A) - Dernière trahison de Macron avant 2027 : le partage de la bombe française avec l’Allemagne
B) - Hichem Haboud - Laurent Nunez à Alger : une visite sous haute tension diplomatique
C) - François-Xavier Roucaut - Trump, le fossoyeur de Fukuyama
D) - Marco Rubio à Munich : « L’Amérique va restaurer l’empire occidental… avec ou sans vous »
E) - Accord nucléaire civil entre les États-Unis et la Hongrie
F) - Ce qu’attend vraiment l’Afrique : Benoît Chervalier bouscule les idées reçues
A) - Dernière trahison de Macron avant 2027 : le partage de la bombe française avec l’Allemagne
Alors qu’il s’apprête à quitter l’Élysée en 2027 après dix
années de pouvoir, Emmanuel Macron multiplie les gestes irréversibles.
Les unes se suivent et se ressemblent :
après la soumission à l’OTAN, l’ouverture des frontières, la casse de
l’industrie et l’endettement record, voici la dernière ligne rouge
franchie.
L’annonce choc à Munich
Lors de la Conférence de Munich sur
la sécurité, vendredi 13 février 2026, le président de la République a
officiellement annoncé l’ouverture de discussions pour partager la
dissuasion nucléaire française avec l’Allemagne et d’autres partenaires
européens.
C’était attendu depuis des mois. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà « vendu la mèche
» dans son discours juste avant celui de Macron. Tout un symbole.
S’exprimant en anglais devant le gratin de la défense occidentale,
Emmanuel Macron a déclaré :
« Depuis le tout début, la dissuasion nucléaire française a
toujours eu une inspiration européenne. Le général de Gaulle, dans les
années 60, parlait déjà des intérêts vitaux de la France, mais ces
intérêts vitaux comprenaient aussi une dimension européenne. Tous mes
prédécesseurs ont répété cette approche. Nous devons réarticuler la
dissuasion nucléaire dans cette perspective. C’est pourquoi, d’ici
quelques semaines, nous allons commencer un dialogue stratégique avec le
chancelier Merz, mais aussi avec d’autres dirigeants européens, pour
voir comment articuler notre doctrine nationale avec les intérêts de
sécurité d’autres pays. Pour la première fois, cela se fera avec
l’Allemagne. »
Macron a insisté : ce dialogue est « important en lui-même » et permettra « une approche holistique de la défense européenne ». Il a même confié y penser « depuis 2019 ». Traduction : la
France, seule puissance nucléaire de l’Union européenne continentale,
s’apprête à mettre son arme ultime sur la table de négociations avec
Berlin.
Le réarmement massif de l’Allemagne : un danger historique
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement inquiétant : le réarmement accéléré de l’Allemagne. Berlin a modifié sa Constitution en
2025 pour contourner les règles de dette et débloquer des
investissements militaires colossaux estimés entre 1.000 et 1.500
milliards d’euros sur dix ans. L’objectif affiché : porter les dépenses
de défense à 3,5 % du PIB d’ici 2029, un niveau jamais vu depuis la
Guerre froide.
Rheinmetall, géant de l’armement, a inauguré en un temps record une
usine capable de produire jusqu’à 350.000 obus de 155 mm par an dès
2027. Les commandes pour l’armée allemande atteignent déjà 8,5 milliards
d’euros. On parle même de rétablir le service militaire obligatoire et
d’obliger les entreprises civiles à se reconvertir dans la production de défense.
L’histoire allemande montre que chaque grande phase de
militarisation s’est terminée par une agression : 1870 contre la France,
1914, 1939. Avec 83,5 millions d’habitants contre 68,5 pour la
France et une supériorité économique et industrielle écrasante,
l’Allemagne pourrait rapidement redevenir la première puissance
militaire du continent.
Partager la dissuasion nucléaire
française dans ce cadre, c’est offrir à Berlin une influence directe sur
l’arme la plus stratégique de l’Europe au moment précis où elle
reconstitue une capacité de projection de puissance inédite depuis 1945.
Macron, facilitateur d’une Europe allemande ?
Macron, loin de s’en inquiéter, joue les facilitateurs. Il minimise les guerres mondiales en les qualifiant de « guerres civiles européennes
», réécrit l’histoire pour justifier l’alliance, pousse pour une dette
commune européenne de 800 milliards d’euros destinée à l’armement, et
organise des dialogues stratégiques franco-allemands au plus haut
niveau.
Pour beaucoup de Français, cette annonce est vécue comme une trahison ultime.
La dissuasion nucléaire, avec l’espace
maritime et le siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU,
constitue l’un des derniers atouts réels de la France dans un monde en
déclin brutal pour elle.
La brader à un voisin historiquement expansionniste, au moment où
Macron prépare sa reconversion européenne post-2027 et jouit d’une cote
de popularité absolument incompatible avec ce type de dédision (plus de
85 % de français le rejettent), ressemble à un marchandage personnel : céder les joyaux de la couronne en échange d’un strapontin confortable à Bruxelles.
Les souverainistes se mobilisent face à l’urgence
Pendant ce temps, les souverainistes se rassemblent. Samedi et
dimanche derniers, autour de Philippe Murer puis de Florian Philippot,
les appels à l’union pour 2027 se multipliaient :
« La situation est trop grave pour les chapelles. Il y a deux
destins pour la France : dépérir dans l’Union européenne ou se libérer
pour redevenir grande, prospère et indépendante. »
Dans quelques semaines, Emmanuel Macron prononcera un discours de
fond sur la doctrine nucléaire. Tout porte à croire qu’il y
officialisera ce que Munich a déjà révélé : la France de 2026 n’est plus
maîtresse de son destin nucléaire. Elle le partage avec l’Allemagne.
Les Français, appauvris et affaiblis, paieront la note. Une
trahison de plus. La dernière, peut-être, avant le départ. Mais dont les
conséquences, elles, risquent de durer bien au-delà de 2027.
B) - Hichem Haboud - Laurent Nunez à Alger : une visite sous haute tension diplomatique
Le
ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, s’est rendu à Alger
les 16 et 17 février pour tenter de relancer une coopération sécuritaire
grippée depuis de longs mois entre Paris et Alger. Officiellement
consacré à la lutte contre le terrorisme, son déplacement dépasse
largement le simple cadre technique : il s’inscrit dans une relation
bilatérale fragile, marquée par des crispations politiques récurrentes,
des rappels d’ambassadeurs et une méfiance mutuelle devenue presque
structurelle.
Fait notable, la visite intervient sans préalables publics ni gestes
d’apaisement préparatoires. Un choix qui intrigue les observateurs :
Paris parie manifestement sur le dialogue direct, tandis qu’Alger
conserve une posture oscillant entre coopération pragmatique et
confrontation mémorielle.
Le ministre était accompagné des responsables des principaux services
de sécurité français – police nationale, gendarmerie et renseignement
intérieur –, signe du caractère hautement opérationnel de la mission. Le
programme prévoyait des entretiens avec son homologue Saïd Sayoud ainsi
qu’une audience avec le président Abdelmadjid Tebboune.
Migration, terrorisme, narcotrafic : le triptyque sécuritaire
Les discussions ont porté sur trois dossiers majeurs qui structurent traditionnellement la coopération entre les deux pays :
la lutte antiterroriste et le partage de renseignement dans l’espace sahélo-maghrébin
l’immigration irrégulière et la question sensible des laissez-passer consulaires
les réseaux de trafic de drogue reliant les deux rives de la Méditerranée
Ces sujets constituent historiquement le socle le plus solide de la
relation franco-algérienne. Même dans les périodes de crise
diplomatique, la coopération sécuritaire n’a jamais totalement disparu.
Elle fonctionne comme une nécessité mutuelle : la France dépend
d’informations régionales cruciales, tandis que l’Algérie bénéficie d’un
accès technologique et opérationnel européen.
Cette visite représente la plus importante séquence sécuritaire
depuis celle du chef de la diplomatie française en 2025, mais intervient
dans un climat politique autrement plus sensible.
Le poids du contentieux mémoriel
Au-delà des enjeux techniques, la dimension politique domine. La
relation franco-algérienne traverse une nouvelle phase de tension
alimentée par la question mémorielle. Le président Tebboune a récemment
remis au premier plan la demande d’excuses officielles de la France pour
la période coloniale, transformant un débat historique en levier
diplomatique permanent.
Cette centralité de la mémoire complique toute avancée pragmatique :
chaque tentative de coopération est susceptible d’être rattrapée par la
symbolique historique. Paris cherche à isoler les dossiers sécuritaires
du conflit mémoriel ; Alger tend au contraire à les imbriquer.
Dans ce contexte, la visite de Laurent Nunez apparaît comme un
exercice d’équilibrisme. Elle vise à maintenir un minimum de coopération
opérationnelle tout en évitant de nourrir une polémique politique.
Entre pragmatisme sécuritaire et méfiance politique
Le déplacement comporte donc un risque évident de faux pas
diplomatique. Les coopérations ont été gelées à plusieurs reprises ces
dernières années et la confiance demeure limitée. Le pouvoir algérien
alterne ouverture tactique et fermeté politique, utilisant souvent la
relation avec la France comme variable interne de légitimation.
Dès lors, l’objectif réel de la visite semble moins être une
normalisation globale qu’une stabilisation minimale : empêcher la
rupture totale dans des domaines où les deux États restent
interdépendants.
Mais les contradictions persistantes de la relation franco-algérienne
– coopération nécessaire d’un côté, rivalité politique de l’autre –
laissent planer un doute sur la portée concrète du déplacement. Le
dialogue est relancé, certes, mais sans garantie qu’il dépasse le cadre
strictement sécuritaire.
En somme, cette visite illustre la nature paradoxale du lien entre
Paris et Alger : une relation qui ne peut ni se rompre, ni réellement
s’apaiser.
C) - François-Xavier Roucaut - Trump, le fossoyeur de Fukuyama
L’avènement
du trumpisme fait vaciller les certitudes d’une psyché occidentale qui
s’était progressivement idéologisée, tout au long de cette ère du
« monde unipolaire » régenté par les États-Unis. Les démocraties
libérales occidentales se sont en effet progressivement muées en États
libéraux, adoptant de façon incrémentielle le logiciel libéral
anglo-saxon, présenté comme le sens de l’Histoire, l’incarnation du Bien
et du Progrès, l’idéal vers lequel devait tendre toute société
« rationnelle » et moderne.
