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avril 15, 2026

INFORMATIONS FRANÇAISES; QUELLE ÉNERGIE !!

Sommaire:

A) - Perquisition à l’Élysée : les contrats des cérémonies de panthéonisation dans le viseur de la brigade financière anticorruption

B) - Choc énergétique historique : la France face aux retombées de la crise iranienne

C) - Aides d’État, souveraineté énergétique et renaissance nucléaire : L’Union européenne à l’épreuve du cas EDF et des réponses étatiques

 


 

A) - Perquisition à l’Élysée : les contrats des cérémonies de panthéonisation dans le viseur de la brigade financière anticorruption

Paris, 14 avril 2026 – Ce mardi matin, à l’aube, le Palais de l’Élysée a été perquisitionné par la brigade financière anticorruption (BFAC) de la police judiciaire de Paris. Selon Le Canard enchaîné, qui révèle l’information en exclusivité dans son édition du jour, les enquêteurs s’intéressent de près aux marchés publics attribués depuis plus de vingt ans à la société d’événementiel Shortcut Events pour l’organisation des cérémonies d’entrée au Panthéon.

Une enquête préliminaire qui pourrait mettre en lumière d’éventuels favoritisme dans l’attribution de ces contrats prestigieux, facturés chaque fois autour de 2 millions d’euros d’argent public.

Une enquête qui remonte à plus de deux décennies


Les faits portent sur la période 2002-2024 : toutes les cérémonies de panthéonisation – ces hommages nationaux aux « grands hommes et grandes femmes » de la République – ont été confiées à Shortcut Events. De Joséphine Baker à Missak Manouchian en passant par Maurice Genevoix ou Simone Veil, l’agence a systématiquement remporté ces marchés, sans réelle concurrence apparente sur une durée de 22 ans.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si l’entreprise a bénéficié de « soutiens miraculeux » de la part du Centre des monuments nationaux (sous tutelle du ministère de la Culture), du ministère lui-même ou directement de l’Élysée dans l’attribution de ces marchés. Le Canard enchaîné avait déjà pointé ce quasi-monopole en octobre 2023.

Aujourd’hui, la perquisition au cœur du pouvoir exécutif marque une nouvelle étape judiciaire. 

L’Élysée a confirmé la présence des enquêteurs, mais aucune mise en examen n’a été annoncée à ce stade. Il s’agit d’une enquête préliminaire : à ce jour, aucune personnalité n’est nommément mise en cause.

Shortcut Events : une success story de l’événementiel à la française… et un partenaire récurrent de l’État

Fondée en 1996 (ou 1997 selon certaines sources) par Christophe Pinguet et Lionel Laval, Shortcut Events est une agence indépendante spécialisée dans la communication événementielle haut de gamme. Basée au 20 avenue Franklin D. Roosevelt à Paris (8e arrondissement), elle compte aujourd’hui une trentaine de salariés et affiche un chiffre d’affaires prévisionnel de 33 millions d’euros pour 2025 (après une forte croissance ces dernières années).

Christophe Pinguet, cofondateur et coprésident, décrit l’agence comme créatrice d’« expériences événementielles esthétiques et émotionnelles riches en contenus ». Le duo Pinguet-Laval, en place depuis près de 30 ans, met en avant une expertise dans les grands événements institutionnels, les cérémonies d’État et les productions de prestige. Shortcut s’est fait connaître pour son savoir-faire « à la française » : élégance, scénographie soignée et narration historique forte. L’agence travaille aussi bien pour des clients privés (luxe, corporate) que publics.

Outre les panthéonisations, Shortcut Events a organisé :

  • L’inauguration de la Cité internationale de la Francophonie à Villers-Cotterêts (2023).
  • La grande cérémonie internationale du 80e anniversaire du Débarquement à Omaha Beach (6 juin 2024), en présence d’Emmanuel Macron et de 25 chefs d’État dont Volodymyr Zelensky.

Ces derniers contrats ont déjà fait l’objet d’enquêtes journalistiques. En juin 2024, Libération avait révélé les « étranges coulisses » de l’attribution de la commémoration du Débarquement, qualifiant Shortcut d’« agence de com chouchoutée par l’Élysée ». Des concurrents y dénonçaient alors des appels d’offres potentiellement orientés et un accès privilégié au sommet de l’État.

Des soupçons de favoritisme récurrents

Le quasi-monopole sur les panthéonisations n’est pas passé inaperçu. Dès 2023, Le Canard enchaîné soulignait que Shortcut Events remportait systématiquement ces marchés sensibles. Les cérémonies, organisées par le Centre des monuments nationaux, relèvent pourtant de procédures de marchés publics.

Les enquêteurs de la BFAC cherchent désormais à savoir si des interventions extérieures ont pu fausser la concurrence au profit de l’agence.

Shortcut Events n’est pas une inconnue des services de l’État : elle a également participé à d’autres événements d’ampleur nationale, renforçant son image de partenaire fiable pour les grandes messes républicaines.

Une affaire qui interroge le financement des grands événements d’État

À l’heure où les finances publiques sont sous tension, chaque panthéonisation à 2 millions d’euros interroge. L’enquête pourrait s’étendre au-delà de l’Élysée, vers le ministère de la Culture et les autres institutions impliquées.

Pour l’instant, l’Élysée se contente de confirmer la perquisition sans plus de commentaire. Shortcut Events n’a pas réagi publiquement à cette heure. L’affaire reste à ce stade une enquête en cours.

Cette perquisition surprise rappelle toutefois que les grands événements symboliques de la République – ces moments de communion nationale – sont aussi des marchés publics scrutés de près. L’issue de l’enquête dira si le « marché des panthéonisations » a été attribué dans les règles ou si des faveurs ont été accordées.

https://multipol360.com/perquisition-a-lelysee-les-contrats-des-ceremonies-de-pantheonisation-dans-le-viseur-de-la-brigade-financiere-anticorruption/ 

 


 

B) - Choc énergétique historique : la France face aux retombées de la crise iranienne

Paris, 13 avril 2026 – Donald Trump avait annoncé le 8 avril un cessez-le-feu de 15 jours dans le conflit avec l’Iran. Pourtant, les marchés énergétiques restent sous tension extrême. Dépendance aux importations, infrastructures pétrolières endommagées et fermeture prolongée du détroit d’Ormuz :

la France et l’Europe s’apprêtent à affronter un choc pétrolier et gazier sans précédent depuis les années 1970.

L’analyste économique Charles Sana, entrepreneur et animateur du Grenier de l’Éco, décrypte pour Politique et Écho les conséquences concrètes sur le pouvoir d’achat, l’inflation et les pénuries à venir.

Un double choc pétrolier et gazier déjà en marche

Le cessez-le-feu n’a pas suffi à apaiser les marchés.

Charles Sana confirme un choc pétrolier majeur, visible à la pompe, et un choc gazier tout aussi sévère, mais plus discret.

Dès le 1er mai, le gaz augmentera de 15 % pour 7,5 millions de Français aux tarifs variables. Dans le parc HLM comme dans le locatif privé ou chez les propriétaires, les charges énergétiques explosent et pèsent lourdement sur les budgets modestes.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) parle d’un choc comparable à ceux de 1973 et 1979 cumulés. La fermeture du détroit d’Ormuz – scénario du pire modélisé depuis cinquante ans – est aujourd’hui une réalité.

Le détroit d’Ormuz, scénario catastrophe toujours d’actualité

Même avec le cessez-le-feu, le détroit reste largement bloqué : on est passé de 140 navires par jour à 0 à 4 bateaux seulement. Les Iraniens, qui ont réussi à paralyser ce passage stratégique, n’ont aucune raison de le rouvrir pleinement tant qu’un accord définitif n’est pas conclu. Les prix physiques du pétrole restent très élevés : le kérosène a atteint 229 dollars le baril (autour de 200 dollars actuellement) et le gasoil 204 dollars. Le baril « papier » a certes baissé sous les 100 dollars à l’annonce du cessez-le-feu, mais le baril réel livrable immédiatement reste beaucoup plus cher.

Pénuries et rationnement : la menace concrète dès fin avril

Les réserves stratégiques de l’AIE (400 millions de barils sur 1.600 millions) permettent de tenir sans pénurie jusqu’à fin avril/début mai. Passé cette date, le manque se fera sentir. Charles Sana estime qu’il pourrait manquer jusqu’à 30 % de gasoil. Mathématiquement, pour équilibrer l’offre et la demande, le prix du diesel atteindrait alors 5,60 € le litre. Même si ce seuil extrême n’est pas atteint, un prix à 3 € le litre provoquerait déjà un effondrement psychologique et économique de la demande.

Des mesures de rationnement sont envisagées, sur le modèle slovène (50 litres par particulier et 200 litres par entreprise et par semaine). La France pourrait opter pour un « confinement énergétique » : limitation hebdomadaire des achats de carburant, télétravail obligatoire ou sobriété forcée.

Inflation ressentie à 12,5 % contre 3,2 % officielle

L’inflation officielle (IPC Insee) reste autour de 3,2 % pour 2026 car les carburants ne pèsent que 4,6 % dans le panier type et le logement 8 %. Or, pour de nombreux ménages (surtout ruraux ou périurbains), l’énergie représente 30 à 50 % du budget. Résultat :

l’inflation réellement ressentie par les Français pourrait atteindre 12,5 %, soit un niveau supérieur au choc post-Covid et à celui de la guerre en Ukraine.

Certains produits (engrais, médicaments, matériaux de construction, emballages) pourraient voir leur prix augmenter de 30 à 40 %.

Impacts en cascade sur l’industrie, l’agriculture et la santé

Le golfe Persique fournit 30 à 40 % du soufre mondial, indispensable à la fabrication de nombreux médicaments (antibiotiques, insuline, antiacides). L’hélium, utilisé pour les IRM et les semi-conducteurs, risque aussi de manquer. L’azote pour les engrais azotés est en pénurie, ce qui va faire baisser les rendements agricoles et augmenter les prix alimentaires.

Les entreprises françaises, déjà fragilisées par le Covid et les PGE à rembourser, vont subir une hausse massive des faillites en 2026. Le secteur du BTP, l’industrie automobile (–59 % de production en France) et l’agriculture sont particulièrement vulnérables.

Transition énergétique européenne : un accélérateur contraint

Face à la crise, la Commission européenne voit dans la hausse des prix des carburants un argument supplémentaire pour accélérer l’électrification. Renault l’assume déjà dans sa communication : « Si le prix de l’essence est en hausse, ce n’est pas une bonne nouvelle, mais c’est une bonne raison pour passer à l’électrique. » Pourtant, l’infrastructure de recharge reste insuffisante pour un usage massif, et la filière automobile française continue de s’effondrer au profit des importations chinoises.

La guerre en Iran est-elle en train de déclencher un nouveau choc économique mondial ? Malgré un cessez-le-feu annoncé par Donald Trump, le détroit d’Ormuz reste sous pression et utilisé comme levier stratégique par l’Iran, faisant peser une menace durable sur les approvisionnements en pétrole et en gaz. 👉 Inflation et pénuries : faut-il s’attendre à un choc majeur dans les prochaines semaines ? 👉 Quel impact sur le prix du pétrole, du gaz, des carburants et le pouvoir d’achat ? 👉 Les entreprises françaises et l’emploi sont-ils menacés par ce choc énergétique ? 👉 L’État et les banques centrales peuvent-ils encore amortir la crise (dette publique, OAT, taux d’intérêt) ? Dans Politique & Éco, Charles Sannat (Le Grenier de l’Éco - https://legrenierdeleco.com/) décrypte les conséquences concrètes : choc pétrolier, entreprises, chômage, faillites, transition énergétique et risques sur l’épargne (livret A, or).
 

