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octobre 25, 2026

Crise sociétale et crise de la monnaie...Conséquences !

Sommaire:

A) -  Et si le problème n'était pas ceux qui ne croient plus en la République ?

B) -  Le passé ne peut pas tenir lieu d'avenir

C) -  La France sous tension : Quand la fracture sociale menace la puissance

 


A) - Et si le problème n'était pas ceux qui ne croient plus en la République ? 

Face aux émeutes, chacun semble sommé de choisir son camp. Condamner les violences ou comprendre les colères. Défendre la République ou dénoncer ses manquements. Restaurer l’autorité ou combattre les injustices. Et si cette manière de poser le problème nous empêchait précisément de le penser ?

Il ne s’agit pas de relativiser les violences. Détruire une mairie, une école, une bibliothèque ou un service public, c’est aussi détruire ce dont d’autres ont besoin pour vivre. Mais condamner un acte ne suffit pas à comprendre ce dont il est le symptôme. Et comprendre ne signifie pas excuser. Une question demeure, autrement plus dérangeante, à savoir que se passe-t-il lorsqu’une République qui se veut universelle ne constitue plus, pour une partie de ses citoyens, un monde dans lequel ils peuvent se reconnaître ?

Nous répondons souvent en rappelant les principes républicains que sont la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Comme si leur proclamation devait suffire à leur donner une existence en acte. Mais une liberté que l’on ne peut exercer, une égalité dont on ne fait pas l’expérience, une fraternité que l’on ne rencontre jamais ne risquent-elles pas de devenir des mots auxquels on demande de croire ? La République ne manque peut-être pas de valeurs. Elle manque de situations dans lesquelles ces valeurs deviennent effectivement vivables. Cette contradiction prend une force particulière dans une société où chacun est de plus en plus invité à devenir l’entrepreneur de sa propre existence. Réussir, s’adapter, être performant, se rendre employable, faire les bons choix n’est-ce pas là une rengaine familière de la rationalité néo-libérale. La responsabilité individuelle semble devoir répondre de tout. Mais comment demander à chacun de devenir l’auteur de sa vie lorsque les conditions dans lesquelles il peut agir lui échappent largement ?

Voilà peut-être l’une des contradictions de notre temps. Nous proclamons l’émancipation tout en organisant plutôt l’adaptation. Nous célébrons l’autonomie tout en réduisant les possibilités de transformer les règles du jeu. Nous demandons aux citoyens d’adhérer à un monde commun sans toujours leur permettre de contribuer à ce qu’il devient. Et si nous redoutions, au fond, les conséquences de l’émancipation que nous proclamons ? Un sujet qui s’émancipe ne devient pas seulement plus autonome dans le cadre qu’on lui propose. Il peut aussi contester ce cadre et contribuer à le transformer. Dès lors, quelle place accordons-nous, dans nos organisations, dans l’éducation et dans la formation professionnelle, à cette possibilité ? Voulons-nous permettre aux personnes de se former ou seulement les rendre capables de mieux répondre à ce que nous attendons d’elles, en les réduisant à de simples ressources ?

La question n’est donc plus seulement de savoir pourquoi certains ne se reconnaissent plus dans la République. Elle est aussi de savoir ce que nous avons fait de la République pour que cette reconnaissance devienne si difficile. Pourquoi certaines promesses républicaines peinent-elles à devenir des expériences vécues ? Encore faut-il ne pas transformer cette interrogation en nouvelle accusation. Ni les émeutiers, ni les institutions, ni le néolibéralisme ne peuvent tenir lieu, à eux seuls, d’explication universelle. Ce serait remplacer une caricature par une autre. Le véritable enjeu est ailleurs. Il s’agit d’apprendre à poser le problème autrement. J’appelle apprenance cet engagement à ne pas seulement chercher des réponses dans ce que nous savons déjà, mais à accepter que le réel transforme les questions que nous nous posons. Elle prend corps par un concernement, qui ne se réduit pas simplement à être touché, perturbé, inquiet ou indigné, mais incarne ce qui nous arrive, ce à quoi nous sommes confrontés, et met aussi en jeu notre propre manière d’habiter le monde.

Pour celui qui porte un éthos républicain, l’épreuve est considérable. Il ne peut plus se contenter de défendre un idéal dont il se considère le dépositaire. Il lui faut accepter que cet idéal soit mis au travail par l’expérience de ceux qui ne le vivent pas comme lui. C’est ici que pourrait naître une riposte créative. Non pas riposter aux émeutes par un discours de plus en s’enfermant dans des stratégies défensives. Non pas inventer une nouvelle méthode de persuasion sous couvert de leadership pour obtenir l’adhésion. Mais sortir des oppositions qui nous condamnent à répéter les mêmes réponses.

La philosophie de Hegel nous aide à nommer cette exigence car un universel qui demeure extérieur aux existences particulières reste abstrait. Il ne devient concret qu’à travers les médiations qui donnent à la liberté une réalité vécue. La République ne devient pas universelle parce qu’elle parle au nom de tous. Elle le devient dans la mesure où chacun peut effectivement prendre part au monde qu’elle institue. Ne pas exiger d’abord que les autres se reconnaissent dans le monde que nous leur présentons, mais nous demander avec eux ce qui pourrait le rendre habitable, c’est peut-être cela, aujourd’hui, habiter la République. Il ne s’agit pas de renoncer à l’Universel républicain. Il s’agit de cesser de croire que nous le possédons et qu’il s’imposerait de lui-même. Cette prétention à maîtriser le comportement d’autrui par le seul énoncé du prescrit, rappelle ce que Friedberg désigne comme « l’hubris des dirigeants ». La conviction d’agir au nom de tous ne nous dispense jamais d’interroger ce que vivent ceux au nom desquels nous prétendons agir.

Dès lors, une question s’adresse à tous ceux qui exercent une responsabilité politique : suffit-il de demander aux citoyens de respecter les règles du monde commun sans leur permettre de participer à sa transformation ? Reconnaître cette exigence ne signifie ni céder à la violence ni renoncer à l’autorité. Cela suppose une autorité capable d’entendre ce que le réel oppose à ses certitudes, de mettre ses propres réponses à l’épreuve et de rendre possibles d’autres manières d’agir ensemble. La question n’est donc pas de savoir comment former les citoyens à s’adapter à la République telle qu’elle est, mais comment leur permettre de se former en participant à ce qu’elle peut devenir. On ne forme pas les citoyens comme on façonne les membres d’une société conforme à un modèle. On peut, en revanche, créer les conditions dans lesquelles ils se forment, deviennent auteurs de leur existence et contribuent, avec d’autres, à transformer le monde commun.

