A) - L’arabité, entre fiction politique et injonction communautaire
B) - La dette publique française au bord de l’explosion : la guerre en Iran, étincelle d’une crise historique ?
C) - Nouvelle-Calédonie : nouveau désaveu pour le gouvernement
D) - Sondages : la fête à neuneu de la pré-présidentielle
E) - Face à l’hiver démographique, quelles réponses fiscales ou constitutionnelles ?
A) - L’arabité, entre fiction politique et injonction communautaire
À
l’occasion de l’ouverture de l’exposition « Byblos, cité millénaire du
Liban » à l’Institut du monde arabe, le rôle de cette institution dans
la production de récits sur le « monde arabe » est à nouveau interrogé.
Pensée comme un outil de mise en perspective historique et culturelle,
l’IMA entend contribuer à une meilleure compréhension de cet espace
auprès du public français.
C’est dans ce cadre que la nouvelle présidente de l’Institut du monde
arabe, Anne-Claire Legendre, a notamment évoqué « cette part d’arabité
qui fait partie de nous ». Une formule qui se veut apaisante et
fédératrice, mais qui soulève une question essentielle. Que recouvre
précisément cette « arabité » mobilisée dans le débat public ? Loin
d’être une évidence, cette notion renvoie à une histoire complexe, faite
de constructions idéologiques et de stratégies d’unification.
L’arabité moderne a connu son apogée dans le contexte de
recomposition du monde post-colonial au XXe siècle. Qu’il s’agisse de
Nasser en Égypte ou du parti Baath en Syrie, ces leaders avaient décidé
d’unifier les populations autour d’une langue, d’une histoire et d’un
projet commun. Il s’agit d’une idéologie politique et culturelle qui met
en avant une unité autour d’un arabe classique et littéraire qui
diffère de la réalité des cultures locales.
Cette idéologie, appelée le panarabisme, qui puise dans la Nahda,
mouvement de renaissance intellectuelle et culturelle du monde arabe, a
dépassé les frontières et s’est imposée en Afrique du Nord au détriment
des populations locales. Déjà marquées par les conquêtes
arabo-musulmanes et les colonisations européennes, celles-ci se voient
assigner une identité fantasmée promue par l’État et ses institutions.
Le panarabisme s’est immiscé dans les pays nord-africains et a
rajouté des tensions identitaires à des pays en reconstruction. Les
populations autochtones et non arabophones ont vu leurs cultures souvent
niées ou assimilées à l’arabité. Les programmes scolaires mettaient en
avant cette « arabité » tout en marginalisant les minorités religieuses
ou culturelles. Jusqu’aux années 2000, la langue Amazigh était interdite
dans les écoles en Algérie comme au Maroc tandis que les prénoms non
arabes étaient refusés à l’état civil.
Une logique qui ne se limite pas à l’Afrique du Nord. On la retrouve
aussi au Soudan, où les politiques d’arabisation et d’effacement
culturel ont été utilisées lors de la deuxième guerre civile dans les
années 80. Progressivement, le panarabisme s’est transformé en
instrument dictatorial dans plusieurs États.
Il ne s’agit pas de remettre en question l’identité sur le plan
individuel, qui reste une question complexe, mais d’interroger l’usage
politique de « l’arabité ». Un usage qui se fait à travers l’histoire,
les politiques publiques, la culture ou encore la diaspora, dans
lesquelles l’arabité devient un marqueur politique plutôt qu’une réalité
ethnique et culturelle homogène.
Les populations venant des pays dits « arabes » présentent une
diversité culturelle et ethnique souvent mise de côté. Ce sont des
populations diverses, avec des coutumes différentes, une langue et un
héritage varié. Des Amazighs parmi lesquels des Rifains, des Touaregs ou
des Chaouis, des Kurdes, des Juifs, des Nubiens ou des populations de
la côte du Levant, dont beaucoup refusent aujourd’hui d’être réduits à
un bloc homogène sous l’étiquette « arabe ».
Cela ne relève pas du caprice, mais d’un besoin de retrouver une
identité perdue et marginalisée, de redécouvrir un passé effacé par la
violence coloniale et le panarabisme autoritaire. Parler un dialecte
arabophone ne signifie pas forcément être arabe. Ces revendications ne
sont pas pour autant séparatistes, car la plupart sont fiers de leur
culture et de leur langue d’origine tout en acceptant la pluralité sous
un même drapeau.
Ce discours porté aujourd’hui par l’IMA sur « l’arabité » doit être
replacé dans une tradition intellectuelle et une culture diplomatique
française plus ancienne. Il est le fruit d’une représentation du « monde
arabe » portée par les élites françaises, dans le sillage de ce que
l’on a longtemps appelé « la politique arabe de la France ».
D’inspiration gaullienne, celle-ci visait à établir des relations
apaisées avec les États arabes en les constituant en interlocuteurs
stratégiques face aux blocs soviétique et américain, sur la base d’une
lecture homogénéisée de cet espace.
Cette conception du monde arabe a été institutionnalisée au Quai
d’Orsay à travers des réseaux diplomatiques et une culture
administrative que l’on désigne communément sous le nom de « rue arabe
». Il en découle deux effets. Le premier consiste en une unification de
différents espaces politiques, linguistiques et culturels très
hétérogènes. Le second est la production d’un récit cohérent permettant
d’orienter l’action diplomatique française dans la région.
Anne-Claire Legendre, diplomate de carrière, s’inscrit dans cet
héritage. En mobilisant la notion d’arabité, elle prolonge cette grille
de lecture historique de l’État. L’arabité apparaît ainsi comme le
produit d’une construction politique qui agrège des populations, des
langues et des trajectoires historiques profondément distinctes afin de
leur donner une cohérence opératoire et stratégique. L’écueil est qu’une
telle simplification se fait au détriment des innombrables disparités
qui font la richesse du monde dit « arabe ».
Cette lecture pose des questions très concrètes dès lors qu’elle est
transposée au cas français. Une grande partie de l’immigration est
nord-africaine, même si elle est souvent perçue comme relevant du «
monde arabe ». Or, ces populations ne se définissent pas comme « arabes
», loin de là. Une part importante relève d’héritages amazighs ou
berbères. Dès lors, la pertinence d’un discours invitant à « assumer une
part d’arabité » doit être légitimement interrogée. De quelle arabité
parle- t-on, et pour qui ?
Loin de se limiter à une reconnaissance culturelle, l’usage de cette
notion s’apparente à une forme d’injonction implicite, assignant à des
individus issus de l’immigration, souvent français depuis au moins deux
générations, une identité qu’ils ne revendiquent pas. Dans une société
française déjà traversée par de fortes tensions identitaires, un tel
discours peut fonctionner comme un outil d’ingénierie sociale, voire
communautaire, en produisant des catégories censées structurer le débat
public mais qui, en réalité, contribuent à le fragmenter davantage.
B) - La dette publique française au bord de l’explosion : la guerre en Iran, étincelle d’une crise historique ?
Dans un contexte géopolitique tendu marqué par la guerre en
Iran, la dette publique française, déjà colossale, risque de basculer
dans une zone de non-retour. C’est le constat alarmant dressé par Éric
Paget-Blanc, professeur en sciences de gestion à l’université
d’Évry-Paris-Saclay et ancien analyste chez Fitch Ratings pendant 28
ans, dans un entretien accordé à Politique & Éco sur TV Liberté. Co-auteur de l’ouvrageLa dette publique : monétisation, notation et restructuration (avec Faouzi Souissi et Slim Souissi),
il décrypte les mécanismes d’un
surendettement qui menace l’économie française et pourrait mener à une
mise sous tutelle ou à une crise sociale majeure.
Une dette déjà insoutenable, aggravée par la guerre
La France affiche une dette publique consolidée supérieure à 3.500 milliards d’euros. Les intérêts de cette dette, qui pèsent aujourd’hui environ 60 milliards d’euros pour l’administration centrale (près de 15 % des recettes de l’État),
pourraient atteindre 100 milliards d’euros d’ici 2028 si les taux
restent élevés. Or, les taux d’intérêt sur les OAT (obligations
assimilables du Trésor) à 10 ans se situent actuellement autour de 3,70
%, contre moins de 1 % il y a quatre ans, avant la guerre en Ukraine.
La guerre en Iran fait peser un risque immédiat : la flambée des prix du pétrole.
Un baril potentiellement à 150-180
dollars entraînerait une inflation importée qui, mécaniquement,
pousserait les taux d’intérêt à la hausse.
Les marchés financiers, principaux prêteurs de l’État, ajustent leurs
exigences pour compenser l’inflation et le risque accru. Résultat : les
intérêts absorbent une part croissante des recettes, obligeant l’État à
rogner sur les dépenses sociales, les retraites ou les investissements.
« À un certain moment, on arrivera à un problème de soutenabilité de la dette », prévient Éric Paget-Blanc. Les intérêts deviendraient alors une charge « socialement inutile » qui cannibaliserait le budget.
La dette « hors bilan » : le poids caché des retraites
Mais les 3.500 milliards ne racontent pas toute l’histoire. L’ouvrage
met en lumière la dette hors bilan, estimée à plus de 2.000 milliards
d’euros, dont l’essentiel concerne les retraites des fonctionnaires
d’État. Ces pensions, évaluées à 65 milliards d’euros en 2024 sur une
masse salariale de 180 milliards, représentent environ 30 % du coût de
la fonction publique. Contrairement à la branche retraite de la Sécurité
sociale (déficit de seulement 6 milliards), ce système par répartition
n’est pas provisionné et pèse directement sur le budget de l’État.
Éric Paget-Blanc insiste : le vrai problème des retraites en France
n’est pas tant celui du privé que celui, très confortable, de la
fonction publique d’État. Ces engagements futurs ne figurent pas dans la
dette officielle, mais ils existent et devront être honorés… ou
renégociés.
Qui détient la dette française ? 55 % aux mains d’étrangers
55 % de la dette est détenue par des investisseurs étrangers
(banques centrales du Moyen-Orient, Japon, Chine…), une proportion en
forte hausse (43 % fin des années 2010).
Cette dépendance extérieure pose un
problème majeur : en cas de perte de confiance, ces créanciers sans
attache patriotique peuvent se retirer brutalement, faisant bondir les
taux.
À l’inverse, le Japon, pourtant très endetté, finance l’essentiel
de sa dette auprès de ses propres nationaux, ce qui rend la situation
plus gérable.
La France, « passager clandestin » de la zone euro
Contrairement à l’Italie, au Portugal ou à la Grèce, qui ont consenti
des efforts de rigueur après la crise de 2010, la France vit « au-dessus de ses moyens
» depuis les années 1970. Elle accumule les déficits sans jamais
respecter les critères européens (déficit < 3 % du PIB, dette < 60
%). Sous Emmanuel Macron, la dette a explosé de 1.100 milliards d’euros
supplémentaires en neuf ans.
Éric Paget-Blanc explique cette tolérance par le statut particulier
de la France (puissance nucléaire, siège permanent à l’ONU). Mais les marchés et les partenaires européens finiront par exiger des comptes. L’exemple grec de 2010 – mise sous tutelle par la Troïka, baisse de 40 % des salaires et retraites des fonctionnaires – pourrait se répéter.
Les solutions historiques : restructuration ou monétisation ?
