L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

janvier 13, 2018

#15 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif), alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes ( notamment ou j'en étais l'administrateur), comme sur vos propres murs respectifs. 
D'avance merci. 

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 

Al,



Sommaire

A) Quitter la France: Les entrepreneurs prêts! - business-booster-247

B) La France dans un monde de violence - Yves de Kerdrel - Valeurs Actuelles

C) Baisse des effectifs dans la fonction publique : la note du Macronomètre - l'équipe de la Fondation iFRAP

D) Vitesse, tabac, chasse au cash... Mais lâchez un peu les Français !  - Sophie De Menthon - Challenges

E) Bidouillage opportun; Elections européennes : le gouvernement se prépare à… diminuer le temps d’antenne de l’opposition ! - Étienne Girard - Marianne

F) Formidable Elisabeth Levy : Non au Parti unique des Femmes ! - Riposte Laïque

G) Dépense publique : l'inaction dangereuse d'un Gouvernement dans le déni - Eugène Daronnat - Aurélien Duchêne - Objectif France

H) La fiscalité française sur l'immobilier est la plus lourde d'Europe - Pascal Beuvelet - Victoria Laroche - Devis Prox

I) Le 5 janvier 1767, naissance de Jean-Baptiste Say - Jean-Marc Daniel - le nouvel économiste

J) [Désintox] Deux fausses informations répandues par la Ministre de la santé - Vaccins sans aluminium

K) Le conspirationnisme dans l’opinion publique française - Rudy Reichstadt - Fondation Jean-Jaures

L) Mélenchon se défend après la démission du rapporteur qui a contrôlé ses comptes de campagne - Pierre Lepelletier - Le Figaro

M) Comptes de campagne : démission du rapporteur ayant contrôlé les dépenses de Mélenchon à la présidentielle - Le Monde

N) Le (gros) mensonge de Macron sur le casier judiciaire vierge -

O) Quand le candidat Macron s'opposait au 80 km/h sur la route -

P) "La multiplication des chefs de projet est une catastrophe managériale majeure", affirme le sociologue François Dupuy - Christophe Bys - Usine nouvelle

Q) Retraite : le montant des pensions baisse et les employeurs cotisent plus - Weka




A) Quitter la France: Les entrepreneurs prêts!

Quitter la France

Pourquoi partir de France?

C’est mieux ailleurs!

Les entrepreneurs sont toujours aussi nombreux à quitter la France, malgré l’élection du Président Macron. Ce  dernier a apporté une lueur d’espoir. Cependant les attentes des français sont si fortes, que de nombreux jeunes et entrepreneurs tentent l’aventure à Londres ou ailleurs dans le monde.
Pour résumer, voici quelques motifs pour quitter la France et découvrir autre chose:
  • Fiscalité désastreuse et répressive
  • Lourdeur administrative (Urssaf, RSI, charges salariales, complexité…)
  • Un droit du travail d’un autre âge
  • Une imposition honteusement lourde
  • Le malaise financier (Mon ennemi, c’est le monde de la finance disait-il… )
  • La morosité ambiante
  • Le ras-le-bol d’une France qui ne veut pas évoluer
  • Un taux de chômage très élevé
  • Un « avenir sans futur » pour les jeunes
  • Une dette qui ne cesse de monter
  • Le sentiment que cela se passe ailleurs
  • Macron ou pas, rien ne changera vraiment sans une réforme en profondeur
Comme souvent, une refonte de la société française toujours promise et restée lettre morte!

Partir de France

Tenter l’expatriation

Vous aussi, vous ressentez ce malaise ou mal-être en France, malgré l’élection d’un jeune Président? Etes-vous prêts à quitter la France en 2018? Est-ce une sage décision? Où s’expatrier pour donner une nouvelle dimension à votre carrière professionnelle? 
Si cette envie de créer, de travailler et de gagner vous anime au jour le jour. Vous êtes entrepreneurs ou cadres dynamiques, vous en avez assez de faire du surplace en France? Vous voulez partir, mais vous ne savez pas comment vous y prendre ?
Arrêtez les questions? Trouvez les réponses!

Faut-il Quitter la France?

Une évidence en 2018

Qu’elle que soit votre situation personnelle ou professionnelle, quitter la France est un atout. Quels sont les avantages?
  • Voir ce qui se passe ailleurs
  • Comment les pays fonctionnent à tous les niveaux
  • Étudier, travailler à l’étranger ouvre l’esprit
En effet, une expatriation hors de France est une expérience formatrice et vous permet de voir les choses autrement dans le monde d’aujourd’hui. À entendre les entrepreneurs ou les employés, la société française semble bloquer malgré les efforts récents du Président Macron.
Contrairement à la pensée de nombreux français, ll ne s’agit pas de politique. En effet, la France (en particulier) a besoin de réforme profonde et durable pour affronter les enjeux de 2020. Depuis les années 80, les leaders politiques ont fait des « réformettes » et n’ont réglé aucun vrai problème.

L’éducation en France

Comme constaté, le système éducation en France n’est plus à la hauteur des enjeux. Le Classement de Shanghai est la référence pour découvrir les meilleures écoles et universités au monde.
En cette année 2017, la nouvelle année démontre tristement que le système éducatif en France est déclassé et a perdu en qualité. Malgré le budget astronomique du soi-disant « Mammouth », rien n’y fait depuis longtemps.

Le système de santé

Payer de nombreux impôts n’est pas un problème en soi, s’il y avait la perception d’un retour sur investissement. Cela n’est pas le cas en 2018, comme les années précédentes.
Le classement 2017 des systèmes publics de santé dans le monde le démontre à nouveau. La France ne se positionne qu’à la 8ème place, alors que le Royaume Uni se classe numéro 4.

Attrait Fiscale de la France

Que pensent les investisseurs étrangers?

Si le pays a une place de choix au niveau mondial en matière de tourisme, la situation n’est pas aussi rose, en ce qui concerne l’attrait des investisseurs internationaux et des entreprises étrangères à Paris et en Province.
Même si la France a bénéficié d’un certain regain en 2017, les investisseurs internationaux et les sociétés étrangères préfèrent l’Asie, les USA ou le Royaume-Uni, en raison de meilleures perspectives d’avenir.
Le classement annuel de l’indice de confiance des investissements directs étrangers, réalisé par le cabinet A.T. Kearney, met la France en numéro 7. Sans réelle surprise, les USA sont numéro 1 sui par l’Allemagne (2), la Chine (3) et le Royaume-Uni (4).
La meilleure performance est à mettre au compte de l’Allemagne en 2016. Renforcer l’attractivité fiscale et business de la France, aux yeux du monde, est une obligation dans les années à venir.

Index de Prospérité 2017 par Legatum

L’indice de prospérité publié par Legatum est la référence en la matière. Le classement Legatum 2017 prend en compte les éléments suivants:
  • L’économie
  • L’environnement du monde des affaires
  • La gouvernance du pays
  • L’éducation
  • La santé
  • La stabilité et la sécurité
  • La liberté des individus
  • Les aspects sociaux
  • La qualité de l’environnement et les perspectives écologiques
Alors que la Norvège prend la tête de l’Index Prospérité 2017, le Royaume-Uni prend la 10ème place et l’Allemagne la 11ème. Les USA se situe en 18ème position et la France arrive difficilement à la 20ème. Pour résumer, la Belgique fait mieux que la France.

Doing Business 2018

Édité par la Banque Mondiale, le classement Doing Business classe les pays sur un ensemble précis d’indicateurs. Le rapport annuel 2018 mesure les régulations favorables et défavorables à l’activité commerciale de 190 pays. C’est un indice indépendant de la santé d’une économie.
Des questions? Prenez contact avec nos spécialistes de l’expatriation et de l’entrepreneuriat à Londres au Royaume-Uni.




B) La France dans un monde de violence

Dans un ouvrage magistral, l’essayiste Nicolas Baverez sonne le réveil de nos consciences endormies face à la multiplication des menaces et au retour de la violence.

Il a beaucoup été question, au cours des derniers jours, des annonces faites par le chef de l’État à l’occasion de ses voeux à la presse. Volonté de lutter juridiquement contre la propagation des fake news, ambition de créer une certification des entreprises de presse en fonction de leur pratique de la déontologie et nouvelle réforme de l’audiovisuel public. Pourtant, de tous les discours prononcés depuis le début de l’année par Emmanuel Macron, celui qui est le plus important — mais qui a été aussi le moins repris — porte sur la situation internationale à l’occasion des voeux au corps diplomatique.

C’est un tableau sans concession sur l’état de la planète et des risques qui s’y accroissent que le président de la République a dressé en quelques mots : « Nous assistons aujourd’hui à une crise de la mondialisation, […] une crise du capitalisme contemporain qui n’a pas su réguler ses propres excès […]. Une crise de nos démocraties libérales qui […] n’arrivent plus à préserver leur unité et leur force et conduisent nombre de peuples à être tentés par l’autoritarisme ou le nationalisme. […] Et donc nous avons une lutte sans merci à mener pour notre sécurité. Car il n’y a pas de démocratie, de défense de l’État de droit et du multi latéralisme si nous sommes faibles. »

« Prendre l’événement par la main avant qu’il ne vous saisisse à la gorge »

Jamais autant qu’en ce début d’année 2018 le monde entier n’a été plongé dans un tel magma de risques, de violences, de fanatismes et de dérèglements qui font sentir l’odeur de la poudre. C’est ce que l’essayiste Nicolas Baverez démontre remarquablement dans son dernier essai, Violence et Passions, publié par les Éditions de l’Observatoire. Dans un style incisif, l’auteur du best-seller la France qui tombe dépeint la vaste fresque d’une planète en pleine rupture. À la fois sur le plan économique avec les tentations de dé-mondialisation. Sur le plan politique avec l’émergence des “démocratures”, ces pays comme la Chine, la Turquie, la Hongrie ou le Venezuela qui veulent jouer le jeu du marché mais pas celui des libertés. Sur le plan géopolitique avec l’effondrement de l’Aigle américain et l’essor de l’impérialisme de la Chine marqué par la nouvelle “route de la soie” qui passe par l’Inde et vise toute l’Afrique. Sur le plan militaire avec le réarmement massif de la Russie, de toute l’Asie, et la création d’un cinquième terrain de guerre après la terre, la mer, l’air et l’espace : le digital et tout le cybermonde. Sur le plan culturel enfin, avec l’incapacité de l’Europe, pourtant fondatrice de la démocratie, à lutter contre la démagogie — dont Thucydide a montré qu’elle était à l’origine de la chute d’Athènes —, la montée des populismes et des tentations nationalistes.

Quelles conséquences doit-on tirer de cette situation décrite par Nicolas Baverez avec le brio d’un René Grousset et la perspicacité d’un Raymond Aron ? Qu’au moment où nous allons célébrer le centenaire de novembre 1918, nous nous apprêtons à recommencer les mêmes erreurs que nos aînés qui n’ont pas su préparer la paix et ont semé les germes de la Seconde Guerre mondiale. D’abord en mettant fin à la première mondialisation de notre histoire, dans le sillage de la crise de 1929. Ensuite en laissant se paupériser des classes moyennes qui se sont réfugiées dans la recherche d’un bouc émissaire. Enfin en laissant émerger à nos portes des États voyous.

L’Iran et la Corée du Nord sont aujourd’hui deux puissances nucléaires potentielles qui menacent la stabilité du monde libre. Nous voilà donc au coeur d’un monde devenu ultra-violent, avec le terrorisme, les risques cybernétiques et le réarmement massif. C’est ce qu’expliquait dans ces colonnes, il y a trois semaines, le général de Villiers. Face à cette situation, la France a un impératif : se réarmer matériellement, se réarmer moralement et se réarmer en tant que puissance économique. De manière à « prendre l’événement par la main avant qu’il ne vous saisisse à la gorge », comme l’avait si bien dit Churchill.

kerdrel@valmonde.fr




C) Baisse des effectifs dans la fonction publique : la note du Macronomètre

Tous les mercredis avant le Conseil des ministres, Le Macronomètre, l'observatoire des réformes du gouvernement lancé par la Fondation iFRAP, attribue une note aux réformes d'Emmanuel Macron. Cette semaine, comme publiée dans une tribune dans la version en ligne du Figaro, la note est de 3/10 pour la baisse des effectifs de la fonction publique.

La promesse était forte : réduire de 120.000 le nombre d'agents publics sur la durée du quinquennat. Emmanuel Macron a même donné le détail de cette baisse: 50.000 postes non renouvelés dans la fonction publique d'État et 70.000 dans la fonction publique territoriale.
Alors, forcément, c'est avec beaucoup d'attentes que le premier budget du gouvernement a été scruté. Seulement voilà, sur les 50.000 postes à supprimer d'ici 2022 au niveau de l'État et de ses opérateurs, le budget 2018 prévoit seulement 1.600 postes équivalent temps plein en moins (ETP).



C'est faible mais c'est encore pire quand on comprend que les 1.600 postes supprimés ne pèsent en réalité… que 681 postes équivalent temps plein travaillé. En clair, de vrais temps pleins. En conséquence, la marche à franchir pour les années à venir sera beaucoup plus forte qu'anticipé. Non pas 12.330 postes mais plutôt 29.000 postes. Un chiffre qui, évidemment, n'est affiché nulle part mais qui seul peut permettre d'atteindre les 4 milliards d'économies anticipées.

