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janvier 11, 2026

Iran "libéré" et puis après ?

Le gouvernement iranien adresse un avertissement direct au président Trump et aux États-Unis, déclarant qu'il est prêt à frapper les bases militaires américaines, les navires américains et même Israël si les États-Unis attaquent l'Iran. 
L'Iran affirme également que les frappes préventives ne sont pas exclues, laissant entendre qu'il pourrait être prêt à frapper le premier. Téhéran dénonce une manipulation violente des troubles 
 
Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, tranche sans ambiguïté : 
👉 Les événements récents en Iran ne relèvent plus de la contestation sociale. 
👉 Une organisation violente et structurée a détourné des tensions économiques réelles pour semer la terreur. Selon lui, ces groupes ont mené des actes extrêmes — assassinats, incendies, décapitations — avec des méthodes comparables à celles de État islamique. 
 
📌 Conclusion officielle : assimiler ces crimes à des manifestations légitimes est une faute d’analyse grave. Ce qui est à l’œuvre ici n’est pas une protestation populaire, mais une stratégie de chaos organisé depuis l’extérieur. 
 
Les miliciens de Khamenei ont pris le contrôle de tous les hôpitaux de Téhéran pour arrêter tous les blessés par balles sans même leur laisser le temps d’être soignés ! 
 
Si le monde continue son silence des dizaines de milliers d’iraniens seront massacrés !! 
On est déjà à plus de 2000 jeunes tués en 48h ! 
Des milliers ont déjà perdu un œil ou les deux parce que les miliciens visent les visages avec du plomb. 
 

 
Les États-Unis surveillent de près les signes indiquant que les manifestations en Iran pourraient faire tomber le régime. 
 
Jeudi, des manifestants iraniens ont envahi les rues de Téhéran et d'autres villes. Des images de bâtiments gouvernementaux en flammes et de coupures d'internet par les autorités ont circulé, sans toutefois parvenir, pour l'instant, à rétablir l'ordre. Le point crucial : en début de semaine, les services de renseignement américains estimaient que les manifestations manquaient d'ampleur pour menacer la stabilité du régime, ont déclaré des responsables américains à Axios. Mais cette analyse est en cours de révision au vu des événements récents. « Les manifestations sont sérieuses et nous continuons de les surveiller », a déclaré un haut responsable américain. Contexte : les manifestations ont pris de l'ampleur et se sont étendues au cours des douze dernières nuits, celle de jeudi soir étant la plus importante à ce jour. 
 
Elles sont principalement alimentées par la crise économique que traverse le pays, qui s'est aggravée suite à la volonté du président Trump de renforcer les sanctions et aux dégâts causés par la guerre de douze jours en juin. Selon plusieurs médias, certains manifestants scandaient ouvertement jeudi des slogans réclamant la chute du régime. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, réformateur au sein du régime théocratique, a admis ces derniers jours que le gouvernement iranien n'avait pas de solution à la crise. Jeudi, il a ordonné aux forces de sécurité de ne pas s'en prendre aux manifestants pacifiques, mais a fait une distinction pour les émeutiers armés ou violents. Les médias d'État iraniens minimisent l'ampleur des manifestations. 
 

 
 
Par ailleurs, l'accès à Internet a été quasi totalement coupé dans tout le pays jeudi, selon NetBlocks. Trump a averti à plusieurs reprises que les États-Unis pourraient recourir à la force militaire si l'Iran tuait des manifestants. Cependant, il s'est montré relativement mesuré lors d'une interview jeudi dans l'émission « The Hugh Hewitt Show ». Trump a affirmé que certains des plus de 30 manifestants tués jusqu'à présent étaient morts à cause de « problèmes de gestion des foules ». Il a également refusé d'apporter son soutien à Reza Pahlavi, fils du Shah, destitué lors de la révolution islamique de 1979. Pahlavi a tenté de s'emparer du devant de la scène politique et a appelé à de nouvelles manifestations vendredi à 20h, heure locale. « Je pense que nous devrions laisser tout le monde descendre dans la rue et nous verrons qui en sortira vainqueur », a déclaré Trump, ajoutant qu'il ne serait pas forcément « approprié » pour lui de soutenir Pahlavi. 
 
À suivre : D'importantes manifestations ont eu lieu en Iran en 2022, affaiblissant le régime sans toutefois le faire tomber. Certaines personnalités intransigeantes à Washington espèrent que, cette fois-ci, le régime s'effondrera véritablement. Le sénateur Lindsey Graham (R-Caroline du Sud) a appelé les Iraniens à intensifier les manifestations et a souligné que Trump les soutiendrait. « Les voyous, les dictateurs, les brutes et les assassins qui défient le président Trump ne font pas long feu. Rendons sa grandeur à l'Iran », a-t-il écrit sur X.
 
 

 
Les visions d'après avec  Cédric Labrousse:

 "Rare intervention de cadres israéliens qui, s'ils notent une mobilisation dans la rue iranienne en augmentation, ne voient pas le régime des mollahs être déstabilisé ou en phase d'effondrement pour le moment. On ne pourra pas les accuser d'être des paillassons de Khamenei. 
 