C’est précisément pourquoi il importe d’ouvrir, comme nous y invite Yves Schwartz, des espaces de débat sur les normes, où celles et ceux qui vivent les situations puissent aussi participer à la définition des règles qui les organisent. C’est là que peuvent prendre forme des pratiques véritablement démocratiques, qui ne réduisent pas les citoyens à être les destinataires de décisions prises en leur nom, mais leur reconnaissent la capacité de contribuer à la construction du monde commun.

La République n’est pas seulement un héritage à transmettre. Elle est un monde dont il faut rendre possible la transformation par ceux qui l’habitent. Et si la fidélité à l’idéal républicain se mesurait finalement à notre capacité de permettre à d’autres d’en devenir les auteurs, sans prétendre en rester les maîtres ? 

Bernard Alix

 enseignant et philosophe clinicien

https://nouvellerevuepolitique.fr/bernard-alix-et-si-le-probleme-netait-pas-ceux-qui-ne-croient-plus-en-la-republique/ 

 

Le passé ne peut pas tenir lieu d'avenir

L’histoire mérite mieux que ceux qui exploitent la rancœur. Je suis né en Algérie, sur les Hauts-Plateaux de Sétif, et je n’ai aucune raison de détourner le regard des pages sombres de notre histoire commune. Le 17 octobre 1961 en fait partie. Ce jour doit être étudié, transmis, assumé, mais je refuse que ce drame devienne une monnaie électorale, une blessure entretenue à dessein, un instrument entre les mains de ceux qui n’ont rien à offrir à la jeunesse, sinon la répétition sans fin des griefs du passé.

Le régime algérien a fait de la mémoire de la colonisation l’un de ses principaux arguments pour se légitimer. Faute de perspectives crédibles, il entretient le ressentiment et transforme l’histoire en procès permanent. En France, La France insoumise suit une autre route vers un but comparable : assigner les citoyens à leurs origines, cultiver les appartenances, fragmenter la communauté nationale à des fins politiques. Dans les deux cas, l’identité devient une frontière, alors que la citoyenneté devrait ouvrir un horizon commun.

La prise de position de David Lisnard sur le 17 octobre 1961 doit être replacée dans ce débat. La vraie question n’est pas de savoir qui saura le mieux convoquer les blessures de l’histoire. Elle est de savoir qui empêchera qu’elles deviennent des instruments de division. Reconnaître les faits historiques n’oblige pas à céder à leur instrumentalisation politique.

Le présent, lui, ne nous attend pas. Précarité, déclassement, services publics qui se dégradent, défiance envers les institutions, tout cela nourrit une colère réelle. Les pillages et les destructions de commerces y ajoutent une injustice de plus, celle qui fait payer aux honnêtes gens les conséquences d’un désordre qu’ils n’ont pas créé. Derrière chaque vitrine brisée, il y a des travailleurs, des familles, parfois une vie entière d’efforts réduite à néant. Aucune explication sociale n’effacera la responsabilité de ceux qui choisissent la violence.

Emmanuel Macron ne peut pas davantage se dérober à son bilan. Après des années au pouvoir, la confiance publique s’est affaiblie, les fractures persistent et l’État donne le sentiment d’être impuissant. C’est un lourd passif. Les déclarations solennelles ne convainquent plus ceux qui estiment que leurs difficultés ne sont ni comprises ni prises en charge. La fonction présidentielle exige plus que des discours : des résultats, une vision, la capacité de rassembler.

Je suis Français par choix et attaché à mes origines algériennes. Je n’ai jamais admis que cette double histoire m’enferme dans une fidélité communautaire ou m’interdise de penser librement. Mon attachement à la France repose précisément sur cette possibilité ― être un citoyen à part entière, juger les pouvoirs, interroger le passé, défendre un universalisme qui ne demande à personne de renoncer à sa dignité, mais refuse de réduire chacun à ses origines.

La mémoire est indispensable quand elle éclaire. Elle devient stérile quand elle dispense les gouvernants de répondre de leurs échecs. Nous devons la vérité historique à ceux qui ont souffert. Nous devons aussi aux générations qui viennent un avenir qui ne soit pas prisonnier de leurs blessures.

Une nation ne se relève pas en administrant indéfiniment ses rancœurs. Elle se relève en donnant à ses citoyens des raisons de croire à un destin commun. C’est à cette exigence qu’il faut confronter les responsables politiques, bien plus qu’à leur talent pour réveiller les fantômes du passé afin de repousser les réponses qu’exige le présent.


 

Kamel Bencheikh est un écrivain et intellectuel franco-algérien dont le parcours mêle engagement, réflexion politique et passion pour la langue française. Après une vingtaine d’années en Algérie, puis un long ancrage en France, il s’est imposé comme une voix universaliste, attachée à la laïcité, à l’émancipation individuelle et à l’exigence républicaine. Auteur entre autres de L’Islamisme ou la crucifixion de l’Occident (éditions Frantz Fanon), chroniqueur

 https://nouvellerevuepolitique.fr/le-passe-ne-peut-pas-tenir-lieu-davenir/

  

C) - La France sous tension : Quand la fracture sociale menace la puissance 

Derrière les violences, un État qui peine à concilier protection sociale, discipline financière et ambitions internationales

Une mairie incendiée, des manifestations qui dégénèrent, un gouvernement qui promet de rétablir l’ordre : la France connaît ces images. Leur répétition ne les rend pas moins graves. À Limoges, l’incendie de l’hôtel de ville, le 17 octobre, a frappé un symbole de la vie collective. Le déplacement de Sébastien Lecornu et les annonces sur la reconstruction et la sécurisation montrent combien l’exécutif mesure la portée politique de cette destruction. Mais réparer un bâtiment sera plus simple que restaurer la confiance. 

La crise française naît de cette distance entre les institutions et une partie de la population. L’État promet l’égalité ; l’expérience quotidienne révèle des écarts dans l’accès à l’école, aux soins, aux transports et à l’emploi. La République conserve son vocabulaire universel, mais sa présence devient inégale selon les territoires.

Réduire cette fracture à l’immigration serait une facilité. La nier au nom de la seule question sociale en serait une autre. Relégation résidentielle, discriminations, précarité et affaiblissement des services publics peuvent se renforcer mutuellement. Aucun de ces mécanismes ne transforme cependant les habitants des quartiers populaires en un bloc homogène, encore moins en une population collectivement responsable des violences.

Le piège budgétaire

Le gouvernement doit répondre à des demandes de protection au moment où il cherche à contenir les dépenses. Pour 2027, il annonce un effort de redressement de 54 milliards d’euros et vise un déficit de 5 % du produit intérieur brut. Le chiffre désigne un effort budgétaire annoncé : il ne faut pas l’assimiler mécaniquement à une diminution équivalente des dépenses effectivement constatées. 

