une réunion. 

Désormais, chaque réunion des hauts dirigeants iraniens sera marquée par une question : Israël est-il également au courant de cela ? Il ne s'agit pas d'une opération militaire. Il s'agit de la destruction de la confiance institutionnelle au sein d'un régime. Demain, chaque général qui rencontrera Khamenei se demandera qui a informé Jérusalem de ce qui s'est passé aujourd'hui. Chaque commandant des Gardiens de la révolution qui recevra une convocation à une réunion évaluera si sa présence est un devoir ou une condamnation à mort. Toutes les installations censées être sécurisées à Téhéran se sont révélées vulnérables. En juin 2025, Israël a tué 30 généraux dans les premières minutes. C'était une opération de force brute menée sur des cibles dispersées. Ici, c'était une opération chirurgicale. 

Une rencontre. Un instant. Des mois de patience. En représailles, l'Iran a lancé des missiles sur six pays. La plupart ont été interceptés. Un civil a été tué par des débris à Abou Dhabi. L'Arabie saoudite a réagi en promettant de mobiliser toutes ses forces contre l'Iran. La coalition du Golfe, qui n'existait pas hier, existe aujourd'hui parce que Téhéran l'a construite en attaquant simultanément tous les pays. Israël a troqué une matinée de frappes de précision contre la destruction permanente de la cohésion du commandement iranien. Ce n'est pas un combat. C'est un échec et mat déguisé en premier coup. 

 
Très intéressantes révélations du Washington Post sur le fait que MBS et les Saoudiens auraient en coulisse poussé Trump à l’intervention et à en finir, contrairement au lieu commun partagé en public.

L'Iran décrète 40 jours de deuil national suite au décès du guide suprême, le présentateur de la télévision nationale fond en larmes...
 
La mort de Khamenei est l’énième réplique de l’onde de choc déclenchée par l’attaque terroriste du 7 octobre. Sinwar voulait la mort de l’État juif. Il a été éliminé et avec lui, les principaux dirigeants de l’axe de la « résistance ». Spectaculaire retour de bâton stratégique. Le stratège Sinwar a entraîné tous ses complices vers la mort Le "7 octobre" est le plus grand événement depuis le "11 septembre". Deux événements marqués par des dates et qui ont secoué le monde et réveillé deux grands pays : les USA et Israël La France n'a toujours pas compris.
Le fils de Khamenei, Mojtaba Hosseini Hamaney, fut éliminé en même temps que son père tyrannique. Mojtaba était le successeur de Khamenei et le plus proche candidat au titre d'ayatollah. Il était le chef de la Force de résistance Bassidj.
Le chef de l’armée iranienne, le général Hatami, affirme que le guide suprême « souhaitait le martyre » et qu’il « a réalisé son vœu », déclarant l’avoir constaté à plusieurs reprises lors de réunions privées avec lui.
 
 

 

Ali Khamenei (1939-2026) : de la fin d’un tyran en Iran 

L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique depuis 1989 est mort aujourd’hui 28 février 2026 dans le cadre des attaques menées par les États-Unis et Israël contre la République islamique afin de provoquer un changement de régime par la force.

Sa disparition, sans savoir si elle conduira à un changement de régime par la force, à une transition vers un proche, ou vers un chaos généralisé, marque la fin d’un pouvoir de 37 ans qui a défini et structuré la nature du pouvoir de la République islamique.

Nous revenons sur les grandes étapes de son existence, de son enfance pieuse au Nord de l’Iran et sa rencontre avec l’ayatollah Khomeyni pendant des études de théologie au renforcement progressif de son pouvoir brutal au sein du régime iranien.

                                      Ruhollah Khomeini et Ali Khamenei dans les années 1970.
 

Ali Khamenei était issu d’une famille pieuse du nord-est de l’Iran.

  • Ali Khamenei est né en 1939 à Mashhad, principale ville du nord-est de l’Iran et important centre religieux en raison de la présence du mausolée de l’Imam Reza, seul Imam du chiisme duodécimain à être enterré en Iran, les autres se trouvant principalement en Irak. 
  • Il grandit dans une famille azérie, deuxième d’une fratrie de huit enfants, dans une famille pieuse — son père, Seyed Javad Khamenei, était lui-même un clerc religieux réputé à Mashhad. Plusieurs de ses frères deviendront eux-mêmes clercs. 
  • Il aurait des liens de parentés avec le quatrième imam chiite Ali Zeyn-ol-Abedin, et appartiendrait à ce titre aux descendants de la famille du Prophète, ce qui l’autorise à porter un turban noir ainsi que le nom de seyyed.
  • Malgré son appartenance à une lignée prestigieuse sur le plan religieux, Khamenei a souvent insisté dans ses discours sur la pauvreté de sa famille durant son enfance — repas frugaux, logement modeste. C’est un élément important car il nourrit sa rhétorique populiste et son identification aux déshérités (mostazafin), un pilier idéologique de la République islamique.

Ali Khamenei avec son père, Seyed Javad Khamenei, un clerc religieux réputé de Mashhad après la révolution.
 

Entre 1957 et 1979 il se forme à la théologie, et par le biais d’une série de rencontres militantes, il devient une figure de l’opposition à la monarchie pahlavie.

  • Après des études à Machhad puis à Najaf, il s’installe à Qom, principale ville de formation théologique en Iran, où il suit le séminaire du grand-ayatollah Boroujerdi. 
  • Il rencontre dans ce cadre Seyed Mojtaba Navvab Safavi, dirigeant des Fédaïs d’islam, qui comptait instaurer un gouvernement islamique en Iran dans les années 1940. 
  • Il fait surtout la rencontre, décisive pour la suite, de Rouhollah Khomeyni en 1957. 
  • Qom est en effet un important lieu de contestation des mesures de la monarchie pahlavie, comme en 1963 contre la Réforme agraire, mais aussi les droits des femmes et la transformation séculière de l’Iran.
  • Ali Khamenei est arrêté à six reprises et même banni dans une ville, Iranchahr, en 1977 à cause de sa prédication politique, de la diffusion de tracts et cassettes de Khomeini et de sa participation à des réseaux clandestins d’opposition cléricale.
  • Sur sa formation théologique proprement dite, Khamenei n’a jamais atteint le rang de marja (grand ayatollah et source d’imitation), ce qui a été et reste une source de contestation de sa légitimité religieuse. Il est généralement considéré comme hojatoleslam, un rang intermédiaire dans la hiérarchie cléricale. C’est un point important pour comprendre les débats ultérieurs autour de sa nomination comme Guide suprême.
  • Sur ses influences intellectuelles : au-delà de Khomeini, Ali Khamenei a été marqué par des penseurs comme Sayyid Qutb, intellectuel égyptien, principal théoricien des Frères musulmans, dont les écrits — notamment Jalons sur la route — ont influencé l’islamisme sunnite en prônant une rupture radicale avec les sociétés qu’il jugeait revenues à un état d’ignorance pré-islamique (jahiliyya), et défendant l’instauration d’un gouvernement révolutionnaire au nom de l’Islam en Égypte. 
  • Il a même traduit deux ouvrages de Sayyid Qotb, L’avenir dans les terres d’islam et Réquisitoire contre la civilisation occidentale — ce qui confirme l’influence de la pensée qotbienne sur sa vision du monde, par-delà le clivage sunnisme-chiisme. 

                      Ali Khamenei s’inscrit à l’élection présidentielle iranienne, octobre 1981
 

Entre la révolution (1979) et la mort de Khomeini (1989) il connaît une impressionnante ascension.

  • Il rejoint Téhéran lors de la Révolution de 1979 et monte rapidement les échelons, jusqu’à devenir Imam du vendredi à Téhéran, c’est-à-dire responsable de la principale prière de la semaine. 
  • Il est blessé lors d’un attentat attribué tantôt à Forqan, groupe extrémiste islamiste, et tantôt à l’Organisation des Moudjahidines du peuple (OMK/MEK), mouvement d’opposition armée à la République islamique, alors qu’il prononce un sermon en 1981 et en a conservé depuis un bras droit mutilé. 
  • Il est ensuite élu président de la République islamique en 1981 puis en 1985, dans un contexte où le pouvoir du président était limité par l’autorité morale et politique incontestable du Guide suprême, Khomeyni, jusqu’à la mort de ce dernier en 1989. 
  • Pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), Ali Khamenei, alors président de la République, a joué un rôle important dans la conduite du conflit : il acquiert une visibilité internationale, plaide la cause iranienne à l’ONU et auprès des pays non-alignés, se rend sur les lignes de front, et participe aux décisions stratégiques sur la conduite de la guerre, même si le pouvoir réel revenait au Guide suprême Rouhollah Khomeini et aux commandants militaires, notamment les Gardiens de la révolution.

 

Ali Khamenei conduit la prière à Téhéran dans les années 1980. Crédit : Michel Artault/Gamma-Rapho

Khamenei devient alors le successeur non charismatique de Khomeyni mais couronné de succès.

  • En 1989, à la suite de la mort de Rouhollah Khomeini, il est élu Guide suprême, alors même qu’il n’était pas considéré comme un marja-é taqlid (ou « source d’imitation »), statut qui signifie qu’un religieux est suivi par une communauté de croyants qui écoutent ses préceptes, recommandations théologiques et conseils de vie pratique. La Constitution a d’ailleurs dû être révisée la même année pour supprimer l’exigence que le Guide soit un marja — une révision voulue par Khomeini lui-même avant sa mort, qui souligne le caractère davantage politique que religieux de cette désignation.
  • Beaucoup considèrent alors que l’homme fort du régime sera Hachemi Rafsandjani, président de la République islamique de 1989 à 1997 et partisan d’une ouverture commerciale du pays : le régime aurait pu se séculariser progressivement au profit des élus et aux dépens des autorités religieuses. 
  • Alors qu’il est considéré moins charismatique et populaire, disposant d’une plus faible légitimité religieuse que Khomeyni dans l’ombre duquel il a grandi, Ali Khamenei parvient progressivement à conforter son pouvoir et à écarter ses rivaux politiques, au point que certains considèrent qu’il est le dirigeant le plus puissant en Iran depuis Nassereddine Shah — qui a régné de 1848 à 1896. 
  • Pour consolider son pouvoir, il renforce progressivement son contrôle des institutions non élues — Conseil des gardiens de la Constitution, pouvoir judiciaire, forces armées, Corps des Gardiens de la Révolution, Fondations religieuses avec un rôle économique —, développe son Bureau (beyt-e rahbari) comme centre de pouvoir parallèle, et met au pas ses rivaux.

 

                         L’ayatollah Ali Khamenei hospitalisé après une tentative d’assassinat

La centralité du pouvoir d’Ali Khamenei se comprend, en effet, à la lueur des liens qu’il a tissés avec le Corps des Gardiens de la Révolution. 

  • Il leur accorde notamment la gestion d’importantes Fondations religieuses, à l’instar d’Astan Qods Razavi, qui deviennent des géants économiques, présents dans l’intégralité d’une économie fermée, caractérisée par le clientélisme, disposant de passe-droits multiples — échappant largement au contrôle fiscal et parlementaire, et répondant directement au Guide —, rendus encore plus intenses par les régimes de sanctions qui s’abattent sur le pays.
  • Le chercheur Afshon Ostovar propose pour décrire la relation entre le Corps des Gardiens de la Révolution et le Guide le concept de comitatus  : « À l’époque classique, un comitatus était l’avant-garde ou le cercle intérieur des guerriers et des commandants de l’armée d’un roi. […] En ce sens, le Sepâh 1 fonctionne comme le comitatus d’Ali Khamenei. Ils le maintiennent au pouvoir et ne permettent à personne de remettre en question son autorité ou sa légitimité. En retour, il leur donne essentiellement les clés du royaume, toutes les ressources dont ils ont besoin, tous les pouvoirs qu’ils demandent et presque toutes les politiques qu’ils préfèrent ».
  • Ali Khamenei conforte également son emprise sur le pouvoir judiciaire et parvient à faire reposer sur les présidents démocratiquement élus la responsabilité de la répression de mouvements contestataires, comme Mohammad Khatami en 1999. 

Le pouvoir d’Ali Khamenei s’exprimait concrètement par le développement d’une administration, le Bureau du guide. 

  • Pour Ali Vaez, « le bureau du Guide, qui comprend 5000 personnes, est un gouvernement fantôme de la République islamique. C’est une boîte noire. Il est encore plus opaque que le Kremlin de la guerre froide ».
  • Son pouvoir ne consistait pas à prendre des décisions, à diriger le pays ou à proposer des politiques publiques, mais à avoir le dernier mot sur tous les sujets stratégiques, à rendre des arbitrages entre les différents centres de pouvoirs en Iran qui existent et sont en concurrence (Gardiens, armée, religieux, élus). 

La forme qu’a prise l’exercice du pouvoir en Iran est également un reflet de plusieurs convictions idéologiques d’Ali Khamenei. 

  • Il est arrivé au pouvoir en 1989 et a été profondément marqué par la chute de l’URSS, dont il a tiré la conviction que toute ouverture politique conduirait inévitablement au délitement du régime. Cette grille de lecture peut expliquer sa réponse systématiquement répressive et parfois extraordinairement cruelle face aux mouvements contestataires : la révolte étudiante de 1999, le Mouvement vert de 2009 — né de la contestation de la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad et mené par son ancien rival Mir-Hossein Moussavi, assigné à résidence depuis 2011 — (au moins 150 morts), puis le mouvement Femme, Vie, Liberté de 2022, déclenché par la mort de Mahsa Jina Amini aux mains de la police des mœurs (plus de 500 morts selon des ONG) ou plus récemment avec les grandes manifestations des derniers mois qui semblent avoir été accueillies par des massacres (certaines estimations indiquent plus de 30 000 victimes). 
  • À chaque fois, Khamenei a interprété la contestation non comme l’expression de revendications légitimes, mais comme une tentative de déstabilisation orchestrée par des puissances étrangères — lecture qui justifie à ses yeux le recours à la force et la conduite d’une guerre contre la société.
  • Sa formation idéologique anti-américaine, anti-sioniste, anti-coloniale et pro-palestinienne explique en partie l’importance qu’a jouée l’Axe de la Résistance dans la politique étrangère de l’Iran. Sous son autorité, le régime de Téhéran a construit avec des investissements massifs un réseau d’alliés, de milices et de proxies à travers le Moyen-Orient — le Hezbollah au Liban, le Hamas et le Jihad islamique dans les territoires palestiniens, les milices chiites en Irak, les Houthis au Yémen, et le soutien au régime de Bachar al-Assad en Syrie — qui permettait de projeter sa puissance régionale bien au-delà de ses frontières et à moindre coût. 
  • Cet édifice s’est toutefois largement délité à partir de 2023-2024 : l’affaiblissement considérable du Hezbollah après la guerre avec Israël à l’automne 2024, puis la chute du régime Assad en décembre 2024, ont privé l’Iran de ses deux piliers les plus stratégiques, remettant en cause des décennies d’investissement géopolitique.
  • Par ailleurs, la confrontation longtemps indirecte entre l’Iran et Israël — menée par proxies interposés — est devenue ouverte, avec les échanges de frappes directes d’avril et octobre 2024, révélant au grand jour une asymétrie militaire et technologique que la stratégie des milices avait pour fonction de masquer. Ces revers posent la question de la pertinence d’une doctrine à laquelle Khamenei a consacré l’essentiel de sa politique étrangère.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, participe aux cérémonies de deuil à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Fatima, la fille du prophète islamique Mahomet, à l’Imam Khomeini Hussainiyah à Téhéran, 24 novembre 2025.
 

En dépit de convictions idéologiques très fortes, Ali Khamenei a été capable à plusieurs reprises de prendre des décisions pragmatiques qui ont probablement assuré la survie du régime et sa centralité dans les jeux de pouvoir.

  • Dès 2012, il accepte le principe de négociations nucléaires avec les États-Unis pour soulager un pays épuisé par les sanctions, alors même que Mahmoud Ahmadinejad est encore président de la République. Ces négociations aboutissent à l’accord de Vienne (JCPOA) en 2015 sous la présidence Rohani que Khamenei a couvert politiquement tout en maintenant une rhétorique de méfiance envers les Américains — ce qui lui a permis de ne pas être affaibli lorsque Trump s’en est retiré en 2018.
  • En 2024, à la suite de la mort de Ebrahim Raisi dans un accident d’hélicoptère, il ne s’oppose pas à l’élection du candidat réformateur Massoud Pezechkian – conscient peut-être d’une nécessité à éviter que le mouvement Femme, vie, liberté conduise à un renversement complet de son autorité.
  • Pour Afshon Ostovar, Ali Khamenei avait souvent une attitude plus pragmatiste et de relative modération vis-à-vis d’un certain nombre de militaires qui seraient prêts à prendre davantage de risques dans la confrontation avec Israël et les États-Unis : « Si dans une pièce se trouve un grand nombre de généraux tête brûlée qui veulent attaquer, il est celui qui invitera à ne pas tomber dans le piège de l’adversaire ».

Le prochain Guide suprême de la République devrait être choisi par l’Assemblée des Experts, chambre haute de la République islamique, composée de clercs, pour la plupart très âgés, et dont une partie est nommée directement par le Guide actuel. 

  • Depuis la mort d’Ebrahim Raisi, le candidat le plus souvent évoqué pour la succession d’Ali Khamenei est son fils, Mojtaba Khamenei, déjà considéré comme un acteur central du pouvoir iranien. 
  • Toutefois, son choix reviendrait à réinstaurer une logique monarchique au sein d’un régime qui s’est construit contre la monarchie pahlavie qu’il avait renversée. 
  • Ali Vaez considérait que la solution la plus probable serait de choisir un Guide qui ne soit pas « suprême », qui n’ait pas de base de pouvoir propre, ce qui permettrait à Mojtaba Khamenei de continuer à jouer un rôle central dans le Bureau du Guide. Cette hypothèse a cependant été formulée avant la mort de tous les commandants des Gardiens, proches de Mojtaba Khamenei. 

La mort du Guide est présentée par les autorités américaines et israéliennes comme une étape dans le cadre d’un changement de régime imposé par l’extérieur, sans qu’une alternative politique soit identifiable à ce stade : 

  • Le fils du Shah d’Iran, Reza Pahlavi, est présenté comme une possible solution d’alternance, mais il ne dispose pas de soutien organisé au sein du pays où il n’est pas retourné depuis 1978. 
  • Une solution de continuité pourrait conduire l’Assemblée des Experts nomme un des apparatchiks du régime qui pourraient devenir Guide, comme Ali Larijani, ancien ministre et conseiller du Guide, Alireza Arafi, membre du Conseil des gardiens ; Hojjat-ol-Eslam Mohsen Qomi, conseiller du Guide ; Mohsen Araki, membre du Conseil de discernement ainsi que Hashem Hosseini Bushehri, imam de la prière du vendredi à Qom 2

L’hypothèse d’un soulèvement populaire en Iran semble encore difficile à imaginer à ce stade, car la population ne dispose pas d’armes et vient d’être réprimée très brutalement par les forces du régime, en bonne partie formées à la lutte révolutionnaire et aux stratégies d’insurrection.

 https://legrandcontinent.eu/fr/2026/02/28/ali-khamenei-1939-2026-de-la-fin-dun-tyran-en-iran/

Sources
  1. Le Sepah-e pasdaran-e Enghelab-e Eslami ou Corps des gardiens de la révolution islamique)
  2. Suzanne Maloney, « Leadership Transition in Iran », Council on Foreign Relations, février 2026.

