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octobre 29, 2026

Qu’est-ce qui mène au populisme violent en Occident ?

Qu’est-ce qui mène au populisme violent ?

 Au-delà de la tentative d’assassinat très médiatisée visant Charlie Kirk, le niveau de violence politique a considérablement augmenté. Qu’est-ce qui pousse la violence politique à devenir « populaire » ? Heureusement, les libertariens ont attiré l’attention sur cette violence, sur la division politique et sur le chaos engendré par l’État ; ils en expliquent également les causes et montrent comment l’école autrichienne d’économie propose des solutions. 


 Cela fait quelque temps que j’aborde la question de la violence politique intérieure, que ce soit dans ce podcast ou lors d’entretiens. Je me suis concentré non pas sur des tentatives d’assassinat spectaculaires, mais sur les affrontements violents, de plus en plus fréquents, entre les citoyens et leur gouvernement. Je peux vous dire que le public n’aime guère entendre parler de guerre ou de violence civile ; c’est un sujet qui plombe l’ambiance. Par ailleurs, les partisans inconditionnels de Trump croient que je m’en prends au président et aux « conservateurs » ; pourtant, je tiens à vous assurer qu’il s’agit d’un problème qui transcende les clivages partisans. Les républicains sont tout autant détestés que les démocrates. La violence politique ne connaît pas de camp politique ! 

 Parallèlement à l’insatisfaction croissante et à la division politique en Amérique, les statistiques révèlent une montée de la violence politique, à des niveaux bien plus élevés qu’on ne pourrait le penser. Tout porte à croire que la violence politique pourrait devenir un enjeu majeur lors des élections de mi-mandat, de l’installation du nouveau Congrès en janvier, et au-delà — autant d’épreuves cruciales pour l’Amérique. Si cette dynamique n’est pas désamorcée, elle pourrait constituer la menace la plus grave jamais pesée sur le mode de vie américain. 

Le professeur Robert A. Pape, du prestigieux département de science politique de l’université de Chicago, vient de publier un ouvrage sur ce sujet : *Our Own Worst Enemies: America in the Age of Violent Populism* (« Nos pires ennemis : l’Amérique à l’ère du populisme violent »). Cet auteur reconnu a travaillé sur des thématiques telles que la stratégie militaire — notamment le rôle de la puissance aérienne —, la sécurité nationale et le terrorisme ; il est toutefois surtout connu pour ses interventions en tant qu’expert invité dans de nombreuses émissions de premier plan, notamment au sujet de la guerre du Golfe. 

Cet article propose un aperçu de cet ouvrage, qui s’appuie en grande partie sur des travaux de science politique empirique démontrant que la violence politique s’est normalisée au sein de la « conscience publique » américaine. Cette évolution idéologique sous-jacente nous amène au concept de « populisme violent » : lorsque la violence politique devient un instrument accepté de la lutte démocratique. J’examinerai ensuite un chapitre en particulier afin d’en dégager les réponses apportées par l’école autrichienne et la pensée libertarienne au dilemme posé ; on y trouve à la fois l’identification de la cause et une solution tout à fait plausible. 

Autrefois, quiconque se réclamait du « libéralisme » — qu’il soit libertarien ou même progressiste — aurait jugé impensable le recours à la violence physique pour atteindre des objectifs politiques. Or, cette pratique est désormais banalisée au sein d’une minorité significative, tant à gauche qu’à droite. Ce phénomène émane, pour une large part, de milieux éduqués, issus des classes moyennes et résidant en banlieue, et non — comme on pourrait le croire — des franges les plus démunies ou les moins instruites de la société, qu’elles soient urbaines ou rurales. Pour ma part, j’ai été consterné de voir des amis de gauche, par ailleurs tout à fait épanouis, prôner le recours à la violence politique. 

 Bien entendu, les facteurs habituels entrent en ligne de compte : évolutions démographiques, minorités, immigration, ainsi que tout un éventail de politiques publiques — protection sociale, politique migratoire, enseignement public, fiscalité, subventions, partis politiques, classe politique, accès aux emplois publics ou aux universités d’État, bouleversements économiques, sans oublier les mécanismes politiques tels que le vote, le redécoupage électoral ou le rôle des tribunaux. Le professeur Pape conclut, preuves à l’appui, que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de violence politique, celle-ci devenant — tant à gauche qu’à droite — une « composante persistante » de la vie politique américaine, de plus en plus largement acceptée.

 Les données de sondages démographiques présentées sont très instructives, tout comme les études de cas examinées. Les deux périodes antérieures de violence politique que nous allons réexaminer sont les années 1920 et les années 1960. 

Le professeur Pape résume le problème par l’expression « légitimité fracturée » et appelle les modérés à rétablir cette légitimité. Pour ma part, j’interprète ce problème comme le résultat d’un basculement idéologique et de l’expansion de l’appareil étatique, amorcés dans les décennies précédant les années 1920 — durant l’ère progressiste et la Première Guerre mondiale. Les progressistes ont protégé leur programme par des amendements constitutionnels et des législations adoptées au niveau des États, leur conférant ainsi une forme de légitimité. Le siècle dernier a été marqué par une croissance incessante de la violence économique exercée par l’État à l’encontre des individus et de leurs biens, par le biais d’impôts, de réglementations, de l’inflation, d’obligations légales, etc. 

Plus significativement encore, le pouvoir présidentiel a connu une croissance exponentielle, entraînant des guerres permanentes, la mainmise du gouvernement fédéral sur l’éducation et les soins de santé, une politique monétaire discrétionnaire, et bien plus encore. Chaque intervention étatique est, par essence, violente. Certes, il existe souvent des bénéficiaires autres que les politiciens, mais il y a, de toute évidence, une multitude de perdants ; et comme l’État ne peut rien produire qu’il n’ait préalablement confisqué, le nombre de perdants excède mécaniquement celui des bénéficiaires — surtout si l’on prend en compte le coût exorbitant de la lourdeur administrative. 

 À mon sens, la légitimité politique en Amérique reposait sur un consensus idéologique selon lequel le gouvernement central devait demeurer restreint — en taille, en pouvoir et en budget — et être limité, voire bridé, par des contraintes constitutionnelles et républicaines. Tel était le consensus qui prévalait à l’époque des « Articles de la Confédération » et de la Convention constitutionnelle. Ce consensus repose sur l’idée que toute activité étatique est, par nature, violente et moralement condamnable ; elle doit donc être juridiquement encadrée. Ceux qui perçoivent la nature coercitive et moralement injustifiable de l’État acceptent néanmoins de composer avec un système républicain et constitutionnel, dans un souci de consensus et de stabilité : le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins. 