Le problème économique tient à l’enchaînement possible des effets. Une consolidation trop brutale peut réduire la consommation et l’investissement, ralentir l’activité puis affaiblir les recettes fiscales. Le déficit résiste alors aux sacrifices consentis. À l’inverse, repousser indéfiniment les arbitrages peut accroître la charge des intérêts et réduire les moyens disponibles pour les services publics.

Trois trajectoires se dessinent. Un compromis crédible permettrait un ajustement progressif, protégeant les dépenses qui soutiennent la croissance future. Une succession de budgets fragiles prolongerait l’incertitude et l’attentisme des entreprises. Une confrontation durable entre gouvernement, Parlement et rue pourrait enfin transformer la difficulté budgétaire en crise de confiance.

Aucune règle comptable ne dispense donc d’un choix politique : qui contribue, quelles dépenses sont préservées et quels résultats sont attendus ? Une économie acceptée comme juste peut durer. Une restriction perçue comme arbitraire devient un motif supplémentaire de contestation.

L’ordre public ne remplace pas le consentement

L’exécutif a la responsabilité de protéger les personnes, les commerces et les bâtiments publics. Mais sa crédibilité dépend aussi de sa capacité à distinguer manifestants, auteurs de dégradations et groupes organisés recherchant l’affrontement.

Confondre ces catégories facilite les déclarations martiales et complique la sortie de crise. Les revendications disparaissent derrière les incendies ; les violences deviennent le principal sujet du débat ; chaque camp trouve dans les images la confirmation de ce qu’il pensait déjà.

Le renseignement intérieur joue ici un rôle essentiel : identifier les préparatifs violents, comprendre les réseaux et prévenir les attaques. Il ne peut toutefois résoudre une crise de représentation. Une meilleure anticipation policière peut empêcher un incendie. Elle ne suffit pas à rétablir la confiance dans l’école ou dans la répartition de l’effort fiscal.

Une puissance militaire sous contrainte intérieure

La portée stratégique dépasse les affrontements urbains. La France veut conserver une dissuasion nucléaire crédible, des forces conventionnelles disponibles, une industrie d’armement solide et une capacité d’action extérieure. Ces ambitions exigent des financements continus et des engagements industriels de longue durée.

Une crise intérieure prolongée rend ces arbitrages plus difficiles. Le risque militaire serait d’abord progressif : reports de commandes, entretien différé, stocks insuffisants, entraînement comprimé. Une armée peut conserver ses équipements les plus visibles tout en perdant de la disponibilité.

Inversement, présenter chaque dépense militaire comme une somme retirée à l’école serait trompeur. La défense soutient aussi l’emploi, la recherche et des compétences industrielles. La question est celle de la cohérence : quelles missions financer, avec quels moyens et quelle base productive ? La souveraineté se fragilise lorsque les objectifs dépassent durablement les ressources.

Une crise française, une épreuve européenne

Une dégradation durable de la confiance envers la dette française pourrait se transmettre par les banques, les portefeuilles d’obligations et le renchérissement du financement. Elle pèserait aussi sur la capacité européenne à investir dans l’énergie, l’industrie et la défense.

La comparaison avec la Grèce doit pourtant rester prudente. Le poids économique, la structure productive et la place institutionnelle de la France changent l’échelle du problème. Une intervention européenne serait politiquement difficile ; cela ne signifie ni qu’un effondrement soit inévitable ni que tout soutien soit impossible.

Sur le plan géopolitique, une France absorbée par ses conflits internes disposerait de moins de continuité pour négocier et entraîner ses partenaires. Ses concurrents pourraient exploiter cette faiblesse. Cela ne suppose pas que Washington, Moscou et Pékin poursuivent un projet commun : leurs intérêts divergent, même lorsqu’ils tirent avantage des divisions européennes.

Le danger, pour Paris, est de conserver le discours de la puissance tout en réduisant les moyens de l’exercer. La présidentielle pourra redistribuer les responsabilités. Elle ne supprimera ni les contraintes financières ni les fractures territoriales. Le prochain pouvoir devra obtenir ce qui manque aujourd’hui : un consentement suffisamment solide pour rendre les décisions applicables et suffisamment durable pour leur permettre de produire des résultats.

 Giuseppe Gagliano, 

Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)

décembre 27, 2025

France informations fin décembre 2025

Sommaire

A) - Budget 2026 : la loi spéciale promulguée au Journal officiel 

B) - Noël : plus d’un million de cadeaux déjà à vendre 

C) L’Algérie criminalise la colonisation française

D) - L’accueil des Ukrainiens en France entre dans une phase de rationalisation

E) - Accord UE-Mercosur : le face-à-face décisif des agriculteurs français avec Emmanuel Macron

 


 

 

A) - Budget 2026 : la loi spéciale promulguée au Journal officiel 

En attendant un vrai budget, l’exécutif a officialisé samedi la reconduction temporaire des finances de 2025. Une procédure exceptionnelle sauve les meubles mais révèle les profondes paralysies du Parlement.

C’est désormais acté. Ce samedi, par sa publication au Journal officiel, le président Emmanuel Macron a promulgué la loi spéciale qui régira les finances publiques à compter du 1er janvier 2026. Ce texte, voté à l’unanimité par le Parlement mardi dernier, est loin d’être une victoire politique. Il constitue l’aveu criant d’un échec : l’impossibilité pour les députés et les sénateurs de s’accorder sur un projet de loi de finances dans les délais. Une situation évoquant les blocages outre-Atlantique, même si ce dispositif législatif permet précisément d’« éviter un blocage de l’Etat comme c’est parfois le cas aux Etats-Unis lors des shutdowns ».


 

Un budget figé, des ambitions gelées

Dans les faits, cette mesure technique « reconduit, jusqu’à l’adoption de ce budget, les impôts et les enveloppes allouées à l’Etat dans les conditions de 2025 ». L’État continuera donc de fonctionner et les services publics seront financés, mais toute perspective de nouvelle politique budgétaire est gelée. Le gouvernement ne peut ni créer de nouvel impôt ni engager de dépense inédite. Un cadre particulièrement inconfortable pour la majorité, alors que le chef de l’État a érigé la défense en priorité absolue. Les ambitions en la matière sont donc mises en suspens.

Ce scénario, hélas, commence à devenir familier. Après la chute du gouvernement Barnier en décembre 2024, la France avait déjà connu plusieurs mois de flou avant l’adoption des textes budgétaires en février 2025. L’histoire se répète, mais dans un contexte encore plus tendu.

Le dialogue engagé par le Premier ministre Sébastien Lecornu avec le Parti socialiste a certes permis l’adoption du budget de la Sécurité sociale, au prix de concessions sensibles sur les retraites. Mais ce fragile compromis n’a pas résisté au gouffre qui sépare l’Assemblée nationale du Sénat, cette dernière chambre étant « hostile à tout impôt supplémentaire ».

Le sursis de janvier

Face à cette impasse, le chef du gouvernement a affiché un optimisme de circonstance. 

