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septembre 11, 2026

11 septembre 2001 : le jour où la puissance américaine découvrit sa première et réelle vulnérabilité

11 Septembre, 25 ans après : la guerre perdue contre le terrorisme islamiste

Vingt-cinq ans ont passé, mais les images n’ont pas vieilli. Un ciel bleu sur Manhattan, un avion qui disparaît dans une tour, des hommes et des femmes aux fenêtres, puis cette poussière grise qui avale New York. Le 11 septembre 2001, Al-Qaïda ne frappa pas seulement l’Amérique : dix-neuf terroristes transformèrent quatre avions de ligne en armes et firent près de 3 000 morts. La riposte était légitime. Elle était même inévitable. Mais Washington transforma progressivement une guerre nécessaire contre une organisation terroriste en projet idéologique de remodelage du Moyen-Orient. L’Afghanistan devint une guerre de vingt ans ; l’Irak, qui n’avait pas organisé le 11-Septembre, fut envahi en 2003 ; les États furent déstabilisés, les sociétés fracturées et le djihadisme trouva de nouveaux terrains. Un quart de siècle plus tard, l’Occident a tué Ben Laden et détruit le califat territorial de Daech, mais il n’a pas supprimé l’idéologie qui les avait produits. Pour l’Europe, la leçon est désormais vitale : le danger djihadiste demeure, tandis que l’islam politique pose un défi distinct, plus lent, idéologique et social. Le nier par confort serait aussi imprudent que de confondre cette menace avec l’ensemble des musulmans européens.


11 septembre 2001 : le jour où la puissance américaine découvrit sa vulnérabilité

À 8 h 46, le vol American Airlines 11 frappe la tour nord du World Trade Center. À 9 h 03, le vol United Airlines 175 percute la tour sud. À 9 h 37, le vol American Airlines 77 s’écrase contre le Pentagone. À 10 h 03, le vol United Airlines 93 tombe en Pennsylvanie après la révolte de passagers qui comprennent que l’appareil doit servir d’arme. Les deux tours s’effondrent. New York devient en quelques heures le théâtre d’une catastrophe que des centaines de millions de personnes regardent presque en direct.

Les dix-neuf pirates de l’air ont été formés par Al-Qaïda. Quinze sont Saoudiens ; les autres viennent des Émirats arabes unis, d’Égypte et du Liban. Plusieurs membres clés du complot sont passés par la cellule de Hambourg. Leur cible est moins un territoire qu’un système de puissance : le World Trade Center représente la centralité économique américaine ; le Pentagone, sa force militaire ; le Capitole ou la Maison-Blanche, probablement visés par le quatrième appareil, son pouvoir politique.

Le génie sinistre de l’opération tient à cette économie de moyens. Quelques hommes, une préparation clandestine et une idéologie capable de transformer la mort en instrument stratégique suffisent à infliger à la première puissance mondiale un choc historique. Le terrorisme réussit lorsqu’il obtient un effet politique sans disposer de la puissance classique d’un État.

Al-Qaïda n’apparaît pourtant pas le 11 septembre. Ben Laden et son organisation ont déjà déclaré la guerre aux États-Unis, frappé les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998 et attaqué l’USS Cole en 2000. Le rapport de la Commission sur le 11-Septembre montrera que la menace était connue mais que les institutions américaines étaient mal adaptées à un adversaire transnational et clandestin.

Le choc est donc double. L’Amérique découvre qu’un océan ne la protège plus et qu’une organisation non étatique peut frapper son territoire au cœur. L’OTAN invoque pour la première fois l’article 5. Une immense solidarité internationale accompagne les États-Unis. La question n’est alors pas de savoir s’il faut répondre. Il faut répondre. La question décisive est : à quoi, comment et jusqu’où ?


Une riposte légitime devenue projet de transformation du monde

L’intervention en Afghanistan répond à une logique stratégique claire. Le régime taliban abrite Al-Qaïda et son infrastructure. Détruire les sanctuaires, renverser le régime qui les protège et empêcher la préparation de nouveaux attentats relève de la légitime défense. En quelques semaines, le pouvoir taliban s’effondre. Mais la victoire militaire initiale contient déjà le piège de la suite : que faire d’un pays une fois l’ennemi chassé de sa capitale ?

Washington passe progressivement de la destruction d’un sanctuaire terroriste à la reconstruction politique d’un État. La mission s’élargit, les objectifs deviennent mouvants, la présence occidentale s’installe. Les talibans, défaits mais non détruits, se réorganisent. Vingt ans plus tard, en août 2021, ils reprennent Kaboul. L’image des évacuations chaotiques à l’aéroport résume l’écart entre la puissance militaire mobilisée et le résultat politique obtenu.

