Affichage des articles dont le libellé est Quentin Deranque. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Quentin Deranque. Afficher tous les articles

février 23, 2026

Quen tin homme est tué lâchement ! Quand on sème la guerre civile dans les mots, on ne maîtrise plus ceux qui la récoltent dans la rue !

Sommaire:

A) - Quand on sème la guerre civile dans les mots, on ne maîtrise plus ceux qui la récoltent dans la rue.

B) - Le parquet de Lyon requiert l’homicide volontaire dans le meurtre de Quentin Deranque : l’ombre de LFI et de ses affidés 

C) - Meurtre de Quentin Deranque : de l’ignorance devant la violence en politique

 


L’extrême droite et l’extrême gauche françaises, quels que soient les noms sous lesquelles elles se dissimulent, sont en réalité complices. Avec un but commun: s’opposer au deuxième tour de la prochaine élection présidentielle, pour favoriser la victoire de l’extrême-droite, faire disparaître ainsi les partis démocratiques et s’opposer ensuite par la violence sur les ruines de la démocratie . Trop de petits politiciens , de partis de droite et de gauche, leur servent de marchepied ..
Jacques Attali
@jattali
 


 

A) - Quand on sème la guerre civile dans les mots, on ne maîtrise plus ceux qui la récoltent dans la rue.

Les mots sont des briquets. La rue est l’essence.

Lyon, 12 février 2026. Un étudiant de vingt-trois ans, Quentin Deranque, converti récemment au catholicisme, passionné de mathématiques, meurt après une agression d’une violence extrême devant Sciences Po, dans un contexte de confrontation politique où l’antifascisme sert, depuis des années, de bannière et de justification à des pratiques de rue. Il y a, dans ce genre de scène, un détail toujours insoutenable : le banal — un sac à dos, une écharpe, un trottoir froid — qui survit à l’idéologie. On nous demandera de nous indigner, de pleurer, de tweeter notre « sidération ». Mais ce meurtre n’est ni un accident ni une surprise : c’est le produit terminal d’un ensauvagement politique installé, nourri, entretenu, dont les responsables ont une stratégie, des intérêts, une méthode. À commencer par La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon, non pas comme commanditaires d’un acte, mais comme producteurs d’un climat. Ce qui s’est joué sur le bitume lyonnais n’est pas un « dérapage » isolé, c’est l’aboutissement logique d’une rhétorique de guerre civile patiemment installée, légitimée par un parti qui a fait de la désignation d’ennemis absolus son principal mode de mobilisation. L’enquête dira les noms. Moi, je décris le climat qui fabrique les coups. Entre l’hémicycle et la rixe, il n’y a pas un monde : il y a un escalier.


Mais il serait trop confortable de s’en tenir à ce constat. La responsabilité est plus large, plus diffuse, plus collective que le seul camp mélenchoniste. L’État a toléré pendant des années la professionnalisation de milices violentes, au prétexte qu’elles frappaient les « bons » ennemis. La droite a joué avec ses propres marges radicalisées tout en dénonçant celles d’en face. Les médias ont spectacularisé la violence de rue comme un folklore tant qu’il n’y avait pas de mort. Et nous tous – intellectuels, journalistes, universitaires, citoyens – avons accepté que la politique française devienne un théâtre de confrontation où l’adversaire est systématiquement réduit à un ennemi, où le conflit régulé cède la place à l’affrontement physique, où le visage de l’autre disparaît sous l’étiquette politique qu’on lui colle. Il n’y a pas de spectateurs dans une guerre civile : il n’y a que des retardataires. En tant que Juive, je sais où mènent les sociétés qui tolèrent le lynchage politique : elles finissent, tôt ou tard, par faire payer les Juifs. L’histoire européenne a une pente : quand la foule apprend à frapper, les Juifs finissent toujours par payer. Je refuse de me taire. Et je refuse le mensonge commode selon lequel « personne n’est vraiment responsable ». Tout le monde l’est. À commencer par Mélenchon. La neutralité, dans la violence politique, n’est pas une position : c’est une démission.

Hannah Arendt a établi une distinction fondamentale entre pouvoir et violence dans Du mensonge à la violence : le pouvoir naît de l’action concertée d’hommes libres dans un espace commun, tandis que la violence surgit précisément quand ce pouvoir s’effondre, quand plus personne ne croit aux institutions capables d’organiser le conflit. Ce qui s’est passé à Lyon ressemble à cela : une faillite du pouvoir, remplacé par la violence brute. Concrètement : quand le pouvoir recule, la violence prend la place. Toujours. Max Weber définissait l’État moderne par le monopole de la violence légitime sur un territoire donné, monopole qui n’est pas simple affaire de force mais garantie que la violence sera exercée selon des règles impersonnelles, prévisibles, égales pour tous. Le monopole, c’est la digue : quand elle cède, la rue devient tribunal. Ce monopole wébérien, l’État français l’a laissé se déliter, et parfois avec une étrange complaisance. Pendant des années, il a pratiqué une tolérance sélective envers des milieux d’ultragauche violents : la Jeune Garde a été associée, à répétition, à des agressions documentées, des mises en examen, des plaintes – Lyon, Paris, Strasbourg : une géographie de la violence politique. En mai 2024, huit de ses militants ont été mis en examen pour l’agression d’un adolescent de quinze ans dans le métro parisien, soupçonné d’être proche de la Ligue de défense juive, frappé et sommé de crier « Vive la Palestine ». Incapacité de travail : douze jours. L’agression est filmée, revendiquée. Et malgré cela, l’impression dominante fut longtemps celle d’une réponse lente, fragmentée, insuffisante. La dissolution intervenue ensuite n’a pas effacé les réseaux ; elle a rarement suffi à dissoudre les habitudes. La fermeté de plateau a remplacé la cohérence de terrain.

Pourquoi cette tolérance ? Parce que ces milices frappaient les « bons » ennemis : l’extrême droite, les identitaires, les nationalistes. L’État a sous-traité, de facto, une part de sa fonction répressive à des supplétifs privés, envoyant un message dévastateur : il existerait des zones grises où la violence politique devient acceptable si elle sert les bons objectifs. L’État n’a pas seulement fermé les yeux : il a donné l’habitude. Dans ces zones, le monopole wéberien n’existe plus. Des groupes privés s’installent, se professionnalisent, se croient autorisés à « faire la police » à la place de la police. La zone grise, c’est l’endroit où l’État remet ses clés à la foule. La responsabilité de l’État est donc double : il a renoncé à son monopole, et il a créé les conditions matérielles de la violence privée. Quentin Deranque est mort dans cette zone grise, là où l’État avait abdiqué. Mais cette abdication n’aurait pas suffi sans le discours qui l’a préparée, légitimée, rendue pensable. Ce discours a un nom : celui de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise. On n’a pas besoin de donner un ordre pour donner une permission.

Carl Schmitt a théorisé au début du 20ᵉ siècle la distinction ami/ennemi comme essence du politique, montrant aussi que cette logique, poussée à son terme, transforme inévitablement la politique en guerre civile. C’est, depuis 2017, une dynamique que Mélenchon a alimentée, durcie, théâtralisée. Chaque discours, chaque rassemblement, chaque tweet construit méthodiquement une opposition binaire : « eux » – les riches, les policiers, les fascistes, les sionistes, les « chiens de garde médiatiques » – contre « nous », le peuple, les opprimés, les antifascistes. Ce n’est pas une simple polarisation électorale : c’est une grammaire de guerre civile où l’ennemi politique cesse d’être un adversaire avec qui l’on partage un monde commun pour devenir une menace existentielle qu’il faudrait « dégager », « neutraliser », « empêcher ». Schmittiser la politique, c’est militariser les esprits. « La police tue », répète Mélenchon en boucle, transformant toute intervention policière en violence illégitime. « Les riches se sont ensauvagés », assène-t-il, retournant l’accusation d’ensauvagement contre les classes dirigeantes. Le lexique, constamment, flirte avec l’insurrection : appels à la « mobilisation générale », à « ne plus obéir », à « renverser » le pouvoir. Transformer l’adversaire en ennemi, c’est transformer la politique en champ de tir.

Cette rhétorique n’est pas innocente. La science politique montre que la radicalisation discursive des élites peut produire, mécaniquement, une radicalisation pratique des bases. Quand un leader politique désigne des ennemis absolus, il autorise implicitement ses troupes à « neutraliser » ces ennemis. Mélenchon ne dit pas explicitement « frappez les fascistes ». Mais sa rhétorique construit un monde où « frapper les fascistes » devient un acte de légitime défense politique, presque un devoir moral. Les travaux de Sommier, Crettiez, Lebourg sur la violence politique montrent que les passages à l’acte ne sont jamais de simples accidents : ils résultent de processus de socialisation, d’environnements militants qui normalisent la violence, de discours qui la légitiment. La violence ne surgit pas : elle s’apprend. La radicalisation fonctionne souvent en quatre temps : socialisation dans un groupe fermé qui devient famille de substitution ; construction d’un ennemi déshumanisé (le « facho », le « collabo », un corps sans visage) ; normalisation progressive de la violence, d’abord verbale puis symbolique puis physique ; validation du passage à l’acte par le groupe et parfois, par l’impunité. LFI participe à ce schéma, constituant un environnement permissif : un écosystème où la violence n’est jamais explicitement ordonnée mais trop souvent implicitement autorisée. Désigner. Déshumaniser. Autoriser. Célébrer. Voilà la chaîne.

Raphaël Arnault incarne, symboliquement, cette porosité entre radicalité de rue et vitrine institutionnelle. Fondateur de la Jeune Garde, présenté par des médias comme fiché S pour des faits liés à des violences et à des milieux radicaux, il est aujourd’hui député LFI. Son assistant parlementaire, Jacques-Élie Favrot, est mentionné dans des récits et signalements publics comme ayant été impliqué dans les faits autour de l’agression de Quentin. Si ces faits et ces liens sont confirmés, alors une ligne rouge est franchie : celle qui sépare l’ombre militante de la responsabilité institutionnelle. LFI ne pourra pas dire « nous ne savions pas ». Arnault n’est pas un militant anonyme : c’est un élu investi, défendu, maintenu. Quand certains révèlent son fichage, les cadres relativisent : « une fiche S n’est pas une condamnation ». Certes. Mais l’enjeu politique n’est pas seulement pénal : c’est la culture qu’on tolère, la symbolique qu’on valide, le message qu’on envoie. La présence d’Arnault au sein de LFI n’est pas un hasard : c’est une stratégie de lien avec des milieux capables de mobiliser la rue, d’intimider, de créer un rapport de force. La Jeune Garde n’est donc pas seulement un groupe « externe » : c’est, dans l’imaginaire, une force amie — tolérée, soutenue, valorisée comme rempart. Investir, c’est endosser. Défendre, c’est assumer. Ce n’est pas un dérapage quand c’est un casting.

 

Après chaque violence attribuée à l’ultragauche, LFI suit trop souvent le même script : silence initial ; condamnation molle et générique (« nous condamnons toutes les violences ») ; retournement victimaire (« le vrai problème, c’est la violence d’État », « on instrumentalise cette mort pour nous salir »). Jamais de rupture nette, jamais de désaveu clair, jamais d’autocritique sur la rhétorique qui nourrit ces violences. Silence. Formule. Renversement. Toujours la même mécanique. Quand Mélenchon finit par s’exprimer, sa parole s’accompagne d’une dénonciation des « calomniateurs » plus que d’une remise en question du discours qui rend cette violence pensable. La compassion utilisée comme bouclier, c’est une seconde violence.

La scène du 12 février n’oppose pas des anges à des démons, mais deux radicalités qui partagent le même langage de force, les mêmes codes, la même fascination pour la confrontation. Les responsabilités ne sont pas symétriques — mais les mécanismes se répondent. D’un côté, des jeunes nationalistes, identitaires, proches du collectif Némésis – ce féminisme identitaire qui articule protection des femmes et rejet de l’immigration –, venus « assurer la sécurité » d’une action contre Rima Hassan. Pour eux, défendre l’honneur du groupe – femmes, nation, foi – exige de tenir la rue. De l’autre, des antifas ancrés dans une culture de l’autodéfense antifasciste qui fait de l’affrontement un devoir moral : la présence d’identitaires devant Sciences Po devient une provocation insupportable, un territoire à défendre. Les travaux comparatifs sur les radicalités de gauche et de droite révèlent des trajectoires souvent similaires : jeunesse, socialisation militante intensive, groupe qui devient famille, goût du risque, virilisation par la violence, ritualisation du combat de rue. Les corps se ressemblent, les scripts se répondent. Les camps se haïssent, mais ils se ressemblent : même culte de la force, même ivresse du groupe.

