La dernière tentative de Trump pour renverser le régime au Venezuela n'aura aucune issue favorable
L'échec de la dernière tentative de Trump pour un changement de régime au Venezuela
Tôt samedi matin, après des mois de préparation militaire, de frappes navales et de menaces verbales, les forces américaines sont entrées au Venezuela sur ordre du président Trump et ont capturé le président Nicolás Maduro.
Quelques dizaines de soldats et de civils vénézuéliens auraient été tués dans les bombardements menés pour couvrir l'opération des soldats américains venus appréhender le dirigeant vénézuélien.
Maduro a depuis été transféré à New York, où il sera jugé pour violation de nombreuses lois américaines sur la possession d'armes à feu et pour sa participation présumée à un trafic de cocaïne.
Après quelques doutes initiaux de la part des élus républicains quant à la constitutionnalité de l'opération, le secrétaire d'État Marco Rubio a précisé que l'administration ne considérait pas cela comme un acte de guerre ou une opération militaire, mais plutôt comme une opération de maintien de l'ordre sous couverture militaire. Les inquiétudes concernant le pouvoir du président de déclarer la guerre unilatéralement étaient donc sans objet.
Mais, indépendamment de la validité de cette distinction juridique, lors d'une conférence de presse le lendemain de l'opération, Trump a déclaré qu'après la capture de Maduro, le gouvernement américain allait désormais « diriger le Venezuela », laissant entendre des motivations géopolitiques qui dépassent largement la simple exécution d'un mandat d'arrêt.
En effet, malgré la tentative de l'administration de présenter cet épisode comme une solution à la crise des surdoses de drogue aux États-Unis, cette opération est en réalité l'aboutissement d'une longue campagne de pression menée par une coalition de groupes d'intérêts industriels et idéologiques qui souhaitaient que Washington opère un changement de régime au Venezuela pour des raisons différentes.
Cette coalition comprend des compagnies énergétiques qui veulent protéger, voire étendre, leur accès aux gisements pétroliers de la région et obtenir l'aide des contribuables pour compenser les pertes subies lors de la nationalisation de l'approvisionnement pétrolier du Venezuela.Il y a aussi de nombreux émigrants latino-américains qui souhaitent que le gouvernement américain renverse les régimes qu'ils ont fui, des entreprises d'armement et des responsables de la « sécurité nationale » qui veulent protéger leurs revenus et leurs emplois alors que Trump tente de mettre fin à la guerre en Ukraine, et des stratèges républicains qui veulent afficher une image de fermeté avant les élections de mi-mandat, entre autres.
Des progrès ont été réalisés pour tous ces groupes lorsque Trump a lancé cette opération le week-end dernier.Mais l'avenir reste incertain.
Trump et ses partisans se sont empressés de balayer les inquiétudes quant à la possibilité que cela se transforme en une nouvelle opération de reconstruction nationale sans fin, en faisant comme si le changement de régime avait déjà été mené à bien.Or, le régime n'a pas changé.
Après la capture de Maduro, son bras droit et ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a appelé les Vénézuéliens à résister à l'agression américaine à la télévision d'État.Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a annoncé avoir activé et mobilisé toutes les capacités militaires du Venezuela.La vice-présidente de Maduro, Delcy Rodriguez, qui a prêté serment comme présidente par intérim lundi, a fait une apparition remarquée à la télévision d'État quelques heures après l'opération américaine, déclarant que le Venezuela ne serait « jamais la colonie d'aucun empire » et que Maduro restait le président légitime du pays.
L'administration Trump, quant à elle, a minimisé l'importance de ces déclarations, semblant les considérer, notamment celles de Rodriguez, comme un signal politique intérieur nécessaire pour maintenir le régime sous contrôle.Trump a également douché les espoirs de la cheffe de l'opposition, Maria Corina Machado, dont l'accession à la présidence était largement pressentie si les États-Unis poursuivaient une opération de changement de régime au Venezuela, affirmant qu'elle ne bénéficiait pas du soutien ni du respect nécessaires au sein de la population pour accéder au pouvoir.
Certains spéculent que ce camouflet est une conséquence de l'acceptation par Machado du prix Nobel de la paix, que Trump convoite depuis longtemps.Bien que cela puisse être un facteur, il semble de plus en plus probable qu'un accord ait été conclu entre Rodriguez et son frère – qui préside l'Assemblée nationale – et l'administration Trump.
Les frères et sœurs Rodriguez font partie des nombreux groupes qui se partagent et se disputent le pouvoir au sein du régime vénézuélien.Bien qu'enracinés dans l'establishment chaviste, ils se sont montrés plus flexibles et moins idéologiques que nombre de leurs compatriotes.Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, mais il semblerait que les frères et sœurs aient consenti à la capture de Maduro – allant potentiellement jusqu'à ordonner à l'armée de ne pas intervenir – afin de se maintenir au pouvoir.
Si cela s'avère exact, Trump aurait ainsi pu savourer l'image d'une prise de position embarrassante contre un rival géopolitique, tout en obtenant un important levier d'influence sur le régime vénézuélien restant.Cela pourrait passer pour une victoire politique majeure.Mais même si cela est vrai et que des efforts ont été déployés en coulisses par les deux camps pour maintenir la stabilité, la situation demeure très risquée.L'éviction de Maduro était, en définitive, la partie la plus facile.
Car n'oublions pas que de nombreux groupes, de part et d'autre, poursuivent des objectifs différents.S'il apparaît clairement que Trump est prêt à collaborer avec le régime vénézuélien actuel en échange d'un accès au pétrole et de quelques concessions diverses, cela provoquera la colère des communautés d'émigrés déplacés qui souhaitent la chute de régimes socialistes comme le Venezuela et Cuba, et que les États-Unis contribuent au rétablissement du système politique antérieur.