Mais la rupture stratégique majeure survient en Irak. Saddam Hussein est un dictateur brutal et un adversaire des États-Unis ; son régime n’a cependant pas organisé les attentats du 11-Septembre. En 2003, l’administration Bush choisit pourtant l’invasion au nom notamment des armes de destruction massive qui ne seront pas trouvées et dans un climat intellectuel marqué par l’idée qu’un changement de régime pourrait transformer le Moyen-Orient.

C’est ici que l’influence néoconservatrice devient déterminante. Une partie des élites de Washington croit que la supériorité américaine peut être convertie en ingénierie politique : abattre les dictatures, installer des institutions démocratiques et provoquer un effet d’entraînement régional. Le raisonnement contient une intuition généreuse, les peuples ne sont pas condamnés à l’autoritarisme, mais une erreur géopolitique considérable : les sociétés ne sont pas des pages blanches.

L’Irak possède une histoire, des communautés, des rivalités confessionnelles, des réseaux tribaux, un appareil d’État et des équilibres régionaux. La destruction du régime baasiste et la dissolution de l’armée créent aussi du vide, de l’humiliation, du chômage armé et une compétition féroce pour l’État. L’insurrection se développe, Al-Qaïda en Irak prospère et les fractures sunnites-chiites s’aggravent. Plus tard, une partie de ce chaos nourrira l’essor de l’organisation État islamique.

Le paradoxe est cruel. La guerre lancée pour empêcher la répétition du 11-Septembre contribue, par certains de ses choix, à élargir les espaces de radicalisation et de guerre. Elle renforce également l’Iran en supprimant à Bagdad un adversaire qui contenait sa puissance. La première puissance mondiale remporte rapidement la guerre conventionnelle et découvre ensuite qu’elle ne maîtrise pas la géopolitique produite par sa victoire.

Le coût est gigantesque. Le projet Costs of War de Brown University estime à environ 8 000 milliards de dollars le coût des guerres américaines de l’après-11-Septembre. Plus de 940 000 personnes auraient été tuées directement dans les principaux théâtres concernés ; les estimations incluant les morts indirectes atteignent plusieurs millions. Plus de 38 millions de personnes ont été déplacées. Ces chiffres couvrent des conflits différents et ne signifient évidemment pas que toutes ces morts seraient imputables aux seules forces occidentales. Ils donnent la mesure d’un cycle de guerres dont les conséquences ont largement dépassé les objectifs initiaux.

Le bilan ne doit pas être caricaturé. Al-Qaïda a été profondément affaiblie, Ben Laden a été tué en 2011, de nombreux attentats ont été empêchés et le califat territorial de Daech a été détruit. Les services de renseignement occidentaux ont considérablement amélioré leur coopération. Mais la victoire tactique n’a pas produit la victoire stratégique annoncée. Le djihadisme a muté, essaimé et trouvé de nouveaux foyers.


2026 : le djihadisme n’a pas disparu, et l’Europe ne peut plus se payer le déni

Vingt-cinq ans après Manhattan, l’erreur serait de croire que le terrorisme islamiste appartient à une époque révolue. Les organisations ont changé de forme. Elles exploitent les États fragiles, les guerres civiles, les réseaux numériques et les trajectoires individuelles de radicalisation. L’idéologie circule désormais à une vitesse et avec une décentralisation que Ben Laden lui-même n’aurait pu imaginer.

Les données européennes invitent à la vigilance sans céder à la panique. Dans son rapport 2026, Europol recense 45 attaques terroristes dans l’Union européenne en 2025, toutes idéologies confondues, dont 22 commises, 20 déjouées et 3 échouées. Sur 486 arrestations liées au terrorisme, 71 % concernent le djihadisme. Les attaques djihadistes ont causé cinq morts et 81 blessés. Europol souligne surtout une menace plus fragmentée et plus difficile à détecter, dans laquelle les écosystèmes numériques facilitent la radicalisation de petits groupes ou d’individus autonomes.

À l’échelle mondiale, la menace reste structurée. L’évaluation américaine des menaces pour 2026 estime qu’Al-Qaïda compterait entre 15 000 et 28 000 membres et l’État islamique entre 12 000 et 18 000, avec une croissance particulièrement concentrée dans les conflits africains. Daech-Khorasan, Al-Qaïda dans la péninsule Arabique et des réseaux liés à l’État islamique en Syrie figurent parmi les acteurs susceptibles de soutenir des projets extérieurs. Cela ne signifie pas qu’un nouveau 11-Septembre soit annoncé ou inévitable. Cela signifie que la capacité, l’intention et l’écosystème idéologique n’ont pas disparu.

Le risque d’attentats de masse doit donc être pris au sérieux, mais formulé avec rigueur. Aucun service sérieux ne peut prédire la répétition d’un 11-Septembre à une date donnée. En revanche, l’histoire de 2001 enseigne que l’absence d’attaque spectaculaire pendant plusieurs années ne prouve pas l’absence de préparation. La sécurité consiste à penser le scénario grave avant qu’il ne devienne probable.