Notons que cela converge avec le postulat du renseignement américain, confirmé hier par des révélations de l'agence Axios. Et, parce que j'ai quelques oreilles qui traînent, du renseignement français. Notons que le renseignement turc a également, via Fidan, fait ce constat. 
 
Rappelons que les Israéliens ont un des meilleurs réseaux d'espionnage et d'infiltration au sein de la société iranienne, y compris dans des strates du régime. Ils l'ont encore prouvé en juin 2025. Ils peuvent donc jauger au mieux de la réalité d'une chute du régime. 
 
Il faut vraiment que l'on garde à l'esprit, oui pas simple car il y a l'enthousiasme de voir disparaître l'un des pires régimes installés au siècle dernier, que les réseaux sociaux sont des miroirs déformants. Ce n'est pas casser l'ambiance. C'est revenir aux faits. 
 
L'effondrement du régime en Iran serait plus que bienvenu. Les mieux préparés à cela sont les kurdes qui disposent déjà de partis, d'une plateforme commune et de groupes armés prêts à organiser l'autonomie de facto de leur région. Faisons un point précis. A force de ne braquer le projecteur que sur la transition au pouvoir à Téhéran, que l'on ne peut qu'espérer au demeurant, nous oublions que l'Iran est un pays qui dispose déjà, sur son sol, de plusieurs forces armées et politiques, très investies et organisées, localement. 
 
Quatre minorités disposent d'outils prêts à s'auto-gouverner, et encore loin de partager un agenda avec l'opposition nationale. 
1) Les baloutches (groupes armés et politiques). 
2) Les azéris (politiquement). 
3) Les arabes de l'Ahwaz (groupes armés et politiques). 
 

Les kurdes d'Iran. 
Ce sont probablement ceux qui disposent des outils les plus complets pour pallier à l'effondrement du régime iranien. Avec plusieurs partis politiques, capables de s'entendre via une plateforme commune, et de nombreux combattants actifs. 
 
Tout d'abord, il faut noter le sérieux de l'opposition kurde. Qui dispose d'une plateforme commune réunissant la majorité des partis kurdes iraniens. Le Centre de Coopération des Partis Politiques du Kurdistan Iranien est actif depuis plusieurs années. Gage de sérieux. Le contraste est terriblement saisissant entre l'amateurisme des oppositions nationales, qui n'ont jamais réussi à planifier une seule plateforme commune depuis des décennies, et encore moins depuis le soulèvement de 2022. Et cette plateforme réunissant le spectre kurde. Cet avantage est crucial pour les kurdes d'Iran : ils pourront, certes avec des rivalités qui pourraient éclater très rapidement entre eux (ne soyons pas naïfs), établir un panorama clairement identifiable par les chancelleries. Mais également peser sur le nouveau pouvoir. De plus, avec le Kurdistan autonome irakien, les forces kurdes iraniennes ont toujours disposé, historiquement, et encore maintenant, d'une puissante base arrière leur permettant d'agir mais également de sécuriser leur survie politique et armée. 
Excellente stratégie. 
 
Maintenant, regardons factuellement ce qu'il en est ces derniers jours.
Et bien les forces kurdes sont déjà engagées dans des combats avec les forces du régime des mollahs. Comme cette attaque du PAK à Nurabad, dans le Lorestan. 

 
 
 
Le PAK est, par ailleurs, le parti le plus investi politiquement et militairement depuis le début des récents évènements. Quand bien même il n'est pas le plus important, ni celui disposant du plus d'hommes via sa branche armée, la SMK (Armée nationale du Kurdistan). 
 

L'acteur pour lequel il faudra être très attentif est le PJAK. C'est la branche iranienne du PKK. Il dispose d'une branche armée, les YRK (dont l'iconographie rappelle très clairement celle des YPG en Syrie, pour le PYD). C'est le groupe disposant d'un arsenal militaire conséquent et de troupes très bien formées, ayant disposé des enseignements des engagements du PKK en Turquie et en Irak, ou encore des YPG en Syrie.
 
Le groupe est souvent la cible des forces du régime iranien. Récemment encore, le PJAK et ses bases furent bombardés par l'aviation iranienne fin novembre 2025. Et près de 11 combattants du groupe furent tués dans cette opération. Le PJAK est souvent vu comme un adversaire des plus déterminés par les mollahs de Téhéran. 
 
 
 
 
Le PDKI est également un parti d'importance. Un des plus anciens partis d'autodétermination kurde présents en Iran, fondé en 1945 peu de temps avant l'éphémère République de Mahabad que ce parti participation à établir). Il dispose également d'une branche armée. 
 

 
 
Notons que le PDKI, quinacvepte un principe d'Etat fédéral autant que d'autonomie ou d'indépendance, est membre d'une plateforme commune avec d'autres minorités présentes en Iran. Le Congrès pour les Nationalités d'un Iran fédéral a été créé à Londres en 2005. "
 
 

 
 

 
 
 
"  Vous avez apprécié le point sur les kurdes iraniens, à même de prendre rapidement le contrôle de leurs régions en cas de chute du régime, grâce à leur organisation préalable.
 
Parlons donc des forces d'une autre communauté qui pourraient sauter sur l'occasion : les baloutches. 
 