Face à un surendettement insoluble par la croissance (trop faible et menacée par la récession), l’histoire offre deux issues :
La restructuration (ou défaut partiel)
: renégociation avec les créanciers, imposition de conditions
drastiques (baisse des dépenses sociales, privatisations, coupes dans
les fonctionnaires et l’armée). La France perdrait alors son accès
facile aux marchés.
La monétisation :
création monétaire massive par la Banque centrale (planche à billets
indirecte via la BCE). Effet immédiat : inflation forte, ruine des
créanciers, mais aussi des épargnants (assurance-vie notamment). Éric
Paget-Blanc déconseille fortement l’assurance-vie, placement risqué dans
ce contexte, et évoque même le risque d’une épargne forcée (loi Sapin 2 de 2016 permettrait de bloquer les retraits).
Il rappelle que la Révolution française
de 1789 et la révolution bolchévique de 1917 ont été déclenchées, en
partie, par des crises de dette et d’inflation.
Vers une crise financière en 2026-2027 ?
Éric Paget-Blanc juge prématuré de parler d’une « crise apocalyptique » en 2026, mais estime que le prochain gouvernement (post-2027) héritera d’une situation explosive. Sans réformes courageuses (réduction massive des dépenses sociales à 32 % du PIB, réforme de l’État), la France risque la mise sous tutelle européenne ou une rupture politique.
Dans la seconde partie de l’émission, Philippe Béchad abonde dans le
sens d’une manipulation des marchés par Donald Trump, qui alterne
discours de paix et poursuite des frappes pour limiter les dégâts sur
Wall Street avant le choc obligataire et pétrolier à venir.
Conclusion : la guerre en Iran n’est pas seulement un conflit
lointain. Elle agit comme un accélérateur sur une dette française déjà
structurellement insoutenable. Comme l’histoire l’a montré, le
surendettement ne se résout pas par la magie : il finit toujours par un
choix douloureux entre austérité imposée, inflation ou révolution. Le temps presse. La France, qui a bénéficié d’une « prison dorée » européenne pendant trente ans, va devoir choisir son avenir.
C) - Nouvelle-Calédonie : nouveau désaveu pour le gouvernement
Après le rejet en bloc de la réforme constitutionnelle à l’Assemblée nationale
L’exécutif essuie un nouveau revers politique majeur. Jeudi 2 avril, l’Assemblée nationale a adopté,
par 190 voix contre 107, une motion de rejet préalable déposée par le
député indépendantiste Emmanuel Tjibaou (groupe Gauche démocrate et
républicaine). Le projet de loi constitutionnelle relatif au statut de la Nouvelle-Calédonie, déjà adopté par le Sénat le 24 février, est donc rejeté sans même avoir été examiné ni débattu.
Ce texte visait à traduire dans la Constitution française l’accord de Bougival signé en juillet 2025 (et complété par l’accord Élysée-Oudinot de janvier 2026). Il prévoyait notamment :
La création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie
» inscrit dans la Constitution, doté d’une nationalité calédonienne
(double nationalité française et calédonienne) et d’une capacité
d’auto-organisation via une loi fondamentale.
Le transfert progressif de compétences régaliennes, avec des « verrous » garantissant le maintien de la souveraineté française.
Un quatrième report des élections provinciales, initialement prévues avant fin juin 2026.
Un
élargissement conditionnel du corps électoral gelé depuis les accords
de Nouméa de 1998 : ouverture aux personnes nées en Nouvelle-Calédonie, à
leurs conjoints et aux résidents de plus de 15 ans (ou 10 ans selon les
versions discutées), afin de répondre aux demandes des
non-indépendantistes tout en préservant le poids démographique du peuple
kanak.
Une coalition improbable pour bloquer le texte
La
motion de rejet a réuni une alliance hétéroclite : l’ensemble des
groupes de gauche (LFI, écologistes, PS, PCF), le Rassemblement national
et les indépendantistes du FLNKS.
Pour Emmanuel Tjibaou, qui a défendu la motion, cet accord ne constitue pas une véritable décolonisation mais une simple « autonomie interne » et une « reprise en main par l’État ». Il dénonce un risque de partition du territoire et une dilution du vote kanak, tout en refusant ce qu’il qualifie de « rupture du processus de décolonisation » initié par les accords de Matignon et de Nouméa.
De
son côté, le Rassemblement national a voté la motion en invoquant la
défense de l’unité et de l’indivisibilité de la République. Maxime
Michelet (UDR, proche du RN) a déclaré : « L’unité de la République,
l’indivisibilité de la nation ne sont pas négociables. La
Nouvelle-Calédonie est française. Elle l’a dit trois fois par
référendum. Voter ce texte, c’est organiser une indépendance déguisée. »
La
gauche et les indépendantistes, quant à eux, estiment que le texte ne
va pas assez loin dans la reconnaissance des droits du peuple premier et
maintient trop de contrôles de l’État sur les compétences régaliennes.
Le gouvernement défend un texte de compromis
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, avait plaidé avant le vote pour un texte qui « n’impose pas un avenir à la Nouvelle-Calédonie contre les Calédoniens » mais qui « crée précisément les conditions pour qu’ils puissent eux-mêmes se prononcer ». Sébastien Lecornu, chargé du dossier, a immédiatement réagi au rejet en annonçant qu’il réunirait « la semaine prochaine » les signataires de l’accord de Bougival afin d’éviter l’immobilisme.
Sans
réforme constitutionnelle promulguée, les élections provinciales
devront se tenir au plus tard le 28 juin 2026 avec le corps électoral
actuel, gelé depuis 1998. La situation reste donc bloquée, deux ans
après les violentes émeutes de 2024 qui avaient déjà profondément
fragilisé le « Caillou ».
Un échec politique pour l’exécutif
Ce
rejet constitue un désaveu clair pour le gouvernement Macron. Après
avoir obtenu un accord jugé historique à Bougival en juillet 2025,
l’exécutif n’a pas réussi à convaincre une majorité à l’Assemblée
nationale. Le texte, déjà fragile car non signé par le principal
mouvement indépendantiste (FLNKS), bute désormais sur une double
opposition : celle des partisans d’une décolonisation plus poussée et
celle des défenseurs d’une souveraineté française indivisible.
Ce nouvel échec s’inscrit dans une série de difficultés pour l’exécutif sur les questions ultramarines et
constitutionnelles. Il relance les débats sur l’avenir institutionnel
de la Nouvelle-Calédonie : retour à la case départ, risque de nouvelles
tensions sur le terrain ou nécessité de renégocier un accord plus large ?
Pour
l’heure, le gouvernement espère encore sauver le processus par la voie
du dialogue avec les signataires de Bougival. Mais le temps presse, et
le calendrier électoral calédonien ne laissera que peu de marge de
manœuvre.
La Nouvelle-Calédonie reste, une fois de plus, un
dossier brûlant qui révèle les fractures profondes de la politique
française sur les questions de souveraineté, de décolonisation et
d’unité nationale.
D) - Sondages : la fête à neuneu de la pré-présidentielle
Les
municipales à peine digérées et analysées, journalistes, sondeurs,
influenceurs sont en quête d’une nouvelle ivresse du commentaire. Rien
de mieux pour cela que de se doper aux sondages pour la présidentielle, à
plus d’un an du scrutin. Petit rappel méthodo des écueils et illusions
des sondages en pré-campagne présidentielle.
Ce doit être une forme de syndrome de répétition, ou de conduite
d’échec. Nous sortons d’une campagne et de scrutins municipaux, où les
résultats de 2ᵉ tour dans quelques grandes villes ont pu amplifier des
mouvements à peine perceptibles dans les sondages d’entre-deux-tours –
songeons à Paris, ou qui parfois ont franchement démenti ceux réalisés
un mois avant – songeons à Lyon et à JM. Aulas, donné vainqueur si
facilement. À plus d’un an de l’échéance, rien ne nous semble pourtant
plus urgent que de commander et commenter des sondages pour la
présidentielle !
L’électeur, le sondé, l’analyste sérieux sont un peu perdus, ils ont
envie de dire : prenons le temps de souffler, de laisser reposer et le
paysage de s’éclaircir. Rien n’y fait. Alors Bardella, il est à combien ?
Et Édouard Philippe ?
Un jeu articiel
En fait c’est un jeu. Tout le monde sait bien – les sondeurs sérieux
ne cessent de le répéter – que les intentions de vote ne peuvent être
prédictives, parce qu’elles ne mesurent à cette date qu’un état très
latent de préférences indécises, pour des candidats dont on ne sait pas
s’ils le seront vraiment, et qui en tout état de cause n’ont pas – ne
peuvent pas avoir – commencé leur campagne, pendant que les électeurs,
eux, ne sont pas du tout mobilisés, et pour cause ! Bref on sait très
bien qu’on produit ainsi, même pas une « photo instantanée » très floue,
mais un artefact, c’est-à un artifice fabriqué.
Mais le jeu consiste à faire comme si c’était pour de vrai – merci
les enfants – parce que dans le microcosme, on ne pense qu’à la
présidentielle. Avec un objectif à peine dissimulé : peser sur le
discours et les décisions des candidats, voire sur le résultat futur, en
les qualifiant ou disqualifiant. On appelle cela une bulle, sondagière,
cognitive, politique, parfois idéologique. Elle peut coûter cher à des
candidats aujourd’hui placés – par ce processus – en situation de
favoris, qui pourraient finir par y croire. Bardella et Philippe courent
en ce moment ce risque, celui du mirage que leur tend le système
médiatique.
Les précédents fâcheux
Chacun sait pourtant bien que les campagnes présidentielles, du moins
la plupart, ont réservé ce qu’on appelle des « surprises », qui n’en
étaient pas toujours au vu des tendances sociopolitiques de fond et de
la qualité des campagnes menées par tel ou tel candidat. De Gaulle ne
fait pas campagne au 1ᵉʳ tour de la présidentielle 65, sûr de gagner, et
le voilà en ballotage – ce qui le déçut beaucoup. En 1974, dans une
campagne courte consécutive au décès de G. Pompidou, Chaban-Delmas s’y
voyait déjà, face à Mitterrand, et ce fut Giscard d’Estaing qui gagna.
En 1981, en janvier, Mitterrand était donné nettement battu par Giscard
au 2ᵉ tour, et au 1ᵉʳ à égalité jusqu’à 15 jours avant le scrutin avec
Georges Marchais – il y eut dix points d’écart 15 jours plus tard. Six
mois avant 88, R. Barre semblait en bonne voie pour affronter le
président sortant Mitterrand, ce fut Chirac. En 1995, Balladur était «
déjà élu », en janvier, quelques semaines avant que « les courbes se
croisent » au bénéfice de Chirac et Jospin n’était pas encore candidat,
lui qui finit pourtant en tête du 1ᵉʳ tour. Écourtons le souvenir
saumâtre de 2002, avec la qualification de Le Pen au 2ᵉ tour, quand
Jospin était censé assuré d’y être, sinon le gagner, trois mois plus
tôt. 2007 est peut-être une relative exception, bien que S. Royal ait
été battue plus nettement qu’annoncé en janvier ; de même en 2012 où F.
Hollande gagna bien plus étroitement (51,7 %) que les sondages de 2ᵉ
tour ne le disaient en janvier (à 57/58 %). Enfin, ne parlons pas de
2017, où E. Macron, toujours en janvier, n’était pas un candidat a
priori envisageable au 2ᵉ tour. 2022, direz-vous, s’est passé comme
prévu ? Oui, mais justement, il n’y eut pas de véritable campagne en
2022 – pour cause d’Ukraine mais aussi de grande « retenue » du
président sortant.