L’État libéral repose, selon Fukuyama — qui en prophétisait l’avènement dans son célèbre essai La Fin de l’histoire et le Dernier homme
—, sur deux piliers : un pilier droit, prônant la compétition
économique, celle du néolibéralisme globalisé, et un pilier gauche,
militant pour l’égalitarisme sociétal, « l’isothymie », selon le terme
de Fukuyama, c’est‑à‑dire la quête de l’égalité pour ce qui concerne
« l’économie de la reconnaissance ». L’État libéral est par ailleurs
d’essence individualiste et au service de l’épanouissement de
l’individu, ainsi qu’à celui de ces associations d’individus ayant une
caractéristique en partage que sont les communautés. Enfin, l’État
libéral, à l’instar des régimes idéologiques qui l’ont précédé – l’État
fasciste (en particulier le régime nazi et son Reich appelé à durer
« mille ans ») et l’État socialiste (à l’exemple des régimes communistes
et de leur Internationale qui « sera le genre humain ») –, est une
téléologie, censément la forme ultime et parachevée de l’organisation
humaine, apportant la paix (grâce à l’isothymie) et la prospérité (grâce
au néolibéralisme) à l’ensemble de l’humanité ; inaugurant dès lors
l’ère de la « Fin de l’Histoire ».
Le principe de l’État libéral est donc d’associer la psyché de
droite, hiérarchique, qui s’épanouit dans cette ultime compétition
qu’offre le libre‑échange mondialisé, à celle de gauche, égalitaire, qui
épanche sa soif de justice sociale dans l’établissement d’une
« économie de la reconnaissance » administrée, au sein de laquelle
individus et communautés sont placés dans une parfaite égalité en termes
de représentativité, en fonction de différents paramètres sociétaux
(genre, ethnie, appartenance culturelle, orientation sexuelle,
morphotype, handicap…). Cette association entre libéralisme économique
et libéralisme sociétal a même, ces dernières années, confiné à la
synergie, avec ce phénomène nommé « capitalisme woke », selon lequel
l’égalitarisme sociétal, en rendant les sociétés plus productives,
inciterait les forces capitalistiques à militer pour cet égalitarisme
afin de maximiser leurs profits.
L’avènement de l’État libéral est à l’origine de ces nouveaux totems
et tabous qui définissent notre époque, marquant une rupture ontologique
d’avec les repères hérités de l’après-guerre. Le néolibéralisme est à
l’origine de la doxa libre‑échangiste, des vertus cardinales de la libre
circulation (des biens, des capitaux, des services et des personnes) et
du credo consumériste (à l’inverse du productivisme
colbertiste qui animait autrefois la psyché française). Le consommateur
est priorisé face au citoyen, les intérêts marchands le sont face aux
intérêts stratégiques, tout comme les structures supranationales le sont
face aux intérêts nationaux. Le libre-échange est désormais considéré
comme la condition sine qua non de la prospérité, et ses freins
(comme le protectionnisme) comme des abominations rétrogrades à
combattre ; en particulier par une droite ayant abandonné la virtù aristocratique du gaullisme, cette « noblesse oblige » de l’élite envers un peuple dont elle est l’émanation.
L’isothymie sert de postulat idéologique aux combats de gauche de
notre temps, et s’incarne dans un égalitarisme sociétal
institutionnalisé, vendant à l’opinion cette nouvelle utopie des
lendemains qui chantent égalitaires, succédant au socialisme. Un
égalitarisme sociétal qui, dans sa forme radicale et révolutionnaire,
sera affublé du terme « wokisme » (une synecdoque puisqu’il ne
concernait à l’origine que l’éveil des consciences face aux inégalités
liées à la race). L’isothymie représente de fait l’axiome commun à
toutes ces névroses égalitaristes qui travaillent les sociétés
contemporaines : du wokisme à l’islamo-gauchisme, des safe spaces
aux micro‑agressions, de la critique de la « masculinité toxique » et
du patriarcat à la promotion de l’écriture inclusive et du matriarcat,
des comités Équité‑Diversité‑Inclusion au culte de la diversité et du
métissage, de la mise au pilori d’une culture occidentale contrainte à
la repentance à la célébration « völkisch » des minorités… La conversion
de la gauche française à cette matrice idéologique, actée par la
célèbre note du think tank Terra Nova, a donc signé la victoire de
l’isothymie, partagée, à divers degrés, du centre macroniste à
l’extrême‑gauche mélenchoniste, et poussée parfois jusqu’à l’absurde par
des passionarias comme Sandrine Rousseau.
Enfin, l’axiome individualiste de l’État libéral érige la conquête
des droits individuels comme l’ultime horizon du progrès, leur donnant
désormais préséance sur toute considération collective. De la même
manière, par extension, les revendications communautaristes prennent
désormais le pas sur toute velléité d’assimilation, cette dernière étant
désormais associée à une insupportable atteinte aux libertés
individuelles. L’avènement de l’État libéral a ainsi provoqué le
morcellement d’une société française autrefois culturellement homogène
en une mosaïque d’individus et de communautés, une « archipélisation »,
selon l’expression de Jérôme Fourquet, sous l’effet double du
multiculturalisme et de l’individualisme. Tout autant que le
militantisme pour les droits individuels est devenu le nouvel étendard
du progrès, marquant ce nouveau clivage séparant progressistes et
conservateurs. Ce qui se traduit par la mise en exergue de ces
thématiques qui phagocytent désormais le débat public, comme les
questions du genre, de l’euthanasie ou de l’avortement ; des droits
d’ailleurs libéralisés au point d’être désormais sans considération pour
la réalité biologique, la mort prévisible ou la durée de gestation, au
sein de ces entités ultra‑libérales que sont le Canada ou certains États
américains…
L’État libéral constituait l’horizon politique indépassable de l’ère
de la mondialisation. « La Révolution libérale mondiale » vantée par
Fukuyama a modelé les sociétés contemporaines et imprégné jusqu’à la
société française, pourtant historiquement peu encline au libéralisme
anglo‑saxon. Toutefois, l’État libéral, à l’exemple des régimes
idéologiques qui l’ont précédé, s’effondre à son tour sous le poids de
ses propres contradictions. L’Amérique, berceau de cette révolution,
amorce désormais son aggiornamento, en adoptant, dans un brutal
retour de balancier, cette contre-révolution « illibérale », laquelle,
selon les mots de Joseph de Maistre, ne constitue non pas « une
révolution en sens contraire, mais le contraire de la révolution » qu’a
été l’instauration de l’État libéral. Ainsi, de la même manière que,
lors de l’effondrement des États socialistes, avait succédé au
collectivisme totalitaire du communisme un capitalisme sauvage et
débridé, on voit aujourd’hui se dresser face à l’isothymie autoritaire
promue par le wokisme une « mégalothymie » tempétueuse et brutale,
incarnée en la personne de Donald Trump.
François-Xavier Roucaut
François-Xavier Roucaut est psychiatre au Québec, et
professeur adjoint de clinique à l’Université de Montréal. Contributeur à
La Nouvelle Revue Politique, il livre une série d’analyses s’inscrivant
dans une lecture psychologique du libéralisme anglo-saxon, ainsi que de
la dialectique libérale-illibérale à l’œuvre au sein des démocraties
occidentales.
D) - Marco Rubio à Munich : « L’Amérique va restaurer l’empire occidental… avec ou sans vous »
L’Europe est devenue jetable, selon les analystes Glenn Diesen et Einar Tangen
Dans un entretien décapant
diffusé le 16 février 2026, le professeur norvégien Glenn Diesen et le
chercheur sino-américain Einar Tangen reviennent sur le discours de
Marco Rubio à la Conférence de Munich sur la sécurité. Leur conclusion est sans appel :
les États-Unis ont officiellement tourné
la page de la multipolarité et veulent ressusciter une domination
occidentale pure et dure.
L’Europe n’est plus un partenaire, elle est un pion… et un pion jetable.
Rubio à Munich : le retour assumé de l’impérialisme
Pour Diesen et Tangen, le discours de Marco Rubio (secrétaire d’État de la deuxième administration Trump) est « le plus fascinant et le plus inquiétant » de toute la conférence. Rubio y a explicitement regretté la fin des « cinq siècles de glorieux empires occidentaux »,
imputant le déclin de l’Occident à la Seconde Guerre mondiale, aux
révolutions communistes… et surtout aux indépendances anticoloniales.
« Il ne parle plus de multipolarité, ni même d’équilibre des puissances. Il parle de restauration de la domination occidentale », résume Diesen. Rubio tend la main aux Européens : « Joignez-vous à nous pour diriger le monde, sinon nous le ferons seuls. »
Einar Tangen va plus loin : « C’est une déclaration d’intention
claire. Les États-Unis ne veulent plus être le gendarme du monde pour
éviter une troisième guerre mondiale. Ils ne veulent plus qu’une chose :
leurs propres intérêts, même si cela signifie la loi de la jungle. »
L’Europe, « jetable » pour Washington
Les deux experts insistent sur un point particulièrement humiliant
pour les Européens : dans la nouvelle stratégie américaine, l’Europe n’a
plus aucune valeur stratégique réelle.
Elle est « brisée » (comme l’avait moqué JD Vance l’année précédente, voir ici).
Elle est trop dépendante, trop faible, trop coûteuse.
Elle n’est utile que comme force d’appoint contre la Chine.
Scholz lui-même, dans son discours à Munich l’année précédente, n’avait fait que supplier : “Emmenez-nous avec vous.” Pas d’appel à l’ONU, pas de vision d’un monde meilleur, juste “ne nous abandonnez pas”.
Aujourd’hui, son successeur Friedrich Merz, qui a ouvert la conférence
2026 en tant que chancelier, n’a guère fait mieux : il a plaidé pour “réparer et raviver la confiance transatlantique” sans proposer la moindre alternative stratégique autonome.
Diesen ajoute : « Après 80 ans de partenariat junior, les Européens ont du mal à admettre qu’ils sont désormais à l’extérieur de la table. »
La Chine, partenaire de substitution pour l’Europe ?
Face à cette réalité, les deux intervenants plaident pour un rééquilibrage urgent entre l’Europe et la Chine.
L’Europe souffre d’une croissance anémique (1 % en 2024, 1,4 % estimé
en 2025) contre plus du double aux États-Unis et quatre fois plus en
Chine. Son énergie coûte trois fois plus cher qu’aux États-Unis et
jusqu’à 25 % plus cher qu’en Chine. Les sanctions et le découplage
imposés par Washington n’ont fait que renforcer la dépendance européenne
aux États-Unis… tout en laissant la Chine avancer seule.
« La relation avec la Chine doit redevenir transactionnelle », explique Tangen. « Achetez
les panneaux solaires les moins chers, les véhicules électriques les
plus compétitifs. C’est dans l’intérêt des citoyens européens, pas dans
celui des idéologues de Washington. »
Il évoque même l’idée audacieuse que
l’Europe pourrait, à terme, rejoindre les BRICS ou créer des formats
multilatéraux (Japon-Russie-Chine-Corée du Sud par exemple) pour traiter
les questions énergétiques, alimentaires et commerciales sans passer
par Washington.
