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mars 04, 2026

Analyses & Bellicisme Trumpiste comme les intérêts israéliens

Sommaire:

A1) - « Le régime cherche à transformer l'attaque en réflexe patriotique »

A2) - Le démenti du Pentagone sur l’Iran : Trump renoue avec le bellicisme américain et les intérêts israéliens 

B) -  L’escalade américaine en Iran : Trump face à un isolement croissant sur la scène internationale

C) - Trump menace de couper les échanges commerciaux avec l'Espagne à cause des bases aériennes espagnoles.

D) - Guerre USA-Israël-Iran : Entre rumeurs sur des pertes françaises et justifications controversées de l’administration Trump

E) - Le siège invisible : comment les compagnies d’assurance ont fermé le détroit d’Ormuz

F) - Analyse des frappes israélo-américaines sur l’Iran

Ali Khamenei et Maduro, ou la fin de l’incantation. D’ores et déjà un événement d’une portée identique à ce que fut en son temps la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS.

 


A1) - « Le régime cherche à transformer l'attaque en réflexe patriotique »

Pouvons-nous considérer que les jours du régime iranien sont comptés ou existe-t-il un risque d’enlisement réel ?

La réponse tient en une idée centrale : tout dépend si les choses vont à ce rythme, c’est-à-dire si les bombardements ciblés et les éliminations de responsables se poursuivent avec la même intensité. La disparition de la figure suprême fragilise l’architecture idéologique du système. La République islamique repose sur une autorité religieuse et politique concentrée. Toucher cette clé de voûte crée un vide symbolique considérable. Toutefois, un régime ne repose pas uniquement sur un homme. Il repose sur des réseaux, des structures, des hommes armés, des circuits financiers et un appareil administratif. En Iran, les Gardiens de la Révolution, les milices Bassidji, les services de renseignement et une partie de l’armée régulière constituent encore un socle solide. Même affaibli, ce socle peut maintenir l’ordre par la force.

Si les frappes continuent à désorganiser la chaîne de commandement, à neutraliser les centres névralgiques et à couper les capacités de coordination, alors l’effondrement peut s’accélérer. Les défections pourraient apparaître, notamment si des responsables locaux estiment que le pouvoir central ne peut plus les protéger. En revanche, si l’intensité des frappes diminue ou si l’appareil sécuritaire réussit à se reconstituer autour d’une direction provisoire, le risque d’enlisement devient réel. Le régime pourrait se transformer en structure plus militaire que religieuse, recentrée sur la survie et la répression. Dans ce cas, il ne tomberait pas immédiatement ; il s’endurcirait.

L’offensive américano-israélienne va-t-elle réactiver la mobilisation populaire sur le terrain ? Ou la répression risque-t-elle de s’intensifier ?

Pour le moment, la réponse est claire : non, pas pour le moment, c’est trop tôt encore. La population est prise dans un double étau. D’un côté, les frappes et l’incertitude. De l’autre, un appareil sécuritaire qui reste capable d’arrêter, d’intimider et de contrôler les grandes villes. Dans un contexte de guerre, beaucoup hésitent à descendre dans la rue. Il existe une peur réelle du chaos, mais aussi la crainte d’être accusé de trahison en pleine confrontation extérieure.

Le régime, de son côté, cherche à transformer l’attaque en réflexe patriotique. Il peut tenter de présenter le conflit comme une agression contre la nation plutôt que contre le pouvoir. Dans ce type de situation, la répression ne diminue pas ; elle a tendance à s’intensifier. Coupures des communications, contrôles accrus, arrestations ciblées. Une mobilisation massive ne pourrait émerger que si deux conditions sont réunies : d’une part, une perception claire que le régime vacille réellement ; d’autre part, une désorganisation visible de la chaîne de commandement locale. Tant qu’un gouverneur, un chef de police ou un commandant régional peut encore donner des ordres cohérents, la rue restera prudente. Cinq jours après le début de l’offensive, il est trop tôt pour parler d’un soulèvement généralisé.

Dans l’hypothèse d’une chute plus ou moins rapide du régime, d’aucuns pointent un risque d’irakisation ? Qu’en pensez-vous ?

Pour l’instant, il ne se passe pas ce que certains imaginaient. On ne voit pas des foules immenses descendre dans les rues dès les premiers bombardements. C’est compréhensible. Quand un pays est frappé de l’extérieur, la première réaction n’est pas forcément la révolte. C’est le choc, l’inquiétude pour sa famille, la peur de ce qui peut arriver dans les heures suivantes.

Il faut se mettre à la place des gens. Sortir manifester alors que des frappes ont lieu et que les forces de sécurité sont en alerte maximale, c’est prendre un risque énorme. Les autorités n’ont pas disparu. Les arrestations restent possibles. Les contrôles aussi. Beaucoup peuvent penser que ce n’est pas le moment, que la priorité est d’attendre, de voir comment la situation évolue.

En parallèle, le pouvoir essaie de reprendre la main sur le récit. Il peut présenter les attaques comme une agression contre l’Iran en tant que nation, et non seulement contre le régime. Dans ces moments-là, certains hésitent à critiquer ouvertement le pouvoir, de peur d’être perçus comme soutenant l’ennemi. Cela ne veut pas dire que le mécontentement a disparu. Mais il ne se transforme pas automatiquement en mobilisation visible.

Dans l’hypothèse d’une chute plus ou moins rapide du régime, certains parlent d’un risque d’“irakisation”. Je comprends la comparaison, mais je reste prudent avec ce terme.

L’Iran n’est pas l’Irak de l’époque de Saddam Hussein. L’État iranien a une histoire plus longue, une administration enracinée et une identité nationale forte. Même ceux qui contestent le régime ne contestent pas nécessairement l’existence de l’État iranien. Cela compte énormément. On ne peut donc pas affirmer qu’une chute du pouvoir central conduirait automatiquement au chaos généralisé.

Cela dit, il existe des risques réels si l’effondrement est rapide et mal préparé.

L’Iran est un pays multiethnique. Les Perses sont majoritaires, mais il y a des minorités importantes : les Kurdes au nord-ouest, les Baloutches au sud-est, les Arabes du Khuzestan au sud-ouest, les Azerbaïdjanais au nord. Tant que le pouvoir central est solide, ces équilibres tiennent, parfois par l’intégration, parfois par la pression sécuritaire. Si le centre s’affaiblit brutalement, ces équilibres peuvent être remis en cause.

Dans les régions kurdes, il existe une tradition politique forte et des revendications anciennes d’autonomie culturelle et politique. Une chute du régime pourrait relancer ces demandes. La Turquie suivrait cela de très près, tout comme l’Irak, car la question kurde dépasse largement les frontières iraniennes.

Au sud-est, dans le Sistan-Baloutchistan, région pauvre et marginalisée, les Baloutches ont déjà connu des tensions avec le pouvoir central. Une vacance du pouvoir pourrait ouvrir la voie à des revendications plus fortes ou à l’émergence de groupes armés locaux. Le Pakistan, pays frontalier, serait directement concerné par toute déstabilisation prolongée.

Au Khuzestan, région stratégique pour ses ressources énergétiques et peuplée en partie d’Arabes iraniens, toute instabilité aurait des conséquences économiques et politiques majeures. L’Irak, voisin immédiat, ne pourrait pas rester indifférent à une évolution dans cette zone sensible.

À cela s’ajoute la question des Moudjahidines du Peuple, organisation d’opposition en exil. Si, dans le vide politique, ce mouvement tentait de s’imposer sans consensus national, cela pourrait créer des tensions supplémentaires à l’intérieur du pays.

Le risque, donc, ne serait pas forcément une guerre confessionnelle comme en Irak après 2003, mais plutôt une fragmentation progressive : centres de pouvoir locaux, rivalités régionales, tentations d’ingérences extérieures. Si la transition est mal organisée, le vide peut être exploité par différents acteurs, internes et voisins.

En résumé, je n’aime pas comparer mécaniquement l’Iran et l’Irak, et je souhaite le meilleur pour tous les peuples de la région. Mais si le régime s’effondre brutalement sans transition claire et inclusive telle que voulue par le prince Reza Pahlavi, il existe effectivement un risque de désordre, de tensions ethniques et d’implication des pays voisins. Rien n’est inévitable, mais le danger serait réel dans un scénario précipité.

Michel Fayad


 

A2) - Le démenti du Pentagone sur l’Iran : Trump renoue avec le bellicisme américain et les intérêts israéliens  

Dans un revirement spectaculaire qui ébranle l’administration Trump, le Pentagone a informé le Congrès qu’il n’existait aucun signe indiquant que l’Iran prévoyait d’attaquer les États-Unis en premier.

Cette révélation, rapportée par Reuters le 1er mars 2026, jette une ombre sur les justifications des frappes israélo-américaines lancées le 28 février contre Téhéran. Baptisées « Roaring Lion » par Israël et « Epic Fury » par les États-Unis, ces opérations ont visé un changement de régime, tuant le guide suprême Ali Khamenei et des dizaines de responsables iraniens.

Mais au-delà des faits militaires, cette affaire soulève des questions profondes sur le bellicisme renouvelé de Donald Trump, ses liens étroits avec Israël, et la priorisation des intérêts étrangers au détriment de ceux des Américains.

Des publications sur les réseaux sociaux relayant cette information, qualifient la situation d’ « extrêmement grave », soulignant un possible « lâchage » de Donald Trump par le Pentagone.

 


 

Le démenti du pentagone : une justification fragile pour les frappes

Selon des sources anonymes citées par Reuters, des responsables du Pentagone ont briefé des membres du Congrès à huis clos, affirmant qu’aucune information ne suggérait une attaque imminente de l’Iran contre les forces américaines. Ces briefings mettaient l’accent sur les capacités balistiques iraniennes et les menaces potentielles des proxies, mais sans preuve d’une initiative offensive de Téhéran. Ce démenti contredit directement les arguments de l’administration Trump, qui présentait les frappes comme préventives pour contrer une agression supposée.