Du côté des collectivités territoriales, les derniers chiffres publiés par l'Insee montrent une légère amélioration pour 2016, y compris en incluant les contrats aidés avec repli de l'emploi public local de -0,4%, soit 20.400 personnels physiques. Cependant, cette évolution ne préjuge pas du niveau qui sera atteint en 2017. Les baisses de 70.000 postes incluront-elles les baisses de contrats aidés ou non? Seront-ils de vrais temps pleins? Ces arbitrages devront être réalisés en termes de maîtrise de la masse salariale dans le cadre des pactes financiers que l'Etat escompte passer avec les 340 collectivités et établissements locaux concernés au printemps prochain. Le secteur hospitalier (FPH) étant, quant à lui, sanctuarisé.

Enfin, Emmanuel Macron a également promis une réforme du management de la fonction publique dont les contours restent flous. La question du temps de travail des agents devra y avoir une place de choix, et pour cause : sur les 1.607 heures de service obligatoires pour un temps plein, la Cour des comptes (dans un audit réalisé sur 103 collectivités) a permis de mettre en évidence une moyenne de 1.562 heures travaillées. Amener les agents à leur temps de travail légal permettrait de déboucher sur une réduction de 57.000 postes pour une qualité de service public constante. Le tout pour une économie de masse salariale estimée à 1,2 milliard d'euros. Sans même évoquer les questions d'absentéisme ou d'un alignement du temps de travail des agents sur le privé (environ 39h), il pourrait s'agir d'un vecteur puissant afin d'atteindre le non-renouvellement de 3 fonctionnaires sur 7 partant à la retraite dans les services… soit le rythme que doivent trouver Emmanuel Macron et son gouvernement pour respecter (vraiment) sa promesse.





D) Vitesse, tabac, chasse au cash... Mais lâchez un peu les Français !

"Foutez la paix aux Français !" le cri du cœur de Georges Pompidou revient sur toutes les lèvres : nous sommes de plus en plus pistés, suivis, menacés.

L'étau se resserre. Il ne se passe pas un jour sans que l'on nous annonce une nouvelle obligation accompagnée d'un contrôle supplémentaire ! A moins de vouloir verser dans une société totalitaire sous prétexte de sécurité et de transparence, il faut nous laisser un espace de liberté, de doute, une marge de manœuvre interstitielle. Il faut parfois pouvoir traverser hors des clous. Il ne s'agit pas de prôner la désobéissance et les comportements inciviques mais nous ne sommes pas des robots !

Fini le bon vieux temps de Courteline ("neuf fois sur dix, la loi, cette bonne fille, sourit à celui qui la viole"), là on ne sourit plus du tout. Si elle exprime la volonté générale, c'est-à-dire celle de la société, la loi devrait vraiment être écrite de façon à n'être qu'exceptionnellement contournée, aimablement interprétée, et parfois négociée. C'est là que le bât blesse. Plus rien ne se négocie. Le contrôle, de plus en plus informatisé et sans intervention humaine, ne laisse aucune place au fameux droit à l'erreur individuel, et au bon principe de l'exception qui confirme la règle.

Ainsi va le monde, en tous cas la France. Mais notre cher vieux pays avide d'égalité et de fraternité l'est surtout de liberté. Nous sommes attachés à la débrouille, au culot, à une forme de transgression, à la prise de risque, ce qui donne aussi : “Impossible n'est pas français". Nous sommes donc frustrés par ces barrières infranchissables qui nous encadrent jusqu'à l'absurde et instaurent une société d'interdits.

De plus en plus pistés

"Foutez la paix aux Français !" Le cri du cœur de Georges Pompidou revient sur toutes les lèvres : nous sommes de plus en plus pistés, suivis, menacés, on se méfie de nous. C'est plus grave qu'il n'y parait car, plus on nous contraint, plus la tentation de frauder est forte. Les espaces de respiration se réduisent comme peau de chagrin.

À la caisse des magasins comme partout, la chasse au cash est le mot d'ordre, les "gros billets" ne sont plus acceptés. D'ailleurs, les clients étrangers, qui paient souvent en espèces, ne comprennent pas pourquoi ils ne le peuvent pas en France et contribuent ainsi au développement commercial de nos voisins européens.

Les caisses deviennent "infalsifiables" à grand renfort de publicité comme si tous les commerçants étaient des voleurs. Nous sommes d'ailleurs tous des voleurs en puissance aux yeux des pouvoirs publics. A votre banque, si vous faites un versement en liquide ou que vous voulez en sortir, votre banquier navré et apeuré vous demande l'usage que vous allez en faire ? D'où vient-il ? A qui le destinez-vous ? Etc. Il est obligé, s'excuse-t-il : Tracfin le surveille; c'est ainsi que vous découvrez que Tracfin s'intéresse de près aux étrennes de votre filleul...

Le pourboire pour les mêmes raisons est en voie de disparition. Or, malgré son aspect socialement préhistorique, c'est une formidable contribution à la respiration de l'économie qui de surcroît incite à améliorer les relations clients. Comment rémunérer simplement les menus services fournis par tout un chacun ? L'étudiant qui vient donner un coup de main, le stagiaire qui en fait plus (et qui n'a pas droit à une prime sauf à ce qu'elle soit fiscalisée, et en plus avec un risque de requalification de son stage). Et les étrennes de la concierge, des pompiers, du facteur, des éboueurs ? Va-t-il falloir les déclarer ? Devra-t-on leur verser une somme par chèque ou par carte bleue ?

Le mieux, ennemi du bien

Terminés aussi les cadeaux aux collaborateurs dans les entreprises : tout est considéré comme "avantage en nature" ! Comme pour ce PDG d'une société de cosmétiques dont le comité d'entreprise avait décidé de mettre des corbeilles de fruits à disposition des 500 salariés toute l'année, et qui s'est vu requalifié d'attribution d' "avantage en nature" (normal pour des fruits !) assorti d'une amende de 14.500 euros pour 3 ans de fruits. De quoi vous dégoûter de contribuer au bien-être des salariés. Même combat et même redressement pour les massages offerts en entreprises, etc.

Partout, méfiance ! Sur le quai de la gare, une nouveauté : cette interminable queue qui vous oblige désormais à montrer votre billet à une machine avant de pouvoir monter dans le train, ce qui n'empêchera pas que votre billet soit recontrôlé à bord. Au nom de la sécurité (certes, on peut comprendre) plus personne sur le quai, et le baiser d'adieu se fera non plus devant le wagon mais devant le relais H.

Dans nos rues parisiennes, de moins en moins passantes mais de plus en plus stressantes, les amendes électroniques pleuvent pour d'excellentes raisons. Plus d'espoir d'y échapper, impossible de stationner quelques instants sur une place de livraison, d'effleurer son portable, de dépasser d'un poil la limitation de vitesse qui n'aura bientôt de vitesse que le nom. La sanction tombe implacable, plus possible de discuter quelques secondes pour plaider sa cause. Et même à vélo ! Etre positionné sur les clous pour démarrer au vert avant la horde de voitures peut vous valoir un PV et même un retrait de points (surtout, dites bien que vous n'avez pas le permis !).

Le mieux est l'ennemi du bien. On a interdit la prostitution, ce qui semble parfaitement justifié au nom de la morale... sauf que taxer les clients et chasser les prostituées, non seulement n'a pas grand sens si l'objectif est de supprimer la prostitution millénaire mais surtout cela renvoie cette pratique à la clandestinité la plus dangereuse. On a, au passage, oublié que c'était les proxénètes contre lesquels il fallait lutter implacablement. C'est aussi ignorer les nouvelles formes de prostitution, les sites spécialisés, etc.

La France ne serait pas la France sans un soupçon de roublardise

Vous voulez être un bon citoyen ? Facile ! En résumé : vous mangez 5 fruits et légumes par jour, vous faites attention aux pesticides des mêmes fruits et légumes (il vaut mieux les acheter tout rabougris et un peu pourris au marché bio à des gens vêtus de toile de bure). Vous ne fumez pas bien sûr, vous ne vapotez pas non plus ! Vous ne buvez pas et de toutes façons vous ne pourrez plus démarrer votre voiture qui sera équipée d’un alcootest intégré (une bière ça va, deux bières tu ne démarres pas), vous circulez à vélo surtout les jours de pollution extrême où l’alerte santé vous dit d’arrêter les efforts physiques, vous vous faites vacciner contre tout (contre l’Etat, ça existe ?).

Dans Paris vous ne circulez donc plus en voiture mais vous ne pouvez pas stationner non plus : trop cher et pas de places, les PV ont été confiés à des entreprises privées, c’est dire leur nouvelle efficacité terrifiante. Vous téléphonez avec des oreillettes quand c'est autorisé, vous faites très attention à tout ce que vous dites et vous avez changé complètement de vocabulaire car il y a plein de nouveaux mots interdits. Vous ne riez plus à des blagues nulles, celles auxquelles on peut rire sont estampillées, mais vous pouvez encore aller voir dans les cabarets les humoristes agréés par l’Etat. Vous abordez une femme avec une autorisation préalable de consentement écrite. Vous donnez si possible un prénom neutre à votre enfant pour lui permettre de choisir son sexe vers 3 ans (c'est tôt) sans l'avoir influencé. Vous ne marchez plus sur une pelouse. C'est le seul pays ou vous lisez des écriteaux avec "pelouse au repos", on a peur des manifs de gazons. Vous faites très attention à ce que vous pouvez lire, les imprimeurs ont rétabli "l'enfer" des bibliothèques d'antan pour les ouvrages interdits. Au musée vous détournez les yeux des nus, à l'Opéra récemment Carmen a ressuscité pour tuer son amant car tuer une femme c'est politiquement incorrect et encore, personne n'a réagi au fait que le début de l'opéra se situe dans une fabrique de cigarettes, bientôt ce sera une fabrique de produits bio pour accéder aux protestations des associations anti-tabac.

La France ne serait pas la France sans un soupçon d'insolence, de resquille, un zeste de roublardise et cet esprit de maquignon à l'origine de tant d'aventures. L'esprit des Lumières s'éteint pour cause d'économe d'énergie. A force de nous contrôler avec bonne conscience, à tout bout de champ et de nous déresponsabiliser, les gredins vont rentrer en résistance ! Sachant qu' "il n’y a pas de pires gredins que les honnêtes gens” , Zola a raison et c'est bien ceux-là que l'on poursuit avec d'autant plus d'assiduité que les grands escrocs en tous genres, eux, passent à travers les mailles du filet.

 




E) Bidouillage opportun; Elections européennes : le gouvernement se prépare à… diminuer le temps d’antenne de l’opposition !

Le gouvernement se prépare à modifier les règles du temps de propagande dans l'audiovisuel public pour les élections européennes. Surprise, LREM sortirait grand gagnant de la réforme, avec une augmentation de 155% du temps d'antenne ! A l'inverse, Jean-Luc Mélenchon et ses Insoumis perdraient de nombreuses minutes...
Ça ne changera pas la face des élections européennes, mais c’est un bien mauvais tour que la République en Marche (LREM) s’apprête à jouer à l’opposition. De façon très discrète, le gouvernement se prépare à… augmenter son temps d’antenne pour ce scrutin, et à diminuer, par ricochet, celui de l’opposition parlementaire. Jean-Luc Mélenchon et ses Insoumis seront tout particulièrement touchés par cette réforme, qui sera discutée en commission des lois à l'Assemblée nationale le 17 janvier prochain.
La manœuvre concerne les spots de campagne diffusés sur l’ensemble des chaînes de l’audiovisuel public. Profitant de la réforme consensuelle du mode de scrutin aux élections européennes – les députés européens seront désormais élus sur l’ensemble du territoire français -, le gouvernement a inséré dans son projet de loi un article sur ces clips de propagande. Actuellement, ces spots sont diffusés pendant une durée totale de deux heures sur chaque média, répartis de façon parfaitement égale entre tous les partis représentés au Parlement. S’il existe six listes soutenues par des groupes parlementaires, elles se partageront chacune 20 minutes d’antenne. Quant aux partis qui ne disposent pas d’un groupe parlementaire, comme le FN ou Debout la France, ils se partagent égalitairement une heure, mais aucun ne peut parler plus de cinq minutes.

De 20 à... 51 minutes pour LREM

Plutôt que de chercher à atténuer ce déséquilibre, le gouvernement d’Edouard Philippe a choisi… de l’accentuer. Comme l’a remarqué la Lettre A, ce projet de loi prévoit en effet que ces deux heures réservées aux partis parlementaires seront désormais réparties… au prorata, selon le poids des groupes parlementaires. Ce qui avantagera mécaniquement les coalitions qui disposent des plus gros groupes parlementaires, la République en Marche-MoDem et Les Républicains. Selon nos calculs, LREM, allié au MoDem, passerait ainsi de 20 minutes à… 51 minutes de temps de propagande dans l’audiovisuel public. Soit une augmentation de temps de propagande de 155%, grâce à leurs 382 parlementaires. La bonne affaire ! Les Républicains passeraient eux de 20 à 32 minutes d’antenne.
Jean-Luc Mélenchon devrait en revanche hurler : avec cette réforme, le temps d’antenne des Insoumis via ces spots passerait de 20 minutes… à 2 minutes. Maigre consolation, la future loi prévoit d’octroyer 2 minutes supplémentaires… pour toutes les listes.