Cette minorité ethnique, linguistique et religieuse est présente dans le sud-est de l'Iran. Elle est également (et plus massivement) implantée dans au Pakistan et, dans une moindre mesure, en Afghanistan).
La résistance baloutche à des pouvoirs remonte à plusieurs siècles...
Cependant, le nationalisme baloutche, qui peut être autonomiste ou indépendantiste, est plus récent. Remontant à la seconde moitié du XXème siècle. Mais dès les années 1930, l'apparition de la Société pour l'unité baloutche et le Baloutchistan annonçait un regain. Depuis, de nombreuses factions politiques et / ou armées ont fait leur apparition. Allant de revendications d'autonomie régionale (en Iran dans le cas qui nous intéresse) jusqu'au principe d'une scission nette avec Téhéran pour entamer une construction nationale. 
 

 
En 2026, plusieurs de ces forces sont toujours actives en Iran et / ou au Pakistan. À l'instar des kurdes, profitant d'une zone montagneuse mal contrôlée entre la Turquie et l'Irak pour leurs bases arrières, les forces baloutches d'Iran profitent du Pakistan comme appui. J'oublie de dire en quoi c'est une minorité religieuse en Iran. Près de 90 % de la population iranienne est, grosso modo, considérée comme chiite (s'ils ne sont pas religieux, au moins de culture). Les baloutches, comme de nombreux kurdes, sont... sunnites. Bref, continuons. Plusieurs forces armées également politiques composées de baloutches ou revendiquant une identité baloutches sont actives en Iran. A l'instar des kurdes disposant déjà de groupes armés, d'armes et de représentations politiques depuis des décennies. 
 

Commençons par l'Armée de Libération du Baloutchistan.
Ce groupe armé, désigné terroriste par les Etats-Unis par ailleurs, est principalement actif au Pakistan mais dispose de base et d'hommes en Iran, dans la région du Sistan-Baloutchistan. Ce groupe dispose de plusieurs milliers d'hommes (et de femmes) combattant(e)s dans une zone à cheval sur la frontière irano-pakistanaise.
Il est l'héritier du Front de Libération du Peuple Baloutche qui fut écrasé en 1973 par une alliance irano-pakistanaise. Comme vous venez de le lire, la lutte des pouvoirs centraux iraniens contre les ambitions d'autodétermination baloutche est ancienne. Et pas uniquement liée au régime des mollahs. Ici, on remonte à l'époque du Shah (père du si médiatique @PahlaviReza). Cependant, ce n'est pas l'Armée de Libération Nationale qui pourrait être la plus active à profiter de l'effondrement du dispositif militaire et sécuritaire si le régime venait à s'écrouler.
Mais un autre groupe, bien plus actif et engagé sur le terrain iranien...
 
 
En effet, un groupe armé s'est constitué en 2012 sur les cendres d'une précédente organisation islamiste sunnite baloutche : Jund Allah.
La Jaysh al-Adl défend un calendrier radical : indépendance du baloutchistan et établissement d'une gouvernance islamique. Vous vous en doutez : le groupe est bien évidemment classé terroriste. Aussi bien en Iran qu'aux États-Unis ou encore en Chine et en Russie.
Il dispose d'au moins plusieurs centaines de combattants, avec une capacité de recrutement pouvant évoluer en cas de crise du régime. Jaysh al-Adl est un véritable problème pour tous les pouvoirs centraux iraniens. Actuels comme à venir. Pour vous donner un exemple, le groupe a été visé dans des opérations de bombardements massifs en 2024 de la part de l'Iran et du Pakistan. 
 

L'éventuelle faillite du système sécuritaire et militaire du régime iranien, dans la perspective de sa chute / dislocation dans le chaos, ouvrirait en grand les portes de nombreuses structures militaires (dépôts d'armes, munitions, véhicules...) pour Jaysh al-Adl et d'autres. Pourquoi d'autres ? Car oui, plusieurs groupes sont également actifs dans la zone baloutche.
Je n'en citerai qu'un seul supplémentaire : Ansar al-Furqan.
Il est bien plus radical (jihadistes ouvertement) que Jaysh al-Adl. Et il a mené plusieurs attentats (ex : 2018). Bref. Je pourrais continuer.
 


Mais cela de vous donner à voir, de nouveau, que l'effondrement, souhaitable, du régime des mollahs posera bien des difficultés. Notamment en cas d'effondrement du système sécuritaire et militaire du pays. C'est tout l'enjeu de sortir de l'amateurisme terrible de l'opposition iranienne en exil que de s'emparer également de ces sujets déterminants. La chute du régime des mollahs est une chose. Gérer cette chute en est une autre, bien plus complexe.
Il est évident que l'Azerbaïdjan va jouer des coudes en cas d'effondrement. Notons que les deux pays entretiennent des relations très tendues, notamment depuis le conflit avec l'Arménie. L'Iran des mollahs ayant soutenu l'Arménie tandis qu'Israël soutenait l'Azerbaïdjan."
 
 
"La dernière déclaration de Reza Pahlavi est désastreuse. Si le propos de base est intéressant (il comprend que le régime sordide des mollahs tient grâce à l'industrie pétrolière), la fin est catastrophique : j'arriverai quand vous aurez fait le travail... C'est terrible...
 
