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janvier 11, 2026

Iran "libéré" et puis après ?

Le gouvernement iranien adresse un avertissement direct au président Trump et aux États-Unis, déclarant qu'il est prêt à frapper les bases militaires américaines, les navires américains et même Israël si les États-Unis attaquent l'Iran. 
L'Iran affirme également que les frappes préventives ne sont pas exclues, laissant entendre qu'il pourrait être prêt à frapper le premier. Téhéran dénonce une manipulation violente des troubles 
 
Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, tranche sans ambiguïté : 
👉 Les événements récents en Iran ne relèvent plus de la contestation sociale. 
👉 Une organisation violente et structurée a détourné des tensions économiques réelles pour semer la terreur. Selon lui, ces groupes ont mené des actes extrêmes — assassinats, incendies, décapitations — avec des méthodes comparables à celles de État islamique. 
 
📌 Conclusion officielle : assimiler ces crimes à des manifestations légitimes est une faute d’analyse grave. Ce qui est à l’œuvre ici n’est pas une protestation populaire, mais une stratégie de chaos organisé depuis l’extérieur. 
 
Les miliciens de Khamenei ont pris le contrôle de tous les hôpitaux de Téhéran pour arrêter tous les blessés par balles sans même leur laisser le temps d’être soignés ! 
 
Si le monde continue son silence des dizaines de milliers d’iraniens seront massacrés !! 
On est déjà à plus de 2000 jeunes tués en 48h ! 
Des milliers ont déjà perdu un œil ou les deux parce que les miliciens visent les visages avec du plomb. 
 

 
Les États-Unis surveillent de près les signes indiquant que les manifestations en Iran pourraient faire tomber le régime. 
 
Jeudi, des manifestants iraniens ont envahi les rues de Téhéran et d'autres villes. Des images de bâtiments gouvernementaux en flammes et de coupures d'internet par les autorités ont circulé, sans toutefois parvenir, pour l'instant, à rétablir l'ordre. Le point crucial : en début de semaine, les services de renseignement américains estimaient que les manifestations manquaient d'ampleur pour menacer la stabilité du régime, ont déclaré des responsables américains à Axios. Mais cette analyse est en cours de révision au vu des événements récents. « Les manifestations sont sérieuses et nous continuons de les surveiller », a déclaré un haut responsable américain. Contexte : les manifestations ont pris de l'ampleur et se sont étendues au cours des douze dernières nuits, celle de jeudi soir étant la plus importante à ce jour. 
 
Elles sont principalement alimentées par la crise économique que traverse le pays, qui s'est aggravée suite à la volonté du président Trump de renforcer les sanctions et aux dégâts causés par la guerre de douze jours en juin. Selon plusieurs médias, certains manifestants scandaient ouvertement jeudi des slogans réclamant la chute du régime. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, réformateur au sein du régime théocratique, a admis ces derniers jours que le gouvernement iranien n'avait pas de solution à la crise. Jeudi, il a ordonné aux forces de sécurité de ne pas s'en prendre aux manifestants pacifiques, mais a fait une distinction pour les émeutiers armés ou violents. Les médias d'État iraniens minimisent l'ampleur des manifestations. 
 

 
 
Par ailleurs, l'accès à Internet a été quasi totalement coupé dans tout le pays jeudi, selon NetBlocks. Trump a averti à plusieurs reprises que les États-Unis pourraient recourir à la force militaire si l'Iran tuait des manifestants. Cependant, il s'est montré relativement mesuré lors d'une interview jeudi dans l'émission « The Hugh Hewitt Show ». Trump a affirmé que certains des plus de 30 manifestants tués jusqu'à présent étaient morts à cause de « problèmes de gestion des foules ». Il a également refusé d'apporter son soutien à Reza Pahlavi, fils du Shah, destitué lors de la révolution islamique de 1979. Pahlavi a tenté de s'emparer du devant de la scène politique et a appelé à de nouvelles manifestations vendredi à 20h, heure locale. « Je pense que nous devrions laisser tout le monde descendre dans la rue et nous verrons qui en sortira vainqueur », a déclaré Trump, ajoutant qu'il ne serait pas forcément « approprié » pour lui de soutenir Pahlavi. 
 
À suivre : D'importantes manifestations ont eu lieu en Iran en 2022, affaiblissant le régime sans toutefois le faire tomber. Certaines personnalités intransigeantes à Washington espèrent que, cette fois-ci, le régime s'effondrera véritablement. Le sénateur Lindsey Graham (R-Caroline du Sud) a appelé les Iraniens à intensifier les manifestations et a souligné que Trump les soutiendrait. « Les voyous, les dictateurs, les brutes et les assassins qui défient le président Trump ne font pas long feu. Rendons sa grandeur à l'Iran », a-t-il écrit sur X.
 
 

 
Les visions d'après avec  Cédric Labrousse:

 "Rare intervention de cadres israéliens qui, s'ils notent une mobilisation dans la rue iranienne en augmentation, ne voient pas le régime des mollahs être déstabilisé ou en phase d'effondrement pour le moment. On ne pourra pas les accuser d'être des paillassons de Khamenei. 
 
Notons que cela converge avec le postulat du renseignement américain, confirmé hier par des révélations de l'agence Axios. Et, parce que j'ai quelques oreilles qui traînent, du renseignement français. Notons que le renseignement turc a également, via Fidan, fait ce constat. 
 
Rappelons que les Israéliens ont un des meilleurs réseaux d'espionnage et d'infiltration au sein de la société iranienne, y compris dans des strates du régime. Ils l'ont encore prouvé en juin 2025. Ils peuvent donc jauger au mieux de la réalité d'une chute du régime. 
 
