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février 05, 2026

Histoire d'ingérences: États-Unis accuse l’UE; France rappelée à l’ordre par l’UE !!

Sommaire:

A) - le Comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis accuse l’UE d’ingérence 

B) - La France rappelée à l’ordre par l’UE : une ingérence au détriment de notre souveraineté énergétique ?

 


A) - le Comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis accuse l’UE d’ingérence  

Le 3 février 2026, le Comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis, dirigé par les Républicains, a publié un rapport intérimaire intitulé The Foreign Censorship Threat, Part II: Europe’s Decade-Long Campaign to Censor the Global Internet and How It Harms American Speech in the United States (Un nouveau rapport révèle une campagne menée pendant dix ans par la Commission européenne pour censurer la parole américaine.).

Ce document de 160 pages accuse la Commission européenne d’avoir orchestré une campagne de censure à long terme, influençant les politiques de modération de contenu des grandes plateformes numériques comme TikTok, Meta, Google et X (anciennement Twitter).

Selon le rapport, ces pressions, exercées via des outils comme le Digital Services Act (DSA), des codes de conduite sur la désinformation et plus de 100 réunions non publiques depuis 2020, visent à supprimer des discours légaux sur des sujets sensibles tels que la migration, l’idéologie de genre, les politiques COVID-19 et la méfiance institutionnelle. Les auteurs affirment que ces mesures, souvent présentées comme des combats contre la « haine » ou la « désinformation », entraînent une censure globale qui affecte même les utilisateurs américains, créant un « effet Bruxelles » où les régulations européennes imposent des normes uniformes au monde entier.

Ce rapport, aligné sur des figures républicaines comme le président du comité Jim Jordan, allègue également une ingérence dans des élections européennes et non-européennes, en citant des exemples comme les élections en Slovaquie, aux Pays-Bas, en France, en Roumanie et en Moldavie. Par exemple, il pointe des pressions pour censurer des contenus populistes ou conservateurs, comme des déclarations sur le genre ou la migration, via des « signaleurs de confiance » alignés sur des ONG de gauche et des régulateurs nationaux. Le document estime les coûts de conformité annuels pour les États-Unis à 97,6 milliards d’euros et met en garde contre une équivalence entre vues conservatrices et extrémisme, freinant l’innovation.

La réponse de l’union européenne : un rejet catégorique

La Commission européenne a rapidement réagi, qualifiant les allégations de « pure nonsense« , « complètement infondées », « absurdes » et « sans fondement ». Le porte-parole aux affaires numériques, Thomas Regnier, a insisté sur le fait que le DSA vise à protéger les utilisateurs contre les contenus illégaux et la désinformation, sans cibler des vues politiques spécifiques, et promeut la transparence et la responsabilité. L’UE souligne que le rapport ignore des menaces réelles, comme l’ingérence russe en Roumanie, et voit dans ces accusations une motivation politique liée à l’administration Trump. Des groupes de droits numériques européens, comme Bits of Freedom, appellent à une mise en œuvre renforcée du DSA malgré les intimidations américaines, y compris des interdictions de voyage imposées à des chercheurs européens en désinformation.

Critiques et analystes, tels que ceux de TechPolicy.Press, soulignent que le rapport pourrait mal interpréter des décisions comme l’amende de 120 millions d’euros infligée à X pour manque de transparence, la voyant comme une « prétexte pour la censure » plutôt qu’une mesure de protection des utilisateurs. L’UE défend que la liberté d’expression est un droit fondamental protégé par le DSA, et que les actions visent à contrer des menaces réelles comme la manipulation étrangère.

L’opinion publique en France : une défiance croissante

Malgré les critiques du rapport, les sondages récents indiquent une défiance accrue des Français envers l’Union européenne, avec une opinion qui reste partagée mais tend vers plus de scepticisme. Selon le dernier Eurobaromètre publié en février 2026, 29 % des Français interrogés expriment une opinion négative de l’UE, en hausse par rapport au printemps 2025 (25 %), tandis que 33 % ont une image neutre et 38 % une opinion positive, plaçant la France parmi les pays les plus critiques au sein de l’UE, aux côtés de la Grèce et de la République tchèque. Des nuances persistent : un baromètre Verian pour Le Monde en janvier 2026 révèle que 42 % des Français adhèrent aux idées du Rassemblement National (RN), un record qui reflète une montée de l’euroscepticisme. Un sondage exclusif de décembre 2024 pour Le Grand Continent montre que 26 % des Français souhaitent quitter l’UE, le taux le plus élevé parmi cinq pays européens sondés, bien que 65 % veuillent rester, avec des préoccupations marquées sur l’immigration et l’économie. Par ailleurs, un sondage IPSOS de décembre 2025 met en lumière un pessimisme général, avec seulement 41 % des Français s’attendant à une amélioration en 2026, bien en deçà de la moyenne mondiale. Le Politico Poll of Polls confirme un soutien mitigé à l’UE, teinté de doutes sur des enjeux comme l’immigration et l’économie.

Aspects économiques : coûts et critiques pour la France

Sur le plan économique, l’UE est souvent critiquée pour ses coûts élevés imposés à la France, avec des prévisions qui peignent un bilan plutôt sombre, marqué par une croissance faible et une dette publique en hausse constante. La Commission européenne prévoit une croissance du PIB français de seulement 0.7 % en 2025, 0.9 % en 2026 et 1.1 % en 2027, freinée par l’incertitude politique, les ajustements fiscaux et une consolidation budgétaire limitée. Le déficit public devrait baisser légèrement à 5.5 % du PIB en 2025 et 4.9 % en 2026, mais la dette publique grimpera à 120 % du PIB d’ici 2027, bien au-dessus de la moyenne de la zone euro, aggravée par des déficits primaires persistants et des paiements d’intérêts en hausse. Des analyses comme celles de BNP Paribas et d’autres institutions soulignent que, malgré des discours sur l’autonomie stratégique en défense (visant 2.5 % du PIB en 2026) et l’IA, la croissance reste résiliente mais insuffisante face aux tensions commerciales et à une productivité stagnante, avec des prévisions pour la zone euro à 1.2 % en 2026, soutenue par une inflation basse (1.8 %) mais qui masque des hausses dans l’alimentation et l’énergie. Mastercard Economics Institute et Allianz Trade notent que l’UE atténue certains chocs, comme les tarifs américains, mais la croissance européenne reste modeste à 1.2 % en 2025 et 1.1 % en 2026, avec des avertissements sur l’incertitude internationale qui pèse sur les ménages. L’OCDE confirme une croissance modérée, mais met en garde contre des risques accrus, y compris une polarisation politique qui entrave les réformes.

Des réformes structurelles pourraient théoriquement booster la productivité européenne de 20 % en comblant les écarts avec les États-Unis, selon le FMI, mais en pratique, ces promesses sont souvent vues comme biaisées par les Français, qui doutent de leur concrétisation face à une instabilité politique persistante et des chiffres officiels perçus comme optimistes. Pour la France, en tant que contributrice nette à l’UE (environ 9,3 milliards d’euros en contributions nettes récentes), les bénéfices comme l’accès au marché unique et les fonds NextGenerationEU sont contestés, car les critiques persistent sur les coûts nets qui pèsent sur les ménages, avec une inflation globale basse (1-1.5 % en 2026) masquant des hausses dans l’alimentation, l’énergie et le logement, rendant de plus en plus difficile pour de nombreux Français de joindre les deux bouts au quotidien.

Vers un débat nuancé

Ce rapport américain met en lumière des tensions transatlantiques sur la régulation numérique, mais les preuves accumulées – des documents internes aux sondages – montrent un paysage complexe. En France, l’opinion reste relativement favorable à l’UE, mais l’euroscepticisme grandit, alimenté par des préoccupations économiques et politiques. Plutôt que de nier l’évidence, un dialogue factuel sur la balance coûts-bénéfices et la liberté d’expression pourrait apaiser ces controverses, en évitant les polarisations partisanes.

https://multipol360.com/le-comite-judiciaire-de-la-chambre-des-representants-des-etats-unis-accuse-lue-dingerence/ 

 


Ce que le Congrès US révèle sur la "Censure à l'européenne" (et que nos élus vous cachent) 

  On commence par le point le plus dingue de l'histoire : C'est une commission d'enquête du Congrès américain qui publie aujourd'hui les preuves documentées du système de contrôle de l'information en Europe. Pendant que nos élus imposent l'interdiction des réseaux aux adolescents, c'est Washington déterre les preuves d'un hold-up sur notre liberté d'expression. En voici les éléments les plus inquiétants 👇 

 La genèse : 

Un piège qui s'est refermé en 10 ans Tout commence sous couvert de "sécurité". Le rapport montre qu'en 2015, l'UE crée des forums pour lutter contre le terrorisme. Très vite, la mission dévie : on passe de la traque des djihadistes à la surveillance du "populisme", des "mèmes" et des critiques de l'UE (p. 3). La méthode du "Fait Accompli" : Avant que le DSA ne devienne une loi, la Commission a imposé des "Codes de conduite volontaires". Le rapport révèle que ces codes étaient des laboratoires pour forcer les plateformes à censurer sans base légale, "pour combler le vide" avant que les citoyens ne puissent voter. 

Le rôle trouble de la France et de l'Allemagne :

 La "sous-traitance" de la censure : Le rapport pointe du doigt une stratégie française très précise. Ce que le Conseil Constitutionnel rejette en France (comme la Loi Avia), le gouvernement français le pousse à Bruxelles pour qu'il nous revienne sous forme de règlement européen (DSA). C'est le fameux "C'est pas moi, c'est l'Europe". Le rapport dénonce ce mécanisme qui permet de contourner le juge judiciaire français au profit d'une autorité administrative (l'Arcom) et de la Commission européenne. 

Pourquoi c'est une menace mondiale :

 L'effet de cliquet : Comme les plateformes ne peuvent pas créer un algorithme différent pour chaque pays (trop coûteux), elles alignent leurs règles mondiales sur les demandes les plus restrictives. Conséquence : Les critères de Bruxelles sur le "risque systémique" deviennent la norme pour un utilisateur à Paris, mais aussi à Lyon ou Marseille, sans aucun débat à l'Assemblée Nationale. Le cas du COVID-19 : Le rapport prouve que la Commission a exigé la suppression de contenus "hors narratif officiel", même quand ils étaient factuellement vrais, simplement parce qu'ils étaient jugés "déstabilisants". On n'est plus dans la lutte contre le faux, mais dans la gestion de l'opinion. 

