Sommaire:
A) - Argentine : le FMI donne un satisfecit à Milei pour le redressement économique du pays
B) - Javier Milei
C) - Javier Gerardo Milei : diable ou sauveur du libéralisme ?
D) - L’Argentine de Milei : Autopsie d’un miracle libéral
Divers lien en fin de post sur Mileï
A) - Argentine : le FMI donne un satisfecit à Milei pour le redressement économique du pays
En visite en Argentine, en début de semaine, la patronne du FMI, Kristalina Georgieva s'est félicitée des réformes entreprises par l'actuel gouvernement. Mais, le pays n'est pas pour autant définitivement sorti d'affaire.
« Ce que nous avons aujourd'hui, d'après tous les indicateurs, est une situation beaucoup plus saine. » En visite, lundi et mardi, en Argentine, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, s'est réjouie d'un redressement économique certain du pays sous la houlette de Javier Milei. « L'Argentine se trouve dans une position bien plus forte, et c'est le résultat du travail acharné du gouvernement, ainsi que de la persévérance et des sacrifices du peuple argentin », a-t-elle commenté.
La situation n'a en effet rien à voir avec la dernière visite de la direction de l'institution multilatérale en 2018, en l'occurrence Christine Lagarde, la prédécesseure de Kristalina Georgieva au poste de directrice générale. La Française avait échoué à sauver le pays sous le gouvernement de Mauricio Macri avec un prêt record de 50 milliards de dollars à l'époque. Un accord ultérieur avait été nécessaire, avec le gouvernement de centre gauche d'Alberto Fernández, en 2022, pour restructurer une partie de ce prêt (environ 45 milliards de dollars) afin d'offrir un répit à l'Argentine menacée de faillite.
Bref, depuis 2018 et les accords successifs avec le FMI, le pays où se sont succédé trois présidents et cinq présidents de la Banque centrale aura vu son économie passer la majeure partie de cette période en récession avec une forte inflation. Elle a même frôlé les 300 % peu après l'élection à la présidence du libertarien Javier Milei en 2023.
Des résultats certains
Peu après son arrivée, le nouvel homme fort de l'Argentine a pris le taureau par les cornes. Il est parvenu à conclure un nouveau programme d'aide avec le FMI sous la forme d'une facilité de crédit d'un montant de 20 milliards de dollars en avril 2025 en contrepartie d'engagements en matière de finances publiques, de réformes économiques et de politique de change. Sur ce programme, 15 milliards de dollars ont déjà été accordés au pays. Et les résultats sont au rendez-vous.L'inflation a été en partie jugulée et devrait revenir autour de 25 % cette année. Le taux de pauvreté a chuté de 20 points en un an à 31,6 % au premier semestre 2025. La croissance économique repart, le FMI prévoyant une hausse du PIB de 3,5 % cette année. Les finances publiques grâce à une politique d'austérité drastique devraient afficher cette année un excédent primaire (NDLR : hors paiement des intérêts de la dette et du principal) de 1,4 % du PIB.
Toute n'est pas rose. La patronne du FMI s'est inquiétée de la hausse de l'emploi informel (44 % de la population active) « préoccupante, car elle indique que le marché du travail n'est toujours pas assez dynamique, au-delà des secteurs qui enregistrent une forte croissance ». D'après l'enquête de Zuban Cordoba, 47,6 % des Argentins estiment que leur situation s'est pourtant dégradée l'an passé. Coupure des dépenses publiques, gel des retraites… : pour deux tiers des sondés (63,7 %), il est de plus en plus difficile de boucler les fins du mois.
Point de friction
Un autre point de friction concerne la reconstitution des réserves de change du pays (48,9 milliards de dollars près du plus haut de 2019), grâce aux achats de dollars de la Banque centrale. Elle ne va pas aussi vite que préconisé par l'institution multilatérale. Pour ne rien arranger, la banque centrale d'Argentine vient de décider de mettre fin à ses achats de dollars qui duraient depuis près de sept mois. Kristalina Georgieva, a pourtant exhorté son gouverneur, Santiago Bausili, à « continuer sur cette lancée » et à « poursuivre les achats » de dollars.