« Si les calculs politiques sont mis de côté, le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi », a-t-il déclaré, se disant « persuadé » de parvenir à un accord.

Un vœu pieux qui sonne comme un appel du pied, tandis que son camp le presse de recourir à l’arme nucléaire du 49.3. La loi spéciale n’est qu’un répit, un sursis accordé à la représentation nationale.

La véritable bataille est simplement reportée à janvier. Elle s’annonce brutale. Les parlementaires devront non seulement boucler un budget, mais aussi se confronter à l’épineuse question de la trajectoire des finances publiques. Les discussions écoulées n’ont « pas permis de dessiner une trajectoire de réduction du déficit », alors même que la France est confrontée à un endettement croissant. La loi spéciale évite le chaos immédiat, mais elle laisse intacte cette équation politique quasi insoluble. Le pays est en pilotage automatique, et les turbulences ne font que commencer.

https://multipol360.com/budget-2026-la-loi-speciale-promulguee-au-journal-officiel/

 


B) - Noël : plus d’un million de cadeaux déjà à vendre  

À peine les effluves de bûches dissipés et les derniers échos des cantiques évanouis, une autre réalité, moins feutrée, s’impose dans la froide lumière du 26 décembre. Une France contrainte à la sobriété joyeuse, où le geste du cadeau se mue en réflexe de survie économique. Pour la première fois, le cap du million d’annonces de revente de présents a été franchi dans la seule journée du réveillon et du jour de Noël, selon les données conjointes des géants eBay et Rakuten. La fête est devenue un prétexte à une nécessaire liquidation.

Le réflexe de la revente, nouveau rituel national

Dès avant midi ce 25 décembre, près de 900  000 objets offerts la veille étaient déjà proposés en ligne. Selon eBay, l’offre a littéralement explosé le jour de Noël, avec un demi-million de nouvelles publications, et devrait atteindre un pic à 400 % au-dessus du rythme moyen dans les jours à venir.

L’an dernier à la même heure, on en dénombrait « 340  000 ». La croissance est vertigineuse et témoigne d’une acculturation rapide, voire d’une forme de résignation collective. Le constat est similaire chez son concurrent Rakuten : la plateforme a reçu environ 390 000 propositions émanant de vendeurs non professionnels. Un chiffre qui, bien que colossal, ne représente qu’une hausse modeste de deux points sur un an.

Selon le dernier baromètre Kantar pour eBay, « près de 20 millions » de Français auraient déjà revendu un cadeau en 2025.

Cette masse critique transforme un acte jadis discret en phénomène de société banalisé. Les objets concernés ? Principalement la culture, la high-tech, dominée par les smartphones, et les jouets. Autant de biens qui, sous le sapin, font rêver, mais dont la valeur monétaire immédiate semble désormais primer sur la valeur sentimentale.

 

De la joie reçue à l’euro récupéré

L’analyse de ces chiffres frappe par son cynisme. La question n’est plus « Est-ce que cela lui plaira ? » mais « À combien pourrais-je le revendre ? » La magie de la surprise se dissout dans le calcul froid. Le symbole est amer. Pour chaque paquet déballé puis immédiatement cédé, c’est en moyenne un billet de cent euros qui change de poche, révèle une étude de Rakuten. Cent euros. Le prix d’un plein d’essence, d’une partie des factures d’énergie, d’un panier de courses un peu moins léger. Voilà la véritable étrenne pour des millions de foyers : un maigre viatique pour affronter janvier, mois redouté de toutes les fins de mois difficiles.

Ce n’est plus de l’opportunisme, c’est un symptôme. Le symptôme d’une asphyxie économique savamment orchestrée par des politiques aveugles aux réalités du quotidien. Sous le mandat d’Emmanuel Macron, la paupérisation rampante a gagné les classes moyennes, transformant les moments de partage en casse-tête budgétaire. Noël, période de générosité et de repli familial, est devenu une source d’angoisse supplémentaire. Offrir coûte cher. Recevoir un présent non désiré devient alors une aubaine, une bouée de sauvetage à convertir au plus vite en liquidités.

Ce million d’annonces, c’est le bruit sourd d’une France qui étouffe. C’est l’aveu criant que pour trop de nos concitoyens, la célébration est passée au second plan, derrière l’impératif de remplir le frigo ou de payer le loyer. La joie est devenue un luxe, le cadeau une marchandise de première nécessité. Alors que le gouvernement se gargarise de chiffres macroéconomiques en trompe-l’œil, la vraie vie, elle, se joue sur les plateformes de revente, dans une course éperdue pour boucler les fins de mois.

https://multipol360.com/noel-plus-dun-million-de-cadeaux-deja-a-vendre/ 

 


 

C) L’Algérie criminalise la colonisation française

En qualifiant la période 1830-1962 de « crime d’État imprescriptible », le Parlement algérien exige des excuses et des réparations, jetant un pavé dans la mare des relations bilatérales déjà exsangues.

L’adoption unanime, ce mercredi 24 décembre, d’une loi par l’Algérie stigmatisant la colonisation comme un crime perpétuel marque un tournant politique et mémoriel. Cette décision, loin d’être un simple geste symbolique, attise les braises d’une crise diplomatique latente et interroge quant à l’image de la France dans le monde.

Un acte législatif sans précédent

Le geste est lourd de sens et de conséquences. En votant à l’unanimité une loi qualifiant les 132 années de présence française (1830-1962) de « crime d’État imprescriptible », l’Algérie franchit une ligne rouge. Il ne s’agit plus seulement de désaccords historiques, mais d’une accusation officielle, portée par la voie législative, qui exige de la France « des excuses officielles » et ouvre explicitement la voie à des demandes de réparations.

Cette initiative, selon une analyse de l’AFP, est perçue par le chercheur Hosni Kitouni (université d’Exeter) comme un « moment de rupture dans le rapport mémoriel » entre les deux pays. Si elle est juridiquement inopposable à Paris, elle n’en possède pas moins une charge politique considérable.

Le texte algérien dresse un inventaire précis et implacable des souffrances. Il énumère : les « massacres, torture systématique, spoliations foncières, déplacements forcés, violences sexuelles. »

Il accorde une place particulière aux essais nucléaires dans le Sahara, exigeant la décontamination des sites et l’indemnisation des victimes sur plusieurs générations. En rappelant que l’Algérie « n’était pas un territoire vacant avant 1830 », la loi qualifie la colonisation de « violation flagrante et continue du droit international », comme le souligne Le Monde. Cette cristallisation par écrit des griefs transforme un contentieux diffus en un front de revendications politiques clair.

 


 

Un défi pour la diplomatie et l’image de la France

Pour la France, l’enjeu dépasse largement le cadre bilatéral. Cette loi survient dans un contexte international où les questions de repentance coloniale et de réparations gagnent en audience. L’image d’une France puissance universaliste se trouve directement écorchée par cette narration d’un « crime d’État » perpétré sur plus d’un siècle.