L'inaction des élus français : Le vrai scandale ? :

Un travail de veille inexistant : Pourquoi est-ce le Congrès américain qui obtient ces documents par assignation (subpoena) et non le Parlement français ? Nos élus ont voté le DSA sans en interroger les zones d'ombre. Ils ont délégué notre souveraineté informationnelle à des fonctionnaires non élus à Bruxelles. 

Des "Trusted Flaggers" politisés : 

Le rapport montre que le signalement des contenus est confié à des ONG subventionnées. Ces "signaleurs de confiance" deviennent des juges de la vérité sans jamais avoir de comptes à rendre aux électeurs français. 

 Conclusion : Une souveraineté en miettes :

Ce rapport nous apprend que la France a activement soutenu un système qui : - Contourne nos propres limites constitutionnelles. - Politiser la modération via des termes flous ("risques systémiques"). - Installez un "Bouclier de la démocratie" qui ressemble de plus en plus à une cloche de verre. Ce sont les défenseurs du 1er Amendement américain qui défendent aujourd'hui la liberté des Français, pendant que notre propre classe politique semble satisfaite de voir le débat public "administré" par des algorithmes et des comités. 

Victor Ferry

 docteur en affaires et actualités 

 @mrvicfer

 

 

 


B) - La France rappelée à l’ordre par l’UE : une ingérence au détriment de notre souveraineté énergétique ?

Le 30 janvier 2026, la Commission européenne a adressé un avis motivé supplémentaire à la France pour non-transposition complète de la directive (UE) 2023/2413, visant à accélérer les procédures d’autorisation pour les projets d’énergies renouvelables.

Ce rappel à l’ordre, qui fait suite à une lettre de mise en demeure en septembre 2024 et un premier avis motivé en février 2025, donne deux mois à Paris pour corriger les manquements, sous peine de saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avec demande de sanctions financières.

Alors que la France n’a pas pleinement intégré dans son droit national les mesures pour simplifier les permis, réduire les délais et présumer l’intérêt public supérieur des projets renouvelables, cette procédure met en lumière les tensions persistantes entre les ambitions européennes et les choix énergétiques nationaux.

Un manquement qui cache une résistance justifiée

La directive, adoptée en octobre 2023 et entrée en vigueur en novembre de la même année, impose aux États membres de transposer certaines dispositions clés d’ici juillet 2024. La France, comme d’autres pays tels que Chypre, la Grèce ou l’Italie, a été visée par une saisine de la CJUE en décembre 2025 pour non-transposition complète. Mais ce « rappel à l’ordre » n’est pas une condamnation formelle, il s’agit d’une étape procédurale préalable, qui pourrait mener à des astreintes financières si la France ne se conforme pas. Déjà, des pays comme la Bulgarie ont été condamnés à des amendes forfaitaires et journalières pour des manquements similaires sur des directives antérieures liées aux renouvelables.

Pourtant, ce retard français n’est pas un simple oubli administratif. Il reflète une stratégie énergétique souveraine, priorisant la décarbonation via un mix équilibré où le nucléaire joue un rôle central.

La France a déjà l’un des mixes électriques les plus décarbonés d’Europe, avec une part de renouvelables en hausse, mais elle refuse de se plier aveuglément à des objectifs qui pourraient compromettre sa compétitivité.

En 2020, Paris n’avait atteint que 19,1 % d’énergies renouvelables dans sa consommation finale brute, contre un objectif de 23 %, un écart qui pourrait coûter cher si des sanctions étaient appliquées – potentiellement jusqu’à 960 millions d’euros pour cette seule année. La Commission européenne exhorte la France à relever ses ambitions pour 2030, visant au moins 44 % de renouvelables, mais Paris insiste sur le choix souverain de son mix, incluant le nucléaire reconnu comme technologie verte.

Les énergies renouvelables : Une pollution cachée malgré les discours écologistes

Les partisans des renouvelables, souvent portés par des discours écologistes, présentent l’éolien et le solaire comme des solutions miracles contre le changement climatique. Pourtant, leur impact environnemental est loin d’être neutre. La fabrication de panneaux solaires et d’éoliennes nécessite d’énormes quantités de matériaux rares, extraits dans des conditions souvent polluantes et éthiquement discutables. Le recyclage pose un défi majeur : d’ici 2030, on estime à 8 millions de tonnes les déchets de panneaux solaires, et jusqu’à 78 millions de tonnes d’ici 2050. Ces technologies, bien que produisant de l’électricité sans émissions directes de CO2, ont un bilan matériel comparable à celui du nucléaire – voire supérieur en termes de terres utilisées et de déchets non radioactifs.

En comparaison, le nucléaire offre une empreinte environnementale plus faible que les fossiles et similaire aux renouvelables, avec 20 % de l’impact du charbon et 35 % du gaz naturel liquéfié. Les mines d’uranium et la gestion des déchets radioactifs sont des préoccupations légitimes, mais elles sont gérées avec des normes strictes, contrairement aux chaînes d’approvisionnement des renouvelables, souvent dépendantes de la Chine et générant des pollutions diffuses. La France n’a pas besoin de multiplier les éoliennes et panneaux solaires en pagaille, qui défigurent les paysages et dépendent des aléas météorologiques, quand son parc nucléaire assure déjà une production stable et bas carbone.

Le legs du Général de Gaulle : un parc nucléaire suffisant pour l’indépendance énergétique

C’est grâce à la vision du Général de Gaulle que la France dispose aujourd’hui d’un atout majeur. En octobre 1945, il créa le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), posant les bases d’un programme nucléaire civil et militaire pour restaurer la souveraineté nationale après la Seconde Guerre mondiale. Accéléré par la crise pétrolière de 1973, le plan Messmer de 1974 lança la construction massive de réacteurs, aboutissant à 56 unités opérationnelles qui couvrent plus de 70 % des besoins électriques français. Ce parc, compact et efficace, produit de l’électricité à bas coût et sans émissions massives de CO2, rendant la France exportatrice nette d’électricité en Europe.

Si l’UE ne s’ingérait pas dans les affaires nationales, ce modèle suffirait amplement à répondre aux défis énergétiques.

Au lieu de cela, les directives européennes forcent une transition vers des renouvelables intermittents, imposant des investissements massifs – comme les 300 milliards d’euros prévus en France pour des projets souvent importés d’Allemagne ou de Chine – au détriment du nucléaire.

Une législation européenne au profit de l’Allemagne ?

Derrière ces pressions se cache une influence allemande flagrante. Ursula von der Leyen, d’origine allemande et présidente de la Commission européenne, est souvent vue comme un fer de lance de Berlin dans les affaires européennes. L’Allemagne, qui a fermé ses derniers réacteurs en 2023 pour miser sur les renouvelables, subventionne massivement son industrie (3 à 5 milliards d’euros pour réduire les coûts énergétiques), tout en bloquant la classification du nucléaire comme énergie verte jusqu’en 2025 sous pression des Verts. Berlin infiltre même les administrations françaises via des organismes comme l’Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE), promouvant l’éolien au détriment du nucléaire.

Cette « trahison européenne » force la France à exporter son électricité nucléaire bon marché pour combler les lacunes allemandes, tout en indexant les prix sur le gaz et en favorisant des renouvelables polluants via le charbon

L’Allemagne émet 9 à 10 fois plus de gaz à effet de serre que la France en 2024.

Des alliances comme le Green Deal de 2020 servent à déindustrialiser l’Europe au profit de l’export allemand, aggravant la perte de compétitivité française avec plus de 5.000 emplois perdus dans les PME en 2023-2024.

Pas dans l’intérêt des Français

Tout cela n’est pas dans l’intérêt des Français. Cette ingérence bruxelloise, souvent alignée sur les intérêts allemands, sape notre indépendance énergétique, augmente les coûts et ignore les réalités environnementales. Au lieu de sanctions potentielles pour des objectifs irréalistes, la France devrait défendre son modèle nucléaire, hérité de De Gaulle, pour une transition juste et souveraine.
Sans un Frexit énergétique ou une réforme profonde de l’UE, les citoyens paieront le prix d’une politique dictée depuis Berlin et Bruxelles, au détriment de notre avenir. Plutôt que de dilapider des ressources dans des renouvelables intermittents, il est crucial que la France se consacre pleinement au projet ITER, ce réacteur expérimental de fusion nucléaire international hébergé à Cadarache, qui promet une énergie abondante, propre et quasi-illimitée, sans émissions de CO2 ni déchets radioactifs à long terme. En investissant dans ITER, dont le premier plasma est prévu pour 2033 et la pleine puissance en 2036, la France peut consolider son leadership mondial en énergie nucléaire avancée, ouvrant la voie à une production industrielle de fusion dès les années 2040, et ainsi assurer une souveraineté énergétique durable face aux pressions européennes.

https://multipol360.com/la-france-rappelee-a-lordre-par-lue-une-ingerence-au-detriment-de-notre-souverainete-energetique/

 

 

décembre 24, 2025

Les effets de l'arme nucléaire: France position centrale en Europe entre stratégie et illusion !!

La France pourrait-elle vraiment devenir le centre politique et militaire de l’Europe ? 

Alors que les vents géopolitiques tournent violemment, poussant les nations européennes à repenser leur sécurité fondée depuis des décennies sur le parapluie américain, un mantra émerge dans les capitales du Vieux Continent : la France est appelée à endosser un rôle de leader. Pourtant, derrière cette ambition affichée se cache une réalité française plus fragile, où les défis intérieurs et les divisions politiques pourraient bien hypothéquer ce destin prophétisé.


L’électrochoc vient de Washington. Les récentes déclarations de l’administration Trump, qualifiant l’Europe de « groupe de nations en décadence », ont sonné comme un glas.

« Nous ne sommes ni surpris, ni en état de choc ou dans le déni », confie un haut responsable de la défense française.