Comment se prémunir ? Les conseils de Charles Sana

Pour les particuliers, l’analyste recommande de privilégier l’épargne « en nature » : stocks de denrées non périssables (pâtes, conserves, etc.) plutôt que de laisser l’argent sur un livret A à 1,5 %. Il faut aussi anticiper les hausses sur les matériaux (vitrage, carrelage, isolation) et avancer certains travaux.

Charles Sana conclut sur un constat géopolitique plus large : nous assistons selon lui à un « Yalta 2.0 » entre Trump, Poutine et Xi Jinping, marquant le début d’une troisième guerre mondiale (non encore terminée) qui redessinera l’ordre mondial.

Le cessez-le-feu de Trump a offert un répit, mais le mal est fait. La France, comme le reste de l’Europe, entre dans une période de restrictions et d’ajustements douloureux. L’heure est à la préparation et à la lucidité.

https://multipol360.com/choc-energetique-historique-la-france-face-aux-retombees-de-la-crise-iranienne/

 

 


 

C) - Aides d’État, souveraineté énergétique et renaissance nucléaire : L’Union européenne à l’épreuve du cas EDF et des réponses étatiques

Résumé exécutif

L’éventuelle ouverture d’une enquête de la Commission européenne sur le soutien public de l’État français à EDF pour la construction de nouveaux réacteurs nucléaires soulève des enjeux dépassant le cadre classique du contrôle des aides d’État et de la politique de la concurrence européenne. Elle met en lumière une tension croissante entre les exigences du marché intérieur et les impératifs de sécurité et souveraineté énergétique, dans un contexte de forte instabilité géopolitique et d’accélération de la transition climatique.

Face au risque sérieux de retards significatifs dans la mise en œuvre du programme nucléaire français, plusieurs leviers d’action peuvent être mobilisés. Sur le plan juridique, la France dispose de marges de manœuvre substantielles en s’appuyant sur les exceptions prévues par l’article 107 §3 TFUE, en particulier celles relatives au développement de certaines activités économiques et à la réalisation d’objectifs d’intérêt commun, tels que la sécurité d’approvisionnement et la décarbonation. La qualification du nucléaire comme service d’intérêt économique général constitue également un axe structurant permettant d’encadrer les mécanismes de compensation publique.

Parallèlement, l’exploitation du précédent britannique de Hinkley Point C et de la pratique décisionnelle récente de la Commission offre des arguments solides en faveur de la compatibilité des dispositifs envisagés, notamment s’ils sont conçus dans une logique de proportionnalité et de limitation des distorsions de concurrence revues à la lumière des événements géopolitiques.

Au-delà du registre juridique, une stratégie politique proactive apparaît déterminante. Elle suppose la constitution d’alliances élargies entre États membres favorables au nucléaire, une mobilisation du Conseil européen et une requalification du débat au niveau de l’Union, en insistant sur la dimension stratégique et urgente de la sécurité énergétique.

Enfin, la maîtrise du facteur temps constitue un enjeu central : la France devra anticiper la procédure, structurer ses dispositifs en amont et, le cas échéant, envisager des solutions transitoires ou des adaptations de ses mécanismes de financement afin de limiter les effets retardateurs d’une enquête approfondie.

L’ensemble de ces actions participe d’une approche intégrée visant non pas à contourner le droit de l’Union, mais à en exploiter pleinement les ressources afin de concilier discipline concurrentielle et impératifs stratégiques. Si la recherche d’un consensus rapide avec la Commission ne se concrétise pas, il existera fatalement d’autres voies d’action nettement plus offensives.

Introduction 

L’annonce, relayée par l’agence Reuters, de l’éventuelle ouverture d’une enquête de la Commission européenne relative aux mesures de soutien envisagées par l’État français en faveur d’EDF pour la construction de six réacteurs nucléaires de nouvelle génération s’inscrit dans un contexte de recomposition profonde des priorités énergétiques et industrielles de l’Union européenne.[1] Elle intervient à un moment où les équilibres sur lesquels reposait historiquement le droit de la concurrence de l’Union se trouvent soumis à des tensions inédites, résultant à la fois de la dégradation de l’environnement géopolitique et de l’accélération affichée des objectifs climatiques.

La succession de crises énergétiques ayant affecté le continent européen depuis 2022, à la suite notamment de la guerre en Ukraine, a mis en lumière la vulnérabilité structurelle des États membres à l’égard des approvisionnements extérieurs en hydrocarbures.[2] À cette fragilité s’ajoutent les incertitudes persistantes pesant sur les marchés mondiaux de l’énergie, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes au Moyen-Orient, susceptibles d’affecter durablement les conditions d’accès aux ressources fossiles à bas coûts.[3] Dans ce cadre, la sécurisation d’une production électrique stable, décarbonée et maîtrisée apparaît désormais comme un impératif stratégique, auquel le programme de relance du nucléaire engagé par la France entend précisément répondre.

Ce programme implique toutefois des investissements d’une ampleur telle qu’ils supposent un soutien public structurant, susceptible de relever du champ d’application du droit des aides d’État.[4] L’éventuelle ouverture d’une enquête approfondie par la Commission conduit dès lors à s’interroger sur la compatibilité de ces interventions avec les règles du marché intérieur, dans un secteur où les défaillances de marché sont particulièrement marquées. Le précédent de la décision relative au projet Hinkley Point C, par laquelle la Commission avait admis, sous conditions, la compatibilité d’un mécanisme de soutien public au nucléaire britannique, constitue à cet égard un point d’ancrage essentiel,[5]révélant à la fois la possibilité d’une validation et la complexité des procédures d’examen.

Au-delà de la seule question de la légalité des aides envisagées, la situation actuelle met en évidence une tension plus fondamentale entre, d’une part, l’objectif de préservation des conditions de concurrence et, d’autre part, la nécessité pour les États membres de mettre en œuvre des politiques industrielles et énergétiques adaptées aux défis contemporains.[6] Cette tension est d’autant plus manifeste que l’Union poursuit parallèlement des objectifs ambitieux d’électrification des usages, notamment à travers l’interdiction programmée de la vente de véhicules thermiques à l’horizon 2035,[7] ce qui implique une augmentation accélérée significative des capacités de production électrique bas-carbone pilotables.

Dans ce contexte, l’analyse du cas français invite à dépasser une lecture strictement contentieuse du contrôle des aides d’État pour interroger les marges de manœuvre dont disposent les États membres afin de concilier leurs impératifs stratégiques avec les exigences du droit de l’Union. Elle conduit également à envisager, de manière prospective, les différentes réponses — juridiques, institutionnelles et politiques — susceptibles d’être mobilisées pour prévenir ou atténuer les effets potentiellement retardateurs d’une procédure d’enquête sur la mise en œuvre du programme nucléaire français.[8] L’étude du cas EDF apparaît ainsi comme un terrain privilégié pour observer les recompositions en cours du droit des aides d’État, à l’heure où celui-ci se trouve confronté à la montée en puissance des impératifs de souveraineté énergétique et de sécurité d’approvisionnement, accentuées de manière dramatique par les contextes géopolitiques ukrainien et iranien.

I. Le soutien public au programme nucléaire d’EDF : rationalité économique et nécessité stratégique

L’analyse du soutien public envisagé en faveur d’EDF suppose, en premier lieu, d’en comprendre les déterminants économiques et financiers, avant d’en apprécier la portée stratégique au regard des nouvelles contraintes pesant sur les systèmes énergétiques européens. Cette double perspective – économique et stratégique – justifie pleinement l’implication de l’État dans le développement du parc nucléaire.

A. Les déterminants économiques et financiers du soutien

Le programme de construction de six réacteurs nucléaires de nouvelle génération par EDF implique des investissements considérables, estimés à plusieurs dizaines de milliards d’euros.[9] Dans ce contexte, la mobilisation d’un soutien public apparaît comme une condition sine qua non de la viabilité économique du projet, compte tenu des coûts fixes élevés, des délais de construction étendus et des risques financiers inhérents aux projets nucléaires.[10]

L’État français a ainsi prévu des mécanismes de financement destinés à sécuriser la trésorerie d’EDF et à garantir la faisabilité des projets dans un contexte de volatilité des marchés de l’énergie.[11] Ces dispositifs visent à stabiliser les flux de revenus sur le long terme, à limiter les risques financiers et à réduire le coût du capital, facteur déterminant pour la compétitivité du nucléaire face aux sources d’énergie renouvelables intermittentes et aux combustibles fossiles soumis à de fortes variations de prix.[12]

Le soutien financier apporté à EDF ne peut être appréhendé à l’aune des seules considérations économiques de marché de court terme. Il s’inscrit dans une logique plus large de souveraineté énergétique et industrielle, devenue centrale dans le contexte européen contemporain. Comme l’a mis en évidence Mario Draghi dans son rapport sur la compétitivité européenne, la maîtrise des coûts et de l’approvisionnement énergétique constitue un déterminant essentiel de la compétitivité et de la résilience économique de l’Union.[13] Dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques accrues et une volatilité des marchés de l’énergie, la sécurisation d’une production stable et pilotable apparaît comme un impératif stratégique absolu.

À cet égard, le recours à des infrastructures énergétiques structurantes, telles que le parc nucléaire exploité par EDF, participe d’une stratégie visant à garantir l’indépendance énergétique nationale tout en contribuant à la stabilité du système électrique européen. Cette approche dépasse ainsi la logique de rentabilité immédiate pour s’inscrire dans une perspective de long terme, articulant sécurité d’approvisionnement, compétitivité industrielle et transition énergétique.

B. La portée stratégique du programme nucléaire français

Au-delà des considérations économiques, le programme nucléaire d’EDF revêt une dimension stratégique majeure. La dépendance européenne aux hydrocarbures importés, accentuée par la guerre en Ukraine ou en Iran, et la volatilité des marchés mondiaux, met en évidence la nécessité de disposer, aussi rapidement que possible à l’échelle malgré tout de quelques années, de sources d’énergie souveraines et décarbonées.[14]

Selon l’Agence internationale de l’énergie, la sécurité énergétique demeure un enjeu central dans un contexte de forte instabilité géopolitique, ce qui justifie des investissements accrus dans des sources d’énergie bas-carbone pilotables. Le nucléaire offre une production électrique stable, pilotable et à faible émission de carbone, répondant directement aux exigences de sécurité d’approvisionnement et aux objectifs climatiques de l’Union européenne. Les analyses institutionnelles soulignent que la relance de la filière nucléaire française repose sur le maintien et le développement de compétences industrielles critiques. Le CEA met notamment en avant la nécessité de préserver un cœur de compétences internes et de renforcer la formation, afin de garantir la maîtrise technologique et la sûreté des installations.[15]

L’anticipation des besoins futurs en électricité constitue un enjeu stratégique majeur pour l’Europe, en particulier dans le contexte de l’électrification croissante des usages et de l’interdiction progressive de la vente de véhicules thermiques prévue pour 2035. Cette évolution, prévue par la réglementation européenne sur les émissions de CO₂ des voitures et camionnettes,[16] implique une augmentation significative de la demande électrique, renforçant la pertinence du programme nucléaire français et européen comme outil de sécurité énergétique et de stabilité industrielle.

Les analyses de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) confirment ce constat. Le World Energy Outlook 2023 souligne que la transition vers des systèmes électriques bas-carbone ne peut réussir sans des investissements prévisionnels dans des infrastructures stables et pilotables, le nucléaire jouant un rôle central pour réduire la dépendance aux énergies fossiles importées et garantir la continuité d’approvisionnement[17]. De manière complémentaire, le rapport Nuclear Power and Secure Energy Transitions[18] montre que l’énergie nucléaire contribue à la fois à la décarbonation et à la sécurité énergétique, en stabilisant le réseau et en soutenant la compétitivité industrielle face à la volatilité des prix de l’électricité.