L'heure des petits partis supprimée

Quant à la seconde tranche d’une heure réservée aux partis qui ne comptent pas de groupe au Parlement, comme le FN, elle disparaît. A la place, le gouvernement veut mettre en place une heure de « correctif » démocratique. L’idée ? Atténuer les déséquilibres qui découleront… de sa propre réforme. Cette heure sera ainsi répartie entre toutes les listes candidates - dont LREM et LR - « afin que les durées respectives d’émission attribuées aux listes » ne soient pas « hors de proportion avec (leur) participation à la vie démocratique de la Nation ».

Concrètement, le CSA fixera la durée des clips des uns et des autres en veillant à ce que les partis qui comptent de nombreux électeurs mais peu de parlementaires, comme la France Insoumise, le Front national, voire Debout la France, ne soient pas trop désavantagés par cette réforme. Sauf qu’il n’y a pas besoin d’être docteur en mathématiques pour s’apercevoir qu’étant donné le nombre de listes – 25 en 2014 – ces partis ne pourront guère prétendre à plus de 5 ou 6 minutes. Et se trouveront donc les grands perdants de la nouvelle loi…

Réprimande du Conseil d'Etat

Sollicité en amont du texte, le Conseil d’Etat a d’ailleurs réprimandé le gouvernement. Courtoisement mais fermement, les sages du Palais-Royal ont fait savoir que ce critère du poids des groupes parlementaires nationaux n’était pas particulièrement pertinent pour déterminer le temps de parole à une élection européenne : 

« La différence entre les modes de scrutin, pour l’élection des députés et sénateurs d’une part, et pour l’élection des représentants au Parlement européen d’autre part, les spécificités du débat démocratique dans le cadre de la campagne pour le renouvellement du Parlement européen et, enfin, l’évolution potentiellement très rapide des courants d’idées et d’opinions, peuvent conduire à ce que l’attribution de la deuxième fraction de durée d’émission ne soit pas en adéquation avec la participation des partis et groupements politiques représentés au Parlement national, aux débats de la campagne électorale ».

Le Conseil d’Etat a donc conseillé au gouvernement de réduire ce temps d’antenne réservé aux partis représentés au Parlement à une heure et demie. Proposition royalement ignorée par Edouard Philippe et Gérard Collomb, qui portera le texte devant le Parlement. Le temps où En Marche saisissait le Conseil constitutionnel pour obtenir plus de temps pour ses clips aux élections législatives, au nom du pluralisme et de la représentation des partis sans groupe au Parlement (!), semble définitivement envolé…

Les clips ne font pas l'élection


Le gouvernement n’a en revanche pas osé toucher aux règles du temps de parole dans les émissions de télévision. Celui-ci reste défini par le CSA, selon un calcul compliqué mêlant résultats aux dernières élections, score dans les sondages et dynamisme du parti sur le terrain.

Les partis perdants de la réforme se rassureront encore en constatant que ce genre de clips ne font pas forcément l’élection. En 2014, le Front national est arrivé premier aux élections européennes, avec deux millions de voix de plus que le PS… malgré des clips de propagande dans l’audiovisuel public quatre fois moins long. 




F) Formidable Elisabeth Levy : Non au Parti unique des Femmes !

Il nous est arrivé, par le passé, d’avoir des divergences avec Elisabeth Levy, notamment sur la vision de la compatibilité de l’islam avec notre pays. Mais nous l’avons toujours reconnue comme une journaliste courageuse, talentueuse, avec un panache digne des meilleures Gauloises.
Raison de plus pour faire une exception à notre habitude de ne publier que des exclusivités, et de porter à la connaissance de nos lecteurs, en cette période où les féministes castratrices sont bousculées, le formidable édito qu’Elisabeth nous propose. Un hymne à la parole libre, contre celles qui, souvent gauchistes ou lesbiennes, parfois les deux, ont décidé de confisquer la parole des femmes, au profit de leur idéologie victimaire et haineuse du mâle blanc hétérosexuel.

L’édito d’Elisabeth Lévy


Les masques n’ont pas mis longtemps à tomber. Voilà deux mois qu’on nous rebat les oreilles avec la libération de la parole de la femme. En vertu de ce nouvel impératif catégorique, toute parole sortant de la bouche des femmes (disons de certaines femmes) est encouragée comme on encourage les babillages d’enfants ou vénérée comme si elle témoignait d’un miracle. Sauf que, bien sûr, on avait oublié de lire les clauses additionnelles en vertu desquelles la parole libérée doit suivre strictement la partition établie par les garde-chiourmes du féminisme. Toutes les femmes sont donc priées de proclamer librement qu’elles sont des victimes, au moins potentielles, et de dénoncer librement leurs « bourreaux », ainsi que l’impayable Sandra Müller appelle l’homme qui lui a parlé de ses « gros nibards ». Et si elles ne le sont pas, en tant que femmes, elles sont instamment priées de se montrer solidaires de la grande vague. Autant dire que cette libération ressemble fortement à un embrigadement. Vive la parole libérée à condition que tout le monde parle au pas.

Mazette, quel vacarme !

À l’exception d’une « une » de Causeur (qui n’a pas fait le bruit mérité) et de quelques prises de position isolées, tout ce que la planète compte de peoples, de belles personnes et de grandes voix mâles et femelles avait annoncé urbi et orbi son allégeance au Parti unique des Femmes. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes néo-féministes quand un texte, écrit par une escouade de chipies emmenée par Catherine Millet et signée par quatre-vingt-dix-neuf autres, dont Catherine Deneuve, Ingrid Caven et votre servante, a troublé ce sympathique consensus victimaire. Mazette, quel vacarme !
Cette toute petite parole libérée dans la mauvaise direction a fait s’étrangler de rage les dames de la bonne société médiatiques et exploser le braillomètre: contre-pétitions, défilé de tweets indignés, débats innombrables, interviews dans les médias du monde entier des unes et des autres (Australie, Allemagne, Pays-Bas et Israël pour ma seule pomme), sans oublier un torrent d’injures, sans doute éprouvant pour celles qui n’ont pas l’habitude de ces batailles de chiffonnières.

Les insultes ne dégradent que ceux qui les profèrent

On me dit qu’une chroniqueuse, qui est à elle toute seule un concours très serré entre la bêtise et la méchanceté, m’insulte sur Europe 1 en me traitant d’alcoolique (cela va sans doute faire remonter les audiences d’Europe 1). Pas mal d’amis ont eu la bonté de s’en indigner. En vérité, cette indigence argumentative me met plutôt en joie car elle signale la faiblesse intellectuelle et psychologique de nos adversaires (il faut à l’inverse saluer la Charline de France Inter qui s’est payé ma modeste personne dans une imitation assez vacharde mais plutôt marrante, car reposant sur mes véritables ridicules, travers et autres tics de langage, d’écriture et de pensée. Pas mal vu, et au dessus de la ceinture. Dont acte.).
Espérons que madame Deneuve, qui a subi quant à elle un déluge d’une eau encore plus crasse, lui accorde autant d’importance, c’est-à-dire aucune. De même qu’un violeur n’attente pas à l’honneur de sa victime, il perd le sien, les insultes ne dégradent que ceux qui les profèrent et devraient les disqualifier. Que les insulteurs aient pignon sur rue est un signe supplémentaire du niveau consternant du débat public. Que, par la magie noire des réseaux sociaux, toute demi-gloire médiatique puisse en quelques clics lever une armée de médiocres pratiquant la chasse en meute, planqués derrière leur téléphone comme des pilotes de drones derrière leur console, voilà qui fiche carrément la trouille. À ce sujet, il n’y a qu’une foi irrationnelle en l’espèce humaine qui puisse sauver : une civilisation qui a produit Mozart et Freud ne peut pas se soumettre durablement à un pouvoir sans visage dont la légitimité se mesure au bruit qu’il fait.

Marlène, Ségo, Caro : le sommet des noms alignés

Il est un peu décourageant, quoiqu’habituel, que les vierges les plus bruyamment outragées n’aient pas pris la peine de lire le texte qu’elles ont couvert d’imprécations. Les saintes patronnes du féminisme gouvernemental, ex-gouvernemental et para-gouvernemental, Marlène, Ségo et Caro (Schiappa, Royal et de Haas), sans oublier l’ineffable Laurence Rossignol, ont donc, comme prévu, grimpé au rideau et expliqué que les signataires faisaient l’apologie du viol ou le légitimaient et que le texte était une permission d’agresser. Dans la foulée une cohorte d’hommes parfaitement domestiqués revendiquait sur le mode ricanant « le droit de mettre des mains au cul » (que les pétitionnaires leur auraient accordé).
Rappelons que la pétition commence par les mots : « Le viol est un crime ». Quant à la fameuse phrase sur les frotteurs, qui a choqué beaucoup de partisans du texte, peut-être était-elle un brin subtile – et dans le monde du premier degré, la subtilité est souvent une faute politique. Tout en rappelant que le « frottage » est un délit, elle disait qu’on pouvait ne pas être traumatisée, ce qui signifie qu’on pouvait l’être, mais qu’on pouvait aussi s’en moquer royalement une fois le désagrément passé. Il est tout de même curieux que cette idée fasse scandale : sous prétexte que certaines femmes sont traumatisées par des propositions indécentes ou des blagues salaces, il serait interdit à toutes les autres de s’en moquer ? Certaines femmes aiment être draguées à la hussarde, d’autres courtisées avec de grandes manières, d’autres encore détestent être draguées. Faudra-t-il nous aligner toutes sur ces dernières ? Etant entendu que la pression physique est inacceptable, doit-on inscrire dans la loi qu’un homme (ou une femme car les harceleuses sont bien plus nombreuses qu’on le dit) doit s’arrêter au premier refus ? À ce régime, nombre de chefs d’œuvre du cinéma ou de la littérature auraient tourné court.

Sexe totem et tabou

L’historienne Michelle Perrot se dit sidérée qu’on puisse manquer à la solidarité féminine. En somme, puisque des femmes sont victimes, nous sommes toutes des victimes. Nul ne nie que des femmes soient violées, battues, ou soumises au chantage d’hommes. Il est faux en revanche que cette souffrance soit la règle dans notre société. Ajoutons qu’une femme qui subit une insulte ou une mauvaise blague d’un homme n’est pas plus en situation d’infériorité qu’un homme subissant la même chose d’une femme, sauf à considérer que les hommes sont structurellement plus forts, même en insulte, ce qu’il est difficile de soutenir.
La pétition Millet rappelle que les relations entre les sexes ne sont pas une promenade de santé et que le désir n’est pas le domaine de la règle, de la codification et du contrat, mais celui du trouble, du tourment, de l’ambiguïté et du rapport de force, bref qu’entre adultes consentants tous les jeux sont permis et que nul ne saurait s’arroger le droit d’édicter une norme. Oui, la plupart des histoires commencent par un geste, un mot, un regard qui pourrait être considéré comme importun. La vision de la sexualité de nos dames-patronnesses est confondante de naïveté, convaincues qu’elles sont de savoir comment ça marche. À les entendre, nous sommes toutes des Cécile de Volanges, l’oie blanche déniaisée par Valmont dans Les Liaisons dangereuses. Peut-être n’ont-elles jamais entendu parler de la marquise de Merteuil pour croire ainsi tout ce que disent les femmes ? Quant à l’idée qu’on peut jouer avec la domination ou y prendre du plaisir, elle ne semble pas les effleurer.
En attendant, la violence des réactions à ce qui n’est qu’un texte parmi des centaines affirmant le contraire a de quoi surprendre. Il faut croire que le nouvel archevêque de Paris, monseigneur Michel Aupetit, se trompe quand il dit : « aujourd’hui, le tabou n’est plus le sexe, mais Dieu ». En réalité, aucun autre sujet ne suscite une telle montée aux extrêmes dans le débat. Il faut croire au contraire que le sexe reste le grand tabou, voire l’ultime refuge de la subversion. Le bazar qu’a mis notre petit poulet montre que, malgré leur infatigable activisme, les reines du contrôle, de l’interdit et de la sanction ne parviennent pas à normaliser le désir. Alors que des nuages noirs s’accumulent sur nos libertés, c’est une bonne nouvelle.

Non au Parti unique des Femmes !





G) Dépense publique : l'inaction dangereuse d'un Gouvernement dans le déni

Emmanuel Macron est actif, très actif. Avec un rythme de réformes dont sa majorité aime se faire l'écho, le président a souhaité tirer les leçons du passé et agir vite : sur le marché du travail, la fiscalité, et maintenant l'objet social de l'entreprise. Nous ne nous attarderons pas ici sur ces réformes. Or, il y a un sujet sur lequel l'exécutif semble muet : la dette publique. La France étant championne des dépenses et des prélèvements obligatoires, c'est sur la dépense publique qu'il faut agir. Tel est l'objet de cette tribune que publient Eugène Daronnat et Aurélien Duchêne, du Comité Stratégique d'Objectif France.
 
