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juillet 02, 2026

Gustave Le Bon

Gustave Le Bon : Le prophète des foules et le penseur oublié du monde moderne

Peu d’auteurs du XIXe siècle peuvent se targuer d’être encore lus, cités ou redécouverts plus d’un siècle après leur mort. Gustave Le Bon appartient à cette catégorie rare. Médecin de formation, voyageur, anthropologue, sociologue avant l’heure et observateur passionné des civilisations, il est surtout l’auteur d’un ouvrage devenu légendaire : Psychologie des foules, publié en 1895. Écrit à une époque où n’existaient ni la radio, ni le cinéma, ni la télévision, ni Internet, ce livre demeure pourtant d’une actualité saisissante. Bien avant l’avènement des médias de masse et des réseaux sociaux, Le Bon avait compris une vérité fondamentale : l’individu ne pense pas de la même manière lorsqu’il est seul que lorsqu’il est plongé dans une foule. À travers son œuvre se dessine une réflexion toujours pertinente sur le pouvoir, les émotions collectives, les idéologies et les fragilités de la démocratie moderne.


 

Un explorateur des civilisations à l’âge des empires

Gustave Le Bon naît en 1841 dans une France qui entre progressivement dans l’ère industrielle.

Le XIXe siècle est alors le siècle des nations, des révolutions, des empires coloniaux et des découvertes scientifiques.

Curieux de tout, Le Bon voyage énormément.

Il parcourt l’Europe, le Moyen-Orient, l’Inde, l’Asie centrale et l’Afrique du Nord.

Ces voyages le marquent profondément.

Contrairement à de nombreux intellectuels de son époque, il observe les sociétés réelles avant de bâtir des théories.

Il s’intéresse aux religions, aux coutumes, aux croyances, aux comportements collectifs et aux différences entre les civilisations.

Bien avant Samuel Huntington, Fernand Braudel ou Arnold Toynbee, Gustave Le Bon développe une réflexion fondée sur le temps long, les héritages culturels et les mentalités collectives. Il considère que les peuples ne sont pas uniquement façonnés par les institutions ou l’économie, mais aussi par des traditions, des croyances et des réflexes psychologiques profondément enracinés.

À une époque dominée par la foi dans le progrès, il demeure sceptique.

Il observe avec inquiétude la montée des idéologies de masse, des passions politiques et des mouvements révolutionnaires.

Les souvenirs de la Révolution française, des journées de 1848 et de la Commune de Paris nourrissent sa réflexion.

Le Bon comprend que le XIXe siècle n’est pas seulement celui du progrès technique.

C’est aussi celui de l’entrée des masses dans la vie politique.

La psychologie des foules : le livre qui annonça le XXe siècle

Lorsque paraît Psychologie des foules en 1895, l’Europe vit encore sous l’illusion de la stabilité.

Pourtant, Le Bon pressent déjà les bouleversements à venir.

Sa thèse est simple mais révolutionnaire.

Selon lui, lorsqu’un individu rejoint une foule, il cesse en partie d’être lui-même.

Son esprit critique diminue.

Ses émotions prennent le dessus.

Il devient plus réceptif aux slogans, aux symboles et aux discours simplificateurs.

Le Bon observe que les foules raisonnent rarement ; elles ressentent. Elles sont sensibles aux images, aux mythes, aux mots d’ordre et aux émotions bien davantage qu’aux démonstrations rationnelles.

Cette intuition paraît aujourd’hui évidente.

Elle ne l’était absolument pas à son époque.

Et c’est précisément ce qui rend son œuvre fascinante.

Car Le Bon écrit tout cela avant la radio de masse, avant le cinéma, avant les affiches de propagande du XXe siècle, avant la télévision et bien sûr avant Internet.

D’une certaine manière, Gustave Le Bon annonce l’ère moderne de la communication politique. Il comprend avant tout le monde que les sociétés démocratiques seront de plus en plus influencées par ceux qui sauront parler aux émotions collectives plutôt qu’à la raison individuelle.

Son livre influence rapidement des personnalités très diverses.

Des chefs d’État, des militaires, des publicitaires, des révolutionnaires et des stratèges s’y intéressent.

Theodore Roosevelt le lit.

Charles de Gaulle le connaît.

Winston Churchill s’intéresse à ses travaux.

Plus tard, certains propagandistes du XXe siècle puiseront également dans ses analyses. Et surtout, Le Bon sera la principale source d’inspiration des travaux d’Edward Bernays, le père du marketing et de la communication modernes.

Cette postérité ambiguë contribue d’ailleurs à sa réputation controversée.

Cette influence fut considérable. Les travaux de Gustave Le Bon furent étudiés par de nombreux dirigeants et stratèges du XXe siècle. Lénine s’intéressa aux mécanismes de mobilisation révolutionnaire des masses. Staline comprit très tôt l’importance des symboles, des mythes et de la propagande dans la conquête puis la conservation du pouvoir. Plus directement encore, Adolf Hitler lut attentivement Psychologie des foules et Joseph Goebbels, son redoutable ministre de la Propagande, s’inspira largement des mécanismes décrits par Le Bon pour élaborer certaines techniques de communication politique du IIIe Reich. Cette filiation ne fait évidemment pas de Le Bon le père de ces régimes, mais elle démontre la puissance et parfois l’ambivalence de ses intuitions : comme toute connaissance des mécanismes humains, ses analyses pouvaient servir aussi bien à comprendre les foules qu’à les manipuler.

Des foules de la rue aux réseaux sociaux : une actualité troublante

C’est sans doute ici que réside la force de Gustave Le Bon.

Plus d’un siècle après sa mort, ses analyses continuent d’éclairer notre époque.

Les réseaux sociaux ont créé des foules numériques permanentes. Là où Le Bon observait les rassemblements physiques du XIXe siècle, nous observons aujourd’hui des foules virtuelles capables de s’enflammer, de s’indigner, de condamner ou d’encenser en quelques heures seulement.

Les mécanismes restent pourtant étonnamment similaires.

Recherche du conformisme.

Contagion émotionnelle.

Simplification des débats.

Polarisation.

Recherche du bouc émissaire.

Besoin de symboles et de récits.

Autant de phénomènes que Le Bon avait déjà identifiés.

Le Bon aurait sans doute été fasciné par ce que nous appelons aujourd’hui les effets de mode, les phénomènes viraux ou encore les tendances collectives qui se propagent à la vitesse de la lumière sur les réseaux sociaux. Car derrière les technologies nouvelles, il aurait immédiatement reconnu des mécanismes anciens : l’imitation, le conformisme, le besoin d’appartenance et la contagion émotionnelle. Une idée, une indignation, une mode vestimentaire, une cause politique ou un mouvement culturel peuvent désormais conquérir des millions d’individus en quelques heures seulement.

Certains observateurs contemporains utilisent également la notion d’« égrégore » pour décrire cette forme de conscience collective qui semble parfois émerger des foules humaines. Sans employer ce vocabulaire, Gustave Le Bon fut l’un des premiers à décrire ce phénomène : lorsqu’un grand nombre d’individus se rassemble autour d’une même croyance, d’une même émotion ou d’un même objectif, il se crée une dynamique psychologique propre qui dépasse les volontés individuelles. La foule acquiert alors une sorte de personnalité autonome, capable d’entraîner ses membres vers le meilleur comme vers le pire.

Des engouements financiers aux paniques boursières, des révolutions politiques aux phénomènes de mode, des mouvements religieux aux emballements médiatiques contemporains, Le Bon nous rappelle que l’être humain agit rarement seul. Il pense, ressent et agit souvent au sein d’un groupe dont il adopte inconsciemment les codes, les passions et parfois les aveuglements.