Mais si Trump intensifie la pression pour tenter de contraindre le régime à rompre radicalement avec l'ère Maduro – comme il le clame haut et fort actuellement –, cela risque de fracturer le régime vénézuélien.La coalition au pouvoir s'est, dans une large mesure, unie autour de l'opposition aux « impérialistes » de Washington.Si quelques hauts responsables du gouvernement se mettent soudainement à agir comme de facto les marionnettes de ces mêmes « impérialistes », il est loin d'être certain que tout le monde suivra.
Même si cela ne se traduit pas par un coup d'État qui renverserait les partis dociles et transformerait le régime vénézuélien en un ennemi uni des États-Unis, une scission importante au sein de l'armée, des milices ou des « collectifs » vénézuéliens – des bandes armées pro-régime – pourrait rapidement dégénérer en une insurrection de grande ampleur, décentralisée et bien armée, bien plus difficile à réprimer qu'une force conventionnelle centralisée.
Le Venezuela ne connaît pas les divisions sectaires, tribales ou religieuses qui ont transformé les tentatives de reconstruction nationale de Washington au Moyen-Orient en un cauchemar qui a duré des décennies.Cependant, comme l'a souligné Joseph Addington dans The American Conservative, toute tentative sincère de restructurer le Venezuela selon les souhaits de l'administration américaine pourrait rapidement se heurter aux puissants cartels de la drogue, qui disposent d'importantes bases dans la région et d'une infiltration significative au sein du gouvernement et de l'armée vénézuéliens.Ces groupes ont les moyens financiers, l'armement et les filières d'approvisionnement nécessaires pour entretenir une insurrection au Venezuela pendant longtemps, et ils y sont fortement incités.
L'hypothèse de Trump semble être que s'il continue de menacer les dirigeants vénézuéliens d'une nouvelle intervention militaire, il pourra les contraindre à retourner leurs forces de répression contre les groupes de résistance ou les insurrections.Or, même sous la menace d'une arme, ce type d'action de la part du gouvernement américain est précisément ce qui risque d'alimenter la résistance.On se retrouve face à un dilemme insoluble.
Et si le régime docile échoue ou se retourne contre les États-Unis, Trump devra choisir entre faire marche arrière et perdre la face, ou mettre ses menaces à exécution et ordonner l'intervention de troupes pour mener à bien un projet de reconstruction nationale déjà impopulaire auprès du peuple américain.
Et encore une fois, tout cela suppose que le président ait réussi à conclure un accord secret de stabilité avec des membres du régime vénézuélien et qu'il n'ait pas à envoyer de troupes pour faire respecter ses exigences.
En résumé, le fait que l'administration Trump ait orchestré la capture de Maduro ne signifie pas qu'elle a réussi à instaurer un changement de régime.S’ils tentent réellement de provoquer un changement de régime – ou s’ils tentent de menacer le régime actuel pour l’obliger à opérer les changements qu’entraînerait un renversement de régime – le risque est réel de voir la situation dégénérer en une guerre sans fin, comme Trump et son cabinet l’ont si facilement minimisée ces derniers jours. Dans le meilleur des cas, une somme considérable d’argent public est dépensée pour financer une contre-insurrection menée par les Vénézuéliens et, dans le pire des cas, des troupes américaines doivent aller se battre et mourir dans une énième guerre de reconstruction nationale inutile.
Mais, pour les besoins de la discussion, supposons que rien de tout cela ne se produise.Supposons que le régime vénézuélien cède à la volonté de Trump, accède à toutes ses exigences et que le gouvernement tout entier se soumette et réprime toute résistance sans même avoir besoin du soutien des États-Unis.Même si, par un miracle, les choses se déroulaient ainsi, c’est une voie que le peuple américain devrait s’opposer.
Car, une fois de plus, tout cela est mis en œuvre pour servir les intérêts de quelques groupes influents qui ont beaucoup de pouvoir sur le président – et non ceux du peuple américain dans son ensemble.
L'affirmation selon laquelle le renversement du régime vénézuélien contribuerait à résoudre la crise des surdoses de drogue était un mensonge dès le départ – un prétexte fallacieux servant à justifier l'escalade du conflit, et non une véritable motivation.Les compagnies pétrolières ont raison d'être mécontentes des pertes subies après la nationalisation de leur approvisionnement en pétrole par le gouvernement vénézuélien dans les années 1970. Cela ne leur donne pas pour autant le droit d'obliger les contribuables américains, déjà en difficulté, à les aider à compenser ces pertes des décennies plus tard.
Il en va de même pour les opposants aux régimes latino-américains.Bien sûr, chacun est en droit de s'opposer aux aspects tyranniques de son gouvernement.Le monde serait meilleur si davantage de personnes le faisaient.Mais aucun groupe de dissidents politiques n'a le droit de contraindre une autre population à financer le renversement de ses adversaires politiques et l'instauration du gouvernement qu'il souhaite.
Tout cela aurait pu être acceptable si les Américains étaient prospères et disposaient tous d'un revenu disponible suffisant.Mais le pays est en proie à une crise du pouvoir d'achat qui ne cesse de s'aggraver.Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à dépenser toujours plus d'argent au profit de groupes bien connectés simplement parce qu'ils sont doués pour le lobbying.
Il convient également de noter que la présence d'autres puissances comme la Chine en Amérique latine ne constitue pas une menace imminente pour la sécurité nationale ou économique des Américains.De plus, l'hostilité entre le gouvernement américain et des puissances « rivales » comme la Chine et la Russie est grandement exacerbée par l'obsession de Washington de dominer son voisinage immédiat, et non par l'obsession irrationnelle de nuire aux Américains sans raison apparente que nos dirigeants aiment leur attribuer.La sécurité des Américains serait bien meilleure à cet égard si Washington cessait d'attiser inutilement ces hostilités en mer de Chine méridionale et en Europe de l'Est.