Peu se passe comme prévu en réalité, y compris quand on est à 4 mois
du scrutin, parce que le moment décisif n’est pas arrivé. Alors 13 ou 14
mois avant, les intentions de vote font à peine mieux que Mme Irma… Ils
donnent tout au plus aujourd’hui une indication d’image personnelle et
politique des candidats, que les cotes de popularité mesurent bien et
mieux par ailleurs. Quant aux sondages de 2ᵉ tour, ils sont une
aberration, un artefact au carré, d’autant plus trompeur qu’ils
n’indiquent pas le taux élevé d’abstention exprimé aujourd’hui,
forcément élevé, qui se réduira dans un an. Bien des sondeurs refusent
d’en faire avant l’automne, en sachant, comme on l’a vu, que même à
l’automne-hiver, ils ne peuvent, par nature, être une indication de
l’essentiel : la qualité des campagnes des candidats au moment décisif,
entre janvier et mars.
Les leçons
Quelles leçons tirer de ce jeu douteux et de ces précédents ? Qu’il
faut laisser le fond de décor s’installer, c’est-à-dire les diagnostics
que les Français se forgent sur le pays – ce travail a commencé,
accéléré par la crise politique depuis 2024. D’où vont découler un ou
plusieurs enjeux décisifs. Ici commence le travail de conviction des
candidats : être, pour les plus importants, en résonance avec l’état
d’esprit du pays, pour lui en proposer une forme politique crédible à
ses yeux, à partir de ses convictions propres, en cohérence avec ce
qu’on est.
Encore faut-il que les candidats le soient vraiment : c’est loin
d’être le cas aujourd’hui, hormis pour Jean-Luc Mélenchon et LFI. Toutes
les familles politiques sont dans l’indécision quant à leur candidat,
le RN bien compris, pour les raisons judiciaires que l’on sait. On peut
espérer qu’à l’automne, le tableau prolifique d’hypothèses que l’on
soumet aux pauvres sondés dès le 1ᵉʳ tour, – qui doivent en avoir le
tournis ! – se sera tout de même simplifié.
D’ici là, essayons de comprendre les attentes du pays, la façon dont
les citoyens vont aborder dans plus de 6 mois l’élection reine de la Ve
République Pour cela, un menu conseil : quitte à faire des études
d’opinion, mieux vaut faire des études qualitatives que quantitatives.
Elles sont toujours plus instructives, et ne se trompent presque jamais.
Philippe Guibert est consultant, enseignant et chroniqueur TV. Il a publié en 2024 Gulliver Enchainé, le déclin du chef politique en France
(Cerf). Il a été directeur du service d information du gouvernement
(SIG) et directeur de la communication dans diverses structures
publiques. Il a dirigé la rédaction de la revue Medium de Régis Debray.
E) - Face à l’hiver démographique, quelles réponses fiscales ou constitutionnelles ?
Frédéric DOUET,
Professeur à l’université Rouen-Normandie, Agrégé des facultés de
droit, notamment auteur du Précis de droit fiscal de la famille (25ᵉ
éd., LexisNexis, 2026) et d’un premier roman « Le Missionnaire (Lille –
Biélorussie – Drancy – Londres 1941-1944) » (Les Impliqués éditeurs,
2025), et Stéphane CAPORAL-GRECO, professeur de droit
constitutionnel à l’université de Saint-Étienne, doyen honoraire de la
faculté de droit et co-auteur du « Droit constitutionnel », Éd. Ellipse,
4ᵉ éd. 2025, donneront mercredi 8 avril à 19 h 30 une conférence à l’institut Éthique et Politique (https://www.ethique-politique.fr/) (en présentiel et en ligne) sur « Fiscalité pro-famille, difficultés et leviers – La Constitution aime-t-elle la famille ? »
Ils ont bien voulu, en avant-première, se confier à la NRP.
NRP à Frédéric DOUET : Est-il exact que la fiscalité a des effets «
incitatifs » ou « désincitatifs » sur la politique démographique et
comment a été utilisé – ou non – ce levier de politiques publiques ?
Quels regards – critiques ou élogieux – portez-vous sur ces quarante
dernières années « fiscalo-familiales » ?
En l’espace de quinze ans, le nombre de naissances en France a chuté
de 24 %. En 2025, il y a eu plus de décès que de naissances (651 000
décès vs 645 000 naissances). Le droit fiscal ne peut à lui seul
inverser cette tendance, mais il peut y contribuer grâce à des mesures
volontaristes. Les prélèvements qui relèvent du droit fiscal de la
famille sont l’impôt sur le revenu, l’impôt sur la fortune et les droits
de mutation à titre gratuit, c’est-à-dire les droits de donation et les
droits de succession. Il s’agit d’impôts familiaux dans la mesure où
leur montant dépend de la composition du foyer fiscal (impôt sur le
revenu et impôt sur la fortune) ou du lien de parenté ou d’alliance qui
existe ou non entre les parties (droits de mutation à titre gratuit).
Depuis une quarantaine d’années, le législateur n’a de cesse d’augmenter
la pression fiscale qui pèse sur les foyers fiscaux, notamment en
voulant taxer davantage les successions et, depuis 2018, en ayant
recentré l’impôt sur la fortune sur l’immobilier. Il s’agit d’autant
d’attaques contre notre modèle sociétal qui est considéré comme un frein
au libre-échange dans une économie mondialisée. Le déracinement des
Français permet d’en faire des acheteurs compulsifs décérébrés qui
s’accomplissent dans l’acte d’achat, facilitant ainsi la manipulation
des cerveaux et des masses. Tout se vaudrait sous réserve d’en avoir les
moyens. Pierre Bergé avait déclaré : « Louer son ventre pour faire un
enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? »
NRP à Stéphane CAPORAL-GRECO : La Constitution de 1958, dans le fil
de celle de 1946 et du CNR de 1944, est censée avoir érigé la protection
de la « mère et de l’enfant » au cœur du Pacte fondamental.
Avec votre regard de constitutionnaliste, trouvez-vous provocateur ou
exploratoire le thème de votre invitation à ce débat : « Notre
Constitution aime-t-elle la famille » ?
La question est plus exploratoire que provocatrice car si la
Constitution de 1958, reprenant le Préambule de celle de 1946, semble
protéger la famille, cette protection est ambiguë : D’abord la notion de
droit à une vie familiale normale est principalement invoquée par le
Conseil constitutionnel en matière de droit des étrangers pour favoriser
le regroupement familial ou limiter les possibilités d’expulsion ou de
reconduite à la frontière. Paradoxalement, ce ne sont donc pas les
familles françaises qui se voient reconnaitre ce droit, qui est donc
interprété non pas comme protégeant une unité familiale et même un
certain modèle de famille, mais comme limitant la séparation dans des
cas très précis. Ensuite, la notion de famille est floue, fluctuante et
fuyante, le Conseil se refusant à la préciser en arguant qu’il ne lui
revient pas de se substituer au législateur : n’ayant pas de
composition, d’organisation, ou de structuration particulières, la
famille est ainsi un objet constitutionnel non identifié. Enfin, et par
conséquent, les modalités concrètes de la protection sont finalement
assez réduites : d’une part, si le Conseil constitutionnel consacre bien
le principe des allocations familiales et du quotient familial en
matière fiscale, il laisse le législateur libre de choisir entre une
politique familiale et une politique sociale de redistribution ; d’autre
part, s’il consacre bien le principe de la liberté de l’enseignement,
ce qui implique notamment le droit des parents de choisir le type
d’établissement scolaire, il se refuse à aller jusqu’au bout de la
logique et laisse passer une remise en cause du droit à l’instruction en
famille qui passe d’un régime de déclaration, donc de liberté, à un
régime d’autorisation, donc de contrôle si ce n’est de tutelle, de même
qu’un contrôle toujours plus étroit sur l’ensemble des établissements
hors contrat au nom de la lutte contre le « séparatisme ».
NRP aux deux invités : Question commune et réponse de chacun, avec
le regard du fiscaliste et celui du constitutionnaliste. Quelles
solutions proposeriez-vous aux politiques qui vous demanderaient de
recourir au levier fiscal et/ou au levier constitutionnel pour relancer
la démographie française ?
Frédéric DOUET : Le redressement de la France passe
par l’adoption d’un système fiscal pragmatique et compétitif. Or nos
principaux impôts sont datés. L’impôt sur le revenu remonte aux lois
Caillaux de 1914 et 1918, l’impôt sur les sociétés à 1948 et la TVA à
1954, sans compter les droits d’enregistrement dont l’âge d’or se situe
au XIXᵉ siècle. Ces prélèvements ont été imaginés à une époque où, d’une
part, le mariage était le seul mode de conjugalité et, d’autre part,
l’économie reposait pour l’essentiel sur des échanges physiques et où la
propriété immobilière était reine. Mais par un étrange phénomène de
persistance dans l’erreur, les politiques et les technocrates français
ne réfléchissent pas à la modernisation de notre système fiscal,
notamment en matière de droit fiscal de la famille, et ce alors que les
Français ne cessent de se paupériser au fur et à mesure de
l’augmentation de la pression fiscale, signe que notre modèle est à bout
de souffle. Il faut songer à remplacer certains de nos prélèvements par
d’autres plus adaptés à notre époque et plus indolores, comme par
exemple une microtaxe sur les paiements scripturaux. Cela permettrait de
diminuer substantiellement bon nombre d’impôts, voire d’en supprimer
certains comme les droits de mutation à titre gratuit. Il faut faire le
pari que moins d’impôts ne tuent pas l’impôt.
Stéphane CAPORAL-GRECO : La relance démographique
suppose d’intervenir dès la naissance des premiers enfants, moment où se
situent les principaux freins. Le droit constitutionnel l’autorise,
puisque le législateur peut tenir compte des charges de famille dans
l’impôt pour compenser des coûts réels : revalorisation des allocations,
allègements fiscaux ciblés, réduction du coût de la garde, soutien aux
jeunes parents. Selon le préambule de 1946, la Nation garantit les
conditions nécessaires au développement de la famille, ce qui implique
les conditions matérielles de la vie familiale : accès effectif à la
garde des jeunes enfants et au logement adapté. De même, une politique
familiale pourrait supposer pour les mères la garantie d’un retour à
l’emploi après une interruption prolongée. Ici, la stabilité des normes
est essentielle : une loi de programmation sur dix ans offrirait la
prévisibilité nécessaire aux décisions familiales. Un levier
constitutionnel devrait porter sur les conditions concrètes plutôt que
sur une injonction idéologique : protection de l’enfance, conciliation
entre vie familiale et professionnelle, ou garantie de non-régression de
la politique familiale. Il s’agirait de compléter les libertés
existantes par des garanties matérielles effectives, notamment en
assurant que les contraintes économiques ne conduisent pas à renoncer à
une naissance, et en garantissant aux parents une véritable liberté
d’organisation de leur vie professionnelle et familiale.
*interview recueillie auprès de Christophe Eoche-Duval
Christophe
Eoche-Duval, né en 1961, est Conseiller d’État (s’exprimant à titre
personnel). Spécialiste de volumétrie normative, du droit de la
déontologie des professions de santé et de droit maritime, il publie
régulièrement dans les revues juridiques. Essayiste, il est l’auteur,
notamment, de L’inflation normative (Plon) et Le prix de l’insécurité (Eyrolles).