À bien des égards, les algorithmes des plateformes numériques exploitent aujourd’hui les mêmes ressorts psychologiques que ceux décrits dans Psychologie des foules. L’émotion circule plus vite que la raison ; l’indignation davantage que l’analyse ; le slogan mieux que l’argumentation.

Cette réalité dépasse largement la politique.

Elle concerne les marchés financiers, les modes culturelles, les paniques collectives, les crises sanitaires ou les phénomènes médiatiques.

Le Bon nous rappelle que l’être humain demeure profondément un animal social.

Et que les foules, quelles que soient les technologies utilisées, continuent d’exercer une puissance considérable.

C’est également l’une des raisons pour lesquelles son œuvre demeure précieuse pour les géopolitologues. Derrière les institutions, les armées ou les économies, il existe toujours une dimension psychologique du pouvoir. Les peuples, les nations et les civilisations ne sont jamais uniquement gouvernés par des intérêts matériels ; ils le sont aussi par des représentations, des émotions et des imaginaires collectifs.

Le réalisme contre les illusions

Gustave Le Bon fut souvent caricaturé.

Certains l’ont présenté comme un pessimiste.

D’autres comme un réactionnaire.

La réalité est plus complexe.

Il fut avant tout un observateur lucide de la nature humaine.

Son immense mérite est d’avoir compris que le progrès technique n’entraîne pas automatiquement le progrès politique ou moral. Les machines évoluent rapidement ; les passions humaines beaucoup moins.

À l’heure des chaînes d’information en continu, des réseaux sociaux, des influenceurs et de l’intelligence artificielle, cette leçon mérite d’être méditée.

Car derrière les technologies les plus sophistiquées continuent d’agir les mêmes ressorts psychologiques qu’au temps des foules révolutionnaires du XIXe siècle.

Plus d’un siècle après sa publication, Psychologie des foules demeure ainsi l’un des livres les plus utiles pour comprendre le monde contemporain. Peu d’auteurs auront observé avec autant de clairvoyance la rencontre explosive entre les passions collectives, la politique et le pouvoir.

Et peut-être est-ce là la véritable grandeur de Gustave Le Bon :

Avoir compris avant tout le monde que l’Histoire n’est pas seulement faite par les peuples et les foules, mais surtout par les grands hommes ou les grandes idées, qui savent les mobiliser et les exalter…

Le Diplomate


 

https://lediplomate.media/portrait-gustave-bon-prophete-foules-penseur-oublier-monde-moderne/

 

 

 

Gustave Le Bon

Gustave Le Bon, né le 7 mai 1841 et mort le 13 décembre 1931, est un auteur polygraphe, médecin, anthropologue, psychologue social et sociologue français.

La Psychologie des foules (1895) est son œuvre la plus célèbre. Il y montre que le comportement d'individus réunis n'est pas le même que lorsque les individus raisonnent de manière isolée — il explique ainsi les comportements irraisonnés des foules, leur irresponsabilité, leur tendance à la tyrannie (elles suivent aveuglément un meneur), au conservatisme

Citations de Gustave Le Bon

  • « Pour comprendre la force actuelle du socialisme, il faut le considérer surtout comme une croyance ; on constate alors qu’il repose sur des bases psychologiques très fortes. Il importe peu à son succès immédiat que ses dogmes soient contraires à la raison. L’histoire de toutes les croyances, des croyances religieuses surtout, montre suffisamment que leur succès a été le plus souvent indépendant de la part de vérité ou d’erreur qu’elles pouvaient contenir. »
  • « Semblable aux animaux, l’homme est naturellement imitatif. L’imitation constitue un besoin pour lui, à condition, bien entendu, que cette imitation soit facile, c’est de ce besoin que naît l’influence de la mode. Qu’il s’agisse d’opinions, d’idées, de manifestations littéraires, ou simplement de costumes, combien osent se soustraire à son emprise ? Avec des modèles, on guide des foules, non pas avec des arguments. A chaque époque, un petit nombre d’individualités impriment leur action que la masse inconsciente imite. Ces individualités ne doivent cependant pas s’écarter beaucoup des idées reçues. Les imiter deviendrait alors trop difficile et leur influence serait nulle. C’est précisément pour cette raison que les hommes trop supérieurs à leur époque n’ont généralement aucune influence sur elle. L’écart est trop grand. » (Psychologie des foules, 1895)
  • « Si la jalousie, l'envie et la haine pouvaient être éliminés de l'univers, le socialisme disparaîtrait le même jour. »
  • « Le socialisme actuel est un état mental bien plus qu’une doctrine. Ce qui le rend si menaçant, ce ne sont pas les chan­ge­ments encore très faibles qu’il a produits dans l’âme populaire, mais les modifi­ca­tions déjà très grandes qu’il a déterminées dans l’âme des classes dirigeantes. La bourgeoisie actuelle n’est plus sûre de son droit. Elle n’est d’ailleurs sûre de rien et ne sait rien défendre. Elle écoute ce qui se dit et tremble devant les plus pitoyables rhé­teurs. Elle est incapable de cette volonté forte, de cette discipline sévère, de cette com­munauté de sentiments héréditaires, qui sont le ciment de toute société. » (Psychologie du Socialisme, 1898)
  • « Assailli de toutes parts, l'État se défend comme il peut. Mais, sous la pression unanime du public, il est bien obligé malgré lui de protéger et de réglementer. C'est de tous côtés qu'on lui demande d'intervenir, et toujours dans le même sens, c'est-à-dire dans celui de la restriction de l'initiative et de la liberté des citoyens. Les lois de ce genre qu'on lui propose chaque jour sont innombrables : lois pour décider le rachat des chemins de fer et les faire administrer par l'État, lois pour s'emparer du monopole de l'alcool, loi pour accaparer la gestion de la Banque de France, lois pour réglementer les heures de travail dans les manufactures, lois pour empêcher la concurrence des produits étrangers, lois pour donner une pension de retraite à tous les ouvriers âgés, lois pour obliger les adjudicataires de fournitures publiques à n'employer que certaines catégories d'ouvriers, lois pour réglementer le prix du pain, lois pour imposer les célibataires de façon à les obliger à se marier, lois pour accabler d'impôts les grands magasins au profit des petits, etc., etc. Tels sont les faits. » (Psychologie du Socialisme, 1898)
  • « L’État collectiviste fera tout diriger par une immense armée de fonctionnaires destinés à réglementer les moindres actes de vie des citoyens. »
  • « La nécessité de se soumettre à une foi quelconque, divine, politique ou sociale, constitue pour beaucoup d'âmes un très impérieux instinct. Elles ont besoin de croyances pour diriger machinalement leur vie et s'épargner tout effort de raisonnement. C’est à l’esclavage de la pensée, et non à la liberté, que la plupart des hommes aspirent. » (Psychologie Politique)
  • « Si le socialisme est si puissant aujourd’hui, c’est qu’il constitue la seule illusion qui soit encore vivante. Malgré toutes les démonstrations scientifiques, il continue à grandir. Sa principale force est d’être défendu par des esprits ignorant assez les réalités des choses pour oser promettre hardiment à l’homme le bonheur. L’illusion sociale règne aujourd’hui sur toutes les ruines amoncelées du passé, et l’avenir lui appartient. Les foules n’ont jamais eu soif de vérités. Devant les évidences qui leur déplaisent, elles se détournent, préférant déifier l’erreur, si l’erreur les séduit. Qui sait les illusionner est aisément leur maître ; qui tente de les désillusionner est toujours leur victime. »
  • « Les foules s'imaginent volontiers que leurs gouvernants appartiennent à une humanité supérieure infaillible. De là leurs fureurs dès qu'une défaillance révèle l'homme derrière l'idole. » (Hier et demain-Pensées brèves, 1918)
  • « En réalité, ils se soucient fort peu des doctrines. Ce qu'ils rêvent, c'est de créer par des moyens violents une société où ils seraient les maîtres. Leurs récriminations égalitaires ne les empêchent nullement d'avoir un mépris intense pour la canaille qui n'a pas, comme eux, appris dans les livres. Ils se croient très supérieurs à l'ouvrier et lui sont fort inférieurs en réalité par le défaut de sens pratique et par l'exagération de leur égoïsme. »
  • « Cette haine des socialistes pour l’intelligence est assez fondée, car c’est précisément l’intelligence qui sera l’obstacle éternel devant lequel se briseront leurs idées égalitaires. »
  • « Rien n’est plus funeste pour un État que de subir sans cesse la volonté irréfléchie et mobile des foules. Si l’on doit faire beaucoup pour elles, il faut agir très peu par elles. Ce serait déjà un immense progrès de renoncer à nos perpétuels projets de réforme, à l’idée que nous devons changer sans cesse nos constitutions, nos institutions et nos lois. Avant tout nous devrions limiter, et non toujours étendre, l’intervention de l’État, de façon à obliger les citoyens à acquérir un peu de cette initiative, de cette habitude de se gouverner eux-mêmes qu’ils perdent par la tutelle perpétuelle qu’ils réclament. »
  • « Un dictateur n’est qu’une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables. »

