La Banque mondiale n'a pas soutenu de projet nucléaire depuis 1959, en raison de l'opposition de Berlin.
Mais le vent tourne et le président de la Banque mondiale a déclaré mercredi que la Banque allait « réintégrer le secteur de l'énergienucléaire » en partenariat avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.
L'industrie nucléaire espère que d'autres bailleurs de fonds multilatéraux, dont la Banque asiatique de développement, pourraient désormais suivre l'exemple.
Un financement public moins coûteux est considéré comme essentiel à la construction de grandes centrales nucléaires, vulnérables aux retards et aux dépassements de coûts.
L'année dernière, la Banque européenne d'investissement a ouvert la porte au financement de projets d'énergie atomique à la suite d'une campagne de lobbying réussie menée par de grands producteurs nucléaires, dont la France. Que de temps perdu....
https://ft.com/content/d80b68
Berlin vient de signaler à Paris que l'Allemagne ne bloquerait plus les efforts français visant à garantir que l'énergienucléaire soit traitée sur un pied d'égalité avec les énergies renouvelables dans la législation €, selon des responsables français et allemands cités par le FT.
Ce qu'il convient de qualifier de grand revirement intervient alors que Merz cherche à explorer les moyens pour l'Allemagne de rejoindre le bouclier nucléaire français afin de dissuader une future agression russe.
La nouvelle position de l'Allemagne signifie par exemple que l'hydrogène produit à partir de l'énergie nucléaire devrait désormais être traité sur un pied d'égalité avec l'hydrogène issu de l'énergie éolienne ou solaire, mais surtout permettrait enfin d'ouvrir la voie aux aides d'État accordées par les gouvernements aux projets nucléaires, envoyant un signal à tout l'écosystème.
Merz a également critiqué son prédécesseur Scholz pour avoir fermé les trois dernières centrales nucléaires allemandes, alors même que le pays était confronté à des prix énergétiques élevés. S'il n'envisage pas de rouvrir les centrales nucléaires, il s'est engagé à investir dans les nouvelles technologies, notamment les petits réacteurs modulaires et la fusion nucléaire.
Si ces informations se confirment, l'Autriche resterait le seul État de l'UE strictement opposé à l'énergie nucléaire...
https://ft.com/content/e99efa
B) - Nucléaire : Bruxelles reconnaît son « erreur stratégique »… mais les Européens paient encore l’addition
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a enfin osé le dire. Le 10 mars 2026, lors du Sommet mondial sur l’énergie nucléaire à Paris, elle a déclaré sans détour : « La
réduction de la part du nucléaire était un choix. Avec le recul,
c’était une erreur stratégique pour l’Europe de tourner le dos à une
source d’énergie fiable, abordable et à faibles émissions. »
En
1990, un tiers de l’électricité européenne provenait du nucléaire ;
aujourd’hui, à peine 15 %. Un aveu tardif, presque pathétique, qui
arrive après des années de dogmatisme vert et de dépendance aux
importations.
La confession de Bruxelles : trop peu, trop tard
Von
der Leyen ne fait pas dans la demi-mesure. Elle reconnaît que l’Europe
s’est volontairement affaiblie. La Commission propose désormais une
stratégie dédiée aux Petits Réacteurs Modulaires (SMR),
avec une garantie de 200 millions d’euros pour attirer les
investissements privés. Objectif : premiers réacteurs opérationnels au
début des années 2030.
On
applaudit… mais on se souvient que pendant plus d’une décennie,
Bruxelles a marginalisé l’atome, bloqué les financements directs, et
suivi aveuglément l’idéologie anti-nucléaire venue d’Allemagne.
Ce revirement intervient alors que les tensions au Moyen-Orient font flamber les prix du pétrole et du gaz. L’Europe, « complètement dépendante » des importations fossiles volatiles, paie le prix de ses choix passés. Un mea culpa qui sent surtout la panique électorale et la nécessité de sauver la compétitivité industrielle.
Des factures explosées et une pauvreté énergétique qui touche des millions de foyers
Pendant que les eurocrates défendaient le « Green Deal » et les renouvelables intermittents, les ménages européens subissaient. Les prix de l’électricité sont « structurellement trop élevés » dans l’UE, comme l’admet aujourd’hui la Commission elle-même. Entre
2021 et 2023, la crise énergétique – amplifiée par la guerre en Ukraine
et la dépendance au gaz russe – a fait exploser les factures. Des
millions de familles sont tombées dans la précarité énergétique :
chauffage coupé, lumières éteintes, sacrifices quotidiens.
Les
industriels n’ont pas été épargnés. Les entreprises européennes paient
leur énergie jusqu’à deux fois plus cher qu’aux États-Unis. Résultat :
délocalisations, fermetures d’usines, perte d’emplois. La France, grâce à
son parc nucléaire, a relativement résisté. Mais les pays qui ont suivi
la voie allemande (sortie totale en 2023) ont payé le prix fort :
blackouts évités de justesse, inflation galopante, et une dépendance
accrue aux fournisseurs étrangers.
Bruxelles savait. Les experts français,
les ingénieurs, les rapports internes alertaient depuis des années. On a
préféré ignorer. Priorité à l’idéologie : sortir du nucléaire pour « sauver la planète ». Le peuple européen ? Accessoire.
La démagogie de l’UE : idéologie avant le bien-être des citoyens
Voilà le cœur du scandale : une Commission qui a sacrifié sa propre population sur l’autel du dogmatisme écologiste et du suivisme allemand.
On a criminalisé le nucléaire (fiable, décarboné, souverain) au nom de
Fukushima, tout en fermant les yeux sur les risques réels de pénurie et
d’inflation.
C’est de la démagogie pure. Von der Leyen, ancienne
ministre allemande sous Angela Merkel – celle-là même qui a lancé
l’Energiewende –, ose aujourd’hui parler d’« erreur stratégique
». Où était cette lucidité quand les factures explosaient ? Quand les
retraités choisissaient entre manger et se chauffer ? Quand les usines
fermaient et que les emplois partaient en Chine ou aux États-Unis ?
L’UE
n’a pas agi pour ses citoyens. Elle a agi contre eux, au nom d’une
transition idéologique imposée d’en haut, sans débat réel, sans
évaluation honnête des coûts humains et économiques. Le résultat : une
Europe affaiblie, moins compétitive, plus vulnérable géopolitiquement.
Et maintenant, un revirement de façade avec des SMR et 200 millions
d’euros… quand les besoins se chiffrent en centaines de milliards.
Un sursaut possible ou une nouvelle hypocrisie ?
Les
annonces vont dans le bon sens : neutralité technologique, soutien aux
SMR, reconnaissance du nucléaire comme pilier de la souveraineté.
Emmanuel Macron, qui porte ce combat depuis des années, a raison
d’insister pour intégrer l’atome dans toutes les législations
européennes.
Mais les Européens ont le droit d’être sceptiques.
Après avoir sacrifié une décennie et des milliers d’emplois, Bruxelles
va-t-elle enfin passer des paroles aux actes ? Ou va-t-on encore voir
des oppositions (Allemagne, Autriche) bloquer tout progrès concret au nom du même dogmatisme qui nous a menés dans le mur ?
L’UE doit choisir : servir son peuple ou ses idéologies
Cet
aveu de von der Leyen n’est pas une victoire. C’est un constat d’échec
cuisant. L’Europe a tourné le dos à son atout majeur – le nucléaire –
par démagogie verte et mépris des réalités.
Les citoyens paient encore le prix fort : factures élevées, précarité, perte de souveraineté.
Il
est temps que Bruxelles arrête de considérer sa population comme une
variable d’ajustement. Le nucléaire n’est pas un détail technique. C’est
une question de survie économique, de pouvoir d’achat et d’indépendance
nationale. Reconnaître l’erreur est un premier pas. La réparer
vraiment, sans hypocrisie et sans délai supplémentaire, sera le vrai
test. Les Européens attendent des actes, pas des discours.
LA France est-elle encore un acteur de l’histoire du monde ?
Telle est la grande question qui se cache en réalité derrière la
bataille des essais nucléaires.
Depuis mille ans, la France s’était habituée à agir à sa guise et à
influer sur le cours des principaux événements planétaires. En
particulier sur le terrain militaire. Depuis cinq siècles, elle a
participé à presque toutes les grandes guerres, qui ont occupé les deux
tiers de ces années, dont neuf étaient « mondiales » en ce qu’elles
impliquaient toutes les puissances du moment. Depuis cinquante ans,
l’arme nucléaire lui a permis, grâce en particulier à la vision
prémonitoire de Pierre Mendès France et du général de Gaulle, de
maintenir sa liberté ainsi que son statut de grande puissance, légitimé
par un siège de membre permanent du Conseil de sécurité et surtout par
son quatrième rang au palmarès industriel du monde.
Or, depuis quelques années, la France a perdu de nombreux degrés de liberté et ses principaux leviers d’action sur le réel.
Avec la globalisation des marchés et l’accélération de la technologie
de communication, le pouvoir n’est presque plus localisable.
Entreprises et marchés sont comme des nomades virtuels, insaisissables.
Et l’Etat, aussi puissant soit-il, « est pris » par les décisions plus
qu’il ne les prend.
Avec le traité de Maastricht, la France a volontairement abandonné à
l’Union européenne de nombreux pans de sa souveraineté en matière
économique, monétaire et commerciale. L’apparition de la monnaie unique
européenne, qui conduira inéluctablement au budget unique, donnera le
coup de grâce à la souveraineté économique du pays.
Avec la chute du mur de Berlin, la France a involontairement
abandonné à l’Allemagne le rôle de leader des relations, devenues
essentiellement économiques, entre l’Est et l’Ouest de l’Europe. Et la
disparition de la menace soviétique a rendu son armement nucléaire moins
fascinant pour ses amis et moins crédible pour ses ennemis.
