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novembre 01, 2014

ATTAC et FONDEMENTS PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU LIBERALISME

L'Université Liberté, vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.



Introduction
Il est difficile de définir de prime abord le libéralisme : ni une "théorie économique", (même s'il existe des relations entre diverses théories économiques et la pensée libérale) ni même une doctrine (car il n'existe pas un accord total entre tous ceux qui se réclament du libéralisme dont les opinions peuvent diverger sur des points importants). On ne peut la réduire à une idéologie ayant accompagné et justifié la montée de la bourgeoisie car le libéralisme a été invoqué quand conforme aux intérêts et parfois rejeté dans le cas contraire. Ce n'est pas non plus une simple justification argumentée du libre-échange ou de la non-intervention de l'Etat. 

Donc, courant de pensée(s) assez hétérogène ; socle commun : importance accordée à l'idée de liberté et au concept d'harmonie naturelle. 

1. L'émergence de la pensée libérale
1.1. Penser la société
Pensée libérale qui ne naît pas de rien, avec Adam Smith (1723-1790). Prémices chez certains philosophes grecs (Posidonius) chez qui l'idée d'harmonie naturelle est déjà présente, chez certains philosophes anglais (Hume : 1711-1776).

Objectif des penseurs libéraux (Smith, Turgot : 1727-1781) : répondre à la question de la nature de la société, de son oganisation et de sa genèse en rompant avec idée que société = fruit de la volonté divine. Question déjà envisagée par Machiavel (1469-1527) ou les théoriciens du contrat social qui rompent avec les explications de l'institution sociale par le religieux en s'appuyant sur la distinction état de nature/société civile : passage qu'il faut expliquer de manière "positive" (dire ce qui est, non ce qui doit être). Les théories du contrat social sont donc des réponses à la question de la naissance de la société. Différentes théories :

- Hobbes (1588-1679) : état de nature caractérisé par guerre permanente de tous contre chacun, par peur de la mort et désir de conservation : hommes qui signent un pacte d'association et de soumission pour échapper à cette destinée. Etat absolutiste auquel on se soumet car garant de la sécurité.

- Locke(1632-1704) : le souverain lui-même doit être soumis au pacte, qui est conçu comme un pacte d'association seulement ; la société civile est instituée pour garantir paix civile et propriété (qui est légitime car apparaît comme le produit du travail). Voir aussi Rousseau ou Pufendorf. 


Points communs entre ces théories : c'est le politique qui institue le social.
Pensée libérale qui se contruit contre et avec les théories du contrat social. Avec car rejet de l'explication par le religieux, contre car refus du primat du politique.


Ainsi pour Smith, société naît de la "propension naturelle des hommes à l'échange". Le marché est donc naturel. Il n'est pas pensé comme une organisation la plus efficace de l'économie mais comme une organisation sociale, qui a une propriété essentielle : il est autorégulateur : la libre poursuite par chacun de son intérêt conduit à l'intérêt général. Idée de "main invisible". 


1.2. Le libéralisme utilitariste de Smith
Idéal d'autonomie totale des individus dans la dépendance généralisée, née de la division du travail. Refus de la souveraineté absolue.

Libéralisme de Smith qui est un libéralisme utilitariste : le "bien" est identifié au "bonheur", non simplement bonheur individuel mais bonheur de la collectivité. Conception matérialiste : "le bonheur consiste à être en paix et à en jouir". L'intérêt général est compris comme l'intérêt du consommateur. Le plaisir retiré d'une action est le critère de jugement de l'action : bonne ou mauvaise. 


Statut de la notion de liberté :
Liberté est fondamentale car elle conduit plus souvent au bonheur que la contrainte. A mettre en parallèle avec notion de "main invisible". Cela dit, elle n'est pas une fin en soi, elle est un moyen ; le but reste le bonheur.


Rôle de l'Etat :
Deux domaines d'actions : celui où les actions individuelles n'ont pas d'effet sur les autres (pb : lesquelles ?), le domaine privé où l'Etat n'a pas à intervenir autrement qu'en garantissant la liberté individuelle ; celui où les actions des uns ont des répercussions sur les autres, domaine public ou "domaine de juridiction de la société" (John Stuart Mill : 1806-1873). Dans ce domaine, la règlementation n'est pas forcément nécessaire car il se peut que la liberté assure mieux le bonheur collectif que le règlement mais il faut faire l'analyse du besoin ou non de règlementation. Ainsi, activité économique appartient au deuxième domaine mais la liberté est plus efficace que la contrainte.


Ainsi pas de refus de principe de l'intervention de l'Etat : l'Etat doit être le garant des libertés individuelles mais il peut aussi faire tout ce qui est susceptible d'augmenter le bonheur collectif, notamment quand cela ne serait pas entrepris par les agents privés car pas de rémunération : notion de "biens publics". 


Souvent, Smith réduit à son rôle de "père" de l'économie politique et au théoricien de la main invisible et de l'état-gendarme. Au pire, vu comme le défenseur des intérêts de la bourgeoisie. Cela est très réducteur. De plus, pour lui, les rapports marchands sont loin d'être idylliques mais ce sont les seuls possibles.

"La proposition de toute nouvelle loi ou réglement de commerce qui part de cet ordre (i.e. celui des marchands) doit toujours être écoutée avec beaucoup de précaution. Elle vient d'un ordre d'hommes dont l'intérêt n'est jamais exactement le même que celui du public et qui, dans bien des occasions, n'a pas manqué de le tromper et de l'opprimer" (Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations - 1776). 


1.3. Le libéralisme de droit naturel de Turgot
Refus de faire du bonheur un critère éthique de jugement des actions. Critère = conformité aux "droits naturels" . La source du droit naturel diffère selon les auteurs : révélation divine, sens moral inné ou déductible par la Raison (notions de "droits de l'homme" qui en découlent).

Pour que la société soit viable, il faut respecter les lois de la nature qui en régissent le fonctionnement. Le Droit naturel est donc l'ensemble des droits et devoirs des hommes pour que la société existe de manière paisible et ordonnée. Ils doivent être respectés non car ils sont utiles (contre utilitarisme) mais parce qu'ils sont conformes aux lois de la nature : essentiellement : droit à la vie, à la liberté et à la propriété. 


Le domaine de liberté des individus est donc l'ensemble des actions qui ne violent pas les droits naturels des autres.Question de l'églité des droits fondamentale.
Statut de la liberté :
Ce n'est pas un moyen en vue d'une autre fin, c'est un droit inaliénable qui prévaut sur le bonheur collectif. 


Rôle de l'Etat :
Devoir de justice : faire respecter les droits naturels de chacun. Lui-même ne peut d'ailleurs les violer pour quelque raison que ce soit. Notion de "justice" assez étendue chez certains auteurs : pour Turgot, Condorcet, elle comprend par exemple l'éducation du peuple et l'aide aux plus démunis.


De plus, devoir de bienfaisance : l'Etat doit, autant qu'il le peut, remplir un devoir de bienfaisance. Pb : comment le financer ? Car recours à l'impôt = contrainte du propriétaire. Réponse : utilisation du surplus produit par la terre qui n'est appropriable par personne.