Sur le plan européen, la Présidente de la Commission Ursula von der Leyen comme l’ancien Président du Conseil italien et ancien Président  de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi insistent sans ambiguïté sur la nécessité d’investissements prévisionnels dans les infrastructures critiques pour réduire les vulnérabilités économiques et industrielles de l’Union.[19] L’absence de planification suffisante pour les infrastructures énergétiques stratégiques pourrait exposer l’Europe à des risques de pénuries vitales et à des crises industrielles récurrentes. Manifestement, la Vice-Présidente Ribera semble vouloir diverger d’un nouveau consensus qui est pourtant clairement exprimé depuis l’explosion des risques géopolitiques.  Enfin, au risque de se répéter, le programme nucléaire français contribue à la résilience énergétique et à la stabilité des coûts, offrant un amortisseur face aux fluctuations des prix des hydrocarbures et aux crises géopolitiques, notamment les tensions autour de l’Iran ou les sanctions contre la Russie.[20] L’intégration de ces facteurs dans la stratégie énergétique justifie pleinement l’engagement de l’État français pour sécuriser le financement d’EDF et garantir la réalisation accélérée du programme nucléaire.

II. L’ouverture imminente d’une enquête sur les aides d’État à EDF : contexte et enjeux juridiques

La perspective d’ouverture d’une enquête de la Commission européenne en avril 2026 sur le soutien public français à EDF soulève des questions cruciales sur la compatibilité des aides d’État avec le droit européen. Cette partie analyse le contexte réglementaire et les enjeux juridiques liés à la possible procédure d’examen par la DG Concurrence.

A. Cadre juridique et précédents européens

L’article 107 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) interdit en principe toute aide publique susceptible de fausser la concurrence sur le marché intérieur.[21] Cependant, des exceptions existent, notamment pour les projets présentant un intérêt commun ou stratégique pour l’Union.[22]

Dans le passé, plusieurs projets nucléaires ont été soumis à l’examen de la Commission. L’affaire de Hinkley Point C au Royaume-Uni, qui impliquait déjà l’opérateur EDF, constitue un précédent emblématique. La Commission avait initialement estimé que les aides britanniques pouvaient constituer une distorsion de concurrence.[23] Toutefois, après une évaluation approfondie, elle avait autorisé le soutien en reconnaissant l’intérêt stratégique et la contribution à la sécurité énergétique.[24]

Ce précédent laisse présager que la procédure visant EDF pourrait être très longue et complexe, mettant en péril l’équilibre financier des projets. Comme le note Francesco Giusti lui-même, en s’exprimant généralement de manière plutôt stricte le droit de la concurrence (et donc de manière plutôt opposée aux développements de la production nucléaire avec obligation d’intervention publique au vu des volumes d’investissements colossaux amortis sur de très longues durées), les enquêtes sur les aides d’État nucléaires nécessitent une analyse détaillée des coûts, du financement et de la contribution stratégique à l’intérêt général. Ce type d’enquête peut retarder considérablement la mise en œuvre du projet.[25]

B. Enjeux et risques pour la souveraineté énergétique française

En se fondant sur les incidents de procédure dans l’affaire Hinkley Point C précitée, la procédure annoncée par Reuters sur les aides à EDF[26]pourrait retarder de plusieurs années la construction des six réacteurs, compromettant la capacité de la France à atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques. Cette situation illustre la tension entre les règles de concurrence européenne et les impératifs stratégiques nationaux et européens.

Comme indiqué plus haut, le retard potentiel pose également un risque de dépendance accrue aux énergies fossiles importées, dont les prix et la disponibilité sont soumis à de fortes influences et fluctuations géopolitiques. Dans ce contexte, la rigidité excessive voire dogmatique de la DG Concurrence de la Commission Européenne dans l’application des règles de concurrence peut entrer en contradiction avec les nécessités de sécurité énergétique et de souveraineté industrielle européenne. Mario Draghi souligne la nécessité d’adapter la politique de concurrence de l’Union européenne aux enjeux de compétitivité, d’innovation et de sécurité stratégique, afin que l’Union puisse mobiliser des investissements importants et répondre à des défis tels que la transition énergétique et la souveraineté industrielle.[27] Une application trop rigide des règles de concurrence pourrait limiter la capacité de l’UE à atteindre ses propres objectifs. En outre, la procédure pourrait créer un précédent pour d’autres projets stratégiques dans l’Union européenne, limitant la capacité des États membres à soutenir des infrastructures essentielles. La France doit donc anticiper, avec ses partenaires dans l’UE, des stratégies juridiques et politiques pour défendre ses intérêts et garantir le développement rapide et sécurisé du programme nucléaire.[28]

III. Une tension croissante : politique de concurrence et souveraineté énergétique

Au‑delà de la seule mise en œuvre des règles relatives aux aides d’État, le cas d’espèce révèle une tension plus profonde entre les fondements du droit de la concurrence de l’Union et les exigences émergentes de souveraineté énergétique et industrielle. Cette tension se manifeste à la fois dans les discours des responsables politiques européens et dans les positions institutionnelles récentes.

A. Une Europe divisée mais convergente vers une nouvelle perspective stratégique

L’Union européenne a longtemps oscillé sur la question du nucléaire, entre États membres qui le considèrent comme une source indispensable de production électrique bas‑carbone et d’autres qui s’en éloignent pour des motifs politiques ou sociaux, voire plus vainement idéologiques artificiels. Le débat sur l’énergie nucléaire illustre cette divergence, mais on observe une convergence récente vers une reconnaissance croissante du rôle stratégique de l’atome pour notre souveraineté énergétique européenne.[29]

Dans ce mouvement, plusieurs dirigeants européens ont exprimé de manière explicite leur soutien au nucléaire. Ainsi, lors du Sommet sur l’énergie nucléaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique à Paris en mars 2026, le président français a affirmé « le nucléaire civil doit être au cœur de notre stratégie pour garantir l’indépendance énergétique face aux incertitudes géopolitiques et à la flambée des prix des hydrocarbures ».[30]

Par ailleurs, la présidente de la Commission européenne a reconnu explicitement, il y a quelques jours en mars 2026, les limites de choix antérieurs concernant le nucléaire dans l’Union et souligné la nécessité pour l’Union d’assumer un rôle plus affirmé en la matière : « la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique fut, à mes yeux, une erreur stratégique ; nous devons à présent mobiliser toutes les sources d’énergie bas carbone pour assurer notre compétitivité et notre sécurité d’approvisionnement ».[31]

Cette évolution des discours politiques est également illustrée par l’initiative de l’Alliance européenne du nucléaire, réunissant plusieurs États membres pronucléaires pour promouvoir un cadre européen favorable au développement de l’énergie atomique.[32] Cette dynamique montre que, même au sein d’une Union divisée, l’impératif stratégique — sécurité énergétique, compétitivité industrielle et transition climatique — tend à se superposer aux logiques strictement concurrentielles suivies depuis des décennies jusqu’ici.

B. La contradiction normative structurelle entre concurrence et souveraineté énergétique

L’une des principales tensions naît de la logique duale qui régit l’Union européenne : d’un côté, le droit de la concurrence cherche à préserver un marché interne efficace et non faussé par des interventions étatiques excessives ;[33]  de l’autre, les États membres, confrontés à des défis externes majeurs, revendiquent une marge accrue pour déployer des politiques industrielles stratégiques, dont la fourniture d’énergie à bas coût est une condition essentielle de succès.

Cette contradiction est d’autant plus manifeste que des impératifs tels que l’interdiction de la vente de véhicules thermiques à l’horizon 2035 et l’accélération de l’électrification des usages exigent, comme déjà noté, une augmentation significative des capacités de production électrique pilotables et bas‑carbone.[34] La seule focalisation sur le marché intérieur sans prise en compte des enjeux géopolitiques peut conduire à des résultats contraires aux objectifs globaux de l’Union.

Dans ce contexte, certains responsables politiques européens ont explicitement lié le soutien au nucléaire à la souveraineté énergétique et à la résilience face aux chocs externes. Un groupe d’États membres pronucléaires a ainsi déclaré « le nucléaire est une solution compétitive pour répondre à la demande croissante d’électricité sans émissions fossiles et constitue un facteur clé pour notre sécurité collective de l’approvisionnement ».[35]

Cette tension normative reflète une transformation plus profonde du rôle de l’État et de l’Union dans la gestion des biens publics transnationaux. L’enjeu réside désormais dans la manière dont l’Union concilie son ancien cadre concurrentiel avec les enjeux géopolitiques nouveaux ainsi que de nouvelles priorités stratégiques absolues, telles que la transition énergétique ou la sécurité d’approvisionnement, sans pour autant saper les principes fondamentaux du marché intérieur.

IV. Propositions d’action politique et stratégie française face à l’enquête DG Concurrence sur EDF : piur une démarche géopolitique dynamique audacieuse

La France, confrontée à la possible ouverture d’enquête de la DG Concurrence sur ses aides à EDF, doit articuler sa réponse autour de l’équilibre entre respect du droit européen et préservation de sa souveraineté énergétique. Cette situation illustre de manière exemplaire la tension entre la logique de concurrence stricte et les impératifs stratégiques de sécurité d’approvisionnement et de décarbonation, soulignés dans la partie précédente.

A. Actions juridiques et institutionnelles

Face à l’enquête de la DG Concurrence en aides d’Etat, plusieurs pistes juridiques peuvent être envisagées. 

La France peut engager des consultations préalables auprès de la Commission, conformément à l’article 108 TFUE,[36] pour clarifier le cadre admissible des aides à EDF et anticiper les objections de la Commission. Elle peut également préparer un recours devant le Tribunal de l’Union européenne, s’appuyant sur l’argument que la politique nucléaire française constitue un investissement stratégique indispensable pour l’indépendance énergétique et industrielle.[37] Cette démarche s’inspire notamment de l’expérience acquise à l’occasion de la jurisprudence européenne sur le projet Hinkley Point.[38] Cette jurisprudence énonce les critères retenus pour l’évaluation des aides d’État à des infrastructures stratégiques, mais elle illustre aussi la perte de temps considérable d’une dizaine d’années de procédures extrêmement onéreuses directement (en coûts de procédures) et indirectement (en manque à gagner extrêmement considérable de production énergétique).

Parallèlement, un dialogue renforcé avec les États membres pronucléaires (Belgique, République tchèque, Finlande, Hongrie, Pays‑Bas, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Espagne et France)[39] permettrait de constituer un front commun pour défendre le nucléaire comme infrastructure critique à l’échelle européenne. Ce lobbying coordonné comprend des réunions bilatérales et multilatérales, ainsi que des positions communes dans les conseils de l’énergie de l’UE, et peut neutraliser l’influence potentielle des États anti‑nucléaires, de moins en moins nombreux comme l’Autriche et l’Allemagne.[40]

Enfin, la France peut anticiper la détermination de la Commission sur la compatibilité des aides en renforçant le dossier technique et économique d’EDF, incluant les coûts, délais et avantages environnementaux des nouvelles centrales.[41] Cela permet de démontrer que les aides sont proportionnées et nécessaires pour atteindre les objectifs de sécurité énergétique et de transition bas carbone, sans préjudice de la position dominante qui sera reprochée par la DG Concurrence à EDF sur le marché français, pour l’instant toujours arrimé à un marché européen de l’énergie mais qui pourrait en sortir si des entraves préjudiciables devaient être apportées au développement du plan nucléaire d’EDF. Une entrave juridique pourrait se transformer en crise politique pour l’UE.

B. Actions stratégiques, géopolitiques et communication politique

Au‑delà du juridique, une stratégie politique et diplomatique proactiveest en effet indispensable. Le développement des centrales nucléaires françaises vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles, fortement exposées aux aléas géopolitiques et aux crises des hydrocarbures.[42] La France, avec ses dix alliés auxquels elle peut tenter d’y réunir une douzaine d’autres, doit donc mobiliser l’opinion publique et les instances européennes sur la dimension stratégique vitale du nucléaire. Le développement des centrales vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles, aggravée par la crise ukrainienne et la volatilité des marchés hydrocarbonés, tout en garantissant un coût de l’électricité maîtrisé et un mix énergétique décarboné.