Anthropologiquement, la scène lyonnaise ressemble à une vendetta moderne : une question d’honneur où l’autre camp incarne une souillure symbolique qu’il faudrait expulser. La violence collective suit une logique de vendetta : il ne s’agit pas de « punir » un individu pour ce qu’il a fait, mais de « venger » l’honneur du groupe en frappant un membre du groupe adverse. Quentin, ce soir-là, n’est plus un individu : il devient un signifiant – le « facho » – un corps sur lequel on règle un compte politique. Emmanuel Levinas a placé le visage d’autrui au cœur de l’éthique : le visage n’est pas une image, c’est une présence fragile qui commande « Tu ne tueras point ». Mais pour que le visage apparaisse, il faut accepter de voir l’autre comme un sujet singulier, irréductible à une étiquette. Quentin Deranque avait un visage : étudiant brillant, passionné de mathématiques, converti récent au catholicisme, pratiquant d’une paroisse lyonnaise, décrit par ses proches comme « joyeux », « calme », « intellectuel ». Pour ses agresseurs, ce visage n’existait pas. Il était une catégorie. Et la réduction de l’individu à une étiquette est la condition du lynchage. Le lynchage commence quand le prénom s’efface. Tant qu’il est Quentin, on hésite. Dès qu’il est “facho”, on frappe.

LFI fabrique méthodiquement cette disparition du visage. Quand Mélenchon et ses cadres parlent des « fascistes », des « collabos », des « chiens de garde », ils ne désignent pas des individus : ils créent des catégories déshumanisées qu’il devient légitime de « neutraliser ». Hannah Arendt a montré dans Eichmann à Jérusalem que la banalité du mal ne réside pas dans le sadisme, mais dans la capacité de personnes ordinaires à ne plus voir l’humanité de ceux qu’elles frappent lorsqu’un système idéologique leur dit que c’est légitime. Les militants qui ont frappé Quentin ne sont peut-être pas des monstres. Ce sont des jeunes gens persuadés que frapper un « fasciste » est un acte de justice. C’est cette banalité-là qui est terrifiante. Le pire n’est pas le monstre : c’est l’homme ordinaire persuadé d’être du bon côté. La pureté morale est l’excuse préférée des mains sales.

Le gouvernement et la droite hurlent aujourd’hui contre « l’ultragauche meurtrière ». Ils n’ont pas tort de nommer le phénomène. Mais leur indignation arrive après des années de laisser-faire, de tolérance sélective, d’hypocrisie structurelle. Les services savaient. Les rapports existaient. Les signaux s’accumulaient. Et pourtant : rien, ou si peu ; trop tard, trop fragmenté, trop opportuniste. Ils feignent de découvrir ce qu’ils ont laissé prospérer. Quand l’État arrive après la bataille, il ne gouverne plus : il commente.

Pourquoi ? Parce que dénoncer « l’ultragauche » est politiquement rentable sans être stratégiquement coûteux. On peut faire des discours de fermeté, mobiliser un électorat sans assumer une ligne claire : aucune milice, d’aucun bord, n’a sa place dans l’espace public. La science politique parle de tolérance répressive sélective : on frappe très vite certains groupuscules, on ferme les yeux sur d’autres tant qu’ils cognent les « bons » adversaires. Cette géométrie variable est dévastatrice : elle envoie le message qu’il existe des zones où la violence politique est admise, voire utile. Dans ces zones, les milices prospèrent. Ils veulent la peur, pas la paix : la peur vote, la paix s’oublie.

Et la droite ? Marine Le Pen et Marion Maréchal exigent « justice pour Quentin », dénoncent le « lynchage », accusent « la milice de Mélenchon ». Leur indignation est compréhensible. Mais elle bute sur leurs propres ambiguïtés : fascination pour la force, théâtralisation de la confrontation, complaisances passées avec des services d’ordre et des marges radicalisées. On ne peut pas passer sa vie à théâtraliser la guerre interne et découvrir un matin, stupéfait, que des jeunes y croient. Personne ne veut vraiment désarmer la violence politique, parce que tout le monde y trouve son compte : LFI mobilisée par l’antifascisme radical, la droite mobilisée par la peur de l’ultragauche, l’État produit des gesticulations répressives sans cohérence. Et pendant ce temps, des corps tombent. On ne combat pas les milices des autres en caressant les siennes. On ne joue pas à la guerre civile sans finir par la provoquer.

Je ne peux pas écrire cet article sans assumer ma position de parole. Je suis juive. Cette identité n’est pas accessoire : elle porte une mémoire, celle des sociétés qui tolèrent le lynchage politique. Les Juifs savent ce que signifie une société où des milices s’arrogent le droit de désigner l’ennemi et de le frapper. Cela commence toujours par d’autres – les « fascistes », les « traîtres », les « bourgeois », les « contre-révolutionnaires » – et cela finit toujours par nous atteindre. Je reconnais les signaux faibles : c’est notre métier de survivants. La Jeune Garde s’est déjà trouvée mêlée à une agression à tonalité antisémite : un adolescent frappé dans le métro parisien, sommé de crier « Vive la Palestine » parce qu’on le soupçonnait d’être proche de la LDJ. LFI a, trop souvent, banalisé un discours où l’antisionisme radical ouvre un espace ambigu : obsession contre Israël, soupçon de « lobby sioniste », glissement où « sioniste » devient synonyme d’ennemi absolu. Quand on admet que des groupes s’arrogent le droit d’expulser « les fascistes » de l’espace public, il ne faut qu’un pas pour qu’ils décident demain d’expulser « les sionistes », puis les Juifs identifiables. Aujourd’hui “facho”. Demain “sioniste”. Après-demain “Juif”. Les étiquettes changent, le geste reste.

Je ne peux pas me taire face à la mort de Quentin Deranque. Non pas parce qu’il serait « mon camp » mais précisément parce que je sais où mène l’acceptation du lynchage politique. Si l’on tolère qu’un jeune catholique nationaliste soit lynché pour ce qu’il pense, alors on accepte le principe même que des identités politiques, religieuses, nationales deviennent des motifs de mise à mort. Dans ce monde-là, il n’y a plus de garantie pour personne. Et nous, les Juifs, le savons mieux que quiconque : nous sommes toujours parmi les premières cibles quand la violence politique devient normale. Le visage de Quentin Deranque doit être le dernier à disparaître sous les coups. Si nous laissons passer ce meurtre sans exiger une rupture radicale avec toutes les cultures de la violence politique, nous aurons perdu le droit de nous dire civilisés. Je refuse le tri des morts. Je refuse le confort des camps. Je refuse qu’on apprenne à tuer au nom d’un slogan.

Quentin Deranque est mort parce que des militants d’ultragauche l’ont frappé jusqu’à ce que son crâne cède. Mais ces militants n’ont pas agi dans le vide : ils ont agi dans un environnement politique qui rend cette violence pensable, valorisable, justifiable. Mélenchon porte une responsabilité politique directe : il a installé une rhétorique où l’ennemi politique devient menace existentielle ; il a trop souvent refusé une condamnation claire des violences de son camp idéologique ; il a accepté la porosité avec des figures radicales ; et, au moment du drame, sa parole a semblé davantage préoccupée par la défense de son image que par l’interrogation de sa stratégie. La justice dira les auteurs. La politique, elle, a déjà écrit le décor. Le crime a ses mains. L’époque a ses phrases.

Mais d’autres sont aussi responsables. L’État, qui a toléré la professionnalisation de milices violentes par calcul ; la droite, qui peine à regarder ses propres ambiguïtés ; les médias, qui ont théâtralisé la violence de rue ; nous tous, qui avons accepté que la politique devienne guerre et que le visage de l’autre disparaisse sous l’étiquette. Ici, la responsabilité a plusieurs visages : le calcul, la lâcheté, le cynisme, le confort. Ce n’est pas un incident : c’est un écosystème.

Quentin, il y a quelque chose qui manque dans nos tribunes : l’humilité. Alors je vais la poser là, nue, comme un aveu. Pardon.

Pardon de n’avoir pas su — parce que nous avons appelé “folklore” ce qui était déjà une méthode ; nous avons appelé “tension” ce qui était déjà une guerre ; nous avons appelé “radicalité” ce qui était déjà une permission de frapper.

Pardon de n’avoir pas pu — parce qu’un État qui tolère des zones grises fabrique des zones noires, et qu’un pays qui hésite à dire non finit par ne plus savoir empêcher.
Mais le pire, Quentin, c’est le troisième : pardon de n’avoir pas voulu.
Pardon d’avoir préféré nos prudences à ta sécurité. Pardon d’avoir préféré nos camps à ta vie.

Pardon d’avoir préféré nos postures à ton visage.

On ne tue pas seulement avec des poings : on tue avec des lâchetés accumulées.
Et si je te demande pardon, ce n’est pas pour effacer la faute de ceux qui t’ont frappé. C’est pour rappeler ceci : il n’y a pas d’innocence confortable quand la violence politique devient une langue.
Quentin, pardon de n’avoir pas su, pas pu, pas voulu. Et que ce pardon devienne enfin une exigence : plus jamais.

Car ce qui est exigible maintenant n’est pas une indignation de circonstance, mais une rupture : LFI doit rompre clairement avec toute forme de violence politique, assumer une ligne de séparation nette avec les milieux violents, désavouer publiquement la Jeune Garde et ses héritiers, exclure Raphaël Arnault ; l’État doit démanteler toutes les milices sans tolérance sélective. La droite doit assumer une ligne cohérente contre toutes les cultures de confrontation physique. Nous devons tous refuser la disparition du visage : arrêter de réduire nos adversaires à des étiquettes, exiger que chaque personne reste un sujet singulier, même quand on combat ses idées. Le mot « ensauvagement », si galvaudé, désigne précisément cela : la destruction des normes qui rendent possible la vie en commun, la régression vers un état où seul compte le rapport de force, où la parole cède devant le coup. Refuser l’ensauvagement, ce n’est pas réclamer un consensus mou : c’est imposer une ligne infranchissable. Aucun camp n’a le droit de tuer. Aucun discours politique ne peut préparer, excuser ou minimiser le lynchage. Tant que nous ne le dirons pas à tous, avec la même force, nous continuerons à compter les morts. Et les prochains ne seront peut-être pas des nationalistes catholiques. Ce seront peut-être des Juifs, des militants, des étudiants, des policiers. Peu importe : dans une société ensauvagée, personne n’est à l’abri. Les prochains cadavres seront sur nos consciences à tous. À commencer par celle de Mélenchon.

Même règle. Même fermeté. Même honte. Zéro milice, zéro excuse, zéro double standard. La civilisation, c’est une ligne. On la tient, ou on tombe.

Fundji Benedict

Fundji M. Benedict-Van Limbergen*, fondatrice et directrice générale de la Liberty Values ​​& Strategy Foundation, est reconnue pour son expertise multidisciplinaire exceptionnelle et son intégrité sans faille. Polyglotte accomplie, elle maîtrise plusieurs langues et possède des connaissances d'une rare étendue, couvrant les sciences politiques, l'anthropologie, la linguistique, le droit international, les droits humains, les affaires européennes, les études africaines et l'administration des affaires. Forte d'une expérience remarquable à des postes de direction au sein d'entreprises de premier plan aux États-Unis et au Canada, elle a élaboré des stratégies transformatrices pour des organisations multinationales, tirant parti de sa profonde compréhension des dynamiques internationales complexes et relevant des défis multiformes avec une précision stratégique et une clarté éthique exemplaires. Soumise régulièrement à la sollicitation d'experts pour ses analyses pertinentes des enjeux mondiaux pressants et pour sa position inébranlable contre l'antisémitisme et le terrorisme, ainsi que pour sa fine compréhension des réalités géopolitiques, elle est une voix de confiance dans le domaine du plaidoyer international. Dans chacune de ses entreprises, elle incarne la force de l'expertise multidisciplinaire, d'un leadership intègre et d'une perspective globale grâce à une vision stratégique, une vaste expérience professionnelle et une excellence académique. La Dre Benedict ne se contente pas d'influencer les débats ; elle impulse un changement transformateur avec intégrité et excellence, au carrefour du monde universitaire, des politiques publiques et des droits humains internationaux. *La Dre Fundji M. Benedict-Van Limbergen est reconnue professionnellement sous le nom abrégé de Dre Benedict, sous lequel elle a publié de nombreux articles scientifiques. Cette appellation est conforme aux conventions académiques en matière d'abréviation des noms, tout en préservant sa reconnaissance scientifique sur toutes les plateformes.