Turgot (1727-1781) appartient à ce courant libéral. Il est issu d'une doctrine économique appelée la physiocratie qui croit à l'ordre naturel qui se réalise qd les hommes sont libres de leur choix. Cela dit, l'état doit faire rentrer la réalité dans cet ordre. Donc, chez Quesnay (1694-1774), justification du despotisme éclairé par les lanternes des physiocrates. 

Ainsi, libéralisme originel trouve sa cohérence dans l'idée déjà ancienne d'harmonie naturelle (ex : Mandeville et la fable des abeilles) et l'importance accordée à la liberté. Postérité : Godwin (1756-1836) ou Paine (1737-1809) et les libertariens. 

2. La pensée classique et le libéralisme.
2.1. L'Ecole Classique
Pas d'accord sur la définition. Pour Marx : il s'agit des économistes anglais qui fondent une recherche économique autonome et théorisée (Smith, Ricardo, Malthus). Pour Keynes, tous les économistes avant lui qui croient au marché auto-régulateur. En général, sont considérés comme classiques les économistes du 18-19ème (à partir de Smith jusqu'aux marginalistes) qui s'inscrivent dans le cadre des marchés auto-régulateurs. Dénomination qui leur est en tout cas postérieure et jamais revendiquée comme telle. Cela dit, ce courant rassemble des auteurs qui diffèrent très sensiblement sur de nombreux sujets importants (théorie de la valeur notamment). 

Après Smith, il faut noter que rares sont les économistes classiques qui ont poussé aussi loin que lui l'idée de marché comme organisation sociale. Préoccupations beaucoup plus "limitées". 

2.2. David Ricardo (1772-1823)
Avec Ricardo, l'économie se détourne du raisonnement inductif (j'observe ceci dans la réalité, j'en conclus ceci) pour adopter un raisonnement plus déductif qui sera à la base de la science économique.

Ricardo reprend l'idée de Smith des marchés auto-régulateurs sans reprendre la "main invisible". Pour lui, économie comme une mécanique sur laquelle s'exercent des forces contradictoires : la recherche de l'intérêt personnel et l'instinct de reproduction contrebalancée par l'avarice de la nature. Importance de la concurrence dans ce modèle comme force motrice (elle pousse les individus à agir) et comme régulateur (équilibre de l'offre et de la demade, suppression des monopoles). 


Ricardo s'intéresse essentiellement à la répartition des richesses entre travailleurs, capitalistes et propriétaires fonciers. Il montre que sous l'effet de la démographie (il est très proche de Malthus : 1766-1834 sur ce point) et des rendements décroissants de la terre, le profit (part qui revient aux capitalistes) tend à diminuer au profit des salaires et de la rente, jusqu'à aboutir à un "état stationnaire" de l'économie, dans lequel la croissance est nulle. Pour échapper à cette fatalité, il faut alors avoir recours au libre- échange : le prix du blé diminuant, les salaires peuvent baisser et le profit peut augmenter. Une des contributions majeures de Ricardo est en effet sa théorie du libre-échange qui reste un élément fondamental des théories économiques plus récentes. Dépassant la théorie dite des "avantages absolus" de Smith, il développe une théorie des "avantages comparatifs". L'idée est que le libre-échange profite à tous les pays : ce n'est pas un jeu à somme nulle. Il sera un défenseur acharné de l'abollition des lois sur le blé et de l'ouverture des frontières. 

Sa proximité avec Malthus lui fait aussi souhaiter l'abollition des lois sur les pauvres qui leur garantissent une assistance des autorités publiques et reigieuses ; cela freinera la croissance démographique et renforce les conditions de concurrence entre travailleurs. 

Une remarque sur Malthus, classique assez peu libéral somme toute puisque pour lui, le marché n'est pas auto-régulateur et que peuvent exister des crises de surproduction (excès de l'offre sur la demande) que peuvent résoudre la mise en place de grands travaux et l'accroissement des travailleurs improductifs (fonctionnaires notamment). 

2.3. Jean-Baptiste Say (1767-1832)
Il est l'auteur d'une théorie, dite "Loi des débouchés", selon laquelle il ne peut y exister de crises de surproduction, ni de déséquilibres durables, l'offre créant sa propre demande. Là encore, on se place dans le cadre d'une théorie des marchés auto- régulateurs. Il est important de noter que chez Say comme chez les autres classiques en général, la monnaie n'a aucune importance : elle n'est envisagée que comme instrument de paiement. On parle de "monnaie-voile". Elle n'a aucun effet, au moins de long terme sur l'activité. 

Ecole classique et libéralisme ne se confondent pas. Cependant, l'école classique fournit des arguments à la pensée libérale en affirmant la supériorité du marché sur toute autre forme d'organisation sociale, en minimisant la place de l'Etat et en justifiant le libre-échange. 

3. Les néoclassiques
3.1. Une définition
Là encore, sont rassemblés sous le terme néoclassique des auteurs très différents. Les théories néoclassiques sont les théories aujourd'hui dominantes en économie. On ne peut les assimiler à la pensée libérale même si la plupart des néoclassiques sont des libéraux (mais l'inverse n'est pas vraie). Plusieurs éléments caractérisent cette théorie néoclassique.

- la valeur des biens dépend de leur utilité marginale (i.e. de la satisfaction que l'on tire de la dernière unité consommée) et non plus de la quantité de travail qu'ils incorporent (théorie de la valeur-travail chez les Classiques). Le raisonnement est dit "marginaliste": calcul à la marge. 


- le raisonnement est microéconomique : on s'interesse au comportement des individus, tous semblables, rationnels : c'est le modèle de l'homo oeconomicus. En sciences sociales, on parle d' "individualisme méthodologique". Les individus sont les unités de base de l'analyse, la société étant considérée comme le produit des actions individuelles.

- les comportements économiques sont donc modélisables mathématiquement : on peut décrire le comportement du connsommateur par des fonctions mathématiques. L'agrégation des comportements n'est pas censée poser problème puisque tout peut être ramenée à des fonctions connues. 


3.2. Les hypothèses de départ et les résultats
La théorie néoclassique construit des modèles : elle ne prétend pas décrire la réalité mais la comprendre (méthode des faits stylisés). L'individu est supposé rationnel : il agit de façon à "maximiser son utilité", c'est-à-dire à obtenir au moindre coût, le maximum de satisfaction, en ayant pleine conscience et connaissance des moyens à sa disposition et en disposant de toute l'information nécessaire. Il est absolument logique. Ses comportements peuvent donc être modélisés car ils sont prévisibles.
Les économistes se placent dans une hypothèse dite de concurrence pure et parfaite : les individus connaissent tous les prix de tous les biens mais ne peuvent l'influencer ; il n'existe aucune relation directe entre eux. Les échanges se font par l'intermédiaire d'un commissaire-priseur.

Muni de ces hypothèses, l'économiste cherche alors à montrer que les marchés tendent vers l'équilibre général, ce qui signifie qu'il ne peut exister aucune crise durable, aucun chômage, etc. et que cet équilibre unique est aussi un optimum social.

Les travaux de Léon Walras s'inscrivent dans cette optique (1834-1910). Il a tenté de démontrer que le libre jeu des marchés dans un contexte de concurrence parfaite amenait à un équilibre général. Sans y parvenir. Rendre compte mathématiquement de l'intuition de la "main invisible" est alors devenu l'objectif de tous les économistes néoclassiques. Au mieux, ils sont parvenus au résultat que sous certaines conditions, il peut exister un équilibre général. 