 

Des idéologies néfastes, contraires à l’esprit « américain », ont érodé cette idéologie originelle, ce consensus général et la légitimité sur laquelle repose l’État. À tous égards, la taille, l’étendue et le pouvoir de l’État — en particulier de l’État fédéral centralisateur — sont bien plus considérables, englobants et autoritaires qu’avant l’ère progressiste et la guerre hispano-américaine. En effet, il s’immisce plus profondément que jamais dans les finances personnelles et dans les détails de la vie quotidienne ; il exerce une marge de manœuvre et un contrôle accrus, tout en donnant l’impression de ne guère se soucier de représenter les citoyens ou de défendre la Constitution et l’État de droit. Par conséquent, si les libertariens ne cautionnent pas la montée de la violence politique en tant que réponse civile à l’hypertrophie de l’État, ils n’en sont pas pour autant surpris. 

Le professeur Pape évoque deux périodes antérieures de populisme violent — les années 1920 et les années 1960 — dont les caractéristiques historiques s’accordent parfaitement avec une analyse économique. Avant les années 1920, le protectionnisme en faveur de l’industrie américaine a favorisé une immigration massive de catholiques européens, tandis que la Première Guerre mondiale a entraîné d’importants flux migratoires de populations noires du Sud rural vers les centres industriels du Nord. L’élément central de la vague de violence qui a alors surgi fut le second Ku Klux Klan, devenu une force politique puissante et un vecteur de violence populaire dirigée contre les populations noires et les immigrés. 

À l’inverse, la violence populiste des années 1960 était orientée à gauche. Elle résultait d’une combinaison d’émeutes de protestation menées par des populations noires et de manifestations contre la guerre du Vietnam, auxquelles prenaient part des populations blanches. Tout comme les années 1920, cette période fut marquée par un progrès économique notable ; toutefois, selon Pape, la représentation politique n’a pas su suivre l’évolution et les déplacements de la population. Une coquille figure à la page 164, indiquant que les populations noires représentaient 1 % de la population en 1965 ; en réalité, ce chiffre était plus proche de 11 %, alors même que les élus noirs n’occupaient que six sièges au Congrès. 

Il est indéniable que les institutions politiques, quelles qu’elles soient, sont par nature statiques et lentes à évoluer, contrairement au dynamisme rationnel qui caractérise les formes d’organisation et de coopération volontaires au sein du marché. Si l’on peut faire confiance aux marchés libres pour s’autoréguler, la « régulation » étatique des marchés et des structures sociales engendre, de manière quasi systématique, un chaos croissant — que ce soit dans les domaines de la finance, de la santé, de l’éducation ou de la défense nationale. C’est pourquoi le consensus initial a si bien fonctionné de 1790 à 1890 : l’État était restreint et limité, et il parvenait à gérer de manière acceptable les services postaux, l’académie militaire de West Point et la perception des droits de douane.

 Les véritables problèmes des années 1920 et 1960, tout comme le défi majeur auquel nous sommes confrontés aujourd'hui, partagent une cause commune ainsi qu'une cause immédiate — ce qui ne remet nullement en question les mécanismes de science politique mis en avant par le professeur Pape. 

La cause commune réside dans la rupture du consensus initial, entraînant une expansion gouvernementale ininterrompue. Ce phénomène se traduit par une intensification de la coercition étatique sous diverses formes ; chaque modalité crée des gagnants et des perdants, tout en favorisant l'émergence de réactions violentes. La cause immédiate est un élément omniprésent, pourtant ignoré de tous alors qu'il se trouve sous nos yeux : la Réserve fédérale. La création d'une banque centrale en 1913 a constitué la pierre angulaire de la législation de l'ère progressiste — une mesure qui fait d'ailleurs écho au *Manifeste du parti communiste* de Karl Marx. Une banque centrale rend possible toutes sortes d'extensions du pouvoir étatique : financement de guerres, accroissement massif des dépenses publiques, explosion de la dette nationale, et même suppression d'impôts rationnels, bien qu'impopulaires. 

Les années 1920, les années 1960 et la période actuelle correspondent aux phases où la Réserve fédérale a été la plus active et la plus inflationniste. Dans les années 1920, la Fed — tout juste créée — a rapidement accru la masse monétaire pour financer la Première Guerre mondiale, avant de stimuler massivement la monnaie et le crédit tout au long de la décennie. Cela a conduit au krach boursier de 1929, contribuant ainsi à déclencher la Grande Dépression — fruit du progressisme — sous les administrations Hoover et Roosevelt. Les années 1960, marquées par l'apogée de l'économie keynésienne, ont été celles d'une politique budgétaire expansionniste — alliant « canons et beurre » — doublée d'une expansion monétaire. Cette dynamique a provoqué une fuite de l'or, menant finalement le président Nixon à abandonner l'étalon-or de Bretton Woods en 1971. 

 J'ai longuement analysé et débattu de notre situation économique actuelle. À l'instar des deux périodes précédentes, on observe une expansion considérable de la masse monétaire, du crédit et des dépenses publiques. Cette expansion monétaire entraîne une hausse des prix, ainsi qu'une érosion des salaires réels (ajustés à l'inflation). L’expansion du crédit profite aux détenteurs de richesses et d’actifs ; elle constitue une aubaine pour les plus riches. Par ailleurs, l’expansion de l’action publique accroît une violence souvent insidieuse, créant ainsi des gagnants et des perdants. L’inflation monétaire est la cause profonde de la montée de la violence politique. Ce sont là des résultats prévisibles selon la théorie économique — en particulier la théorie des cycles économiques de l’École autrichienne, qui explique l’ensemble des phénomènes fondamentaux comme un mécanisme cohérent et intégré. 

Cette approche nous offre également une solution politique au problème : un programme visant à renouer avec le consensus américain originel, en commençant par le rétablissement d’une monnaie saine.  