Nos partenaires, notamment en Afrique et au sein du Sud global, observeront avec attention la réaction de Paris. Le silence, perçu comme du mépris, pourrait être tout aussi dommageable qu’une réponse maladroite.

Sur le plan national, cette loi agit comme un électrochoc. Elle frappe une opinion publique déjà divisée, entre ceux qui appellent à un examen lucide du passé et ceux qui, précisément, adoptent des « discours minimisant ou niant la réalité coloniale » — un phénomène que les observateurs relèvent et qui a contribué à durcir la position algérienne.

Le gouvernement se trouve pris en tenaille : comment répondre à une provocation législative sans envenimer la crise diplomatique la plus grave « depuis 1962 », mais sans non plus paraître capituler face à une réécriture unilatérale de l’histoire partagée ?

Un jeu d’échecs mémoriel aux enjeux globaux

L’Algérie, par cette loi, a habilement déplacé le conflit mémoriel du terrain de l’émotion à celui du droit et de la politique internationale. L’objectif est moins d’obtenir des compensations financières, improbables, que de forcer une reconnaissance qui changerait la nature du récit historique.

Les conséquences pour l’image de la France sont potentiellement profondes. Elles touchent à sa crédibilité morale, à son pouvoir d’influence, et à sa capacité à incarner un partenariat d’égal à égal avec ses anciennes colonies. Le défi pour Paris est désormais de trouver une parole à la fois ferme et mesurée, qui préserve ses principes sans offrir à l’accusation de « crime d’État » une caisse de résonance mondiale.

https://multipol360.com/lalgerie-criminalise-la-colonisation-francaise/   



D) - L’accueil des Ukrainiens en France entre dans une phase de rationalisation

Derrière les discours de solidarité, le quotidien des communes et des finances publiques raconte une autre histoire. La réduction de l’aide aux réfugiés ukrainiens n’est pas un choix politique, c’est un constat d’épuisement.

L’élan est retombé. La France, qui avait ouvert ses bras et ses registres d’aide sociale avec une conviction presque unanime en février 2022, ajuste aujourd’hui sa posture avec une froideur administrative qui en dit long. La circulaire de l’ancien Premier ministre Michel Barnier ne se contente pas de « réorienter » la politique d’accueil ; elle acte un recul. Un recul chiffré, tangible : les logements dédiés sont passés de 9 000 à 4 000. Une division par plus de deux. Ce n’est pas une simple adaptation, c’est un désengagement programmé.

Et il survient au moment même où, selon les services de l’État, « tous les mois, dans les Alpes-Maritimes, entre 100 et 150 personnes viennent pour la première fois ».

La machine administrative, à bout de souffle, craque sous le poids d’une charge devenue permanente.

Quand l’urgence devient une facture permanente

Ce recul n’est pas le fruit d’un cynisme soudain, mais le symptôme d’une profonde lassitude. Une lassitude budgétaire d’abord. L’accueil initial, conçu comme une mesure d’urgence temporaire, s’est transformé en une dépense récurrente et structurelle pour les collectivités locales et l’État.

Dans un contexte où la Cour des comptes alerte presque mensuellement sur la trajectoire insoutenable des déficits publics, chaque euro alloué à un dispositif « exceptionnel » est un euro de moins pour nos hôpitaux, nos écoles ou le pouvoir d’achat de nos concitoyens. La générosité a un coût, et ce coût, la France réalise aujourd’hui qu’elle ne peut plus l’assumer seule, indéfiniment, sans sacrifier ses propres fondamentaux.

Mais cette lassitude est aussi sociale, et elle est plus sourde, plus profonde. Elle se niche dans les files d’attente qui s’allongent aux CAF, dans les délais pour obtenir un rendez-vous à la préfecture, dans la tension insupportable sur le marché du logement social. Quand une famille française attend un HLM depuis des années et apprend que des milliers de places ont été réservées en urgence pour d’autres, un sentiment d’injustice, mêlé de fatigue, se diffuse. L’État, en voulant bien faire à l’extérieur, a mis à nu ses faiblesses à l’intérieur.

Le puits se tarit

Le drame le plus profond réside peut-être dans le piège dans lequel cette politique a enfermé tout le monde. Les réfugiés ukrainiens, eux-mêmes, sont pris dans une contradiction absurde. Leur statut temporaire, vidé de sa substance, ne leur offre plus qu’un avenir suspendu. Pour obtenir une stabilité, ils peuvent demander l’asile classique. Mais beaucoup, dit-on, « refusent, par crainte de ne pas pouvoir retourner en Ukraine ». La France leur a offert un refuge, mais elle n’a pas les moyens de leur offrir un vrai futur, et elle leur ferme aujourd’hui la porte du refuge initial.

La République a découvert, à ses dépens, que la solidarité internationale se heurte vite aux murs de la réalité nationale. En réduisant son aide, elle ne tourne pas le dos à ses principes ; elle admet, simplement, qu’elle a atteint la limite de ce qu’elle pouvait donner sans se mettre elle-même en danger. La leçon est dure, mais elle est claire : on ne peut pas indéfiniment puiser dans un puits qui est en train de se tarir.

https://multipol360.com/laccueil-des-ukrainiens-en-france-entre-dans-une-phase-de-rationalisation/ 

 


 

E) - Accord UE-Mercosur : le face-à-face décisif des agriculteurs français avec Emmanuel Macron

Le Président de la République a convié ce mardi les représentants du monde paysan pour une rencontre cruciale, à l’heure où la colère gronde contre le traité commercial avec l’Amérique du Sud.

Dans un contexte de crise aiguë pour l’élevage national, la rencontre organisée ce mardi  à l’Élysée revêtait un caractère exceptionnel. Pour la première fois depuis le début de l’épidémie de dermatose nodulaire bovine en décembre, Emmanuel Macron a reçu les dirigeants des quatre principaux syndicats agricoles — la FNSEA, Jeunes Agriculteurs, la Coordination rurale et la Confédération paysanne. L’ordre du jour était sans ambiguïté : l’épineux projet d’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, qui cristallise les craintes de tout un secteur.

La mobilisation, loin de faiblir, s’intensifie. La preuve, jeudi dernier, par plusieurs milliers d’éleveurs et céréaliers convergeant vers Bruxelles avec leurs tracteurs pour bloquer les institutions européennes. Leur crainte ? Voir le marché inondé de viande, de sucre, de riz et de soja en provenance du Brésil, de l’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay, produits dont les normes de production sont perçues comme moins exigeantes.

« Le message de la FNSEA au Président de la République restera inchangé, ferme et clair : Mercosur = Non », avait tonné le syndicat majoritaire avant l’entrevue.