 


 

Ali Khamenei et Maduro, ou la fin de l’incantation.   

En quelques mois, les États-Unis ont mis à terre deux des dictateurs les plus cruels de notre époque. Appuyé par son allié israélien, le président des USA a accompli en peu de temps ce que le monde libre se contentait d'appeler de ses vœux depuis des années — à grand renfort de tweets, de publications Facebook et de discours à l'ONU. C’est une rupture majeure dans la politique étrangère des démocraties : la fin des incantations et la reprise de l’action. 


 

En Europe, à quelques exceptions près, on peine encore à admettre que le monde a changé. 

Les nations libres ne sont plus perçues comme des modèles mais comme des ennemis à abattre précisément parce qu’elles incarnent l’universalisme, l’égalité entre les femmes et les hommes et les principes démocratiques. Ces fondamentaux sont désormais combattus par une haine nourrie par le rejet de la pensée occidentale issue des Lumières et qui a dominé le monde ces derniers siècles. 

La plus grande erreur d’une partie de l’Occident — notamment à gauche, mais pas uniquement — est de croire que ceux qui nous menacent respectent les mêmes règles que nous.
Avons-nous toujours bien agi ? Évidemment que non. Mais à quoi ressemblerait le monde aujourd’hui si Ben Laden était encore en vie et Al-Qaïda toujours opérationnel ? La démocratie se défend aussi et parfois par la force, avec les conséquences difficiles que cela impose. Mais croyez que le dialogue diplomatique permanent serait l’unique programme, et la culpabilisation l’unique argument, est une illusion. La paix ne s'obtient pas ainsi quand l'interlocuteur n'en veut pas. Cela explique en partie la faillite du droit international, devenu un simple instrument que chacun brandit au gré de ses intérêts. Je comprends que ce constat soit difficile à entendre pour une génération qui n’a connu que la quiétude et s’imagine qu’il suffit de l’invoquer à New-York pour qu’elle sorte du chapeau. Mais nos parents n’ont connu cette stabilité que parce qu’un ordre suffisamment puissant existait pour dissuader ses adversaires. Cet équilibre aujourd’hui vacille : l’évolution démographique, la repentance systématique et certains récits décoloniaux ont alimenté la défiance envers un modèle qui a pourtant généré un progrès économique et social inédit dans l’histoire humaine. 

 Nous sommes aujourd’hui les héritiers de ce modèle.
Notre responsabilité est donc de le protéger — sans nier ses dérives — mais en reconnaissant qu'il demeure celui qui permet le mieux l'épanouissement des individus. Et oui, cela implique de sortir de notre zone de confort. Le parallèle avec ce qui traverse la NouvelleCalédonie est d’ailleurs frappant. On y retrouve les défenseurs de la démocratie, ses adversaires déclarés, et un "ventre mou" qui se berce d'incantations pour résoudre les crises. Les déclarations de ces derniers jours sur le territoire le démontrent : -D'un côté, les candidats loyalistes aux municipales défendent tous les Calédoniens désireux de vivre en sécurité et en harmonie les uns avec les autres. -

De l'autre, les responsables de la CCAT, lors des manifestations contre Bougival, contestent les fondements démocratiques pour leur opposer les règles coutumières.
-Enfin, le ventre mou nous parle de "sentiment" d'insécurité et invoque le dialogue comme seule mesure concrète, sans savoir quoi répondre à ceux qui refusent justement de discuter. Nous vivons à notre échelle ce que vit le monde. C’est le combat de notre époque : préserver nos démocraties ou les voir mourir. En attendant de savoir de quel côté basculera l’Histoire, ce soir je lèverai mon verre aux #Iraniennes particulièrement. Persécutées, violées et abattues parce qu'elles voulaient être libres.
Elles auront fini par gagner.
 

 

 


 
Iran : quels sont les objectifs stratégiques🇺🇸 ? 
 
 Le 1er objectif : la sidération des challengers. Il faut mesurer l’ampleur de la domination opérationnelle des États-Unis, capable de maîtriser des théâtres d’opérations successives, éloignées et hétérogènes. Après le Venezuela en janvier, puis des opérations à l’autre bout du globe, la démonstration est exceptionnelle. Cuba ferait sans doute bien de s’en inquiéter. 
Comme au Venezuela, les États-Unis ont neutralisé en un temps très court le système d’interdiction de zone iranienne, et ce malgré la profondeur stratégique du territoire. C’est encore un revers majeur pour le Kremlin : l’allié iranien avait bâti son système de défense aérienne et de commandement autour d’architectures matérielles et logicielles russes. 
Qu’il s’agisse des États-Unis face au Venezuela ou d’Israël face à l’axe Hezbollah-Iran, l’écart technologique rappelle celui qui séparait l’Europe du reste du monde au XIXᵉ siècle. 
Le séquençage des frappes est également révélateur. Les premières ont visé le démantèlement du système aérien, afin d’ouvrir un véritable couloir d’accès par l’ouest, ce qui suggère la préparation de frappes multiples et modulables, et non d’un raid ponctuel. Donald Trump s’est ainsi donné une capacité d’ajustement stratégique en fonction de l’évolution de la situation. 
 
 Le principal moteur de Donald Trump reste toutefois interne : les marchés financiers🇺🇸.  
 
Tant que la bourse se maintient, l’opinion demeure stable. Dans une région aussi inflammable, il ne peut se permettre un blocage du détroit d’Ormuz, ce qui implique soit la soumission contrôlée du régime, par l’émergence de figures coopératives comme au Venezuela, soit sa chute par la rue. Cette deuxième option est extrêmement risquée. L’Iran est une mosaïque ethnique : moins des deux niveaux de la population est perse, et environ 10 % restent un soutien idéologique pendant le régime.  
 
Une guerre civile est plausible, d’autant que le pouvoir a méthodiquement détruit toute opposition structurée capable de prendre le relais. La première option offrirait aux États-Unis, après le Venezuela, un levier majeur sur les réserves mondiales d’hydrocarbures, permettant d’influencer les prix du pétrole et de renforcer la pression stratégique sur la Chine. La seconde, bien que chaotique, resterait acceptable d’un point de vue géostratégique : elle empêcherait l’émergence d’un État iranien fort capable de fermer Ormuz, tout en fixant durablement la Russie et la Chine en Asie centrale, contraintes d’y mobiliser des ressources considérables pour y éviter un embrasement. 
 
Patrick Edery

 

Arafi au centre du dispositif : La succession iranienne entre continuité cléricale, verrouillage institutionnel et équilibre de puissance
Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)
Une nomination qui dépasse la procédure
L’entrée de l’ayatollah Alireza Arafi dans le Conseil directeur intérimaire ne doit pas être lue comme une simple formalité constitutionnelle. Elle révèle au contraire la logique profonde du système iranien dans une phase de vulnérabilité extrême : lorsque le sommet vacille, la République islamique ne cherche pas…
 

Une nomination qui dépasse la procédure

L’entrée de l’ayatollah Alireza Arafi dans le Conseil directeur intérimaire ne doit pas être lue comme une simple formalité constitutionnelle. Elle révèle au contraire la logique profonde du système iranien dans une phase de vulnérabilité extrême : lorsque le sommet vacille, la République islamique ne cherche pas d’abord un visage, mais un mécanisme de continuité. Dans ce cadre, la présence conjointe du président Masoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire et d’Arafi dessine une architecture très précise : l’exécutif pour l’administration courante, l’appareil judiciaire pour le contrôle coercitif, et le clergé institutionnel pour la légitimation doctrinale.

Arafi n’est donc pas un troisième homme ajouté pour l’équilibre symbolique. Il est le maillon qui empêche que la transition ne glisse vers une simple compétition entre factions politiques ou vers une prééminence exclusive des appareils sécuritaires. Sa fonction est de rappeler que, même dans la crise, la souveraineté ultime du régime reste fondée sur une synthèse entre droit religieux, appareil constitutionnel et contrôle idéologique.

Le choix d’un homme de système, non d’un homme de rupture

Le point essentiel est là : Arafi n’incarne ni une ligne de réforme, ni une ligne de confrontation ouverte, ni une ambition personnelle de nature populiste. Il représente le cœur administratif du clergé d’État. C’est précisément ce qui le rend précieux dans une phase de succession. Le régime n’a pas besoin, à ce moment, d’un acteur qui redistribue les cartes ; il a besoin d’un garant qui empêche la table d’être renversée.

Dans l’histoire de la République islamique, les périodes de transition ont toujours été des moments où le véritable enjeu n’était pas seulement la désignation d’un successeur, mais la préservation de la cohérence du bloc dominant. Arafi appartient à cette catégorie d’hommes qui rassurent les centres de décision parce qu’ils n’introduisent pas d’incertitude supplémentaire. Son profil est bureaucratique au sens fort : il n’est pas faible, il est calibré.

À lire aussi : ANALYSE – Les Pasdarans : Les sentinelles d’un Iran en équilibre précaire

Le clergé comme instrument de puissance intérieure

Pour comprendre son importance, il faut sortir d’une lecture occidentale trop étroite qui verrait dans le clergé iranien un simple corps religieux. En Iran, le clergé institutionnel est une structure de reproduction du pouvoir. Les séminaires, les centres doctrinaux, les réseaux de formation, les organes de validation religieuse ne sont pas séparés de l’État : ils en constituent une profondeur stratégique.

Arafi, formé à Qom et inséré depuis longtemps dans l’administration religieuse, appartient précisément à cette couche qui organise la continuité du système. Son poids ne vient pas d’un charisme de masse, mais du fait qu’il maîtrise l’infrastructure intellectuelle et normative du régime. Contrôler la formation du clergé, orienter les institutions de savoir religieux, participer à la définition de l’orthodoxie, c’est contrôler une partie de la fabrique de la légitimité. Dans une phase post-Khamenei, cette fonction devient décisive, car la crise de succession n’est pas seulement politique : elle est aussi une crise potentielle de validité symbolique.

Conseil des gardiens et Assemblée des experts : la double clé du système

Ce qui donne à Arafi une valeur géopolitique et institutionnelle supérieure est son appartenance aux deux structures qui encadrent la souveraineté réelle du régime. Le Conseil des gardiens est bien davantage qu’un organe de contrôle constitutionnel : il est le filtre du champ politique. Il décide qui peut concourir, quelles lois sont recevables, quelles limites ne peuvent être franchies. Il ne gère pas la pluralité, il la discipline.

L’Assemblée des experts, de son côté, est l’organe chargé de désigner la Guide suprême. En théorie, elle incarne la transmission légale du sommet. En pratique, elle ne choisit jamais dans un vide politique : elle agit dans un rapport de forces entre clergé, appareils sécuritaires, réseaux institutionnels et intérêts du régime profond.

Le fait qu’Arafi appartienne à ces deux enceintes, puis entre dans le Conseil intérimaire, signifie qu’il se trouve à l’intersection de trois niveaux : la gestion de l’urgence, la régulation du champ politique, et la préparation de la succession. Peu d’acteurs disposent d’une telle centralité sans être eux-mêmes des figures surexposées.

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Le message envoyé aux Pasdarans

Toute nomination de cette nature est aussi un message adressé aux Gardiens de la Révolution. Les Pasdarans constituent depuis longtemps bien plus qu’un appareil militaire : ils sont une force politico-économique, sécuritaire et stratégique, avec une capacité considérable d’influence sur la direction du régime. Or, dans un moment de transition, le risque principal serait que la succession apparaisse comme un basculement vers une domination trop visible du pôle sécuritaire.

En plaçant Arafi dans le triumvirat, le système envoie un signal d’équilibre : la force des appareils de coercition demeure, mais elle ne peut pas se substituer ouvertement à la matrice cléricale du régime. Autrement dit, la transition doit rester encadrée par une légitimité religieuse et constitutionnelle, même si, dans les faits, les Pasdarans pèseront lourdement sur l’issue.

Arafi joue ici le rôle d’un contrepoids institutionnel. Non pas contre les Pasdarans au sens d’une opposition, mais comme rappel que la République islamique ne veut pas apparaître comme un pur régime de caserne. Elle entend maintenir la fiction structurante — et en partie la réalité — d’un ordre où la force reste couverte par la norme religieuse.

Le calcul interne : éviter la fragmentation

La nomination d’Arafi traduit aussi une peur centrale du système : la fragmentation. Dans la phase post-Khamenei, le danger le plus grave n’est pas seulement une contestation venue de l’extérieur ou de la rue, mais l’ouverture d’une compétition désordonnée entre blocs internes : conservateurs institutionnels, réseaux du clergé, appareil présidentiel, magistrature, Pasdarans, services, fondations économiques.

Face à ce risque, Arafi représente une figure de basse température politique. Il ne surchauffe pas le jeu. Il n’élargit pas le conflit entre factions. Il crée un point de stabilité. C’est précisément pour cela qu’il est utile : il n’est pas l’homme qui tranche de manière spectaculaire, mais celui qui permet au système de gagner du temps, de refermer les lignes de fracture et de conduire la transition à l’intérieur d’un périmètre contrôlé.

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La dimension géopolitique extérieure

Sur le plan extérieur, cette nomination remplit également une fonction de signal. L’Iran veut montrer à ses adversaires, à ses partenaires et aux puissances régionales que le régime conserve une chaîne de commandement et une capacité d’auto-reproduction. Dans une période de tension militaire, de pression internationale et d’incertitude stratégique, il s’agit de dissuader l’idée d’un vide de pouvoir exploitable.

Le message est clair : même si le sommet est fragilisé, la structure demeure. En ce sens, Arafi est un instrument de continuité stratégique. Sa présence rassure l’appareil intérieur, mais elle sert aussi à l’extérieur à projeter une image d’ordre institutionnel. Pour les rivaux régionaux comme pour les puissances occidentales, cela signifie que la succession ne sera pas nécessairement synonyme de désagrégation immédiate, mais plutôt d’un resserrement défensif du noyau dirigeant.

Ce qu’Arafi représente vraiment

Arafi n’est peut-être pas l’héritier final. Il n’est pas forcément l’homme appelé à incarner le futur visage suprême du régime. Mais il est d’ores et déjà l’un des gardiens du cadre dans lequel ce futur visage devra être choisi. Et c’est parfois un pouvoir plus décisif encore.

Il représente la volonté de maintenir la succession à l’intérieur du cercle fermé de l’establishment clérical et institutionnel, sous surveillance, sans ouverture incontrôlée, sans césure idéologique, sans basculement brutal vers une domination exclusivement militaire. Il est le signe que, dans la République islamique, le moment de crise ne produit pas automatiquement du changement ; il produit d’abord une intensification du réflexe de conservation.

Au fond, Arafi incarne moins un homme qu’une méthode : préserver, filtrer, verrouiller, transmettre. Et dans l’Iran de l’après-Khamenei, cette méthode peut compter davantage que n’importe quel nom.

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Tous les États sont criminels par nature, car chacun d'eux représente un monopole de la violence initiée sur un territoire donné. 

En s'érigeant en juges ultimes de tous les conflits (dont ceux qu'ils provoquent), ils s'extraient donc du droit naturel et violent le nôtre. Cependant, une symbiose étatique se distingue particulièrement par sa capacité de violence et son ignominie : j'ai nommé l'axe Washington-Tel Aviv. Une fusion rendue plus manifeste que jamais par les dossiers Epstein, et plus encore par ses alignements militaires successifs. 

D'un côté, une force de frappe massive alimentée par le privilège du dollar, permettant à l'Empire de projeter sa violence à moindre frais. De l'autre, une entité politique dont la légitimité repose sur un socle ethnique et un liant historique religieux, mais dont la survie dépend d'un moteur sécuritaire devenu produit d'exportation. L'appareil d'État américain servant de bras armé et de bouclier à Israël par ailleurs. Nous sommes donc face à une superstructure de domination qu'il faudra rendre obsolète par notre capacité à la grand remplacer. 

Là est l'important : le paradigme politique que nous subissons n'est pas une fatalité. En fait, le mode d'organisation des sociétés humaines n'est jamais que la projection de la maturité éthique, de la prospérité et des coutumes des individus qui la composent. Il en va de même à plus haute échelle. Le chaos mondial en cours est alors le symptôme d'un mimétisme de masse. À force de déléguer notre Liberté à des structures centralisées, nous avons écarté la possibilité d'ordres sociaux volontaires et concurrents pour laisser place à ce giga-cartel. 

Arthur Hominès 


janvier 04, 2026

Intérêts stratégiques US/Venezuela - Dossier complet

 

L'affaire contre Nicolas Maduro reposait sur la désignation par l'administration Trump du Cartel de los Soles comme organisation terroriste de trafic de drogue, sous la direction de Maduro.
 
L'administration a désormais admis qu'un tel cartel n'existe pas.
 
L'opération semble n'être qu'une vaste opération de corruption au profit des donateurs de Trump, notamment du financier opportuniste Paul Singer, qui devrait empocher des milliards.
 
Ron Paul


Le Venezuela, un avertissement pour la France

Un pays surendetté, mais qui vit dans le déni. Des politiciens irresponsables, qui nient la réalité par calcul, et masquent leur vacuité derrière le « front républicain ». Des électeurs désabusés, qui se tournent vers ceux qu’on n’a « pas encore essayés ». La France de 2025 ? Non, le Venezuela de 1998.

14 décembre 1922, puits Barroso II, Cabimas. À l’aurore, autour d’un forage, quelques ouvriers s’activent machinalement. Depuis quelques années, les grandes compagnies pétrolières explorent le Venezuela. Sans grand enthousiasme, car le sous-sol semble bien moins prometteur qu’au Mexique ou aux États-Unis. Quand, soudain, un grondement sourd monte des entrailles de la terre.
 
Dans un fracas assourdissant, un mélange de gaz et de pétrole jaillit avec une violence inouïe. Pendant neuf jours, une colonne de 40 m de hauteur recrache l’équivalent de près d’un million de barils. Jamais une telle quantité de brut n’a été vue dans l’histoire de l’industrie pétrolière mondiale. Le pétrole recouvre les maisons, les arbres, les animaux, même les habitants. On interdit les feux de cuisson et les cigarettes, on éteint les lampes à huile. Une seule étincelle suffirait à faire exploser la région. La population, terrifiée, se terre dans l’obscurité.
 