Mark Thornton 

 Mark Thornton est chercheur associé principal (« Senior Fellow ») au Mises Institute ; il a occupé la chaire Peterson-Luddy en économie autrichienne de 2021 à 2023. Il anime deux podcasts, *Minor Issues* et *Unanimity*, et est responsable de la rubrique des comptes rendus de lecture au sein du *Quarterly Journal of Austrian Economics*. Parmi ses publications, on peut citer : *The Economics of Prohibition* (1991), *Tariffs, Blockades, and Inflation: The Economics of the Civil War* (2004), *The Quotable Mises* (2005), *The Bastiat Collection* (2007), *An Essay on Economic Theory* (2010), *The Bastiat Reader* (2014) et *The Skyscraper Curse and How Austrian Economists Predicted Every Major Crisis of the Last Century* (2018). [photo haute résolution] Le Dr Thornton a été rédacteur en chef de l’*Austrian Economics Newsletter* et a siégé au comité de rédaction du *Journal of Libertarian Studies* ainsi que de plusieurs autres revues universitaires. Il a enseigné au niveau des cycles supérieurs à l’université d’Auburn et à la Columbus State University. Il a également enseigné l’économie à l’université d’Auburn à Montgomery et à l’université Trinity, au Texas. Mark Thornton a occupé les fonctions de surintendant adjoint des banques et de conseiller économique auprès du gouverneur de l’Alabama, Fob James (1997-1999) ; en 2002, il a reçu le prix de la recherche universitaire (« University Research Award ») à la Columbus State University. Diplômé de l’université St. Bonaventure, il est titulaire d’un doctorat en économie obtenu à l’université d’Auburn. En 2014, il a participé à un débat à l’Oxford Union, où il s’est prononcé contre la « guerre contre la drogue ». Les travaux et les interventions du Dr Thornton ont été relayés dans de nombreux médias, notamment : *American Spectator*, *Barron’s*, *Bloomberg*, *Christian Science Monitor*, *The Economist*, *Forbes*, *Investors’ Business Daily*, *Le Monde*, *New York Post*, *New York Times*, *USA Today*, *Wall Street Journal*, *Economic Times* (Inde), *Financial Times* (Norvège) et *Tejarat-e-Farda* (Iran). Il est également intervenu à de nombreuses reprises sur Russia Today et Press TV. Ses éditoriaux et ses entretiens ont été publiés dans plusieurs journaux régionaux de premier plan, notamment : *Apple Daily* (Hong Kong), *Atlanta Constitution*, *Birmingham News*, *Business Alabama*, *Chicago Sun-Times*, *Houston Chronicle*, *Mobile Press Register*, *Minneapolis-St. Paul Star Tribune*, *Montgomery Advertiser*, *New York Post*, *Orange County Register*, *Richmond Times-Dispatch*, *Tampa Tribune* et *Washington Times*. Ses analyses sont régulièrement publiées dans *Mises Daily* et *Mises Wire*. Il intervient par ailleurs fréquemment dans des émissions et sur des plateformes telles que *Boom-Bust*, RT, *Butler on Business*, *Tom Woods Show*, *Thom Hartmann Show*, *Scott Horton Show*, Press TV et FreedomWorks.

https://mises.org/mises-wire/what-leads-violent-populism 

 

Mark Thornton est un économiste américain qui adhère aux principes de l'école autrichienne d'économie. Il est un grand spécialiste de l'économiste Richard Cantillon, souvent présenté comme un précurseur de l'école autrichienne d'économie. Libéral et scientifique, Mark Thornton fait partie du bureau éditorial du Journal of Libertarian Studies. Il est également membre du réseau de la faculté "FEE" (Foundation for Economic Education).

Il est diplômé de l'université de St Bonaventure en 1982 (BS) et de l'université d'Auburn en 1989 (Ph.D.). Ses thèmes de recherche portent sur les finances publiques, le Droit, la règlementation, la croissance de l'État, l'esclavage et la guerre civile.

Publications

Pour une liste détaillée des œuvres de Mark Thornton, voir Mark Thornton (bibliographie)

Littérature secondaire

Liens externes

 

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L’ultragauche sous la loupe du renseignement : 5 000 militants, des profils multiples et un groupe largement sous-estimé.
 
Selon les services, les violences du 17 octobre ont mobilisé plusieurs cercles, de l’anarcho-autonome organisé aux « jeunes de quartier » attirés par le pillage.
 
Le renseignement territorial et, à Paris, la direction du renseignement de la préfecture de police évaluent à environ 5 000 personnes les effectifs de la mouvance dite d’ultragauche en France. Ils se répartissent entre anarchistes, autonomes, antifascistes et « contestataires sociétaux ».
 
Un cas illustre leur suivi. Le 20 octobre à 6 h 15, Hodei Ciarra Ocampo, 34 ans, a été interpellé au domicile de ses parents, à Bussière-Boffy (Haute-Vienne), près de Limoges. Il est soupçonné d’avoir participé aux saccages et à l’incendie de la mairie limougeaude trois jours plus tôt. Fiché S pour sa proximité avec l’« UG » et proche des Soulèvements de la Terre, il vit en yourte et se revendique de la mouvance anarcho-autonome. Son père, Fernando Ciarra Ramirez, 70 ans, a été condamné en avril pour le sabotage d’antennes 5G ; le renseignement le présente comme historiquement proche de l’ETA.
 
Plusieurs cercles aux logiques distinctes
 
Les services distinguent plusieurs profils. Les anarcho-autonomes, surnommés « totos », font de l’idéologie un mode de vie (squats ou habitats légers). Les antifascistes apparaissent plus « insérés », souvent plus jeunes et étudiants, avec pour priorité la lutte contre l’extrême droite. S’y ajoutent les « contestataires sociétaux violents », emportés par l’ambiance sans engagement militant structuré – un profil déjà observé sous le nom d’« ultrajaunes » pendant les Gilets jaunes. À Paris, la marche vers les lieux de pouvoir relèverait davantage d’une « extrême gauche radicale » plus fluide, mêlant écologistes radicaux, « étudiants politisés » et militants de groupes comme le NPA-R ou Poing levé.
 
À Limoges, le renseignement attribue clairement aux cercles d’ultragauche organisée une part déterminante des événements du 17 octobre. Des tags politiques (« Vive la Commune », « Commune 2026 », « A » anarchiste) ont été relevés dans plusieurs villes touchées. Emmanuel Macron a évoqué le 22 octobre des « actes politiques et même séditieux » conduits par des groupes organisés d’ultragauche « qui visent à faire tomber la République ». La procureure de Paris, Laure Beccuau, avait toutefois nuancé : les militants d’ultragauche n’étaient pas majoritaires parmi les personnes interpellées.
 
