La Banque mondiale n'a pas soutenu de projet nucléaire depuis 1959, en raison de l'opposition de Berlin.
Mais le vent tourne et le président de la Banque mondiale a déclaré mercredi que la Banque allait « réintégrer le secteur de l'énergienucléaire » en partenariat avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.
L'industrie nucléaire espère que d'autres bailleurs de fonds multilatéraux, dont la Banque asiatique de développement, pourraient désormais suivre l'exemple.
Un financement public moins coûteux est considéré comme essentiel à la construction de grandes centrales nucléaires, vulnérables aux retards et aux dépassements de coûts.
L'année dernière, la Banque européenne d'investissement a ouvert la porte au financement de projets d'énergie atomique à la suite d'une campagne de lobbying réussie menée par de grands producteurs nucléaires, dont la France. Que de temps perdu....
https://ft.com/content/d80b68
Berlin vient de signaler à Paris que l'Allemagne ne bloquerait plus les efforts français visant à garantir que l'énergienucléaire soit traitée sur un pied d'égalité avec les énergies renouvelables dans la législation €, selon des responsables français et allemands cités par le FT.
Ce qu'il convient de qualifier de grand revirement intervient alors que Merz cherche à explorer les moyens pour l'Allemagne de rejoindre le bouclier nucléaire français afin de dissuader une future agression russe.
La nouvelle position de l'Allemagne signifie par exemple que l'hydrogène produit à partir de l'énergie nucléaire devrait désormais être traité sur un pied d'égalité avec l'hydrogène issu de l'énergie éolienne ou solaire, mais surtout permettrait enfin d'ouvrir la voie aux aides d'État accordées par les gouvernements aux projets nucléaires, envoyant un signal à tout l'écosystème.
Merz a également critiqué son prédécesseur Scholz pour avoir fermé les trois dernières centrales nucléaires allemandes, alors même que le pays était confronté à des prix énergétiques élevés. S'il n'envisage pas de rouvrir les centrales nucléaires, il s'est engagé à investir dans les nouvelles technologies, notamment les petits réacteurs modulaires et la fusion nucléaire.
Si ces informations se confirment, l'Autriche resterait le seul État de l'UE strictement opposé à l'énergie nucléaire...
https://ft.com/content/e99efa
B) - Nucléaire : Bruxelles reconnaît son « erreur stratégique »… mais les Européens paient encore l’addition
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a enfin osé le dire. Le 10 mars 2026, lors du Sommet mondial sur l’énergie nucléaire à Paris, elle a déclaré sans détour : « La
réduction de la part du nucléaire était un choix. Avec le recul,
c’était une erreur stratégique pour l’Europe de tourner le dos à une
source d’énergie fiable, abordable et à faibles émissions. »
En
1990, un tiers de l’électricité européenne provenait du nucléaire ;
aujourd’hui, à peine 15 %. Un aveu tardif, presque pathétique, qui
arrive après des années de dogmatisme vert et de dépendance aux
importations.
La confession de Bruxelles : trop peu, trop tard
Von
der Leyen ne fait pas dans la demi-mesure. Elle reconnaît que l’Europe
s’est volontairement affaiblie. La Commission propose désormais une
stratégie dédiée aux Petits Réacteurs Modulaires (SMR),
avec une garantie de 200 millions d’euros pour attirer les
investissements privés. Objectif : premiers réacteurs opérationnels au
début des années 2030.
On
applaudit… mais on se souvient que pendant plus d’une décennie,
Bruxelles a marginalisé l’atome, bloqué les financements directs, et
suivi aveuglément l’idéologie anti-nucléaire venue d’Allemagne.
Ce revirement intervient alors que les tensions au Moyen-Orient font flamber les prix du pétrole et du gaz. L’Europe, « complètement dépendante » des importations fossiles volatiles, paie le prix de ses choix passés. Un mea culpa qui sent surtout la panique électorale et la nécessité de sauver la compétitivité industrielle.
Des factures explosées et une pauvreté énergétique qui touche des millions de foyers
Pendant que les eurocrates défendaient le « Green Deal » et les renouvelables intermittents, les ménages européens subissaient. Les prix de l’électricité sont « structurellement trop élevés » dans l’UE, comme l’admet aujourd’hui la Commission elle-même. Entre
2021 et 2023, la crise énergétique – amplifiée par la guerre en Ukraine
et la dépendance au gaz russe – a fait exploser les factures. Des
millions de familles sont tombées dans la précarité énergétique :
chauffage coupé, lumières éteintes, sacrifices quotidiens.
Les
industriels n’ont pas été épargnés. Les entreprises européennes paient
leur énergie jusqu’à deux fois plus cher qu’aux États-Unis. Résultat :
délocalisations, fermetures d’usines, perte d’emplois. La France, grâce à
son parc nucléaire, a relativement résisté. Mais les pays qui ont suivi
la voie allemande (sortie totale en 2023) ont payé le prix fort :
blackouts évités de justesse, inflation galopante, et une dépendance
accrue aux fournisseurs étrangers.
Bruxelles savait. Les experts français,
les ingénieurs, les rapports internes alertaient depuis des années. On a
préféré ignorer. Priorité à l’idéologie : sortir du nucléaire pour « sauver la planète ». Le peuple européen ? Accessoire.
La démagogie de l’UE : idéologie avant le bien-être des citoyens
Voilà le cœur du scandale : une Commission qui a sacrifié sa propre population sur l’autel du dogmatisme écologiste et du suivisme allemand.
On a criminalisé le nucléaire (fiable, décarboné, souverain) au nom de
Fukushima, tout en fermant les yeux sur les risques réels de pénurie et
d’inflation.
C’est de la démagogie pure. Von der Leyen, ancienne
ministre allemande sous Angela Merkel – celle-là même qui a lancé
l’Energiewende –, ose aujourd’hui parler d’« erreur stratégique
». Où était cette lucidité quand les factures explosaient ? Quand les
retraités choisissaient entre manger et se chauffer ? Quand les usines
fermaient et que les emplois partaient en Chine ou aux États-Unis ?
L’UE
n’a pas agi pour ses citoyens. Elle a agi contre eux, au nom d’une
transition idéologique imposée d’en haut, sans débat réel, sans
évaluation honnête des coûts humains et économiques. Le résultat : une
Europe affaiblie, moins compétitive, plus vulnérable géopolitiquement.
Et maintenant, un revirement de façade avec des SMR et 200 millions
d’euros… quand les besoins se chiffrent en centaines de milliards.
Un sursaut possible ou une nouvelle hypocrisie ?
Les
annonces vont dans le bon sens : neutralité technologique, soutien aux
SMR, reconnaissance du nucléaire comme pilier de la souveraineté.
Emmanuel Macron, qui porte ce combat depuis des années, a raison
d’insister pour intégrer l’atome dans toutes les législations
européennes.
Mais les Européens ont le droit d’être sceptiques.
Après avoir sacrifié une décennie et des milliers d’emplois, Bruxelles
va-t-elle enfin passer des paroles aux actes ? Ou va-t-on encore voir
des oppositions (Allemagne, Autriche) bloquer tout progrès concret au nom du même dogmatisme qui nous a menés dans le mur ?
L’UE doit choisir : servir son peuple ou ses idéologies
Cet
aveu de von der Leyen n’est pas une victoire. C’est un constat d’échec
cuisant. L’Europe a tourné le dos à son atout majeur – le nucléaire –
par démagogie verte et mépris des réalités.
Les citoyens paient encore le prix fort : factures élevées, précarité, perte de souveraineté.
Il
est temps que Bruxelles arrête de considérer sa population comme une
variable d’ajustement. Le nucléaire n’est pas un détail technique. C’est
une question de survie économique, de pouvoir d’achat et d’indépendance
nationale. Reconnaître l’erreur est un premier pas. La réparer
vraiment, sans hypocrisie et sans délai supplémentaire, sera le vrai
test. Les Européens attendent des actes, pas des discours.
LA France est-elle encore un acteur de l’histoire du monde ?
Telle est la grande question qui se cache en réalité derrière la
bataille des essais nucléaires.
Depuis mille ans, la France s’était habituée à agir à sa guise et à
influer sur le cours des principaux événements planétaires. En
particulier sur le terrain militaire. Depuis cinq siècles, elle a
participé à presque toutes les grandes guerres, qui ont occupé les deux
tiers de ces années, dont neuf étaient « mondiales » en ce qu’elles
impliquaient toutes les puissances du moment. Depuis cinquante ans,
l’arme nucléaire lui a permis, grâce en particulier à la vision
prémonitoire de Pierre Mendès France et du général de Gaulle, de
maintenir sa liberté ainsi que son statut de grande puissance, légitimé
par un siège de membre permanent du Conseil de sécurité et surtout par
son quatrième rang au palmarès industriel du monde.
Or, depuis quelques années, la France a perdu de nombreux degrés de liberté et ses principaux leviers d’action sur le réel.
Avec la globalisation des marchés et l’accélération de la technologie
de communication, le pouvoir n’est presque plus localisable.
Entreprises et marchés sont comme des nomades virtuels, insaisissables.
Et l’Etat, aussi puissant soit-il, « est pris » par les décisions plus
qu’il ne les prend.
Avec le traité de Maastricht, la France a volontairement abandonné à
l’Union européenne de nombreux pans de sa souveraineté en matière
économique, monétaire et commerciale. L’apparition de la monnaie unique
européenne, qui conduira inéluctablement au budget unique, donnera le
coup de grâce à la souveraineté économique du pays.
Avec la chute du mur de Berlin, la France a involontairement
abandonné à l’Allemagne le rôle de leader des relations, devenues
essentiellement économiques, entre l’Est et l’Ouest de l’Europe. Et la
disparition de la menace soviétique a rendu son armement nucléaire moins
fascinant pour ses amis et moins crédible pour ses ennemis.
Dans ce contexte, la décision de reprendre les essais nucléaires
au-delà des nécessités techniques, peu convaincantes, et des
justifications stratégiques, contradictoires constitue avant tout dans
ce monde devenu de plus en plus virtuel, un signe et un aveu. Le signe
que la France cherche par tous les moyens à garder des espaces de
liberté. Et l’aveu qu’elle n’a plus d’autre moyen pour le faire que de
rompre unilatéralement des engagements internationaux qui la
contraignent. Les adversaires des essais sont d’ailleurs tout autant de
mauvaise foi puisque leur vraie bataille vise à refuser à la France
l’exercice de cette liberté.
L’arrêt des essais en 1992 n’était pas une simple décision de
politique intérieure, mais bien un acte de politique extérieure, ayant
des conséquences sur les tiers ; et donc, en cela, liant tous les
gouvernements ultérieurs du pays. En prenant sa décision, en considérant
que les experts nucléaires avaient assez d’informations pour passer à
la simulation, François Mitterrand a déclenché un processus planétaire
conduisant à un moratoire général sur les essais et à la négociation
d’un traité les interdisant.