Le neuvième jour, le jet s’arrête brusquement. Le puits s’est « auto-obstrué » par l’accumulation de sable et de roches remontés des profondeurs.
Pour les habitants, cela ne fait aucun doute. San Benito, saint patron imploré lors d’une procession fervente organisée sous la pluie mazoutée, a entendu leurs prières.
L’histoire du Venezuela est en marche.

Les Trente Glorieuses du Venezuela

Vingt ans plus tard, la ruée vers l’or noir a radicalement changé le Venezuela. Les voitures américaines inondent les rues de Caracas. Le pays vit du pétrole, pour le pétrole. L’agriculture a été abandonnée et l’industrie est jugée inutile. La monnaie, le bolivar, est si forte qu’elle permet de tout importer à bas coût.
Alors que le Brésil, le Chili ou l’Argentine basculent dans des dictatures militaires sanglantes, les grands partis vénézuéliens se partagent le pouvoir pour exclure les extrêmes, notamment les guérillas castristes.
Le pays connaît l’une des croissances les plus rapides au monde, parfois supérieure à celle du Japon. Des centaines de milliers d’Espagnols, d’Italiens, de Portugais et même de Français y émigrent, éblouis par ce nouveau « rêve américain ».
L’État investit massivement dans l’éducation et dans la santé. Caracas se transforme en une métropole futuriste, avec ses autoroutes suspendues, son campus classé au patrimoine de l’UNESCO et une scène culturelle bouillonnante. La « Suisse de l’Amérique » est née.

Le paradoxe de l’abondance

Le premier choc pétrolier éclate en 1973. S’il est catastrophique pour les pays importateurs de pétrole, pour les producteurs, c’est au contraire une aubaine. Le Venezuela n’est plus simplement riche, il est submergé par un afflux financier absolument sans précédent. Du jour au lendemain, les revenus de l’État sont multipliés par quatre. Le week-end, les rues de Miami se remplissent de Vénézuéliens fortunés. Pour les accueillir à Paris, Air France ouvre une ligne de Concorde vers Caracas.

Un homme va en profiter sans compter. Carlos Andrés Pérez, social-démocrate, est élu en mars 1974, peu de temps après l’explosion des prix. « Croisé de la justice sociale », il promet de mener une lutte acharnée contre les inégalités.
Au nom de l’idée que « le pétrole appartient au peuple », on nationalise l’industrie pétrolière. La loi impose une hausse généralisée des salaires, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public. Les licenciements deviennent si coûteux qu’ils sont, dans les faits, presque impossibles.
L’administration recrute massivement : des centaines de milliers de postes sont créés et l’État embauche sans retenue. Dans les immeubles, la présence d’« ascensoristes » devient obligatoire : partout, un employé en uniforme appuie sur le bouton à votre place.
Enfin, le prix des aliments de base est fixé très bas par l’État, qui compense la différence en subventionnant directement les producteurs.
Les dépenses induites sont faramineuses. Comme on ne peut plus licencier, on n’embauche plus, et on s’accommode de salariés improductifs, dans le public comme dans le privé. La valeur du travail disparaît. Cela tombe bien : comme tout est subventionné, plus aucune entreprise ne cherche à être compétitive. Et le peuple commence à croire en deux mythes, celui de l’argent gratuit et celui de la consommation comme moteur de l’économie. Tant pis si tout est importé de l’étranger.
La réalité est bien plus brutale : le pays n’a jamais autant emprunté. En six ans, la dette a été multipliée par neuf, alors même que les revenus pétroliers ont été multipliés par quatre. Le Venezuela est un milliardaire qui réussit l’exploit de vivre au-dessus de ses moyens.
Au départ de Carlos Andrés Pérez en 1979, les intérêts de la dette commencent à dévorer une part de plus en plus importante du budget national. Herrera Campíns, chrétien-démocrate qui lui succède, promet de remettre les finances en ordre, mais sans couper dans le train de vie de l’État. Il tente une politique de libération tarifaire, mais le peuple, habitué à vingt ans de prix bas, exprime aussitôt son mécontentement dans la rue.
Sous pression, Campíns fait marche arrière. Après tout, rien ne presse : avec la révolution iranienne, les prix du pétrole grimpent encore et le Venezuela reçoit toujours plus d’argent. Sauf que cela ne dure pas. Et en ce « Vendredi noir » de 1983, la monnaie s’effondre.

Le RECADI, machine à corruption

Pour sauver le pays, il faudrait dévaluer. Mais le pouvoir ne peut s’y résoudre, d’autant que les élections approchent. Campíns invente alors le pire des stratagèmes : il subventionne la majorité des importations en dollars. La nourriture, les médicaments et les machines industrielles sont vendus selon l’ancien taux de change, comme si le bolivar ne s’était pas écroulé. L’État paie la différence !
Un procédé temporaire que son successeur, le social-démocrate Jaime Lusinchi, va institutionnaliser. Sans scrupule, il a été élu grâce à un slogan lunaire : « la crise, c’est un état d’esprit ». Le RECADI (Régimen de Cambios Diferenciales) devient alors la plus grande machine à corruption d’Amérique du Sud.
Pour s’enrichir, il suffit de créer une société écran qui déclare vouloir importer pour 1 million de dollars de denrées, comme du lait en poudre. L’État, pour aider le peuple, lui vend 1 million de dollars au taux préférentiel de 4,30 bolivars. Évidemment, l’entreprise n’importe rien, ou seulement une infime partie. Elle revend immédiatement ce million de dollars au marché noir, au taux de 15 bolivars, et empoche 10,7 millions de bolivars de bénéfice, directement pompés dans les réserves de la Banque centrale.
Pourquoi s’embêter à cultiver ou à produire, si on peut devenir millionnaire en simulant une importation ? L’agriculture et l’industrie disparaissent définitivement. Personne n’est dupe, mais tout le monde en profite : les riches s’enrichissent, la classe moyenne voyage à peu de frais et les plus pauvres achètent des denrées à des prix encore bas. Sauf qu’à la fin des années 1980, la situation est insoutenable : le remboursement de la dette représente la moitié du budget de l’État. Mais, encore une fois, personne ne veut regarder la réalité en face.

Grand Venezuela !

En décembre 1988, Carlos Andrés Pérez revient au pouvoir, après une campagne qui atteint le summum du cynisme politique. Les difficultés financières ne sont jamais abordées. Au contraire, l’homme promet le retour du grand Venezuela, les années fastes de son premier mandat à l’époque du premier choc pétrolier.
Sa cérémonie d’investiture a tout du couronnement, dans un faste qui défie l’entendement. Plus de vingt chefs d’État, dont Fidel Castro et François Mitterrand, font le déplacement au Théâtre Teresa Carreño, le plus grand et le plus moderne complexe culturel de l’époque. Des sommes astronomiques sont dépensées en banquets, en fleurs importées, en sécurité et en réceptions dans les hôtels cinq étoiles de Caracas.
Le lendemain, Carlos Andrés Pérez annonce que les caisses sont vides. Le pays n’a plus le choix : il doit se tourner vers le FMI.
L’organisme demande la fin du RECADI et de l’encadrement des prix, un programme de privatisations et le gel des embauches dans la fonction publique. En quelques jours, les prix sont multipliés par trois. Le coût de l’essence et des prêts immobiliers explose.
La révolte qui s’ensuit est incontrôlable. En quelques heures, tout Caracas est en feu. Les manifestants brûlent les bus, saccagent les magasins. Les uns transportent des carcasses de bœuf entières sur leur dos, les autres des téléviseurs, au milieu de rues jonchées de verre brisé.
 
Carlos Andrés Pérez, dépassé, ordonne à l’armée de rétablir l’ordre. Armés de fusils d’assaut et de munitions de guerre, les soldats tirent à balles réelles dans les quartiers populaires. C’est un carnage. Les morgues de Caracas débordent. On crée des fosses communes pour enterrer les corps à la hâte. Les ONG comptent près de 3 000 morts. La confiance dans le pouvoir politique est définitivement brisée.

L’espoir Hugo Chávez

Hugo Chávez, alors jeune officier, est horrifié de recevoir l’ordre de tirer sur ses compatriotes. Dans un pays où les institutions se délitent les unes après les autres, il tente en 1992 un coup d’État pour prendre le pouvoir. Emprisonné, il sera relâché en 1994 pour tenter de pacifier un pays au bord de la rupture.
À cause de la corruption et du manque de contrôle, la moitié du système bancaire s’écroule. L’État doit dépenser 11 % du PIB pour sauver les banques. L’inflation atteint 100 %. Peu de temps après, le prix du pétrole s’effondre. Le Venezuela est à genoux. La pauvreté, qui était de 15 % dans les années 1970, touche désormais plus de 60 % de la population.
Les Vénézuéliens, excédés, ne veulent plus entendre parler des partis traditionnels, de droite comme de gauche. Aucun n’a eu le courage de dire la vérité. Tous ont suivi la même politique dépensière et clientéliste.
La commission d’enquête chargée d’identifier les responsables des détournements du RECADI se contente de désigner un bouc émissaire, Ho Fuk Wing, un homme d’affaires chinois rapidement surnommé « le Chinois du RECADI ». Aucun ministre ni dignitaire n’est inquiété.
Ce simulacre attise encore le ressentiment d’un peuple à qui l’on demande des sacrifices, tandis que la classe dirigeante continue de vivre dans une impunité totale, sans jamais avoir à répondre de ses actes.
Dans ce contexte, Hugo Chávez semble être l’homme providentiel. L’ancien révolutionnaire adoucit son image. En costume trois pièces, il prend la voie de la normalisation. Comme ses prédécesseurs, il ne parle pas de sacrifices, mais de grands projets. Celui d’une nouvelle république, censée guérir de tous les maux.
Ses concurrents, à court d’idées, se lient dans l’urgence dans un « front républicain » pour lui faire barrage… Mais le peuple n’y croit plus. Après tout, pourquoi ne pas essayer Chávez ? La situation ne peut pas être pire.
En réalité, la politique qu’il met en œuvre ne fait que recycler les vieilles recettes de Lusinchi. Vingt-sept ans plus tard, 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et près de la moitié d’entre elle est dans l’incapacité de s’acheter le panier alimentaire de base.
Pendant des décennies, les Vénézuéliens ont préféré céder aux promesses démagogiques plutôt que d’affronter la réalité. « Le Venezuela est un pays riche ». « De l’argent, il y en a ». Autant de slogans qui permettaient d’éviter d’aborder les problèmes structurels. Il n’a jamais été question de créer de la richesse, seulement de mieux la redistribuer, avec cette conviction persistante que l’avenir ne pouvait pas être pire. Pourtant, les problèmes ne disparaissent pas parce qu’on détourne le regard. Les Vénézuéliens l’ont appris de la manière la plus brutale qui soit : il y a toujours plus profond que le fond. Essayons de nous en souvenir. Merci à Cédric Mouret @ElPerezosoInfo, qui m'a soufflé l'idée de cet article et aidé à construire ce récit.
 
Antoine Copra
https://x.com/lel_media/status/2008779699879600458
 
 
 

Venezuela – Iran, l’alliance des narco-États

Plateforme du Hezbollah et allié de l’Iran, le Venezuela de Nicolás Maduro était devenu un véritable narco-État. Pourtant, Washington vise davantage les puits de pétrole que les cartels. En géopolitique, la morale a moins de valeur que les intérêts stratégiques.


 

Une opération façon Mossad…

La stupeur a frappé le monde en ce 3 janvier après l’opération des forces spéciales américaines en plein cœur de Caracas, la capitale vénézuélienne, culminant avec la capture de Nicolás Maduro et de sa femme. Une intervention officiellement fondée sur les accusations de narcoterrorisme touchant le leader sud-américain. Elle s’inscrit dans une série d’actions militaires entamées dès l’été 2025, ayant visé des embarcations suspectées de transporter de la drogue, causant des dizaines de morts – parfois sans rapport avec le trafic, d’ailleurs – et exacerbant les tensions régionales. Mais surtout bien au-delà. D’où la réaction immédiate des autorités iraniennes, fortement impliquées dans l’affaire, dénonçant une agression impérialiste flagrante. Téhéran a réaffirmé son soutien indéfectible au Venezuela, qualifiant l’intervention des soldats US d’atteinte à la souveraineté et appelant à une levée des sanctions sur son programme nucléaire. Logique. Ces événements révèlent les liens profonds et multiformes entre les deux nations, unies par une alliance stratégique contre « l’impérialisme américain », les ventes d’armes et… le partage des profits mondiaux du narcotrafic, que nous évoquerons plus loin.
 

 
Le 30 décembre dernier, les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions contre dix individus et entités basés en Iran et au Venezuela, ciblant notamment le commerce d’armes, y compris des drones iraniens comme le Mohajer-6, largement employé par la Russie en Ukraine, et assemblé localement au Venezuela. 
 
Le Trésor américain accuse des figures comme José Jesús Urdaneta González, président d’Empresa Aeronautica Nacional SA (EANSA), d’avoir coordonné avec les forces armées vénézuéliennes et iraniennes la production de ces drones de combat. Maduro, dans ses ultimes déclarations, a d’ailleurs évoqué des dons iraniens de systèmes défensifs pour protéger le territoire vénézuélien, tandis que des rapports confirment la présence de ces appareils, symboles d’une coopération qui transcende le domaine militaire pour s’étendre au narcotrafic. L’administration Trump, qui a déjà saisi des tankers vénézuéliens comme le Nord Star, voit dans ces liens une menace directe à la sécurité des États-Unis, dans un pays frappé par une épidémie d’overdoses ayant causé plus de 70 000 morts annuels. Pourtant – et cela écorne le narratif américain –, la cocaïne vénézuélienne se déploie majoritairement en Europe. 



Narco-État ?

Le concept de narco-État désigne un régime où le pouvoir politique se confond avec les réseaux de trafiquants de drogue, détournant l’appareil institutionnel au profit de ces activités illicites. Or, le Venezuela et l’Iran incarnent cette réalité, formant une alliance où la drogue n’est pas seulement une source de revenus, mais un instrument stratégique de subversion et de souveraineté économique. Sous Hugo Chávez puis Nicolás Maduro, le Venezuela s’est allié à l’Iran au nom de la lutte contre le « Grand Satan » américain, chacun en fonction de ses intérêts propres et de la défense de sa manne pétrolière.
 
Derrière le discours bolivarien se cache un deal entre nations au bord de l’asphyxie économique. Les Gardiens de la Révolution (pasdaran) trouvent en Amérique latine un partenaire géographique idéal, avec ses ports discrets, son marché noir pétrolier, ses routes de la cocaïne et sa haine de l’Occident.
 
Des officiers vénézuéliens et des membres du Hezbollah, le proxy libano-syrien des mollahs, ont organisé des ponts aériens de cocaïne et d’armes, parfois avec la médiation de la Force Al-Qods, la branche militaire des pasdaran. Tareck El Aissami, ex-vice-président de Maduro puis ministre du Pétrole, d’origine syro-libanaise, et Ghazi Nassereddine, ancien diplomate vénézuélien, lui aussi aux racines liées au pays du Cèdre, figurent parmi les figures clés de ce réseau, témoignant du pourrissement de la tête de l’État.
 
Les circuits passent par l’Afrique de l’Ouest – Lagos, Abidjan, Cotonou – puis par Dubaï, pivot logistique et bancaire. En 2024, selon les estimations croisées de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, 14 % du trafic mondial d’opiacés et près de 4 % de celui de cocaïne transitent encore par l’Iran.
 
À partir des années 2000, plusieurs rapports de la DEA et d’organisations américaines de sécurité mettent en lumière l’axe Caracas–Beyrouth–Bogotá–Buenos Aires. Des vols opérés par la compagnie aérienne iranienne Mahan Air, placée sous sanctions américaines, effectuent des rotations régulières entre Caracas et Beyrouth. L’opération Titan, en 2008, a permis d’intercepter plusieurs tonnes de cocaïne issues de ce système. Le Hezbollah agit comme facilitateur financier, blanchissant de l’argent du trafic et recevant une partie des profits pour financer ses opérations au Moyen-Orient.
 
Et ce, même si, en 2025, l’armée de l’air vénézuélienne prétend avoir détruit 39 avions appartenant à des trafiquants de drogue. Des actions masquant souvent, en réalité, la protection étatique accordée aux cartels alliés au régime contre leurs concurrents. Comme celui de los Soles, formé par des militaires de haut rang.
L’Iran, via son Drug Control Headquarters (DCHQ), rattaché au président, coordonne une politique antidrogue officielle tout en tolérant des flux illicites qui financent ses proxies. Notamment dans des ports, comme celui de Chabahar, qui servent de hubs pour des cargaisons suspectes.
 
 
 
Ayman Joumaa, trafiquant libanais œuvrant pour Téhéran, a exporté plus de 200 tonnes de cocaïne entre 2008 et 2012, blanchies via la Lebanese Canadian Bank. Le réseau de Mohamad Hamdar, démantelé en 2014, illustre cette mécanique. Cet agent du Hezbollah a servi de courroie entre les cellules financières iraniennes et des organisations criminelles comme La Oficina de Envigado, héritière du célèbre cartel de Medellín. Ces preuves, corroborées par des rapports comme celui de l’International Narcotics Control Strategy Report 2025, confirment le statut de narco-États de ces deux pays, où la drogue est devenue la colonne vertébrale d’un pouvoir informel, mobile et autofinancé.
 

 
Plateforme du Hezbollah et allié de l’Iran, le Vénézuela de Nicolás Maduro était devenu un véritable narco-État. Pourtant, Washington vise davantage les puits de pétrole que les cartels. En géopolitique, la morale a moins de valeur que les intérêts stratégiques.

Réelle lutte contre le narcotrafic ?

La posture américaine face à cette menace est résolument offensive, ancrée dans une stratégie de « pression maximale » visant à démanteler les réseaux irano-vénézuéliens. Les frappes aériennes sur des bateaux accusés de transporter de la drogue, les saisies de tankers et le déploiement d’un porte-avions en octobre 2025 pour des opérations antidrogue illustrent cette approche musclée.
 
 
 
Maduro est dépeint – à raison – comme le dirigeant d’un « narco-État », avec une récompense portée à 50 millions de dollars pour sa capture – qui n’iront finalement dans les poches de personne. Les sanctions du Trésor américain, qui ont désigné en 2017 ces structures comme Transnational Criminal Organizations, se sont multipliées, touchant récemment le Rayan Fan Group iranien et l’Empresa Aeronautica Nacional vénézuélienne. Washington accuse ces réseaux de miner la sécurité mondiale, en reliant le narcotrafic à des menaces plus larges comme le terrorisme et la prolifération nucléaire, justifiant ainsi l’escalade militaire. Et Maduro, prétendument ouvert à un pacte antidrogue avec les États-Unis et ayant « invité » des compagnies pétrolières américaines comme Chevron, a vu son régime reconnu comme une organisation narcoterroriste par Washington, voyant dans l’alliance irano-vénézuélienne une menace hybride combinant drogue, armes et terrorisme.
 