Dans ce contexte, la décision de reprendre les essais nucléaires
au-delà des nécessités techniques, peu convaincantes, et des
justifications stratégiques, contradictoires constitue avant tout dans
ce monde devenu de plus en plus virtuel, un signe et un aveu. Le signe
que la France cherche par tous les moyens à garder des espaces de
liberté. Et l’aveu qu’elle n’a plus d’autre moyen pour le faire que de
rompre unilatéralement des engagements internationaux qui la
contraignent. Les adversaires des essais sont d’ailleurs tout autant de
mauvaise foi puisque leur vraie bataille vise à refuser à la France
l’exercice de cette liberté.
L’arrêt des essais en 1992 n’était pas une simple décision de
politique intérieure, mais bien un acte de politique extérieure, ayant
des conséquences sur les tiers ; et donc, en cela, liant tous les
gouvernements ultérieurs du pays. En prenant sa décision, en considérant
que les experts nucléaires avaient assez d’informations pour passer à
la simulation, François Mitterrand a déclenché un processus planétaire
conduisant à un moratoire général sur les essais et à la négociation
d’un traité les interdisant.
Sa décision ne peut donc être considérée comme le seul exercice d’une
liberté domestique dont on pouvait après lui se dédire. Qu’aurait-on
pensé, par exemple, d’un président français qui serait revenu sur la
décision de son prédécesseur annulant la dette de quelques pays pauvres ?
Ou de François Mitterrand si, en 1988, il n’avait pas respecté les
engagements pris quelques mois plutôt par Jacques Chirac à l’égard de
l’Iran, engagements dont il n’était d’ailleurs pas certain de tout
connaître ?
Par cette décision, la France perd le droit moral de s’opposer à la
prolifération nucléaire, au moment où tant d’Etats et de groupes
terroristes cherchent à se doter d’armes nucléaires, chimiques,
bactériologiques ou radioactives. Si la prolifération ne peut être
enrayée, la France en sera la première victime, car elle ne sera plus
alors qu’une puissance nucléaire parmi vingt-cinq au lieu d’être un des
membres du Club des Cinq, avec ses immenses privilèges.
Enfin, en agissant ainsi, elle fragilise sa place dans l’économie de
demain. Comme les autres pays, la France, en effet, vend des signes avec
ses produits. Acheter français, c’est voyager virtuellement en France.
Et l’image de luxe, d’élégance de douceur de la France fait vendre non
seulement des parfums et des vêtements mais aussi des automobiles, des
TGV et des Airbus. L’avenir de la France comme grande puissance
économique est donc lié plus que jamais à celui de son image. Il est
aussi fragile qu’elle. Or celle-ci est désormais gravement atteinte,
surtout dans le Pacifique, zone économiquement la plus dynamique du
monde. Un déclin économique brutal n’est pas impossible : la France
représente aujourd’hui 5 % du marché mondial mais moins de 1 % de la
population. Dans quarante ans, elle ne représentera que 0,5 % de la
population mondiale. Et, si elle n’y prend pas garde, pas beaucoup plus
de la production. On connaît des exemples de telles dégringolades : en
1965, l’Afrique avait un PNB supérieur d’un quart à celui de l’Asie du
Sud-Est. Il est aujourd’hui six fois inférieur !
Etre un acteur de l’Histoire demain, pour un pays comme la France,
c’est imaginer, produire, manipuler et transmettre des messages
créateurs de richesses et promoteurs d’une image.
Qu’est-ce qu’être un acteur de l’Histoire demain, pour un pays comme
la France ? C’est imaginer, produire, manipuler et transmettre des
signes, des messages créateurs de richesses et promoteurs d’une image.
La puissance future de la France tiendra donc bien davantage aux signes
qu’elle enverra aux autres, à ses innovations, à son intelligence (à
tous les sens du mot), à ses propositions, à son art, à sa capacité à
faire bifurquer l’Histoire par ses idées qu’à sa capacité à dissiper de
l’énergie.
En ce sens, la France dispose de tous les moyens de rester libre et
influente. Pour y parvenir, il appartient d’abord au président de
décréter l’arrêt immédiat de ces essais. En agissant ainsi, il
démontrerait qu’il sait reconnaître l’erreur de ses experts qui l’ont si
mal conseillé, et qu’il sait ce que valent la parole et l’image de la
France. Il pourrait sans se déjuger expliquer que nos ingénieurs
nucléaires ont fait des prouesses et qu’ils ont réussi à mesurer lors
d’un seul test tous les paramètres que, paresseusement, ils
s’apprêtaient à ne déchiffrer qu’avec plusieurs ! Cela ne manquerait pas
de grandeur. Et aucun spécialiste n’oserait soutenir que la dissuasion
nucléaire française n’est pas crédible. On verrait comme par miracle la
simulation se mettre en place sans autre exigence.
La France serait alors en excellente position pour influer sur
l’avenir en lançant une vaste campagne contre les deux principaux
dangers qui menacent le monde et dont nul ne s’occupe sérieusement : la
prolifération nucléaire et l’inégalité du développement entre le Nord et
le Sud.
La France pourrait d’abord proposer un véritable traité de
non-prolifération civile, c’est-à-dire l’arrêt de la production et de
l’usage civil du plutonium alors que, dans ce domaine-là aussi, elle
donne en ce moment le plus mauvais exemple. Elle pourrait simultanément
proposer la mise sous contrôle international des stocks existants de
plutonium ; le renforcement des contrôles du trafic international ; la
réparation des désastreuses centrales nucléaires de l’Est ;
l’organisation rationnelle du démantèlement des armes nucléaires
devenues excédentaires depuis les traités de désarmement. Prendre la
tête d’une telle campagne ferait de la France un acteur incontesté de
l’Histoire, tout en l’aidant à protéger son statut de puissance
nucléaire, civile et militaire. Cela engloutirait beaucoup moins de
ressources que ses ultimes essais et assurerait beaucoup mieux qu’eux la
défense du pays.
La France pourrait simultanément prendre l’initiative d’une vaste
campagne pour un développement égal autour de la Méditerranée. Elle
devrait pour cela proposer la création d’un vrai marché commun
méditerranéen, à l’image de ce que les Américains sont en train de
réussir dans les deux hémisphères avec le Nafta et le Mercosul. La
France pourrait, par la même occasion, reconnaître sa propre dimension
islamique et en tirer des conséquences politiques et culturelles, au
lieu de continuer à vivre avec un non-dit suicidaire, comme le montre si
tristement l’autre face de l’actualité.
Le président de la République a raison de vouloir conserver à la
France prestige et influence. A lui de comprendre que, en agissant comme
il le fait, il ne sert que les intérêts de ceux qui veulent voir
disparaître notre pays : on ne gagne pas une course en se tirant dans le
pied.
Jacques Attali
Jacques Attali est docteur en sciences économiques, diplômé de l'École Polytechnique et conseiller d'État.Conseiller spécial du président français François Mitterrand pendant dix ans, il est le fondateur de quatre institutions internationales : Action contre la Faim, Eureka, la BERD et Positive Planet.
Jacques Attali est l'auteur de 86 ouvrages (dont plus de 30 consacrés à la prospective), vendus à plus de 10 millions d'exemplaires et traduits en 22 langues.Il est chroniqueur pour les quotidiens économiques Les Echos et Nikkei, après avoir également collaboré avec L'Express.
Jacques Attali dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.
D) - Devons-nous tolérer les accidents nucléaires ?
15 000 € le kW. Sept fois plus que lors du plan Messmer de 1974. À force d’empilement de normes, le coût de construction du nucléaire a explosé en Europe et aux États-Unis. Tant pis pour nos factures, pour l’industrie et pour le climat. Pour changer les choses, il faut changer d’état d’esprit : accepter le risque.
Le nucléaire est devenu beaucoup trop sûr. Les accidents le concernant constituent un problème financier, pas un problème sanitaire. Et cette confusion, entretenue depuis des décennies par une partie de la classe politique, particulièrement en Europe, s’avère mortelle.
Sa permanence est liée à ce que Jack Devanney, ancien professeur au MIT, également concepteur principal et architecte du réacteur ThorCon (à sels fondus MSR), appelle les « 2 mensonges » contradictoires du complexe nucléaire. Le premier : tout rejet significatif de matière radioactive serait une catastrophe inacceptable. Le second : la probabilité d’un tel rejet est si faible que nous pouvons supposer qu’il ne se produira pas.
Ces 2 mensonges forment un véritable piège. Le premier justifie des dépenses illimitées pour prévenir l’accident. Le second berce le public dans une fausse sécurité. Et quand un rejet survient – comme c’est inévitable avec des milliers de réacteurs sur des décennies – la confiance est anéantie pour une génération.
L’argent qui tue
Nous vivons dans un monde de ressources limitées. L’argent dépensé pour sauver une vie devrait être à peu près équivalent d’un domaine à l’autre. Sauver une année de vie par la vaccination ou les ceintures de sécurité coûte entre 100 et 1 000 dollars. Dans le nucléaire, à cause de réglementations trop précautionneuses, nous dépensons plus de 2,5 milliards de dollars pour sauver une seule année de vie.
C’est une allocation catastrophique de ressources. La preuve que l’on peut faire autrement existe : la France l’a démontré.
Le plan Messmera permis de construire 58 réacteurs à eau pressurisée en moins de 2 décennies, avec des durées de construction moyennes de 6 ans et un coût total estimé à 83 milliards d’euros (valeur 2010). Ce parc, standardisé et construit en série, fournit encore aujourd’hui près des 2 tiers de l’électricité française à un coût compétitif !
Aux États-Unis, les centrales bâties dans les années 1960, avant l’explosion réglementaire, produisaient de l’électricité à environ 3 centimes le kilowattheure en dollars constants – et elles fonctionnent toujours, plus de 50 ans plus tard, sans avoir blessé personne. À ces niveaux de coûts, le charbon aurait été balayé et une part énorme de la pollution aux particules fines aurait été évitée, sans parler des gigatonnes de CO₂ jamais émises.
3 expériences grandeur nature
L’industrie nucléaire vit dans la terreur d’un rejet radioactif majeur. Pourtant, nous disposons de 3 « expériences » grandeur nature dont les résultats sont des plus rassurants, mais les conséquences très discutables.