La capture des élites européennes : le dossier Epstein en filigrane
Les deux hommes n’éludent pas un sujet explosif : la « capture des élites
». Einar Tangen évoque ouvertement les dossiers Epstein et le fait que
de nombreuses élites européennes (et pas seulement) y apparaissent. « C’est
une toile d’araignée qui mêle sexe, secrets, renseignement et chantage.
Cela explique en partie pourquoi tant de dirigeants européens restent
alignés sur Washington même quand cela va contre leurs intérêts
nationaux. »
Diesen renchérit : « Les élites européennes préfèrent défendre
un système idéologique mort plutôt que de regarder en face l’échec
économique de l’Union et de la zone euro. »
Nostalgie des années 1990 contre réalité multipolaire
Pour Glenn Diesen, tout le discours occidental actuel repose sur une
immense nostalgie : le moment unipolaire des années 1990, présenté comme
« la fin de l’Histoire » (Fukuyama). Rubio et les néoconservateurs veulent y revenir par la force, quitte à « brûler le monde » et abandonner toutes les institutions internationales qui ne servent plus exclusivement les intérêts américains.
Tangen conclut avec lucidité : « On ne se baigne jamais deux fois
dans le même fleuve. Les années 1990 sont mortes. Accepter la
multipolarité n’est pas une trahison, c’est simplement reconnaître la
réalité du pouvoir aujourd’hui. C’est la seule voie vers la stabilité et
la prospérité pour l’Europe. »
L’année 2026, avec les midterms américaines et les premières
conséquences concrètes de la deuxième administration Trump, sera, selon
eux, « très révélatrice ». L’Europe a encore le choix : continuer à suivre un empire qui la méprise… ou enfin redevenir actrice de son propre destin.
La balle est désormais dans le camp des Européens. Mais le temps presse.
E) - Accord nucléaire civil entre les États-Unis et la Hongrie
Budapest, 16 février 2026 –
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre hongrois des
Affaires étrangères Péter Szijjártó ont signé ce lundi un accord
intergouvernemental de coopération nucléaire civile. Une cérémonie
officielle à laquelle a assisté le Premier ministre Viktor Orbán, qui a
qualifié l’événement d’entrée dans un « âge d’or » des relations américano-hongroises.
Un accord stratégique pour diversifier l’énergie hongroise
L’accord prévoit plusieurs décennies de coopération dans le nucléaire
civil. Pour la première fois, la Hongrie pourra acheter du combustible
nucléaire américain pour compléter ou remplacer ses approvisionnements
russes actuels. Washington s’engage également à faire de la Hongrie un
hub régional pour les petits réacteurs modulaires (SMR) de technologie
américaine et à soutenir la gestion des déchets via des solutions
proposées par des entreprises comme Holtec International.
Cet accord s’inscrit dans une stratégie claire de l’administration
Trump : réduire l’influence russe dans le secteur énergétique d’Europe
centrale. La Hongrie dépend en effet fortement de la Russie pour son
parc nucléaire : la centrale historique de Paks utilise du combustible
et de la technologie russe, tandis que le projet Paks II (deux réacteurs
VVER-1200 de Rosatom) a vu couler son premier béton le 5 février 2026,
malgré les sanctions occidentales (partiellement levées pour ce projet
en novembre 2025).
La proximité Orbán-Trump au cœur de l’accord
L’accord est le fruit direct de la relation personnelle étroite entre
Viktor Orbán et Donald Trump. Le 7 novembre 2025, Orbán a été reçu à la
Maison Blanche pour un déjeuner bilatéral et est retourné dans le
Bureau ovale après six ans d’absence. Trump y a salué un « nouvel âge d’or » et a apporté son soutien explicite à la réélection d’Orbán aux législatives d’avril 2026, le qualifiant de « véritable ami, combattant et gagnant ».
Marco Rubio, en visite à Budapest, a été encore plus direct : « Le président Trump est profondément engagé pour votre succès, car votre succès est notre succès.
» Il a souligné que la relation personnelle entre les deux dirigeants
avait permis des avancées concrètes, notamment l’exemption hongroise des
sanctions américaines sur le pétrole russe.
Le sommet de Budapest qui n’a finalement pas eu lieu
Orbán avait également tenté de jouer les intermédiaires entre Donald
Trump et Vladimir Poutine. En octobre 2025, un sommet Trump-Poutine à
Budapest avait été annoncé pour tenter de négocier la paix en Ukraine.
Le Premier ministre hongrois s’était réjoui d’accueillir les deux
dirigeants sur son sol. Finalement, le sommet a été annulé par
Washington en raison des exigences de Moscou pourtant préexistantes,
même si Trump a finalement laissé la porte ouverte à une rencontre
future. Orbán a continué à affirmer que les préparatifs étaient « toujours en cours », mais le projet n’a pas abouti.
La double proximité d’Orbán : Trump… et Poutine
Malgré ce rapprochement spectaculaire avec Washington, Viktor Orbán
maintient des liens étroits avec Vladimir Poutine. Le 28 novembre 2025,
il s’est rendu à Moscou pour une nouvelle rencontre avec le président
russe, défendant une « position équilibrée » sur l’Ukraine et continuant à acheter du pétrole et du gaz russes. Paks II reste un projet phare russo-hongrois, financé en grande partie par un prêt russe de 10 milliards d’euros.
Cette double proximité illustre la
stratégie pragmatique d’Orbán : diversifier ses sources d’énergie avec
les États-Unis pour gagner en souveraineté et en technologie, tout en
préservant son partenariat historique avec la Russie pour des
approvisionnements bon marché et stables.
Washington, de son côté, voit dans cet accord une opportunité de
grignoter le marché nucléaire européen traditionnellement dominé par
Rosatom.
Avec les élections hongroises qui approchent en avril 2026, ce
rapprochement américano-hongrois prend aussi une dimension politique
intérieure : Marco Rubio a clairement fait passer le message que Donald
Trump souhaite la réélection d’Orbán. Un soutien qui pourrait s’avérer
décisif dans un scrutin serré.
L’accord signé ce 16 février marque donc un tournant : la Hongrie
reste fidèle à son équilibre géopolitique atypique, tandis que les
États-Unis entendent bien concurrencer la Russie sur son propre terrain
historique en Europe centrale.
F) - Ce qu’attend vraiment l’Afrique : Benoît Chervalier bouscule les idées reçues
Benoît Chervalier, banquier, essayiste
et vice-président du Medef Afrique, était l’invité de la chaîne YouTube
de la NRP pour un entretien conduit par Arnaud Benedetti. Fort de
plusieurs décennies passées à parcourir le continent, il y décrypte les
mutations profondes à l’œuvre en Afrique et remet en cause un certain
nombre de réflexes occidentaux qu’il juge dépassés. Son dernier ouvrage,
« Ce qu’attend l’Afrique », publié aux éditions de l’Aube, sert de fil
conducteur à un échange dense et sans complaisance.
Au
fil de l’interview, il analyse les attentes réelles des sociétés
africaines, les malentendus persistants avec l’Europe et la
recomposition des rapports de force internationaux. Entre aspirations à
la souveraineté, exigences économiques et nouvelles alliances
stratégiques, Benoît Chevalier esquisse le portrait d’un continent en
pleine affirmation, qui entend désormais parler d’égal à égal avec ses
partenaires.
A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice
B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée
C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse
D) - Le sabotage énergétique de la France
E) - Philippe
Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a
événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se
dessinera »
A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice
Un fait divers qui n’en est pas un : le meurtre politique du 12 février 2026 à Lyon
Le 12 février 2026, aux abords de Sciences Po Lyon, cinq militantes du Collectif Némésis ont
été sauvagement agressées après un happening pacifique contre une
conférence de Rima Hassan (LFI). Une militante a été victime d’une
tentative de strangulation.
Quentin Deranque, 23 ans, étudiant en
mathématiques, patriote et catholique pratiquant, a été projeté
violemment au sol, crâne contre le bitume, puis lynché à coups de pied
par une trentaine d’individus encagoulés armés de gants coqués et de
lacrymos.
Laissé pour mort, il a été placé en coma artificiel, déclaré en
mort cérébrale, a reçu l’extrême-onction et est décédé le 14 février. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « coups mortels aggravés » et « violences aggravées
». Plusieurs témoignages désignent Jacques-Élie Favrot, collaborateur
du député LFI Raphaël Arnault et membre de la Jeune Garde.
L’extrême gauche : toujours donneuse de leçons, jamais responsable de ses violences
Cette mouvance qui se veut le camp du « bien », de
l’antiracisme et de la morale universelle, pratique depuis des années
une ultra-violence systématique et impunie. Dès que l’on conteste ses
dogmes sur l’immigration, l’islam ou le féminisme intersectionnel, on
passe automatiquement dans le « camp du mal ». Fasciste, raciste,
islamophobe : l’étiquette suffit à justifier le passage à tabac. Le
ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez l’a dit sans détour : « C’est manifestement l’ultragauche qui était à la manœuvre. » Pourtant, ces mêmes militants continuent de se présenter comme les victimes et les gardiens de la démocratie.
Pourquoi ressortir la foi catholique et le patriotisme de Quentin comme des circonstances aggravantes ?
Dans les heures qui ont suivi, certains médias et militants de gauche n’ont pas hésité à souligner que Quentin était « catholique pratiquant » et « proche des milieux nationalistes
». Comme si cela justifiait, ou au moins atténuait, son lynchage. Comme
si être croyant ou aimer son pays rendait légitime de recevoir des
coups de pied dans la tête jusqu’à la mort.
Cette instrumentalisation est abjecte. Elle révèle une haine viscérale envers tout ce qui évoque la France traditionnelle.
LFI : défense acharnée des musulmans, haine constante des catholiques et des juifs
La France Insoumise défend systématiquement les musulmans contre toute critique (qualifiée immédiatement d’« islamophobie »),
tout en attaquant sans relâche les catholiques et en tolérant, voire en
alimentant, l’antisémitisme dans ses rangs. Jean-Luc Mélenchon a parlé
d’antisémitisme « résiduel » en France. 92 % des juifs français
estiment aujourd’hui que LFI contribue à la hausse de l’antisémitisme.
Ceux qui hurlent au racisme en permanence pratiquent en réalité une
hiérarchie des racismes : les catholiques et les juifs sont les boucs émissaires acceptables, les musulmans les intouchables.