Une position qui, malgré des divergences de stratégie, fait l’unanimité chez les agriculteurs français, des plus modérés aux plus radicaux.

Une signature reportée sous la pression

Face à cette fronde transfrontalière, notamment en France et en Italie, le calendrier diplomatique a dû être bousculé. Alors qu’une signature était initialement espérée samedi dernier à Foz do Iguaçu, en présence d’Ursula von der Leyen, elle a été purement et simplement reportée. Une victoire temporaire pour les opposants, mais l’échéance reste menaçante : selon plusieurs sources diplomatiques, une nouvelle tentative est désormais visée pour le 12 janvier au Paraguay.

Le gouvernement français tente de naviguer en eaux troubles. Interrogé mardi à l’Assemblée nationale, le ministre délégué aux Affaires européennes, Jean-Noël Barrot, a tenté de rassurer en brandissant des « concessions inédites ».

« Nous obtenons des mesures miroir pour garantir la réciprocité, des contrôles douaniers renforcés et des clauses de sauvegarde », a-t-il assuré.

Des promesses jugées largement insuffisantes sur le terrain, où les syndicats promettent déjà une remobilisation massive dès début janvier.

Au-delà du commerce, un modèle en question

L’enjeu dépasse la simple concurrence commerciale. Pour les agriculteurs français, c’est la crédibilité même du « modèle européen » qui est sur la table. Comment justifier des normes environnementales et sanitaires strictes — et coûteuses — face à des importations qui n’y seraient pas soumises avec la même rigueur ? L’accord, s’il ouvre des débouchés pour les vins, les spiritueux et les produits industriels européens, est perçu dans les campagnes comme un coup de massue sur des filières déjà exsangues.

La réception à l’Élysée n’a donc rien d’une simple formalité. Elle intervient à un moment où la patience des éleveurs est à bout, entre la gestion contestée de l’épidémie animale et cette menace économique lointaine. La présence conjointe d’organisations aussi différentes que la FNSEA et la Confédération paysanne, pourtant « opposants historiques au traité », en dit long sur l’ampleur de la défiance.

L’heure des choix

Alors que l’exécutif européen semble pressé de conclure un accord vieux de plus de vingt ans de négociations, Emmanuel Macron se trouve dans une posture délicate. Peut-il imposer à ses partenaires européens un veto français, au risque d’entraver une grande ambition géopolitique ? Peut-il, à l’inverse, passer en force et affronter une colère paysanne qui pourrait embraser l’hiver ? Les concessions techniques évoquées par M. Barrot paraissent bien minces face à l’exigence catégorique d’abandon pur et simple du texte. Le bras de fer ne fait que commencer.

https://multipol360.com/accord-ue-mercosur-le-face-a-face-decisif-des-agriculteurs-francais-avec-emmanuel-macron/ 

 Lire aussi:

Comment endormir avec duplicité nos agriculteurs alors qu'une opportunité se présente à eux !

Dossier biodiversité !! (Notamment H) Ni Bio, ni conventionnel : l’ACS, la troisième voie agricole ? )

novembre 14, 2025

Boualem Sansal libéré grâce à l'Allemagne en attendant notre diplomatie pour Christophe Gleizes détenu !

Sansal libéré grâce à l'Allemagne quelle gifle pour Macron !
 
Certes notre président ne voulait plus conserver le manche de la gouvernance de la nation française, quoique ce n’est pas son attribution mise à part la défense et la diplomatie et représenter la France dans le monde ; mais voilà même la, il a fallu un chancelier allemand afin de libérer un ressortissant français en peu de temps.
 
Eh bien gracié....
Frank-Walter Steinmeier propose aussi que Boualem Sansal soit transféré en Allemagne pour «y bénéficier de soins médicaux». → https://l.lefigaro.fr/DI7B
 
"La démarche du président allemand en faveur de Boualem Sansal est un geste fort qui remplit d’espoir ceux qui attendent sa libération.
Certes beaucoup lu en Allemagne, l’écrivain est de langue et de nationalité françaises. Si sa libération intervient à l’issue de la proposition allemande, nous serons dans la joie de voir cesser cette incarcération scandaleuse ; et nous resterons honteux pour notre pays de la passivité lâche de ses dirigeants comme de l’immense majorité de ses élites intellectuelles et culturelles, qui ont montré ici leur soumission et leur indignité."
 
 

 
Il y a un journaliste sportif Christophe Gleizes aussi détenu en Algérie, alors au boulot….
Enfin j'espère que Sansal retenu en prison depuis un an, qu'il aura pu écrire un livre sur Macron et son ministre des affaires étrangères...
 

La libération de Boualem Sansal : un camouflet diplomatique pour Macron et la France 

La libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, annoncée le 12 novembre 2025, marque un nouveau revers pour la diplomatie française sous Emmanuel Macron.

Après plus d’un an d’emprisonnement en Algérie, Sansal a été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, non pas grâce aux efforts de Paris, mais suite à une médiation allemande décisive.

Lors de son allocution à Toulouse, Macron a peiné à masquer son embarras, bégayant et cherchant ses mots pour saluer une « victoire » obtenue par procuration. Cette affaire, une de plus dans la série des humiliations macroniennes, illustre le déclin de l’influence française face à un Algérie intransigeante, forçant Paris à s’appuyer sur Berlin pour résoudre une crise bilatérale.

 

Une carrière d’ingénieur devenu dissident littéraire

Boualem Sansal, né en 1949 à Alger, a d’abord suivi un parcours technique et académique loin des lettres. Diplômé en ingénierie de l’École nationale polytechnique d’Alger et titulaire d’un doctorat en économie industrielle, il a occupé des postes de haut fonctionnaire, notamment comme directeur général de l’Industrie au ministère algérien de l’Industrie. Ce n’est qu’à l’âge de 50 ans, en réaction à l’assassinat du président Mohamed Boudiaf en 1992, qu’il se lance dans l’écriture. Ses romans, écrits en français, dénoncent avec virulence l’islamisme politique, la corruption du régime algérien et les dérives autoritaires.

 



Parmi ses œuvres phares, Le Serment des barbares (1999) et 2084 : La fin du monde (2015), une dystopie inspirée de 1984 d’Orwell, critiquent l’emprise de l’islam radical sur la société. Sansal a reçu de nombreux prix internationaux, dont le Prix du roman arabe en 2012, le Prix de la paix des libraires allemands en 2011 et le Prix Luxembourg pour la paix en 2012, récompensant son engagement pour la liberté d’expression et contre l’extrémisme. Dissident assumé, il vit en exil partiel en Algérie, souvent censuré dans son pays natal pour ses positions pro-israéliennes et sa critique du FLN (Front de libération nationale).