Un phénomène sous-estimé
 
La France insoumise n’apparaît pas dans les premiers retours comme impliquée dans les violences. Les services ne surveillent pas les partis politiques : l’interdiction est absolue. « Nous travaillons sur des individus à potentialité violente, pas sur des partis ou des groupements politiques », a indiqué Hugues Bricq, patron de la DRPP.
 
Un groupe a été largement sous-estimé : les « jeunes de quartier ». Attirés principalement par les opportunités de pillage de commerces, ces mineurs et jeunes majeurs ont rejoint les violences « en très très grand nombre, de façon inédite », selon une source au ministère de l’Intérieur. Outre les réseaux sociaux, cette participation aurait été facilitée par des connexions nouvelles avec le milieu étudiant et lycéen. « Tout ça s’est construit notamment grâce au mouvement lycéen-étudiant. Pendant un mois, ils ont eu ce lien », a précisé un haut responsable. Une alliance que personne, place Beauvau, n’avait anticipée. Le Plateau de Millevaches reste, aux yeux du renseignement, un épicentre de la mouvance anarcho-autonome.
 
D’après un article de L’Express paru le 29 octobre 2026. 
 

 

novembre 04, 2025

Budget de la Sécurité sociale : Comment combler le déficit ?

C’est l’étatisme (lire « bolchevisme ») français dans toute sa splendeur, essayant désespérément de sauver la fiction appelée Sécurité sociale française (que toute la planète nous envie… mais que personne ne copie !).

https://contrepoints.org/un-depute-lr-fait-voter-un-amendement-visant-a-punir-les-medecins-non-conventionnes/

Budget 2026 : on vous explique les causes de l'augmentation du déficit de la Sécurité sociale, estimé à 23 milliards d'euros en 2025

Dans une note publiée lundi, la Cour des comptes pointe du doigt les perspectives trop optimistes sur lesquelles se sont basés les derniers gouvernements, et ce, alors que l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale débute mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. 


La Sécurité sociale, qui a soufflé cette année sa 80e bougie(Nouvelle fenêtre), n'est pas au mieux de sa forme. Dans un rapport(Nouvelle fenêtre) publié lundi 3 novembre, la Cour des comptes alerte sur la situation financière du système, qui "demeure préoccupante". Son déficit devrait atteindre 23 milliards d'euros en 2025(Nouvelle fenêtre), soit une augmentation de 7,7 milliards d'euros sur un an. "Le déficit s'est fortement dégradé en 2025 et il aura doublé en deux ans", assène l'institution.

Le timing de cette publication est particulièrement bien choisi. L'examen parlementaire(Nouvelle fenêtre) du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) débute mardi à l'Assemblée nationale, dans un climat politique électrique.

Cette communication vient compléter le rapport de la Cour des comptes sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale, publié en mai(Nouvelle fenêtre). La juridiction prévenait déjà que "la trajectoire des comptes sociaux" était devenue "hors de contrôle". La loi sur le financement de la Sécurité sociale 2025 prévoyait alors un déficit de 22,1 milliards d'euros en 2025. "Cet objectif ne sera pas atteint (...) avec une dégradation de 0,9 milliard", soulignent les experts dans la nouvelle note.  

Ainsi, en deux ans, le "trou" de la Sécurité sociale a plus que doublé et se situe désormais, hors crise du Covid-19 (période durant laquelle les dépenses de santé se sont envolées), au niveau le plus élevé observé depuis 2012. Pourtant, le pays n'a connu récemment aucune crise qui pourrait expliquer cette situation. Franceinfo vous résume quelques-unes des raisons qui ont mené à une telle situation.

Une situation économique "morose"

La prévision de masse salariale a dû être révisée et les recettes sociales sont moins importantes que prévu, progressant de 2,4% en 2025, contre les 3,1 % initialement prévus, peut-on lire dans le rapport dévoilé lundi. La Cour des comptes pointe du doigt des performances plus que limitées(Nouvelle fenêtre) de la France, avec "un affaissement conjoncturel des recettes, lié au ralentissement économique".

L'année 2025 est qualifiée de "morose", avec une croissance du PIB prévue à 0,7%(Nouvelle fenêtre). Le tout alors que la progression des recettes (1,4%) "est à peine supérieure à l'inflation prévue" pour 2025 (1,1%).

Des dépenses qui continuent de croître

Ce manque de ressources se conjugue à des dépenses significatives. La branche maladie voit notamment son déficit augmenter de 3,4 milliards. Selon la Cour des comptes, ces augmentations des dépenses s'expliquent par la "dynamique des soins de ville(Nouvelle fenêtre), l'activité des établissements de santé, et un volume important de mesures nouvelles", dont la "création de places supplémentaires dans les établissements médico-sociaux".

La branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) est, elle aussi, en situation de déficit, et ce, pour la première fois depuis 2012 "en raison des transferts de cotisations opérés en 2024 vers la branche vieillesse, en lien avec la réforme des retraites", analyse l'institution. Plus globalement, le déficit est chronique : la branche vieillesse et fonds de solidarité vieillesse est aussi concernée par une augmentation du "trou" de 1,3 milliard. Seule la branche famille(Nouvelle fenêtre) est bénéficiaire, mais l'excédent est "réduit par rapport à 2024".

Des gouvernements trop optimistes

La Cour des comptes égratigne au passage le manque de rigueur des gouvernements. "Ce dérapage pointe une nouvelle fois des hypothèses économiques trop optimistes", critique-t-elle. Elle précise que le constat se répète "pour la troisième année consécutive". "Il est impossible, je répète, impossible de prétendre en toute conscience que personne ne connaissait la fragilité répétée des prévisions pendant cette période", avait du reste martelé en tout début d'année le président de l'organe, l'ancien ministre de l'Economie socialiste Pierre Moscovici, devant les députés de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les causes du dérapage du déficit public en 2023 et 2024.

En janvier, le Haut Conseil des finances publiques avait déjà fait part de ses doutes quant aux objectifs du gouvernement Bayrou pour 2025(Nouvelle fenêtre). Il expliquait que ce projet "offr[ait] peu de marges de sécurité".