Pour l'heure, le FMI reste encore confiant. « Nous sommes peut-être sur la bonne voie pour que l'Argentine rejoigne le club des marchés émergents qui ont emprunté auprès du Fonds, réformé leur économie et cessé de recourir à de nouveaux emprunts », a assuré Kristalina Georgieva. Sauf que des échéances importantes arrivent.
Une dette à rembourser
L'Argentine dont la dette auprès du FMI culmine à 57,3 milliards de dollars (28,3 milliards en 2018) va devoir, en septembre, commencer à rembourser le principal de cette dette, ce qui portera le total de ses paiements - intérêts inclus - à 3 milliards de dollars pour le reste de l'année 2026. Ce montant fera plus que doubler les années suivantes. La prochaine administration, issue des élections présidentielle et législative d'octobre 2027, devra débourser au moins 9,5 milliards de dollars par an entre 2028 et 2031, selon les calculs du FMI.
Les échéances de remboursement s'étendent jusqu'en 2042, et le gouvernement affirme ne pas vouloir refinancer la dette, du moins pas avant l'année prochaine. Pour certains experts, l'Argentine sera probablement forcée de le faire. D'autant plus qu'il ne faut pas s'attendre au retour de l'Argentine sur les marchés internationaux de capitaux, où le pays pourrait émettre des emprunts obligataires. Kristalina Georgieva l'appelle de ses voeux mais Javier Milei en rejette l'idée pour le moment. Un tel retour garantirait pourtant au FMI le remboursement de ses fonds.
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Argentine : les Etats-Unis offrent une bouée de sauvetage à la Bourse de Buenos Aires et au peso
L'Argentine va modifier son régime de change, liant le peso à l'inflation
➡️ Croisssance de 4,4% en 2025, prévision de 3% en 2026
➡️ Taux de pauvreté en baisse de 24 points en 3 ans
Excédent budgétaire Zucman et Piketty se sont tellement crashés sur ce sujet qu'on se demande comment on peut encore leur accorder la moindre crédibilité sur le reste.
B) - Javier Milei
Javier Milei, né le 22 octobre 1970 à Buenos Aires, est un homme d'État et économiste argentin. Farouchement libertarien, député de 2021 à 2023, il est élu président de l'Argentine le 19 novembre 2023.
Biographie
Javier Gerardo Milei naît dans une famille modeste de Buenos Aires (son père était chauffeur de bus et sa mère mère au foyer). Il étudie à l'université Belgrano, puis devient économiste dans le secteur privé, jusqu'à être le principal économiste de la banque HSBC en Argentine. Il rejoint un think tank tout en continuant à écrire des études académiques et à enseigner. Il est l'auteur de plus d'une cinquantaine d'articles peer reviewed.
Intellectuel public et connu pour ses talents de débatteur à partir des années 2010, il s'engage en politique à partir de la fin des années 2010. En 2020, il rejoint Avanza Libertad, un parti politique libéral, qu'il amène, au sein de la coalition La Libertad Avanza, à la troisième place des législatives argentines de 2021. Il y gagne un siège de député de Buenos Aires.Sa popularité croissante l'amène à se déclarer candidat à la présidentielle argentine de 2023, où les sondages le donnent pour gagnant. Le 22 octobre 2023, il obtient la deuxième place lors du premier tour, avec 30 % des suffrages exprimés[1] et se qualifie pour le second tour face au péroniste Sergio Tomas Massa, qu'il remporte largement le 19 novembre, avec 56% des suffrages exprimés[1].
Ancien rockeur, il cultive un look excentrique, notamment avec ses cheveux ébouriffés et une veste en cuir. Durant ses apparitions publiques, il a régulièrement une tronçonneuse à la main, pour signifier son envie de couper drastiquement dans des dépenses publiques hors de tout contrôle en Argentine.