 

L’hypocrisie américaine – Convoitise du pétrole et politique à géométrie variable

Pourtant, cette fermeté américaine masque une hypocrisie profonde, motivée par la convoitise des vastes réserves pétrolières vénézuéliennes et une politique étrangère sélective qui privilégie les intérêts géopolitiques sur la cohérence morale. Parallèlement à ses actions vénézuéliennes, Donald Trump a accordé, le 1er décembre 2025, une grâce présidentielle complète à l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné l’année précédente à quarante-cinq ans de prison aux États-Unis pour avoir facilité l’importation de centaines de tonnes de cocaïne, en protégeant des trafiquants et en recevant des millions en pots-de-vin. Des éléments laissant entendre que, sous couvert de lutte antidrogue, le président américain visait surtout à affaiblir le régime chaviste pour s’emparer des réserves pétrolières de Caracas.
 

Sidney Powell qui parle de fraude électorale aux États-Unis, et le Venezuela semble impliqué. C'est une vidéo qui date un peu, mais qui trouve toute sa pertinence aujourd'hui. Il semblerait que c'est la fin du règne de la CIA... « Je suis impatiente de présenter toutes les preuves que nous avons recueillies sur Dominion. Ce logiciel a été créé pour produire et modifier les résultats des élections au Venezuela en faveur d'Hugo Chávez, puis exporté à l'international afin de manipuler les votes dans d'autres pays, y compris celui-ci... »
 

 
 
Washington épargne les acteurs impliqués dans le narcotrafic tant qu’ils s’alignent sur ses intérêts politiques, révélant une duplicité où la morale cède le pas à la realpolitik. Cette incohérence sape la crédibilité de la croisade antidrogue, transformant une quête de justice en outil de domination, surtout lorsque les États-Unis consomment encore une part significative du pétrole vénézuélien malgré les sanctions…
 
Benjamin Sire 
 
Cet article, actualisé, s’inspire en grande partie du livre de son auteur, « La drogue au pouvoir », qui sortira début 2026, aux Éditions du Cerf.
à lire sur
 
 

La plongée en enfer du chavisme

En dix ans, le PIB du Venezuela a été divisé par cinq — un effondrement supérieur à celui d’un pays en guerre. Près d’un quart de la population a fui la misère et la répression. Chute des prix du pétrole ? Sanctions américaines ? Les causes, plus profondes, prennent racine dans les fondements mêmes du chavisme.

Depuis plus de dix ans, le Venezuela s’est enfoncé dans une crise sans précédent. La population manque de tout : ruptures d’approvisionnement, services publics en ruine, salaires qui ne couvrent plus l’essentiel, familles éclatées par la nécessité.

L’argent facile du pétrole

Pourtant, le pays repose sur l’un des sous-sols les plus riches du monde. Bien avant Hugo Chávez, le Venezuela était déjà un État rentier : plus de 90 % de ses exportations provenaient du pétrole, tandis que l’industrie, l’agriculture et les secteurs non pétroliers étaient marginalisés. Lorsqu’il arrive au pouvoir, le baril se négocie autour de 10 dollars. Il grimpera jusqu’à 130 dollars sous sa présidence. Cette manne exceptionnelle transforme la rente pétrolière en système clientéliste : les revenus financent programmes sociaux et emplois publics, distribués en échange de l’allégeance au régime.
La loyauté remplace la compétence, le parti remplace l’administration, l’urgence remplace l’investissement. Le socialisme populiste n’administre pas seulement l’économie, il organise la dépendance.
La compagnie pétrolière publique PDVSA est devenue le symbole le plus parlant de cette transformation. En 2017, elle comptait 115 000 salariés, quatre fois plus qu’avant l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, tout en produisant quatre fois moins de pétrole. Les licenciements massifs de 2002 – 19 000 des 30 000 salariés du groupe – ont laissé des traces. Gouverner selon les besoins des amis s’est fait au détriment de la compétence technique et de l’avenir de la nation.
Si les largesses du pouvoir profitent dans un premier temps aux classes populaires, l’effondrement du prix du baril – 30 dollars en 2015 – fait s’écrouler tout le système comme un château de cartes. Sans épargne de précaution, sans fonds souverain crédible, sans accès normal aux marchés financiers, c’est un choc cataclysmique. Les autres pays pétroliers ajustent, puisent dans leurs réserves. Le Venezuela se contente d’imprimer de la monnaie.
Mais la chute des cours n’est pas la seule raison de la destruction de l’économie du pays. Celle-ci a commencé bien plus tôt.

Les racines du mal

En 2002, seulement quatre ans après son arrivée au pouvoir, Hugo Chávez fait face à une grève générale et à un conflit ouvert avec le secteur privé. La corruption, les expropriations arbitraires, les nationalisations sans compensation et la subordination de la justice au pouvoir politique ont entraîné une perte de confiance des entrepreneurs et des investisseurs.
Le président vénézuélien prend alors deux décisions politiques qui ont un impact économique majeur : le contrôle des prix et le contrôle des changes.
Parmi les produits concernés figure un pilier de l’alimentation vénézuélienne : la farine de maïs précuite, indispensable à la fabrication des repas. Le prix est fixé par décret, au nom de la « défense du pouvoir d’achat ». Sur le papier, l’intention est simple : empêcher les industriels d’augmenter les prix. Dans la réalité, le prix administré est rapidement inférieur au coût réel de production. À court terme, l’État compense partiellement. À moyen terme, l’inflation, la dégradation des infrastructures, la pénurie de devises et les contrôles bureaucratiques rendent cette compensation insuffisante.
L’entreprise dominante du secteur, Empresas Polar, alerte à plusieurs reprises : produire à ce prix signifie produire à perte. Les coûts explosent — énergie, transport, pièces détachées importées — tandis que le prix de vente reste figé. L’État refuse d’ajuster durablement, par crainte politique de reconnaître l’inflation.
La mécanique se met alors en place, implacable. Les usines ralentissent, puis s’arrêtent par intermittence. Les stocks disparaissent des supermarchés. La farine devient un produit rare. Les files d’attente s’allongent devant les magasins d’État. Le rationnement s’installe : un paquet par personne, certains jours seulement, parfois sur présentation de la carte d’identité ou du « carnet de la patrie ».
Dans le même temps, la farine ne disparaît pas vraiment. Elle change de circuit. Les sacs subventionnés sont détournés à la sortie des usines ou des entrepôts, revendus sur les marchés informels à cinq, dix, parfois vingt fois le prix officiel. Le contrôle des prix, censé protéger les plus pauvres, ne profite qu’aux dignitaires du régime. La farine n’est pas un cas isolé. Le riz, le lait, l’huile, le sucre, puis les médicaments, tous les biens de base subissent le même sort.
Dans le même temps, pour empêcher la fuite de capitaux, l’État s’arroge le monopole total de l’accès aux devises.
Acheter des dollars devient un privilège administratif. Toute entreprise souhaitant importer doit demander des devises à un organisme public. Le taux officiel est fixé très en dessous de la valeur réelle du bolivar. Le dollar subventionné devient aussitôt une rente.
Le système produit exactement l’inverse de l’objectif affiché. Les entreprises proches du pouvoir obtiennent des dollars bon marché, parfois pour les revendre sur le marché noir avec des marges énormes, parfois pour des importations fictives qui alimentent les réseaux politiques, militaires et clientélistes.
Les entreprises productives, elles, attendent ou sont refusées. Sans devises, elles ne peuvent plus importer de machines ni de matières premières. La production s’effondre.
Un marché noir du change devient la vraie référence de l’économie. Le pays fonctionne alors avec deux réalités : un taux officiel réservé aux initiés et un taux réel, illégal mais indispensable à la survie.
Sous Nicolás Maduro, le système se complexifie sans jamais être démantelé. Les taux se multiplient, l’arbitraire s’installe, la corruption explose. Le contrôle des changes alimente la fuite de capitaux, accélère la désindustrialisation et prépare l’hyperinflation.
Entre 2000 et 2018, on estime que ont quitté le pays. Une moyenne de 3,5% du PIB chaque année.
L’inflation atteint 4 % par jour. Ce qui vaut 1 bolivar le lundi en vaut 1,27 le dimanche. 3,12 à la fin du mois. Plus d’un million et demi un an après. En 2021, le salaire mensuel minimum ne permet plus de s’acheter qu’une seule boîte d’œufs.
Si, dans les villes, les dollars sont devenus l’eldorado, dans les villages, c’est le café qui supplante la monnaie nationale. Les grains ne sont plus broyés, ils s’échangent.
Si les sanctions américaines n’ont rien arrangé, elles ne sont pas l’origine de la catastrophe. En 2014, sous la présidence de Barack Obama, Washington se limite à sanctionner individuellement quelques responsables impliqués dans la répression des manifestations. Les premières mesures réelles interviennent en 2017, lorsque Donald Trump coupe l’accès de PDVSA et du gouvernement vénézuélien aux marchés financiers internationaux. Et la rupture décisive ne survient que deux ans plus tard, avec l’interdiction faite aux entreprises américaines d’acheter du pétrole vénézuélien. Pour la première fois, le brut est directement visé. Mais à ce moment-là, la production a déjà été divisée par trois, les pénuries d’essence sont installées, et PDVSA est techniquement sinistrée. Les sanctions ne peuvent pas être la cause d’un déclin commencé bien avant leur mise en œuvre.
Aujourd’hui, près de 8 millions de Vénézuéliens ont fui le pays. Un quart de la population. Un exode qui a bouleversé la démographie de l’Amérique du Sud : pour la première fois, la Colombie, le Chili et le Pérou ont connu un solde migratoire positif.
Mais la pauvreté n’est pas le seul danger qui menace les Vénézuéliens.

Derrière la misère, la peur

Progressivement, le pouvoir est passé du clientélisme à la terreur, en s’appuyant sur ceux qui dépendaient le plus de lui : les colectivos. Enracinés dans les quartiers populaires, ces groupes pro-gouvernementaux organisent des distributions alimentaires, gèrent des radios communautaires, des jardins partagés, parfois des cliniques de fortune. Ils se présentent comme les « yeux et les mains du peuple », chargés de faire vivre la révolution au niveau local. Avec le temps, une partie d’entre eux a basculé. Ce sont devenus des milices. Les structures sociales se sont transformées en réseaux d’informateurs, puis en instruments d’intimidation, capables de terroriser la population.
En 2024, ils jouent un rôle central dans la répression des manifestations qui suivent la réélection contestée de Nicolás Maduro. Organisés en bandes de motards armés et cagoulés, ils tirent sur les foules ou les brutalisent. Pour intimider, ils peignent des croix sur les maisons des manifestants. À Caracas, presque chaque famille voit alors l’un des siens disparaître. Désignés comme « terroristes », les opposants sont arrêtés et emprisonnés sans procès.
De nombreux opposants, comme María Oropeza, soutien du candidat Edmundo Gonzalez Urrutia, sont kidnappés à leur domicile. Filmée en direct par la militante, la scène fait le tour du monde. Elle est détenue depuis dans le centre de détention d’El Helicoide, connu comme un lieu de torture.Aujourd’hui, les Vénézuéliens vivent dans la peur et dans le dénuement. En dix ans, l’espérance de vie a reculé de . Et même de sept ans pour les personnes nées entre 2015 et 2020. L’avenir sera-t-il meilleur ? Rien n’est moins sûr. À l’heure où j’écris ces lignes, impossible de savoir si la capture de Maduro mettra fin au chavisme. Espérons-le, tant il fut destructeur.
 
 
 

Droit international : l’Amérique franchit le Rubicon

Quelles conséquences aura la capture de Maduro pour les Vénézuéliens comme pour l’ordre mondial ? Le coup de force américain, en dynamitant le droit international, risque-t-il de légitimer les futures agressions de Moscou ou de Pékin ? Décryptage d’un pari risqué.

L’opération américaine du 3 janvier, qui a abouti à la capture de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, en plein cœur de Caracas, a provoqué un séisme diplomatique mondial. Les explosions nocturnes à Fuerte Tiuna, La Carlota et La Guaira, soutenues par des hélicoptères Chinook et Apache, marquent une intervention directe sans précédent depuis des décennies. Cette action unilatérale, justifiée par Washington comme une exécution de justice contre un « narco-État », a immédiatement polarisé la communauté internationale. Même si, et c’est le plus étrange, elle ne changera pas forcément la réalité subie par les Vénézuéliens. Du moins, pas dans l’immédiat.
Les réactions sont convenues et alignées sur les intérêts géopolitiques de chacun. Les alliés traditionnels du régime Maduro – Russie, Iran, Chine et Cuba – ont unanimement condamné l’opération comme une agression armée flagrante et une violation de la souveraineté vénézuélienne. Surtout, l’Iran, , qui ressent cette action comme un coup porté à son propre « axe de résistance » contre l’Occident. Quant à Cuba qui sent déjà passer le vent d’un boulet pouvant la toucher, comme l’a évoqué le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, elle a condamné un « terrorisme d’État » perpétré par les États-Unis.
À l’opposé, tout aussi logiquement et assez éloignés des standards du droit international, des commentaires positifs émergent de pays alignés sur Washington ou hostiles au chavisme. En Argentine, Javier Milei a célébré sur X l’opération comme une avancée pour la « liberté », saluant la chute d’un régime qu’il qualifie – à raison – de tyrannique. En Italie, Giorgia Meloni a défendu une « intervention défensive légitime » contre un État promouvant le narcotrafic, tout en nuançant ses mots d’un rejet malin de l’usage de la force pour faire tomber un régime souverain.
L’Europe, quant à elle, apparaît particulièrement passive et écartée des enjeux, pour ne pas dire de la marche de l’Histoire. Par la voix de Kaja Kallas, la cheffe de sa diplomatie, elle se contente de « suivre de près la situation », mais n’a rien dégainé d’autre qu’un appel convenu au respect des principes du droit international et de la Charte des Nations unies. Tout en réaffirmant que Maduro manque de légitimité depuis les élections frauduleuses de 2024 qui auraient dû voir gagner l’opposant Edmundo González.
La France, via son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, rappelle le principe de non-recours à la force, soulignant qu’ « aucune solution politique durable ne peut être imposée de l’extérieur ». Un grand numéro de « en même temps » typique du macronisme, puisque le président de la République s’est lui réjoui de voir « le peuple vénézuélien […] débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro. », avant d’ajouter : « En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. » Des mots contradictoires et sans effets qui témoignent de la marginalisation européenne et de l’absence de responsabilité et de colonne vertébrale diplomatique française.
L’UE, déjà divisée sur les questions énergétiques et migratoires, n’a ni les moyens ni la volonté de s’impliquer dans une crise dominée par les États-Unis, laissant le champ libre à sa realpolitik qui joue aux apprentis-sorciers avec le globe. Même si on peut noter, d’un point de vue purement technique (et un peu cynique), la qualité d’une opération militaire menée de main de maître par les forces spéciales américaines, qui plus est visant à écarter un narco dictateur que personne ne regrettera.

Un précédent dangereux pour l’ordre mondial

Cette intervention américaine pose néanmoins des questions fondamentales quant au respect du droit international, créant un précédent qui pourrait ébranler l’ordre mondial établi depuis 1945. Le cadre juridique est clair. L’article 2(4) de la Charte des Nations unies interdit formellement le recours à la force armée contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État membre, sauf en cas de légitime défense (article 51) ou avec une autorisation explicite du Conseil de sécurité. Ici, aucune résolution onusienne n’a été adoptée, et il n’existe pas d’attaque armée préalable du Venezuela contre les États-Unis justifiant une action de défense préventive. L’opération, présentée par Washington comme une simple « exécution de justice » contre un individu inculpé pour narcoterrorisme (sur la base d’une décision du Southern District of New York datant de 2020), s’apparente plutôt à un enlèvement extraterritorial d’un chef d’État en exercice, ce qui viole les principes de souveraineté et de non-ingérence.
Cette analyse se confronte toutefois à l’idée, brandie, notamment par Kaja Kallas, que Maduro avait en réalité perdu les élections de 2024 et manquait de légitimité démocratique. Cette illégitimité interne, reconnue par l’UE et une partie de la communauté internationale, pourrait théoriquement justifier une pression diplomatique ou des sanctions, mais elle ne saurait autoriser une intervention armée unilatérale d’une puissance étrangère au nom de ses propres intérêts sécuritaires (lutte contre le narcotrafic) ou économiques (accès au pétrole vénézuélien). Le droit international ne prévoit pas de « clause d’illégitimité » permettant à un État tiers d’imposer un changement de régime par la force. Cela relèverait d’une doctrine obsolète, comme la « doctrine Monroe » revisitée et d’ailleurs évoquée par Donald Trump pour se justifier, qui risque de miner la crédibilité des institutions onusiennes.

Un régime toujours en place

Sur la succession, la position américaine est ambiguë et révélatrice. Trump a affirmé que les États-Unis géreraient le Venezuela de manière intérimaire jusqu’à la transition, sans promouvoir Maria Corina Machado ou Edmundo González comme successeurs. Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l’opposition, émerge pourtant comme une candidate naturelle. Mais l’administration Trump lui a mis un vent assez stupéfiant, semblant témoigner de son indifférence coupable au sort de la population. Le plan semble désormais se diriger vers une absence d’ingérence politique, à la condition de voir les compagnies américaines reprendre le contrôle de la manne pétrolière, laissant le pays en lambeaux et aux prises à la vengeance des brutaux lieutenants de Maduro, comme le ministre des Relations intérieures, de la Justice et.. de la Paix, Diosdado Cabello. On en vient à se demander si cette triste hypothèse ne procède pas d’un deal navrant pouvant être résumé ainsi : pétrole et Maduro, en échange d’une absence de réel interventionnisme futur. Il est encore prématuré pour l’assurer, mais les signaux envoyés ne sont vraiment pas encourageants, surtout pour les Vénézuéliens…
Dans tous les cas, cette approche unilatérale renforce l’idée d’un douteux coup d’éclat, dans lequel la prétendue préoccupation démocratique sert de prétexte à l’accomplissement d’objectifs personnels. Un classique de la diplomatie américaine, à la sauce trumpiste.