Sa décision ne peut donc être considérée comme le seul exercice d’une
liberté domestique dont on pouvait après lui se dédire. Qu’aurait-on
pensé, par exemple, d’un président français qui serait revenu sur la
décision de son prédécesseur annulant la dette de quelques pays pauvres ?
Ou de François Mitterrand si, en 1988, il n’avait pas respecté les
engagements pris quelques mois plutôt par Jacques Chirac à l’égard de
l’Iran, engagements dont il n’était d’ailleurs pas certain de tout
connaître ?
Par cette décision, la France perd le droit moral de s’opposer à la
prolifération nucléaire, au moment où tant d’Etats et de groupes
terroristes cherchent à se doter d’armes nucléaires, chimiques,
bactériologiques ou radioactives. Si la prolifération ne peut être
enrayée, la France en sera la première victime, car elle ne sera plus
alors qu’une puissance nucléaire parmi vingt-cinq au lieu d’être un des
membres du Club des Cinq, avec ses immenses privilèges.
Enfin, en agissant ainsi, elle fragilise sa place dans l’économie de
demain. Comme les autres pays, la France, en effet, vend des signes avec
ses produits. Acheter français, c’est voyager virtuellement en France.
Et l’image de luxe, d’élégance de douceur de la France fait vendre non
seulement des parfums et des vêtements mais aussi des automobiles, des
TGV et des Airbus. L’avenir de la France comme grande puissance
économique est donc lié plus que jamais à celui de son image. Il est
aussi fragile qu’elle. Or celle-ci est désormais gravement atteinte,
surtout dans le Pacifique, zone économiquement la plus dynamique du
monde. Un déclin économique brutal n’est pas impossible : la France
représente aujourd’hui 5 % du marché mondial mais moins de 1 % de la
population. Dans quarante ans, elle ne représentera que 0,5 % de la
population mondiale. Et, si elle n’y prend pas garde, pas beaucoup plus
de la production. On connaît des exemples de telles dégringolades : en
1965, l’Afrique avait un PNB supérieur d’un quart à celui de l’Asie du
Sud-Est. Il est aujourd’hui six fois inférieur !
Etre un acteur de l’Histoire demain, pour un pays comme la France,
c’est imaginer, produire, manipuler et transmettre des messages
créateurs de richesses et promoteurs d’une image.
Qu’est-ce qu’être un acteur de l’Histoire demain, pour un pays comme
la France ? C’est imaginer, produire, manipuler et transmettre des
signes, des messages créateurs de richesses et promoteurs d’une image.
La puissance future de la France tiendra donc bien davantage aux signes
qu’elle enverra aux autres, à ses innovations, à son intelligence (à
tous les sens du mot), à ses propositions, à son art, à sa capacité à
faire bifurquer l’Histoire par ses idées qu’à sa capacité à dissiper de
l’énergie.
En ce sens, la France dispose de tous les moyens de rester libre et
influente. Pour y parvenir, il appartient d’abord au président de
décréter l’arrêt immédiat de ces essais. En agissant ainsi, il
démontrerait qu’il sait reconnaître l’erreur de ses experts qui l’ont si
mal conseillé, et qu’il sait ce que valent la parole et l’image de la
France. Il pourrait sans se déjuger expliquer que nos ingénieurs
nucléaires ont fait des prouesses et qu’ils ont réussi à mesurer lors
d’un seul test tous les paramètres que, paresseusement, ils
s’apprêtaient à ne déchiffrer qu’avec plusieurs ! Cela ne manquerait pas
de grandeur. Et aucun spécialiste n’oserait soutenir que la dissuasion
nucléaire française n’est pas crédible. On verrait comme par miracle la
simulation se mettre en place sans autre exigence.
La France serait alors en excellente position pour influer sur
l’avenir en lançant une vaste campagne contre les deux principaux
dangers qui menacent le monde et dont nul ne s’occupe sérieusement : la
prolifération nucléaire et l’inégalité du développement entre le Nord et
le Sud.
La France pourrait d’abord proposer un véritable traité de
non-prolifération civile, c’est-à-dire l’arrêt de la production et de
l’usage civil du plutonium alors que, dans ce domaine-là aussi, elle
donne en ce moment le plus mauvais exemple. Elle pourrait simultanément
proposer la mise sous contrôle international des stocks existants de
plutonium ; le renforcement des contrôles du trafic international ; la
réparation des désastreuses centrales nucléaires de l’Est ;
l’organisation rationnelle du démantèlement des armes nucléaires
devenues excédentaires depuis les traités de désarmement. Prendre la
tête d’une telle campagne ferait de la France un acteur incontesté de
l’Histoire, tout en l’aidant à protéger son statut de puissance
nucléaire, civile et militaire. Cela engloutirait beaucoup moins de
ressources que ses ultimes essais et assurerait beaucoup mieux qu’eux la
défense du pays.
La France pourrait simultanément prendre l’initiative d’une vaste
campagne pour un développement égal autour de la Méditerranée. Elle
devrait pour cela proposer la création d’un vrai marché commun
méditerranéen, à l’image de ce que les Américains sont en train de
réussir dans les deux hémisphères avec le Nafta et le Mercosul. La
France pourrait, par la même occasion, reconnaître sa propre dimension
islamique et en tirer des conséquences politiques et culturelles, au
lieu de continuer à vivre avec un non-dit suicidaire, comme le montre si
tristement l’autre face de l’actualité.
Le président de la République a raison de vouloir conserver à la
France prestige et influence. A lui de comprendre que, en agissant comme
il le fait, il ne sert que les intérêts de ceux qui veulent voir
disparaître notre pays : on ne gagne pas une course en se tirant dans le
pied.
Jacques Attali
Jacques Attali est docteur en sciences économiques, diplômé de l'École Polytechnique et conseiller d'État.Conseiller spécial du président français François Mitterrand pendant dix ans, il est le fondateur de quatre institutions internationales : Action contre la Faim, Eureka, la BERD et Positive Planet.
Jacques Attali est l'auteur de 86 ouvrages (dont plus de 30 consacrés à la prospective), vendus à plus de 10 millions d'exemplaires et traduits en 22 langues.Il est chroniqueur pour les quotidiens économiques Les Echos et Nikkei, après avoir également collaboré avec L'Express.
Jacques Attali dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.
D) - Devons-nous tolérer les accidents nucléaires ?
15 000 € le kW. Sept fois plus que lors du plan Messmer de 1974. À force d’empilement de normes, le coût de construction du nucléaire a explosé en Europe et aux États-Unis. Tant pis pour nos factures, pour l’industrie et pour le climat. Pour changer les choses, il faut changer d’état d’esprit : accepter le risque.
Le nucléaire est devenu beaucoup trop sûr. Les accidents le concernant constituent un problème financier, pas un problème sanitaire. Et cette confusion, entretenue depuis des décennies par une partie de la classe politique, particulièrement en Europe, s’avère mortelle.
Sa permanence est liée à ce que Jack Devanney, ancien professeur au MIT, également concepteur principal et architecte du réacteur ThorCon (à sels fondus MSR), appelle les « 2 mensonges » contradictoires du complexe nucléaire. Le premier : tout rejet significatif de matière radioactive serait une catastrophe inacceptable. Le second : la probabilité d’un tel rejet est si faible que nous pouvons supposer qu’il ne se produira pas.
Ces 2 mensonges forment un véritable piège. Le premier justifie des dépenses illimitées pour prévenir l’accident. Le second berce le public dans une fausse sécurité. Et quand un rejet survient – comme c’est inévitable avec des milliers de réacteurs sur des décennies – la confiance est anéantie pour une génération.
L’argent qui tue
Nous vivons dans un monde de ressources limitées. L’argent dépensé pour sauver une vie devrait être à peu près équivalent d’un domaine à l’autre. Sauver une année de vie par la vaccination ou les ceintures de sécurité coûte entre 100 et 1 000 dollars. Dans le nucléaire, à cause de réglementations trop précautionneuses, nous dépensons plus de 2,5 milliards de dollars pour sauver une seule année de vie.
C’est une allocation catastrophique de ressources. La preuve que l’on peut faire autrement existe : la France l’a démontré.
Le plan Messmera permis de construire 58 réacteurs à eau pressurisée en moins de 2 décennies, avec des durées de construction moyennes de 6 ans et un coût total estimé à 83 milliards d’euros (valeur 2010). Ce parc, standardisé et construit en série, fournit encore aujourd’hui près des 2 tiers de l’électricité française à un coût compétitif !
Aux États-Unis, les centrales bâties dans les années 1960, avant l’explosion réglementaire, produisaient de l’électricité à environ 3 centimes le kilowattheure en dollars constants – et elles fonctionnent toujours, plus de 50 ans plus tard, sans avoir blessé personne. À ces niveaux de coûts, le charbon aurait été balayé et une part énorme de la pollution aux particules fines aurait été évitée, sans parler des gigatonnes de CO₂ jamais émises.
3 expériences grandeur nature
L’industrie nucléaire vit dans la terreur d’un rejet radioactif majeur. Pourtant, nous disposons de 3 « expériences » grandeur nature dont les résultats sont des plus rassurants, mais les conséquences très discutables.
Three Mile Island (28 mars 1979). À 4 h du matin, une panne des pompes d’alimentation en eau du circuit secondaire provoque l’arrêt automatique du réacteur n°2, mais une vanne de décharge coincée en position ouverte vide le circuit primaire de son eau de refroidissement sans que les opérateurs s’en rendent compte à cause d’une mauvaise indication en salle de contrôle. Cela entraîne une fusion partielle du cœur (environ 50 % du combustible fond), avec un dégagement de gaz radioactifs et la formation d’une bulle d’hydrogène, mais sans explosion.
Le scénario redouté s’est produit à cause d’une succession d’erreurs humaines. Pourtant, on ne déplore… aucun blessé. Quant à la dose moyenne de radiation reçue par la population, elle n’a pas dépassé 0,015 mSv, soit moins qu’un vol transatlantique.
Fukushima (2011). Un rejet 100 000 fois plus important que TMI. Quinze ans plus tard, là encore, le bilan est sans appel. En 2021, le Comité scientifique des Nations unies sur les effets des rayonnements atomiques (UNSCEAR) n’a identifié aucun préjudice sanitaire lié aux radiations parmi la population. Sans évacuation, peu de membres du public, voire aucun, n’aurait reçu 2 mSv ou plus en une journée. Quant à la possibilité d’une augmentation des cancers liée à des débits de dose bien inférieurs à 20 mSv/jour, même lorsque ces débits ont été subis pendant des décennies, elle a été invalidée. Même les travailleurs de la centrale, dont certains ont passé des heures dans les salles de contrôle situées à quelques mètres des réacteurs percés et en fusion, n’ont pas présenté d’effets sanitaires détectables après plus de dix ans de suivi.Leurs analyses sanguines ne montrent aucune différenceavec la population masculine japonaise en bonne santé.