Three Mile Island (28 mars 1979). À 4 h du matin, une panne des pompes d’alimentation en eau du circuit secondaire provoque l’arrêt automatique du réacteur n°2, mais une vanne de décharge coincée en position ouverte vide le circuit primaire de son eau de refroidissement sans que les opérateurs s’en rendent compte à cause d’une mauvaise indication en salle de contrôle. Cela entraîne une fusion partielle du cœur (environ 50 % du combustible fond), avec un dégagement de gaz radioactifs et la formation d’une bulle d’hydrogène, mais sans explosion.
Le scénario redouté s’est produit à cause d’une succession d’erreurs humaines. Pourtant, on ne déplore… aucun blessé. Quant à la dose moyenne de radiation reçue par la population, elle n’a pas dépassé 0,015 mSv, soit moins qu’un vol transatlantique.
Fukushima (2011). Un rejet 100 000 fois plus important que TMI. Quinze ans plus tard, là encore, le bilan est sans appel. En 2021, le Comité scientifique des Nations unies sur les effets des rayonnements atomiques (UNSCEAR) n’a identifié aucun préjudice sanitaire lié aux radiations parmi la population. Sans évacuation, peu de membres du public, voire aucun, n’aurait reçu 2 mSv ou plus en une journée. Quant à la possibilité d’une augmentation des cancers liée à des débits de dose bien inférieurs à 20 mSv/jour, même lorsque ces débits ont été subis pendant des décennies, elle a été invalidée. Même les travailleurs de la centrale, dont certains ont passé des heures dans les salles de contrôle situées à quelques mètres des réacteurs percés et en fusion, n’ont pas présenté d’effets sanitaires détectables après plus de dix ans de suivi.Leurs analyses sanguines ne montrent aucune différenceavec la population masculine japonaise en bonne santé.
Tchernobyl (1986) reste un cas à part dans l’histoire des accidents nucléaires. Il résulte avant tout d’un système soviétique défaillant à tous les niveaux : le réacteur RBMK présentait un coefficient de vide positif, un défaut de conception connu qui rendait l’installation instable à basse puissance. Il était par ailleurs dépourvu d’enceinte de confinement étanche, si bien que lorsque le toit a sauté, le cœur du réacteur s’est retrouvé à l’air libre. L’essai de sécurité qui a précipité la catastrophe a été réalisé en violation flagrante des procédures, par des opérateurs insuffisamment formés, dans un contexte où les alertes remontaient mal. Cet accident était évitable, et cette technologie spécifique est aujourd’hui interdite de construction.
Le rejet radioactif de Tchernobyl fut de 9 à 140 fois plus important que celui de Fukushima. Sur les 134 personnes hospitalisées pour syndrome d’irradiation aiguë, 28 sont mortes dans les mois suivants dans d’horribles conditions, auxquelles s’ajoutent 2 décès lors de l’explosion elle-même.
Parmi les quelque 600 000 liquidateurs qui se sont relayés sur le site dans les années suivantes, les études épidémiologiques ont mis en évidence une augmentation modeste de certains cancers (notamment la leucémie chez les plus exposés) et de cataractes.
Cependant, le bilan sanitaire va au-delà de ces chiffres immédiats. L’effet le plus clairement documenté concerne les cancers de la thyroïde chez les enfants et adolescents exposés : selon les données compilées par l’UNSCEAR jusqu’en 2015-2018, près de 20 000 cas ont été enregistrés entre 1991 et 2015 chez les personnes âgées de moins de 18 ans en 1986 dans les zones touchées (Biélorussie, Ukraine et régions russes les plus contaminées), dont environ un quart (soit 4 800 à 5 000 cas) sont attribuables à l’exposition à l’iode-131. Bien que la mortalité liée à ces cancers reste faible – une quinzaine de décès confirmés dans les premières décennies, grâce à un dépistage précoce et à des traitements efficaces –, ces milliers de cas ont entraîné des opérations chirurgicales répétées, des traitements à vie, des hypothyroïdies iatrogènes et des souffrances physiques et psychologiques importantes pour de jeunes patients.
Concernant les décès à long terme, le consensus des organismes internationaux (UNSCEAR, OMS, AIEA, Forum Tchernobyl de 2005-2006) en projette environ 4 000 supplémentaires attendus sur la durée de vie des populations les plus exposées – liquidateurs de 1986-1987, évacués et résidents des zones les plus contaminées –, incluant les cas d’ARS, une quinzaine de décès par cancer de la thyroïde et environ 3 900 cancers ou leucémies radio-induits. Cette estimation reste conservatrice, limitée aux groupes les plus irradiés, et l’augmentation reste statistiquement difficile à distinguer du bruit de fond des cancers spontanés. Mais, encore une fois, évoquer les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, c’est bien davantage éclairer l’incurie d’un système soviétique persuadé de sa toute puissance et de son infaillibilité, malgré l’incompétence flagrante des responsables de la centrale, que les dangers de l’atome.
Par ailleurs, d’autres accidents industriels majeurs entraînent bien plus régulièrement des blessés et des morts. En France, le 21 septembre 2001, l’usine chimique AZF explose à Toulouse et fait 31 morts et 2 500 blessés, en plus de dévaster une bonne partie de la ville. Un drame aux conséquences humaines immédiates infiniment supérieur aux accidents ayant touché des installations nucléaires.
Le dogme au cœur du système
Alors pourquoi avons-nous si peur des radiations ? Sans doute à cause du modèle Linéaire Sans Seuil (LNT), qui considère le postulat envisageant que chaque dose de radiation, aussi infime soit-elle, provoque des dommages proportionnels à une dose massive. Suivre cette logique revient à affirmer que prendre une aspirine par jour pendant un an serait aussi mortel qu’avaler 365 aspirines d’un coup.
Le LNT ignore un fait biologique fondamental : nos cellules savent réparer les conséquences des radiations. La vie a évolué alors qu’elles étaient bien plus intense qu’aujourd’hui. La nature nous a dotés de systèmes de reconstruction de l’ADN remarquablement efficaces, développés à l’origine pour gérer les dommages métaboliques internes – qui abiment notre ADN à un rythme au moins 25 000 fois supérieur au taux de rayonnement naturel moyen.
Les Académies françaises des Sciences et de Médecine l’ont confirmé dans un rapport conjoint en 2005 : le dogme LNT est invalidé par la capacité de réparation cellulaire. Elles confirment l’absence d’effet cancérigène en dessous de 100 mSv reçus en dose flash. Le débit fait toute la différence : la biologie n’est pas une simple addition.
Ce que les Académies valident sur le plan des principes, les données empiriques le confirment également sur le terrain. Au Kerala, en Inde, la radioactivité naturelle atteint jusqu’à 60 mSv/an dans certaines zones.
Une étude portant sur près de 70 000 personnessuivies pendant plus de 10 ans n’a montré aucune hausse de cancer. Le risque relatif du groupe le plus exposé était même légèrement inférieur à celui de ses voisins moins irradiés. L’étude, mise à jour en 2021 avec un échantillon élargi à près de 150 000 personnes confirme ces résultats avec des marges d’erreur considérablement réduites.
Les données réelles montrent qu’aucune hausse des cancers n’est détectable en dessous de 20 mSv/jour – soit 7 000 fois la limite légale de 1 mSv/an.
Les évacuations qui tuent
C’est le LNT qui a motivé l’évacuation de 160 000 personnes à Fukushima alors que personne n’aurait reçu plus de 50 mSv la première année en restant sur place. Cette panique a tué plus de 50 personnes âgées en quelques jours. Au total, les décès liés à l’évacuation et à l’exil dépassent les 2 300 dans la seule préfecture de Fukushima. Zéro mort par radiation. Des milliers de morts par la peur.
Et les conséquences ne s’arrêtent pas là. Quand le Japon a fermé l’ensemble de ses réacteurs après l’accident, le prix de l’électricité a bondi d’environ 40 %. La consommation hivernale a chuté de 15 %, entraînant selon une étude de Neidell et al.environ 310 décès supplémentaires par an liés au froid. Au-delà de ces réglementations paranoïaques et de ces évacuations meurtrières, c’est l’explosion des coûts de construction et l’effondrement du nombre de nouvelles centrales qui constituent la conséquence la plus dévastatrice du LNT.
La peur du nucléaire a fait prospérer le charbon et tué des millions de personnes.
L’honnêteté de l’aviation
Nous acceptons des risques négligeables tous les jours. L’aviation commerciale est considérée à raison comme sûre, et pourtant des avions s’écrasent parfois. Quand cela arrive c’est tragique.
Mais nous ne clouons pas les avions au sol et nous ne rendons pas le billet inabordable pour vendre un risque zéro. L’industrie aéronautique est honnête sur le risque. Elle va jusqu’à installer des boîtes noires (enregistreur de vol et enregistreur de conversations) dans chaque appareil, conçues pour survivre à un crash qui tue tout le monde à bord – reconnaissant ouvertement que de tels événements se produiront.
Le nucléaire doit adopter cette même honnêteté. L’objectif ne doit pas être d’empêcher tout rejet radioactif, mais d’avoir la capacité de gérer les conséquences d’un rejet éventuel par une régulation appropriée.
Si un accident survient, l’opérateur doit indemniser automatiquement et immédiatement les riverains exposés. Un confinement doit être réalisé s’il s’avère nécessaire, mais l’évacuation de zones où les doses de radiation sont infimes ne peut se justifier. Et rappelons que les pires rejets de centrales construites depuis les années 1960 ne tuent personne.
Je t’aime, je ne t’aime plus. Entre le nucléaire et la Belgique, la
romance est tumultueuse. Car depuis plus de 25 ans, l’idéologie se
fracasse contre le mur de la réalité. Mais à force de désamour, la
séparation pourrait bien être subie plutôt que choisie.
