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novembre 08, 2025

France et paupérisation en cours et pourtant l'argent est là !!

 Jacques Attali révèle que les Français sont plus pauvres que les Maltais. 

"Le niveau de vie des Français est inférieur au niveau de vie des Maltais. Nous sommes en déclin, ça va s'aggraver si on n'agit pas rapidement." (LCI)

Pourquoi les Français s’appauvrissent Héritier ou déclassé ? 

Aujourd’hui, la France se scinde en deux : ceux qui héritent et les autres, étouffés par les prix de l’immobilier et l’absence de perspectives. Un déclassement qui nourrit notre obsession pour l’égalité, mais qui détruit nos possibilités de progression sociale. Peut-on encore renouer avec le rêve français ? 

« Plus de justice sociale » ! Pour les syndicats, les politiques et les médias, cette revendication est devenue un mantra. Tous jugent notre société profondément déséquilibrée et injuste. La France, malgré sa nouvelle et néfaste instabilité politique livrée aux populismes, est pourtant loin d’être l’enfer inégalitaire décrit. 

La passion nationale pour l’égalité a généré 80 ans d’ingénierie redistributive d’une efficacité redoutable. Ainsi, un ménage aisé (appartenant aux 10 % les plus riches) dispose d’un revenu annuel primaire de 127 270 € par an, contre 6 980 € pour les plus pauvres. Après prise en compte des prélèvements, des allocations et des services publics, les revenus deviennent respectivement de 78 480 € et 25 330 €. Autrement dit, notre mécanique de redistribution élargie permet à un ménage pauvre d’aller au-delà du triplement de son revenu annuel, réduisant l’écart avec les plus riches de 1 à 18, à… 1 à 3. Face à cette efficacité qui devrait trôner au panthéon de nos fiertés nationales, des dizaines, voire des centaines de milliers de nos concitoyens continuent de dénoncer notre prétendue injustice redistributive, et brandissent des avatars divers et variés de rétorsion comme la Taxe Zucman ou le retour de l’ISF.

 

Fausses injustices, vrais appauvrissements 

 Comment l’expliquer ? Tocqueville disait dans « De la démocratie en Amérique » que : plus les inégalités se réduisent, plus les inégalités résiduelles sont perçues comme insupportables. Or ici ce volet « résiduel » est alimenté par la conjonction de trois perceptions : un sentiment d’injustice fiscale, un autre de déclassement relatif et un dernier d’appauvrissement généralisé. 

Le premier est entretenu par l’injection régulière de fausses données dans le débat public concernant la contribution réelle des « ultras riches » au système fiscal, qui serait bien moindre en proportion que celle des plus pauvres. Une analyse basée sur une lecture biaisée – à dessein ou involontairement – des travaux en la matière et qui, malgré sa correction par de nombreux économistes, libéraux comme keynésiens (Gilles Ravaud et François Geerolf en tête), continue d’ancrer cette vision au cœur du ressenti national. 

Le deuxième, touchant particulièrement les jeunes, est alimenté par la comparaison générationnelle des niveaux de vie, notamment avec les seniors s’étant épanouis durant les Trente Glorieuses et bénéficiaires du plein emploi, mais aussi des conditions macroéconomiques ayant facilité leur accès précoce à la propriété immobilière. Les travaux de l’économiste Maxime Sbaihi montrent que cette nouvelle génération est loin d’atteindre le même confort de vie, particulièrement en matière de logement, que celui de ses grands-parents. Ce qui impacte directement notre démographie en créant une forte disparité entre la natalité souhaitée (2,3 enfants) et la natalité subie (1,6 enfant). 

Cette question du logement est au cœur des préoccupations liées au pouvoir d’achat des citoyens. Absorbant 22 % des dépenses d’un ménage (contre 16 % il y a 20 ans), avec d’importantes disparités selon l’âge (les moins de 30 ans y allouent 32 % quand les plus de 65 ans n’y consacrent que 14 %), le poids des dépenses de logement dans les dépenses incompressibles d’un ménage est de 65 %, quel que soit son niveau de vie. Mais là où les plus précaires y allouent une grande partie (82 %) au paiement d’un loyer, les plus riches en consacrent 52 % au remboursement de prêts immobiliers. La raison est assez simple : l’apport initial nécessaire à l’achat est passé de trois années de revenus dans les années 2000 à cinq années aujourd’hui. Une situation qui pousse les économistes Arrondel et Masson à lier la forte probabilité d’achat d’une résidence principale avec la réception d’un héritage ou d’une donation précoce*. 

Cette situation nous amène au troisième sentiment, celui de l’appauvrissement généralisé. La France a complètement oublié que le moteur de sa prospérité était la productivité, seul réacteur pouvant à la fois augmenter le revenu réel des salariés et diminuer leur temps de travail, tout en finançant notre modèle social. En son absence, il n’est tout simplement pas possible d’opérer une redistribution efficace et pérenne. Or, ce manque brise le potentiel dynamique d’une société et rend caduques les ambitions d’une génération rêvant de vivre mieux de son travail que celle de ses aînés. Hélas, ce fait est l’une des caractéristiques de notre pays, largement en retard sur ses voisins. Ainsi, depuis les années 2000, la productivité française n’a progressé en moyenne que de 0,8 % par an, contre 1,3 % pour l’OCDE, 1,2 % pour l’UE et 1,8 % pour les États-Unis. Soit, à partir de 2016, la 5e plus faible progression au sein de l’OCDE. Or, comme par enchantement, il s’agit peu ou prou de la hausse moyenne des salaires sur la période, montrant que lorsque son moteur principal est grippé, le pouvoir d’achat ne progresse plus.

Une France d’héritiers 
 
Notre faible productivité fait aujourd’hui rebasculer la France dans une société d’héritiers. Le CAE démontrait ainsi il y a quelques mois que la part de l’héritage dans le patrimoine des Français était passée de 35 % au début des années 1970 à 60 % aujourd’hui. De son côté, Antoine Foucher a rappelé l’année dernière qu’en se fondant sur la dynamique salariale actuelle, il fallait près de 80 ans pour doubler son pouvoir d’achat, quand 15 années suffisaient dans les années 70. Il est d’autant plus cruel de se rappeler que si la France avait connu la même croissance de la productivité horaire que la moyenne de l’UE, nous serions aujourd’hui tous 16 % plus riches. Et c’est cette absence de progression constatable du niveau de vie, qui non seulement accentue le sentiment d’appauvrissement des salariés, mais également freine notre mobilité sociale. Une valeur encore relativement dynamique jusqu’au cœur des années 1990, sous l’impulsion de gains de productivité vivaces, et aujourd’hui atone. L’OCDE estime qu’il faut six générations pour une famille modeste en France pour atteindre le niveau de vie moyen. C’est une de plus qu’aux États-Unis et presque deux de plus que la moyenne de ses membres. Et la raison en est simple : il est difficile de parvenir à augmenter son revenu quand il n’y a plus de croissance et que les dépenses contraintes prennent une place aussi fondamentale dans le budget des ménages. Et il est encore moins envisageable de parvenir à se constituer un patrimoine dans ces conditions.
 

Mettre fin au déclassement 
 
Nous avons donc, en délaissant le moteur principal de notre prospérité et en taisant sa chute lancinante, créé la crise sociale qui éclate sous nos yeux. Et en aucune manière une Taxe Zucman ou un autre artifice fiscal, en affectant notre compétitivité et l’investissement des entreprises, ne pourra y répondre. Pire, ce serait le meilleur moyen d’aggraver la situation. Or, la voie impérative à suivre consiste à renouer avec la croissance de notre productivité, par l’innovation et la concurrence. C’est la précieuse et heureuse leçon donnée par le prix Nobel d’économie 2025, tout juste attribué à Philippe Aghion. Espérons alors que son ordonnance soit massivement partagée par les médias, avec la même vigueur qu’ils l’ont fait pour les idées de Gabriel Zucman. Cela nous permettra de poser enfin le bon diagnostic sur les maux économiques de notre pays, et d’en finir avec ce débat lié à la justice fiscale qui ne fait que masquer l’ampleur du sentiment (justifié) de déclassement de nos concitoyens. 
 
*Inégalités de patrimoine entre générations : les donations aident-elles les jeunes à s’installer ? Luc Arrondel, Bertrand Garbinti et André Masson, 2014 
 lel.media


Redémarrer le moteur français

« De l’argent, il y en a. » La France se voit encore comme un pays riche, alors qu’elle enchaîne les prêts pour maintenir son train de vie. Un déni qui l’empêche de voir le vrai problème : le moteur de notre prospérité a calé.

Rarement la construction d’un budget aura été aussi douloureuse. Responsabilisés par la situation politique, les députés devaient tricoter une loi de finances cohérente, en accord avec le contexte économique d’un pays fragilisé par un demi-siècle de déficits chroniques. À la place, ils ont laissé exulter leur surmoi fiscal sans aucune modération, rivalisant d’ingéniosité pour sécuriser la première place mondiale de la France en matière de prélèvements obligatoires.

Si la nécessité de réduire drastiquement le déficit est immédiate, il est préjudiciable d’abandonner toute réflexion structurelle sur les causes ayant mené à cette situation.