L’Europe affronte en outre un problème qui ne se confond pas avec le terrorisme : l’islam politique. Tous les musulmans ne sont évidemment pas islamistes, et l’immense majorité des citoyens européens de confession musulmane n’a rien à voir avec le terrorisme. Confondre une religion, des populations diverses et une idéologie politique serait intellectuellement faux et stratégiquement désastreux. Mais l’erreur inverse consiste à nier l’existence de mouvements qui cherchent à faire de la norme religieuse un principe d’organisation politique et sociale.

Le défi est alors moins spectaculaire qu’un attentat, mais plus diffus : influence associative, séparatisme social, pressions communautaires, propagande numérique, financement extérieur, intimidation de ceux qui contestent les normes religieuses et exploitation des libertés démocratiques contre la société ouverte elle-même. Une démocratie doit combattre ces phénomènes par le droit, le renseignement, la transparence financière, l’école et la défense de la liberté individuelle, sans transformer des millions de citoyens en suspects collectifs.

La politique migratoire entre dans cette équation, mais elle doit être pensée avec précision. Une frontière mal contrôlée constitue une vulnérabilité parmi d’autres ; elle n’est pas l’explication unique du terrorisme européen, dont plusieurs auteurs sont nés ou ont grandi sur le continent. Contrôler les entrées, identifier les personnes présentant un risque, exécuter les décisions d’éloignement légalement prononcées et mieux partager le renseignement relèvent de la souveraineté élémentaire. Mais la prévention passe tout autant par le traitement de la radicalisation intérieure.

Une politique sérieuse doit simultanément protéger les frontières, surveiller les réseaux violents, combattre les organisations qui cherchent à subvertir l’ordre démocratique et préserver l’adhésion des citoyens musulmans qui refusent l’islamisme. La sécurité nationale ne se construit pas par la stigmatisation ; elle se détruit tout autant par le déni.

Faut-il pour autant affirmer que cette menace est « plus grave que la Russie » ? La comparaison brute serait trompeuse. La Russie est une puissance nucléaire engagée dans une guerre majeure en Europe et dispose de capacités militaires, cybernétiques et de déstabilisation sans commune mesure avec celles d’un réseau terroriste. Le djihadisme relève d’une autre catégorie stratégique : il menace directement les sociétés de l’intérieur, exploite leurs vulnérabilités et peut frapper sans préavis des populations civiles. Pour l’Europe, les deux menaces sont réelles mais de nature différente. Les opposer risquerait précisément de reproduire l’erreur de 2001 : laisser une obsession stratégique rendre aveugle à d’autres dangers.

À lire aussi : Djihadisme et Radicalisation : Meilleure Analyse Engagée


Ne pas refaire l’erreur du 10 septembre

Le 11 septembre 2001 a montré qu’une puissance pouvait être frappée au cœur par un adversaire qu’elle avait trop longtemps regardé comme périphérique. Les États-Unis ont ensuite commis l’erreur inverse : donner à cet adversaire une réponse si vaste qu’elle finit par transformer une opération de sécurité nécessaire en guerre idéologique sans limites claires.

Vingt-cinq ans plus tard, la leçon devrait être double. Il ne faut ni sous-estimer le terrorisme islamiste ni lui déclarer une guerre abstraite contre des sociétés entières. Il faut identifier précisément l’ennemi, ses réseaux, ses sanctuaires, ses financements, ses relais idéologiques et ses vulnérabilités, puis agir avec constance, proportion et lucidité.

Pour l’Europe, cette exigence est d’autant plus forte que la menace se joue aussi sur son propre territoire. Le contrôle des frontières, la maîtrise des flux migratoires, la lutte contre les filières clandestines, la surveillance des réseaux djihadistes et la résistance aux entreprises de l’islam politique sont, lorsqu’ils sont conduits dans le cadre de l’État de droit, des fonctions normales de la souveraineté.

Mais la lucidité impose également de refuser les amalgames. L’islamisme politique n’est pas l’islam ; le terroriste n’est pas l’immigré ; et aucune société ne se protège durablement en désignant une population entière comme ennemie. L’enjeu est au contraire de séparer ceux qui acceptent la loi commune de ceux qui veulent la subordonner à un projet théologico-politique.

La Russie, la Chine, les rivalités de puissances et la guerre en Ukraine occupent légitimement les états-majors européens. Pourtant, une stratégie continentale digne de ce nom ne choisit pas une menace pour oublier les autres. La Russie peut menacer des frontières et l’équilibre militaire européen ; le djihadisme peut frapper les sociétés en leur cœur. L’un appelle dissuasion, défense et diplomatie ; l’autre renseignement, police, frontières, coopération internationale et bataille idéologique.

