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août 06, 2026

Les maux arts de la finance: Déficit public 2026 : Le gouffre de 106 milliards d'euros

France Macron and co.....

Déficit record : 106,8 milliards d'euros en 6 mois. 
Les chiffres du ministère des Comptes publics sont sans appel : le gouffre financier de la France s'aggrave encore de 6,4 % en 2026 [cite: Le déficit budgétaire de l’État atteint 106,8 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 6,4 % sur un an.,
 
Selon les chiffres publiés le mardi 4 août par le ministère de l'Action et des Comptes publics, l'État a accumulé... un déficit budgétaire supérieur de 6,4 milliards d'euros...]. Le matraquage fiscal ne suffit plus à masquer l'incurie.
 

Déficit à 106,8 milliards : L’interminable naufrage financier d’un État asphyxié par sa dette et ses dépenses militaires

Les trois moteurs du dérapage budgétaire de 2026

Analyse des postes de dépenses qui creusent le trou financier de l’État :

  • Le piège de la dette : 34,5 milliards d’euros d’intérêts payés en six mois (+19 %), conséquence directe de l’accumulation des déficits.

  • L’engrenage militaire : L’explosion des dépenses liées aux opérations extérieures et à la programmation militaire.

  • La facture bruxelloise : Une augmentation massive de 23 % du chèque versé au budget de l’Union européenne.

L’illusion de la rigueur et l’asphyxie par la dette

Les chiffres officiels publiés par le ministère de l’Action et des Comptes publics révèlent l’ampleur de la dérive budgétaire de l’État : le déficit atteint le sommet colossal de 106,8 milliards d’euros au premier semestre 2026, s’imposant en hausse de 6,4 % sur un an.
Selon les chiffres publiés le mardi 4 août par le ministère de l’Action et des Comptes publics, l’État a accumulé, entre le 1er janvier et le 30 juin, un déficit budgétaire supérieur de 6,4 milliards d’euros à celui enregistré sur la même période en 2025.
L’embellie passagère enregistrée en 2025 est désormais balayée, réduisant à néant les vaines promesses du gouvernement de ramener le déficit à 5 % du PIB.
Symbole ultime de ce piège financier, la charge de la dette explose : la France a payé 34,5 milliards d’euros rien qu’en intérêts bancaires sur six mois, enregistrant une hausse vertigineuse de près de 19 %.

Le matraquage fiscal ne suffit plus à éponger la dépense publique

Le problème de la France ne provient aucunement d’un manque de prélèvements.

Les contribuables continuent d’être essorés : les recettes du budget général progressent de 2,8 %, portées par la hausse de la TVA et de l’impôt sur le revenu.
Les recettes de l’État restent pourtant relativement solides. Sur le semestre, les recettes du budget général ont progressé de 2,8 %, portées notamment par la TVA (+4,2 % à périmètre constant) et l’impôt sur le revenu (+2,7 %).
Malgré cette manne fiscale – complétée par la récupération de 6,9 milliards d’euros de dotations de recherche – le tonneau des Danaïdes reste béant face à des dépenses en hausse incontrôlée de 5,6 %.
L’État a également bénéficié en janvier de la restitution de 6,9 milliards d’euros correspondant aux dotations de recherche arrivées à échéance.,
Le principal problème vient de la progression des dépenses, qui ont augmenté de 5,6 % sur un an.

Dépenses militaires et tribut européen : Les priorités déconnectées du pouvoir

Ce gouffre financier est directement alimenté par les choix géopolitiques de l’exécutif. L’escalade des engagements militaires extérieurs et l’application d’une Loi de programmation militaire prévoyant 36 milliards de surcoûts font exploser le budget de la Défense.

Dans le même temps, le tribut exigé par Bruxelles grimpe en flèche avec un prélèvement versé à l’Union européenne en bond de 23 %. Face à 276,8 milliards de dépenses contre seulement 187,7 milliards de recettes, le semblant de « gel des crédits » n’est qu’un pansement sur une jambe de bois, condamnant la Nation à une dette exponentielle.

 Malgré les mesures d’économies annoncées et le gel de certains crédits, le déséquilibre reste massif. Une situation qui alimente mécaniquement la hausse de la dette publique…


Pour aller plus loin : La dérive vertigineuse du déficit public et l’explosion du coût de la dette témoignent de la faillite globale d'un État technocratique qui dilapide les ressources nationales. Qu'il s'agisse de verser des milliards à l'Union européenne et d'alimenter la surenchère militaire à l'étranger, de désarmer les services régaliens comme les sapeurs-pompiers face aux incendies majeurs, ou de mener des interventions clandestines dissimulées à la Nation, la logique du pouvoir reste celle de l'irresponsabilité budgétaire et de la fuite en avant.


Retrouvez nos enquêtes exclusives pour comprendre l'ampleur de cette crise d'État :

https://presse-internationale.ru/deficit-a-1068-milliards-linterminable-naufrage-financier-dun-etat-asphyxie-par-sa-dette-et-ses-depenses-militaires/

 

Etat prédateur : « Un Etat qui ne peut plus réformer ses dépenses se tourne vers ceux qui produisent encore de la richesse »

Finances publiques dégradées, système politique paralysé, incapacité à réformer : la France illustre ce que Grégory Edberg et Erwan Le Noan, enseignants à Sciences Po, appellent le basculement vers « l'Etat prédateur ». Un Etat qui, faute de projet, conserve intacte une seule capacité : celle de prélever.