Un engagement sans compromis contre le régime algérien

L’engagement de Sansal transcende la littérature : il est un intellectuel rebelle, dénonçant l’islamisme comme une menace globale et la corruption endémique en Algérie. En 2011, il boycotte le Salon du livre d’Alger pour protester contre la censure ; en 2014, il visite Israël malgré les menaces, affirmant que « l’islamisme est le vrai ennemi » . Ses prises de position l’ont fait qualifier de « traître » par les autorités algériennes, mais lui ont valu une reconnaissance internationale comme défenseur de la laïcité et de la démocratie. Binational (algérien et français), 

Sansal incarne les tensions post-coloniales, critiquant autant le régime d’Alger que les complaisances occidentales.

N'oublions pas nos chers LFistes qui ont voté contre sa libération. Voir le député Alexis Corbière qui maintenant se félicite de sa libération...Que ne faut-il ne pas faire afin d'obtenir plus de voix, triste personnage !

L’arrestation : un prétexte pour museler un critique

Le 16 novembre 2024, Boualem Sansal est arrêté à l’aéroport d’Alger à son retour d’un voyage en France. L’accusation ? Avoir « porté atteinte à l’unité nationale » dans une interview accordée à un média français d’ « extrême droite » , où il affirmait que la France avait injustement cédé des territoires marocains à l’Algérie lors de la décolonisation. Condamné en première instance, sa peine est confirmée en appel en juillet 2025 : cinq ans de prison ferme, sous couvert de législation antiterroriste. Cette incarcération, qualifiée de « politique » par des organisations comme l’IPA (International Publishers Association), a suscité des appels internationaux à sa libération. À 75 ans, Sansal a passé plus d’un an en détention, devenant un symbole de la répression des voix dissidentes en Algérie.


La guerre diplomatique entre France et Algérie : un fiasco macronien

L’affaire Sansal a cristallisé les tensions franco-algériennes, déjà exacerbées par des différends historiques et territoriaux. Paris a multiplié les protestations, mais sans résultat tangible : l’ambassadeur français Stéphane Romatet a été rappelé en avril 2025, et les canaux de coopération sécuritaire contre le terrorisme ont été rompus. La France, septième puissance mondiale, s’est vue « dictée sa conduite » par l’Algérie, comme l’a dénoncé le député RN Julien Odoul, soulignant un échec du « dialogue » et des « courbettes » macroniens.


Le 10 novembre 2025, le président de la République fédérale d’Allemagne depuis 2017, Frank-Walter Steinmeier, formule une demande de grâce, invoquant ses liens personnels avec Tebboune (soigné en Allemagne pour le Covid en 2020-2021). En sept heures, un avion militaire allemand rapatrie Sansal à Berlin, atterrissant vers 21h.

Berlin réussit en heures ce que Paris a échoué en un an.

Macron, dans son allocution toulousaine, bégaye et corrige maladroitement ses mots – « décisive » au lieu de « décisif » –, remerciant Steinmeier pour une « coopération fructueuse » tout en masquant sa gêne. Alternant fermeté et soumission, il admet implicitement les limites de sa diplomatie, contraint à une « victoire par procuration » .


Cette humiliation s’ajoute à d’autres : la gauche et le centre blâment l’ex-ministre Bruno Retailleau pour son intransigeance, tandis que l’Europe voit la France déclassée au profit de l’Allemagne. Pendant ce temps, le journaliste français Christophe Gleizes reste incarcéré en Algérie, son appel fixé au 3 décembre, offrant un mince espoir.

En somme, la libération de Boualem Sansal expose le déclin français : une puissance reléguée au second plan, incapable de protéger ses nationaux sans aide extérieure. Macron, empêtré dans un conflit larvé avec Alger, incarne une diplomatie vacillante, où les discours masquent les échecs. 

Cette affaire, condensé de pertes sécuritaires et diplomatiques, interroge l’avenir des relations franco-algériennes et la crédibilité de Paris sur la scène internationale.

https://multipol360.com/la-liberation-de-boualem-sansal-un-camouflet-diplomatique-pour-macron-et-la-france/

 

 

septembre 17, 2025

Blé français : l’Algérie & Maroc choisissent la Russie, la France perd ses plus gros clients, plus d'un milliard d’euros envolé

La France perd le marché algérien du blé, près d’un milliard d’euros, au profit de la Russie. Une crise issue d’un échec diplomatique, qui frappe durement les paysans français.


 

L’Algérie a récemment décidé de cesser d’importer du blé français, une décision qui a des répercussions économiques significatives pour le secteur agricole français. Selon un reportage de BFMTV diffusé le 16 septembre 2025, cette mesure s’inscrit dans un contexte de détérioration des relations diplomatiques entre les deux pays, aggravées par des choix politiques français. Ces choix, notamment l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal et le soutien à un plan concernant le Sahara occidental, ont conduit à une escalade des tensions, rendant inévitable une cassure diplomatique et économique.

L’arrestation de Boualem Sansal, un écrivain franco-algérien proche du CRIF, qui compare Israël à « un village gaulois » résistant aux invasions. Des sources algériennes l’accusent d’être un « agent caché d’Israël » ou du Mossad, avec une vidéo de 2012 (diffusée en janvier 2025) le montrant évoquer sa rencontre avec Netanyahou. Sansal a été condamné à cinq ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État, comme rapporté par France 24 le 27 mars 2025. Cette action a été perçue comme une ingérence directe dans les affaires internes de l’Algérie. Par ailleurs, le soutien de la France à un plan pour le Sahara occidental, exprimé par Emmanuel Macron dans une lettre au roi Mohammed VI en juillet 2024, a été vu comme une trahison par l’Algérie, qui soutient le mouvement d’indépendance sahraoui. Ces décisions, prises sans privilégier la diplomatie, ont directement contribué à la détérioration des relations.

Les paysans français face à une crise sans précédent

Les chiffres sont éloquents. En 2019, les exportations de blé français vers l’Algérie représentaient environ 1 milliard d’euros, selon des données compilées et citées dans le reportage de BFMTV. Aujourd’hui, ces exportations sont pratiquement nulles. Jean-François Lépy, directeur général de Soufflet Negoce déclaré :

« Je suis installé depuis 2006 et je n’ai jamais connu une crise aussi importante. »

En 2021, l’Algérie avait déjà exclu la France d’un tender de blé suite à un différend diplomatique, comme le rappelle Reuters. Comme l’explique Frédéric Montchablon, directeur de la Soufflet Negoce :

« L’Algérie a décidé de ne plus acheter de blé français, et cela a des conséquences immédiates sur nos exportations. »

Ces choix politiques français, loin de privilégier la diplomatie, ont rendu inévitable une cassure avec l’Algérie. Le gouvernement préférant s’aligner sur le CRIF plutôt que de privilégier la diplomatie afin de protéger ses agriculteurs.