Il faut vraiment que l'on garde à l'esprit, oui pas simple car il y a l'enthousiasme de voir disparaître l'un des pires régimes installés au siècle dernier, que les réseaux sociaux sont des miroirs déformants. Ce n'est pas casser l'ambiance. C'est revenir aux faits. 
 
L'effondrement du régime en Iran serait plus que bienvenu. Les mieux préparés à cela sont les kurdes qui disposent déjà de partis, d'une plateforme commune et de groupes armés prêts à organiser l'autonomie de facto de leur région. Faisons un point précis. A force de ne braquer le projecteur que sur la transition au pouvoir à Téhéran, que l'on ne peut qu'espérer au demeurant, nous oublions que l'Iran est un pays qui dispose déjà, sur son sol, de plusieurs forces armées et politiques, très investies et organisées, localement. 
 
Quatre minorités disposent d'outils prêts à s'auto-gouverner, et encore loin de partager un agenda avec l'opposition nationale. 
1) Les baloutches (groupes armés et politiques). 
2) Les azéris (politiquement). 
3) Les arabes de l'Ahwaz (groupes armés et politiques). 
 

Les kurdes d'Iran. 
Ce sont probablement ceux qui disposent des outils les plus complets pour pallier à l'effondrement du régime iranien. Avec plusieurs partis politiques, capables de s'entendre via une plateforme commune, et de nombreux combattants actifs. 
 
Tout d'abord, il faut noter le sérieux de l'opposition kurde. Qui dispose d'une plateforme commune réunissant la majorité des partis kurdes iraniens. Le Centre de Coopération des Partis Politiques du Kurdistan Iranien est actif depuis plusieurs années. Gage de sérieux. Le contraste est terriblement saisissant entre l'amateurisme des oppositions nationales, qui n'ont jamais réussi à planifier une seule plateforme commune depuis des décennies, et encore moins depuis le soulèvement de 2022. Et cette plateforme réunissant le spectre kurde. Cet avantage est crucial pour les kurdes d'Iran : ils pourront, certes avec des rivalités qui pourraient éclater très rapidement entre eux (ne soyons pas naïfs), établir un panorama clairement identifiable par les chancelleries. Mais également peser sur le nouveau pouvoir. De plus, avec le Kurdistan autonome irakien, les forces kurdes iraniennes ont toujours disposé, historiquement, et encore maintenant, d'une puissante base arrière leur permettant d'agir mais également de sécuriser leur survie politique et armée. 
Excellente stratégie. 
 
Maintenant, regardons factuellement ce qu'il en est ces derniers jours.
Et bien les forces kurdes sont déjà engagées dans des combats avec les forces du régime des mollahs. Comme cette attaque du PAK à Nurabad, dans le Lorestan. 

 
 
 
Le PAK est, par ailleurs, le parti le plus investi politiquement et militairement depuis le début des récents évènements. Quand bien même il n'est pas le plus important, ni celui disposant du plus d'hommes via sa branche armée, la SMK (Armée nationale du Kurdistan). 
 

L'acteur pour lequel il faudra être très attentif est le PJAK. C'est la branche iranienne du PKK. Il dispose d'une branche armée, les YRK (dont l'iconographie rappelle très clairement celle des YPG en Syrie, pour le PYD). C'est le groupe disposant d'un arsenal militaire conséquent et de troupes très bien formées, ayant disposé des enseignements des engagements du PKK en Turquie et en Irak, ou encore des YPG en Syrie.
 
Le groupe est souvent la cible des forces du régime iranien. Récemment encore, le PJAK et ses bases furent bombardés par l'aviation iranienne fin novembre 2025. Et près de 11 combattants du groupe furent tués dans cette opération. Le PJAK est souvent vu comme un adversaire des plus déterminés par les mollahs de Téhéran. 
 
 
 
 
Le PDKI est également un parti d'importance. Un des plus anciens partis d'autodétermination kurde présents en Iran, fondé en 1945 peu de temps avant l'éphémère République de Mahabad que ce parti participation à établir). Il dispose également d'une branche armée. 
 

 
 
Notons que le PDKI, quinacvepte un principe d'Etat fédéral autant que d'autonomie ou d'indépendance, est membre d'une plateforme commune avec d'autres minorités présentes en Iran. Le Congrès pour les Nationalités d'un Iran fédéral a été créé à Londres en 2005. "
 
 

 
 

 
 
 
"  Vous avez apprécié le point sur les kurdes iraniens, à même de prendre rapidement le contrôle de leurs régions en cas de chute du régime, grâce à leur organisation préalable.
 
Parlons donc des forces d'une autre communauté qui pourraient sauter sur l'occasion : les baloutches. 
 

Cette minorité ethnique, linguistique et religieuse est présente dans le sud-est de l'Iran. Elle est également (et plus massivement) implantée dans au Pakistan et, dans une moindre mesure, en Afghanistan).
La résistance baloutche à des pouvoirs remonte à plusieurs siècles...
Cependant, le nationalisme baloutche, qui peut être autonomiste ou indépendantiste, est plus récent. Remontant à la seconde moitié du XXème siècle. Mais dès les années 1930, l'apparition de la Société pour l'unité baloutche et le Baloutchistan annonçait un regain. Depuis, de nombreuses factions politiques et / ou armées ont fait leur apparition. Allant de revendications d'autonomie régionale (en Iran dans le cas qui nous intéresse) jusqu'au principe d'une scission nette avec Téhéran pour entamer une construction nationale. 
 