Va-t-on dans la même direction en 2026 ? Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, "un effort important est prévu" pour "engager un processus de réduction du déficit", constate la Cour des comptes. Le gouvernement souhaite abaisser le déficit à 17,5 milliards d'euros. Mais la juridiction émet des doutes sur la possibilité d'y parvenir. "Ce qui est prévu en maîtrise de la dépense sociale en 2026 est très ambitieux, très fragile, très vulnérable, et presque d'une certaine façon hypothétique", a déclaré lundi Pierre Moscovici(Nouvelle fenêtre). "Et si le débat parlementaire tourne d'une certaine façon (...), on pourra même assister à un maintien, voire une augmentation du déficit". "A ce moment-là, nous ne tiendrons pas les objectifs" d'ensemble, a-t-il averti.

Cette incertitude pousse la Cour des comptes à s'inquiéter pour l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss). "En cas de déficit du régime général ou de régimes dont la trésorerie est assurée" par cette entité, cette dernière "est autorisée par la loi à emprunter à court terme dans une limite fixée" par la loi de financement. Or, selon Pierre Moscovici et son équipe, l'Acoss encourt "un risque sérieux de liquidité dans les prochaines années". "Les perspectives annoncées de la loi de financement, en l’absence d’une trajectoire crédible de retour des comptes sociaux vers l’équilibre, ne remettent pas en cause ce diagnostic", estime l'institution. En d'autres termes, la Sécurité sociale risque de se trouver, à terme, en incapacité de faire face à ses échéances financières.

Eloïse Bartoli

France Télévisions 

 


Pourquoi la Cour des comptes évoque un risque de "crise de liquidité" de la Sécurité sociale dans son dernier rapport 

La juridiction financière prévient que "la trajectoire des comptes sociaux" est devenue "hors de contrôle", avec un déficit de la Sécu qui pourrait atteindre 22,1 milliards d'euros en 2025. Ce qui menace potentiellement "le financement des prestations" d'ici quelques années.

La Sécurité Sociale est-elle menacée de banqueroute ? Dans son rapport annuel(Nouvelle fenêtre) sur l'application des lois de financement de la sécurité sociale publié lundi 26 mai, la Cour des comptes dresse un tableau particulièrement alarmant de la situation et pointe "un risque de plus en plus sérieux de crise de liquidité" de la Sécu à l'horizon 2027 en raison du dérapage de son budget et de ses dépenses. "Nous avons perdu le contrôle de nos finances publiques en 2023 et 2024", s'est inquiété Pierre Moscovici, le président de la Cour des comptes.

"La dette fragilise le modèle social, il faut arrêter de prendre ces sujets comme si c'était des questions annexes."

Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes

en présentant le rapport

Les craintes des magistrats de la Cour des comptes partent d'un constat : le déficit de la Sécurité sociale a atteint 15,3 milliards d'euros en 2024, soit près de 5 milliards de plus que les prévisions initiales de l'Etat. Et les perspectives ne sont pas rassurantes : le déficit pourrait encore s'alourdir de 7 milliards d'euros en 2025, pour atteindre 22,1 milliards d'euros.

L'addition pourrait être encore plus salée car cette prévision se base une croissance de 0,9%, un objectif plus optimiste que celui du gouvernement (+0,7%), qui a abaissé ses prévisions en raison de la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis. "L'aggravation du déficit est due, pour les trois quarts, au moindre rendement des recettes et, pour un quart, à une augmentation des dépenses de la branche maladie qui va au-delà de l'objectif assigné", note le rapport, qui prévient que le déficit pourrait atteindre 24,1 milliards d'euros en 2028.

"Ce qui est alarmant, c'est que le rapport fait état d'une hausse structurelle du déficit, avec une tendance à s'accroître durablement au-delà des 20 milliards, alors qu'on était jusqu'à maintenant sur un aspect conjoncturel" en raison de la pandémie de Covid-19, analyse Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et spécialiste des finances publiques. Pour la Cour des comptes, la "trajectoire des comptes sociaux est hors de contrôle", avec un "risque croissant de crise de liquidité qui pèse sur les conditions de financement" de la Sécurité sociale.

Une loi pour remédier à la situation mais pas de majorité pour la voter

Cette alerte s'explique en partie par la manière dont la Sécu emprunte, assure son fonctionnement et se finance. Jusqu'en 2024, la dette de la Sécurité sociale était prise en charge par la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), qui a la possibilité d'emprunter à moyen et long terme, dans des conditions plus favorables qu'à court terme. Ce n'est désormais plus le cas car l'organisme gouvernemental est arrivé au maximum de la dette qu'elle peut prendre en charge.

Les déséquilibres actuels entre recettes et dépenses doivent donc être comblés par l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), qui ne peut qu'emprunter à court terme. Mais selon la Cour des comptes, l'Acoss ne peut pas s'endetter "indéfiniment", et si elle le fait, "la progression de cet endettement conduit à un risque de plus en plus sérieux de crise de liquidité", d'autant plus que son besoin de financement, qui était d'environ 20 milliards en 2024, va être plus que quadruplé d'ici 2027 à 89 milliards, selon la Cour des comptes.

Pour éviter ce scénario, les magistrats expliquent que la Cades peut être "rechargée" et prolongée, comme ce fut déjà le cas dans le passé, en passant par une loi organique au Parlement. Une hypothèse qui paraît toutefois "compliquée" en raison de l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, s'inquiète Pierre Moscovici. "En l'absence de nouvelles réformes, cette situation ferait courir un risque croissant sur le financement des prestations", alerte la Cour des comptes.

Dans un tel scénario, l'Etat pourrait être appelé à la rescousse pour assurer la continuité du système. Pour Mathieu Plane, cette alerte "renvoie donc davantage au problème global de la France, qui va devoir ramener son déficit sous les 3% d'ici 2029 [contre 5,8% en 2024], ce qui passera par des efforts conséquents", y compris pour le budget de la Sécurité sociale.

Dans l'immédiat, la Cour des comptes préconise plusieurs mesures pour redresser les comptes de la Sécu, comme un meilleur contrôle de l'intérim paramédical (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, aides-soignants...), dont le coût a été "multiplié par trois" entre 2019 et 2023, mais aussi un renforcement des contrôles sur les pensions de retraite versées à l'étranger ou encore une distribution gratuite des masques acquis pendant la crise sanitaire aux hôpitaux et aux Ehpad avant péremption. La Cour des comptes préconise aussi de réduire les exonérations de cotisations patronales accordées aux entreprises, qui ont "presque quadruplé entre 2014 et 2024".

Paolo Philippe

France Télévisions 

 


 

Budget de la Sécurité sociale : Comment combler le déficit ? 