Les deux premières années de sa présidence sont un succès franc, avec une réduction rapide de l'inflation[2], une amélioration massive de la situation pour les locataires grâce à la déréglementation de l'immobilier[3] et un retour à l'excédent budgétaire pour la première fois en 10 ans[4]. La pauvreté chute à son plus bas depuis 2018[5] et son bilan est salué par les électeurs aux élections législatives de 2025 avec un triplement de son nombre d'élus et une large avance sur ses concurrents à plus de 40% des voix[6].
Idées politiques
Libertarien, Milei se revendique, au moment de l'élection présidentielle de 2023, de la pensée de Murray Rothbard[7].
Son discours libéral radical, libertarien par de nombreux aspects (ou « ultralibéral » sous la plume de ses détracteurs), séduit largement les jeunes et les exclus dans une Argentine ravagée par l'hyperinflation (plus de 12 % mensuel en 2023) et l'excès de dépense publique. Il propose en particulier d'abandonner officiellement le peso argentin pour le remplacer par le dollar américain, déjà très utilisé en Argentine. Son programme vise à restituer le pouvoir au peuple par une réduction massive de la dépense publique (« à la tronçonneuse ») rendant l'argent aux contribuables, une ouverture des frontières et une rupture avec des régimes dictatoriaux comme la Chine ou la Russie.
Il est classé à l'extrême droite selon une définition récente et élargie du concept, qui regroupe alors les défenseurs radicaux et jusqu'au-boutistes des idées de droite, même modérée (par exemple le libéralisme économique). Ses opposants le qualifient d'« ultraconservateur » surtout pour son opposition ferme à l'avortement, qu'il considère comme un meurtre[8],[9],[10].
Son succès économique et social est contesté par des militants et des médias de gauche, lesquels voient parfois en lui un « fasciste ». Une qualification qui interpelle sur la compréhension du fascisme par ceux qui la formulent, alors que le fascisme repose sur le tout-État (le fameux « tout dans l'État, rien contre l'État, rien en dehors de l'État » de Mussolini), là où Milei annonce vouloir réduire l'influence de l'État - et le fait.
Malgré son discours ouvertement et radicalement libéral sur une grande majorité de sujets, il « bannit » le langage inclusif dans l'armée[11],[12],[13].
Notes et références
Publications
- 2023, "Capitalism, Socialism, and the Neoclassical Trap", in The Emergence of a Tradition: Essays in Honor of Jesús Huerta de Soto, Palgrave Macmillan
Liens externes
- (fr)Discussions sur Javier Milei sur le forum Liberaux.org
- (fr)Javier Gerardo Milei : diable ou sauveur du libéralisme ?, Contrepoints
C) - Javier Gerardo Milei : diable ou sauveur du libéralisme ?
Tel un diable sorti d’une boîte, Javier Gerardo Milei surgit sur la scène politique argentine sous le drapeau du libéralisme. Une très bonne nouvelle dans un pays dominé par les péronistes, une mafia politique vaguement keynesienne et franchement calamiteuse associée à des syndicats puissants.
S’il était élu à l’élection présidentielle du 22 octobre prochain, hypothèse incertaine mais pas impossible, Milei introduirait un choc libéral inédit dans un pays de tradition autoritaire.
Cet homme de 52 ans dont le parti s’appelle La Libertad Avanza (« La liberté avance ») rassemble actuellement 17 % des intentions de vote et se trouve en troisième position derrière Frente de Todos, (« Le Front de tout le monde »), l’organisation péroniste qui n’a toujours pas désigné son candidat en raison des bisbilles habituelles entre Cristina Kirchner et le président Alberto Fernández (25 %), et Juntos por el Cambio (« Ensemble pour le changement »), une coalition qui rassemble les fidèles, mais aussi les déçus de l’ancien président Mauricio Macri (27 %).