Toute tentative de réflexion sur la dépense publique (comme le programme CAP 2022 actuellement) doit être précédée d'une volonté politique forte, avec un objectif affiché et des moyens pour y parvenir. Il faut le dire : le seul moyen de baisser les impôts des français et les charges sur les entreprises est de baisser la dépense publique en la rendant plus efficace ! Impossible aussi de financer les grands projets d'intérêt national que défend Objectif France sans réaliser d'économies massives.
Il ne s'agit pas de tomber dans les vieux débats opposant public et privé mais bel et bien de se demander quelles missions doit assumer l'Etat français, en 2018 ? 

Les économies en trompe-l'oeil du Gouvernement
Durant la campagne présidentielle, le programme d'Emmanuel Macron prévoyait de réaliser 60 milliards d'économies (réévaluées à 35,5 milliards par l'Institut Montaigne), ainsi que des baisses d'impôts et des hausses de dépenses au coût sous-estimé. Dès cet été, le Gouvernement a reconnu que la situation budgétaire était « pire que prévue », validant les avertissements de la société civile de droite au cours de la présidentielle.
Ce dernier a donc dû improviser des mesures de general haircut (« coups de rabot » budgétaires), comme la baisse des APL, afin de respecter nos engagements européens (déficit inférieur à 3% du PIB). Le Gouvernement a dans le même temps rehaussé à 80 milliards d'euros son plan d'économies, mais sans annoncer de réformes permettant d'économiser autant. La Fondation iFRAP évalue à 37,6 milliards d'ici 2022 les baisses de dépenses que représenteraient les réformes planifiées par l'exécutif. Le Gouvernement annonce ainsi deux fois plus d'économies que ce que les mesures qu'il envisage de prendre permettraient de dégager (voir graphique).
Retraites, millefeuille territorial, subventions, logement, éducation, santé… les secteurs où il serait possible d'optimiser le service public sont nombreux. Le Gouvernement ne prévoit, dans ces domaines où des dizaines de milliards d'économies sont possibles, que des réformes de "transformation" qui n'économiseront rien ou presque. Prenons l'exemple des effectifs publics.
La masse salariale publique – pratiquement 280 milliards d'euros, soit 13% du PIB – va augmenter de 1,6% en 2018. La France comptait en 2017 5,48 millions d'agents publics (5,67 avec les contrats aidés), après une hausse de 20 400 sur un an. Pour 2018, le Gouvernement prévoit à peine 1 600 suppressions de postes, avec un objectif de 120 000 sur le quinquennat. Macron suit la même méthode de gestion des effectifs publics que ses prédécesseurs.
La réforme envisagée du système de revalorisation des salaires dans la fonction publique n'économisera presque rien. Difficile sinon de réduire les effectifs publics sans s'attaquer à l'absentéisme ou au temps de travail. Pour lutter contre l'absentéisme, le Gouvernement a rétabli un jour de carence dans la fonction publique le 1er janvier, ce qui n'aura que de faibles effets. Rien n'est prévu pour assurer le respect des 35 heures dans la FP, ni bien sûr pour augmenter le temps de travail. Peu de chances que le Gouvernement envisage des réformes plus ambitieuses et donc impopulaires à l'approche des élections européennes de 2019… 



Ceci étant dit, Emmanuel Macron et le Gouvernement Philippe vont déjà plus loin que ce qui a été fait depuis longtemps sur le plan économique. Il semble facile de critiquer sans proposer de solutions plus efficaces, comme semble hélas le faire l'opposition.
Nous entendons incarner une opposition chirurgicale, qui identifie les véritables enjeux de réforme ; nous soumettons ici d'ors et déjà quelques propositions concrètes. 

Quelques unes des propositions d'Objectif France pour réduire notre déficit public
Le non-remplacement de 3 fonctionnaires sur 4 partant à la retraite permettrait d'économiser jusqu'à 15 milliards d'euros par an d'ici 5 ans. Réduire le nombre de départements et les fusionner avec les régions rapporterait a minima 10 milliards par an à terme, sans compter les cessions immobilières. De même, inciter à la fusion de communes pour réduire considérablement leur nombre permettrait de dégager des économies conséquentes. Repousser l'âge de la retraite à 65 ans entre 16,5 et 25 milliards, sans compter ce que rapporterait une réforme des régimes spéciaux.
Augmenter la TVA de 2 points rapporterait 14,5 à 19 milliards par an, somme qui pourrait être réallouée à une baisse des charges pesant sur le travail. Achever la suppression de l'ISF permettrait sur le long terme de limiter l'exil fiscal, voire de rapatrier des contribuables aisés. Fixer le taux d'IS en fonction de l'affectation des bénéfices (le Gouvernement envisage de le réduire uniformément à 25%) pourrait également être rentable pour l'État.
La réforme du financement de l'enseignement supérieur défendue sur CNEWS par Rafik Smati rapporterait également beaucoup à l'État ; davantage d'autonomie de gestion pour les établissements scolaire permettrait de réduire certaines dépenses.
D'autres de nos mesures réduiraient le déficit public : notre politique d'immigration choisie, l'obligation de transparence fiscale pour les collectivités territoriales, la suppression du statut de fonctionnaire dans les entreprises publiques, n'investir que dans les secteurs d'avenir, ou dans ceux où l'État est indispensable...
Leur mise en place se traduirait par plusieurs dizaines de milliards d'euros d'économies annuelles à terme.
Il ne s'agit pas que d'une vision comptable, mais d'une approche citoyenne de l'économie. Là où Macron souhaite concentrer la fiscalité sur une partie de la population, nous voulons un consentement et une participation universels à l'impôt. Nous voulons repenser la dépense publique par l'efficacité et la responsabilité individuelle et collective.
D'autres propositions économiques seront faites par Objectif France, pour former un projet aussi réaliste qu'ambitieux, au service des générations futures et de la souveraineté nationale. Il s'agit d'éviter le mur et de ne pas mettre notre pays à la merci des marchés financiers. 

Éviter le mur de la dette, priorité absolue des prochaines années
Surtout, il s'agit de pouvoir se préparer aux risques et espoirs du XXIe siècle. Pour financer un effort de transition écologique sans équivalent dans le monde développé, et investir dans l'économie maritime, secteur où la France a tout pour être leader mondial. Pour moderniser notre système de santé sur tout le territoire, investir dans la révolution bio-médicale. Pour faire de la France un phare de la nouvelle révolution industrielle, en dégageant des fonds pour la recherche et pour les « cerveaux » français qui réussissent aujourd'hui à l'étranger. Pour redonner des moyens suffisants à la police, à la Justice, au système carcéral. Pour réinventer notre puissance nationale et faire de la France un des grands acteurs inattendus du XXIe siècle, en construisant une Union Francophone solide et influente, et en rebâtissant une armée capable d'assurer des missions cruciales et ambitieuses. Pour financer, encore, des réductions d'impôt conséquentes quand la situation le permettra.
Sortir de la spirale du désendettement est impératif pour ne pas… sortir de l'histoire. Parce qu'il faudra être en mesure de répondre à certaines transformations du monde, et d'en initier d'autres dans notre intérêt et celui du reste du monde.
Mais surtout parce que le mur de la dette est toujours plus proche. Si nous nous y heurtons, la France sera définitivement déclassée et appauvrie même après s'être relevée de ce traumatisme. Osons maintenant une thérapie de choc budgétaire, avec et pour les Français. Ne détruisons pas les chances de notre magnifique pays pour les futures décennies. 

Un seul objectif : la France ! 

Eugène Daronnat, 23 ans, jeune actif et référent d'Objectif France à Lyon
Aurélien Duchêne, 19 ans, étudiant en L2 Histoire à Strasbourg
Membres du comité stratégique d'Objectif France



H) La fiscalité française sur l'immobilier est la plus lourde d'Europe

L'immobilier est "la grosse vache à lait de l'Etat" selon Pascal Beuvelet, président du réseau de courtiers InFI Crédits. Les mots sont forts et quand on analyse toutes les taxes qui pèsent sur le patrimoine immobilier des Français, on est en droit de s'interroger sur la pertinence d'une politique du logement qui vise une France de propriétaires.

Hyperfiscalité immobilière à la française

Dans une tribune accordée par le Journal de l'Agence, plateforme spécialisée dans l'information des professionnels de l'immobilier, Pascal Beuvelet, président fondateur d'InFi Crédits et membre fondateur du réseau Century 21, met en lumière le génie de nos législateurs à mettre au point l'imposition, sous des formes multiples, qui frappe l'immobilier des Français. Rien n'est plus simple pour l'administration que de mettre en oeuvre ces différentes taxes, puisque le patrimoine immobilier des Français est clairement identifié grâce au cadastre. L'immobilier représente 75% des quelque 10 000 milliards d'euros que totalise l’ensemble des biens meubles et immeubles des Français.
Depuis les droits de vente jusqu'aux droits de succession, en passant par les taxes de détention, d'aménagement, d'équipement ou les impôts sur les revenus locatifs, l'immobilier français est l'objet de 50 impôts et taxes, "la grosse vache à lait de l'Etat" selon les termes de Pascal Beuvelet. Un grand nombre de taxes touche les professionnels, une manne pour les collectivités qui font face à la baisse des dotations de l'Etat. Les particuliers sont eux aussi taxés en permanence, qu'ils soient propriétaires ou occupants. Du neuf à l'ancien, du foncier au bâti, occupé ou vacant, tout est taxable, un phénomène qui n'a pas d'équivalent ailleurs en Europe.
Un logement vendu neuf supporte une fiscalité de 27%, une somme de taxes que le promoteur répercute sur l'acheteur et qui ne comprend pas les autres impositions locales. C'est quasiment le double de la moyenne européenne (14,5%). Un bien ancien subit toute une panoplie de taxes depuis sa détention jusqu'à sa revente : taxe d'habitation, taxe foncière, revenus locatifs, plus-value de cession, droit de succession ou de donation. Selon une étude, un couple de Français de classe moyenne avec deux enfants doit s'acquitter d'un taxe foncière 3 fois plus élevée qu'au Royaume-Uni et 10 fois plus qu'aux Pays-Bas. En 2014, les droits de mutation dus par l'acquéreur aux collectivités locales sont passés de 3,8% à 4,5; additionnés aux débours et à la rémunération du notaire, l’acheteur doit au total entre 7% et 8% de la valeur de l’acquisition. Cette année-là le gouvernement décidait également d'alourdir la taxe d'habitation sur les résidences secondaires pour lutter, soit disant, contre les logements vacants en zones tendues. Vient s'ajouter tout dernièrement l'impôt sur la fortune immobilière, en remplacement de l'IFS (Impôt de Solidarité sur la Fortune). Les contribuables assujettis paieront entre 0,5% et 1% sur la valeur de leur patrimoine immobilier, acquis, ne l'oublions pas, grâce à une épargne qui a déjà été taxée.

L'immobilier, immuable valeur refuge des Français

Malgré tout, derrière cette hyperfiscalité, la pierre reste une valeur refuge pour les Français. L'engouement des particuliers pour l'immobilier ne se dément pas, en témoignent les chiffres record atteints en 2017 (près de 1 million de transactions). Face à l'érosion des rendements des placements financiers, assurance vie en tête, et à l'incertitude légitime quant au niveau de la retraite par répartition, l'immobilier demeure un placement sécurisant. Le contexte est par ailleurs favorable aux projets immobiliers grâce aux taux d'emprunt au plus bas depuis deux ans.




I) Le 5 janvier 1767, naissance de Jean-Baptiste Say

On doit à cet illustre économiste la “loi de Say”, selon laquelle l'offre crée sa propre demande

Pour commencer la nouvelle année, un retour vers un économiste illustre s’impose. D’autant plus qu’en étant né un 5 janvier, Jean-Baptiste Say nous facilite la tâche.
Le 5 janvier en question est celui de 1767 ; quant au lieu il s’agit de Lyon, ville industrieuse par excellence. Dans l’imaginaire collectif, Say est un libéral convaincu dont l’apport à la science économique est d’abord la popularisation du mot d’entrepreneur. À cela, il convient d’ajouter un apport plus significatif qui est l’énoncé de la “loi des débouchés”, encore appelée loi de Say.
On en oublie ce faisant une œuvre foisonnante produite dans une période troublée. Les ancêtres cévenols de Say s’étaient installés à Genève après la révocation de l’édit de Nantes. La France de Louis XV se montrant plus tolérante, son père a quitté Genève pour Lyon où il fonde un négoce de soie.
“En 1789, la Révolution enthousiasme le jeune Say, qui se précipite à Paris. Il y devient l’équivalent de directeur de cabinet du premier ministre des Finances de la République, un protestant comme lui, du nom de Clavières”
En 1789, la Révolution enthousiasme le jeune Say, qui se précipite à Paris. Il y devient l’équivalent de directeur de cabinet du premier ministre des Finances de la République, un protestant comme lui, du nom de Clavières. S’opposant en vain à la multiplication des assignats, il se sent menacé par l’ébullition parisienne et rejoint l’armée qui se bat en Belgique. En 1794, à la fin de la Terreur, il regagne Paris. Il fonde alors un journal, ‘La décade philosophique, littéraire et politique’, dont il rédige les articles d’économie.