3.3. Problèmes
D'abord, l'économie néoclassique postule l'existence du commissaire-priseur, sorte d'institution centralisée qui, gratuitement, collecte toutes les informations (les prix) et met en relation tous les agents sur le marché. Dès lors, le marché n'est pas naturel, il doit être institué. Il n'a pas d'existence en soi.

Ensuite, les économistes ont échoué à démontrer l'existence de l'équilibre général walrasien. Premier point, la "loi de l'offre et de la demande" qu'ils croyaient pouvoir modéliser sous forme d'une courbe n'existe pas. En fait, les courbes peuvent être de forme complètement aberrante. Dès lors, les marchés ne tendent pas automatiquement vers l'équilibre. Il peut arriver qu'ils y parviennent mais alors ils s'en éloignent aussitôt. Ce qu'ont en fait démontré Kenneth Arrow (1921- ), Gérard Debreu (1921 - ) ou Sonnenschein, en cherchant à prouver l'existence de l'équilibre général, c'est... son inexistence ! Ainsi, les marchés ne conduisent pas à l'équilibre, ils sont au contraire fondamentalement instables. Ce qui n'empêche pas Debreu d'affirmer avoir démontré mathématiquement la supériorité du libéralisme ! Ne sont donc démontrés que des théorèmes d'impossibilité. 


Nash, appartenant au courant de la théorie dite "théorie des jeux" a même démontré que si l'équilibre existait, il ne serait pas un optimum, ce ne serait pas la meilleure solution possible.
Enfin, les hypothèses de rationalité sont évidemment très contestables. Finalement, la théorie de l'équilibre général a été totalement infirmée. 

3.4. La force du modèle
Il n'en reste pas moins que les théories néoclassiques conservent toute leur importance.
D'abord, bien qu'infirmé, le modèle de concurrence parfaite garde un pouvoir normatif. Si les économistes savent que les marchés ne sont pas autorégulateurs, on feint de continuer à le croire et le discours dominant reste de dire que si les marchés ne fonctionnent pas, c'est qu'on les empêche de fonctionner librement. Dès lors, le libéralisme défend le modèle de concurrence parfaite comme une norme vers laquelle il faut tendre. Or des économistes ont démontré que l'on ne pouvait "tendre" vers la concurrence. Soit on y est totalement et les marchés fonctionnent, soit on n'y est pas et on ne change rien en mettant un peu plus ou un peu moins de concurrence (c'est peut-être même pire avec un peu plus).


Par ailleurs, au niveau de la recherche, la théorie néoclassique reste la référence. De nombreux travaux ont tenté de construire des modèles prétendûment plus proches de la réalité : modèle de "concurrence imparfaite" qui relâche les hypothèses très contraignantes de la concurrence pure et parfaite ou théories qui postulent une conception plus réaliste de la rationalité. Dans les deux cas, on évolue vers des modèles dits d'équilibre partiel (certains marchés peuvent être équilibrés quand d'autres ne le sont pas) mais le cadre théorique fondamentalement ne change pas. La supériorité du libre marché est réaffirmée. 


Les théories néoclassiques ne peuvent pas être assimilées au libéralisme, ni même à l'ultralibéralisme. Cependant, elles entretiennent avec eux de grandes affinités car elles leur ont fourni (ou tenté de le faire) des justifications scientifiques, mathématiquement vérifiables. Le marché est alors conçu comme une organisation optimale vers laquelle il faut tendre, en favorisant la concurrence. Le rôle de l'Etat diffère selon les économistes. Soit réduit au minimum (police, justice...), soit nécessaire pour corriger les "imperfections" du marché (biens collectifs, égalité des chances...). Mais dans les deux cas, l'on doit tendre vers l'idéal du marché. 

4. Les autres théories économiques d'inspiration libérale
4.1. Milton Friedman (1912- ) et l'économie de l'offre.
Friedman est le fondateur d'un courant appelé "monétarisme". Il a développé sa théorie en réaction à celle de Keynes, à partir des théories classiques. Son objectif essentiel est de montrer que la politique monétaire doit être orientée uniquement vers la lutte contre l'inflation. Il sort de la théorie de la "monnaie-voile" en montrant que l'inflation peut avoir un effet négatif sur la structure productive. Il plaide par ailleurs pour un contrôle très strict des dépenses de l'Etat. Pour lui, les politiques de relance sont au mieux sans effet, au pire tout à fait déstabilisatrices. Il prône la non-intervention de l'Etat. Pour lui, le marché, laissé libre, tend vers un équilibre stable. Toutes les crises s'expliquent par des interventions de l'Etat : salaire minimum, fiscalité trop importante... 

L'économie de l'offre s'inscrit aussi dans le cadre d'une confiance dans les marchés autorégulateurs. Il s'agit d'un courant de pensée économique assez peu raffiné du point de vue théorique. On peut citer notamment Laffer : "Trop d'impôt tue l'impôt" ou Gilder. La particularité de ses économistes (c'est aussi le cas des monétaristes) est d'avoir été très influents sur les gouvernements notamment américains (sous Reagan) et en Grande-Bretagne (sous Thatcher). Ils sont donc les inspirateurs des politiques libérales de dérégulation et de dérèglementation et de ce que l'on appelle la "contre-révolution libérale" après plusieurs années de politique économique d'inspiration keynésienne. 

4.2. Friedrich Von Hayek (1899-1992)
Hayek peut sans aucun doute être considéré comme un ultra-libéral. Autrichien exilé, marqué par la montée du nazisme et du stalinisme et opposé à tous les totalitarismes, il conteste toute intervention de l'Etat. Pour lui, on ne peut prétendre intervenir sur l'économie car on ne peut disposer de toutes les informations nécessaires. Penser le contraire revient à adopter une attitude scientiste. Il va jusqu'à réfuter l'idée que les banques centrales (même indépendantes du gouvernement) puissent se voir confier la gestion de la monnaie. Pour lui, la monnaie doit être complètement privatisée, c'est-à-dire que des entrepreneurs privés pourraient se lancer dans la création de monnaie. L'idée est que le marché procède par sélection naturelle en éliminant les mauvaises organisations. De plus, le marché est un moyen de circulation de l'information (selon lui, le prix, s'il ne subit pas de perturbation, contient toute l'information nécesaire pour que les agents fassent leur choix) et de découverte des solutions les plus efficaces.
Les théories d'Hayek ont eu peu de postérité et peu d'influence sur les choix politiques, vu leur caractère radical. 

Bibliographie :
- Le libéralisme économique, histoire de l'idée de marché, Pierre Rosanvallon, Seuil 1979
- La pensée économique, Daniel Martina, 1991
- Les passions et les intérêts, Albert Hirschman, PUF 1980
- Introduction aux fondements philosophiques du libéralisme, La Découverte, coll. Essais1992 (assez abordable)
- La théorie économique néoclassique tomes 1 et 2, Bernard Guerrien, La Découverte, Coll. Repères 1999 (sans doute la meilleure présentation de ce sujet, très critique, sans formalisation mathématique et on peut toujours sauter les passages les plus ardus, comme l'auteur invite d'ailleurs à le faire. Vraiment bien et pas cher.
- Lettre ouverte aux gourous de l'éonomie qui nous prennent pour des imbéciles, Bernard Maris, Albin Michel, 1999 (par un collaborateur de Charlie-Hebdo, par ailleurs économiste. Ouvrage amusant et facile d'accès même s'il ressemble parfois à une discussion détendue entre universitaires car les auteurs cités ne sont pas toujours expliqués).