Les négociations à Genève, interrompues brutalement par ces attaques, ajoutent à la controverse. Des pourparlers indirects sur le programme nucléaire iranien, médiatisés par Oman, se déroulaient encore le 26 février, avec des signes de progrès selon des sources diplomatiques. Des critiques démocrates, comme le sénateur Mark Warner, ont déclaré n’avoir vu aucune preuve d’une frappe préemptive iranienne, qualifiant le conflit de « guerre de choix ». Un sondage Reuters / Ipsos révèle que seulement 27 % des Américains approuvent ces frappes, contre 43 % qui les désapprouvent, reflétant un scepticisme croissant face à cette escalade.

 


 

Trump et le retour du « gendarme du monde »

Ce démenti met en lumière le comportement belliciste de Donald Trump, qui renoue avec la tradition américaine de se poser en « gendarme du monde ». Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump a multiplié les interventions unilatérales, invoquant souvent des menaces exagérées pour justifier des actions militaires. Son discours sur l’état de l’Union du 25 février, truffé d’accusations contre l’Iran – qualifié de « principal sponsor du terrorisme » – préparait déjà le terrain pour une confrontation. Trump y affirmait vouloir empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, malgré des rapports du renseignement américain confirmant que Téhéran avait stoppé son programme en 2003 et n’en construisait pas actuellement.

Cette posture interventionniste n’est pas isolée. En janvier 2026, Trump a ordonné une opération militaire au Venezuela, qualifiée de « kidnapping » par de nombreux observateurs. Des forces spéciales américaines ont capturé le président Nicolás Maduro et sa femme Cilia Flores lors d’un raid nocturne à Caracas, les extradant vers New York pour des accusations de trafic de drogue. L’opération, impliquant environ 150 appareils, a causé au moins 40 morts selon des sources vénézuéliennes, et a été dénoncée comme une violation flagrante de la souveraineté. Donald Trump a justifié l’action par des motifs de lutte contre le narcoterrorisme, mais des critiques, comme la membre du Congré Bonnie Watson Coleman, l’ont accusée d’être motivée par des intérêts pétroliers, avec des consultations auprès d’exécutifs du secteur plutôt que du Congrès. Maduro, plaidant non coupable, a affirmé avoir été « kidnappé », et l’opération a provoqué des protestations mondiales, y compris en Amérique latine.

Ces actions illustrent un retour à une diplomatie de la canonnière, où les États-Unis imposent leur vision du monde par la force, au risque d’instabilité régionale et de pertes humaines inutiles.

Les liens étroit avec Israël : des intérêts américains sacrifiés ?

Les frappes sur l’Iran soulignent également les liens étroits entre Trump et Israël. La décision d’attaquer semble avoir été scellée lors de la visite de Benjamin Netanyahu à Washington le 11 février 2026, où des discussions sur des « dates possibles d’attaque » ont eu lieu, selon des rapports du New York Times. Benyamin Netanyahu, déterminé à torpiller les négociations avec l’Iran, a influencé Trump à abandonner la diplomatie au profit d’une offensive conjointe.

Cette alliance pose une question cruciale : les intérêts d’Israël priment-ils sur ceux des Américains ? Israël perçoit l’Iran comme une menace existentielle, justifiant des frappes pour neutraliser son influence régionale. Mais pour les États-Unis, les bénéfices sont moins clairs. Les frappes risquent d’escalader en un conflit prolongé, épuisant les ressources américaines et exposant les troupes à des ripostes iraniennes. Des sondages, comme celui de Quinnipiac en janvier 2026, montrent que 70 % des Américains s’opposent à une guerre avec l’Iran, particulièrement chez les démocrates (79 %). Pourquoi Trump engage-t-il les États-Unis dans une aventure qui pourrait gonfler les prix de l’énergie – via une fermeture potentielle du détroit d’Ormuz – et affaiblir sa position avant les midterms ?

Certains analystes suggèrent que l’influence d’Israël, via des lobbies puissants et des alliances personnelles (comme avec Netanyahu), oriente la politique étrangère américaine. L’opération au Venezuela, bien que distincte, renforce cette perception : Trump a admis des consultations avec des exécutifs pétroliers, priorisant des gains économiques à court terme au détriment de la stabilité internationale.

Conséquences et perspectives

Le démenti du Pentagone pourrait marquer un tournant, avec des appels à une enquête congressionnelle sur les justifications des frappes. Une publication sur X, réagissant à cette nouvelle, évoque un « lâchage » de Trump par le Pentagone, soulignant la gravité d’une fracture potentielle au sein de l’exécutif. À l’échelle globale, ces actions risquent d’isoler les États-Unis, renforçant des alliances alternatives comme les BRICS et accélérant le déclin de l’hégémonie américaine.

En conclusion, le bellicisme de Trump, illustré par les interventions récentes en Iran et au Venezuela (nous pourrions également y ajouter ses vues sur le Groenland), interroge la viabilité d’une Amérique qui se pose en justicier mondial. Prioriser les intérêts d’alliés comme Israël au détriment des Américains pourrait coûter cher politiquement et stratégiquement. Comme l’a noté un expert en géopolitique, « ce n’est pas un western : tuer le chef ne met pas fin à la guerre ». L’avenir dira si cette escalade mènera à une désescalade forcée ou à un conflit plus large.

https://multipol360.com/le-dementi-du-pentagone-sur-liran-trump-renoue-avec-le-bellicisme-americain-et-les-interets-israeliens/ 

 


 

B) -  L’escalade américaine en Iran : Trump face à un isolement croissant sur la scène internationale

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe contre l’Iran, baptisée « Epic Fury » du côté américain et « Roaring Lion » pour les Israéliens. Cette attaque, qui a visé directement le cœur du régime iranien en éliminant le guide suprême Ali Khamenei et une quarantaine de hauts responsables, marque un tournant dans la politique étrangère de Donald Trump. Justifiée comme une mesure préemptive contre une prétendue menace imminente, elle s’inscrit dans une reprise du bellicisme américain, aligné sur les intérêts stratégiques israéliens. Pourtant, derrière cette démonstration de force, se dessine un tableau plus sombre :

Trump est de plus en plus abandonné par une coalition internationale, y compris par des alliés occidentaux et membres de l’OTAN, qui refusent de suivre Washington dans cette aventure risquée.

Le contexte d’une agression controversée

Les frappes interviennent dans un climat de tensions exacerbées, alors que des négociations nucléaires étaient en cours à Genève sous auspices suisses. Trump, influencé par une visite de Benjamin Netanyahu à Washington le 11 février, a opté pour une approche offensive, accusant l’Iran d’être le « principal sponsor du terrorisme » et de menacer la sécurité mondiale avec son programme nucléaire – bien que des rapports de renseignement américains confirment que Téhéran a suspendu ses activités en 2003. Le Pentagone a même démenti publiquement, lors d’un briefing au Congrès le 1er mars, toute indication d’une attaque iranienne imminente, soulignant l’absence de preuves pour justifier une action préemptive. Cette contradiction interne met en lumière une stratégie impulsive, où la diplomatie semble n’être qu’un écran pour masquer des préparatifs militaires.

L’opération fait écho à une intervention récente au Venezuela en janvier 2026, où les forces américaines ont capturé le président Maduro sous prétexte de trafic de drogue, causant une quarantaine de morts et provoquant des protestations mondiales. Ces actions unilatérales, qualifiées de « guerre de choix » par des critiques démocrates comme le sénateur Mark Warner, visent un changement de régime mais ignorent les leçons du passé : tuer un leader ne garantit pas la stabilité, comme l’a démontré la résilience du système iranien, qui a rapidement annoncé une succession et riposté avec des missiles sur des bases américaines dans sept pays du Moyen-Orient. L’Iran, anticipant l’assaut grâce à la montée visible des forces US dans le Golfe, a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant 20 % du pétrole mondial et faisant grimper les prix de l’énergie – un coup dur pour l’économie américaine à l’approche des midterms.

Un isolement international qui s’accentue

Si Trump espérait rallier le monde derrière sa vision musclée, la réalité est tout autre. Les réactions internationales révèlent un abandon progressif, particulièrement chez des partenaires traditionnels.

Les alliés européens, piliers de l’OTAN, ont rapidement pris leurs distances, soulignant qu’ils n’ont pas participé aux frappes et appelant à la retenue pour éviter une escalade régionale.

Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, dans une déclaration conjointe, ont évité de condamner directement les actions américaines mais ont insisté sur la nécessité de reprendre les négociations, condamnant plutôt les ripostes iraniennes sur des pays de la région. Cette formulation prudente masque une critique implicite : ces nations, engagées depuis des décennies dans le respect du droit international, voient dans les frappes une violation flagrante de l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies, qui interdit l’usage de la force sans autorisation du Conseil de sécurité.

L’Espagne, membre de l’OTAN, va plus loin en condamnant ouvertement l’intervention, émergent comme une voix dissidente au sein de l’Alliance atlantique.

Madrid a refusé d’autoriser l’utilisation de ses bases militaires pour les opérations contre l’Iran, invoquant des préoccupations humanitaires et une opposition à l’escalade.

Donald Trump a réagi avec virulence, menaçant de couper les liens commerciaux et critiquant l’Espagne pour son refus d’augmenter ses dépenses de défense à 5 % du PIB, comme exigé par Washington. De même, le Royaume-Uni a initialement bloqué l’accès à sa base de Diego Garcia, provoquant l’ire de Trump qui a qualifié le Premier ministre Keir Starmer de « pas un Churchill« .

Ces refus soulignent une fracture au sein de l’OTAN : les alliés européens, las d’une Amérique imprévisible, craignent d’être entraînés dans un conflit coûteux qui expose leurs intérêts sans gain clair.