Il y a deux facteurs expliquant l’endettement de la France : le montant pharaonique de ses dépenses publiques, conséquence d’une omniprésence de l’intervention de l’État, et le déni sur la richesse réelle de notre pays.

Imaginons un ménage qui, malgré des revenus devenus modestes par la faute d’aléas de la vie, continue de vivre comme durant ses années fastes : grand appartement, voiture de sport, restaurants étoilés. À force de dépenser plus qu’il ne gagne, ses dettes s’accumulent et chaque fin de mois devient un casse-tête. C’est exactement la situation de la France, qui continue d’avoir des dépenses, notamment sociales, dignes de pays largement excédentaires, alors que sa capacité à créer de la richesse s’est largement essoufflée.

Nous sommes enfermés dans une hallucination collective, alimentée par des élus affirmant que la France est un pays suffisamment opulent — ou disposant de suffisamment de riches à taxer — pour maintenir son train de vie. Il n’est donc pas étonnant qu’en retour la principale demande des citoyens soit une augmentation de leur pouvoir d’achat. Or, ce dernier ne se décrète ni à Bercy ni à l’Assemblée : il se construit au sein des entreprises. Si un élu peut modifier à la marge le taux ou l’assiette d’un impôt ou d’une cotisation pour redistribuer la richesse à disposition, à dépenses équivalentes, il ne pourra se substituer au réel moteur de la hausse des salaires : la productivité.

Ce concept un peu obscur est à la base de notre prospérité. La productivité reflète notre capacité à créer de la richesse sur un temps de travail donné. Un boulanger, par exemple, s’il produit 100 baguettes par heure, générant chacune 10 centimes de valeur ajoutée, aura alors une productivité horaire de 10 euros. Si, par l’amélioration de son art, le recours à un four plus performant ou la mise en place d’une meilleure organisation, il se met à en produire 150 par heure, alors sa productivité aura augmenté de 50 %. Il s’agit donc d’un indicateur mesurant l’efficacité réelle du temps de travail d’un salarié.

Dans ce domaine, la France s’est toujours enorgueillie d’avoir la meilleure productivité horaire au monde. C’est hélas rigoureusement faux. Si l’on analyse les données de l’OCDE en la matière, l’Hexagone n’a jamais dépassé la cinquième place depuis 2000. Et depuis le Covid, il est tombé à la dixième position.

Erwann Tison

https://lel.media/redemarrer-le-moteur-francais/ 


 



octobre 31, 2025

Découverts bancaires interdits, un outil supplémentaire de contrôle et d’exclusion !

Les découverts bancaires interdits : symbole d’un asservissement financier 

En cette fin d’année 2025, une nouvelle réforme bancaire vient frapper les Français au portefeuille : à partir du 20 novembre 2026, les découverts bancaires seront assimilés à des crédits à la consommation, imposant une évaluation stricte de solvabilité et une paperasse administrative lourde pour tout montant supérieur à 200 euros. Présentée comme une mesure de « transparence » et de protection contre le surendettement par la Banque de France, cette ordonnance adoptée le 3 septembre 2025 n’est rien d’autre qu’un outil supplémentaire de contrôle et d’exclusion, renforçant le pouvoir exorbitant des banques tout en facilitant la surveillance de masse par l’État. Au cœur de cette critique : une paupérisation galopante de la population française, qui asservit les plus vulnérables dans un cycle infernal de dette et de dépendance, sans échappatoire pour les plus pauvres.


Le pouvoir exorbitant des banques : des profits sur le dos des fragiles

Les banques françaises, ces géants intouchables comme BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, etc.., exercent un pouvoir quasi absolu sur la vie quotidienne des citoyens. Elles génèrent des milliards d’euros sur les frais d’incidents bancaires :

ces pénalités pour rejets de prélèvements ou dépassements de découvert qui représentent jusqu’à 30-35 % de leur chiffre d’affaires dans ce domaine.

En 2017 déjà, des enquêtes révélaient que ces frais étaient « exorbitants » et automatisés, punissant systématiquement les clients en difficulté sans lien réel avec les coûts encourus par les établissements. Aujourd’hui, en 2025, rien n’a changé : 22 % des banques ne respectent même pas la réglementation sur ces frais, selon une enquête de la DGCCRF en 2023. De plus, selon le rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires analysé par l’UFC-Que Choisir, les frais bancaires ont augmenté de 3,1 % sur un an, soit trois fois plus que l’inflation. Les frais de tenue de compte ont bondi de 8,95 % en moyenne, avec certaines banques passant de la gratuité à 24 € par an, et moins de 10 % des établissements les proposant encore gratuitement. Près d’une banque sur deux applique désormais des minima forfaitaires sur les découverts, générant des taux effectifs « délirants » pour de petits dépassements temporaires, comme quelques euros pendant quelques jours.

 

 

Cette réforme sur les découverts aggrave la situation. Au lieu de faciliter l’accès à une bouffée d’oxygène financière,

elle impose un seuil d’endettement à 30 %, rendant impossible l’obtention d’un découvert de 400 euros pour un salarié au SMIC (environ 1 750 euros nets, soit un quart des Français).

Les banques, qui se plaignent déjà que cela « compliquera la vie de nombreux ménages« , en tireront en réalité un profit accru : moins de risques pour elles, plus de frais pour les clients qui osent demander.

C’est un système où les riches obtiennent des facilités, tandis que les pauvres sont relégués à des microcrédits usuraires ou à l’exclusion bancaire pure et simple.

Les critiques fusent : une proposition de loi de la France insoumise vise même à abroger cette « interdiction » des découverts, qualifiée de scandaleuse par des voix comme celle de François Piquemal sur X.

La mainmise des gouvernements : surveillance de masse via les banques

Derrière cette réforme se cache un agenda plus sombre : la consolidation d’une surveillance de masse orchestrée par l’État, avec les banques comme bras armé. Sous couvert de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LCB-FT), les lois françaises et européennes imposent aux institutions financières des obligations de vigilance draconiennes. Depuis la transposition de la 4e directive européenne en 2016, les banques doivent évaluer les risques, surveiller les opérations en temps réel via des dispositifs automatisés, et signaler toute transaction suspecte à Tracfin, le service de renseignement financier.

En 2025, cette surveillance s’intensifie avec la création de l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment (AMLA), qui renforce l’arsenal : injection de fonds criminels traqués, mais au prix d’une intrusion massive dans les comptes privés. La réforme des découverts s’inscrit dans cette logique : chaque demande de découvert nécessite une vérification approfondie des antécédents, transformant un simple outil bancaire en un prétexte pour scruter la solvabilité et les habitudes financières des citoyens. C’est une « surveillance généralisée » qui, comme le soulignent des experts, menace la stabilité des systèmes financiers tout en érodant les libertés individuelles. Le gouvernement Macron, champion de ces mesures, utilise les banques pour « montrer patte blanche à tout instant« , créant un État policier financier où chaque transaction est potentiellement suspecte.

 


 

La paupérisation de la population française : un asservissement inéluctable pour les plus pauvres

Cette emprise bancaire et étatique s’abat avec une violence particulière sur une France en pleine paupérisation. En 2023, le taux de pauvreté a atteint 15,4 % – un record depuis 30 ans – touchant 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de 1.288 euros par mois (60 % du niveau de vie médian). Les inégalités explosent : les 20 % les plus riches ont des revenus 4,5 fois supérieurs aux 20 % les plus pauvres, un écart inédit depuis trois décennies. En six ans, 1,2 million de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté, avec une intensité de 19,2 % mesurant l’écart abyssal entre les pauvres et le reste de la société.

Les plus vulnérables – chômeurs, familles monoparentales, travailleurs précaires – sont piégés dans un asservissement financier. Sans découvert, comment survivre à un « petit trou de trésorerie » ? Ils se tournent vers des prêts à taux usuraires ou des aides sociales humiliantes, perpétuant un cycle de dette où les banques profitent des frais cumulés. Cette réforme transforme un outil de survie en « privilège pour les aisés« , excluant les pauvres d’un système déjà biaisé. Pire, la surveillance accrue via les banques les stigmatise : tout mouvement financier suspect peut déclencher des enquêtes, renforçant leur marginalisation. Comme le note le baromètre Ipsos 2025, la précarité reste une réalité vécue par des millions de Français, malgré une légère amélioration perçue, et s’accompagne d’un enrichissement des élites. Les pauvres ne peuvent s’échapper : sans ressources pour contester ou migrer vers des alternatives, ils sont asservis à un système qui les broie.

 

 

Vers une résistance nécessaire : briser les chaînes du contrôle financier

Cette réforme des découverts n’est pas un accident : elle symbolise l’alliance toxique entre banques avides de profits et un État obsédé par le contrôle.

En France, où les frais bancaires restent parmi les plus élevés d’Europe malgré des plafonds légaux, et où la surveillance anti-blanchiment gangrène la vie privée (vous ne pouvez plus retirer votre argent de la banque sans en justifier la destination -même 1.000 €-), il est temps de dénoncer cet asservissement. Les pauvres, déjà fragilisés par une inflation persistante et des inégalités records, paient le prix fort. Mobilisons-nous pour abroger ces mesures, comme le propose certains partis politiques et associations, et réclamons un système bancaire au service du peuple, non de l’élite. Sinon, la France risque de devenir une dystopie financière où la liberté n’est qu’un privilège pour les riches.