Et cela nous amène à un point plus général qu'il est essentiel de garder à l'esprit face à tous ces nouveaux développements avec le Venezuela : le facteur principal à l'origine de nombre de nos problèmes de société – y compris la plupart des thèmes de campagne de Trump – est la tentative de la classe politique américaine de maintenir un empire mondial, avec tout le déclin économique, moral, sécuritaire et culturel que cela implique.
Ce pays est sur une mauvaise pente économique, en grande partie à cause de l'économie de guerre permanente et inflationniste à laquelle nous sommes contraints de nous soumettre pour rendre financièrement possible un projet aussi absurdement coûteux qu'un empire mondial.Comme l'ont souligné des économistes tels que Guido Hülsmann et Jeff Degner, ce système économique est extrêmement néfaste pour la santé culturelle du pays.
Mais il en va de même pour la course effrénée à la guerre, l'abandon des normes morales fondamentales pour renforcer la domination militaire, et la tendance quasi inhumaine à considérer la violence de masse non pas comme une horreur à n'envisager qu'en dernier recours, mais comme un moyen lucratif d'enrichir les industries connexes, d'exercer un contrôle toujours plus grand sur les populations nationales et étrangères, et de soutenir tout groupe ou pays étranger prêt à payer le prix fort.
Heureusement, il semble que de nombreux Américains commencent enfin à prendre conscience de cela, surtout après les guerres désastreuses en Irak et en Afghanistan.C'est une bonne chose.La sensibilisation du public est une première étape indispensable pour s'engager véritablement sur la voie d'un avenir meilleur. C'est pourquoi ceux qui profitent de ce système déploient tant d'efforts pour influencer la population et la faire accepter.
Mais si ceux d'entre nous qui s'opposent à cet horrible projet impérial se concentrent souvent sur les guerres désastreuses, longues, sanglantes et coûteuses comme celles du Vietnam, d'Irak et d'Afghanistan, il est important de se rappeler que les guerres et interventions militaires courtes, même « réussies », contribuent également à ce chaos.Elles permettent en effet de faire croire à la population que cet empire mondial en expansion constante, insoutenable et source de déclin social est en réalité bénéfique et viable.
Autrement dit, à la suite d’une guerre aussi horrible que celle du Vietnam, on n’assiste pas à l’invasion de l’Irak en 2003 ni à l’enlisement de vingt ans en Afghanistan sans des « victoires rapides » comme l’invasion de la Grenade par Reagan, le changement de régime de Bush père au Panama ou la « victoire écrasante » sur l’Irak en 1991 – que Bush a célébrée comme ayant « vaincu le syndrome du Vietnam une fois pour toutes ».
Voilà un autre risque de l’intervention de Trump au Venezuela.Même si tout se déroule « bien » et que la région se stabilise d’une manière qui convienne à Washington, sans nécessiter un investissement fiscal excessif, ce résultat apparemment positif pourrait servir à induire en erreur davantage d’électeurs, de commentateurs et de politiciens, leur faisant croire que le changement de régime et la reconstruction nationale sont finalement des politiques sûres et justifiées.
Ce n’est en aucun cas une raison pour souhaiter une guerre désastreuse.Personne, d’aucun côté, ne devrait la souhaiter, et chacun devrait tout faire pour l’éviter.
Mais si nous parvenons tant bien que mal à traverser cette période délicate sans qu’une nouvelle guerre sans fin n’éclate, il est impératif d’empêcher qu’un résultat positif ne soit utilisé pour nous enfoncer davantage sur cette voie terrible dont nous devons absolument nous éloigner.
Connor O’Keeffe
Connor O’Keeffe (@ConnorMOKeeffe) produit des contenus multimédias au Mises Institute.Il est titulaire d’une maîtrise en économie
Toutes les ressources impliquent des conflits potentiels car elles sont rares par nature. En clair, un même bien physique ne peut pas être utilisé simultanément par plusieurs individus pour réaliser des fins différentes sans provoquer un choc d'intérêts. Il nous faut donc des règles d'attribution et de démarcation pour savoir qui a tel droit sur telle ressource. C'est à cela que sert le Droit, technologie sociale de résolution des conflits. Le problème survient lorsque les États outrepassent le Droit et décrètent que tel territoire (et ses ressources) doit être sous leur contrôle.
On ne sortira donc jamais des conflits mondiaux sans basculement total de paradigme. Les États continueront de se disputer des ressources qu'ils n'ont ni appropriées proprement ni transformées. Alors repartez des besoins vitaux de l'État et réalisez qu'ils ne sont rien sans nous. Un État sans ressources à confisquer est un État obsolète. Il devient faible dès l'instant où nous cesserons de valider son existence. La reconquête de nos droits de propriété signera le passage de la Barbarie à la Civilisation, là où le Droit est la règle et définit l'usage de la Force.
Ce pays jadis prospère, à la tête des plus vastes réserves de pétrole au monde, a vu sa richesse se contracter de 75 % entre 2014 et 2020. ➡️ https://l.lefigaro.fr/AlUl
RÉCIT - Ce pays jadis prospère, à la tête des plus
vastes réserves de pétrole au monde, a vu sa richesse se contracter de
75 % entre 2014 et 2020.