 B) - Le parquet de Lyon requiert l’homicide volontaire dans le meurtre de Quentin Deranque : l’ombre de LFI et de ses affidés 

Des réquisitions lourdes qui exposent un crime politique

Le parquet de Lyon a requis ce 19 février la mise en examen pour homicide volontaire de sept suspects, ainsi que leur placement en détention provisoire.

Parmi eux, deux sont directement visés pour les coups mortels, tandis que Jacques-Élie Favrot, alias Jeff, ancien assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, est mis en examen pour complicité d’homicide volontaire par instigation. Il reconnaît sa présence sur les lieux et des violences, mais nie avoir porté les coups fatals. L’enquête, ouverte pour violences aggravées en réunion, dissimulation du visage et association de malfaiteurs, confirme la nature politique du lynchage du jeune militant patriote de 23 ans, survenu le 12 février en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.

Les ramifications directes avec La France Insoumise

Parmi les interpellés figurent plusieurs membres ou proches de la Jeune Garde antifasciste, groupe dissous en juin 2025 mais qui agissait comme partenaire régulier de LFI et du Nouveau Front Populaire. Jacques-Élie Favrot, cofondateur de ce groupe à Lyon, y occupait un rôle de cadre loyal, formé à la violence de rue et chargé de « frapper » lors des confrontations avec les patriotes. Un témoignage recueilli par la presse révèle le fonctionnement interne : la Jeune Garde assurait souvent le service d’ordre des événements insoumis, coordonné par Favrot, et ses membres étaient récompensés par des postes parlementaires. La phrase choc du témoin résume le système : « On fait le sale boulot et on est remercié avec des postes. » (voir ici).

Un système de complaisance à l’Assemblée nationale

L’affaire met au jour un traitement de faveur inédit au sein de l’institution. Un autre collaborateur de Raphaël Arnault, Robin Chalendard, apparaissait sur le site de l’Assemblée sous le pseudonyme Robin Michel, une démarche exceptionnelle accordée à la demande du député et validée par la division de la gestion financière.

Ce pseudonyme n’a pas été déclaré à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), soulevant des questions sur une transparence à deux vitesses réservée à l’extrême gauche.

L’utilisation présumée de moyens parlementaires pour coordonner des actions de rue et des services d’ordre violents interroge directement sur la frontière entre mandat public et militantisme : emplois fictifs ? Financement indirect de la violence ?

L’hypocrisie du maire écologiste de Lyon

Dans ce climat, le maire EELV de Lyon, Grégory Doucet – allié électoral de LFI en 2022 –, demande à la préfecture d’interdire la marche d’hommage à Quentin prévue samedi, invoquant des « risques de troubles à l’ordre public ». Pourtant, la mairie a elle-même collaboré avec la Jeune Garde et d’autres organisations d’extrême gauche, qualifiées de « camarades de combat » par le maire lui-même, notamment avec le Planning familial.

Refuser un hommage serein aux victimes tout en ayant travaillé main dans la main avec les milices présumées responsables du lynchage révèle une hypocrisie moralisatrice flagrante.

L’extrême gauche, faux rempart de la démocratie et vraie machine à violence

Ce drame n’est pas un fait divers isolé. Il incarne l’ultra-violence systémique d’une extrême gauche qui se pare du manteau de la démocratie tout en organisant des guet-apens mortels contre ses opposants politiques. Dissoute sur le papier, la Jeune Garde continue d’agir à travers ses réseaux et ses relais parlementaires. LFI, qui condamnait mollement le meurtre tout en maintenant son soutien à ces « alliés », se retrouve prise à son propre piège : celui d’une complaisance structurelle envers la violence de rue, financée et protégée par des postes publics. Le pouvoir centriste, par son silence complice ou son refus de nommer clairement les responsabilités, laisse prospérer cette machine à broyer les dissidents.

Un signal d’alarme pour la République

Le parquet a fait son travail en requérant des qualifications lourdes et des détentions. Mais le vrai scandale dépasse le judiciaire :

il est dans ce système où des assistants parlementaires financés par l’argent public orchestrent potentiellement des agressions mortelles, où une mairie « citoyenne » protège ses anciens partenaires violents tout en interdisant l’hommage aux victimes, où l’extrême gauche tue au nom de l’antifascisme sans jamais être inquiétée durablement.

Quentin Deranque, étudiant en mathématiques de 23 ans, n’est pas mort d’un banal règlement de comptes. Il est mort pour ses idées, lynché par une milice politique tolérée par ceux qui prétendent défendre la démocratie. L’heure n’est plus aux demi-mesures : la transparence totale sur les liens LFI-Jeune Garde, la fin des traitements de faveur à l’Assemblée et la dissolution réelle de ces réseaux sont désormais des exigences minimales de l’État de droit.

https://multipol360.com/le-parquet-de-lyon-requiert-lhomicide-volontaire-dans-le-meurtre-de-quentin-deranque-lombre-de-lfi-et-de-ses-affides/



C) - Meurtre de Quentin Deranque : de l’ignorance devant la violence en politique

Ce n’est ni la première ni la dernière fois qu’un jeune homme dans la vingtaine laisse sa vie sur le pavé à l’occasion d’une séquence de violence politique. Âge des passions, âge de l’engagement, âge de l’amour de l’absolu. L’ensemble des réactions publiques à ce meurtre jette l’observateur dans la consternation pour deux raisons : les leçons de morale, ou plus exactement de moraline, ce jus de cadavre de la morale, tiennent lieu d’analyse, d’une part, l’étonnement généralisé, d’autre part. Je m’étonne qu’on s’étonne du surgissement de la violence politique. La droite ne se souvient pas de Pierre Overney, ce jeune militant de la Gauche prolétarienne, abattu en 1972 par un employé de la sécurité de l’usine Renault à Billancourt où sévissait une milice patronale aux ordres de la direction.

 

Sottise et inhumanité du moralisme.

De fait, les cris et récriminations des uns et des autres devant la violence dans laquelle Quentin Deranque a été broyé sonnent faux. Quand ils semblent sincères, c’est encore pire : ils trahissent l’inculture et la sottise. Dans cette affaire, la morale n’est que de la « com », de l’affichage : elle appartient au jeu politique, au même titre que la violence. Je le dis avec plus de justesse : dans ces discours, la morale n’est qu’un déguisement que prend la politique, autrement dit elle est une violence faite à l’honnêteté intellectuelle. Ne perdons pas de vue la leçon de Julien Freund : la violence est analytiquement contenue dans l’essence de la politique. Le philosophe range la violence dont Quentin Deranque fut la victime la plus récente dans la quatrième catégorie des violences politiques, celle des « formes les plus spontanées, mais aussi les plus tumultueuses et les plus désordonnées, souvent les plus innocentes (…), troubles qui sont pour ainsi dire propres à la vie des collectivités qui tout à coup s’agitent pour toutes sortes de raisons » (Julien Freund, L’Essence du politique, p. 516). Attention : il ne faut pas voir dans l’affirmation de l’instrumentalisation, qui fonctionne à plein régime ces jours-ci, de la morale par la politique, une condamnation (qui ne pourrait être prononcée que d’un point de vue moral, et dont la démagogie saute immédiatement aux yeux) de la politique. Pareille posture, trop fréquente aujourd’hui, de rejet de la politique à partir de la morale, serait plus qu’imbécile, inhumaine ; en effet, arguer de la morale pour récuser la politique en raison de la participation de la violence à son essence revient à ignorer que l’homme est l’animal politique, autrement dit ce serait empêcher les hommes d’accéder à leur humanité.

Ce n’est pas la mort de Quentin Deranque qui est instrumentalisée par la politique, c’est la morale.

 

Les dangers de la censure.

La stabilité d’un système politique repose sur le refoulement de la violence. De nos jours – ce n’était le cas ni jadis ni naguère – la violence verbale se trouve criminalisée, c’est-à-dire refoulée, autant que la violence physique. Un danger apparaît : si des conceptions dites violentes, dites plus ou moins arbitrairement haineuses, des rapports humains, de la cité, se voient privées de leur droit à l’expression, elles justifieront un jour ou l’autre, quand on ne s’y attendra pas, des violences physiques. Imaginez que l’on décrète haineuses les idées antirépublicaines, celles de Joseph de Maistre par exemple, les idées monarchistes donc, alors qu’en quinze siècles la France n’a vécu que cent cinquante ans en République, la violence qui suivrait inévitablement ici ou là de cette forfaiture ne serait pas illégitime. Le même raisonnement vaut pour les théories politiques marxistes et anarchistes, dont le système pourrait très bien décréter qu’elles sont antirépublicaines, haineuses, etc. On a bien le droit d’être antirépublicain, non ? Ou de proclamer que la propriété c’est le vol, non ? Il se pourrait que l’on proclame la pensée de Marx haineuse parce qu’elle contient une critique des droits de l’homme, l’espoir de l’abolition de la division du travail et de la destruction de l’État. Pareille excommunication serait monstrueuse ; la pente pourtant en est prise. Et que dire de l’éventuel classement comme haineux des discours anti-avortement (que tenait pourtant le philosophe Marcel Conche dans son ouvrage Le Sens de la philosophie, pages 34 et 35), anti-climato-réchauffiste, ou anti-féministe ? L’énergie contenue dans les idées politiques est trop puissante pour qu’il ne soit pas d’une imprudence folle – imprudence dans laquelle, souvent en opposition avec l’opinion publique, comme le montre le projet de loi sur l’euthanasie, l’on se jette comme dans un brasier encore invisible – de les réduire au silence au nom d’arguments moraux.

 

Refoulement de la violence et retour du refoulé.

Revenons sur cette vérité : tout système politique repose sur le refoulement par censure de la violence qui le fonde. Malgré quelques signaux annonciateurs de dérèglements plus graves – les violences dans le cours de certaines manifestations syndicales ou écologistes, et lors de l’épisode, sorte de bande-annonce des jacqueries de demain, des Gilets jaunes –, cette censure a fonctionné de façon satisfaisante ces trente dernières années. Assagi, peut-être trop, notre pays vieillissant paraissait hier matin encore pacifié : la violence politique dans les années soixante et soixante-dix était bien plus courante. Souvenez-vous de l’appel de Sartre en novembre 1968 : « Le pouvoir se prend dans les entreprises et dans la rue » (Situations VIII, Gallimard 2023, p. 129). Ce refoulement est celui d’une partie de son essence par la politique. Nous le savons depuis Freud, auteur que notre époque a tort de ne plus lire : Bien qu’indispensable, car fondamentalement l’homme est un loup pour l’homme, le refoulement se paie cher, généralement par la névrose, souvent par l’explosion de violence, parfois par un gigantesque incendie de violences. L’atonie politique, l’indifférence des Français à la politique, l’incivisme et l’égotisme (qui se remarquent dans l’obsession de la consommation, dans la clôture de chacun sur sa bulle, dans l’éparpillement relevé par Jérôme Fourquet, et dans l’écroulement démographique) sont cette névrose. L’affrontement entre groupuscules d’extrême droite et d’extrême gauche est, en attendant d’autres événements aussi tragiques qu’inévitables, cette violence. Le refoulé profite de crises de la sociabilité, de l’être ensemble, du tissage du Même et de l’Autre qui définit la politique, pour revenir de façon éruptive.

 

Mélenchon est notre Maurras.