ATTAC

De Wikiberal
 
ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'aide aux citoyens) est une association créée en 1998, dont la section française est subventionnée par l'État (statut d'association d'éducation populaire accordé par arrêté ministériel) ainsi que par les collectivités[1].  
Mouvement luttant contre la mondialisation, ATTAC fut créée pour promouvoir l’idée d’une taxation des transactions financières, la "taxe Tobin", dite du "sable dans les engrenages" ou encore la taxe "Robin des bois", une idée attribuée à James Tobin (Prix Nobel d’Économie 1981). En proposant de taxer certains mouvements de capitaux (transactions de change), Tobin avait pour objectif de réduire la spéculation sur les places financières, qu'il jugeait contre-productive. Il suggéra aussi que les revenus de cette taxe soient affectés au développement des pays du Tiers-monde, ainsi qu'au soutien de l'ONU. Par la suite, James Tobin dénonça la récupération de son nom ainsi que l’exploitation de ses idées par de nombreuses personnalités, associations et organisations luttant contre la mondialisation, comme il l'a fait, en 2001, lors d'une interview accordée au journal Le Monde. L'idée de cette "taxe Tobin" est également dénoncée par Robert Mundell (Prix Nobel d'Économie 1999).

Une idéologie anti-libérale

Le socle idéologique développé par les membres d’ATTAC réside dans la dénonciation des "méfaits de la mondialisation libérale", basée sur une fausse conception du libéralisme. Protectionniste, collectiviste (en faveur d'un "contrôle démocratique" des marchés financiers, et contre les "paradis fiscaux"), et étatiste (défense des services publics et du système de protection sociale), ATTAC critique les décisions de l'OMC, de l'OCDE ou du FMI, qu'elle présente comme des organisations "libérales" ou "néo-libérales". Biaisées par l’idéologie anti-libérale, les analyses proposées par ATTAC manquent de rigueur et de précision, les chiffres utilisés sont trompeurs et l’argumentation simpliste. C’est ainsi que les propositions d’ATTAC - recyclage sous des habits neufs de vieilles idéologies hostiles à la liberté et la responsabilité individuelles, voie vers la Route de la servitude, dénoncée par Hayek - rassemblent, aux dépens de la cohérence du discours et du projet politique, nombre de plaintes ou de revendications (chômeurs, féministes, environnementalistes, syndicalistes, communautaristes, etc.)

Citations

  • « Les idées d’ATTAC trouvent un terrain fertile dans un pays où l’enseignement, la fonction publique, les syndicats, et les partis politiques sont encore fortement imprégnés de philosophie marxisante, comme en témoigne notamment la propension à raisonner en termes de lutte des classes et à faire appel à un interventionnisme sans limites de l'État. Les programmes scolaires, dont l'État a le monopole, soumettent sans vergogne nos enfants à cette idéologie, au lieu de développer leur esprit critique, comme ce devrait être leur rôle. » (Pascal Salin)
  • « ATTAC, dont le sigle pourrait aussi bien signifier Association Trublionne Totalitaire des Attardés du Communisme, est en fait un mouvement très dangereux, car faute de pouvoir s'appuyer sur des faits, il fait appel à l'affectivité et à l'envie, denrées très répandues à la surface de la terre. » (Jacques de Guenin
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  • 4 Pour aller plus loin
  • 5 Notes et références 
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  • LE GOUVERNEMENT VA FINANCER ATTAC (Aleps)

    Bernard CASSEN directeur général du Monde Diplomatique et ancien président d’ATTAC et son successeur ont bien des soucis. Après le « succès » du forum anti mondialisation de Florence, ils doivent organiser le prochain forum européen de ce type en France à Saint-Denis. Mais une telle rencontre à grand spectacle coûte cher : le budget du prochain Forum social européen est évalué à 4,5 millions d’euros. Et ce ne sont pas les cotisations des militants qui vont le financer.
    Heureusement, le contribuable, lui, a les moyens. B. CASSEN a obtenu 1,5 million d’euros de la ville de Saint-Denis et du département de Seine-Saint-Denis. Le département du Val de Marne a promis 250 000 euros et la ville de Paris s’est engagée à verser 1,25 million d’euros : dans tous les cas, on a « tapé » les amis politiques et les contribuables apprécieront sûrement.
    Mais il manque encore de l’argent et il va falloir trouver d’autres généreux contributeurs ; la région Ile de France est sollicitée et même l’Europe, puisqu’on sait que les amis d’Attac apprécient beaucoup la politique de Bruxelles… Mais B. CASSEN a eu une autre idée géniale : solliciter le gouvernement français qui, comme on le sait, a ces temps-ci le budget facile et généreux.
    Une délégation d’Attac, conduite par B. CASSEN, s’est donc rendue à l’hôtel Matignon où elle a été reçue par le conseiller diplomatique du premier ministre Serge DEGALLAIX. Le récit de cette entrevue, racontée par le Figaro du 17 janvier, ne manque pas de sel : B. CASSEN « est sorti tout sourire de son entrevue » ; « nous avons reçu un très bon accueil » se réjouit-il.
    Bien entendu, le conseiller n’avait pas pouvoir pour s’engager sur un tel financement ; mais selon CASSEN « il a expliqué que l’Etat est disposé à apporter un appui financier pour l’organisation du forum social européen ». De plus, « le gouvernement français nous aidera dans nos démarches auprès de la Commission européenne et du Parlement de Strasbourg ». Matignon a confirmé ces deux informations et n’est pas fermé à l’octroi de subsides de l’Etat. On se reverra dans deux mois, tout en appuyant les demandes de fonds auprès des autres organismes. Et s’il manque encore des fonds, le gouvernement sera là pour combler le trou.
    Certes, comme le souligne le Figaro, Jacques CHIRAC plaide depuis longtemps pour « une mondialisation maîtrisée » et J.P. RAFFARIN veut une « humanisation de la mondialisation ». Mais de là à financer une organisation subversive, ouvertement marxiste, provoquant en permanences des incidents contre les délégations étrangères, il y avait un pas que nous ne pensions pas voir franchi par le gouvernement français. Ce n’est pas pour financer Attac que la majorité actuelle a été élue. Du moins avons-nous la faiblesse de le penser.