https://www.wikiberal.org/wiki/Gustave_Le_Bon

mai 31, 2026

Mort d’Edgar Morin à 104 ans, un « penseur-monde »

Edgar Morin

Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, est un philosophe et sociologue français né le 8 juillet 1921 à Paris. Il est connu pour ses travaux sur la complexité et la pensée systémique, qui ont eu une grande influence dans de nombreux domaines, de la sociologie à la biologie en passant par la politique et l'éducation. Il est reconnu pour ses travaux[1]

 


 

Edgar Morin a commencé sa carrière comme sociologue, travaillant notamment sur la question de la modernisation de la société française dans les années 1950 et 1960. Il s'est ensuite intéressé à la pensée systémique et à la théorie de la complexité, cherchant à comprendre comment les systèmes complexes, qu'ils soient biologiques, sociaux ou culturels, fonctionnent et interagissent entre eux.

Parmi ses ouvrages les plus connus, on peut citer La méthode, une réflexion sur la nécessité d'une pensée systémique pour comprendre la complexité du monde, La complexité humaine, qui explore les différentes dimensions de la condition humaine, ou encore Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur, dans lequel il propose une réforme de l'éducation pour répondre aux défis de la complexité du monde contemporain. 

La théorie de la complexité chez Edgar Morin

Edgar Morin a proposé une théorie de la complexité dans les années 1970. Cette théorie se concentre sur la compréhension des systèmes complexes dans tous les domaines, y compris les sciences sociales, la biologie, la physique et les sciences de l'information.

Selon Edgar Morin, la complexité est caractérisée par trois dimensions : la multidimensionnalité, la relationnalité et l'incertitude. La multidimensionnalité se réfère au fait que tout système complexe est composé de multiples éléments qui interagissent entre eux. La relationnalité fait référence à la façon dont ces éléments sont connectés et interdépendants, formant un réseau complexe de relations. L'incertitude se réfère à la difficulté de prédire le comportement d'un système complexe en raison de sa nature dynamique et imprévisible.

Edgar Morin soutient également que les systèmes complexes ont des propriétés émergentes qui ne peuvent pas être expliquées par les propriétés de leurs parties constitutives. Par exemple, le comportement d'un troupeau de moutons ne peut pas être entièrement compris en examinant le comportement individuel de chaque mouton.

Dans l'ensemble, la théorie de la complexité d'Edgar Morin propose une approche holistique pour comprendre les systèmes complexes en reconnaissant la nature interconnectée et dynamique de ces systèmes.

Comparaison de la complexité chez Edgar Morin et chez Friedrich Hayek

La théorie de la complexité chez Edgar Morin et chez Friedrich Hayek présente plusieurs différences, bien qu'ils partagent une vision du monde complexe et imprévisible.

Edgar Morin est un penseur français, sociologue et philosophe, qui a développé la théorie de la complexité en tant que paradigme permettant de comprendre les phénomènes sociaux, culturels et naturels dans leur globalité et leur interaction. Selon Morin, la complexité est caractérisée par l'interconnexion des éléments, leur autonomie relative, leur interdépendance, leur organisation hiérarchique et leur émergence. Cette vision holistique de la complexité conduit à une approche multidimensionnelle et transdisciplinaire, qui implique une ouverture à la diversité, à l'incertitude et à l'ambiguïté.

Friedrich Hayek, quant à lui, est un économiste autrichien qui a développé une théorie de la complexité en tant que fondement de sa théorie de l'ordre spontané et de l'économie de marché. Selon Hayek, la complexité est caractérisée par la diversité, l'ignorance, l'incertitude et la décentralisation. Cette vision décentralisée de la complexité conduit à une approche évolutionniste et spontanée, qui met l'accent sur les processus d'adaptation et d'apprentissage distribué à travers le marché.

Bien que Morin et Hayek partagent une vision de la complexité, leurs approches diffèrent sur plusieurs points. Morin insiste sur la nécessité d'une approche transdisciplinaire, alors que Hayek se concentre sur la spécificité de l'économie de marché. Morin insiste sur l'importance de l'ambiguïté et de l'incertitude, tandis que Hayek insiste sur l'importance de l'information décentralisée. Enfin, Morin insiste sur la nécessité d'une vision globale et holistique de la complexité, tandis que Hayek insiste sur la spécificité des processus évolutifs de l'économie de marché.

En conclusion, bien que Morin et Hayek partagent une vision de la complexité, leurs approches diffèrent sur plusieurs points importants. Ces différences reflètent les contextes disciplinaires, culturels et politiques dans lesquels ils ont développé leur vision de la complexité, ainsi que les problématiques et les enjeux auxquels ils ont cherché à répondre.

La pensée systémique chez Edgar Morin

La pensée systémique est un concept clé dans la théorie de la complexité d'Edgar Morin. La pensée systémique est une approche de résolution de problèmes qui considère un système dans son ensemble plutôt que ses parties isolées. Pour Edgar Morin, la pensée systémique est un outil pour comprendre la complexité du monde et pour s'attaquer aux problèmes mondiaux qui nécessitent une approche globale.

Edgar Morin soutient que la pensée systémique est essentielle pour comprendre les systèmes complexes et pour élaborer des solutions efficaces aux problèmes sociaux et environnementaux. Elle implique de reconnaître la nature interconnectée et dynamique des systèmes, de prendre en compte les interactions entre les différents éléments du système et d'anticiper les effets en cascade qui peuvent se produire en raison des changements apportés à un élément du système.

Pour Edgar Morin, la pensée systémique nécessite une ouverture d'esprit et une capacité à penser de manière transdisciplinaire. Il soutient que nous devons être capables de comprendre la complexité des systèmes en utilisant une variété de perspectives et d'outils conceptuels provenant de différents domaines de connaissance.

En résumé, pour Edgar Morin, la pensée systémique est un outil essentiel pour comprendre et résoudre les problèmes complexes de notre monde, en reconnaissant la nature interconnectée et dynamique des systèmes et en utilisant une approche transdisciplinaire.