L’urgence morale
Les chiffres donnent le vertige. Les centrales américaines des années 1960 coûtaient moins de 1000 €/kW en euros constants 2025. Le plan Messmer a livré le parc français à environ 2 200 €/kW. L'EPR de Flamanville, après 17 ans de chantier, atteint près de 15 000 €/kW. Les futurs EPR2, présentés comme un retour à la raison, sont estimés à 7 800 €/kW, et même 10 800 €/kW par la cour des comptes - 5 fois le coût raisonnable. Pendant ce temps, la sûreté française exige une probabilité de fusion du cœur de 10⁻⁷ par an et par réacteur, soit un accident tous les 10 millions d'années par réacteur. Tant que chaque pico sievert évité est censé « sauver des vies » au nom du modèle linéaire sans seuil, cette spirale n'a aucune raison de s'arrêter.
En revenant à la science et en libérant le nucléaire de ses entraves réglementaires, ses coûts peuvent s’effondrer et rendre le charbon obsolète, tout en éradiquant la pollution aux particules fines, permettant de sauver de très nombreuses vies chaque année et de faire chuter les émissions de CO₂.
Il y a 15 ans, le tsunami du Tōhoku a tué près de 20 000 personnes en quelques heures. La centrale nucléaire de Fukushima, elle, n’en a tué aucune par radiation. Pourtant c’est le nucléaire qui a été condamné. Il est temps de rétablir la vérité – et de mesurer le coût monstrueux de ce mensonge.
A1) - « Le régime cherche à transformer l'attaque en réflexe patriotique »
Pouvons-nous considérer que les jours du régime iranien sont comptés ou existe-t-il un risque d’enlisement réel ?
La réponse tient en une idée centrale : tout dépend si les choses
vont à ce rythme, c’est-à-dire si les bombardements ciblés et les
éliminations de responsables se poursuivent avec la même intensité. La
disparition de la figure suprême fragilise l’architecture idéologique du
système. La République islamique repose sur une autorité religieuse et
politique concentrée. Toucher cette clé de voûte crée un vide symbolique
considérable. Toutefois, un régime ne repose pas uniquement sur un
homme. Il repose sur des réseaux, des structures, des hommes armés, des
circuits financiers et un appareil administratif. En Iran, les Gardiens
de la Révolution, les milices Bassidji, les services de renseignement et
une partie de l’armée régulière constituent encore un socle solide.
Même affaibli, ce socle peut maintenir l’ordre par la force.
Si les frappes continuent à désorganiser la chaîne de commandement, à
neutraliser les centres névralgiques et à couper les capacités de
coordination, alors l’effondrement peut s’accélérer. Les défections
pourraient apparaître, notamment si des responsables locaux estiment que
le pouvoir central ne peut plus les protéger. En revanche, si
l’intensité des frappes diminue ou si l’appareil sécuritaire réussit à
se reconstituer autour d’une direction provisoire, le risque
d’enlisement devient réel. Le régime pourrait se transformer en
structure plus militaire que religieuse, recentrée sur la survie et la
répression. Dans ce cas, il ne tomberait pas immédiatement ; il
s’endurcirait.
L’offensive américano-israélienne va-t-elle réactiver la
mobilisation populaire sur le terrain ? Ou la répression risque-t-elle
de s’intensifier ?
Pour le moment, la réponse est claire : non, pas pour le moment,
c’est trop tôt encore. La population est prise dans un double étau. D’un
côté, les frappes et l’incertitude. De l’autre, un appareil sécuritaire
qui reste capable d’arrêter, d’intimider et de contrôler les grandes
villes. Dans un contexte de guerre, beaucoup hésitent à descendre dans
la rue. Il existe une peur réelle du chaos, mais aussi la crainte d’être
accusé de trahison en pleine confrontation extérieure.
Le régime, de son côté, cherche à transformer l’attaque en réflexe
patriotique. Il peut tenter de présenter le conflit comme une agression
contre la nation plutôt que contre le pouvoir. Dans ce type de
situation, la répression ne diminue pas ; elle a tendance à
s’intensifier. Coupures des communications, contrôles accrus,
arrestations ciblées. Une mobilisation massive ne pourrait émerger que
si deux conditions sont réunies : d’une part, une perception claire que
le régime vacille réellement ; d’autre part, une désorganisation visible
de la chaîne de commandement locale. Tant qu’un gouverneur, un chef de
police ou un commandant régional peut encore donner des ordres
cohérents, la rue restera prudente. Cinq jours après le début de
l’offensive, il est trop tôt pour parler d’un soulèvement généralisé.
Dans l’hypothèse d’une chute plus ou moins rapide du régime, d’aucuns pointent un risque d’irakisation ? Qu’en pensez-vous ?
Pour l’instant, il ne se passe pas ce que certains imaginaient. On ne
voit pas des foules immenses descendre dans les rues dès les premiers
bombardements. C’est compréhensible. Quand un pays est frappé de
l’extérieur, la première réaction n’est pas forcément la révolte. C’est
le choc, l’inquiétude pour sa famille, la peur de ce qui peut arriver
dans les heures suivantes.
Il faut se mettre à la place des gens. Sortir manifester alors que
des frappes ont lieu et que les forces de sécurité sont en alerte
maximale, c’est prendre un risque énorme. Les autorités n’ont pas
disparu. Les arrestations restent possibles. Les contrôles aussi.
Beaucoup peuvent penser que ce n’est pas le moment, que la priorité est
d’attendre, de voir comment la situation évolue.
En parallèle, le pouvoir essaie de reprendre la main sur le récit. Il
peut présenter les attaques comme une agression contre l’Iran en tant
que nation, et non seulement contre le régime. Dans ces moments-là,
certains hésitent à critiquer ouvertement le pouvoir, de peur d’être
perçus comme soutenant l’ennemi. Cela ne veut pas dire que le
mécontentement a disparu. Mais il ne se transforme pas automatiquement
en mobilisation visible.
Dans l’hypothèse d’une chute plus ou moins rapide du régime, certains
parlent d’un risque d’“irakisation”. Je comprends la comparaison, mais
je reste prudent avec ce terme.
L’Iran n’est pas l’Irak de l’époque de Saddam Hussein. L’État iranien
a une histoire plus longue, une administration enracinée et une
identité nationale forte. Même ceux qui contestent le régime ne
contestent pas nécessairement l’existence de l’État iranien. Cela compte
énormément. On ne peut donc pas affirmer qu’une chute du pouvoir
central conduirait automatiquement au chaos généralisé.
Cela dit, il existe des risques réels si l’effondrement est rapide et mal préparé.
L’Iran est un pays multiethnique. Les Perses sont majoritaires, mais
il y a des minorités importantes : les Kurdes au nord-ouest, les
Baloutches au sud-est, les Arabes du Khuzestan au sud-ouest, les
Azerbaïdjanais au nord. Tant que le pouvoir central est solide, ces
équilibres tiennent, parfois par l’intégration, parfois par la pression
sécuritaire. Si le centre s’affaiblit brutalement, ces équilibres
peuvent être remis en cause.
Dans les régions kurdes, il existe une tradition politique forte et
des revendications anciennes d’autonomie culturelle et politique. Une
chute du régime pourrait relancer ces demandes. La Turquie suivrait cela
de très près, tout comme l’Irak, car la question kurde dépasse
largement les frontières iraniennes.
Au sud-est, dans le Sistan-Baloutchistan, région pauvre et
marginalisée, les Baloutches ont déjà connu des tensions avec le pouvoir
central. Une vacance du pouvoir pourrait ouvrir la voie à des
revendications plus fortes ou à l’émergence de groupes armés locaux. Le
Pakistan, pays frontalier, serait directement concerné par toute
déstabilisation prolongée.
Au Khuzestan, région stratégique pour ses ressources énergétiques et
peuplée en partie d’Arabes iraniens, toute instabilité aurait des
conséquences économiques et politiques majeures. L’Irak, voisin
immédiat, ne pourrait pas rester indifférent à une évolution dans cette
zone sensible.
À cela s’ajoute la question des Moudjahidines du Peuple, organisation
d’opposition en exil. Si, dans le vide politique, ce mouvement tentait
de s’imposer sans consensus national, cela pourrait créer des tensions
supplémentaires à l’intérieur du pays.
Le risque, donc, ne serait pas forcément une guerre confessionnelle
comme en Irak après 2003, mais plutôt une fragmentation progressive :
centres de pouvoir locaux, rivalités régionales, tentations d’ingérences
extérieures. Si la transition est mal organisée, le vide peut être
exploité par différents acteurs, internes et voisins.
En résumé, je n’aime pas comparer mécaniquement l’Iran et l’Irak, et
je souhaite le meilleur pour tous les peuples de la région. Mais si le
régime s’effondre brutalement sans transition claire et inclusive telle
que voulue par le prince Reza Pahlavi, il existe effectivement un risque
de désordre, de tensions ethniques et d’implication des pays voisins.
Rien n’est inévitable, mais le danger serait réel dans un scénario
précipité.
Michel Fayad
A2) - Le démenti du Pentagone sur l’Iran : Trump renoue avec le bellicisme américain et les intérêts israéliens
Dans un revirement spectaculaire qui
ébranle l’administration Trump, le Pentagone a informé le Congrès qu’il
n’existait aucun signe indiquant que l’Iran prévoyait d’attaquer les
États-Unis en premier.
Cette révélation, rapportée par Reuters le
1er mars 2026, jette une ombre sur les justifications des frappes
israélo-américaines lancées le 28 février contre Téhéran. Baptisées « Roaring Lion » par Israël et « Epic Fury » par les États-Unis, ces opérations ont visé un changement de régime, tuant le guide suprême Ali Khamenei et des dizaines de responsables iraniens.
Mais au-delà des faits militaires, cette
affaire soulève des questions profondes sur le bellicisme renouvelé de
Donald Trump, ses liens étroits avec Israël, et la priorisation des
intérêts étrangers au détriment de ceux des Américains.
Des publications sur les réseaux sociaux relayant cette information, qualifient la situation d’ « extrêmement grave », soulignant un possible « lâchage » de Donald Trump par le Pentagone.