Au début des années 1980, Pierre Rosanvallon diagnostiquait « la crise de l'Etat-providence ». Un demi-siècle plus tard, le mot de crise ne suffit plus. Le pacte social bâti après 1945 pour accompagner une société jeune et en croissance, dans un monde ordonné en blocs, s'est vidé de sa substance sans que rien ne le remplace.

Vieillissement démographique, accélération technologique, transition climatique, fragmentation géopolitique : partout dans l'OCDE, les Etats y font face avec des moyens déclinants et des marges politiques réduites à néant.

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/etat-predateur-un-etat-qui-ne-peut-plus-reformer-ses-depenses-se-tourne-vers-ceux-qui-produisent-encore-de-la-richesse-2245813?

 
 
 
 
Une critique "Gaulienne"

Il faut imaginer une France avec un déficit budgétaire intenable de 5% qui n'a pas connu de surplus depuis plus d'une génération, un déficit commercial abyssal, des entreprises non compétitives que l'on aide avec des rustines de subventions, des dépenses sociales qui explosent au moment même où les dépenses militaires deviennent urgentes, une dette gargantuesque dont les intérêts avalent toute marge de manœuvre. Et une assemblée trop divisée pour faire quoi que ce soit. Une France dans une situation tellement intenable qu'elle connaît l'humiliation d'un prêt sous conditions du FMI pour pouvoir simplement financer ses importations. 
 
 Ce n'est pas un scénario de prospective 2027, c'est l'année 1957. 
 
Et pourtant en 5 ans, tout bascule : dès 1963 la France retrouve le statut de grande puissance industrielle qu'elle n'avait plus connu depuis Napoléon III, un siècle plus tôt. Qui se souvient vraiment de ce qu'il s'est passé ? De la recette du redressement ? 
 
Plus vous augmentez le coût du travail, plus vous pénalisez les entreprises, la création de richesse et donc le marché du travail. J'insiste sur cet ordre : il faut faire partir son raisonnement de l'entrepreneur (et non de la consommation par exemple). On n'a pas le choix, car c'est l'entrepreneur qui prend le risque initial d'anticiper les besoins du marché par son apport en capital et qui permet aux échanges de se déployer. Il faut d'abord un individu prêt à risquer son capital pour devenir le catalyseur de la coopération humaine. Qu'elle soit interne (organisation des salariés, outils, etc) ou externe (partenaires, clients, etc), cette dynamique d'échange n'existe que parce qu'un entrepreneur a pris un risque conscient. Aucune création de richesse n'existe hors de ce risque et des échanges qu'il permet. Pénaliser l'entrepreneur, c'est pénaliser toute l'économie derrière lui. Arthur Homines
 
 
FRANCE 1957 : UN PAYS AU BORD DE L’EFFONDREMENT 
 
En 1957 l'industrie française est dépassée. 
 
 Elle produit quelques pépites dues au génie isolé de quelques ingénieurs d'élite, la DS de Citroën, l'avion Caravelle, mais rien à l'échelle nécessaire. Son industrie est sous-dimensionnée par rapport à celles des Américains, son organisation interne est archaïque, caractérisée par des relations très tendues entre syndicats et patrons. Le coût du travail et la fiscalité sont très élevés, alors que sa productivité est faible. Impossible donc d'exporter, impossible d'investir suffisamment, de construire des usines modernisées, efficaces, suffisamment automatisées. 
 
Alors même que la nouvelle révolution industrielle autour de l'aéronautique, du nucléaire, de l'espace bat son plein. 
 
Comme le pays ne peut s'enrichir par le dynamisme de son économie, le gouvernement de Mollet compense par le social. Ajoute une semaine de congés payés, augmente le salaire minimum, augmente les fonctionnaires, introduit un minimum vieillesse, bloque les prix agricoles… Mais tout cela coûte de plus en plus d'argent et ne fait que renforcer le manque de compétitivité de l'industrie française. Alors on multiplie les aides aux entreprises, les subventions à l'export, les facilités de paiement. Les grandes entreprises bien connectées en profitent, les petites périclitent. 
 
Tout cela est financé par la dette. Et les aides et niches créées deviennent impossibles à réformer sans s'aliéner leurs bénéficiaires. Et c’est au milieu de cette débandade économique que les frais liés à la guerre en Algérie explosent. Le pays est exsangue et ne peut plus faire face à ses dettes.
 
 Il doit avoir recours au FMI. C'est l'impasse et l'humiliation. Cette situation est… très très familière pour le moins. 
 
Tout le monde sait comment cela finit : le régime ne survit pas à la crise, la IVe République meurt, et De Gaulle est appelé au pouvoir. 
 
Mais comment le redressement a-t-il réellement lieu ensuite ? Comment est-on passé d'un pays totalement à terre à la France dominante et florissante du Général De Gaulle ? 
 
LA RECONSTRUCTION GAULLIENNE 
 
Face à l’ampleur de la crise, le 3 juin 1958 De Gaulle obtient de l’Assemblée Nationale les pleins pouvoirs législatifs jusqu'au 8 janvier. Il a 6 mois pour redresser l'économie française. 
 