"Mes chers compatriotes, Votre courage et votre détermination ont suscité l'admiration du monde entier. Votre présence, une fois de plus glorieuse, dans les rues d'Iran vendredi soir a été une réponse cinglante aux menaces du chef traître et criminel de la République islamique. Je suis certain qu'il a vu ces images depuis sa cachette et qu'il a tremblé de peur. Maintenant, grâce à votre réponse décisive au premier appel, je suis certain qu'en ciblant davantage notre présence dans la rue et, simultanément, en coupant les circuits financiers, nous mettrons complètement à genoux la République islamique et son appareil de répression usé et fragile. À cet égard, j'appelle les travailleurs et les employés des secteurs clés de l'économie, notamment des transports, du pétrole, du gaz et de l'énergie, à entamer un processus de grève nationale. Je vous invite également tous à descendre dans la rue aujourd'hui et demain, samedi et dimanche (10 et 11 janvier), dès 18h, munis de drapeaux, d'images et de symboles nationaux, afin d'occuper l'espace public. Notre objectif n'est plus seulement de manifester dans la rue ; il s'agit de nous préparer à conquérir et à défendre les centres-villes. Pour atteindre cet objectif, déplacez autant de voies de circulation que possible vers les centres-villes et reliez les populations dispersées. Parallèlement, préparez-vous dès maintenant à rester sur le terrain et à assurer l'approvisionnement nécessaire. Aux jeunes de la Garde éternelle iranienne, et à toutes les forces armées et de sécurité qui ont rejoint la Plateforme de coopération nationale, je dis : Ralentissez et perturbez encore davantage la machine de répression afin que, le jour promis, nous puissions la désactiver complètement. Je me prépare également à rentrer dans ma patrie pour être avec vous, grande nation iranienne, lorsque notre révolution nationale aura triomphé. Je crois que ce jour est très proche. L'Iran qui perdure !"
 

 
Il pourrait déjà s'installer dans un pays voisin pour y superviser, tout en réunissant des opposants de tout bord, près de la frontière de son pays, la situation. Et non pas rester dans le confort des luxueux appartements américains. La Turquie pourrait l'accueillir. Il gagnerait en crédibilité en étant à quelques kilomètres des frontières du pays. C'est ainsi que, même si elle a échoué lamentablement, la Coalition Nationale Syrienne était tout de même crédible un tant soit peu : elle était de l'autre côté de la frontière, en Turquie.  
Mais l'opposition iranienne, dans sa globalité, bien au delà de la base de Pahlavi (donc 'es autonomistes arabes, kurdes, les indépendantistes baloutches, les réformistes religieux, les radjavistes, etc...), ne va pas attendre d'un potentiel dirigeant en... télétravail. Au bout d'un moment, il doit aussi montrer des gages. Et pas seulement aux iraniens. 
Mais aussi aux Occidentaux dont il cherche désespérément le soutien. Donc, première étape : abandonner son confort bâti depuis des décennies sur la fortune familiale et se rendre en Turquie." 
 
"Les services US sont bel et bien les mieux informés au monde, avec les services israéliens, de la situation en Iran. Et, pour le moment, même s'ils mettent à jour leurs évaluations, ils ne voient pas de perspectives claires. Quand Reza Pahlavi, comme d'autres, appelle Donald Trump à frapper le régime iranien ce jour, il oublie que ce n'est pas si simple. Comme lors de la guerre des douze jours. Israël, ennemi intime des mollahs, n'a jamais été jusqu'à viser les plus hauts cadres du régime. Pourquoi ? On va s'entendre dire que Trump et Netanyahou sont des agents iraniens eux aussi parce qu'ils n'agissent pas encore davantage que ce qu'ils ont fait jusque là ? (certains opposants iraniens en ligne seraient capables de le dire...) Bien des réponses...La première, c'est que l'opposition iranienne en exil n'est pas prête à gouverner. Et c'est dramatique car elle est terriblement amatrice. Elle a eu des décennies pour s'organiser, dialoguer entre différentes forces, créer une coalition unique, mais elle n'a rien fait. Pahlavi, par exemple, visage le plus connu en Occident comme candidat à gouverner, clame qu'il est rallié par des milliers de déserteurs potentiels. Dans les faits, jamais un seul cadre n'a déserté pour le rallier. Pas même un obscure ambassadeur iranien au Vanuatu. Donald Trump l'a ainsi rappelé : c'est un "nice guy" mais il n'est pas apte à gouverner dans les faits actuellement. Et pourtant, depuis des années de manifestations où il a parlé des heures, jamais il n'a participé à une vaste entreprise d'union de l'opposition. Pour les manifestants, en Iran, c'est la même chose. Ils manquent d'organisation. L'effet de masse est une chose, mais il n'y a pas de leadership (et, oui, le régime fait tout pour l'éviter). En Syrie, il y avait eu la Coordination nationale Syrienne et les Comités locaux. L'avantage de telles organisations claires, c'est qu'elles sont identifiables et permettent à terme d'obtenir des relais dans cette opposition. In fine, on a un paysage d'oppositions complètement éclaté et disparate. Et cela effraie les US, Israël et bien des pays. Pour gagner en sérieux politique, l'opposition en exil devrait déjà fournir une plateforme claire et diversifiée pour être l'interlocutrice future : incluant Pahlavi, Radjavi, les réformistes religieux issus du régime, des autonomistes des minorités, etc...En Egypte, nous savions que les Frères Musulmans étaient organisés depuis des décennies malgré leur répression. Et la chute du régime de Moubarak fut ainsi accompagnée sans difficulté par les occidentaux. Et nous savions que l'armée resterait (elle fit un coup d'Etat après). 
 