Une ambition confrontée aux dures réalités du terrain

L’idée d’une Europe de la défense pilotée depuis Paris séduit. « Nous avons besoin des plus grands pays pour montrer la voie », insiste un officiel de défense européen d’une nation de taille moyenne. La France, seule puissance nucléaire de l’UE, possède en effet les attributs d’un leader : une industrie d’armement souveraine, une expérience opérationnelle et une volonté affichée. Paris mène déjà un groupe de combat de l’OTAN en Roumanie et discute de déploiements en Finlande. Cependant, l’écart entre les mots et les actes est criant.

« Le leadership français est logique… mais il y a un décalage entre la parole et les actes », analyse Élie Tenenbaum, de l’IFRI.

La crise politique ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale paralyse le pays. Dans ce climat d’instabilité, il est très improbable que le budget 2026, pourtant crucial pour la hausse des dépenses militaires promises, soit voté à temps. Comparaison qui pique : l’Allemagne, souvent perçue comme plus réticente, vient d’approuver 50 milliards d’euros pour l’armement.

 


 

La bombe à retardement de 2027

Le véritable obstacle n’est pas seulement budgétaire, il est politique et populaire. Le discours du chef d’état-major, le général Mandon, appelant à se préparer au « sacrifice » pour une guerre possible, a provoqué un tollé jusqu’au sein de la majorité présidentielle. Cette réaction illustre le fossé entre les élites, conscientes des périls, et une opinion publique peu préparée à une telle perspective.

L’horizon de 2027 plane comme une épée de Damoclès. Les sondages placent le Rassemblement National en tête pour la présidentielle. Marine Le Pen a déjà annoncé son intention de quitter le commandement intégré de l’OTAN et de mettre fin à toute discussion sur une dimension européenne de la dissuasion nucléaire française.

« Le pouvoir nucléaire appartient aux Français », assène-t-elle, fermant la porte à des initiatives jugées essentielles par nos alliés de l’Est.

Le poids des responsabilités face au mirage du leadership

Des jeunes Français, comme Charlotte, 26 ans, ressentent cet appel du devoir. « Le contexte géopolitique m’inspire à m’engager », explique-t-elle, songeant à troquer son poste en marketing pour une carrière de linguiste dans l’armée. Ils sont prêts à servir, mais dans quelle direction ?

La France est à un carrefour. Elle peut aspirer à devenir ce « centre politique et militaire » dont parlent certains diplomates, mais ce projet exige une stabilité intérieure, un consensus national et des sacrifices économiques colossaux que la nation, aujourd’hui fracturée et tourmentée par ses propres crises, est-elle prête à assumer ? Avant de songer à défendre l’Europe, ne faut-il pas d’abord consolider la maison France ? Le leadership, s’il n’est pas d’abord tourné vers l’unité et les priorités des citoyens, risque de n’être qu’un mirage coûteux.

https://multipol360.com/la-france-pourrait-elle-vraiment-devenir-le-centre-politique-et-militaire-de-leurope/ 

 



Énergie nucléaire

L’énergie nucléaire, parfois appelée énergie atomique, est l’énergie libérée lors des réactions de fission nucléaire des noyaux atomiques au sein d'un réacteur nucléaire ou lors d'une explosion atomique.

Dans les réacteurs électronucléaires actuels, une forte énergie sous forme de chaleur est libérée par la fission de noyaux lourds. L’énergie thermique dégagée par les réactions de fission nucléaire est transformée en électricité. En 2025 il existe 416 réacteurs nucléaires opérationnels dans le monde, et 63 réacteurs en construction.[1]

Les dates marquantes

  • 17 décembre 1938 : le phénomène de la fission nucléaire est découvert par Otto Hahn et son jeune assistant Fritz Strassmann ; ce sera considéré comme l'acte de naissance de l'énergie nucléaire
  • 1942-1946 : les États-Unis mènent le projet Manhattan, projet de recherche conduisant à la production de la première bombe atomique durant la Seconde Guerre mondiale
  • 6 août et 9 août 1945 : bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, causant de 155 000 à 250 000 morts et la capitulation du Japon, annoncée le 15 août 1945 par l'empereur Hirohito
  • 25 décembre 1946 : démarrage à Moscou du premier réacteur nucléaire, le F-1, arrêté en 2012 ; longtemps utilisé pour l'étalonnage et la formation, il a été transformé en musée en 2016
  • 20 décembre 1951 : mise en service de la première centrale nucléaire du monde (l'Experimental Breeder Reactor I), construite au laboratoire national de l'Idaho aux États-Unis
  • 1er novembre 1952 : la première bombe H américaine, Ivy Mike, explose sur l'atoll de Eniwetok (près de l'atoll de Bikini, dans l'océan Pacifique)
  • 7 janvier 1953 : le président Harry S. Truman révèle que les États-Unis possèdent la bombe à hydrogène
  • 2 août 1953 : premier essai soviétique d’une bombe à hydrogène, bombe A à fission dopée (RDS-6)
  • 21 janvier 1954 : lancement aux États-Unis de l'USS Nautilus, premier sous-marin nucléaire d'attaque et premier navire à propulsion nucléaire de l'histoire
  • 27 juin 1954 : l’URSS est le premier pays à produire de l’énergie nucléaire en ouvrant la centrale nucléaire d'Obninsk (la première centrale française, située à Marcoule, démarre en 1956)
  • 9 juin 1959 : lancement de l'USS George Washington, premier sous-marin à propulsion nucléaire à emporter des missiles mer-sol balistiques stratégiques à charge nucléaire
  • 13 février 1960 : premier essai nucléaire français à Reggane dans le désert de Tanezrouft en Algérie (nom de code Gerboise bleue)
  • 30 octobre 1961 : l'URSS fait exploser dans l'Arctique russe la Tsar Bomba (Царь-бомба), bombe à hydrogène de 57 mégatonnes, l'arme de destruction massive la plus énergétique jamais utilisée
  • 16 octobre 1962 - 28 octobre 1962 : la crise des missiles de Cuba oppose les États-Unis et l'Union soviétique, menant les deux blocs au bord de la guerre nucléaire
  • 21 janvier 1969 : accident nucléaire à la centrale nucléaire expérimentale de Lucens (CNEL) en Suisse, fusion partielle du cœur du réacteur (pas de danger pour la population ; la centrale sera ensuite démantelée)
  • 18 mai 1972 : entrée en vigueur du traité de désarmement sur le fond des mers et des océans, qui interdit de placer des armes nucléaires et d'autres armes de destruction massive sur le fond des mers et des océans ainsi que dans leur sous-sol
  • 28 mars 1979 : accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island : un dysfonctionnement du système de refroidissement provoque une fusion partielle en bas du cœur du réacteur
  • 3 juin 1980 : fausse alerte d'attaque nucléaire suite à une défaillance de processeur (le NORAD annonce que plus de 2200 missiles soviétiques se dirigent vers les États-Unis)
  • 19 septembre 1980 : explosion d'un missile balistique Titan à Damascus (Arkansas) suite à une fuite de carburant (un mort, et destruction du complexe de lancement)
  • 26 septembre 1983 : fausse alerte nucléaire en URSS (causée par le logiciel embarqué par les satellites soviétiques), qui aurait pu déclencher une guerre nucléaire entre l'URSS et les États-Unis
  • 26 avril 1986 : début de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (Ukraine)
  • 8 décembre 1987 : signature à Washington du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (traité INF), qui élimine tous les missiles de croisière et missiles balistiques
  • 25 janvier 1995 : fausse alerte nucléaire en Russie après le lancement d'une fusée-sonde Black Brant XII à partir de la base de lancement d'Andøya en Norvège (la fusée-sonde est confondue avec un missile à têtes nucléaires, seule l'hésitation du président Eltsine évite la catastrophe)
  • 29 janvier 1996 : le président Jacques Chirac annonce l'arrêt définitif des essais nucléaires français
  • 8 avril 2010 : Dmitri Medvedev et Barack Obama signent un nouveau traité START (New Start : New Strategic Arms Reduction Treaty), qui concerne le désarmement nucléaire de la Fédération de Russie et des États-Unis ; ce traité entre en vigueur le 5 février 2011 pour une durée de dix ans
  • 11 mars 2011 : un séisme de magnitude 9 sur l'échelle de Richter a lieu au Japon ; il provoque un tsunami qui s'abat sur les côtes de l'Asie orientale et un grave accident nucléaire à la centrale de Fukushima ; cet accident conduira de nombreux pays à se détourner de l'énergie nucléaire
  • 14 juillet 2015 : signature de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien ; par cet accord de non-prolifération nucléaire, Barack Obama veut empêcher l’Iran d'arriver au seuil de production d’une bombe atomique ; les États-Unis se retirent unilatéralement de l'accord le 8 mai 2018 et rétablissent des sanctions contre l'Iran
  • 13 janvier 2018 : fausse alerte nucléaire à Hawaï, un exercice aérien est confondu avec une attaque par missile balistique
  • 1er mars 2018 : dans son discours d'adresse à la nation, Vladimir Poutine dévoile de nouvelles armes nucléaires invincibles, notamment un missile de croisière à propulsion nucléaire à portée illimitée se déplaçant à plus de 20 fois la vitesse du son
  • 2 août 2019 : les États-Unis se retirent officiellement du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (traité INF) signé le 8 décembre 1987

L'atome et la radioactivité

L'histoire de l'atome remonte à l'époque de l'atomos (que l'on ne peut diviser), concept hypothétique que l'on doit au philosophe grec Démocrite. Celui-ci, élève de Leucippe, contribua de façon significative à la théorie atomiste selon laquelle l'univers est constitué d'atomes et de vide. Cette théorie resta dans l'ombre d'une autre théorie de la matière, celle d'Aristote et les quatre qualités élémentaires (le feu, l'air, l'eau et la terre), ceci jusqu'au XIXe siècle.