 Il charge Jacques Rueff d'établir un plan de résurrection de l'économie nationale. Jacques Rueff est ce qui se fait de mieux dans la grande tradition des grands administrateurs français : un polytechnicien, inspecteur des finances, issu du cercle de réflexion X-crise, des anciens X qui réfléchissent à la meilleure façon de rendre à la France une économie digne d'elle. 
 
Rueff a des idées précises sur ce qui doit être entrepris pour la France et comprend tout le poids de la charge qui lui est confiée. Le 8 décembre 1958, un mois seulement avant la fin de la fenêtre où tout reste possible, Rueff remet à De Gaulle son rapport complet qui se conclut ainsi : « Ce programme ne peut être celui d'un groupe ou d'un parti, mais seulement celui de tous les Français qui veulent que leur pays continue d'exister. » Le plan doit être adopté en conseil des ministres le 27 décembre. Mais le 24, Pinay, ministre des finances, juge le plan trop radical et menace de démissionner s'il n'est pas atténué. De Gaulle ne lâche rien. Le 27, quelques heures à peine avant le moment où doit se tenir le conseil des ministres fatidique, les 4 ministres SFIO envoient une lettre de démission, ce qui bloque tout. De Gaulle met une pression biblique, et obtient qu'ils diffèrent leur départ au 8 janvier, jour où le régime parlementaire sera rétabli. 
 
Ce jour-là, le 27 décembre 1958, le plan Rueff est adopté dans son intégralité par le conseil des ministres. 
 
De Gaulle défend son plan directement à la radio le lendemain, dans une allocution encore disponible sur le site de l'INA. Il s'exprime ainsi : « Sans l'effort de mise en ordre avec les sacrifices qu'il requiert et avec les espoirs qu'il suscite, nous resterions un pays à la traîne, perpétuellement oscillant entre le drame et la médiocrité. Au contraire, si nous réussissons la grande entreprise nationale du redressement économique et financier, quelle étape sur la route qui mène la France vers les sommets ! » 
 
En quoi consiste le remède de cheval administré par Rueff et De Gaulle ? 4 étapes. 
 
1. Supprimer toutes les rustines pour stopper l'hémorragie. 
 
De toutes façons elles n’existent que parce que les vrais problèmes n’ont jamais été réglés. 
 
Alors plus de subventions aux entreprises, à la sécurité sociale, à la consommation. Fin des boucliers tarifaires (l'électricité et le charbon prennent immédiatement 15%). Tout est désindexé. Le blé, les salaires. Non seulement les retraites ne sont pas épargnées, mais on supprime la retraite pour les anciens combattants valides. (Le message est clair : si tu es en état de travailler, la France a besoin de toi, pas que tu restes à la maison.) Les dépenses de l'État baissent immédiatement de 14%, alors qu'elles ne faisaient qu'augmenter depuis un demi-siècle. 
 
BOUM. 
 
2. Augmenter les recettes de l'État 
 
En taxant prioritairement ce qui a le moins d’impact sur la performance économique du pays. 
 
Augmentation de la TVA. 
Augmentation des taxes sur le tabac et l'alcool. 
Augmentation de l'impôt sur les sociétés. 
 
3. Rétablir la compétitivité des entreprises. 
 
Cela pourrait sembler antinomique avec l'augmentation de l'IS, mais la réalité est que pour être taxé, il faut déjà faire du profit, et pour faire du profit, il faut déjà être compétitif. L'IS n'est ainsi pas l'ennemi numéro 1 de la compétitivité de l’époque. Le problème des entreprises françaises en 1957 consiste en des coûts de production disproportionnés par rapport à ceux de leurs voisins. Alors Rueff dévalue le franc. Et pas qu'un peu. Quasiment d'un tiers. 8 ans d'inflation effacés. Les entreprises françaises redeviennent compétitives, les importations deviennent prohibitives. 
 
Alors bien sûr, ça fait mal. Pendant deux ans, la situation est compliquée. Ce n'est pas pour rien que personne sous la IVe n'avait eu le courage ou les moyens de déployer un tel plan. Le pouvoir d'achat des ménages diminue. La croissance ralentit. Les anciens combattants manifestent. Les mécontents sont multiples : agriculteurs, ouvriers, PME… Les conseillers de De Gaulle l'avaient prévenu, et De Gaulle avait répondu « Eh bien les Français crieront… et après ? » Et bien après… 
 
La balance des paiements devient excédentaire dès 1959, et la France rembourse sa dette extérieure dans l'année. En 1957, les exportations ne couvraient que 75% des importations ; en 1960, 111%. La France accumule les réserves d'or, qui passent de 516 tonnes quand De Gaulle arrive au pouvoir à 2700 en 1963. (Nous en avons 2400 aujourd'hui). Et dès 1960, la croissance accélère et les salaires repartent fortement à la hausse. 
 