Tchernobyl (1986) reste un cas à part dans l’histoire des accidents nucléaires. Il résulte avant tout d’un système soviétique défaillant à tous les niveaux : le réacteur RBMK présentait un coefficient de vide positif, un défaut de conception connu qui rendait l’installation instable à basse puissance. Il était par ailleurs dépourvu d’enceinte de confinement étanche, si bien que lorsque le toit a sauté, le cœur du réacteur s’est retrouvé à l’air libre. L’essai de sécurité qui a précipité la catastrophe a été réalisé en violation flagrante des procédures, par des opérateurs insuffisamment formés, dans un contexte où les alertes remontaient mal. Cet accident était évitable, et cette technologie spécifique est aujourd’hui interdite de construction.
Le rejet radioactif de Tchernobyl fut de 9 à 140 fois plus important que celui de Fukushima. Sur les 134 personnes hospitalisées pour syndrome d’irradiation aiguë, 28 sont mortes dans les mois suivants dans d’horribles conditions, auxquelles s’ajoutent 2 décès lors de l’explosion elle-même.
Parmi les quelque 600 000 liquidateurs qui se sont relayés sur le site dans les années suivantes, les études épidémiologiques ont mis en évidence une augmentation modeste de certains cancers (notamment la leucémie chez les plus exposés) et de cataractes.
Cependant, le bilan sanitaire va au-delà de ces chiffres immédiats. L’effet le plus clairement documenté concerne les cancers de la thyroïde chez les enfants et adolescents exposés : selon les données compilées par l’UNSCEAR jusqu’en 2015-2018, près de 20 000 cas ont été enregistrés entre 1991 et 2015 chez les personnes âgées de moins de 18 ans en 1986 dans les zones touchées (Biélorussie, Ukraine et régions russes les plus contaminées), dont environ un quart (soit 4 800 à 5 000 cas) sont attribuables à l’exposition à l’iode-131. Bien que la mortalité liée à ces cancers reste faible – une quinzaine de décès confirmés dans les premières décennies, grâce à un dépistage précoce et à des traitements efficaces –, ces milliers de cas ont entraîné des opérations chirurgicales répétées, des traitements à vie, des hypothyroïdies iatrogènes et des souffrances physiques et psychologiques importantes pour de jeunes patients.
Concernant les décès à long terme, le consensus des organismes internationaux (UNSCEAR, OMS, AIEA, Forum Tchernobyl de 2005-2006) en projette environ 4 000 supplémentaires attendus sur la durée de vie des populations les plus exposées – liquidateurs de 1986-1987, évacués et résidents des zones les plus contaminées –, incluant les cas d’ARS, une quinzaine de décès par cancer de la thyroïde et environ 3 900 cancers ou leucémies radio-induits. Cette estimation reste conservatrice, limitée aux groupes les plus irradiés, et l’augmentation reste statistiquement difficile à distinguer du bruit de fond des cancers spontanés. Mais, encore une fois, évoquer les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, c’est bien davantage éclairer l’incurie d’un système soviétique persuadé de sa toute puissance et de son infaillibilité, malgré l’incompétence flagrante des responsables de la centrale, que les dangers de l’atome.
Par ailleurs, d’autres accidents industriels majeurs entraînent bien plus régulièrement des blessés et des morts. En France, le 21 septembre 2001, l’usine chimique AZF explose à Toulouse et fait 31 morts et 2 500 blessés, en plus de dévaster une bonne partie de la ville. Un drame aux conséquences humaines immédiates infiniment supérieur aux accidents ayant touché des installations nucléaires.
Le dogme au cœur du système
Alors pourquoi avons-nous si peur des radiations ? Sans doute à cause du modèle Linéaire Sans Seuil (LNT), qui considère le postulat envisageant que chaque dose de radiation, aussi infime soit-elle, provoque des dommages proportionnels à une dose massive. Suivre cette logique revient à affirmer que prendre une aspirine par jour pendant un an serait aussi mortel qu’avaler 365 aspirines d’un coup.
Le LNT ignore un fait biologique fondamental : nos cellules savent réparer les conséquences des radiations. La vie a évolué alors qu’elles étaient bien plus intense qu’aujourd’hui. La nature nous a dotés de systèmes de reconstruction de l’ADN remarquablement efficaces, développés à l’origine pour gérer les dommages métaboliques internes – qui abiment notre ADN à un rythme au moins 25 000 fois supérieur au taux de rayonnement naturel moyen.
Les Académies françaises des Sciences et de Médecine l’ont confirmé dans un rapport conjoint en 2005 : le dogme LNT est invalidé par la capacité de réparation cellulaire. Elles confirment l’absence d’effet cancérigène en dessous de 100 mSv reçus en dose flash. Le débit fait toute la différence : la biologie n’est pas une simple addition.
Ce que les Académies valident sur le plan des principes, les données empiriques le confirment également sur le terrain. Au Kerala, en Inde, la radioactivité naturelle atteint jusqu’à 60 mSv/an dans certaines zones.
Une étude portant sur près de 70 000 personnessuivies pendant plus de 10 ans n’a montré aucune hausse de cancer. Le risque relatif du groupe le plus exposé était même légèrement inférieur à celui de ses voisins moins irradiés. L’étude, mise à jour en 2021 avec un échantillon élargi à près de 150 000 personnes confirme ces résultats avec des marges d’erreur considérablement réduites.
Les données réelles montrent qu’aucune hausse des cancers n’est détectable en dessous de 20 mSv/jour – soit 7 000 fois la limite légale de 1 mSv/an.
Les évacuations qui tuent
C’est le LNT qui a motivé l’évacuation de 160 000 personnes à Fukushima alors que personne n’aurait reçu plus de 50 mSv la première année en restant sur place. Cette panique a tué plus de 50 personnes âgées en quelques jours. Au total, les décès liés à l’évacuation et à l’exil dépassent les 2 300 dans la seule préfecture de Fukushima. Zéro mort par radiation. Des milliers de morts par la peur.
Et les conséquences ne s’arrêtent pas là. Quand le Japon a fermé l’ensemble de ses réacteurs après l’accident, le prix de l’électricité a bondi d’environ 40 %. La consommation hivernale a chuté de 15 %, entraînant selon une étude de Neidell et al.environ 310 décès supplémentaires par an liés au froid. Au-delà de ces réglementations paranoïaques et de ces évacuations meurtrières, c’est l’explosion des coûts de construction et l’effondrement du nombre de nouvelles centrales qui constituent la conséquence la plus dévastatrice du LNT.
La peur du nucléaire a fait prospérer le charbon et tué des millions de personnes.
L’honnêteté de l’aviation
Nous acceptons des risques négligeables tous les jours. L’aviation commerciale est considérée à raison comme sûre, et pourtant des avions s’écrasent parfois. Quand cela arrive c’est tragique.
Mais nous ne clouons pas les avions au sol et nous ne rendons pas le billet inabordable pour vendre un risque zéro. L’industrie aéronautique est honnête sur le risque. Elle va jusqu’à installer des boîtes noires (enregistreur de vol et enregistreur de conversations) dans chaque appareil, conçues pour survivre à un crash qui tue tout le monde à bord – reconnaissant ouvertement que de tels événements se produiront.
Le nucléaire doit adopter cette même honnêteté. L’objectif ne doit pas être d’empêcher tout rejet radioactif, mais d’avoir la capacité de gérer les conséquences d’un rejet éventuel par une régulation appropriée.
Si un accident survient, l’opérateur doit indemniser automatiquement et immédiatement les riverains exposés. Un confinement doit être réalisé s’il s’avère nécessaire, mais l’évacuation de zones où les doses de radiation sont infimes ne peut se justifier. Et rappelons que les pires rejets de centrales construites depuis les années 1960 ne tuent personne.
Je t’aime, je ne t’aime plus. Entre le nucléaire et la Belgique, la
romance est tumultueuse. Car depuis plus de 25 ans, l’idéologie se
fracasse contre le mur de la réalité. Mais à force de désamour, la
séparation pourrait bien être subie plutôt que choisie.
L’urgence morale
Les chiffres donnent le vertige. Les centrales américaines des années 1960 coûtaient moins de 1000 €/kW en euros constants 2025. Le plan Messmer a livré le parc français à environ 2 200 €/kW. L'EPR de Flamanville, après 17 ans de chantier, atteint près de 15 000 €/kW. Les futurs EPR2, présentés comme un retour à la raison, sont estimés à 7 800 €/kW, et même 10 800 €/kW par la cour des comptes - 5 fois le coût raisonnable. Pendant ce temps, la sûreté française exige une probabilité de fusion du cœur de 10⁻⁷ par an et par réacteur, soit un accident tous les 10 millions d'années par réacteur. Tant que chaque pico sievert évité est censé « sauver des vies » au nom du modèle linéaire sans seuil, cette spirale n'a aucune raison de s'arrêter.
En revenant à la science et en libérant le nucléaire de ses entraves réglementaires, ses coûts peuvent s’effondrer et rendre le charbon obsolète, tout en éradiquant la pollution aux particules fines, permettant de sauver de très nombreuses vies chaque année et de faire chuter les émissions de CO₂.
Il y a 15 ans, le tsunami du Tōhoku a tué près de 20 000 personnes en quelques heures. La centrale nucléaire de Fukushima, elle, n’en a tué aucune par radiation. Pourtant c’est le nucléaire qui a été condamné. Il est temps de rétablir la vérité – et de mesurer le coût monstrueux de ce mensonge.
A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice
B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée
C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse
D) - Le sabotage énergétique de la France
E) - Philippe
Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a
événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se
dessinera »
A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice
Un fait divers qui n’en est pas un : le meurtre politique du 12 février 2026 à Lyon
Le 12 février 2026, aux abords de Sciences Po Lyon, cinq militantes du Collectif Némésis ont
été sauvagement agressées après un happening pacifique contre une
conférence de Rima Hassan (LFI). Une militante a été victime d’une
tentative de strangulation.
Quentin Deranque, 23 ans, étudiant en
mathématiques, patriote et catholique pratiquant, a été projeté
violemment au sol, crâne contre le bitume, puis lynché à coups de pied
par une trentaine d’individus encagoulés armés de gants coqués et de
lacrymos.
Laissé pour mort, il a été placé en coma artificiel, déclaré en
mort cérébrale, a reçu l’extrême-onction et est décédé le 14 février. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « coups mortels aggravés » et « violences aggravées
». Plusieurs témoignages désignent Jacques-Élie Favrot, collaborateur
du député LFI Raphaël Arnault et membre de la Jeune Garde.
L’extrême gauche : toujours donneuse de leçons, jamais responsable de ses violences
Cette mouvance qui se veut le camp du « bien », de
l’antiracisme et de la morale universelle, pratique depuis des années
une ultra-violence systématique et impunie. Dès que l’on conteste ses
dogmes sur l’immigration, l’islam ou le féminisme intersectionnel, on
passe automatiquement dans le « camp du mal ». Fasciste, raciste,
islamophobe : l’étiquette suffit à justifier le passage à tabac. Le
ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez l’a dit sans détour : « C’est manifestement l’ultragauche qui était à la manœuvre. » Pourtant, ces mêmes militants continuent de se présenter comme les victimes et les gardiens de la démocratie.