Rima Hassan et la Jeune Garde : le lien embarrassant révélé par Le Canard Enchaîné
Cet ancien article du Canard Enchaîné du 2 juillet 2024 est particulièrement accablant pour la défense de Rima Hassan. On y apprend que la Jeune Garde
assurait bel et bien le service d’ordre de l’eurodéputée LFI lors d’une
conférence à Paris-Dauphine le 27 mai 2024. En marge de cet événement,
huit membres de ce groupe antifa se sont attaqués à un adolescent de 15
ans identifié comme juif : ils l’ont tabassé dans le métro et ont filmé
la scène. Mise en examen pour violences en réunion à caractère
antisémite.
Étonnamment, le même mode opératoire s’est reproduit à Lyon le 12
février 2026 : la Jeune Garde (dissoute en 2025) était présente aux
abords de la conférence de Rima Hassan à Sciences Po, a traqué et lynché
des opposants. Le Parlement européen doit lever l’immunité de Rima
Hassan pour qu’elle puisse répondre de ses liens répétés avec cette
milice violente devant la justice.
La Terreur révolutionnaire : l’ancêtre idéologique assumé de LFI
Cette violence n’est pas nouvelle. Elle renvoie directement à la période de la Terreur (1793-1794) et au génocide vendéen. Au nom du « salut public » et de la « vertu républicaine
», les colonnes infernales de Turreau ont massacré entre 170.000 et
250.000 Vendéens : noyades collectives à Nantes, villages incendiés,
femmes enceintes éventrées, enfants empalés, peaux humaines tannées. Les
Vendéens étaient traités de « bêtes féroces » et d’« ennemis du peuple ».
La République a volontairement occulté
ce génocide. Or la mouvance LFI se revendique explicitement de cet
héritage jacobin et révolutionnaire.
Mélenchon et ses lieutenants parlent sans cesse de « révolution citoyenne » et de rupture avec la « Ve République pourrie ». Si on les laissait faire sans frein, on retrouverait demain les mêmes méthodes.
Des sanctions judiciaires et politiques qui doivent être exemplaires
L’enquête doit aboutir à des mises en examen rapides et à des peines
lourdes, avec reconnaissance de la préméditation et de la haine
idéologique. Politiquement, il est temps de passer aux actes :
Suspension définitive du député LFI
Raphaël Arnault (déjà fiché S depuis 2021, premier député fiché S de
l’histoire, condamné en 2022 pour violences).
Exclusion immédiate de son collaborateur Jacques-Élie Favrot.
Dissolution définitive des groupes, malnommés, antifascistes violents comme la Jeune Garde.
Enquête parlementaire sur les liens financiers et logistiques entre LFI et ces milices.
La mort de Quentin Deranque ne doit pas être un fait divers de plus.
Elle est le symptôme sanglant d’une extrême gauche qui se croit tout
permis au nom du « bien ». Assez de l’impunité. Assez de la morale à deux vitesses. La République doit enfin se défendre.
B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée
« Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde. »
Décrire la terrible agression de Quentin comme le fruit d’une simple
rixe entre militants, c’est trahir la vérité des faits, s’empêcher de
saisir l’ampleur de ce drame et salir un jeune étudiant de 23 ans laissé
pour mort sur un trottoir lyonnais. Son avocat, Me Fabien Rajon, est
formel : « La thèse de la simple « rixe » entre deux groupes rivaux
ne semble pas correspondre à la réalité des faits : il s’agirait plutôt
d’un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et
armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée. » Quentin
n’avait aucun antécédent judiciaire, n’était ni agent de sécurité ni
membre habituel d’un service d’ordre. Il a toujours défendu ses
convictions de manière non-violente. Il est aujourd’hui en état de mort
cérébrale.
« Rixe », ce mot qui blanchit la violence politique
Comme après chaque agression d’une extrême violence commise par
l’ultra-gauche, les mêmes réflexes se mettent en place : minimisation
des faits, équivalence entre agresseurs et victimes, invocation d’une
« rixe » pour diluer les responsabilités. Pourtant, ce qui s’est produit
jeudi soir n’a rien d’une surprise. C’est au contraire l’aboutissement
prévisible d’une stratégie théorisée, assumée et mise en œuvre
méthodiquement depuis une dizaine d’années.
Une doctrine de la violence
Cette violence n’a rien de spontané. Elle s’inscrit dans une doctrine
précisément formulée par l’historien américain Mark Bray dans son
ouvrage devenu la bible des antifas français : L’Antifascisme : son passé, son présent et son avenir (2018).
Pour lui, l’objectif n’est pas de débattre mais d’anéantir socialement
et physiquement l’adversaire. Bray l’écrit sans détour : « On ne
peut pas toujours changer les croyances de quelqu’un, mais on peut
évidemment les rendre trop coûteuses politiquement, socialement,
économiquement et parfois même physiquement. »
C’est le concept de l’« antifascisme du quotidien » : « augmenter
le coût social des comportements oppressifs, au point que ceux qui les
endossent ne voient d’autres possibilités que de rester dans l’ombre. »
Le problème, c’est que ce sont les antifas qui décident seuls de ce qui
est « oppressif » et de qui est « fasciste » – une catégorie qui ne
cesse de s’étendre. Depuis le début des années 2000, l’Action Antifasciste Paris-Banlieue a élargi le champ du fascisme « au colonialisme, à la question palestinienne, aux violences policières ».
En s’appuyant sur la dynamique des luttes intersectionnelles, les
antifas ont ainsi créé une véritable machine à « nazifier ». Tous ceux
qui s’opposent à eux sont immédiatement considérés comme des fascistes,
des nazis. Ils sont ainsi déshumanisés, ce qui facilite et légitime les
passages à l’acte violent.
Ne nous y trompons pas : si le harcèlement numérique constitue
l’artillerie, la violence physique reste l’infanterie indispensable.
Bray est d’un cynisme absolu : « En vérité, la violence représente une toute petite partie – néanmoins vitale – de l’antifascisme. » L’escalade est programmée, résumée par cette formule glaçante : «
Tu te bats contre eux à coups de poing pour ne pas te battre à coups de
couteau. Tu te bats contre eux à coups de couteau pour ne pas te battre
avec des fusils. Tu te bats contre eux avec des fusils pour ne pas te
battre avec des tanks. »
Résurgence d’une violence politique de haute intensité
C’est au nom de ces « tanks » imaginaires que le jeune Quentin est en
état de mort cérébrale, que des militants de l’UNI ont été attaqués au
couteau à Strasbourg, tabassés avec de gants coqués à Toulouse, ou que
deux étudiants ont été roués de coups par une trentaine d’antifas à
Rennes. Rien que pour l’année 2025, le syndicat étudiant a recensé 43
agressions violentes contre ses membres. Pour l’antifa, frapper le
premier n’est pas une agression, c’est « désamorcer le besoin d’autodéfense ». Sic !
Mais on est très loin de la légitime défense. Les antifas ont mis en
place un véritable système de fichage de leurs adversaires politiques.
Ils ne se contentent pas d’agressions pour faire stopper les actions
militantes de leurs adversaires (ce qui serait déjà condamnable) : ils
traquent leurs cibles quand elles sont seules, les harcèlent jusqu’à
leur domicile pour leur faire comprendre que nulle part elles ne seront
en sécurité. À Nantes, des menaces de mort nominatives ont été taguées
aux abords des domiciles de militants de l’UNI ainsi que sur les murs du
commerce où l’un d’eux occupait un job étudiant.
De nombreux commentateurs rappellent que la violence politique a
toujours existé. C’est vrai, mais elle change de nature et d’intensité.
Depuis quelques mois, nous assistons à une résurgence d’une violence que
nous n’avions plus connue depuis la fin des années 70 (banalisation des
sabotages, usages de bombes incendiaires, attaques contre les forces de
l’ordre, agressions ciblées…). Cette radicalisation s’accompagne
d’ailleurs d’une romantisation de la violence de cette époque. Le 28
mars 2023, Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action directe
condamné à perpétuité pour assassinats, était invité à l’université de
Bordeaux occupée pour disserter sur « les suites à donner au mouvement
social ». Un participant déclarait « trouver intéressant qu’il vienne raconter pourquoi il a choisi la lutte armée ».
Le 15 octobre 2025 à Paris 8, des centaines d’étudiants répondaient en
chœur « Non ! » à la question « Condamnez-vous le 7 octobre ? » avant
d’entendre : « Nous revendiquons le 7 octobre. »
Cette normalisation de la violence s’inscrit également dans une
stratégie politique explicite. En 2012, Jean-Luc Mélenchon fixait le cap
: « La conquête de l’hégémonie politique a un préalable : il faut tout conflictualiser ! » L’objectif était de « transformer un peuple révolté en peuple révolutionnaire ». Nous y sommes.
Les antifas imitent plus qu’ils ne combattent le fascisme
Il y a une ironie tragique dans cette situation. En prétendant
combattre le fascisme, les antifas en reproduisent toutes les méthodes :
fichage des opposants, attaques contre des journalistes, harcèlement
organisé, violence de groupe contre des individus isolés, culte de
l’action directe, romantisation de la violence politique, élargissement
sans fin de la liste des ennemis. Quand tout devient fasciste, quand
tout adversaire politique est transformé en « nazi », la violence
devient légitime.
Tant que les agresseurs seront relaxés, tant que les présidents
d’université préféreront annuler des conférences plutôt qu’affronter la
violence antifasciste, tant que les médias et la classe politique feront
preuve d’une indulgence coupable pour la violence politique quand elle
vient de la gauche, le message demeurera le même : la terreur paie. Mark
Bray l’a compris : nos institutions sont faibles.
Quentin n’est pas mort dans une « rixe ». Il a été lynché en
application d’une doctrine qui théorise la violence comme outil
politique légitime. Ce drame était prévisible. D’autres suivront tant
que nous refuserons de nommer cette réalité.
Ancien
membre du Conseil économique, social et environnemental, directeur du
CERU (Centre d’études et de recherches universitaire), un laboratoire
d’idées indépendant, Olivier Vial est responsable du programme d’études
sur les radicalités et les nouvelles formes de contestations.
L’extrême gauche : faux rempart de la démocratie, vraie machine à violence
Le 14 février 2026, Quentin Deranque, étudiant en
mathématiques de 23 ans, militant identitaire et catholique
traditionaliste, est mort à Lyon des suites d’un odieux lynchage.
Jeté au sol et roué de coups par au
moins six individus masqués et cagoulés en marge d’une conférence de
l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, il a succombé à un
traumatisme crânio-encéphalique majeur deux jours plus tard.
L’enquête, requalifiée en « homicide volontaire aggravé », pointe des suspects liés à la mouvance antifasciste, dont certains fichés S et rattachés à la Jeune Garde (groupe dissous en
juin 2025 mais toujours actif selon les services de renseignement).