    Jacques de Guénin, le 27 octobre 2005

    On raconte qu'en 1936, Hayek reçut un livre d'un collègue, et songea immédiatement à en faire une critique détaillée. Puis il se dit que l'ouvrage était si plein d'erreurs et si incohérent que personne ne le prendrait au sérieux, et qu'il valait mieux utiliser son temps à développer ses propres idées.
    L'ouvrage en question n'était autre que La théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, de John Maynard Keynes, économiste brillant mais paradoxal, dans l'oeuvre duquel le meilleur côtoie le pire. Plus tard, lorsque les interventionnistes de tout bord, puis les orphelins du marxisme, firent de Keynes leur héros, Hayek regretta amèrement sa décision initiale.
    Beaucoup d'entre nous ont eu la même réaction que Hayek lorsqu'ils ont lu les premières déclarations d'ATTAC. Elles étaient si totalement déconnectées de la réalité observable, qu'elles ne pourraient avoir, pensions nous, aucune influence sur les gens sensés. C'était méconnaître quelques réalités profondes :

    1.Leurs dirigeants, - mais pas forcément les militants de base - sont de purs idéologues, d'indécrottables marxistes, soit communistes, soit trotskystes, et qui n'ont qu'un objectif, démolir la démocratie libérale et le système capitaliste. Mais ils ont compris qu'ils ne pouvaient plus séduire les gogos avec la vulgate marxiste. Le communisme, qui fut l'immense espoir de toute une génération, a donné naissance aux régimes les plus abjects de toute l'histoire de l'humanité, en URRSS, en Chine, au Vietnam, au Cambodge, en Corée du Nord, à Cuba, et autres lieux. Lorsque la vérité sur ces régimes a explosé, les communistes de base, qui avaient tant donné d'eux-mêmes pour promouvoir leurs croyances, ont souffert en silence et avec dignité. Le génie des dirigeants d'ATTAC a consisté à les récupérer en exploitant leur crédulité et en lui donnant un point d'application nouveau, au mépris, classique chez les dirigeants communistes, de la vérité. ATTAC est donc d'abord une voiture balai qui tente de récupérer les communistes et les gauchistes perdus, avides de retrouver leur idéologie.

    2. Ils ne se bornent cependant pas à ceux-là. Pour attirer à eux "les idiots utiles de bonne volonté" - pour employer une expression de Lénine -, ils font vibrer la fibre sensible de l'aide aux pays pauvres. Mais comme nous le verrons dans un prochain article, ils se moquent éperdument des modalités pratiques qu'il faudrait mettre en oeuvre pour sortir les pays pauvres de leur misère. La seule chose qui les intéresse vraiment est la reprise, sous des habits neufs, du vieux combat contre le capitalisme.

    3. Les dirigeants d'ATTAC réécrivent en permanence l'histoire contemporaine dans leurs publications, dont la plus distinguée est le Monde Diplomatique, très prisé chez les étudiants. On y interprète à longueur de numéro tous les malheurs de la pauvre humanité souffrante comme le résultat du capitalisme, de préférence américain. Une revue sur papier glacé, agréablement illustrée, Alternatives Economique, adopte un ton plus modéré propre à plaire aux professeurs. De nombreuses statistiques font sérieux. Mais les statistiques sont souvent partielles et biaisées, et il faut être très fort et très tenace pour le déceler. Derrière cette apparente objectivité se cache en réalité une idéologie marxisante, anti-libérale et pour faire bon poids, antiaméricaine.

    4. L'Education Nationale participe allègrement à la propagation de cette idéologie comme si de rien n'était. Les enseignants sont majoritairement de gauche et bien conditionnés par les publications que je viens de citer. On ne s'étonnera donc pas qu'ils véhiculent les idées altermondialistes en histoire et géographie , en philosophie, et bien sûr en économie dans les grandes classes du secondaire. Mais ce qu'il y a de plus terrible, c'est que les programmes eux-mêmes sont imprégnés de concepts marxistes. On en trouvera des exemples étonnants dans un prochain article. La désinformation répandue auprès des jeunes cervelles malléables, à un âge où l'on ne mets pas en doute l'enseignement des professeurs, a quelque chose de pathétique.

    5. Les idées altermondialistes pénètrent la plupart des medias, et tous les partis politiques, même les partis de droite, y compris le Front National. Prêts à vendre leur âme pour gagner quelques voix, les hommes politiques subventionnent ATTAC à qui mieux mieux, et se prostituent avec leurs leaders. Laurent Fabius, cet ancien premier ministre réputé si intelligent, a pris ostensiblement son petit déjeuner avec le bouffon violent José Bové, le jour de l'inauguration du Forum Social Européen. Notre ineffable Président de la République a reçu Bernard Cassen à l'Elysée, et il s'est même transformé en porte parole des altermondialistes à l'ONU, puis à Davos, au nom de la France, bien entendu.

    6. Ils nous coûtent cher. Ils reçoivent énormément de subventions : de l'Etat, de certains Conseils Généraux et d'une soixantaine de municipalités françaises dont les habitants ne connaissent pas nécessairement cette destination de leur argent. Le pouvoir dit de droite, avec l'argent des contribuables, a littéralement arrosé ATTAC. Cela a commencé à Evian, où notre apprenti sorcier de gouvernement a distribué ses largesses aux gens d'ATTAC - pour qu'ils se tiennent sages pendant le G8, dit-on -. Mais ce n'est rien en comparaison de ce qu'ATTAC a obtenu pour la préparation du "Forum Social Européen" du 12 au 15 Novembre à Saint-Denis : 2 500 000 euros d'aides indirectes en locaux et moyens matériels ; 2 330 000 euros de subventions directes (dont 1 000 000 euros de la Ville de Paris ; 480 000 euros en provenance des Conseils généraux ; 250 000 euros de Matignon ; 250 000 euros de la part du Quai d'Orsay et 300 000 euros du Conseil régional)! Or s'il s'était dit quelque chose d'utile ou d'intelligent lors de ce forum, cela se saurait. Quel immense gaspillage d'argent public!
    L'Etat soutient aussi ATTAC d'autre manière. Plusieurs des permanents sont, ou ont été des emplois-jeunes. Et alors que l'on nous rebat les oreilles sur le manque d'enseignants, plusieurs sont détachés à ATTAC pour des tâches diverses telles que la tenue du site informatique ! Il semblerait enfin que l'Etat subventionne leur université d'été sous forme d'aide à la formation permanente.
    Il est vrai qu'ATTAC n'est pas le seul bénéficiaire de ces largesses, tant s'en faut. Nous vivons dans un pays dit démocratique où les politiciens utilisent les contraintes de l'Etat pour obliger les contribuables à financer des groupes de pression qui heurtent nos convictions les plus intimes en vociférant à nos frais. Quand serons nous débarrassés de cet Etat minable et corrompu!

    7. Paradoxalement, les mouvements altermondialistes, dont ATTAC est le plus connu, sont devenus bien plus dangereux depuis la chute du communisme, car auparavant, les pays communistes pouvaient au moins servir de repoussoir. Les dirigeants de la gauche dissimulaient autant qu'ils le pouvaient les horreurs de ces pays, mais ils étaient limités dans leur prosélytisme par ceux qui connaissaient la réalité. Aujourd'hui, ces dirigeants n'ont même plus l'URSS ou la Chine pour les gêner, tout juste la Corée du Nord, mais elle est loin, et son régime n'en a sans doute plus pour longtemps. Ils sont libres à nouveau de faire ce qu'ils veulent. Et ce qu'ils veulent c'est la chute des démocraties libérales.