Pourquoi ressortir la foi catholique et le patriotisme de Quentin comme des circonstances aggravantes ?
Dans les heures qui ont suivi, certains médias et militants de gauche n’ont pas hésité à souligner que Quentin était « catholique pratiquant » et « proche des milieux nationalistes
». Comme si cela justifiait, ou au moins atténuait, son lynchage. Comme
si être croyant ou aimer son pays rendait légitime de recevoir des
coups de pied dans la tête jusqu’à la mort.
Cette instrumentalisation est abjecte. Elle révèle une haine viscérale envers tout ce qui évoque la France traditionnelle.
LFI : défense acharnée des musulmans, haine constante des catholiques et des juifs
La France Insoumise défend systématiquement les musulmans contre toute critique (qualifiée immédiatement d’« islamophobie »),
tout en attaquant sans relâche les catholiques et en tolérant, voire en
alimentant, l’antisémitisme dans ses rangs. Jean-Luc Mélenchon a parlé
d’antisémitisme « résiduel » en France. 92 % des juifs français
estiment aujourd’hui que LFI contribue à la hausse de l’antisémitisme.
Ceux qui hurlent au racisme en permanence pratiquent en réalité une
hiérarchie des racismes : les catholiques et les juifs sont les boucs émissaires acceptables, les musulmans les intouchables.
Rima Hassan et la Jeune Garde : le lien embarrassant révélé par Le Canard Enchaîné
Cet ancien article du Canard Enchaîné du 2 juillet 2024 est particulièrement accablant pour la défense de Rima Hassan. On y apprend que la Jeune Garde
assurait bel et bien le service d’ordre de l’eurodéputée LFI lors d’une
conférence à Paris-Dauphine le 27 mai 2024. En marge de cet événement,
huit membres de ce groupe antifa se sont attaqués à un adolescent de 15
ans identifié comme juif : ils l’ont tabassé dans le métro et ont filmé
la scène. Mise en examen pour violences en réunion à caractère
antisémite.
Étonnamment, le même mode opératoire s’est reproduit à Lyon le 12
février 2026 : la Jeune Garde (dissoute en 2025) était présente aux
abords de la conférence de Rima Hassan à Sciences Po, a traqué et lynché
des opposants. Le Parlement européen doit lever l’immunité de Rima
Hassan pour qu’elle puisse répondre de ses liens répétés avec cette
milice violente devant la justice.
La Terreur révolutionnaire : l’ancêtre idéologique assumé de LFI
Cette violence n’est pas nouvelle. Elle renvoie directement à la période de la Terreur (1793-1794) et au génocide vendéen. Au nom du « salut public » et de la « vertu républicaine
», les colonnes infernales de Turreau ont massacré entre 170.000 et
250.000 Vendéens : noyades collectives à Nantes, villages incendiés,
femmes enceintes éventrées, enfants empalés, peaux humaines tannées. Les
Vendéens étaient traités de « bêtes féroces » et d’« ennemis du peuple ».
La République a volontairement occulté
ce génocide. Or la mouvance LFI se revendique explicitement de cet
héritage jacobin et révolutionnaire.
Mélenchon et ses lieutenants parlent sans cesse de « révolution citoyenne » et de rupture avec la « Ve République pourrie ». Si on les laissait faire sans frein, on retrouverait demain les mêmes méthodes.
Des sanctions judiciaires et politiques qui doivent être exemplaires
L’enquête doit aboutir à des mises en examen rapides et à des peines
lourdes, avec reconnaissance de la préméditation et de la haine
idéologique. Politiquement, il est temps de passer aux actes :
Suspension définitive du député LFI
Raphaël Arnault (déjà fiché S depuis 2021, premier député fiché S de
l’histoire, condamné en 2022 pour violences).
Exclusion immédiate de son collaborateur Jacques-Élie Favrot.
Dissolution définitive des groupes, malnommés, antifascistes violents comme la Jeune Garde.
Enquête parlementaire sur les liens financiers et logistiques entre LFI et ces milices.
La mort de Quentin Deranque ne doit pas être un fait divers de plus.
Elle est le symptôme sanglant d’une extrême gauche qui se croit tout
permis au nom du « bien ». Assez de l’impunité. Assez de la morale à deux vitesses. La République doit enfin se défendre.
B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée
« Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde. »
Décrire la terrible agression de Quentin comme le fruit d’une simple
rixe entre militants, c’est trahir la vérité des faits, s’empêcher de
saisir l’ampleur de ce drame et salir un jeune étudiant de 23 ans laissé
pour mort sur un trottoir lyonnais. Son avocat, Me Fabien Rajon, est
formel : « La thèse de la simple « rixe » entre deux groupes rivaux
ne semble pas correspondre à la réalité des faits : il s’agirait plutôt
d’un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et
armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée. » Quentin
n’avait aucun antécédent judiciaire, n’était ni agent de sécurité ni
membre habituel d’un service d’ordre. Il a toujours défendu ses
convictions de manière non-violente. Il est aujourd’hui en état de mort
cérébrale.
« Rixe », ce mot qui blanchit la violence politique
Comme après chaque agression d’une extrême violence commise par
l’ultra-gauche, les mêmes réflexes se mettent en place : minimisation
des faits, équivalence entre agresseurs et victimes, invocation d’une
« rixe » pour diluer les responsabilités. Pourtant, ce qui s’est produit
jeudi soir n’a rien d’une surprise. C’est au contraire l’aboutissement
prévisible d’une stratégie théorisée, assumée et mise en œuvre
méthodiquement depuis une dizaine d’années.
Une doctrine de la violence
Cette violence n’a rien de spontané. Elle s’inscrit dans une doctrine
précisément formulée par l’historien américain Mark Bray dans son
ouvrage devenu la bible des antifas français : L’Antifascisme : son passé, son présent et son avenir (2018).
Pour lui, l’objectif n’est pas de débattre mais d’anéantir socialement
et physiquement l’adversaire. Bray l’écrit sans détour : « On ne
peut pas toujours changer les croyances de quelqu’un, mais on peut
évidemment les rendre trop coûteuses politiquement, socialement,
économiquement et parfois même physiquement. »
C’est le concept de l’« antifascisme du quotidien » : « augmenter
le coût social des comportements oppressifs, au point que ceux qui les
endossent ne voient d’autres possibilités que de rester dans l’ombre. »
Le problème, c’est que ce sont les antifas qui décident seuls de ce qui
est « oppressif » et de qui est « fasciste » – une catégorie qui ne
cesse de s’étendre. Depuis le début des années 2000, l’Action Antifasciste Paris-Banlieue a élargi le champ du fascisme « au colonialisme, à la question palestinienne, aux violences policières ».
En s’appuyant sur la dynamique des luttes intersectionnelles, les
antifas ont ainsi créé une véritable machine à « nazifier ». Tous ceux
qui s’opposent à eux sont immédiatement considérés comme des fascistes,
des nazis. Ils sont ainsi déshumanisés, ce qui facilite et légitime les
passages à l’acte violent.
Ne nous y trompons pas : si le harcèlement numérique constitue
l’artillerie, la violence physique reste l’infanterie indispensable.
Bray est d’un cynisme absolu : « En vérité, la violence représente une toute petite partie – néanmoins vitale – de l’antifascisme. » L’escalade est programmée, résumée par cette formule glaçante : «
Tu te bats contre eux à coups de poing pour ne pas te battre à coups de
couteau. Tu te bats contre eux à coups de couteau pour ne pas te battre
avec des fusils. Tu te bats contre eux avec des fusils pour ne pas te
battre avec des tanks. »
Résurgence d’une violence politique de haute intensité
C’est au nom de ces « tanks » imaginaires que le jeune Quentin est en
état de mort cérébrale, que des militants de l’UNI ont été attaqués au
couteau à Strasbourg, tabassés avec de gants coqués à Toulouse, ou que
deux étudiants ont été roués de coups par une trentaine d’antifas à
Rennes. Rien que pour l’année 2025, le syndicat étudiant a recensé 43
agressions violentes contre ses membres. Pour l’antifa, frapper le
premier n’est pas une agression, c’est « désamorcer le besoin d’autodéfense ». Sic !
Mais on est très loin de la légitime défense. Les antifas ont mis en
place un véritable système de fichage de leurs adversaires politiques.
Ils ne se contentent pas d’agressions pour faire stopper les actions
militantes de leurs adversaires (ce qui serait déjà condamnable) : ils
traquent leurs cibles quand elles sont seules, les harcèlent jusqu’à
leur domicile pour leur faire comprendre que nulle part elles ne seront
en sécurité. À Nantes, des menaces de mort nominatives ont été taguées
aux abords des domiciles de militants de l’UNI ainsi que sur les murs du
commerce où l’un d’eux occupait un job étudiant.
De nombreux commentateurs rappellent que la violence politique a
toujours existé. C’est vrai, mais elle change de nature et d’intensité.
Depuis quelques mois, nous assistons à une résurgence d’une violence que
nous n’avions plus connue depuis la fin des années 70 (banalisation des
sabotages, usages de bombes incendiaires, attaques contre les forces de
l’ordre, agressions ciblées…). Cette radicalisation s’accompagne
d’ailleurs d’une romantisation de la violence de cette époque. Le 28
mars 2023, Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action directe
condamné à perpétuité pour assassinats, était invité à l’université de
Bordeaux occupée pour disserter sur « les suites à donner au mouvement
social ». Un participant déclarait « trouver intéressant qu’il vienne raconter pourquoi il a choisi la lutte armée ».
Le 15 octobre 2025 à Paris 8, des centaines d’étudiants répondaient en
chœur « Non ! » à la question « Condamnez-vous le 7 octobre ? » avant
d’entendre : « Nous revendiquons le 7 octobre. »
Cette normalisation de la violence s’inscrit également dans une
stratégie politique explicite. En 2012, Jean-Luc Mélenchon fixait le cap
: « La conquête de l’hégémonie politique a un préalable : il faut tout conflictualiser ! » L’objectif était de « transformer un peuple révolté en peuple révolutionnaire ». Nous y sommes.
Les antifas imitent plus qu’ils ne combattent le fascisme
Il y a une ironie tragique dans cette situation. En prétendant
combattre le fascisme, les antifas en reproduisent toutes les méthodes :
fichage des opposants, attaques contre des journalistes, harcèlement
organisé, violence de groupe contre des individus isolés, culte de
l’action directe, romantisation de la violence politique, élargissement
sans fin de la liste des ennemis. Quand tout devient fasciste, quand
tout adversaire politique est transformé en « nazi », la violence
devient légitime.
Tant que les agresseurs seront relaxés, tant que les présidents
d’université préféreront annuler des conférences plutôt qu’affronter la
violence antifasciste, tant que les médias et la classe politique feront
preuve d’une indulgence coupable pour la violence politique quand elle
vient de la gauche, le message demeurera le même : la terreur paie. Mark
Bray l’a compris : nos institutions sont faibles.