 
En 2026, plusieurs de ces forces sont toujours actives en Iran et / ou au Pakistan. À l'instar des kurdes, profitant d'une zone montagneuse mal contrôlée entre la Turquie et l'Irak pour leurs bases arrières, les forces baloutches d'Iran profitent du Pakistan comme appui. J'oublie de dire en quoi c'est une minorité religieuse en Iran. Près de 90 % de la population iranienne est, grosso modo, considérée comme chiite (s'ils ne sont pas religieux, au moins de culture). Les baloutches, comme de nombreux kurdes, sont... sunnites. Bref, continuons. Plusieurs forces armées également politiques composées de baloutches ou revendiquant une identité baloutches sont actives en Iran. A l'instar des kurdes disposant déjà de groupes armés, d'armes et de représentations politiques depuis des décennies. 
 

Commençons par l'Armée de Libération du Baloutchistan.
Ce groupe armé, désigné terroriste par les Etats-Unis par ailleurs, est principalement actif au Pakistan mais dispose de base et d'hommes en Iran, dans la région du Sistan-Baloutchistan. Ce groupe dispose de plusieurs milliers d'hommes (et de femmes) combattant(e)s dans une zone à cheval sur la frontière irano-pakistanaise.
Il est l'héritier du Front de Libération du Peuple Baloutche qui fut écrasé en 1973 par une alliance irano-pakistanaise. Comme vous venez de le lire, la lutte des pouvoirs centraux iraniens contre les ambitions d'autodétermination baloutche est ancienne. Et pas uniquement liée au régime des mollahs. Ici, on remonte à l'époque du Shah (père du si médiatique @PahlaviReza). Cependant, ce n'est pas l'Armée de Libération Nationale qui pourrait être la plus active à profiter de l'effondrement du dispositif militaire et sécuritaire si le régime venait à s'écrouler.
Mais un autre groupe, bien plus actif et engagé sur le terrain iranien...
 
 
En effet, un groupe armé s'est constitué en 2012 sur les cendres d'une précédente organisation islamiste sunnite baloutche : Jund Allah.
La Jaysh al-Adl défend un calendrier radical : indépendance du baloutchistan et établissement d'une gouvernance islamique. Vous vous en doutez : le groupe est bien évidemment classé terroriste. Aussi bien en Iran qu'aux États-Unis ou encore en Chine et en Russie.
Il dispose d'au moins plusieurs centaines de combattants, avec une capacité de recrutement pouvant évoluer en cas de crise du régime. Jaysh al-Adl est un véritable problème pour tous les pouvoirs centraux iraniens. Actuels comme à venir. Pour vous donner un exemple, le groupe a été visé dans des opérations de bombardements massifs en 2024 de la part de l'Iran et du Pakistan. 
 

L'éventuelle faillite du système sécuritaire et militaire du régime iranien, dans la perspective de sa chute / dislocation dans le chaos, ouvrirait en grand les portes de nombreuses structures militaires (dépôts d'armes, munitions, véhicules...) pour Jaysh al-Adl et d'autres. Pourquoi d'autres ? Car oui, plusieurs groupes sont également actifs dans la zone baloutche.
Je n'en citerai qu'un seul supplémentaire : Ansar al-Furqan.
Il est bien plus radical (jihadistes ouvertement) que Jaysh al-Adl. Et il a mené plusieurs attentats (ex : 2018). Bref. Je pourrais continuer.
 


Mais cela de vous donner à voir, de nouveau, que l'effondrement, souhaitable, du régime des mollahs posera bien des difficultés. Notamment en cas d'effondrement du système sécuritaire et militaire du pays. C'est tout l'enjeu de sortir de l'amateurisme terrible de l'opposition iranienne en exil que de s'emparer également de ces sujets déterminants. La chute du régime des mollahs est une chose. Gérer cette chute en est une autre, bien plus complexe.
Il est évident que l'Azerbaïdjan va jouer des coudes en cas d'effondrement. Notons que les deux pays entretiennent des relations très tendues, notamment depuis le conflit avec l'Arménie. L'Iran des mollahs ayant soutenu l'Arménie tandis qu'Israël soutenait l'Azerbaïdjan."
 
 
"La dernière déclaration de Reza Pahlavi est désastreuse. Si le propos de base est intéressant (il comprend que le régime sordide des mollahs tient grâce à l'industrie pétrolière), la fin est catastrophique : j'arriverai quand vous aurez fait le travail... C'est terrible...
 
"Mes chers compatriotes, Votre courage et votre détermination ont suscité l'admiration du monde entier. Votre présence, une fois de plus glorieuse, dans les rues d'Iran vendredi soir a été une réponse cinglante aux menaces du chef traître et criminel de la République islamique. Je suis certain qu'il a vu ces images depuis sa cachette et qu'il a tremblé de peur. Maintenant, grâce à votre réponse décisive au premier appel, je suis certain qu'en ciblant davantage notre présence dans la rue et, simultanément, en coupant les circuits financiers, nous mettrons complètement à genoux la République islamique et son appareil de répression usé et fragile. À cet égard, j'appelle les travailleurs et les employés des secteurs clés de l'économie, notamment des transports, du pétrole, du gaz et de l'énergie, à entamer un processus de grève nationale. Je vous invite également tous à descendre dans la rue aujourd'hui et demain, samedi et dimanche (10 et 11 janvier), dès 18h, munis de drapeaux, d'images et de symboles nationaux, afin d'occuper l'espace public. Notre objectif n'est plus seulement de manifester dans la rue ; il s'agit de nous préparer à conquérir et à défendre les centres-villes. Pour atteindre cet objectif, déplacez autant de voies de circulation que possible vers les centres-villes et reliez les populations dispersées. Parallèlement, préparez-vous dès maintenant à rester sur le terrain et à assurer l'approvisionnement nécessaire. Aux jeunes de la Garde éternelle iranienne, et à toutes les forces armées et de sécurité qui ont rejoint la Plateforme de coopération nationale, je dis : Ralentissez et perturbez encore davantage la machine de répression afin que, le jour promis, nous puissions la désactiver complètement. Je me prépare également à rentrer dans ma patrie pour être avec vous, grande nation iranienne, lorsque notre révolution nationale aura triomphé. Je crois que ce jour est très proche. L'Iran qui perdure !"
 