Pour rendre ces sacrifices plus acceptables, De Gaulle s'appuie sur un récit fort de refondation. Nous ne sommes pas en train de liquider un modèle social, nous sommes en train de refonder la France. Et ce qui a le plus péché en France de la façon la plus visible à l'époque, c'est la monnaie, dont la valeur s'effritait de mois en mois. Alors De Gaulle utilise un levier purement symbolique : il instaure le nouveau franc, en retirant simplement deux zéros à l'ancien franc, pour rendre selon ses mots « au vieux franc français, dont les pertes expriment nos épreuves, une substance respectable ». Tous les jours les Français utilisent des francs, et tous les jours ils peuvent sentir la nouvelle ambition que leur monnaie porte. Elle ressemble désormais beaucoup plus au dollar. 
 
 4. Reconstruire en se positionnant à l’avant-garde technologique. 
 
 Cette période de redressement financier n'est pas une finalité en soi. Il ne s'agit que de la douloureuse étape indispensable pour se donner les moyens de l'expansion. La France a désormais une monnaie stable, un État avec des marges de manœuvre financières et des entreprises libérées du boulet de coûts de production excessifs. Il est temps de passer à la reconstruction de l'appareil productif français, et de refaire de la France ce qu'elle n'était plus depuis un siècle : l'avant-garde mondiale de l'industrie, des sciences et des technologies. 
 
Aujourd'hui encore, on peine à mesurer ce qui a été accompli en moins de 10 ans. 
 
 A. Consolidation et modernisation de l’existant. 
 
Les lois d'orientation agricole de 62 font passer l'agriculture de la paysannerie au productivisme exportateur et transforment la France en première puissance agricole européenne. L'état favorise la concentration industrielle pour créer des champions de taille mondiale dans la chimie, l'aluminium, la sidérurgie. 
 
 B. Réorganisation du territoire. 
 
 La DATAR créée en 1963 transforme le territoire français en machine de guerre : autoroutes, ports, zones industrielles, métropoles d'équilibre, villes nouvelles. Aménagement du littoral Languedoc-Roussillon, le complexe de Fos-sur-Mer, l'usine marémotrice de la Rance. On investit dans les infrastructures, dans la croissance de la population. On crée des pôles d'excellence : Orsay-Saclay, Bretagne-Nord pour les télécommunications, Toulouse pour l'aérospatial, Lyon pour chimie-biologie-médecine. 
 
C. Focalisation sur les industries du futur 
 
On prend à bras le corps tous les grands sujets technologiques et souverains de l'époque, et on déroule. Création du CNES en 1961, lancement du premier satellite français, Astérix, en 1965, avec une fusée Diamant de fabrication 100% française. La France devient la troisième puissance spatiale derrière les US et l'URSS. 
 
Lancement du programme Concorde en 1962. Le premier avion sort des usines toulousaines en 1967. 
 
Déploiement du nucléaire civil. Et une décision qui en dit long : la IVe République avait signé en 1957-1958 les accords FIG avec l'Allemagne et l'Italie pour développer une dissuasion nucléaire à trois, avec usine d'enrichissement cofinancée. De Gaulle enterre le projet dès son retour au pouvoir, construit Pierrelatte seul, et fait cavalier seul sur la bombe. (La souveraineté ne se partage pas.) 
 
Premier essai Gerboise bleue en 1960 dans le Sahara, premier sous-marin lanceur d'engins le Redoutable en 1967. Après le traumatisme de 1940, De Gaulle vient de s'assurer que plus jamais la France ne pourra être envahie. 
 
En 1963, l'armée française a besoin d'un super calculateur Control Data fabriqué aux États-Unis pour effectuer les simulations indispensables pour passer de la bombe A à la bombe H. Washington bloque l'export pour entraver le redressement français, et l'américain General Electric prend le contrôle du français Bull en 1964. (Rachat de pépites françaises et limitation des exports, tiens tiens tiens) De Gaulle comprend que l'informatique est devenue un sujet majeur de puissance et lance en 1966 (!!!) un grand plan informatique, avec un délégué à l'informatique qui dépend directement du premier ministre, et crée la CII par la fusion des activités informatiques de Thomson, CGE et Schneider. La France développe sa bombe H. 
 
 D. La recherche et les sciences au cœur du projet France 
 
Peut-être le plus important à noter est que la France de De Gaulle mise tout sur la puissance scientifique. Réorganisation du CNRS en 1961, création du CNES pour la conquête spatiale en 1961, de l'INSERM en 1964 pour la biotech et la recherche médicale, de l'IRIA pour l'informatique et l'automatisation en 1967, du CNEXO pour explorer et exploiter notre vaste domaine maritime, l'ANVAR pour s'assurer que la recherche se transfère bien vers l'industrie en 1967. Le nombre de chercheurs en France passe de 9000 quand De Gaulle arrive au pouvoir à 31000 quand il le quitte. Les dépenses de R&D passent de 2,46% du budget de l'État en 1958 à 6,2% dès 1967. En 2026 aucun pays sur terre ne fournit le même effort public que la France de De Gaulle. 
 
Résultat : en moyenne la France gaullienne croît de 5,48% par an pendant 11 ans quand les États-Unis sont à 4,26 %. L'année du départ, 1969, la France fait 7% de croissance. Un record jamais retrouvé depuis. Alors même que la dette française est divisée par deux. Lors de son règne, De Gaulle double quasiment la taille de l'économie française. En 1973, le Hudson Institute publie une étude prospective sur l'économie mondiale. Il prévoit que la France devrait être de loin la première économie européenne et les Français, les Européens les plus riches. Malheureusement, les successeurs de De Gaulle n'ont pas eu la vision et le courage nécessaires pour tenir la trajectoire. 
 