Ce n'est qu'un exemple mais c'est la démonstration que, pour l'Occident, avant de s'engager dans une posture (le soutien à Maïdan en Ukraine fut logique mais également lié au fait que l'opposition étaient prête), il faut d'abord voir qui sont les acteurs à même de suivre. Or, pour le moment, en Iran, nous ne disposons d'aucun panorama clairement établi, et surtout en capacité réelle, de prendre la suite. Et nos services de renseignement et de diplomatie, en Israël, aux US ou encore en Europe, ont besoin de ce panorama pour évoluer davantage. Donc, puisque Pahlavi veut jouer des coudes politiquement, qu'il prenne l'initiative d'inviter, à un évènement public, des représentants de toute l'opposition iranienne : religieuse comme laïque, de gauche comme de droite, Radjavi comme réformistes, autonomistes kurdes, etc. Et, oui, alors, il aura probablement une bien meilleure assise pour demander davantage d'attention de la part de Washington ou de Paris et Londres. L'opposition doit gagner, très rapidement, en maturité politique et en maîtrise politique, pour qu'elle ait davantage de poids. Certes, sortir d'une révolution après une dictature est toujours un moment compliqué (la France a mis 80 ans, entre 1789 et 1870, pour stabiliser la république) et de manière générale les gouvernements craignent les conséquences des déstabilisations. " 

Cédric Labrousse
 


@CdricLabrousse
Fils de marin-pêcheur. Doctorant sur la Syrie. Régionalisme, libéralisme, a bossé dès 16 ans. Opinions personnelles. Fondateur : http://votreprofesseur.fr




janvier 07, 2026

La "Trumpénisation" aura t-elle une issue favorable du régime présent au Venezuela ? En était-ce le,but ?

Un dossier complet ici, toutes pensées, toutes visions en ce début de "Trumpénisation" en ce nouvel an !

https://universite-liberte.blogspot.com/2026/01/interets-strategiques-usvenezuela-iran.html

 



La dernière tentative de Trump pour renverser le régime au Venezuela n'aura aucune issue favorable

L'échec de la dernière tentative de Trump pour un changement de régime au Venezuela 
 
Tôt samedi matin, après des mois de préparation militaire, de frappes navales et de menaces verbales, les forces américaines sont entrées au Venezuela sur ordre du président Trump et ont capturé le président Nicolás Maduro. 
 
Quelques dizaines de soldats et de civils vénézuéliens auraient été tués dans les bombardements menés pour couvrir l'opération des soldats américains venus appréhender le dirigeant vénézuélien. 
 
 Maduro a depuis été transféré à New York, où il sera jugé pour violation de nombreuses lois américaines sur la possession d'armes à feu et pour sa participation présumée à un trafic de cocaïne. 
 
Après quelques doutes initiaux de la part des élus républicains quant à la constitutionnalité de l'opération, le secrétaire d'État Marco Rubio a précisé que l'administration ne considérait pas cela comme un acte de guerre ou une opération militaire, mais plutôt comme une opération de maintien de l'ordre sous couverture militaire. Les inquiétudes concernant le pouvoir du président de déclarer la guerre unilatéralement étaient donc sans objet. 
 
Mais, indépendamment de la validité de cette distinction juridique, lors d'une conférence de presse le lendemain de l'opération, Trump a déclaré qu'après la capture de Maduro, le gouvernement américain allait désormais « diriger le Venezuela », laissant entendre des motivations géopolitiques qui dépassent largement la simple exécution d'un mandat d'arrêt. 
 
En effet, malgré la tentative de l'administration de présenter cet épisode comme une solution à la crise des surdoses de drogue aux États-Unis, cette opération est en réalité l'aboutissement d'une longue campagne de pression menée par une coalition de groupes d'intérêts industriels et idéologiques qui souhaitaient que Washington opère un changement de régime au Venezuela pour des raisons différentes. 
 
Cette coalition comprend des compagnies énergétiques qui veulent protéger, voire étendre, leur accès aux gisements pétroliers de la région et obtenir l'aide des contribuables pour compenser les pertes subies lors de la nationalisation de l'approvisionnement pétrolier du Venezuela. Il y a aussi de nombreux émigrants latino-américains qui souhaitent que le gouvernement américain renverse les régimes qu'ils ont fui, des entreprises d'armement et des responsables de la « sécurité nationale » qui veulent protéger leurs revenus et leurs emplois alors que Trump tente de mettre fin à la guerre en Ukraine, et des stratèges républicains qui veulent afficher une image de fermeté avant les élections de mi-mandat, entre autres. 
 