Un État
ruiné, une population exsangue, des infrastructures déliquescentes et
une démocratie à l’agonie. Vingt-six ans après l’avènement de la
« révolution » chaviste, la retentissante capture de Nicolas Maduro et
son remplacement par une apparatchik issue de la même matrice ne
suffiront probablement pas à enrayer la descente aux enfers du
Venezuela. Ce pays jadis prospère, à la tête des plus vastes réserves de
pétrole au monde, a vu sa richesse se contracter de 75 % entre 2014 et
2020. Près d’un tiers de sa population a pris le chemin de l’exil sous
l’effet conjugué des pénuries, du recul des libertés et de l’absence
d’horizon politique. « Lorsque Hugo Chavez est arrivé au pouvoir, le
Venezuela était un pays riche confronté à de graves problèmes de
pauvreté. Un quart de siècle plus tard, il s’est transformé en pays
pauvre avec des poches de richesse indécente », résume Milos Alcalay, ancien ambassadeur auprès des Nations unies.
La surveillance de masse : mythes et réalités dans un monde numérisé
Dans un monde où nos vies quotidiennes sont de plus en plus
interconnectées, la surveillance de masse évoque immédiatement des
images dystopiques : un Big Brother omniprésent, des scores sociaux qui
dictent nos libertés, ou des caméras scrutant chaque geste. Pourtant,
cette réalité n’est pas réservée aux régimes autoritaires.
Elle s’infiltre dans les démocraties libérales sous couvert de sécurité, de commodité et de profits.
À partir d’une analyse approfondie des systèmes en place en Chine,
aux États-Unis, en Europe et en France, cet article démystifie les idées
reçues et explore les mécanismes qui nous observent au quotidien. Sans
sensationnalisme, mais avec des faits concrets, nous verrons comment
cette surveillance, souvent fragmentée et commerciale, pose des
questions éthiques profondes. Et surtout, comment s’en protéger partiellement dans un environnement où l’anonymat devient un luxe.
Qu’est-ce que la surveillance de masse ?
La surveillance de masse désigne
l’observation systématique et généralisée des comportements,
communications et déplacements d’une population entière, qu’il s’agisse
d’individus ou d’entreprises.
Elle n’est pas un fantasme orwellien, mais une pratique bien ancrée,
alimentée par les avancées technologiques comme la reconnaissance
faciale, les drones, les algorithmes et les bases de données massives.
Les scandales comme les révélations d’Edward Snowden sur la NSA en 2013 ont mis en lumière les capacités des services de renseignement à collecter des données à l’échelle planétaire.
Aujourd’hui, ce n’est plus seulement
l’État qui surveille : les grandes plateformes numériques et les
fournisseurs d’équipements jouent un rôle central, transformant la
surveillance en un marché lucratif.
En effet, les « data brokers »
– ces entreprises qui collectent et vendent des informations
personnelles – prospèrent sur nos données. Nom, adresse, historique
d’achats, habitudes en ligne : tout est monnayable. Cette année, des
millions de Français ont vu leurs données exposées via des fuites chez des opérateurs comme
SFR ou Free. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Face à cela, des
outils comme Incogni émergent pour automatiser la suppression de ces
données auprès des brokers, offrant une barrière contre les usurpations
d’identité ou le harcèlement. Mais au-delà des protections
individuelles, examinons les systèmes étatiques et privés qui
structurent cette surveillance globale.
Le crédit social chinois : plus nuancé que le mythe
Le crédit social chinois est souvent dépeint comme l’incarnation
ultime de la surveillance autoritaire : un score unique qui punit ou
récompense chaque citoyen, limitant leurs libertés en cas de « mauvais comportement ».
Cette vision, popularisée par les médias occidentaux, évoque un feu
vert ou rouge flottant au-dessus de chaque tête, dictant l’accès aux
voyages, aux emplois ou aux soins. Pourtant, la réalité est plus nuancée, même si les risques d’abus restent réels.
En Chine, il n’existe pas de score social unique et national. Au lieu
de cela, plusieurs systèmes locaux ou sectoriels coexistent, souvent
expérimentaux. Les plus connus sont commerciaux : Sesame Credit d’Alipay
(groupe Alibaba) et WeChat Score de Tencent. Ces
outils fonctionnent comme des cartes de fidélité turbo, attribuant des
points pour des habitudes positives (remboursements d’emprunts,
comportements éco-responsables) et offrant des avantages comme des
réductions ou des facilités de paiement. WeChat peut même alerter les utilisateurs de la présence de personnes « blacklistées »
à proximité, encourageant à les éviter pour gagner des points. Pékin
peut théoriquement accéder à ces données, mais ces scores sont avant
tout des outils marketing générant d’énormes volumes de données
exploitables.
Le système gouvernemental repose sur des listes noires et blanches gérées par des agences comme la Commission nationale du développement et de la réforme ou la Cour suprême.
Ces listes sanctionnent le non-respect des lois existantes : impôts
impayés, dettes non remboursées, ou violations contractuelles. Être sur une liste noire (comme les « Laolai »,
les mauvais payeurs) entraîne des restrictions concrètes : interdiction
de voyages en avion ou TGV, difficultés pour louer un appartement, ou
exclusion de certains emplois publics. À l’inverse, les listes blanches récompensent
les bons citoyens, comme ceux qui rendent une location en parfait état
ou arrivent en avance aux rendez-vous médicaux.
Depuis 2014, des projets pilotes ont été lancés, mais beaucoup ont
échoué ou été ajustés en raison d’inefficacité ou d’impopularité.
Les États-Unis : une surveillance commerciale et fragmentée
Aux États-Unis, terre des libertés individuelles, la surveillance
n’est pas orchestrée par un État omnipotent comme en Chine, mais par un
écosystème privé tout aussi invasif. Les « Big Tech » – Facebook, Apple, Google – collectent des données sur plus de 200 millions d’Américains, créant des profils détaillés pour des publicités hyper-ciblées.