A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice
B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée
C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse
D) - Le sabotage énergétique de la France
E) - Philippe
Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a
événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se
dessinera »
A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice
Un fait divers qui n’en est pas un : le meurtre politique du 12 février 2026 à Lyon
Le 12 février 2026, aux abords de Sciences Po Lyon, cinq militantes du Collectif Némésis ont
été sauvagement agressées après un happening pacifique contre une
conférence de Rima Hassan (LFI). Une militante a été victime d’une
tentative de strangulation.
Quentin Deranque, 23 ans, étudiant en
mathématiques, patriote et catholique pratiquant, a été projeté
violemment au sol, crâne contre le bitume, puis lynché à coups de pied
par une trentaine d’individus encagoulés armés de gants coqués et de
lacrymos.
Laissé pour mort, il a été placé en coma artificiel, déclaré en
mort cérébrale, a reçu l’extrême-onction et est décédé le 14 février. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « coups mortels aggravés » et « violences aggravées
». Plusieurs témoignages désignent Jacques-Élie Favrot, collaborateur
du député LFI Raphaël Arnault et membre de la Jeune Garde.
L’extrême gauche : toujours donneuse de leçons, jamais responsable de ses violences
Cette mouvance qui se veut le camp du « bien », de
l’antiracisme et de la morale universelle, pratique depuis des années
une ultra-violence systématique et impunie. Dès que l’on conteste ses
dogmes sur l’immigration, l’islam ou le féminisme intersectionnel, on
passe automatiquement dans le « camp du mal ». Fasciste, raciste,
islamophobe : l’étiquette suffit à justifier le passage à tabac. Le
ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez l’a dit sans détour : « C’est manifestement l’ultragauche qui était à la manœuvre. » Pourtant, ces mêmes militants continuent de se présenter comme les victimes et les gardiens de la démocratie.
Pourquoi ressortir la foi catholique et le patriotisme de Quentin comme des circonstances aggravantes ?
Dans les heures qui ont suivi, certains médias et militants de gauche n’ont pas hésité à souligner que Quentin était « catholique pratiquant » et « proche des milieux nationalistes
». Comme si cela justifiait, ou au moins atténuait, son lynchage. Comme
si être croyant ou aimer son pays rendait légitime de recevoir des
coups de pied dans la tête jusqu’à la mort.
Cette instrumentalisation est abjecte. Elle révèle une haine viscérale envers tout ce qui évoque la France traditionnelle.
LFI : défense acharnée des musulmans, haine constante des catholiques et des juifs
La France Insoumise défend systématiquement les musulmans contre toute critique (qualifiée immédiatement d’« islamophobie »),
tout en attaquant sans relâche les catholiques et en tolérant, voire en
alimentant, l’antisémitisme dans ses rangs. Jean-Luc Mélenchon a parlé
d’antisémitisme « résiduel » en France. 92 % des juifs français
estiment aujourd’hui que LFI contribue à la hausse de l’antisémitisme.
Ceux qui hurlent au racisme en permanence pratiquent en réalité une
hiérarchie des racismes : les catholiques et les juifs sont les boucs émissaires acceptables, les musulmans les intouchables.
Rima Hassan et la Jeune Garde : le lien embarrassant révélé par Le Canard Enchaîné
Cet ancien article du Canard Enchaîné du 2 juillet 2024 est particulièrement accablant pour la défense de Rima Hassan. On y apprend que la Jeune Garde
assurait bel et bien le service d’ordre de l’eurodéputée LFI lors d’une
conférence à Paris-Dauphine le 27 mai 2024. En marge de cet événement,
huit membres de ce groupe antifa se sont attaqués à un adolescent de 15
ans identifié comme juif : ils l’ont tabassé dans le métro et ont filmé
la scène. Mise en examen pour violences en réunion à caractère
antisémite.
Étonnamment, le même mode opératoire s’est reproduit à Lyon le 12
février 2026 : la Jeune Garde (dissoute en 2025) était présente aux
abords de la conférence de Rima Hassan à Sciences Po, a traqué et lynché
des opposants. Le Parlement européen doit lever l’immunité de Rima
Hassan pour qu’elle puisse répondre de ses liens répétés avec cette
milice violente devant la justice.
La Terreur révolutionnaire : l’ancêtre idéologique assumé de LFI
Cette violence n’est pas nouvelle. Elle renvoie directement à la période de la Terreur (1793-1794) et au génocide vendéen. Au nom du « salut public » et de la « vertu républicaine
», les colonnes infernales de Turreau ont massacré entre 170.000 et
250.000 Vendéens : noyades collectives à Nantes, villages incendiés,
femmes enceintes éventrées, enfants empalés, peaux humaines tannées. Les
Vendéens étaient traités de « bêtes féroces » et d’« ennemis du peuple ».
La République a volontairement occulté
ce génocide. Or la mouvance LFI se revendique explicitement de cet
héritage jacobin et révolutionnaire.
Mélenchon et ses lieutenants parlent sans cesse de « révolution citoyenne » et de rupture avec la « Ve République pourrie ». Si on les laissait faire sans frein, on retrouverait demain les mêmes méthodes.
Des sanctions judiciaires et politiques qui doivent être exemplaires
L’enquête doit aboutir à des mises en examen rapides et à des peines
lourdes, avec reconnaissance de la préméditation et de la haine
idéologique. Politiquement, il est temps de passer aux actes :
Suspension définitive du député LFI
Raphaël Arnault (déjà fiché S depuis 2021, premier député fiché S de
l’histoire, condamné en 2022 pour violences).
Exclusion immédiate de son collaborateur Jacques-Élie Favrot.
Dissolution définitive des groupes, malnommés, antifascistes violents comme la Jeune Garde.
Enquête parlementaire sur les liens financiers et logistiques entre LFI et ces milices.
La mort de Quentin Deranque ne doit pas être un fait divers de plus.
Elle est le symptôme sanglant d’une extrême gauche qui se croit tout
permis au nom du « bien ». Assez de l’impunité. Assez de la morale à deux vitesses. La République doit enfin se défendre.
B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée
« Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde. »
Décrire la terrible agression de Quentin comme le fruit d’une simple
rixe entre militants, c’est trahir la vérité des faits, s’empêcher de
saisir l’ampleur de ce drame et salir un jeune étudiant de 23 ans laissé
pour mort sur un trottoir lyonnais. Son avocat, Me Fabien Rajon, est
formel : « La thèse de la simple « rixe » entre deux groupes rivaux
ne semble pas correspondre à la réalité des faits : il s’agirait plutôt
d’un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et
armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée. » Quentin
n’avait aucun antécédent judiciaire, n’était ni agent de sécurité ni
membre habituel d’un service d’ordre. Il a toujours défendu ses
convictions de manière non-violente. Il est aujourd’hui en état de mort
cérébrale.
« Rixe », ce mot qui blanchit la violence politique
Comme après chaque agression d’une extrême violence commise par
l’ultra-gauche, les mêmes réflexes se mettent en place : minimisation
des faits, équivalence entre agresseurs et victimes, invocation d’une
« rixe » pour diluer les responsabilités. Pourtant, ce qui s’est produit
jeudi soir n’a rien d’une surprise. C’est au contraire l’aboutissement
prévisible d’une stratégie théorisée, assumée et mise en œuvre
méthodiquement depuis une dizaine d’années.
Une doctrine de la violence
Cette violence n’a rien de spontané. Elle s’inscrit dans une doctrine
précisément formulée par l’historien américain Mark Bray dans son
ouvrage devenu la bible des antifas français : L’Antifascisme : son passé, son présent et son avenir (2018).
Pour lui, l’objectif n’est pas de débattre mais d’anéantir socialement
et physiquement l’adversaire. Bray l’écrit sans détour : « On ne
peut pas toujours changer les croyances de quelqu’un, mais on peut
évidemment les rendre trop coûteuses politiquement, socialement,
économiquement et parfois même physiquement. »
C’est le concept de l’« antifascisme du quotidien » : « augmenter
le coût social des comportements oppressifs, au point que ceux qui les
endossent ne voient d’autres possibilités que de rester dans l’ombre. »
Le problème, c’est que ce sont les antifas qui décident seuls de ce qui
est « oppressif » et de qui est « fasciste » – une catégorie qui ne
cesse de s’étendre. Depuis le début des années 2000, l’Action Antifasciste Paris-Banlieue a élargi le champ du fascisme « au colonialisme, à la question palestinienne, aux violences policières ».
En s’appuyant sur la dynamique des luttes intersectionnelles, les
antifas ont ainsi créé une véritable machine à « nazifier ». Tous ceux
qui s’opposent à eux sont immédiatement considérés comme des fascistes,
des nazis. Ils sont ainsi déshumanisés, ce qui facilite et légitime les
passages à l’acte violent.
Ne nous y trompons pas : si le harcèlement numérique constitue
l’artillerie, la violence physique reste l’infanterie indispensable.
Bray est d’un cynisme absolu : « En vérité, la violence représente une toute petite partie – néanmoins vitale – de l’antifascisme. » L’escalade est programmée, résumée par cette formule glaçante : «
Tu te bats contre eux à coups de poing pour ne pas te battre à coups de
couteau. Tu te bats contre eux à coups de couteau pour ne pas te battre
avec des fusils. Tu te bats contre eux avec des fusils pour ne pas te
battre avec des tanks. »
Résurgence d’une violence politique de haute intensité
C’est au nom de ces « tanks » imaginaires que le jeune Quentin est en
état de mort cérébrale, que des militants de l’UNI ont été attaqués au
couteau à Strasbourg, tabassés avec de gants coqués à Toulouse, ou que
deux étudiants ont été roués de coups par une trentaine d’antifas à
Rennes. Rien que pour l’année 2025, le syndicat étudiant a recensé 43
agressions violentes contre ses membres. Pour l’antifa, frapper le
premier n’est pas une agression, c’est « désamorcer le besoin d’autodéfense ». Sic !
Mais on est très loin de la légitime défense. Les antifas ont mis en
place un véritable système de fichage de leurs adversaires politiques.
Ils ne se contentent pas d’agressions pour faire stopper les actions
militantes de leurs adversaires (ce qui serait déjà condamnable) : ils
traquent leurs cibles quand elles sont seules, les harcèlent jusqu’à
leur domicile pour leur faire comprendre que nulle part elles ne seront
en sécurité. À Nantes, des menaces de mort nominatives ont été taguées
aux abords des domiciles de militants de l’UNI ainsi que sur les murs du
commerce où l’un d’eux occupait un job étudiant.
De nombreux commentateurs rappellent que la violence politique a
toujours existé. C’est vrai, mais elle change de nature et d’intensité.
Depuis quelques mois, nous assistons à une résurgence d’une violence que
nous n’avions plus connue depuis la fin des années 70 (banalisation des
sabotages, usages de bombes incendiaires, attaques contre les forces de
l’ordre, agressions ciblées…). Cette radicalisation s’accompagne
d’ailleurs d’une romantisation de la violence de cette époque. Le 28
mars 2023, Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action directe
condamné à perpétuité pour assassinats, était invité à l’université de
Bordeaux occupée pour disserter sur « les suites à donner au mouvement
social ». Un participant déclarait « trouver intéressant qu’il vienne raconter pourquoi il a choisi la lutte armée ».