Au-delà de l’Europe, l’isolement s’étend. Des pays comme l’Australie et le Canada soutiennent verbalement les États-Unis, mais la majorité des nations, y compris dans le Moyen-Orient, condamnent les ripostes iraniennes tout en restant silencieuses sur les frappes initiales – un signe de prudence face à un Trump perçu comme imprévisible. La Russie et la Chine, quant à elles, dénoncent ouvertement l’agression, renforçant leurs liens avec l’Iran et accélérant le déclin de l’hégémonie américaine via les BRICS. Même au sein des États-Unis, l’opposition est massive : des sondages indiquent que 70 % des Américains s’opposent à une guerre avec l’Iran, particulièrement chez les démocrates, et des experts avertissent que ces actions pourraient pousser Téhéran vers l’arme nucléaire pour se défendre.

Les implications pour Trump et l’Amérique

Cette offensive, loin de consolider la position des États-Unis, expose les limites de la diplomatie trumpienne, marquée par la « perfidie » – l’utilisation de pourparlers comme couverture pour des assauts militaires. En contournant l’ONU et le Congrès, Trump risque non seulement une escalade prolongée, mais aussi une remise en question des alliances : être allié de Washington devient synonyme de vulnérabilité, comme le montrent les ripostes iraniennes sur des bases dans des pays hôtes. Les alliés occidentaux, confrontés à un Trump qui rompt avec la tradition de respect apparent du droit international, optent pour la distance plutôt que la loyauté aveugle.

À l’heure où le monde observe une ONU paralysée et un Conseil de sécurité muet, ces frappes pourraient marquer le début d’un conflit existentiel pour l’Iran, mais aussi pour l’influence américaine. Trump, en renouant avec un interventionnisme unilatéral, se retrouve isolé, lâché par ceux qui, hier encore, suivaient Washington.

Cette dynamique, amplifiée par les critiques internes et internationales, pourrait bien transformer « Epic Fury » en un boomerang politique pour le président républicain.

 https://multipol360.com/lescalade-americaine-en-iran-trump-face-a-un-isolement-croissant-sur-la-scene-internationale/

 


 

 C) - Trump menace de couper les échanges commerciaux avec l'Espagne à cause des bases aériennes espagnoles.

L'Espagne est membre de l'Union européenne, un bloc de 27 pays appliquant une politique commerciale commune. Toute tentative de cibler spécifiquement Madrid risque donc de créer des tensions avec d'autres États membres, comme l'Allemagne, la France et l'Italie.

Le président Donald Trump a menacé mardi de suspendre les échanges commerciaux avec l'Espagne et a déclaré avoir donné instruction au secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de « rompre tout lien commercial » avec le pays, sur fond de différend concernant l'utilisation de bases militaires exploitées conjointement sur le territoire espagnol. « Nous allons couper tout commerce avec l'Espagne », a déclaré M. Trump lors d'un entretien avec le chancelier allemand Friedrich Merz dans le Bureau ovale. « Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec l'Espagne. » 
 
 
 
 L'Espagne est membre de l'Union européenne, un bloc de 27 pays appliquant une politique commerciale commune. Toute tentative de cibler spécifiquement Madrid risque donc de créer des tensions avec d'autres États membres, comme l'Allemagne, la France et l'Italie. Bien que la Cour suprême ait invalidé l'utilisation par M. Trump d'une loi d'urgence de 1977 lui permettant d'imposer des droits de douane arbitrairement, des responsables de son administration affirment que cette décision « a réaffirmé » sa capacité à utiliser cette loi pour prendre d'autres mesures, comme l'imposition d'un embargo économique contre un pays. 
 
 Lors de la rencontre dans le Bureau ovale avec Merz, Trump a interrogé le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, et Bessent sur la possibilité d'imposer un embargo à l'Espagne. « Monsieur le Président, je pense que nous allons en discuter avec vous », a déclaré Greer. « Je sais que vous disposez de pouvoirs importants, confirmés par la Cour suprême. Nous savons que vous pouvez les utiliser et, si nécessaire pour garantir la sécurité nationale et économique, nous le ferons. » « Je suis d'accord », a rapidement ajouté Bessent. « La Cour suprême a réaffirmé votre capacité à mettre en œuvre un embargo. » Le président américain avait déjà proféré des menaces commerciales similaires contre l'Espagne en octobre dernier, en raison des faibles dépenses de défense de Madrid, mais sans jamais les mettre à exécution. « L'Espagne est un membre clé de l'OTAN, qui remplit ses engagements et contribue de manière significative à la défense du territoire européen. 
 
Elle est également un acteur majeur de l'exportation au sein de l'UE et un partenaire commercial fiable pour 195 pays dans le monde, dont les États-Unis, avec lesquels nous entretenons des relations commerciales anciennes et mutuellement avantageuses », a déclaré le gouvernement espagnol dans un communiqué. « Si l’administration américaine souhaite revoir cette relation, elle doit le faire dans le respect de l’autonomie des entreprises privées, du droit international et des accords bilatéraux entre l’Union européenne et les États-Unis. » 
 
S’adressant à la presse mardi, Trump a également déclaré que son administration avait « instauré un droit de douane de 15 % pour tous », au lieu du droit de douane global de 10 % mis en place par la Maison Blanche en vertu d’une loi commerciale distincte après la défaite devant la Cour suprême le mois dernier. Le président avait précédemment annoncé une nouvelle hausse de ce droit de douane de 5 %, mais n’a pas donné suite à cette annonce officielle. 
 
 
 
Ce week-end, Madrid a empêché les États-Unis d’utiliser des bases exploitées conjointement pour attaquer l’Iran dans le cadre de la guerre lancée par les États-Unis, qui entre dans son quatrième jour. La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a expliqué lundi que les troupes américaines stationnées à Morón de la Frontera et sur la base aérienne de Rota devaient « opérer dans le cadre du droit international » et que ces installations militaires n’étaient pas autorisées à « fournir un soutien, sauf si cela s’avère nécessaire d’un point de vue humanitaire ».
 
Un accord de 1953 avec les États-Unis confère à Madrid un droit de regard sur l'utilisation des forces américaines stationnées sur son territoire. Robles a déclaré que les bases n'avaient pas participé à l'attaque de samedi dernier contre l'Iran et ne seraient pas utilisées pour des « opérations de maintenance et de soutien ». 
 
Selon le site de suivi des vols FlightRadar24, plus d'une douzaine d'avions américains, dont plusieurs ravitailleurs Boeing KC-135, ont quitté les bases de Morón et de Rota ce week-end, sept d'entre eux étant déployés sur la base aérienne de Rammstein en Allemagne. Robles a indiqué que les États-Unis avaient « probablement effectué ces mouvements car ils savaient que les avions ne pouvaient pas opérer » depuis l'Espagne. Cette décision a été relevée par des alliés de Trump, comme le sénateur Lindsey Graham (R-Caroline du Sud), qui a fustigé le gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le qualifiant d'« aberration » représentative d'un « leadership européen pitoyablement faible et dévoyé moralement ». 
 
Lors de la conférence de presse avec Merz, Trump a ajouté que « l'Espagne a été terrible » et « hostile ». Le président a de nouveau évoqué le refus de l'Espagne de se conformer à son exigence que les membres de l'OTAN consacrent 5 % de leur PIB aux dépenses militaires – une position qui avait incité Trump à suggérer d'« exclure » l'Espagne de l'alliance et à menacer Madrid de droits de douane plus élevés l'année dernière. Regarder : The Conversation 25:44 La sénatrice Slotkin explique pourquoi les démocrates ont besoin de leur propre « Projet 2029 » | The Conversation Il a ajouté que les États-Unis n'avaient pas besoin de l'autorisation de l'Espagne pour utiliser les bases situées sur son territoire. « Nous pouvons utiliser leurs bases si nous le voulons, nous pouvons simplement atterrir et les utiliser », a-t-il déclaré. « Personne ne va nous interdire de les utiliser. » 
 
Ces remarques sont le dernier signe en date que Trump entend continuer à brandir la menace de sanctions commerciales pour faire pression sur ses alliés sur des questions sans lien avec le commerce, notamment les engagements de défense au sein de l'OTAN. Et cela montre bien qu'il n'a pas l'intention de ralentir le rythme effréné des menaces de droits de douane contre certains pays, malgré la décision de la Cour suprême invalidant les droits de douane qu'il avait imposés en vertu de la loi de 1977 sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux (IEEPA). 
 
L'administration Trump dispose certes de plusieurs autres pouvoirs pour imposer des droits de douane, mais ils sont moins flexibles. Parmi eux figure l'article 122 de la loi de 1974 sur le commerce, que le président a utilisé pour imposer un droit de douane de 10 % à certains pays après la décision de la Cour. Cependant, cette disposition n'autorise le président à imposer ce droit de douane que pendant 150 jours, après quoi l'approbation du Congrès est requise. 
 
Doug Palmer a contribué à cet article.

 


D) - Guerre USA-Israël-Iran : Entre rumeurs sur des pertes françaises et justifications controversées de l’administration Trump 

Un conflit qui s’étend au Moyen-Orient

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une série de frappes aériennes coordonnées contre l’Iran, baptisée opération « Fureur épique », visant à neutraliser les capacités nucléaires et balistiques de Téhéran, ainsi qu’à décapiter son leadership. Ces attaques ont entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei et de plusieurs hauts responsables iraniens, marquant le début d’un conflit ouvert qui entre dans son quatrième jour au 3 mars 2026.

L’Iran a riposté par des salves de missiles et de drones contre Israël, les Émirats arabes unis (EAU), l’Arabie saoudite et d’autres alliés américains dans la région, causant des dommages relativement limités mais exacerbant les tensions régionales.