Le Sénat va examiner le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, lundi 17 février, un budget avec un déficit de plus de 22 milliards d'euros. Comment remédier à cela ?

Le Sénat examine, lundi 17 février, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS)(Nouvelle fenêtre) de 2025. En cas d'adoption, ce sera un budget avec un déficit de 22 milliards d'euros. "Cette année, le trou de la Sécu devrait atteindre 22,1 milliards d'euros", fait savoir Jean-Paul Chapel. L'essentiel de ce déficit, 15 milliards, est concentré dans les dépenses de santé qui augmentent fortement "à cause du vieillissement de la population et des nouveaux médicaments toujours plus chers".

Quelles solutions ?

Réduire ce déficit est "un enjeu d'une mission d'évaluation qui rendra son rapport en juin". La rapporteuse générale a déjà évoqué des pistes. D'abord, rembourser les soins selon les ressources des assurés, "les plus riches seraient moins bien remboursés". Une autre piste mise sur la table : la Sécurité sociale pourrait être remboursée avec la TVA.

https://www.franceinfo.fr/economie/budget/budget-de-la-securite-sociale-comment-combler-le-deficit_7080624.html 



Sécurité sociale

Au sens large, la sécurité sociale désigne la couverture des risques « sociaux » (maladie, chômage, vieillesse, maternité, invalidité, décès, veuvage, etc.) par des mécanismes de mutualisation des risques tels que les assurances ou les mutuelles. Au sens étroit, la Sécurité sociale désigne l'institution regroupant des organismes chargés de s'occuper de la gestion des risques sociaux. Dans certains pays, il s'agit d'organismes étatiques qui offrent une couverture minimale, dans d'autres (comme la France) il s'agit d'organismes de droit privé (caisses, mutuelles) chargés d'une mission de service public. 

Analyse libérale sur la Sécurité sociale

Les libéraux sont opposés à une gestion étatique ou para-étatique de la sécurité sociale (au sens large), car cette gestion se caractérise (en France et dans la plupart des pays) par :

  • l'existence d'un monopole attribué à l'État ou à certains organismes, d'où un surcoût important ;
  • l'absence de liberté de choix et, par conséquent, l'absence complète de responsabilité des assurés (on ne peut pas demander à quelqu'un d'être responsable quand on l'empêche d'être libre, c'est ce qu'on appelle une double contrainte) ;
  • des règles comptables spécifiques, sans relation avec la comptabilité digne de ce nom, faisant apparaître un déficit perpétuel et une dette toujours accrue (les prestations sont déconnectées des cotisations, qui sont des prélèvements obligatoires) ;
  • une incertitude dans le temps quant aux prestations et aux risques couverts (définis et révisables par la loi plutôt que fixés par contrat) ;
  • un caractère redistributif injuste sous prétexte d'égalité mal comprise (cotisations proportionnelles au revenu et non liées au risque couvert ; assujettis aux cotisations qui ne peuvent employer leurs « droits acquis » en caution d'emprunt et a fortiori les échanger ; ayants droit qui ne cotisent pas ; ayants droit qui, du jour au lendemain, à cause du décès de l'assujetti, ne reçoivent plus rien) ; les responsables ne cachent d'ailleurs pas que la seule règle de gestion est « chacun cotise selon ses moyens, et reçoit selon ses besoins »[1], définition même du communisme ;
  • un mélange apparemment inextricable d'assurance individuelle et de solidarité (forcée), alors qu'il conviendrait de séparer les deux domaines. En réalité, la Sécurité sociale telle qu'elle existe dans sa version étatiste n'a strictement rien à voir avec l'assurance dont elle n'utilise pas les techniques (pas de contrat, pas de prime liée au risque), et qui n'est pour elle qu'un prétexte et un camouflage commode.

La Sécurité sociale, un poids mort économique

Les premiers éléments de la Sécurité sociale unique ont été réalisés par le gouvernement pétainiste de Vichy (constitution des numéros d'immatriculation de Sécurité sociale en vue de ficher toute la population).

La création de ce numéro d'immatriculation était la première étape vers le monopole de la Sécurité sociale, puisque ce fichier était alors géré par un organisme étatique unique.

Depuis 1945, autrement dit depuis la mise en place et la massification de la Sécurité sociale, celle-ci est devenue un poids mort économique, voire un gouffre sans fond.

Depuis près de soixante dix ans, il y a eu sensiblement un plan de « sauvegarde » de la Sécurité sociale tous les deux ans. Ces plans consistaient dans la mise à contribution de structures ou d'organisations extérieures. Cette « solution » est, par définition, une solution de facilité, puisqu'elle consiste dans le maintien, voire l'hypertrophie des structures de la Sécurité sociale, sans que, pour autant, il y ait eu des réformes internes à la Sécurité sociale.

En effet, il n'y a jamais eu ces « restructurations internes » qui se seraient opérées, d'une part, par des plans comptables pour limiter les dépenses et, d'autre part, par des « plans sociaux » pour réduire très fortement les effectifs devenus au cours du temps trop importants.

Georges Lane, dans son ouvrage La Sécurité sociale et comment s'en sortir (Éditions du Trident) et la Monographie numéro 11 sous la direction éditoriale de Contribuables Associés[2], Claude Reichman, dans son ouvrage La Sécurité sociale le vrai mal français (Éditions Les Belles Lettres), Leslie Varenne et Philippe Blanchard, dans leur ouvrage Sécurité Sociale. Main basse sur le trou et Michel Godet, dans son ouvrage Le choc de 2006 montrent tous, effectivement, que la Sécurité sociale est devenue un frein considérable au progrès économique, mais que ce frein économique a quand même profité financièrement à certains (intérêts corporatistes syndicaux). Ces observations ont été confirmées par Guillaume Prache, dans son ouvrage Les scandales de l'épargne retraite et par Gérard Maudrux, dans son ouvrage Retraites. Le mensonge permanent.

Le manque de réformes internes, la répartition, causant une injustice certaine, la très mauvaise gestion, voire des affaires ayant eu des implications judiciaires, sont la cause de cette situation de poids mort économique de la Sécurité sociale.

