L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

octobre 31, 2014

Globalisation - Mondialisation 3/8 (Protectionnisme...)

L'Université Libérale, vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.


L'économie mondiale a beau être en expansion, il n'empêche : les travailleurs et les gouvernements qui les représentent ressentent une inquiétude croissante face au libre-échange. La plupart des changements survenus sur le lieu de travail qui aboutissent à des suppressions d'emplois sont attribuables aux progrès technologiques, mais ce sont les importations qui sont le plus souvent mises au banc des accusés. S'engager dans la voie du protectionnisme, c'est se fourvoyer. Il existe de meilleures solutions à la portée des gouvernements qui veulent apaiser les craintes des travailleurs.

Apaiser les craintes des travailleurs relatives à la libéralisation des échanges

Le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, M. Pascal Lamy, a exhorté la communauté internationale à donner un second souffle aux négociations du cycle de Doha parce qu'il craint que l'échec de ces négociations ne compromette le régime commercial multilatéral fondé sur des règles. Le nœud du problème dépasse les questions concrètes qui sont en jeu dans les négociations. Dans les pays industriels comme dans les pays en développement, l'idée selon laquelle l'intégration économique mondiale apporte des avantages sociaux est de plus en plus souvent remise en question. Dès lors, le recours aux pratiques discriminatoires et à effet de distorsion sur le commerce, à titre d'outil de politique discrétionnaire, est devenu une pratique de plus en plus fréquente dans un grand nombre de pays.

 L'adoption de mesures antidumping, l'application à titre temporaire de droits de douane ou de contingents en cas d'une très forte augmentation des importations, l'octroi de subventions à la production et la mise en place d'une réglementation qui entraîne la distorsion des échanges se comprennent facilement quand la croissance économique stagne. Lorsqu'une économie en expansion ne parvient pas à créer facilement des débouchés pour absorber rapidement la main-d'œuvre disponible dans les autres secteurs, les concessions commerciales et les chocs économiques, seuls ou conjugués, peuvent entraîner des pertes dans les entreprises exposées à la concurrence des importations, en particulier parmi les travailleurs dont les compétences et l'expérience sont spécifiques à leur emploi actuel. De telles mesures peuvent servir à préserver le statu quo.
 
Toute contraction rapide, où qu'elle se produise dans un secteur tant soit peu étendu, s'accompagne d'un coût politique, mais l'érosion de la confiance dans l'ouverture des marchés à travers le monde et dans les règles multilatérales peut surprendre quand la croissance économique est dans l'ensemble robuste. La clé du mystère réside dans l'accélération des mutations technologiques.
 

Les mutations technologiques et l'inquiétude des travailleurs

Ces soixante dernières années, nous avons été témoins d'importantes innovations techniques qui économisent de la main-d'œuvre. Dans la plupart des pays industriels, la productivité affiche une hausse moyenne de 3 à 5 % par an depuis 1950. Dans le même temps, l'emploi dans le secteur industriel n'a guère progressé, quand il n'a pas reculé. Du coup, la proportion des salariés qui travaillent dans le secteur industriel a diminué au profit du secteur des services.
 

Par ailleurs, la baisse mondiale des coûts de transport contribue à l'augmentation du volume des produits industriels qui sont vendus sur le marché mondial, et, depuis une période relativement récente, l'externalisation amène les entreprises dans de nombreux pays à restructurer leurs opérations.

Les changements structurels se produisent à la même vitesse dans bien des pays en développement à mesure que les villes se développent et que l'agriculture traditionnelle et l'industrie artisanale cèdent du terrain à la spécialisation dans la perspective du marché mondial.

Tous ces chocs font qu'un nombre croissant de secteurs de l'économie se sentent menacés par la concurrence internationale, réelle ou potentielle, point de vue qui est courant dans des pays à divers stades de développement économique.
 

Une deuxième question, connexe, a trait à la crainte que l'accroissement des échanges entre les pays développés et ceux moins développés du monde ne soit la cause principale du creusement de l'inégalité des revenus aux États-Unis et du taux élevé de chômage en Europe. Pourtant, comme M. Paul Krugman, professeur d'économie à l'université Princeton, et d'autres encore le font remarquer, la cause probable de ce phénomène est la baisse de la demande interne de main-d'œuvre non qualifiée, cette baisse étant liée aux mutations technologiques qui favorisent les travailleurs très qualifiés. L'intégration économique internationale a peut-être légèrement influencé la cadence des mutations sur le marché du travail, mais celles-ci se seraient produites de toute façon.
 