Le président Donald Trump a indiqué que les opérations pourraient durer « quatre ou cinq semaines », tout en excluant des pourparlers immédiats avec Téhéran. Ce conflit, qui s’étend désormais au Liban avec des affrontements impliquant le Hezbollah, a provoqué la fermeture d’ambassades américaines et des perturbations massives dans les transports aériens et le commerce pétrolier.

La rumeur des 70 militaires français tués aux EAU : Une désinformation démentie

Parmi les nombreuses informations circulant sur ce conflit, une rumeur particulièrement alarmante a émergé : l’annonce supposée par l’Institute for the Study of War (ISW) de la mort de 70 soldats français aux EAU suite à une attaque iranienne. Cette allégation s’est propagée sur les réseaux sociaux, évoquant une frappe massive sur la base française de « Camp de la Paix » à Abou Dhabi. Cependant, aucune source officielle et médiatique ne confirme cette affirmation pour le moment.

Les faits confirmés indiquent que des drones iraniens ont bien visé la base navale d’Al Salam (ou Camp de la Paix) les 28 février et 1er mars 2026, provoquant un incendie dans un hangar et des dommages matériels mineurs. Le ministère de la Défense émirati et français ont tous deux affirmé qu’il n’y a eu aucune victime parmi les forces françaises, qui comptent environ 700 personnels stationnés aux EAU dans le cadre d’un partenariat stratégique datant de 2009. La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a confirmé que « les dommages sont uniquement matériels et limités », sans blessés.

En réponse, la France a déployé des avions Rafale pour sécuriser l’espace aérien au-dessus de ses installations, démontrant une posture défensive sans engagement offensif direct dans le conflit.

L’ISW, un think tank américain, n’a publié aucune déclaration sur des pertes françaises ; ses rapports se concentrent sur la dégradation des défenses aériennes iraniennes et les frappes alliées, sans mention d’incidents aux EAU impliquant des victimes étrangères. Les bilans officiels des attaques iraniennes sur les EAU font état de 3 civils tués (des travailleurs étrangers) et 58 blessés légers, principalement dus à des débris, mais aucun militaire français ne serait concerné. 

Les justifications américaines : Le témoignage controversé de Marco Rubio

Au cœur des débats sur la légitimité de cette guerre, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a témoigné devant le Congrès le 2 mars 2026, défendant les frappes comme une action « préventive et défensive ».

Selon Rubio, les États-Unis ont agi en sachant qu’une attaque israélienne imminente déclencherait une riposte iranienne contre les intérêts américains, et que ne pas intervenir aurait entraîné des pertes plus lourdes.

Il a souligné les objectifs : détruire les capacités balistiques iraniennes, anéantir sa marine, mettre fin à son supposé programme nucléaire et stopper son soutien aux groupes armés proxies. Rubio a également exprimé l’espoir que le peuple iranien renverse son régime, sans viser explicitement un changement de régime par la force.

Cette justification a suscité de vives critiques au Congrès. Les démocrates, comme le sénateur Marc Warner, ont dénoncé l’absence de menace imminente contre les États-Unis – la cible principale étant Israël – et l’absence de consultation préalable du Congrès, violant potentiellement la Constitution. Rubio s’est appuyé sur une loi post-11 septembre autorisant des actions antiterroristes sans vote, affirmant que l’information a été fournie dans les 48 heures requises. 

Des sondages montrent une opposition majoritaire de l’opinion publique américaine à cette intervention, craignant un enlisement similaire à l’Irak.

Sur les réseaux sociaux comme X, les réactions sont polarisées : certains saluent l’action contre l’Iran, d’autres la qualifient de « logique absurde » et d’escalade illégale.

 


 

Conséquences régionales et perspectives

Le conflit a déjà des répercussions économiques : les prix du pétrole ont grimpé, et le tourisme au Moyen-Orient pourrait chuter de 25 % en 2026. Des milliers de civils sont affectés, avec des évacuations en cours pour les expatriés, y compris environ 25.000 Français aux EAU. L’ONU et l’AIEA surveillent de près les sites nucléaires iraniens, confirmant des dommages mais sans escalade radiologique pour l’instant.

Les justifications de Rubio mettent en lumière les divisions internes aux États-Unis et les risques d’une escalade prolongée. Ce conflit, motivé par des craintes nucléaires et des alliances stratégiques, pourrait redessiner la géopolitique du Moyen-Orient, mais à quel prix humain et économique ? 

https://multipol360.com/guerre-usa-israel-iran-entre-rumeurs-sur-des-pertes-francaises-et-justifications-controversees-de-ladministration-trump/



 

E) - Le siège invisible : comment les compagnies d’assurance ont fermé le détroit d’Ormuz

Au milieu du conflit armé opposant les États-Unis et Israël à l’Iran en mars 2026, un phénomène inattendu paralyse l’une des artères vitales du commerce mondial : le détroit d’Ormuz. 

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce n’est pas une flotte de missiles ou un blocus militaire qui a fermé cette voie maritime stratégique, par où transitent environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit un cinquième de la consommation mondiale.

C’est plutôt le retrait soudain de couvertures d’assurance contre les risques de guerre par plusieurs grands assureurs qui a créé un « blocus actuariel », rendant impossible le passage des navires. Cette situation, qualifiée de « siège invisible » par l’analyste indépendant Shanaka Anslem Perera dans son article publié sur Substack, met en lumière la vulnérabilité du commerce mondial face aux mécanismes financiers privés, bien au-delà des tensions géopolitiques. La Chine, principal acheteur de pétrole iranien, exerce des pressions sur Téhéran pour rouvrir le détroit, mais comme le souligne une publication virale sur X, Pékin n’a aucun levier sur les assureurs londoniens qui ont provoqué cette fermeture.


 

Le mécanisme du retrait des assurances

Le 1er et 2 mars 2026, sept clubs d’assurance mutuelle de protection et d’indemnisation (P&I), qui couvrent collectivement 90 % du tonnage maritime mondial, ont émis des avis de résiliation de 72 heures pour les couvertures contre les risques de guerre dans le golfe Persique, le golfe d’Oman et les eaux iraniennes (voir ici et ici). Parmi eux : Gard ASNorthStandardSteamship MutualAssuranceforeningen Skuld, l’American Club, le Swedish Club et le London P&I Club. Ces résiliations, effectives à partir du 5 mars, ont été motivées par une réduction de l’appétit au risque des réassureurs, confrontés à une escalade rapide du conflit, incluant des menaces de l’IRGC (Gardiens de la Révolution islamique), des interférences GPS et des décès parmi les marins.

Sans cette couverture, les armateurs ne peuvent pas naviguer légalement, car les financiers et les régulateurs l’exigent.

Résultat : les transits dans le détroit ont chuté de 80 %, passant de 138 navires par jour à seulement 28, avec plus de 40 très grands transporteurs de brut (VLCC) immobilisés et 13 méthaniers déviés. Des sources comme Bloomberg et Captive International confirment que, bien que l’Iran n’ait pas officiellement fermé le détroit, les avertissements radiophoniques prétendument émis par sa marine et le retrait des assurances ont créé une fermeture de facto.

Ce retrait s’explique par des facteurs structurels : les régulations Solvency II exigent un capital de valeur à risque (VaR) à 99,5 %, rendant impossible la modélisation des risques dans un environnement chaotique. Contrairement aux crises passées, comme les attaques houthistes en mer Rouge (où les primes ont augmenté de 20 fois sans retrait total), ou la guerre des tankers des années 1980 (où des garanties gouvernementales ont maintenu la couverture), il n’existe ici aucun filet de sécurité étatique pour le fret maritime mondial.

Les Impacts économiques globaux

Cette fermeture amplifie les chocs systémiques à travers huit fractures interconnectées, selon l’analyse de Perera : réassurance, pétrodollars, engrais, gaz européen, exposition chinoise, inflation, munitions et convergence des risques.

  • Énergie et Pétrole : Le Brent a grimpé à 79-82 dollars le baril, intégrant une interruption de 4-8 semaines, mais les experts estiment une durée de 6-18 mois pour la réinstauration des assurances. Les pipelines alternatifs (comme l’East-West saoudien ou Habshan-Fujairah émirati) ne couvrent que 25 % des flux normaux, laissant un déficit de 13-16 millions de barils par jour.
  • Engrais et Gaz : L’arrêt des usines iraniennes d’urée affecte 33 % du commerce mondial d’engrais, coïncidant avec la saison de plantation dans l’hémisphère Nord. L’Europe, avec des stocks de gaz à 30 %, risque une chute à 12 % en cas de froid, Qatar fournissant 10-14 % de ses importations de GNL.
  • Finance et Inflation : Les fonds souverains du Golfe (4,9-6 trillions de dollars) pourraient liquider 240-360 milliards en Treasuries US, élargissant les rendements de 25-75 points de base. L’inflation pourrait atteindre 3,5-4,7 % d’ici fin 2026, avec des hausses de fret et des primes d’assurance répercutées.
  • Militaire : Les stocks américains d’intercepteurs (856 SM-6, 800 THAAD) s’épuisent rapidement, sans production suffisante pour une guerre prolongée.

Des publications sur X soulignent que les tankers et cargos forment des files d’attente de plusieurs kilomètres, poussant les prix du pétrole et du gaz à la hausse.

Le rôle de la Chine et les limites du pouvoir géopolitique

La Chine, qui achète 80 % du pétrole exporté par l’Iran via un accord de coopération de 400 milliards de dollars sur 25 ans, presse Téhéran de rouvrir le détroit. Pékin perd 4-5 millions de barils par jour, bien que ses réserves couvrent 96-121 jours. Cependant, comme l’explique Perera, la Chine a un levier sur l’Iran mais aucun sur Lloyd’s of London, où se concentrent les assureurs. Même une capitulation iranienne ne rétablirait pas les couvertures du jour au lendemain ; cela nécessite des mois pour reconstruire les modèles de risque, surtout avec 440,9 kg d’uranium enrichi non comptabilisé.