Légitimation d’une escalade potentielle

Le problème posé par cette intervention, même si l’on se réjouit vivement de la chute de Maduro et de la fin potentielle d’une dictature aux contours marxisants, est qu’elle légitime d’autres actions similaires à travers le monde, affaiblissant le principe de non-ingérence. Elle pourrait, a posteriori, donner un faux motif à Vladimir Poutine pour vendre son attaque de l’Ukraine en 2022, en créant un précédent où une grande puissance peut invoquer des menaces sécuritaires, réelles ou perçues, pour justifier une invasion unilatérale. Cela conduirait à encourager des escalades ultérieures, visant notamment des pays proches de l’Ukraine, y compris des membres de l’OTAN, comme les États baltes ou la Moldavie, avec des conséquences insoupçonnables sur la stabilité européenne et mondiale.
Les implications pour la Chine sont tout aussi alarmantes. Pékin, qui privilégie l’expansion par le commerce plutôt que par la guerre malgré ses provocations répétées et ses manœuvres militaires autour de Taïwan, pourrait se sentir légitime pour envahir l’île en invoquant des prétextes similaires, comme des menaces pour sa sécurité, une unification historique (à la manière de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine), ou une lutte fantasmée contre des influences étrangères. Bien qu’encore une fois, la Chine soit peu encline à une conquête mondiale par la force, ce précédent américain serait de nature à abaisser son seuil d’inhibition.
Enfin, cela renforce le rôle de la Russie et de la Chine comme défenseurs de la sphère non occidentale, symbolisée par les BRICS. Et ce n’est pas un hasard si la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, est actuellement à Moscou ou que le brésilien Lula a fortement condamné l’intervention américaine. Cet ensemble de faits soulignent comment Moscou et Pékin se positionnent comme gardiens de la sécurité des ses supposés alliés face à l’Amérique et à l’OTAN, recomposant le monde en deux blocs rappelant les plus « belles » heures de la Guerre froide. D’un côté, un Occident mené par les États-Unis imposant ses normes par la force ; de l’autre, un axe eurasiatique défendant la multipolarité, fondé sur des régimes autoritaires.
Cette opération justifie également les prochaines ingérences américaines, non seulement dans la sphère de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale – rappelant les interventions des années 1970-1990 au Panama, au Nicaragua ou au Grenade, souvent sous prétexte de lutte contre le communisme ou la drogue – mais aussi au-delà. Elle pourrait préfigurer des actions plus agressives contre des États comme l’Iran, l’opération vénézuélienne semblant coordonnée avec les actuels événements secouant le régime des mollahs. Selon nos informations, celles-ci devraient se matérialiser, à travers le bornage de téléphones et la localisation par satellite de potentielles cibles de dignitaires du régime, pouvant être éliminées par le Mossad, dont nombre d’agents agissent sur le territoire iranien.
 

 

Une recomposition de l’ordre mondial

En définitive, l’intervention au Venezuela accélère une recomposition profonde de l’ordre mondial, où le multilatéralisme incarné par l’ONU s’effrite face aux actions unilatérales des grandes puissances. Dans un espace où les États-Unis exercent une mainmise accrue sur le pétrole vénézuélien – les plus grandes réserves prouvées au monde –, cela risque de mener à des tensions énergétiques globales, avec la Russie et la Chine cherchant à contrer cette domination via des alliances alternatives, des sanctions croisées ou des disruptions sur les marchés mondiaux. Ce précédent est susceptible de plonger le monde dans une ère d’instabilité où la loi du plus fort prime sur le droit. Attention danger…
 
 
 

 

Venezuela : le tombeau de l’or noir
 
Un cinquième des réserves mondiales — plus que l’Arabie saoudite ou l’Iran. Longtemps, le pétrole a été un cadeau du ciel pour le Venezuela. Avant que le chavisme ne tue cette poule aux œufs d’or, qui précipite aujourd’hui la chute de son tyrannique leader.

Longtemps, le pétrole a été un cadeau du ciel pour le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves prouvées de la planète, devant l’Arabie Saoudite et l’Iran. Pourtant, le chavisme a progressivement tué la poule aux œufs d’or. Jusqu’à ce qu’elle se transforme aujourd’hui en poison fatal.
Dans les années 2000, le Venezuela récolte les fruits d’une flambée des prix du baril. Cliniques de quartier gratuites, subventions alimentaires, logements sociaux, aides aux plus démunis, carburant quasi gratuit… Élu en 1998, Hugo Chávez profite progressivement de cette manne pour mener une politique sociale massive. Se réclamant du bolivarisme, il revendique l’avènement d’un « socialisme du XXIe siècle ». Sa « Révolution bolivarienne » entraîne l’établissement d’une nouvelle Constitution, la promotion d’une forme de « démocratie participative » et la nationalisation des industries clés.
PDVSA, la compagnie pétrolière vénézuélienne, bénéficiait jusqu’alors d’une assez grande autonomie. Dotée de compétences techniques reconnues, elle investissait à l’étranger et dans son outil de production. Mais l’arrivée de Chávez la transforme progressivement en instrument politique et social, chargé de financer les priorités du régime.
 
 
 
Les cadres techniques qui dénoncent l’incompétence de la nouvelle direction sont marginalisés. En 2002, plusieurs dirigeants de PDVSA sont publiquement révoqués, ce qui accentue la colère au sein du groupe. En décembre, une grande partie des employés arrêtent la production pendant plus de deux mois. La riposte est brutale : environ 19 000 cadres et salariés grévistes sont licenciés, sur les quelque 30 000 que compte alors l’entreprise.
Ils sont remplacés par d’ex-retraités, ou par des jeunes mal formés. La loyauté politique prime sur la compétence technique. La productivité de l’entreprise et la motivation des salariés s’effondrent. L’entretien des infrastructures est négligé. La corruption devient systémique.
Les sous-traitants sont progressivement absorbés. Environ 70 entreprises chargées de l’entretien ou du transport du personnel passent sous le contrôle de PDVSA. Les postes clés sont majoritairement attribués à des militants chavistes. La méritocratie disparaît. Et avec elle, les capacités d’extraction.
Problème : le pétrole vénézuélien, notamment celui de la ceinture de l’Orénoque, n’est pas simple à produire ni à valoriser. Extra-lourd, il nécessite l’apport de diluants et des installations industrielles complexes — unités de mélange, de conversion et de craquage — pour devenir commercialisable. Longtemps importés des États-Unis ou du Nigéria, ces diluants deviennent difficiles à obtenir avec le durcissement des sanctions, et le pays se tourne vers l’Iran. Sans ingénieurs qualifiés, sans financement pour maintenir ces usines en état, la production décline inexorablement. La géologie impose ses contraintes, trop longtemps ignorées par l’idéologie politique.
 

 
 
Peu à peu, la compagnie se révèle incapable de maintenir correctement l’exploitation de certains gisements historiques, notamment autour du lac Maracaibo, pourtant parmi les plus accessibles du pays. Oléoducs non entretenus, puits abandonnés, équipements démontés et revendus comme ferraille… Le site se transforme par endroits en marée noire quasi permanente. Pour survivre, certains techniciens se reconvertissent dans des activités de subsistance et quittent progressivement la compagnie. Faute de carburant, les transports se dégradent, les coupures de courant se multiplient, et l’activité industrielle est régulièrement interrompue.
Les sanctions américaines mises en place à partir de 2017 ne sont que les derniers clous d’un cercueil déjà clos. Autour de nombreux sites pétroliers, l’air devient irrespirable. Le pétrole s’échappe en continu. La pollution touche la faune, contamine les cultures alentour et s’étend parfois au-delà des frontières. Au Brésil, des galettes de pétrole, attribuées par les autorités au Vénézuela, souillent régulièrement les plages du Nord-Est.
Sur plusieurs grandes unités de transformation du brut lourd, une majorité est aujourd’hui partiellement ou totalement hors service. Les remettre en état prendra des mois, exigera des investissements considérables et surtout un retour des compétences techniques qui ont déserté le pays.
À ce jour, une production limitée subsiste grâce à des coentreprises bénéficiant de dérogations aux sanctions. L’administration américaine a notamment accordé une licence exceptionnelle à Chevron, permettant une reprise partielle des opérations.
Les États-Unis disposent par ailleurs d’un débouché tout trouvé pour le pétrole de la ceinture de l’Orénoque : leurs raffineries, notamment sur la côte du Golfe du Mexique, étaient historiquement conçues pour le traitement de bruts lourds, notamment vénézuéliens. Elles n’ont pas pu se reconvertir pleinement au pétrole de schiste, très léger, sans le couper avec un brut plus dense — jusqu’ici principalement canadien — afin de fonctionner efficacement.
Contrôler le pétrole vénézuélien permettrait aux États-Unis de réduire leur vulnérabilité aux perturbations énergétiques dans le Golfe, d’influencer davantage les flux mondiaux et les prix, et de consolider le rôle du dollar dans le système pétrolier international — le fameux pétrodollar qui sous-tend une bonne part de la puissance financière américaine. Dans ce cadre, l’éviction de Nicolás Maduro ne s’analyse pas seulement comme une politique étrangère punitive, mais comme une stratégie de domination énergétique et monétaire.
 
 
 
 

 
Les États-Unis n’ont pas combattu les coups d’État en Amérique du Sud, ils les ont organisés.
 
 
Donald Trump veut implanter des compagnies pétrolières américaines au Venezuela. 
 → https://l.lefigaro.fr/GA5Z

 

Crise au Venezuela : Donald Trump veut implanter des compagnies pétrolières américaines dans le pays

Des entreprises américaines vont venir «dépenser des milliards de dollars» pour réparer les infrastructures vénézuéliennes et exploiter les réserves massives de pétrole du pays, a annoncé le président américain après la capture de Nicolás Maduro.

Après avoir capturé le président Nicolás Maduro, les États-Unis veulent un nouveau régime au pouvoir... et du pétrole. Le président américain Donald Trump a déclaré ce samedi 3 janvier qu'il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter les réserves massives de brut du pays.

«Nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées, les infrastructures pétrolières, et commencer à générer des revenus pour le pays», a dit Donald Trump lors d'une conférence de presse en Floride.

«Nous allons vendre beaucoup de pétrole», a-t-il ajouté, précisant qu’il y aurait un gros travail à faire pour remettre à niveau les infrastructures «pourries» du pays. «Tout cet argent du pétrole va être une nouvelle manne financière» pour le Venezuela, a promis Donald Trump. L’embargo américain sur le pétrole vénézuélien reste toutefois, pour le moment, en vigueur a précisé le président américain.

Le Qatar furieux de la capture de Maduro par Trump. La raison est double : 

1. Le Venezuela et le Qatar entretiennent des liens étroits avec l'Iran. Évincer Maduro du pouvoir porte directement atteinte aux réseaux régionaux et financiers de Téhéran. 

2. Doha s'est forgé pendant des années une image de « médiateur indispensable » entre Washington et Caracas. Trump a clairement indiqué que les États-Unis n'avaient pas besoin d'intermédiaires islamistes pour obtenir des résultats.  

@EFischberger

Juste pour qu’on soit bien clair, Nicolas Maduro c’est :
1. Tortures et détentions arbitraires : Arrestations, tortures et détentions de milliers d'opposants et prisonniers politiques.
2. Crimes contre l'humanité : Accusations d'exécutions extrajudiciaires, disparitions et répression systématique (ONU).
3. Narco-terrorisme et corruption : Inculpations pour trafic de drogue, liens avec cartels et corruption d'État.
4. Effondrement économique et corruption : Mauvaise gestion et corruption massive ayant causé une chute du PIB de plus de 80 % depuis 2013.
5. Hyperinflation et pauvreté : Politiques responsables d'une hyperinflation extrême et d'une pauvreté touchant plus de 90 % de la population.
6. Crise humanitaire : Pénuries alimentaires/médicales, malnutrition et effondrement des services publics affectant des millions.
7. Répression des manifestations : Usage excessif de la force causant des centaines de morts et milliers de blessés (2014, 2017, 2024).
8. Fraude électorale en 2018 : Élection condamnée comme frauduleuse, avec exclusion d'opposants et manipulation des résultats.
9. Fraude électorale en 2024 : Manipulation massive des résultats, suivie de répression violente et sanguinaire post-électorale.
10. Huit millions de Vénézuéliens ont fui leur pays.

Philippe Lognoul

Milei News !!
 
"LA CONTRADICTION DES GAUCHISTES
 
"Ils se disent démocrates, mais pleurent la chute des dictateurs."
 
 
 
Ce qui se passe sur les réseaux sociaux est un exemple parfait de l’hypocrisie progressiste.
Je vois partout des Vénézuéliens célébrer la chute du dictateur narco-terroriste Maduro, mais je vois aussi tous les communistes qui vivent dans des démocraties occidentales (de moins en moins nombreuses)  pleurer l’échec indéniable de leur idéologie, laquelle a débouché sur une dictature meurtrière.
Les progressistes disent aimer la démocratie, mais pleurent quand un dictateur tombe. Cela les dévoile entièrement. Ils prétendent défendre le peuple, mais ils détestent le voir célébrer sa liberté (ou ce qui ne leur plaît pas).
De plus, l’ex-dictateur Maduro, qui passera désormais le reste de ses jours dans une prison américaine pour avoir été le chef d’une organisation narco-terroriste, a laissé 90 % des Vénézuéliens dans la pauvreté, contraignant 8 millions de personnes à fuir leur pays pour ne pas mourir de faim. Pour se maintenir au pouvoir, il a volé les élections, enlevé Nahuel Gallo, un citoyen argentin, et le maintient disparu depuis.
Mais bien sûr, les « cipayes », ce serait nous : ceux qui défendons les Argentins, ceux qui défendons la liberté et la démocratie.
Mais c’est terminé. Ça suffit. Nous ne tolérons plus les manipulations psychotiques de ceux qui ont ruiné non seulement notre pays, mais toute la région, avec des idées socialistes et des pratiques politiques dignes du fascisme le plus rance.
Le Venezuela célèbre.
Le Venezuela est libre.
La gauche pleure.
La Liberté Avance.
VIVE LA LIBERTÉ, BORDEL"
 
Javier Milei
 
Javier Milei : "Le seul qui peut générer de la richesse dans ce pays et dans le monde est l'entrepreneur, pas l'homme politique... La seule chose qu'il génère, c'est la corruption."

7 millions de vénézuéliens qui ont fui le pays
20 000 pers. assassinés par la police
Le plus grand centre de torture d'Amérique
L'accaparement des richesses par une petite élite
80% de taux de pauvreté 
Le soutien indéfectible de la gauche internationale
 
 

"Au Venezuela" Écoutez Nicolas Maduro qui disait à Trump :
- Venez me chercher, je vous attends trouillard !




"Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir.
En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple.
La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le Président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition.
Je m’entretiens en ce moment avec nos partenaires de la région.
La France est pleinement mobilisée et vigilante, notamment pour assurer la sécurité de ses ressortissants en ces heures d’incertitude."
Emmanuel Macron
 

 

 
 




 


 
VENEZUELA: LE TRAVAIL N'EST PAS TERMINÉ. VOILÀ POURQUOI LES AMÉRICAINS DOIVENT Y RESTER (UN MOMENT)
 

 
 
Le peuple vénézuélien est heureux de l’opération menée avec succès par Trump et il le remercie.
Voici une explication lucide qui permet de comprendre l’ampleur de cette opération. Faut arrêter de blâmer Trump. Il veut la PAIX dans le monde ✨
🕊️
🚨🇻🇪🇺🇸Beaucoup de gens paniquent parce que Trump a déclaré que les États-Unis allaient « diriger le Venezuela ». 
 
Voici ce que les gens ne comprennent pas au sujet des régimes autoritaires et du véritable changement de régime
 
1. Lorsqu'un dictateur tombe, le pouvoir ne disparaît pas comme par magie. Il se consolide.
Les systèmes autoritaires sont construits comme des pyramides... Enlevez le sommet, et la couche suivante prend immédiatement le contrôle.
 
2. Maduro n'est pas un méchant isolé. Il est à la tête d'un réseau composé de généraux, de chefs des services de renseignement, de fonctionnaires liés aux cartels et d'élites du parti qui profitent tous du régime.
Si Maduro s'en va et que personne ne comble le vide, un autre Maduro émergera.
 
3. C'est pourquoi les changements de régime « sans intervention » échouent presque toujours.
Libye. Afghanistan. Irak (après le retrait). Haïti. Renverser un régime sans stabiliser l'autorité crée le chaos, pas la liberté.
Nous devrions vouloir la LIBERTÉ pour les Vénézuéliens.
 
4. Lorsque Trump affirme que l'Amérique « dirigera le Venezuela », il ne parle pas d'annexion ni de colonialisme. Il parle d'un contrôle temporaire du pouvoir pour empêcher une prise de pouvoir immédiate par les fidèles de Maduro.
Ils sont toujours au Venezuela et feront tout pour consolider leur pouvoir.
 
5. Ce contrôle temporaire est ce qui rend possible une véritable transition :
– démanteler les forces de sécurité du régime
– empêcher les généraux soutenus par les cartels de prendre le pouvoir
– sécuriser les élections
– mettre en place une gouvernance légitime
Tel est l'objectif.
 
6. Ceux qui disent « il suffit de destituer Maduro et de partir » ont une conception fondamentalement erronée du pouvoir.
Les régimes autoritaires ne s'effondrent pas pour laisser place à la démocratie, ils s'effondrent au profit de ceux qui détiennent les armes et l'argent.
En l'occurrence, ceux qui entourent Maduro.
 
7. Toute transition réussie après une tyrannie nécessite :
– la sécurité
– l'autorité
– l'application de la loi
Sans cela, la population n'obtient pas la liberté, mais un autre homme fort comme Maduro.
 
8. Si l'objectif est de libérer les Vénézuéliens, et pas seulement de se sentir moralement supérieur sur Twitter, alors oui, le maintien temporaire du pouvoir par les États-Unis est souvent le seul moyen de mettre fin à ce cycle.
Le choix n'est pas le suivant : « Contrôle américain ou liberté vénézuélienne »
Le véritable choix est le suivant : Stabilisation temporaire ou tyrannie permanente sous un nouveau nom
 
 

 
« On lit beaucoup sur Facebook, ces dernières 24 heures, des personnes qui ont justifié et se sont réjouies de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, condamner la capture de Maduro par les États-Unis. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? Pourquoi ce qui est acceptable pour l’un ne l’est pas pour l’autre ? 
 
Le Venezuela est dans le « pré carré » des États-Unis et abrite des éléments militaires iraniens, des terroristes narcotrafiquants comme le Hezbollah ou encore Cuba, la Chine, la Corée du Nord et la Russie. Cette intervention est beaucoup plus proche de la crise des missiles de Cuba de 1962 que d’autres types d’interventions. Il est bien sûr impossible de garder une entité hostile voire ennemie à 1,367 miles des côtes américaines. 
 
Le pétrole vénézuélien n’est vendu qu’à la Chine et à la Russie à la moitié du prix du marché pour rembourser les dettes que Maduro a contractées auprès de ces pays. Cest une des raisons de la misère du peuple vénézuélien Les États-Unis contrôlaient « de facto » le pétrole vénézuélien, de mauvaise qualité, « sour » qui veut dire « aigre » et visqueux parce que trop riche en souffre et dont le raffinage ne peut être effectué qu’aux États-Unis, même quand c’est la Chine ou la Russie qui l’achète. D’ailleurs comment se fait-il que personne ne se soit précipité pour exploiter les énormes réserves de pétrole du bassin de l’Orinoco connues depuis des décennies ?
 