Au cœur de ce triste fait divers, qui n’a rien d’exceptionnel, les médias installent, avec quelques bons arguments, sur le trône du diable manipulateur Jean-Luc Mélenchon. Le seul politicien de grand style que possède la France, le seul à prendre la politique au sérieux – je le dis tout en lui étant hostile, et en affirmant haut et fort que je ne voterai jamais pour lui ni pour son parti, en le tenant pour un danger public – est comme la copie en négatif de Charles Maurras entre les deux guerres. Mélenchon incarne une figure désormais rarissime dans le champ politique : une intelligence supérieure, engagée dans la lutte pour le pouvoir compris comme rupture radicale. Maurras : rupture avec ce qu’est la France depuis 1789. Mélenchon : rupture avec ce qu’est la France depuis Hugues Capet. Pour Maurras, il s’agit de retrouver la France, perdue. De la ramener dans l’actuel. Pour Mélenchon, il s’agit de la perdre à jamais. Que nul ne la ramène, qu’elle ne revienne surtout pas. Mais le rapprochement entre ces deux hommes remarquables peut être poussé plus loin. Il ne suffit pas de noter la communauté entre la stratégie de la violence dans la rue dont usa l’Action française et de nombreuses déclarations des hiérarques de LFI à ce propos. La dérive de Mélenchon passe par le racialisme et un rapport troublé aux Juifs. Exactement comme Maurras. La rhétorique de Mélenchon se maurrassise à vue d’œil. La couleur de peau, l’origine ethnique et l’appartenance religieuse sont devenus, dans la phraséologie de Mélenchon, des déterminants de la plus haute importance pour la construction de la France nouvelle, l’élaboration du « nouveau peuple ». Toute son affaire est celle de cette nouvelle France habitée par un peuple nouveau créolisé. Immensément cultivé, penseur passionnant, de haute volée, Maurras tourna son action vers un passé périmé ; plus intelligemment, animé par quelques thèmes communs avec feu le leader maximo de l’Action française, vraisemblablement habité comme lui par une violence intérieure tempétueuse, Mélenchon la tourne vers l’avenir en prenant pour matériau vivant les mutations ethnoculturelles de notre pays. Mélenchon est notre Maurras, à nous, Français du XXIᵉ siècle.

Les Français méritent mieux. La plupart des commentaires des politiques et des médias n’éclairent que peu nos concitoyens. On reste dans le spectaculaire. On désigne le diable – sans se rendre compte qu’on le transforme en futur refuge pour tous les déshérités de l’après-2027, que celui que l’on érige aujourd’hui si fortement en repoussoir encourt la chance de devenir un jour, par le fait même de cette opération d’exorciste, l’asile commun de tous les déçus, de tous ceux qui n’auront plus rien à perdre. Dans une réponse à Emmanuel d’Astier de la Vigerie, Albert Camus estimait que « la violence est à la fois inévitable et injustifiable ». Plutôt que de médiocres leçons de morale et un exercice convenu de diabolisation, la démocratie exige que l’on propose à la réflexion de nos concitoyens des analyses de fond – par exemple, à partir de ce dilemme inévitabilité/injustifiabilité posé par Camus, ou de l’essence du politique chez Freund, ou de la normalité du crime chez Lévy-Bruhl. Oui, la violence est normale en politique, comme le crime l’est en société – ce qui ne revient en rien à les justifier. C’est à partir de là qu’il faut penser : ni rire, ni pleurer, mais comprendre.

Robert Redeker
 
Robert Redeker est un philosophe et professeur agrégé de philosophie. Auteur notamment de Le Déshumain (2001), L’Éclipse de la mort (2017), Les Sentinelles d’humanité (2020) ou Descartes. Le miroir aux fantômes (2025), sa réflexion interroge la condition humaine dans la modernité, la disparition du sens du tragique et l’effacement de la transmission culturelle.

Agrégé de philosophie, Robert Redeker est né en 1954 de parents allemands dans une ferme du Couserans, au cœur des montagnes de l’Ariège. Il a été une quinzaine années durant membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes. Il fut chroniqueur à Libération Livres, Le Monde des Livres, L’Humanité, Bücher/Livres le supplément littéraire du Tageblatt, à Marianne, collaborant aussi au Figaro et au Figaro Magazine. Il produit l’émission L’Entretien Infini sur Radio Kol Aviv. Il est l’auteur de nombreux livres, dont certains sont traduits en italien, en danois, en espagnol, en anglais, et en arabe. Il aimerait qu’ils le soient un jour (avant de mourir) en hébreu et en occitan. Parmi ceux-ci citons : Egobody, Le Soldat impossible, L’Eclipse de la Mort, L’Abolition de l’âme, Éloge spirituel de l’attention, Descartes : le miroir aux fantômes.

https://nouvellerevuepolitique.fr/robert-redeker-meurtre-de-quentin-deranque-de-lignorance-devant-la-violence-en-politique/

 


 

 


 

 

février 17, 2026

France informations mi-février 2026 !

Sommaire:

A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice 

B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée

C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse

D) - Le sabotage énergétique de la France

E) - Philippe Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se dessinera »

 

 

A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice  

Un fait divers qui n’en est pas un : le meurtre politique du 12 février 2026 à Lyon

Le 12 février 2026, aux abords de Sciences Po Lyon, cinq militantes du Collectif Némésis ont été sauvagement agressées après un happening pacifique contre une conférence de Rima Hassan (LFI). Une militante a été victime d’une tentative de strangulation.

 

Quentin Deranque, 23 ans, étudiant en mathématiques, patriote et catholique pratiquant, a été projeté violemment au sol, crâne contre le bitume, puis lynché à coups de pied par une trentaine d’individus encagoulés armés de gants coqués et de lacrymos.

Laissé pour mort, il a été placé en coma artificiel, déclaré en mort cérébrale, a reçu l’extrême-onction et est décédé le 14 février. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « coups mortels aggravés » et « violences aggravées ». Plusieurs témoignages désignent Jacques-Élie Favrot, collaborateur du député LFI Raphaël Arnault et membre de la Jeune Garde.

 L’extrême gauche : toujours donneuse de leçons, jamais responsable de ses violences

Cette mouvance qui se veut le camp du « bien », de l’antiracisme et de la morale universelle, pratique depuis des années une ultra-violence systématique et impunie. Dès que l’on conteste ses dogmes sur l’immigration, l’islam ou le féminisme intersectionnel, on passe automatiquement dans le « camp du mal ». Fasciste, raciste, islamophobe : l’étiquette suffit à justifier le passage à tabac. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez l’a dit sans détour : « C’est manifestement l’ultragauche qui était à la manœuvre. » Pourtant, ces mêmes militants continuent de se présenter comme les victimes et les gardiens de la démocratie.

Pourquoi ressortir la foi catholique et le patriotisme de Quentin comme des circonstances aggravantes ?

Dans les heures qui ont suivi, certains médias et militants de gauche n’ont pas hésité à souligner que Quentin était « catholique pratiquant » et « proche des milieux nationalistes ». Comme si cela justifiait, ou au moins atténuait, son lynchage. Comme si être croyant ou aimer son pays rendait légitime de recevoir des coups de pied dans la tête jusqu’à la mort.

Cette instrumentalisation est abjecte. Elle révèle une haine viscérale envers tout ce qui évoque la France traditionnelle.

LFI : défense acharnée des musulmans, haine constante des catholiques et des juifs

 La France Insoumise défend systématiquement les musulmans contre toute critique (qualifiée immédiatement d’« islamophobie »), tout en attaquant sans relâche les catholiques et en tolérant, voire en alimentant, l’antisémitisme dans ses rangs. Jean-Luc Mélenchon a parlé d’antisémitisme « résiduel » en France. 92 % des juifs français estiment aujourd’hui que LFI contribue à la hausse de l’antisémitisme. Ceux qui hurlent au racisme en permanence pratiquent en réalité une hiérarchie des racismes : les catholiques et les juifs sont les boucs émissaires acceptables, les musulmans les intouchables.

Rima Hassan et la Jeune Garde : le lien embarrassant révélé par Le Canard Enchaîné

Cet ancien article du Canard Enchaîné du 2 juillet 2024 est particulièrement accablant pour la défense de Rima Hassan. On y apprend que la Jeune Garde assurait bel et bien le service d’ordre de l’eurodéputée LFI lors d’une conférence à Paris-Dauphine le 27 mai 2024. En marge de cet événement, huit membres de ce groupe antifa se sont attaqués à un adolescent de 15 ans identifié comme juif : ils l’ont tabassé dans le métro et ont filmé la scène. Mise en examen pour violences en réunion à caractère antisémite.

Étonnamment, le même mode opératoire s’est reproduit à Lyon le 12 février 2026 : la Jeune Garde (dissoute en 2025) était présente aux abords de la conférence de Rima Hassan à Sciences Po, a traqué et lynché des opposants. Le Parlement européen doit lever l’immunité de Rima Hassan pour qu’elle puisse répondre de ses liens répétés avec cette milice violente devant la justice.

La Terreur révolutionnaire : l’ancêtre idéologique assumé de LFI

 Cette violence n’est pas nouvelle. Elle renvoie directement à la période de la Terreur (1793-1794) et au génocide vendéen. Au nom du « salut public » et de la « vertu républicaine », les colonnes infernales de Turreau ont massacré entre 170.000 et 250.000 Vendéens : noyades collectives à Nantes, villages incendiés, femmes enceintes éventrées, enfants empalés, peaux humaines tannées. Les Vendéens étaient traités de « bêtes féroces » et d’« ennemis du peuple ».

La République a volontairement occulté ce génocide. Or la mouvance LFI se revendique explicitement de cet héritage jacobin et révolutionnaire.

Mélenchon et ses lieutenants parlent sans cesse de « révolution citoyenne » et de rupture avec la « Ve République pourrie ». Si on les laissait faire sans frein, on retrouverait demain les mêmes méthodes.

Des sanctions judiciaires et politiques qui doivent être exemplaires

 L’enquête doit aboutir à des mises en examen rapides et à des peines lourdes, avec reconnaissance de la préméditation et de la haine idéologique. Politiquement, il est temps de passer aux actes : 

  • Suspension définitive du député LFI Raphaël Arnault (déjà fiché S depuis 2021, premier député fiché S de l’histoire, condamné en 2022 pour violences).
  • Exclusion immédiate de son collaborateur Jacques-Élie Favrot.
  • Dissolution définitive des groupes, malnommés, antifascistes violents comme la Jeune Garde.
  • Enquête parlementaire sur les liens financiers et logistiques entre LFI et ces milices.

La mort de Quentin Deranque ne doit pas être un fait divers de plus. Elle est le symptôme sanglant d’une extrême gauche qui se croit tout permis au nom du « bien ». Assez de l’impunité. Assez de la morale à deux vitesses. La République doit enfin se défendre.

https://multipol360.com/lultra-violence-de-lextreme-gauche-le-lynchage-de-quentin-deranque-symbole-dune-hypocrisie-moralisatrice/ 

 


B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée

« Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde. » Décrire la terrible agression de Quentin comme le fruit d’une simple rixe entre militants, c’est trahir la vérité des faits, s’empêcher de saisir l’ampleur de ce drame et salir un jeune étudiant de 23 ans laissé pour mort sur un trottoir lyonnais. Son avocat, Me Fabien Rajon, est formel : « La thèse de la simple « rixe » entre deux groupes rivaux ne semble pas correspondre à la réalité des faits : il s’agirait plutôt d’un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée. » Quentin n’avait aucun antécédent judiciaire, n’était ni agent de sécurité ni membre habituel d’un service d’ordre. Il a toujours défendu ses convictions de manière non-violente. Il est aujourd’hui en état de mort cérébrale.

« Rixe », ce mot qui blanchit la violence politique

https://www.lefigaro.fr/vox/politique/mort-de-quentin-a-lyon-les-insoumis-deplorent-les-effets-dont-ils-cherissent-les-causes-20260216

Comme après chaque agression d’une extrême violence commise par l’ultra-gauche, les mêmes réflexes se mettent en place : minimisation des faits, équivalence entre agresseurs et victimes, invocation d’une « rixe » pour diluer les responsabilités. Pourtant, ce qui s’est produit jeudi soir n’a rien d’une surprise. C’est au contraire l’aboutissement prévisible d’une stratégie théorisée, assumée et mise en œuvre méthodiquement depuis une dizaine d’années.