Des progrès ont été réalisés pour tous ces groupes lorsque Trump a lancé cette opération le week-end dernier. Mais l'avenir reste incertain. 
 
Trump et ses partisans se sont empressés de balayer les inquiétudes quant à la possibilité que cela se transforme en une nouvelle opération de reconstruction nationale sans fin, en faisant comme si le changement de régime avait déjà été mené à bien. Or, le régime n'a pas changé. 
 
Après la capture de Maduro, son bras droit et ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a appelé les Vénézuéliens à résister à l'agression américaine à la télévision d'État. Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a annoncé avoir activé et mobilisé toutes les capacités militaires du Venezuela. La vice-présidente de Maduro, Delcy Rodriguez, qui a prêté serment comme présidente par intérim lundi, a fait une apparition remarquée à la télévision d'État quelques heures après l'opération américaine, déclarant que le Venezuela ne serait « jamais la colonie d'aucun empire » et que Maduro restait le président légitime du pays. 
 
 L'administration Trump, quant à elle, a minimisé l'importance de ces déclarations, semblant les considérer, notamment celles de Rodriguez, comme un signal politique intérieur nécessaire pour maintenir le régime sous contrôle. Trump a également douché les espoirs de la cheffe de l'opposition, Maria Corina Machado, dont l'accession à la présidence était largement pressentie si les États-Unis poursuivaient une opération de changement de régime au Venezuela, affirmant qu'elle ne bénéficiait pas du soutien ni du respect nécessaires au sein de la population pour accéder au pouvoir. 
 
Certains spéculent que ce camouflet est une conséquence de l'acceptation par Machado du prix Nobel de la paix, que Trump convoite depuis longtemps. Bien que cela puisse être un facteur, il semble de plus en plus probable qu'un accord ait été conclu entre Rodriguez et son frère – qui préside l'Assemblée nationale – et l'administration Trump.
 
Les frères et sœurs Rodriguez font partie des nombreux groupes qui se partagent et se disputent le pouvoir au sein du régime vénézuélien. Bien qu'enracinés dans l'establishment chaviste, ils se sont montrés plus flexibles et moins idéologiques que nombre de leurs compatriotes. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, mais il semblerait que les frères et sœurs aient consenti à la capture de Maduro – allant potentiellement jusqu'à ordonner à l'armée de ne pas intervenir – afin de se maintenir au pouvoir. 
 
Si cela s'avère exact, Trump aurait ainsi pu savourer l'image d'une prise de position embarrassante contre un rival géopolitique, tout en obtenant un important levier d'influence sur le régime vénézuélien restant. Cela pourrait passer pour une victoire politique majeure. Mais même si cela est vrai et que des efforts ont été déployés en coulisses par les deux camps pour maintenir la stabilité, la situation demeure très risquée. L'éviction de Maduro était, en définitive, la partie la plus facile. 
 
 Car n'oublions pas que de nombreux groupes, de part et d'autre, poursuivent des objectifs différents. S'il apparaît clairement que Trump est prêt à collaborer avec le régime vénézuélien actuel en échange d'un accès au pétrole et de quelques concessions diverses, cela provoquera la colère des communautés d'émigrés déplacés qui souhaitent la chute de régimes socialistes comme le Venezuela et Cuba, et que les États-Unis contribuent au rétablissement du système politique antérieur. 
 
 Mais si Trump intensifie la pression pour tenter de contraindre le régime à rompre radicalement avec l'ère Maduro – comme il le clame haut et fort actuellement –, cela risque de fracturer le régime vénézuélien. La coalition au pouvoir s'est, dans une large mesure, unie autour de l'opposition aux « impérialistes » de Washington. Si quelques hauts responsables du gouvernement se mettent soudainement à agir comme de facto les marionnettes de ces mêmes « impérialistes », il est loin d'être certain que tout le monde suivra. 
 
Même si cela ne se traduit pas par un coup d'État qui renverserait les partis dociles et transformerait le régime vénézuélien en un ennemi uni des États-Unis, une scission importante au sein de l'armée, des milices ou des « collectifs » vénézuéliens – des bandes armées pro-régime – pourrait rapidement dégénérer en une insurrection de grande ampleur, décentralisée et bien armée, bien plus difficile à réprimer qu'une force conventionnelle centralisée. 
 
Le Venezuela ne connaît pas les divisions sectaires, tribales ou religieuses qui ont transformé les tentatives de reconstruction nationale de Washington au Moyen-Orient en un cauchemar qui a duré des décennies. Cependant, comme l'a souligné Joseph Addington dans The American Conservative, toute tentative sincère de restructurer le Venezuela selon les souhaits de l'administration américaine pourrait rapidement se heurter aux puissants cartels de la drogue, qui disposent d'importantes bases dans la région et d'une infiltration significative au sein du gouvernement et de l'armée vénézuéliens. Ces groupes ont les moyens financiers, l'armement et les filières d'approvisionnement nécessaires pour entretenir une insurrection au Venezuela pendant longtemps, et ils y sont fortement incités.
 