L'incertitude chez Edgar Morin

Dans son livre, Introduction à la pensée complexe, (1990), Edgar Morin explique qu'il existe une incertitude fondamentale entre le système cérébral humain et son environnement. Cette incertitude se reflète dans la capacité limitée de notre cerveau à distinguer la perception de l'hallucination, le réel de l'imaginaire. De plus, il souligne que la connaissance du monde extérieur est limitée par notre organisation innée et que cela crée également de l'incertitude. En somme, il met en évidence la complexité de la nature humaine et la façon dont nous percevons et comprenons le monde qui nous entoure.

L'anarchie spontanée dans l'ancienne URSS

Lorsqu'Edgar Morin évoque l'anarchie spontanée en URSS[2], il fait référence à des situations où les citoyens ont agi de manière autonome et spontanée pour surmonter les problèmes auxquels ils étaient confrontés, en dehors des structures gouvernementales et institutionnelles.

Pendant la période de l'Union soviétique, le système socialiste était très centralisé et bureaucratique, ce qui signifie que l'État avait un contrôle strict sur les aspects de la vie quotidienne. Cependant, il y a eu des moments où les gens ont dû faire face à des problèmes auxquels l'État n'a pas réussi à répondre, par exemple lors de catastrophes naturelles ou de pénuries alimentaires.

Dans ces situations, Edgar Morin affirme que les gens ont montré une grande capacité à s'organiser et à s'entraider de manière autonome. Ils ont créé des réseaux d'entraide, partagé des ressources et se sont soutenus mutuellement pour faire face aux difficultés, sans avoir besoin d'une intervention gouvernementale.

Pour Edgar Morin, l'anarchie spontanée en URSS est un exemple de la capacité des gens à travailler ensemble et à s'entraider de manière autonome, même dans des situations où le gouvernement ne peut pas répondre aux besoins de la population. C'est aussi un exemple de la résilience humaine et de la capacité des gens à s'adapter à des situations difficiles.

En somme, l'anarchie spontanée en URSS est une illustration de la capacité de l'être humain à agir de manière autonome et à s'organiser de manière collective en dehors des structures étatiques, lorsque cela est nécessaire pour faire face aux difficultés.

Informations complémentaires

Notes et commentaires

  • Edgar Morin a reçu de nombreuses distinctions tout au long de sa carrière, notamment le Prix européen de l'essai Charles Veillon en 1986 et le Prix de la Pensée française en 2012. Il est également membre de l'Académie des sciences morales et politiques depuis 2008.

    1. Introduction à la pensée complexe, (1990)

    Publications

    • 1999, "La cabeza bien puesta: Repensar la reforma, reformar el pensamiento", Buenos Aires, Nueva Visión
    •  


    Mort d’Edgar Morin, un « penseur-monde »

    Le sociologue est décédé à 104 ans ce vendredi 29 mai, a annoncé sa famille par communiqué. Il laisse une œuvre immense.

    Il avait eu 100 ans le 8 juin 2021. Edgar Morin (David-Simon Nahoum, de son vrai nom) est mort le 29 mai à 104 ans. Fils de Vidal Nahoum, originaire comme la famille du romancier Albert Cohen de l’île de Salonique, l’homme se définissait comme un petit poulbot. « J’ai grandi dans les rues de Paris, passant beaucoup de temps à jouer sur le trottoir devant le petit commerce de bonneterie de mon père, dans le quartier du Sentier », confiait-il.

    Jeune garçon, Edgar Morin avait été profondément marqué par la mort de sa mère, le 26 juin 1931. Le décès de cette femme d’origine italienne, Luna Beressi, d’une crise cardiaque alors qu’elle n’avait que 34 ans avait été un « Hiroshima intérieur », comme il le disait lui-même. Le coup avait été d’autant plus rude pour lui que son père et sa tante lui avaient dissimulé le drame pendant plusieurs semaines. « On m’a fait croire qu’elle était partie en cure », expliquait-il.

    L’enfant avait vécu ce mensonge comme « une trahison des adultes ». Ce drame intime devait le marquer au fer rouge. Il constitua la trame de son unique roman (1), paru en 2017. Un ouvrage écrit en secret, avec grande difficulté, pendant plus de quarante ans. Un livre qu’il envisageait comme une forme d’exorcisme.

    Replié à Toulouse pendant la guerre, c’est dans cette ville que le jeune Edgar, tout juste bachelier, s’était lié d’amitié avec les philosophes Vladimir Jankélévitch (1903-1985) et Julien Benda (1867-1956). Mais aussi avec le sociologue Georges Friedmann (1902-1977). Tous fuyaient, comme lui, les persécutions anti-juives. Il y avait également fait la connaissance du romancier Jean Cassou (1897-1986), conservateur au musée d’Art moderne, révoqué par Vichy.

    Au côté de ces figures de l’intelligentsia parisienne, où évoluait aussi Clara Goldschmidt (1897-1982), première femme d’André Malraux, il s’était engagé dans la Résistance, prenant le nom de code d’Edgar Morin. Il avait alors adhéré au Parti communiste (en 1942) et en était devenu un membre actif. Il devait quitter l’organisation en 1950, se mettant, selon ses propres termes, en « hibernation politique » mais demeurer, jusqu’au soir de sa vie, très engagé à gauche. Il devait ainsi s’engager publiquement contre la guerre d’Algérie et, plus généralement, prendre fait et cause en faveur de tous les mouvements décoloniaux.

    Intellectuel engagé

    Ses études d’histoire-géographie ayant été écourtées à cause de la guerre, il avait commencé à travailler comme journaliste avant de faire son service militaire. Appelé sous les drapeaux, il avait été nommé porte-parole de l’état-major de la Première armée française à Baden-Baden.

    Profitant de ce séjour outre-Rhin pour écrire un essai, L’An zéro de l’Allemagne, il avait publié son premier livre aux éditions de la Cité universelle en 1946. Edgar Morin y affirmait une qualité d’observation aiguisée – ses descriptions de l’état de somnambulisme des Allemands sont saisissantes –, et un intérêt particulier pour les rumeurs qui circulaient, à l’époque, au sein de la population civile, déboussolée.

    C’est à son retour en 1950 qu’il intègre, comme stagiaire, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il s’y passionne pour « la culture de masse », et plus singulièrement pour le cinéma, au sein du Centre d’études sociologiques. Il publiera consécutivement Le Cinéma ou l’homme imaginaire, aux éditions de Minuit, en 1956, et Les Stars (Seuil), en 1957. Les succès éditoriaux de ces deux ouvrages lui assurent, par-delà la controverse académique, une première reconnaissance publique. Le CNRS le titularise. Il y effectue toute sa carrière. Une carrière en marge de laquelle il multiplie films, à partir du documentaire qu’il coréalise avec Jean Rouch en 1961, Chronique d’un été, et livres.

    Devenu médiatique, le sociologue semble prendre plaisir au débat d’idées, surtout s’il est polémique. Il utilise la revue qu’il a créée, en 1956, Argument, comme une tribune. Edgar Morin multiplie dans le même temps les cours à travers le monde : aux États-Unis comme en Amérique latine. Mais un problème de santé le pousse à lever le pied en 1962. Sa longue convalescence le conduit alors à réorienter sa vie.

    Sociologie du présent

    Ce nouveau chemin prend la forme d’un approfondissement de ce qu’il appelle la « sociologie du présent », une discipline phénoménologique en ce sens qu’elle se concentre sur des événements contemporains et se fonde sur une méthode d’observation participante qu’Edgar Morin qualifie de « méthode in vivo » dans son ouvrage Sociologie, paru en 1984 chez Fayard.