Catéchisme d’économie politique

De ses articles, il tire son ‘Traité d’économie politique’, dont un résumé paraît en 1815 sous le titre de ‘Catéchisme d’économie politique’. C’est dans ce traité que se trouve la loi des débouchés. Que dit-elle ? D’abord, que l’offre de biens est fonction des facteurs de production, à savoir le capital, le travail et la terre. Ensuite, que la demande dépend des besoins des consommateurs. Et donc enfin qu’apparemment, offre et demande étant déterminées indépendamment l’une de l’autre, elles n’ont aucune raison d’être égales. Et pourtant, affirme Say, elles sont bel et bien égales et ce parce que l’offre donne à la demande les moyens de se manifester. En effet, la demande repose sur les revenus.
“Ce résultat, souvent résumé par la formule “l’offre crée sa propre demande”, a suscité de multiples débats. Après avoir été la référence absolue des économistes du XIXe siècle, la “loi de Say” a subi les attaques en règle de Keynes et de ses disciples”
Et les revenus sont constitués des salaires et des profits versés par les entreprises à hauteur de la valeur de ce qu’elles ont produit. Ce résultat, souvent résumé par la formule “l’offre crée sa propre demande”, a suscité de multiples débats. Après avoir été la référence absolue des économistes du XIXe siècle, la “loi de Say” a subi les attaques en règle de Keynes et de ses disciples. Si les arguments de ces derniers sont plus ou moins contestables, il est plus que probable que leur courroux n’a pas été exclusivement économique… Car comme l’a écrit Galbraith, un des adversaires keynésiens de Say, celui-ci a commis une faute impardonnable : en étant clair et accessible, il a nui à la corporation des économistes, dont le prestige et le pouvoir reposent sur le caractère incompréhensible de leurs écrits…

Jean-Marc Daniel




J) [Désintox] Deux fausses informations répandues par la Ministre de la santé

Le 8 janvier 2018, la Ministre de la Santé Agnès Buzyn est interviewée par un journaliste du Quotidien du médecin (article réservé aux abonnés). Celui-ci la questionne sur une récente décision de justice :
« Un jugement vient de décider l’indemnisation d’une secrétaire médicale ayant présenté des symptômes suite à une vaccination obligatoire contre l’hépatite B : ne craignez-vous pas que la cohérence de la politique vaccinale soit mise à mal par ce type de décision ? »
La Ministre de la Santé répond :  
« La décision de justice ne fait pas le lien entre vaccin et troubles physiques. Le problème est que la myofasciite à macrophages (dont se plaint la patiente indemnisée, N.D.L.R.) est une maladie qui n’existe pas pour l’OMS, elle n’existe qu’en France, pour une seule équipe. Ce jugement est une façon de régler un problème mais il ne s’agit pas d’un argument scientifique certifiant un lien causal. »

Ces deux affirmations de la Ministre sont fausses…

Sur la décision de justice

La Cour d’Appel de Nantes a admis le lien entre le vaccin aluminique reçu par la patiente, la lésion de myofasciite à macrophages et les symptômes associés le 21 février 2013 (jugement n° 11NT02844) : Considérant qu’il résulte de l’instruction (…) que Mme D… présente, outre des lésions musculaires de myofasciite à macrophages à l’emplacement des injections vaccinales, l’ensemble des symptômes associés à l’affection du même nom décrits ci-dessus, (…) le lien de causalité entre la vaccination contre l’hépatite B subie par Mme D… dans le cadre de l’obligation vaccinale liée à son activité professionnelle et la myofasciite à macrophages dont elle souffre doit être regardé comme établi et de nature à ouvrir droit à réparation au profit de Mme D… au titre de la solidarité nationale ;
– La Cour d’Appel de Nantes a fixé, dans son arrêt du 22 décembre 2017 (n° 16NT01541) la somme mise à la charge de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales : 190 751,19 €.
Cette décision de justice est conforme à d’autres décisions prises par les Cours d’Appel de Nantes et Versailles. Elle confirme une jurisprudence solidement établie par le Conseil d’Etat (8 arrêts depuis fin 2012). Elle intervient après 10 ans de procédure. La victime a perdu son travail, a vu sa vie sociale et personnelle détruite par l’épuisement et les douleurs. Un peu d’humanité et de respect seraient bienvenus.

Sur l’aluminium

L’aluminium vaccinal n’est pas un problème franco-français. De nombreux chercheurs dans de nombreux pays travaillent sur la toxicité de cet adjuvant.
La myofasciite à macrophages ne s’arrête pas à nos frontières (France, Portugal, États-Unis, etc.). Le Pr Gherardi a répondu à cette fake news : 




Photo : colloque international sur l’aluminium dans notre vie quotidienne, organisé par l’association E3M au Palais du Luxembourg le 27 novembre 2017 (voir les vidéos scientifiques). En présence de scientifiques de France, Suisse, Espagne, Angleterre et Autriche.





K) Le conspirationnisme dans l’opinion publique française

Les attentats de janvier 2015 ont mis en lumière l’existence, au sein de la société française, d’un courant d’opinion complotiste tangible. Depuis, les inquiétudes sont croissantes quant à la circulation de théories du complot dans l’espace public ou encore de fake news susceptibles d’influer sur le cours d’une élection. Trois ans après ces attaques terroristes, la Fondation et Conspiracy Watch ont mené une étude pour estimer la pénétration du complotisme dans la société et approcher plus finement le profil de ceux qui y adhèrent. C’est l’enquête d’opinion sur le complotisme la plus ambitieuse réalisée à ce jour. 

Quatre points à retenir : 
  1. Le complotisme est un phénomène social majeur qui concerne, dans sa forme la plus intense, pas moins d’un Français sur quatre. Seul un Français sur cinq y semble hermétique.
  2. La plupart des théories du complot soumises à l’échantillon recueillent des niveaux d’approbation préoccupants.
  3. Comparativement à leurs aînés, les jeunes sont nettement plus perméables aux théories du complot, sauf certaines d’entre elles, portant par exemple sur le réchauffement climatique ou l’immigration.
  4. Le conspirationnisme est corrélé avec le vote populiste – de gauche ou d’extrême droite.

I - Contexte

Les réactions conspirationnistes qui se sont fait jour dans le sillage des attentats perpétrés les 7, 8 et 9 janvier 2015 ont jeté une lumière crue sur l’existence, au sein de la société française, d’un véritable courant d’opinion complotiste. Au cours des deux dernières années, le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni et l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis ont encore accentué cette prise de conscience de l’existence d’un courant complotiste. Responsables politiques, scientifiques, professionnels de l’information et enseignants ont commencé à faire publiquement état de leur inquiétude quant à l’importance prise dans l’espace public par la circulation de théories du complot, de thèses pseudo-scientifiques ou encore de fake news susceptibles d’influer sur le cours d’une élection. Au point que le président de la République a annoncé dans ses vœux à la presse du 3 janvier 2018 la présentation pour la fin de l’année d’un projet de loi visant à lutter contre les fausses nouvelles en période électorale.
Beaucoup s’alarment également de la menace que pourrait faire peser à long terme pour la démocratie la banalisation d’une culture dite de la « post-vérité » dans laquelle la prise en compte des réalités factuelles dans la détermination de l’intérêt général deviendrait secondaire.
Tandis que les pouvoirs publics ont intégré la prévention du complotisme à leur action en matière de lutte contre la radicalisation et de lutte contre le racisme et l’antisémitisme[1], notamment au travers du renforcement de l’éducation aux médias, les initiatives de la société civile pour tenter de répondre au défi du complotisme se sont multipliées : promotion de l’esprit critique et de l’auto-défense intellectuelle, prévention contre la désinformation conspirationniste, etc. La Fondation Jean-Jaurès a publié dès le mois de février 2015 une note dressant un état des lieux du conspirationnisme en France[2] avant de consacrer à ce thème une conférence en février 2016[3].
Alors que la France commémore le troisième anniversaire des attentats de janvier 2015, la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch se sont associés pour commander à l’Ifop une étude permettant d’estimer la pénétration du complotisme dans la société et d’approcher plus finement le profil de ceux qui adhèrent à ce type de contenus.
La plupart des grandes théories du complot en circulation de nos jours ont été proposées à l’échantillon : les vaccins, le sida, l’État islamique, les sociétés secrètes, le « nouvel ordre mondial », les « chemtrails », l’usage d’armes climatiques, l’assassinat du président Kennedy, la « Terre plate » ou encore le premier pas de l’homme sur la Lune. D’autres questions ont été posées permettant de croiser l’adhésion à ces théories du complot avec d’autres items tels que la fréquence de consultation de son horoscope, l’adhésion au négationnisme, au créationnisme, à la thèse d’un plan visant à remplacer la population française via l’immigration, à la thèse d’un complot politico-scientifique pour faire croire à l’existence du réchauffement climatique, la confiance dans les médias et la confiance dans la fiabilité des élections. Enfin, des questions ont été posées pour estimer le degré d’adhésion aux théories du complot sur les attentats du 11-Septembre 2001 et ceux des 7, 8 et 9 janvier 2015.
Réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 19 au 20 décembre 2017, cette étude a été menée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, complété par un sur-échantillon de 252 personnes de moins de 35 ans, qui ont été remises à leurs poids réel au sein de l’échantillon lors du traitement statistique des résultats. C’est l’enquête d’opinion sur le complotisme la plus ambitieuse jamais réalisée à ce jour auprès du public français.
Les sondés ne se sont pas vus proposer de réponse « ne se prononce pas ». De la même manière, un certain nombre d’énoncés (dix énoncés complotistes et un énoncé créationniste) leur ont été proposés. Dans un premier temps, la question leur était posée de savoir s’ils en avaient déjà entendu parler. Dans un deuxième temps, il leur était demandé de dire s’ils étaient tout à fait d’accord, plutôt d’accord, pas vraiment d’accord ou pas d’accord du tout avec chacun de ces énoncés. Parti fut pris de poser cette seconde question à tous les sondés, y compris ceux qui n’avaient jamais entendu parler d’un tel énoncé auparavant. La lecture des résultats doit donc tenir compte de ces deux choix méthodologiques.

II - Principaux résultats[4]

Le complotisme est un phénomène majeur

Les résultats de l’enquête confirment que nous faisons collectivement face à un phénomène non seulement tangible mais majeur, qui traverse toute la société et imprègne les représentations collectives à un degré préoccupant. Les niveaux d’adhésion enregistrés à quelques-unes des théories du complot les plus diffusées sont particulièrement inquiétants. Ainsi, l’énoncé selon lequel le ministère de la Santé serait de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins recueille 55 % d’adhésion. La théorie du complot sur l’apparition du virus du sida est partagée par un sondé sur trois. Enfin, près d’un sondé sur dix est d’accord avec l’affirmation qu’« il est possible que la Terre soit plate et non pas ronde comme on nous le dit depuis l’école ».



À ces chiffres, il faut ajouter que parmi les sondés : 79 % croient à au moins une théorie du complot, 61 % à au moins deux théories, 47 % à au moins trois théories, 34 % à au moins quatre théories, 25 % à au moins cinq théories, 19 % à au moins six théories et 13 % à au moins sept théories.
S’agissant de la notoriété des théories du complot proposées, quatre se détachent clairement des dix autres : trois sont des théories du complot anciennes, « historiques », parfois vieilles d’un demi-siècle. La thèse selon laquelle le président Kennedy aurait été assassiné par la CIA est familière à trois sondés sur quatre. Celles sur le premier pas de l’homme sur la Lune et sur la création du sida en laboratoire d’un sondé sur deux. Il est par conséquent notable que la théorie du complot sur la collusion entre pouvoir politique et industrie pharmaceutique pour cacher la nocivité des vaccins, qui défraie l’actualité depuis plusieurs mois, soit connue de deux sondés sur trois.
Les autres théories du complot proposées ainsi que la proposition créationniste (« Dieu a créé l’homme et la Terre il y a moins de 10 000 ans ») n’étaient en revanche connues que d’une minorité des sondés.



Une opinion divisée en trois blocs

Les résultats de l’enquête quant à la pénétration des idées complotistes suggèrent une opinion française divisée en trois groupes distincts : les « non-complotistes » (un sondé sur cinq) d’un côté, les complotistes « endurcis » de l’autre qui croient à cinq théories du complot ou plus (un sondé sur quatre) et, entre ces deux groupes, un « ventre mou » composé de sondés plus ou moins séduits par le complotisme adhérant à une, deux, trois ou quatre théories du complot mais pas davantage (un peu plus d’un sondé sur deux, 54 % exactement).
Cette approche mérite cependant d’être nuancée. Sur plusieurs items en effet, on ne constate pas de différence de comportement très significative entre ceux qui n’adhèrent à aucune théorie du complot et ceux qui adhèrent à une, deux, voire trois théories du complot proposées dans l’enquête. On constate à plusieurs reprises un premier « palier » à partir de l’adhésion à au moins quatre théories. C’est pourquoi il paraît envisageable de considérer que le « ventre mou » penche du côté des non-complotistes. Cette approche plus « optimiste » nous mettrait en présence de trois groupes se distribuant comme suit :
  • Un premier groupe, constituant environ la moitié de la population et résistant relativement bien à la contamination complotiste bien que séduit en partie par certaines thèses. Ce groupe serait composé de personnes qui soit n’adhèrent à aucune théorie du complot (21 %), soit adhèrent à une (18 %) ou deux théories (14 %). Cumulés, ils représenteraient 53 % de l’échantillon, soit un Français sur deux.
  • Un deuxième groupe réunissant les « complotistes modérés » et représentant un Français sur cinq présenterait des signes d’adhésion au complotisme plus affirmés : adhésion à trois (13 %) ou quatre (9 %) théories du complot (soit 22 % au total). Il est permis de former l’hypothèse que la moitié d’entre eux – ceux qui, précisément, adhèrent à au moins quatre théories – sont mûrs pour basculer vers une forme plus intense de conspirationnisme.
  • Adhérant à cinq théories du complot et plus, le noyau dur des complotistes convaincus (ou « endurcis ») constitueraient le troisième bloc, soit 25 % des Français (6 % adhérant à cinq théories, 6 % à six théories, 13 % à sept théories et plus[5]).