Aucune interpellation au 17 février, mais le procureur de Lyon a
confirmé l’extrême violence des faits.
Ce drame n’est pas un accident isolé. Il est le symptôme d’une
violence omniprésente, systématique, exercée par une extrême gauche qui
se présente pourtant comme la gardienne ultime de la démocratie, de la
morale et de la vérité. Son mode d’action ? Les insultes (« raciste», « fasciste », « sioniste », « islamophobe ») et la violence physique ou symbolique quand les mots ne suffisent plus.
L’université, temple supposé du débat libre, est devenue son terrain de chasse privilégié.
Et ce qui s’est passé à Lyon en 2025-2026 n’est que la version
française accélérée de ce qui a ravagé l’université d’Evergreen State
College aux États-Unis en 2017.
Lyon 2025-2026 : deux affaires qui en disent long
Revenons quelques mois en arrière. Le 1er avril 2025, à l’université Lyon 2 (campus Porte des Alpes), le maître de conférences Fabrice Balanche,
spécialiste reconnu du Moyen-Orient et arabophone, donne un cours
ordinaire. Une quinzaine d’individus masqués et encapuchonnés font
irruption. Ils encerclent l’enseignant en hurlant : « Racistes, sionistes, c’est vous les terroristes !
» Le motif ? Balanche avait osé dénoncer, sur CNews, la tenue d’un
iftar (rupture du jeûne du Ramadan) dans une salle universitaire, qu’il
jugeait contraire au principe de laïcité. Pas de coups, mais une intimidation brutale, une interruption forcée du cours, une humiliation publique. La vidéo, devenue virale, montre parfaitement la mécanique : on ne débat pas, on empêche.
La présidente de Lyon 2, Isabelle von Bueltzingsloewen, condamne l’incident… tout en reprochant ensuite à Balanche de « caricaturer » l’université comme « gangrenée par l’islamo-gauchisme ».
Classique. L’extrême gauche nie le problème, accuse le lanceur d’alerte
et inverse les rôles. Balanche porte plainte. L’affaire fait scandale
dans la presse, mais les sanctions restent symboliques. Quelques mois
plus tard, le climat est tel que des militants identitaires et
antifascistes s’affrontent autour de la conférence Rima Hassan. Résultat
: un mort. Quentin Deranque n’était pas un « néofasciste violent
» comme le décrivent certains médias ; ses proches le présentent comme
un jeune pieux, engagé dans l’aide aux pauvres, prônant un militantisme
pacifique. Peu importe : pour l’extrême gauche, il était du « mauvais camp ». Donc légitime à lyncher.
Ces deux affaires lyonnaises ne sont pas
des exceptions. Elles illustrent un schéma répété sur tous les campus
français : toute voix dissidente est assimilée à l’« extrême droite », donc à éradiquer par tous les moyens.
Insultes d’abord, puis blocage, puis violence si nécessaire.
Le modèle américain : Evergreen State College, 2017, le laboratoire parfait
Ce schéma, la France le copie consciencieusement depuis des années.
La preuve la plus flagrante se trouve dans une vidéo française de 2019, «
Evergreen et les dérives du progressisme » (disponible sur YouTube,
plus de 1 million de vues à l’époque), qui dissèque avec une précision
chirurgicale ce qui s’est passé à l’université d’Evergreen, dans l’État
de Washington. Le narrateur prévient d’emblée : « Tout ce que vous allez voir maintenant est déjà en train d’arriver en France. » En 2026, force est de constater qu’il avait raison.
Evergreen, petite fac progressiste, accueille un président ultra-gauchiste, George Bridges, arrivé en 2015. Pour lui, l’« égalité » ne suffit plus. Il veut l’« équité »
: une dictature de la bien-pensance où chaque individu est d’abord
défini par son appartenance à un groupe opprimé ou oppresseur (couleur
de peau, sexe, genre, pronoms). Les professeurs se présentent aux
nouveaux étudiants en listant leurs « privilèges » : « Je suis blanc, donc je reconnais mon privilège. » Les cartes de visite portent les pronoms. Les mails aussi. L’antiracisme intersectionnel devient religion d’État.
Le narrateur explique : « L’équité, pour eux, c’est combattre le
racisme systémique. Sauf qu’il n’y avait pas de racisme concret à
Evergreen. Alors on invente le racisme systémique : un gaz invisible,
partout, impalpable. Le seul moyen de le combattre ? Accepter son
existence sans jamais demander à le voir, car demander des preuves,
c’est déjà être raciste. » Robin DiAngelo, prêtresse de la « fragilité blanche », est invitée. Son concept ? Si un Blanc se défend quand on l’accuse de racisme, c’est de la « fragilité blanche ». Débat impossible : toute défense est invalidée d’avance.
Puis vient le rituel grotesque : une réunion où le personnel doit « monter dans le canoë de l’équité ». Symbolique, avec projections de vagues et sons immersifs. Les Blancs doivent demander la
permission d’entrer, se soumettre publiquement. Un administrateur haut
placé, visiblement brisé, ânonne des phrases vides, les mains derrière
le dos sur ordre des étudiants qui lui interdisent de gesticuler (« comportement oppressif »). La salle rit. Le narrateur : « Objectif : exercer un pouvoir et humilier. »
Une prof de cinéma fait répéter à ses élèves 39 questions pour « identifier leur blanchité ». Ces questions deviennent une « œuvre d’art » exposée en musée. Minorité active (30 % des étudiants) impose sa loi à la majorité silencieuse par peur d’être « annulée »
: déshumanisée, harcelée, violentée. Le narrateur cite des témoignages
d’anciens élèves : impossible d’exprimer le moindre désaccord sans
risquer l’annulation totale.
Brett Weinstein, professeur de biologie depuis 15 ans, déclenche l’orage. Tradition annuelle : le « Day of Absence », où étudiants et personnel de couleur s’absentent volontairement pour que les Blancs ressentent leur « rôle ». En 2017, le comité inverse : les Blancs sont priés de ne pas venir. Weinstein écrit un mail poli : « Si c’est volontaire pour les uns, ok. Mais imposer l’absence aux Blancs, c’est de la ségrégation. » Le mail est publié. Les militants d’extrême gauche l’encerclent à la sortie d’un cours : « Vous ne parlerez pas !
» Ils refusent qu’il réponde. La police du campus intervient : les
étudiants blancs forment un bouclier humain devant les Noirs « pour les protéger du raciste policier ». Le policier est repoussé. Les étudiants déforment totalement les faits dans un communiqué : « Le policier a tenté d’agresser les étudiants de couleur avec son bâton. »
Réunion de crise de deux heures dans une cafétéria : 150 étudiants
hurlent contre Weinstein, exigent son renvoi. Pas un seul exemple
concret de racisme. Le président Bridges se fait humilier : on lui
ordonne de mettre les mains derrière le dos. Il obéit. Les étudiants
rient. Un étudiant enregistre après la réunion : « Arrêtez d’utiliser
la raison et la logique. Si une personne de couleur est offensée, c’est
raciste. Point. La science ? C’est du savoir blanc, donc invalide pour
parler de racisme. »
Le lendemain, prise de pouvoir totale : les militants séquestrent le
personnel dans la bibliothèque. Bridges demande la permission d’aller
aux toilettes : refus. Des étudiants patrouillent armés de battes de
baseball. Une étudiante déclare devant caméra : « Il faut se débarrasser des mauvaises herbes »
(en parlant des opposants). Weinstein, qui habite en face, doit
traverser une forêt surveillée par ces groupes. La police lui
déconseille le vélo. En voiture, les militants bloquent la route pour
contrôler chaque véhicule.
L’université sombre dans l’anarchie. Brett Weinstein finit par
partir, mais gagne 500.000 dollars de dommages et intérêts en justice.
Evergreen devient la risée nationale, inscriptions en chute libre, frais
augmentés. Le narrateur conclut : « Ce n’est pas une histoire de
racisme. C’est une histoire de pouvoir. Ces gens ne croient en rien
d’autre. Ils utilisent une idéologie toute faite comme arme pour
anéantir la liberté d’expression. Et la France importe ça à 100 %. »
En France, le même sabotage social est en cours
Le parallèle est saisissant. En France, les concepts d’« équité », d’« intersectionnalité », de « racisme systémique », de « privilège blanc » ont envahi les amphis via les syndicats étudiants d’extrême gauche (Solidaires Étudiants, ex-UNEF, Poing Levé, Jeune Garde, Union Étudiante). Les interruptions de cours se multiplient : Balanche n’est qu’un exemple parmi d’autres. Les « safe spaces », les déprogrammations de conférences (Zemmour, Onfray, etc.), les occupations violentes, les tags « mort aux fachos » sur les murs des facs de Nanterre, Tolbiac, Lyon 2, Strasbourg.
L’islamo-gauchisme, nié par certains ministres mais reconnu par
d’autres (Élisabeth Borne en 2025), renforce le cocktail : alliances
entre militants pro-Palestine radicaux et syndicats gauchistes pour imposer une lecture décoloniale de l’histoire, où la France est toujours coupable. Résultat : des étudiants juifs ou « blancs » se sentent ostracisés, des professeurs autocensurent.
La chasse aux syndicats de droite : Cocarde et UNI dans le viseur
Le summum de l’hypocrisie ? La traque systématique des seuls syndicats qui osent s’opposer : la Cocarde Étudiante et l’UNI (Union Nationale Interuniversitaire), classés à droite, voire extrême droite pour la première.
La Cocarde, fondée en 2015, se veut « syndicat du camp national
». Elle défend la préférence nationale aux CROUS, la laïcité, s’oppose à
l’immigration massive. Résultat : agressions répétées. Exemples récents
(2025-2026) :
Janvier 2026, Nanterre : militants Cocarde accusés par la gauche d’agression (version contestée ; la Cocarde dénonce l’inverse).
Octobre 2025, Nantes : attaque antifas lors d’un hommage à Lola, portrait piétiné.
Aix-en-Provence, élections CROUS : bagarres.
Sorbonne : tractage agressé par une quinzaine d’individus.
Lyon, Lille, Grenoble (février 2026,
élections CROUS) : jets de peinture, intimidations, violences physiques
sur stands UNI/Cocarde selon l’UNI (onze agressions recensées le premier
jour).
Multiples plaintes pour cutters, battes, cagoules.
L’UNI, plus « classique » à droite (gaulliste à l’origine,
aujourd’hui alliée RN/LR sur certains points), subit le même sort.
Accusations croisées de saluts nazis dans certaines sections
(Strasbourg, Toulouse 2025), mais aussi agressions documentées par des
antifas : séquestrations, menaces, cyberharcèlement. En 2025, à Nantes,
exclusion d’une présidente UNI pour « propos racistes » (selon
la fac), annulée par le Conseil d’État qui condamne l’université. À
Grenoble, suspension d’agrément pour Union Étudiante de gauche après
dénonciation de liens avec Israël… pendant que les locaux UNI sont
attaqués.