La redécouverte de la théorie des atomes fut faite par le physicien et chimiste anglais John Dalton. Dalton s'intéressant aux observations météorologiques ainsi que les propriétés physiques de l'air atmosphérique et des autres gaz, se posa la question suivante : pourquoi les constituants de l'air (azote, oxygène, CO2 et vapeur d'eau) ne se séparent-ils pas par ordre de densité, et pourquoi ce mélange de gaz reste-t-il constamment homogène ? En 1808 il démontre que deux gaz quelconques se combinent toujours dans des proportions de poids simples. Ainsi 1 g d'hydrogène réagit avec 8 g de dioxygène pour former 9 g d'eau. Les résultats s'expliquent si l'on suppose que la matière est constituée des petites particules indivisibles déjà imaginées par Leucippe et son disciple Démocrite.

C'est au physicien danois Niels Bohr que nous devons la description moderne de la structure de l’atome, avec le modèle de Bohr, qui évolua ensuite à mesure des avancées en physique quantique.

La radioactivité est l’émission de rayonnement par des atomes fusionnant ou se désintégrant. Lorsqu'elle est spontanée, on parle de radioactivité naturelle ; si elle est provoquée par une réaction nucléaire, on parle de radioactivité artificielle ou induite. La radioactivité est omniprésente dans l’univers et sur Terre, la fusion ou la désintégration d’atomes instables étant des phénomènes courants de la matière. [2]

Suite à la découverte des rayons X par le physicien allemand Wilhelm Röntgen en 1895, Henri Poincaré, en 1896, présente les clichés réalisés par Röntgen devant ses collègues de l’Académie des sciences. Les rayonnements très pénétrants sont capables de traverser l'air, le verre, le papier et le bois. Poincaré rédige un article où il explique que c'est le verre qui émet les rayons Röntgen et il les émet en devenant fluorescent. Le physicien français Henri Becquerel, suivant les suggestions de Poincaré, cherche à approfondir les observations de Röntgen. Pour vérifier son hypothèse, il souhaite découvrir si les phénomènes de phosphorescence et de fluorescence de l’uranium sont de même nature que les rayons X. À l'aide des observations exprimées par Poincaré sur la phosphorescence, Becquerel élabore son expérience : pour qu'un corps devienne luminescent, on doit l'exposer à la lumière. Les sels d'uranium possédant des propriétés de luminescence extraordinaires, il utilise donc les sels d’uranium qu’il expose au soleil sur une plaque photographique enveloppée de carton noir pour la protéger de la lumière. Il constate que les plaques ont été impressionnées à travers le carton, et déduit que les sels d'uranium émettent effectivement des rayons X pendant leur fluorescence.

Une semaine plus tard, voulant répéter la même expérience, ce jour-là à Paris le soleil est intermittent, il décide de remettre son expérience à plus tard. Il range les plaques photographiques et sels d’uranium dans un tiroir. Le soleil ne s’étant pas montré de nouveau les jours suivants, il décide de développer les plaques qui sont restées dans l’obscurité du tiroir. À sa grande stupéfaction, il découvre alors qu’elles ont été fortement impressionnées dans le noir. Cette impression est donc indépendante de la fluorescence de l’uranium ; le sel d’uranium émet spontanément des rayons pénétrants, qu’il ait ou non été exposé à la lumière du soleil. Il découvre les rayons uraniques.

Les rayons uraniques de Becquerel seront un sujet de thèse de doctorat pour Marie Skłodowska-Curie qui effectue des expériences à l'aide d'un électromètre à quartz piézoélectrique mis au point par son mari, Pierre Curie. Marie Curie analyse la conductibilité de l'air sous l'influence des rayons de l'uranium, et si des corps autres que les composés de l'uranium étaient susceptibles de rendre l'air conducteur de l'électricité. Elle découvre que l'uranium n'est pas un cas isolé, et que d'autres composés comme le thorium sont beaucoup plus actifs. Le polonium et le radium sont deux autres éléments découverts par Curie. Elle nomme le rayonnement issu de ces minéraux la « radioactivité ».

Depuis la découverte de la radioactivité artificielle en 1934 par Irène et Frédéric Joliot-Curie, il a été établi que la radioactivité est une propriété générale de la matière depuis l'origine de l'univers.

Inconvénients du nucléaire

Les déchets radioactifs

De nombreux secteurs d'activités, liés directement ou indirectement à l'industrie nucléaire, engendrent des déchets nucléaires. Ce ne sont pas des déchets ordinaires, et ils doivent être gérés de manière spécifique en fonction de leur niveau de radioactivité et de leur durée de vie. Afin de prévenir toute irradiation externe ou contamination interne, et selon un inventaire d'évaluation de caractéristiques et durée de vie de matières radioactives, en fonction de leur dangerosité, les déchets sont conditionnés dans des colis, souvent en béton ou en métal, avant leur prise en charge dans un stockage adapté. Un contrôle régulier de l’état radiologique est nécessaire.

Tchernobyl

Le plus grand accident nucléaire fut celui de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, le 26 avril 1986. Ce jour-là le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosait, provoquant la plus grave catastrophe de l’histoire de l’atome. À l'origine de l'accident, une série d'erreurs en chaine commises par les techniciens de la centrale suite à un test de l'alimentation électrique de secours. Cette opération n'avait pas été jugée dangereuse puisqu'elle avait déjà été réalisée trois fois sur d’autres réacteurs, malgré quelques échecs. L'expérience à faible puissance devrait permettre d'étudier comment utiliser, en cas de panne générale, l’électricité résiduelle produite par la rotation de la turbine, à une puissance suffisante pour démarrer les pompes à eau servant à refroidir le cœur du réacteur.

La puissance du réacteur 4 est réduite comme prévu de 1000 à 700 MW le 26 avril à 0 h 05. Contrairement aux conditions prévues par le test, une erreur d’un opérateur fait chuter la puissance du réacteur à 30 MW à 0 h 28. Le fonctionnement à mi-puissance durant douze heures avait modifié les propriétés physiques du cœur du réacteur, ce dernier est devenu instable au point de provoquer une hausse de la température du réacteur, et à 1 h 23 le cœur du réacteur explose.

Un premier sarcophage est construit sur la centrale en 1986, puis un second en forme d'arche en 2016, un bâtiment mesurant 162 mètres de long pour 108 mètres de haut, pour un coût dépassant 1,4 milliard d'euros. Le nombre de décès directement imputables à la radioactivité varie entre 9000 et près de un million (chiffre probablement excessif). L'accident nucléaire de Tchernobyl montre au grand jour les défaillances de l'URSS à tous les niveaux.

Fukushima

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 sur l'échelle de Richter a lieu au Japon ; il provoque un tsunami qui s'abat sur les côtes de l'Asie orientale et un grave accident nucléaire à la centrale de Fukushima. Le coût de cet accident est évalué à 300 - 500 milliards d'euros.

Cet accident entraîne un changement dans l'opinion internationale, et la plupart des pays, compte tenu de son coût et de ses risques, se détournent alors de l'énergie nucléaire, excepté la France (où le nucléaire représente 75 % de la consommation d'énergie) malgré le vieillissement du parc, l'échec de l'EPR (réacteur de nouvelle génération), le problème des déchets, l'endettement d'EDF (37 milliards d'euros en 2015). 

 


 

L'arme nucléaire : une protection illusoire

Les pays dotés de l'arme nucléaire croient ainsi détenir une assurance-vie qui protègerait efficacement leur territoire. Or, ce point de vue est contestable :

  • le but de la dissuasion nucléaire est de prévenir une attaque, en l'empêchant non pas concrètement mais psychologiquement (par une menace de destruction mutuelle assurée) ; si jamais l'attaque survient (car rien ne peut l'empêcher), la stratégie est un échec, et rien ne permettra de réparer les dégâts causés, qui sont sans commune mesure avec ceux causés par les armes conventionnelles (en ce sens, le terme d'assurance-vie est inapproprié, car l'assurance-vie n'a pas une finalité préventive, mais compensatrice)
  • une menace nucléaire n'est pas crédible, puisqu'un conflit nucléaire mènerait à un anéantissement mutuel des adversaires : l'efficacité absolue de l'arme nucléaire entraîne son inefficacité, puisque la menace de représailles n'est pas crédible (paradoxe prudentiel[3]) ; la stratégie de première frappe est contrée par la possibilité de seconde frappe (une attaque surprise préventive visant à détruire l'arsenal nucléaire de l'ennemi n'empêche pas le pays attaqué de lancer une riposte nucléaire)
  • loin d'être efficace parce qu'elle impliquerait des acteurs rationnels, la dissuasion nucléaire implique d'une certaine façon la folie de ceux qui la pratiquent (elle combine une stratégie rationnelle et une folie complète, qui peut être simulée : madman theory) ; lors de la crise des missiles à Cuba en 1962, les protagonistes (Kennedy et Khrouchtchev) avaient intégré le fait qu'une guerre nucléaire ne peut jamais être gagnée, ce qui a permis une solution rationnelle à la crise
  • de graves accidents, voire un hiver nucléaire global, dus à de fausses alertes ont parfois été évités de justesse (fausses alertes du 26 septembre 1983 en URSS, du 25 janvier 1995 en Russie et du 13 janvier 2018 à Hawaï)
  • l'arme nucléaire ne préserve en rien l'intégrité territoriale d'un pays (cas de l'URSS après son explosion)
  • pour un pays, acquérir l'arme nucléaire le transforme en cible prioritaire pour les pays qui en sont également dotés : un pays ainsi doté est donc moins bien protégé contre une attaque nucléaire (même si elle est improbable) qu'un pays qui en serait dépourvu
  • la possession d'armes nucléaires n'empêche pas la guerre entre pays qui en sont dotés (URSS et Chine en 1969, Inde et Pakistan depuis 1999...)
  • le risque d'accidents est accru, tant à l'extérieur entre pays possesseurs de l'arme nucléaire, qu'à l'intérieur du pays (par exemple : à la base aérienne de Grand Forks, aux États-Unis, en septembre 1980, un incendie sur un bombardier B-52H a failli causer une dispersion de plutonium radioactif) ; un document déclassifié indique qu'aux seuls États-Unis il y a eu plus de 1000 accidents ou incidents impliquant des armes nucléaires, dont 32 graves (susceptibles de mettre la population en danger)
  • les armes dites conventionnelles suffisent largement aux missions de défense, et en pratique ce sont les seules armes utilisées par les États, certaines étant d'une puissance proche de celle d'une bombe nucléaire : « bombes à effet de souffle massif » (MOAB) aux États-Unis ou en Chine, « bombes thermobariques d’aviation à puissance accrue » (FOAB) en Russie, etc.
  • ce qu'on appelle parfois équilibre de la terreur est compromis par la possibilité d'utiliser des armes nucléaires de petite taille, pour des frappes ciblées
  • l'arme nucléaire donne un trop grand pouvoir à ceux qui la détiennent (thanatocratie), elle permet à certains pays comme la Corée du Nord d'exercer un chantage sur ses voisins et sur le monde entier
  • inversement, comme l'illustre le film Docteur Folamour, la tentation est grande de supprimer le facteur humain pour confier à une machine la décision d'attaque ou de riposte (système russe Perimeter, opérationnel dès 1985)

On peut dire que l'arme nucléaire est tellement absurde (elle ne sert qu'à condition qu'on ne s'en serve jamais), inefficace et coûteuse en comparaison avec d'autres moyens de défense qu'il n'y a que l'État, soumis aux enjeux de pouvoir et de vaine gloriole nationale, irresponsable par nature puisque disposant de l'argent volé au contribuable, qui puisse s'engager vers une solution aussi mauvaise.