Google sait que vous passez une heure par jour à regarder des vidéos de
cuisine ou de chats, et anticipe vos achats (voiture, téléphone) avant
même que vous n’y pensiez.
Amazon, soupçonnée de bâtir la plus grande base de données sur les citoyens américains, est sous le feu des critiques au Sénat.
Les data brokers comme Acxiom ou Experian suivent
des centaines de millions de personnes, vendant ces informations aux
entreprises ou, sur réquisition, aux forces de l’ordre. Sur le terrain, la reconnaissance faciale prospère : Clearview AI fournit aux polices des bases de milliards de photos scrapées sur internet.
La vidéosurveillance automatisée et les algorithmes prédictifs
complètent le tableau. Ce modèle fragmenté, essentiellement commercial,
génère des profits colossaux tout en permettant à l’État d’accéder aux
données en cas de besoin. Contrairement à la Chine, la surveillance
américaine est discrète, masquée derrière des termes d’utilisation et
des algorithmes opaques, mais elle est tout aussi généralisée.
l’Europe et la France : des cadres légaux, mais des intrusions croissantes
En Europe, la surveillance semble plus encadrée grâce au RGPD (Règlement général sur la protection des données) et à des autorités comme la CNIL en
France. Pourtant, les exceptions au nom de la sécurité érodent ces
protections. L’Union européenne pousse pour une identité numérique
interconnectée via le règlement eIDAS, reconnaissant mutuellement les systèmes d’identification des États membres. Le Digital Identity Wallet,
en déploiement, stockera carte d’identité, permis et diplômes en un
seul endroit, facilitant les contrôles et rendant le mensonge sur un CV
impossible par exemple.
L’euro numérique, une monnaie digitale, pourrait tracer toutes les transactions, rendant les espèces obsolètes. Le projet Chat Control, voté dans le cadre du Digital Services Act (DSA),
impose le scan automatique des messages privés sur des plateformes
comme WhatsApp ou Signal pour détecter contenus illégaux, fake news ou
harcèlement. Officiellement contre la pédopornographie, il soulève des
inquiétudes sur la vie privée. L’AI Act encadre
l’intelligence artificielle, interdisant la police prédictive ou la
manipulation subliminale, mais autorise la reconnaissance faciale dans
des espaces limités, comme autour des sites olympiques pour les JO de
Paris 2024.
En France, la surveillance est discrète mais omniprésente. Près de
90.000 caméras publiques filment les espaces urbains, certaines
« intelligentes » détectant attroupements ou objets abandonnés. Les
fichiers administratifs interconnectés (CAF, Sécurité sociale, URSSAF)
traquent les fraudeurs. Sur les routes, les plaques d’immatriculation
sont scannées pour vérifier assurances et infractions, comme sur
l’autoroute A13 sans péage physique. La nouvelle loi du 6 novembre 2023
crée le Fichier National des Comptes Signalés pour Risque de Fraude (FNCRF), contournant partiellement le secret bancaire pour lister les « mauvais payeurs ».
Ces outils accumulent des données sur
nos déplacements, achats et interactions, formant un réseau de
surveillance intégré au quotidien.
Bien que moins spectaculaire qu’en Chine, elle est tout aussi efficace, justifiée par la sécurité publique.
Comment échapper (partiellement) à la surveillance ?
Échapper totalement à la surveillance est impossible dans un monde numérisé, mais réduire son exposition est possible.
Commencez par reprendre le contrôle de vos appareils : désactivez
l’historique de localisation sur Google et Apple, limitez les
autorisations d’apps (micro, caméra, contacts). Évitez les assistants
vocaux et objets connectés qui écoutent en permanence.
Pour la navigation, optez pour Firefox, Brave ou Safari avec un
bloqueur de trackers, réduisant jusqu’à 90 % des cookies publicitaires.
Utilisez des messageries chiffrées comme Signal pour les communications.
Privilégiez les espèces pour les paiements anonymes, et des titres de
transport non nominatifs quand possible (bien que rares).
Enfin, pour les données vendues par les brokers, des services comme Incogni automatisent les demandes de suppression. Ces gestes ne vous rendront pas invisible, mais ils limitent les traces, préservant un semblant d’intimité.
Une menace globale pour la liberté
La surveillance de masse n’est pas l’apanage des dictatures ; elle imprègne les démocraties sous des formes variées.
En Chine, elle est centralisée et punitive ; aux États-Unis,
commerciale et lucrative ; en Europe et France, réglementée mais
intrusive. Ces systèmes, alimentés par la technologie, menacent nos libertés fondamentales.
Il est temps de réclamer plus de transparence et de protections
réelles, avant que l’anonymat ne devienne un souvenir. En attendant,
agissez individuellement : protégez vos données, questionnez les lois,
et soutenez les initiatives pour un numérique éthique.
L’UE renonce au Chat Control : une victoire pour la vie privée
Le 30 octobre 2025, l’Union européenne a marqué un tournant majeur dans le débat sur la surveillance numérique en abandonnant la mesure la plus controversée du projet « Chat Control« .
Cette décision, survenue à la veille de
la date limite pour un cadre réglementaire expirant en avril 2026, évite
une surveillance de masse généralisée des conversations privées.
Pourtant, ce recul n’efface pas les craintes d’une érosion progressive des
libertés numériques, comme l’ont souligné des voix influentes dans le
secteur tech. Retour sur un dossier qui a divisé l’Europe et continue
d’inquiéter.
Qu’est-ce que le Chat Control ?