Le démenti du pentagone : une justification fragile pour les frappes
Selon des sources anonymes citées par Reuters, des responsables du
Pentagone ont briefé des membres du Congrès à huis clos, affirmant
qu’aucune information ne suggérait une attaque imminente de l’Iran
contre les forces américaines. Ces briefings mettaient l’accent sur les
capacités balistiques iraniennes et les menaces potentielles des
proxies, mais sans preuve d’une initiative offensive de Téhéran. Ce
démenti contredit directement les arguments de l’administration Trump,
qui présentait les frappes comme préventives pour contrer une agression
supposée.
Les négociations à Genève, interrompues brutalement par ces attaques,
ajoutent à la controverse. Des pourparlers indirects sur le programme
nucléaire iranien, médiatisés par Oman, se déroulaient encore le 26
février, avec des signes de progrès selon des sources diplomatiques. Des
critiques démocrates, comme le sénateur Mark Warner, ont déclaré
n’avoir vu aucune preuve d’une frappe préemptive iranienne, qualifiant
le conflit de « guerre de choix ». Un sondage Reuters / Ipsos révèle
que seulement 27 % des Américains approuvent ces frappes, contre 43 %
qui les désapprouvent, reflétant un scepticisme croissant face à cette
escalade.
Trump et le retour du « gendarme du monde »
Ce démenti met en lumière le comportement belliciste de Donald Trump, qui renoue avec la tradition américaine de se poser en « gendarme du monde ».
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump a multiplié les
interventions unilatérales, invoquant souvent des menaces exagérées pour
justifier des actions militaires. Son discours sur l’état de l’Union du 25 février, truffé d’accusations contre l’Iran – qualifié de « principal sponsor du terrorisme » – préparait déjà le terrain pour une confrontation. Trump y affirmait vouloir empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, malgré
des rapports du renseignement américain confirmant que Téhéran avait
stoppé son programme en 2003 et n’en construisait pas actuellement.
Cette posture interventionniste n’est pas isolée. En janvier 2026, Trump a ordonné une opération militaire au Venezuela, qualifiée de « kidnapping »
par de nombreux observateurs. Des forces spéciales américaines ont
capturé le président Nicolás Maduro et sa femme Cilia Flores lors d’un
raid nocturne à Caracas, les extradant vers New York pour des
accusations de trafic de drogue. L’opération, impliquant environ 150
appareils, a causé au moins 40 morts selon des sources vénézuéliennes,
et a été dénoncée comme une violation flagrante de la souveraineté.
Donald Trump a justifié l’action par des motifs de lutte contre le
narcoterrorisme, mais des critiques, comme la membre du Congré Bonnie
Watson Coleman, l’ont accusée d’être motivée par des intérêts
pétroliers, avec des consultations auprès d’exécutifs du secteur plutôt
que du Congrès. Maduro, plaidant non coupable, a affirmé avoir été « kidnappé », et l’opération a provoqué des protestations mondiales, y compris en Amérique latine.
Ces actions illustrent un retour à une diplomatie de la
canonnière, où les États-Unis imposent leur vision du monde par la
force, au risque d’instabilité régionale et de pertes humaines inutiles.
Les liens étroit avec Israël : des intérêts américains sacrifiés ?
Les frappes sur l’Iran soulignent également les liens étroits entre
Trump et Israël. La décision d’attaquer semble avoir été scellée lors de
la visite de Benjamin Netanyahu à Washington le 11 février 2026, où des
discussions sur des « dates possibles d’attaque » ont eu lieu, selon des rapports du New York Times. Benyamin
Netanyahu, déterminé à torpiller les négociations avec l’Iran, a
influencé Trump à abandonner la diplomatie au profit d’une offensive
conjointe.
Cette alliance pose une question cruciale : les intérêts d’Israël
priment-ils sur ceux des Américains ? Israël perçoit l’Iran comme une
menace existentielle, justifiant des frappes pour neutraliser son
influence régionale. Mais pour les États-Unis, les bénéfices sont moins
clairs. Les frappes risquent d’escalader en un conflit prolongé,
épuisant les ressources américaines et exposant les troupes à des
ripostes iraniennes. Des sondages, comme celui de Quinnipiac en janvier
2026, montrent que 70 % des Américains s’opposent à une guerre avec
l’Iran, particulièrement chez les démocrates (79 %). Pourquoi Trump
engage-t-il les États-Unis dans une aventure qui pourrait gonfler les
prix de l’énergie – via une fermeture potentielle du détroit d’Ormuz –
et affaiblir sa position avant les midterms ?
Certains analystes suggèrent que l’influence d’Israël, via des
lobbies puissants et des alliances personnelles (comme avec Netanyahu),
oriente la politique étrangère américaine. L’opération au Venezuela,
bien que distincte, renforce cette perception : Trump a admis des
consultations avec des exécutifs pétroliers, priorisant des gains
économiques à court terme au détriment de la stabilité internationale.
Conséquences et perspectives
Le démenti du Pentagone pourrait marquer un tournant, avec des appels
à une enquête congressionnelle sur les justifications des frappes. Une
publication sur X, réagissant à cette nouvelle, évoque un « lâchage »
de Trump par le Pentagone, soulignant la gravité d’une fracture
potentielle au sein de l’exécutif. À l’échelle globale, ces actions
risquent d’isoler les États-Unis, renforçant des alliances alternatives
comme les BRICS et accélérant le déclin de l’hégémonie américaine.
En conclusion, le bellicisme de Trump, illustré par les interventions
récentes en Iran et au Venezuela (nous pourrions également y ajouter
ses vues sur le Groenland),
interroge la viabilité d’une Amérique qui se pose en justicier mondial.
Prioriser les intérêts d’alliés comme Israël au détriment des
Américains pourrait coûter cher politiquement et stratégiquement. Comme
l’a noté un expert en géopolitique, « ce n’est pas un western : tuer le chef ne met pas fin à la guerre ». L’avenir dira si cette escalade mènera à une désescalade forcée ou à un conflit plus large.
B) - L’escalade américaine en Iran : Trump face à un isolement croissant sur la scène internationale
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe contre l’Iran, baptisée « Epic Fury » du côté américain et « Roaring Lion »
pour les Israéliens. Cette attaque, qui a visé directement le cœur du
régime iranien en éliminant le guide suprême Ali Khamenei et une
quarantaine de hauts responsables, marque un tournant dans la politique
étrangère de Donald Trump. Justifiée comme une mesure préemptive contre
une prétendue menace imminente, elle s’inscrit dans une reprise du
bellicisme américain, aligné sur les intérêts stratégiques israéliens.
Pourtant, derrière cette démonstration de force, se dessine un tableau
plus sombre :
Trump est
de plus en plus abandonné par une coalition internationale, y compris
par des alliés occidentaux et membres de l’OTAN, qui refusent de suivre
Washington dans cette aventure risquée.
Le contexte d’une agression controversée
Les frappes interviennent dans un climat de tensions exacerbées, alors que des négociations nucléaires
étaient en cours à Genève sous auspices suisses. Trump, influencé par
une visite de Benjamin Netanyahu à Washington le 11 février, a opté pour
une approche offensive, accusant l’Iran d’être le « principal sponsor du terrorisme » et de menacer la sécurité mondiale avec son programme nucléaire – bien que des rapports de
renseignement américains confirment que Téhéran a suspendu ses
activités en 2003. Le Pentagone a même démenti publiquement, lors d’un
briefing au Congrès le 1er mars, toute indication d’une attaque
iranienne imminente, soulignant l’absence de preuves pour justifier une action préemptive.
Cette contradiction interne met en lumière une stratégie impulsive, où
la diplomatie semble n’être qu’un écran pour masquer des préparatifs
militaires.
L’opération fait écho à une intervention récente au Venezuela en janvier 2026, où les forces américaines ont capturé le
président Maduro sous prétexte de trafic de drogue, causant une
quarantaine de morts et provoquant des protestations mondiales. Ces
actions unilatérales, qualifiées de « guerre de choix » par des
critiques démocrates comme le sénateur Mark Warner, visent un changement
de régime mais ignorent les leçons du passé : tuer un leader ne
garantit pas la stabilité, comme l’a démontré la résilience du système
iranien, qui a rapidement annoncé une succession et riposté avec des
missiles sur des bases américaines dans sept pays du Moyen-Orient.
L’Iran, anticipant l’assaut grâce à la montée visible des forces US dans
le Golfe, a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant 20 % du pétrole mondial
et faisant grimper les prix de l’énergie – un coup dur pour l’économie
américaine à l’approche des midterms.
Un isolement international qui s’accentue
Si
Trump espérait rallier le monde derrière sa vision musclée, la réalité
est tout autre. Les réactions internationales révèlent un abandon
progressif, particulièrement chez des partenaires traditionnels.
Les
alliés européens, piliers de l’OTAN, ont rapidement pris leurs
distances, soulignant qu’ils n’ont pas participé aux frappes et appelant
à la retenue pour éviter une escalade régionale.
Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, dans une déclaration conjointe,
ont évité de condamner directement les actions américaines mais ont
insisté sur la nécessité de reprendre les négociations, condamnant
plutôt les ripostes iraniennes sur des pays de la région. Cette
formulation prudente masque une critique implicite : ces nations,
engagées depuis des décennies dans le respect du droit international,
voient dans les frappes une violation flagrante de l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies, qui interdit l’usage de la force sans autorisation du Conseil de sécurité.
L’Espagne,
membre de l’OTAN, va plus loin en condamnant ouvertement
l’intervention, émergent comme une voix dissidente au sein de l’Alliance
atlantique.
Madrid a
refusé d’autoriser l’utilisation de ses bases militaires pour les
opérations contre l’Iran, invoquant des préoccupations humanitaires et
une opposition à l’escalade.
Donald Trump a réagi avec virulence, menaçant de couper les liens commerciaux et critiquant l’Espagne pour son refus d’augmenter ses dépenses de défense à 5 % du PIB, comme exigé par Washington.
De même, le Royaume-Uni a initialement bloqué l’accès à sa base de
Diego Garcia, provoquant l’ire de Trump qui a qualifié le Premier
ministre Keir Starmer de « pas un Churchill« .
Ces
refus soulignent une fracture au sein de l’OTAN : les alliés européens,
las d’une Amérique imprévisible, craignent d’être entraînés dans un
conflit coûteux qui expose leurs intérêts sans gain clair.