Des analystes sur X notent que des garanties souveraines ou des escortes navales pourraient accélérer le processus, mais construire une alternative chinoise prendrait des mois.

Ce « siège invisible » révèle que le commerce mondial repose sur une confiance privée fragile, vulnérable à des retraits comme en 2008 lors de la crise financière. Les marchés sous-estiment la durée (4-8 semaines vs. 6-18 mois), créant des opportunités d’arbitrage, mais aussi des risques systémiques : Brent à 100-120 dollars, gaz européen à plus de 60 €/MWh, et une inflation triple choc. Sans filet de sécurité gouvernementaux pour l’assurance maritime, cette crise pourrait s’étendre à d’autres domaines comme le cyber ou le climat. Pour les investisseurs, privilégier les options d’achat à long-terme, l’or (à 5.400 $/once, projeté à 6 300 $) et le GNL américain. La réouverture dépendra non seulement de la fin des hostilités, mais d’une reconstruction institutionnelle – un rappel que la puissance militaire n’est pas tout.

https://multipol360.com/le-siege-invisible-comment-les-compagnies-dassurance-ont-ferme-le-detroit-dormuz/

 


F) - Analyse des frappes israélo-américaines sur l’Iran 

Une stratégie de « perfide » ou un calcul raté ?

Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, les frappes israélo-américaines sur l’Iran, survenues le 28 février 2026, marquent une escalade significative. Baptisée « Roaring Lion » (Lion rugissant) par Israël et « Epic Fury » par les États-Unis, cette opération conjointe vise un changement de régime à Téhéran.

Selon l’analyse de Jacques Baud, ancien officier de renseignement suisse et auteur spécialisé dans les conflits israélo-iraniens, ces attaques ne sont pas seulement prévisibles, mais s’inscrivent dans une stratégie de « perfide » – un terme juridique international désignant l’utilisation trompeuse de négociations pour masquer des préparatifs militaires.

Contexte des attaques : la quatrième agression

L’Iran n’a jamais attaqué Israël ou les États-Unis, pourtant, c’est la quatrième fois que le duo israélo-américain frappe le pays perse. Jacques Baud rappelle les précédents en 2024 et 2025, soulignant l’absence de condamnations occidentales, ce qui a encouragé cette impunité. L’opération iranienne de riposte, nommée « True Promise 4″, est perçue par Téhéran comme une continuation des défenses antérieures.

La décision d’attaquer semble avoir été prise lors de la visite de Benjamin Netanyahou à Washington le 11 février 2026, comme révélé par le Council on Foreign Relations.

Cette action n’a été approuvée ni par le Congrès américain ni par le Conseil de sécurité des Nations Unies, violant les normes internationales.

Plus choquant encore : ces frappes interviennent alors que des négociations se déroulaient à Genève entre Américains et Iraniens, sous les auspices de la Suisse.

Les négociations comme couverture militaire

Jacques Baud accuse les États-Unis, sous Donald Trump, d’instrumentaliser les pourparlers diplomatiques. « Les Américains utilisent les négociations non pas pour la paix, mais comme une couverture pour préparer une attaque », explique-t-il. Ce modus operandi s’est répété avec l’Iran en 2024-2025, avec le Hamas en Palestine, et même avec le Venezuela. Techniquement, cela constitue une « perfide » : leurrer l’adversaire en feignant la bonne foi.

Le discours de Trump sur l’état de l’Union le 25 février, truffé d’accusations fantaisistes contre l’Iran, préparait le terrain narratif pour justifier l’assaut. Les experts sérieux anticipaient cette escalade, d’autant que les négociations à Genève paraissaient sincères du côté iranien.

Objectifs des frappes : décapitation et changement de régime

Les Israéliens ont ciblé le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, détruisant sa résidence et tuant sa famille, y compris un petit-enfant. Jacques Baud note que Khamenei s’y attendait, ayant déclaré être prêt à mourir et ayant préparé sa succession. Environ 40 responsables iraniens auraient été éliminés, mais des remplaçants ont été annoncés immédiatement, démontrant la résilience du système iranien.

Critiquant la stratégie occidentale, Baud argue que l’Occident est passé de stratèges à tacticiens : « Attaquer la tête du serpent sans exploiter la surprise est inefficace. » L’Iran avait dupliqué ses structures de commandement, anticipant l’assaut grâce à la montée en puissance visible des forces américaines dans le Golfe Persique. Sans forces au sol pour exploiter la décapitation – comme des troupes parachutistes ou un gouvernement alternatif – les Américains et Israéliens n’ont pas pu capitaliser sur leur succès initial.


 

Riposte iranienne : une stratégie graduée et résiliente

L’Iran a répliqué avec des missiles sur des bases américaines dans sept pays du Moyen-Orient, franchissant les défenses Patriot et Dôme de Fer. Jacques Baud prédit une escalade graduelle : épuisement des défenses adverses, puis frappes sur des cibles économiques américaines.

Les Iraniens, attaqués quatre fois, voient désormais le conflit comme existentiel et visent un « succès décisif » pour dissuader de futures agressions.

Contrairement à 2025, où Téhéran limita sa réponse, l’Iran pourrait fermer le détroit d’Ormuz (désormais fermé), bloquant 20 % du pétrole mondial (20 millions de barils par jour). Cela pourrait être physique ou via des refus d’assurance pour les pétroliers, impactant les prix de l’énergie et affaiblissant Trump avant les midterms de 2026. Des sondages (Politico, janvier 2026 ; YouGov) montrent que 70 % des Américains s’opposent à une guerre avec l’Iran, particulièrement chez les démocrates.

Rôle des alliés et conséquences régionales

La France, impliquée dans la déstabilisation de l’Iran via des groupes d’opposition (retirés des listes terroristes américaines en 2012), pourrait être ciblée. Jacques Baud note que les ripostes iraniennes sur des bases américaines dans des pays alliés remettent en question ces alliances : « Être allié des États-Unis expose à des risques inutiles. » Contrairement aux Israéliens, qui tirent « sur tout et n’importe quoi », les Iraniens sont stratégiques, légitimant leurs actions aux yeux des Arabes.

Économiquement, Israël risque des destructions massives, pires que la « guerre des 12 jours » de 2025. Baud avertit que la logique pousse l’Iran à « raser Israël » pour survivre, bien que ce ne soit pas leur intention initiale.

Le Mythe du programme nucléaire iranien

Les motifs invoqués – brutalité contre l’opposition ou programme nucléaire – sont démontés par Jacques Baud. Les manifestations de décembre-janvier 2026 (30.000 morts allégués, probablement exagérés) furent provoquées par les américains via l’effondrement du rial. L’opposition est militarisée, non pacifique.

Sur le nucléaire : des rapports américains (CIA 2007DNI 2024-2025 – voir ici et ici) confirment que l’Iran stoppa son programme en 2003 et n’en construit pas. La fatwa de Khamenei l’interdisait, mais sa mort pourrait changer cela.

Ironiquement, les attaques répétées pourraient pousser l’Iran vers l’arme nucléaire pour se défendre, créant un nouvel « équilibre de la terreur ».

Implications globales : vers une troisième guerre mondiale ?

L’ONU est contournée, le Conseil de sécurité muet sauf Russie et Chine, qui condamnent. Les négociations avec la Russie (sur l’Ukraine) sont impactées : les Russes voient les américains comme perfides, militarisation des pourparlers. La Suisse, hôte des pourparlers, n’a rien compris, selon Jacques Baud.

(Quels sont les faits qui permettent d’affirmer que l’État islamique cherche à créer une guerre civile en France ; que le président syrien Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques ; que Vladimir Poutine tente de déstabiliser nos démocraties ; que le terrorisme a frappé la France, non pas pour ce qu’elle fait, mais pour ce qu’elle est ; que le génocide au Darfour a fait 400 000 victimes ?… Littéralement aucun, mais ces affirmations suffisent à asseoir la politique étrangère des pays occidentaux. L’auteur, ex-agent du service de renseignement stratégique suisse, passe ainsi en revue les principaux conflits contemporains, que les pays occidentaux ont géré à coups de fake news, ces trente dernières années. https://maxmilo.com/products/operatio... Pourquoi l’opération “Déluge d’Al-Aqsa” a eu lieu et quels étaient les objectifs du Hamas ? Que s’est-il réellement passé sur le terrain, le 7 octobre ? Quelles sont les leçons à retenir des opérations menées par les deux camps depuis cinq mois ? Pour répondre à ces trois questions et à bien d’autres, Jacques Baud revisite le conflit israélo-palestinien depuis son origine. Pourquoi n’a-t-il toujours pas trouvé d’issue ? Quelles ont été les stratégies israéliennes et palestiniennes depuis 75 ans ? Quels sont les impacts de ce conflit sur notre sécurité ? Quelles sont les options pour Israël et la Palestine dans les prochaines années ? Dans ce livre d’une rare clairvoyance, Jacques Baud déplore que les décisions occidentales entrent en collision avec le droit international. La question n’est pas de savoir pour qui nous sommes, mais comment l’ordre international créé après 1945 doit être appliqué. Le non-respect de ce droit par Israël est en train de provoquer sa perte. Comme pour n’importe quel conflit, ce n’est pas de l’émotion que viendra la solution, mais d’une analyse objective et dépassionnée, accompagnée d’une médiation honnête. )
 

Les BRICS ne sont pas une alliance militaire, mais cet événement pourrait accélérer le désengagement du dollar américains. Jacques Baud craint une escalade mondiale via les alliances, mais note la retenue rationnelle de Russie, Chine et Iran, contrastant avec l’impulsivité occidentale.

L’Iran a renforcé ses liens avec Moscou et Pékin récemment, refusant auparavant leur aide par fierté. Netanyahou a fui Israël, tandis que les Iraniens montrent confiance en leur résilience.