La communication devrait s’appuyer sur des éléments factuels et diplomatiques, citant par exemple les déclarations récentes de dirigeants européens : le président français a rappelé que « le nucléaire civil est un pilier de notre sécurité énergétique et un levier essentiel face aux crises géopolitiques »[43] et le Premier ministre hongrois a souligné que pour son pays « investir dans l’atome est un choix de souveraineté et de stabilité pour nos industries et nos citoyens ».[44] Ces interventions mettent en avant l’argument selon lequel retarder les projets d’EDF reviendrait à compromettre la résilience énergétique européenne d’une manière très préjudiciables à nos industries notamment électro-intensives (industries lourdes comme d’économie digitale, très fortes consommatrices d’énergie).

Des actions politiques proactives peuvent, également, compléter le dispositif : (1) la diffusion d’études comparatives sur les coûts et délais des énergies alternatives, montrant la nécessité de recourir à la production énergétique nucléaire pour atteindre les objectifs climatiques et industriels;[45] (2) l’animation d’un groupe de travail européen des États pronucléaires, coordonnant les positions sur la compatibilité des aides d’État avec le marché intérieur;[46] (3) la mobilisation de financements européens pour soutenir la transition énergétique et réduire la vulnérabilité aux critiques concurrentielles.[47]

Enfin, la France peut tirer parti de dossiers lourds actuellement suivis par l’Autriche, l’Allemagne et l’Espagne auprès de la Commission, tels que les aides dans les infrastructures gazières, les énergies renouvelables et les projets industriels stratégiques (cf. annexe 2). Une coordination multilatérale autour de ces dossiers pourrait créer des leviers pour négocier un apaisement des contestations visant les aides à EDF.[48]

Ces mesures combinées devraient permettre à la France de défendre le développement de ses centrales tout en respectant le cadre juridique de l’Union, transformant la menace de l’enquête DG Concurrence en opportunité de leadership stratégique sur la souveraineté énergétique européenne.

C. Enseignements tirés de l’antécédent britannique de Hinkley Point pour la France et EDF

L’expérience de Hinkley Point C, dont le retard considérable d’exécution a été provoqué par l’action d’un État membre (l’Autriche) qui a mobilisé la Commission contre la construction du complexe nucléaire en question (par EDF déjà !). Dans cette affaire, la Commission a fini par autoriser au terme d’une longue saga procédurale – avec confirmation par la CJUE – des aides d’État malgré des objections d’États membres,[49] montrant l’importance d’un dossier robuste. La France pourrait également mobiliser le soutien au Conseil Européen des États pronucléaires — Belgique, République tchèque, Finlande, Hongrie, Pays-Bas, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède et Bulgarie — pour former une coalition capable d’atténuer la pression sur la Commission des États hostiles, notamment l’Espagne (Mme Ribera est espagnole), l’Autriche et l’Allemagne (Mme von der Leyen est allemande).[50]

Malgré sa fin heureuse par une autorisation, cette affaire offre plusieurs leçons importantes et d’actualité pour la France : (1) la durée des procédures de la Commission peut s’étendre sur plusieurs années lorsqu’un État membre soulève des objections. (2) les recours devant le Tribunal de l’UE ou la CJUE sont possibles mais les décisions finales peuvent confirmer la compatibilité des aides stratégiques. (3) Il est donc essentiel de préparer un dossier robuste, juridiquement et économiquement, tout en mobilisant, dès le départ, un soutien diplomatique auprès des États pronucléaires pour limiter le risque de blocages ou de retards dans le calendrier des projets nucléaires. Il faut aussi envisager une action de conviction auprès de la douzaine d’Etats européens qui ne sont pas opposés à la production nucléaire et les rallier à la cause de la souveraineté énergétique européenne. Ces points sont illustrés dans l’encadré ci‑dessous.

Conclusion 

L’hypothèse d’une ouverture d’enquête par la Commission européenne sur les mesures de soutien envisagées au bénéfice d’EDF ne saurait être appréhendée comme un simple contentieux technique relevant du droit des aides d’État. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des rapports entre politique de concurrence, politique industrielle et souveraineté énergétique au sein de l’Union.

Le cadre juridique issu de l’article 107 TFUE, tel qu’interprété par la Commission et le juge de l’Union, a certes démontré sa capacité d’adaptation, notamment dans le cadre de l’interminable affaire Hinkley Point C – soit quatre ans de procédures juridiques, très perturbantes au plan industriel.[55] Cette adaptabilité demeure toutefois conditionnée par des procédures longues et complexes, génératrices d’incertitudes difficilement conciliables avec l’urgence des investissements requis dans le secteur énergétique.

Dans le même temps, l’évolution du contexte géopolitique et économique a conduit à une revalorisation du rôle de l’État dans la structuration de certaines filières stratégiques, au premier rang desquelles figure le nucléaire, en raison de son intensité capitalistique et de sa contribution à la sécurité d’approvisionnement. Il en résulte une tension croissante entre les instruments traditionnels du droit de la concurrence et les exigences d’une politique énergétique fondée sur la stabilité, la sécurité et la décarbonation, tension d’autant plus marquée que l’Union poursuit parallèlement des objectifs ambitieux d’électrification des usages.

Dans ce contexte, les marges de manœuvre juridiques et politiques dont dispose la France apparaissent réelles, à condition d’être mobilisées de manière cohérente et coordonnée, tant dans le cadre des instruments du droit de l’Union que dans celui des rapports institutionnels entre États membres et Commission. L’enjeu réside, en définitive, moins dans une remise en cause du contrôle des aides d’État que dans son adaptation aux impératifs contemporains de souveraineté énergétique.

L’affaire en devenir relative au soutien à EDF pourrait ainsi constituer un moment charnière, révélateur des limites du cadre actuel mais aussi des capacités d’évolution du droit de l’Union. À défaut d’une telle adaptation, le risque serait celui d’un décalage croissant entre les objectifs stratégiques poursuivis par l’Union et les instruments juridiques mobilisés pour les atteindre, au détriment de la cohérence de son action et de sa position dans la compétition énergétique mondiale. L’absence d’un consensus rapide préservant la capacité opérationnelle de l’outil industriel nucléaire rendu impératif par l’accumulation des crises géopolitiques au cœur desquelles figure l’énergie, pourrait conduire – voire obliger – la France à des choix nettement plus antagonistes par rapport à l’Union européenne.

François Souty, PhD
Intervenant en géopolitique à Excelia Business School, La Rochelle et Paris-Cachan
Intervenant en droit et politique de la concurrence de l’UE à la Faculté de droit de Nantes 


Annexe

[1] Reuters, « EU may investigate French support for EDF nuclear build », dépêche du 10 mars 2026, Reuters (source en ligne, consultée le 10 mars 2026)

[2] Commission européenne, REPowerEU Plan, COM(2022) 230 final, 18 mai 2022 ; Conseil européen, conclusions des 23-24 mars 2023.

[3] Agence internationale de l’énergie, World Energy Outlook 2023, 2023 ; IMF, Global Energy Market Developments, 2024.

[4] Art. 107, §1 TFUE ; CJUE, 21 mars 1991, Italie c/ Commission, aff. C-303/88 ; CJUE, 24 juill. 2003, Altmark, aff. C-280/00.

[5] Commission européenne, déc. SA.34947, 8 oct. 2014 ; Tribunal, 12 juill. 2018, aff. T-356/15 ; CJUE, 22 sept. 2020, aff. C-594/18 P.

[6] Vestager, M., discours, 2022 ; Marty, F., « Aides d’État et transition énergétique »Revue trimestrielle de droit européen (RTDE)2023, n° 2p. 215–236.

[7] Règlement (UE) 2023/851 du 19 avril 2023.

[8] Commission européenne, Temporary Crisis and Transition Framework, 2023.

[9] EDF, Présentation financière et plan d’investissement nucléaire, 2025, p. 12.

[10] OCDE/NEA, Nuclear Energy Outlook 2023, p. 45 ; AIE, World Energy Outlook 2023, p. 112.

[11] Ministère de l’Économie, Rapport sur la stratégie énergétique nationale, 2025, p. 28.

[12] Nicolaides, P., « Financing Large-Scale Nuclear Projects », European State Aid Law Quarterly, 21(3), 2022, p. 307–318; Commission européenne, State Aid Scoreboard, 2023.

[13] Draghi, M. The Future of European Competitiveness, Bruxelles, 2024, p. 28-30. V. Aussi Souty, F., « L’Union européenne, le rapport Draghi sur l’avenir de la compétitivité européenne : quelles conséquences stratégiques inspirantes pour la France », Le Diplomate Média, 9 décembre 2025, 17 p.  

[14] Commission européenne, REPowerEU Plan, COM (2022) 230 final ; Conseil européen, conclusions des 23-24 mars 2023.

[15] International Energy Agency (IEA), Nuclear Power and Secure Energy Transitions, 2022.

[16] Union européenne, Règlement (UE) 2019/631 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019, relatif aux normes d’émission de CO₂ pour les voitures et camionnettes, JOUE L 111, 25.4.2019 et Directive 2009/72/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 concernant les règles communes pour le marché intérieur de l’électricité, JOUE L 211, 14.8.2009, art. 7.

[17] International Energy Agency, World Energy Outlook 2023, Paris, 2023. Voir l’Executive Summary à https://www.iea.org/reports/world-energy-outlook-2023/executive-summary

[18] Ibid.

[19] Draghi, M., op. cit.  p. 28-30.

[20] OCDE/NEA, préc. ; P. Nicolaides, préc., p. 81.

[21] TFUE, art. 107.

[22] Commission européenne, Lignes directrices sur les aides d’État à finalité régionale, 2022, p. 15-18

[23] Commission européenne, State Aid SA. 35347 (2014/N), Hinkley Point C, 2014.

[24] Commission européenne, State Aid SA. 35347 (2014/N), Décision finale, 2014.

[25] Giusti, F., « Nuclear State Aid and Competition Law », European Competition Journal, 2020, p. 112.

[26] Voir note 1.

[27] Voir notamment Maulin, Romain, « Innovation : La Commission européenne publie, le rapport Draghi lequel appelle à une refonte de la politique de concurrence de l’Union européenne, avec pour objectif d’adapter les règles existantes aux nouveaux enjeux économiques et technologiques, tout en renforçant la compétitivité des Etats membres », 9 septembre 2024, Concurrences N° 4-2024, Art. N° 121729, pp. 88-90.

[28] P. Nicolaides, op. cit., p. 83 ; Lamy, P. (2024). L’Europe a besoin d’une nouvelle stratégie commune de sécurité énergétique. Tribune/Note publiée sur le site de Pascal Lamy. voir https://pascallamy.eu/2024/01/09/leurope-a-besoin-dune-nouvelle-strategie-commune-de-securite-energetique/.

[29] Euronews, Énergie nucléaire : quels pays européens la soutiennent et lesquels s’y opposent, 9 févr. 2026, présentant les positions nationales divergentes.

[30] Discours du président de la République française, Sommet AIEA sur l’énergie nucléaire, Paris, 10 mars 2026, Le nucléaire civil comme levier d’indépendance énergétique.

[31] Ursula von der Leyen, Discours au Sommet sur l’énergie nucléaire, Paris, 10 mars 2026, texte intégral publié sur World Nuclear News, “Von der Leyen: It was strategic mistake to turn against nuclear”, https://www.world-nuclear-news.org/articles/von-der-leyen-it-was-strategic-mistake-to-turn-against-nuclear

[32] Déclaration de l’Alliance européenne du nucléaire, European Nuclear Alliance Leaders’ declaration, 21 mars 2024.

[33] TFUE, art. 101‑109 (principes du droit de la concurrence et aides d’État).

[34] Règlement (UE) 2023/851 modifiant le règlement 2019/631 (objectif d’interdiction des véhicules thermiques 2035) ; Commission européenne, Fit for 55, COM(2021) 550 final.