Au-delà
de l’Europe, l’isolement s’étend. Des pays comme l’Australie et le
Canada soutiennent verbalement les États-Unis, mais la majorité des
nations, y compris dans le Moyen-Orient, condamnent les ripostes
iraniennes tout en restant silencieuses sur les frappes initiales – un
signe de prudence face à un Trump perçu comme imprévisible. La Russie et la Chine, quant à elles, dénoncent ouvertement l’agression,
renforçant leurs liens avec l’Iran et accélérant le déclin de
l’hégémonie américaine via les BRICS. Même au sein des États-Unis,
l’opposition est massive : des sondages indiquent que 70 % des Américains s’opposent à une guerre avec l’Iran,
particulièrement chez les démocrates, et des experts avertissent que
ces actions pourraient pousser Téhéran vers l’arme nucléaire pour se
défendre.
Les implications pour Trump et l’Amérique
Cette
offensive, loin de consolider la position des États-Unis, expose les
limites de la diplomatie trumpienne, marquée par la « perfidie » –
l’utilisation de pourparlers comme couverture pour des assauts
militaires. En contournant l’ONU et le Congrès, Trump risque non
seulement une escalade prolongée, mais aussi une remise en question des
alliances : être allié de Washington devient synonyme de
vulnérabilité, comme le montrent les ripostes iraniennes sur des bases
dans des pays hôtes. Les alliés occidentaux, confrontés à un Trump
qui rompt avec la tradition de respect apparent du droit international,
optent pour la distance plutôt que la loyauté aveugle.
À l’heure
où le monde observe une ONU paralysée et un Conseil de sécurité muet,
ces frappes pourraient marquer le début d’un conflit existentiel pour
l’Iran, mais aussi pour l’influence américaine. Trump, en renouant avec
un interventionnisme unilatéral, se retrouve isolé, lâché par ceux qui,
hier encore, suivaient Washington.
Cette dynamique, amplifiée par les critiques internes et internationales, pourrait bien transformer « Epic Fury » en un boomerang politique pour le président républicain.
C) - Trump menace de couper les échanges commerciaux avec l'Espagne à cause des bases aériennes espagnoles.
L'Espagne est membre de l'Union européenne, un bloc de 27 pays appliquant une politique commerciale commune. Toute tentative de cibler spécifiquement Madrid risque donc de créer des tensions avec d'autres États membres, comme l'Allemagne, la France et l'Italie.
Le président Donald Trump a menacé mardi de suspendre les échanges commerciaux avec l'Espagne et a déclaré avoir donné instruction au secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de « rompre tout lien commercial » avec le pays, sur fond de différend concernant l'utilisation de bases militaires exploitées conjointement sur le territoire espagnol.
« Nous allons couper tout commerce avec l'Espagne », a déclaré M. Trump lors d'un entretien avec le chancelier allemand Friedrich Merz dans le Bureau ovale.« Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec l'Espagne.»
L'Espagne est membre de l'Union européenne, un bloc de 27 pays appliquant une politique commerciale commune. Toute tentative de cibler spécifiquement Madrid risque donc de créer des tensions avec d'autres États membres, comme l'Allemagne, la France et l'Italie.
Bien que la Cour suprême ait invalidé l'utilisation par M. Trump d'une loi d'urgence de 1977 lui permettant d'imposer des droits de douane arbitrairement, des responsables de son administration affirment que cette décision « a réaffirmé » sa capacité à utiliser cette loi pour prendre d'autres mesures, comme l'imposition d'un embargo économique contre un pays.
Lors de la rencontre dans le Bureau ovale avec Merz, Trump a interrogé le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, et Bessent sur la possibilité d'imposer un embargo à l'Espagne.
« Monsieur le Président, je pense que nous allons en discuter avec vous », a déclaré Greer.« Je sais que vous disposez de pouvoirs importants, confirmés par la Cour suprême. Nous savons que vous pouvez les utiliser et, si nécessaire pour garantir la sécurité nationale et économique, nous le ferons.»
« Je suis d'accord », a rapidement ajouté Bessent.« La Cour suprême a réaffirmé votre capacité à mettre en œuvre un embargo.»
Le président américain avait déjà proféré des menaces commerciales similaires contre l'Espagne en octobre dernier, en raison des faibles dépenses de défense de Madrid, mais sans jamais les mettre à exécution.
« L'Espagne est un membre clé de l'OTAN, qui remplit ses engagements et contribue de manière significative à la défense du territoire européen.
Elle est également un acteur majeur de l'exportation au sein de l'UE et un partenaire commercial fiable pour 195 pays dans le monde, dont les États-Unis, avec lesquels nous entretenons des relations commerciales anciennes et mutuellement avantageuses », a déclaré le gouvernement espagnol dans un communiqué.« Si l’administration américaine souhaite revoir cette relation, elle doit le faire dans le respect de l’autonomie des entreprises privées, du droit international et des accords bilatéraux entre l’Union européenne et les États-Unis.»
S’adressant à la presse mardi, Trump a également déclaré que son administration avait « instauré un droit de douane de 15 % pour tous », au lieu du droit de douane global de 10 % mis en place par la Maison Blanche en vertu d’une loi commerciale distincte après la défaite devant la Cour suprême le mois dernier.Le président avait précédemment annoncé une nouvelle hausse de ce droit de douane de 5 %, mais n’a pas donné suite à cette annonce officielle.
Ce week-end, Madrid a empêché les États-Unis d’utiliser des bases exploitées conjointement pour attaquer l’Iran dans le cadre de la guerre lancée par les États-Unis, qui entre dans son quatrième jour.La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a expliqué lundi que les troupes américaines stationnées à Morón de la Frontera et sur la base aérienne de Rota devaient « opérer dans le cadre du droit international » et que ces installations militaires n’étaient pas autorisées à « fournir un soutien, sauf si cela s’avère nécessaire d’un point de vue humanitaire ».
Un accord de 1953 avec les États-Unis confère à Madrid un droit de regard sur l'utilisation des forces américaines stationnées sur son territoire.Robles a déclaré que les bases n'avaient pas participé à l'attaque de samedi dernier contre l'Iran et ne seraient pas utilisées pour des « opérations de maintenance et de soutien ».
Selon le site de suivi des vols FlightRadar24, plus d'une douzaine d'avions américains, dont plusieurs ravitailleurs Boeing KC-135, ont quitté les bases de Morón et de Rota ce week-end, sept d'entre eux étant déployés sur la base aérienne de Rammstein en Allemagne.Robles a indiqué que les États-Unis avaient « probablement effectué ces mouvements car ils savaient que les avions ne pouvaient pas opérer » depuis l'Espagne.
Cette décision a été relevée par des alliés de Trump, comme le sénateur Lindsey Graham (R-Caroline du Sud), qui a fustigé le gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le qualifiant d'« aberration » représentative d'un « leadership européen pitoyablement faible et dévoyé moralement ».
Lors de la conférence de presse avec Merz, Trump a ajouté que « l'Espagne a été terrible » et « hostile ».
Le président a de nouveau évoqué le refus de l'Espagne de se conformer à son exigence que les membres de l'OTAN consacrent 5 % de leur PIB aux dépenses militaires – une position qui avait incité Trump à suggérer d'« exclure » l'Espagne de l'alliance et à menacer Madrid de droits de douane plus élevés l'année dernière.
Regarder : The Conversation
25:44
La sénatrice Slotkin explique pourquoi les démocrates ont besoin de leur propre « Projet 2029 » |The Conversation
Il a ajouté que les États-Unis n'avaient pas besoin de l'autorisation de l'Espagne pour utiliser les bases situées sur son territoire.« Nous pouvons utiliser leurs bases si nous le voulons, nous pouvons simplement atterrir et les utiliser », a-t-il déclaré.« Personne ne va nous interdire de les utiliser.»
Ces remarques sont le dernier signe en date que Trump entend continuer à brandir la menace de sanctions commerciales pour faire pression sur ses alliés sur des questions sans lien avec le commerce, notamment les engagements de défense au sein de l'OTAN.Et cela montre bien qu'il n'a pas l'intention de ralentir le rythme effréné des menaces de droits de douane contre certains pays, malgré la décision de la Cour suprême invalidant les droits de douane qu'il avait imposés en vertu de la loi de 1977 sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux (IEEPA).
L'administration Trump dispose certes de plusieurs autres pouvoirs pour imposer des droits de douane, mais ils sont moins flexibles.Parmi eux figure l'article 122 de la loi de 1974 sur le commerce, que le président a utilisé pour imposer un droit de douane de 10 % à certains pays après la décision de la Cour.Cependant, cette disposition n'autorise le président à imposer ce droit de douane que pendant 150 jours, après quoi l'approbation du Congrès est requise.
D) - Guerre USA-Israël-Iran : Entre rumeurs sur des pertes françaises et justifications controversées de l’administration Trump
Un conflit qui s’étend au Moyen-Orient
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une série de
frappes aériennes coordonnées contre l’Iran, baptisée opération « Fureur épique »,
visant à neutraliser les capacités nucléaires et balistiques de
Téhéran, ainsi qu’à décapiter son leadership. Ces attaques ont entraîné
la mort du Guide suprême Ali Khamenei et de plusieurs hauts responsables
iraniens, marquant le début d’un conflit ouvert qui entre dans son
quatrième jour au 3 mars 2026.
L’Iran a riposté par des salves de
missiles et de drones contre Israël, les Émirats arabes unis (EAU),
l’Arabie saoudite et d’autres alliés américains dans la région, causant
des dommages relativement limités mais exacerbant les tensions
régionales.
Le président Donald Trump a indiqué que les opérations pourraient durer « quatre ou cinq semaines », tout en excluant des pourparlers immédiats avec Téhéran. Ce conflit, qui s’étend désormais au Liban avec
des affrontements impliquant le Hezbollah, a provoqué la fermeture
d’ambassades américaines et des perturbations massives dans les
transports aériens et le commerce pétrolier.
