L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

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novembre 11, 2014

En cette veille du 11 Novembre 2014, l'armée française a-t-elle le moral ?

L'Université Liberté, vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses. 





En cette veille du 11 Novembre, l'armée française a-t-elle le moral ?


La commémoration du 11 Novembre est tout à fait singulière cette année, et j'y attache une attention particulière. Début septembre, nous avons organisé une journée 100 Villes, 100 Drapeaux et 100 Héros pour commémorer le centenaire, et plus particulièrement la transmission des valeurs militaires entre le poilu d'hier et le soldat d'aujourd'hui : le courage, la fraternité d'armes, la cohésion, le sens du sacrifice. Ces valeurs qui, finalement, ont traversé ces années, constituent le socle du moral. Le moral des armées est excellent en opération, il est à surveiller dans le temps de paix car nous menons une profonde transformation. La vie quotidienne aujourd'hui dans les armées n'est pas toujours facile.

De 2015 à 2019, 25.794 postes doivent encore être supprimés. Est-ce possible alors que vous doutez que l'on puisse faire partir 1.000 officiers cette année ?


Bien sûr qu'on peut y arriver. On le doit. Nous allons tirer les enseignements de cette année durant laquelle nous aurons supprimé 7.500 postes. Un millier d'officiers, c'est trois fois plus que ce que l'on a fait en 2013. C'est un énorme effort. Je ne peux pas forcer les gens qui ne le souhaitent pas à partir. Il faut adapter nos incitations au départ pour offrir des conditions de reconversion acceptables. La réforme des ressources humaines est une partie très importante de ma responsabilité puisqu'on touche aux hommes et aux femmes des armées, qui sont exceptionnellement dévoués et qui obtiennent des résultats incroyables en opération. Ce qui est clair, c'est que nous ne ferons pas ces déflations d'effectifs sans restructurations, sans transferts d'unité, sans dissolutions.

Comment susciter les vocations d'officier quand on ferme des régiments ?


Notre modèle de ressources humaines va évoluer face à cette nouvelle donne. A l'évidence, il faudra changer la pyramide pour mieux adapter le grade à la responsabilité et à la rémunération de façon à ce que chacun à sa place ait un sentiment d'essentialité dans l'édifice. Et que les carrières, dont la première partie est généralement vouée aux opérations tandis que la seconde l'est plus à des emplois d'état-major ou d'administration, demeurent attractives. Nous ne devons conserver que les effectifs nécessaires à l'institution, mais avec un dispositif juste et équitable, en conservant ce qui fait notre trésor : l'ascenseur social. Aujourd'hui, vous pouvez commencer deuxième classe et terminer colonel ou général.

La Défense paie un tribut plus lourd plus que les autres ministères ?


Je ne me permettrais pas d'établir une comparaison. Ce que je note, c'est que nous représenterons cette année 60 % des baisses d'effectifs de l'Etat, et 66 % l'année prochaine. Nous prenons notre part dans la réorganisation de l'Etat. A ce titre, la loi de programmation militaire (LPM) me semble un bon compromis entre la souveraineté financière et la souveraineté de la défense. On a donné.

L'opération Barkhane n'aligne que 3.000 hommes pour contrôler 5 pays du Sahel. C'est jouable ?


L'opération Barkhane répond à un concept transfrontalier car nous avons affaire à des groupes armés terroristes extrêmement mobiles, qui connaissent le terrain et se jouent des frontières. L'objectif n'est pas que l'armée française contrôle l'ensemble de la zone, mais de neutraliser ces groupes en lien étroit avec nos amis africains. Barkhane, c'est d'abord le partenariat élargi. Nous coopérons avec cinq pays - Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad -, j'y adjoins le Sénégal et l'Algérie. Cette coopération est efficace. Trois mille hommes aujourd'hui, peut- être un peu plus demain, c'est suffisant. On a mis en place une boucle vertueuse. Elle passe d'abord par le renseignement pour lever les cibles. Il s'agit ensuite de suivre ces cibles 24 heures sur 24, avec des drones notamment. Enfin, nous déployons les capacités pour les neutraliser au bon endroit et au bon moment. Le tout avec un facteur clef, la surprise. Un exemple, il y a trois semaines, nous suivions depuis une semaine un convoi de 6 pick-up au nord du Niger. Résultat : 3 tonnes de munitions et d'équipements détruits, 21 terroristes neutralisés ou prisonniers.