Une surreprésentation de l’électorat populiste

Le positionnement politique apparaît comme l’une des variables les plus prédictives de l’adhésion au conspirationnisme. Confirmant un constat déjà mis en évidence dans d’autres études[6], l’enquête montre par exemple que les deux principaux candidats de l’élection présidentielle à avoir le plus capté les suffrages des complotistes « endurcis » (ceux qui croient à cinq théories du complot ou plus) sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.



A contrario, les électeurs de Benoît Hamon, Emmanuel Macron et, dans une moindre mesure, François Fillon, sont ceux chez qui on trouve le plus de personnes n’adhérant à aucune théorie du complot proposées dans l’enquête :


S’agissant des attentats de janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo et l’Hypercacher de la Porte de Vincennes, les sympathisants de La République en marche, du MoDem et des Républicains sont à la fois ceux chez qui on rencontre les taux les plus importants (autour de 90 %) en matière de confiance dans la « version officielle » (respectivement : 88 %, 91 % et 88 %) et le moins de doute (autour de 10 %) quant à la certitude que les attentats ont été planifiés par des terroristes islamistes (respectivement : 11 %, 9 % et 10 %). On retrouve la même tendance chez les électeurs de Benoît Hamon, d’Emmanuel Macron et de François Fillon.

Les jeunes, nettement plus perméables au complotisme que leurs aînés

L’adhésion aux théories du complot avance avec les générations. Les moins de 35 ans sont ainsi deux fois plus nombreux à adhérer à sept théories ou plus que les plus de 35 ans (21 % contre 11 % en moyenne, les plus de 65 ans n’étant que 5 % dans ce cas). Les seniors résistent mieux au complotisme que leurs enfants et petits-enfants, sauf sur des théories du complot comme celles relatives au réchauffement climatique ou à l’immigration.
Cette tendance est visible sur la plupart des items avec des contrastes parfois saisissants. Ainsi, la possibilité « que la Terre soit plate et non pas ronde comme on nous le dit depuis l’école » recueille l’approbation de 18 % des 18-24 ans contre 3 % des plus de 65 ans. De la même manière, les 18-24 ans sont quatre fois plus nombreux que l’échantillon (8 % contre 2 %) à souscrire à une forme atténuée de négationnisme, estimant que la gravité du génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale est exagérée et qu’il y a eu « beaucoup moins de morts » qu’on ne le dit généralement.



Les seniors résistent globalement mieux au complotisme que les 35-65 ans et ces derniers mieux que les 18-24 ans. Ces résultats suggèrent que l’influence du complotisme chez les jeunes ne concerne pas que les collégiens, lycéens et étudiants, comme le montrent les niveaux de complotisme mesurés chez les 25-34 ans, qui ont quitté le monde des études pour entrer dans la vie active. Les personnes qui ont été socialisées politiquement depuis le début des années 2000 (adolescents ou jeunes étudiants) sont beaucoup plus perméables au complotisme que les autres, ce qui tend à relativiser les approches optimistes selon lesquelles le complotisme chez les jeunes ne serait lié qu’à un moment de la vie et finirait par s’estomper avec l’âge, notamment avec la sortie des études. Au contraire, il semblerait plutôt que le complotisme opère une forme de sédimentation et rien ne permet d’indiquer que les personnes qui forment aujourd’hui la cohorte des moins de 35 ans deviendront moins complotistes en gagnant en âge.

Le créationnisme est très corrélé à l’adhésion au complotisme

Là aussi, les jeunes semblent plus concernés : ils sont 31 % chez les 18-24 ans à adhérer à l’idée que « Dieu a créé l’homme et la Terre il y a moins de 10 000 ans » contre 14 % chez les plus de 65 ans (moyenne de l’échantillon : 18 %). Surtout, la variable « créationnisme » est particulièrement prédictive de l’adhésion au conspirationnisme : ceux qui croient à sept théories du complot ou plus sont ainsi créationnistes à 61 % contre 0 % chez les « non-complotistes ».


Une corrélation entre complotisme et superstition

La consultation de l’horoscope croisée avec l’adhésion au complotisme suggère également une corrélation : ainsi, 75 % de ceux qui ne croient à aucune théorie du complot ne consultent jamais leur horoscope. À l’inverse, ceux qui croient à quatre théories ou plus consultent plus fréquemment leur horoscope que le reste de l’échantillon (ils sont 11 % à le consulter quotidiennement contre 6 % pour l’échantillon ; 15 % à le consulter au moins une fois par semaine contre 11 % pour l’échantillon) et ils sont moins nombreux que les autres à ne jamais consulter leur horoscope (54 % contre 63 % pour l’échantillon).



Ces résultats suggèrent une corrélation entre complotisme et superstition et sont de nature à invalider ou en tous cas à apporter une nuance forte à l’idée, parfois énoncée, selon laquelle le conspirationnisme trouverait sa source dans une forme de rationalité exacerbée ou d’« hyper-rationalité ». Ils plaideraient plutôt pour une approche du phénomène complotiste en termes d’« alter-rationalité », où « la vérité » serait à rechercher selon des modalités étrangères au monde de la communauté scientifique.
On retrouve ici encore un décalage entre jeunes et seniors : les 18-24 ans sont ceux qui consultent le plus régulièrement leur horoscope (ils sont 24 % à le consulter quotidiennement ou au moins une fois par semaine et seulement 42 % à ne jamais le consulter), les plus de 65 ans ceux qui le consultent le moins (ils sont 13 % à le consulter quotidiennement ou au moins une fois par semaine et 72 % à ne jamais le consulter). Les chiffres permettent d’estimer que plus on est jeune, plus on consulte souvent son horoscope. La ligne de partage des eaux passe par les moins de 35 ans : ils sont 52 % à ne jamais le consulter contre 67 % chez les plus de 35 ans.


III - Autres résultats notables

La théorie du complot sur les attentats de janvier 2015

Sur cet événement, le complotisme au sens fort (« il s’agit d’une manipulation dans laquelle des services secrets ont joué un rôle déterminant ») ne concerne qu’une fraction très faible de l’opinion publique (2 % en janvier 2015, 3 % trois ans plus tard, avec une marge d’erreur autour de 1 %) et l’on ne note pas d’évolution sensible par rapport au sondage réalisé en janvier 2015 par l’Ifop.
L’opinion dubitationniste[7] (« des zones d’ombre subsistent et ce n’est pas vraiment certain que ces attentats ont été planifiés et réalisés uniquement par des terroristes islamistes ») remporte une adhésion beaucoup plus franche chez les jeunes que chez leurs aînés : 27 % des moins de 35 ans y souscrivent contre 16 % des plus de 35 ans. De manière encore plus spectaculaire, les 18-24 ans sont 30 % à douter tandis que les plus de 65 ans sont 8 %, un rapport de un à trois.
Les résultats suggèrent également que les chômeurs sont plus dubitationnistes que les autres (27 % à douter contre 19 % au niveau global).
Sans surprise, c’est aussi chez ceux qui ont le plus confiance dans les médias qu’on trouve la plus grande adhésion à la « version officielle » (« il est certain que ces attentats ont été planifiés et réalisés par des terroristes islamistes ») et inversement. Ainsi, 29 % de ceux qui pensent que les médias nous mentent ont des doutes sur la version officielle des attentats de janvier 2015. C’est dix points de plus que sur l’échantillon global.
Autre enseignement, qui va dans le sens de la confirmation d’un phénomène désormais bien connu : l’adhésion à un nombre croissant de théories du complot va de pair avec un doute croissant quant à la version officielle. Ainsi, 35 % des dubitationnistes croient à sept théories du complot ou plus parmi celles proposées. Inversement, ceux qui ne croient à aucune théorie du complot proposée ne sont que 10 % à douter de la version officielle des attentats de janvier 2015.



Toutefois, il est très notable que les conspirationnistes « endurcis » demeurent, concernant les attentats de janvier 2015, majoritairement attachés à la version officielle des faits. À 53 % (contre 78 % sur l’échantillon global), ceux qui croient à sept théories ou plus sont convaincus que ces attentats ont bel et bien été planifiés et réalisés par des terroristes islamistes, ce qui conforte les analyses selon lesquelles les Français ont, dans leur ensemble, assez bien résisté à la tentation complotiste concernant cet événement tragique. En février 2015, le journaliste Jean-Laurent Cassely formulait ainsi l’hypothèse que « les sentiments d’unité et de solidarité ont éloigné chez la majorité de la population le ressentiment qui fait naître le désir de chercher la vérité ailleurs que dans la triste et décevante thèse officielle »[8]. Reste que, chez les endurcis, la théorie du complot au sens fort additionnée à l’opinion dubitationniste représentent un sondé sur deux.

La théorie du complot sur les attentats du 11 septembre 2001



Concernant l’adhésion à cette théorie du complot « historique », nous avons voulu tester l’adhésion différenciée aux thèses conspirationnistes LIHOP[9] (« ils ont laissé faire ») et MIHOP[10] (« ils ont organisés eux-mêmes l’opération »). La première recueille 29 % d’approbation et la seconde 6 %. Cumulées, elles représentent plus d’un sondé sur trois.
Là encore, les jeunes sont les plus concernés : il y a une césure nette entre les moins et les plus de 35 ans. Les moins de 35 ans sont près d’un sur deux (47 %) à adhérer à une des deux versions complotistes. Ils sont 53 % (douze points de moins que l’échantillon) à souscrire à la version communément acceptée de l’événement. Inversement, les plus de 65 ans rejettent de manière nette la théorie du complot : ils sont trois fois moins nombreux (3 % contre 10 %) que les moins de 35 ans à adhérer à la version la plus « dure » de la théorie du complot. Ils souscrivent à 74 % à la « version officielle ».
Cette même fracture se constate sur le plan politique : sympathisants FN et France insoumise ont plus tendance que les autres à souscrire à la théorie du complot.
Comme on peut s’y attendre, l’adhésion à la théorie du complot sur le 11-Septembre, que ce soit dans sa version LIHOP ou MIHOP, augmente avec l’adhésion globale à une vision du monde conspirationniste. On retrouve sur ces résultats un effet de palier distinguant d’un côté ceux qui adhèrent à moins de quatre théories et les autres.


Le climato-scepticisme et le complotisme climatique

La théorie du complot au sens fort du terme (« le réchauffement climatique n’existe pas, c’est une thèse qui profite à des politiques et des scientifiques ») ne concerne que 4 % de l’échantillon. Les plus jeunes y sont moins perméables que leurs aînés (1 % chez les 18-24 ans contre 5 % chez les plus de 50 ans). De la même manière, les seniors sont les plus sceptiques sur la réalité de l’origine anthropique du réchauffement climatique.
Du point de vue des sympathies politiques, la théorie du complot atteint des scores trois fois plus élevés que l’échantillon chez les électeurs de Marine Le Pen (11 %).
Sans surprise, c’est chez les complotistes « endurcis » qu’on trouve le pourcentage le plus élevé de conspirationnistes climatiques.

La question de l’immigration et le complotisme « anti-remplaciste »

La théorie du complot au sens fort du terme (l’immigration comme projet politique de « remplacement » organisé par nos élites et auquel il conviendrait de mettre fin) recueille une approbation de près d’un sondé sur deux (48 %).
17 % des sondés souscrivent « tout à fait » à cette idée et, parmi eux, les plus de 65 ans sont surreprésentés (24 % contre seulement 9 % chez les 18-24 ans). C’est chez les sympathisants de droite et d’extrême droite que cette opinion est la plus présente : 24 % pour Les Républicains et 41 % pour le FN. A contrario, les sympathisants de gauche ne sont que 7 % (soit dix points de moins que l’échantillon) à partager cette opinion.
C’est enfin chez les complotistes les plus endurcis qu’on trouve le pourcentage le plus élevé de conspirationnistes anti-remplacistes (32 % contre 17 %).