Le monopole de la Sécurité sociale et ses conséquences sur la qualité de la médecine

Impact sur la médecine officielle

L'influence de la Sécurité sociale, dans le domaine médical, a des conséquences dramatiques. La principale loi de toute activité économique libre et librement consentie repose sur la loi de l'offre et de la demande, c'est-à-dire sur un équilibre de satisfaction entre les parties contractantes. Or, le caractère monopolistique de la Sécurité sociale implique une modification forcée, voire une dénaturation de cette loi. En effet, la Sécurité sociale établit trois contraintes arbitraires, sans aucune relation avec le marché, qui ont une influence sur la qualité de la médecine et des soins :

  • L'établissement du montant des consultations et du nombre d'actes médicaux
  • L'établissement du montant des cotisations
  • L'établissement du montant des remboursements

Ces trois contraintes ont entraîné une dégradation de la qualité de la médecine, pouvant mettre en danger la vie des patients. Le professeur Cabrol, dans une des émissions de REICHMANTV, a établi le lien entre les contraintes administratives et charges financières trop importantes imputées aux médecins, d'une part, et la dégradation de la qualité des actes médicaux, d'autre part, alors que le savoir-faire médical français est remarquable (opération à cœur ouvert). Ces charges (CSG, CRDS, URSSAF, AGIRC, ARCCO), et ces surveillances administratives ont empêché les médecins d'investir, de moderniser leur matériel, et de diriger des centres de formation. Ce qui a entraîné une multiplication d'erreurs médicales, en raison du manque de moyens alloués par les médecins dans ces domaines. En outre, le numerus clausus, imposé apparemment pour des raisons comptables, a provoqué la diminution du nombre de médecins. Le vieillissement de la population et les demandes croissantes de prestations médicales relatives à cet état ont entraîné un accroissement d'actes médicaux de médecins de moins en moins nombreux. Des pénalités de plus en plus fortes sont adressées par les URSSAF, en raison du dépassement d'actes médicaux entraînant, de fait, un cercle vicieux qui, non seulement détruit l'idée d'une médecine correctement appliquée, mais crée aussi une fragilisation de soin pour la population.

Autrement dit, la Sécurité sociale, en raison de son caractère monopolistique, et donc en raison des décisions faisant abstraction du marché, a fragilisé le tissu médical établi en France. Le lien existe entre l'abrogation du monopole de la Sécurité sociale, la restauration des caractéristiques de l'exercice d'une médecine libre et perfectionnée, et une qualité de soin exigée par les patients.

Impact sur la médecine alternative

La Sécurité sociale a aussi un impact sur la médecine alternative. Que l'on y croit ou pas, le choix d'y recourir devrait être du ressort des individus, et non de décisions de la Sécurité sociale. Pourtant, compte tenu de ce qui précède, la Sécurité sociale empêche donc le libre soin des patients (autrement dit, le libre choix des médicaments), en raison des prix de remboursement des médicaments fixés à l'avance sans tenir compte de la loi de l'offre et de la demande et sans tenir compte non plus des attentes véritables des patients, ni de leurs problèmes avérés.

Pierre Lance a dénoncé cette entrave à la liberté de soin et de recherche scientifique et médicale, dans ses ouvrages constituant les quatre tomes Savants maudits, Chercheurs exclus. De même, Sophie Chervet, dans Enquête sur un survivant illégal : l'Affaire Gérard Weidlich, ou Monique et Mirko Beljanski, dans La santé confisquée et dans Chronique d'une fatwa scientifique (collection Guy Trédaniel).

Dans ces différents ouvrages, il est ainsi montré que ces différents faits se sont principalement déroulés en France, liés, d'une certaine façon au monopole de la Sécurité sociale, laquelle est d'une certaine manière impliquée dans les procédures lourdes d'AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), puisqu'elle fixe arbitrairement les prix des remboursements des frais médicaux, les montants des cotisations et les montants des honoraires des médecins, interdisant le libre exercice de la recherche médicale et de la profession de médecin. La réglementation trop lourde et trop contraignante contribue, en outre et en effet, à détruire toute recherche scientifique et médicale et le libre exercice de la médecine, et ce, dans n'importe quel domaine que ce soit.

Ce que coûte véritablement la Sécurité sociale

Le coût de la Sécurité sociale pour l'économie française et surtout pour les Français est largement sous-estimé dans l'esprit de chacun, de par la structure « cachée » des cotisations sociales, entre cotisations patronales, salariales, etc. En moyenne, un salarié reçoit, avant même le paiement de l'impôt sur le revenu, la moitié de ce que son employeur a payé (ou salaire complet). L'autre moitié correspond à la Sécurité sociale au sens large, entre maladie, retraites, prévoyance, etc.

Différentes études ont été réalisées pour chiffrer plus précisément ces impacts, par exemple Georges Lane : La Sécurité sociale et comment s'en sortir[3]. Étude prolongée dans une monographie pour Contribuables Associés : « Combien nous coûte, à vous et à moi, la Sécurité sociale ? »[2].

Dans une autre étude, Claude Reichman et Gérard Pince ont chiffré le coût de la Sécurité sociale pour une famille de la classe moyenne[4] : en supposant que les cotisations payées à la Sécurité sociale aient été versées à la famille et placées, elles auraient représenté 1,8 million d'euros, soit largement plus que les prestations versées par la Sécurité sociale.

Dans ces études, Claude Reichman, Gérard Pince et Georges Lane montrent qu'effectivement, le coût des cotisations de Sécurité sociale devient démesurément élevé, non seulement par rapport aux revenus et aux salaires, mais aussi par rapport aux remboursements auxquels les personnes peuvent prétendre, en raison, effectivement, de la qualité de prestation médicale de « service ». Ces études montrent aussi que c'est le système de la répartition, origine de ce surcoût, qui est aussi un facteur d'appauvrissement, puisqu'il faut financer toutes les branches de la Sécurité sociale, avec les coûts non seulement à court terme, mais aussi à moyen terme et à long terme. Avec des caisses de Sécurité sociale et de retraite privées, ces coûts seraient trois à quatre fois inférieurs à ceux générés par la Sécurité sociale.

La Sécurité sociale, frein à l'exportation

Si l'on admet que les salaires sont un facteur de coût très important pour les entreprises, en raison du poids très lourd des cotisations sociales (patronales et salariales), il ne faut pas oublier les données fondamentales de l'entreprise et donc il faut remonter au bilan (actif et passif) de l'entreprise.