Le 15 octobre 2025 à Paris 8, des centaines d’étudiants répondaient en
chœur « Non ! » à la question « Condamnez-vous le 7 octobre ? » avant
d’entendre : « Nous revendiquons le 7 octobre. »
Cette normalisation de la violence s’inscrit également dans une
stratégie politique explicite. En 2012, Jean-Luc Mélenchon fixait le cap
: « La conquête de l’hégémonie politique a un préalable : il faut tout conflictualiser ! » L’objectif était de « transformer un peuple révolté en peuple révolutionnaire ». Nous y sommes.
Les antifas imitent plus qu’ils ne combattent le fascisme
Il y a une ironie tragique dans cette situation. En prétendant
combattre le fascisme, les antifas en reproduisent toutes les méthodes :
fichage des opposants, attaques contre des journalistes, harcèlement
organisé, violence de groupe contre des individus isolés, culte de
l’action directe, romantisation de la violence politique, élargissement
sans fin de la liste des ennemis. Quand tout devient fasciste, quand
tout adversaire politique est transformé en « nazi », la violence
devient légitime.
Tant que les agresseurs seront relaxés, tant que les présidents
d’université préféreront annuler des conférences plutôt qu’affronter la
violence antifasciste, tant que les médias et la classe politique feront
preuve d’une indulgence coupable pour la violence politique quand elle
vient de la gauche, le message demeurera le même : la terreur paie. Mark
Bray l’a compris : nos institutions sont faibles.
Quentin n’est pas mort dans une « rixe ». Il a été lynché en
application d’une doctrine qui théorise la violence comme outil
politique légitime. Ce drame était prévisible. D’autres suivront tant
que nous refuserons de nommer cette réalité.
Ancien
membre du Conseil économique, social et environnemental, directeur du
CERU (Centre d’études et de recherches universitaire), un laboratoire
d’idées indépendant, Olivier Vial est responsable du programme d’études
sur les radicalités et les nouvelles formes de contestations.
L’extrême gauche : faux rempart de la démocratie, vraie machine à violence
Le 14 février 2026, Quentin Deranque, étudiant en
mathématiques de 23 ans, militant identitaire et catholique
traditionaliste, est mort à Lyon des suites d’un odieux lynchage.
Jeté au sol et roué de coups par au
moins six individus masqués et cagoulés en marge d’une conférence de
l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, il a succombé à un
traumatisme crânio-encéphalique majeur deux jours plus tard.
L’enquête, requalifiée en « homicide volontaire aggravé », pointe des suspects liés à la mouvance antifasciste, dont certains fichés S et rattachés à la Jeune Garde (groupe dissous en
juin 2025 mais toujours actif selon les services de renseignement).
Aucune interpellation au 17 février, mais le procureur de Lyon a
confirmé l’extrême violence des faits.
Ce drame n’est pas un accident isolé. Il est le symptôme d’une
violence omniprésente, systématique, exercée par une extrême gauche qui
se présente pourtant comme la gardienne ultime de la démocratie, de la
morale et de la vérité. Son mode d’action ? Les insultes (« raciste», « fasciste », « sioniste », « islamophobe ») et la violence physique ou symbolique quand les mots ne suffisent plus.
L’université, temple supposé du débat libre, est devenue son terrain de chasse privilégié.
Et ce qui s’est passé à Lyon en 2025-2026 n’est que la version
française accélérée de ce qui a ravagé l’université d’Evergreen State
College aux États-Unis en 2017.
Lyon 2025-2026 : deux affaires qui en disent long
Revenons quelques mois en arrière. Le 1er avril 2025, à l’université Lyon 2 (campus Porte des Alpes), le maître de conférences Fabrice Balanche,
spécialiste reconnu du Moyen-Orient et arabophone, donne un cours
ordinaire. Une quinzaine d’individus masqués et encapuchonnés font
irruption. Ils encerclent l’enseignant en hurlant : « Racistes, sionistes, c’est vous les terroristes !
» Le motif ? Balanche avait osé dénoncer, sur CNews, la tenue d’un
iftar (rupture du jeûne du Ramadan) dans une salle universitaire, qu’il
jugeait contraire au principe de laïcité. Pas de coups, mais une intimidation brutale, une interruption forcée du cours, une humiliation publique. La vidéo, devenue virale, montre parfaitement la mécanique : on ne débat pas, on empêche.
La présidente de Lyon 2, Isabelle von Bueltzingsloewen, condamne l’incident… tout en reprochant ensuite à Balanche de « caricaturer » l’université comme « gangrenée par l’islamo-gauchisme ».
Classique. L’extrême gauche nie le problème, accuse le lanceur d’alerte
et inverse les rôles. Balanche porte plainte. L’affaire fait scandale
dans la presse, mais les sanctions restent symboliques. Quelques mois
plus tard, le climat est tel que des militants identitaires et
antifascistes s’affrontent autour de la conférence Rima Hassan. Résultat
: un mort. Quentin Deranque n’était pas un « néofasciste violent
» comme le décrivent certains médias ; ses proches le présentent comme
un jeune pieux, engagé dans l’aide aux pauvres, prônant un militantisme
pacifique. Peu importe : pour l’extrême gauche, il était du « mauvais camp ». Donc légitime à lyncher.
Ces deux affaires lyonnaises ne sont pas
des exceptions. Elles illustrent un schéma répété sur tous les campus
français : toute voix dissidente est assimilée à l’« extrême droite », donc à éradiquer par tous les moyens.
Insultes d’abord, puis blocage, puis violence si nécessaire.
Le modèle américain : Evergreen State College, 2017, le laboratoire parfait
Ce schéma, la France le copie consciencieusement depuis des années.
La preuve la plus flagrante se trouve dans une vidéo française de 2019, «
Evergreen et les dérives du progressisme » (disponible sur YouTube,
plus de 1 million de vues à l’époque), qui dissèque avec une précision
chirurgicale ce qui s’est passé à l’université d’Evergreen, dans l’État
de Washington. Le narrateur prévient d’emblée : « Tout ce que vous allez voir maintenant est déjà en train d’arriver en France. » En 2026, force est de constater qu’il avait raison.
Evergreen, petite fac progressiste, accueille un président ultra-gauchiste, George Bridges, arrivé en 2015. Pour lui, l’« égalité » ne suffit plus. Il veut l’« équité »
: une dictature de la bien-pensance où chaque individu est d’abord
défini par son appartenance à un groupe opprimé ou oppresseur (couleur
de peau, sexe, genre, pronoms). Les professeurs se présentent aux
nouveaux étudiants en listant leurs « privilèges » : « Je suis blanc, donc je reconnais mon privilège. » Les cartes de visite portent les pronoms. Les mails aussi. L’antiracisme intersectionnel devient religion d’État.
Le narrateur explique : « L’équité, pour eux, c’est combattre le
racisme systémique. Sauf qu’il n’y avait pas de racisme concret à
Evergreen. Alors on invente le racisme systémique : un gaz invisible,
partout, impalpable. Le seul moyen de le combattre ? Accepter son
existence sans jamais demander à le voir, car demander des preuves,
c’est déjà être raciste. » Robin DiAngelo, prêtresse de la « fragilité blanche », est invitée. Son concept ? Si un Blanc se défend quand on l’accuse de racisme, c’est de la « fragilité blanche ». Débat impossible : toute défense est invalidée d’avance.
Puis vient le rituel grotesque : une réunion où le personnel doit « monter dans le canoë de l’équité ». Symbolique, avec projections de vagues et sons immersifs. Les Blancs doivent demander la
permission d’entrer, se soumettre publiquement. Un administrateur haut
placé, visiblement brisé, ânonne des phrases vides, les mains derrière
le dos sur ordre des étudiants qui lui interdisent de gesticuler (« comportement oppressif »). La salle rit. Le narrateur : « Objectif : exercer un pouvoir et humilier. »
Une prof de cinéma fait répéter à ses élèves 39 questions pour « identifier leur blanchité ». Ces questions deviennent une « œuvre d’art » exposée en musée. Minorité active (30 % des étudiants) impose sa loi à la majorité silencieuse par peur d’être « annulée »
: déshumanisée, harcelée, violentée. Le narrateur cite des témoignages
d’anciens élèves : impossible d’exprimer le moindre désaccord sans
risquer l’annulation totale.
Brett Weinstein, professeur de biologie depuis 15 ans, déclenche l’orage. Tradition annuelle : le « Day of Absence », où étudiants et personnel de couleur s’absentent volontairement pour que les Blancs ressentent leur « rôle ». En 2017, le comité inverse : les Blancs sont priés de ne pas venir. Weinstein écrit un mail poli : « Si c’est volontaire pour les uns, ok. Mais imposer l’absence aux Blancs, c’est de la ségrégation. » Le mail est publié. Les militants d’extrême gauche l’encerclent à la sortie d’un cours : « Vous ne parlerez pas !
» Ils refusent qu’il réponde. La police du campus intervient : les
étudiants blancs forment un bouclier humain devant les Noirs « pour les protéger du raciste policier ». Le policier est repoussé. Les étudiants déforment totalement les faits dans un communiqué : « Le policier a tenté d’agresser les étudiants de couleur avec son bâton. »
Réunion de crise de deux heures dans une cafétéria : 150 étudiants
hurlent contre Weinstein, exigent son renvoi. Pas un seul exemple
concret de racisme. Le président Bridges se fait humilier : on lui
ordonne de mettre les mains derrière le dos. Il obéit. Les étudiants
rient. Un étudiant enregistre après la réunion : « Arrêtez d’utiliser
la raison et la logique. Si une personne de couleur est offensée, c’est
raciste. Point. La science ? C’est du savoir blanc, donc invalide pour
parler de racisme. »
Le lendemain, prise de pouvoir totale : les militants séquestrent le
personnel dans la bibliothèque. Bridges demande la permission d’aller
aux toilettes : refus. Des étudiants patrouillent armés de battes de
baseball. Une étudiante déclare devant caméra : « Il faut se débarrasser des mauvaises herbes »
(en parlant des opposants). Weinstein, qui habite en face, doit
traverser une forêt surveillée par ces groupes. La police lui
déconseille le vélo. En voiture, les militants bloquent la route pour
contrôler chaque véhicule.
L’université sombre dans l’anarchie. Brett Weinstein finit par
partir, mais gagne 500.000 dollars de dommages et intérêts en justice.
Evergreen devient la risée nationale, inscriptions en chute libre, frais
augmentés. Le narrateur conclut : « Ce n’est pas une histoire de
racisme. C’est une histoire de pouvoir. Ces gens ne croient en rien
d’autre. Ils utilisent une idéologie toute faite comme arme pour
anéantir la liberté d’expression. Et la France importe ça à 100 %. »
En France, le même sabotage social est en cours
Le parallèle est saisissant. En France, les concepts d’« équité », d’« intersectionnalité », de « racisme systémique », de « privilège blanc » ont envahi les amphis via les syndicats étudiants d’extrême gauche (Solidaires Étudiants, ex-UNEF, Poing Levé, Jeune Garde, Union Étudiante). Les interruptions de cours se multiplient : Balanche n’est qu’un exemple parmi d’autres. Les « safe spaces », les déprogrammations de conférences (Zemmour, Onfray, etc.), les occupations violentes, les tags « mort aux fachos » sur les murs des facs de Nanterre, Tolbiac, Lyon 2, Strasbourg.