Sachez que 100% des eurodéputés français ont voté POUR cette directive européenne (tous partis politiques confondus).

octobre 09, 2025

Les sept règles de la bureaucratie - MISES Institute


L'une des publicités ironiques préférées de Wolfman Jack, diffusée avec sa voix rauque, disait ceci : « Vous dites que vos enfants n'ont pas de vêtements, que vous n'avez rien à manger dans le réfrigérateur ? ALORS ACHETEZ-VOUS UNE TÉLÉVISION COULEUR, BABY ! »


Harry E. Teasley Jr.

Cette mise en garde facétieuse, qui consiste à dépenser bien au-delà de ses moyens, correspond exactement à la façon dont les gouvernements fédéral, étatiques et locaux se sont comportés au cours des 50 dernières années. Pire encore, tous les niveaux de gouvernement ont permis aux Américains de faire de même.

L'époque où le peuple et son gouvernement vivaient selon leurs moyens est révolue. Avec 44 % des ménages bénéficiant d'une forme ou d'une autre de subvention fédérale et la majorité des Américains ne payant aucun impôt, notre pays est désormais davantage une terre de droits acquis qu'une terre d'opportunités (Boskin, 2011 ; Heritage Foundation Report, 2011).

Compte tenu du défi actuel qui consiste à réduire les dépenses publiques galopantes et la mentalité d'assistanat des citoyens, il est tout à fait possible de réduire les dépenses de 4 000 milliards de dollars en bridant uniquement notre bureaucratie fédérale. Thomas Sowell a suggéré que pour y parvenir, nous devons examiner de plus près et remettre en question le gigantesque Léviathan économique que représente notre bureaucratie gouvernementale. Le Bureau de la gestion et du budget a révélé que le pouvoir exécutif de notre gouvernement fédéral a augmenté de 23 % depuis l'entrée en fonction du président Obama. Le Wall Street Journal (2012) a estimé que le président avait « présidé à la plus grande expansion du gouvernement depuis LBJ — soins de santé, réglementation financière », et ce faisant, avait dépensé 24 % du PIB de notre nation.

Malheureusement, les contribuables et les médias souffrent d'amnésie sociale et mettent rarement les bureaucrates au pied du mur lorsque les programmes qu'ils ont créés échouent ou ne remplissent tout simplement pas leur fonction. Sowell (1995, p. 257) révèle une partie de ce problème dans The Vision of the Anointed :

    Lorsque le gouvernement crée un nouveau programme, rien n'est plus facile que de montrer les avantages qu'il procure... Mais il est pratiquement impossible de retracer les impôts qui ont financé ce programme jusqu'à leur source et de montrer les autres utilisations possibles de cet argent qui auraient pu être bien plus bénéfiques.

Pire encore, les bureaucrates et leurs partisans sont réticents à admettre que leurs programmes ont des conséquences néfastes et ont tendance à redoubler d'efforts pour mettre en œuvre une politique défaillante une fois que celle-ci s'est révélée inutile. L'exemple classique est celui du représentant Barney Frank qui, pas plus tard qu'en 2009, a annoncé qu'il prévoyait d'introduire une législation visant à augmenter le plafond des prêts FHA de 100 000 dollars supplémentaires pour le porter à 839 750 dollars (New York Times, 2009).

La bureaucratie : un mal profond

Pour comprendre les fondements du marasme américain, il faut se pencher sur la bureaucratie. À l'origine de ce mal grandissant se trouve la nature même de la bureaucratie, en particulier la bureaucratie politique. L'économiste français Frédéric Bastiat avait lancé un avertissement dès 1850, affirmant que les lois, les institutions et les actes — qui constituent la bureaucratie politique — produisent des effets économiques immédiatement visibles, mais que d'autres effets imprévus se manifestent beaucoup plus tard. Il affirmait que les mauvais économistes ne s'intéressent qu'aux effets immédiats et visibles et ignorent les effets qui se manifestent plus tard, tandis que les bons économistes sont capables d'examiner les effets immédiats et de prévoir les effets, bons ou mauvais, qui se manifesteront plus tard.

Le visible et l'invisible sont devenus une condition nécessaire de la bureaucratie moderne. Max Weber, considéré comme le père de la bureaucratie moderne en grande partie en réponse à la révolution industrielle, est reconnu pour avoir formalisé les éléments de la bureaucratie en tant que principe fondamental de l'organisation. Il était également douloureusement conscient du caractère arbitraire des processus décisionnels bureaucratiques. Dans un discours prononcé devant l'Association allemande pour la politique sociale en 1909, il a souligné son engagement indéfectible envers la bureaucratie, tout en exprimant un malaise certain quant à son adoption par le gouvernement et les universités (Mayer, 1944).

    Que le monde ne me connaisse pas moi, mais connaisse plutôt ceci : c'est dans une telle évolution que nous sommes déjà pris, et la grande question n'est donc pas de savoir comment nous pouvons la promouvoir et l'accélérer, mais ce que nous pouvons opposer à cette machine afin de préserver une partie de l'humanité du morcellement de l'âme, de cette maîtrise suprême du mode de vie bureaucratique.

Les économistes libéraux remettent en question les bureaucraties gouvernementales depuis les années 1920. Ludwig von Mises, dans la préface de son édition de 1944 de Bureaucracy, demandait si les Américains devaient renoncer à leur liberté individuelle et à leur initiative privée au profit de la tutelle de l'État bureaucratique. Il avertissait :

L'Amérique est une vieille démocratie et le débat sur les dangers de la bureaucratie est un phénomène nouveau dans ce pays. Ce n'est que depuis quelques années que les gens ont pris conscience de la menace que représente la bureaucratie, qu'ils considèrent non pas comme un instrument du gouvernement démocratique, mais au contraire comme le pire ennemi de la liberté et de la démocratie. (Mises, 1944, p. 44)

Harry Teasley nous met en garde contre le fait que l'histoire des États-Unis regorge d'exemples où la bureaucratie gouvernementale a arbitrairement distribué des avantages, passant ainsi outre et parfois pénalisant le libre marché. L'exemple parfait en est la récente bulle immobilière, dont les fondements remontent à la loi sur le logement équitable (Fair Housing Act) et à la garantie gouvernementale accordée à Fannie Mae et Freddie Mac. Pourtant, dans le chaos de la crise financière qui a suivi, le Congrès a décidé de punir les banques et de les réglementer davantage afin qu'elles accordent des prêts hypothécaires risqués au nom de la justice sociale (voir The Housing Boom and Bust, 2009, de Sowell). Teasley conclut que le marché libre a toujours mieux réussi à distribuer les avantages de manière équitable et à s'adapter efficacement aux conséquences imprévues.

L'un des truismes des bureaucraties, qu'elles soient gouvernementales ou privées, est que si on les laisse faire, elles deviendront plus grandes, plus audacieuses et moins gérables au fil du temps. Teasley a vu cela se produire à maintes reprises et a mis son intelligence considérable au service de la compréhension du fonctionnement de cet appareil. John Baden nous a proposé l'une des solutions les plus prometteuses, mais ignorées, au problème du Léviathan bureaucratique. Baden (1993) attribue le problème aux politiciens qui concentrent les avantages et dispersent les coûts, et estime que les « bureaucraties prédatrices » permettraient aux bureaucraties de se nourrir d'elles-mêmes, les bureaucraties les plus efficaces et les plus efficientes prenant l'argent et les responsabilités de celles qui sont moins efficaces et efficientes. Bien que cette théorie soit provocante, le problème réside dans les règles mêmes qui sous-tendent les bureaucraties. Bien que ce concept ait près de 20 ans, il n'a jamais été mis en œuvre, et encore moins appliqué de manière significative ou généralisée.

Harry Teasley a passé sa vie à lutter contre la bureaucratie. Cela lui a permis d'acquérir une excellente compréhension des dynamiques qui donnent naissance et couvrent les bureaucraties. Il a également combattu avec succès les bureaucraties gouvernementales. Nous soutenons que la connaissance de ces règles peut aider les Américains à s'éloigner du statisme et du service politique en tant que profession et carrière, et à ramener notre pays à la solvabilité fiscale et à l'exceptionnalisme en démantelant la bureaucratie.

Règles de la bureaucratie
Règle n° 1 : maintenir le problème à tout prix ! Le problème est la base du pouvoir, des avantages, des privilèges et de la sécurité.

Teasley souligne à juste titre que ce sont les problèmes, et non les solutions, qui sont à la base du pouvoir bureaucratique, des avantages, des privilèges et de la sécurité politique. En politique, plus le problème semble difficile, plus il faut y consacrer de ressources. Des carrières politiques ont été bâties par des bureaucrates promettant de résoudre des problèmes. Les bureaucrates font semblant d'essayer de résoudre les problèmes, mais en réalité, ils ne font généralement que les aggraver. En effet, maintenir le problème crée une dépendance chez les électeurs et permet au bureaucrate de montrer de manière tangible qu'il travaille dur pour eux et pour leur cause. Cela permet également aux bureaucrates de dépenser sans compter, et apparemment sans fin, pour de nouveaux programmes gouvernementaux et de nouveaux employés. L'examen des trois « guerres contre » créées par les politiciens au cours des 50 dernières années illustre parfaitement la règle n° 1.