Les syndicats de gauche (Solidaires, Poing Levé, ex-UNEF) et les
collectifs antifas revendiquent ouvertement de « virer les fachos» des campus. Ils bloquent les élections CROUS, taguent, occupent, agressent. La Jeune Garde, dissoute mais toujours active, est citée dans des dizaines de rapports de renseignement comme structure violente. Pourtant, c’est toujours la droite qui est montrée du doigt comme « violente ». Inversion accusatoire parfaite : on agresse, puis on crie à la « récupération politicienne » quand la victime meurt.
Hypocrisie totale : ils se disent démocrates, ils agissent en totalitaires
L’extrême gauche se pare des oripeaux de la morale : défense des
opprimés, antifascisme, vérité. Mais son action est purement
destructrice. Comme à Evergreen, elle ne cherche pas le progrès social :
elle sabote. Elle humilie les « privilégiés » (Blancs, hommes, hétéros, patriotes), interdit le débat (« pas de plateforme pour les fachos
»), utilise la violence quand elle perd le contrôle narratif. En France
comme aux USA, une minorité arrogante impose sa loi à une majorité
silencieuse par peur de l’« annulation » : perte d’amis, notes, bourse, réputation.
Le narrateur d’Evergreen l’avait vu : « Ces gens ne croient en rien à part le pouvoir […] c’est une histoire de pouvoir ». Selon lui, « l’extrême gauche française s’inspire aujourd’hui à 100 % de l’extrême gauche américaine » via des médias propageant cette idéologie nauséabonde. Et il prévient : tout cela est « déjà en train d’arriver en France », avec le même « conditionnement psychologique » (rituels de repentance, listes de privilèges, peur de l’annulation).
Quentin Deranque paye de sa vie cette impunité. Fabrice Balanche continue de témoigner malgré les menaces.
Des dizaines de militants Cocarde et UNI portent plainte chaque année pour des agressions qui n’aboutissent presque jamais.
Pendant ce temps, le gouvernement hésite, les présidents d’université courbent l’échine, les médias mainstream minimisent (« violences politiques réciproques »).
Il est temps de nommer les choses.
L’extrême gauche n’est pas la défenseuse
de la démocratie : elle en est l’ennemie la plus dangereuse parce
qu’elle opère de l’intérieur, avec le drapeau des droits de l’homme.
Ses moyens ? Insultes pour disqualifier, violence pour faire
taire. Son objectif ? Le pouvoir total sur les esprits et les corps.
La mort de Quentin n’est pas une « bavure ». C’est
l’aboutissement logique d’années d’impunité. Si rien ne change –
dissolution effective des groupes violents, protection réelle des
dissidents, retour au débat libre –, les campus français deviendront des
Evergreen à répétition. Et les lynchages, hélas, ne s’arrêteront pas
là.
Mais la gêne du camp du bien et de leur pouvoir en voie d’une différente pensée à la leur, l’unique, privilégie la violence, pire un assassinat pour une politique idéologique !
C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse
Paris, ce joyau culturel mondial, abrite le musée du Louvre,
considéré comme le plus grand et le plus prestigieux du monde avec ses
collections inestimables et ses millions de visiteurs annuels. Pourtant,
derrière les façades somptueuses et les chefs-d’œuvre immortels,
une série de scandales révèle une
gestion déplorable, marquée par des failles sécuritaires béantes, des
fraudes internes et une impunité flagrante.
Le récent démantèlement d’un réseau de fraude à la billetterie,
impliquant des employés du musée, n’est que la pointe de l’iceberg d’un
établissement qui semble naviguer à vue, au détriment de son patrimoine
et de ses finances publiques.
Une fraude à la billetterie d’une ampleur inouïe
Le 10 février 2026, une vaste opération policière a secoué les couloirs du Louvre, aboutissant à l’interpellation de neuf personnes soupçonnées d’une escroquerie organisée à grande échelle.
Parmi elles, deux employés du musée, plusieurs guides touristiques et
un individu présumé être le cerveau du réseau, ont été placés en
détention provisoire. L’enquête, ouverte en juin 2025 pour escroquerie
en bande organisée, blanchiment et corruption publique, porte sur un préjudice estimé à plus de 10 millions d’euros. Les
suspects auraient mis en place un système sophistiqué impliquant des
faux billets, du surbooking et des ventes illégales, débutant dès l’été
2024 et impliquant des tours opérateurs extérieurs.
Cette fraude n’est pas isolée : elle s’étend même au château de
Versailles, soulignant un réseau tentaculaire qui a profité des
faiblesses internes des institutions culturelles françaises. Les
autorités ont saisi près de 1,5 million d’euros en espèces et sur des
comptes bancaires, une partie des fonds ayant été investie dans
l’immobilier en France et à Dubaï. Comment un musée de cette envergure,
qui génère des revenus colossaux, a-t-il pu laisser prospérer un tel
système sans détection préalable ? Cette affaire met en lumière des
contrôles internes défaillants et une supervision laxiste, permettant à
des employés de trahir leur institution pour un enrichissement
personnel.
Le vol rocambolesque des joyaux de la couronne : un fiasco sécuritaire prévisible
À peine quatre mois après un vol spectaculaire qui
a ébranlé le monde culturel, le Louvre se retrouve à nouveau sous les
feux des projecteurs. Le 19 octobre 2025, entre 9h30 et 9h37, quatre
malfaiteurs ont orchestré un cambriolage digne d’un film hollywoodien
dans la Galerie d’Apollon. Arrivés sur deux scooters, ils ont utilisé un
camion équipé d’une nacelle télescopique pour accéder au balcon du
premier étage, brisé une fenêtre à l’aide d’une disqueuse, menacé les
agents de sécurité, fracassé les vitrines et emporté huit artefacts
inestimables des Joyaux de la Couronne française. Parmi les pièces
volées : un collier d’émeraudes et une paire de boucles d’oreilles de
l’impératrice Marie-Louise, un diadème et un collier de saphirs
(comportant 8 saphirs et 631 diamants) des reines Marie-Amélie et
Hortense, ainsi qu’une boucle d’oreille assortie. La couronne de
l’impératrice Eugénie a été brisée et abandonnée sur place, signe
possible d’une opération menée par des amateurs malgré son organisation
apparente.
Les indices laissés derrière – deux disqueuses, un chalumeau, de
l’essence, des gants, un talkie-walkie, une couverture, un gilet jaune
et un casque de moto – témoignent d’une fuite précipitée, mais aussi
d’une sécurité dérisoire.
Les vitrines étaient brisables à la
disqueuse, les alarmes volumétriques désactivées au moment de
l’ouverture, et le balcon accessible sans barrières renforcées.
Un rapport de
la Cour des Comptes de 2024 avait pourtant dénoncé ces défaillances
sécuritaires, ignorées malgré l’annonce d’un plan de 700 à 800 millions
d’euros en 2025. Le Louvre, moins protégé qu’une bijouterie de
quartier, a ainsi offert sur un plateau d’argent des trésors nationaux à
des voleurs qui ont opéré en plein jour, sans que quiconque
n’intervienne efficacement. Deux hommes ont depuis été arrêtés pour leur implication dans ce vol, mais les joyaux restent introuvables.
Une gestion déplorable : scandales en série et failles structurelles
Ces incidents ne sont que les symptômes d’une mauvaise gestion
chronique au Louvre. Considéré comme le musée le plus grand du monde,
avec plus de 10 millions de visiteurs par an, il accumule les
controverses. En 2019, une grève massive des
employés avait dénoncé une surcharge due à l’afflux touristique, menant
à des conditions de travail infernales et des risques pour les œuvres.
Plus récemment, en 2022, le musée a été impliqué dans un scandale de trafic d’antiquités
égyptiennes, où des pièces acquises illégalement ont été restituées
sous pression internationale, révélant des lacunes dans les procédures
d’acquisition.
Ajoutez à cela des problèmes infrastructurels récurrents : le 10
février 2026, jour même de l’opération policière contre la fraude, une
importante fuite d’eau a été constatée dans une salle du musée, potentiellement endommageant des œuvres d’art. Cette « situation d’urgence »
illustre une maintenance défaillante, où les infrastructures
vieillissantes menacent le patrimoine. Des rapports internes et
externes, comme celui de la Cour des Comptes, pointent du doigt une
bureaucratie inefficace, des budgets mal alloués et une absence de
modernisation. Le partenariat avec Abu Dhabi en 2017 a également fait
l’objet de critiques pour des soupçons de corruption et de blanchiment
culturel, sans suites judiciaires notables.
Malgré ces dysfonctionnements, le Louvre continue d’opérer sans véritable réforme.
La direction, souvent issue de
nominations politiques, semble protégée par un voile d’impunité,
priorisant l’image touristique sur la sécurité et l’intégrité.
Aucune sanction malgré l’évidence : une impunité scandaleuse
Le plus accablant dans cette saga est l’absence totale de sanctions.
Malgré les rapports accablants de la Cour des Comptes, les vols et
fraudes à répétition, aucun dirigeant n’a été limogé ou poursuivi pour négligence. Les employés impliqués dans la fraude font face à la justice, mais la hiérarchie, qui a laissé prospérer ces failles, reste intouchée. Même après le vol des joyaux, qualifié de « casse du siècle »,
les responsables sécuritaires n’ont pas été tenus pour responsables,
perpétuant un laxisme institutionnel qui rend ces scandales prévisibles.
Cette impunité renforce l’idée d’une France en déliquescence, où les
institutions culturelles, piliers de l’identité nationale, sont livrées
à l’incompétence sans conséquences.
Il est temps que le Louvre, symbole de grandeur, soit géré avec la
rigueur qu’il mérite. Sans sanctions exemplaires et une refonte
profonde, ces scandales ne feront que se multiplier, au grand dam des
contribuables et des amateurs d’art du monde entier.
Lecornu Cède à Bruxelles et Condamne les Français à des Factures Exorbitantes
En ce début d’année 2026, la France se trouve à un carrefour
énergétique critique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en
octobre 2025 par Emmanuel Macron, s’apprête à signer la troisième
Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3),
un décret qui, selon de nombreux
critiques, sacrifie la souveraineté énergétique française sur l’autel
des exigences bruxelloises.