L’islamo-gauchisme, nié par certains ministres mais reconnu par
d’autres (Élisabeth Borne en 2025), renforce le cocktail : alliances
entre militants pro-Palestine radicaux et syndicats gauchistes pour imposer une lecture décoloniale de l’histoire, où la France est toujours coupable. Résultat : des étudiants juifs ou « blancs » se sentent ostracisés, des professeurs autocensurent.
La chasse aux syndicats de droite : Cocarde et UNI dans le viseur
Le summum de l’hypocrisie ? La traque systématique des seuls syndicats qui osent s’opposer : la Cocarde Étudiante et l’UNI (Union Nationale Interuniversitaire), classés à droite, voire extrême droite pour la première.
La Cocarde, fondée en 2015, se veut « syndicat du camp national
». Elle défend la préférence nationale aux CROUS, la laïcité, s’oppose à
l’immigration massive. Résultat : agressions répétées. Exemples récents
(2025-2026) :
Janvier 2026, Nanterre : militants Cocarde accusés par la gauche d’agression (version contestée ; la Cocarde dénonce l’inverse).
Octobre 2025, Nantes : attaque antifas lors d’un hommage à Lola, portrait piétiné.
Aix-en-Provence, élections CROUS : bagarres.
Sorbonne : tractage agressé par une quinzaine d’individus.
Lyon, Lille, Grenoble (février 2026,
élections CROUS) : jets de peinture, intimidations, violences physiques
sur stands UNI/Cocarde selon l’UNI (onze agressions recensées le premier
jour).
Multiples plaintes pour cutters, battes, cagoules.
L’UNI, plus « classique » à droite (gaulliste à l’origine,
aujourd’hui alliée RN/LR sur certains points), subit le même sort.
Accusations croisées de saluts nazis dans certaines sections
(Strasbourg, Toulouse 2025), mais aussi agressions documentées par des
antifas : séquestrations, menaces, cyberharcèlement. En 2025, à Nantes,
exclusion d’une présidente UNI pour « propos racistes » (selon
la fac), annulée par le Conseil d’État qui condamne l’université. À
Grenoble, suspension d’agrément pour Union Étudiante de gauche après
dénonciation de liens avec Israël… pendant que les locaux UNI sont
attaqués.
Les syndicats de gauche (Solidaires, Poing Levé, ex-UNEF) et les
collectifs antifas revendiquent ouvertement de « virer les fachos» des campus. Ils bloquent les élections CROUS, taguent, occupent, agressent. La Jeune Garde, dissoute mais toujours active, est citée dans des dizaines de rapports de renseignement comme structure violente. Pourtant, c’est toujours la droite qui est montrée du doigt comme « violente ». Inversion accusatoire parfaite : on agresse, puis on crie à la « récupération politicienne » quand la victime meurt.
Hypocrisie totale : ils se disent démocrates, ils agissent en totalitaires
L’extrême gauche se pare des oripeaux de la morale : défense des
opprimés, antifascisme, vérité. Mais son action est purement
destructrice. Comme à Evergreen, elle ne cherche pas le progrès social :
elle sabote. Elle humilie les « privilégiés » (Blancs, hommes, hétéros, patriotes), interdit le débat (« pas de plateforme pour les fachos
»), utilise la violence quand elle perd le contrôle narratif. En France
comme aux USA, une minorité arrogante impose sa loi à une majorité
silencieuse par peur de l’« annulation » : perte d’amis, notes, bourse, réputation.
Le narrateur d’Evergreen l’avait vu : « Ces gens ne croient en rien à part le pouvoir […] c’est une histoire de pouvoir ». Selon lui, « l’extrême gauche française s’inspire aujourd’hui à 100 % de l’extrême gauche américaine » via des médias propageant cette idéologie nauséabonde. Et il prévient : tout cela est « déjà en train d’arriver en France », avec le même « conditionnement psychologique » (rituels de repentance, listes de privilèges, peur de l’annulation).
Quentin Deranque paye de sa vie cette impunité. Fabrice Balanche continue de témoigner malgré les menaces.
Des dizaines de militants Cocarde et UNI portent plainte chaque année pour des agressions qui n’aboutissent presque jamais.
Pendant ce temps, le gouvernement hésite, les présidents d’université courbent l’échine, les médias mainstream minimisent (« violences politiques réciproques »).
Il est temps de nommer les choses.
L’extrême gauche n’est pas la défenseuse
de la démocratie : elle en est l’ennemie la plus dangereuse parce
qu’elle opère de l’intérieur, avec le drapeau des droits de l’homme.
Ses moyens ? Insultes pour disqualifier, violence pour faire
taire. Son objectif ? Le pouvoir total sur les esprits et les corps.
La mort de Quentin n’est pas une « bavure ». C’est
l’aboutissement logique d’années d’impunité. Si rien ne change –
dissolution effective des groupes violents, protection réelle des
dissidents, retour au débat libre –, les campus français deviendront des
Evergreen à répétition. Et les lynchages, hélas, ne s’arrêteront pas
là.
Mais la gêne du camp du bien et de leur pouvoir en voie d’une différente pensée à la leur, l’unique, privilégie la violence, pire un assassinat pour une politique idéologique !
C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse
Paris, ce joyau culturel mondial, abrite le musée du Louvre,
considéré comme le plus grand et le plus prestigieux du monde avec ses
collections inestimables et ses millions de visiteurs annuels. Pourtant,
derrière les façades somptueuses et les chefs-d’œuvre immortels,
une série de scandales révèle une
gestion déplorable, marquée par des failles sécuritaires béantes, des
fraudes internes et une impunité flagrante.
Le récent démantèlement d’un réseau de fraude à la billetterie,
impliquant des employés du musée, n’est que la pointe de l’iceberg d’un
établissement qui semble naviguer à vue, au détriment de son patrimoine
et de ses finances publiques.
Une fraude à la billetterie d’une ampleur inouïe
Le 10 février 2026, une vaste opération policière a secoué les couloirs du Louvre, aboutissant à l’interpellation de neuf personnes soupçonnées d’une escroquerie organisée à grande échelle.
Parmi elles, deux employés du musée, plusieurs guides touristiques et
un individu présumé être le cerveau du réseau, ont été placés en
détention provisoire. L’enquête, ouverte en juin 2025 pour escroquerie
en bande organisée, blanchiment et corruption publique, porte sur un préjudice estimé à plus de 10 millions d’euros. Les
suspects auraient mis en place un système sophistiqué impliquant des
faux billets, du surbooking et des ventes illégales, débutant dès l’été
2024 et impliquant des tours opérateurs extérieurs.
Cette fraude n’est pas isolée : elle s’étend même au château de
Versailles, soulignant un réseau tentaculaire qui a profité des
faiblesses internes des institutions culturelles françaises. Les
autorités ont saisi près de 1,5 million d’euros en espèces et sur des
comptes bancaires, une partie des fonds ayant été investie dans
l’immobilier en France et à Dubaï. Comment un musée de cette envergure,
qui génère des revenus colossaux, a-t-il pu laisser prospérer un tel
système sans détection préalable ? Cette affaire met en lumière des
contrôles internes défaillants et une supervision laxiste, permettant à
des employés de trahir leur institution pour un enrichissement
personnel.
Le vol rocambolesque des joyaux de la couronne : un fiasco sécuritaire prévisible
À peine quatre mois après un vol spectaculaire qui
a ébranlé le monde culturel, le Louvre se retrouve à nouveau sous les
feux des projecteurs. Le 19 octobre 2025, entre 9h30 et 9h37, quatre
malfaiteurs ont orchestré un cambriolage digne d’un film hollywoodien
dans la Galerie d’Apollon. Arrivés sur deux scooters, ils ont utilisé un
camion équipé d’une nacelle télescopique pour accéder au balcon du
premier étage, brisé une fenêtre à l’aide d’une disqueuse, menacé les
agents de sécurité, fracassé les vitrines et emporté huit artefacts
inestimables des Joyaux de la Couronne française. Parmi les pièces
volées : un collier d’émeraudes et une paire de boucles d’oreilles de
l’impératrice Marie-Louise, un diadème et un collier de saphirs
(comportant 8 saphirs et 631 diamants) des reines Marie-Amélie et
Hortense, ainsi qu’une boucle d’oreille assortie. La couronne de
l’impératrice Eugénie a été brisée et abandonnée sur place, signe
possible d’une opération menée par des amateurs malgré son organisation
apparente.
Les indices laissés derrière – deux disqueuses, un chalumeau, de
l’essence, des gants, un talkie-walkie, une couverture, un gilet jaune
et un casque de moto – témoignent d’une fuite précipitée, mais aussi
d’une sécurité dérisoire.
Les vitrines étaient brisables à la
disqueuse, les alarmes volumétriques désactivées au moment de
l’ouverture, et le balcon accessible sans barrières renforcées.
Un rapport de
la Cour des Comptes de 2024 avait pourtant dénoncé ces défaillances
sécuritaires, ignorées malgré l’annonce d’un plan de 700 à 800 millions
d’euros en 2025. Le Louvre, moins protégé qu’une bijouterie de
quartier, a ainsi offert sur un plateau d’argent des trésors nationaux à
des voleurs qui ont opéré en plein jour, sans que quiconque
n’intervienne efficacement. Deux hommes ont depuis été arrêtés pour leur implication dans ce vol, mais les joyaux restent introuvables.
Une gestion déplorable : scandales en série et failles structurelles
Ces incidents ne sont que les symptômes d’une mauvaise gestion
chronique au Louvre. Considéré comme le musée le plus grand du monde,
avec plus de 10 millions de visiteurs par an, il accumule les
controverses. En 2019, une grève massive des
employés avait dénoncé une surcharge due à l’afflux touristique, menant
à des conditions de travail infernales et des risques pour les œuvres.
Plus récemment, en 2022, le musée a été impliqué dans un scandale de trafic d’antiquités
égyptiennes, où des pièces acquises illégalement ont été restituées
sous pression internationale, révélant des lacunes dans les procédures
d’acquisition.
Ajoutez à cela des problèmes infrastructurels récurrents : le 10
février 2026, jour même de l’opération policière contre la fraude, une
importante fuite d’eau a été constatée dans une salle du musée, potentiellement endommageant des œuvres d’art. Cette « situation d’urgence »
illustre une maintenance défaillante, où les infrastructures
vieillissantes menacent le patrimoine. Des rapports internes et
externes, comme celui de la Cour des Comptes, pointent du doigt une
bureaucratie inefficace, des budgets mal alloués et une absence de
modernisation. Le partenariat avec Abu Dhabi en 2017 a également fait
l’objet de critiques pour des soupçons de corruption et de blanchiment
culturel, sans suites judiciaires notables.
Malgré ces dysfonctionnements, le Louvre continue d’opérer sans véritable réforme.
La direction, souvent issue de
nominations politiques, semble protégée par un voile d’impunité,
priorisant l’image touristique sur la sécurité et l’intégrité.
Aucune sanction malgré l’évidence : une impunité scandaleuse
Le plus accablant dans cette saga est l’absence totale de sanctions.