 
Il pourrait déjà s'installer dans un pays voisin pour y superviser, tout en réunissant des opposants de tout bord, près de la frontière de son pays, la situation. Et non pas rester dans le confort des luxueux appartements américains. La Turquie pourrait l'accueillir. Il gagnerait en crédibilité en étant à quelques kilomètres des frontières du pays. C'est ainsi que, même si elle a échoué lamentablement, la Coalition Nationale Syrienne était tout de même crédible un tant soit peu : elle était de l'autre côté de la frontière, en Turquie.  
Mais l'opposition iranienne, dans sa globalité, bien au delà de la base de Pahlavi (donc 'es autonomistes arabes, kurdes, les indépendantistes baloutches, les réformistes religieux, les radjavistes, etc...), ne va pas attendre d'un potentiel dirigeant en... télétravail. Au bout d'un moment, il doit aussi montrer des gages. Et pas seulement aux iraniens. 
Mais aussi aux Occidentaux dont il cherche désespérément le soutien. Donc, première étape : abandonner son confort bâti depuis des décennies sur la fortune familiale et se rendre en Turquie." 
 
"Les services US sont bel et bien les mieux informés au monde, avec les services israéliens, de la situation en Iran. Et, pour le moment, même s'ils mettent à jour leurs évaluations, ils ne voient pas de perspectives claires. Quand Reza Pahlavi, comme d'autres, appelle Donald Trump à frapper le régime iranien ce jour, il oublie que ce n'est pas si simple. Comme lors de la guerre des douze jours. Israël, ennemi intime des mollahs, n'a jamais été jusqu'à viser les plus hauts cadres du régime. Pourquoi ? On va s'entendre dire que Trump et Netanyahou sont des agents iraniens eux aussi parce qu'ils n'agissent pas encore davantage que ce qu'ils ont fait jusque là ? (certains opposants iraniens en ligne seraient capables de le dire...) Bien des réponses...La première, c'est que l'opposition iranienne en exil n'est pas prête à gouverner. Et c'est dramatique car elle est terriblement amatrice. Elle a eu des décennies pour s'organiser, dialoguer entre différentes forces, créer une coalition unique, mais elle n'a rien fait. Pahlavi, par exemple, visage le plus connu en Occident comme candidat à gouverner, clame qu'il est rallié par des milliers de déserteurs potentiels. Dans les faits, jamais un seul cadre n'a déserté pour le rallier. Pas même un obscure ambassadeur iranien au Vanuatu. Donald Trump l'a ainsi rappelé : c'est un "nice guy" mais il n'est pas apte à gouverner dans les faits actuellement. Et pourtant, depuis des années de manifestations où il a parlé des heures, jamais il n'a participé à une vaste entreprise d'union de l'opposition. Pour les manifestants, en Iran, c'est la même chose. Ils manquent d'organisation. L'effet de masse est une chose, mais il n'y a pas de leadership (et, oui, le régime fait tout pour l'éviter). En Syrie, il y avait eu la Coordination nationale Syrienne et les Comités locaux. L'avantage de telles organisations claires, c'est qu'elles sont identifiables et permettent à terme d'obtenir des relais dans cette opposition. In fine, on a un paysage d'oppositions complètement éclaté et disparate. Et cela effraie les US, Israël et bien des pays. Pour gagner en sérieux politique, l'opposition en exil devrait déjà fournir une plateforme claire et diversifiée pour être l'interlocutrice future : incluant Pahlavi, Radjavi, les réformistes religieux issus du régime, des autonomistes des minorités, etc...En Egypte, nous savions que les Frères Musulmans étaient organisés depuis des décennies malgré leur répression. Et la chute du régime de Moubarak fut ainsi accompagnée sans difficulté par les occidentaux. Et nous savions que l'armée resterait (elle fit un coup d'Etat après). 
 
Ce n'est qu'un exemple mais c'est la démonstration que, pour l'Occident, avant de s'engager dans une posture (le soutien à Maïdan en Ukraine fut logique mais également lié au fait que l'opposition étaient prête), il faut d'abord voir qui sont les acteurs à même de suivre. Or, pour le moment, en Iran, nous ne disposons d'aucun panorama clairement établi, et surtout en capacité réelle, de prendre la suite. Et nos services de renseignement et de diplomatie, en Israël, aux US ou encore en Europe, ont besoin de ce panorama pour évoluer davantage. Donc, puisque Pahlavi veut jouer des coudes politiquement, qu'il prenne l'initiative d'inviter, à un évènement public, des représentants de toute l'opposition iranienne : religieuse comme laïque, de gauche comme de droite, Radjavi comme réformistes, autonomistes kurdes, etc. Et, oui, alors, il aura probablement une bien meilleure assise pour demander davantage d'attention de la part de Washington ou de Paris et Londres. L'opposition doit gagner, très rapidement, en maturité politique et en maîtrise politique, pour qu'elle ait davantage de poids. Certes, sortir d'une révolution après une dictature est toujours un moment compliqué (la France a mis 80 ans, entre 1789 et 1870, pour stabiliser la république) et de manière générale les gouvernements craignent les conséquences des déstabilisations. " 

Cédric Labrousse
 


@CdricLabrousse
Fils de marin-pêcheur. Doctorant sur la Syrie. Régionalisme, libéralisme, a bossé dès 16 ans. Opinions personnelles. Fondateur : http://votreprofesseur.fr




novembre 14, 2025

Boualem Sansal libéré grâce à l'Allemagne en attendant notre diplomatie pour Christophe Gleizes détenu !