Citations

  • Il n’existe aucun moyen de se protéger contre les armes nucléaires (la seule protection actuelle résidant dans la menace de la destruction mutuelle assurée – [dissuasion]) et donc, les hommes de l’État sont en fait incapables de remplir aucune fonction de sécurité internationale aussi longtemps que ces armes existent. (Murray Rothbard)
  • L’avènement de l’ère nucléaire forme aujourd’hui l’argument principal de ceux qui considèrent que le contrôle de l’État et le pilotage de la science sont nécessaires dans le monde moderne — a minima dans le domaine de l’énergie atomique. La fabrication de la bombe atomique a impliqué un effort collaboratif, sous la conduite de l’État, qui a été glorifié comme le modèle devant être imité par la science dans les années à venir. [...] Le monopole étatique sur l’atome, privé des incitations produites par le système des profits et des pertes, a rendu l’énergie atomique inefficace et exagérément coûteuse. La culture du secret entretenue par l’État a ralenti dans une large mesure le processus d’apprentissage par lequel les ingénieurs de l’industrie de l’énergie auraient pu se tenir à la page de la technologie moderne, ce qui, par suite, a ralenti le développement scientifique. (Murray Rothbard)
  • L’hostilité viscérale au nucléaire est le noyau, si je puis dire, de l’idéologie verte, fondamentalement réactionnaire et technophobe. (Jean-Pierre Chevènement, Le Parisien, 01/09/2018)
  • La bombe atomique est certes un remède amer, mais salutaire. (Ludwig Wittgenstein)
  • J’ai toujours beaucoup réfléchi à la question de la guerre nucléaire. C’est un sujet qui a beaucoup d’importance dans la manière dont je pense. C’est la catastrophe ultime, extrême, le monde n’a pas de défi plus important à relever, et pourtant personne n’analyse les mécanismes qui y mènent. (c’est un peu comme la maladie : personne ne croit qu’il va tomber malade jusqu’à ce que cela arrive.) Personne ne veut en parler. Je crois qu’il n’y a rien de plus stupide que de croire que cela n’arrivera jamais juste parce que tout le monde sait que les armes nucléaires ont un immense pouvoir de destruction et qu’on va donc se garder de les utiliser. Quelle connerie (bullshit) ! (Donald Trump, Playboy, 1er mars 1990)
  • Quand nous avons créé l’écologie politique, il fallait une mise en scène pour réunir les acteurs, il fallait un conflit, il fallait créer un adversaire pour mieux mobiliser : ce fut le nucléaire. (Brice Lalonde, Le Monde, 19 mars 1992)
  • Pour ceux qui croient au mythe selon lequel l’arme nucléaire a « sauvé le monde », je veux rappeler qu’au moins une fois pendant les années de la guerre froide, ces armes ont justement conduit notre planète au bord d’une guerre nucléaire. Des documents publiés récemment montrent à quel point l’humanité est passée près de l’abîme lors de la crise de Cuba, en 1962. Il s’en est fallu d’un cheveu. Et si le monde a finalement été sauvé, ça n’a pas été par des armes nucléaires, mais par la volonté de conciliation affichée par les dirigeants des deux pays – John Kennedy et Nikita Khrouchtchev. [...] Le risque nucléaire est aujourd’hui le pire de tous les problèmes liés à la sécurité internationale. (Mikhaïl Gorbatchev, Le futur du monde global, 2019)

Informations complémentaires

Notes et références

 https://www.wikiberal.org/wiki/%C3%89nergie_nucl%C3%A9aire

 


 

 

décembre 09, 2025

Prospective - Dossier thorium: Inde; Chine.....et les autres !

 Qu’est-ce que le thorium ?

Le thorium est un métal très lourd de couleur argentée qui se trouve naturellement et abondamment dans la croûte terrestre, souvent associé à d'autres minéraux radioactifs.

 


 

Il est principalement étudié pour son potentiel en tant que combustible nucléaire, en raison de son abondance et de sa capacité à produire de l'énergie sans générer autant de déchets à longue durée de vie que l'uranium. Le thorium est ainsi considéré comme une alternative plus sûre et plus durable pour l'énergie nucléaire.

                            Thorium utilisé au Bhabha Atomic Research Centre à Mumbai en Inde.
 

Origine et numéro atomique

Le thorium a été identifié en 1829 par le chimiste suédois Jöns Jacob Berzelius, après avoir été extrait sous forme de minerai dans l'île de Løvøya en Norvège. Le nom de ce minerai provient du dieu du tonnerre dans la mythologie nordique, Thor.

La radioactivité du thorium a été découverte en 1898 par la physicienne Marie Curie et par le chimiste Gerhard Carl Schmidt.

Le thorium se situe en fin du tableau de Mendeleïev (numéro atomique = 90) dans la famille des actinides, tout comme l’uranium naturel (Z = 92)(1). Il dispose d’un seul isotope : le thorium 232.

Usages et intérêts

Le thorium possède des qualités physico-chimiques exceptionnelles : il ne fond qu’à 1 750°C et se vaporise vers 4 800°C (Pa). Il a de nombreuses applications industrielles comme matériau réfractaire, cathode en électronique, catalyseur en chimie, pour le cracking du pétrole, etc.

Une voie prometteuse pour le thorium comme combustible nucléaire semble être celle l'utilisation du mélange thorium-uranium sous la forme de sel fluorés fondus, servant à la fois de combustible et de caloporteur dans un réacteur à sel fondus (RSF). La filière thorium-uranium 233 avait déjà suscité l’intérêt des chercheurs dès les années 1950. Elle avait alors été rejetée, au bénéfice de la filière uranium-plutonium car les conditions de radioprotection n’étaient alors pas maîtrisées.

Le thorium peut également être utilisé par des réacteurs de cette nouvelle génération dans des surgénérateurs à neutrons rapides. 

Différences avec l'uranium

Le thorium est 3 à 4 plus abondant que l’uranium naturel (voir pargraphe sur les ressources plus bas dans l'article) et est très faiblement radioactif (demi-vie de 14 milliards d’années). 

Le thorium n'est pas fissile (l’uranium est le seul élément naturel à comporter un isotope fissile (uranium 235). mais fertile, c'est-à-dire qu’il et peut se transformer par absorption d’un neutron en uranium 233, élément fissile tout comme l’uranium 235 utilisé dans les réacteurs actuels à eau pressurisée (type des réacteurs du parc nucléaire français). Or, la fission de l’uranium 233 produit un peu plus de neutrons que celle de l’uranium 235, ce qui permettrait de produire davantage d’énergie avec une quantité donnée de minerai.

Dans le cas de l'uranium, la réaction en chaîne est donc amorcée par de l'uranium 235 présent dans le minerai naturel puis dans le combustible préparé à partir de ce minerai. Dans le cas du thorium, « il faut ajouter artificiellement un élément fissile (ici de l'uranium 235) dans le combustible préparé à partir de minerai naturel de thorium qui est non fissile », explique le CEA(2) (comme l'illustre son schéma suivant).


      Le couple Th232-U233 permet, comme U238-Pu239, la surgénération avec des neutrons rapides.

Contraintes économiques

L'exploitation du thorium implique des méthodes d'extraction plus coûteuses que celle de l'uranium, selon l'AIEA(3). « La recherche, le développement et les essais d'installations nucléaires alimentées au thorium sont tout aussi coûteux en raison d'un manque d'expérience significative avec la prééminence historique du thorium et de l'uranium dans l'énergie nucléaire », souligne l'Agence.

Le retraitement des combustibles usés au thorium nécessite par ailleurs le développement, au niveau industriel, d’un procédé spécifique (procédé thorex), distinct de celui utilisé pour l’uranium, ajoute le CEA.


 

Le thorium dans le monde

Ressources estimées

La proportion de thorium dans la croûte terrestre est « de l'ordre de un cent-millième, c'est-à-dire qu'il est plus abondant que l'étain, l'arsenic et les métaux précieux. Il y en a deux fois moins que le plomb, quatre fois moins que le zinc, dix fois moins que le cuivre, mais il est de trois à quatre fois plus abondant que l'uranium », selon le CEA. L'AIEA évoque un même ratio entre la concentration estimée de thorium (10,5 parts par million) et celle d'uranium (3 ppm).

L'AIEA estimait les ressources mondiales de thorium à 6 355 000 tonnes à fin 2016. Ces ressources de thorium seraient principalement situées dans 7 pays selon les connaissances actuelles (par ordre d'importance)(4) :

  • en Inde (846 000 tonnes, soit environ 13% des ressources mondiales) ;
  • au Brésil (632 000 tonnes);
  • en Australie (595 000 tonnes) ;
  • aux États-Unis (595 000 tonnes) ; 
  • en Égypte (380 000 tonnes) ;
  • en Turquie (374 000 tonnes);
  • au Venezuela (300 000 tonnes).

Inde, Norvège, Chine...

L’Inde consacre actuellement un programme important de recherche pour l'utilisation du thorium dans des surgénérateurs à neutrons rapides, ce pays possédant également d’importantes ressources de ce minerai longtemps resté dans l’ombre de l’uranium (et de faibles ressources d'uranium par ailleurs).