Ce document,
présenté le 12 février 2026 lors d’un déplacement dans le Jura, vise
officiellement à accroître la production d’énergie décarbonée d’ici
2035, en relançant le nucléaire tout en maintenant un développement des
renouvelables. Mais derrière ces objectifs affichés, se cache une
capitulation face à l’Union européenne (UE), aggravée par les sanctions
anti-russes qui ont fait exploser les prix de l’énergie. Les
Français, déjà accablés par des factures exorbitantes, paient le prix
fort pour une politique qui tire une balle dans le pied de la nation,
malgré un parc nucléaire performant qui devrait garantir une électricité
bon marché.
Lecornu, le pantin de Bruxelles ?
Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, a été propulsé à Matignon dans un contexte de crise politique, succédant à un gouvernement instable.
Sa décision de promulguer la PPE3 par
décret, sans passer par un vote au Parlement, est vue par les opposants
comme un passage en force pour éviter les débats houleux.
« Le Premier ministre doit écouter les experts avant de promulguer la PPE 3″, alerte un article du Figaro, soulignant les risques d’un texte décrié. Fabien Bouglé, expert en politique énergétique et directeur de publication de Transitions et Énergies, n’hésite pas à qualifier cette PPE3 de « sabotage énergétique » et de « trahison ». Dans une publication sur X, il accuse Lecornu de vouloir « passer la #PPE3 de force », promouvant un dossier sur l’ « écologie punitive stop ».
Les critiques pointent du doigt la pression de l’UE. Nicolas Dupont-Aignan, dans un reel Facebook, dénonce que Lecornu
soumet la France à la Commission européenne, détruisant l’avantage
nucléaire français et multipliant par dix les éoliennes offshore, ce qui
doublerait la facture d’électricité. En effet, la PPE3 révise à la
baisse les objectifs d’éolien terrestre et de photovoltaïque, mais
maintient un cap sur les renouvelables intermittents, aligné sur les
directives européennes. « La France persiste à saborder sa filière nucléaire », s’insurge un éditorial du Figaro.
Pourquoi céder à Bruxelles alors que la
France possède l’un des parcs nucléaires les plus performants au monde,
capable de produire une électricité abondante et à bas coût ?
Les sanctions Antirusses : une bombe à retardement pour les factures françaises
Les Français souffrent déjà d’une hausse exorbitante des prix de l’énergie, et la PPE3 ne fera qu’aggraver la situation. Au 1er février 2026, votre facture d’électricité aurait dû baisser d’environ 7 %, d’après une étude Hello Watt, dans le sillage de la baisse des prix de marché. Mais vous n’en verrez pas la couleur
: le prix du tarif réglementé de l’électricité reste stable en février
et pour les six prochains mois. Une stabilité en trompe-l’œil : ce tarif
demeure encore 30 % plus cher qu’en 2021. Et si le prix des heures
creuses baisse, celui des autres options tarifaires EJP et Tempo
augmentent : +6,2 % TTC en moyenne pour Tempo. En 2026, les tarifs
réglementés de l’électricité devraient rester stables en février, avec
une légère baisse de 0,83 % proposée par la Commission de Régulation de
l’Énergie (CRE), mais la facture globale reste 20 % plus élevée qu’en 2021.
La fin de l’ARENH (Accès Régulé à
l’Énergie Nucléaire Historique) en 2025 et l’indexation sur les marchés
internationaux pourraient entraîner une hausse de 150 € par an par
ménage dès 2026.
Cette flambée est en grande partie due aux sanctions anti-russes imposées par l’UE depuis le conflit Russo-Ukrainien en 2022. L’Europe
a réduit drastiquement ses importations de gaz et de pétrole russes,
troquant le gaz bon marché contre du GNL américain beaucoup plus coûteux
et moins écologique.
Résultat : les prix de l’électricité en Europe ont doublé entre 2021 et 2023.
En France, malgré un parc nucléaire couvrant 60-70 % de la production
électrique, les prix sont couplés au gaz via les mécanismes de marché
européens, amplifiant l’impact des sanctions. « Les sanctions ont conduit à une explosion des prix de l’énergie », note un rapport, avec des coûts quatre fois plus élevés qu’aux États-Unis.
Le 20e paquet de sanctions de
l’UE, adopté en février 2026, cible encore l’énergie russe, interdisant
des services maritimes aux tankers et abaissant le plafond des prix du
pétrole. Ces mesures ont boomerangé sur l’Europe : fragmentation
économique, inflation et dépendance accrue à des fournisseurs onéreux.
La France, qui importait peu de gaz russe directement, paie
indirectement via les marchés interconnectés. « L’Europe s’est tiré une balle dans le pied »,
résume un analyste, en remplaçant le gaz russe par du GNL américain
hors de prix tout en achetant encore des hydrocarbures russes via des
circuits détournés.
La France se tire une balle dans le pied : nucléaire sacrifié, factures explosives
Avec 56 réacteurs nucléaires, la France devrait bénéficier d’une électricité à bas coût.
Pourtant, la modulation forcée des centrales pour intégrer les
renouvelables intermittents pose des risques de sécurité et augmente les
coûts, alertent les syndicats. La PPE3, en confirmant six EPR2 et huit
en option, semble pro-nucléaire, mais elle prolonge des orientations
coûteuses, comme le déploiement d’éoliennes marines (15 GW d’ici 2035),
alignées sur l’agenda vert de l’UE. « C’est la fin de sa carrière politique si Lecornu promulgue la PPE », prédit Bouglé.
Les Français, déjà confrontés à une hausse de 400 € sur leur
facture en raison de la crise ukrainienne, voient leur pouvoir d’achat
érodé. Greenpeace critique la PPE comme « archaïque et réactionnaire », tandis que La France Insoumise dénonce un « 49.3 contre l’intérêt du pays ». En
cédant à Bruxelles et en perpétuant les sanctions qui profitent aux
lobbies étrangers, Lecornu condamne la France à une dépendance
énergétique coûteuse. Il est temps de reconquérir notre souveraineté : stop à l’écologie punitive, vive le nucléaire français indépendant !
E) - Philippe
Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a
événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se
dessinera »
Les élections municipales des 15 et 22 mars prochains, ne
seront des municipales comme les autres, pensez-vous. Qu’est-ce qui a
changé ?
Nous ne sommes pas dans le cadre d’un jeu d’alternance classique, où
les municipales étaient l’occasion d’une sanction du pouvoir national de
droite ou de gauche, comme en 2008 où la droite locale est sanctionnée,
ou en 2014 où c’est la gauche locale qui est encore plus durement
sanctionnée. Faute d’ancrage local fort du macronisme, une sanction
éventuelle contre E. Macron ne peut plus se traduire de la même façon.
Aujourd’hui, toutes les forces politiques sont sous pression de ces
municipales. Car elles ne sont plus structurées par une bipolarisation
homothétique sur les plans national et local, qui favorisait un vote
sanction. Même s’il n’y avait pas toujours vote sanction (en 1989 et
1995, juste après une présidentielle, notamment). Il y a désormais de
multiples enjeux liés à la fragmentation politique.
Or les élections municipales, c’est un scrutin où il y a toujours une
forte bataille symbolique au soir du premier tour, et surtout au soir
du second tour, pour donner aux Français « la » lecture politique du
scrutin. C’est une bataille de « narratifs » partisans, arbitrée par les
médias. Avec des victoires ou des défaites symboliques, qui influencent
toute la lecture du scrutin.
Prenons des exemples. En 2001, ce qui est finalement resté, c’est que
la gauche avait gagné Lyon, Dijon, et surtout Paris. Alors qu’une
lecture plus complète aurait dû être, que la gauche avait perdu beaucoup
de villes de sous-préfectures et de préfectures, que beaucoup de
ministres du gouvernement Jospin avaient été battus, parfois même
sèchement battus. Ce qui annonçait la présidentielle 2002. En 2026,
comme en 2001, je le souligne au passage, le premier déterminant du vote
en termes d’enjeux, c’est la sécurité des personnes et des biens, avec
en plus le narcotrafic comme élément aggravant.
Cette année nous aurons à nouveau une bataille symbolique sur
quelques grandes villes où chaque force politique tentera de tirer la
victoire à lui, en se fondant sur certains résultats et en oubliant
d’autres. D’autant que, comme en 2001, nous sommes à un an de la
présidentielle.
Est-ce qu’on voit se dessiner dans les enquêtes une mobilisation
forte ou moyenne, en tout cas supérieure à celle qu’on a connue en 2020 ?
« La prime aux sortants » existe-t-elle toujours
La seule affirmation catégorique que je ferai, c’est que les Français
vont plus voter le 15 mars 2026 qu’ils ne l’ont fait le 15 mars 2020 !
Le jeudi avant le vote, il y a 6 ans, la rumeur monte d’une annulation
du scrutin, et l’annonce par Edouard Philippe le samedi vers 17-18h de
la fermeture des écoles, des restaurants, des lieux de loisirs, des
cafés et cinémas a un impact psychologique massif. Avec à la clef 58%
d’abstention et une élection très étrange sociologiquement, où il y a eu
un sous-vote des catégories de plus de 65 ans qui d’habitude votent
plus que la moyenne.
Par retour à une situation normale, sans doute, on votera plus en
2026, qu’en 2020. Avec deux « mais » néanmoins : la campagne a commencé
beaucoup plus lentement qu’en 2014, ( à Paris, c’est flagrant). Et
deuxième réserve, au-delà de « l’accident » de 2020 : depuis 2001, on
vote à chaque fois moins aux municipales que dans l’élection précédente.
Moins de votes en 2008 qu’en 2001, moins en 2014 qu’en 2008. Est-ce que
la participation va être intermédiaire entre l’accident de 2020 et
cette baisse tendancielle ? Le point de comparaison intéressant sera
2014.
Je vois deux scénarios et je n’arrive pas à trancher entre les deux.
Cela dépendra de l’intensité finale de la campagne, du maire sortant, de
son bilan. Premiers scénario qu’on peut appeler trivialement, « tous
dans le même sac » : on ne supporte plus la politique à l’échelle
nationale, il ne se passe plus rien, le pays est bloqué ; dans ce
cadre-là, je reprends le titre du livre de notre ami Brice Teinturier : «
Plus rien à faire, plus rien à foutre », je suis dans une situation
d’exit, à quoi bon aller voter ? » Ce serait un « aquabonisme » national
qui contaminerait le local.
Deuxième scénario alternatif (la vérité sera entre les deux, en
fonction des villes), c’est : « ce qui se passe à l’échelle nationale me
désole, le pays est à l’arrêt, mais je vois des élus sur le terrain
dans ma ville qui sont l’exact opposé de ce qui se passe au national.
J’ai un élément de réassurance forte, je vais aller voter ».