Succession et perspectives

Un conseil provisoire dirige l’Iran post-Khamenei ; un successeur devrait être annoncé. Baud est optimiste pour l’Iran : sa capacité de durée dépasse celle d’Israël et des américains, limités par des stocks d’armes épuisés (fournis à l’Ukraine et Israël).

En conclusion, ces frappes révèlent une diplomatie occidentale viciée, risquant un conflit prolongé coûteux pour Trump et déstabilisant la région. Comme l’écrit Jacques Baud dans ses ouvrages, les fake news et la perfidie gouvernent, mais la résilience iranienne pourrait inverser la donne. »

https://multipol360.com/analyse-des-frappes-israelo-americaines-sur-liran/ 

février 18, 2026

Informations internationales - Mi-février 2026 !

Sommaire:

A) - Dernière trahison de Macron avant 2027 : le partage de la bombe française avec l’Allemagne

B) -  Hichem Haboud - Laurent Nunez à Alger : une visite sous haute tension diplomatique

C) - François-Xavier Roucaut - Trump, le fossoyeur de Fukuyama

D) - Marco Rubio à Munich : « L’Amérique va restaurer l’empire occidental… avec ou sans vous »

E) - Accord nucléaire civil entre les États-Unis et la Hongrie

F) - Ce qu’attend vraiment l’Afrique : Benoît Chervalier bouscule les idées reçues

 

 


 

A) - Dernière trahison de Macron avant 2027 : le partage de la bombe française avec l’Allemagne

Alors qu’il s’apprête à quitter l’Élysée en 2027 après dix années de pouvoir, Emmanuel Macron multiplie les gestes irréversibles.

Les unes se suivent et se ressemblent : après la soumission à l’OTAN, l’ouverture des frontières, la casse de l’industrie et l’endettement record, voici la dernière ligne rouge franchie.

L’annonce choc à Munich

Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, vendredi 13 février 2026, le président de la République a officiellement annoncé l’ouverture de discussions pour partager la dissuasion nucléaire française avec l’Allemagne et d’autres partenaires européens.

C’était attendu depuis des mois. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà « vendu la mèche » dans son discours juste avant celui de Macron. Tout un symbole. S’exprimant en anglais devant le gratin de la défense occidentale, Emmanuel Macron a déclaré :

« Depuis le tout début, la dissuasion nucléaire française a toujours eu une inspiration européenne. Le général de Gaulle, dans les années 60, parlait déjà des intérêts vitaux de la France, mais ces intérêts vitaux comprenaient aussi une dimension européenne. Tous mes prédécesseurs ont répété cette approche. Nous devons réarticuler la dissuasion nucléaire dans cette perspective. C’est pourquoi, d’ici quelques semaines, nous allons commencer un dialogue stratégique avec le chancelier Merz, mais aussi avec d’autres dirigeants européens, pour voir comment articuler notre doctrine nationale avec les intérêts de sécurité d’autres pays. Pour la première fois, cela se fera avec l’Allemagne. »

Macron a insisté : ce dialogue est « important en lui-même » et permettra « une approche holistique de la défense européenne ». Il a même confié y penser « depuis 2019 ». Traduction : la France, seule puissance nucléaire de l’Union européenne continentale, s’apprête à mettre son arme ultime sur la table de négociations avec Berlin.

 


 

Le réarmement massif de l’Allemagne : un danger historique

Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement inquiétant : le réarmement accéléré de l’Allemagne. Berlin a modifié sa Constitution en 2025 pour contourner les règles de dette et débloquer des investissements militaires colossaux estimés entre 1.000 et 1.500 milliards d’euros sur dix ans. L’objectif affiché : porter les dépenses de défense à 3,5 % du PIB d’ici 2029, un niveau jamais vu depuis la Guerre froide.

Rheinmetall, géant de l’armement, a inauguré en un temps record une usine capable de produire jusqu’à 350.000 obus de 155 mm par an dès 2027. Les commandes pour l’armée allemande atteignent déjà 8,5 milliards d’euros. On parle même de rétablir le service militaire obligatoire et d’obliger les entreprises civiles à se reconvertir dans la production de défense.

L’histoire allemande montre que chaque grande phase de militarisation s’est terminée par une agression : 1870 contre la France, 1914, 1939. Avec 83,5 millions d’habitants contre 68,5 pour la France et une supériorité économique et industrielle écrasante, l’Allemagne pourrait rapidement redevenir la première puissance militaire du continent.

Partager la dissuasion nucléaire française dans ce cadre, c’est offrir à Berlin une influence directe sur l’arme la plus stratégique de l’Europe au moment précis où elle reconstitue une capacité de projection de puissance inédite depuis 1945.

Macron, facilitateur d’une Europe allemande ?

Macron, loin de s’en inquiéter, joue les facilitateurs. Il minimise les guerres mondiales en les qualifiant de « guerres civiles européennes », réécrit l’histoire pour justifier l’alliance, pousse pour une dette commune européenne de 800 milliards d’euros destinée à l’armement, et organise des dialogues stratégiques franco-allemands au plus haut niveau.

Pour beaucoup de Français, cette annonce est vécue comme une trahison ultime.

La dissuasion nucléaire, avec l’espace maritime et le siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, constitue l’un des derniers atouts réels de la France dans un monde en déclin brutal pour elle.

La brader à un voisin historiquement expansionniste, au moment où Macron prépare sa reconversion européenne post-2027 et jouit d’une cote de popularité absolument incompatible avec ce type de dédision (plus de 85 % de français le rejettent), ressemble à un marchandage personnel : céder les joyaux de la couronne en échange d’un strapontin confortable à Bruxelles.

Les souverainistes se mobilisent face à l’urgence

Pendant ce temps, les souverainistes se rassemblent. Samedi et dimanche derniers, autour de Philippe Murer puis de Florian Philippot, les appels à l’union pour 2027 se multipliaient :

« La situation est trop grave pour les chapelles. Il y a deux destins pour la France : dépérir dans l’Union européenne ou se libérer pour redevenir grande, prospère et indépendante. »

Dans quelques semaines, Emmanuel Macron prononcera un discours de fond sur la doctrine nucléaire. Tout porte à croire qu’il y officialisera ce que Munich a déjà révélé : la France de 2026 n’est plus maîtresse de son destin nucléaire. Elle le partage avec l’Allemagne.

Les Français, appauvris et affaiblis, paieront la note. Une trahison de plus. La dernière, peut-être, avant le départ. Mais dont les conséquences, elles, risquent de durer bien au-delà de 2027.

https://multipol360.com/derniere-trahison-de-macron-avant-2027-le-partage-de-la-bombe-francaise-avec-lallemagne/

 


B) -  Hichem Haboud - Laurent Nunez à Alger : une visite sous haute tension diplomatique

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, s’est rendu à Alger les 16 et 17 février pour tenter de relancer une coopération sécuritaire grippée depuis de longs mois entre Paris et Alger. Officiellement consacré à la lutte contre le terrorisme, son déplacement dépasse largement le simple cadre technique : il s’inscrit dans une relation bilatérale fragile, marquée par des crispations politiques récurrentes, des rappels d’ambassadeurs et une méfiance mutuelle devenue presque structurelle.

Fait notable, la visite intervient sans préalables publics ni gestes d’apaisement préparatoires. Un choix qui intrigue les observateurs : Paris parie manifestement sur le dialogue direct, tandis qu’Alger conserve une posture oscillant entre coopération pragmatique et confrontation mémorielle.

Le ministre était accompagné des responsables des principaux services de sécurité français – police nationale, gendarmerie et renseignement intérieur –, signe du caractère hautement opérationnel de la mission. Le programme prévoyait des entretiens avec son homologue Saïd Sayoud ainsi qu’une audience avec le président Abdelmadjid Tebboune.

Migration, terrorisme, narcotrafic : le triptyque sécuritaire

Les discussions ont porté sur trois dossiers majeurs qui structurent traditionnellement la coopération entre les deux pays :
la lutte antiterroriste et le partage de renseignement dans l’espace sahélo-maghrébin
l’immigration irrégulière et la question sensible des laissez-passer consulaires
les réseaux de trafic de drogue reliant les deux rives de la Méditerranée

Ces sujets constituent historiquement le socle le plus solide de la relation franco-algérienne. Même dans les périodes de crise diplomatique, la coopération sécuritaire n’a jamais totalement disparu. Elle fonctionne comme une nécessité mutuelle : la France dépend d’informations régionales cruciales, tandis que l’Algérie bénéficie d’un accès technologique et opérationnel européen.

Cette visite représente la plus importante séquence sécuritaire depuis celle du chef de la diplomatie française en 2025, mais intervient dans un climat politique autrement plus sensible.

Le poids du contentieux mémoriel

Au-delà des enjeux techniques, la dimension politique domine. La relation franco-algérienne traverse une nouvelle phase de tension alimentée par la question mémorielle. Le président Tebboune a récemment remis au premier plan la demande d’excuses officielles de la France pour la période coloniale, transformant un débat historique en levier diplomatique permanent.

Cette centralité de la mémoire complique toute avancée pragmatique : chaque tentative de coopération est susceptible d’être rattrapée par la symbolique historique. Paris cherche à isoler les dossiers sécuritaires du conflit mémoriel ; Alger tend au contraire à les imbriquer.

Dans ce contexte, la visite de Laurent Nunez apparaît comme un exercice d’équilibrisme. Elle vise à maintenir un minimum de coopération opérationnelle tout en évitant de nourrir une polémique politique.

Entre pragmatisme sécuritaire et méfiance politique

Le déplacement comporte donc un risque évident de faux pas diplomatique. Les coopérations ont été gelées à plusieurs reprises ces dernières années et la confiance demeure limitée. Le pouvoir algérien alterne ouverture tactique et fermeté politique, utilisant souvent la relation avec la France comme variable interne de légitimation.