    Cette démarche « transdisciplinaire et multidimensionnelle », qui permet au chercheur d’atteindre une « pensée complexe », constituera le programme du Centre d’études des communications de masse, laboratoire qu’il dirigera pendant de longues années, d’abord avec Georges Friedmann (1902-1977), puis avec Roland Barthes (1973-1983), enfin avec Claude Lefort (1983-1990).

    Edgar Morin se penche, en 1963, sur le « phénomène yéyé », comme il baptise ce mouvement musical correspondant à une « génération » née après guerre et bercée par le rock débarqué avec les GI’s américains. Il passe une grande partie de l’année 1965 dans la commune bretonne de Plozévet, dans le Finistère, pour y scruter avec son équipe la métamorphose de ce village et décrypter la modernisation du monde rural.

    Il fera de même à Paris avec les manifestations de Mai 68 (« la commune étudiante ») et avec « la Rumeur d’Orléans », en 1969. Cette rumeur prétend que des jeunes femmes disparaissent dans les cabines d’essayage des magasins de vêtements de la préfecture du Loiret.

    « Les boutiques ciblées par cette rumeur étaient toutes tenues par des juifs. La dimension antisémite de cette histoire m’a beaucoup intéressé. Je voulais comprendre comment des gens raisonnables finissent par croire sérieusement qu’un sous-marin, immergé dans la Loire, emmène les jeunes femmes kidnappées pour alimenter une prétendue traite des Blanches », nous avait-il confié pour les quarante ans de la publication de cet ouvrage qui fit date dans l’histoire de la sociologie.

    Edgar Morin avait vu « avec inquiétude » resurgir cette rumeur, au printemps 2019, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), lorsque des Roms avaient été accusés, à tort, de kidnapper des enfants.

    Toujours désireux de tisser des liens entre les disciplines, Edgar Morin avait créé, au début des années 1970, avec les biologistes Jacques Monod (1910-1976) et François Jacob (1920-2013), le Centre international d’études bioanthropologiques et d’anthropologie fondamentale (CIEBAF), devenu ensuite le Centre Royaumont pour une science de l’homme, ambitionnant de réfléchir aux grands enjeux de la société : l’écologie, l’éducation, puis le transhumanisme.

    Fervent militant pacifiste, Edgar Morin avait multiplié, ces dernières années, les prises de parole en faveur de la tribu amérindienne des Kayapos qui rêvaient de reconquérir l’Amazonie. Il s’était également mis au service de la cause palestinienne. Certaines de ses déclarations particulièrement virulentes sur le sujet, avaient d’ailleurs fait polémique. Notamment une tribune parue dans Le Monde en 2002, intitulée « Israël-Palestine : le cancer » dont des formulations discutables lui avaient valu des accusations d’antisémitisme.

    On y lisait notamment cette phrase : « On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs issus du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire de l’humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en peuple dominateur et sûr de lui. »

    À près de 103 ans, le sociologue avait consacré ses dernières apparitions publiques à la dénonciation de l’État hébreu. En février 2024, lors d’un salon du livre au Maroc d’où est originaire sa dernière femme, il avait repris à son compte les accusations de « génocide » portées à l’encontre du gouvernement Netanyahou. Edgar Morin avait, ce jour-là, dénoncé « le silence du monde » face aux massacres commis à Gaza par l’armée israélienne, après les attaques terroristes du Hamas.

    Était-il encore conscient de la portée de ces mots ? Edgar Morin s’énervait quand on lui posait la question. Il s’emportait de la même manière quand on suggérait que, valétudinaire, il puisse être sous la coupe de son entourage. Il estimait, au contraire, être resté fidèle au jeune homme qu’il avait été, répétant en boucle le même argument : « La haine engendre le délire de la culpabilité collective du peuple ennemi, laquelle suscite les pires cruautés et massacres y compris pour femmes, enfants et vieillards ».

    (1) L’Île de Luna, d’Edgar Morin, Actes Sud, 192 pages, 18 euros.

    Baudouin Eschapasse

     https://l.lepoint.fr/bu9 

     
    VISION LIBERTARIENNE
     
    Edgar Morin est mort. C'est un penseur qui a passé sa vie à expliquer que le monde est systémique, interconnecté, imprévisible, et qu'on ne peut pas le réduire à des équations. À partir d'une telle base, l'on aurait pu penser qu'il aurait adopté une pensée libérale. Si le monde est complexe, alors l'on peut d'autant plus lâcher prise sur le contrôle de masse et laisser l'individu agir dans le cadre des droits de propriété, non ? Et bien non ! Morin est resté toute sa vie un bon social-démocrate appelant de ses vœux à une gouvernance mondiale. Il a vu la complexité depuis son prisme de lecture sociologique, mais il n'a jamais traduit sa pensée politiquement vers le libéralisme. 
     
    Comme la plupart des intellectuels de sa génération, il est resté prisonnier d'un exécrable logiciel socialiste. Nous expliquer qu'il fallait abandonner la pensée réductionniste et linéaire sans être en mesure de voir que l'État est la structure réductionniste et linéaire par excellence fait quelque peu sourire. Morin a répondu à la complexité par la centralisation. Sa "conscience planétaire" et son gouvernement mondial (à supposer qu'on prenne l'hypothèse au sérieux) sont un cauchemar absolu pour qui saisit la mécanique de l'État. 
     
    L'anarcho-capitaliste prône tout l'inverse de Morin à travers les droits naturels, la sécession, la multiplication des micro-souverainetés concurrentes, etc. Je crois que la déification du Pouvoir est simplement trop forte chez ces intellectuels "progressistes" du XXe siècle. Le marché libre a toujours été synonyme de chaos chez eux. Ils n'arrivent pas à concevoir que l'ordre légitime naît de la Liberté.
     

     

    janvier 31, 2026

    Les concepts d'Arthur Homines !

    5 points méconnus ou incompris dans le champ politique 👇

    1. Le droit n’est pas la morale 

     Le droit nous permet de circonscrire nos espaces de légitimité sociale, il matérialise la souveraineté individuelle à travers la propriété privée. Il fonde les règles au sein d'un groupe humain en définissant qui peut faire quoi avec quoi, afin d'éviter les conflits liés à la limitation des ressources. Vos opinions personnelles et vos jugements de valeur ne sont JAMAIS du droit. C'est un point de friction très fort à gauche comme à droite (ou qu'importe comment vous modélisez l'espace politique, quasiment tout le monde passe à côté). 


     

     2. Vos convictions n’ont pas de valeur universelle 

    Ces fameuses préférences ne sont valables que pour vous-même (et pour les personnes dont vous avez éventuellement la charge légitime). Vous disposez de votre corps et de votre esprit comme bon vous semble. Cependant, vouloir imposer aux autres des comportements que vous avez vous-même adoptés revient à confondre droit et moral. C'est outrepasser la souveraineté d'autrui au nom de votre propre éthique. 

     3. L’interdiction génère des effets pervers 

     Décréter qu'une action est interdite alors qu'une demande existe génère inévitablement un marché gris/noir. La demande ne s’évapore pas sous prétexte qu’un petit homme en gris a écrit un texte de loi. On n’arrête jamais l’échange volontaire. Même en prison, le marché prend la vie. 

    4. C'est la coutume qui protège, pas la loi  

    En général, les parents évitent de donner de la bière à leurs nourrissons/enfants. Bien que des exceptions existent, il est admis que ce breuvage n'est pas adapté à l'enfant. Ce n'est pas la loi du petit homme en gris qui le protège, mais la moralité et la bonne pratique partagées. Si demain ce même législateur autorisait la vente de bière aux enfants, pensez-vous que les commerçants se précipiteraient sur l'occasion ? Si c'était le cas, les parents découvriraient vite ces pratiques et ruineraient ces propriétaires par le boycott et la mauvaise réputation. 