[35] Lors d’une conférence à Bruxelles en 2024, onze États membres ont signé une déclaration commune en faveur du développement du nucléaire civil, appelant à « libérer pleinement le potentiel du nucléaire » pour renforcer la sécurité énergétique, la décarbonation et l’indépendance industrielle (Euronews, 21 mars 2024). Les onze États pronucléaires, qui considèrent l’atome comme une solution stable et compétitive à long terme, comprennent la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, la Finlande, la France, la Hongrie, les Pays‑Bas, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède (Communiqué de l’Alliance européenne du nucléaire, 4 mars 2024). Les treize États « agnostiques », n’ayant ni politique fermement pronucléaire ni opposition déclarée et pouvant envisager un recours futur au nucléaire, comprennent l’Italie, le Danemark, le Luxembourg, Chypre, l’Estonie, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, Malte, le Portugal, la Pologne, la Grèce et la Croatie (Euronews, 9 févr. 2026 ; Reuters, 10 mars 2026). Enfin, les trois États résolument anti‑nucléaires, défendant cette position au niveau européen, et doivent être clairement contournés par une majorité pronucléaire sont l’Allemagne, l’Autriche et l’Espagne (Euronews, 21 mars 2024 ; Euronews, juin 2025). Cette classification couvre l’ensemble des 27 États membres de l’UE ; elle illustre la diversité des positions et souligne les enjeux stratégiques pour la France face à l’enquête de la Commission sur les aides d’État à EDF.

[36] Moreau, Pierre, Droit de la concurrence et politique énergétique, LGDJ, Paris, 2024, p. 87‑102.

[37] Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), art. 108 : Traités de l’Union européenne annotés, dir. Jean‑Marc Thouvenin, 8e éd., Dalloz, Paris, 2023, n° 45 et suiv.

[38] Isabelle Durant, « Souveraineté énergétique et droit des aides d’État », Revue trimestrielle de droit européen, 2025, p. 315‑337.

[39] Commission européenne, décision C(2014) 4520 final, State aid SA.35456 (UK – Hinkley Point C), JOUE C 109, 28 avril 2015, p. 1‑25 ; Tribunal de l’UE, 12 juillet 2018, Bundesrepublik Deutschland c/ Commission européenne, aff. T‑85/15, Rec. p. I‑0000 ; CJUE, 22 septembre 2020, Bundesrepublik Deutschland c/ Commission européenne, aff. C‑594/18 P, Rec. p. I‑0000.

[40] Communiqué Alliance européenne du nucléaire, European Nuclear Alliance Leaders’ Declaration, Bruxelles, 21 mars 2024 ; Claire Leclerc, « Les États pro‑nucléaires dans l’Union européenne », Revue du marché intérieur européen, nov. 2025, p. 78‑92.

[41] États membres opposés au nucléaire : Autriche et Allemagne, in Analyse comparative des politiques énergétiques européennes, dir. Sophie Laurent, Presses universitaires de France, Paris, 2025, p. 155‑179.

[42] Voir notamment : Commission de régulation de l’énergie, Évaluation des coûts complets de production de l’électricité nucléaire historique, 2023-2025, disponible à https://www.cre.fr/fileadmin/Documents/Rapports_et_etudes/2025/Rapport_CRE_Couts_du_nucleaire.pdf  ; 

Cour des comptes, La filière EPR : une dynamique nouvelle, des risques persistants, 2020 et actualisations https://www.vie-publique.fr/catalogue/275616-la-filiere-epr ; Direction générale du Trésor, Les enjeux économiques de la transition bas-carbone, 2024 disponible à https://www.vie-publique.fr/rapport/296839-cour-des-comptes-filiere-epr-dynamique-nouvelle-risques-persistants?utm_source=chatgpt.com.   Ces analyses convergent pour souligner que les nouveaux projets nucléaires se caractérisent par des coûts d’investissement élevés, des délais de réalisation longs et une forte sensibilité au coût du capital, ce qui rend leur évaluation coût-bénéfice incertaine et dépendante de mécanismes de soutien public.

[43] Discours d’Emmanuel Macron, Président de la République Française, au Conseil européen de l’énergie, Strasbourg, 25 juin 2025 (texte officiel site Élysée).

[44] Déclaration de Viktor Orbán, Ministre-Président de la République de Hongrie, au Forum européen de l’énergie, Budapest, 14 février 2025.

[45] Commission européenne, notification initiale SA.35456 (UK – Hinkley Point C), 2012.

[46] Commission européenne, notification initiale SA.35456 (UK – Hinkley Point C), 2012.

[47] Pierre Monet & Hélène Perret, « Aides d’État stratégiques et concurrence dans l’énergie », Revue du droit de l’énergie, 2026, p. 213‑245.

[48] Tribunal de l’UE, 12 juillet 2018, Bundesrepublik Deutschland c/ Commission européenne, aff. T‑85/15.

[49] Voir note 39.

[50] Macron, E., Déclaration sur l’énergie nucléaire, Sommet sur l’énergie nucléaire (AIEA), Paris (La Seine Musicale), 10 mars 2026, texte intégral disponible sur Vie-publique : https://www.vie-publique.fr/discours/302404-emmanuel-macron-10032026-energie-nucleaire.et Viktor Orbán, déclarations du Ministre Président (Premier ministre) de Hongrie relatives à la politique énergétique hongroise et au développement du projet Centrale nucléaire de Paks (Paks II), soulignant le rôle du nucléaire dans la souveraineté énergétique nationale ; v. notamment Reuters, Hungary presses ahead with Paks nuclear project despite EU tensions, dépêches 2023-2025.

[51] Commission européenne, State aid SA. 35456 (UK – Hinkley Point C), notification initiale 2012, intervention formelle de l’Autriche.

[52] Commission européenne, Instruction préliminaire sur Hinkley Point C, 2012‑2014.

[53] Commission européenne, Décision sur la compatibilité des aides pour Hinkley Point C, C(2014) 4520 final.

[54] Tribunal de l’UE, T‑85/15, Challenger State v Commission, 2016.

[55] Commission européenne, déc. SA.34947 (2013/C), 8 oct. 2014, Royaume-Uni – Aide en faveur de la centrale nucléaire de Hinkley Point C, JOUE L 109, 28 avr. 2015 ; Tribunal, 12 juill. 2018, Autriche c/ Commission, aff. T-356/15 ; CJUE, 22 sept. 2020, Autriche c/ Commission, aff. C-594/18 P.

 

 

 

 

 

 

avril 02, 2026

NOUVELLES de FRANCE - Avril 2026

Sommaire:

A) - Les Français sacrifiés sur l’autel de l’idéologie : l’appauvrissement par procuration 

B) - La macrongirl de l’IMA brille au firmament du vide 

C) - La fable de l’écrivain réfractaire et du journal qui se prosterne, Boualem Sansal et Libération

D) - Flambée artificielle du pétrole : crise géopolitique, prétexte vert ou nouvel outil de contrôle social ?

E) - Le scandale qui révèle le visage criminel des réseaux maçonniques au cœur du pouvoir

 


 

A) - Les Français sacrifiés sur l’autel de l’idéologie : l’appauvrissement par procuration 

La crise par procuration : une absurdité volontaire

Nous sommes en mars 2026 et le gazole flirte à nouveau avec les 2 euros le litre, parfois plus sur autoroute. Le baril de Brent dépasse les 100 dollars, poussé par les tensions au Moyen-Orient. Les ménages se serrent la ceinture, les artisans calculent au centime près, les transporteurs répercutent. Et que nous répond-on ? « C’est la crise. » Comme si elle était tombée du ciel. Comme si nous n’avions pas choisi, collectivement, de nous y plonger. 

C’est la crise par procuration. Exactement comme s’infecter volontairement par un virus sous prétexte que « tout le monde l’attrape » et qu’il faut « être solidaires ». Absurde ? Pourtant, c’est la logique que nos gouvernements successifs nous imposent depuis des années. Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ne nous regardent pas. Elles ne menacent ni notre territoire ni notre sécurité vitale. Nous y sommes entrés de notre plein gré, par idéologie, pour « faire comme tout le monde », pour défendre « le bien » contre « le mal ». Résultat : sanctions, embargos, dépendance énergétique aggravée, inflation importée. Et pendant ce temps, le peuple français paie l’addition. 

Des crises fabriquées par nos élites

Tout commence par un mensonge de fond : les crises seraient extérieures, inévitables, et nos dirigeants n’y seraient pour rien.

Faux. Les crises d’aujourd’hui sont la résultante directe des politiques menées par nos élites depuis des décennies.

Elles ne travaillent plus dans l’intérêt du peuple français. Elles servent une idéologie mondialiste, verte, atlantiste, qui place les grands principes abstraits au-dessus de la réalité concrète : souveraineté énergétique, pouvoir d’achat, indépendance nationale. 

Le sabotage de notre souveraineté énergétique

Prenons l’énergie. La France possédait, il y a encore quinze ans, une quasi-autonomie. Son parc nucléaire, fruit de la grande politique gaullienne et pompidolienne, couvrait près de 70 % de sa production électrique. Avec l’hydroélectricité et quelques fossiles domestiques, nous étions l’un des pays les plus indépendants d’Europe. L’indépendance énergétique globale atteignait 56 % grâce à l’atome considéré comme production nationale. C’était une fierté, une sécurité stratégique. Que reste-t-il aujourd’hui ? Un sabotage en règle. 

Depuis les années 2010, sous la pression des accords verts, des lobbies écologistes et des compromis électoraux, on a fermé des réacteurs (Fessenheim en tête), reporté les maintenances, imposé des objectifs absurdes de réduction à 50 % du nucléaire. On a préféré miser sur des renouvelables intermittents, chers et importés en grande partie (panneaux solaires chinois, éoliennes allemandes).

On a aligné notre politique sur Bruxelles et Berlin plutôt que sur nos intérêts.

Résultat : même si le nucléaire remonte légèrement en 2025-2026 grâce à un réveil tardif, la dépendance aux importations de gaz et de pétrole s’est creusée. Et quand les marchés mondiaux s’affolent, la facture explose. 

Cette vulnérabilité n’est pas une fatalité géologique. Elle est idéologique. Refuser le gaz russe, voisin fiable et bon marché via pipelines, pour le remplacer par du GNL américain ou qatari, plus cher, plus polluant (transport maritime) et plus volatile : voilà la « folie » assumée depuis 2022. Avant le conflit ukrainien, la Russie fournissait 45 % du gaz européen. En 2025, moins de 13 %, et le pétrole russe est tombé sous les 3 %. On a coupé les ponts pour « punir » Moscou. On s’est surtout puni nous-mêmes. Le détroit d’Ormuz bloque partiellement ? Le Qatar voit ses installations touchées ? Le prix du gaz flambe de 35 % en quelques jours. Et la France, amputée de sa souveraineté, subit. C’est de la haute trahison. Trahison envers les générations qui ont bâti ce parc nucléaire. Trahison envers les Français qui paient aujourd’hui le prix de cette idéologie. 

L’appauvrissement quotidien des Français

Car l’appauvrissement est massif et quotidien. Une hausse de 10 dollars du baril représente environ 100 euros de dépenses énergétiques supplémentaires par an et par ménage. Avec les 20-30 centimes de plus au litre observés depuis février, un salarié moyen qui parcourt 30-50 km par jour perd plusieurs dizaines d’euros par mois. Multipliez par des millions de ménages : c’est des milliards qui sortent des poches des Français pour aller… où ? Dans les caisses de l’État via la TVA qui s’applique sur le prix total.

L’État s’enrichit mécaniquement sur la crise qu’il a contribué à créer.

Pendant ce temps, les boucliers tarifaires sont rognés, les aides ciblées tardent, et la précarité énergétique touche des millions de foyers : et l’on nous dira encore que c’est… la crise !