Le véritable hommage aux morts du 11-Septembre n’est donc ni la peur ni la vengeance. C’est la mémoire stratégique. Se souvenir qu’avant les tours en flammes, il y eut des signaux, des attentats, des rapports et des avertissements que l’on ne sut pas assembler. Se souvenir aussi qu’après les tours, l’émotion d’une nation blessée permit des décisions dont le prix fut immense.

Le 10 septembre 2001, le danger existait déjà. Il était simplement plus confortable de ne pas mesurer jusqu’où il pouvait aller. Vingt-cinq ans plus tard, l’Europe n’a plus le droit de commettre cette erreur, ni celle, symétrique, de perdre sa raison en prétendant se défendre.

Le Diplomate

https://lediplomate.media/11-septembre-menace-djihadiste-europe/


 

Mes jumelles !
 
Je me souviens de ce jour écrit à l'encre de sang dans ma mémoire.
Le matin était beau, baigné de lumière et j'allais insouciante prendre mon avion.
J'étais heureuse. Sept heures de vol m'attendait alors j'étais joyeuse de quitter le sol.
Jamais je n'ai été heureuse collée au sol. 
 
Mes idées volent au rythme haletant de mon coeur qui bât la chamade. Je suis comme une enfant chaque fois. Car chaque fois est nouveau. Je m'émerveille car chaque fois redevient la première fois.
Le matin était si lumineux…
Et puis soudain, l'autoroute de Toulouse est bloquée.
Quid ?
Quelques heures plus tard, je dois prendre mon avion qui me mènera à Montréal.
Je vais à Laval et je n'oublierai jamais ce jour.
Un jour qui a endeuillé le monde par sa brutalité.
Des jumelles sont tombées, entrainant des milliers de vies avec elles.
Je me remémore ce jour comme un état de barbarie qui ensauvage nos pays.
Le monde civilisé est en deuil.
Les morts ne sont que des occidentaux qui allaient ou étaient au travail.
Un acte de barbarie tel que l'absence des jumelles signent en lettres de sang.
De la poussière et du sang signe cet acte de guerre.
Et aujourd'hui, où en sommes nous ?
Sommes-nous racistes ou islamophobes de crier à l'infamie Pour ce sang des innocents versés pour une idéologie de haine.
Et aujourd'hui où en sommes nous ?
On pleure et on oublie.
On pleure et on oublie.
On pleure et on oublie.
Les deuils effacent lentement les pleurs des innocents.
On pleure et on oublie.
On reconstruit ce que la barbarie a détruit.
On refait le monde par petits bouts.
On pleure et on s'indigne,
mais on oublie. 
 
Il a fallu que des barbares, des sauvages versent le sang innocent des occidentaux pour comprendre et oublier.
On pleure et on oublie.
La mort fait recette, des centaines et des milliers de morts envahissent les journaux… Cela fait de beaux clichés.
On pleure et on oublie.
Et encore et encore des occidentaux sont harcelés par la mort qui s'invite chez eux.
Chaque jour, la barbarie d'une idéologie meurtrière vient frapper sur nos sols
Le sang des innocents arrose nos terres, nos villes, nos pays.
Mais on pleure et on oublie.
On pleure et on pardonne.
Je n'ai pas cette capacité de pardonner l'impardonnable
Que Dieu me pardonne, mais je reste fidèle et loyale
À la force de nos convictions, à la joie de nos libertés.
Si on y prend garde, elles nous seront confisquées par une meute hurlante qui se déchaine dans nos rues.
Ils transpirent la haine et le dégout ces enfants de la liberté.
Une liberté qu'ils n'ont pas acquise, ils l'ont reçu gratuitement, sans heurts ni malheur, ils l'ont reçu des mains des anciens.
Ils ont reçu la liberté en héritage, et ils bouffent cette donation en hurlant comme des sauvages.
Brulez tout, on reconstruira encore…
Si on y prend garde, nos civilisations vont descendre dans la grotte de la barbarie.
Et qui se lèvera pour reconquérir nos libertés, nos avancées sociétales,
Qui ?
Tant que l'on pleurera et qu'on oubliera les conquêtes faites par nos ancêtres, sur l'infamie de l'invasion castratrice de nos libertés, on continuera de pleurer et d'oublier. De pleurer et de pardonner
comme si sur cette terre de France, une assemblée de lâches criaient en chœur "pardonnez ces saigneurs, ils savent ce qu'ils font"
On pleure, on reconstruit et on oublie. 
 