Quentin n’est pas mort dans une « rixe ». Il a été lynché en
application d’une doctrine qui théorise la violence comme outil
politique légitime. Ce drame était prévisible. D’autres suivront tant
que nous refuserons de nommer cette réalité.
Ancien
membre du Conseil économique, social et environnemental, directeur du
CERU (Centre d’études et de recherches universitaire), un laboratoire
d’idées indépendant, Olivier Vial est responsable du programme d’études
sur les radicalités et les nouvelles formes de contestations.
L’extrême gauche : faux rempart de la démocratie, vraie machine à violence
Le 14 février 2026, Quentin Deranque, étudiant en
mathématiques de 23 ans, militant identitaire et catholique
traditionaliste, est mort à Lyon des suites d’un odieux lynchage.
Jeté au sol et roué de coups par au
moins six individus masqués et cagoulés en marge d’une conférence de
l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, il a succombé à un
traumatisme crânio-encéphalique majeur deux jours plus tard.
L’enquête, requalifiée en « homicide volontaire aggravé », pointe des suspects liés à la mouvance antifasciste, dont certains fichés S et rattachés à la Jeune Garde (groupe dissous en
juin 2025 mais toujours actif selon les services de renseignement).
Aucune interpellation au 17 février, mais le procureur de Lyon a
confirmé l’extrême violence des faits.
Ce drame n’est pas un accident isolé. Il est le symptôme d’une
violence omniprésente, systématique, exercée par une extrême gauche qui
se présente pourtant comme la gardienne ultime de la démocratie, de la
morale et de la vérité. Son mode d’action ? Les insultes (« raciste», « fasciste », « sioniste », « islamophobe ») et la violence physique ou symbolique quand les mots ne suffisent plus.
L’université, temple supposé du débat libre, est devenue son terrain de chasse privilégié.
Et ce qui s’est passé à Lyon en 2025-2026 n’est que la version
française accélérée de ce qui a ravagé l’université d’Evergreen State
College aux États-Unis en 2017.
Lyon 2025-2026 : deux affaires qui en disent long
Revenons quelques mois en arrière. Le 1er avril 2025, à l’université Lyon 2 (campus Porte des Alpes), le maître de conférences Fabrice Balanche,
spécialiste reconnu du Moyen-Orient et arabophone, donne un cours
ordinaire. Une quinzaine d’individus masqués et encapuchonnés font
irruption. Ils encerclent l’enseignant en hurlant : « Racistes, sionistes, c’est vous les terroristes !
» Le motif ? Balanche avait osé dénoncer, sur CNews, la tenue d’un
iftar (rupture du jeûne du Ramadan) dans une salle universitaire, qu’il
jugeait contraire au principe de laïcité. Pas de coups, mais une intimidation brutale, une interruption forcée du cours, une humiliation publique. La vidéo, devenue virale, montre parfaitement la mécanique : on ne débat pas, on empêche.
La présidente de Lyon 2, Isabelle von Bueltzingsloewen, condamne l’incident… tout en reprochant ensuite à Balanche de « caricaturer » l’université comme « gangrenée par l’islamo-gauchisme ».
Classique. L’extrême gauche nie le problème, accuse le lanceur d’alerte
et inverse les rôles. Balanche porte plainte. L’affaire fait scandale
dans la presse, mais les sanctions restent symboliques. Quelques mois
plus tard, le climat est tel que des militants identitaires et
antifascistes s’affrontent autour de la conférence Rima Hassan. Résultat
: un mort. Quentin Deranque n’était pas un « néofasciste violent
» comme le décrivent certains médias ; ses proches le présentent comme
un jeune pieux, engagé dans l’aide aux pauvres, prônant un militantisme
pacifique. Peu importe : pour l’extrême gauche, il était du « mauvais camp ». Donc légitime à lyncher.
Ces deux affaires lyonnaises ne sont pas
des exceptions. Elles illustrent un schéma répété sur tous les campus
français : toute voix dissidente est assimilée à l’« extrême droite », donc à éradiquer par tous les moyens.
Insultes d’abord, puis blocage, puis violence si nécessaire.
Le modèle américain : Evergreen State College, 2017, le laboratoire parfait
Ce schéma, la France le copie consciencieusement depuis des années.
La preuve la plus flagrante se trouve dans une vidéo française de 2019, «
Evergreen et les dérives du progressisme » (disponible sur YouTube,
plus de 1 million de vues à l’époque), qui dissèque avec une précision
chirurgicale ce qui s’est passé à l’université d’Evergreen, dans l’État
de Washington. Le narrateur prévient d’emblée : « Tout ce que vous allez voir maintenant est déjà en train d’arriver en France. » En 2026, force est de constater qu’il avait raison.
Evergreen, petite fac progressiste, accueille un président ultra-gauchiste, George Bridges, arrivé en 2015. Pour lui, l’« égalité » ne suffit plus. Il veut l’« équité »
: une dictature de la bien-pensance où chaque individu est d’abord
défini par son appartenance à un groupe opprimé ou oppresseur (couleur
de peau, sexe, genre, pronoms). Les professeurs se présentent aux
nouveaux étudiants en listant leurs « privilèges » : « Je suis blanc, donc je reconnais mon privilège. » Les cartes de visite portent les pronoms. Les mails aussi. L’antiracisme intersectionnel devient religion d’État.
Le narrateur explique : « L’équité, pour eux, c’est combattre le
racisme systémique. Sauf qu’il n’y avait pas de racisme concret à
Evergreen. Alors on invente le racisme systémique : un gaz invisible,
partout, impalpable. Le seul moyen de le combattre ? Accepter son
existence sans jamais demander à le voir, car demander des preuves,
c’est déjà être raciste. » Robin DiAngelo, prêtresse de la « fragilité blanche », est invitée. Son concept ? Si un Blanc se défend quand on l’accuse de racisme, c’est de la « fragilité blanche ». Débat impossible : toute défense est invalidée d’avance.
Puis vient le rituel grotesque : une réunion où le personnel doit « monter dans le canoë de l’équité ». Symbolique, avec projections de vagues et sons immersifs. Les Blancs doivent demander la
permission d’entrer, se soumettre publiquement. Un administrateur haut
placé, visiblement brisé, ânonne des phrases vides, les mains derrière
le dos sur ordre des étudiants qui lui interdisent de gesticuler (« comportement oppressif »). La salle rit. Le narrateur : « Objectif : exercer un pouvoir et humilier. »
Une prof de cinéma fait répéter à ses élèves 39 questions pour « identifier leur blanchité ». Ces questions deviennent une « œuvre d’art » exposée en musée. Minorité active (30 % des étudiants) impose sa loi à la majorité silencieuse par peur d’être « annulée »
: déshumanisée, harcelée, violentée. Le narrateur cite des témoignages
d’anciens élèves : impossible d’exprimer le moindre désaccord sans
risquer l’annulation totale.
Brett Weinstein, professeur de biologie depuis 15 ans, déclenche l’orage. Tradition annuelle : le « Day of Absence », où étudiants et personnel de couleur s’absentent volontairement pour que les Blancs ressentent leur « rôle ». En 2017, le comité inverse : les Blancs sont priés de ne pas venir. Weinstein écrit un mail poli : « Si c’est volontaire pour les uns, ok. Mais imposer l’absence aux Blancs, c’est de la ségrégation. » Le mail est publié. Les militants d’extrême gauche l’encerclent à la sortie d’un cours : « Vous ne parlerez pas !
» Ils refusent qu’il réponde. La police du campus intervient : les
étudiants blancs forment un bouclier humain devant les Noirs « pour les protéger du raciste policier ». Le policier est repoussé. Les étudiants déforment totalement les faits dans un communiqué : « Le policier a tenté d’agresser les étudiants de couleur avec son bâton. »
Réunion de crise de deux heures dans une cafétéria : 150 étudiants
hurlent contre Weinstein, exigent son renvoi. Pas un seul exemple
concret de racisme. Le président Bridges se fait humilier : on lui
ordonne de mettre les mains derrière le dos. Il obéit. Les étudiants
rient. Un étudiant enregistre après la réunion : « Arrêtez d’utiliser
la raison et la logique. Si une personne de couleur est offensée, c’est
raciste. Point. La science ? C’est du savoir blanc, donc invalide pour
parler de racisme. »
Le lendemain, prise de pouvoir totale : les militants séquestrent le
personnel dans la bibliothèque. Bridges demande la permission d’aller
aux toilettes : refus. Des étudiants patrouillent armés de battes de
baseball. Une étudiante déclare devant caméra : « Il faut se débarrasser des mauvaises herbes »
(en parlant des opposants). Weinstein, qui habite en face, doit
traverser une forêt surveillée par ces groupes. La police lui
déconseille le vélo. En voiture, les militants bloquent la route pour
contrôler chaque véhicule.
L’université sombre dans l’anarchie. Brett Weinstein finit par
partir, mais gagne 500.000 dollars de dommages et intérêts en justice.
Evergreen devient la risée nationale, inscriptions en chute libre, frais
augmentés. Le narrateur conclut : « Ce n’est pas une histoire de
racisme. C’est une histoire de pouvoir. Ces gens ne croient en rien
d’autre. Ils utilisent une idéologie toute faite comme arme pour
anéantir la liberté d’expression. Et la France importe ça à 100 %. »
En France, le même sabotage social est en cours
Le parallèle est saisissant. En France, les concepts d’« équité », d’« intersectionnalité », de « racisme systémique », de « privilège blanc » ont envahi les amphis via les syndicats étudiants d’extrême gauche (Solidaires Étudiants, ex-UNEF, Poing Levé, Jeune Garde, Union Étudiante). Les interruptions de cours se multiplient : Balanche n’est qu’un exemple parmi d’autres. Les « safe spaces », les déprogrammations de conférences (Zemmour, Onfray, etc.), les occupations violentes, les tags « mort aux fachos » sur les murs des facs de Nanterre, Tolbiac, Lyon 2, Strasbourg.
L’islamo-gauchisme, nié par certains ministres mais reconnu par
d’autres (Élisabeth Borne en 2025), renforce le cocktail : alliances
entre militants pro-Palestine radicaux et syndicats gauchistes pour imposer une lecture décoloniale de l’histoire, où la France est toujours coupable. Résultat : des étudiants juifs ou « blancs » se sentent ostracisés, des professeurs autocensurent.
La chasse aux syndicats de droite : Cocarde et UNI dans le viseur
Le summum de l’hypocrisie ? La traque systématique des seuls syndicats qui osent s’opposer : la Cocarde Étudiante et l’UNI (Union Nationale Interuniversitaire), classés à droite, voire extrême droite pour la première.
La Cocarde, fondée en 2015, se veut « syndicat du camp national
». Elle défend la préférence nationale aux CROUS, la laïcité, s’oppose à
l’immigration massive. Résultat : agressions répétées. Exemples récents
(2025-2026) :
Janvier 2026, Nanterre : militants Cocarde accusés par la gauche d’agression (version contestée ; la Cocarde dénonce l’inverse).