La rumeur des 70 militaires français tués aux EAU : Une désinformation démentie
Parmi les nombreuses informations circulant sur ce conflit, une
rumeur particulièrement alarmante a émergé : l’annonce supposée par
l’Institute for the Study of War (ISW) de la mort de 70 soldats français
aux EAU suite à une attaque iranienne. Cette allégation s’est propagée
sur les réseaux sociaux, évoquant une frappe massive sur la base
française de « Camp de la Paix » à Abou Dhabi. Cependant, aucune source officielle et médiatique ne confirme cette affirmation pour le moment.
Les faits confirmés indiquent que des drones iraniens ont bien visé la base navale d’Al Salam (ou Camp de la Paix)
les 28 février et 1er mars 2026, provoquant un incendie dans un hangar
et des dommages matériels mineurs. Le ministère de la Défense émirati et
français ont tous deux affirmé qu’il n’y a eu aucune victime parmi les
forces françaises, qui comptent environ 700 personnels stationnés aux
EAU dans le cadre d’un partenariat stratégique datant de 2009. La
ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a confirmé que « les dommages sont uniquement matériels et limités », sans blessés.
En réponse, la France a déployé des
avions Rafale pour sécuriser l’espace aérien au-dessus de ses
installations, démontrant une posture défensive sans engagement offensif
direct dans le conflit.
L’ISW,
un think tank américain, n’a publié aucune déclaration sur des pertes
françaises ; ses rapports se concentrent sur la dégradation des défenses
aériennes iraniennes et les frappes alliées, sans mention d’incidents
aux EAU impliquant des victimes étrangères. Les bilans officiels des
attaques iraniennes sur les EAU font état de 3 civils tués (des
travailleurs étrangers) et 58 blessés légers, principalement dus à des
débris, mais aucun militaire français ne serait concerné.
Les justifications américaines : Le témoignage controversé de Marco Rubio
Au cœur des débats sur la légitimité de cette guerre, le secrétaire d’État américain Marco Rubioa témoigné devant le Congrès le 2 mars 2026, défendant les frappes comme une action « préventive et défensive ».
Selon Rubio, les États-Unis ont agi en
sachant qu’une attaque israélienne imminente déclencherait une riposte
iranienne contre les intérêts américains, et que ne pas intervenir
aurait entraîné des pertes plus lourdes.
Il a souligné les objectifs : détruire les capacités balistiques iraniennes, anéantir sa marine, mettre fin à son supposé programme nucléaire et
stopper son soutien aux groupes armés proxies. Rubio a également
exprimé l’espoir que le peuple iranien renverse son régime, sans viser
explicitement un changement de régime par la force.
Cette justification a suscité de vives critiques au
Congrès. Les démocrates, comme le sénateur Marc Warner, ont dénoncé
l’absence de menace imminente contre les États-Unis – la cible
principale étant Israël – et l’absence de consultation préalable du
Congrès, violant potentiellement la Constitution. Rubio s’est appuyé
sur une loi post-11 septembre autorisant des actions antiterroristes
sans vote, affirmant que l’information a été fournie dans les 48 heures
requises.
Des sondages montrent une opposition
majoritaire de l’opinion publique américaine à cette intervention,
craignant un enlisement similaire à l’Irak.
Sur les réseaux sociaux comme X, les réactions sont polarisées :
certains saluent l’action contre l’Iran, d’autres la qualifient de « logique absurde » et d’escalade illégale.
Conséquences régionales et perspectives
Le conflit a déjà des répercussions économiques : les prix du pétrole ont grimpé,
et le tourisme au Moyen-Orient pourrait chuter de 25 % en 2026. Des
milliers de civils sont affectés, avec des évacuations en cours pour les
expatriés, y compris environ 25.000 Français aux EAU. L’ONU et l’AIEA
surveillent de près les sites nucléaires iraniens, confirmant des
dommages mais sans escalade radiologique pour l’instant.
Les justifications de Rubio mettent en lumière les divisions internes
aux États-Unis et les risques d’une escalade prolongée. Ce conflit,
motivé par des craintes nucléaires et des alliances stratégiques,
pourrait redessiner la géopolitique du Moyen-Orient, mais à quel prix
humain et économique ?
E) - Le siège invisible : comment les compagnies d’assurance ont fermé le détroit d’Ormuz
Au milieu du conflit armé opposant les États-Unis et Israël à
l’Iran en mars 2026, un phénomène inattendu paralyse l’une des artères
vitales du commerce mondial : le détroit d’Ormuz.
Contrairement à ce que l’on pourrait
imaginer, ce n’est pas une flotte de missiles ou un blocus militaire qui
a fermé cette voie maritime stratégique, par où transitent environ 20
millions de barils de pétrole par jour, soit un cinquième de la
consommation mondiale.
C’est plutôt le retrait soudain de couvertures d’assurance contre les
risques de guerre par plusieurs grands assureurs qui a créé un « blocus actuariel », rendant impossible le passage des navires. Cette situation, qualifiée de « siège invisible » par l’analyste indépendant Shanaka Anslem Perera dans son article publié sur Substack, met
en lumière la vulnérabilité du commerce mondial face aux mécanismes
financiers privés, bien au-delà des tensions géopolitiques. La Chine, principal acheteur de pétrole iranien, exerce des pressions sur
Téhéran pour rouvrir le détroit, mais comme le souligne une publication
virale sur X, Pékin n’a aucun levier sur les assureurs londoniens qui
ont provoqué cette fermeture.
Le mécanisme du retrait des assurances
Le 1er et 2 mars 2026, sept clubs d’assurance mutuelle de protection
et d’indemnisation (P&I), qui couvrent collectivement 90 % du
tonnage maritime mondial, ont émis des avis de résiliation de 72 heures
pour les couvertures contre les risques de guerre dans le golfe
Persique, le golfe d’Oman et les eaux iraniennes (voir ici et ici). Parmi eux : Gard AS, NorthStandard, Steamship Mutual, Assuranceforeningen Skuld, l’American Club, le Swedish Club et le London P&I Club.
Ces résiliations, effectives à partir du 5 mars, ont été motivées par
une réduction de l’appétit au risque des réassureurs, confrontés à une
escalade rapide du conflit, incluant des menaces de l’IRGC (Gardiens de
la Révolution islamique), des interférences GPS et des décès parmi les
marins.
Sans cette couverture, les armateurs ne peuvent pas naviguer légalement, car les financiers et les régulateurs l’exigent.
Résultat : les transits dans le détroit ont chuté de 80 %, passant de 138 navires par jour à seulement 28, avec plus de 40 très grands transporteurs de brut (VLCC) immobilisés et 13 méthaniers déviés. Des sources comme Bloomberg et Captive International confirment que, bien
que l’Iran n’ait pas officiellement fermé le détroit, les
avertissements radiophoniques prétendument émis par sa marine et le
retrait des assurances ont créé une fermeture de facto.
Ce retrait s’explique par des facteurs structurels : les régulations
Solvency II exigent un capital de valeur à risque (VaR) à 99,5 %,
rendant impossible la modélisation des risques dans un environnement
chaotique. Contrairement aux crises passées, comme les attaques houthistes en mer Rouge (où les primes ont augmenté de 20 fois sans retrait total),
ou la guerre des tankers des années 1980 (où des garanties
gouvernementales ont maintenu la couverture), il n’existe ici aucun
filet de sécurité étatique pour le fret maritime mondial.
Les Impacts économiques globaux
Cette fermeture amplifie les chocs systémiques à travers huit
fractures interconnectées, selon l’analyse de Perera : réassurance,
pétrodollars, engrais, gaz européen, exposition chinoise, inflation,
munitions et convergence des risques.
Énergie et Pétrole :
Le Brent a grimpé à 79-82 dollars le baril, intégrant une interruption
de 4-8 semaines, mais les experts estiment une durée de 6-18 mois pour
la réinstauration des assurances. Les pipelines alternatifs (comme
l’East-West saoudien ou Habshan-Fujairah émirati) ne couvrent que 25 %
des flux normaux, laissant un déficit de 13-16 millions de barils par
jour.
Engrais et Gaz :
L’arrêt des usines iraniennes d’urée affecte 33 % du commerce mondial
d’engrais, coïncidant avec la saison de plantation dans l’hémisphère
Nord. L’Europe, avec des stocks de gaz à 30 %, risque une chute à 12 %
en cas de froid, Qatar fournissant 10-14 % de ses importations de GNL.
Finance et Inflation :
Les fonds souverains du Golfe (4,9-6 trillions de dollars) pourraient
liquider 240-360 milliards en Treasuries US, élargissant les rendements
de 25-75 points de base. L’inflation pourrait atteindre 3,5-4,7 % d’ici
fin 2026, avec des hausses de fret et des primes d’assurance
répercutées.
Militaire : Les
stocks américains d’intercepteurs (856 SM-6, 800 THAAD) s’épuisent
rapidement, sans production suffisante pour une guerre prolongée.
Des publications sur X soulignent que les tankers et cargos
forment des files d’attente de plusieurs kilomètres, poussant les prix
du pétrole et du gaz à la hausse.
Le rôle de la Chine et les limites du pouvoir géopolitique
La Chine, qui achète 80 % du pétrole exporté par l’Iran via un accord
de coopération de 400 milliards de dollars sur 25 ans, presse Téhéran
de rouvrir le détroit. Pékin perd 4-5 millions de barils par jour, bien que ses réserves couvrent 96-121 jours. Cependant, comme l’explique Perera, la Chine a un levier sur l’Iran mais aucun sur Lloyd’s of London,
où se concentrent les assureurs. Même une capitulation iranienne ne
rétablirait pas les couvertures du jour au lendemain ; cela nécessite
des mois pour reconstruire les modèles de risque, surtout avec 440,9 kg
d’uranium enrichi non comptabilisé.
Des analystes sur X notent que des garanties souveraines ou des
escortes navales pourraient accélérer le processus, mais construire une
alternative chinoise prendrait des mois.