La Russie, le bénéficiaire inattendu

Alors que la France perd pied sur le marché algérien, la Russie émerge comme le principal bénéficiaire. Selon les données présentées, l’Algérie a importé 1,6 million de tonnes de blé russe au cours des sept premiers mois de la saison actuelle, surpassant les volumes importés de l’Union européenne. Un graphique montre une chute drastique des importations de blé français en Algérie, passant de plusieurs milliers de tonnes en 2019 à presque rien en 2024, tandis que les importations de blé russe ont augmenté de manière significative. Cette situation profite directement à la Russie, qui a su capitaliser sur les erreurs diplomatiques françaises.

L’Algérie tourne le dos au blé français et se tourne vers la Russie, désormais principal fournisseur

L’Algérie a cessé toute importation de blé en provenance de France ce qui ouvre la voie à une percée décisive des exportateurs russes sur ce marché stratégique. Selon le quotidien français L’Opinion, la Russie fournit désormais 90 % des besoins en blé de l’Algérie, reléguant les producteurs français au second plan après des décennies de domination sans partage.

Il y a encore dix ans, Paris constituait le principal pourvoyeur de denrées céréalières de l’Algérie. Cependant, la détérioration progressive des relations bilatérales a culminé en octobre 2024, lorsque les autorités algériennes ont formellement exclu les entreprises françaises des appels d’offres relatifs aux importations de blé. Une exigence explicite a été même formulée : aucune céréale d’origine hexagonale ne saurait plus être prise en considération.

Un bouleversement du marché céréalier algérien

Ce revirement a permis à la Russie de s’ancrer solidement dans l’un des marchés céréaliers les plus considérables du bassin méditerranéen, mais qui reste miné par la bureaucratie et la mauvaise gestion des autorités algériennes. Les experts prévoient qu’à l’horizon 2025, les exportations françaises vers l’Algérie atteindront un niveau nul, consacrant ainsi la suprématie de la Fédération de Russie dans ce secteur.

Au-delà des volumes échangés, l’essor des exportations russes repose sur plusieurs facteurs techniques et logistiques. La compétitivité tarifaire accrue des céréales russes, renforcée par des coûts de production plus faibles et une politique agressive de pénétration des marchés, a joué un rôle déterminant. De surcroît, la diversification des infrastructures portuaires russes sur la mer Noire et la mer Caspienne a considérablement amélioré la capacité d’acheminement vers l’Afrique du Nord, réduisant les délais de livraison et optimisant la chaîne logistique.

Les analystes observent également que les récentes réformes du secteur agricole russe, conjuguées à une mise à niveau des silos portuaires et à une optimisation des quotas d’exportation, ont permis de répondre avec flexibilité aux exigences spécifiques du marché algérien, notamment en matière de qualité du blé tendre, privilégiée pour la production locale de semoule et de pain.

Un divorce commercial aux répercussions durables

Ce basculement des flux commerciaux traduit une rupture profonde dans l’architecture traditionnelle des échanges agricoles euro-méditerranéens. Il témoigne d’un réalignement des alliances économiques où la Russie, qui se targue, selon ses responsables, de sa capacité à offrir des conditions commerciales avantageuses et une régularité d’approvisionnement, occupe désormais une position dominante.

 

 


Blé : après l'Algérie, la Russie détrône la France au Maroc

La Russie consolide son influence sur le marché céréalier du Maghreb, en particulier au Maroc. Cette avancée marque une nouvelle étape dans la stratégie du géant agricole russe, qui gagne du terrain face à la France, acteur historique dans la région.

Sur les cinq premiers mois de la campagne actuelle, la Russie a exporté 700 000 tonnes de blé vers le Maroc, contre seulement 300 000 tonnes pour la France. Ce rapport de force illustre l'offensive menée par Moscou sur un marché traditionnellement dominé par les céréaliers français. Avec un objectif d’exportation ambitieux d’un million de tonnes pour la campagne 2024/2025, la Russie semble bien décidée à s’imposer comme le premier fournisseur de blé au Maroc.

Cette percée s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la Russie bénéficie de coûts de production compétitifs, lui permettant d’offrir des prix attractifs sur les marchés internationaux. De plus, la qualité du blé russe, notamment en termes de teneur en protéines, répond aux standards exigés par les consommateurs marocains.

Contexte agricole défavorable au Maroc

Le Maroc traverse une sécheresse persistante, réduisant considérablement sa production locale de blé. Pour la campagne actuelle, la récolte marocaine n’a atteint que 3,3 millions de tonnes, soit un tiers des besoins nationaux, estimés à 10 millions de tonnes. Cette situation contraint le pays à augmenter ses importations, qui devraient s’élever à 7,5 millions de tonnes pour 2024/2025.

La dépendance accrue du Maroc à l’égard des marchés extérieurs a ouvert la porte à la Russie. En proposant des volumes importants à des prix compétitifs, Moscou s'est positionné comme un partenaire clé pour répondre à cette demande croissante.

La position française s'effrite dans la région

La France, longtemps considérée comme un fournisseur privilégié du Maroc, voit ses parts de marché s’éroder. Avec une production nationale de blé historiquement basse (26,3 millions de tonnes), les céréaliers français peinent à rivaliser avec leurs homologues russes sur le plan des coûts et des volumes disponibles.

En conséquence, les exportations françaises vers le Maroc devraient chuter de 53,5 %, passant de 2,8 millions de tonnes à seulement 1,5 million de tonnes cette année. Cette situation rappelle les difficultés rencontrées par la France en Algérie, où la Russie a également pris l’avantage, mettant fin à des décennies de domination française sur ce marché stratégique.

Une stratégie russe bien rodée

Le succès de la Russie sur le marché marocain s’inscrit dans une stratégie plus large d’expansion économique dans les pays du Maghreb. En Algérie, où Paris a perdu son statut de principal fournisseur, la Russie s'est imposée en exploitant les failles des producteurs européens, notamment en matière de coût et de flexibilité logistique.

Outre ses avantages en termes de prix, la Russie bénéficie de routes maritimes optimisées et d’un réseau commercial de plus en plus efficace. Ces atouts permettent à Moscou de répondre rapidement aux besoins des marchés importateurs, même en période de forte demande.

Montée en puissance de la Russie sur le marché maghrébin

La montée en puissance de la Russie sur le marché céréalier du Maghreb dépasse la seule question économique. Elle reflète une volonté de Moscou de renforcer son influence géopolitique dans cette région clé, en utilisant les exportations agricoles comme un levier stratégique.

Pour la France, cette perte de terrain met en lumière des défis structurels importants. La compétitivité des producteurs français est mise à rude épreuve, non seulement par les prix agressifs de la Russie, mais aussi par les conditions climatiques et les contraintes réglementaires en Europe. Si Paris veut regagner du terrain, il sera crucial de repenser ses stratégies commerciales et de s’adapter à une concurrence mondiale accrue.


 

 

 

 

 

 

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