     5. Les solutions émergentes sont les seules légitimes et dynamiques  

    Face aux problèmes de l'existence, qu'ils soient marginaux ou systémiques, la solution légitime réside dans la capacité des individus (ou de leurs tuteurs) à coopérer et à allouer des moyens pour atteindre leurs fins. Les règles ne sont pas le problème. Elles sont même nécessaires pour formaliser les obligations contractuelles et les recours en justice. Le problème réside dans la nature du milieu par lequel ces règles sont édifiées. Nous en revenons toujours à la question de la souveraineté : qui décide, pourquoi, et selon quelles modalités ? Le législateur ne sollicite jamais le consentement des individus, son action est de fait illégitime. Qu'il soit aussi clair que la démocratie ne respecte à aucun moment le droit naturel, car elle remplace la souveraineté de l'individu par la force vulgaire du nombre.

     

    Renversez tout. 

    La discrimination ne doit plus être subie, mais revendiquée comme levier de partition. Cessez de mendier auprès d’un système qui n'attend que de vous digérer plus tard. Au contraire, osez le boycott à votre tour. Affirmez votre volonté de faire société entre personnes qui se sont choisies. L’essentiel se joue HORS de l’État. Ce que je dis ici est valide à titre général, au-delà du clivage gauche-droite dont je me moque éperdument. Je parle d'en finir avec cette grotesque cohabitation forcée, mais aussi avec ces réflexes légalistes qui réactivent l'étatisme en permanence. 

     Devenons des pirates du quotidien, non pas grossièrement en prenant tous les risques, mais en activant des pratiques concrètes et en usant d'outils juridiques permettant de protéger notre souveraineté autant que faire se peut. Créons chacun nos réseaux de solidarité et de commerce. Pratiquons la cooptation systématique. Apprenons la résilience, à tous les niveaux. Marquons nos territoires. Plus une organisation s'institutionnalise, plus elle devient lourde et poreuse aux pressions du système qui l'encadre. 

    Alors devenons plutôt des individus inscrits volontairement dans des collectifs liquides. Restons sous le seuil de détection de l’État. Assez organisés pour coopérer, mais assez diffus pour rester anti-fragiles. Illisibles car trop décentralisés, et donc toujours capables de glisser entre les mailles du filet. Trop malins pour s'exposer inutilement, et en mesure de surfer les vagues qui se présenteront à nous. Peu d'efforts, beaucoup d'effet.


    Non, être culturellement de gauche est au contraire d’une facilité déconcertante, car la pente naturelle va toujours dans le sens de l’air du temps et de la subvention. 

    Être radicalement de gauche, c’est-à-dire révolutionnaire et marxiste, demande un peu plus de travail... hélas pour n'en conclure que des inepties. Dans le cadre de cette capsule, le simple fait qu'il évoque le besoin de payer l'impôt démontre ce que je cherche à formuler haha. 

    Allô, Monsieur Chapoutot ? (« C’est très facile d’être de droite ». Johann Chapoutot.)

    https://x.com/AudeJavel79/status/2016873214719275383

    C'est bien d'être sûr de soi mais encore faut-il tenir la route derrière. Le principe même de l’impôt est d’une faiblesse philosophique sans nom. Le concept de consentement vous dit-il quelque chose ? Je rappelle que nous n'avons PAS le choix. On ne parle PAS de mise en commun volontaire là, on parle de prélèvements obligatoires. Le consentement sépare les deux, et c'est ce qui nous permettrait d'ailleurs de nous désabonner de prestataires de services jugés médiocres. 

     Je veux bien dénoncer la bêtise droitarde, mais il est fascinant de constater que les gauchistes pensent le monde à partir de postulats encore plus grossiers. Ce qui est facile au fond, c’est d’être un étatiste, et encore plus dans le monde universitaire. Il suffit de ne faire aucun travail sur soi, de se laisser porter par le courant, d'être justement payé par l'impôt (difficile de réaliser sa nature après), et en bref de suivre le troupeau. L’effort suprême consiste toujours à interroger celui qui mène la danse contre notre gré, non à s'y conformer.

     

    La commission des lois ADOPTE une proposition de loi visant à ACCORDER le DROIT DE VOTE et d’éligibilité aux élections municipales aux ÉTRANGERS non-UE résidant en France.

    Pas la peine de dire que c'est "débile", "criminel", etc. Ceux en face pensent exactement pareil de votre propre conception. C'est une question d'intériorisation de ce mythe démocratique et d'une certaine vision de celui-ci. La démocratie est une mystification. Personne ne peut parfaitement la définir étant donné que personne n'est d'accord sur ce qu'est le "demos" ni sur les modalités du régime en question. Agréger nos multiples préférences personnelles en une seule préférence collective relève de l'illusion, je suis navré. La démocratie reste et restera éthiquement invalide (car étatique) et mathématiquement impossible sans contradictions (cf. théorème d'Arrow pour les curieux). Cette fiction doit prendre fin.


    On parle souvent de fabrique du consentement en démocratie, mais il faudrait aussi parler de fabrique de la sociopathie (et de la violence qu'elle génère). 

    La recette est déjà connue : - Doctrine révolutionnaire : des concepts qui permettent de s’identifier aux victimes, dont la vie est pilotée par une vision manichéenne du monde. Ça part déjà mal avec ce genre d'édifice pré-rationnel et moralisant. 

     - Isolation dans des chambres d’écho : les plus motivés se radicalisent dans des bulles politiques, perdent toute capacité à penser le monde sous plusieurs perspectives et à maintenir un lien affectif avec ceux qui adoptent le réel différemment. 

     - Déshumanisation par le discours : l’ennemi n’est plus un humain, il devient littéralement un nazi. Cela justifie tout, car qui pleure pour un monstre ? 

    - Insistance sur le besoin de violence : la brutalité est normalisée dans ces milieux. On ne cherche pas à se retirer, au contraire : il faut tout conflictualiser. Alors ça dérape, forcément... 

     - Surveillance horizontale interne : les déviants sont traqués pour maintenir la pureté idéologique du groupe. Ces gens évoluent dans des systèmes paranoïaques (pensez aux "cancels" de streamers connus par exemple). 

     - Récompense sociale interne : les likes, les promotions, l'argent et le prestige renforcent le sentiment d’appartenance et récompensent l’escalade. 

    - Mimétisme : chaque parole ignominieuse et chaque acte violent en inspirent d'autres, créant un cycle barbare légitimé de bout en bout. Chose amusante, le type en haut se situait encore à l’extrême droite il y a peu de temps. Il semble avoir opéré un virage radical, ce qui expliquerait ce signalement de vertu grotesque, caché derrière ce ton pseudo humoristique (insupportable au demeurant). Il en fait des tonnes le garçon, et ça se voit. On sent qu’il est nouveau dans ce petit milieu toxique, qu’il cherche à se faire bien voir. (Réponse à un gauchiste)

    Voilà ce qui arrive quand on n’a pas trouvé de quoi jouir de la vie sans sacrifier son prochain. Absolument lamentable.

    La plupart des ancaps qui méprisent Milei le font essentiellement pour les mêmes raisons qu'ils méprisaient Reagan, lequel comme vous le savez sûrement, était détesté par Rothbard lui-même. Si quelqu'un avait donné une conférence à l'Institut Mises au milieu ou à la fin des années 80 pour louer Reagan pour ses actions admirables (et non ses paroles) en faveur de l'avancement du libertarianisme aux États-Unis, il aurait été à juste titre cible de moqueries et de huées. Je pense que c'est une chose d'exprimer une préférence pour un politicien par rapport à un autre, mais c'en est une tout autre de faire l'éloge d'un politicien non-ancap (révélé comme tel par ses actes) de cette manière, alors que les actions de ce dernier n'ont fait que nuire à son pays et à l'anarcho-capitalisme en général, du fait de son association affichée avec celui-ci. Milei prétend être rothbardien, mais il continue de faire des choses qui auraient fait reculer Rothbard lui-même, tout en ne faisant presque rien de ce que Rothbard aurait approuvé.