La guerre contre la pauvreté

En 1964, le président Lyndon Johnson a déclaré la guerre à la pauvreté. Cela a conduit à une explosion de programmes de lutte contre la pauvreté, notamment la loi sur l'égalité des chances économiques (Economic Opportunity Act), l'Office of Economic Opportunity (OEO), le Job Corps, les Volunteers in Service to America (VISTA), Upward Bound, Head Start, les services juridiques, le Neighborhood Youth Corps, le Community Action Program (CAP), le College Work Study Program (CWSP) et, plus récemment, le nouveau Bureau des affaires urbaines de la Maison Blanche. Edgar K. Browning, professeur d'économie à l'université Texas A&M, estime que 80 programmes ciblés des gouvernements fédéral, étatiques et locaux constituent les légions de cette guerre. Les chiffres du recensement américain montrent qu'en 1964, année où cette « guerre » a commencé, le taux de pauvreté était de 15 % et qu'en 2010, il était de 15,1 %. N'importe quel élève de CM2 peut voir qu'il n'y a pas eu beaucoup de progrès sur le front de la pauvreté, surtout compte tenu des milliers de milliards de dollars dépensés depuis lors. Il n'est donc pas surprenant que, une fois lancés, la plupart de ces programmes n'aient jamais disparu et exigent une part toujours plus importante des deniers publics.

La guerre contre la drogue

Le président Richard Nixon a déclaré la guerre contre la drogue en 1971 afin de soutenir la loi de 1970 sur la prévention et le contrôle de l'abus de drogues (Comprehensive Drug Abuse Prevention and Control Act). Cette guerre a donné lieu à la création de la Drug Enforcement Administration (DEA), de l'Office of National Drug Control Policy (ONDCP) et de son chef bureaucrate, le « tsar de la drogue », de la National Youth Anti-Drug Media Campaign, et près de trois décennies plus tard, de la loi de 1998 sur les crédits du Trésor et de l'administration générale et de la loi de la même année sur la campagne médiatique contre la drogue. En 1982, le vice-président George H. Bush a commencé à faire pression pour que l'armée américaine et la CIA s'impliquent dans la lutte contre le trafic de drogue. Plus récemment, en 2009, la stratégie nationale de lutte contre le trafic de drogue à la frontière sud-ouest a été annoncée par la ministre de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano. Il s'agissait d'une coordination des forces de lutte contre le terrorisme et de lutte contre le trafic de drogue. Cette guerre a également donné naissance à des divisions chargées de la lutte contre le trafic de drogue dans la plupart des services de police des États-Unis. L'appareil s'agrandit tandis que le problème s'aggrave.

Comme beaucoup de guerres menées par la nation, la guerre contre la drogue est longue, coûteuse et inefficace. Des articles publiés dans The Economist (16 avril 2011) et le Wall Street Journal (14 janvier 2012) concluent que la guerre contre la drogue menée par les États-Unis a plongé toute l'Amérique latine dans la production et le trafic de drogue par les cartels, augmentant ainsi la production et le trafic de drogue vers ce pays et ailleurs dans le monde. Malgré le coût croissant de cette guerre, l'Institut national sur l'abus des drogues a conclu que « le déclin de la consommation de drogues illicites chez les adolescents américains depuis le milieu jusqu'à la fin des années 1990 s'est stabilisé ». Les conséquences imprévues de la guerre contre la drogue ont été bien pires. Grâce aux efforts américains de lutte contre la drogue, le coût des plantes sauvages (comme la marijuana et le pavot à opium) a augmenté de manière spectaculaire, créant une richesse commerciale pour les producteurs et les trafiquants qui a attiré les terroristes internationaux et compromis la guerre contre le terrorisme menée par les États-Unis.

Sur le plan intérieur, les États-Unis sont aujourd'hui tout aussi ravagés par le trafic et la consommation de drogues, malgré les plus de mille milliards de dollars que notre gouvernement a dépensés pour mener cette guerre. L'Institut national sur l'abus des drogues rapporte que parmi les élèves de 4e, 2nde et Terminale, la consommation de drogues illicites au cours de leur vie, au cours de l'année écoulée et actuellement est restée inchangée au cours de la dernière décennie.

    Les résultats de l'enquête nationale sur la toxicomanie et la dépendance menée en 2001 auprès des ménages américains ont révélé que, si des millions d'Américains fument régulièrement du cannabis, boivent de l'alcool, sniffent de la cocaïne et prennent des médicaments sur ordonnance, la plupart de ceux qui ont besoin d'un traitement ne reconnaissent pas qu'ils ont un problème de toxicomanie. On estime à plus de 4,6 millions le nombre de personnes qui « nient » leur toxicomanie, ce qui représente un nombre beaucoup plus élevé que prévu de personnes ayant besoin d'une aide professionnelle. (US No Drugs, 2009)

Le coût croissant de la guerre contre la drogue menée par les États-Unis, dont l'inefficacité est de plus en plus évidente, peut être constaté en suivant les récentes augmentations du budget annuel. Entre 2008 et 2012, le budget alloué par le président à la guerre contre la drogue a augmenté de 1,7 milliard de dollars (Office of National Drug Policy, 2012). Compte tenu de cette augmentation extraordinaire de la bureaucratie locale, étatique et fédérale et de la somme colossale provenant des contribuables qui la finance, les Américains devraient s'attendre à un retour sur investissement raisonnable. Mais une autre agence fédérale de lutte contre la drogue affirme le contraire :

    En 2007, 114 millions d'Américains, soit 46 % de la population américaine âgée de plus de 12 ans, ont déclaré avoir consommé des drogues illégales au moins une fois dans leur vie et environ un tiers d'entre eux (36 millions d'Américains) ont déclaré avoir consommé des drogues illégales au cours de l'année précédente, selon les estimations du gouvernement. (Substance Abuse and Mental Health Administration, 2008)

Règle n° 2 : Utilisez les crises et les crises perçues pour accroître votre pouvoir et votre contrôle.


L'attaque du World Trade Center en 2001 est l'exemple par excellence, mais seulement le dernier d'une série de crises qui ont été utilisées pour accroître le pouvoir et le contrôle du gouvernement. De nombreuses attaques terroristes ont été perpétrées contre les intérêts souverains des États-Unis avant le 11 septembre 2001. Il s'agit notamment, mais sans s'y limiter, de l'attaque contre l'USS Cole en 2000, de l'attentat à la bombe contre l'ambassade américaine au Kenya en 1998, l'attentat à la bombe contre les tours Kobar en 1996, qui abritaient la 4404e escadre de l'armée de l'air américaine en Arabie saoudite, l'attentat à la bombe contre un bâtiment fédéral à Oklahoma City en 1995, l'attentat à la bombe contre le World Trade Center à New York en 1993 et l'attentat contre le vol Pan Am 103 au-dessus de Lockerbie, en Écosse, en 1988.

Au lendemain du premier attentat à la bombe contre le World Trade Center, la loi antiterroriste et sur la peine de mort effective de 1996, Pub. L. No. 104–132, 110 Stat. 1214 (également connue sous le nom d'AEDPA) a été adoptée à une large majorité par le Congrès et promulguée par le président Bill Clinton. Le 26 octobre 2001, malgré une opposition mineure au Congrès, le Patriot Act a été rapidement promulgué par le président George W. Bush. Il restreint les droits constitutionnels des citoyens américains avec peu de contrôle judiciaire si vous êtes soupçonné d'activités terroristes ou même de fournir un « soutien matériel » à des groupes terroristes. Les musulmans soulignent le fait que le Patriot Act réduit les droits garantis par le quatrième amendement contre les perquisitions et saisies illégales et restreint également directement les amendements 5, 6 et 8 (Ghazali, 2004).

Le département de la Sécurité intérieure est une nouvelle administration fédérale coûteuse qui renforce le droit du gouvernement à fouiller les passagers aériens et leurs bagages, à les palper et à confisquer les objets qu'il juge dangereux, qu'ils aient ou non un lien avec le terrorisme. Les voyageurs n'ont pas le droit de protester ni de demander à une instance supérieure de réexaminer une décision de la TSA. À titre personnel, je me souviens d'un voyage entre mon domicile à Tampa, en Floride, et la Californie. Un agent de la TSA a repéré la pompe à insuline que je portais à ma ceinture et a demandé un contrôle complet, y compris un prélèvement sur ma pompe et mes mains pour détecter des traces d'explosifs, une fouille manuelle de tout le contenu de mon bagage à main et une fouille corporelle. Une fois qu'il a eu terminé, un autre agent de la TSA s'est excusé discrètement et m'a dit qu'aucun autre agent n'avait le pouvoir d'empêcher un agent de la TSA d'effectuer une fouille minutieuse et longue d'un passager. Même avec l'influence d'un nouveau président qui a critiqué le Patriot Act pendant sa campagne électorale, la loi du pays reste fermement en vigueur, tout comme la prison de Guantanamo Bay.

Règle n° 2a. Imposer des décisions de dernière minute, menacer de faire perdre des options et des opportunités, et limiter la possibilité pour l'opposition d'examiner et de critiquer.