Une doctrine de la violence

Cette violence n’a rien de spontané. Elle s’inscrit dans une doctrine précisément formulée par l’historien américain Mark Bray dans son ouvrage devenu la bible des antifas français : L’Antifascisme : son passé, son présent et son avenir (2018). Pour lui, l’objectif n’est pas de débattre mais d’anéantir socialement et physiquement l’adversaire. Bray l’écrit sans détour : « On ne peut pas toujours changer les croyances de quelqu’un, mais on peut évidemment les rendre trop coûteuses politiquement, socialement, économiquement et parfois même physiquement. »

 C’est le concept de l’« antifascisme du quotidien » : « augmenter le coût social des comportements oppressifs, au point que ceux qui les endossent ne voient d’autres possibilités que de rester dans l’ombre. » Le problème, c’est que ce sont les antifas qui décident seuls de ce qui est « oppressif » et de qui est « fasciste » – une catégorie qui ne cesse de s’étendre. Depuis le début des années 2000, l’Action Antifasciste Paris-Banlieue a élargi le champ du fascisme « au colonialisme, à la question palestinienne, aux violences policières ». En s’appuyant sur la dynamique des luttes intersectionnelles, les antifas ont ainsi créé une véritable machine à « nazifier ». Tous ceux qui s’opposent à eux sont immédiatement considérés comme des fascistes, des nazis. Ils sont ainsi déshumanisés, ce qui facilite et légitime les passages à l’acte violent.

Ne nous y trompons pas : si le harcèlement numérique constitue l’artillerie, la violence physique reste l’infanterie indispensable. Bray est d’un cynisme absolu : « En vérité, la violence représente une toute petite partie – néanmoins vitale – de l’antifascisme. » L’escalade est programmée, résumée par cette formule glaçante : « Tu te bats contre eux à coups de poing pour ne pas te battre à coups de couteau. Tu te bats contre eux à coups de couteau pour ne pas te battre avec des fusils. Tu te bats contre eux avec des fusils pour ne pas te battre avec des tanks. »

Résurgence d’une violence politique de haute intensité

 
C’est au nom de ces « tanks » imaginaires que le jeune Quentin est en état de mort cérébrale, que des militants de l’UNI ont été attaqués au couteau à Strasbourg, tabassés avec de gants coqués à Toulouse, ou que deux étudiants ont été roués de coups par une trentaine d’antifas à Rennes. Rien que pour l’année 2025, le syndicat étudiant a recensé 43 agressions violentes contre ses membres. Pour l’antifa, frapper le premier n’est pas une agression, c’est « désamorcer le besoin d’autodéfense ». Sic !

Mais on est très loin de la légitime défense. Les antifas ont mis en place un véritable système de fichage de leurs adversaires politiques. Ils ne se contentent pas d’agressions pour faire stopper les actions militantes de leurs adversaires (ce qui serait déjà condamnable) : ils traquent leurs cibles quand elles sont seules, les harcèlent jusqu’à leur domicile pour leur faire comprendre que nulle part elles ne seront en sécurité. À Nantes, des menaces de mort nominatives ont été taguées aux abords des domiciles de militants de l’UNI ainsi que sur les murs du commerce où l’un d’eux occupait un job étudiant.

De nombreux commentateurs rappellent que la violence politique a toujours existé. C’est vrai, mais elle change de nature et d’intensité. Depuis quelques mois, nous assistons à une résurgence d’une violence que nous n’avions plus connue depuis la fin des années 70 (banalisation des sabotages, usages de bombes incendiaires, attaques contre les forces de l’ordre, agressions ciblées…). Cette radicalisation s’accompagne d’ailleurs d’une romantisation de la violence de cette époque. Le 28 mars 2023, Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action directe condamné à perpétuité pour assassinats, était invité à l’université de Bordeaux occupée pour disserter sur « les suites à donner au mouvement social ». Un participant déclarait « trouver intéressant qu’il vienne raconter pourquoi il a choisi la lutte armée ». Le 15 octobre 2025 à Paris 8, des centaines d’étudiants répondaient en chœur « Non ! » à la question « Condamnez-vous le 7 octobre ? » avant d’entendre : « Nous revendiquons le 7 octobre. »

Cette normalisation de la violence s’inscrit également dans une stratégie politique explicite. En 2012, Jean-Luc Mélenchon fixait le cap : « La conquête de l’hégémonie politique a un préalable : il faut tout conflictualiser ! » L’objectif était de « transformer un peuple révolté en peuple révolutionnaire ». Nous y sommes.


 

Les antifas imitent plus qu’ils ne combattent le fascisme

Il y a une ironie tragique dans cette situation. En prétendant combattre le fascisme, les antifas en reproduisent toutes les méthodes : fichage des opposants, attaques contre des journalistes, harcèlement organisé, violence de groupe contre des individus isolés, culte de l’action directe, romantisation de la violence politique, élargissement sans fin de la liste des ennemis. Quand tout devient fasciste, quand tout adversaire politique est transformé en « nazi », la violence devient légitime.

Tant que les agresseurs seront relaxés, tant que les présidents d’université préféreront annuler des conférences plutôt qu’affronter la violence antifasciste, tant que les médias et la classe politique feront preuve d’une indulgence coupable pour la violence politique quand elle vient de la gauche, le message demeurera le même : la terreur paie. Mark Bray l’a compris : nos institutions sont faibles.

 

Quentin n’est pas mort dans une « rixe ». Il a été lynché en application d’une doctrine qui théorise la violence comme outil politique légitime. Ce drame était prévisible. D’autres suivront tant que nous refuserons de nommer cette réalité.

Olivier Vial
 
Ancien membre du Conseil économique, social et environnemental, directeur du CERU (Centre d’études et de recherches universitaire), un laboratoire d’idées indépendant, Olivier Vial est responsable du programme d’études sur les radicalités et les nouvelles formes de contestations.

 


L’extrême gauche : faux rempart de la démocratie, vraie machine à violence

Le 14 février 2026, Quentin Deranque, étudiant en mathématiques de 23 ans, militant identitaire et catholique traditionaliste, est mort à Lyon des suites d’un odieux lynchage.

Jeté au sol et roué de coups par au moins six individus masqués et cagoulés en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, il a succombé à un traumatisme crânio-encéphalique majeur deux jours plus tard.

L’enquête, requalifiée en « homicide volontaire aggravé », pointe des suspects liés à la mouvance antifasciste, dont certains fichés S et rattachés à la Jeune Garde (groupe dissous en juin 2025 mais toujours actif selon les services de renseignement). Aucune interpellation au 17 février, mais le procureur de Lyon a confirmé l’extrême violence des faits.

Ce drame n’est pas un accident isolé. Il est le symptôme d’une violence omniprésente, systématique, exercée par une extrême gauche qui se présente pourtant comme la gardienne ultime de la démocratie, de la morale et de la vérité. Son mode d’action ? Les insultes (« raciste », « fasciste », « sioniste », « islamophobe ») et la violence physique ou symbolique quand les mots ne suffisent plus.

L’université, temple supposé du débat libre, est devenue son terrain de chasse privilégié.

Et ce qui s’est passé à Lyon en 2025-2026 n’est que la version française accélérée de ce qui a ravagé l’université d’Evergreen State College aux États-Unis en 2017.

Lyon 2025-2026 : deux affaires qui en disent long

Revenons quelques mois en arrière. Le 1er avril 2025, à l’université Lyon 2 (campus Porte des Alpes), le maître de conférences Fabrice Balanche, spécialiste reconnu du Moyen-Orient et arabophone, donne un cours ordinaire. Une quinzaine d’individus masqués et encapuchonnés font irruption. Ils encerclent l’enseignant en hurlant : « Racistes, sionistes, c’est vous les terroristes ! » Le motif ? Balanche avait osé dénoncer, sur CNews, la tenue d’un iftar (rupture du jeûne du Ramadan) dans une salle universitaire, qu’il jugeait contraire au principe de laïcité. Pas de coups, mais une intimidation brutale, une interruption forcée du cours, une humiliation publique. La vidéo, devenue virale, montre parfaitement la mécanique : on ne débat pas, on empêche.

La présidente de Lyon 2, Isabelle von Bueltzingsloewen, condamne l’incident… tout en reprochant ensuite à Balanche de « caricaturer » l’université comme « gangrenée par l’islamo-gauchisme ». Classique. L’extrême gauche nie le problème, accuse le lanceur d’alerte et inverse les rôles. Balanche porte plainte. L’affaire fait scandale dans la presse, mais les sanctions restent symboliques. Quelques mois plus tard, le climat est tel que des militants identitaires et antifascistes s’affrontent autour de la conférence Rima Hassan. Résultat : un mort. Quentin Deranque n’était pas un « néofasciste violent » comme le décrivent certains médias ; ses proches le présentent comme un jeune pieux, engagé dans l’aide aux pauvres, prônant un militantisme pacifique. Peu importe : pour l’extrême gauche, il était du « mauvais camp ». Donc légitime à lyncher.

Ces deux affaires lyonnaises ne sont pas des exceptions. Elles illustrent un schéma répété sur tous les campus français : toute voix dissidente est assimilée à l’« extrême droite », donc à éradiquer par tous les moyens.

Insultes d’abord, puis blocage, puis violence si nécessaire.

Le modèle américain : Evergreen State College, 2017, le laboratoire parfait

Ce schéma, la France le copie consciencieusement depuis des années. La preuve la plus flagrante se trouve dans une vidéo française de 2019, « Evergreen et les dérives du progressisme » (disponible sur YouTube, plus de 1 million de vues à l’époque), qui dissèque avec une précision chirurgicale ce qui s’est passé à l’université d’Evergreen, dans l’État de Washington. Le narrateur prévient d’emblée : « Tout ce que vous allez voir maintenant est déjà en train d’arriver en France. » En 2026, force est de constater qu’il avait raison.

Evergreen, petite fac progressiste, accueille un président ultra-gauchiste, George Bridges, arrivé en 2015. Pour lui, l’« égalité » ne suffit plus. Il veut l’« équité » : une dictature de la bien-pensance où chaque individu est d’abord défini par son appartenance à un groupe opprimé ou oppresseur (couleur de peau, sexe, genre, pronoms). Les professeurs se présentent aux nouveaux étudiants en listant leurs « privilèges » : « Je suis blanc, donc je reconnais mon privilège. » Les cartes de visite portent les pronoms. Les mails aussi. L’antiracisme intersectionnel devient religion d’État.

Le narrateur explique : « L’équité, pour eux, c’est combattre le racisme systémique. Sauf qu’il n’y avait pas de racisme concret à Evergreen. Alors on invente le racisme systémique : un gaz invisible, partout, impalpable. Le seul moyen de le combattre ? Accepter son existence sans jamais demander à le voir, car demander des preuves, c’est déjà être raciste. » Robin DiAngelo, prêtresse de la « fragilité blanche », est invitée. Son concept ? Si un Blanc se défend quand on l’accuse de racisme, c’est de la « fragilité blanche ». Débat impossible : toute défense est invalidée d’avance.

Puis vient le rituel grotesque : une réunion où le personnel doit « monter dans le canoë de l’équité ». Symbolique, avec projections de vagues et sons immersifs. Les Blancs doivent demander la permission d’entrer, se soumettre publiquement. Un administrateur haut placé, visiblement brisé, ânonne des phrases vides, les mains derrière le dos sur ordre des étudiants qui lui interdisent de gesticuler (« comportement oppressif »). La salle rit. Le narrateur : « Objectif : exercer un pouvoir et humilier. »

Une prof de cinéma fait répéter à ses élèves 39 questions pour « identifier leur blanchité ». Ces questions deviennent une « œuvre d’art » exposée en musée. Minorité active (30 % des étudiants) impose sa loi à la majorité silencieuse par peur d’être « annulée » : déshumanisée, harcelée, violentée. Le narrateur cite des témoignages d’anciens élèves : impossible d’exprimer le moindre désaccord sans risquer l’annulation totale.