Face à ces adversaires, Milei tranche non seulement par ses idées, mais aussi par son comportement. Très demandé sur les chaînes de télévision et soutenu principalement par de jeunes électeurs de moins de trente ans, le candidat libéral (que la gauche qualifie d’extrême droite) apparait sur les plateaux tout de cuir vêtu, un regard perçant et une masse de cheveux bruns coiffée comme un casque. Il dénonce les politiciens qu’il traite de « rats » formant « une caste de parasites » et insulte tout interlocuteur qui n’est pas d’accord avec lui. « Zurdos de mierda », leur dit-il, « gauchistes de merde ».
Son programme est radical
Suppression de la Banque centrale, privatisation des monnaies (et espérance déclarée du retour du dollar américain), mais aussi un tantinet complotiste. Il croit à la théorie du « marxisme culturel » qui prétend qu’un complot d’intellectuels marxistes venu de « l’école de Francfort » s’active à saper les sociétés occidentales, leurs valeurs chrétiennes et leur conservatisme traditionnel.
Pour lui, le réchauffement climatique, le féminisme et le mouvement LGTB sont au cœur de ce « marxisme culturel ». Cette théorie n’est cependant pas exempte de relents antisémites totalement étrangers au libéralisme.
D’où la question de savoir si Milei est un vrai libéral ou s’il raconte n’importe quoi. Pour un libéral, il est toujours difficile de questionner le libéralisme des autres. Mais Milei démontre dans ses choix un certain autoritarisme et des erreurs de jugement.
Par exemple, il considère que Carlos Menem a été le meilleur président de l’Argentine. Or ce dernier, au pouvoir de 1989 à 1999, était un politicien notoirement corrompu et condamné en 2015 à quatre ans et demi de prison auxquelles il échappera grâce à son immunité parlementaire. Par ailleurs, au début de son premier mandat, Menem a autorisé la parité entre le peso argentin et le dollar américain, une tragique illusion qui a fait baisser l’inflation et a attiré des capitaux étrangers, mais ce faisant a créé une énorme « bulle » financière qui éclatera en l’an 2000 et que l’Argentine continue à payer très cher. Dans une tribune dans El Pais, Mario Vargas Llosas avait écrit que les réformes de Menem « étaient un rideau de fumée cachant la corruption ».
Milei s’égare donc avec Menem mais avance tout de même des propositions libérales. Ce célibataire ne pense rien de bon du mariage, mais ne s’oppose pas au mariage gay. Il se montre libéral également face à la prostitution qu’il considère « un service comme un autre ». Mais il condamne l’avortement par un raisonnement spécieux affirmant que si la femme est propriétaire de son corps, celui de son futur enfant est un « autre corps » qui ne lui appartient pas. Il est par ailleurs en faveur du port d’armes, sujet délicat pour les libéraux.
Il est jugé essentiel par certains libertariens, mais le libéralisme classique peut l’estimer contraire au contrat social qui réserve à l’État le monopole de la force. Le libre usage des armes aux États-Unis induit des massacres réguliers commis dans des collèges ou des supermarchés pour de sombres raisons n’ayant rien à voir avec la défense de nos libertés.
D) - L’Argentine de Milei : Autopsie d’un miracle libéral
Comment le président « tronçonneuse » a terrassé l’inflation, reconquis les marchés, obtenu un chèque de 40 milliards de Washington – au prix d’une fracture sociale explosive – et dont le parti vient de remporter les dernières législatives de mi-mandat. Une victoire qui dément, une énième fois, les prévisions partisanes des « spécialistes » et des médias mainstream, ce qui nous pousse de nouveau à nous interroger sérieusement et urgemment sur la question de l’arrêt des subventions de la presse…
En attendant, ce succès consolide le pouvoir de Milei et ouvre la voie à un programme de réformes libérales ambitieuses dans une Argentine en crise.
Ce fut, au final, un raz-de-marée. Le parti du président Javier Milei, La Libertad Avanza (LLA), a remporté les élections législatives de mi-mandat en Argentine avec près de 41 % des voix au niveau national.