    Arthur Homines 

    https://www.youtube.com/@arthurhomines


    Schéma grossier, qui repose sur un sophisme économique de la performance des services publics corrélée linéairement aux budgets, et sur l'oubli pur et simple du calcul économique impossible par l'État. Quand on dit que les socialistes ne comprennent rien, on est toujours loin du compte. Tout n'est que bons sentiments et "vision pansement" de l'économie. On s'imagine qu'injecter de l'argent ici suffirait à résoudre nos problèmes. C'est l'économie vue par le petit bout de la lorgnette, sans rien comprendre de ses mécanismes sous-jacents et sans anticiper le moindre effet futur. On radote alors : l'État ne peut pas (structurellement) allouer les ressources efficacement. Il ne calcule pas, il n'est pas en concurrence, il ne risque pas, il ne joue pas sa peau, il n'est pas responsable... il spolie, crée des budgets et socialise les pertes. Il étend sa bureaucratie jusqu'à l'obésité, et fait s'effondrer tout ce à quoi il touche. Cet "argument" du sabotage est une inversion de causalité, chose normale quand on n'a pas compris le processus à l'oeuvre (ou qu'on ne veut pas le comprendre). L'État ne réduit les budgets (ou emprunte toujours plus) QUE lorsqu'il n'a plus les moyens de masquer l'insolvabilité structurelle de ses monopoles. C'est tout.

     Arthur Homines 

     

    LA PROPRIÉTÉ

    La Liberté est le droit absolu de disposer de ses propriétés privées. Elle s'enracine dans le Droit, socle indispensable de la vie en société nous permettant d'éviter les conflits nés de la rareté des ressources sur Terre. Le Droit est en fait la seule réponse logique permettant d'attribuer à chacun ce qui lui revient. La Liberté se confond ainsi avec la souveraineté de l'individu sur son propre corps et sur ses propriétés légitimes, à l'abri de toute interférence. La propriété légitime (acquise par appropriation originelle, par le travail ou par l'échange volontaire) étant la concrétisation physique de notre Liberté, c'est-à-dire de nos décisions dans le respect de la souveraineté individuelle de son prochain. 

    C'est ici qu'intervient le principe de non-agression (NAP). Le NAP est une norme éthique indépassable stipulant qu'aucun individu (ou groupe) n'a le droit d'initier la violence contre la personne ou les biens d'autrui. Ce principe est universel, et symétrique. Si la Liberté était une exception, son Droit ne serait qu'un énième privilège. Le NAP s'applique donc à tous en vertu de notre condition humaine. Sans lui, la société croule sous la loi du plus fort, tout en se privant d'un principe qui distingue objectivement le juste et l'injuste (c'est hélas notre réalité à cause de l'État). 

    De ce socle juridique découle le marché libre, réseau spontané d'interactions humaines fondées sur le respect du NAP. Quand la violence initiée est exclue, l'échange volontaire devient la seule voie d'enrichissement. La société n'est plus pilotée arbitrairement par le haut, mais s'organise librement par le bas. En définitive, la Liberté est une théorie sociale cohérente qui repose sur le NAP et le libre marché, bien loin de tout "projet national" ou d'un "grand leader". La culture, la solidarité ou l'abondance en découlent naturellement, par la dynamique du marché. À un stade avancé, la Liberté serait incarnée à travers une mosaïque territoriale, reflet d’un ordre spontané où chaque individu (et par extension, société) vivrait selon des règles choisies.

    Manière de fuir le fond. Ce qui compte, c'est de voir le processus de socialisation à l'œuvre et ses différents effets à travers tous les régimes. Pour tenter d'abolir la propriété privée comme le veulent les communistes (ou même pour en vivre sans chercher à la détruire intégralement, comme en démocratie française), il faut en dépouiller les gens progressivement, ce qui produit systématiquement les mêmes effets néfastes. 

    C'est le processus socialiste qui doit être scruté et critiqué. La réalité n'est pas une belle photographie. Tout socialisme se développe au détriment de la propriété privée, il n'y a rien d'autre à comprendre. Son mécanisme consiste à dépouiller les détenteurs légitimes de titres de propriété pour transférer leurs biens/argent à d'autres. Plus précisément, l'État confisque les titres de propriété de ceux qui ont créé de la valeur, travaillé ou échangé pacifiquement, pour les redistribuer à des personnes qui n'ont pas participé à cet agencement décentralisé et civilisé (bureaucrates, fonctionnaires, bénéficiaires de subventions, industries de connivence, etc). 

     Les conséquences socio-économiques d’un tel système d’attribution des titres de propriété sont toujours les mêmes, à savoir une réduction de l’investissement, une décapitalisation générale et une incitation à la prolifération de personnes non productives. Lisez Hans-Hermann Hoppe dans "A Theory of Socialism and Capitalism" pour aller plus loin, ne serait-ce que les chapitres 1 et 2. Et allez jusqu'à la fin pour saisir la supériorité éthique et économique du capitalisme.

     Arthur Homines

     

     


    La sociologie moderne n'a rien d'une science. 

    Elle s'apparente à du scientisme, voire à une théologie. Il n'est pas nécessaire d'aller très loin pour l'affirmer : on ne trouve aucune trace d'individualisme méthodologique chez les sociologues actuels. Une vraie science sociale et humaine chercherait à comprendre les phénomènes en société, à la fois pour en saisir les causes et produire des lois universelles. 

    Or, on ne peut raisonner valablement en science sociale qu'en partant de l'action de l'individu. Qui use de cette méthode individualiste en l'état actuel des choses ? Au contraire, la sociologie moderne use de concepts abstraits (sans réalité physique) comme « la société », « le patriarcat », « le système » ou « les structures de domination ». Prenons le cas des salaires, ou même des revenus si vous préférez. À savoir que les hommes gagnent généralement plus que les femmes. 

    Le sociologue de base hurlera au sexisme systémique du marché. L'individualiste méthodologique étudiera plutôt les choix individuels : choix de carrière, arbitrage temps de travail/temps familial, préférences face au risque, etc. Il verra que les hommes sont au global plus productifs et inscrits dans des secteurs plus rémunérateurs. Pas de méchant marché à l'horizon, juste des choix et des conséquences qui naissent d'individus en mouvement.

    Arthur Homines 

    Culte climatique

    On parle beaucoup de la chaleur en cette fin de mois de mai. Rappelons alors que le climat n'ouvre aucun droit magique à l'État pour intervenir dans nos vies. Les variations de température (que ce soit plus ou moins) sont des défis que l'Humanité doit surmonter par son adaptation. Le retour à des droits de propriété privés et absolus est la pierre angulaire de cette adaptation, car il est la condition sine qua non du calcul économique, de la prévisibilité et de la réparation en cas d'agression. C'est la base de l'économie, qu'on ne peut pas dissocier de l'écologie. 

     Je ne lis/n'entends personne lier l'écologie à l'économie, qui est pourtant une science de l'action humaine (praxéologie). L'environnement physique est le réceptacle permanent de l'action humaine. Prétendre traiter de questions écologiques sans comprendre les mécanismes praxéologiques fondamentaux (incitations individuelles, formation des prix, etc) condamne l'écologie à n'être qu'une vaste fumisterie politique et punitive. Seule une analyse rigoureuse des structures de choix des individus permet d'aligner la préservation de nos ressources naturelles avec la Liberté.