Pour autant, l'angoisse que suscite la précarité de l'emploi se cristallise sur la libéralisation des échanges en partie parce que les suppressions d'emplois s'avèrent souvent coûteuses dans les branches d'activité qui se heurtent à une forte concurrence face aux importations. Toutefois, il ne faut pas que les États réagissent à cette insécurité en abandonnant leur attachement raisonné à l'ouverture sur le marché mondial et en s'appuyant plus lourdement sur le protectionnisme administratif et d'autres mesures visant à favoriser des entreprises ou des secteurs précis de l'économie.
 

Les écueils d'une solution protectionniste

La concurrence la plus importante qui se livre à l'intérieur d'un pays oppose non pas des entreprises nationales à des rivales étrangères, mais des entreprises nationales entre elles qui se disputent une main-d'œuvre et des capitaux en quantité insuffisante. Les barrières commerciales et les subventions nationales parviennent peut-être à accroître la production, l'emploi et les bénéfices dans certains branches d'activité, mais elles le font au détriment d'autres entreprises nationales qui ne sont pas avantagées par les subventions ni par les mesures de protection. Et si les bénéfices des entreprises favorisées proviennent de la hausse des prix sur le marché national plutôt que de l'accroissement de la productivité, cela signifie que des tiers dans le pays y perdent de leurs deniers. Autrement dit, le revenu national n'augmente pas.
 

De telles mesures dressent les consommateurs et les entreprises importatrices d'intrants intermédiaires contre les fabricants de produits concurrents des importations, lesquels ont souvent des relations politiques haut placées. Souvent opaques et issues de travaux menés dans les coulisses, les mesures protectionnistes élargissent le rayon d'action des groupes de pression. Cette recherche de bénéfices excessifs, improductive sur le plan social, a souvent pour effet de redistribuer le revenu au détriment des habitants les plus démunis et de détourner des ressources, maigres au demeurant, des secteurs susceptibles d'encourager fortement la croissance économique.
 

Un avantage de l'ouverture aux échanges, c'est que les prix sur le marché mondial nous renseignent mieux sur la pénurie des denrées que les prix déformés par l'intervention de groupes de pression. De même, ils incitent davantage les consommateurs et les entreprises du pays à utiliser les ressources de manière à maximiser la valeur du revenu national. Dans les pays dont l'économie est plus ouverte, entreprises et consommateurs ont souvent une plus grande gamme de choix de biens de meilleure qualité, et la diffusion des technologies se produit à une cadence plus rapide si celles-ci sont intégrées à des intrants importés ou à des investissements étrangers.
 

Un autre avantage, c'est que l'ouverture aux échanges diminue l'emprise sur le marché que les industries nationales à forte concentration ont dans leur pays. L'ouverture est une politique de la concurrence très efficace. Cette remarque s'applique particulièrement aux pays en développement de petite taille dans lesquels beaucoup de branches d'activité ne comptent qu'une ou deux grandes entreprises.
 

Quelle est la meilleure façon de réagir ?

Dans les pays au secteur public bien développé, on peut s'attaquer à la précarité de l'emploi en mettant en place un certain nombre de programmes. D'anciens outils, tel le programme d'aide élargie à l'ajustement commercial, qui octroie des ressources au recyclage professionnel des travailleurs licenciés pour des raisons commerciales, peuvent mieux faire accepter les accords commerciaux par des corps législatifs sceptiques. Malheureusement, de tels programmes pèchent par leur complexité administrative, et ils n'atteignent pas toujours les travailleurs qui ont le plus besoin d'aide ou qui pâtissent le plus de la conjoncture commerciale. Les programmes les plus susceptibles de revitaliser la libéralisation des échanges sont ceux qui s'attaquent directement aux causes de l'inquiétude des travailleurs et qui touchent le plus grand nombre d'entre eux.
 