L’opposition péroniste, regroupant le principal parti et ses alliés régionaux, a été distancée de neuf points de pourcentage. Dans un renversement spectaculaire, LLA a même triomphé dans la province de Buenos Aires, où elle avait pourtant essuyé une défaite de 14 points lors de l’élection provinciale du mois dernier.
Cette victoire, largement au-delà des prévisions des instituts de sondage et des attentes des marchés – qui tablaient sur un match nul ou une avance modeste –, confère à Milei un nouveau mandat politique pour poursuivre son remodelage radical de l’économie argentine.
Un virage politique inédit
Le président argentin Javier Milei a obtenu dimanche une victoire électorale décisive lors des élections de mi-mandat, renforçant considérablement sa majorité parlementaire et la légitimité de son programme économique ultralibéral.
Son parti La Libertad Avanza a remporté 41,5 % des voix dans la province de Buenos Aires, une percée historique dans un bastion traditionnellement dominé par le péronisme, qui recueille 40,8 % des suffrages. À l’échelle nationale, la formation libertarienne voit sa représentation à la Chambre des députés passer de 37 à 64 sièges, selon des chiffres rapportés par Reuters et Associated Press.
Cette victoire confère à Milei une marge de manœuvre politique inédite depuis son arrivée au pouvoir fin 2023. Le président pourra désormais défendre plus aisément ses décrets et ses veto présidentiels, instruments centraux de son programme de réformes visant à réduire drastiquement les dépenses publiques et à déréguler l’économie.
« Le résultat dépasse les attentes les plus optimistes », estime Marcelo Garcia, directeur pour les Amériques du cabinet Horizon Engage.
« Avec cette majorité, Milei pourra gouverner avec une stabilité politique qu’aucun président récent n’avait connue. »
Pour le politologue Gustavo Córdoba, ce scrutin illustre une « forme d’optimisme prudent » de la part des électeurs :
« Beaucoup veulent donner plus de temps au gouvernement pour juger ses réformes. Le triomphe est incontestable. »
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Le « shock and awe » économique
Depuis son arrivée au pouvoir fin 2023, Milei a appliqué ce qu’il appelle lui-même une politique de shock and awe — « choc et effroi ».
En deux ans, il a ramené l’inflation annuelle de 211 % à 29,4 %, dégagé un excédent budgétaire primaire de 1,8 % du PIB et restauré 4,8 milliards $ de réserves à la Banque centrale.
Pour y parvenir, il a mis en œuvre la « mère de tous les ajustements fiscaux » :
– zéro émission monétaire pour financer le Trésor,
– 38 % de coupes budgétaires réelles (éducation – 42 %, santé – 37 %, énergie – 91 %),
– 366 décrets économiques en 22 mois, soit un toutes les 44 heures.
L’économie argentine, exsangue après des décennies d’instabilité, s’est brutalement réalignée sur les dogmes libéraux : austérité, désétatisation et confiance illimitée dans les investisseurs étrangers.
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Le laboratoire de la dérégulation
Sous Milei, le pays est devenu un vaste laboratoire de déréglementation.
La loi sur les loyers a été abrogée, supprimant toute limite à la hausse ;
– les indemnités de licenciement et cotisations obligatoires ont été plafonnées ;
– les licences d’importation ont été abolies ;
– les subventions énergétiques ont quasiment disparu.
Dans les faits, l’État argentin s’est retiré de la plupart des mécanismes de protection sociale.
« C’est une économie sous anesthésie réglementaire », résume l’économiste Nora Curia.
« La croissance revient, mais sans amortisseurs. »
Des résultats économiques tangibles
Les indicateurs macroéconomiques soutiennent cette dynamique : Reuters rapporte que l’inflation est tombée de 12,8 % avant l’investiture de Milei à 2,1 % en septembre 2025.
Le pays a enregistré un excédent budgétaire et engagé une vaste déréglementation des marchés, une rupture radicale après des années de crise chronique.
Dans le même temps, Associated Press indique que Washington a proposé à Buenos Aires un plan d’aide de 40 milliards de dollars, comprenant un échange de devises de 20 milliards et un fonds d’investissement équivalent, conditionné à la performance de Milei aux législatives. Cette offre, soutenue par l’administration Trump II, illustre un rapprochement stratégique entre les deux gouvernements.