Au cours de la première année de la présidence Obama, le fait qu'environ 12 à 32 millions d'Américains, selon les chiffres avancés, n'aient pas de couverture santé a été transformé en une crise que le Congrès américain s'est empressé de résoudre. Peu d'attention, voire aucune, a été accordée au fait que des millions d'Américains n'avaient pas d'assurance maladie alors qu'ils en avaient les moyens, simplement parce qu'ils avaient choisi de ne pas en souscrire (Wall Street Journal, 2011). Il s'avère que les services d'urgence à travers les États-Unis traitent un grand nombre de ces personnes lorsqu'elles sont malades.

D'après tous les comptes rendus du processus législatif, rares sont les membres du Congrès qui avaient lu le projet de loi dans son intégralité avant d'être contraints de le voter. Le Congrès et le président Obama ont choisi d'ignorer l'effondrement imminent de la sécurité sociale et de l'assurance maladie, deux crises bien étudiées et reconnues, pour dépenser un billion de dollars dans une couverture santé universelle dont la majorité des Américains ne voulaient pas ou n'avaient pas besoin. Les conséquences imprévues de cette mesure sont une législation imparfaite que plusieurs tribunaux fédéraux ont jugée inconstitutionnelle. Ses effets sur la reprise économique ont été très négatifs, entraînant une augmentation du coût des soins de santé et créant suffisamment d'ambiguïté parmi les propriétaires de petites entreprises pour empêcher toute création d'emplois.

Règle n° 3 : s'il n'y a pas assez de crises, fabriquez-les, même à partir de la nature, là où il n'y en a pas.

Les bureaucraties sont toujours à l'affût d'une nouvelle crise. Dans son ouvrage « Guiding Principles of Politicians, Bureaucrats, and Bureaucracies » (Principes directeurs des politiciens, des bureaucrates et des bureaucraties), Harry Teasley cite trois exemples :

L'incident du golfe du Tonkin, au cours duquel deux destroyers américains auraient été attaqués par un torpilleur nord-vietnamien, ce qui a permis au président Johnson de déployer des forces militaires conventionnelles au Vietnam sans l'accord du Congrès.

    L'attribution d'armes de destruction massive (ADM) à Saddam Hussein a permis au président George Bush d'envahir l'Irak (là encore, sans l'accord du Congrès), après quoi aucune ADM n'a été trouvée.

Le réchauffement climatique d'origine humaine. Les deux premiers ont entraîné des pertes en vies humaines et un terrible bilan de personnes mutilées et blessées. Nous sommes encore en train de découvrir les effets de la troisième crise.

Nous savons que sous la présidence d'Obama, le pouvoir de l'EPA est à son apogée, gagnant en taille et en puissance en tant qu'agence de régulation dotée de tous les pouvoirs de poursuite nécessaires pour infliger des amendes et même emprisonner les contrevenants (et de la latitude nécessaire pour ignorer les violations qui servent ses intérêts). Les carburants alternatifs et renouvelables sont devenus un sujet brûlant pour l'EPA. Bill Gates a récemment déclaré dans le Wall Street Journal à propos des subventions de l'EPA pour l'énergie solaire :

    Je pense que les gens sous-estiment profondément l'ampleur du problème que pose cette question du jour et de la nuit lorsque l'on tente de concevoir un système énergétique utilisant la technologie solaire qui soit plus qu'un simple passe-temps. Vous savez, le soleil brille pendant la journée, et les gens allument leur climatisation pendant la journée, ce qui permet de capter une partie de cette charge de pointe, surtout si vous bénéficiez de subventions suffisantes. C'est mignon, vous savez, c'est sympa. Mais d'un point de vue économique, c'est tellement loin d'être raisonnable... Et malheureusement, vous vous retrouvez avec des technologies qui, quelle que soit la quantité que vous achetez, ne peuvent en aucun cas être rentables.


L'EPA s'est également associée au ministère de la Justice et au Fish & Wildlife pour poursuivre les fabricants d'instruments de musique et les musiciens considérés comme ayant mis en danger les bois durs dans leurs instruments. Les musiciens qui jouent sur des instruments anciens fabriqués à partir de ces bois durs avant qu'ils ne soient interdits ne peuvent plus franchir les frontières américaines en toute sécurité sans documents « adéquats » et espérer revenir aux États-Unis avec leurs instruments sans que les douaniers ne les saisissent et ne leur infligent une amende, voire une peine d'emprisonnement. Gibson Guitars, fabricant d'instruments classiques, a été pris pour cible lors de descentes fédérales, et une affaire pénale est désormais en cours, « États-Unis d'Amérique c. Ebony Wood in Various Forms » (Felten, 2011). L'EPA a fait appel aux douanes américaines pour faire appliquer une politique environnementale problématique.

La diversité est un autre exemple de création d'une crise sociale là où il n'y en avait pas auparavant. Le besoin constant de diversité, qui n'a jamais été explicitement défini, hante particulièrement les administrations gouvernementales. James Taranto (2011) souligne l'existence d'une « bureaucratie de la diversité » que les universités publiques continuent d'alimenter lorsque des enseignants sont licenciés. Quels que soient les progrès réalisés, de nouveaux groupes apparaissent, illustrant l'incapacité persistante du pays à accepter la crise de la diversité. Sur les campus, nous devons aujourd'hui consacrer nos maigres ressources à glorifier les transgenres, les étudiants internationaux (en particulier les étudiants diplômés, car ils apportent des revenus plus importants), les gays, les lesbiennes et les bisexuels, les musulmans, etc. À l'instar du politiquement correct, la diversité est devenue une orthodoxie fondamentale et un objectif perpétuel du gouvernement qui ne peut tout simplement pas être atteint. Une fois créées, les crises deviennent autonomes.

Malgré les progrès considérables réalisés en matière d'égalité des femmes et des minorités dans ce qui a toujours été une nation diversifiée, la crise de la diversité perdure. Une série d'articles du New York Times montre que sur les campus universitaires, où les femmes sont plus nombreuses que les hommes (57 % contre 43 %), les questions liées au genre féminin restent un élément caractéristique de la diversité qui mérite que des ressources considérables y soient consacrées. L'Association américaine des facultés de médecine (AAMC) a indiqué qu'il y a plus de 20 ans, le nombre de femmes était égal à celui des hommes dans les 40 facultés de médecine américaines (AAMC, 1999). Selon un article du Boston Globe (2007), en 2007, les femmes représentaient 79 % des étudiants dans les écoles américaines de médecine vétérinaire et le Journal of Accountancy (2011) a rapporté que la moitié des étudiants de premier cycle et de master en comptabilité étaient des femmes. Malgré la montée en puissance des femmes, qui sont désormais majoritaires dans la plupart des écoles professionnelles, le gouvernement a laissé la diversité être ce que les bureaucrates veulent qu'elle soit, quel qu'en soit le coût. Heather Mac Donald a rapporté dans le City Journal comment une bureaucratie sexiste bien ancrée dans le système universitaire californien s'est développée malgré la majorité féminine des étudiants :

La crise budgétaire en Californie a réduit l'Université de Californie à un état de quasi-pauvreté, ont déclaré ses porte-parole. « Nos campus et le bureau du président de l'UC ont réduit leurs dépenses au strict minimum... » Eh bien, pas tout à fait au strict minimum... L'Université de Californie à San Diego, par exemple, est en train de créer un nouveau poste à temps plein de « vice-chancelier chargé de l'équité, de la diversité et de l'inclusion ». Ce poste viendrait renforcer l'appareil déjà très important de l'UC San Diego en matière de diversité, qui comprend le bureau du recteur chargé de la diversité, le vice-chancelier adjoint chargé de l'équité au sein du corps enseignant, le vice-chancelier adjoint chargé de la diversité, les conseillers en matière d'équité au sein du corps enseignant, les coordinateurs de la diversité au niveau des études supérieures, le responsable de la diversité au sein du personnel, le responsable de la diversité au niveau des étudiants de premier cycle, le responsable de la diversité au niveau des étudiants de troisième cycle, le directeur du développement des initiatives en matière de diversité, le Bureau de la diversité académique et de l'égalité des chances, le Comité sur les questions d'identité de genre et d'orientation sexuelle, le Comité sur le statut des femmes, le Conseil du campus sur le climat, la culture et l'inclusion, le Conseil de la diversité, ainsi que les directeurs du Centre interculturel, du Centre de ressources pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres et du Centre pour les femmes.

La question de la race et du genre continue non seulement de prospérer dans les universités publiques, mais échappe souvent à toute responsabilité. Au plus fort de la récession de 2000, le président et le vice-recteur de notre université ont créé un comité chargé de trouver des moyens de réduire leur budget académique. Chaque département et chaque école devait produire un rapport indiquant les coupes qui seraient effectuées et qui permettraient soi-disant à l'université et à l'État de faire des économies. Les départements universitaires ayant obtenu les scores les plus bas selon ces données de performance, basées sur un large éventail de critères fournis par leurs propres professeurs, étaient les études féminines et les études africaines. Le président et le vice-recteur ont rapidement ignoré la nécessité de supprimer des programmes universitaires en fonction de leurs performances et les deux programmes ont été maintenus.

Règle n° 4 : Contrôler le flux et la diffusion de l'information tout en feignant l'ouverture.