Brett Weinstein, professeur de biologie depuis 15 ans, déclenche l’orage. Tradition annuelle : le « Day of Absence », où étudiants et personnel de couleur s’absentent volontairement pour que les Blancs ressentent leur « rôle ». En 2017, le comité inverse : les Blancs sont priés de ne pas venir. Weinstein écrit un mail poli : « Si c’est volontaire pour les uns, ok. Mais imposer l’absence aux Blancs, c’est de la ségrégation. » Le mail est publié. Les militants d’extrême gauche l’encerclent à la sortie d’un cours : « Vous ne parlerez pas ! » Ils refusent qu’il réponde. La police du campus intervient : les étudiants blancs forment un bouclier humain devant les Noirs « pour les protéger du raciste policier ». Le policier est repoussé. Les étudiants déforment totalement les faits dans un communiqué : « Le policier a tenté d’agresser les étudiants de couleur avec son bâton. »

Réunion de crise de deux heures dans une cafétéria : 150 étudiants hurlent contre Weinstein, exigent son renvoi. Pas un seul exemple concret de racisme. Le président Bridges se fait humilier : on lui ordonne de mettre les mains derrière le dos. Il obéit. Les étudiants rient. Un étudiant enregistre après la réunion : « Arrêtez d’utiliser la raison et la logique. Si une personne de couleur est offensée, c’est raciste. Point. La science ? C’est du savoir blanc, donc invalide pour parler de racisme. »

Le lendemain, prise de pouvoir totale : les militants séquestrent le personnel dans la bibliothèque. Bridges demande la permission d’aller aux toilettes : refus. Des étudiants patrouillent armés de battes de baseball. Une étudiante déclare devant caméra : « Il faut se débarrasser des mauvaises herbes » (en parlant des opposants). Weinstein, qui habite en face, doit traverser une forêt surveillée par ces groupes. La police lui déconseille le vélo. En voiture, les militants bloquent la route pour contrôler chaque véhicule.

L’université sombre dans l’anarchie. Brett Weinstein finit par partir, mais gagne 500.000 dollars de dommages et intérêts en justice. Evergreen devient la risée nationale, inscriptions en chute libre, frais augmentés. Le narrateur conclut : « Ce n’est pas une histoire de racisme. C’est une histoire de pouvoir. Ces gens ne croient en rien d’autre. Ils utilisent une idéologie toute faite comme arme pour anéantir la liberté d’expression. Et la France importe ça à 100 %. »

En France, le même sabotage social est en cours

Le parallèle est saisissant. En France, les concepts d’« équité », d’« intersectionnalité », de « racisme systémique », de « privilège blanc » ont envahi les amphis via les syndicats étudiants d’extrême gauche (Solidaires Étudiants, ex-UNEF, Poing Levé, Jeune Garde, Union Étudiante). Les interruptions de cours se multiplient : Balanche n’est qu’un exemple parmi d’autres. Les « safe spaces », les déprogrammations de conférences (Zemmour, Onfray, etc.), les occupations violentes, les tags « mort aux fachos » sur les murs des facs de Nanterre, Tolbiac, Lyon 2, Strasbourg.

L’islamo-gauchisme, nié par certains ministres mais reconnu par d’autres (Élisabeth Borne en 2025), renforce le cocktail : alliances entre militants pro-Palestine radicaux et syndicats gauchistes pour imposer une lecture décoloniale de l’histoire, où la France est toujours coupable. Résultat : des étudiants juifs ou « blancs » se sentent ostracisés, des professeurs autocensurent.

La chasse aux syndicats de droite : Cocarde et UNI dans le viseur

Le summum de l’hypocrisie ? La traque systématique des seuls syndicats qui osent s’opposer : la Cocarde Étudiante et l’UNI (Union Nationale Interuniversitaire), classés à droite, voire extrême droite pour la première.

La Cocarde, fondée en 2015, se veut « syndicat du camp national ». Elle défend la préférence nationale aux CROUS, la laïcité, s’oppose à l’immigration massive. Résultat : agressions répétées. Exemples récents (2025-2026) :

  • Janvier 2026, Nanterre : militants Cocarde accusés par la gauche d’agression (version contestée ; la Cocarde dénonce l’inverse).
  • Octobre 2025, Nantes : attaque antifas lors d’un hommage à Lola, portrait piétiné.
  • Aix-en-Provence, élections CROUS : bagarres.
  • Sorbonne : tractage agressé par une quinzaine d’individus.
  • Lyon, Lille, Grenoble (février 2026, élections CROUS) : jets de peinture, intimidations, violences physiques sur stands UNI/Cocarde selon l’UNI (onze agressions recensées le premier jour).
  • Multiples plaintes pour cutters, battes, cagoules.

L’UNI, plus « classique » à droite (gaulliste à l’origine, aujourd’hui alliée RN/LR sur certains points), subit le même sort. Accusations croisées de saluts nazis dans certaines sections (Strasbourg, Toulouse 2025), mais aussi agressions documentées par des antifas : séquestrations, menaces, cyberharcèlement. En 2025, à Nantes, exclusion d’une présidente UNI pour « propos racistes » (selon la fac), annulée par le Conseil d’État qui condamne l’université. À Grenoble, suspension d’agrément pour Union Étudiante de gauche après dénonciation de liens avec Israël… pendant que les locaux UNI sont attaqués.

Les syndicats de gauche (Solidaires, Poing Levé, ex-UNEF) et les collectifs antifas revendiquent ouvertement de « virer les fachos » des campus. Ils bloquent les élections CROUS, taguent, occupent, agressent. La Jeune Garde, dissoute mais toujours active, est citée dans des dizaines de rapports de renseignement comme structure violente. Pourtant, c’est toujours la droite qui est montrée du doigt comme « violente ». Inversion accusatoire parfaite : on agresse, puis on crie à la « récupération politicienne » quand la victime meurt.

Hypocrisie totale : ils se disent démocrates, ils agissent en totalitaires

L’extrême gauche se pare des oripeaux de la morale : défense des opprimés, antifascisme, vérité. Mais son action est purement destructrice. Comme à Evergreen, elle ne cherche pas le progrès social : elle sabote. Elle humilie les « privilégiés » (Blancs, hommes, hétéros, patriotes), interdit le débat (« pas de plateforme pour les fachos »), utilise la violence quand elle perd le contrôle narratif. En France comme aux USA, une minorité arrogante impose sa loi à une majorité silencieuse par peur de l’« annulation » : perte d’amis, notes, bourse, réputation.

Le narrateur d’Evergreen l’avait vu : « Ces gens ne croient en rien à part le pouvoir […] c’est une histoire de pouvoir ». Selon lui, « l’extrême gauche française s’inspire aujourd’hui à 100 % de l’extrême gauche américaine » via des médias propageant cette idéologie nauséabonde. Et il prévient : tout cela est « déjà en train d’arriver en France », avec le même « conditionnement psychologique » (rituels de repentance, listes de privilèges, peur de l’annulation).


 

Quentin Deranque paye de sa vie cette impunité. Fabrice Balanche continue de témoigner malgré les menaces.

Des dizaines de militants Cocarde et UNI portent plainte chaque année pour des agressions qui n’aboutissent presque jamais.

Pendant ce temps, le gouvernement hésite, les présidents d’université courbent l’échine, les médias mainstream minimisent (« violences politiques réciproques »).

Il est temps de nommer les choses.

L’extrême gauche n’est pas la défenseuse de la démocratie : elle en est l’ennemie la plus dangereuse parce qu’elle opère de l’intérieur, avec le drapeau des droits de l’homme.

Ses moyens ? Insultes pour disqualifier, violence pour faire taire. Son objectif ? Le pouvoir total sur les esprits et les corps.

La mort de Quentin n’est pas une « bavure ». C’est l’aboutissement logique d’années d’impunité. Si rien ne change – dissolution effective des groupes violents, protection réelle des dissidents, retour au débat libre –, les campus français deviendront des Evergreen à répétition. Et les lynchages, hélas, ne s’arrêteront pas là.

https://multipol360.com/lextreme-gauche-faux-rempart-de-la-democratie-vraie-machine-a-violence/


 
 
 
 
Le fond du problème est ici !
Mais la gêne du camp du bien et de leur pouvoir en voie d’une différente pensée à la leur, l’unique, privilégie la violence, pire un assassinat pour une politique idéologique !

 

 


C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse  

Paris, ce joyau culturel mondial, abrite le musée du Louvre, considéré comme le plus grand et le plus prestigieux du monde avec ses collections inestimables et ses millions de visiteurs annuels. Pourtant, derrière les façades somptueuses et les chefs-d’œuvre immortels,

une série de scandales révèle une gestion déplorable, marquée par des failles sécuritaires béantes, des fraudes internes et une impunité flagrante.

Le récent démantèlement d’un réseau de fraude à la billetterie, impliquant des employés du musée, n’est que la pointe de l’iceberg d’un établissement qui semble naviguer à vue, au détriment de son patrimoine et de ses finances publiques.

Une fraude à la billetterie d’une ampleur inouïe

Le 10 février 2026, une vaste opération policière a secoué les couloirs du Louvre, aboutissant à l’interpellation de neuf personnes soupçonnées d’une escroquerie organisée à grande échelle. Parmi elles, deux employés du musée, plusieurs guides touristiques et un individu présumé être le cerveau du réseau, ont été placés en détention provisoire. L’enquête, ouverte en juin 2025 pour escroquerie en bande organisée, blanchiment et corruption publique, porte sur un préjudice estimé à plus de 10 millions d’euros. Les suspects auraient mis en place un système sophistiqué impliquant des faux billets, du surbooking et des ventes illégales, débutant dès l’été 2024 et impliquant des tours opérateurs extérieurs.

Cette fraude n’est pas isolée : elle s’étend même au château de Versailles, soulignant un réseau tentaculaire qui a profité des faiblesses internes des institutions culturelles françaises. Les autorités ont saisi près de 1,5 million d’euros en espèces et sur des comptes bancaires, une partie des fonds ayant été investie dans l’immobilier en France et à Dubaï. Comment un musée de cette envergure, qui génère des revenus colossaux, a-t-il pu laisser prospérer un tel système sans détection préalable ? Cette affaire met en lumière des contrôles internes défaillants et une supervision laxiste, permettant à des employés de trahir leur institution pour un enrichissement personnel.

Le vol rocambolesque des joyaux de la couronne : un fiasco sécuritaire prévisible

À peine quatre mois après un vol spectaculaire qui a ébranlé le monde culturel, le Louvre se retrouve à nouveau sous les feux des projecteurs. Le 19 octobre 2025, entre 9h30 et 9h37, quatre malfaiteurs ont orchestré un cambriolage digne d’un film hollywoodien dans la Galerie d’Apollon. Arrivés sur deux scooters, ils ont utilisé un camion équipé d’une nacelle télescopique pour accéder au balcon du premier étage, brisé une fenêtre à l’aide d’une disqueuse, menacé les agents de sécurité, fracassé les vitrines et emporté huit artefacts inestimables des Joyaux de la Couronne française. Parmi les pièces volées : un collier d’émeraudes et une paire de boucles d’oreilles de l’impératrice Marie-Louise, un diadème et un collier de saphirs (comportant 8 saphirs et 631 diamants) des reines Marie-Amélie et Hortense, ainsi qu’une boucle d’oreille assortie. La couronne de l’impératrice Eugénie a été brisée et abandonnée sur place, signe possible d’une opération menée par des amateurs malgré son organisation apparente.

Les indices laissés derrière – deux disqueuses, un chalumeau, de l’essence, des gants, un talkie-walkie, une couverture, un gilet jaune et un casque de moto – témoignent d’une fuite précipitée, mais aussi d’une sécurité dérisoire.

Les vitrines étaient brisables à la disqueuse, les alarmes volumétriques désactivées au moment de l’ouverture, et le balcon accessible sans barrières renforcées.

Un rapport de la Cour des Comptes de 2024 avait pourtant dénoncé ces défaillances sécuritaires, ignorées malgré l’annonce d’un plan de 700 à 800 millions d’euros en 2025. Le Louvre, moins protégé qu’une bijouterie de quartier, a ainsi offert sur un plateau d’argent des trésors nationaux à des voleurs qui ont opéré en plein jour, sans que quiconque n’intervienne efficacement. Deux hommes ont depuis été arrêtés pour leur implication dans ce vol, mais les joyaux restent introuvables.