    ATTAC, dont le sigle pourrait aussi bien signifier Association Trublionne Totalitaire des Attardés du Communisme, est donc en fait un mouvement très dangereux, car faute de pouvoir s'appuyer sur des faits, il fait appel à l'affectivité et à l'envie, denrées très répandues à la surface de la terre.
     

octobre 31, 2014

Globalisation - Mondialisation 4/8 (Libéralisme V/s Socialisme)

L'Université Libérale, vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.


 
La différence de niveau de développement économique existant entre les nombreux pays de l'ancien bloc soviétique qui ont ouvert leur marché avant de se joindre à l'Union européenne et les quelques pays qui ne l'ont pas fait est nette et symptomatique.

Un modèle évident de réforme

Dix-huit ans après la chute du mur de Berlin, des démocraties dotées d'une économie de marché ont pris solidement racine en Europe centrale et orientale, notamment dans les pays baltes qui faisaient partie de l'ex-Union soviétique. L'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie sont toutes membres de l'Union européenne, à laquelle la Roumanie et la Bulgarie viennent également de se joindre le 1er janvier 2007. L'appartenance à l'Union européenne témoigne de la reconnaissance internationale de la transformation de grande ampleur qui a eu lieu dans cette partie du monde, mais la libéralisation du commerce, qui était un élément crucial des conditions d'adhésion à l'Union européenne, aura, à long terme, une portée encore plus grande sur les conditions de vie de la population de ces pays.

En revanche, trois anciens États soviétiques, la Biélorussie, la Moldavie et l'Ukraine, qui, géographiquement parlant, sont les plus occidentaux des États membres de l'ex-Union soviétique non membres de l'Union européenne, n'ont pas adopté une politique de libéralisation du commerce dans la même mesure et n'ont par conséquent pas bénéficié des mêmes avantages. En fait, bien que leur économie se soit développée au cours des quinze dernières années, ils n'ont pas profité du même apport de capitaux et d'investissements étrangers que leurs voisins situés à l'Ouest. Cela s'explique en partie par des circonstances historiques différentes, par un manque d'engagement politique en faveur de réformes et, ce qui est peut-être le plus important, par l'absence d'une force persuasive en provenance de l'extérieur en faveur de la libéralisation du commerce, comme la probabilité d'une appartenance à l'Union européenne. Toutefois, ce qui a fait le plus défaut, c'est un engagement sérieux en faveur de la suppression des barrières non tarifaires qui limitent considérablement la croissance du commerce et des investissements étrangers. Ces barrières agissent comme un mur protectionniste, favorisant les entreprises locales dotées des connaissances et des relations qui permettent l'accroissement de leur part de marché.
 
Ainsi, ce n'est qu'après que la Roumanie et la Bulgarie eurent commencé à s'attaquer sérieusement aux barrières non tarifaires telles que l'insuffisance de l'application du droit de la propriété intellectuelle, l'excès de fonctionnaires et de formalités administratives qui entrave la possibilité pour les entreprises de travailler avec l'État, l'absence de transparence des régimes de passation des marchés publics et la généralisation de la corruption, que leur économie a viré, que les investisseurs étrangers sont arrivés en grand nombre et que la croissance due aux exportations a démarré.
 
Le modèle dont devraient s'inspirer des pays comme la Biélorussie, la Moldavie et l'Ukraine est évident. C'est celui des pays de l'Europe centrale et orientale dont l'économie s'est développée précisément parce qu'ils l'ont ouverte à la concurrence étrangère, qu'ils ont réduit l'influence de l'État sur l'économie et qu'ils ont adopté des réformes structurelles de grande portée. Voici des exemples des principales réformes adoptées par ces pays.
  • La réduction des droits de douane : cette réduction a été un important moyen d'introduire la concurrence dans le marché. Les biens de qualité supérieure et de prix inférieur chassent les entreprises peu efficaces du marché et exigent des méthodes de production novatrices et rentables de la part des entreprises qui restent en activité.
  • La libéralisation des prix : bien qu'elle soit difficile à obtenir sur le plan politique, la libéralisation des prix est indispensable pour laisser jouer les forces du marché sur les producteurs de tous les secteurs, des biens de consommation à l'énergie. La suppression des subventions a également permis aux produits étrangers de pénétrer sur le marché sans se heurter à des obstacles supplémentaires à la libre concurrence.
  • La privatisation : la diminution du rôle de l'État en matière de contrôle des moyens de production a permis aux entreprises de réagir efficacement au caractère cyclique du marché. La privatisation a également permis à l'État de se débarrasser des entreprises déficitaires qui grevaient lourdement son budget et elle a attiré les investisseurs.
  • L'établissement d'organismes de règlementation indépendants : la réduction de l'influence de l'État sur les décisions en matière de règlementation a joué un rôle décisif dans l'établissement d'une économie de marché prévisible. La corruption et l'influence politique s'exercent trop facilement quand l'intervention de l'État sur le marché est importante, principalement dans le secteur financier et dans les secteurs des télécommunications et de l'énergie.
  • Une politique budgétaire et monétaire judicieuse : la maîtrise de l'inflation revêt une importance cruciale pour la prévisibilité et la stabilité d'un marché. Parallèlement, des dépenses publiques limitées, judicieuses et responsables sont extrêmement importantes pour guider l'introduction des principes du marché et pour en adoucir les effets.
Les résultats ont été très impressionnants. Selon le rapport sur les Perspectives de l'économie mondiale du Fonds monétaire international pour septembre 2006, le produit intérieur brut (PIB) moyen par habitant (en ce qui concerne la parité de pouvoir d'achat) a augmenté de 112 % entre 1993 et 2005 en Europe centrale et orientale. En revanche, la croissance moyenne du PIB par habitant en Biélorussie, en Moldavie et en Ukraine durant la même période a été de 48 %. 

En outre, les investisseurs étrangers ont été attirés par ces réformes de grande portée. Qu'ils viennent dans un pays grâce à la privatisation, à la coentreprise ou aux investissements en installations nouvelles, les investisseurs étrangers créent des emplois, apportent un savoir-faire et accroissent les recettes fiscales des pays en transition. De ce fait, alors que les entreprises publiques aux effectifs pléthoriques étaient dégraissées ou liquidées, les investisseurs étrangers, attirés par la prévisibilité d'une économie transformée, ont contribué à créer des emplois. Bien que certaines des réformes mentionnées ci-dessus aient été entreprises en Biélorussie, en Moldavie et en Ukraine, l'absence d'engagement véritable en faveur de la mise en application des nouvelles lois et de la nouvelle réglementation a abouti à une baisse du volume des investissements étrangers.
 
La transition économique des nouveaux États membres de l'Union européenne est loin d'être terminée. Tous ces pays doivent encore réduire la corruption, alléger la bureaucratie, rendre plus transparente la passation des marchés publics et supprimer les autres barrières non tarifaires. Il est toutefois peu probable que l'on assiste à l'annulation de la libéralisation du commerce et des réformes structurelles importantes mises en vigueur depuis 1989, qui ont eu pour résultat une croissance économique forte et impressionnante. Cette prévisibilité - absente en Biélorussie, en Moldavie et en Ukraine - crée un climat des affaires qui attire les capitaux nationaux et étrangers, en favorisant la création d'emplois, la croissance économique et l'émergence d'une classe moyenne plus forte et plus aisée. Ce sont là toutes les conditions indispensables à une économie mondiale moderne.
 