Il est révélateur que le terme « relations publiques » ne soit pas utilisé dans les administrations gouvernementales. Cela ne signifie pas que les administrations gouvernementales n'exercent aucune influence sur le public, mais simplement qu'elles ne veulent pas être perçues comme telles. Ironiquement, elles dépensent des sommes considérables à tous les niveaux pour tenter de persuader le public et les médias qu'elles ne cherchent pas à les persuader. À la place, on parle d'« affaires publiques », d'« information publique », de « communication et liaison publiques » et d'« engagement public » pour esquiver les critiques du public concernant leurs efforts de contrôle de l'information. En fin de compte, les administrations publiques ne veulent pas que les gens pensent qu'elles contrôlent la diffusion et le flux d'informations. Elles s'efforcent donc de donner au public les informations qu'il souhaite et dont il a besoin, en les présentant de manière anodine plutôt que persuasive.

Pendant la guerre du Vietnam, les correspondants de guerre ont chaque soir montré la mort et la destruction à la télévision, suscitant une immense opposition négative de la part du public (voir Meyrowitz, 1985). Depuis lors, le gouvernement s'est engagé stratégiquement dans des efforts visant à coopter les médias en organisant des sorties de combat soigneusement contrôlées, menées par l'armée américaine et son personnel chargé des relations publiques. Le fait que l'opération Desert Storm ait reçu des critiques élogieuses de la part des médias et que l'opération Iraqi Freedom, malgré sa validité discutable, ait fait l'objet d'une couverture médiatique majoritairement positive jusqu'à ce que la guerre commence à s'éterniser et que les combattants d'autres pays du Moyen-Orient se mettent à recourir à des tactiques terroristes, témoigne de ce contrôle de l'information.

L'un des meilleurs exemples de contrôle de l'information concerne les informations sur les armes de destruction massive (ADM) présumées de l'Irak, qui ont été stratégiquement divulguées juste avant que les États-Unis et leurs alliés n'envahissent l'Irak. Sentant le besoin de susciter un large soutien à l'invasion, le gouvernement a stratégiquement divulgué un rapport de la CIA datant de 2002 qui présentait avec force l'idée que l'Irak possédait bel et bien des ADM (voir CIA). Pendant ce temps, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a tenu plusieurs conférences de presse sur l'invasion et les ADM, au cours desquelles il commençait systématiquement par poser la question, puis y répondait avant que la presse n'ait eu le temps d'approfondir le sujet.

Un autre exemple du contrôle de l'information par le gouvernement nous vient de la récession économique qui a débuté en 2007. Si le président Obama a certes hérité de la récession du président Bush, les efforts déployés par son administration pour contrôler l'information à ce sujet et nos progrès pour la surmonter sont instructifs. Alors que l'emploi continuait de baisser, le Bureau of Labor Statistics (Bureau des statistiques du travail) du gouvernement continuait de publier des rapports mensuels optimistes qui se sont par la suite révélés erronés. Ce que beaucoup de gens ignorent, c'est que les méthodes de collecte de données du gouvernement sont biaisées pour donner une image beaucoup plus positive de la réalité. Par exemple, les personnes employées sont toutes les personnes âgées de 16 ans ou plus qui ont effectué un travail rémunéré ou lucratif au cours de la semaine de l'enquête, ainsi que toutes les personnes qui ont travaillé au moins 15 heures dans une entreprise familiale gérée par un membre de leur foyer. Les données sur le chômage du Bureau of Labor Statistics (2012) n'incluent pas les retraités qui réintègrent le marché du travail, les nouveaux diplômés à la recherche d'un emploi, les militaires non déployés ou les personnes sans emploi depuis cinq mois ou plus. Il est instructif de noter que la mesure peu connue du chômage utilisée par le ministère du Travail, l'U-6, est ignorée par le président, le Congrès et les médias, qui préfèrent le taux présenté chaque mois. Le taux de chômage U-6 est actuellement de 16 %.

Règle n° 4a : nier, retarder, brouiller les pistes, manipuler et mentir.

Il existe deux exemples classiques de cette règle. Le premier concerne l'administration Nixon pendant le scandale du Watergate. Lorsque la presse a réclamé la destitution du président après que W. Mark Felt (« Deep Throat ») eut confirmé l'effraction des républicains dans les bureaux du Parti démocrate à l'hôtel Watergate, le président Nixon est apparu à la télévision nationale et a prononcé la phrase désormais célèbre : « Je ne suis pas un escroc ». Au total, six hauts responsables de l'administration ont été inculpés et envoyés en prison. Bill Clinton, dont l'administration avait perfectionné l'art de la manipulation médiatique pour en faire une science, s'est également adressé au peuple américain ainsi qu'au Congrès et à son cabinet en déclarant : « Je n'ai pas eu de relations sexuelles avec cette femme, Mlle Lewinsky ». Hillary Clinton l'a soutenu et a attribué cette agitation à une « vaste conspiration de la droite ». Après que Mlle Lewinsky eut présenté des preuves ADN au procureur fédéral, la plupart des membres du cabinet de Clinton ont démissionné (probablement pour avoir été trompés par le président). Mentir, tricher, brouiller les pistes et manipuler l'opinion publique sont autant d'outils utilisés par les bureaucrates chevronnés qui se font prendre en flagrant délit.

Règle n° 5 : Maximisez votre exposition médiatique en créant une histoire qui fait appel au besoin universel d'aider les gens.

La bureaucratie gouvernementale est rompue à la rhétorique populiste. Les bureaucrates sont devenus habiles à utiliser l'argument « aider les gens » dans leurs discours, et en particulier lorsqu'ils s'adressent à la presse. Il s'agit d'une variante de l'« angle populaire » enseigné dans les programmes de formation aux relations avec les médias comme étant la meilleure méthode pour attirer l'attention des médias et faire de la promotion. Presque tous les programmes gouvernementaux, quel que soit leur coût en termes d'argent ou de libertés individuelles, peuvent être vendus par les médias en prétendant qu'ils sont destinés (1) aux enfants, (2) à l'environnement, (3) aux personnes âgées, (4) aux pauvres, (5) aux sans-abri, (6) à la défense nationale, (7) à la sécurité intérieure ou (8) aux malades.

Par exemple, CNN (2003) a rapporté que George W. Bush avait affirmé que le supplément pharmaceutique Medicare Part D qu'il avait promulgué était     la plus grande avancée en matière de couverture santé pour les seniors américains depuis la création de Medicare. Grâce à cette loi, nous offrons aux Américains âgés de meilleurs choix et un plus grand contrôle sur leurs soins de santé, afin qu'ils puissent bénéficier des soins médicaux modernes qu'ils méritent. Ces réformes sont le fruit d'un gouvernement dynamique et compatissant.

Il a oublié de mentionner les obligations fiscales actuarielles de cette loi. D'après le rapport financier 2009 du gouvernement américain, les projections à long terme des coûts non financés du mandat Medicare Part D s'élèvent à 7 200 milliards de dollars.

Lorsque des bureaucrates de tout bord vantent leur nouvelle loi ou leur nouveau programme comme étant « pour le peuple », il est important de regarder d'abord derrière le rideau. La « justice sociale » est le vernis utilisé par les bureaucrates pour obtenir une couverture médiatique positive tout en poursuivant la mise en place d'une bureaucratie plus importante. Elle est si omniprésente que votre enfant peut même suivre des études supérieures en justice sociale dans des établissements tels que l'université de Californie à Santa Barbara. Sowell souligne dans son livre The Quest for Cosmic Justice (La quête de la justice cosmique) que toute justice est, par définition, sociale, et que le terme « social » est le plus souvent utilisé dans le sens populiste de « tout le monde sauf les riches ». Un article de couverture qui vise à promouvoir la justice sociale ou à corriger les injustices d'une société inéquitable est assuré de retenir l'attention des médias, mais très peu de médias ou de membres du public sont enclins à regarder derrière le vernis de la justice sociale pour examiner les coûts et les conséquences imprévues.


Règle n° 6 : Créez des groupes de soutien intéressés en distribuant des avantages et/ou des droits concentrés à ces intérêts particuliers, tout en répartissant largement les coûts entre vos adversaires politiques.

La loi sur le réinvestissement communautaire de 1977, promulguée par le président Carter, a établi le rôle du gouvernement fédéral dans la fourniture de logements abordables aux personnes dans le besoin. Au cours des 33 années qui ont suivi son adoption, son influence a accru la taille et la portée de la Federal Housing Administration, de la Federal Deposit Insurance Corporation, de la Réserve fédérale et des départements de la Justice et du Logement et du Développement urbain. Elle a également donné naissance à la Federal National Mortgage Association (« Fannie Mae » et « Freddie Mac »). Si l'objectif initial était d'offrir aux personnes défavorisées sur le plan économique la possibilité d'acheter une maison, personne ne s'est soucié d'examiner les conséquences imprévues possibles de l'aide apportée à des personnes dont le crédit personnel ne leur permettait pas d'acheter une maison.