L'hypothèse de Trump semble être que s'il continue de menacer les dirigeants vénézuéliens d'une nouvelle intervention militaire, il pourra les contraindre à retourner leurs forces de répression contre les groupes de résistance ou les insurrections. Or, même sous la menace d'une arme, ce type d'action de la part du gouvernement américain est précisément ce qui risque d'alimenter la résistance. On se retrouve face à un dilemme insoluble. 
 
Et si le régime docile échoue ou se retourne contre les États-Unis, Trump devra choisir entre faire marche arrière et perdre la face, ou mettre ses menaces à exécution et ordonner l'intervention de troupes pour mener à bien un projet de reconstruction nationale déjà impopulaire auprès du peuple américain. 
 
Et encore une fois, tout cela suppose que le président ait réussi à conclure un accord secret de stabilité avec des membres du régime vénézuélien et qu'il n'ait pas à envoyer de troupes pour faire respecter ses exigences. 
 
En résumé, le fait que l'administration Trump ait orchestré la capture de Maduro ne signifie pas qu'elle a réussi à instaurer un changement de régime. S’ils tentent réellement de provoquer un changement de régime – ou s’ils tentent de menacer le régime actuel pour l’obliger à opérer les changements qu’entraînerait un renversement de régime – le risque est réel de voir la situation dégénérer en une guerre sans fin, comme Trump et son cabinet l’ont si facilement minimisée ces derniers jours. Dans le meilleur des cas, une somme considérable d’argent public est dépensée pour financer une contre-insurrection menée par les Vénézuéliens et, dans le pire des cas, des troupes américaines doivent aller se battre et mourir dans une énième guerre de reconstruction nationale inutile. 
 
Mais, pour les besoins de la discussion, supposons que rien de tout cela ne se produise. Supposons que le régime vénézuélien cède à la volonté de Trump, accède à toutes ses exigences et que le gouvernement tout entier se soumette et réprime toute résistance sans même avoir besoin du soutien des États-Unis. Même si, par un miracle, les choses se déroulaient ainsi, c’est une voie que le peuple américain devrait s’opposer. 
 
Car, une fois de plus, tout cela est mis en œuvre pour servir les intérêts de quelques groupes influents qui ont beaucoup de pouvoir sur le président – ​​et non ceux du peuple américain dans son ensemble. 
 
L'affirmation selon laquelle le renversement du régime vénézuélien contribuerait à résoudre la crise des surdoses de drogue était un mensonge dès le départ – un prétexte fallacieux servant à justifier l'escalade du conflit, et non une véritable motivation. Les compagnies pétrolières ont raison d'être mécontentes des pertes subies après la nationalisation de leur approvisionnement en pétrole par le gouvernement vénézuélien dans les années 1970. Cela ne leur donne pas pour autant le droit d'obliger les contribuables américains, déjà en difficulté, à les aider à compenser ces pertes des décennies plus tard. 
 
Il en va de même pour les opposants aux régimes latino-américains. Bien sûr, chacun est en droit de s'opposer aux aspects tyranniques de son gouvernement. Le monde serait meilleur si davantage de personnes le faisaient. Mais aucun groupe de dissidents politiques n'a le droit de contraindre une autre population à financer le renversement de ses adversaires politiques et l'instauration du gouvernement qu'il souhaite. 
 
 Tout cela aurait pu être acceptable si les Américains étaient prospères et disposaient tous d'un revenu disponible suffisant. Mais le pays est en proie à une crise du pouvoir d'achat qui ne cesse de s'aggraver. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à dépenser toujours plus d'argent au profit de groupes bien connectés simplement parce qu'ils sont doués pour le lobbying.
 
Il convient également de noter que la présence d'autres puissances comme la Chine en Amérique latine ne constitue pas une menace imminente pour la sécurité nationale ou économique des Américains. De plus, l'hostilité entre le gouvernement américain et des puissances « rivales » comme la Chine et la Russie est grandement exacerbée par l'obsession de Washington de dominer son voisinage immédiat, et non par l'obsession irrationnelle de nuire aux Américains sans raison apparente que nos dirigeants aiment leur attribuer. La sécurité des Américains serait bien meilleure à cet égard si Washington cessait d'attiser inutilement ces hostilités en mer de Chine méridionale et en Europe de l'Est. 
 
Et cela nous amène à un point plus général qu'il est essentiel de garder à l'esprit face à tous ces nouveaux développements avec le Venezuela : le facteur principal à l'origine de nombre de nos problèmes de société – y compris la plupart des thèmes de campagne de Trump – est la tentative de la classe politique américaine de maintenir un empire mondial, avec tout le déclin économique, moral, sécuritaire et culturel que cela implique. 
 
 

 
 
Ce pays est sur une mauvaise pente économique, en grande partie à cause de l'économie de guerre permanente et inflationniste à laquelle nous sommes contraints de nous soumettre pour rendre financièrement possible un projet aussi absurdement coûteux qu'un empire mondial. Comme l'ont souligné des économistes tels que Guido Hülsmann et Jeff Degner, ce système économique est extrêmement néfaste pour la santé culturelle du pays. 
 