Le 19 janvier 2025, lors de l’investiture de Donald Trump, Milei a signé un accord secret à la Maison-Blanche.
L’engagement tenait en une phrase : « Si vous tenez l’inflation sous 50 % et gagnez les midterms, nous vous donnons 40 milliards. »
Le jour même de la victoire, Washington a tenu parole :
– à 8 h 12, la FED confirmait un swap de 20 milliards $,
– à 8 h 47, le Trésor américain lançait une facilité de dette-investissement de 20 milliards $,
– à 9 h 03, les obligations argentines 2030 s’envolaient de 7,2 % à Tokyo.
C’est le premier cas documenté d’un président américain finançant directement un programme économique étranger avec de l’argent public.
Pour Trump, l’Argentine est devenue une vitrine libertarienne de son nouvel ordre économique mondial.
À Buenos Aires, les classes urbaines aisées savourent déjà les fruits du tournant.
Les prix des produits importés (iPhone, Nike, Samsung) ont chuté de 35 %, tandis que les loyers en dollars ont reculé de 43 % dans les quartiers huppés de Palermo ou Recoleta.
Les exportateurs agricoles profitent de la suppression des retenciones : le soja gagne 22 %, le blé 18 %.
Les investissements étrangers bondissent de 1,4 à 3,9 milliards $, et Buenos Aires se rêve en « Miami de l’Amérique latine », hub pour les fintech et les cryptomonnaies.
Mais pour une majorité de citoyens, la réussite de Milei rime avec désastre social.
Selon les chiffres officiels :
– 41 % des Argentins vivent sous le seuil de pauvreté,
– 21 % des jeunes sont sans emploi,
– 70 000 familles ont été expulsées en 18 mois,
– les syndicats ont perdu 1,2 million d’affiliés et 65 % de leurs revenus.
Marchés et diplomatie en attente
Les marchés financiers ont immédiatement réagi : les obligations et actions argentines devraient connaître un rallye haussier, selon plusieurs analystes, portés par la perspective d’une gouvernance plus stable et d’une accélération des réformes.
Cette victoire consolide également le profil international de Javier Milei, déjà remarqué lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump à Washington en janvier 2025, où il a affiché son alignement idéologique avec les gouvernements conservateurs de Giorgia Meloni en Italie et Trump aux États-Unis.
« Un tournant pour l’Argentine »
Saluant la victoire depuis Buenos Aires, Milei a qualifié le scrutin de « tournant pour l’Argentine », promettant de poursuivre ses coupes budgétaires et son combat contre « l’État obèse et corrompu ».
« Nous avons brisé les chaînes du passé. L’Argentine avance vers la liberté et la responsabilité », a-t-il déclaré devant ses partisans.
En résumé, cette victoire de mi-mandat donne à Javier Milei les moyens institutionnels de consolider sa révolution économique et de poursuivre son pari risqué : transformer une économie en crise structurelle en laboratoire du libertarianisme latino-américain, sous le regard attentif des investisseurs… et des chancelleries étrangères.
Javier Milei a gagné la guerre économique, séduit Trump, Wall Street et les classes moyennes urbaines.
Mais il gouverne désormais sur une poudrière sociale : 41 % de pauvres, 21 % de jeunes sans emploi, 70 000 familles expulsées.
La question n’est plus : « Peut-il réformer ? »
Elle est : « Combien de temps les Argentins accepteront-ils de payer le prix de son miracle ? »
Argentine : dans un entretien récent avec le @CatoInstitute ,
Federico Sturzenegger (ministre de la Dérégulation) explique clairement la logique des réformes menées.
Les régulations ne protègent que rarement le citoyen. Elles créent surtout des rentes qui financent le maintien du système. Ces rentes nourrissent des « agents de blocage » : syndicats, entreprises protégées, bureaucratie.