Sansal libéré grâce à l'Allemagne quelle gifle pour Macron !
 
Certes notre président ne voulait plus conserver le manche de la gouvernance de la nation française, quoique ce n’est pas son attribution mise à part la défense et la diplomatie et représenter la France dans le monde ; mais voilà même la, il a fallu un chancelier allemand afin de libérer un ressortissant français en peu de temps.
 
Eh bien gracié....
Frank-Walter Steinmeier propose aussi que Boualem Sansal soit transféré en Allemagne pour «y bénéficier de soins médicaux». → https://l.lefigaro.fr/DI7B
 
"La démarche du président allemand en faveur de Boualem Sansal est un geste fort qui remplit d’espoir ceux qui attendent sa libération.
Certes beaucoup lu en Allemagne, l’écrivain est de langue et de nationalité françaises. Si sa libération intervient à l’issue de la proposition allemande, nous serons dans la joie de voir cesser cette incarcération scandaleuse ; et nous resterons honteux pour notre pays de la passivité lâche de ses dirigeants comme de l’immense majorité de ses élites intellectuelles et culturelles, qui ont montré ici leur soumission et leur indignité."
 
 

 
Il y a un journaliste sportif Christophe Gleizes aussi détenu en Algérie, alors au boulot….
Enfin j'espère que Sansal retenu en prison depuis un an, qu'il aura pu écrire un livre sur Macron et son ministre des affaires étrangères...
 

La libération de Boualem Sansal : un camouflet diplomatique pour Macron et la France 

La libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, annoncée le 12 novembre 2025, marque un nouveau revers pour la diplomatie française sous Emmanuel Macron.

Après plus d’un an d’emprisonnement en Algérie, Sansal a été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, non pas grâce aux efforts de Paris, mais suite à une médiation allemande décisive.

Lors de son allocution à Toulouse, Macron a peiné à masquer son embarras, bégayant et cherchant ses mots pour saluer une « victoire » obtenue par procuration. Cette affaire, une de plus dans la série des humiliations macroniennes, illustre le déclin de l’influence française face à un Algérie intransigeante, forçant Paris à s’appuyer sur Berlin pour résoudre une crise bilatérale.

 

Une carrière d’ingénieur devenu dissident littéraire

Boualem Sansal, né en 1949 à Alger, a d’abord suivi un parcours technique et académique loin des lettres. Diplômé en ingénierie de l’École nationale polytechnique d’Alger et titulaire d’un doctorat en économie industrielle, il a occupé des postes de haut fonctionnaire, notamment comme directeur général de l’Industrie au ministère algérien de l’Industrie. Ce n’est qu’à l’âge de 50 ans, en réaction à l’assassinat du président Mohamed Boudiaf en 1992, qu’il se lance dans l’écriture. Ses romans, écrits en français, dénoncent avec virulence l’islamisme politique, la corruption du régime algérien et les dérives autoritaires.

 



Parmi ses œuvres phares, Le Serment des barbares (1999) et 2084 : La fin du monde (2015), une dystopie inspirée de 1984 d’Orwell, critiquent l’emprise de l’islam radical sur la société. Sansal a reçu de nombreux prix internationaux, dont le Prix du roman arabe en 2012, le Prix de la paix des libraires allemands en 2011 et le Prix Luxembourg pour la paix en 2012, récompensant son engagement pour la liberté d’expression et contre l’extrémisme. Dissident assumé, il vit en exil partiel en Algérie, souvent censuré dans son pays natal pour ses positions pro-israéliennes et sa critique du FLN (Front de libération nationale).


Un engagement sans compromis contre le régime algérien

L’engagement de Sansal transcende la littérature : il est un intellectuel rebelle, dénonçant l’islamisme comme une menace globale et la corruption endémique en Algérie. En 2011, il boycotte le Salon du livre d’Alger pour protester contre la censure ; en 2014, il visite Israël malgré les menaces, affirmant que « l’islamisme est le vrai ennemi » . Ses prises de position l’ont fait qualifier de « traître » par les autorités algériennes, mais lui ont valu une reconnaissance internationale comme défenseur de la laïcité et de la démocratie. Binational (algérien et français), 

Sansal incarne les tensions post-coloniales, critiquant autant le régime d’Alger que les complaisances occidentales.

N'oublions pas nos chers LFistes qui ont voté contre sa libération. Voir le député Alexis Corbière qui maintenant se félicite de sa libération...Que ne faut-il ne pas faire afin d'obtenir plus de voix, triste personnage !

L’arrestation : un prétexte pour museler un critique

Le 16 novembre 2024, Boualem Sansal est arrêté à l’aéroport d’Alger à son retour d’un voyage en France. L’accusation ? Avoir « porté atteinte à l’unité nationale » dans une interview accordée à un média français d’ « extrême droite » , où il affirmait que la France avait injustement cédé des territoires marocains à l’Algérie lors de la décolonisation. Condamné en première instance, sa peine est confirmée en appel en juillet 2025 : cinq ans de prison ferme, sous couvert de législation antiterroriste. Cette incarcération, qualifiée de « politique » par des organisations comme l’IPA (International Publishers Association), a suscité des appels internationaux à sa libération. À 75 ans, Sansal a passé plus d’un an en détention, devenant un symbole de la répression des voix dissidentes en Algérie.