Le « Chat Control »
, ou Règlement sur les Abus Sexuels envers les Enfants (CSAR), est une
initiative lancée par la Commission européenne en 2022. Son objectif
officiel : combattre la pédocriminalité en ligne en obligeant les
plateformes de messagerie – telles que WhatsApp, Signal ou Telegram – à
scanner automatiquement les contenus partagés, y compris dans les
conversations chiffrées de bout en bout. Cette analyse se ferait via une technologie appelée « client-side scanning« , qui examine les messages, photos et vidéos directement sur l’appareil de l’utilisateur avant leur chiffrement et envoi.
Les algorithmes détecteraient des éléments suspects, comme des images
pédopornographiques ou des sollicitations criminelles, pour les signaler
aux autorités.
Bien que présenté comme un outil de protection des enfants, le projet
a été critiqué pour son potentiel de surveillance massive. Il
risquerait de fragiliser le chiffrement, pilier de la sécurité
numérique, et d’exposer les données privées à des abus. Des experts
soulignent que les vrais criminels pourraient contourner ces mesures en
migrant vers des réseaux non surveillés, comme le dark web, rendant
l’approche inefficace. Un sondage YouGov dans dix pays européens révèle que 72 % des citoyens s’opposent à cette idée, avec un rejet encore plus marqué chez les jeunes (73 % chez les 18-24 ans). Des organisations comme l’Internet Society la qualifient d’ « approche disproportionnée et dangereuse« , préférant renforcer les enquêtes ciblées plutôt qu’une intrusion généralisée.
Le parcours tumultueux et la décision récente
Le projet a connu plusieurs rebondissements. Relancé en 2023 par
l’ex-commissaire Ylva Johansson, il a fait face à une opposition
croissante. Un rapport de l’Internet Watch Foundation en
2024 indiquait que 62 % des contenus pédopornographiques sont hébergés
en UE, mais cela n’a pas suffi à convaincre les sceptiques. Les
discussions au sein des 27 États membres ont été intenses, avec des pays
comme l’Allemagne (représentant 18,56 % de la population européenne) bloquant une majorité qualifiée requise (au moins 15 pays et 65 % de la population).
Initialement prévu pour un vote le 14 octobre 2025, le texte a été
ajourné grâce à l’opposition allemande, puis modifié sous la présidence
danoise. Le 30 octobre, l’UE a retiré l’obligation de scanner les
conversations chiffrées pour tous les citoyens, optant pour un régime
volontaire similaire aux règles actuelles. Le ministre danois de la
Justice, Peter Hummelgaard, a expliqué ce choix : « Il y avait un
risque sérieux que nous nous retrouvions pendant une longue période sans
l’outil dont nous disposons aujourd’hui. Nous ne pouvions pas nous
permettre cela. » Ce compromis évite un « vide réglementaire » mais est perçu comme insuffisant par certains, qui regrettent l’absence d’une obligation plus stricte.
La France, autrefois opposée, a joué un rôle pivot en soutenant activement le projet aux
côtés de 18 autres pays, dont l’Allemagne, la Belgique et l’Italie. Ce
revirement a été qualifié de trahison des valeurs républicaines,
sacrifiant la vie privée au nom d’une lutte contre la criminalité dont
l’efficacité est douteuse.
Des juristes du Conseil de l’UE, dans un
rapport de mars 2025, ont jugé la mesure « disproportionnée » et
contraire à la Charte des droits fondamentaux.
Des cryptographes danois avertissent que cela « saperait toute l’idée du chiffrement de bout en bout« . Associations comme La Quadrature du Net et l’Electronic Frontier Foundation (EFF) dénoncent une « dérive autoritaire sans précédent » , avec des risques de faux positifs massifs dénonçant des contenus innocents, comme des photos de famille.
Réactions et mobilisation citoyenne
La décision a été saluée comme une « victoire » par les opposants.
Patrick Breyer, ancien eurodéputé du Parti Pirate allemand, y voit une
« avancée majeure » contre une « loi totalitaire« . Des ONG comme European Digital Rights et l’EFF célèbrent la préservation de la confidentialité. En France, des figures politiques comme Florian Philippot appellent à la vigilance, voyant un « énorme revers pour Ursula von der Leyen et Macron » , et soulignant que « ils vont forcément retenter« .
Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent. Des utilisateurs célèbrent la « victoire pour la vie privée » tout en critiquant le soutien français initial, avec des publications qualifiant le président de « facho/communiste » obsédé par le contrôle. Claudio Borghi, en Italie, note que « Chat Control a atteint la fin de la route » . La mobilisation citoyenne a été décisive : campagnes comme « Fight Chat Control » avec des millions de courriels, pétitions dépassant 80.000 signatures, et manifestations à Stockholm.
Cependant, des soutiens sont déçus. Associations de protection de
l’enfance regrettent un cadre trop laxiste. Hummelgaard qualifie le
compromis de « pas l’offensive dont nous avons besoin, mais bien mieux qu’un recul »
. Des divisions persistent : douze pays, dont la France, l’Espagne et
le Danemark, soutenaient l’obligation stricte, tandis que l’Allemagne,
la Belgique, l’Italie et la Suède ont été décisifs dans l’opposition.
Des eurodéputés comme Rodrigo Arenas (LFI) le voient comme une « intrusion généralisée » , Mathilde Androuët (RN) comme « très problématique » , et Charlie Weimers (Suède) comme un pas vers une « censure à la chinoise » .
L’avertissement de Pavel Durov et les menaces persistantes
Cette décision intervient dans un contexte plus large d’érosion des
libertés numériques, comme l’a souligné Pavel Durov, fondateur de
Telegram, dans un message poignant publié le 10 octobre 2025, jour de son 41e anniversaire. Refusant de célébrer, il dénonce un Internet transformé en « outil ultime de contrôle »
, avec des mesures dystopiques comme les scans massifs de messages
privés dans l’UE, les identités numériques au Royaume-Uni, ou les
vérifications d’âge en Australie.