Ce « siège invisible » révèle que le commerce mondial repose
sur une confiance privée fragile, vulnérable à des retraits comme en
2008 lors de la crise financière. Les marchés sous-estiment la durée
(4-8 semaines vs. 6-18 mois), créant des opportunités d’arbitrage, mais
aussi des risques systémiques : Brent à 100-120 dollars, gaz européen à
plus de 60 €/MWh, et une inflation triple choc. Sans filet de sécurité
gouvernementaux pour l’assurance maritime, cette crise pourrait
s’étendre à d’autres domaines comme le cyber ou le climat. Pour les
investisseurs, privilégier les options d’achat à long-terme, l’or (à
5.400 $/once, projeté à 6 300 $) et le GNL américain. La réouverture
dépendra non seulement de la fin des hostilités, mais d’une
reconstruction institutionnelle – un rappel que la puissance militaire
n’est pas tout.
F) - Analyse des frappes israélo-américaines sur l’Iran
Une stratégie de « perfide » ou un calcul raté ?
Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, les frappes israélo-américaines sur l’Iran, survenues le 28 février 2026, marquent une escalade significative. Baptisée « Roaring Lion » (Lion rugissant) par Israël et « Epic Fury » par les États-Unis, cette opération conjointe vise un changement de régime à Téhéran.
Selon l’analyse de Jacques Baud, ancien
officier de renseignement suisse et auteur spécialisé dans les conflits
israélo-iraniens, ces attaques ne sont pas seulement prévisibles, mais
s’inscrivent dans une stratégie de « perfide » – un terme juridique international désignant l’utilisation trompeuse de négociations pour masquer des préparatifs militaires.
Contexte des attaques : la quatrième agression
L’Iran n’a jamais attaqué Israël ou les États-Unis, pourtant,
c’est la quatrième fois que le duo israélo-américain frappe le pays
perse. Jacques Baud rappelle les précédents en 2024 et 2025,
soulignant l’absence de condamnations occidentales, ce qui a encouragé
cette impunité. L’opération iranienne de riposte, nommée « True Promise 4″, est perçue par Téhéran comme une continuation des défenses antérieures.
La décision d’attaquer semble avoir été prise lors de la visite de Benjamin Netanyahou à Washington le 11 février 2026, comme révélé par le Council on Foreign Relations.
Cette action n’a été approuvée ni par le
Congrès américain ni par le Conseil de sécurité des Nations Unies,
violant les normes internationales.
Plus choquant encore : ces frappes interviennent alors que des négociations se déroulaient à Genève entre Américains et Iraniens, sous les auspices de la Suisse.
Les négociations comme couverture militaire
Jacques Baud accuse les États-Unis, sous Donald Trump, d’instrumentaliser les pourparlers diplomatiques. « Les Américains utilisent les négociations non pas pour la paix, mais comme une couverture pour préparer une attaque »,
explique-t-il. Ce modus operandi s’est répété avec l’Iran en 2024-2025,
avec le Hamas en Palestine, et même avec le Venezuela. Techniquement,
cela constitue une « perfide » : leurrer l’adversaire en feignant la bonne foi.
Le discours de Trump sur
l’état de l’Union le 25 février, truffé d’accusations fantaisistes
contre l’Iran, préparait le terrain narratif pour justifier l’assaut.
Les experts sérieux anticipaient cette escalade, d’autant que les
négociations à Genève paraissaient sincères du côté iranien.
Objectifs des frappes : décapitation et changement de régime
Les Israéliens ont ciblé le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei,
détruisant sa résidence et tuant sa famille, y compris un petit-enfant.
Jacques Baud note que Khamenei s’y attendait, ayant déclaré être prêt à
mourir et ayant préparé sa succession. Environ 40 responsables iraniens
auraient été éliminés, mais des remplaçants ont été annoncés
immédiatement, démontrant la résilience du système iranien.
Critiquant la stratégie occidentale, Baud argue que l’Occident est passé de stratèges à tacticiens : « Attaquer la tête du serpent sans exploiter la surprise est inefficace. »L’Iran
avait dupliqué ses structures de commandement, anticipant l’assaut
grâce à la montée en puissance visible des forces américaines dans le
Golfe Persique. Sans forces au sol pour exploiter la décapitation –
comme des troupes parachutistes ou un gouvernement alternatif – les
Américains et Israéliens n’ont pas pu capitaliser sur leur succès
initial.
Riposte iranienne : une stratégie graduée et résiliente
L’Iran a répliqué avec des missiles sur des bases américaines dans
sept pays du Moyen-Orient, franchissant les défenses Patriot et Dôme de
Fer. Jacques Baud prédit une escalade graduelle : épuisement des
défenses adverses, puis frappes sur des cibles économiques américaines.
Les Iraniens, attaqués quatre fois, voient désormais le conflit comme existentiel et visent un « succès décisif » pour dissuader de futures agressions.
Contrairement à 2025, où Téhéran limita sa réponse, l’Iran pourrait fermer le détroit d’Ormuz (désormais fermé),
bloquant 20 % du pétrole mondial (20 millions de barils par jour). Cela
pourrait être physique ou via des refus d’assurance pour les
pétroliers, impactant les prix de l’énergie et affaiblissant Trump avant les midterms de 2026. Des sondages (Politico, janvier 2026 ; YouGov) montrent que 70 % des Américains s’opposent à une guerre avec l’Iran, particulièrement chez les démocrates.
Rôle des alliés et conséquences régionales
La France, impliquée dans la déstabilisation de l’Iran via des groupes d’opposition (retirés des listes terroristes américaines en
2012), pourrait être ciblée. Jacques Baud note que les ripostes
iraniennes sur des bases américaines dans des pays alliés remettent en
question ces alliances : « Être allié des États-Unis expose à des risques inutiles. » Contrairement aux Israéliens, qui tirent « sur tout et n’importe quoi », les Iraniens sont stratégiques, légitimant leurs actions aux yeux des Arabes.
Économiquement, Israël risque des destructions massives, pires que la « guerre des 12 jours » de 2025. Baud avertit que la logique pousse l’Iran à « raser Israël » pour survivre, bien que ce ne soit pas leur intention initiale.
Le Mythe du programme nucléaire iranien
Les motifs invoqués – brutalité contre l’opposition ou programme
nucléaire – sont démontés par Jacques Baud. Les manifestations de
décembre-janvier 2026 (30.000 morts allégués, probablement exagérés)
furent provoquées par les américains via l’effondrement du rial.
L’opposition est militarisée, non pacifique.
Sur le nucléaire : des rapports américains (CIA 2007, DNI 2024-2025 – voir ici et ici) confirment
que l’Iran stoppa son programme en 2003 et n’en construit pas. La fatwa
de Khamenei l’interdisait, mais sa mort pourrait changer cela.
Ironiquement, les attaques répétées pourraient pousser l’Iran vers l’arme nucléaire pour se défendre, créant un nouvel « équilibre de la terreur ».
Implications globales : vers une troisième guerre mondiale ?
L’ONU est contournée, le Conseil de sécurité muet sauf Russie et Chine, qui condamnent. Les
négociations avec la Russie (sur l’Ukraine) sont impactées : les Russes
voient les américains comme perfides, militarisation des pourparlers.
La Suisse, hôte des pourparlers, n’a rien compris, selon Jacques Baud.
(Quels sont les faits qui permettent d’affirmer que l’État islamique cherche à créer une guerre civile en France ; que le président syrien Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques ; que Vladimir Poutine tente de déstabiliser nos démocraties ; que le terrorisme a frappé la France, non pas pour ce qu’elle fait, mais pour ce qu’elle est ; que le génocide au Darfour a fait 400 000 victimes ?… Littéralement aucun, mais ces affirmations suffisent à asseoir la politique étrangère des pays occidentaux. L’auteur, ex-agent du service de renseignement stratégique suisse, passe ainsi en revue les principaux conflits contemporains, que les pays occidentaux ont géré à coups de fake news, ces trente dernières années.
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Pourquoi l’opération “Déluge d’Al-Aqsa” a eu lieu et quels étaient les objectifs du Hamas ? Que s’est-il réellement passé sur le terrain, le 7 octobre ? Quelles sont les leçons à retenir des opérations menées par les deux camps depuis cinq mois ?
Pour répondre à ces trois questions et à bien d’autres, Jacques Baud revisite le conflit israélo-palestinien depuis son origine. Pourquoi n’a-t-il toujours pas trouvé d’issue ? Quelles ont été les stratégies israéliennes et palestiniennes depuis 75 ans ? Quels sont les impacts de ce conflit sur notre sécurité ? Quelles sont les options pour Israël et la Palestine dans les prochaines années ?
Dans ce livre d’une rare clairvoyance, Jacques Baud déplore que les décisions occidentales entrent en collision avec le droit international. La question n’est pas de savoir pour qui nous sommes, mais comment l’ordre international créé après 1945 doit être appliqué. Le non-respect de ce droit par Israël est en train de provoquer sa perte. Comme pour n’importe quel conflit, ce n’est pas de l’émotion que viendra la solution, mais d’une analyse objective et dépassionnée, accompagnée d’une médiation honnête. )
Les BRICS ne sont pas une alliance militaire, mais cet événement pourrait accélérer le désengagement du dollar américains. Jacques
Baud craint une escalade mondiale via les alliances, mais note la
retenue rationnelle de Russie, Chine et Iran, contrastant avec
l’impulsivité occidentale.
L’Iran a renforcé ses liens avec Moscou et Pékin récemment, refusant
auparavant leur aide par fierté. Netanyahou a fui Israël, tandis que les
Iraniens montrent confiance en leur résilience.
Succession et perspectives
Un conseil provisoire dirige l’Iran post-Khamenei ; un successeur
devrait être annoncé. Baud est optimiste pour l’Iran : sa capacité de
durée dépasse celle d’Israël et des américains, limités par des stocks
d’armes épuisés (fournis à l’Ukraine et Israël).
En conclusion, ces frappes révèlent une diplomatie occidentale
viciée, risquant un conflit prolongé coûteux pour Trump et déstabilisant
la région. Comme l’écrit Jacques Baud dans ses ouvrages, les fake news
et la perfidie gouvernent, mais la résilience iranienne pourrait
inverser la donne. »