 

 

juillet 23, 2026

Iran : révélations sur ce livre apocalyptique « Les six derniers mois avant la fin »

Iran : révélations sur ce livre apocalyptique qui inspire la dernière garde du régime des mollahs

Un document que nous nous sommes procuré éclaire d'un jour nouveau la dérive du régime iranien. Intitulé « Les six derniers mois avant la fin », cet ouvrage messianique irrigue aujourd'hui les cercles dirigeants d'une République islamique en roue libre. À sa tête, un Guide fantôme : Mojtaba Khamenei, dont on ignore s'il est en état de signer les actes qu'on lui fait porter. Derrière cette marionnette, un système d'hommes de l'ombre, de vétérans revenus d'entre les morts et de miliciens à gages tient le pays à bout de bras — prêt à tout, jusqu'au bout du nihilisme.


La scène qui s'est déroulée le 4 juillet dernier à l'occasion des funérailles d'Ali Khamenei, ne ressemble en rien à un hommage rendu au Guide suprême.

Ce jour-là, dans les rues de Téhéran, des milliers de membres du Corps des gardiens de la révolution islamique défilent en ordre serré. Uniformes impeccables, drapeaux déployés, poings levés et slogans martiaux : pour les combattants de l'armée idéologique du régime des mollahs, la cérémonie doit être l'occasion d'une démonstration de force. Ses chefs, qui sont d'excellents communicants, ont convoqué les médias iraniens, et donné des accréditations à des chaînes de télévision occidentales.

Leur message est clair : malgré les frappes qui ont décapité une partie de son commandement et détruit plusieurs de ses infrastructures stratégiques, le Corps des gardiens conserve sa capacité de mobilisation et sa détermination à poursuivre la guerre, tout en montrant au monde entier qu'il demeure le pilier du régime.

Ce que les images n'ont pas montré ce jour-là, c'est ce livre que nous nous sommes procuré, utilisé par les caciques du régime pour justifier leur jusqu'au-boutisme. L'ouvrage (*), intitulé « Les six derniers mois avant la fin », est consacré à la réapparition du Mahdi, figure messianique de l'islam chiite appelée, selon la tradition, à revenir à la fin des temps « pour régner ». Le livre décrit les six mois précédant cette réapparition, et invite les croyants à observer « les événements, les signes et les troubles » qui marqueront cette période présentée comme le prélude à l'avènement « d'une nouvelle ère de justice mondiale » avant la fin des temps.

Sa lecture et son interprétation nourrissent une vision apocalyptique dans laquelle un embrasement régional, voire mondial, n'est pas redouté, mais apparaît comme l'accomplissement d'un dessein divin.

« De telles idées ne sont pas officiellement enseignées dans les établissements universitaires, compte tenu de leur nature académique. Cependant, dans les cours à caractère idéologique et lors de formations non universitaires, des discussions de ce type ont bel et bien lieu », nous a confirmé Mohammad Hossein Torkaman, un ancien membre des services de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique. (Ayant fait défection en 2010, il était auparavant chargé de la sécurité du Guide suprême Ali Khamenei, tué lors d'une frappe ciblée israélo-américaine le 28 février 2026.)

Pour ses dirigeants les plus radicaux, cette mise en scène avait également une portée idéologique. Les chants, les références au martyre et les appels à la vengeance s'inscrivent dans une rhétorique où la disparition du Guide suprême ne constitue pas une défaite, mais une étape d'une guerre présentée comme sacrée.

Pour eux, la guerre ne se résume pas à un affrontement géopolitique. Certains dignitaires religieux et hauts responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sont convaincus que l'humanité approche de la fin des temps et que celle-ci prendra la forme « d'un affrontement avec le Mal, incarné sur Terre par Israël et l'Amérique ».

« Le moment de l'affrontement avec le mal et la fin du monde sont proches : c'est ce qu'on apprend dans certains cours donnés à des jeunes officiers des gardiens de la révolution », raconte Fereydoun (pseudonyme). Diplômé d'une université scientifique, cet habitant d'Ispahan a accompli son service militaire au sein de l'organisation. « Cela paraît dingue, et évidemment tout le monde ne croit pas à ce genre de superstition. Ça ne convainc sans doute qu'une minorité de soldats, mais ça en dit long sur cette milice et ceux qui la commandent. Ce n'est pas une armée comme les autres ».

Si la mission première des Gardiens de la révolution islamique est de protéger les frontières iraniennes, leur détermination à exporter le Jihad mondial est gravée dans le marbre de la constitution de la République islamique d'octobre 1979 qui proclame que « l'armée de la République islamique et le Corps des Gardiens de la Révolution seront organisés avec cet objectif et seront chargés non seulement de la sauvegarde et de la protection des frontières, mais également du fardeau de la mission idéologique, c'est-à-dire le Jihad dans la voie de Dieu, et la lutte dans la voie de l'expansion de la souveraineté de la loi de Dieu dans le monde. »

Mais pour porter cette idéologie mortifère et messianique, le régime a besoin d'un Guide. Depuis la mort d'Ali Khamenei, le pouvoir est officiellement passé entre les mains de son fils, Mojtaba. Grièvement blessé, mais désigné Guide suprême le 8 mars 2026, celui-ci s'est enfermé dans un silence presque total et n'est pas apparu en public, à tel point que excepté quelques proches, personne ne sait s'il est en vie.