Il pointe particulièrement la France, où
des enquêtes pénales visent les leaders tech défendant la vie privée,
suite à son arrestation en août 2024 et une surveillance judiciaire en
2025.
« Un monde sombre et dystopique approche à grands pas — pendant que l’on dort » , avertit-il, accusant la génération actuelle de trahir l’héritage de liberté pour une autodestruction morale et intellectuelle.
Pavel Durov appelle à une mobilisation pour préserver un internet
respectueux de la souveraineté individuelle, soutenant des plateformes
chiffrées comme Telegram face à des régulations invasives. Ces
pressions gouvernementales illustrent les risques pour les applications
de messagerie, où la confidentialité pourrait être sacrifiée au nom de
la sécurité (Finalement, pourquoi ne pas ouvrir le courrier papier
acheminé par La Poste ?).
Implications futures : vigilance requise
Ce retrait est une victoire temporaire pour la vie privée, évitant une « surveillance massive » et préservant les libertés fondamentales.
Mais les opposants avertissent que le projet pourrait resurgir, avec des pressions politiques persistantes. Il
maintient un cadre volontaire, mais pose des questions sur l’équilibre
entre sécurité et droits. Historiquement, des tentatives similaires,
comme celle d’Apple en 2021, ont échoué face à l’indignation publique,
et une décision de la Cour européenne des droits de l’homme en 2023
contre l’affaiblissement du chiffrement est ignorée.
Pour l’avenir, des solutions décentralisées comme Matrix ou Briar (application
de messagerie sécurisée et open-source) pourraient émerger. La
mobilisation citoyenne a prouvé son efficacité, mais une vigilance
accrue est essentielle. Contacter les eurodéputés, signer des pétitions
et sensibiliser restent des armes clés pour défendre la vie privée,
pilier de la démocratie. Sans cela, l’Europe risque de basculer vers un
« État policier numérique » , comme le craignent experts et citoyens.
ALERTE | L’Union européenne s’apprête à réintroduire « EU Chat Control 2.0 », le dispositif de surveillance de masse que plusieurs États avaient pourtant rejeté.
La nouvelle version du texte prévoit :
➡️ La surveillance totale des conversations privées
Tous nos échanges privés, qu’ils passent par WhatsApp, Signal, Telegram ou même par e-mail, pourront être automatiquement scannés.
Et cela même lorsque la messagerie est chiffrée de bout en bout.
L’article 4 introduit une obligation de « mesures de mitigation des risques » permettant en pratique d’imposer le scan généralisé, directement depuis votre téléphone (client-side scanning).
➡️ La fin de l’anonymat en ligne
Pour « identifier les mineurs », le texte impose une vérification obligatoire d’identité (carte d’identité, passeport ou reconnaissance faciale) pour créer un compte mail, un compte de messagerie ou un réseau social.
➡️ L'interdiction des applications de messageries aux moins de 16 ans
Le texte prévoit une interdiction de toutes les applications type WhatsApp, Instagram, TikTok et des jeux en ligne pour tous les moins de 16 ans. Et pour le faire, ils devront contrôler l’identité de tout le monde.
C’est très grave.
La liberté de correspondance est directement menacée. Votre vie privée est directement menacée. L’anonymat est directement menacé. La liberté d’expression est menacée. Il en va de notre liberté même, à tous et à toutes.
Il faut faire pression sur les États membres pour qu’ils utilisent leur droit de veto afin de mettre fin à cette folie.
Plusieurs gouvernements (Allemagne, Pays-Bas, Pologne, Autriche, Finlande, Estonie, Luxembourg, Tchéquie) s’étaient opposés à la première version de ce texte.
La France, elle, était pour ces mesures gravissimes.
Si vous souhaitez agir, je mettrai en commentaire le lien vers le site de FightChatControl. Vous y trouverez le texte de loi, des informations, ainsi qu’un outil qui vous permet d’envoyer un mail à tous vos députés européens.
Il faut lutter contre ce texte. Il ne faut rien céder.
Les découverts bancaires interdits : symbole d’un asservissement financier
En cette fin d’année 2025, une nouvelle réforme bancaire
vient frapper les Français au portefeuille : à partir du 20 novembre
2026, les découverts bancaires seront assimilés à des crédits à la
consommation, imposant une évaluation stricte de solvabilité et une paperasse administrative lourde pour tout montant supérieur à 200 euros. Présentée comme une mesure de « transparence » et de protection contre le surendettement par la Banque de France, cette ordonnance adoptée le 3 septembre 2025 n’est rien d’autre qu’un
outil supplémentaire de contrôle et d’exclusion, renforçant le pouvoir
exorbitant des banques tout en facilitant la surveillance de masse par
l’État. Au cœur de cette critique : une paupérisation galopante de
la population française, qui asservit les plus vulnérables dans un cycle
infernal de dette et de dépendance, sans échappatoire pour les plus
pauvres.
Le pouvoir exorbitant des banques : des profits sur le dos des fragiles
Les
banques françaises, ces géants intouchables comme BNP Paribas, Société
Générale, Crédit Agricole, etc.., exercent un pouvoir quasi absolu sur
la vie quotidienne des citoyens. Elles génèrent des milliards d’euros
sur les frais d’incidents bancaires :
ces
pénalités pour rejets de prélèvements ou dépassements de découvert qui
représentent jusqu’à 30-35 % de leur chiffre d’affaires dans ce domaine.
En 2017 déjà, des enquêtes révélaient que ces frais étaient « exorbitants » et automatisés, punissant systématiquement les clients en difficulté sans lien réel avec les coûts encourus par les établissements.