 Récapitulons comment De Gaulle a fait passer la France d'un pays failli à une puissance mondiale. 
 
 1. Attendre que la crise permette d’obtenir des pouvoirs spéciaux pour contourner les blocages parlementaires. 
 
 2. Rétablir les finances pour se donner les marges de manœuvre nécessaires, en se débarrassant de toutes les rustines accumulées et en taxant ce qui ne nuit pas à la performance économique. 
 
 3. Rendre les entreprises françaises compétitives de façon structurelle et non par rustines en baissant leurs coûts. 
 
4. Reconstruire le tissu industriel et productif en consolidant l’existant, réorganisant le territoire, investissant massivement dans les technologies du futur, et pariant à fond sur la recherche scientifique. 
 
 RECONSTRUIRE LA FRANCE DE 2026 
 
 La France d'aujourd'hui nous rappelle furieusement la France de 1957. Déficit de 5,1 % du PIB, dette à 117,5 %, dernier excédent budgétaire en… 1974, retraites qui représentent 14% du PIB là où la moyenne OCDE est 8%, des dépenses sociales non financées qui s'accumulent, des besoins de réarmement urgents mais infinançables, des besoins d'investir dans l'IA et la robotique mais pas un rond pour le faire ; une industrie tombée à 9,6 % du PIB (Chine, Allemagne, Corée), un déficit commercial à 100 milliards, 157 Md€ de prélèvements sur les entreprises au-dessus de la zone euro et des rustines partout (CICE, boucliers, chèques, allègements) ; rapports qui s'empilent, assemblée sans majorité, loi spéciale faute de budget voté. 
 
Tout cela est… beaucoup trop familier. 
 
 La seule différence fondamentale avec 1957 est que la France a désormais l'euro ce qui lui permet de se crasher au ralenti. Le FMI ne toquera pas à la porte. Mais petit à petit, l'État a déjà de plus en plus de mal à se financer. Jusqu'au moment où les sommes à emprunter chaque année sur les marchés pour maintenir la machine à flot seront tellement importantes que l’on ne nous prêtera plus à des taux acceptables. La zone de danger selon le FMI se situe lorsqu’un pays a besoin d’emprunter plus de 15% de son PIB sur les marchés tous les ans. Nous sommes bientôt à 18%. La Grèce a sauté quand elle a dépassé les 20%. Avec notre trajectoire actuelle, la France atteindra le stade où elle devra probablement mendier l’aide de la BCE qui lui imposera alors sa politique économique sanglante quelque part entre 2029 et 2032. 
 
Tic tac. 
 
Alors, à quoi ressemblerait un redressement gaullien ? 
 
Quel serait le plan douloureux que nous devons imaginer, mais qui serait « celui de tous les Français qui veulent que leur pays continue d'exister » ? 
 
Le plan qui nous permettrait de retrouver un pays qui serait autre chose qu’un pays « à la traîne, perpétuellement oscillant entre le drame et la médiocrité » ? 
 
La crise arrive. Nous devons être prêts. 
 
Joan Larroumec 
@larroumecj 
Géoéconomie • technologie • démographie | Long sur 🇫🇷 & Europe | 
 
 
 

septembre 11, 2025

Pluralité: Du côté de Philippe de Villiers : une déclaration explosive pour le Frexit, symbole d’un patriote visionnaire

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Philippe de Villiers, figure emblématique du souverainisme français, a récemment créé un véritable électrochoc politique en déclarant ouvertement son soutien au Frexit, la sortie de la France de l’Union européenne. À 75 ans, cet ancien député européen et fondateur du Mouvement pour la France (MPF) n’en est pas à son coup d’essai dans la critique de l’UE.


 

Mais sa prise de position actuelle, formulée avec une clarté assumée, relance le débat sur la souveraineté nationale au moment où la France traverse une crise institutionnelle profonde.

Au-delà de ses combats politiques, de Villiers incarne un parcours jalonné de réussites exceptionnelles, comme la création du Puy du Fou et l’initiation du Vendée Globe, qui démontrent sa capacité à transformer des visions en réalités concrètes.

Un eurosceptique de longue date : du « non » à Maastricht au FREXIT assumé

Philippe de Villiers s’oppose à l’intégration européenne depuis les années 1990. En 1992, il a activement fait campagne contre le traité de Maastricht, le qualifiant de « féodalité » qui prive la France de sa souveraineté. En 1994, il mène une liste eurosceptique aux élections européennes, obtenant plus de 12 % des voix et surpassant la liste officielle du RPR menée par Nicolas Sarkozy. Cinq ans plus tard, en 1999, il récidive avec plus de 13 %, toujours devant Sarkozy. En 2005, il défend ardemment le « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen. Durant son mandat de député européen (2009-2014), il critique vertement Schengen comme la « fin des frontières ».

Le 6 septembre 2025, sur CNews, de Villiers déclare être « pour la sortie de l’UE », affirmant que « le Frexit est nécessaire pour retrouver notre indépendance ». Le lendemain, dans une interview au JDD, il enfonce le clou : « La première priorité, c’est le Frexit », liant cela à une pétition pour un référendum sur l’immigration lancée le même jour. Pour lui, sans Frexit, la France ne peut contrôler ses frontières ni résoudre la crise migratoire, l’UE étant une « escroquerie » imposant des politiques contraires aux intérêts nationaux.