Octobre 2025, Nantes : attaque antifas lors d’un hommage à Lola, portrait piétiné.
Aix-en-Provence, élections CROUS : bagarres.
Sorbonne : tractage agressé par une quinzaine d’individus.
Lyon, Lille, Grenoble (février 2026,
élections CROUS) : jets de peinture, intimidations, violences physiques
sur stands UNI/Cocarde selon l’UNI (onze agressions recensées le premier
jour).
Multiples plaintes pour cutters, battes, cagoules.
L’UNI, plus « classique » à droite (gaulliste à l’origine,
aujourd’hui alliée RN/LR sur certains points), subit le même sort.
Accusations croisées de saluts nazis dans certaines sections
(Strasbourg, Toulouse 2025), mais aussi agressions documentées par des
antifas : séquestrations, menaces, cyberharcèlement. En 2025, à Nantes,
exclusion d’une présidente UNI pour « propos racistes » (selon
la fac), annulée par le Conseil d’État qui condamne l’université. À
Grenoble, suspension d’agrément pour Union Étudiante de gauche après
dénonciation de liens avec Israël… pendant que les locaux UNI sont
attaqués.
Les syndicats de gauche (Solidaires, Poing Levé, ex-UNEF) et les
collectifs antifas revendiquent ouvertement de « virer les fachos» des campus. Ils bloquent les élections CROUS, taguent, occupent, agressent. La Jeune Garde, dissoute mais toujours active, est citée dans des dizaines de rapports de renseignement comme structure violente. Pourtant, c’est toujours la droite qui est montrée du doigt comme « violente ». Inversion accusatoire parfaite : on agresse, puis on crie à la « récupération politicienne » quand la victime meurt.
Hypocrisie totale : ils se disent démocrates, ils agissent en totalitaires
L’extrême gauche se pare des oripeaux de la morale : défense des
opprimés, antifascisme, vérité. Mais son action est purement
destructrice. Comme à Evergreen, elle ne cherche pas le progrès social :
elle sabote. Elle humilie les « privilégiés » (Blancs, hommes, hétéros, patriotes), interdit le débat (« pas de plateforme pour les fachos
»), utilise la violence quand elle perd le contrôle narratif. En France
comme aux USA, une minorité arrogante impose sa loi à une majorité
silencieuse par peur de l’« annulation » : perte d’amis, notes, bourse, réputation.
Le narrateur d’Evergreen l’avait vu : « Ces gens ne croient en rien à part le pouvoir […] c’est une histoire de pouvoir ». Selon lui, « l’extrême gauche française s’inspire aujourd’hui à 100 % de l’extrême gauche américaine » via des médias propageant cette idéologie nauséabonde. Et il prévient : tout cela est « déjà en train d’arriver en France », avec le même « conditionnement psychologique » (rituels de repentance, listes de privilèges, peur de l’annulation).
Quentin Deranque paye de sa vie cette impunité. Fabrice Balanche continue de témoigner malgré les menaces.
Des dizaines de militants Cocarde et UNI portent plainte chaque année pour des agressions qui n’aboutissent presque jamais.
Pendant ce temps, le gouvernement hésite, les présidents d’université courbent l’échine, les médias mainstream minimisent (« violences politiques réciproques »).
Il est temps de nommer les choses.
L’extrême gauche n’est pas la défenseuse
de la démocratie : elle en est l’ennemie la plus dangereuse parce
qu’elle opère de l’intérieur, avec le drapeau des droits de l’homme.
Ses moyens ? Insultes pour disqualifier, violence pour faire
taire. Son objectif ? Le pouvoir total sur les esprits et les corps.
La mort de Quentin n’est pas une « bavure ». C’est
l’aboutissement logique d’années d’impunité. Si rien ne change –
dissolution effective des groupes violents, protection réelle des
dissidents, retour au débat libre –, les campus français deviendront des
Evergreen à répétition. Et les lynchages, hélas, ne s’arrêteront pas
là.
Mais la gêne du camp du bien et de leur pouvoir en voie d’une différente pensée à la leur, l’unique, privilégie la violence, pire un assassinat pour une politique idéologique !
C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse
Paris, ce joyau culturel mondial, abrite le musée du Louvre,
considéré comme le plus grand et le plus prestigieux du monde avec ses
collections inestimables et ses millions de visiteurs annuels. Pourtant,
derrière les façades somptueuses et les chefs-d’œuvre immortels,
une série de scandales révèle une
gestion déplorable, marquée par des failles sécuritaires béantes, des
fraudes internes et une impunité flagrante.
Le récent démantèlement d’un réseau de fraude à la billetterie,
impliquant des employés du musée, n’est que la pointe de l’iceberg d’un
établissement qui semble naviguer à vue, au détriment de son patrimoine
et de ses finances publiques.
Une fraude à la billetterie d’une ampleur inouïe
Le 10 février 2026, une vaste opération policière a secoué les couloirs du Louvre, aboutissant à l’interpellation de neuf personnes soupçonnées d’une escroquerie organisée à grande échelle.
Parmi elles, deux employés du musée, plusieurs guides touristiques et
un individu présumé être le cerveau du réseau, ont été placés en
détention provisoire. L’enquête, ouverte en juin 2025 pour escroquerie
en bande organisée, blanchiment et corruption publique, porte sur un préjudice estimé à plus de 10 millions d’euros. Les
suspects auraient mis en place un système sophistiqué impliquant des
faux billets, du surbooking et des ventes illégales, débutant dès l’été
2024 et impliquant des tours opérateurs extérieurs.
Cette fraude n’est pas isolée : elle s’étend même au château de
Versailles, soulignant un réseau tentaculaire qui a profité des
faiblesses internes des institutions culturelles françaises. Les
autorités ont saisi près de 1,5 million d’euros en espèces et sur des
comptes bancaires, une partie des fonds ayant été investie dans
l’immobilier en France et à Dubaï. Comment un musée de cette envergure,
qui génère des revenus colossaux, a-t-il pu laisser prospérer un tel
système sans détection préalable ? Cette affaire met en lumière des
contrôles internes défaillants et une supervision laxiste, permettant à
des employés de trahir leur institution pour un enrichissement
personnel.
Le vol rocambolesque des joyaux de la couronne : un fiasco sécuritaire prévisible
À peine quatre mois après un vol spectaculaire qui
a ébranlé le monde culturel, le Louvre se retrouve à nouveau sous les
feux des projecteurs. Le 19 octobre 2025, entre 9h30 et 9h37, quatre
malfaiteurs ont orchestré un cambriolage digne d’un film hollywoodien
dans la Galerie d’Apollon. Arrivés sur deux scooters, ils ont utilisé un
camion équipé d’une nacelle télescopique pour accéder au balcon du
premier étage, brisé une fenêtre à l’aide d’une disqueuse, menacé les
agents de sécurité, fracassé les vitrines et emporté huit artefacts
inestimables des Joyaux de la Couronne française. Parmi les pièces
volées : un collier d’émeraudes et une paire de boucles d’oreilles de
l’impératrice Marie-Louise, un diadème et un collier de saphirs
(comportant 8 saphirs et 631 diamants) des reines Marie-Amélie et
Hortense, ainsi qu’une boucle d’oreille assortie. La couronne de
l’impératrice Eugénie a été brisée et abandonnée sur place, signe
possible d’une opération menée par des amateurs malgré son organisation
apparente.
Les indices laissés derrière – deux disqueuses, un chalumeau, de
l’essence, des gants, un talkie-walkie, une couverture, un gilet jaune
et un casque de moto – témoignent d’une fuite précipitée, mais aussi
d’une sécurité dérisoire.
Les vitrines étaient brisables à la
disqueuse, les alarmes volumétriques désactivées au moment de
l’ouverture, et le balcon accessible sans barrières renforcées.
Un rapport de
la Cour des Comptes de 2024 avait pourtant dénoncé ces défaillances
sécuritaires, ignorées malgré l’annonce d’un plan de 700 à 800 millions
d’euros en 2025. Le Louvre, moins protégé qu’une bijouterie de
quartier, a ainsi offert sur un plateau d’argent des trésors nationaux à
des voleurs qui ont opéré en plein jour, sans que quiconque
n’intervienne efficacement. Deux hommes ont depuis été arrêtés pour leur implication dans ce vol, mais les joyaux restent introuvables.
Une gestion déplorable : scandales en série et failles structurelles
Ces incidents ne sont que les symptômes d’une mauvaise gestion
chronique au Louvre. Considéré comme le musée le plus grand du monde,
avec plus de 10 millions de visiteurs par an, il accumule les
controverses. En 2019, une grève massive des
employés avait dénoncé une surcharge due à l’afflux touristique, menant
à des conditions de travail infernales et des risques pour les œuvres.
Plus récemment, en 2022, le musée a été impliqué dans un scandale de trafic d’antiquités
égyptiennes, où des pièces acquises illégalement ont été restituées
sous pression internationale, révélant des lacunes dans les procédures
d’acquisition.
Ajoutez à cela des problèmes infrastructurels récurrents : le 10
février 2026, jour même de l’opération policière contre la fraude, une
importante fuite d’eau a été constatée dans une salle du musée, potentiellement endommageant des œuvres d’art. Cette « situation d’urgence »
illustre une maintenance défaillante, où les infrastructures
vieillissantes menacent le patrimoine. Des rapports internes et
externes, comme celui de la Cour des Comptes, pointent du doigt une
bureaucratie inefficace, des budgets mal alloués et une absence de
modernisation. Le partenariat avec Abu Dhabi en 2017 a également fait
l’objet de critiques pour des soupçons de corruption et de blanchiment
culturel, sans suites judiciaires notables.
Malgré ces dysfonctionnements, le Louvre continue d’opérer sans véritable réforme.
La direction, souvent issue de
nominations politiques, semble protégée par un voile d’impunité,
priorisant l’image touristique sur la sécurité et l’intégrité.
Aucune sanction malgré l’évidence : une impunité scandaleuse
Le plus accablant dans cette saga est l’absence totale de sanctions.
Malgré les rapports accablants de la Cour des Comptes, les vols et
fraudes à répétition, aucun dirigeant n’a été limogé ou poursuivi pour négligence. Les employés impliqués dans la fraude font face à la justice, mais la hiérarchie, qui a laissé prospérer ces failles, reste intouchée. Même après le vol des joyaux, qualifié de « casse du siècle »,
les responsables sécuritaires n’ont pas été tenus pour responsables,
perpétuant un laxisme institutionnel qui rend ces scandales prévisibles.
Cette impunité renforce l’idée d’une France en déliquescence, où les
institutions culturelles, piliers de l’identité nationale, sont livrées
à l’incompétence sans conséquences.
Il est temps que le Louvre, symbole de grandeur, soit géré avec la
rigueur qu’il mérite. Sans sanctions exemplaires et une refonte
profonde, ces scandales ne feront que se multiplier, au grand dam des
contribuables et des amateurs d’art du monde entier.