Dès lors, l’objectif réel de la visite semble moins être une normalisation globale qu’une stabilisation minimale : empêcher la rupture totale dans des domaines où les deux États restent interdépendants.

Mais les contradictions persistantes de la relation franco-algérienne – coopération nécessaire d’un côté, rivalité politique de l’autre – laissent planer un doute sur la portée concrète du déplacement. Le dialogue est relancé, certes, mais sans garantie qu’il dépasse le cadre strictement sécuritaire.

En somme, cette visite illustre la nature paradoxale du lien entre Paris et Alger : une relation qui ne peut ni se rompre, ni réellement s’apaiser.

https://nouvellerevuepolitique.fr/hichem-haboud-laurent-nunez-a-alger-une-visite-sous-haute-tension-diplomatique/

 


C) - François-Xavier Roucaut - Trump, le fossoyeur de Fukuyama

L’avènement du trumpisme fait vaciller les certitudes d’une psyché occidentale qui s’était progressivement idéologisée, tout au long de cette ère du « monde unipolaire » régenté par les États-Unis. Les démocraties libérales occidentales se sont en effet progressivement muées en États libéraux, adoptant de façon incrémentielle le logiciel libéral anglo-saxon, présenté comme le sens de l’Histoire, l’incarnation du Bien et du Progrès, l’idéal vers lequel devait tendre toute société « rationnelle » et moderne.

L’État libéral repose, selon Fukuyama — qui en prophétisait l’avènement dans son célèbre essai La Fin de l’histoire et le Dernier homme —, sur deux piliers : un pilier droit, prônant la compétition économique, celle du néolibéralisme globalisé, et un pilier gauche, militant pour l’égalitarisme sociétal, « l’isothymie », selon le terme de Fukuyama, c’est‑à‑dire la quête de l’égalité pour ce qui concerne « l’économie de la reconnaissance ». L’État libéral est par ailleurs d’essence individualiste et au service de l’épanouissement de l’individu, ainsi qu’à celui de ces associations d’individus ayant une caractéristique en partage que sont les communautés. Enfin, l’État libéral, à l’instar des régimes idéologiques qui l’ont précédé – l’État fasciste (en particulier le régime nazi et son Reich appelé à durer « mille ans ») et l’État socialiste (à l’exemple des régimes communistes et de leur Internationale qui « sera le genre humain ») –, est une téléologie, censément la forme ultime et parachevée de l’organisation humaine, apportant la paix (grâce à l’isothymie) et la prospérité (grâce au néolibéralisme) à l’ensemble de l’humanité ; inaugurant dès lors l’ère de la « Fin de l’Histoire ».

Le principe de l’État libéral est donc d’associer la psyché de droite, hiérarchique, qui s’épanouit dans cette ultime compétition qu’offre le libre‑échange mondialisé, à celle de gauche, égalitaire, qui épanche sa soif de justice sociale dans l’établissement d’une « économie de la reconnaissance » administrée, au sein de laquelle individus et communautés sont placés dans une parfaite égalité en termes de représentativité, en fonction de différents paramètres sociétaux (genre, ethnie, appartenance culturelle, orientation sexuelle, morphotype, handicap…). Cette association entre libéralisme économique et libéralisme sociétal a même, ces dernières années, confiné à la synergie, avec ce phénomène nommé « capitalisme woke », selon lequel l’égalitarisme sociétal, en rendant les sociétés plus productives, inciterait les forces capitalistiques à militer pour cet égalitarisme afin de maximiser leurs profits.

L’avènement de l’État libéral est à l’origine de ces nouveaux totems et tabous qui définissent notre époque, marquant une rupture ontologique d’avec les repères hérités de l’après-guerre. Le néolibéralisme est à l’origine de la doxa libre‑échangiste, des vertus cardinales de la libre circulation (des biens, des capitaux, des services et des personnes) et du credo consumériste (à l’inverse du productivisme colbertiste qui animait autrefois la psyché française). Le consommateur est priorisé face au citoyen, les intérêts marchands le sont face aux intérêts stratégiques, tout comme les structures supranationales le sont face aux intérêts nationaux. Le libre-échange est désormais considéré comme la condition sine qua non de la prospérité, et ses freins (comme le protectionnisme) comme des abominations rétrogrades à combattre ; en particulier par une droite ayant abandonné la virtù aristocratique du gaullisme, cette « noblesse oblige » de l’élite envers un peuple dont elle est l’émanation.

L’isothymie sert de postulat idéologique aux combats de gauche de notre temps, et s’incarne dans un égalitarisme sociétal institutionnalisé, vendant à l’opinion cette nouvelle utopie des lendemains qui chantent égalitaires, succédant au socialisme. Un égalitarisme sociétal qui, dans sa forme radicale et révolutionnaire, sera affublé du terme « wokisme » (une synecdoque puisqu’il ne concernait à l’origine que l’éveil des consciences face aux inégalités liées à la race). L’isothymie représente de fait l’axiome commun à toutes ces névroses égalitaristes qui travaillent les sociétés contemporaines : du wokisme à l’islamo-gauchisme, des safe spaces aux micro‑agressions, de la critique de la « masculinité toxique » et du patriarcat à la promotion de l’écriture inclusive et du matriarcat, des comités Équité‑Diversité‑Inclusion au culte de la diversité et du métissage, de la mise au pilori d’une culture occidentale contrainte à la repentance à la célébration « völkisch » des minorités… La conversion de la gauche française à cette matrice idéologique, actée par la célèbre note du think tank Terra Nova, a donc signé la victoire de l’isothymie, partagée, à divers degrés, du centre macroniste à l’extrême‑gauche mélenchoniste, et poussée parfois jusqu’à l’absurde par des passionarias comme Sandrine Rousseau.

Enfin, l’axiome individualiste de l’État libéral érige la conquête des droits individuels comme l’ultime horizon du progrès, leur donnant désormais préséance sur toute considération collective. De la même manière, par extension, les revendications communautaristes prennent désormais le pas sur toute velléité d’assimilation, cette dernière étant désormais associée à une insupportable atteinte aux libertés individuelles. L’avènement de l’État libéral a ainsi provoqué le morcellement d’une société française autrefois culturellement homogène en une mosaïque d’individus et de communautés, une « archipélisation », selon l’expression de Jérôme Fourquet, sous l’effet double du multiculturalisme et de l’individualisme. Tout autant que le militantisme pour les droits individuels est devenu le nouvel étendard du progrès, marquant ce nouveau clivage séparant progressistes et conservateurs. Ce qui se traduit par la mise en exergue de ces thématiques qui phagocytent désormais le débat public, comme les questions du genre, de l’euthanasie ou de l’avortement ; des droits d’ailleurs libéralisés au point d’être désormais sans considération pour la réalité biologique, la mort prévisible ou la durée de gestation, au sein de ces entités ultra‑libérales que sont le Canada ou certains États américains…

L’État libéral constituait l’horizon politique indépassable de l’ère de la mondialisation. « La Révolution libérale mondiale » vantée par Fukuyama a modelé les sociétés contemporaines et imprégné jusqu’à la société française, pourtant historiquement peu encline au libéralisme anglo‑saxon. Toutefois, l’État libéral, à l’exemple des régimes idéologiques qui l’ont précédé, s’effondre à son tour sous le poids de ses propres contradictions. L’Amérique, berceau de cette révolution, amorce désormais son aggiornamento, en adoptant, dans un brutal retour de balancier, cette contre-révolution « illibérale », laquelle, selon les mots de Joseph de Maistre, ne constitue non pas « une révolution en sens contraire, mais le contraire de la révolution » qu’a été l’instauration de l’État libéral. Ainsi, de la même manière que, lors de l’effondrement des États socialistes, avait succédé au collectivisme totalitaire du communisme un capitalisme sauvage et débridé, on voit aujourd’hui se dresser face à l’isothymie autoritaire promue par le wokisme une « mégalothymie » tempétueuse et brutale, incarnée en la personne de Donald Trump.

François-Xavier Roucaut 

  François-Xavier Roucaut est psychiatre au Québec, et professeur adjoint de clinique à l’Université de Montréal. Contributeur à La Nouvelle Revue Politique, il livre une série d’analyses s’inscrivant dans une lecture psychologique du libéralisme anglo-saxon, ainsi que de la dialectique libérale-illibérale à l’œuvre au sein des démocraties occidentales.

https://nouvellerevuepolitique.fr/francois-xavier-roucaut-trump-le-fossoyeur-de-fukuyama/ 




 

D) - Marco Rubio à Munich : « L’Amérique va restaurer l’empire occidental… avec ou sans vous »  

L’Europe est devenue jetable, selon les analystes Glenn Diesen et Einar Tangen

Dans un entretien décapant diffusé le 16 février 2026, le professeur norvégien Glenn Diesen et le chercheur sino-américain Einar Tangen reviennent sur le discours de Marco Rubio à la Conférence de Munich sur la sécurité. Leur conclusion est sans appel :

les États-Unis ont officiellement tourné la page de la multipolarité et veulent ressusciter une domination occidentale pure et dure.

L’Europe n’est plus un partenaire, elle est un pion… et un pion jetable.

Rubio à Munich : le retour assumé de l’impérialisme

Pour Diesen et Tangen, le discours de Marco Rubio (secrétaire d’État de la deuxième administration Trump) est « le plus fascinant et le plus inquiétant » de toute la conférence. Rubio y a explicitement regretté la fin des « cinq siècles de glorieux empires occidentaux », imputant le déclin de l’Occident à la Seconde Guerre mondiale, aux révolutions communistes… et surtout aux indépendances anticoloniales.