En 2020, du fait du Covid, il y avait eu une abstention qui était
très homogène, forte dans toutes les catégories sociodémographiques, y
compris chez les plus de 65 ans je l’ai dit, qui localement peuvent
« faire l’élection ». Cette année, il peut y avoir, en particulier avec
la nouvelle loi PLM, une envie d’aller voter plus à Marseille, Lyon et
Paris que la dernière fois. Ce sera très lié à la situation locale. Et
en 2026, on n’a pas le sentiment, comme en 2020, que la prime aux
sortants soit aussi forte. Pas mal de maires sortants ont l’air en
difficulté relative.
Même si, dans des élections municipales, le dégagisme reste toujours à
la marge. La règle, non écrite mais réelle, c’est de reconduire les
équipes municipales sortantes. En 2014, quand la gauche perd 171 villes
de plus de 10 000 habitants, record absolu, cela ne représente que
quelques pourcents de villes, passant de gauche à droite, dans cette
vague bleue. Encore une fois c’est une élection dont l’interprétation,
la lecture, est souvent très symbolique, car le « résultat national »,
ou sa perception, se joue sur quelques grandes villes.
Mais je partage le constat que des maires sortants dans des villes
importantes sont plus en difficulté. Le niveau d’exigence des citoyens
augmente, parce qu’ils n’ont pas de réponse politique à l’échelle
nationale. Cela se confirme très fortement quand on regarde les
déterminants du vote, les enjeux. Aujourd’hui, c’est 1 sécurité, 2
santé, 3 accès aux soins, 4 dettes. Soit en réalité trois enjeux
nationaux ! Trois enjeux presque régaliens, qui ne sont pas traités ou
insuffisamment traités à l’échelle nationale, et qui ruissellent vers la
sphère locale. Des maires nous disent pour la première fois qu’ils
sentent une critique en termes d’impuissance, en termes d’inaction. Il y
a des ferments de défiance parce que la crise du national a un impact
sur le regard, la relation représentant-représenté-maire-administré.
Une autre remarque qui va dans le même sens : on n’est pas non plus
dans des municipales comme les autres en termes de motivation du vote.
Traditionnellement, dans le triptyque bilan-incarnation-projet, le bilan
domine très fortement. Or dans mes dernières enquêtes, le projet arrive
en tête, le bilan n’est que troisième, ce qui ne veut pas dire qu’il ne
compte pas. L’automaticité « je suis maire sortant, j’ai un bon bilan,
je ne peux que gagner » est moins forte, et je l’explique encore par la
crise de la politique nationale. Puisqu’il n’y a pas de projet, de cap
au national, on va chercher une projection dans sa ville.
Entrons dans l’éventail des forces politiques. Est-ce que le
RN ne pourrait pas être la « surprise » de ces municipales, au vu des
intentions de vote qu’il obtient au niveau national ?
On peut déjà écrire ce que dira le RN au soir des deux tours : « Nous
progressons ». Ce qui est quasi sûr, parce que ce parti présente tout
simplement plus de listes dans les villes de plus de 10 000 qu’en 2020.
Pour pouvoir voter RN, encore faut-il avoir une liste RN chez soi ! Le
RN va pouvoir dire aussi : « Nous conservons la plupart de nos villes »,
c’est quasi sûr aussi. Et avec plus de listes présentées, ils pourront
enfin dire facilement : « Nous progressons aussi en termes de
conseillers municipaux ». 2020 a de plus été un mauvais cru pour le RN.
Les sondages avaient été trop flatteurs pour eux, parce que le RN a été
très touché par la « sur-abstention » exceptionnelle de cette année-là.
Les vrais tests, cette année pour le RN, ce seront des villes comme
Nîmes, Toulon, Lens, où c’est indécis (Marseille ne peut passer au RN
qu’en cas de quadrangulaire, mais ce serait bien sûr un symbole). Et il y
a une ville qui n’est pas RN mais qui passe un peu trop sous les
radars, c’est Nice. C’est très, très indécis entre E. Ciotti soutenu par
le RN et C. Estrosi le maire sortant. Ce serait aussi un grand symbole
qu’une victoire de Ciotti, un symbole de victoire de « l’union des
droites », qui ferait « loupe » dans la bataille médiatique dont je
parlais au début.
Est-ce que la force favorite du premier tour, je dis à dessein du
premier tour seulement, de la présidentielle, sera déjà dans une
situation de mise sur orbite grâce aux municipales ? On jugera s’il y a
un effet d’impulsion de la présidentielle sur les municipales, avec
l’argument que le RN utilise souvent : « Tenez bon, on arrive »…
Parlons de la gauche. On a le sentiment que l’opposition
PS-LFI va structurer cette élection pour la gauche, mais peut-être
est-ce un effet de loupe sur Paris ou Marseille ?
Quand on est sur des matchs PS-LFI, le PS est largement devant, à
Montpellier, à Paris, ailleurs le plus souvent. Le PS, comme LR ou l’UDI
ou même le PC, reste est une force très importante à l’échelle locale
et la force dominante dans les villes de plus de 100 000 habitants. Et
bien sûr, les sortants PS ont des atouts.
Le PS peut conserver Lille, Marseille. Montpellier sera sans doute
conservé. Ils peuvent aussi gagner des villes comme Saint-Étienne,
peut-être Toulouse, et regagner Strasbourg même si c’est serré face à la
droite. Mais attention à la perte symbolique, 25 ans après, de Paris,
et Paris c’est fort indécis. Paris va être le centre de gravité pour le
PS, quels que soient leur gains éventuels ailleurs. Un peu comme en
2001…
Un mot sur les écologistes, après la « vague » en 2020 ?
C’était une petite vague, en réalité, mais les villes gagnées étaient
symboliquement très fortes, excepté Poitiers. Elles ont été d’ailleurs
gagnées sans maire sortant socialiste ou de droite en face. Ce qui
illustre l’adage selon lequel, quand un maire sortant ne se représente
pas, le jeu local s’ouvre fortement. Les écologistes sont sans doute la
force qui joue le plus gros en mars prochain. Lyon semble perdu et
Strasbourg paraît bien mal parti. Il y aurait un vrai sentiment de coup
d’arrêt, d’enseignement inverse à 2020, après des européennes déjà très
médiocres en 2024, avec 5% péniblement atteints. Même s’ils semblent
pouvoir conserver Bordeaux, Tours et Poitiers, « l’arc de l’Ouest ».
L’enjeu climatique, dans les déterminants du vote, vient loin
derrière l’insécurité, la dette, les soins, la propreté, la drogue, le
logement. Il y a 6 ans, à même époque, on aurait peut-être parlé des
marches hebdomadaires du climat avec les jeunes. Il y a aujourd’hui deux
phénomènes d’opinion que j’entends dans les études qualis » qui
expliquent ce recul de l’enjeu climatique. Le premier, c’est « on n’y
arrivera pas, c’est un phénomène inéluctable, c’est fichu ». Et le
deuxième qui est plus diffus mais qui sort quand même pas mal, je
l’appelle « messieurs les Anglais tirez les premiers ». Nous, Français,
faisons tellement d’efforts sur ces questions ! Demandez d’abord aux
Allemands de fermer leurs centrales à charbon. Demandez aux Américains,
aux Russes, aux Chinois de faire des efforts. Nous, on en fait déjà
trop ». Les citoyens sont de plus en plus intéressés par la situation
internationale…
Quant aux macronistes, leur ancrage local les pénalise…
Le fait d’avoir peu de sortants en 2020 continue à les pénaliser.
Alors ils ont certes quelque espérances de victoire comme à Annecy. Il
faut surtout souligner qu’ils ne se présentent que dans 2-3 villes de
plus de 100 000 habitants sous leur étiquette. J. M. Aulas n’est pas
Renaissance, J. L. Bournazel n’est pas Renaissance. À Marseille, les
macronistes sont chez M. Vassal, qui est LR… Il y a une vraie continuité
avec les municipales de 2020 qui avaient été si mauvaises pour eux.
Justement, pour finir, à LR, quel est l’enjeu ?
Ce parti n’a plus qu’une ville de plus de 100 000 habitants, Nîmes,
alors qu’ils avaient Toulouse et Nice, mais Moudin a quitté LR pour
rejoindre Horizons, comme C. Estrosi à Nice. LR, en tant que parti,
reste cependant très fort dans des villes qui passent sous les radars
médiatiques, des villes de sous-préfecture, des villes moyennes. Pour
LR, l’enjeu politico-médiatique du scrutin, c’est : « On garde nos
villes sortantes ».
Ils peuvent certes avoir une bonne surprise, à Strasbourg par exemple où ils ont un très bon candidat, et c’est incertain au 2ème
tour. Mais, dans l’ensemble, LR paraît assez loin de la victoire pour
des villes très symboliques. Même si R. Dati qui est LR, l’emporte à
Paris, on rappellera qu’elle est ministre d’E Macron depuis deux ans. JM
Aulas à Lyon est soutenu par LR mais n’en est pas issu. Un peu comme
pour Renaissance, ce seraient pour LR des victoires par procuration, pas
des victoires directes. La ville de plus de 100 000 habitants qui les
concernent vraiment, c’est Nîmes. Et à Nîmes, il y a une vraie division à
droite, sans maire sortant. Le RN à Nîmes peut l’emporter.
Si la petite musique qui préfigure la présidentielle, c’est « le RN, a
gagné des villes parce qu’il y a des électeurs de droite qui ont voté
au second tour sans problème pour la liste RN », c’est un sacré signe
pour l’élection présidentielle. J’ai été frappé, dans l’enquête que j’ai
faite pour la « Provence » sur Marseille début décembre, par la
proximité entre la structure sociologique du soutien à Martine Vassal
allié à Renaissance et celle de F. Allisio le candidat RN. Alors c’est
le « RN du sud » bien sûr. Mais tout de même, ça m’a marqué.
S’il y événement dans ces municipales, cela viendra du RN , voilà ce
qui se dessine. A vérifier à Toulon, à Marseille, à Nice, à Nîmes les 15
et 22 mars.
Philippe Guibert est consultant, enseignant et chroniqueur TV. Il a publié en 2024 Gulliver Enchainé, le déclin du chef politique en France
(Cerf). Il a été directeur du service d information du gouvernement
(SIG) et directeur de la communication dans diverses structures
publiques. Il a dirigé la rédaction de la revue Medium de Régis Debray.
Frédéric Dabi réalise des enquêtes électorales depuis 25
ans, et c’est à la lumière de son expérience politique et des enquêtes
qu’il mène qu’il nous livre son analyse d’un scrutin municipal qui ne
ressemblera pas aux précédents. Les attentes de l’opinion ont changé à
l’égard du local depuis la dissolution et la situation nationale de
blocage qui en a résulté et la « prime aux sortants » paraît moins forte
qu’en 2020. Un scrutin certes local, mais « contaminé par le national »
où le RN, peut-être, peut faire événement.