Cette position, qualifiée d’ « explosif » par de nombreux observateurs, pourrait catalyser un mouvement souverainiste plus large, avec des appels à l’union entre patriotes de gauche et de droite.

Des réussites emblématiques : le Puy du Fou et le Vendée globe, symboles d’audace et de succès

Au-delà de la politique, Philippe de Villiers excelle comme entrepreneur et visionnaire. En 1989, il fonde le Puy du Fou, un parc à thème historique en Vendée, devenu un succès mondial avec des millions de visiteurs annuels. Présidé depuis 2004 par son fils Nicolas, il attire par ses spectacles grandioses comme la Cinéscénie, mélangeant histoire française et innovation technologique. Ce projet, né d’une idée audacieuse, a revitalisé l’économie locale et symbolise la capacité de de Villiers à rassembler des milliers de bénévoles autour d’une vision patriotique.

Autre réussite majeure : le Vendée Globe, course de voile autour du monde en solitaire sans escale, initiée par de Villiers en tant que président du conseil général de Vendée de 1988 à 2010. En 1989, il accueille Philippe Jeantot, fondateur de la course, et la lance depuis Les Sables-d’Olonne. Devenue mythique, elle incarne l’esprit d’aventure et d’indépendance, avec des éditions comme celle de 2024-2025 célébrant son héritage. De Villiers en raconte souvent la genèse comme un « rêve d’aventure pour l’éternité », illustrant son talent pour transformer des défis en symboles nationaux.

Ces accomplissements – Puy du Fou comme joyau culturel, Vendée Globe comme épopée maritime – démontrent une expérience diversifiée en administration, économie et rassemblement populaire, loin des clivages partisans.

 


Philippe de Villiers, un Président Idéal pour une France Souveraine ?

La déclaration de Philippe de Villiers en faveur du Frexit n’est pas seulement un cri d’alarme ; elle révèle un homme prêt à défendre la souveraineté française avec conviction. Avec son parcours riche – combats eurosceptiques, réussites entrepreneuriales comme le Puy du Fou et le Vendée Globe –, il incarne une figure rassembleuse. Une personnalité gaullienne, une très grande culture s’exprimant avec clarté et éloquence, sachant débattre fermement, mais toujours avec courtoisie même dans les débats houleux, il cumule une expérience politique et managériale hors pair. Capable de fédérer au-delà des clivages, il ferait certainement un très bon président de la République, guidant la France vers une rupture salutaire avec l’UE pour retrouver son indépendance et sa grandeur.

https://multipol360.com/philippe-de-villiers-une-declaration-explosive-pour-le-frexit-symbole-dun-patriote-visionnaire/


 

 

janvier 04, 2015

Les atouts des entreprises françaises par François Fillon - Présidentielles 2017

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture, librement vôtre. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.


"Ce que je ferai pour les entreprises si je suis élu"

Leurs principaux atouts, c’est leur ingéniosité et leur courage ! En Europe, nous sommes le pays de la sur-réglementation, de la sur-fiscalisation, et au surplus, il est souvent de bon ton de stigmatiser les patrons. Malgré ça, nous avons des entreprises qui naissent et se développent avec une force étonnante. Imaginez ce que pourrait être la France s’il y avait plus de liberté, moins de charges, et si la valeur de l’audace était célébrée. Nous serions la première puissance européenne car nous avons une bonne productivité et des infrastructures publiques de qualité.  

Dans ma stratégie de relance les PME auront une place décisive car on ne gagnera pas bataille de la croissance et de l’emploi sans nos PME. Chaque semaine, je rencontre des chefs d’entreprises. Que demandent-ils ? D’abord, une vraie baisse des charges et une réduction du cout du travail. Ils réclament aussi moins de contraintes. Je milite pour une révision des seuils sociaux, une sortie des 35 heures par le biais d’accords d’entreprise, une refondation de notre code du travail. Il faut distinguer ce qui relève des normes sociales fondamentales et renvoyer le reste des dispositions à la négociation sur le terrain.


Nos entreprises ont du mal à se développer et à atteindre la taille critique parce qu’elles rencontrent des difficultés pour financer les étapes de leur croissance. Il faut refondre la fiscalité du capital afin de réorienter l’épargne française vers l’investissement productif ; renforcer les dispositifs incitatifs à l’investissement direct dans les PME selon des modalités utilisées avec succès dans d’autres pays Européens, et je pense ici, à l’Employment Investment Scheme (EIS) au Royaume Uni, qui permet à des investisseurs privés d’investir sous forme d’actions ou d’obligation dans des TPE et des PME en apportant une garantie sous forme de crédits d’impôt pour des montants pouvant aller jusqu’à 1 M£. 

Le protectionnisme est une solution pour se protéger dans certaines conditions, il y a des digues qu’on peut utiliser, sous réserve de ne pas être en contradiction flagrante avec les règles européennes. Mais le principal défi pour nos PME, c’est pas le repli, c’est de gagner des parts de marché à l’exportation ! Notre développement à l’international peut être beaucoup plus fort, dès lors qu’on lève les contraintes qui pèsent sur nos PME et que les grands donneurs d’ordre tirent leurs sous-traitants vers le haut.