La stratégie de Sturzenegger est donc double :
1. Économique : ouvrir l’économie, renforcer la concurrence, réformer le marché du travail → supprimer les rentes à la source.
2. Politique : affaiblir durablement la capacité de lobbying des grands intérêts particuliers et de l’administration.
Le soutien constant de Javier Milei et la présence quotidienne de @fedesturze sur les réseaux sociaux change radicalement la donne. Les lobbies ne peuvent plus négocier dans l’ombre : ils doivent désormais s’opposer ouvertement au président. Cela les place en position de faiblesse face à l’opinion. Cette approche commence à porter ses fruits.
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, en visite en Argentine cette semaine, a félicité l’administration Milei pour la stabilisation macroéconomique, le retour au surplus budgétaire et la baisse de l’inflation. Elle a jugé la situation du pays « beaucoup plus solide ». Les règlements sont trop souvent des instruments de protection des intérêts particuliers, pas des citoyens.
L’Argentine montre qu’on peut les démanteler méthodiquement… et que cela a un impact positif pour la population. En France, le droit en vigueur dépasse déjà les 50 millions de mots ! Le même diagnostic s’applique. La question n’est plus de savoir s’il faut simplifier, mais qu’est-ce qu’on attend pour commencer.
#PLIB, le Parti #Libertarien 🇫🇷 @PLIB_fr
Argentine : Javier Milei propose de suspendre le salaire des ministres et députés en cas de déficit budgétaire
Le président argentin Javier Milei a présenté un projet de « verrou budgétaire » prévoyant la suspension du salaire des plus hauts responsables politiques si un déficit public prolongé n'est pas résorbé dans les délais. Cette réforme, qui doit encore être approuvée par le Congrès, s'inscrit dans sa stratégie de « déficit zéro ».
Le président argentin Javier Milei a présenté un projet de loi qui pourrait profondément modifier les règles de gestion des finances publiques. Baptisé « grillete fiscal » (« verrou budgétaire »), ce mécanisme prévoit que si l'État enregistre un déficit budgétaire prolongé et que le Congrès ne parvient pas à rétablir l'équilibre des comptes dans le délai imparti, les plus hauts responsables politiques cesseraient de percevoir leur salaire.
Selon le projet présenté par le gouvernement, cette mesure concernerait le président de la République, le vice-président, les ministres, les secrétaires d'État, les sous-secrétaires, ainsi que les députés et les sénateurs nationaux. Leurs rémunérations seraient suspendues pendant toute la durée d'application du dispositif.
Le texte prévoit également une série de mesures destinées à limiter les dépenses publiques. En cas d'activation du mécanisme, les nouvelles dépenses seraient gelées, les recrutements dans l'administration suspendus, certains contrats publics interrompus et les activités non essentielles de l'État mises à l'arrêt. Les transferts discrétionnaires vers les provinces seraient également bloqués.
En présentant cette réforme lors d'une allocution télévisée, Javier Milei a affirmé vouloir inverser la logique qui, selon lui, a prévalu pendant des décennies en Argentine. « Pour la première fois dans notre histoire, si la politique ne fait pas son travail, c'est la politique qui paiera le prix, et non les citoyens », a déclaré le chef de l'État.
Le gouvernement assure toutefois que les services essentiels
continueront de fonctionner normalement. Les retraites, les pensions,
les allocations sociales, ainsi que les secteurs de la santé, de la
sécurité, de la défense nationale et de l'administration pénitentiaire
ne seraient pas concernés par ce mécanisme.
Cette initiative
s'inscrit dans la politique de « déficit zéro » défendue par Javier
Milei depuis son arrivée au pouvoir. Le président souhaite inscrire
durablement la discipline budgétaire dans les institutions argentines
afin d'empêcher tout retour à des déficits financés par l'endettement ou
par la création monétaire.
À ce stade, il ne s'agit pas encore d'une loi. Le « verrou budgétaire » est un projet présenté par le gouvernement argentin qui devra être débattu puis approuvé par le Congrès avant de pouvoir entrer en vigueur.
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