Lecornu Cède à Bruxelles et Condamne les Français à des Factures Exorbitantes
En ce début d’année 2026, la France se trouve à un carrefour
énergétique critique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en
octobre 2025 par Emmanuel Macron, s’apprête à signer la troisième
Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3),
un décret qui, selon de nombreux
critiques, sacrifie la souveraineté énergétique française sur l’autel
des exigences bruxelloises.
Ce document,
présenté le 12 février 2026 lors d’un déplacement dans le Jura, vise
officiellement à accroître la production d’énergie décarbonée d’ici
2035, en relançant le nucléaire tout en maintenant un développement des
renouvelables. Mais derrière ces objectifs affichés, se cache une
capitulation face à l’Union européenne (UE), aggravée par les sanctions
anti-russes qui ont fait exploser les prix de l’énergie. Les
Français, déjà accablés par des factures exorbitantes, paient le prix
fort pour une politique qui tire une balle dans le pied de la nation,
malgré un parc nucléaire performant qui devrait garantir une électricité
bon marché.
Lecornu, le pantin de Bruxelles ?
Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, a été propulsé à Matignon dans un contexte de crise politique, succédant à un gouvernement instable.
Sa décision de promulguer la PPE3 par
décret, sans passer par un vote au Parlement, est vue par les opposants
comme un passage en force pour éviter les débats houleux.
« Le Premier ministre doit écouter les experts avant de promulguer la PPE 3″, alerte un article du Figaro, soulignant les risques d’un texte décrié. Fabien Bouglé, expert en politique énergétique et directeur de publication de Transitions et Énergies, n’hésite pas à qualifier cette PPE3 de « sabotage énergétique » et de « trahison ». Dans une publication sur X, il accuse Lecornu de vouloir « passer la #PPE3 de force », promouvant un dossier sur l’ « écologie punitive stop ».
Les critiques pointent du doigt la pression de l’UE. Nicolas Dupont-Aignan, dans un reel Facebook, dénonce que Lecornu
soumet la France à la Commission européenne, détruisant l’avantage
nucléaire français et multipliant par dix les éoliennes offshore, ce qui
doublerait la facture d’électricité. En effet, la PPE3 révise à la
baisse les objectifs d’éolien terrestre et de photovoltaïque, mais
maintient un cap sur les renouvelables intermittents, aligné sur les
directives européennes. « La France persiste à saborder sa filière nucléaire », s’insurge un éditorial du Figaro.
Pourquoi céder à Bruxelles alors que la
France possède l’un des parcs nucléaires les plus performants au monde,
capable de produire une électricité abondante et à bas coût ?
Les sanctions Antirusses : une bombe à retardement pour les factures françaises
Les Français souffrent déjà d’une hausse exorbitante des prix de l’énergie, et la PPE3 ne fera qu’aggraver la situation. Au 1er février 2026, votre facture d’électricité aurait dû baisser d’environ 7 %, d’après une étude Hello Watt, dans le sillage de la baisse des prix de marché. Mais vous n’en verrez pas la couleur
: le prix du tarif réglementé de l’électricité reste stable en février
et pour les six prochains mois. Une stabilité en trompe-l’œil : ce tarif
demeure encore 30 % plus cher qu’en 2021. Et si le prix des heures
creuses baisse, celui des autres options tarifaires EJP et Tempo
augmentent : +6,2 % TTC en moyenne pour Tempo. En 2026, les tarifs
réglementés de l’électricité devraient rester stables en février, avec
une légère baisse de 0,83 % proposée par la Commission de Régulation de
l’Énergie (CRE), mais la facture globale reste 20 % plus élevée qu’en 2021.
La fin de l’ARENH (Accès Régulé à
l’Énergie Nucléaire Historique) en 2025 et l’indexation sur les marchés
internationaux pourraient entraîner une hausse de 150 € par an par
ménage dès 2026.
Cette flambée est en grande partie due aux sanctions anti-russes imposées par l’UE depuis le conflit Russo-Ukrainien en 2022. L’Europe
a réduit drastiquement ses importations de gaz et de pétrole russes,
troquant le gaz bon marché contre du GNL américain beaucoup plus coûteux
et moins écologique.
Résultat : les prix de l’électricité en Europe ont doublé entre 2021 et 2023.
En France, malgré un parc nucléaire couvrant 60-70 % de la production
électrique, les prix sont couplés au gaz via les mécanismes de marché
européens, amplifiant l’impact des sanctions. « Les sanctions ont conduit à une explosion des prix de l’énergie », note un rapport, avec des coûts quatre fois plus élevés qu’aux États-Unis.
Le 20e paquet de sanctions de
l’UE, adopté en février 2026, cible encore l’énergie russe, interdisant
des services maritimes aux tankers et abaissant le plafond des prix du
pétrole. Ces mesures ont boomerangé sur l’Europe : fragmentation
économique, inflation et dépendance accrue à des fournisseurs onéreux.
La France, qui importait peu de gaz russe directement, paie
indirectement via les marchés interconnectés. « L’Europe s’est tiré une balle dans le pied »,
résume un analyste, en remplaçant le gaz russe par du GNL américain
hors de prix tout en achetant encore des hydrocarbures russes via des
circuits détournés.
La France se tire une balle dans le pied : nucléaire sacrifié, factures explosives
Avec 56 réacteurs nucléaires, la France devrait bénéficier d’une électricité à bas coût.
Pourtant, la modulation forcée des centrales pour intégrer les
renouvelables intermittents pose des risques de sécurité et augmente les
coûts, alertent les syndicats. La PPE3, en confirmant six EPR2 et huit
en option, semble pro-nucléaire, mais elle prolonge des orientations
coûteuses, comme le déploiement d’éoliennes marines (15 GW d’ici 2035),
alignées sur l’agenda vert de l’UE. « C’est la fin de sa carrière politique si Lecornu promulgue la PPE », prédit Bouglé.
Les Français, déjà confrontés à une hausse de 400 € sur leur
facture en raison de la crise ukrainienne, voient leur pouvoir d’achat
érodé. Greenpeace critique la PPE comme « archaïque et réactionnaire », tandis que La France Insoumise dénonce un « 49.3 contre l’intérêt du pays ». En
cédant à Bruxelles et en perpétuant les sanctions qui profitent aux
lobbies étrangers, Lecornu condamne la France à une dépendance
énergétique coûteuse. Il est temps de reconquérir notre souveraineté : stop à l’écologie punitive, vive le nucléaire français indépendant !
E) - Philippe
Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a
événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se
dessinera »
Les élections municipales des 15 et 22 mars prochains, ne
seront des municipales comme les autres, pensez-vous. Qu’est-ce qui a
changé ?
Nous ne sommes pas dans le cadre d’un jeu d’alternance classique, où
les municipales étaient l’occasion d’une sanction du pouvoir national de
droite ou de gauche, comme en 2008 où la droite locale est sanctionnée,
ou en 2014 où c’est la gauche locale qui est encore plus durement
sanctionnée. Faute d’ancrage local fort du macronisme, une sanction
éventuelle contre E. Macron ne peut plus se traduire de la même façon.
Aujourd’hui, toutes les forces politiques sont sous pression de ces
municipales. Car elles ne sont plus structurées par une bipolarisation
homothétique sur les plans national et local, qui favorisait un vote
sanction. Même s’il n’y avait pas toujours vote sanction (en 1989 et
1995, juste après une présidentielle, notamment). Il y a désormais de
multiples enjeux liés à la fragmentation politique.
Or les élections municipales, c’est un scrutin où il y a toujours une
forte bataille symbolique au soir du premier tour, et surtout au soir
du second tour, pour donner aux Français « la » lecture politique du
scrutin. C’est une bataille de « narratifs » partisans, arbitrée par les
médias. Avec des victoires ou des défaites symboliques, qui influencent
toute la lecture du scrutin.
Prenons des exemples. En 2001, ce qui est finalement resté, c’est que
la gauche avait gagné Lyon, Dijon, et surtout Paris. Alors qu’une
lecture plus complète aurait dû être, que la gauche avait perdu beaucoup
de villes de sous-préfectures et de préfectures, que beaucoup de
ministres du gouvernement Jospin avaient été battus, parfois même
sèchement battus. Ce qui annonçait la présidentielle 2002. En 2026,
comme en 2001, je le souligne au passage, le premier déterminant du vote
en termes d’enjeux, c’est la sécurité des personnes et des biens, avec
en plus le narcotrafic comme élément aggravant.
Cette année nous aurons à nouveau une bataille symbolique sur
quelques grandes villes où chaque force politique tentera de tirer la
victoire à lui, en se fondant sur certains résultats et en oubliant
d’autres. D’autant que, comme en 2001, nous sommes à un an de la
présidentielle.
Est-ce qu’on voit se dessiner dans les enquêtes une mobilisation
forte ou moyenne, en tout cas supérieure à celle qu’on a connue en 2020 ?
« La prime aux sortants » existe-t-elle toujours
La seule affirmation catégorique que je ferai, c’est que les Français
vont plus voter le 15 mars 2026 qu’ils ne l’ont fait le 15 mars 2020 !
Le jeudi avant le vote, il y a 6 ans, la rumeur monte d’une annulation
du scrutin, et l’annonce par Edouard Philippe le samedi vers 17-18h de
la fermeture des écoles, des restaurants, des lieux de loisirs, des
cafés et cinémas a un impact psychologique massif. Avec à la clef 58%
d’abstention et une élection très étrange sociologiquement, où il y a eu
un sous-vote des catégories de plus de 65 ans qui d’habitude votent
plus que la moyenne.
Par retour à une situation normale, sans doute, on votera plus en
2026, qu’en 2020. Avec deux « mais » néanmoins : la campagne a commencé
beaucoup plus lentement qu’en 2014, ( à Paris, c’est flagrant). Et
deuxième réserve, au-delà de « l’accident » de 2020 : depuis 2001, on
vote à chaque fois moins aux municipales que dans l’élection précédente.
Moins de votes en 2008 qu’en 2001, moins en 2014 qu’en 2008. Est-ce que
la participation va être intermédiaire entre l’accident de 2020 et
cette baisse tendancielle ? Le point de comparaison intéressant sera
2014.
Je vois deux scénarios et je n’arrive pas à trancher entre les deux.
Cela dépendra de l’intensité finale de la campagne, du maire sortant, de
son bilan. Premiers scénario qu’on peut appeler trivialement, « tous
dans le même sac » : on ne supporte plus la politique à l’échelle
nationale, il ne se passe plus rien, le pays est bloqué ; dans ce
cadre-là, je reprends le titre du livre de notre ami Brice Teinturier : «
Plus rien à faire, plus rien à foutre », je suis dans une situation
d’exit, à quoi bon aller voter ? » Ce serait un « aquabonisme » national
qui contaminerait le local.
Deuxième scénario alternatif (la vérité sera entre les deux, en
fonction des villes), c’est : « ce qui se passe à l’échelle nationale me
désole, le pays est à l’arrêt, mais je vois des élus sur le terrain
dans ma ville qui sont l’exact opposé de ce qui se passe au national.