Dans mon plan, la réduction des charges et des prélèvements sur les entreprises doit être de l’ordre de 50 Mds€. Elle serait assurée par une augmentation modulée de la TVA de 3 points, par une réduction de la dépense publique de plus de 20 Mds€ pendant 3 ans puis de 15 à 20 Mds€ les années suivantes.
 
D’une façon générale, si on veut vraiment baisser la fiscalité en France, il faut réduire nos déficits et moderniser notre sphère publique. Elle doit être moins couteuse et plus efficace. Il faut, d’un côté, resserrer les effectifs et, de l’autre, augmenter le temps de travail dans la fonction publique de 35 à 39 heures.


Le passage à 39 heures, représente un gain de temps de travail de près de 12%, soit l’équivalent de 600000 postes. Il faut aussi passer en revue systématiquement celles dont l’efficacité est faible. Cela réclamera beaucoup de courage, mais je crois que les Français et les fonctionnaires eux-mêmes sont en attentes de choix forts car rien n’est pire que l’immobilisme actuel. Vous êtes souvent intervenu pour dénoncer le coût du travail en France.

 Les prélèvements a alléger, je veux donner la priorité à la baisse des prélèvements pesant sur le coût du travail pour redonner des marges de compétitivité prix et d’investissement à toutes les entreprises. Le CICE et les allègements de charges prévus dans le pacte de responsabilité seront simplifiés et prendront la forme d’un dispositif unique et pérenne d’allégement de cotisations sociales employeur. Ensuite, il faut supprimer les multiples taxes qui pèsent sur la masse salariale : cotisations FNAL, versement transport, taxes CNSA, pour un total de 15 Md€…

Nous sommes à 4,4% de déficit en 2014 en lieu et place des 2,2% envisagés et le seuil des 2000 milliards dettes est atteint. Il est temps de comprendre qu’une nation qui est incapable de tenir ses comptes est une nation économiquement paralysée et socialement suicidaire. Il faut agir sur tous les compartiments de la dépense publique : Etat, collectivités locales, sphère sociale. Ca n'est pas contradictoire avec l'idée de choix et de priorités, mais cela signifie qu'on ne peut pas considérer que telle ou telle dépense serait sanctuarisée. Tout doit être reconsidéré en vue d'un coût moindre et d'une efficacité meilleure.


Après avoir surtaxé les entreprises, après leur avoir donné des leçons à tout bout de champ, le gouvernement a enfin compris que le mot compétitivité n’était pas grossier. Tant mieux pour la France. Mais les entrepreneurs que je rencontre ne sont pas rassurés pour autant : les effets du CICE sont modestes et le pacte de responsabilité s’enlise dans les contreparties et il n’aura pas d’effets avant plusieurs mois.

Les propositions du Medef méritent débat et certains d’entre-elles sont pertinentes. Je n’ai pas compris pourquoi le gouvernement et sa majorité socialiste se sont indignés. Lorsque la croissance est à 0,4% et quand on compte 5 millions de français au chômage ou à temps partiel, il n’y a pas de propositions taboues.

Le code du travail doit être recentré sur l’essentiel, c’est-dire sur des normes impératives assurant la protection des droits fondamentaux des salariés, comme par exemple la durée maximale du travail. En dehors de ces normes sociales fondamentales, le principe sera celui de la liberté conventionnelle et du renvoi au dialogue social dans les entreprises mais aussi dans les branches.
 

Chaque pays a ses singularités. Je ne me polarise pas sur un modèle extérieur mais par contre, le débat en France gagnerait en richesse si nous regardions ce qui marche ailleurs. Au Canada, en Suède, il y a eu des réformes de l’Etat intéressantes et ambitieuses. Au Danemark, en Allemagne, il faut voir comment ces pays ont réformé leur marché du travail. Arrêtons de penser que le monde tourne autour de nous. Soyons fiers d’être français, mais curieux des autres.

La France reste un paradis pour entreprendre, Xavier Niel est un fonceur. Il bouscule et avance des projets et des idées. Il faut distinguer les niveaux de négociation. Au niveau des branches et des entreprises, il revient aux chefs d’entreprise et aux organisations syndicales d’assumer la responsabilité directe de leurs négociations et de leurs accords. Au niveau national, il faut trouver la bonne articulation entre le rôle d’impulsion de l’Etat et celui des partenaires sociaux. La priorité accordée au dialogue social ne doit pas être le paravent du statu quo et de l’absence de volonté de réforme, comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui.