Dans un document d'orientation de l'Institut Peterson d'économie internationale, Mme Lori Kletzer, de cet institut, et M. Robert Litan, de l'Institut Brookings, prônent la mise en place d'un nouveau filet de sécurité pour tous les travailleurs licenciés. Une assurance-salaire et une assurance-maladie subventionnée en faveur des travailleurs qui sont réembauchés forment les deux piliers de leur proposition. Même si celle-ci s'applique aux États-Unis, l'idée de la fourniture d'une assurance sociale visant à protéger les travailleurs contre leurs plus grandes craintes quand ils perdent leur emploi a de quoi séduire. L'assurance-chômage actuelle ne fait rien pour atténuer la peur de la diminution de salaire qui accompagne les réembauches, et le versement des indemnités uniquement au moment de la reprise des travailleurs aurait tendance à raccourcir la durée du chômage et à accélérer l'acquisition de nouvelles compétences sur le lieu de travail.
 

Une autre formule consiste à élargir le recours aux incitations fiscales à l'appui du recyclage. Les entreprises pourraient étaler les coûts de la formation sur plusieurs années, et les travailleurs pourraient bénéficier de déductions ou de crédits d'impôt pour les dépenses éducatives associées à leur participation à des programmes qui remplissent les conditions nécessaires.
 

Dans un grand nombre de pays en développement, le secteur public a le bras beaucoup moins long, et il y a clairement des mesures auxquelles le gouvernement devrait accorder un plus haut rang de priorité qu'il ne le fait pour la politique industrielle ou la gestion du commerce extérieur. L'une de ces mesures devrait être l'élaboration d'une législation fiscale judicieuse et dépourvue d'ambiguïté et dont l'application relèverait d'un appareil judiciaire indépendant et impartial de manière à faciliter la perception des recettes fiscales dans un souci d'efficacité et d'équité. En outre, l'élargissement de l'assiette de l'impôt permettrait aux États de percevoir davantage de recettes tout en allégeant la fiscalité, notamment par le biais de la diminution des droits de douane élevés sur les importations et des impôts également élevés sur les revenus, les lourdes ponctions fiscales incitant à la fraude et à la corruption des agents publics.
 

Une saine base des recettes fiscales donnerait aux pouvoirs publics des pays en développement les moyens d'entreprendre de nombreuses tâches qu'ils sont seuls à pouvoir assumer. Les jeunes ont besoin d'un cadre de base pour progresser dans leur scolarité, en particulier aux niveaux primaire et secondaire. L'avantage comparatif est un objectif mobile et, au vu de la rapidité des mutations survenues dans un passé récent, les travailleurs devront avoir des compétences polyvalentes qui leur permettront d'exercer une activité salariée dans un grand nombre de branches d'activité tout au long de leur vie professionnelle. Un plus grand nombre de personnes doivent avoir accès à des soins médicaux de base pour que leur vie active ne soit pas compromise par des maladies chroniques faciles à éviter. Enfin, toute personne devrait pouvoir compter sur un filet de sécurité sociale de base pour que l'angoisse en matière d'emploi ne tourne pas à la phobie des changements nés du marché mondial.
 

M. Pascal Lamy pourrait bien voir juste. Il y a effectivement un risque que l'échec des négociations de Doha ne déclenche l'adoption d'une série de mesures de repli, voire de tactiques du « chacun pour soi  », tels les dévaluations de surenchère et l'accroissement des barrières protectionnistes. Ceci dit, l'avenir de l'intégration économique mondiale pourrait se jouer non pas tant à la table des négociations mondiales qu'en fonction de la réponse des pays face à l'inquiétude de leurs travailleurs.

2007 



Protectionnisme

De Wikiberal
Le protectionnisme est une pratique politique selon laquelle l'État réglemente l'économie pour « protéger » l'industrie nationale, le commerce national, etc. On qualifie souvent des pratiques isolées de protectionnistes sans que cela engage une politique générale.
C'est l'une des erreurs économiques courantes dénoncées avec le plus d'ardeur par les libéraux, qui rappellent que seuls en bénéficient les producteurs « protégés », au détriment de tous les autres qui paient plus cher indûment les mêmes produits ou services. 
Le protectionnisme peut être « défensif » (dirigé contre l'arrivée de produits étrangers importés dans le pays) ou « offensif » (cherchant à favoriser les exportations en faussant le marché extérieur). Le protectionnisme défensif s'exerce soit de façon forte (interdiction d'entrée sur le territoire des produits visés), soit de façon dissuasive, fiscalement, en imposant des taxes supplémentaires sur les produits.
On peut dire que le protectionnisme est un monopolisme nationaliste, mis en œuvre autant par la droite que par la gauche, la droite (dans la tradition colbertiste), le voyant comme une façon de renforcer l'industrie nationale, la gauche de protéger l'emploi contre les pays à bas salaires.