Aujourd’hui, en 2025, rien n’a changé : 22 % des banques ne respectent
même pas la réglementation sur ces frais, selon une enquête de la DGCCRF
en 2023. De plus, selon le rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires analysé par l’UFC-Que Choisir,
les frais bancaires ont augmenté de 3,1 % sur un an, soit trois fois
plus que l’inflation. Les frais de tenue de compte ont bondi de 8,95 %
en moyenne, avec certaines banques passant de la gratuité à 24 € par an,
et moins de 10 % des établissements les proposant encore gratuitement. Près d’une banque sur deux applique désormais des minima forfaitaires sur les découverts, générant des taux effectifs « délirants » pour de petits dépassements temporaires, comme quelques euros pendant quelques jours.
Cette réforme sur les découverts aggrave la situation. Au lieu de faciliter l’accès à une bouffée d’oxygène financière,
elle impose un seuil d’endettement à 30 %, rendant impossible
l’obtention d’un découvert de 400 euros pour un salarié au SMIC (environ
1 750 euros nets, soit un quart des Français).
Les banques, qui se plaignent déjà que cela « compliquera la vie de nombreux ménages« , en tireront en réalité un profit accru : moins de risques pour elles, plus de frais pour les clients qui osent demander.
C’est
un système où les riches obtiennent des facilités, tandis que les
pauvres sont relégués à des microcrédits usuraires ou à l’exclusion
bancaire pure et simple.
Les
critiques fusent : une proposition de loi de la France insoumise vise
même à abroger cette « interdiction » des découverts, qualifiée de
scandaleuse par des voix comme celle de François Piquemal sur X.
La mainmise des gouvernements : surveillance de masse via les banques
Derrière cette réforme se cache un agenda plus sombre : la
consolidation d’une surveillance de masse orchestrée par l’État, avec
les banques comme bras armé. Sous couvert de lutte contre le blanchiment
d’argent et le financement du terrorisme (LCB-FT),
les lois françaises et européennes imposent aux institutions
financières des obligations de vigilance draconiennes. Depuis la
transposition de la 4e directive européenne en 2016, les banques
doivent évaluer les risques, surveiller les opérations en temps réel via
des dispositifs automatisés, et signaler toute transaction suspecte à Tracfin, le service de renseignement financier.
En 2025, cette surveillance s’intensifie avec la création de l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment (AMLA), qui renforce l’arsenal : injection de fonds criminels traqués, mais au prix d’une intrusion massive dans les comptes privés. La
réforme des découverts s’inscrit dans cette logique : chaque demande de
découvert nécessite une vérification approfondie des antécédents,
transformant un simple outil bancaire en un prétexte pour scruter la
solvabilité et les habitudes financières des citoyens. C’est une « surveillance généralisée »
qui, comme le soulignent des experts, menace la stabilité des systèmes
financiers tout en érodant les libertés individuelles. Le gouvernement
Macron, champion de ces mesures, utilise les banques pour « montrer patte blanche à tout instant« , créant un État policier financier où chaque transaction est potentiellement suspecte.
La paupérisation de la population française : un asservissement inéluctable pour les plus pauvres
Cette emprise bancaire et étatique s’abat avec une violence particulière sur une France en pleine paupérisation. En 2023, le taux de pauvreté a atteint 15,4 % – un record depuis 30 ans – touchant 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de 1.288 euros par mois (60 % du niveau de vie médian). Les inégalités explosent : les 20 % les plus riches ont des revenus 4,5 fois supérieurs aux 20 % les plus pauvres,
un écart inédit depuis trois décennies. En six ans, 1,2 million de
personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté, avec une
intensité de 19,2 % mesurant l’écart abyssal entre les pauvres et le
reste de la société.
Les plus vulnérables – chômeurs, familles monoparentales,
travailleurs précaires – sont piégés dans un asservissement financier. Sans découvert, comment survivre à un « petit trou de trésorerie » ? Ils
se tournent vers des prêts à taux usuraires ou des aides sociales
humiliantes, perpétuant un cycle de dette où les banques profitent des
frais cumulés. Cette réforme transforme un outil de survie en « privilège pour les aisés« ,
excluant les pauvres d’un système déjà biaisé. Pire, la surveillance
accrue via les banques les stigmatise : tout mouvement financier suspect
peut déclencher des enquêtes, renforçant leur marginalisation. Comme le
note le baromètre Ipsos 2025, la précarité reste une réalité vécue par
des millions de Français, malgré une légère amélioration perçue, et
s’accompagne d’un enrichissement des élites. Les pauvres ne peuvent
s’échapper : sans ressources pour contester ou migrer vers des
alternatives, ils sont asservis à un système qui les broie.
Vers une résistance nécessaire : briser les chaînes du contrôle financier
Cette réforme des découverts n’est pas
un accident : elle symbolise l’alliance toxique entre banques avides de
profits et un État obsédé par le contrôle.
En France, où les frais bancaires restent parmi les plus élevés d’Europe malgré des plafonds légaux, et où la surveillance anti-blanchiment gangrène la vie privée (vous
ne pouvez plus retirer votre argent de la banque sans en justifier la
destination -même 1.000 €-), il est temps de dénoncer cet
asservissement. Les pauvres, déjà fragilisés par une inflation
persistante et des inégalités records, paient le prix fort.
Mobilisons-nous pour abroger ces mesures, comme le propose certains
partis politiques et associations, et réclamons un système bancaire au
service du peuple, non de l’élite. Sinon, la France risque de devenir une dystopie financière où la liberté n’est qu’un privilège pour les riches.
Sachez que 100% des eurodéputés français ont voté POUR cette directive européenne (tous partis politiques confondus).