L'opinion publique peut avoir le sentiment que ces groupes seront toujours là.


Cette opération sera longue. Mais la question est la suivante : veut-on que ces groupes arrivent chez nous ou pas ? Ma principale mission, c'est de protéger les Français. Si on ne va pas les chercher sur place, ils viendront nuire chez nous. Les pertes chez l'adversaire, en particulier au niveau des têtes de réseau, me font dire que Barkhane est un succès, même si ce n'est pas facile. Les récents combats au nord du Mali, qui ont coûté la vie à l'adjudant Thomas Dupuy, le démontrent. Ils se déroulent au corps à corps.

De la même manière, on peut vaincre Daech en Irak et en Syrie ?


Le terrorisme est global. C'est l'honneur de la France d'être intervenue en Irak au coeur de
l'été. Si tel n'avait pas été le cas, Daech aurait pu entrer dans Erbil ou Bagdad. Nous avons été les premiers à fournir de l'aide humanitaire, à armer les peshmergas et à bombarder avec les Américains. Mais la solution, c'est l'action terrestre menée par les forces locales. Les bombardements contiennent, mais ne suffisent pas. La deuxième phase, ce sera la contre- attaque.

La France s'accroche à son modèle d'armée complète. Sauf que, LPM après LPM, ce modèle rétrécit et les budgets avec. Est-ce que l'on ne se ment pas ?


C'est une question que l'on s'est posée lors de la rédaction du Livre blanc. Nous sommes capables de demeurer une puissance globale, avec parfois des moyens très comptés, à partir du moment où la loi de programmation, qui est un projet cohérent, est respectée. Elle a le grand mérite d'avoir été cousue main. Chaque agrégat a été étudié à la loupe. Tout est une question de rythme. Si les équipements n'arrivent pas comme prévu, nous aurons des trous
capacitaires. Pour l'instant, la loi de programmation s'exécute normalement, et j'entends bien qu'il en soit ainsi l'année prochaine...

L'année prochaine, il manque d'ores et déjà 2,1 milliards d'euros. Le projet de location de matériel à l'armée s'apparente à une usine à gaz...


Oui [sourire].

Vous y croyez ?

Ensemble, autrement, au mieux : ce sont mes trois mots clefs pour la loi de programmation. Je voudrais insister sur le deuxième : si on ferme chaque piste nouvelle avant même de l'avoir ouverte, cela ne marchera pas. La LPM est calculée au plus juste. Elle tiendra à un certain nombre de conditions, dont une est que l'on accepte de faire autrement. Il faut avoir un esprit novateur, de défricheur. C'est comme cela que toutes les réformes sont conduites.

Quelles seront vos exigences ?


D'abord, que cela ne coûte pas d'argent. Avec le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, nous voulons 31,4 milliards d'euros en 2015. Ensuite, je veux être associé au choix des équipements, car la location ne doit pas impacter les livraisons. Enfin, il ne faut pas ajouter des conditions à leur utilisation en opération. Pour le reste, je suis extrêmement ouvert. Si cette piste s'avère impossible, nous en trouverons une autre. De toute façon, j'ai l'assurance de la sanctuarisation des crédits militaires par le président de la République, qui l'a répété à de multiples reprises. Nous avons 8.500 soldats engagés dans le monde. Les menaces ont augmenté depuis le vote de la LPM. Est-il raisonnable de penser que le budget de la Défense ne soit pas respecté ? Les citoyens n'ont-ils pas besoin d'être protégés ?

Qu'est-ce qui fait un bon chef d'état-major des armées ?


Je ne sais pas si je suis un bon chef d'état-major des armées, mais je pense avoir été bien préparé, avec une expérience interministérielle et quatre années comme major général, c'est-à- dire numéro deux, avant d'être numéro un. Dans un grand groupe, c'est souvent un parcours similaire. Dans cette période qui n'est pas facile, ma principale préoccupation, c'est la conduite des opérations militaires et de transformation. Je conduis la transformation comme une opération militaire. La finalité des armées, c'est la conduite des opérations, et la finalité de la transformation doit demeurer la conduite des opérations.

L'Europe de la défense, quand vous y pensez, ça vous fait sourire, ça vous laisse indifférent ou ça vous désole ?