Comme le souligne Sowell (2009, pp. 31-56), le terme « abordable » est devenu la capacité pour les gens d'acheter la maison qu'ils voulaient dans la région qu'ils voulaient, et le rôle du gouvernement était de rendre cet achat financièrement possible. La loi sur le réinvestissement communautaire a finalement conduit à la plus grande crise financière depuis la Grande Dépression, mais bon nombre de ses partisans, et même les médias, n'ont pas su voir ou comprendre le véritable problème, ni les coûts à long terme et les perturbations du marché qui en résulteraient.

Les lois gouvernementales qui favorisent les entreprises à but lucratif sont encore plus insidieuses. Ce sont elles qui bénéficient de l'aide sociale aux entreprises. L'exemple type de l'aide sociale aux entreprises est Archer Daniels Midland (ADM), qui a reçu des milliards de dollars provenant des impôts de plus de 15 agences fédérales au cours des 50 dernières années. Comme le soulignent James Bovard (1995) et Chip Krakoff (2011), pour rendre la pareille à la bureaucratie fédérale, ADM a également financé des campagnes de réélection des deux côtés de l'échiquier politique au Congrès et des candidats démocrates et républicains à la présidence. Preuve de l'œcuménisme politique d'ADM, l'entreprise est depuis longtemps sponsor/annonceur de la National Public Radio, qui attire une grande partie des esprits de gauche libérale. L'EPA prévoit de publier un décret autorisant l'ajout de 15 % d'éthanol dans l'essence, ce qui se traduira par un gain de marché de 50 % pour les installations de production d'éthanol d'ADM et un gain de marché similaire pour la vente de leurs stocks dominants de maïs de grande culture utilisé pour produire de l'éthanol.

Chip Krakoff (2011) cite Dwayne Andreas, d'ADM, qui justifie ainsi l'histoire de l'aide sociale accordée à son entreprise :

    Il n'y a pas un seul grain dans le monde qui soit vendu sur un marché libre. Pas un seul ! Le seul endroit où l'on voit un marché libre, c'est dans les discours des politiciens. Les gens qui ne vivent pas dans le Midwest ne comprennent pas que ce pays est socialiste.

Notre dernier exemple de la sixième règle de la bureaucratie de Teasley est Solyndra, l'une des trois entreprises d'énergie verte qui ont reçu près de 700 millions de dollars du gouvernement fédéral et ont déposé le bilan au cours des deux dernières années. Solyndra est un fabricant de systèmes photovoltaïques à énergie solaire basé en Californie. Il a reçu d'énormes garanties de prêt (535 millions de dollars) dans le cadre de l'American Recovery and Reinvestment Act (un programme fédéral coûteux visant à corriger les erreurs du Community Reinvestment Act) et de la Federal Financing Bank, et a également bénéficié des politiques fédérales et étatiques imposant l'utilisation de sources d'énergie renouvelables (programme ENERGY STAR du ministère américain de l'Énergie et exigences de la norme californienne Title 24 Energy Standard, qui prescrit l'utilisation de toitures fraîches lors de la construction ou du remplacement de toitures commerciales à faible pente).

Le Wall Street Journal (2011) a indiqué que la société était également soutenue par la George Kaiser Family Foundation et que, avec son fondateur, elle avait largement financé la campagne présidentielle d'Obama en raison de son engagement en faveur de l'environnement. Un prêt supplémentaire de 75 millions de dollars a été accordé à Solyndra, mais l'accord conclu avec des investisseurs privés, dont Kaiser, leur donnait la priorité sur les contribuables américains en cas de défaut de paiement. Jusqu'à ce que l'entreprise annonce sa faillite en août 2011, le président Obama avait salué cette entreprise comme « ouvrant la voie vers un avenir plus radieux et plus prospère » (Ibid). Entre mars 2009 et avril 2010, les dirigeants de l'entreprise, les investisseurs et George Kaiser se sont rendus plus de 20 fois à la Maison Blanche, et malgré les rapports des initiés du secteur sur la santé financière de Solyndra, les responsables de l'administration ont rejeté ces rapports comme étant « des conneries ».

Règle n° 7 : diaboliser ceux qui ont l'audace de dire la vérité, à savoir que « l'empereur est nu ».

Dès 2003, nombreux étaient ceux qui tiraient la sonnette d'alarme au sujet de la bulle immobilière et des déficits croissants qui ont directement conduit à la récession économique dévastatrice qui persiste aujourd'hui, non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier. La plupart des responsables à Washington, notamment Fannie Mae, Freddie Mac, le HUD, la Réserve fédérale, le membre du Congrès Barney Frank (président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants) et le sénateur Dodd (président de la commission bancaire du Sénat), ont tous refusé de prêter attention aux signes croissants de l'effondrement du marché immobilier et à ses risques pour l'économie américaine, dénonçant toute mise en garde concernant les difficultés financières de Fannie et Freddie.

Stephen Labaton (2003) du New York Times a cité M. Frank qui a déclaré : « Ces deux entités — Fannie Mae et Freddie Mac — ne sont confrontées à aucune crise financière. »

À la Chambre des représentants, le 25 juin 2007, le membre du Congrès Frank a déclaré :

Je pense que nous accordons actuellement une importance excessive à l'accession à la propriété et à son rôle dans l'économie. Il est évident que la spéculation n'est jamais une bonne chose. Mais ceux qui affirment que les prix de l'immobilier sont actuellement au bord d'une bulle semblent oublier un point très important. Contrairement aux exemples précédents où une inflation excessive des prix a ensuite causé des problèmes, nous parlons ici d'une entité, l'accession à la propriété, les maisons, qui ne présente pas le même degré d'effet de levier que d'autres secteurs. Ce n'est pas la situation des dot-com... Les logements occupés peuvent connaître des fluctuations de prix à un certain niveau, mais vous ne verrez pas l'effondrement dont on parle lorsque l'on évoque une bulle. C'est pourquoi les membres de notre commission, en particulier, continueront à promouvoir l'accession à la propriété.

En 2010, M. Frank a impliqué les banques centrales étrangères, en particulier la Chine, lorsqu'il a critiqué une lettre écrite par des économistes républicains à la Réserve fédérale pour

    s'être jointe à une vaste offensive menée par les banques centrales étrangères qui insistent pour que les États-Unis subordonnent d'une manière ou d'une autre leurs propres besoins économiques légitimes à leurs exigences monétaires. Ce qui m'a déçu, c'est de voir des économistes conservateurs, des hauts fonctionnaires des précédentes administrations républicaines et des leaders républicains du Congrès se joindre à l'attaque de ces banques étrangères non seulement contre la proposition de la Réserve fédérale, mais aussi contre l'idée même que les États-Unis ont le droit de donner la priorité à leurs propres besoins économiques en matière de croissance à l'heure actuelle. (McDonald, 2010)

Bien sûr, les deux partis politiques diabolisent ceux qui disent la vérité et dénoncent les politiques coûteuses et inutiles ainsi que leurs conséquences imprévues. Pendant l'invasion de l'Irak, le vice-président Dick Cheney, Donald Rumsfeld et même le président Bush ont souvent critiqué les détracteurs, affirmant qu'il existait des preuves « irréfutables » que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. CNN (2005) a rapporté que le président Bush avait déclaré lors d'un discours prononcé en Pennsylvanie à l'occasion de la Journée des anciens combattants :

    Certains démocrates et détracteurs de la guerre affirment aujourd'hui que nous avons manipulé les renseignements et trompé le peuple américain sur les raisons qui nous ont poussés à entrer en guerre. Ils savent également que les agences de renseignement du monde entier partageaient notre évaluation de Saddam Hussein. S'il est tout à fait légitime de critiquer ma décision ou la conduite de la guerre, il est profondément irresponsable de réécrire l'histoire de la façon dont cette guerre a commencé.

Règle n° 7a : Accuser celui qui dit la vérité de ses propres défauts, lacunes, crimes et délits.

Un plaisantin a dit : « L'audace était divisée en trois parties et les politiciens les possèdent toutes les trois. » Nous voyons régulièrement des fonctionnaires, en particulier des politiciens, tenter de renverser la situation en accusant leurs détracteurs de méfaits. Glen Johnson (2008), journaliste à l'Associated Press, a cité le député Barney Frank, qui a participé à un symposium sur les saisies immobilières à Boston et a remis en question les critiques de Fannie Mae, laissant entendre que le racisme était le motif de ces critiques :

Ils s'en prennent aux pauvres. Soyons honnêtes : le fait que certains pauvres soient noirs ne leur fait pas de mal non plus, de leur point de vue. Je pense qu'il s'agit là d'une tentative pour attiser la colère des gens.

L'ancien représentant Charles Rangel a finalement été accusé de 13 infractions à l'éthique par la Chambre des représentants. Les journalistes du Washington Post Leoning & Kane (2010) ont rapporté qu'après une conférence de presse donnée par M. Rangel au sujet des violations de l'éthique, celui-ci avait répondu à la question de savoir s'il risquait d'être démis de ses fonctions de président de la commission des voies et moyens de la Chambre des représentants :

« Je ne vois pas à quoi cela servirait, je ne pense pas que les journalistes devraient être en mesure de destituer des présidents, même temporairement, surtout lorsque les informations sont fausses. » Interrogé spécifiquement sur les près de 80 000 dollars que son fils avait reçus de sa campagne pour concevoir un site web, il a répondu : « Le journaliste devrait vraiment sortir de sa tanière et présenter ses excuses à mon fils, un vétéran, mon ami, mon fils et un grand Américain », a déclaré M. Rangel. « C'est l'un des écarts les plus flagrants par rapport à la vérité que j'ai vus dans ces récents articles. »
La route la moins fréquentée à partir d'ici

Après avoir présenté les règles de bureaucratie de Teasley, se demander où les Américains peuvent aller à partir de là n'est pas une question rhétorique. Compte tenu d'une économie qui ne réagit pas aux mesures de relance keynésiennes proposées par une administration autoritaire et une bureaucratie fédérale qui corrompt le marché, il existe plusieurs solutions qui, selon nous, feront la différence et couperont l'herbe sous le pied de la bureaucratie. Nous proposons une série d'antidotes au fléau de la bureaucratie.