Malgré les rapports accablants de la Cour des Comptes, les vols et
fraudes à répétition, aucun dirigeant n’a été limogé ou poursuivi pour négligence. Les employés impliqués dans la fraude font face à la justice, mais la hiérarchie, qui a laissé prospérer ces failles, reste intouchée. Même après le vol des joyaux, qualifié de « casse du siècle »,
les responsables sécuritaires n’ont pas été tenus pour responsables,
perpétuant un laxisme institutionnel qui rend ces scandales prévisibles.
Cette impunité renforce l’idée d’une France en déliquescence, où les
institutions culturelles, piliers de l’identité nationale, sont livrées
à l’incompétence sans conséquences.
Il est temps que le Louvre, symbole de grandeur, soit géré avec la
rigueur qu’il mérite. Sans sanctions exemplaires et une refonte
profonde, ces scandales ne feront que se multiplier, au grand dam des
contribuables et des amateurs d’art du monde entier.
Lecornu Cède à Bruxelles et Condamne les Français à des Factures Exorbitantes
En ce début d’année 2026, la France se trouve à un carrefour
énergétique critique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en
octobre 2025 par Emmanuel Macron, s’apprête à signer la troisième
Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3),
un décret qui, selon de nombreux
critiques, sacrifie la souveraineté énergétique française sur l’autel
des exigences bruxelloises.
Ce document,
présenté le 12 février 2026 lors d’un déplacement dans le Jura, vise
officiellement à accroître la production d’énergie décarbonée d’ici
2035, en relançant le nucléaire tout en maintenant un développement des
renouvelables. Mais derrière ces objectifs affichés, se cache une
capitulation face à l’Union européenne (UE), aggravée par les sanctions
anti-russes qui ont fait exploser les prix de l’énergie. Les
Français, déjà accablés par des factures exorbitantes, paient le prix
fort pour une politique qui tire une balle dans le pied de la nation,
malgré un parc nucléaire performant qui devrait garantir une électricité
bon marché.
Lecornu, le pantin de Bruxelles ?
Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, a été propulsé à Matignon dans un contexte de crise politique, succédant à un gouvernement instable.
Sa décision de promulguer la PPE3 par
décret, sans passer par un vote au Parlement, est vue par les opposants
comme un passage en force pour éviter les débats houleux.
« Le Premier ministre doit écouter les experts avant de promulguer la PPE 3″, alerte un article du Figaro, soulignant les risques d’un texte décrié. Fabien Bouglé, expert en politique énergétique et directeur de publication de Transitions et Énergies, n’hésite pas à qualifier cette PPE3 de « sabotage énergétique » et de « trahison ». Dans une publication sur X, il accuse Lecornu de vouloir « passer la #PPE3 de force », promouvant un dossier sur l’ « écologie punitive stop ».
Les critiques pointent du doigt la pression de l’UE. Nicolas Dupont-Aignan, dans un reel Facebook, dénonce que Lecornu
soumet la France à la Commission européenne, détruisant l’avantage
nucléaire français et multipliant par dix les éoliennes offshore, ce qui
doublerait la facture d’électricité. En effet, la PPE3 révise à la
baisse les objectifs d’éolien terrestre et de photovoltaïque, mais
maintient un cap sur les renouvelables intermittents, aligné sur les
directives européennes. « La France persiste à saborder sa filière nucléaire », s’insurge un éditorial du Figaro.
Pourquoi céder à Bruxelles alors que la
France possède l’un des parcs nucléaires les plus performants au monde,
capable de produire une électricité abondante et à bas coût ?
Les sanctions Antirusses : une bombe à retardement pour les factures françaises
Les Français souffrent déjà d’une hausse exorbitante des prix de l’énergie, et la PPE3 ne fera qu’aggraver la situation. Au 1er février 2026, votre facture d’électricité aurait dû baisser d’environ 7 %, d’après une étude Hello Watt, dans le sillage de la baisse des prix de marché. Mais vous n’en verrez pas la couleur
: le prix du tarif réglementé de l’électricité reste stable en février
et pour les six prochains mois. Une stabilité en trompe-l’œil : ce tarif
demeure encore 30 % plus cher qu’en 2021. Et si le prix des heures
creuses baisse, celui des autres options tarifaires EJP et Tempo
augmentent : +6,2 % TTC en moyenne pour Tempo. En 2026, les tarifs
réglementés de l’électricité devraient rester stables en février, avec
une légère baisse de 0,83 % proposée par la Commission de Régulation de
l’Énergie (CRE), mais la facture globale reste 20 % plus élevée qu’en 2021.
La fin de l’ARENH (Accès Régulé à
l’Énergie Nucléaire Historique) en 2025 et l’indexation sur les marchés
internationaux pourraient entraîner une hausse de 150 € par an par
ménage dès 2026.
Cette flambée est en grande partie due aux sanctions anti-russes imposées par l’UE depuis le conflit Russo-Ukrainien en 2022. L’Europe
a réduit drastiquement ses importations de gaz et de pétrole russes,
troquant le gaz bon marché contre du GNL américain beaucoup plus coûteux
et moins écologique.
Résultat : les prix de l’électricité en Europe ont doublé entre 2021 et 2023.
En France, malgré un parc nucléaire couvrant 60-70 % de la production
électrique, les prix sont couplés au gaz via les mécanismes de marché
européens, amplifiant l’impact des sanctions. « Les sanctions ont conduit à une explosion des prix de l’énergie », note un rapport, avec des coûts quatre fois plus élevés qu’aux États-Unis.
Le 20e paquet de sanctions de
l’UE, adopté en février 2026, cible encore l’énergie russe, interdisant
des services maritimes aux tankers et abaissant le plafond des prix du
pétrole. Ces mesures ont boomerangé sur l’Europe : fragmentation
économique, inflation et dépendance accrue à des fournisseurs onéreux.
La France, qui importait peu de gaz russe directement, paie
indirectement via les marchés interconnectés. « L’Europe s’est tiré une balle dans le pied »,
résume un analyste, en remplaçant le gaz russe par du GNL américain
hors de prix tout en achetant encore des hydrocarbures russes via des
circuits détournés.
La France se tire une balle dans le pied : nucléaire sacrifié, factures explosives
Avec 56 réacteurs nucléaires, la France devrait bénéficier d’une électricité à bas coût.
Pourtant, la modulation forcée des centrales pour intégrer les
renouvelables intermittents pose des risques de sécurité et augmente les
coûts, alertent les syndicats. La PPE3, en confirmant six EPR2 et huit
en option, semble pro-nucléaire, mais elle prolonge des orientations
coûteuses, comme le déploiement d’éoliennes marines (15 GW d’ici 2035),
alignées sur l’agenda vert de l’UE. « C’est la fin de sa carrière politique si Lecornu promulgue la PPE », prédit Bouglé.
Les Français, déjà confrontés à une hausse de 400 € sur leur
facture en raison de la crise ukrainienne, voient leur pouvoir d’achat
érodé. Greenpeace critique la PPE comme « archaïque et réactionnaire », tandis que La France Insoumise dénonce un « 49.3 contre l’intérêt du pays ». En
cédant à Bruxelles et en perpétuant les sanctions qui profitent aux
lobbies étrangers, Lecornu condamne la France à une dépendance
énergétique coûteuse. Il est temps de reconquérir notre souveraineté : stop à l’écologie punitive, vive le nucléaire français indépendant !
E) - Philippe
Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a
événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se
dessinera »
Les élections municipales des 15 et 22 mars prochains, ne
seront des municipales comme les autres, pensez-vous. Qu’est-ce qui a
changé ?
Nous ne sommes pas dans le cadre d’un jeu d’alternance classique, où
les municipales étaient l’occasion d’une sanction du pouvoir national de
droite ou de gauche, comme en 2008 où la droite locale est sanctionnée,
ou en 2014 où c’est la gauche locale qui est encore plus durement
sanctionnée. Faute d’ancrage local fort du macronisme, une sanction
éventuelle contre E. Macron ne peut plus se traduire de la même façon.
Aujourd’hui, toutes les forces politiques sont sous pression de ces
municipales. Car elles ne sont plus structurées par une bipolarisation
homothétique sur les plans national et local, qui favorisait un vote
sanction. Même s’il n’y avait pas toujours vote sanction (en 1989 et
1995, juste après une présidentielle, notamment). Il y a désormais de
multiples enjeux liés à la fragmentation politique.
Or les élections municipales, c’est un scrutin où il y a toujours une
forte bataille symbolique au soir du premier tour, et surtout au soir
du second tour, pour donner aux Français « la » lecture politique du
scrutin. C’est une bataille de « narratifs » partisans, arbitrée par les
médias. Avec des victoires ou des défaites symboliques, qui influencent
toute la lecture du scrutin.
Prenons des exemples. En 2001, ce qui est finalement resté, c’est que
la gauche avait gagné Lyon, Dijon, et surtout Paris. Alors qu’une
lecture plus complète aurait dû être, que la gauche avait perdu beaucoup
de villes de sous-préfectures et de préfectures, que beaucoup de
ministres du gouvernement Jospin avaient été battus, parfois même
sèchement battus. Ce qui annonçait la présidentielle 2002. En 2026,
comme en 2001, je le souligne au passage, le premier déterminant du vote
en termes d’enjeux, c’est la sécurité des personnes et des biens, avec
en plus le narcotrafic comme élément aggravant.
Cette année nous aurons à nouveau une bataille symbolique sur
quelques grandes villes où chaque force politique tentera de tirer la
victoire à lui, en se fondant sur certains résultats et en oubliant
d’autres. D’autant que, comme en 2001, nous sommes à un an de la
présidentielle.
Est-ce qu’on voit se dessiner dans les enquêtes une mobilisation
forte ou moyenne, en tout cas supérieure à celle qu’on a connue en 2020 ?
« La prime aux sortants » existe-t-elle toujours
La seule affirmation catégorique que je ferai, c’est que les Français
vont plus voter le 15 mars 2026 qu’ils ne l’ont fait le 15 mars 2020 !
Le jeudi avant le vote, il y a 6 ans, la rumeur monte d’une annulation
du scrutin, et l’annonce par Edouard Philippe le samedi vers 17-18h de
la fermeture des écoles, des restaurants, des lieux de loisirs, des
cafés et cinémas a un impact psychologique massif. Avec à la clef 58%
d’abstention et une élection très étrange sociologiquement, où il y a eu
un sous-vote des catégories de plus de 65 ans qui d’habitude votent
plus que la moyenne.
Par retour à une situation normale, sans doute, on votera plus en
2026, qu’en 2020. Avec deux « mais » néanmoins : la campagne a commencé
beaucoup plus lentement qu’en 2014, ( à Paris, c’est flagrant). Et
deuxième réserve, au-delà de « l’accident » de 2020 : depuis 2001, on
vote à chaque fois moins aux municipales que dans l’élection précédente.
Moins de votes en 2008 qu’en 2001, moins en 2014 qu’en 2008. Est-ce que
la participation va être intermédiaire entre l’accident de 2020 et
cette baisse tendancielle ? Le point de comparaison intéressant sera
2014.
Je vois deux scénarios et je n’arrive pas à trancher entre les deux.
Cela dépendra de l’intensité finale de la campagne, du maire sortant, de
son bilan. Premiers scénario qu’on peut appeler trivialement, « tous
dans le même sac » : on ne supporte plus la politique à l’échelle
nationale, il ne se passe plus rien, le pays est bloqué ; dans ce
cadre-là, je reprends le titre du livre de notre ami Brice Teinturier : «
Plus rien à faire, plus rien à foutre », je suis dans une situation
d’exit, à quoi bon aller voter ? » Ce serait un « aquabonisme » national
qui contaminerait le local.