Guerres étrangères : nous n’y sommes pas impliqués

Mais l’idéologie ne s’arrête pas à l’énergie. Elle s’étend à la géopolitique. La guerre en Ukraine ? Nous n’y étions pas impliqués militairement. Pourtant, nous avons choisi les sanctions maximales, l’envoi d’armes, l’accueil de réfugiés sans limite. Idem pour les tensions au Moyen-Orient et les escalades impliquant l’Iran. Ces conflits ne menacent pas directement nos frontières. Ils ne justifient pas que nous sacrifiions notre économie. Mais « il fallait être solidaires », « défendre la démocratie », « punir l’agresseur ». Résultat : inflation énergétique, perturbation des chaînes d’approvisionnement, et maintenant une nouvelle flambée des prix. Les Français n’ont rien demandé de tout cela. Ils voulaient simplement pouvoir se chauffer, rouler, travailler. 

L’argent public détourné vers l’armement

Et pendant que les ménages s’appauvrissent, où va l’argent public ? Dans l’armement. Les dépenses militaires mondiales ont atteint un record historique en 2024 : 2.718 milliards de dollars, en hausse de 9,4 %. La France n’est pas en reste. Son budget défense a doublé en dix ans pour atteindre 57 milliards d’euros en 2026, avec une hausse supplémentaire de 6,7 milliards cette année. Loi de programmation militaire oblige : on commande des canons César, des missiles, des blindés, des sous-marins. On livre à l’Ukraine, on vend à l’Arabie saoudite. Les conglomérats militaro-industriels (Lockheed, MBDA, etc.) voient leurs carnets de commandes déborder. Les actionnaires se frottent les mains. 

Pendant ce temps, les services publics craquent : hôpitaux en sous-effectif, écoles délabrées, routes non entretenues. L’argent qui pourrait servir à relancer le nucléaire, à isoler les logements, à baisser les taxes sur l’énergie, part en munitions et en drones.

C’est le choix assumé des gouvernements : prioriser la guerre, l’OTAN, l’alignement atlantiste plutôt que le bien-être du peuple.

Les classes laborieuses deviennent la variable d’ajustement. Elles paient l’inflation, les taxes, la précarité. Et quand elles protestent, on les traite de « populistes » ou de « complotistes ». 

Des chiffres qui accusent

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 87 % des entreprises françaises disent voir leurs marges impactées par la crise énergétique. 28 % se sentent en danger d’existence. 77 % des Français se disent pessimistes pour 2026. Le moral est au plus bas, le pouvoir d’achat fond comme neige au soleil. Et pendant ce temps, les élites pantouflent, les think-tanks idéologiques pondent des rapports sur la « transition juste », et les médias mainstream expliquent que « c’est compliqué ». Non, ce n’est pas compliqué. C’est une trahison claire et organisée. 

Une trahison historique et organisée

Successivement, de Sarkozy à Macron en passant par Hollande, les gouvernements ont choisi l’idéologie contre le pragmatisme. L’Europe d’abord, le climat d’abord, les valeurs d’abord… et la France en dernier. Ils ont sacrifié l’autonomie énergétique sur l’autel du Green Deal. Ils ont sacrifié la neutralité sur l’autel de l’atlantisme. Ils ont sacrifié le pouvoir d’achat sur l’autel de la « solidarité internationale ».

Le peuple n’est plus souverain : il est le dindon de la farce. 

Il est temps de reprendre le contrôle

Il est temps de dire stop. La crise n’est pas une fatalité. Elle est le produit d’un choix politique.

Reprenons le contrôle. Exigeons une politique énergétique souveraine : relance massive du nucléaire, diversification pragmatique des approvisionnements (y compris avec des voisins stables), fin des sanctions suicidaires. Exigeons que l’argent public serve d’abord les Français : baisse des taxes sur l’énergie, investissements dans l’industrie et l’agriculture, et non dans des aventures militaires lointaines. Exigeons que nos dirigeants travaillent pour le peuple, pas pour des idéaux abstraits ou des alliances qui nous ruinent. 

Les Français ne sont pas des sacrifiés consentants. Ils sont un grand peuple, capable de résilience et de lucidité. L’heure du réveil a sonné. Refusons la crise par procuration. Refusons l’appauvrissement idéologique.

Reprenons notre destin en main. Avant qu’il ne soit trop tard. 

https://multipol360.com/les-francais-sacrifies-sur-lautel-de-lideologie-lappauvrissement-par-procuration/

 


B) - La macrongirl de l’IMA brille au firmament du vide 

« Que d’hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller » (Nietzche). Il suffit de remplacer le mot hommes par femmes et vous avez le portrait vérité de la nouvelle présidente de l’Institut du monde arabe (IMA), Anne-Claire Legendre, ex-conseiller pour l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de Sa Majesté, Jupiter 1er. Un mois après avoir succédé à l’indéboulonnable Jack Lang, l’intrigante quadragénaire à la Carrière déjà bien remplie, étale sa science comme de la confiture mais aussi son avantageux minois dans une pleine page du Monde[1]. Elle livre ses confidences à une certaine Roxana Azimi. Cela reste entre Dames de bonne compagnie et cela relève de la fameuse diplomatie féministe. C’est mieux ainsi. C’est plus convenable, dirait-on dans le langage compassé du vieux Quai d’Orsay ! Mais, que retenir de quatre colonnes de texte venant surtout mettre en valeur la photo de la Star du Macron Circus ? Une logorrhée technocratico-médiatico-nombriliste d’Anne-Claire Legendre mais, aussi et surtout, un hymne à la joie d’elle-même et de son mentor préféré.

Une logorrhée technocratico-médiatico-nombriliste 

Cet entretien de haut vol nous est présenté par Le Monde comme la « feuille de route de la diplomate arabisante » qui succède à Jack Lang, démissionnaire involontaire de l’IMA. On l’aura compris, c’est du sérieux.

Il débute très fort. Anne-Claire Legendre nous explique comment l’Institut accorde une place à la guerre actuelle en Iran. « Par des tables rondes qui apporteront une vision historique et académique dans le cadre d’un débat apaisé donnant une place aux sociétés civiles ». Il fallait y penser. Et, elle poursuit sur sa lancée par un charabia incompréhensible pour le commun des mortels. Notre diplomate déclare qu’elle est à la recherche d’un « vrai enjeu de marque pour l’Institut » pour clarifier son rôle ! Elle y travaille avec les équipes pour « rendre plus lisibles à la fois la mission, les valeurs, la programmation, pour revoir la charte graphique et la signalétique ». C’est du costaud.

Elle rajoute, qu’en dehors d’être un centre d’apprentissage de l’arabe, le bidule est « aussi un lieu dévolu aux échanges d’ordre géopolitique et diplomatique s’adressant à un public français, tout en favorisant le rapprochement des points de vue entre les pays concernés ». Mazette ! Vaste programme, comme aurait dit le général de Gaulle. Nous voici pleinement rassurés tant l’IMA possède désormais une boussole claire et un cap pérenne. Nos centres de recherche sur les relations internationales doivent se le tenir pour dit.

Notre passionaria devient plus évasive et plus floue lorsqu’elle aborde la question de la dette actuelle des pays arabes envers l’Institut. Rappelons qu’ils sont censés contribuer à hauteur de 40% du budget mais ne le font pas. Mais Zorro est arrivé et nous livre sa recette miracle pour combler le trou, nous qui avons les poches vides et eux qui ont les poches pleines : « Il n’y a plus vraiment de versement de subventions régulières, mais un fonds de dotation a été créé pour recueillir les arriérés des pays arabes, et il existe des subventions par projet. Mais on voit que la demande des pays a évolué. On doit être dans une logique de coconstruction de coproduction … ». Élémentaire, mon cher Watson. La vieille ficelle du jeu de bonneteau pour dissimuler le gouffre financier que représente l’IMA pour un pays qui n’en a pas besoin compte tenu de sa situation budgétaire catastrophique[2].

Pour conclure son morceau de bravoure et d’exercice d’autosatisfaction, Anne-Claire Legendre nous explique qu’elle est/elle s’est investie d’une mission quais-divine : « C’est une priorité. Nous avons un rôle central dans la construction et le renforcement de la cohésion nationale, parce que nous sommes une institution culturelle républicaine qui peut apporter un éclairage sur la culture arabe, la langue arabe, mais aussi le fait religieux. En langue, on constate une énorme demande, qui n’est pas traité de manière suffisante par l’éducation nationale car il n’y a pas assez de professeurs agrées ». Diantre. Il nous semblait, mais nous devons avoir un trou de mémoire, que « La langue de la République est le français » et que cette disposition faisait partie de ce que l’on qualifie de « bloc de constitutionnalité »[3]. Apprenons déjà à nos chères têtes blondes à parler et à écrive convenablement la langue de Molière avant de nous soucier de l’apprentissage des langues étrangères ! Laissons ce soin à d’autres qui s’en chargent parfaitement. Il nous semblait que le rôle de tout diplomate français, comme du Chef de l’État[4], qui se respectait était de promouvoir l’apprentissage de la langue française. N’existe-t-il pas une Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sise à Paris ainsi qu’une Cité internationale de la langue française sise à Villers-Côtterets dans l’Aisne, Cité inaugurée en grandes pompes par Emmanuel Macron en son temps ? 

Où y a d’la gêne, y a pas de plaisir !

Un hymne à la joie d’elle-même et de son mentor 

Après avoir lu et relu plusieurs fois le madrigal de la nouvelle présidente de l’IMA, le lecteur reste sur sa faim tant la confusion semble être sa ligne directrice. Elle se paie de mots pour soigner les maux de l’Institut, sorte de bateau ivre dont le capitaine, encore récemment renouvelé par Jupiter dans son mandat, devrait rendre des comptes et rendre gorge. Un classique de la Macronie et de son en même temps. Vidons les caisses et embrassons-nous Folleville ! Telle est sa devise.

La Dame est une experte en brosse à reluire. Et elle s’y connait. Un petit couplet sur Kim Jong Macron est toujours le bienvenu et ne peut pas faire de mal par ces temps difficiles : « La guerre actuelle change aussi le regard qu’on porte sur ces pays et qu’ils portent sur nous. La France est connue pour sa position particulière dans la région. Cette position d’allié fiable est d’autant plus appréciée à un moment où l’on observe, dans la région, une diversification des partenariats ainsi qu’une défiance envers l’alliance exclusive avec les États-Unis. Par ailleurs, il n’a pas échappé aux pays arabes que la France est la première puissance touristique au monde, dont ils sont eux-mêmes friands ». Cela ressemble étrangement à des éléments de langage (EDL) tout droit venus du Château pour justifier une injustifiable diplomatie de gribouille dans l’actuel conflit qui secoue la zone. Cela tombe bien. Elle en vient du Château où elle officiait, il y a peu encore, aux côtés de l’ineffable, Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique peu diplomatique[5]. Tout ceci est pathétique pour ne pas dire risible si le sujet n’était pas sérieux. Nous sommes dans l’entre-soi dans ce qu’il a de plus détestable pour les authentiques grands serviteurs de l’État. Et, il n’en existe encore mais ils préfèrent se terrer dans un mutisme assourdissant.