La confiance dans l’organisation des élections

65 % des sondés ont confiance dans la sincérité du suffrage, approuvant l’idée que « les élections en France sont organisées de manière suffisamment transparente et sûre pour éviter les tricheries et assurer la réalité des votes ».
Ici encore, on trouve une fracture générationnelle : 54 % des 18-24 ans contre 80 % des plus de 65 ans. Les résultats confortent l’hypothèse d’une érosion de la confiance dans le système démocratique chez les moins de 35 ans.
Chômeurs, ouvriers et employés sont ceux chez qui la confiance est la plus atteinte (respectivement 45 %, 53 % et 54 %).
Chez les sympathisants du FN, la confiance n’est que de 46 %. Elle est un peu supérieure chez les sympathisants de la France insoumise mais gravite autour de 50 %. Chez les sympathisants LREM, elle atteint 91 %.
Concernant le croisement de cette variable avec l’adhésion aux théories du complot, on reste dans des niveaux de confiance raisonnables et supérieurs ou comparables à l’échantillon (s’étalonnant de 79 % à 64 %) chez ceux qui n’adhèrent à aucune théorie du complot ou bien à une jusqu’à trois. Au-delà, c’est-à-dire à partir de la croyance dans au moins quatre théories du complot, on observe un décrochage très net.



La fiabilité des médias

9 % des Français pensent que le rôle des médias (journaux, radios, télévisions) est « essentiellement de relayer une propagande mensongère nécessaire à la perpétuation du ’Système’ ». Cette conviction atteint son maximum chez les sympathisants FN (17 %) et chez les complotistes endurcis (14 % chez ceux qui croient à cinq ou six théories du complot proposées, 23 % chez ceux qui croient à sept théories ou plus).
L’énoncé selon lequel « étant largement soumis aux pressions du pouvoir politique et de l’argent, la marge de manœuvre des médias est limitée et ils ne peuvent pas traiter comme ils le voudraient certains sujets » recueille l’adhésion de plus d’un Français sur trois (36 %). C’est chez les sympathisants France insoumise et Europe Écologie-Les Verts que cette opinion est la plus forte (55 %).


D’autres analyses spécifiques viendront compléter cette première note d’analyse non exhaustive.
Retrouvez des précisions méthodologiques sur l’enquête dans la note de Jérôme Fourquet du 12 janvier 2018. 

Source



L) Mélenchon se défend après la démission du rapporteur qui a contrôlé ses comptes de campagne
 
Jean-Guy de Chalvron a claqué la porte de la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) après avoir protesté en vain contre le remboursement par l'État de 1,5 million d'euros de frais de campagne. «Mes comptes ont été validés», rappelle l'ex-candidat à la présidentielle.
 
«Vous ne m'offrez d'autre alternative que celle de me soumettre ou de me démettre». Coup de tonnerre le 20 novembre dernier au siège de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Comme l'a raconté Le Parisien dimanche, Jean-Guy de Chalvron, un des rapporteur chargé de vérifier les comptes du candidat Jean-Luc Mélenchon, a remis sa démission. L'inspecteur général de l'administration, aujourd'hui à la retraite, protestait en effet contre le remboursement par l'État d'une partie des frais de campagne du leader de la France insoumise. Selon lui, 1,5 million d'euros des 10,7 millions d'euros de dépenses n'auraient pas dû être remboursés, comme il l'a expliqué au Parisien, sans plus de précisions.

Jean-Guy de Chalvron a pourtant assuré avoir fait part de ses réserves à la commission. En vain: la «lettre de griefs» qu'il souhaitait transmettre à Jean-Luc Mélenchon n'a jamais été envoyée après un refus «extrêmement brutal» des permanents qui dirigent la CNCCFP. Dans la foulée, le rapporteur a tenu à préciser qu'il n'avait pas accepté de témoigner pour épingler Jean-Luc Mélenchon mais plutôt pour alerter des «graves dysfonctionnements» au sein de la commission qui est, selon lui, marquée par un «système opaque et fort peu démocratique». Selon Le Parisien, d'autres rapporteurs chargés du contrôle d'autres candidats auraient également rendu leur démission. Contactée, la CNCCFP, présidée par le magistrat honoraire à la Cour des comptes François Logerot, n'a pas réagi officiellement.

Mélenchon se défend dans un long post Facebook

Pour éteindre un début de polémique, Jean-Luc Mélenchon a réagi dimanche dans un long message posté sur son compte Facebook. «Mes comptes ont été validés, je le répète (...) J'ai déclaré absolument tout, tout jusqu'au détail, de ce que j'ai dépensé dans cette campagne, non dans l'espoir de voir tout remboursé mais pour prouver que j'ai respecté la loi. C'est à la Commission de savoir ce qu'elle décide de rembourser ou non, je n'ai aucune part à ce type de décision», a souligné le leader de la France insoumise, qui voit surtout dans cet épisode «un différend entre ce rapporteur et ses supérieurs dans cette Commission». 

Pour désamorcer «la pompe à clics» provoquée, selon Jean-Luc Mélenchon, par les différentes reprises médiatiques et les réseaux sociaux, le chef de file des Insoumis en a appelé à ses sympathisants. «Je demande aux lecteurs de relever tout ce qu'ils voient passer sur ce sujet sur les réseaux, que cela vienne aussi bien de sites que des personnes privées car la loi permet de punir les personnes privées qui prennent l'initiative de colporter de fausses nouvelles», a-t-il écrit, promettant «la condamnation de gugusses de ce type».





Source



M) Comptes de campagne : démission du rapporteur ayant contrôlé les dépenses de Mélenchon à la présidentielle

Le rapporteur chargé de contrôler les dépenses de Jean-Luc Mélenchon estime que ses réserves, qui concernent 1,5 million d’euros, n’ont pas été entendues, révèle « Le Parisien ».
L’un des rapporteurs de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) dénonce de « graves dysfonctionnements » dans le fonctionnement de l’institution, selon Le Parisien du dimanche 7 janvier.

Jean-Guy de Chalvron, qui était l’une des personnes chargées de vérifier les dépenses de Jean-Luc Mélenchon lors de la campagne présidentielle de 2017, a démissionné de la CNCCFP, chargée de valider les dépenses et les recettes des candidats. Dans un courrier au président de la Commission, le 22 novembre, il pointe du doigt « de nombreuses divergences de fond » avec la décision finale sur le compte du candidat de La France insoumise.

Selon M. de Chalvron, 1,5 million de dépenses de M. Mélenchon, sur 10,7 millions, sont litigieuses et ne devraient pas être remboursées par l’Etat. Mais la « lettre de griefs » qu’il souhaitait adresser au candidat a été rejetée par la direction de la CNCCFP, explique-t-il au Parisien. Un refus « extrêmement brutal », ajoute-t-il.

Le président de la Commission, François Logerot, n’a pas souhaité répondre au quotidien. La CNCCFP, elle, affirme que « les rapporteurs savent que la Commission ne suit pas forcément leurs recommandations ». Selon Le Parisien, d’autres rapporteurs auraient également contesté 

Cinq mois pour éplucher les comptes

Les comptes des candidats à la présidentielle avaient été déposés à la CNCCFP et publiés au Journal officiel le 3 août. La Commission avait alors cinq mois pour les éplucher. Selon Le Parisien, elle a achevé ses travaux il y a une semaine et transmis ses avis aux candidats, qui peuvent ensuite déposer un recours au Conseil constitutionnel.

La CNCCFP a été créée par la loi du 15 janvier 1990 « relative à la limitation des dépenses électorales et à la clarification du financement des activités politiques », mais elle ne contrôle les comptes de la campagne présidentielle que depuis 2007. Ses neuf membres permanents sont nommés pour cinq ans sur proposition des présidents de la Cour des comptes, de la Cour de cassation et du vice-président du Conseil d’Etat. A chaque élection, elle recrute des rapporteurs – fonctionnaires ou magistrats en activité ou en retraite – pour éplucher les dépenses et les recettes des candidats.

Après la campagne de 2012, la CNCCFP avait rejeté les comptes de Nicolas Sarkozy pour dépassement du seuil de dépenses. Une décision confirmée par le Conseil constitutionnel. Mais la Commission, aux moyens limités, estimait le surplus de dépenses à 363 000 euros. Une enquête judiciaire a révélé qu’il se montait en fait à… 18,5 millions d’euros. L’ex-président a été mis en examen, en février 2017, pour financement illégal de campagne électorale.
 

Comptes de campagne : Emmanuel Macron a été le plus dépensier, Jean Lassalle le plus économe   
Le financement des partis politiques depuis 1988




N) Le (gros) mensonge de Macron sur le casier judiciaire vierge

Pour être franc nous avons dû réécouter plusieurs fois l’allocution du président de la République pour être sûrs de ce que nous avions entendu. Lors d’un cérémonial de promulgation de la « loi pour la confiance dans la vie politique », une mise en scène à l’américaine à laquelle nous allons devoir nous habituer, Emmanuel Macron a affirmé sans la moindre hésitation :
« L’impossibilité d’être élu quand on a un casier judiciaire B2 est promulguée, contrairement à ce que beaucoup de gens ont dit ou peuvent encore croire. Ce que nous avons promis, nous l’avons fait. »
Pourtant quiconque s’intéresse un minimum aux textes de loi sait que cette affirmation est mensongère, et il est d’ailleurs assez incroyable d’entendre pareille « inexactitude » dans la bouche d’un chef d’État. L’association anti corruption Anticor a immédiatement réagi (1) et dénonce « des promesses non tenues ». Même son de cloche chez Philippe Pascot, fervent militant du casier judiciaire vierge pour les élus, qui s’est fendu sur facebook d’une sortie acerbe à l’encontre du président de la République.

Vous l’avez compris, l’obligation pour les élus d’avoir un casier judiciaire B2 vierge n’a pas été promulguée. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a prétexté une « inconstitutionnalité potentielle », à laquelle pouvait se heurter cette double peine systématique, pour abandonner la mesure. Mais le plus étrange dans tout cela c’est justement que ce texte avait déjà été voté. Le 1er février dernier les députés de la précédente législature l’avaient même validé à l’unanimité ! (2)

Avant même que le conseil constitutionnel ne puisse censurer ou non le dispositif, le gouvernement d’Emmanuel Macron a donc brusquement fait machine arrière pour le remplacer dans la loi par une « peine complémentaire d’inéligibilité obligatoire. » Or cette peine ne s’applique pas aux élus qui ont déjà été condamnés et selon le texte « la juridiction peut, par une décision spécialement motivée, décider de ne pas prononcer cette peine, en considération des circonstances de l’infraction et de la personnalité de l’auteur. » En clair elle n’est ni rétroactive, ni réellement obligatoire et donc sans commune mesure avec l’obligation de justifier d’un casier judiciaire B2 vierge pour se présenter à une élection, promesse de campagne d’Emmanuel Macron. De plus elle vient s’ajouter à la prescription des délits financiers, votée dans l’indifférence générale en pleine affaire Fillon. (3)

Le Président de la République a donc menti effrontément à ses compatriotes, en direct à la télévision. Quel meilleur moyen pour rétablir la « confiance dans la vie politique » !

 

Source



O) Quand le candidat Macron s'opposait au 80 km/h sur la route

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'affichait contre cette mesure au nom du principe de « lisibilité » des vitesses, rapporte « Libé ».

Mardi 9 janvier, un conseil interministériel de sécurité routière (CISR) devrait acter l'une des mesures les plus polémiques de ce début d'année : l'abaissement à 80 hm/h de la limitation de vitesse des routes secondaires à double sens. Si Édouard Philippe défend cette réforme bec et ongle, jugeant qu'elle permettra de « sauver des vies », bon nombre de personnalités politiques exhortent le gouvernement à faire marche arrière. Emmanuel Macron soutient son Premier ministre sur ce sujet. Pourtant, à en croire ses propos tenus lorsqu'il était candidat à la présidentielle, il aurait pu faire partie du camp des contestataires.
Dans un questionnaire adressé aux aspirants à l'Élysée en pleine campagne présidentielle, des scientifiques et des responsables d'associations avaient ainsi sondé les positions des candidats sur des sujets aussi divers que l'alcool, le tabac, le surpoids et... la sécurité routière. Et sur le sujet précis de la diminution de la vitesse limite sur les routes secondaires à 80 km/h, Emmanuel Macron se prononçait manifestement contre, comme le relèvent nos confrères de Libération.

 

« Lisibilité »

« En France, les vitesses sont impaires : 30, 50, 70, 90, 110, 130. Cela participe de leur lisibilité [...] Je suis naturellement favorable, dès lors que les conditions de danger l'imposent, à abaisser la vitesse à 70. Mais abaisser en section courante la vitesse à 80 interrogerait l'ensemble de l'édifice », argumente alors le futur chef de l'État. Pas opposé à une réduction ponctuelle à 70 km/h de la vitesse limite autorisée, le candidat d'En marche ! fermait donc la porte à un passage systématique à 80 km/h.

Aujourd'hui, le gouvernement estime que réduire la vitesse de 10 km/h permettrait de sauver entre 200 et 400 vies par an, alors que 3 477 personnes ont perdu la vie sur les routes de France en 2016. Un bilan bien éloigné de l'objectif de passer      sous la barre des 2 000 morts en 2020 fixée en 2012 par Manuel Valls lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.


 
Source



P) "La multiplication des chefs de projet est une catastrophe managériale majeure", affirme le sociologue François Dupuy

Après "Lost in management", le sociologue François Dupuy publie aux éditions du Seuil, "La faillite de la pensée managériale". Il y décortique les raisons pour lesquelles le management tel qu'il est pratiqué échoue et produit cynisme et désengagement. Par "paresse intellectuelle", les acquis des sciences sociales, qui éviteraient bien des erreurs, sont ignorés par des dirigeants qui ont épousé la cause de la pensée financière. Un réquisitoire revigorant. 