Mais il en va de même pour la course effrénée à la guerre, l'abandon des normes morales fondamentales pour renforcer la domination militaire, et la tendance quasi inhumaine à considérer la violence de masse non pas comme une horreur à n'envisager qu'en dernier recours, mais comme un moyen lucratif d'enrichir les industries connexes, d'exercer un contrôle toujours plus grand sur les populations nationales et étrangères, et de soutenir tout groupe ou pays étranger prêt à payer le prix fort. 
 
Heureusement, il semble que de nombreux Américains commencent enfin à prendre conscience de cela, surtout après les guerres désastreuses en Irak et en Afghanistan. C'est une bonne chose. La sensibilisation du public est une première étape indispensable pour s'engager véritablement sur la voie d'un avenir meilleur. C'est pourquoi ceux qui profitent de ce système déploient tant d'efforts pour influencer la population et la faire accepter. 
 
Mais si ceux d'entre nous qui s'opposent à cet horrible projet impérial se concentrent souvent sur les guerres désastreuses, longues, sanglantes et coûteuses comme celles du Vietnam, d'Irak et d'Afghanistan, il est important de se rappeler que les guerres et interventions militaires courtes, même « réussies », contribuent également à ce chaos. Elles permettent en effet de faire croire à la population que cet empire mondial en expansion constante, insoutenable et source de déclin social est en réalité bénéfique et viable. 
 
Autrement dit, à la suite d’une guerre aussi horrible que celle du Vietnam, on n’assiste pas à l’invasion de l’Irak en 2003 ni à l’enlisement de vingt ans en Afghanistan sans des « victoires rapides » comme l’invasion de la Grenade par Reagan, le changement de régime de Bush père au Panama ou la « victoire écrasante » sur l’Irak en 1991 – que Bush a célébrée comme ayant « vaincu le syndrome du Vietnam une fois pour toutes ».
 
Voilà un autre risque de l’intervention de Trump au Venezuela. Même si tout se déroule « bien » et que la région se stabilise d’une manière qui convienne à Washington, sans nécessiter un investissement fiscal excessif, ce résultat apparemment positif pourrait servir à induire en erreur davantage d’électeurs, de commentateurs et de politiciens, leur faisant croire que le changement de régime et la reconstruction nationale sont finalement des politiques sûres et justifiées. 
 
Ce n’est en aucun cas une raison pour souhaiter une guerre désastreuse. Personne, d’aucun côté, ne devrait la souhaiter, et chacun devrait tout faire pour l’éviter. 
 
Mais si nous parvenons tant bien que mal à traverser cette période délicate sans qu’une nouvelle guerre sans fin n’éclate, il est impératif d’empêcher qu’un résultat positif ne soit utilisé pour nous enfoncer davantage sur cette voie terrible dont nous devons absolument nous éloigner.
 
Connor O’Keeffe 
Connor O’Keeffe (@ConnorMOKeeffe) produit des contenus multimédias au Mises Institute. Il est titulaire d’une maîtrise en économie  
 
 
Toutes les ressources impliquent des conflits potentiels car elles sont rares par nature. En clair, un même bien physique ne peut pas être utilisé simultanément par plusieurs individus pour réaliser des fins différentes sans provoquer un choc d'intérêts. Il nous faut donc des règles d'attribution et de démarcation pour savoir qui a tel droit sur telle ressource. C'est à cela que sert le Droit, technologie sociale de résolution des conflits. Le problème survient lorsque les États outrepassent le Droit et décrètent que tel territoire (et ses ressources) doit être sous leur contrôle. On ne sortira donc jamais des conflits mondiaux sans basculement total de paradigme. Les États continueront de se disputer des ressources qu'ils n'ont ni appropriées proprement ni transformées. Alors repartez des besoins vitaux de l'État et réalisez qu'ils ne sont rien sans nous. Un État sans ressources à confisquer est un État obsolète. Il devient faible dès l'instant où nous cesserons de valider son existence. La reconquête de nos droits de propriété signera le passage de la Barbarie à la Civilisation, là où le Droit est la règle et définit l'usage de la Force.
 



 
Ce pays jadis prospère, à la tête des plus vastes réserves de pétrole au monde, a vu sa richesse se contracter de 75 % entre 2014 et 2020.
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RÉCIT - Ce pays jadis prospère, à la tête des plus vastes réserves de pétrole au monde, a vu sa richesse se contracter de 75 % entre 2014 et 2020.

Un État ruiné, une population exsangue, des infrastructures déliquescentes et une démocratie à l’agonie. Vingt-six ans après l’avènement de la « révolution » chaviste, la retentissante capture de Nicolas Maduro et son remplacement par une apparatchik issue de la même matrice ne suffiront probablement pas à enrayer la descente aux enfers du Venezuela. Ce pays jadis prospère, à la tête des plus vastes réserves de pétrole au monde, a vu sa richesse se contracter de 75 % entre 2014 et 2020. Près d’un tiers de sa population a pris le chemin de l’exil sous l’effet conjugué des pénuries, du recul des libertés et de l’absence d’horizon politique. « Lorsque Hugo Chavez est arrivé au pouvoir, le Venezuela était un pays riche confronté à de graves problèmes de pauvreté. Un quart de siècle plus tard, il s’est transformé en pays pauvre avec des poches de richesse indécente », résume Milos Alcalay, ancien ambassadeur auprès des Nations unies.

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