2007
La chute du mur de Berlin a mis fin à une expérience grandeur nature qui se déroulait depuis près d'un demi-siècle. D'un côté, on avait l'Union soviétique avec son système marxiste d'économie centralement planifiée. De l'autre, les pays occidentaux avec des économies plus ou moins mixtes, mais dont aucune ne se rapprochait, même de près, de ce qui se passait en URSS. L'Union soviétique s'est effondrée, et il faut aujourd'hui se donner beaucoup de mal pour trouver quelqu'un qui croie encore aux vertus de l'économie planifiée. 

Bloc de l'Est

De Wikiberal
 
Le Bloc de l'Est désigne l'ensemble des pays d'Europe de l'Est sous la domination soviétique, dans lesquels un régime d'inspiration communiste et totalitaire fut mis en place.
De tous les pays de l'Europe de l'Est, la Pologne et la Yougoslavie ont payé le plus lourd tribut à l'arrivée des communistes au pouvoir. Le retour de l'Armée rouge en Pologne, début 1944, voit l'élimination par le NKVD des résistants polonais non communistes. Le stalinisme polonais se caractérisa par la suite par un fichage général de la population, des vagues d'arrestations massives et des milliers d'exécutions. La guerre de "libération" menée par Tito en Yougoslavie se chiffre quant à elle en centaines de milliers de cadavres. Outre l'élimination des résistants royalistes, nombre de croates et de slovènes furent massacrés en masse dans d'horribles conditions, après avoir été livrés aux titistes par les britanniques...
On se souviendra aussi de la répression soviétique en Hongrie en 1956, ou à Prague en 1968, des régimes sanglants d'Honecker en Allemagne de l'Est et de ce symptomatique mur de Berlin qui en incarnait toute la faillite, de Ceausescu en Roumanie, des massacres d'après-guerre en Bulgarie, sans oublier l'État-goulag albanais du fanatique Enver Hoxha.
 
 

Économie de la transition

De Wikiberal

L'économie de la transition est une branche de l'économie comparative des systèmes politiques. Elle tente de comprendre comment des économies dont les membres ont vécu durant de nombreuses années avec des systèmes politiques et économiques centralisés peuvent s'adapter à une économie de marché décentralisée. Peter Boettke, James Dorn et Yu-Shan Wu sont des spécialistes de cette branche.
Deux approches dominent, l'une est très rapide et elle est qualifiée de transition “big-bang”. On la rencontre en Europe de l'Est. L'autre, plus lente, est dénommée transition “expérimentale” que l'on retrouve en Chine. En 1989, le Comité Central du parti Communiste Soviétique, sous l'impulsion de Gorbatchev décide de lancer une réforme de grande envergure où les fermiers pouvaient louer des terres dans des contrats de long terme (50 ans). Au contraire, en Chine, la réforme agricole est plus longue. Elle commence à la fin des années 1970 dans quelques provinces (Anhui et Sichuan) plus 2000 comtés dans le pays. Les expérimentations sont un succès et le programme de réforme est étendu dans d'autres régions. En 1980, 14% des foyers ruraux chinois deviennent des fermiers privés. En un an, ce chiffre explose à 45% puis à 80% en 1982. En 1984, le système collectif fermier chinois est abandonné quand le pouvoir central s'aperçoit que 98% des foyers ruraux deviennent des fermiers privés.
 

Privatisation

De Wikiberal
 
La privatisation est une action consistant à transférer au secteur privé des pans d'activité dépendant préalablement de la puissance publique.

 Arguments en faveur des privatisations
  • l'État n'est pas incité naturellement à assurer le bon fonctionnement des entreprises qu'il détient, alors que les propriétaires privés y sont contraints (sous peine de disparaître du marché) ; pour cette raison, les entreprises privatisées deviennent plus efficaces.
  • l'entreprise privatisée est débarrassée de l'interférence de la politique ; ses dirigeants ne sont plus choisis pour des raisons politiques ; son objectif correspond à une logique économique et non plus politique ou "sociale" (dans le mauvais sens du mot) ; la corruption n'existe plus puisque les décideurs sont également les payeurs.
  • la privatisation contribue à alléger le fardeau fiscal que supporte le contribuable, contraint de financer malgré lui des services non profitables.

Faux arguments contre les privatisations

  • à gestion égale, allégeant en apparence l'impôt du contribuable, la privatisation augmente en fait le coût total effectif du consommateur, puisqu'il faut rajouter le profit reversé aux actionnaires : mauvaise définition du profit, qui est ce qui reste à l'entrepreneur quand tout a été payé, et non pas un surplus fixé a priori qui impacterait le "coût total effectif" ; il est évidemment plus juste que le consommateur paye les produits et services qu'il achète pour son usage propre plutôt que le contribuable, payeur aveugle. Les cas de privatisation où le coût total pour le consommateur s'est accru s'expliquent économiquement (privatisation "encadrée" soumise à une règlementation abusive qui empêche d'atteindre un équilibre économique ; privatisation qui succède à une gestion publique subventionnée qui aboutissait à des prix artificiellement bas).
  • la logique économique est en général en opposition avec l'intérêt général. La nationalisation permet d'imposer un traitement égal pour tous les citoyens (eau, téléphone, poste, électricité, routes, train, …) : l'intérêt général est une pure fiction au nom de laquelle certains contribuables payent pour les autres, c'est la justification du collectivisme ; le traitement soi-disant "égal" suppose que l'on vole les uns au profit des autres (voir égalitarisme).
  • les entreprises ont pris l'habitude de nationaliser leurs pertes et de privatiser leurs profits : la nationalisation permet d'éviter ce jeu de dupe : les libéraux, au nom du principe de responsabilité, sont contre la "nationalisation des pertes", qui est réalisée par des politiciens cherchant à complaire à leur clientèle en sauvant les "canards boiteux" de l'économie. L'argument peut d'ailleurs être retourné quand on constate que sont privatisés des services déficitaires qui seront renationalisés quand ils redeviennent rentables, fût-ce au prix d'une forte augmentation des coûts, imputée seulement au privé (exemple des réseaux d'eau potable en France).
  • lorsque, dans un domaine, le monopole guette, la nationalisation est le seul moyen d'éviter un pouvoir exorbitant au seul profit de quelques-uns : quand un monopole est aux mains de l'État (pouvoir exorbitant de par la loi du plus fort), nul peut y échapper, quand il est aux mains d'une entreprise privée, n'importe qui peut venir en concurrence pour peu que l'État n'ait pas fermé le marché par une décision autoritaire.
  • Variante de la précédente : La théorie du monopole naturel explique que certaines activités tendant naturellement vers une situation de monopole (réseaux électriques, téléphoniques…) : le coût marginal de production ne cesse de décroître (du fait de l'existence des coûts fixes), cela grève la compétitivité de l'entreprise disposant des parts de marché les moins importantes ; on aboutit à la conception d'un monopole, qualifié pour cette raison de naturel, qui est le pur résultat de la logique de marché. Une fois en situation de monopole, le comportement rationnel de la firme est de fixer un prix largement supérieur au coût marginal. Privatiser une telle entreprise n'est alors pas dans l'intérêt général puisqu'elle peut pratiquer des prix arbitrairement élevés. Cet argument est admis par certains libéraux, mais refusé par d'autres. C'est entre autres l'argument en faveur du "service public à la française" : voir monopole naturel.