La Chine a pour sa part annoncé à l'été 2021 l'achèvement d'un premier réacteur nucléaire expérimental au thorium, au milieu du désert de Gobi.

En Norvège, Thor Energy a réalisé une série d’essais avec du thorium dans le réacteur nucléaire de recherche de Halden (au sud-ouest de la Norvège), avant son arrêt en 2018.

Sources / Notes

  1. Pour rappel, l’uranium est constitué de deux isotopes : l’uranium 238 (99,3%) et l’uranium 235 (0,7%) qui est le seul atome fissile présent dans la nature et utilisé industriellement pour produire de l’électricité.
  2. Une filière nucléaire au thorium, CEA.
  3. Thorium’s Long-Term Potential in Nuclear Energy: New IAEA Analysis, AIEA, 13 mars 2023.
  4. Thorium, World Nuclear Association, 2 mai 2024.

https://www.connaissancedesenergies.org/questions-et-reponses-energies/quest-ce-que-le-thorium 

 



Quels sont les avantages du thorium ?

Le thorium présente plusieurs avantages par rapport au combustible nucléaire classique, l’uranium 235. Il peut générer plus de matière fissile (uranium 233) qu’il n’en consomme pour alimenter les réacteurs nucléaires refroidis par eau ou à sels fondus et il génère moins d’actinides mineurs à longue période que les combustibles au plutonium. On estime que la couche supérieure de la croûte terrestre compte en moyenne 10,5 parties par million (ppm) de thorium contre environ 3 ppm d’uranium.

« Du fait de son abondance et de sa capacité à produire des matières fissiles, le thorium pourrait offrir une solution à long terme pour répondre aux besoins énergétiques de l’humanité », explique Kailash Agarwal, spécialiste des installations du cycle du combustible à l’AIEA et l’un des auteurs du rapport de l’AIEA.

Outre le fait que lorsqu’ils sont en service, les réacteurs alimentés au thorium – et l’énergie d’origine nucléaire en général – n’émettent pas de gaz à effet de serre, l’un des autres avantages que présentent ces réacteurs est qu’ils génèrent moins de déchets nucléaires à longue période que les réacteurs actuels alimentés à l’uranium.

https://www.iaea.org/fr/bulletin/le-potentiel-a-long-terme-du-thorium-pour-la-production-denergie-nucleaire


 

L'Inde mise sur le thorium comme nouveau combustible nucléaire

Le pays, qui possède le quart des réserves mondiales de cet élément, veut s'affranchir de l'uranium, et ainsi assurer son indépendance énergétique.

L'Inde va lancer la construction, dans les prochaines semaines, d'un prototype de réacteur à eau lourde fonctionnant au thorium, qui inaugurera une voie nouvelle dans le nucléaire civil. Le premier réacteur à vocation commerciale de ce type devrait entrer en service en 2020. L'Inde est un des seuls pays au monde à envisager sérieusement cette alternative aux combustibles nucléaires traditionnels que sont l'uranium et le plutonium.

L'utilisation du thorium dans le cycle de combustion présente de nombreux avantages. Le minerai produit moitié moins de déchets radioactifs que l'uranium et est disponible en quantité supérieure. Les réserves indiennes de thorium sont ainsi estimées à 290 000 tonnes contre seulement 70 000 tonnes dans le cas de l'uranium. De plus, au rythme de consommation actuel, les ressources mondiales identifiées en uranium pourraient s'épuiser d'ici cinquante à soixante-dix ans - sauf à recourir à la surgénération, qui était mise en oeuvre en France dans Superphénix.

Pour répondre à la croissance de ses besoins énergétiques, l'Inde n'a guère d'autre choix que de se tourner vers le thorium. Le pays veut augmenter la part de l'énergie nucléaire dans sa production d'électricité à 25 % en 2050, contre 3,7 % aujourd'hui, mais il manque d'uranium. L'Inde ne possède en effet sur son sol que 1 % des réserves mondiales de cet élément et n'est plus autorisé à en importer depuis 1974, date de son premier essai nucléaire.

La négociation d'un accord avec les Etats-Unis pourrait lever cette interdiction. Mais sa signature semble compromise en raison de l'opposition d'une partie de la coalition au pouvoir à New Delhi. "Si nous ne signons pas l'accord nucléaire avec les Etats-Unis, et faute de ressources suffisantes en uranium, nous devrons réviser à la baisse d'au moins 6 000 mégawatts (MW) notre objectif de production de 20 000 MW d'énergie nucléaire d'ici à 2020", a reconnu, le 29 octobre, Anil Kakodkar, le président du département indien de l'énergie atomique.

Reste donc le thorium, qui pourrait bien devenir le combustible de l'indépendance énergétique de l'Inde. Le pays en possède le quart des ressources mondiales. "L'idée consiste à se diriger vers l'autonomie grâce aux réacteurs à thorium", a confirmé, en octobre, Abdul Kalam, ancien président de la République, qui est considéré comme un des pères de l'arme atomique indienne.

Pour ce faire, New Delhi a lancé, à la fin des années 1970, un programme nucléaire en trois étapes. Le pays a d'abord importé des technologies étrangères pour construire des centrales classiques, à eau lourde, fonctionnant avec de l'uranium et produisant du plutonium. Douze réacteurs fonctionnent déjà et quatre autres sont en construction.

Le plutonium ainsi obtenu permettra le passage à la deuxième étape en 2010, avec la construction d'un surgénérateur d'une puissance de 300 MW. Ce réacteur utilisera comme combustible le plutonium inclus dans un "manteau" de matières fertiles, constitué d'uranium. L'Inde a finalement abandonné l'idée d'utiliser un manteau en thorium, quitte à dépendre encore de l'uranium. "Nous sommes dans la même situation qu'un investisseur. Avec le peu de ressources en plutonium que nous détenons, nous préférons miser sur un manteau en uranium, car l'énergie y est produite en plus grande quantité qu'avec un manteau en thorium", explique Ratan K. Sinha, le directeur du département "développement et conception des réacteurs" au centre de recherche atomique Bhabha.

La troisième étape, qui est initiée ces jours-ci avec le prototype au thorium, mènera à l'abandon définitif de l'uranium. Elle aboutira à la construction, dès 2020, de réacteurs fonctionnant au thorium, lit-on dans le plan d'orientation publié par le département atomique indien. Le pays a déjà construit un mini-réacteur test d'une puissance de 30 MW, pouvant convertir le thorium en uranium 233, une matière fissile qui n'existe pas à l'état naturel.

Cette technologie permet désormais à l'Inde d'envisager, à terme, la construction de réacteurs qui utiliseront, comme combustibles, l'uranium 233 et une légère quantité de plutonium. "Nous avons encore besoin de temps pour concevoir des installations sûres. En 2020, nous serons les seuls au monde à produire de l'énergie nucléaire à grande échelle à partir du thorium", assure M. Sinha. La conviction que le thorium a de l'avenir est partagée par la société américaine Novastar Ressources, qui veut se placer comme leader sur le futur marché de cet élément et vient de racheter une mine aux Etats-Unis.

 

 Afrique:

L’innovation technologique indienne

L’Inde développe ses propres technologies nucléaires, notamment les réacteurs PHWR (Pressurized Heavy Water Reactor) de 700 MW. Le premier exemplaire a été connecté au réseau en 2021 à Kakrapar, démontrant la maîtrise technologique du pays. 

L’Inde développe activement son programme de réacteurs au thorium, s’appuyant sur ses importantes réserves nationales estimées à 846 000 tonnes. Le pays conçoit un cycle du combustible en trois étapes, incluant des réacteurs surgénérateurs et des systèmes avancés au thorium. Ce programme vise à réduire la dépendance aux importations d’uranium et à établir une filière énergétique autonome. Un prototype de réacteur rapide de 500 MW est en construction à Kalpakkam, marquant une étape cruciale dans cette stratégie


L’Inde prend les devants avec sa filière à neutrons rapides

Le directeur du Conseil scientifique du Premier ministre indien, C.N.R. Rao, a déclaré à des journalistes à Bangalore que le prototype de surgénérateur indien de 500MW (le PFBR, un réacteur semblable au réacteur français SuperPhénix fermé en décembre 1998 par le gouvernement Jospin) est prêt à entrer en service au début de l’année prochaine. Il a dit que le réacteur à neutrons rapides, en construction au Centre Indira Gandhi pour la recherche atomique (IGCAR) à Kalpakkam, près de Chennai, est le premier de ce type en Inde, et que « s’il s’avérait un succès, nous deviendrons un chef de file dans l’énergie nucléaire avec cette technologie entièrement nouvelle, que nous avons maîtrisée ». Le réacteur a été entièrement conçu par IGCAR.

Le PFBR indien est un surgénérateur à sels de sodium fondus qui utilise des oxydes d’uranium appauvri et du plutonium, connus sous le nom de MOX, comme combustible. Une couverture fertile contient de l’uranium appauvri pour absorber l’excès de neutrons générés par les réactions de fission à l’intérieur du cœur du réacteur. Au bout de quelques années, les éléments de la couverture sont retraités pour en extraire le plutonium, qui sera utilisé pour alimenter les futurs surgénérateurs. Tandis que les palettes de combustibles seront placés au cœur du réacteur, les éléments de la couverture fertile resteront autour de la paroi du réacteur. Le PFBR aura 181 assemblages combustibles et 120 éléments de couverture.

Le complexe de fabrication du combustible nucléaire Hyderabad fabrique les grappes de combustible du réacteur, qui sont ensuite assemblées dans un atelier de l’IGCAR. Deux autres tranches de 500MW du même type de réacteur sont actuellement en construction. L’Inde souhaite construire six surgénérateurs de ce type d’ici 2020.

La prochaine série de PFBR sera recouverte de thorium-232. Une couverture fertile de thorium autour du combustible à l’intérieur du PFBR serait convertie en uranium-233, fissile, qui peut être ensuite extrait pour servir comme nouveau combustible. Les réacteurs indiens de troisième génération devraient utiliser de l’uranium comme combustible, plus du thorium dans leur couverture fertile.  Plusieurs scientifiques spécialisés dans le nucléaire estiment qu’un programme nucléaire utilisant du thorium permettrait de produire de l’électricité pour une période allant jusqu’à 600 ans.