S'il est vivant, son retrait n'est pas seulement le produit d'une stratégie de sécurité. Il participe d'une mise en scène. Faute de pouvoir s'appuyer sur son charisme – Mojtaba était un religieux de rang intermédiaire, peu apprécié de l'entourage de son père –, les autorités religieuses et politiques convoquent l'imaginaire messianique du chiisme. En cultivant le parallèle avec le Mahdi « occulté », elles cherchent à préserver l'unité du pays, et à légitimer les Gardiens de la révolution qui, bien que dépendant de lui, apparaissent comme les maîtres actuels de l'Iran.

Un Guide entre la vie et la mort, invisible depuis sa nomination

Mojtaba est toutefois très proche d'eux, et il ne faudrait pas croire, s'il est en vie, qu'il n'est que l'instrument de leur stratégie. Il a en effet construit des amitiés solides avec les Gardiens de la révolution islamique à la fin de la guerre Iran/Irak (1980-1988).

Mohammad Hossein Torkamian l'a bien connu. Il l'a fréquenté lors de réunions professionnelles et de rencontres avec la famille de son père. Il raconte : « Asghar Mir-Hejazi (chef de cabinet adjoint de son père Ali), a joué un rôle clé dans sa formation aux services de renseignement, et s'est constamment efforcé de cultiver une image de lui en tant que figure dominante et sans égal. »

Dans le coma ou pas, le nouveau Guide iranien avait discrètement préparé le terrain. Via d'obscures officines.

« Ces dernières années, il aurait mis en place une structure discrète mais très influente connue sous le nom de « Bureau central » (Daftar-e Markaz), qui lui servait de plateforme pour se préparer à prendre le pouvoir après son père. Ce processus a impliqué des interventions très importantes dans les affaires de l'État, notamment de nombreuses nominations et révocations à divers niveaux du gouvernement. Il a exercé son influence même sur des fonctionnaires de niveau intermédiaire ainsi que sur l'octroi de postes dans les domaines de la sécurité et du renseignement. »

Jusqu'à ces derniers mois, Asghar Mir-Hejazi, 80 ans, était l'homme des basses œuvres de l'ancien Guide suprême. « Cerveau opérationnel » du Bureau du Guide pour les questions de sécurité nationale et de coordination avec les agences du renseignement iranien, il avait été sanctionné en 2013 par les États-Unis en vertu d'un décret présidentiel (Executive Order13553), « pour avoir soutenu la commission de graves atteintes aux droits humains en Iran à compter du 12 juin 2009. » Le 10 janvier 2020, le département du Trésor américain publiait une note le mettant sous sanction en raison de ses « liens étroits avec la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique. »

Mir-Hejazi aurait cependant perdu en influence. Prétendument blessé lors d'un bombardement selon certaines sources, il serait réapparu lors des funérailles d'Ali Khamenei. Dans les faits, Mojtaba aurait écarté son ancien allié. Pour rajeunir son équipe ?

Le 12 mai 2026, The Institute for the Study of War (ISW) and The Critical Threats Project (CTP) publiait un rapport indiquant que « le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) semble consolider son influence sur les centres de pouvoir et la structure dirigeante de l'Iran autour de son commandant, le général Ahmad Vahidi, et de son cercle rapproché. »

Mojtaba a ainsi nommé comme nouveau chef de cabinet Mehdi Khamoushi, 64 ans. Ancien président de l'Organisation de la propagande islamique, ce proche des Gardiens de la révolution appartient à la même génération que celle des vétérans de la guerre Iran-Irak. Sa nomination répond d'un choix politique et structurel logique.

Prétendre que les Gardiens de la révolution islamique ont opéré « un coup d'État » sur la République islamique, comme le prétendent certains analystes, n'est pas tout à fait exact lorsque l'on connaît leur histoire. Depuis 2005 et l'accession à la présidence de la République de Mahmoud Ahmadinejad, ils avaient déjà mis la main sur la moitié des ministères. Ils contrôlent aussi, depuis les années 90, environ 70% à 80% de l'économie iranienne.

L'élection de Mojtaba Khamenei dont leur commandement est proche, leur assurait dans tous les cas une position dominante.

Dans les faits, leur ascension s'est faite sur le long terme.

Malgré leur toute-puissance apparente, ils demeurent cependant fragiles. Ils ont subi des pertes importantes depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël.