La guerre diplomatique entre France et Algérie : un fiasco macronien

L’affaire Sansal a cristallisé les tensions franco-algériennes, déjà exacerbées par des différends historiques et territoriaux. Paris a multiplié les protestations, mais sans résultat tangible : l’ambassadeur français Stéphane Romatet a été rappelé en avril 2025, et les canaux de coopération sécuritaire contre le terrorisme ont été rompus. La France, septième puissance mondiale, s’est vue « dictée sa conduite » par l’Algérie, comme l’a dénoncé le député RN Julien Odoul, soulignant un échec du « dialogue » et des « courbettes » macroniens.


Le 10 novembre 2025, le président de la République fédérale d’Allemagne depuis 2017, Frank-Walter Steinmeier, formule une demande de grâce, invoquant ses liens personnels avec Tebboune (soigné en Allemagne pour le Covid en 2020-2021). En sept heures, un avion militaire allemand rapatrie Sansal à Berlin, atterrissant vers 21h.

Berlin réussit en heures ce que Paris a échoué en un an.

Macron, dans son allocution toulousaine, bégaye et corrige maladroitement ses mots – « décisive » au lieu de « décisif » –, remerciant Steinmeier pour une « coopération fructueuse » tout en masquant sa gêne. Alternant fermeté et soumission, il admet implicitement les limites de sa diplomatie, contraint à une « victoire par procuration » .


Cette humiliation s’ajoute à d’autres : la gauche et le centre blâment l’ex-ministre Bruno Retailleau pour son intransigeance, tandis que l’Europe voit la France déclassée au profit de l’Allemagne. Pendant ce temps, le journaliste français Christophe Gleizes reste incarcéré en Algérie, son appel fixé au 3 décembre, offrant un mince espoir.

En somme, la libération de Boualem Sansal expose le déclin français : une puissance reléguée au second plan, incapable de protéger ses nationaux sans aide extérieure. Macron, empêtré dans un conflit larvé avec Alger, incarne une diplomatie vacillante, où les discours masquent les échecs. 

Cette affaire, condensé de pertes sécuritaires et diplomatiques, interroge l’avenir des relations franco-algériennes et la crédibilité de Paris sur la scène internationale.

https://multipol360.com/la-liberation-de-boualem-sansal-un-camouflet-diplomatique-pour-macron-et-la-france/

 

 

novembre 05, 2025

Iran et le business transgenre: Liberté - Mutilation ou peine de mort !

Le plan trans iranien. 

Pour comprendre les motivations de l'idéologie transgenre, il faut se pencher sur la situation en Iran, où un nouveau plan national vise à sextupler les recettes du tourisme médical, notamment celles des cliniques de genre en plein essor. 

Pourquoi est-ce important ?

En Occident, les militants trans et les spécialistes des questions de genre tentent souvent de dissimuler leur homophobie. En Iran, où l'homosexualité est passible de la peine de mort et où l'idéologie transgenre est officiellement reconnue, ce besoin n'existe pas. Les cliniques spécialisées dans les questions de genre proposent en réalité de « sauver » les homosexuels… en les mutilant. 

 Mon article révèle que cette macabre machine à profit est alimentée par l'objectif de l'Iran de générer 6 milliards de dollars par an grâce au tourisme médical. Les cliniques privées concurrentes, parmi les plus fréquentées au monde, y joueront un rôle clé. Seule la Thaïlande pratique davantage d'opérations de changement de sexe. 

  Ces cliniques citent les mêmes études et suivent les mêmes recommandations de la WPATH qu'en Occident. Mais dans cette culture homophobe, les médecins se complaisent dans leur complexe du Messie. Le chirurgien iranien de référence en matière de changement de sexe, Shahryar Cohanzad, se produit même en tournée. C'est le chauve qui fait le show. 

Ses mémoires troublantes révèlent que Cohanzad partage avec les praticiens des « soins de santé d'affirmation de genre » du monde entier des stéréotypes de genre choquants et rétrogrades. Il exploite ces pratiques pour s'enrichir sur le dos de patients, majoritairement homosexuels, victimes de leurs illusions. N'est-ce pas également le cas en Occident ? 

L'ayatollah Khomeini serait sans doute ravi de voir l'État islamique se maintenir à flot grâce aux devises étrangères générées par la stérilisation des homosexuels. Son approbation de la « chirurgie de changement de sexe » dans son ouvrage de 1967 sur le droit islamique a fait de lui un pionnier méconnu de l'idéologie transgenre. 

 La « chirurgie de changement de sexe » représente une aubaine pour le régime homophobe iranien. Elle lui permet de se donner des airs de modernité médicale tout en éradiquant les homosexuels. « Si les homosexuels souhaitent changer de sexe, cette voie leur est ouverte », a récemment déclaré un dignitaire religieux à propos de cette chirurgie. 

Alors que des millions d'Iraniens voient en l'Occident une lueur d'espoir, le drame est que notre lobby LGBTQ+ promeut les mêmes idées homophobes que l'ayatollah Khomeini. Eux aussi prétendent que l'on peut « naissance dans le mauvais corps ». Eux aussi préconisent la mutilation chirurgicale comme solution. 