Quel droit international s’applique quand un pays comme le Venezuela envoie ses pires gangs aux États-Unis, « Tren des Aragua », commettre des crimes et participer activement à la vente au détail de drogues mortelles et inonde le marché américain de cocaïne et de Fentanyl ? Et que ce pays permet aux cartels de drogues d’opérer à partir de son sol et participe activement au blanchiment d’argent sale qui sert, entre autres, à financer le terrorisme.
 
Le Venezuela, phare de la liberté « bolivarienne », était le pays le plus riche du continent il y a une vingtaine d’années et grâce à « l’excellente » gestion de Chavez et Maduro est aujourd’hui l’un de plus pauvres. Il faut rappeler que 8 millions de Vénézuéliens se sont exilés depuis 2014 en s’installant en Colombie, au Pérou, aux États-Unis et même en Espagne
 


 
VENEZUELA-IRAN-TRUMP: UN JEU DE DOMINOS BIEN ÉLOIGNÉ DES THÉORIES COMPLOTISTES PÉTROLIÈRES.
 
 
Le Venezuela et la chute de la République islamique :
 
Alors que la plupart des médias restent englués dans l'indignation morale ou des théories du complot simplistes concernant le Venezuela, les signes s'accumulent : nous n'assistons pas à un conflit local, mais à un réalignement mondial.
 
L'axe Caracas-Téhéran
Le régime iranien vacille après 46 ans. Mais la clé de la chute de l'ayatollah ne réside peut-être pas à Téhéran, mais à Caracas.
Ces dernières années, le Venezuela de Maduro s'est transformé en un carrefour géopolitique où le trafic de drogue finance le radicalisme islamique.
En 2024 et 2025, la preuve est devenue irréfutable : les profits des cartels vénézuéliens alimentent directement les milices supplétives de l'Iran.
 
L'ordre inversé
La doctrine semble claire : pour frapper la « tête du serpent » (l'Iran), il faut couper ses tentacules.
Alors que beaucoup pensaient que l'Iran tomberait en premier, la logique semble désormais se dérouler à l'inverse. Caracas sera la première à s'effondrer.
 
Cela se produira-t-il ? Alors :
- Le soutien financier aux mollahs s'arrêtera net.
- Le réseau terroriste perdra son infrastructure transatlantique.
- L'Ukraine aura un répit (fini les drones Shahed iraniens sans financement).
 
Conclusion : Saisir l'air du temps
Il ne s'agit pas de pétrole. Le pétrole est un sous-produit. Il s'agit de pouvoir et de remaniement des alliances.

 

L’agression américaine au Venezuela : une violation flagrante du droit international et un précédent dangereux

Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, le monde a assisté à un spectacle qui rappelle les heures les plus sombres de l’impérialisme américain : une offensive militaire massive contre le Venezuela, culminant avec la capture illégale du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores. Baptisée « Opération Midnight Fury » par les stratèges du Pentagone, cette intervention unilatérale a impliqué des frappes aériennes précises, des explosions massives à Caracas et l’utilisation de technologies d’intelligence artificielle avancées pour traquer et neutraliser les dirigeants d’un État souverain.

Basée sur des rapports détaillés de sources comme Strategika51Réseau International et France Info, cette analyse critique met en lumière non seulement les faits brutaux de cette agression, mais aussi ses implications profondes pour le droit international, la géopolitique mondiale et la souveraineté des nations indépendantes.

Alors que Donald Trump parade sur son réseau Truth Social avec une photo humiliante de Maduro, les yeux bandés et les oreilles couvertes d’un casque antibruit à bord du navire USS Iwo Jima, il est impératif de déconstruire cette opération comme un acte de terrorisme d’État masqué sous des prétextes fallacieux.

Le contexte d’une escalade préméditée

Pour comprendre l’ampleur de cette agression, il faut remonter aux tensions accumulées entre les États-Unis et le Venezuela.

Depuis l’ère Hugo Chávez, Washington a vu dans le régime bolivarien une menace à son hégémonie en Amérique latine, particulièrement en raison des vastes réserves pétrolières vénézuéliennes – les plus importantes au monde.

Les sanctions économiques imposées par les administrations successives, y compris sous Trump et Biden, ont asphyxié l’économie vénézuélienne, provoquant une crise humanitaire que les États-Unis ont ensuite instrumentalisée pour justifier leurs interventions.

La lettre ouverte de l’ancien général vénézuélien Hugo Carvajal, publiée en décembre 2025, a servi de catalyseur. Dans ce document, Carvajal accuse le régime Maduro de narco-terrorisme, d’espionnage et d’ingérence électorale via des outils comme Smartmatic, tout en offrant sa coopération aux autorités américaines pour atténuer sa propre sentence pour trafic de drogue

Mais cette lettre, bien que sensationnelle, masque les motivations réelles : un accès aux ressources naturelles et une démonstration de force face à des alliés comme la Russie et la Chine.

L’opération du 3 janvier n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une série d’actions américaines récentes, incluant des désignations terroristes pour le « Cartel des Soleils » et le gang Tren de Aragua, ainsi que des frappes sur des bateaux narco. Trump, fraîchement réélu, a utilisé ces prétextes pour lancer une offensive qui va bien au-delà de la lutte contre le narcotrafic. Comme le note Réseau International, les justifications américaines sont « grotesques » et servent de couverture à une agression impérialiste visant les ressources stratégiques, notamment le pétrole, alors que les réserves américaines sont estimées à seulement six ans d’exploitation. Cette escalade préméditée soulève des questions éthiques : comment un pays qui se pose en champion de la démocratie peut-il justifier l’enlèvement d’un chef d’État élu sans déclaration de guerre formelle ?

Les détails techniques de l’opération : le rôle décisif de la technologie DART

L’opération Midnight Fury, lancée vers 02h00 UTC, a démontré une sophistication technologique qui frise la dystopie orwellienne. Selon Strategika51, la technologie DART (Digital Access and Remote Targeting) a été au cœur de cette mission. Développée à partir d’opérations antérieures au Moyen-Orient – notamment au Liban, à Gaza, en Syrie et en Iran depuis 2022 – DART fusionne surveillance numérique, intelligence artificielle et géolocalisation en temps réel. Elle exploite les smartphones des cibles, tels que les iPhone, Samsung, Realme ou OnePlus, pour intercepter communications, audio et positions, même lorsque les appareils sont éteints ou inactifs.

La séquence opérationnelle, décrite comme « Ambient Awareness to Strike » (AAS), se divise en trois phases :

  1. Phase de Surveillance : Des semaines avant l’attaque, une « enveloppe numérique » est créée autour du cercle restreint de Maduro via les téléphones de ses gardes du corps. L’IA analyse les comportements pour prédire les mouvements et identifier les vulnérabilités.
  2. Phase de Perturbation : Une heure avant l’assaut, des simulations de pannes réseau forcent un déplacement de Maduro vers une destination connue à l’avance.
  3. Phase d’Exécution : Des frappes cinétiques précises neutralisent les défenses, permettant à l’unité Delta Force, soutenue par l’US Air Force, l’US Navy et l’US Space Force, de capturer Maduro et Flores.

Cette technologie transforme les appareils personnels en armes de ciblage, comme le souligne Strategika51 : « L’arme qui a permis de capturer Maduro n’était pas seulement un fusil, mais par dessus tout le smartphone de son garde du corps. » Les frappes ont visé des sites clés comme le Fort Tiuna, la base aérienne Generalissimo Francisco de Miranda, le ministère de la Défense et le port de La Guaira, provoquant au moins sept explosions massives et des pannes d’électricité généralisées dans le sud de Caracas. Des hélicoptères AH-64 Apache et CH-47 Chinook ont survolé la ville, tandis que des tirs ont été rapportés dans des secteurs civils, secouant des villes voisines comme Iguérote et Maiquetía.

Critiquement, ce recours à l’IA pose des risques éthiques majeurs. Strategika51 compare cela aux opérations imprécises en Irak en 2003, mais note que DART représente une « révolution stratégique » qui érode la vie privée et la souveraineté. Pourquoi les États-Unis, qui dénoncent l’espionnage chinois via TikTok, utilisent-ils des méthodes similaires pour traquer des leaders étrangers ? Cette hypocrisie technologique révèle une asymétrie de pouvoir où les nations dominantes imposent leurs règles numériques.


La capture de Maduro : un enlèvement masqué en « évacuation »

Le point culminant de l’opération a été la capture de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores par des commandos Delta et DEA. Trump a annoncé cela comme un « succès des forces de l’ordre et de l’armée américaine » , présentant la capture comme une « évacuation » lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago. Il a ensuite publié sur Truth Social une photo choquante : Maduro, en survêtement gris, les yeux masqués et les oreilles couvertes d’un casque antibruit, à bord de l’USS Iwo Jima. Cette image, diffusée par l’AFP, symbolise l’humiliation imposée par Washington, rappelant les photos de prisonniers à Guantanamo.

Réseau International qualifie cela d’ « enlèvement illégal » , soulignant que Maduro sera jugé à New York pour « narcoterrorisme contre les États-Unis » . Mais cette justification est contestée : le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Iván Gil Pinto, dénonce une « agression impérialiste » visant les ressources pétrolières. Des commentaires dans l’article évoquent des trafics de drogue organisés par la CIA elle-même, rendant les accusations américaines hypocrites. De plus, Strategika51 ironise sur l’inculpation de Maduro pour « conspiration armée » après son kidnapping, comparant cela à l’opération Just Cause au Panama en 1990 contre Manuel Noriega – un précédent qui n’a pas résolu les problèmes de drogue mais a renforcé l’emprise US sur la région.

Critiquement, cette capture viole la Charte des Nations Unies et le principe de non-ingérence. Comme le note la Russie via le sénateur Andreï Klichas, c’est un « précédent très dangereux qui détruit complètement les vestiges du système de droit international.  » Pourquoi Maduro est-il enlevé alors que d’autres leaders, comme Benjamin Netanyahu, circulent librement malgré des mandats de la CPI ? Cette sélectivité expose le deux poids deux mesures de l’Occident.

Les motivations réelles : pétrole, géopolitique et hypocrisie

Au-delà des prétextes de narco-terrorisme, les motivations américaines sont claires : le contrôle des ressources. Le Venezuela détient les plus grandes réserves pétrolières prouvées, et avec les réserves américaines en déclin, cette agression apparaît comme une prédation économique. Réseau International souligne que l’objectif est de « s’emparer des ressources stratégiques du pays, notamment le pétrole. » Cela s’inscrit dans une longue histoire d’interventions américaine en Amérique latine – du coup d’État au Chili en 1973 à l’invasion de Grenade en 1983 – toutes justifiées par des menaces fictives.

De plus, l’opération sert de démonstration géopolitique face à la Russie et la Chine, alliés du Venezuela. La présence russe – conseillers militaires et systèmes d’armes comme les S-300 – n’a pas empêché l’attaque, mais pourrait déclencher des représailles. Des émissaires chinois ont rendu visite à Maduro peu avant, soulevant des soupçons sur une coordination internationale ratée. Critiquement, les médias occidentaux, accusés de propager des « bobards » , ignorent les pertes américaines potentielles : au moins neuf aéronefs abattus selon des sources non officielles. Cette censure médiatique renforce la propagande, transformant une agression en « succès tactique » .

Réactions internationales : une condamnation globale mais inégale

Les réactions internationales ont été vives, mais inégales. Le président colombien Gustavo Petro a alerté le monde : « En ce moment, ils bombardent Caracas. Alerte au monde entier : ils ont attaqué le Venezuela, » appelant à des réunions d’urgence à l’ONU et l’OEA. La Russie, via Andreï  Klichas, a appelé à des sanctions contre les États-Unis pour « violation du droit international et agression contre un État souverain. » Maduro lui-même a décrété l’état d’urgence, mobilisant 6 millions de miliciens et appelant à la résistance : « Toute la nation doit se mobiliser pour faire face à cette agression impérialiste. »

Des pays sud-américains, comme le Brésil et le Mexique, ont condamné l’attaque, mais sans actions concrètes. Cette inégalité souligne comment les États-Unis exploitent les divisions internationales pour imposer leur volonté.

Implications géopolitiques : vers un chaos mondial ?

Les implications de cette agression sont alarmantes. Strategika51 qualifie l’opération de « bordel stratégique aux proportions historiques » , risquant des représailles non étatiques et un précédent pour d’autres nations.

En Amérique latine, cela pourrait raviver des mouvements anti-impérialistes, menant à une instabilité régionale comparable au Vietnam pour les États-Unis. Globalement, cela érode le droit international : si un chef d’État peut être enlevé sans conséquences, quelle souveraineté reste-t-il aux pays non-alignés ?

De plus, l’utilisation de DART pose des questions sur la cybersécurité mondiale. Si les smartphones deviennent des outils de guerre, comment protéger la vie privée ? Cette opération pourrait accélérer une course aux armements numériques, avec des acteurs comme la Russie ou le Hamas développant des contre-mesures, comme noté dans les analyses sur Gaza et l’Ukraine.

Un appel à la résistance et à la justice internationale

L’agression américaine au Venezuela n’est pas une victoire contre le terrorisme, mais un acte d’impérialisme pur et dur, masqué par une technologie sophistiquée et des justifications fallacieuses.

En capturant Maduro et en bombardant Caracas, les États-Unis ont non seulement violé le droit international, mais aussi ouvert la porte à un monde où la force prime sur la loi.

Comme l’affirme le gouvernement vénézuélien, « Ce nouvel assaut échouera comme tous les précédents.  » Il est temps pour la communauté internationale de condamner fermement cette barbarie et de soutenir une résolution pacifique via l’ONU. Sinon, nous risquons un chaos mondial où aucun pays n’est à l’abri de l’arbitraire américain.

https://multipol360.com/lagression-americaine-au-venezuela-une-violation-flagrante-du-droit-international-et-un-precedent-dangereux/ 

 


 
Le pétrole vénézuélien, tout le monde en parle. 
Je vais vous en parler... 
Peut-être mieux. 
 
Il faut savoir d'entrée qu'il y a un sérieux problème (même plusieurs) avec ce pétrole vénézuélien qui provient principalement de la ceinture de l'Orénoque (Faja Petrolífera del Orinoco). 
 
Ce pétrole c'est du "brut extra-lourd". 
Sa densité API (c'est l'échelle de densité de l'American Petroleum Institute) est généralement inférieure à 10° (l'eau étant à 10°, un pétrole classique "léger" se situe entre 35° et 45° API). Plus le degré API est bas, plus le brut est dense et visqueux. 
Le vénézuélien est très visqueux et c'est pas ouf, on va le voir. 
 
En plus le pétrole vénézuélien contient aussi une teneur en soufre très élevée (jusqu'à 3-5%) ce qui le classe comme "acide". Bon, le pétrole, c'est de la biodégradation bactérienne. 
 
Les hydrocarbures légers ont été progressivement "mangés" par des micro-organismes sur des millions d'années, la géologie c'est long, ce qui ne laisse que les composés lourds riches en asphaltènes, en résines et en métaux (du vanadium et du nickel). Bref, on s'en fout un peu mais c'est pour donner un peu de contexte à "c'est quoi du pétrole". 
 
Pourquoi le pétrole vénézuélien est foireux ? 
• D'abord à cause de sa viscosité : à température ambiante, ce pétrole est presque solide, comme du bitume. Et pour l'extraire... Ça va nécessiter de l'injection de vapeur ou de diluants.En + la proportion de produits valorisables (essence, diesel) est plus faible qu'avec un brut léger. • Son coût de raffinage est élevé et le traitement requiert des unités de conversion lourde (appelées cokers et hydrocrackers) hyper coûteuses en capital et en énergie. 
 • Je vous ai dit au-dessus que ce pétrole avait une teneur en soufre très élevé, évidemment que ça provoque une grosse corrosion des équipements de raffinage. 
• Il est beaucoup + polluants mais surtout c'est le transport qui est chiant : il faut le diluer avec des bruts légers ou le chauffer pour le pomper dans les pipelines. 
 
Alors s'il est si pourri ce pétrole, pourquoi Trump s'y jette dessus et le veut absolument ?   
 
 
 

𝗟’𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝘃𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗮𝗺𝗲́𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗮𝘂 𝗩𝗲𝗻𝗲𝘇𝘂𝗲𝗹𝗮 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗶𝗻𝗲́𝗲 : 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝗰𝗲 !
 
Les larbins de l’État profond ont peut-être crié victoire trop tôt et oublié que le monde a beaucoup changé depuis le coup d’État américain de la CIA au Chili en 1973.
Sur le front intérieur, comme au niveau international, l’affaire est très loin d’être pliée en faveur de Washington.
 
1️⃣ AU VENEZUELA
La propagande euro-mondialiste déversée dans les médias mainstream est trompeuse. Il ne suffit pas de montrer en boucle quelques milliers de personnes en liesse chez les Venezueliens expatriés, ou au Venezuela même, pour en conclure que Maduro et son régime y font l’objet d’une exécration générale.
S’il est exact que le régime est devenu très impopulaire chez beaucoup de Venezueliens (comme je l’ai dit dans ma vidéo d’hier soir), il n’en est pas moins vrai qu’il bénéficie encore de solides soutiens (comme je l’ai dit aussi). Notamment dans les catégories les plus modestes de la population.
Même si Maduro est détesté par beaucoup de Venezueliens, il est tout de même moins impopulaire que Macron en France !
Par ailleurs, il faut avoir l’ignorance crasse et le parti-pris pro-étasunien et pro-israélien de Zemmour et Knafo (qui se sont réjouis du coup d’État américain !) pour ne pas comprendre :
 
⚠️ que des millions de Venezueliens se rappellent avec horreur les décennies d’avant Hugo Chávez.
À titre d’exemple, j’ai rappelé dans ma vidéo d’hier le pedigree du président Carlos Andrés Pérez, agent de la CIA et infâme crapule, qui avait fini par être emprisonné puis par s’enfuir pour terminer sa vie en Floride.
⚠️ que les Américains (« gringos ») font l’objet d’une détestation plus importante que Maduro et le régime instauré par Hugo Chávez.
Celui-ci a rebaptisé le pays « République bolivarienne du Venezuela », pour rappeler aux Venezueliens la grandeur de leur histoire (le « Libertador » Simon Bolivar) et leur redonner la fierté de lutter contre toute ingérence étrangère.
 