« Il ne parle plus de multipolarité, ni même d’équilibre des puissances. Il parle de restauration de la domination occidentale », résume Diesen. Rubio tend la main aux Européens : « Joignez-vous à nous pour diriger le monde, sinon nous le ferons seuls. »

Einar Tangen va plus loin : « C’est une déclaration d’intention claire. Les États-Unis ne veulent plus être le gendarme du monde pour éviter une troisième guerre mondiale. Ils ne veulent plus qu’une chose : leurs propres intérêts, même si cela signifie la loi de la jungle. »

L’Europe, « jetable » pour Washington

Les deux experts insistent sur un point particulièrement humiliant pour les Européens : dans la nouvelle stratégie américaine, l’Europe n’a plus aucune valeur stratégique réelle.

  • Elle est « brisée » (comme l’avait moqué JD Vance l’année précédente, voir ici).
  • Elle est trop dépendante, trop faible, trop coûteuse.
  • Elle n’est utile que comme force d’appoint contre la Chine.
Scholz lui-même, dans son discours à Munich l’année précédente, n’avait fait que supplier : “Emmenez-nous avec vous.” Pas d’appel à l’ONU, pas de vision d’un monde meilleur, juste “ne nous abandonnez pas”. Aujourd’hui, son successeur Friedrich Merz, qui a ouvert la conférence 2026 en tant que chancelier, n’a guère fait mieux : il a plaidé pour “réparer et raviver la confiance transatlantique” sans proposer la moindre alternative stratégique autonome.

Diesen ajoute : « Après 80 ans de partenariat junior, les Européens ont du mal à admettre qu’ils sont désormais à l’extérieur de la table. »

La Chine, partenaire de substitution pour l’Europe ?

Face à cette réalité, les deux intervenants plaident pour un rééquilibrage urgent entre l’Europe et la Chine.

L’Europe souffre d’une croissance anémique (1 % en 2024, 1,4 % estimé en 2025) contre plus du double aux États-Unis et quatre fois plus en Chine. Son énergie coûte trois fois plus cher qu’aux États-Unis et jusqu’à 25 % plus cher qu’en Chine. Les sanctions et le découplage imposés par Washington n’ont fait que renforcer la dépendance européenne aux États-Unis… tout en laissant la Chine avancer seule.

« La relation avec la Chine doit redevenir transactionnelle », explique Tangen. « Achetez les panneaux solaires les moins chers, les véhicules électriques les plus compétitifs. C’est dans l’intérêt des citoyens européens, pas dans celui des idéologues de Washington. »

Il évoque même l’idée audacieuse que l’Europe pourrait, à terme, rejoindre les BRICS ou créer des formats multilatéraux (Japon-Russie-Chine-Corée du Sud par exemple) pour traiter les questions énergétiques, alimentaires et commerciales sans passer par Washington.

La capture des élites européennes : le dossier Epstein en filigrane

Les deux hommes n’éludent pas un sujet explosif : la « capture des élites ». Einar Tangen évoque ouvertement les dossiers Epstein et le fait que de nombreuses élites européennes (et pas seulement) y apparaissent. « C’est une toile d’araignée qui mêle sexe, secrets, renseignement et chantage. Cela explique en partie pourquoi tant de dirigeants européens restent alignés sur Washington même quand cela va contre leurs intérêts nationaux. »

Diesen renchérit : « Les élites européennes préfèrent défendre un système idéologique mort plutôt que de regarder en face l’échec économique de l’Union et de la zone euro. »

Nostalgie des années 1990 contre réalité multipolaire

Pour Glenn Diesen, tout le discours occidental actuel repose sur une immense nostalgie : le moment unipolaire des années 1990, présenté comme « la fin de l’Histoire » (Fukuyama). Rubio et les néoconservateurs veulent y revenir par la force, quitte à « brûler le monde » et abandonner toutes les institutions internationales qui ne servent plus exclusivement les intérêts américains.

Tangen conclut avec lucidité : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Les années 1990 sont mortes. Accepter la multipolarité n’est pas une trahison, c’est simplement reconnaître la réalité du pouvoir aujourd’hui. C’est la seule voie vers la stabilité et la prospérité pour l’Europe. »

L’année 2026, avec les midterms américaines et les premières conséquences concrètes de la deuxième administration Trump, sera, selon eux, « très révélatrice ». L’Europe a encore le choix : continuer à suivre un empire qui la méprise… ou enfin redevenir actrice de son propre destin.

La balle est désormais dans le camp des Européens. Mais le temps presse.

https://multipol360.com/marco-rubio-a-munich-lamerique-va-restaurer-lempire-occidental-avec-ou-sans-vous/




E) - Accord nucléaire civil entre les États-Unis et la Hongrie

Budapest, 16 février 2026 – Le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó ont signé ce lundi un accord intergouvernemental de coopération nucléaire civile. Une cérémonie officielle à laquelle a assisté le Premier ministre Viktor Orbán, qui a qualifié l’événement d’entrée dans un « âge d’or » des relations américano-hongroises.

Un accord stratégique pour diversifier l’énergie hongroise

L’accord prévoit plusieurs décennies de coopération dans le nucléaire civil. Pour la première fois, la Hongrie pourra acheter du combustible nucléaire américain pour compléter ou remplacer ses approvisionnements russes actuels. Washington s’engage également à faire de la Hongrie un hub régional pour les petits réacteurs modulaires (SMR) de technologie américaine et à soutenir la gestion des déchets via des solutions proposées par des entreprises comme Holtec International.

Cet accord s’inscrit dans une stratégie claire de l’administration Trump : réduire l’influence russe dans le secteur énergétique d’Europe centrale. La Hongrie dépend en effet fortement de la Russie pour son parc nucléaire : la centrale historique de Paks utilise du combustible et de la technologie russe, tandis que le projet Paks II (deux réacteurs VVER-1200 de Rosatom) a vu couler son premier béton le 5 février 2026, malgré les sanctions occidentales (partiellement levées pour ce projet en novembre 2025).

La proximité Orbán-Trump au cœur de l’accord

L’accord est le fruit direct de la relation personnelle étroite entre Viktor Orbán et Donald Trump. Le 7 novembre 2025, Orbán a été reçu à la Maison Blanche pour un déjeuner bilatéral et est retourné dans le Bureau ovale après six ans d’absence. Trump y a salué un « nouvel âge d’or » et a apporté son soutien explicite à la réélection d’Orbán aux législatives d’avril 2026, le qualifiant de « véritable ami, combattant et gagnant ».

Marco Rubio, en visite à Budapest, a été encore plus direct : « Le président Trump est profondément engagé pour votre succès, car votre succès est notre succès. » Il a souligné que la relation personnelle entre les deux dirigeants avait permis des avancées concrètes, notamment l’exemption hongroise des sanctions américaines sur le pétrole russe.

Le sommet de Budapest qui n’a finalement pas eu lieu

Orbán avait également tenté de jouer les intermédiaires entre Donald Trump et Vladimir Poutine. En octobre 2025, un sommet Trump-Poutine à Budapest avait été annoncé pour tenter de négocier la paix en Ukraine. Le Premier ministre hongrois s’était réjoui d’accueillir les deux dirigeants sur son sol. Finalement, le sommet a été annulé par Washington en raison des exigences de Moscou pourtant préexistantes, même si Trump a finalement laissé la porte ouverte à une rencontre future. Orbán a continué à affirmer que les préparatifs étaient « toujours en cours », mais le projet n’a pas abouti.

La double proximité d’Orbán : Trump… et Poutine

Malgré ce rapprochement spectaculaire avec Washington, Viktor Orbán maintient des liens étroits avec Vladimir Poutine. Le 28 novembre 2025, il s’est rendu à Moscou pour une nouvelle rencontre avec le président russe, défendant une « position équilibrée » sur l’Ukraine et continuant à acheter du pétrole et du gaz russes. Paks II reste un projet phare russo-hongrois, financé en grande partie par un prêt russe de 10 milliards d’euros.

Cette double proximité illustre la stratégie pragmatique d’Orbán : diversifier ses sources d’énergie avec les États-Unis pour gagner en souveraineté et en technologie, tout en préservant son partenariat historique avec la Russie pour des approvisionnements bon marché et stables.

Washington, de son côté, voit dans cet accord une opportunité de grignoter le marché nucléaire européen traditionnellement dominé par Rosatom.

Avec les élections hongroises qui approchent en avril 2026, ce rapprochement américano-hongrois prend aussi une dimension politique intérieure : Marco Rubio a clairement fait passer le message que Donald Trump souhaite la réélection d’Orbán. Un soutien qui pourrait s’avérer décisif dans un scrutin serré.

L’accord signé ce 16 février marque donc un tournant : la Hongrie reste fidèle à son équilibre géopolitique atypique, tandis que les États-Unis entendent bien concurrencer la Russie sur son propre terrain historique en Europe centrale.

https://x.com/NathalieE0810/status/2023471853843701838 

https://multipol360.com/accord-nucleaire-civil-entre-les-etats-unis-et-la-hongrie/ 




 

F) - Ce qu’attend vraiment l’Afrique : Benoît Chervalier bouscule les idées reçues

Benoît Chervalier, banquier, essayiste et vice-président du Medef Afrique, était l’invité de la chaîne YouTube de la NRP pour un entretien conduit par Arnaud Benedetti. Fort de plusieurs décennies passées à parcourir le continent, il y décrypte les mutations profondes à l’œuvre en Afrique et remet en cause un certain nombre de réflexes occidentaux qu’il juge dépassés. Son dernier ouvrage, « Ce qu’attend l’Afrique », publié aux éditions de l’Aube, sert de fil conducteur à un échange dense et sans complaisance.

Au fil de l’interview, il analyse les attentes réelles des sociétés africaines, les malentendus persistants avec l’Europe et la recomposition des rapports de force internationaux. Entre aspirations à la souveraineté, exigences économiques et nouvelles alliances stratégiques, Benoît Chevalier esquisse le portrait d’un continent en pleine affirmation, qui entend désormais parler d’égal à égal avec ses partenaires.


 

 

 

 

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