Deuxième scénario alternatif (la vérité sera entre les deux, en
fonction des villes), c’est : « ce qui se passe à l’échelle nationale me
désole, le pays est à l’arrêt, mais je vois des élus sur le terrain
dans ma ville qui sont l’exact opposé de ce qui se passe au national.
J’ai un élément de réassurance forte, je vais aller voter ».
En 2020, du fait du Covid, il y avait eu une abstention qui était
très homogène, forte dans toutes les catégories sociodémographiques, y
compris chez les plus de 65 ans je l’ai dit, qui localement peuvent
« faire l’élection ». Cette année, il peut y avoir, en particulier avec
la nouvelle loi PLM, une envie d’aller voter plus à Marseille, Lyon et
Paris que la dernière fois. Ce sera très lié à la situation locale. Et
en 2026, on n’a pas le sentiment, comme en 2020, que la prime aux
sortants soit aussi forte. Pas mal de maires sortants ont l’air en
difficulté relative.
Même si, dans des élections municipales, le dégagisme reste toujours à
la marge. La règle, non écrite mais réelle, c’est de reconduire les
équipes municipales sortantes. En 2014, quand la gauche perd 171 villes
de plus de 10 000 habitants, record absolu, cela ne représente que
quelques pourcents de villes, passant de gauche à droite, dans cette
vague bleue. Encore une fois c’est une élection dont l’interprétation,
la lecture, est souvent très symbolique, car le « résultat national »,
ou sa perception, se joue sur quelques grandes villes.
Mais je partage le constat que des maires sortants dans des villes
importantes sont plus en difficulté. Le niveau d’exigence des citoyens
augmente, parce qu’ils n’ont pas de réponse politique à l’échelle
nationale. Cela se confirme très fortement quand on regarde les
déterminants du vote, les enjeux. Aujourd’hui, c’est 1 sécurité, 2
santé, 3 accès aux soins, 4 dettes. Soit en réalité trois enjeux
nationaux ! Trois enjeux presque régaliens, qui ne sont pas traités ou
insuffisamment traités à l’échelle nationale, et qui ruissellent vers la
sphère locale. Des maires nous disent pour la première fois qu’ils
sentent une critique en termes d’impuissance, en termes d’inaction. Il y
a des ferments de défiance parce que la crise du national a un impact
sur le regard, la relation représentant-représenté-maire-administré.
Une autre remarque qui va dans le même sens : on n’est pas non plus
dans des municipales comme les autres en termes de motivation du vote.
Traditionnellement, dans le triptyque bilan-incarnation-projet, le bilan
domine très fortement. Or dans mes dernières enquêtes, le projet arrive
en tête, le bilan n’est que troisième, ce qui ne veut pas dire qu’il ne
compte pas. L’automaticité « je suis maire sortant, j’ai un bon bilan,
je ne peux que gagner » est moins forte, et je l’explique encore par la
crise de la politique nationale. Puisqu’il n’y a pas de projet, de cap
au national, on va chercher une projection dans sa ville.
Entrons dans l’éventail des forces politiques. Est-ce que le
RN ne pourrait pas être la « surprise » de ces municipales, au vu des
intentions de vote qu’il obtient au niveau national ?
On peut déjà écrire ce que dira le RN au soir des deux tours : « Nous
progressons ». Ce qui est quasi sûr, parce que ce parti présente tout
simplement plus de listes dans les villes de plus de 10 000 qu’en 2020.
Pour pouvoir voter RN, encore faut-il avoir une liste RN chez soi ! Le
RN va pouvoir dire aussi : « Nous conservons la plupart de nos villes »,
c’est quasi sûr aussi. Et avec plus de listes présentées, ils pourront
enfin dire facilement : « Nous progressons aussi en termes de
conseillers municipaux ». 2020 a de plus été un mauvais cru pour le RN.
Les sondages avaient été trop flatteurs pour eux, parce que le RN a été
très touché par la « sur-abstention » exceptionnelle de cette année-là.
Les vrais tests, cette année pour le RN, ce seront des villes comme
Nîmes, Toulon, Lens, où c’est indécis (Marseille ne peut passer au RN
qu’en cas de quadrangulaire, mais ce serait bien sûr un symbole). Et il y
a une ville qui n’est pas RN mais qui passe un peu trop sous les
radars, c’est Nice. C’est très, très indécis entre E. Ciotti soutenu par
le RN et C. Estrosi le maire sortant. Ce serait aussi un grand symbole
qu’une victoire de Ciotti, un symbole de victoire de « l’union des
droites », qui ferait « loupe » dans la bataille médiatique dont je
parlais au début.
Est-ce que la force favorite du premier tour, je dis à dessein du
premier tour seulement, de la présidentielle, sera déjà dans une
situation de mise sur orbite grâce aux municipales ? On jugera s’il y a
un effet d’impulsion de la présidentielle sur les municipales, avec
l’argument que le RN utilise souvent : « Tenez bon, on arrive »…
Parlons de la gauche. On a le sentiment que l’opposition
PS-LFI va structurer cette élection pour la gauche, mais peut-être
est-ce un effet de loupe sur Paris ou Marseille ?
Quand on est sur des matchs PS-LFI, le PS est largement devant, à
Montpellier, à Paris, ailleurs le plus souvent. Le PS, comme LR ou l’UDI
ou même le PC, reste est une force très importante à l’échelle locale
et la force dominante dans les villes de plus de 100 000 habitants. Et
bien sûr, les sortants PS ont des atouts.
Le PS peut conserver Lille, Marseille. Montpellier sera sans doute
conservé. Ils peuvent aussi gagner des villes comme Saint-Étienne,
peut-être Toulouse, et regagner Strasbourg même si c’est serré face à la
droite. Mais attention à la perte symbolique, 25 ans après, de Paris,
et Paris c’est fort indécis. Paris va être le centre de gravité pour le
PS, quels que soient leur gains éventuels ailleurs. Un peu comme en
2001…
Un mot sur les écologistes, après la « vague » en 2020 ?
C’était une petite vague, en réalité, mais les villes gagnées étaient
symboliquement très fortes, excepté Poitiers. Elles ont été d’ailleurs
gagnées sans maire sortant socialiste ou de droite en face. Ce qui
illustre l’adage selon lequel, quand un maire sortant ne se représente
pas, le jeu local s’ouvre fortement. Les écologistes sont sans doute la
force qui joue le plus gros en mars prochain. Lyon semble perdu et
Strasbourg paraît bien mal parti. Il y aurait un vrai sentiment de coup
d’arrêt, d’enseignement inverse à 2020, après des européennes déjà très
médiocres en 2024, avec 5% péniblement atteints. Même s’ils semblent
pouvoir conserver Bordeaux, Tours et Poitiers, « l’arc de l’Ouest ».
L’enjeu climatique, dans les déterminants du vote, vient loin
derrière l’insécurité, la dette, les soins, la propreté, la drogue, le
logement. Il y a 6 ans, à même époque, on aurait peut-être parlé des
marches hebdomadaires du climat avec les jeunes. Il y a aujourd’hui deux
phénomènes d’opinion que j’entends dans les études qualis » qui
expliquent ce recul de l’enjeu climatique. Le premier, c’est « on n’y
arrivera pas, c’est un phénomène inéluctable, c’est fichu ». Et le
deuxième qui est plus diffus mais qui sort quand même pas mal, je
l’appelle « messieurs les Anglais tirez les premiers ». Nous, Français,
faisons tellement d’efforts sur ces questions ! Demandez d’abord aux
Allemands de fermer leurs centrales à charbon. Demandez aux Américains,
aux Russes, aux Chinois de faire des efforts. Nous, on en fait déjà
trop ». Les citoyens sont de plus en plus intéressés par la situation
internationale…
Quant aux macronistes, leur ancrage local les pénalise…
Le fait d’avoir peu de sortants en 2020 continue à les pénaliser.
Alors ils ont certes quelque espérances de victoire comme à Annecy. Il
faut surtout souligner qu’ils ne se présentent que dans 2-3 villes de
plus de 100 000 habitants sous leur étiquette. J. M. Aulas n’est pas
Renaissance, J. L. Bournazel n’est pas Renaissance. À Marseille, les
macronistes sont chez M. Vassal, qui est LR… Il y a une vraie continuité
avec les municipales de 2020 qui avaient été si mauvaises pour eux.
Justement, pour finir, à LR, quel est l’enjeu ?
Ce parti n’a plus qu’une ville de plus de 100 000 habitants, Nîmes,
alors qu’ils avaient Toulouse et Nice, mais Moudin a quitté LR pour
rejoindre Horizons, comme C. Estrosi à Nice. LR, en tant que parti,
reste cependant très fort dans des villes qui passent sous les radars
médiatiques, des villes de sous-préfecture, des villes moyennes. Pour
LR, l’enjeu politico-médiatique du scrutin, c’est : « On garde nos
villes sortantes ».
Ils peuvent certes avoir une bonne surprise, à Strasbourg par exemple où ils ont un très bon candidat, et c’est incertain au 2ème
tour. Mais, dans l’ensemble, LR paraît assez loin de la victoire pour
des villes très symboliques. Même si R. Dati qui est LR, l’emporte à
Paris, on rappellera qu’elle est ministre d’E Macron depuis deux ans. JM
Aulas à Lyon est soutenu par LR mais n’en est pas issu. Un peu comme
pour Renaissance, ce seraient pour LR des victoires par procuration, pas
des victoires directes. La ville de plus de 100 000 habitants qui les
concernent vraiment, c’est Nîmes. Et à Nîmes, il y a une vraie division à
droite, sans maire sortant. Le RN à Nîmes peut l’emporter.
Si la petite musique qui préfigure la présidentielle, c’est « le RN, a
gagné des villes parce qu’il y a des électeurs de droite qui ont voté
au second tour sans problème pour la liste RN », c’est un sacré signe
pour l’élection présidentielle. J’ai été frappé, dans l’enquête que j’ai
faite pour la « Provence » sur Marseille début décembre, par la
proximité entre la structure sociologique du soutien à Martine Vassal
allié à Renaissance et celle de F. Allisio le candidat RN. Alors c’est
le « RN du sud » bien sûr. Mais tout de même, ça m’a marqué.
S’il y événement dans ces municipales, cela viendra du RN , voilà ce
qui se dessine. A vérifier à Toulon, à Marseille, à Nice, à Nîmes les 15
et 22 mars.
Philippe Guibert est consultant, enseignant et chroniqueur TV. Il a publié en 2024 Gulliver Enchainé, le déclin du chef politique en France
(Cerf). Il a été directeur du service d information du gouvernement
(SIG) et directeur de la communication dans diverses structures
publiques. Il a dirigé la rédaction de la revue Medium de Régis Debray.
Frédéric Dabi réalise des enquêtes électorales depuis 25
ans, et c’est à la lumière de son expérience politique et des enquêtes
qu’il mène qu’il nous livre son analyse d’un scrutin municipal qui ne
ressemblera pas aux précédents. Les attentes de l’opinion ont changé à
l’égard du local depuis la dissolution et la situation nationale de
blocage qui en a résulté et la « prime aux sortants » paraît moins forte
qu’en 2020. Un scrutin certes local, mais « contaminé par le national »
où le RN, peut-être, peut faire événement.