    Arthur Homines

     


    L'ÉCHEC DE L'UTILITARISME !

    Les politiciens, les éditorialistes et les militants passent leur temps à faire des calculs coûts-avantages arbitraires. C'est pour cette raison qu'ils adorent les statistiques et les études. Ils n'ont pas vu l'essentiel : toute approche utilitariste est condamnée à l'échec. Cela pour au moins trois raisons.

    1. Déjà, l'absence d'étalon de mesure universel pour quantifier un "bien social" rend caduque toute prétention d'universalisation. Il est impossible de procéder à des comparaisons interpersonnelles d'utilité. C'est pourquoi la préférence des uns devient vite l'oppression des autres par le biais de l'État.

    2. Sans un principe immuable justifié par la raison, les préférences subjectives se neutralisent. Pourquoi une opinion de droite serait-elle intrinsèquement supérieure à celle d'une opinion de gauche, et inversement ? Chaque camp ne fait qu'opposer son propre calcul à celui de l'adversaire. Le débat n'est donc plus rationnel (recherche de vérité) : c'est un vulgaire rapport de force sur fond de revendications. Au mieux, l'on peut classer à partir du critère d'intervention, à savoir que les meilleurs gouvernements sont ceux qui en font le moins. C'est le fameux critère de la moindre agression : les gouvernements les moins destructeurs sont ceux qui interviennent aussi le moins. Chaque abstention de l'État réduit d'autant le volume de spoliation et de contrainte exercé sur les individus. Mais ce constat ne saurait être une fin en soi. On ne dit rien de l'État avec une pareille approche, on sait juste faire une échelle en termes de degrés d'agression.

    3. Enfin, le calcul ne dit rien du juste en soi. Le calcul révèle nos intérêts, tandis que le juste définit ce que l'on ne peut pas nous faire en société. Or, on ne découvrira jamais le juste en empilant des souhaits. Le bonheur d'un million d'individus ne saurait légitimer la violation des droits d'un seul. Toute utilité collective s'effondre devant l'injustice constatée. C'est le point d'épistémologie à saisir : une préférence n'est pas normativement contraignante. Aucune norme de droit ne peut émerger de la simple confrontation de nos désirs. En restant prisonniers de cette approche, les utilitaristes de tout bord se condamnent à l'incapacité de formuler le moindre principe juridique universel. L'utilitariste étant dépourvu de toute force logique, il est incapable de dire le juste par démonstration. Il faut donc en sortir, par l'universalisation sans contradiction. Si A est vrai (je suis seul propriétaire de mon corps), alors B est vrai (le fruit de mon travail m'appartient) et C est une agression (l'impôt est un vol). Il n'y a aucune place pour un « oui mais ». Qui peut prétendre apporter une telle justification éthique et universelle dans le champ social ? Cette approche résout l'équation sociale en remplaçant des concepts sans pertinence par des limites dictées par la propriété, à partir de l'existence et de l'action de l'individu. C'est ainsi qu'on tranche le juste et l'injuste, sans jamais réinjecter de l'agression sur quiconque.

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    Sécession et décentralisation maximale. Laissons-les s'organiser. Chacun de nous en fera autant. Fin de la chose publique. Fin des institutions telles qu'on les connaît. Je ne veux que des choses privées, et en concurrence. Je veux enfin un vrai contrat social. Je veux pouvoir me défendre de toute barbarie. Je veux des prix poussés à la baisse et une qualité tirée vers le haut. Je veux chacun propriétaire, en sécurité et en capacité de s'enrichir. Encore faut-il de l'intelligence, de la lucidité et du courage pour comprendre ce qu'implique ce projet.    

    Arthur Homines 


    L’anarcho-capitalisme

    L’anarcho-capitalisme a quelque chose de nietzschéen dans sa manière de dynamiter les arrière-mondes politiques et leurs mythes collectivistes. Il revient à la réalité de l'individu comme unité fondamentale de tout phénomène social, et balaye ainsi l'ensemble des fictions politiques. C'est ensuite à partir de l'argumentation qu'on en déduit la norme de non-agression (le NAP). 

     Dès lors, tenter de nier cette norme plonge l'interlocuteur dans une contradiction performative, démontrant que le NAP est logiquement et normativement contraignant (qu'il est une règle de droit valide, universelle). Tout le reste de la théorie en découle naturellement. Il suffit d'un peu de praxéologie et de logique aristotélicienne pour le comprendre. Point final.

    Arthur Homines 

     

    Le principe de non-agression

    L'éthique libertarienne de non-agression est une vérité de la raison car elle constitue la condition de possibilité logique de toute argumentation. On la découvre par une démarche d'analyse transcendantale. En effet, le simple fait d'initier une argumentation implique de manière simultanée : 

    - La reconnaissance préalable et réciproque de la souveraineté de chaque débatteur. 

     - Le renoncement à la violence durant l'échange, au profit du logos. 

    Quiconque tente de nier ces faits se contredit sur-le-champ par son propre comportement. Il entre dans ce qu'on nomme une contradiction performative. Pour formuler sa contestation, l'interlocuteur devra recourir à l'argumentation plutôt qu'à la force, démontrant par son acte qu'il reconnaît la souveraineté de l'autre, et qu'il préfère le dialogue à l'agression. 

    Le principe de non-agression émerge alors comme une norme universelle, l'agression se révélant rationnellement indéfendable. L'éthique de non-agression est donc une propriété émergente de la raison, traduction juridique de la logique appliquée aux corps humains. Pourquoi ce besoin de logique, demanderont certains ? Parce que le droit s'intéresse aux relations humaines, et qu'en ce domaine le principe de non-contradiction reste absolu. 

    Une proposition éthique ne peut pas être simultanément vraie et fausse. Si un système juridique affirmait à la fois que le vol est un crime et que l'impôt est légitime, il s'autodétruirait logiquement (n'y voyez bien sûr aucune ressemblance avec notre réalité !). Nous avons besoin d'une règle universelle découverte par la raison, applicable à tous les êtres humains, en tout temps et en tout lieu. À l'inverse, toute (pseudo) éthique qui scinde l'humanité en plusieurs catégories face au droit se réduit à l'initiation de la force et aux privilèges de caste.

    Arthur Homines 




    Choc démographique par vasectomie et décroissance ( antilibéralisme et anticapitalisme )

    Symptôme d'une époque sans projection dans le futur. Entre l'ingénierie sociale "progressiste" (encore un mot-valise sans pertinence) et l'infrastructure politique socialiste, tout est mis en œuvre pour décourager la capitalisation sur le long terme, à commencer par la venue de l'enfant. C'est ainsi toute la transmission qui est mise à mal et démantelée par l'interventionnisme. 

    Sur le fond, si ces discours sont évidemment légitimes en droit, ils n'en demeurent pas moins d'une grande pauvreté à mon sens. On peut faire ce choix, mais se raconter qu'il s'agirait d'une voie à suivre est une autre histoire. Je ne marche pas. Une civilisation sophistiquée exige que la transmission intergénérationnelle soit faite. 

    Hélas, le système politique en place a renversé le coût d'opportunité. Revenez à la praxéologie : nous ne pensons pas et n'agissons pas à partir du néant, mais depuis un cadre politique donné. Il en résulte que l'enfant est trop souvent perçu comme une charge, à tous les niveaux. Mais la sélection fera son œuvre. À long terme, les communautés humaines qui ont refusé de consommer leur avenir feront le monde et sa richesse. Difficile de faire demain sans humains.

    Arthur Homines

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