Dès lors,tout dirigeant du Venezuela qui arrivera dans les bagages de l’Oncle Sam fera l’objet d’un rejet absolu et immédiat de pans entiers de la société venezuelienne.
On l’a vu,ô combien !,avec la piteuse tentative de Trump, lors de son premier mandat, d’imposer le blanc-bec Juan Guaido (qui était financé par les barons de la drogue colombiens !), et cela avec le misérable soutien de Macron qui y avait déjà fourvoyé notre diplomatie.
Du reste,Maduro ne gouvernait pas le Venezuela tout seul. Il était soutenu par une majorité de parlementaires, par les grandes institutions du pays et par la Cour suprême qui a confié la présidence par intérim à sa fidèle vice-présidente Rodriguez conformément à la Constitution vénézuélienne.
Alors ?
Que va faire et que peut faire Trump ?
Imposer son propre président serait le meilleur moyen de susciter une guerre civile et un enlisement tragique de l’armée américaine.
 
2️⃣ SUR LA SCÈNE MONDIALE
Ce matin, Pékin vient de publier un communiqué tout-à-fait extraordinaire. La diplomatie chinoise, très mesurée et allusive depuis les années 1990, y retrouve des accents martiaux dignes de l’ère maoïste.
▪️ elle qualifie le coup d’État américain de «violation flagrante du droit international »
▪️ elle exige « la libération immédiate du président Maduro et de son épouse »
▪️ elle demande à Washington de « cesser de chercher à renverser le gouvernement du Venezuela »
Cette fermeté et ces exigences montrent que la Chine fait du Venezuela un casus belli car elle y voit
▪️la remise en cause inacceptable du droit international et des souverainetés nationales
▪️un étranglement prémédité de ses approvisionnements en hydrocarbures.
 
Ce changement de ton n’annonce rien de bon pour Washington,où l’on a peut-être sous-estimé la nouvelle capacité de rétorsion de Pékin.
 
Que fera Trump si la Chine décrète un embargo total de l’exportation vers les États-Unis des terres rares, essentielles pour l’industrie et les technologies de pointe, dont elle a quasiment le monopole mondial ?

L’impérialisme américain : une persistance décennale

L’impérialisme américain, souvent déguisé sous les oripeaux de la défense de la démocratie, de la lutte contre le communisme ou de la guerre contre le terrorisme, continue de marquer la géopolitique mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Une récente publication sur X d’une utilisatrice, datée d’aujourd’hui, illustre cette réalité avec une liste d’opérations militaires américaines, de coups d’État orchestrés par la CIA et d’interventions clandestines à l’étranger. Accompagné d’une image en noir et blanc montrant des responsables américains présentant des « preuves » au Conseil de sécurité de l’ONU pour justifier des interventions en Yougoslavie (1999), en Irak (2003), en Libye (2011) et en Syrie (2018), la publication accuse ces actions d’être fondées sur des mensonges. Cette compilation, bien que non exhaustive, met en lumière un fonctionnement récurrent : l’utilisation de prétextes humanitaires ou sécuritaires pour poursuivre des intérêts économiques, stratégiques ou idéologiques. En s’appuyant sur des sources historiques et des analyses critiques, cet article explore cette dynamique impérialiste qui perdure, en examinant ses origines, ses exemples emblématiques et ses conséquences.

Les racines post-seconde guerre mondiale

Depuis 1945, les États-Unis ont mené au moins 469 interventions militaires à l’étranger, dont 251 depuis 1991, selon un rapport du Service de recherche du Congrès américain.

Ces actions s’inscrivent dans le contexte de la Guerre froide, où l’anticommunisme servait de justification principale pour contrer l’influence soviétique.

Des listes compilées par des organisations comme Global Policy Forum ou des historiens recensent des interventions dès 1946 en Iran et en Chine, impliquant des débarquements de marines, des soutiens à des coups d’État et des opérations clandestines. Par exemple, en 1953, l’opération Ajax de la CIA a renversé le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh pour protéger les intérêts pétroliers occidentaux, installant un régime autoritaire sous le Shah. De même, en 1954, l’opération PBSuccess au Guatemala a évincé le président Jacobo Árbenz au profit d’une dictature, motivée par les intérêts de la United Fruit Company.

Ces interventions n’étaient pas toujours directes : la CIA finançait souvent des proxies, comme en Indonésie en 1965-1967, où elle a fourni des listes de communistes pour faciliter des massacres estimés à un demi-million de morts. Les défenseurs de ces politiques arguent qu’elles ont préservé la sécurité nationale et promu la démocratie, comme lors de la Guerre froide où les États-Unis ont contré l’expansion communiste en Europe et en Asie. Cependant, des critiques soulignent que ces actions ont souvent déstabilisé des régions entières, favorisant des dictatures et des conflits prolongés.

Les mensonges comme prétexte : focus sur quatre exemples emblématiques

L’image partagée dans le post X met en avant quatre cas où les États-Unis sont accusés d’avoir menti pour justifier leurs interventions. Examinons-les de près.


 

  • 1999 : Yougoslavie (Kosovo). Les États-Unis, via l’OTAN, ont lancé une campagne de bombardements contre la Serbie, affirmant empêcher un génocide contre les Albanais du Kosovo. Colin Powell et d’autres ont présenté des « preuves » d’atrocités massives. Pourtant, des critiques, y compris du Cato Institute, estiment que l’intervention était illégale et a causé plus de souffrances civiles qu’elle n’en a évité, avec des milliers de morts et une déstabilisation régionale. Des historiens accusent l’OTAN d’avoir exagéré les crimes serbes pour justifier l’action, ignorant les prédictions de l’armée américaine sur une escalade de la violence. Les défenseurs répliquent que cela a stoppé Milošević et promu la stabilité balkanique.
  • 2003 : Irak. L’invasion menée par George W. Bush reposait sur des allégations de possession d’armes de destruction massive (ADM) par Saddam Hussein, présentées par Colin Powell à l’ONU avec des fioles symboliques. Aucune ADM n’a été trouvée, et des enquêtes ont révélé que l’administration Bush s’appuyait sur une « intelligence basée sur la foi » plutôt que sur des faits. Cette « grande mensonge » a causé des centaines de milliers de morts et une instabilité persistante. Des partisans maintiennent que l’intervention a libéré l’Irak d’un dictateur, mais la majorité des Américains y voyaient une erreur dès 2004.
  • 2011 : Libye. Sous Barack Obama, les États-Unis ont soutenu l’intervention OTAN pour « protéger les civils » contre Mouammar Kadhafi, affirmant un risque de massacre à Benghazi. L’opération a conduit à la chute de Kadhafi, mais a plongé le pays dans le chaos, favorisant des milices, l’esclavage et l’essor de l’État islamique. Obama lui-même a regretté l’absence de plan post-intervention. Des voix défendent l’action comme un succès humanitaire, évitant un bain de sang, mais les critiques pointent un échec stratégique.
  • 2018 : Syrie. Les États-Unis, avec la France et le Royaume-Uni, ont bombardé des sites suspectés d’armes chimiques après une attaque alléguée à Douma, attribuée au régime d’Assad. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé l’usage de chlore par la Syrie. Cependant, des controverses persistent sur la fiabilité des preuves, certains accusant une mise en scène par les rebelles. Les frappes étaient justifiées comme une réponse à des violations de la Convention sur les armes chimiques, mais critiquées pour leur ineffectivité et leur risque d’escalade.

Ces cas illustrent comment des narratives sécuritaires masquent souvent des objectifs impérialistes, comme le contrôle des ressources ou la containment d’adversaires.

Une liste non exhaustive d’autres interventions

Le post X énumère des dizaines d’exemples, corroborés par des sources historiques. Parmi eux :

Pays

Année(s)

Description Brève

Vietnam

1960-1975

Guerre massive contre le communisme ; 58.000 morts américains ; (premières armes chimiques : agent orange et napalm).

Chili

1973

Coup contre Allende ; Pinochet installé avec aide CIA.

Afghanistan

1979-1992, 2001-2021

Soutien aux moudjahidines puis invasion post-11/9 ; instabilité persistante.

Nicaragua

1981-1990

Financement des Contras ; violation du droit international (CIJ).

Haïti

1994, 2004

Interventions pour « restaurer la démocratie » ; accusations de néocolonialisme.

Ukraine

2004, 2013-2014

Soutien aux mouvements pro-occidentaux ; contesté par la Russie.

Venezuela

2019-2026

Sanctions et reconnaissance de Guaidó ; capture de Maduro en 2026.

Ces actions, souvent couvertes, ont coûté des millions de vies et des billions de dollars.

Analyse : Motivations, Impacts et Débats

Les motivations impérialistes incluent l’accès aux ressources (pétrole en Irak, en Libye), la géopolitique (containment de la Chine, de la Russie) et l’idéologie (promotion de la démocratie libérale). Des défenseurs, comme dans les doctrines Truman ou Bush, voient ces interventions comme nécessaires pour la sécurité globale, protégeant les alliés et freinant les totalitarismes. Pourtant, les nombreuses critiques dominent : ces opérations ont souvent échoué à instaurer la stabilité, favorisant au contraire le terrorisme (comme en Afghanistan) ou des crises humanitaires. L’opinion publique américaine est divisée ; par exemple, en 2011, une majorité s’opposait à l’intervention en Libye en raison de la fatigue militaire post-Irak.

Une Persistance en 2026

En janvier 2026, l’impérialisme américain ne faiblit pas, comme en témoigne l’intervention récente au Venezuela pour capturer Maduro sous prétexte de narcotrafic. Bien que justifiées par des idéaux nobles, ces actions soulèvent des questions éthiques et légales. Pour briser ce cycle, un examen critique des motivations réelles s’impose, au-delà des narratives officielles. Tout cela nous rappelle que l’histoire se répète, souvent au prix de vies innocentes.

https://multipol360.com/limperialisme-americain-une-persistance-decennale/

 


DERNIÈRES NOUVELLES | 4 JANVIER 2026 – AVERTISSEMENT NUCLÉAIRE DE TRUMP À L'EUROPE : « VOUS DÉTRUISEZ VOTRE PATRIMOINE »
4 janvier 2026
Dans une allocution télévisée percutante, le président Donald J. Trump lance un avertissement historique à l'Europe : les migrations de masse détruisent la civilisation occidentale. Il exhorte les dirigeants européens à stopper l'afflux de populations inconnues, sous peine d'un effondrement total. Il ne s'agit pas de diplomatie, mais d'une guerre pour l'âme du continent.


⚡️ CITATION À LA UNE :

« Si vous ne mettez pas fin à l'immigration de personnes que vous n'avez jamais vues auparavant, avec lesquelles vous n'avez rien en commun, votre pays est voué à l'échec. »
— Président Donald J. Trump, 4 janvier 2026
Trump rompt le silence sur l'Europe : Réveillez-vous ou périssez
Depuis le cœur de Mar-a-Lago, dans un message direct aux peuples d'Europe, le président Trump a lancé l'avertissement le plus direct et le plus urgent de sa carrière politique :
«Vous êtes en train de détruire votre patrimoine.»
Avec un ton mêlant gravité militaire et lucidité culturelle, Trump n'a pas mâché ses mots. Son avertissement visait non seulement les gouvernements fantoches des mondialistes, mais aussi chaque citoyen européen encore capable de protéger son histoire, son identité et sa souveraineté.
« Vos nations sont inondées de gens que vous n'avez jamais vus auparavant, et avec qui vous n'avez rien en commun. Si cela ne cesse pas, votre pays s'effondrera. »
Ce n'est plus une théorie. C'est une réalité géostratégique qui se déroule sous nos yeux. Trump, autrefois moqué pour avoir tiré la sonnette d'alarme concernant l'ouverture des frontières et l'immigration massive, répète désormais cet avertissement avec force et conviction.


L'EUROPE : UNE CIVILISATION SINISTRE

Le remplacement démographique des Européens autochtones n'est plus un secret, c'est une politique. En France, en Allemagne, en Suède, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, les villes se sont transformées, les cultures se sont diluées, les lois ont été réécrites.
Attaques au couteau et émeutes éclatent dans des capitales autrefois sûres.
Des églises transformées en mosquées , des statues déboulonnées
Des réseaux criminels font le trafic de femmes et d'enfants sous couvert d'asile.
La liberté d'expression est criminalisée , mais le radicalisme est toléré.
Les propos de Trump ne sont pas une opinion politique, mais un compte rendu de renseignement.
Il s'agit d'une guerre de cinquième génération : une invasion psychologique, démographique et juridique. Et l'Europe est en train de perdre.


LA TROMPERIE MONDIALISTE : PAS DE FRONTIÈRES, PAS DE NATIONS, PAS DE PAIX

L’avertissement de Trump révèle la stratégie fondamentale de l’élite mondialiste :
Détruire l'identité nationale
Submerger les systèmes par des crises importées
Désarmer le public, au sens propre comme au sens figuré.
Exploiter le chaos pour justifier les pouvoirs d'urgence et le pouvoir technocratique
Pour reprendre les mots de Trump, l'Europe ne perd pas seulement ses habitants. Elle perd sa mémoire, sa fierté et son droit à l'existence .
Ce n'est pas de l'immigration. C'est un effondrement provoqué.


LA POSITION DE L'AMÉRIQUE : LA DOCTRINE DE SURVIE NATIONALE DE TRUMP

Tandis que Joe Biden et la gauche mondialiste s'efforcent de reproduire l'autodestruction de l'Europe , Trump adopte une ligne dure :
Sous ma direction, les États-Unis ne renonceront jamais à leurs frontières. Nous ne perdrons jamais notre héritage.
Le discours de Trump était plus qu'un simple avertissement. C'était un signal : l'Amérique ne connaîtra pas le même sort que l'Europe à moins que les patriotes ne le permettent.
Il a exhorté les alliés européens à se lever maintenant ou à disparaître à jamais .


DERNIER AVERTISSEMENT : EUROPE, C'EST VOTRE DERNIER APPEL

Il ne s'agissait pas d'un message politique. Il s'agissait d'une alerte militaire.
« Vous détruisez votre héritage. Votre pays va s'effondrer. » — Trump
Il n'a pas dit « pourrait ». Il a dit « va » .
Pour l'Europe, le temps est compté. Le choix est clair :
Reprenez vos frontières, votre culture, votre identité — ou soyez ensevelis sous le chaos orchestré par les mondialistes.
Le compte à rebours est terminé.
Il vient d'atteindre zéro.
Maintenant, le monde est sur le point de tout voir...!
Gardez la ligne Patriote !

LES CAVALIERS NUMÉRIQUE (Groupe FB)
Jean-françois Normandeau (VK)
Jeff Normandeau (FB)

 

 "Analyse intéressante de Ricardo

 
« La véritable raison de l'invasion du Venezuela par les États-Unis remonte à un accord conclu par Henry Kissinger avec l'Arabie saoudite en 1974.


Et je vais vous expliquer pourquoi il s'agit en réalité de la SURVIE du dollar américain lui-même.
Ni la drogue. Ni le terrorisme. Ni la « démocratie ».
Il s'agit du système du pétrodollar qui a permis aux États-Unis de rester la puissance économique dominante pendant 50 ans.
Et le Venezuela vient de menacer d'y mettre fin.
Voici ce qui s'est réellement passé :
Le Venezuela possède 303 milliards de barils de réserves de pétrole prouvées.
Le plus grand du monde.
Plus que l'Arabie saoudite.
20 % du pétrole mondial.
Mais voici ce qui compte :
Le Venezuela vendait activement ce pétrole en yuans chinois, et non en dollars.
En 2018, le Venezuela a annoncé son intention de « se libérer du dollar ».
Ils ont commencé à accepter les yuans, les euros, les roubles, tout sauf les dollars pour le pétrole.
Ils demandaient à rejoindre les BRICS.
Ils mettaient en place des canaux de paiement direct avec la Chine, contournant totalement le système SWIFT.
Et ils disposaient de suffisamment de pétrole pour financer la dédollarisation pendant des décennies.
Pourquoi est-ce important ?
Car tout le système financier américain repose sur une seule chose :
Le pétrodollar.
En 1974, Henry Kissinger a conclu un accord avec l'Arabie saoudite :
Tout le pétrole vendu dans le monde doit être tarifé en dollars américains.
En échange, l'Amérique assure sa protection militaire.
Cet accord unique a créé une demande artificielle de dollars à l'échelle mondiale.
Tous les pays du monde ont besoin de dollars pour acheter du pétrole.
Cela permet aux États-Unis d'imprimer de l'argent à volonté tandis que d'autres pays travaillent pour cela.
Il finance l'armée. L'État-providence. Les dépenses déficitaires.
Le pétrodollar est plus important pour l'hégémonie américaine que les porte-avions.
Et il existe un schéma récurrent quant à ce qui arrive aux dirigeants qui le contestent :
2000 : Saddam Hussein annonce que l'Irak vendra son pétrole en euros et non plus en dollars.
2003 : Invasion. Changement de régime. Le pétrole irakien est immédiatement reconverti en dollars. Saddam Hussein est lynché.
Les armes de destruction massive n'ont jamais été trouvées car elles n'ont jamais existé.
2009 : Kadhafi propose une monnaie africaine adossée à l'or, appelée « dinar or », pour le commerce du pétrole.
Les courriels divulgués d'Hillary Clinton elle-même confirment que c'était la raison PRINCIPALE de l'intervention.
Extrait d'un courriel : « Cet or était destiné à établir une monnaie panafricaine basée sur le dinar d'or libyen. »
2011 : L’OTAN bombarde la Libye. Kadhafi est sodomisé et assassiné. La Libye abrite désormais des marchés d’esclaves à ciel ouvert.
« Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ! » a lancé Clinton en riant devant la caméra.
Le dinar d'or mourut avec lui.
Et maintenant Maduro.
Avec CINQ FOIS plus de pétrole que Saddam et Kadhafi réunis.
Vente active en yuans.
Créer des systèmes de paiement hors du contrôle du dollar.
Demande d'adhésion aux BRICS.
En partenariat avec la Chine, la Russie et l'Iran.
Les trois pays à la pointe de la dédollarisation mondiale.
Ce n'est pas une coïncidence.
Contester le pétrodollar. Changer de régime.
À chaque. Fois.
Stephen Miller (conseiller à la sécurité intérieure des États-Unis) l'a littéralement dit à voix haute il y a deux semaines :
« L’industrie pétrolière vénézuélienne a été créée grâce à la sueur,
à l’ingéniosité et au labeur des Américains. Son expropriation tyrannique constitue le plus grand vol de richesses et de biens américains jamais enregistré. »
Il ne le cache pas.
Ils prétendent que le pétrole vénézuélien appartient à l'Amérique parce que des entreprises américaines l'ont exploité il y a 100 ans.
Selon cette logique, toute ressource nationalisée dans l'histoire a été un « vol ».
Mais voici le problème PLUS PROFOND :
Le pétrodollar est déjà en train de mourir.
La Russie vend son pétrole en roubles et en yuans depuis l'Ukraine.
L'Arabie saoudite discute ouvertement des règlements en yuans.
L'Iran commerce avec des devises autres que le dollar depuis des années.
La Chine a créé CIPS, sa propre alternative à SWIFT, qui compte 4 800 banques dans 185 pays.
Les BRICS développent activement des systèmes de paiement qui contournent totalement le dollar.
Le projet mBridge permet aux banques centrales de régler instantanément les transactions en monnaies locales.
L'adhésion du Venezuela aux BRICS, avec ses 303 milliards de barils de pétrole, accélérerait ce processus de manière exponentielle.
Voilà le véritable enjeu de cette invasion.
On ne lutte pas contre le trafic de drogue. Le Venezuela représente moins de 1 % de la cocaïne consommée aux États-Unis.
Ce n'est pas du terrorisme. Il n'y a absolument aucune preuve que Maduro dirige une « organisation terroriste ».
Ce n'est pas la démocratie. Les États-Unis
soutiennent l'Arabie saoudite, qui n'organise aucune élection. Il s'agit de maintenir un accord vieux de 50 ans qui permet à l'Amérique d'imprimer de l'argent pendant que le monde travaille pour elle. 