La privatisation des rues

Même si ce sujet n'est pas une de leurs priorités, les libertariens militent pour la privatisation des rues. Bertrand Lemennicier relève les inconvénients de la rue "propriété publique" (c'est-à-dire propriété de personne) : davantage d'accidents, de criminalité, d'encombrements et de pollution, irresponsabilité du "propriétaire collectif" contre lequel les victimes ne peuvent jamais se retourner. Il fait observer que la privatisation des rues n'a rien d'utopique : 3% des rues de Paris sont privées, et il existe même dans le monde plusieurs villes privées (Reston en Virginie, Sandy Springs et Braselton en Géorgie, Irvine, Lakewood et Nipton en Californie, Sun City en Arizona, Magarpatta ou Gurgaon en Inde, etc.).
Walter Block a consacré un livre au sujet (Privatization of Roads and Highways, 2009) : il y développe les mêmes arguments : rentabilité, meilleure sécurité.

La privatisation révolutionnaire

Pour les libertariens (par exemple Murray Rothbard, Confiscation and the Homestead principle, The Libertarian Forum, June 15, 1969), tous les biens publics sont financés par la violence (l'impôt) et doivent être rendus au secteur privé :
Le libertarien voit l'État comme un gigantesque gang de criminels organisés, qui vivent de ce type de vol appelé « fiscalité », dont ils utilisent le produit pour tuer, asservir et malmener le peuple. Par conséquent, toute propriété aux mains de l’État est entre les mains de voleurs, et doit être libérée le plus rapidement possible. Toute personne ou groupe qui libère ces biens de l'emprise de l'État, qui les confisque ou se les approprie, effectue un acte vertueux et rend un service significatif à la cause de la liberté. (Murray Rothbard)
De cette façon, Rothbard semble encourager une forme de "prise au tas" anarchiste. Il propose aussi, de façon plus constructive, les actions suivantes :
  • application du principe du homesteading : les biens publics deviennent la propriété de ceux qui y travaillent ou qui les utilisent (les entreprises publiques à leurs employés, les universités publiques aux étudiants, etc.) ; c'est la méthode la plus fréquemment employée (programme de "désocialisation" des biens publics lancé dans la Yougoslavie de Tito en 1952, programme "Right to Buy" de Margaret Thatcher encourageant les locataires du parc social à racheter leurs logements, etc.)
  • attribution des biens publics aux contribuables en proportion des impôts payés.
Les autres possibilités sont les suivantes[1] :
  • retrouver les propriétaires originels ou leurs héritiers pour opérer une restitution des biens volés par l’État ;
  • vente aux enchères, mise en vente par des agences privées ;
  • mise en état de non-propriété des terres vierges, mises à la disposition de qui veut les travailler.
  • privatisation par initiative populaire pour les habitants intéressés à acquérir des biens étatiques
Hans-Hermann Hoppe (Democracy - The God That Failed) préconise de privatiser en respectant l'ordre suivant :
  • les héritiers des biens étatisés, s'ils existent et s'ils sont connus, ont priorité pour recouvrer la propriété dont ils ont été spoliés ;
  • le contribuable devient propriétaire des biens publics à proportion des impôts payés[2] ;
  • le homesteading s'applique aux terrains publics inoccupés.

Les fausses privatisations

On appelle souvent "privatisation" ce qui n'est qu'une déréglementation partielle ou une concession très encadrée (par exemple, les chemins de fer au Royaume Uni, ou les compagnies électriques aux États-Unis). On a alors beau jeu de démontrer l'"échec" des privatisations, alors que la libéralisation n'est pas totale, que l'État continue de règlementer le marché (au nom de l'"intérêt général" et pour "éviter les abus") et l'empêche de trouver son équilibre (exemple de l'électricité en Californie). C'est comme si l'on vous obligeait à courir le 100 mètres avec un boulet aux pieds et qu'ensuite on vous reproche de ne pas être compétitif...
En France on appelle également "privatisation" une mise sur le marché partielle, l'État gardant la majorité absolue !
Les privatisations menées en général, surtout ces dernières années, n'ont concerné que la distribution, pas les réseaux. Autrement dit, les sociétés gestionnaires ne sont partout que des concessions. Quand il y a une société privée dans le jeu, elle n'est chargée QUE de la distribution. Le réseau et les ressources sont publics, donc personne ne se soucie de la moindre économie.
Le problème est analogue pour l'exploitation outrancière de certaines forêts dans le monde.
Pour les libéraux, il est nécessaire de TOUT privatiser et de TOUT libéraliser, et non de se défaire de certaines activités pour des raisons budgétaires.
Concernant la "privatisation" des autoroutes en France, il ne s'agit en fait que de la privatisation de l'exploitation. Le réseau reste propriété de l'État et ce dernier fixe les règles dans le cahier des charges de l'exploitation. Donc, pour les sociétés sur les rangs, le but sera de prendre un maximum de rente pendant le laps de temps imparti, et de faire le moins possible d'entretien et de développement.
On a pu constater l'échec de ces pseudo privatisations sous contrôle étatique avec l'exemple de l'électricité californienne.
Les libéraux sont donc contre ces privatisations — les actuelles.
Du reste, le terme de « privatisation » ne représente pas grand intérêt (d'ailleurs, tout n'est pas « privatisable », par exemple les activités nuisibles ou illégitimes : les douanes ou le fisc). Pensons encore à la volonté de privatiser le pétrole irakien au bénéfice d'une certaine compagnie américaine…
Ce que les libéraux défendent et expliquent, c'est l'intérêt des libéralisations de tel ou tel secteur. "Privé" ne porte en soit rien de valorisant - le crime privé, cela existe aussi.

La privatisation : Une condition nécessaire mais pas suffisante

La privatisation est une condition nécessaire mais pas suffisante. Il ne suffit pas de privatiser pour libéraliser les domaines économiques et sociaux. Il faut s'orienter vers la mise en concurrence des entreprises privatisées. Le principe de la mise en concurrence est inséparable de celui de la privatisation, car le consommateur ne gagne rien à ce qu'un monopole public soit remplacé par un monopole privé. Une entreprise ou une organisation sociale totalement privatisée et en situation de monopole se comportera comme si elle était encore un organisme étatique.
En France, un bon exemple de cette situation est fourni par les URSSAF, organismes de sécurité sociale qui sont de droit privé, mais s'arrogent le monopole de fait du recouvrement des cotisations sociales, avec la complicité des hommes politiques, en dépit des directives européennes qui impliquent l'abrogation du monopole de la Sécurité Sociale.


Désétatisation

De Wikiberal
 
La désétatisation est une mesure économique qui vise à un désengagement de l’État de l’activité économique. La désétatisation est une mesure qui est notamment défendue par le courant des économistes de l’offre qui considèrent que l’État, par son intervention dans la sphère économique, vient, en particulier, augmenter les rigidités de l’offre.
La désétatisation fut notamment appliquée par M. Thatcher en Angleterre et R. Reagan aux États-Unis.
Ce terme est plus juste que celui de privatisation, tout comme le terme d'étatisation est plus juste que celui de nationalisation.

 

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