 Les alliés occidentaux des personnes transgenres devraient se regarder dans le miroir que leur tend le régime iranien persécuteur des homosexuels. Peuvent-ils vraiment être du bon côté quand leur soutien à l'idéologie transgenre rejoint celui des ayatollahs ? Cliquez sur le lien ci-dessous pour en savoir plus. 👇 https://open.substack.com/pub/malcolmric 

En attendant, « appréciez » l'atmosphère morbide de ce chirurgien qui prend plaisir à mutiler des hommes et des femmes homosexuels vulnérables. Vous serez stupéfaits de découvrir que, dans ses mémoires, Cohanzad compare l'excitation qu'il ressent au bloc opératoire à celle qu'il éprouve en se produisant devant un public. 

Les « soins de santé affirmant l'identité de genre » constituent un scandale médical mondial dont se sont enrichis menteurs, misogynes et homophobes, ainsi que des égocentriques ridicules comme Cohanzad. Le fait que la République islamique d'Iran espère désormais en tirer profit en dit long. 

Malcolm Clark 

https://x.com/TwisterFilm/status/1929265689078198592

 


 

L'Iran attire des étrangers transgenres pour des opérations, mais impose des interventions chirurgicales à ses citoyens. 

L'Iran est devenu un pionnier des opérations de transition de genre en imposant ces interventions aux Iraniens LGBTQ+. En manque de liquidités, la république islamique espère attirer des patients transgenres du monde entier.

Depuis 40 ans, l'Iran pratique plus d'opérations de transition de genre que de nombreux autres pays, principalement en raison des pressions exercées sur les citoyens homosexuels et non binaires pour qu'ils subissent des interventions non désirées sous peine de peine de mort. Aujourd'hui, confrontée à une économie ravagée par la guerre et les sanctions, la République islamique promeut son expertise auprès d'une clientèle internationale, espérant attirer des personnes transgenres étrangères en leur promettant des opérations à bas prix, associées à des séjours dans des hôtels de luxe et à des visites touristiques. En quête désespérée d'investissements étrangers, le gouvernement théocratique iranien s'est fixé pour objectif de générer plus de 7 milliards de dollars par an grâce au tourisme médical, selon les médias d'État iraniens, soit environ sept fois plus que l'année précédente. Cet objectif a entraîné la prolifération d'entreprises de tourisme médical, qui commercialisent non seulement des rhinoplasties et des greffes de cheveux, mais aussi des vaginoplasties, des mastectomies et des reconstructions péniennes via des sites web attrayants en anglais.


 

« Nous prenons tout en charge, du début à la fin, en fournissant les meilleurs services médicaux pour garantir une expérience sereine », explique Farideh Najafi, directrice de deux agences de tourisme médical, MabnaTrip et MedPalTrip. « Cela inclut la réservation d'hôtels, d'hôpitaux, de transports et bien plus encore », précise-t-elle. L'Iran est l'un des rares pays du monde musulman à autoriser les personnes transgenres à bénéficier de soins d'affirmation de genre, et même à les subventionner. Pour de nombreux étrangers se rendant en Iran pour une chirurgie de transition, et pour de nombreuses personnes transgenres iraniennes, ces opérations peuvent être vitales. Cependant, la réputation du pays comme pionnier dans ce domaine masque l'histoire abusive de ces opérations et la dure réalité vécue par la plupart des personnes LGBTQ+ en Iran. En Iran, les homosexuels peuvent être punis de flagellation publique et de la peine de mort. De ce fait, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a constaté que de nombreux homosexuels iraniens non transgenres sont « contraints de subir une chirurgie de réassignation sexuelle sans leur consentement libre et éclairé ».
 
Malgré tout, les prix très bas pratiqués dans le pays attirent des personnes transgenres venues d'aussi loin que l'Australie, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Europe, selon des voyagistes spécialisés dans le tourisme médical et des chirurgiens. De nombreux autres patients, ajoutent-ils, viennent de pays voisins, comme l'Irak, où ces traitements sont strictement interdits. « Aux États-Unis, le coût d'une opération est d'environ 45 000 dollars, et en Thaïlande, d'environ 30 000 dollars », indique le site web d'un voyagiste, IranMedTour. « Cependant, le coût d'une chirurgie de confirmation de genre en Iran est plus bas, avec des prix inférieurs à 12 000 dollars. » D'autres entreprises proposent des interventions dans des hôpitaux publics à partir de 4 500 dollars.
 
Sam, 32 ans, un homme transgenre originaire du comté d'Orange, en Californie, se trouve actuellement à Téhéran pour subir une hystérectomie et une métoïdioplastie, une intervention chirurgicale visant à reconstruire son pénis. Souhaitant garder l'anonymat pour évoquer cette procédure médicale délicate, il a expliqué avoir été attiré par l'Iran car il estimait que les médecins y étaient « plus compétents » qu'aux États-Unis.
 

 
« L’objectif de ces voyages médicaux est probablement de présenter l’Iran comme un paradis pour les personnes transgenres, ce qui est faux », a déclaré Saman Arastu, un homme transgenre iranien et acteur qui a choisi de subir une chirurgie de réassignation sexuelle. « À mon avis, ce n’est qu’une mise en scène. La situation des personnes transgenres est dramatique. » Bien que les chiffres précis soient inconnus, un rapport du ministère de l’Intérieur britannique datant de 2022 a révélé qu’environ 4 000 personnes subissaient une chirurgie de réassignation sexuelle chaque année en Iran, un chiffre supérieur au total annuel cumulé du Royaume-Uni et de la France. Les experts affirment que la grande majorité des patients viennent d’Iran. L’expérience iranienne en matière de chirurgie de réassignation sexuelle trouve son origine dans une fatwa émise dans les années 1980 par l’ayatollah Rouhollah Khomeini, le guide suprême fondateur de la République islamique, qui déclarait que les personnes transgenres pouvaient obtenir la reconnaissance légale du genre auquel elles s’identifiaient, mais uniquement à condition de subir une chirurgie de réassignation sexuelle.
 