Il réformer en profondeur la fonction publique, Avec 5,2 millions de fonctionnaires, c’est 22% de la force de travail qui est employée par le secteur public en France pour 18% au Royaume Uni et 11% en Allemagne ; c’est 90 fonctionnaires pour 1000 habitants, chiffre deux fois supérieur à celui de l’Allemagne qui n’est pourtant pas moins bien administrée que nous. La croissance c’est un tout. L’Etat doit être remusclé pour être efficace. Il faut, je l’ai dit, d’un côté, resserrer les effectifs et, de l’autre, augmenter le temps de travail dans la fonction publique. Il faut revoir les automatismes de déroulement des carrières et mettre simultanément en place une revalorisation salariale en y réaffectant une partie des économies réalisées par les suppressions d’emplois. Simplifions aussi les conditions de recrutement des contractuels de façon à limiter les recrutements de fonctionnaires sous statut aux missions dont la durée ou la nature le justifient. Les armées françaises ont recours à des contrats limités dans le temps. Ce qui est valable pour elles, pourraient l’être dans beaucoup de nos administrations. A ceux qui disent que les fonctionnaires n’accepteront pas ces évolutions, je réponds : acceptent-ils la paupérisation actuelle de leur métier ? Mieux vaut des administrations à 39h moins nombreuses, plus efficientes et mieux rémunérées, que des administrations à 35 h, sans moyens dignes de fonctionner. Je suis pour un Etat fort, animé par des agents motivés et fiers de servir l’intérêt général.


Comment recrédibiliser la politique et réduire la fracture entre la politique et l’économie ?
C’est là une question majeure qui est posée à l’opposition. Ceux qui pensent qu’il suffit de miser sur l’échec de la gauche pour relégitimer la droite ne mesurent pas l’état d’exaspération du pays. Nous avons un devoir d’honnêteté et de vérité. Savoir reconnaitre les erreurs du passé, c’est un signe de lucidité et un gage de crédibilité. Il faut être franc sur la situation du pays et ne pas faire des promesses intenables. Il faut être digne et sobre, car la politique n’est pas un jeu. Et puis, travaillons sur le fond, sur les idées, car c’est ça qui intéresse nos concitoyens. Avec mes équipes, nous nous sommes attelés à un projet de redressement national. Mes propositions sont sans concession. Je sais qu’elles peuvent bousculer mes concitoyens. Mais je refuse de croire que la démocratie ne marche que sur la démagogie. 


La croissance molle et le chômage de masse ne sont pas des fatalités françaises ou même européennes. Autour de nous, il y a des Etats qui redémarrent grâce à leurs réformes. Il n’y a aucune raison pour que l’Europe, avec ses 500 millions d’habitants bien formés, ses technologies de pointe, ses universités, ses infrastructures, ses grands groupes, reste à l’arrêt. Ce qu’il faut, c’est que chaque pays trouve le cran de se moderniser et de se libérer des déficits. Avec l’appui de la Banque Centrale européenne, qui a assoupli sa politique, on peut retrouver le chemin d’une croissance solide et durable. Pour stimuler le mouvement, je crois à la nécessité de renforcer le pilotage de la zone euro et à l’établissement d’un noyau franco-allemand beaucoup plus structuré. Entre nos deux nations, il faudrait enclencher une harmonisation fiscale et sociale. Les seuls pays qui sortent leur épingle du jeu ont choisi un modèle autre que celui de l’austérité pure et dure…  Je pense qu’on ne relancera pas un cycle de croissance durable en Europe avec cette montagne de déficits et de dettes qui plombe notre capacité à investir pour l’avenir. Contrairement à ce que j’entends parfois dire, il n’y a pas de politique d’austérité en France. Les dépenses publiques continuent d’augmenter et les déficits aussi. Au lieu de parler d’austérité, parlons plus simplement de nécessaire rigueur budgétaire.

J'ai fait campagne contre Maastricht, Oui, les craintes que nous avions exprimées en 1992 avec Philippe Séguin se sont pour partie confirmées. Nous disions que la monnaie unique n’était pas la panacée et nous pressentions que la technocratie entraînerait un déficit démocratique de l’Union européenne. Force est de constater que l’Europe actuelle est mal en point. Ceci dit, depuis 1992, le monde a changé. La mondialisation vient percuter nos vieilles nations occidentales. Nous n’avons pas d’autre choix que d’unir nos forces dans l’Europe. Mais pour que notre pays puisse y jouer un rôle leader, encore faut-il qu’il soit compétitif et fier d’être debout. Aujourd’hui, nous sommes l’homme malade de l’Union européenne. Qu’on le veuille ou non, l’Europe des nations reste un fait. Voilà pourquoi, la France doit se réveiller pour tenir tout son rang.

Je suis gaulliste, j’ai une certaine expérience, je regarde les réalités telles qu’elles sont et j’en tire la conclusion que la France doit sortir du déclin par des changements puissants. Je ne suis pas dans les calculs et les effets de manche. Je veux tout faire pour aider notre pays à retrouver sa force naturelle, son gout de croire au progrès. Je parcours la France et je travaille à un projet. Je vois que mes propositions commencent à s’imposer dans le débat. Je suis déterminé parce que je crois que la France a besoin de vérité et d’une refondation profonde.

La réduction des déficits est un moyen pour retrouver notre capacité de mouvement. Mais elle n’est qu’un volet du redressement national ! Il faut impulser une politique de compétitivité et d’innovation pour nos acteurs économiques. Le chômage doit être combattu avec des réformes de fond sur le marché de l’emploi. Notre système éducatif a besoin d’autonomie. Et sur les questions régaliennes, il est indispensable de ressouder la cohésion nationale : sur la sécurité, l’immigration, sur l’intégration et la laïcité, le pays est en demande d’ordre et d’unité.

par François Fillon
Source: Entreprendre.fr 

 
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