L'Usine Nouvelle - Qu'est ce qui vous a poussé à revenir sur un sujet dont on pouvait penser que vous aviez fait le tour dans votre précédent livre ?
François Dupuy - Beaucoup de personnes, et pas seulement mon éditeur, m'ont demandé d'écrire la suite. De mon côté, j'avais envie de revenir sur certains phénomènes que j'ai observés en intervenant dans des entreprises ou dans mes travaux de recherche. Certaines personnes me disaient que j'avais bien démonté les mécanismes de ce qui ne marchait pas mais que je ne donnais pas de solutions. De mon côté, je voulais, après avoir expliqué ce qui ne va pas, approfondir les raisons de cette situation, revenir sur le pourquoi ça ne va pas.



Le titre de votre essai fait référence à une pensée managériale. Ce terme de pensée est-il une manifestation de votre ironie ?
Quand je parle de pensée, je ne me réfère pas à un grand système d'explication du monde avec des concepts définis. Il faut entendre ce terme au sens où tous nos actes procèdent de notre façon de penser. Or, la manière dont raisonne le management est en faillite et a déjà mené certaines entreprises à la ruine.
A l'origine du phénomène, il y a la formation des managers encadrants. Un technicien qui a réussi dans sa fonction est nommé manager mais personne ne pense à le former, alors qu'il va avoir une tâche relativement complexe à réaliser, gérer des Hommes. Du côté des dirigeants, la pensée financière a tué toutes les autres formes de pensée.

Comment expliquez-vous ce choix qui semble peu raisonnable ?
Il y a une forme de paresse intellectuelle terrifiante. On ne raisonne plus, on applique des recettes. On ne creuse pas la question de l'organisation et des hommes. On se contente de la connaissance ordinaire. Or, les sciences sociales le démontrent, une organisation humaine est tellement complexe que son fonctionnement n'apparaît pas à l'oeil nu. De nombreux travaux de cette discipline ont montré comment cela marche justement. Cela revient à faire comme si les études de médecine n'existaient pas et qu'on continuait à aller voir des rebouteux. Mais si la pratique de la médecine a pû progresser, c'est parce qu'on a développé parallèlement des savoirs très complexes sur les virus par exemple.

Une chose me frappe dans les livres récents sur le management, c'est qu'on n'y parle plus du tout ou très rarement de "pouvoir". Ce mot semble faire peur, comment l'interprétez-vous ?
Prenons l'exemple de ce qui est pour moi la catastrophe managériale majeure : la multiplication des chefs de projet, le fonctionnement "en mode projet". On prend un brave type ou une brave fille et on lui dit "tu vas faire travailler ensemble des gens venant de services différents" et en général on ne lui donne aucun moyen pour le faire. Pourtant, on crée des postes de chef de projet pour tout et n'importe quoi. Les dirigeants semblent croire qu'il suffit de donner le titre de chef pour qu'une personne le soit, que changer l'organigramme c'est changer l'organisation. C'est bien sûr faux.
Pour les sciences sociales, avoir du pouvoir c'est contrôler quelque chose d'important pour les gens qui vont travailler ensemble. Comment voulez-vous que la personne nommée chef de projet ait une quelconque autorité si elle ne contrôle pas une ressource stratégique ?
Comme on ne pense pas ces questions, on pratique soit la coercition soit l'incantation. La première se manifeste par tous les systèmes de contrôle et de reporting. Pour la seconde, vous avez tous ces chefs d'entreprise qui deviennent des sortes de gourous (il ne leurs manque que la robe blanche) expliquant les valeurs fondamentales de l'entreprise. Comme si les gens se comportaient en fonction des valeurs de l'entreprise ! Pourtant, les sciences sociales (encore elles !) ont établi depuis longtemps que les valeurs sont le résultat d'une action, pas quelque chose qu'on impose.

Vous raillez beaucoup dans votre lire le discours sur les valeurs.
Rendez-vous compte. Quand on les étudie, on découvre que la valeur la plus souvent mentionnée dans les entreprises est l'innovation. Or que voit-on ? Une multiplication des systèmes de contrôle, un enfermement de l'action dans ces systèmes. Comment voulez vous que les personnes innovent ? Le résultat de cette contradiction est de créer du cynisme. Les salariés feignent d'approuver mais ils continuent comme avant.

Vous parlez beaucoup des sciences sociales. Vous prêchez un peu pour votre paroisse ?
C'est comme si vous disiez à votre médecin qui vous conseille un examen qu'il prêche pour sa paroisse. Il s'appuie sur son savoir pour faire au mieux. Ceci dit, je ne milite pas pour que tous les chefs d'entreprises deviennent sociologues, mais pour qu'ils aient la curiosité de s'intéresser à des savoirs établis qui leur rendraient de grands services, à eux et à leurs salariés.
Je vais prendre un exemple et être un peu provocateur. Pendant des années sociologues, psychologues, psychiatres ont dit et même écrit "attention le travail se détériore, cela peut avoir des conséquences tragiques". Et puis il y a eu les suicides. Ce qui me fait écrire que 25 suicides sont plus efficaces que 25 livres pour faire prendre conscience de certaines réalités.

N'évacuez-vous pas un peu vite l'hypothèse que les dirigeants sont rationnels, puisqu'ils sont soumis à une logique financière, ils s'y conforment tout simplement ?
Ils ont fait le choix de s'ajuster à une seule variable, la finance. Mais parallèlement, ils s'aperçoivent du désengagement des salariés et des problèmes que cela pose. Pour revenir aux valeurs, l'engagement est la deuxième valeur la plus citée dans les entreprises européennes. Cela fait quinze ans là aussi que les sociologues parlent de ces phénomènes. Bien sûr que l'engagement (défini comme mettre dans son travail un peu plus de soi que ce que prévoit le contrat de travail) est un facteur de productivité. Aujourd'hui, de plus en plus de salariés préfèrent mettre ce surplus ailleurs que dans l'entreprise, dans l'associatif, le non marchand... Ils se désintéressent du gain monétaire. Le désengagement va coûter très cher aux entreprises. Philippe Aghion avait calculé le coût de la défiance, j'attends qu'on mesure celui des effets de la pensée paresseuse avec impatience.

Comment favorise-t-on l'engagement ?
Comment voulez vous que les salariés soient engagés si vous leur faites passer en permanence le message que vous ne leur faites pas confiance, comme en attestent tous les systèmes coercitifs pour les surveiller, pour encadrer leur travail... Il y a des gens qui vous disent point par point ce que vous devez faire, et il faudrait s'engager, c'est-à-dire donner un peu de soi ? Il faut des dispositifs concrets, comme des récompenses, des modèles, qui favorisent cet engagement et pas un énième discours sur les valeurs. A ce sujet, je ne résiste pas à vous raconter cette anecdote : j'ai vu une entreprise, où on imprime les valeurs au dos du badge d'accès. Comme ça, si vous croisez un salarié et que vous lui demandez les valeurs, il a une antisèche !

Depuis le début de l'interview, vous insistez sur les discours et les systèmes contradictoires dans l’entreprise. D'où vient cette contradiction ?
Il faudrait agir dans le bon sens. Les dirigeants devraient commencer par définir une stratégie et réfléchir après aux comportements dont ils ont besoin pour réussir. Aujourd'hui, on définit une stratégie, on donne trois valeurs et il faudrait que les choses se fassent. Et bien non, cela ne fonctionne pas ainsi.
En outre, je crois qu'on privilégie trop la pensée linéaire et pas assez la pensée complexe. On développe une pensée segmentée où l'on traite une question à la fois, une pensée séquentielle où l'on s'attache à travailler problème par problème. Ce faisant on ignore les liens entre les différents niveaux. Je suis intervenu dans une entreprise où il était évident que le problème observé à un endroit trouvait sa source dans un autre service. Il m'a été répondu "on vous a fait venir pour régler ce problème là, pas pour aller voir ailleurs". C'est la pensée PowerPoint, ce flambeau de la paresse intellectuelle, cette succession de points les uns après les autres.

Si on accepte votre diagnostic, comment expliquez-vous qu'il soit concomitant au développement des écoles de management ?
On les appelle école de commerce ou business schools pas école de management. Ce sont les complices, avec les cabinets de conseil, de ce que je dénonce. Leur fonctionnement explique beaucoup de choses. Les programmes sont divisés en matière. Autrement dit, la personne n'est jamais considérée comme une personne à part entière.
En outre, un second phénomène affreux s'y déroule : le relativisme des savoirs. Dans un amphithéâtre, un enseignant plus ou moins formé va développer son cours. Et il y a un élève qui va dire "ben non je ne suis pas d'accord, ça ne se passe pas comme ça, moi je pense que..." Et l'enseignant laisse trop souvent faire. On met sur le même plan 50 ans de recherches scientifiques et le témoignage d'un gars sûrement sympathique. On est dans la démagogie pédagogique. Ceci s'explique : la concurrence est telle entre les écoles qu'elles ne veulent pas faire de mal à leurs participants, à leurs élèves. Rien qu'aux Etats-Unis, on en compte 600. Or apprendre ça fait mal, je dirai même que ça doit faire mal.
 




Q) Retraite : le montant des pensions baisse et les employeurs cotisent plus

Le rapport 2017 sur les pensions de retraite de la fonction publique indique que les retraites des agents publics représentent un quart des dépenses de la branche vieillesse.
Les 5,4 millions d’agents publics, titulaires, militaires ou contractuels sont couverts pour le risque vieillesse par six régimes de retraite distincts dont les dépenses se sont élevées à environ 74,0 milliards d’euros en 2015. Parmi ces six régimes, trois concernent la fonction publique (régimes des fonctionnaires civils et des militaires de l’État, des agents des fonctions publiques territoriale et hospitalière et des ouvriers d’État). Ils font partie des régimes spéciaux de retraite de la branche vieillesse. Les dépenses de pensions des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers progressent de 6,6 % en moyenne par an depuis 1990.

Le régime de la CNRACL met à contribution les employeurs publics

À la différence des fonctionnaires de l’État et des ouvriers d’État, les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers sont affiliés à un régime de retraite géré par une caisse de retraite dotée de la personnalité morale, la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL). La CNRACL est un établissement public fonctionnant sous l’autorité et le contrôle d’un conseil d’administration. Elle assure, selon le principe de la répartition, la couverture des risques vieillesse et invalidité pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers nommés dans un emploi permanent à raison d’au moins 28 heures hebdomadaires.
Les agents titulaires des trois versants de la fonction publique sont par conséquent couverts, de manière identique, par un régime complet leur assurant l’équivalent d’une retraite de base et d’une retraite complémentaire. Un régime supplémentaire par points (le RAFP) leur permet également d’améliorer le taux de remplacement de leurs pensions. Le taux de cotisation salariale est identique à celui du régime des fonctionnaires de l’État, contrairement au taux de contribution des employeurs.
Pour le régime de la CNRACL, des relèvements successifs de taux sont en effet intervenus en 1995, 2000, 2001 et 2003-2005. Ils ont porté le taux de la contribution employeur de 21,30 % à 27,30 %, soit une hausse de 28 % de l’effort contributif des employeurs entre 1994 et 2005. Ce taux a aussi connu une hausse de 0,10 point en novembre 2012. Elle était destinée au financement de l’élargissement du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue. Et l’exigence de pérennisation du financement de la CNRACL a nécessité un relèvement du taux de contribution patronale de 1,45 point en 2013 puis 1,55 point en 2014. Le taux a enfin atteint 30,50 % en 2015.

Baisse des pensions et allongement de la durée d’assurance pour les fonctionnaires

La pension annuelle moyenne des fonctionnaires en euros de 2015 a baissé au fil des générations. Elle s’élève à 21 400 euros pour un fonctionnaire né en 1950 contre 23 700 euros pour un fonctionnaire né en 1943. Les facteurs explicatifs sont un traitement de fin de carrière retenu pour le calcul de la pension qui progresse moins vite que l’inflation et une relative stagnation de la durée d’assurance validée dans un contexte d’augmentation de la durée nécessaire pour le taux plein.
La loi du 21 août 2003 a aligné progressivement la durée d’assurance requise à tous les régimes confondus. La durée des services et bonifications nécessaires pour obtenir le pourcentage maximum d’une pension civile ou militaire de retraite, et la durée d’assurance exigée des salariés pour liquider une retraite à taux plein dans le régime général, ont toutes deux progressé de la même façon pour atteindre 40 annuités en 2008. Des mécanismes de décote et surcote ont été introduits dans le calcul de la pension. La réforme de 2010 a, quant à elle, reculé l’âge légal de départ à la retraite.
Par les augmentations indiciaires qu’il prévoit, l’impact financier de l’accord relatif aux Parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR) montera en charge progressivement au rythme des flux de départs en retraite des agents qui seront concernés. Cependant, le vieillissement des effectifs se poursuit toujours dans les trois versants de la fonction publique, suite aux réformes des retraites. Pour l’avenir, il sera par conséquent impératif que l’évolution des pensions prenne en compte le vieillissement des effectifs.

Source : Rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique, Annexe au projet de loi de finances pour 2017