J’ai un élément de réassurance forte, je vais aller voter ».
En 2020, du fait du Covid, il y avait eu une abstention qui était
très homogène, forte dans toutes les catégories sociodémographiques, y
compris chez les plus de 65 ans je l’ai dit, qui localement peuvent
« faire l’élection ». Cette année, il peut y avoir, en particulier avec
la nouvelle loi PLM, une envie d’aller voter plus à Marseille, Lyon et
Paris que la dernière fois. Ce sera très lié à la situation locale. Et
en 2026, on n’a pas le sentiment, comme en 2020, que la prime aux
sortants soit aussi forte. Pas mal de maires sortants ont l’air en
difficulté relative.
Même si, dans des élections municipales, le dégagisme reste toujours à
la marge. La règle, non écrite mais réelle, c’est de reconduire les
équipes municipales sortantes. En 2014, quand la gauche perd 171 villes
de plus de 10 000 habitants, record absolu, cela ne représente que
quelques pourcents de villes, passant de gauche à droite, dans cette
vague bleue. Encore une fois c’est une élection dont l’interprétation,
la lecture, est souvent très symbolique, car le « résultat national »,
ou sa perception, se joue sur quelques grandes villes.
Mais je partage le constat que des maires sortants dans des villes
importantes sont plus en difficulté. Le niveau d’exigence des citoyens
augmente, parce qu’ils n’ont pas de réponse politique à l’échelle
nationale. Cela se confirme très fortement quand on regarde les
déterminants du vote, les enjeux. Aujourd’hui, c’est 1 sécurité, 2
santé, 3 accès aux soins, 4 dettes. Soit en réalité trois enjeux
nationaux ! Trois enjeux presque régaliens, qui ne sont pas traités ou
insuffisamment traités à l’échelle nationale, et qui ruissellent vers la
sphère locale. Des maires nous disent pour la première fois qu’ils
sentent une critique en termes d’impuissance, en termes d’inaction. Il y
a des ferments de défiance parce que la crise du national a un impact
sur le regard, la relation représentant-représenté-maire-administré.
Une autre remarque qui va dans le même sens : on n’est pas non plus
dans des municipales comme les autres en termes de motivation du vote.
Traditionnellement, dans le triptyque bilan-incarnation-projet, le bilan
domine très fortement. Or dans mes dernières enquêtes, le projet arrive
en tête, le bilan n’est que troisième, ce qui ne veut pas dire qu’il ne
compte pas. L’automaticité « je suis maire sortant, j’ai un bon bilan,
je ne peux que gagner » est moins forte, et je l’explique encore par la
crise de la politique nationale. Puisqu’il n’y a pas de projet, de cap
au national, on va chercher une projection dans sa ville.
Entrons dans l’éventail des forces politiques. Est-ce que le
RN ne pourrait pas être la « surprise » de ces municipales, au vu des
intentions de vote qu’il obtient au niveau national ?
On peut déjà écrire ce que dira le RN au soir des deux tours : « Nous
progressons ». Ce qui est quasi sûr, parce que ce parti présente tout
simplement plus de listes dans les villes de plus de 10 000 qu’en 2020.
Pour pouvoir voter RN, encore faut-il avoir une liste RN chez soi ! Le
RN va pouvoir dire aussi : « Nous conservons la plupart de nos villes »,
c’est quasi sûr aussi. Et avec plus de listes présentées, ils pourront
enfin dire facilement : « Nous progressons aussi en termes de
conseillers municipaux ». 2020 a de plus été un mauvais cru pour le RN.
Les sondages avaient été trop flatteurs pour eux, parce que le RN a été
très touché par la « sur-abstention » exceptionnelle de cette année-là.
Les vrais tests, cette année pour le RN, ce seront des villes comme
Nîmes, Toulon, Lens, où c’est indécis (Marseille ne peut passer au RN
qu’en cas de quadrangulaire, mais ce serait bien sûr un symbole). Et il y
a une ville qui n’est pas RN mais qui passe un peu trop sous les
radars, c’est Nice. C’est très, très indécis entre E. Ciotti soutenu par
le RN et C. Estrosi le maire sortant. Ce serait aussi un grand symbole
qu’une victoire de Ciotti, un symbole de victoire de « l’union des
droites », qui ferait « loupe » dans la bataille médiatique dont je
parlais au début.
Est-ce que la force favorite du premier tour, je dis à dessein du
premier tour seulement, de la présidentielle, sera déjà dans une
situation de mise sur orbite grâce aux municipales ? On jugera s’il y a
un effet d’impulsion de la présidentielle sur les municipales, avec
l’argument que le RN utilise souvent : « Tenez bon, on arrive »…
Parlons de la gauche. On a le sentiment que l’opposition
PS-LFI va structurer cette élection pour la gauche, mais peut-être
est-ce un effet de loupe sur Paris ou Marseille ?
Quand on est sur des matchs PS-LFI, le PS est largement devant, à
Montpellier, à Paris, ailleurs le plus souvent. Le PS, comme LR ou l’UDI
ou même le PC, reste est une force très importante à l’échelle locale
et la force dominante dans les villes de plus de 100 000 habitants. Et
bien sûr, les sortants PS ont des atouts.
Le PS peut conserver Lille, Marseille. Montpellier sera sans doute
conservé. Ils peuvent aussi gagner des villes comme Saint-Étienne,
peut-être Toulouse, et regagner Strasbourg même si c’est serré face à la
droite. Mais attention à la perte symbolique, 25 ans après, de Paris,
et Paris c’est fort indécis. Paris va être le centre de gravité pour le
PS, quels que soient leur gains éventuels ailleurs. Un peu comme en
2001…
Un mot sur les écologistes, après la « vague » en 2020 ?
C’était une petite vague, en réalité, mais les villes gagnées étaient
symboliquement très fortes, excepté Poitiers. Elles ont été d’ailleurs
gagnées sans maire sortant socialiste ou de droite en face. Ce qui
illustre l’adage selon lequel, quand un maire sortant ne se représente
pas, le jeu local s’ouvre fortement. Les écologistes sont sans doute la
force qui joue le plus gros en mars prochain. Lyon semble perdu et
Strasbourg paraît bien mal parti. Il y aurait un vrai sentiment de coup
d’arrêt, d’enseignement inverse à 2020, après des européennes déjà très
médiocres en 2024, avec 5% péniblement atteints. Même s’ils semblent
pouvoir conserver Bordeaux, Tours et Poitiers, « l’arc de l’Ouest ».
L’enjeu climatique, dans les déterminants du vote, vient loin
derrière l’insécurité, la dette, les soins, la propreté, la drogue, le
logement. Il y a 6 ans, à même époque, on aurait peut-être parlé des
marches hebdomadaires du climat avec les jeunes. Il y a aujourd’hui deux
phénomènes d’opinion que j’entends dans les études qualis » qui
expliquent ce recul de l’enjeu climatique. Le premier, c’est « on n’y
arrivera pas, c’est un phénomène inéluctable, c’est fichu ». Et le
deuxième qui est plus diffus mais qui sort quand même pas mal, je
l’appelle « messieurs les Anglais tirez les premiers ». Nous, Français,
faisons tellement d’efforts sur ces questions ! Demandez d’abord aux
Allemands de fermer leurs centrales à charbon. Demandez aux Américains,
aux Russes, aux Chinois de faire des efforts. Nous, on en fait déjà
trop ». Les citoyens sont de plus en plus intéressés par la situation
internationale…
Quant aux macronistes, leur ancrage local les pénalise…
Le fait d’avoir peu de sortants en 2020 continue à les pénaliser.
Alors ils ont certes quelque espérances de victoire comme à Annecy. Il
faut surtout souligner qu’ils ne se présentent que dans 2-3 villes de
plus de 100 000 habitants sous leur étiquette. J. M. Aulas n’est pas
Renaissance, J. L. Bournazel n’est pas Renaissance. À Marseille, les
macronistes sont chez M. Vassal, qui est LR… Il y a une vraie continuité
avec les municipales de 2020 qui avaient été si mauvaises pour eux.
Justement, pour finir, à LR, quel est l’enjeu ?
Ce parti n’a plus qu’une ville de plus de 100 000 habitants, Nîmes,
alors qu’ils avaient Toulouse et Nice, mais Moudin a quitté LR pour
rejoindre Horizons, comme C. Estrosi à Nice. LR, en tant que parti,
reste cependant très fort dans des villes qui passent sous les radars
médiatiques, des villes de sous-préfecture, des villes moyennes. Pour
LR, l’enjeu politico-médiatique du scrutin, c’est : « On garde nos
villes sortantes ».
Ils peuvent certes avoir une bonne surprise, à Strasbourg par exemple où ils ont un très bon candidat, et c’est incertain au 2ème
tour. Mais, dans l’ensemble, LR paraît assez loin de la victoire pour
des villes très symboliques. Même si R. Dati qui est LR, l’emporte à
Paris, on rappellera qu’elle est ministre d’E Macron depuis deux ans. JM
Aulas à Lyon est soutenu par LR mais n’en est pas issu. Un peu comme
pour Renaissance, ce seraient pour LR des victoires par procuration, pas
des victoires directes. La ville de plus de 100 000 habitants qui les
concernent vraiment, c’est Nîmes. Et à Nîmes, il y a une vraie division à
droite, sans maire sortant. Le RN à Nîmes peut l’emporter.
Si la petite musique qui préfigure la présidentielle, c’est « le RN, a
gagné des villes parce qu’il y a des électeurs de droite qui ont voté
au second tour sans problème pour la liste RN », c’est un sacré signe
pour l’élection présidentielle. J’ai été frappé, dans l’enquête que j’ai
faite pour la « Provence » sur Marseille début décembre, par la
proximité entre la structure sociologique du soutien à Martine Vassal
allié à Renaissance et celle de F. Allisio le candidat RN. Alors c’est
le « RN du sud » bien sûr. Mais tout de même, ça m’a marqué.
S’il y événement dans ces municipales, cela viendra du RN , voilà ce
qui se dessine. A vérifier à Toulon, à Marseille, à Nice, à Nîmes les 15
et 22 mars.
Philippe Guibert est consultant, enseignant et chroniqueur TV. Il a publié en 2024 Gulliver Enchainé, le déclin du chef politique en France
(Cerf). Il a été directeur du service d information du gouvernement
(SIG) et directeur de la communication dans diverses structures
publiques. Il a dirigé la rédaction de la revue Medium de Régis Debray.
Frédéric Dabi réalise des enquêtes électorales depuis 25
ans, et c’est à la lumière de son expérience politique et des enquêtes
qu’il mène qu’il nous livre son analyse d’un scrutin municipal qui ne
ressemblera pas aux précédents. Les attentes de l’opinion ont changé à
l’égard du local depuis la dissolution et la situation nationale de
blocage qui en a résulté et la « prime aux sortants » paraît moins forte
qu’en 2020. Un scrutin certes local, mais « contaminé par le national »
où le RN, peut-être, peut faire événement.