Source

 


Thorium : la Chine domine l’énergie Infinie, un séisme géopolitique

La quête d’une énergie abondante, propre et sécurisée hante l’humanité depuis des décennies. Dans une vidéo récente sur YouTube, Idriss Aberkane, analyste géopolitique,

met en lumière un développement qui pourrait redessiner le paysage mondial : les avancées chinoises dans les réacteurs nucléaires à thorium.

 


 

Ce métal, souvent relégué aux oubliettes par l’Occident, promet une source d’énergie quasi inépuisable, capable de transformer une simple boule de la taille d’une orange en l’équivalent de la consommation énergétique d’une vie entière, y compris pour des applications comme l’intelligence artificielle. Mais au-delà de la prouesse technique, la maîtrise du thorium par la Chine annonce un véritable séisme géopolitique. Elle pourrait propulser Pékin vers une domination énergétique absolue, affaiblir les puissances dépendantes des hydrocarbures et remodeler les alliances mondiales. Cet article explore ces implications, en s’appuyant sur les temps forts de la vidéo et des développements récents, pour comprendre comment cette technologie pourrait accélérer le déclin de l’Europe tout en renforçant l’hégémonie chinoise.

Le thorium : une alternative nucléaire révolutionnaire

Le thorium, nommé d’après le dieu nordique Thor, est un élément radioactif abondant dans la croûte terrestre – environ quatre fois plus que l’uranium. Contrairement à ce dernier, il n’est pas fissile mais fertile : il se transforme en uranium-233 sous l’effet de neutrons, libérant une énergie colossale. Une vidéo explicative souligne que tenir une boule de thorium de la taille d’une orange équivaut à sécuriser toute l’énergie nécessaire pour une vie humaine, surpassant de loin le pétrole, les biocarburants ou les éoliennes qui altèrent les paysages et la biodiversité.

Les réacteurs à thorium, souvent basés sur la technologie des sels fondus (Molten Salt Reactors ou MSR), fonctionnent à haute température mais à pression atmosphérique, évitant les risques d’explosion comme à Tchernobyl. Le combustible, dissous dans des sels fondus, sert aussi de fluide caloporteur, rendant le système intrinsèquement stable et autorégulé. En cas de surchauffe, le sel se dilate, ralentissant la réaction sans intervention humaine. De plus, ces réacteurs produisent beaucoup moins de déchets radioactifs – potentiellement zéro à terme via des cascades de réactions – et sont moins propices à la prolifération nucléaire, bien que des essais comme Teapot aux États-Unis aient démontré la possibilité de bombes à base d’uranium-233.

Les avantages sont multiples : efficacité énergétique supérieure, déchets gérables et sécurité accrue.

La vidéo note que le thorium est un sous-produit de l’extraction des terres rares, domaine où la Chine domine déjà. Ses gisements, souvent en Scandinavie ou en Chine, sont moins géopolitiquement sensibles que l’uranium du Niger, par exemple. Mais des défis persistent : les sels fondus sont corrosifs, nécessitant des alliages innovants. Malgré cela, la technologie promet une révolution, car elle s’adapte aux environnements hostiles comme les déserts, sans besoin massif d’eau pour le refroidissement (contrairement aux centrales nucléaires classiques).

L’histoire oubliée : des États-Unis à l’abandon occidental

Les racines du thorium remontent aux années 1970 aux États-Unis, avec des expériences prometteuses à Oak Ridge National Laboratory (ORNL). Le réacteur expérimental MSR y a fonctionné sans incident majeur, démontrant la viabilité de la technologie. Pourtant, les Américains l’ont abandonnée au profit des réacteurs à eau pressurisée (PWR), optimisés pour les sous-marins nucléaires comme l’USS Nautilus. Ces PWR, représentant aujourd’hui 96 % des réacteurs civils mondiaux, étaient plus simples à adapter du militaire au civil, malgré leurs inconvénients : besoin d’eau abondante, risques de surpression et production de déchets à longue vie.

La vidéo pointe du doigt cette inertie industrielle, comparant le nucléaire à l’aviation civile : changer un simple siège d’avion est un calvaire réglementaire, imaginez pour une filière entière. Les régulations, les investissements massifs dans les PWR et une focalisation sur l’uranium – plus adapté à la production de plutonium pour les armes – ont scellé le sort du thorium en Occident. L’Europe, leader historique via la France, a suivi : influencée par des figures comme Dominique Voynet, elle a délaissé la R&D sur le thorium pour privilégier les énergies renouvelables intermittentes, accélérant son « suicide énergétique » .

Pendant ce temps, la Chine, avec sa vision millénaire – comme l’exprime l’acclamation « Zhōngguó wànsuì » signifiant « Vive la Chine » ou littéralement « Chine pour dix mille ans » – a repris le flambeau. Inspirée des travaux américains, elle investit massivement depuis les années 2010.

Les avancées chinoises : un bond en avant en 2025

En 2025, la Chine a franchi des étapes décisives, confirmant son leadership mondial. Le réacteur expérimental TMSR-LF1, situé dans le désert de Gobi en Gansu, est opérationnel depuis juin 2024. En avril 2025, des scientifiques chinois ont réussi à le recharger sans arrêt, une première démontrant la flexibilité des MSR. En novembre 2025, une percée majeure : la conversion thorium-uranium a été achevée, marquant la première mondiale en réacteur à sels fondus. Cela permet d’engendrer plus d’énergie qu’il n’en consomme (l’uranium-233) à partir du thorium, vers une énergie indépendante et durable.

Pékin vise un réacteur civil commercial d’ici 2035, mais les applications innovantes émergent déjà.

Adaptés aux déserts, ces réacteurs fonctionnent sans eau massive, couplables à la pyrolyse anaérobie pour traiter déchets domestiques et industriels. La vidéo évoque des centrales mobiles, comme des « groupes électrogènes » géants, déplaçables selon les besoins. Plus audacieux : les navires nucléaires. En 2025, la Chine a approuvé un porte-conteneurs de 14.000 TEU (Un TEU correspond aux dimensions d’un conteneur standard de 20 pieds de long -environ 6 mètres-, 8 pieds de large et 8 pieds de haut.) propulsé par un MSR au thorium, potentiellement autonome et automatisé, éliminant le fuel bunker et les émissions portuaires. Cela pourrait révolutionner le transport maritime, rendant les flottes chinoises invincibles en termes d’autonomie.

Ces progrès s’intègrent à l’économie chinoise : production d’hydrogène, engrais, dessalement d’eau de mer, data centers alimentés par clusters nucléaires. La chaleur haute température des MSR facilite des réactions chimiques, changeant le jeu pour la synthèse d’ammoniac ou les biocarburants. Près des ports ou zones minières, un cercle vertueux émerge : énergie locale, mobilité hydrogène, réseaux d’eau – le tout sans émissions massives.

 


 

Le séisme énergétique : une source quasi inépuisable et ses impacts

La maîtrise du thorium créerait un séisme planétaire. Imaginez une énergie inépuisable : 1 kg d’uranium-233 issu du thorium libère théoriquement 23 GWh, surpassant le charbon ou le gaz. Une tonne pourrait générer 23 TWh – assez pour alimenter des nations entières. Avec des rendements même modestes, cela éclipse les renouvelables intermittents. La vidéo insiste : les civilisations progressent en transformant plus d’énergie ; le thorium, imbattable, propulsera ses maîtres vers la domination.

Répercussions immédiates : fin de la dépendance aux hydrocarbures. Les navires thorium feraient le tour du monde sans ravitaillement, automatisés via drones chinois. Sous-marins ou torpilles comme le Poseidon russe gagnent en autonomie infinie, sans limites alimentaires pour les équipages. Offshore, forage zéro fuel ; onshore, micro-réacteurs pour climats artificiels ou exploitation de l’Antarctique – bien que controversée, défiant les accords comme le Protocole de Madrid.

Pour l’industrie, couplage avec pyrolyse transforme déchets en ressources. Data centers, IA gourmands en énergie, deviennent viables partout. Dessalement massif combat la pénurie d’eau ; production d’hydrogène vert accélère la transition. Ce séisme rend obsolètes les infrastructures actuelles : adieu pipelines gaziers, champs éoliens géants. Les économies basées sur le thorium gagnent en résilience, produisant localement sans vulnérabilités géopolitiques.

Répercussions géopolitiques : domination chinoise et déclin occidental

Géopolitiquement, les enjeux sont énormes. La Chine, avec ses réserves de thorium et brevets, accède à une souveraineté énergétique totale. Elle exportera ces réacteurs vers l’Afrique ou l’Algérie d’ici 2050, concurrençant de nombreuses nations et renforçant son influence via la « Nouvelle route de la soie » . Des centrales mobiles ou navales sécurisent routes maritimes, protégeant intérêts en mer de Chine méridionale.

Pour l’Europe, c’est un cataclysme. Idriss Aberkane dépeint un « suicide » historique : guerres passées, puis abandon nucléaire sous influence verte. L’Allemagne, dépendante du gaz russe saboté par les sanctions, voit son industrie s’effondrer. Les Verts implorent la guerre, mais sans énergie bon marché, l’Europe stagne. La France, ex-leader nucléaire, a gaspillé son avance ; l’UE, obsédée par le Net Zero, ignore le thorium. Résultat : pollution importée, dépendance au GNL américain cher, et vulnérabilité face à la Chine.

Les États-Unis réagissent : relance de R&D sur le thorium, influencée par Trump et ses tarifs contre la Chine. Mais Pékin mène : pas de « projet lunaire » surcommuniqués comme Musk, mais une progression silencieuse, évitant pertes de face. Les Américains, endettés, doivent financer leurs projets en créant un engouement médiatique exagéré ; les Chinois, centralisés, investissent patiemment. 