Notre nouvelle Diva du monde arabe ne doute de rien et n’oublie pas qui l’a installée à la tête de ce machin dont le contribuable français peine à comprendre l’utilité marginale au regard de son coût exorbitant. Anne-Claire Legendre à la tête de l’IMA, ce n’est pas le Pérou. En définitive, son madrigal médiatique n’est qu’un vulgaire bibelot d’inanité sonore. Pouvait-il en être autrement pour cette magnifique blonde à l’échine souple et au verbe haut qui fait partie du dernier train de recasage des copains et des coquins de la République qui n’en peut mais ?[6]

L’insoutenable légèreté de l’être 

« De tous les vices, la vanité est décidément le plus ridicule ! » (Marcel Pagnol). Assurément, la nouvelle présidente de l’IMA n’a pas été oubliée le jour de la distribution … en vanité. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle a été gâtée tel une enfant gâtée. « Vanitas, vanitatum et omnia vanitas » (Vanité des vanités et tout est vanité ». Comme cela ne fait plus mystère dans les milieux bien informés, narcissisme et opportunisme sont les deux mamelles de la cloporte jupitérienne. La pétulante Anne-Claire Legendre ne fait pas exception à la règle. Son entretien au quotidien de référence constitue un morceau de bravoure qui mériterait de prendre place dans le sottisier du Quai d’Orsay. La péronnelle n’a pas le moindre complexe, tout au long de cet entretien, tant elle fonctionne au tout à l’égo comme son roi qui l’a fait reine. Pas plus que le doute, l’humilité – qualité qui honore les authentiques diplomates – ne l’habite tant elle est sûre de son fait. Le Monde, qui se décrit comme producteur d’information fiable, lui sert la soupe qui n’est qu’un infâme brouet. En dernière analyse, force est de constater que la Macrongirl de l’IMA brille au firmament du vide.

Jean Daspry, pseudonyme d’un haut fonctionnaire, Docteur en sciences politiques

 https://lediplomate.media/tribune-macrongirl-ima-brille-firmament-vide/

[1] Roxana Azimi (propos recueillis par), Anne-Claire Legendre, « L’IMA peut offrir un débat apaisé », Le Monde, 20 mars 2026, p. 20.

[2] Jean Daspry, Jeter l’argent par les fenêtres ou la diplomatie des largesses !www.lediplomate.media , 31 janvier 2026.

[3] Article 2, Titre premier – DE LA SOUVERAINETÉ, Constitution française du 4 octobre 1958, https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur

[4] Victoire Riquetti, « France is wild » : quand l’Élysée met en scène sa force régalienne (en anglais …)www.bvoltaire.fr , 20 mars 2026.

[5] Jean Daspry, Emmanuel Bonne à Moscou : de la diplomatie pathétiquewww.lediplomate.media, 15 février 2026.

[6] Jean Daspry, De la République des copains : 1,2, 3 …www.lediplomate.media , 24 février 2026.

 

 

C) - La fable de l’écrivain réfractaire et du journal qui se prosterne, Boualem Sansal et Libération

Il est des moments où le traitement médiatique d’une affaire en dit davantage que les faits eux-mêmes. Ce qui entoure aujourd’hui la trajectoire de Boualem Sansal relève de cette catégorie – un cas révélateur des ambiguïtés, des prudences et, parfois, des renoncements qui traversent nos institutions culturelles et politiques.

À lire Libération, on croirait assister à une reconstitution fidèle d’une séquence complexe. Mais très vite, une impression domine, celle d’un récit orienté, qui épouse avec une troublante complaisance les lignes de défense élaborées par Gallimard. Loin d’éclairer, ce récit semble d’abord chercher à atténuer, à lisser, à rendre acceptables des choix qui mériteraient pourtant d’être interrogés avec rigueur.

Car il ne s’agit pas ici d’un simple différend éditorial. Il s’agit d’un écrivain dont la parole dérange, dont la liberté engage, et dont le sort a manifestement été appréhendé à l’aune de considérations qui le dépassent. Dans cette affaire, la retenue affichée par Élysée comme par le Quai d’Orsay ne peut être comprise sans être mise en relation avec une constante de la diplomatie française : la volonté de ne pas heurter le pouvoir algérien.

Ce choix, qui peut relever d’une logique d’État, n’est pas en soi illégitime. Mais il devient problématique lorsqu’il conduit à reléguer au second plan la défense d’un écrivain menacé ou fragilisé. Il devient plus problématique encore lorsqu’il s’accompagne d’une forme de silence, voire d’effacement, au moment même où une parole claire serait attendue.

C’est ici que le rôle des médias devrait être décisif. Non pour amplifier des éléments de langage, mais pour introduire de la distance, de la contradiction, de la complexité. Or, en reprenant une narration qui inverse subtilement les responsabilités et recompose les rôles, Libération manque précisément cette exigence. Le journal ne se contente pas de relayer une version, il contribue à installer une grille de lecture qui tend à exonérer les acteurs dominants et à déplacer le centre de gravité du débat.

Face à ces prudences croisées, un fait demeure, difficilement contestable : sans l’engagement persévérant du Comité de soutien à Boualem Sansal, cette affaire serait probablement restée confinée dans les marges. C’est cette mobilisation, extérieure aux circuits institutionnels, qui a permis de maintenir la question ouverte, d’empêcher son étouffement discret, et, finalement, d’obtenir des avancées tangibles.

Il faut le dire clairement : ce sont ces voix indépendantes, obstinées, parfois marginalisées, qui ont assumé ce que d’autres n’ont pas voulu faire. Là où les institutions ont hésité, temporisé, ou contourné, le Comité de soutien a nommé, alerté, insisté. Là où certains ont cherché à relativiser, il a rappelé l’essentiel : la liberté d’un écrivain ne se négocie pas.

Dès lors, vouloir aujourd’hui recomposer le récit, redistribuer les rôles ou atténuer les responsabilités revient à prolonger ce qui a précisément fait défaut au départ : le courage de dire les choses telles qu’elles sont. Or il ne peut y avoir de démocratie vivante sans cette exigence de vérité.

Car au fond, la question est simple : qui, dans cette affaire, a été fidèle à l’idée même de liberté intellectuelle ? Ceux qui ont calculé, attendu, aménagé ? Ou ceux qui ont, sans relâche, défendu Boualem Sansal pour ce qu’il est — un écrivain libre, dont la parole mérite d’être protégée sans condition ?

La réponse, cette fois, ne devrait plus être incertaine.

Kamel Bencheikh
 
Kamel Bencheikh est un écrivain et intellectuel franco-algérien dont le parcours mêle engagement, réflexion politique et passion pour la langue française. Après une vingtaine d’années en Algérie, puis un long ancrage en France, il s’est imposé comme une voix universaliste, attachée à la laïcité, à l’émancipation individuelle et à l’exigence républicaine. Auteur entre autres de L’Islamisme ou la crucifixion de l’Occident (éditions Frantz Fanon), chroniqueur dans divers médias et passeur d’idées, il s’intéresse tout particulièrement aux questions d’intégration, de citoyenneté et de liberté de conscience. Son œuvre, comme ses prises de position publiques, reflète une volonté constante : relier plutôt qu’opposer, éclairer plutôt qu’enflammer, et défendre une vision humaniste de la France contemporaine.

 


 

D) - Flambée artificielle du pétrole : crise géopolitique, prétexte vert ou nouvel outil de contrôle social ? 

Une flambée des prix qui pèse lourd sur le budget des Français

Depuis fin février 2026, les cours du pétrole ont connu une flambée spectaculaire, avec le Brent dépassant les 110 dollars le baril à plusieurs reprises et frôlant les 120 dollars au pic.

En Europe, cela s’est traduit par une hausse de 40 % des prix à la pompe en quelques semaines : le diesel a régulièrement franchi la barre des 2 euros le litre, l’essence SP95-E10 oscillant entre 1,80 et 2 euros selon les régions.

Pour une famille française moyenne parcourant 15.000 km par an, l’addition supplémentaire atteint entre 1.200 et 1.800 euros annuels. Les réunions de crise se multiplient à Bruxelles, à Matignon et dans les capitales européennes, tandis que les citoyens se voient exhorter à télétravailler, à rouler moins et à voler moins. Pourtant, à peine quelques heures après ces appels à la sobriété, les prix ont chuté de 15 % en une séance le 31 mars, puis repassé sous les 103 dollars pour le Brent ce 1er avril.

Coïncidence ? Ou manipulation de marché orchestrée par des acteurs qui profitent de la volatilité ? 

Une chose est sûre : une fois de plus, c’est le peuple qui paie l’addition, au sens propre comme au figuré.

Le blocage d’Ormuz : une crise plus spéculative que physique pour l’Europe

Le déclencheur officiel de cette crise est bien réel : le blocage partiel du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui représente 20 % du commerce pétrolier mondial. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, environ 11 à 20 millions de barils par jour ont été perturbés. Pourtant, pour l’Union européenne, la dépendance directe à cette route est minime.

L’UE importe moins de 0,01 % de son pétrole d’Iran depuis l’embargo de 2012.

Ses principaux fournisseurs restent les États-Unis (15 %), la Norvège (14 %), le Kazakhstan (13 %), la Libye, l’Arabie saoudite, le Nigeria et l’Irak. Le brut arrive majoritairement via l’Atlantique ou des pipelines terrestres. Aucune pénurie physique massive ne menace donc le Vieux Continent

Les hausses observées relèvent davantage d’une spéculation mondiale sur les prix spot que d’une rupture d’approvisionnement directe.

Les majors américaines, Exxon en tête, y trouvent leur compte, tout comme le maintien du système du pétrodollar. Pendant ce temps, les consommateurs européens subissent les conséquences d’un marché mondialisé et volatil.

Réunions de crise à Bruxelles : la sobriété imposée aux citoyens

Face à cette tension, les institutions européennes ont multiplié les sommets d’urgence. Le 19-20 mars à Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement ont débattu d’une réponse coordonnée. La Commission, par la voix du commissaire à l’Énergie Dan Jørgensen, a plaidé pour une réduction immédiate de la demande. Le message est clair : « Même si la paix est établie demain, nous ne reviendrons pas à la normale. » Le 31 mars, une visioconférence des ministres de l’Énergie a entériné cette ligne : sobriété obligatoire, mesures de crise réactivées. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a même publié un rapport le 20 mars listant dix mesures concrètes pour baisser la consommation de pétrole, ciblant principalement le transport (45 % de la demande mondiale). Parmi elles : télétravailler autant que possible ; réduire les limitations de vitesse d’au moins 10 km/h sur autoroutes ; encourager massivement les transports publics ; instaurer une circulation alternée dans les grandes villes ; développer le covoiturage et les pratiques de conduite éco-responsable ; optimiser les livraisons et l’efficacité des véhicules commerciaux ; détourner le GPL vers d’autres usages ; réduire les voyages aériens non essentiels ; passer à d’autres solutions de cuisson (électrique) ; et adapter les procédés industriels.

Ces recommandations, présentées comme « rapides et concrètes », ressemblent étrangement à un semi-confinement volontaire.

Elles reprennent presque à l’identique les restrictions de mobilité imposées pendant la crise sanitaire du COVID 19 de 2020. Le but affiché ? Protéger les consommateurs et préserver les stocks pour les usages essentiels. La réalité ? Faire porter le poids de la crise sur le quotidien des citoyens ordinaires.

Une vulnérabilité énergétique choisie par idéologie

Cette approche n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une logique plus large : celle d’une transition énergétique accélérée, souvent présentée comme inéluctable et vertueuse. Pourtant, de nombreux Français y voient une arnaque idéologique. Pourquoi ? Parce que la vulnérabilité actuelle est largement auto-infligée. Depuis 2022, l’UE a choisi d’embargoer massivement le pétrole et le gaz russes, passant de 45 % de dépendance au gaz russe à moins de 3 % en 2025. Les contrats nouveaux sont interdits depuis janvier 2026, avec une sortie totale programmée fin 2027 via le plan REPowerEU. À la place, on a importé du GNL américain, qatari ou norvégien, plus cher à transporter et bien plus sensible aux chocs géopolitiques. On a aussi poursuivi la sortie du nucléaire dans plusieurs pays, dont l’Allemagne qui a fermé ses dernières centrales en 2023. Résultat : un système énergétique fragile, incapable d’absorber les renouvelables déjà installés (120 GW de projets « verts » risquent d’être abandonnés faute de réseau adapté). 26 des 27 États membres font l’objet de procédures pour non-respect des règles du marché de l’électricité. L’idéologie a remplacé le pragmatisme :

on a sacrifié une énergie stable, bon marché et proche géographiquement au nom de principes géopolitiques.