Et les conséquences sont terrifiantes : La Russie, la Chine et l'Iran dénoncent déjà cela comme une « agression armée ». La Chine est le plus gros client pétrolier du Venezuela. Ils perdent des milliards. 

Les pays BRICS assistent à l'invasion d'un pays qui commerce en dehors du dollar. Tous les pays qui envisagent la dédollarisation viennent de recevoir le message : Défiez le dollar et nous vous bombarderons. 

 Mais voici le problème... Ce message pourrait accélérer la dédollarisation, et non l'arrêter. Car désormais, tous les pays du Sud savent ce qui arrive lorsqu'on menace l'hégémonie du dollar. Et ils se rendent compte que la seule protection est d'aller PLUS VITE. 

 Le timing est dingue lui aussi : 3 janvier 2026. Le Venezuela est envahi. Maduro est capturé. 3 janvier 1990. Invasion du Panama. Capture de Noriega. 36 ans d'écart. Presque jour pour jour. Même scénario. Même excuse de « trafic de drogue ». La même raison, en réalité : le contrôle des ressources stratégiques et des routes commerciales. L'histoire ne se répète pas. Mais elle rime. Que se passe-t-il ensuite ? 

 La conférence de presse de Trump à Mar-a-Lago donne le ton. Les compagnies pétrolières américaines sont déjà sur les rangs. Politico a rapporté qu'elles avaient été approchées au sujet d'un « retour au Venezuela ». L'opposition sera mise en place. Le pétrole sera de nouveau coté en dollars. 

Le Venezuela devient un autre Irak. Une autre Libye. Mais voici ce que personne ne demande : Que se passe-t-il lorsqu'on ne peut plus dominer le dollar par les bombardements ? 

Quand la Chine aura-t-elle suffisamment de levier économique pour riposter ? 

Quand les BRICS contrôlent 40 % du PIB mondial et disent « plus de dollars » ? 

Quand le monde réalisera-t-il que le pétrodollar se maintient grâce à la violence ? 

L'Amérique vient de dévoiler son jeu. La question est de savoir si le reste du monde se laisse faire ou s'il bluffe. Car cette invasion est un aveu que le dollar ne peut plus rivaliser par ses propres mérites. 

Quand il faut bombarder des pays pour qu'ils continuent à utiliser sa monnaie, c'est que cette monnaie est déjà en train de mourir. Le Venezuela n'est pas le début. C'est la fin désespérée. Qu'en penses-tu ? »  

Ricardo 


 

compoundscaling.com


 
 
 
 

L’impérialisme américain au Venezuela : au-delà de la lutte anti-drogue, un vol de pétrole flagrant 

Dans les premières heures du 3 janvier 2026, les forces spéciales américaines ont lancé une opération audacieuse au Venezuela, capturant le président Nicolás Maduro et le transférant à New York pour un procès sur des accusations de narcotrafic.

Ce qui était présenté comme une mission de justice anti-drogue par l’administration Trump s’est rapidement révélé être bien plus : une manœuvre impérialiste pour contrôler les vastes réserves pétrolières vénézuéliennes, les plus importantes au monde avec environ 304 milliards de barils.

 

 

Trump lui-même a déclaré que les États-Unis « géreraient » le Venezuela temporairement pour « réparer » son industrie pétrolière, en impliquant des compagnies américaines dans la reconstruction – un euphémisme pour une appropriation des ressources. Cette intervention dépasse largement le cadre d’une opération anti-drogue ; elle incarne le retour d’un impérialisme prédateur américain, rappelant les sombres chapitres des interventions en Amérique latine, et soulève des questions sur la souveraineté des nations et la véritable nature de la politique étrangère des États-Unis.

Le prétexte anti-drogue : un masque pour un accaparement pétrolier

L’administration Trump a justifié l’incursion en invoquant la lutte contre le narcotrafic, accusant Maduro d’être à la tête du « Cartel des Soleils » et de faciliter l’importation de drogues aux États-Unis. Pourtant, des critiques progressistes et analystes indépendants soulignent que ces allégations servent de couverture à un objectif plus prosaïque : s’emparer des réserves pétrolières vénézuéliennes pour renforcer la domination énergétique américaine. Trump a explicitement mentionné que les compagnies pétrolières américaines investiraient des milliards pour relancer la production, avec un remboursement potentiel via les revenus pétroliers ou même les contribuables américains – une idée qui transforme les citoyens en bailleurs de fonds involontaires d’une aventure impérialiste.

Des observateurs comme ceux de *Responsible Statecraft* notent l’ironie : alors que la Maison Blanche embrasse un « impérialisme fossile », les marchés énergétiques mondiaux ont évolué, rendant cette saisie non seulement anachronique mais potentiellement contre-productive. Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs dénoncent cela comme un « accaparement de ressources cynique », avec des explosions à Caracas causant plus de 80 morts, et la Garde côtière américaine traquant un tanker russe – un acte qui frise la piraterie moderne. La Russie a qualifié cela de « vol de ressources cynique », tandis que des publications soulignent que l’opération vise à priver la Chine de son approvisionnement en pétrole vénézuélien, affaiblissant ainsi les rivaux géopolitiques des États-Unis.

Ce n’est pas de la justice ; c’est une extension de la Doctrine Monroe, où Washington dicte les règles en Amérique latine pour sécuriser ses intérêts économiques.

De plus, des preuves émergent que l’industrie fossile a financé massivement la campagne de Trump – plus de 450 millions de dollars – et que des discussions avec les PDG pétroliers ont eu lieu avant et après l’opération. Le Département de la Justice américain a omis de mentionner le « Cartel des Soleils » dans l’acte d’accusation contre Maduro, renforçant l’idée que les charges sont fabriquées pour justifier un vol pétrolier évalué à 18,5 billions de dollars. Comme l’a tweeté un analyste, « c’est un accaparement de pétrole et de crypto », avec des rumeurs sur la saisie des réserves de Bitcoin vénézuéliennes pour renforcer le pétrodollar en déclin.

Le défi des tankers BRICS : une résistance à l’hégémonie américaine

Malgré le blocus naval imposé par les États-Unis mi-décembre 2025, une flotte de tankers provenant de pays BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine) et d’alliés comme le Mexique défie ouvertement les sanctions. Des rapports indiquent que 12 à 16 tankers ont quitté les ports vénézuéliens en mode « dark » (sans transpondeurs), certains à destination de la Chine, utilisant des techniques d’évasion pour contourner la surveillance américaine. Pepe Escobar, journaliste géopolitique, a qualifié cela de défi direct à « Neo-Caligula » (Trump), prédisant un retour aux « Pirates des Caraïbes » avec Marco Rubio comme « vice-roi » du Venezuela.

Cette résistance met en lumière l’hypocrisie américaine : sous couvert de sécurité nationale, Washington perturbe les flux énergétiques globaux pour rediriger le pétrole vénézuélien vers ses raffineries, au détriment des partenaires BRICS.

La Chine, qui a prêté plus de 60 milliards de dollars au Venezuela en échange de pétrole, voit cela comme une escalade dans la rivalité sino-américaine. Un envoyé chinois à l’ONU a condamné l’action militaire comme une « prise de pouvoir flagrante », appelant à la libération immédiate de Maduro. Sur les réseaux sociaux, des voix critiques comparent cela à des invasions passées en Irak ou en Libye, où les États-Unis ont promis la démocratie mais n’ont laissé que le chaos et le pillage de ressources.

Critiques internationales : un retour à l’impérialisme prédatrice

Les réactions mondiales sont unanimes dans leur condamnation : c’est du « rang impérialisme », un rappel des interventions américaines qui ont laissé un legs terrible en Amérique latine. Le Monde parle du « retour de l’impérialisme prédateur américain », tandis que El País voit en Trump une approche prête à intervenir directement pour des intérêts stratégiques. Des progressistes américains accusent l’opération d’être motivée par « l’impérialisme pétrolier », notant que les États-Unis visent à contrôler les réserves pour empêcher l’invasion de Taïwan par la Chine, dominer l’IA et contrer la monnaie de réserve BRICS.

Au Venezuela, la révolution bolivarienne persiste malgré la capture de Maduro, servant de base arrière pour le socialisme et l’anti-impérialisme. Des analystes comme ceux de Geopolitical Economy décrivent cela comme la « Doctrine Donroe » (voir ici) – une plan impérial pour l’Amérique latine, où les sanctions et les blocus forcent la soumission économique. Sur les réseaux, des utilisateurs ironisent : « Si c’est ainsi, prenons le Canada demain – dictateur et pétrole là aussi. » Même des voix pro-Trump admettent implicitement que ce n’est pas seulement anti-drogue, mais une stratégie pour « affamer la Chine de pétrole ».

Implications géopolitiques : un monde multipolaire en ébullition

Cette intervention risque d’accélérer le déclin de l’hégémonie américaine. En forçant le Venezuela à vendre son pétrole en dollars, Washington tente de sauver le pétrodollar, mais cela pourrait renforcer les alliances BRICS et accélérer la dédollarisation.

Les impacts sur les Vénézuéliens sont dévastateurs : perturbations économiques, migration forcée et perte de souveraineté. Internationalement, cela viole le droit international, comme le soulignent des critiques qui comparent cela à un « racket » pour les ressources, similaire à d’autres conflits pour le gaz et le pétrole.

En conclusion, l’opération au Venezuela n’est pas une victoire contre les drogues, mais une démonstration flagrante que les États-Unis dictent encore leur loi par la force, sortant du cadre légal pour sécuriser des ressources vitales. Cela renforce l’image d’un empire en déclin, prêt à tout pour maintenir sa suprématie. Le monde multipolaire, avec les BRICS en tête, doit résister à cette agression pour préserver la souveraineté des nations. Sinon, qui sera la prochaine cible de cet impérialisme déguisé ?

https://multipol360.com/limperialisme-americain-au-venezuela-au-dela-de-la-lutte-anti-drogue-un-vol-de-petrole-flagrant/ 

 


 

Jeffrey Sachs dénonce l’intervention américaine au Venezuela devant le Conseil de Sécurité de l’ONU

Dans un contexte de tensions géopolitiques exacerbées par l’opération militaire américaine au Venezuela, qui a abouti à la capture controversée du président Nicolás Maduro le 3 janvier 2026, l’économiste et expert en développement durable Jeffrey Sachs a livré une intervention percutante lors d’une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Cette séance, consacrée aux menaces contre la paix et la sécurité internationales, a mis en lumière les divisions profondes au sein de la communauté internationale.

Sachs, connu pour ses critiques virulentes de l’impérialisme américain, a appelé à un respect strict de la Charte des Nations Unies, accusant les États-Unis de violer le droit international par des actions unilatérales visant à imposer un changement de régime au Venezuela.

La vidéo de cette intervention, diffusée sur YouTube sous le titre « Intervention de Jeffrey Sachs au Conseil de sécurité de l’ONU (en français) », présente une version doublée en français de son discours original en anglais. Elle a rapidement circulé sur les réseaux sociaux : Sachs appelle au respect du droit international et avertit que sans condamnation claire des États-Unis, cela pourrait signifier « la fin de l’ONU ». Il lie cela à une possible émergence d’une nouvelle organisation internationale impulsée par les BRICS, en réponse à l’unilatéralisme occidental.

Le contexte de l’intervention : une crise géopolitique majeure

La réunion d’urgence fait suite à l’opération américaine qui a vu des forces spéciales capturer Maduro à Caracas, sous prétexte de lutte contre le narcotrafic, et l’imposer un blocus naval (qualifié de « quarantaine maritime » par Sachs) pour isoler le régime. Ces actions ont été justifiées par l’administration Trump comme nécessaires pour contrer une « menace exceptionnelle » pour la sécurité nationale des États-Unis, mais elles ont provoqué un tollé international. Sachs, intervenant en tant qu’expert invité, replace ces événements dans un fonctionnement historique d’interventions américaines non autorisées, depuis la Guerre froide jusqu’à aujourd’hui.

Dans son discours, Sachs insiste : la question n’est pas de juger le gouvernement vénézuélien ou le président Maduro, mais de déterminer si un État membre peut, par la force ou la coercition économique, dicter l’avenir politique d’un autre pays.

Il invoque directement l’Article 2(4) de la Charte des Nations Unies, qui interdit la menace ou l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État. « Le Conseil de sécurité doit savoir s’il va appliquer cette interdiction ou l’abandonner. S’il l’abandonne, cela aura des conséquences extrêmement graves, » déclare-t-il.

Une critique virulente de la politique étrangère américaine

Jeffrey Sachs retrace l’histoire des tentatives de changement de régime par les États-Unis, citant plus de 70 cas documentés de 1947 à 1989, et leur poursuite post-Guerre froide sans aval du Conseil de Sécurité. Il énumère des exemples récents : l’Irak (2003), la Libye (2011), la Syrie (2011), l’Ukraine (2014), et le Venezuela depuis 2002. Les méthodes incluent la guerre ouverte, les opérations de renseignement, l’incitation aux troubles, le soutien à des groupes armés, la manipulation des médias sociaux, la corruption, les assassinats ciblés et la guerre économique – toutes illégales et sources de violence, d’instabilité et de souffrances civiles.

Focalisant sur le Venezuela, Sachs rappelle :

  • L’approbation américaine d’une tentative de coup d’État en 2002.
  • Le financement de groupes anti-gouvernementaux dans les années 2010.
  • Les sanctions imposées en 2015 par Barack Obama, qualifiant le pays de « menace inhabituelle et exceptionnelle ».
  • Les menaces d’invasion par Trump en 2017 lors d’un dîner avec des leaders latino-américains.
  • Les sanctions pétrolières de 2017-2020, qui ont fait chuter la production de pétrole de 75 % et le PIB par habitant de 62 %.
  • La reconnaissance unilatérale de Juan Guaidó comme président intérimaire en 2019, suivie du gel de 7 milliards de dollars d’actifs vénézuéliens.

Il note que l’Assemblée Générale de l’ONU a voté massivement contre ces mesures coercitives unilatérales, réservées au seul Conseil de Sécurité. Jeffrey Sachs accuse également les États-Unis d’avoir bombardé plusieurs pays sans autorisation (Iran, Irak, Nigeria, Somalie, Syrie, Yémen), et mentionne des menaces récentes de Trump contre six États membres, dont le Venezuela.

Appel à l’action : sauver la charte des Nations Unies

Invoquant le théoricien des relations internationales John Mearsheimer, Sachs décrit l’anarchie internationale comme une « tragédie des grandes puissances » menant inévitablement au conflit. Il rappelle l’échec de la Société des Nations dans les années 1930, qui a conduit à la Seconde Guerre mondiale, et la création de l’ONU pour y remédier. « La Charte dit que l’ONU a été créée pour préserver les générations futures du fléau de la guerre, qui deux fois en l’espace d’une génération a infligé des souffrances indicibles à l’humanité, » cite-t-il. Il avertit : « L’humanité est en danger de périr. Il n’y aura pas de troisième chance. »

Sachs propose des mesures concrètes :

  • Cessation immédiate par les États-Unis de toute menace de force contre le Venezuela.
  • Abandon de la quarantaine maritime et de toute mesure non autorisée par le Conseil.
  • Retrait des forces militaires américaines (intelligence, maritimes, aériennes, terrestres) du périmètre vénézuélien.
  • Respect par le Venezuela de la Charte et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
  • Nomination d’un émissaire spécial par le Secrétaire Général pour rapporter dans 14 jours et proposer des recommandations.
  • Maintien du Conseil saisi de la question en urgence.
  • Abstention de tous les États membres de mesures coercitives unilatérales ou actions armées hors autorité du Conseil.

En conclusion, Sachs affirme que « la paix et la survie de l’humanité dépendent de savoir si la Charte reste un instrument vivant du droit international ou si on lui permettra de perdre toute pertinence. »

Réactions et Implications

Certains louent Jeffrey Sachs comme un défenseur du multilatéralisme, d’autres le qualifient d’ « idiot utile » des intérêts anti-américains, ou questionnent l’utilité de l’ONU. D’autres ironisent sur l’Europe comme « nains stratégiques » face aux « stratèges froids » comme Trump.

Cette intervention souligne les fractures au sein du Conseil de Sécurité, où les États-Unis et leurs alliés défendent l’opération comme une mesure anti-drogue, tandis que la Russie, la Chine et d’autres BRICS la voient comme un acte d’agression impérialiste.

Si le Conseil de Sécurité ne réagit pas fermement pour faire respecter la Charte des Nations Unies, cette inaction risquerait non seulement d’affaiblir durablement l’ONU – perçue de plus en plus comme une institution obsolète, paralysée par les vetos des grandes puissances et incapable de contrer l’unilatéralisme – mais aussi d’accélérer sa marginalisation au profit d’une nouvelle organisation internationale plus représentative et plus équitable, impulsée notamment par les BRICS.


 

Loin d’être une simple crise passagère, ce moment pourrait ouvrir la voie à un véritable tournant historique : l’émergence d’un ordre mondial multipolaire fondé sur la négociation sincère, le respect mutuel de la souveraineté, le partage équitable des responsabilités et une gouvernance véritablement inclusive. Un tel système, débarrassé de la loi du plus fort, offrirait une chance unique de bâtir une paix durable et un développement partagé, où le droit international redeviendrait le socle commun de la coopération entre nations.

Jeffrey Sachs, avec son appel passionné, rappelle que dans un monde au bord de l’abîme, le choix est clair : renforcer l’ONU ou laisser place à une institution renouvelée, plus adaptée aux réalités du XXIe siècle. Cette intervention offre un aperçu direct de ce moment historique, invitant à une réflexion urgente sur la souveraineté, la justice internationale et l’avenir de la paix mondiale.

https://multipol360.com/jeffrey-sachs-denonce-lintervention-americaine-au-venezuela-devant-le-conseil-de-securite-de-lonu/

 

 

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