Des gardiens d'une révolution aux abois dopés par une armée de mercenaires

Le média d'opposition Iran International, qui s'appuie sur des informations provenant de l'intérieur de l'Iran, évoquait en mars dernier au moins 5 000 membres des forces militaires et de sécurité tués, et probablement des milliers de blessés …

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique est subdivisé en six grandes agences qui opèrent parallèlement au sein des forces terrestres, des forces aériennes, de la marine, de la force al Qods, du Bassidj (la milice civile des Gardiens) et d'un service en charge des réseaux informatiques.

Les forces terrestres disposent de 11 bureaux ou « quartiers généraux » qui couvrent chacun plusieurs provinces (il y a 31 provinces en Iran).

Le Bassidj est en général intégré à ces quartiers généraux qui peuvent compter sur 10 000 à 20 000 hommes selon les provinces. En cas de crise, de guerre ou de mouvement de révolte populaire, cette répartition géographique permet au régime une mobilisation quasi-immédiate de ces effectifs. Les miliciens iraniens sont d'autant plus efficaces qu'étant déployés à travers tout le pays, ils en ont une parfaite connaissance sociologique et disposent de relais et d'indicateurs dans le moindre village. Grâce à leurs revenus, les miliciens Bassidji, comme les Gardiens de la révolution islamique, entretiennent ou nourrissent des membres de leurs familles, où les aident à trouver du travail pour eux et leurs enfants, en échange d'une fidélité absolue. Ce clientélisme permet aux gardiens de la révolution de se payer des allégeances à moindre coût.

A chaque soulèvement de la population, les bassidjis ont été les outils d'une répression féroce. Lors des manifestations des 8 et 9 janvier dernier, ils ont participé à des massacres de masse. Selon de nombreux témoignages, ils ont aussi commis des viols, et des tortures. « On a recueilli beaucoup de témoignages en ce sens. Habillés en civils, ils étaient omniprésents », assure Hirbod Dehghani-Azar, avocat franco-iranien qui documente le crimes contre l'Humanité en Iran.

Selon des sources médicales travaillant dans des hôpitaux et des morgues, au moins 36000 personnes ont été tuées durant ces deux journées par les Gardiens de la révolution et leurs supplétifs. « Ils ont fait appels à 5000 mercenaires étrangers pour massacrer les manifestants désarmés. Tout le monde le sait : c'étaient des Irakiens, des Libanais et des Afghans. Les gardiens sont devenus une force d'occupation qui fait la guerre à la population iranienne. Il n'y aura jamais de retour en arrière », nous a affirmé Roxana (pseudonyme, ndlr), une habitante du Nord de Machhad.

Un empire économique... sous les décombres et dirigé d'une main de fer

Le Corps des gardiens de la révolution n'est pas seulement une force sécuritaire ; il est l'un des principaux centres névralgiques du pouvoir économique. Depuis 1979, ses réseaux ont prospéré grâce à un système véreux alliant confiscations de biens privés, contrebande, détournement de marchés publics et captation de l'économie iranienne (à commencer par le pétrole, le gaz, le BTP et les industries du transport), faisant de la corruption le ressort de son influence.

Selon plusieurs estimations, son empire économique pèserait des centaines de milliards de dollars.

Évidemment, il n'est pas question pour ses chefs de lâcher cette manne financière.

Le Corps des gardiens de la révolution est aujourd'hui dirigé par Ahmad Vahidi, 68 ans. « Dur parmi les durs », cet ancien chef de l'unité d'élite du Corps des Gardiens de la révolution islamique, la Force al Qods, est à l'origine de sa « doctrine d'action extérieure. » Décrit comme extrêmement discipliné et très secret, ce spécialiste des opérations clandestines a traversé toutes les crises.

Il est connu des services secrets occidentaux pour son implication dans plusieurs attentats, comme celui qui fut perpétré, le 18 juillet 1994, contre le centre communautaire juif AMIA à Buenos Aires.

Ahmad Vahidi concentre désormais une importante partie du pouvoir sécuritaire et économique entre ses mains. Son expertise de la guerre asymétrique, comme sa maitrise des proxys iraniens à l'étranger sont un atout essentiel de la résilience du régime.

Prévoyant et méfiant, il s'est entouré au sein de son état-major de vétérans de la guerre Iran-Irak. Des hommes qui « ont fait leurs preuves ». Il est ainsi confronté à un problème de vieillissement de son organisation, ses principaux adjoints étant âgés de 60 à 70 ans. Les plus jeunes cadres du Corps des Gardiens, souvent en désaccord avec la stratégie répressive du régime à l'encontre de la population iranienne, peinent pour le moment à gravir les échelons.