À première vue, cette politique inverse les attentes de nombreux Occidentaux vis-à-vis de l'Iran, où les normes de genre sont appliquées avec une telle rigueur que, jusqu'à récemment, les femmes étaient punies pour ne pas porter le hijab en public. Cependant, les Iraniens transgenres et les experts affirment que l'acceptation de la chirurgie par le gouvernement n'est en aucun cas liée à la défense des droits des personnes trans. Les Iraniens qui ne se conforment pas aux normes traditionnelles de masculinité et de féminité – y compris les personnes trans qui refusent l'opération – sont victimes de violences, d'extorsion ou subissent des pressions pour se faire opérer. « Pour la République islamique, être trans signifie subir cette opération – de masculin à féminin, de féminin à masculin », explique Zara Saeidzadeh, de l'Université d'Örebro en Suède, spécialiste des questions de genre qui étudie l'identité trans depuis dix ans, en particulier en Iran. « Si vous vous identifiez comme trans mais que vous refusez toute modification corporelle, vous enfreignez les règles, vous êtes stigmatisé et votre vie est menacée. »
 
Raha Ajoudani, une jeune femme transgenre de 20 ans et militante, a fait un parcours inverse à celui de nombreux touristes étrangers. Elle a fui l'Iran pour l'Allemagne en 2024 afin d'échapper à une opération de changement de sexe forcée et aux persécutions d'État liées à son militantisme. Mme Ajoudani a déclaré avoir été arrêtée à deux reprises par les autorités en 2022, après qu'un ex-petit ami ait collaboré avec le ministère iranien du Renseignement pour faciliter son arrestation. Sa famille, a-t-elle ajouté, est régulièrement harcelée pour la contraindre à cesser son militantisme.
 
 
« Je n’ai jamais souhaité subir d’opération de changement de sexe », a déclaré Mme Ajoudani. « Je me suis toujours définie en dehors de cette binarité. Je ne voulais pas vivre selon la définition gouvernementale des attentes culturelles liées au fait d’être une femme ou un homme, et je n’ai pas non plus cédé à la fatwa de Khomeiny. » La chirurgie n’est pas une garantie d’acceptation ni de sécurité. En Iran, les personnes transgenres sont confrontées au meurtre et à d’autres formes de violence et de harcèlement. Les agences de voyages utilisent un langage rassurant dans leurs publicités afin d’apaiser les craintes des étrangers. Au milieu de photos avant/après idéalisées, accompagnées de promesses d’interventions « abordables », d’obtention rapide de visas et d’une aide pour atteindre « un profond sentiment de bonheur et de soulagement », ces agences mettent également en avant ce que l’une d’entre elles qualifie de « position relativement progressiste de l’Iran sur les droits des personnes transgenres ».
Mme Najafi, la responsable du voyage, a reconnu que certains étrangers craignaient d'avoir des démêlés avec les autorités ou la population locale, mais a affirmé que les patients voyageant avec son agence n'avaient « jamais rencontré de problèmes de sécurité ». Les opérations de transition sont des interventions complexes dont la sécurité en Iran est sujette à caution. Certains militants ont comparé les cliniques de changement de sexe du pays à des abattoirs.
 
Saghi Ghahraman, qui dirigeait l'Organisation iranienne des personnes LGBTQ+, a déclaré que si les normes de traitement s'étaient améliorées, ce changement avait un prix : de nombreuses personnes homosexuelles se sentaient contraintes de subir des opérations assimilables à des « expériences ». Un rapport de l'ONU de 2015 sur les chirurgies de transition en Iran décrivait des interventions ratées ayant entraîné des complications telles que « des hémorragies importantes, des infections graves, des cicatrices, des douleurs chroniques et des anomalies de forme ou de localisation des organes sexuels ». À ces risques s'ajoutent les promesses d'interventions rapides formulées par certaines agences de tourisme, alors que les experts estiment qu'elles nécessitent des mois de préparation. Certaines proposent des séjours d'une semaine seulement. Le Dr Shahryar Cohanzad, urologue à Téhéran ayant réalisé près de 300 chirurgies de transition, a affirmé que la volonté de ces agences de multiplier les interventions le plus rapidement possible était dangereuse. « Fort de mes 35 années d'expérience chirurgicale, je sais qu'il est essentiel que le chirurgien consacre le plus de temps possible à chaque patient », a-t-il déclaré.
 

Eric, un homme trans de 45 ans vivant au Canada, qui a souhaité garder l'anonymat pour se protéger, lui et sa famille, de représailles, a expliqué avoir cherché à se faire soigner en Iran car les soins y étaient peu coûteux. Il a toutefois reconnu la tension liée au fait de se faire soigner dans un pays où d'autres personnes se voient imposer un traitement. « J'ai souvent entendu dire, surtout parmi les femmes trans, que parce qu'elles sont homosexuelles et que leur homosexualité est interdite en Iran, elles tentent de se faire opérer », a déclaré Eric. « Je suis vraiment triste que les gays et les lesbiennes ne soient pas reconnus en Iran, mais d'un autre côté, je suis heureux pour les personnes trans car elles peuvent faire ce qu'elles veulent. » 
 
Pranav Baskar est journaliste international et membre de la promotion 2025-2026 du programme Times Fellowship, destiné aux jeunes journalistes.  
 

https://www.nytimes.com/2025/10/10/world/middleeast/iran-transgender-surgery.html


 

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