Aujourd’hui, face à un choc au Moyen-Orient, on n’a plus de marge de manœuvre. Et plutôt que de corriger le tir, on impose encore aux citoyens de « faire des efforts » : moins rouler, moins voler, moins chauffer. Le tout en accélérant la transition vers des énergies renouvelables dont l’empreinte écologique réelle (extraction de métaux rares pour les batteries, pollution des mines, dépendance à la Chine et son éloignement) est souvent passée sous silence. Les Français, confrontés à une inflation énergétique cumulée de plus de 10 % ces dernières années, ont bien compris l’arnaque : une écologie de façade qui masque un contrôle accru des modes de vie sans toucher aux vrais grands pollueurs (industries lourdes, commerce mondial par cargos).

La transition verte : arnaque ou outil de contrôle social ?

Cette crise sert manifestement d’alibi pour pousser plus loin un agenda de transformation sociétale. Des rapports internationaux, dans la lignée des réflexions du Club de Rome et du Forum économique mondial, appellent à une « économie circulaire », à la « ville en 15 minutes » où la voiture individuelle devient obsolète, aux quotas carbone individuels et à un marché de crédits d’émissions. Suppression progressive des vols non essentiels, interdiction de nouveaux aéroports, promotion du vélo et de la marche : tout y passe. Sous couvert de lutte contre le changement climatique, on impose un rationnement déguisé de la mobilité et de l’énergie. Les classes moyennes et modestes, déjà étranglées par la hausse des prix, paient le prix fort : moral en berne (77 % des Français pessimistes pour 2026), confiance politique au plus bas (22 %). Pendant ce temps, les entreprises subissent des hausses de coûts énergétiques de 73 % depuis 2020, avec 28 % d’entre elles en danger de survie. Loin d’être une réponse à une urgence climatique, cette stratégie ressemble à un outil de contrôle social.

Les mêmes qui nous ont imposé des confinements sanitaires nous imposent désormais des « confinements énergétiques ». Même instruction : restez chez vous. Différente excuse.

Cette stratégie va bien au-delà de la simple sobriété énergétique.

En réduisant drastiquement la mobilité des citoyens, elle constitue un formidable outil de contrôle social.

Moins de déplacements signifie moins de possibilités d’organiser des rassemblements, des manifestations ou des actions citoyennes d’envergure. Quand les Français passent plus de temps contraints à rester chez eux ou à limiter leurs trajets, la capacité de mobilisation collective s’affaiblit significativement. À cela s’ajoute la paupérisation accélérée : avec une facture énergétique qui explose, les classes moyennes et populaires ont moins d’argent disponible, ce qui les rend plus vulnérables et plus occupées à survivre qu’à contester les politiques en place. On assiste ainsi à une forme insidieuse de confinement énergétique qui, tout comme pendant la crise sanitaire, favorise la passivité et l’acceptation résignée des mesures imposées.

Cette crise peut également servir à accélérer l’imposition des voitures électriques. On nous martèle que si nous roulions tous à l’électrique, nous ne subirions pas cette flambée des prix à la pompe. Pourtant, ces véhicules prétendument « verts » sont faussement écologiques : extraction massive de métaux rares, pollution des batteries et dépendance totale à des pays lointains pour les composants, sans parler de leurs prix exorbitants inaccessibles pour une grande majorité des Français.

Le discours très attendu de Donald Trump cette nuit

Dans ce contexte, l’allocution de Donald Trump prévue cette nuit (1er avril 2026 à 21 heures locales, soit 3 heures du matin en France) est attendue avec impatience. Le président américain doit s’adresser à la nation pour donner « de nouvelles informations importantes sur l’Iran ». D’après ses déclarations récentes, il devrait réaffirmer que les États-Unis quitteront l’Iran « très bientôt », dans deux à trois semaines, indépendamment d’un accord formel. Il a déjà évoqué un « changement de régime » positif à Téhéran, des négociations en cours et le passage imminent de 20 pétroliers supplémentaires par Ormuz. Trump a même ironiquement rebaptisé le détroit « Strait of Trump » (détroit de Trump) lors d’un discours. Il devrait également critiquer ouvertement les alliés européens : « Allez chercher votre pétrole vous-mêmes dans le détroit d’Ormuz » ou achetez du brut américain. Ce discours America First risque fort de calmer les marchés plutôt que de les amplifier. Les prix ont déjà baissé ce mercredi après ses annonces préalables de désescalade. Une confirmation d’une sortie rapide des hostilités et d’une réouverture effective du détroit ferait chuter encore davantage les cours, soulageant temporairement les pompes.

Mais cela n’effacera pas les failles structurelles européennes.

Au contraire, cela mettra en lumière l’incapacité de l’UE à assurer sa souveraineté énergétique sans dépendre des États-Unis ou de la volatilité mondiale.

Le peuple, éternelle victime de l’addition

Au final, cette crise énergétique, réelle dans ses effets immédiats, révèle surtout les choix politiques désastreux des dernières années. Plutôt que de diversifier intelligemment et de préserver des sources fiables (nucléaire, gaz russe via pipelines), on a préféré l’idéologie verte. Résultat :

les citoyens paient deux fois. D’abord financièrement, à la pompe et dans leur facture globale. Ensuite, dans leur liberté : on leur demande de changer radicalement leurs habitudes sous prétexte de « sobriété ».

La chute rapide des prix ces derniers jours, coïncidant avec les signaux de détente, renforce le soupçon d’une manipulation spéculative. Demain, après le discours de Trump, les cours pourraient encore reculer. Mais l’UE, elle, continuera sur sa lancée : accélération de la transition, restrictions durables, et discours moralisateur sur la « responsabilité collective ». Les Français, lucides, ont déjà compris : cette « arnaque » ne sauvera pas la planète. Elle ne fera que renforcer le contrôle sur leur quotidien tout en enrichissant d’autres acteurs. Il est grand temps de revenir à une politique énergétique pragmatique, souveraine et au service du peuple. Sinon, l’addition risque d’être encore plus lourde demain.

https://multipol360.com/flambee-artificielle-du-petrole-crise-geopolitique-pretexte-vert-ou-nouvel-outil-de-controle-social/

 


E) - Le scandale qui révèle le visage criminel des réseaux maçonniques au cœur du pouvoir

Depuis le, 30 mars 2026, la cour d’assises de Paris est le théâtre d’un procès hors norme. Vingt-deux personnes – dont quatre militaires de la DGSE (dont deux parachutistes du centre de Cercottes), trois policiers et plusieurs chefs d’entreprise – comparaissent pour meurtre, tentatives d’assassinat, violences aggravées et association de malfaiteurs. Le nom de cette affaire ?

Athanor, une loge maçonnique de Puteaux (Hauts-de-Seine), dissoute en 2021, qui a muté en véritable officine de tueurs à gages.

L’affaire éclate en juillet 2020. Deux jeunes agents de la DGSE, Carl Esnault et Pierre Bourdin, sont interpellés en embuscade devant le domicile d’une coach en entreprise, Marie-Hélène Dini. Ils sont armés, en Clio volée. Ils affirment avoir cru exécuter une mission officielle d’homicide (« homo » dans le jargon des services) : éliminer une espionne du Mossad. Mensonge. Il s’agissait d’un contrat privé, commandité pour des raisons bassement professionnelles. Le commanditaire ? Jean-Luc Bagur, vénérable maître de la loge Athanor, rival de Dini dans le secteur du coaching.

L’instruction a révélé bien pire : une cellule criminelle au sein de la loge qui négociait des contrats d’assassinat pour 20.000 à 50.000 euros.

Agressions, incendies, passages à tabac, espionnage industriel… et un meurtre avéré, celui du pilote automobile Laurent Pasquali en 2019. Tout cela pour des motifs souvent dérisoires : concurrence économique, rancunes personnelles. Des profils « insérés » – agents de renseignement, policiers, entrepreneurs – ont basculé dans le crime organisé sous couvert maçonnique.

Le pouvoir politique au centre du scandale

Nous avions déjà tiré la sonnette d’alarme en juin 2025 (voir ici). Il ne s’agit pas d’une simple dérive de « francs-maçons barbouzes ».

La loge Athanor met en lumière les prérogatives exorbitantes que s’arrogent les élites politiques et leurs réseaux.

Des ministres emblématiques du quinquennat Macron sont cités comme membres ou proches de la franc-maçonnerie : Gérard Collomb (ancien ministre de l’Intérieur), Jean-Yves Le Drian (ministre des Affaires étrangères), Vincent Peillon ou encore Jean-Michel Baylet. L’opacité de ces réseaux, qui comptent 160.000 à 180.000 membres en France (GODF, GLDF, GLNF), permet une cooptation discrète aux plus hauts niveaux de l’État.

Un détail encore plus grave : une vingt-troisième personne, ancien agent de la DGSE, est accusée de trahison pour avoir transmis des informations confidentielles à une puissance étrangère. Le Mossad est régulièrement évoqué dans les récits, même si la justice parle plus sobrement de « puissance étrangère ». Deux militaires de la DGSE ont été manipulés en leur faisant croire à une opération d’État. Qui, dans l’appareil, a laissé de tels profils opérer en toute impunité ?

Une élite qui s’octroie le droit de vie et de mort

Comme nous le soulignions avec une lucidité glaçante : 

« Cette affaire illustre une mentalité selon laquelle certains acteurs politiques et leurs alliés se considèrent au-dessus des lois. Le droit de vie et de mort, historiquement réservé aux souverains absolus, semble avoir été revendiqué par des individus au sein de ces réseaux. »

Pendant que Macron multiplie les postures martiales sur la scène internationale, qu’il renforce la « dissuasion avancée » et les budgets militaires, une loge maçonnique transformée en réseau de tueurs à gages militaires prospérait à deux pas de Paris.

Des agents de l’État, formés pour défendre la nation, ont été instrumentalisés pour des vendettas privées.

L’État de droit ? Une façade. Les réseaux occultes, eux, fonctionnent à plein régime.

Le procès, qui doit durer jusqu’au 17 juillet, risque de durer trois mois et demi de révélations embarrassantes. Pourtant, on sent déjà le silence médiatique et politique s’installer. Aucune commission d’enquête parlementaire sérieuse. Aucune interpellation au gouvernement. Le Parlement, comme toujours, reste muet face à l’hégémonie des réseaux qui traversent tous les partis.

Les risques énormes pour les populations

Ce scandale n’est pas anecdotique. Il révèle un cancer démocratique : des élites qui se croient intouchables, protégées par le secret maçonnique et les complicités institutionnelles. Quand des militaires d’élite peuvent être retournés pour 20.000 euros, quand des policiers couvrent des contrats d’assassinat, c’est toute la confiance dans l’appareil d’État qui s’effondre.

Les Français, déjà exsangues par l’inflation, le choc énergétique et les guerres par procuration, vont découvrir que leurs dirigeants ne se contentent pas de jouer avec le feu à l’étranger. Ils tolèrent – ou protègent – des réseaux criminels au sein même des services de renseignement. Les tensions sociales qui couvent (pouvoir d’achat en berne, sentiment d’abandon) vont s’aggraver quand la population comprendra que l’État n’est plus neutre, mais capturé par des cercles opaques.

Candace Owens, qui avait pointé du doigt ces « bérets rouges » et les liens supposés avec le Mossad, avait-elle raison ? Le procès Athanor apporte des éléments troublants. Peu importe les dénégations officielles : le voile est levé. Une loge maçonnique est devenue une officine du crime. Et le pouvoir politique, au lieu de la démanteler depuis longtemps, a laissé faire.

L’heure de la transparence a sonné. Si rien n’est fait, ces dérives ne feront qu’empirer. Les populations paieront, encore une fois, le prix de l’arrogance et de l’incompétence d’une caste qui se croit au-dessus des lois.

https://multipol360.com/le-scandale-qui-revele-le-visage-criminel-des-reseaux-maconniques-au-coeur-du-pouvoir/

 

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