Une gestion déplorable : scandales en série et failles structurelles

Ces incidents ne sont que les symptômes d’une mauvaise gestion chronique au Louvre. Considéré comme le musée le plus grand du monde, avec plus de 10 millions de visiteurs par an, il accumule les controverses. En 2019, une grève massive des employés avait dénoncé une surcharge due à l’afflux touristique, menant à des conditions de travail infernales et des risques pour les œuvres. Plus récemment, en 2022, le musée a été impliqué dans un scandale de trafic d’antiquités égyptiennes, où des pièces acquises illégalement ont été restituées sous pression internationale, révélant des lacunes dans les procédures d’acquisition.

 Ajoutez à cela des problèmes infrastructurels récurrents : le 10 février 2026, jour même de l’opération policière contre la fraude, une importante fuite d’eau a été constatée dans une salle du musée, potentiellement endommageant des œuvres d’art. Cette « situation d’urgence » illustre une maintenance défaillante, où les infrastructures vieillissantes menacent le patrimoine. Des rapports internes et externes, comme celui de la Cour des Comptes, pointent du doigt une bureaucratie inefficace, des budgets mal alloués et une absence de modernisation. Le partenariat avec Abu Dhabi en 2017 a également fait l’objet de critiques pour des soupçons de corruption et de blanchiment culturel, sans suites judiciaires notables.

Malgré ces dysfonctionnements, le Louvre continue d’opérer sans véritable réforme.

La direction, souvent issue de nominations politiques, semble protégée par un voile d’impunité, priorisant l’image touristique sur la sécurité et l’intégrité.

Aucune sanction malgré l’évidence : une impunité scandaleuse

Le plus accablant dans cette saga est l’absence totale de sanctions. Malgré les rapports accablants de la Cour des Comptes, les vols et fraudes à répétition, aucun dirigeant n’a été limogé ou poursuivi pour négligence. Les employés impliqués dans la fraude font face à la justice, mais la hiérarchie, qui a laissé prospérer ces failles, reste intouchée. Même après le vol des joyaux, qualifié de « casse du siècle », les responsables sécuritaires n’ont pas été tenus pour responsables, perpétuant un laxisme institutionnel qui rend ces scandales prévisibles. Cette impunité renforce l’idée d’une France en déliquescence, où les institutions culturelles, piliers de l’identité nationale, sont livrées à l’incompétence sans conséquences.

Il est temps que le Louvre, symbole de grandeur, soit géré avec la rigueur qu’il mérite. Sans sanctions exemplaires et une refonte profonde, ces scandales ne feront que se multiplier, au grand dam des contribuables et des amateurs d’art du monde entier.

https://multipol360.com/le-louvre-en-pleine-deroute-fraudes-massives-vols-audacieux-et-gestion-calamiteuse/



D) - Le sabotage énergétique de la France

Lecornu Cède à Bruxelles et Condamne les Français à des Factures Exorbitantes

En ce début d’année 2026, la France se trouve à un carrefour énergétique critique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en octobre 2025 par Emmanuel Macron, s’apprête à signer la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3),

un décret qui, selon de nombreux critiques, sacrifie la souveraineté énergétique française sur l’autel des exigences bruxelloises.

Ce document, présenté le 12 février 2026 lors d’un déplacement dans le Jura, vise officiellement à accroître la production d’énergie décarbonée d’ici 2035, en relançant le nucléaire tout en maintenant un développement des renouvelables. Mais derrière ces objectifs affichés, se cache une capitulation face à l’Union européenne (UE), aggravée par les sanctions anti-russes qui ont fait exploser les prix de l’énergie. Les Français, déjà accablés par des factures exorbitantes, paient le prix fort pour une politique qui tire une balle dans le pied de la nation, malgré un parc nucléaire performant qui devrait garantir une électricité bon marché.

Lecornu, le pantin de Bruxelles ?

Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, a été propulsé à Matignon dans un contexte de crise politique, succédant à un gouvernement instable.

Sa décision de promulguer la PPE3 par décret, sans passer par un vote au Parlement, est vue par les opposants comme un passage en force pour éviter les débats houleux.

« Le Premier ministre doit écouter les experts avant de promulguer la PPE 3″, alerte un article du Figaro, soulignant les risques d’un texte décrié. Fabien Bouglé, expert en politique énergétique et directeur de publication de Transitions et Énergies, n’hésite pas à qualifier cette PPE3 de « sabotage énergétique » et de « trahison ». Dans une publication sur X, il accuse Lecornu de vouloir « passer la #PPE3 de force », promouvant un dossier sur l’ « écologie punitive stop ».

Les critiques pointent du doigt la pression de l’UE. Nicolas Dupont-Aignan, dans un reel Facebook, dénonce que Lecornu soumet la France à la Commission européenne, détruisant l’avantage nucléaire français et multipliant par dix les éoliennes offshore, ce qui doublerait la facture d’électricité. En effet, la PPE3 révise à la baisse les objectifs d’éolien terrestre et de photovoltaïque, mais maintient un cap sur les renouvelables intermittents, aligné sur les directives européennes. « La France persiste à saborder sa filière nucléaire », s’insurge un éditorial du Figaro.

Pourquoi céder à Bruxelles alors que la France possède l’un des parcs nucléaires les plus performants au monde, capable de produire une électricité abondante et à bas coût ?

Les sanctions Antirusses : une bombe à retardement pour les factures françaises

Les Français souffrent déjà d’une hausse exorbitante des prix de l’énergie, et la PPE3 ne fera qu’aggraver la situation. Au 1er février 2026, votre facture d’électricité aurait dû baisser d’environ 7 %, d’après une étude Hello Watt, dans le sillage de la baisse des prix de marché. Mais vous n’en verrez pas la couleur : le prix du tarif réglementé de l’électricité reste stable en février et pour les six prochains mois. Une stabilité en trompe-l’œil : ce tarif demeure encore 30 % plus cher qu’en 2021. Et si le prix des heures creuses baisse, celui des autres options tarifaires EJP et Tempo augmentent : +6,2 % TTC en moyenne pour Tempo. En 2026, les tarifs réglementés de l’électricité devraient rester stables en février, avec une légère baisse de 0,83 % proposée par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), mais la facture globale reste 20 % plus élevée qu’en 2021.

La fin de l’ARENH (Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique) en 2025 et l’indexation sur les marchés internationaux pourraient entraîner une hausse de 150 € par an par ménage dès 2026.

Cette flambée est en grande partie due aux sanctions anti-russes imposées par l’UE depuis le conflit Russo-Ukrainien en 2022. L’Europe a réduit drastiquement ses importations de gaz et de pétrole russes, troquant le gaz bon marché contre du GNL américain beaucoup plus coûteux et moins écologique.

Résultat : les prix de l’électricité en Europe ont doublé entre 2021 et 2023.

En France, malgré un parc nucléaire couvrant 60-70 % de la production électrique, les prix sont couplés au gaz via les mécanismes de marché européens, amplifiant l’impact des sanctions. « Les sanctions ont conduit à une explosion des prix de l’énergie », note un rapport, avec des coûts quatre fois plus élevés qu’aux États-Unis.

Le 20e paquet de sanctions de l’UE, adopté en février 2026, cible encore l’énergie russe, interdisant des services maritimes aux tankers et abaissant le plafond des prix du pétrole. Ces mesures ont boomerangé sur l’Europe : fragmentation économique, inflation et dépendance accrue à des fournisseurs onéreux. La France, qui importait peu de gaz russe directement, paie indirectement via les marchés interconnectés. « L’Europe s’est tiré une balle dans le pied », résume un analyste, en remplaçant le gaz russe par du GNL américain hors de prix tout en achetant encore des hydrocarbures russes via des circuits détournés.

 


 

La France se tire une balle dans le pied : nucléaire sacrifié, factures explosives

Avec 56 réacteurs nucléaires, la France devrait bénéficier d’une électricité à bas coût. Pourtant, la modulation forcée des centrales pour intégrer les renouvelables intermittents pose des risques de sécurité et augmente les coûts, alertent les syndicats. La PPE3, en confirmant six EPR2 et huit en option, semble pro-nucléaire, mais elle prolonge des orientations coûteuses, comme le déploiement d’éoliennes marines (15 GW d’ici 2035), alignées sur l’agenda vert de l’UE. « C’est la fin de sa carrière politique si Lecornu promulgue la PPE », prédit Bouglé.

Les Français, déjà confrontés à une hausse de 400 € sur leur facture en raison de la crise ukrainienne, voient leur pouvoir d’achat érodé. Greenpeace critique la PPE comme « archaïque et réactionnaire », tandis que La France Insoumise dénonce un « 49.3 contre l’intérêt du pays ». En cédant à Bruxelles et en perpétuant les sanctions qui profitent aux lobbies étrangers, Lecornu condamne la France à une dépendance énergétique coûteuse. Il est temps de reconquérir notre souveraineté : stop à l’écologie punitive, vive le nucléaire français indépendant !

https://multipol360.com/le-sabotage-energetique-de-la-france/ 

 


 

E) - Philippe Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se dessinera »

Les élections municipales des 15 et 22 mars prochains, ne seront des municipales comme les autres, pensez-vous. Qu’est-ce qui a changé ?

Nous ne sommes pas dans le cadre d’un jeu d’alternance classique, où les municipales étaient l’occasion d’une sanction du pouvoir national de droite ou de gauche, comme en 2008 où la droite locale est sanctionnée, ou en 2014 où c’est la gauche locale qui est encore plus durement sanctionnée. Faute d’ancrage local fort du macronisme, une sanction éventuelle contre E. Macron ne peut plus se traduire de la même façon. Aujourd’hui, toutes les forces politiques sont sous pression de ces municipales. Car elles ne sont plus structurées par une bipolarisation homothétique sur les plans national et local, qui favorisait un vote sanction. Même s’il n’y avait pas toujours vote sanction (en 1989 et 1995, juste après une présidentielle, notamment). Il y a  désormais de multiples enjeux liés à la fragmentation politique.

Or les élections municipales, c’est un scrutin où il y a toujours une forte bataille symbolique au soir du premier tour, et surtout au soir du second tour, pour donner aux Français « la » lecture politique du scrutin. C’est une bataille de « narratifs » partisans, arbitrée par les médias. Avec des victoires ou des défaites symboliques, qui influencent toute la lecture du scrutin.

Prenons des exemples. En 2001, ce qui est finalement resté, c’est que la gauche avait gagné Lyon, Dijon, et surtout Paris. Alors qu’une lecture plus complète aurait dû être, que la gauche avait perdu beaucoup de villes de sous-préfectures et de préfectures, que beaucoup de ministres du gouvernement Jospin avaient été battus, parfois même sèchement battus. Ce qui annonçait la présidentielle 2002. En 2026, comme en 2001, je le souligne au passage, le premier déterminant du vote en termes d’enjeux, c’est la sécurité des personnes et des biens, avec en plus le narcotrafic comme élément aggravant.

Cette année nous aurons à nouveau une bataille symbolique sur quelques grandes villes où chaque force politique tentera de tirer la victoire à lui, en se fondant sur certains résultats et en oubliant d’autres. D’autant que, comme en 2001, nous sommes à un an de la présidentielle.

Est-ce qu’on voit se dessiner dans les enquêtes une mobilisation forte ou moyenne, en tout cas supérieure à celle qu’on a connue en 2020 ? « La prime aux sortants » existe-t-elle toujours

La seule affirmation catégorique que je ferai, c’est que les Français vont plus voter le 15 mars 2026 qu’ils ne l’ont fait le 15 mars 2020 ! Le jeudi avant le vote, il y a 6 ans, la rumeur monte d’une annulation du scrutin, et l’annonce par Edouard Philippe le samedi vers 17-18h de la fermeture des écoles, des restaurants, des lieux de loisirs, des cafés et cinémas a un impact psychologique massif. Avec à la clef 58% d’abstention et une élection très étrange sociologiquement, où il y a eu un sous-vote des catégories de plus de 65 ans qui d’habitude votent plus que la moyenne.