Globalement, le thorium redessine les alliances. Pays émergents optent pour des réacteurs chinois abordables et sécurisés, affaiblissant l’OPEP et les exportateurs de gaz. La prolifération diminue, mais la Chine gagne en soft power. L’Europe risque l’inutilité : sans thorium, elle cède la primauté énergétique, accélérant son déclin démographique et industriel.

l’Europe face à son destin : un appel à la réaction

Idriss Aberkane conclut sur l’impuissance face au « suicide » européen : pulsions destructrices, de la Guerre de Trente Ans au wokisme énergétique. Les Chinois, pensant sur des millénaires, saisissent l’opportunité ; l’Occident, figé par des régulations contre-productives, rate le train. Pourtant, des signes émergent : aux USA, résurgence du thorium ; en Europe, débats sur la relance nucléaire.

Pour éviter le désastre, l’Europe doit investir massivement : R&D (recherche et développement) sur la technologie MSR, partenariats avec la Chine ou les USA. Sans cela, elle subira : l’énergie chinoise bon marché inondera les marchés, rendant obsolètes ses industries. Géopolitiquement, une Chine énergétique hégémonique dictera sa loi, forçant des alliances asymétriques.

Vers un monde thorium-dominé

Le thorium n’est pas une utopie : c’est une réalité chinoise en 2025, avec des percées confirmées. Sa maîtrise déclenche un séisme : énergie inépuisable bouleverse économies, transports et géopolitique. La Chine domine, l’Europe décline, les USA réagissent. Comme le dit Idriss Aberkane, les civilisations transforment l’énergie pour survivre ; celles ignorant le thorium périront. Il est temps de réveiller l’Occident avant qu’il ne soit trop tard.

https://multipol360.com/thorium-la-chine-domine-lenergie-infinie-un-seisme-geopolitique/ 

 


 

Le thorium peut-il rivaliser avec l’uranium comme combustible nucléaire ?

En bref
  •  Le thorium pourrait être utilisé dans les réacteurs à sels fondus, l’un des modèles d’énergie nucléaire de nouvelle génération dans lequel le liquide de refroidissement du réacteur et le combustible lui-même sont un mélange de sels fondus chauds.
  • Le Th-232 présente un intérêt pour la production d’énergie nucléaire car il peut facilement absorber des neutrons et se transformer en Th-233. Le Th-233 peut devenir du protactinium-233, qui devient à son tour un isotope fissile et producteur d’énergie : le U-233.
  • Le thorium possède de nombreuses qualités mais également de nombreux inconvénients : difficile à manipuler, métal fertile et non fissile, risques plus élevés.
  • Mais il produit moins de déchets que le plutonium ou l’uranium et reste une option attrayante pour l’avenir de l’énergie nucléaire.

En bref 

Le thorium pourrait être utilisé dans les réacteurs à sels fondus, l’un des modèles d’énergie nucléaire de nouvelle génération dans lequel le liquide de refroidissement du réacteur et le combustible lui-même sont un mélange de sels fondus chauds. Le Th-232 présente un intérêt pour la production d’énergie nucléaire car il peut facilement absorber des neutrons et se transformer en Th-233. Le Th-233 peut devenir du protactinium-233, qui devient à son tour un isotope fissile et producteur d’énergie : le U-233. Le thorium possède de nombreuses qualités mais également de nombreux inconvénients : difficile à manipuler, métal fertile et non fissile, risques plus élevés. Mais il produit moins de déchets que le plutonium ou l’uranium et reste une option attrayante pour l’avenir de l’énergie nucléaire.

L’idée d’utiliser le thorium comme combustible nucléaire a été abandonnée dans le passé car, traditionnellement, l’énergie nucléaire était liée à la recherche et au développement du nucléaire militaire – et l’uranium comme le plutonium permettaient la fabrication de bombes atomiques. Pour la production d’énergie, le thorium pourrait toutefois présenter de réels avantages et plusieurs pays investissent dans cet élément chimique (voir encadré). Ce métal pourrait être utilisé dans les réacteurs à sels fondus, l’un des modèles de nouvelle génération dans lequel le liquide de refroidissement du réacteur et le combustible lui-même sont un mélange de sels fondus chauds. Ces types de réacteurs peuvent atteindre des températures très élevées, ce qui augmente considérablement l’efficacité de la production d’électricité. Le problème, toutefois, est que plus de 400 centrales nucléaires en service dans le monde utilisent principalement l’uranium (U) comme combustible. Bien que cet élément soit abondant, moins de 1 % de l’uranium sur Terre est de l’U‑235, l’isotope d’uranium qui est fissile. Le reste est de l’U-238. L’U-235 contenu dans l’uranium doit donc être concentré puis enrichi selon des procédés complexes et coûteux. Et ce n’est pas tout, la fission de l’U-235 produit des déchets hautement radioactifs qui doivent être manipulés avec soin, puis stockés dans un endroit sûr pendant des périodes extrêmement longues. Ces déchets contiennent également un type de plutonium qui peut être exploité pour fabriquer des armes nucléaires.
 
Les réacteurs au thorium dans le monde 
 
La Chine a achevé la construction d’un réacteur expérimental au thorium à Wuwei, à la périphérie du désert de Gobi (1). Le thorium a été testé comme combustible dans d’autres types de réacteurs nucléaires dans des pays comme les États-Unis, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Il fait également partie d’un programme nucléaire en Inde, en raison de l’abondance naturelle de l’élément dans ce pays. En France, des études sont menées par le CNRS qui développe un projet appelé MSFR (pour Molten Salt Fast Reactor), utilisant le thorium (2).
 
Quatre fois plus abondant que l’uranium 
 
Le thorium (Th) a été découvert en 1828 par le chimiste suédois Jons Jakob Berzelius, qui lui a donné le nom de Thor, le dieu nordique du tonnerre. C’est un métal légèrement radioactif que l’on trouve dans les roches et les sols et qui est assez abondant dans la croûte terrestre. En effet, son principal isotope, le Th-232, est environ quatre fois plus abondant que l’U-238 (3) et aussi abondant que le plomb. La quantité que l’on trouve aux États-Unis, par exemple, pourrait répondre aux besoins énergétiques de ce pays pendant un millier d’années, et ce sans l’enrichissement requis pour les combustibles à base d’uranium. C’est le minéral phosphate de terre rare, la monazite, qui contient le plus de thorium – jusqu’à environ 12% de phosphate de thorium (4). La monazite se trouve dans des roches ignées et autres roches et les ressources mondiales de monazite sont estimées à environ 16 millions de tonnes, dont 12 Mt dans des gisements de sables minéraux lourds sur les côtes sud et est de l’Inde. Le Th-232 présente un intérêt pour la production d’énergie nucléaire car il peut facilement absorber des neutrons et se transformer en Th-233. Ce nouvel isotope émet un électron et un antineutrino en quelques minutes pour devenir du protactinium-233 (Pa-233). Cet isotope, quant à lui, se transforme en U‑233, qui est une excellente matière fissile. En effet, la fission d’un noyau d’U-233 libère environ la même quantité d’énergie (200 MeV) que celle de l’U-235.
 
Le problème du refroidissement 
 
Dans les réacteurs conventionnels, l’uranium est stocké dans des barres de combustible solides, qui sont refroidies par d’énormes quantités d’eau. Sans ce refroidissement, les barres fondraient, libérant des radiations dangereuses. Le thorium subirait ses réactions dans un type de réacteur tout autre, appelé réacteur à sels fondus (ou MSR pour molten salt reactor) qui contient un mélange de sels fluorés dans lequel le combustible nucléaire est fondu. Ce type de réacteur n’a pas besoin d’être construit à proximité d’un cours d’eau, puisque les sels fondus eux-mêmes servent de liquide de refroidissement. Les réacteurs peuvent de ce fait être installés dans des régions éloignées des côtes et même arides. Ces réacteurs ne peuvent donc pas non plus « fondre » au sens classique du terme et, en cas d’urgence, le combustible peut être rapidement évacué du réacteur. Les MSRs déployant du thorium sont également plus sûrs car ils fonctionnent à des pressions proches de la pression atmosphérique. Comme l’uranium, le thorium absorbe aussi les neutrons, comme nous l’avons mentionné, mais contrairement à l’uranium, il ne libère pas davantage de neutrons pour perpétuer la réaction nucléaire en chaîne. Cette réaction commence lorsqu’un atome d’uranium est frappé par un neutron, libérant de l’énergie qui entraîne l’éjection d’autres neutrons des atomes d’uranium, relançant le cycle. En réduisant la quantité de neutrons injectés dans le combustible, c’est le thorium lui-même qui limite la vitesse de la réaction nucléaire.
 
Des investissements en R&D nécessaires 
 
L’utilisation du thorium comme nouvelle source d’énergie primaire est une perspective séduisante depuis de nombreuses années, mais l’extraction de sa valeur énergétique latente d’une manière rentable est un défi. Le développement de nouvelles centrales nucléaires alimentées au thorium nécessitera donc d’importants travaux de recherche et développement, ainsi que des essais – des démarches qui pourraient être difficiles à justifier étant donné que l’uranium est relativement bon marché et abondant. Autre inconvénient : le thorium est « fertile » et non fissile, de sorte qu’il ne peut être utilisé comme combustible qu’en association avec une matière fissile, telle que le plutonium recyclé, en tant que conducteur afin de maintenir une réaction en chaîne (et donc une réserve de neutrons excédentaires). L’U-233 produit à la fin du cycle est également difficile à manipuler, car il contient des traces d’U-232, qui émet activement des rayons gamma. Si certains chercheurs soutiennent l’utilisation du thorium comme combustible parce que ses déchets sont plus difficilement à transformer en armes atomiques que ceux de l’uranium, d’autres affirment que des risques subsistent5. Le bon côté des choses, c’est qu’il y a globalement moins de plutonium produit pendant le fonctionnement du réacteur. À tel point que certains scientifiques affirment que les réacteurs au thorium pourraient même contribuer à épuiser les tonnes de plutonium qui nous avons créées et stockées depuis les années 1950. 
 
2https://www.ecologie.gouv.fr/reacteurs-du-futur↑ 
3https://www.sciencedirect.com/book/9780081011263/molten-salt-reactors-and-thorium-energy↑ 4https://world-nuclear.org/information-library/current-and-future-generation/thorium.aspx↑ 5https://doi.org/10.1038/492031a↑
 
Isabelle Dumé, journaliste scientifique 


 

 

Le thorium peut-il rivaliser avec l’uranium comme combustible nucléaire ?

 

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