Si Mojtaba Khamenei a agi telle une caution religieuse et politique qui a servi à assoir la toute-puissance institutionnelle des gardiens de la révolution islamique, cela n'empêche pas qu'il y ait des divergences et des rivalités profondes en leur sein, pour des raisons stratégiques, ou de pouvoir.

« On estime à 180 000 membres formels le nombre des gardiens de la révolution islamique. Pour la moitié d'entre eux, en faire partie n'est pas l'expression d'un engagement idéologique », nous expliquait il y a quelques mois Mohsen Sazegara, co-fondateur historique du Corps des gardiens de la révolution islamique, qui nous avait révélé que le projet de création de cette milice paramilitaire avait germé à Neauphle Château en 1978 (à cette époque étudiant, il avait suivi l'ayatollah Khomeini dans son exil français).

Mohsen Sazegara l'assure encore aujourd'hui : « Si ces derniers trouvaient de meilleurs emplois, ils le quitteraient. Parmi les 50 % restants, plus de 40 % peuvent avoir des inclinations politiques ou idéologiques ; cependant, ils ont de sérieux problèmes avec Khamenei en raison de la corruption, et sont épuisés par les injustices. Le segment qui est corrompu, impliqué dans les tueries et qui sert directement le Guide Suprême, représente environ dix pour cent. Il est principalement concentré dans les échelons supérieurs et les cercles de pouvoir. »

Dans les faits, le recrutement volontaire au sein du Corps des gardiens de la Révolution islamique est devenu plus difficile. Attendu qu'une partie des recrues sont des conscrits, le régime tente donc d'attirer des engagés en leur offrant des avantages sociaux et de favoriser leur accès au marché du travail.

« Ce sont désormais principalement les membres de la deuxième génération qui occupent les postes au sein des gardiens. Elle a été recrutée après la guerre de huit ans contre l'Irak et bénéficie d'une formation militaire plus poussée que la première », nous a assuré Mohsen Sazegara. » Ce qui implique de nouvelles données dans le renouvellement de ses effectifs.

Considéré comme l'un des meilleurs experts de l'Iran où il a vécu, Clément Therme est chercheur associé au Programme Turquie/Moyen-Orient de l'Ifri et chercheur non-résident à l'Institut international d'études iraniennes (Rasanah). Il vient de publier Iran-Israël : la guerre idéologique de 1979 à nos jours (Tallandier, 2026). Ce qu'il raconte mérite qu'on s'y attarde : « Le corps des gardiens de la révolution est à la fois une force capable de réprimer à l'intérieur du pays tout en garantissant la loyauté de ses membres, et qui est par ailleurs dotée d'une capacité de projection à l'extérieur. Son évolution concerne la part des combattants étrangers. Même si les postes sont pourvus à l'intérieur du pays, il y a de plus en plus d'étrangers parmi les membres des gardiens de la révolution islamique, comme des membres de la communauté afghane ».

La complémentarité entre militaires et religieux au plus haut niveau du pouvoir iranien demeure très incertaine, compte tenu de la guerre en cours. Tout peut survenir, y compris la mise en place d'un pouvoir militaire assumé par les Gardiens de la révolution, ou l'effondrement pur et simple du régime actuel et de ses composantes religieuses et militaires historiques. Pour quel avenir ? Nul ne le sait.

Il demeure cependant une donnée sociologique importante à prendre en compte : en Iran, pays de 90 millions d'habitants environ, l'âge médian se situe désormais autour de 34 à 35 ans. La jeune génération aspire à tout autre chose qu'une dictature militaro-religieuse.

Dans un contexte de crise économique sans précédent, elle n'entend plus se soumettre aux mollahs et aux Gardiens de la révolution, ni à leur vision rétrograde de la société.

Cela prendra peut-être du temps mais à terme, le système est condamné à changer.

Emmanuel Razavi est grand reporter, spécialiste du Moyen-Orient. Il collabore notamment avec Paris Match, Figaro-Magazine, Franc-Tireur, Atlantico, Politique Internationale, Écran de Veille et Valeurs Actuelles. Il a réalisé plusieurs documentaires sur les groupes islamistes au Moyen-Orient, diffusés sur Arte, Planète et M6, qui ont eu un large retentissement. Auteur d’une dizaine d’ouvrages, son dernier livre, « La Pieuvre de Téhéran » (Cerf, 2025), révèle les ingérences et les réseaux d’espionnage de la République islamique d’Iran en France et en Europe. Il intervient régulièrement sur les ondes d’Europe 1, Sud Radio, LCI et CNews, pour parler du Moyen-Orient et de l’Iran. Il est diplômé en géopolitique et relations internationales (IEP).

https://atlantico.fr/article/decryptage/iran-revelations-sur-ce-livre-apocalyptique-qui-inspire-la-derniere-garde-du-regime-des-mollahs-emmanuel-razavi

 

 

 

 

 

 

 

 

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