L'Europe de la défense, ça me rend pragmatique. Elle se construit pas à pas, par des projets à géométrie variable. Nous avançons.

Vous voyagez beaucoup. Quelle image vos interlocuteurs vous renvoient-ils de la France ?


La France est un pays admiré, respecté et je le mesure partout où je vais. Une anecdote : à Washington, lors du sommet des chefs d'état-major de la coalition anti-Daech, 22 pays étaient représentés. Barack Obama passe une heure et demie avec nous. Le général Dempsey, chef d'état-major américain, a choisi trois d'entre nous pour s'exprimer devant le président américain. J'étais un des trois.

Pierre de Villiers (Chef d'état-major des armées)


Pierre de Villiers : l’armée supporte des deux tiers des suppressions de postes de l’Etat


Source, journal ou site Internet : defense.gouv.fr et Les Echos 
Date : 10 novembre 2014
Auteur : Alain Ruello et Nicolas Barre 
 
 
 

Déficit budgétaire

De Wikiberal
 
Le déficit est constitué du solde négatif de l'opération : Recettes - Dépenses. On parle de déficit public ou déficit budgétaire lorsque les recettes de l'État sont inférieures à ses dépenses. Ce déficit peut être soit volontaire (déficit structurel) soit dû à la mauvaise conjoncture (déficit conjoncturel). L'accumulation de déficits budgétaires entraîne l'augmentation de la dette publique à long terme qui, elle-même, par l'accroissement des charges financières de l'emprunt, grève le budget et contribue au déficit.
La politique de déficit systématique a été prônée par les Keynésiens sous couvert d'effet « multiplicateur » des dépenses publiques.
Il existe, sommairement, deux façons d'éliminer les déficits :
  • au moyen de réductions de dépenses
  • par des augmentations d'impôts

L'austérité budgétaire

L'austérité budgétaire désigne les politiques d’assainissement budgétaire qui consiste dans une plus grande rigueur dans la tenue des comptes publics. Selon le mainstream l'austérité empêcherait la relance économique et la croissance. Cette idée suppose, bien sûr, que le niveau de dépenses publiques reste insuffisant pour garantir un « minimum vital » de croissance.
Selon les détracteurs des dits « plans de rigueur » la baisse des dépenses publiques a un impact négatif sur le croissance et le PIB, entraînant par là une précipitation dans une récession.
 
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  • 4 Voir aussi

    Défaillance de l'État

    De Wikiberal
     
    Les défaillances de l'État (government failures) sont les cas dans lesquels l'action des hommes de l'État cause plus de mal qu'elle n'apporte d'éléments positifs.  
    l s'agit d'un des principaux objets études de l'école du Choix Public de James McGill Buchanan et Gordon Tullock. Les étatistes invoquent les défaillances du marché pour justifier l'intervention des pouvoirs publics dans tous les secteurs. Buchanan et Tullock entendent à l'inverse souligner que l'action de l'État est tout aussi défaillante et qu'opposer, comme le font les étatistes, une puissance publique immaculée et un marché toujours défaillant est une erreur grossière. Les économistes du Public Choice soulignent ces défaillances et proposent plusieurs explications. Ainsi, ils expliquent la croissance de l'État et ses échecs par le fait que les fonctionnaires sont des hommes comme tout les autres; ils cherchent donc à maximiser leur satisfaction, c'est-à-dire par exemple augmenter leur salaire, obtenir un plus grand bureau, etc. Ces buts peuvent souvent entrer en contradiction avec les buts affichés de l'action étatique, à savoir agir en faveur de l'« intérêt général ». Pour l'économiste William Niskanen, l'action étatique est par essence moins efficace, car les droits de propriété ne peuvent s'exercer pleinement et la responsabilité individuelle n'existe donc pas.
    Autre exemple, un homme politique à la veille d'une élection sera tenté d'offrir des baisses d'impôts clientélistes à certaines parties de l'électorat, pour assurer sa réélection.
    Prenant l'exemple de la crise financière actuelle, l'historien François Garçon dans Le Temps du 19 janvier 2009 souligne que la règlementation étatique, présentée comme la panacée, n'a rien fait pour pallier certaines dérives ou même les percevoir. Et Garçon de mettre en doute la capacité de l'État à mieux réguler le marché, à rebours de l'idéalisation irrationnelle qui en est souvent faite[1].


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