Le bilan des entreprises françaises montre que les charges, taxes et impôts sont très lourds :

  • Charges sociales (patronales et salariales) environ 50 % de la fiche de paie
  • Taxes et impôts fonciers
  • Taxes professionnelles
  • Impôts sur les bénéfices ou Impôt sur les sociétés
  • TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) 20 % du prix des produits
  • TIPP( Taxe Intérieure Produits Pétroliers) 80 % du prix du carburant

qui s'ajoutent aux dettes, aux amortissements et aux intérêts des dettes que l'entreprise doit payer lors des achats de locaux et de machines.

Ces éléments très défavorables rendent les entreprises françaises beaucoup moins compétitives que les entreprises étrangères au sein de l'Union européenne, avec des difficultés beaucoup plus importantes à exporter. En effet, pour l'année 2007, le déficit commercial en France est de 41 milliards d'euros, alors que l’excédent commercial, en Allemagne, est de 200 milliards d'euros. Or, depuis que les directives européennes 92/49/CEE, 92/50/CEE et 92/96/CEE (mettant en œuvre l'Abrogation du monopole de la Sécurité sociale) ont été correctement appliquées au sein de l'Union européenne, les entreprises étrangères ont, effectivement, enregistré des résultats supérieurs à ceux enregistrés en France.

Il existe une relation entre l'Abrogation du monopole de la Sécurité sociale, la croissance économique d'un pays et le facteur d'excédent ou de déficit commercial de ce pays. En effet, lorsque l'Abrogation du monopole de la Sécurité sociale a bien été appliquée, dans un État-nation de l'Union européenne, les entreprises ont vu se modifier les caractéristiques de leur bilan de telle sorte que les sommes qui étaient utilisées pour le système de protection sociale du pays en question ont été transférées vers les postes de recherche, de développement et d'investissement, en vue de la croissance de ces entreprises. Cela entraîne la croissance économique du pays et permet à ces entreprises de conquérir des parts de marché, ce qui se traduit par des excédents commerciaux. Autrement dit, la non application de l'Abrogation du monopole de la Sécurité sociale entraîne, par un raisonnement identique, un effondrement chronique de la compétitivité des entreprises et donc des déficits commerciaux de plus en plus importants.

Bibliographie

Citations

  • « Le terme « avantages sociaux » est radicalement trompeur. Si la loi oblige les travailleurs qui préféreraient travailler quarante-huit heures à n'en fournir que quarante, ou si elle force des employeurs à supporter certaines dépenses à l'avantage des employés, cette loi ne favorise pas l'employé au détriment de l'employeur. Quelles que soient les dispositions d'une loi de sécurité sociale, leur incidence retombe en définitive sur l'employé, non sur l'employeur. Ces lois affectent le montant de l'enveloppe de paie ; si elles augmentent le prix que l'employeur doit payer pour une unité d'exécution de l'ouvrage, au-dessus du taux potentiel de marché, elles provoquent du chômage institutionnel. La sécurité sociale ne peut pas imposer aux employeurs l'obligation d'acheter plus cher le travail. Elle impose aux salariés une restriction sur le libre emploi de ce qu'ils gagnent au total. Elle ampute la liberté du travailleur d'arranger son budget familial à sa volonté. » (Ludwig von Mises, L’Action Humaine)
  • « Le "fonds de réserve" de richesse et de capital, hérité des siècles précédents d'activité productive dans un marché relativement libre, est presque épuisé. Depuis plusieurs décennies, depuis la fin des années 1960 ou le début des années 1970, les niveaux de vie réels stagnent ou même baissent en Occident. La dette publique et le coût des systèmes existants de sécurité sociale ont amené la perspective d'un effondrement économique imminent. (...) Si les tendances actuelles se poursuivent, on ne risque rien à dire que l'État-providence occidental, c'est-à-dire la démocratie sociale, s'effondrera tout comme le socialisme oriental, à la soviétique, s'est effondré à la fin des années 1980. » (Hans-Hermann Hoppe)
  • « L'État et la sécurité sociale infantilisent la société. Qu'on ne s'étonne pas de ne plus trouver nulle part de solidarité vraie, ni tout simplement d'intérêt pour autrui. L'individu est tout entier tourné vers la conquête de faveurs ou d'avantages qu'il veut soutirer à l'État ou aux organismes sociaux, croyant jouer un bon tour à ces monstres tutélaires, alors que ce faisant, il se coule dans le lit que les pouvoirs lui ont destiné. » (Claude Reichman, au Cercle Frédéric Bastiat en 1991)
  • « L'administration de la Sécurité sociale est une ruineuse machine à fabriquer du risque moral. » (Pascal Salin, L'arbitraire fiscal)
  • « C'est un gouvernement quasi communiste qui en 1946 créa la Sécurité sociale, alors que personne n'en avait besoin : les risques qu'elle prétendait couvrir étaient, en effet, avant la dernière guerre, très bien assurés par des circuits privés. Le projet de nationaliser ces risques entrait, en fait, dans l'objectif fondamental de communiser la France. » (Michel de Poncins)
  • « Nous demandera-t-on la preuve concrète qu'en cherchant la sécurité sociale on trouve l'État autoritaire ? (...) On attend de l'État qu'il procure un abri ; il en résulte chez tous les candidats à la sécurité un empressement à accepter sa croissance : regardé si l'on veut comme une ombrelle vivante, on consent, on applaudit à sa prolifération. Ainsi les critiques auxquelles aurait donné lieu en d'autres temps tout alourdissement de l'appareil bureaucratique sont vite étouffées s'il s'agit de la mise en œuvre des assurances sociales. Dès qu'on attend de l'État une protection, une sécurité, il lui suffit de justifier ses envahissements par les nécessités de son protectorat, de son « patronat ». » (Bertrand de Jouvenel, Du Pouvoir)
  • « En 1945, quand on a mis en place la Sécurité sociale, on a réalisé un recul technologique d'un siècle et un recul éthique de quatorze siècles. Un recul technologique d'un siècle, parce qu'on a fait disparaître, pour couvrir le risque maladie et le risque vieillesse, une technique extraordinaire, qui est celle de l'assurance, pour la remplacer par une technique primaire, qui est celle de la redistribution. (...) C'est un recul éthique de quatorze siècles où l'on revient à l'époque des Mérovingiens, où on ne fait plus la différence entre la poche des citoyens et la poche publique. » (René de Laportalière)
  • « La Sécurité sociale est la combinaison d'un mauvais système de taxation et d'une mauvaise façon de redistribuer la richesse. » (Milton Friedman)

Notes et références


 

 

 

 

 

 

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