1 - Le terme « bureaucrate » ne devrait pas être considéré comme un choix de carrière. L'histoire a prouvé que les « bureaucrates de carrière » font beaucoup plus de mal que de bien et nous devons les qualifier de parias et de vauriens, et non de sauveurs de ce pays. Les partis démocrate et républicain s'opposeront à cet antidote dans leur fausse lutte politique pour le pouvoir.1 Savoir comment faire avancer les choses dans les capitales des États et à Washington n'est qu'un atout pour les accros à la législation et reflète directement le côté obscur de la bête bureaucratique.

2 - Si le Congrès lance une nouvelle « guerre contre », nous devons la combattre, quelle que soit la cause de cette guerre. Le bilan du gouvernement fédéral est catastrophique et équivaut à un bateau de contribuables : un trou dans l'eau dans lequel vous coulez votre argent.

3 - Envoyez tous les nouveaux élus à la capitale de l'État ou à Washington avec l'objectif spécifique de réduire la législation. Les bureaucraties américaines ont oublié que les ressources sont rares et que la plupart des lois renforcent le gouvernement et exigent davantage d'argent provenant des impôts. La bureaucratie fédérale s'est développée à un rythme alarmant sous la présidence républicaine de George Bush et tout autant en seulement trois ans sous la présidence démocrate de Barack Obama. Alors que les législateurs tiennent un tableau de bord informel du nombre de lois qui portent leur nom, l'Amérique a-t-elle besoin des lois Sarbanes-Oxley ou Dodd-Frank ? Même si cela peut gonfler l'estime de soi et l'arrogance des bureaucrates, l'Amérique doit réduire considérablement le nombre de lois et d'agences existantes.

4 - Sowell (1999) préconise depuis longtemps l'analyse économique pour examiner nos initiatives législatives avant leur adoption. Afin d'endiguer la vague d'irresponsabilité budgétaire conduisant à une taille et une dette publiques insoutenables, aucun projet de loi ne devrait passer de la commission à la chambre plénière sans avoir été soigneusement analysé par le Government Accountability Office (GAO) selon une grille en quatre étapes, dont les résultats doivent être présentés au peuple américain avant le vote. Premièrement, une analyse des mesures possibles face à un problème, notamment son importance pour la compétitivité économique de notre pays et son coût. Deuxièmement, une analyse de ce que nous devrions faire collectivement en tant que nation et de ce qui devrait être laissé à l'initiative individuelle. La santé et l'éducation en sont de brillants exemples. Troisièmement, une analyse minutieuse doit être menée pour déterminer qui bénéficiera et qui sera pénalisé par toute nouvelle législation. Comme Bastiat nous l'a mis en garde il y a plus de 150 ans, les bureaucrates politiques ignorent qui sera pénalisé par une nouvelle loi. Quatrièmement, une analyse économétrique minutieuse doit être réalisée pour évaluer les éventuelles conséquences imprévues à long terme des projets de loi. Si nos législateurs avaient agi de la sorte, au lieu de tenter de profiter de l’occasion politique et des gros titres, une grande partie de la législation fédérale des deux dernières décennies n’aurait jamais été adoptée.

S'attaquer aux vrais problèmes tout en réduisant les bureaucraties et les aides sociales gouvernementales donnera aux États-Unis une nouvelle ingéniosité qui contribuera grandement à faire des États-Unis un marché résolument plus libre, et rétablira notre exceptionnalité d'une manière que d'autres pays développés ont été incapables de faire avec leurs bureaucraties étouffantes et leurs programmes étatiques. 

 Cet essai est basé sur une présentation à puces de Harry E. Teasley Jr. Teasley a passé sa vie à affronter et à vaincre la bureaucratie. 

Il a mené sa carrière chez Coca-Cola Company, à la tête de divers secteurs d'activité. On le surnommait « Thor » pour sa volonté de s'attaquer aux maux de la bureaucratie et de ses agents aveugles. Teasley a travaillé auprès des administrations fédérales, étatiques et locales, des syndicats, des organisations non gouvernementales (ONG), des défenseurs de l'environnement, de Coca-Cola elle-même et d'autres entreprises. Depuis sa retraite, Teasley est président de la Reason Foundation et a réussi à contrecarrer de nombreuses tentatives gouvernementales visant à empiéter sur le marché libre et à usurper les droits de propriété privée à Tampa, en Floride.

 Références New York Times, « La FHA accorde des prêts faciles aux régions les plus riches », 29 novembre 2009, p. A1 ; B6. 

Thomas Sowell, La vision de l'oint. New York, Basic Books, 1995. 

Michael J. Boskin, « Cinq étapes pour faire exploser le budget.», Hoover Digest, 12 octobre 2011, n° 4 ; voir également ce rapport de la Heritage Foundation. Wall Street Journal, « L'homme de la réorganisation : Obama dit maintenant vouloir réformer le gouvernement », 17 janvier 2012 J.P. Mayer. Max Weber et la politique allemande. Londres : Faber & Faber, Ltd., 1944, p. 125-131. Ludwig Von Mises, Bureaucratie. New Haven : Yale University Press, 1944. John A. Baden, « Exploiter le pouvoir prédateur de la bureaucratie », The Seattle Times, 2 mars 1993. John Lyons, « Cocaïne : la nouvelle ligne de front », Wall Street Journal, 14 janvier 2012.

Institut national de lutte contre l'abus des drogues, 2011. 

 Institut national de lutte contre l'abus des drogues, 2011, Ibid. 

Interdiction des drogues aux États-Unis, 2009. 

Bureau de la politique nationale de contrôle des drogues, 2012. 

 Administration des services de lutte contre l'abus des substances et de santé mentale, Bureau des études appliquées, Résultats de l'enquête nationale de 2007 sur la consommation de drogues et la santé : Conclusions nationales, NSDUH Series H-34, Publication DHHS n° SMA 08-4343 (Rockville, Maryland : 2008). Abdus Sattar Ghazali, « Les défis post-11 septembre — Les droits civiques », 2004. Télécharger le PDF. Sally C. Pipes, « Le recensement, l'Obamacare et les personnes non assurées », Wall Street Journal, 26 septembre 2011. Eric Felten, « Les frettes de guitare : la réglementation environnementale laisse les musiciens dans la peur ». Wall Street Journal, 26 août 2011. USA Today, 2005. New York Times, 2006, 2007, 2009. AAMC, 1999. Boston Globe, 22 août 2007.

Journal of Accountancy, 2011. James Taranto, « Vendre la diversité : les incitations derrière le gonflement bureaucratique de l’éducation », Wall Street Journal, 2 décembre 2011. Heather McDonald, City Journal, 2011. Joshua Meyrowitz, No Sense of Place : The Impact of Electronic Media on Social Behavior, Oxford University Press, 1985. Conseil national du renseignement, « Rapport complet du conseiller spécial du DCI sur les armes de destruction massive irakiennes », Télécharger le PDF, pp. 64–171. Conseil national du renseignement, Programme continu d’armes de destruction massive de l’Irak : principaux jugements (NIE, octobre 2002). Lawrence H. Silberman et Charles S. Robb, Commission sur les capacités de renseignement des États-Unis concernant les armes de destruction massive : rapport au président (Washington, DC : US Government Printing Office, 2003).

Bureau of Labor Statistics, 2012. CNN, 2003. Message du secrétaire au Trésor - Télécharger le PDF Thomas Sowell (1999). La quête de la justice cosmique. New York : Simon & Schuster. Thomas Sowell (2009). L’essor et la crise du logement. New York : Basic Books. James Bovard, « Archer Daniels Midland : un cas d’aide sociale aux entreprises », Cato Institute Policy Analysis n° 241, 26 septembre 1995. Blog de Chip Krakoff (2011), « Famine, obésité et aide sociale aux entreprises : Archer Daniels Midland et la politique américaine ». Wall Street Journal, 2011. Stephen Labaton, 2003. Glen Johnson (2008). Elizabeth McDonald, 2010. CNN, 2005. Carol D. Leonnig et Paul Kane, Washington Post, 2010. Pete Williams, CNN, 2008.

1 - Nous renvoyons le lecteur à Lawrence Vance « Not a Dime’s Worth of Difference » sur LeRockwell.com et à une présentation faite par Loyd Pettegrew dans son cours Influencer l’opinion publique à l’Université de Floride du Sud intitulée « La politique en Amérique : le catch professionnel à son pire ».     

Loyd S. Pettegrew Carol A. Vance

Source Mises  



 





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