Par retour à une situation normale, sans doute, on votera plus en 2026, qu’en 2020. Avec deux « mais » néanmoins : la campagne a commencé beaucoup plus lentement qu’en 2014, ( à Paris, c’est flagrant). Et deuxième réserve, au-delà de « l’accident » de 2020 : depuis 2001, on vote à chaque fois moins aux municipales que dans l’élection précédente. Moins de votes en 2008 qu’en 2001, moins en 2014 qu’en 2008. Est-ce que la participation va être intermédiaire entre l’accident de 2020 et cette baisse tendancielle ? Le point de comparaison intéressant sera 2014.

Je vois deux scénarios et je n’arrive pas à trancher entre les deux. Cela dépendra de l’intensité finale de la campagne, du maire sortant, de son bilan. Premiers scénario qu’on peut appeler trivialement, « tous dans le même sac » : on ne supporte plus la politique à l’échelle nationale, il ne se passe plus rien, le pays est bloqué ; dans ce cadre-là, je reprends le titre du livre de notre ami Brice Teinturier : « Plus rien à faire, plus rien à foutre », je suis dans une situation d’exit, à quoi bon aller voter ? » Ce serait un « aquabonisme » national qui contaminerait le local.

Deuxième scénario alternatif (la vérité sera entre les deux, en fonction des villes), c’est : « ce qui se passe à l’échelle nationale me désole, le pays est à l’arrêt, mais je vois des élus sur le terrain dans ma ville qui sont l’exact opposé de ce qui se passe au national. J’ai un élément de réassurance forte, je vais aller voter ».

En 2020, du fait du Covid, il y avait eu une abstention qui était très homogène, forte dans toutes les catégories sociodémographiques, y compris chez les plus de 65 ans je l’ai dit, qui localement peuvent « faire l’élection ».  Cette année, il peut y avoir, en particulier avec la nouvelle loi PLM, une envie d’aller voter plus à Marseille, Lyon et Paris que la dernière fois. Ce sera très lié à la situation locale. Et en 2026, on n’a pas le sentiment, comme en 2020, que la prime aux sortants soit aussi forte. Pas mal de maires sortants ont l’air en difficulté relative.

Même si, dans des élections municipales, le dégagisme reste toujours à la marge. La règle, non écrite mais réelle, c’est de reconduire les équipes municipales sortantes. En 2014, quand la gauche perd 171 villes de plus de 10 000 habitants, record absolu, cela ne représente que quelques pourcents de villes, passant de gauche à droite, dans cette vague bleue. Encore une fois c’est une élection dont l’interprétation, la lecture, est souvent très symbolique, car le « résultat national », ou sa perception, se joue sur quelques grandes villes.

Mais je partage le constat que des maires sortants dans des villes importantes sont plus en difficulté. Le niveau d’exigence des citoyens augmente, parce qu’ils n’ont pas de réponse politique à l’échelle nationale. Cela se confirme très fortement quand on regarde les déterminants du vote, les enjeux. Aujourd’hui, c’est 1 sécurité, 2 santé, 3 accès aux soins, 4 dettes. Soit en réalité trois enjeux nationaux ! Trois enjeux presque régaliens, qui ne sont pas traités ou insuffisamment traités à l’échelle nationale, et qui ruissellent vers la sphère locale. Des maires nous disent pour la première fois qu’ils sentent une critique en termes d’impuissance, en termes d’inaction. Il y a des ferments de défiance parce que la crise du national a un impact sur le regard, la relation représentant-représenté-maire-administré.

Une autre remarque qui va dans le même sens : on n’est pas non plus dans des municipales comme les autres en termes de motivation du vote. Traditionnellement, dans le triptyque bilan-incarnation-projet, le bilan domine très fortement. Or dans mes dernières enquêtes, le projet arrive en tête, le bilan n’est que troisième, ce qui ne veut pas dire qu’il ne compte pas. L’automaticité « je suis maire sortant, j’ai un bon bilan, je ne peux que gagner » est moins forte, et je l’explique encore par la crise de la politique nationale. Puisqu’il n’y a pas de projet, de cap au national, on va chercher une projection dans sa ville.

 

Entrons dans l’éventail des forces politiques. Est-ce que le RN ne pourrait pas être la « surprise » de ces municipales, au vu des intentions de vote qu’il obtient au niveau national ?  

On peut déjà écrire ce que dira le RN au soir des deux tours : « Nous progressons ». Ce qui est quasi sûr, parce que ce parti présente tout simplement plus de listes dans les villes de plus de 10 000 qu’en 2020. Pour pouvoir voter RN, encore faut-il avoir une liste RN chez soi ! Le RN va pouvoir dire aussi : « Nous conservons la plupart de nos villes », c’est quasi sûr aussi. Et avec plus de listes présentées, ils pourront enfin dire facilement : « Nous progressons aussi en termes de conseillers municipaux ». 2020 a de plus été un mauvais cru pour le RN. Les sondages avaient été trop flatteurs pour eux, parce que le RN a été très touché par la « sur-abstention » exceptionnelle de cette année-là.

Les vrais tests, cette année pour le RN, ce seront des villes comme Nîmes, Toulon, Lens, où c’est indécis (Marseille ne peut passer au RN qu’en cas de quadrangulaire, mais ce serait bien sûr un symbole). Et il y a une ville qui n’est pas RN mais qui passe un peu trop sous les radars, c’est Nice. C’est très, très indécis entre E. Ciotti soutenu par le RN et C. Estrosi le maire sortant. Ce serait aussi un grand symbole qu’une victoire de Ciotti, un symbole de victoire de « l’union des droites », qui ferait « loupe » dans la bataille médiatique dont je parlais au début.

Est-ce que la force favorite du premier tour, je dis à dessein du premier tour seulement, de la présidentielle, sera déjà dans une situation de mise sur orbite grâce aux municipales ?  On jugera s’il y a un effet d’impulsion de la présidentielle sur les municipales, avec l’argument que le RN utilise souvent : « Tenez bon, on arrive »…

 

Parlons de la gauche. On a le sentiment que l’opposition PS-LFI va structurer cette élection pour la gauche, mais peut-être est-ce un effet de loupe sur Paris ou Marseille ?

Quand on est sur des matchs PS-LFI, le PS est largement devant, à Montpellier, à Paris, ailleurs le plus souvent. Le PS, comme LR ou l’UDI ou même le PC, reste est une force très importante à l’échelle locale et la force dominante dans les villes de plus de 100 000 habitants. Et bien sûr, les sortants PS ont des atouts.

Le PS peut conserver Lille, Marseille. Montpellier sera sans doute conservé. Ils peuvent aussi gagner des villes comme Saint-Étienne, peut-être Toulouse, et regagner Strasbourg même si c’est serré face à la droite. Mais attention à la perte symbolique, 25 ans après, de Paris, et Paris c’est fort indécis. Paris va être le centre de gravité pour le PS, quels que soient leur gains éventuels ailleurs. Un peu comme en 2001…

 

Un mot sur les écologistes, après la « vague » en 2020 ?

C’était une petite vague, en réalité, mais les villes gagnées étaient symboliquement très fortes, excepté Poitiers. Elles ont été d’ailleurs gagnées sans maire sortant socialiste ou de droite en face. Ce qui illustre l’adage selon lequel, quand un maire sortant ne se représente pas, le jeu local s’ouvre fortement. Les écologistes sont sans doute la force qui joue le plus gros en mars prochain. Lyon semble perdu et Strasbourg paraît bien mal parti. Il y aurait un vrai sentiment de coup d’arrêt, d’enseignement inverse à 2020, après des européennes déjà très médiocres en 2024, avec 5% péniblement atteints. Même s’ils semblent pouvoir conserver Bordeaux, Tours et Poitiers, « l’arc de l’Ouest ».

L’enjeu climatique, dans les déterminants du vote, vient loin derrière l’insécurité, la dette, les soins, la propreté, la drogue, le logement. Il y a 6 ans, à même époque, on aurait peut-être parlé des marches hebdomadaires du climat avec les jeunes. Il y a aujourd’hui deux phénomènes d’opinion que j’entends dans les études qualis » qui expliquent ce recul de l’enjeu climatique. Le premier, c’est « on n’y arrivera pas, c’est un phénomène inéluctable, c’est fichu ». Et le deuxième qui est plus diffus mais qui sort quand même pas mal, je l’appelle « messieurs les Anglais tirez les premiers ». Nous, Français, faisons tellement d’efforts sur ces questions ! Demandez d’abord aux Allemands de fermer leurs centrales à charbon. Demandez aux Américains, aux Russes, aux Chinois de faire des efforts. Nous, on en fait déjà trop ». Les citoyens sont de plus en plus intéressés par la situation internationale…

 

Quant aux macronistes, leur ancrage local les pénalise…

Le fait d’avoir peu de sortants en 2020 continue à les pénaliser. Alors ils ont certes quelque espérances de victoire comme à Annecy. Il faut surtout souligner qu’ils ne se présentent que dans 2-3 villes de plus de 100 000 habitants sous leur étiquette. J. M. Aulas n’est pas Renaissance, J. L. Bournazel n’est pas Renaissance. À Marseille, les macronistes sont chez M. Vassal, qui est LR… Il y a une vraie continuité avec les municipales de 2020 qui avaient été si mauvaises pour eux.

 

Justement, pour finir, à LR, quel est l’enjeu ?

Ce parti n’a plus qu’une ville de plus de 100 000 habitants, Nîmes, alors qu’ils avaient Toulouse et Nice, mais Moudin a quitté LR pour rejoindre Horizons, comme C. Estrosi à Nice. LR, en tant que parti, reste cependant très fort dans des villes qui passent sous les radars médiatiques, des villes de sous-préfecture, des villes moyennes. Pour LR, l’enjeu politico-médiatique du scrutin, c’est : « On garde nos villes sortantes ».

Ils peuvent certes avoir une bonne surprise, à Strasbourg par exemple où ils ont un très bon candidat, et c’est incertain au 2ème tour. Mais, dans l’ensemble, LR paraît assez loin de la victoire pour des villes très symboliques. Même si R. Dati qui est LR, l’emporte à Paris, on rappellera qu’elle est ministre d’E Macron depuis deux ans. JM Aulas à Lyon est soutenu par LR mais n’en est pas issu. Un peu comme pour Renaissance, ce seraient pour LR des victoires par procuration, pas des victoires directes. La ville de plus de 100 000 habitants qui les concernent vraiment, c’est Nîmes. Et à Nîmes, il y a une vraie division à droite, sans maire sortant. Le RN à Nîmes peut l’emporter.

Si la petite musique qui préfigure la présidentielle, c’est « le RN, a gagné des villes parce qu’il y a des électeurs de droite qui ont voté au second tour sans problème pour la liste RN », c’est un sacré signe pour l’élection présidentielle. J’ai été frappé, dans l’enquête que j’ai faite pour la « Provence » sur Marseille début décembre, par la proximité entre la structure sociologique du soutien à Martine Vassal allié à Renaissance et celle de F. Allisio le candidat RN. Alors c’est le « RN du sud » bien sûr. Mais tout de même, ça m’a marqué.

S’il y événement dans ces municipales, cela viendra du RN , voilà ce qui se dessine. A vérifier à Toulon, à Marseille, à Nice, à Nîmes les 15 et 22 mars.

Philippe Guibert
 
Philippe Guibert est consultant, enseignant et chroniqueur TV. Il a publié en 2024 Gulliver Enchainé, le déclin du chef politique en France (Cerf). Il a été directeur du service d information du gouvernement (SIG) et directeur de la communication dans diverses structures publiques. Il a dirigé la rédaction de la revue Medium de Régis Debray.

Frédéric Dabi réalise des enquêtes électorales depuis 25 ans, et c’est à la lumière de son expérience politique et des enquêtes qu’il mène qu’il nous livre son analyse d’un scrutin municipal qui ne ressemblera pas aux précédents. Les attentes de l’opinion ont changé à l’égard du local depuis la dissolution et la situation nationale de blocage qui en a résulté et la « prime aux sortants » paraît moins forte qu’en 2020. Un scrutin certes local, mais « contaminé par le national » où le RN, peut-être, peut faire événement.

https://nouvellerevuepolitique.fr/interview-frederic-dabi-directeur-de-lifop-si-il-y-a-evenement-politique-dans-ces-municipales-ce-sera-du-cote-du-rn-quil-se-dessinera/

 

 

Powered By Blogger