Les différentes formes du protectionnisme

Les États prétendent protéger les productions nationales de la concurrence étrangère. Aussi, il est important de vérifier les points suivants :
  • les prescriptions en matière d'enregistrement,
  • les redevances et impositions à la frontière : les droits de douane (barrières tarifaires)
  • les licences d'importation : les quotas d'importation ou appelés aussi les restrictions quantitatives (barrières non tarifaires)
  • les obstacles techniques au commerce
  • les normes nationales
  • l'exception culturelle
  • la "préférence nationale" (par exemple le Jones Act aux États-Unis interdit la pratique du cabotage maritime aux navires ou équipages non américains)
  • les autorisations administratives
  • les réglementations sanitaires et phytosanitaires
  • les subventions à l'exportation
  • les politiques publiques concernant le trafic en transit
  • le régime d'investissement direct
  • les aides diverses, directes et indirectes
  • les questions de propriété intellectuelle
  • les menaces directes[1]

Le protectionnisme : une erreur économique et une erreur morale

Pourquoi les libéraux sont-ils opposés au protectionnisme ?
  • pour des raisons morales : le protectionnisme est l'expression de la loi du plus fort, celle de l'État, qui favorise arbitrairement certains producteurs aux dépens d'autres (étrangers ou non) ;
  • pour des raisons économiques : contrairement à ce que beaucoup pensent naïvement, le protectionnisme ne profite pas aux pays qui le pratiquent. Son seul effet, résultant de la fermeture du marché, est d'augmenter les coûts des produits dans le pays protectionniste, et ceci au profit de quelques producteurs qui s'enrichissent indûment.
Dans sa version agressive, c'est à dire quand il s'exerce hors des frontières, le protectionnisme oblige certains pays étrangers à commercer exclusivement avec le pays protectionniste, par la force ou par des prix artificiellement bas (compensés par des subventions étatiques aux producteurs) ; dans ce dernier cas, ce sont les contribuables du pays protectionniste qui sont volés au bénéfice des producteurs de ce même pays.
Il est faux d'affirmer que le protectionnisme est pour un pays une façon de s'enrichir tant qu'on n'a pas cherché qui s'enrichit ainsi : ce qui se passe le plus souvent est une redistribution à l'intérieur du pays, aux dépens des uns (consommateurs ou contribuables selon les cas) et au bénéfice des autres (producteurs).
Un produit de bonne qualité, ou offrant un bon rapport qualité/prix, n'a pas besoin de mesures protectionnistes pour se vendre. Le protectionnisme n'est qu'une tentative de changer par la force une situation commerciale défavorable.
Le seul cas où le protectionnisme peut enrichir un pays est celui où un pays est assez puissant pour imposer ses vues aux autres pays et les contraindre à acheter ses produits au prix qu'il souhaite : ce n'est pas autre chose en ce cas qu'une spoliation des autres pays, mais elle a aussi un coût politique, diplomatique et fiscal (plus ou moins caché).
Tout l'art du politicien promoteur des mesures protectionnistes consiste à faire croire qu'une telle politique s'exerce, quand il ne s'agit pas de nationalisme pur et simple, au nom de "l'intérêt général", ce cache-sexe habituel des intérêts privés.

Description

Parmi les doctrines protectionnistes, citons la réciprocité commerciale, la balance du commerce, l'indépendance nationale, les industries stratégiques, l'exception culturelle, etc.
La pensée libérale s'oppose, en règle générale, au protectionnisme. En effet, l'échange est considéré comme étant une action positive car les participants à cette action fondamentale échangent par intérêt, car sinon cette action n'aurait pas de sens, pas lieu d'exister : chacun y gagne. De cette définition de l'échange, selon laquelle elle est une action volontaire qui découle de la libre initiative des individus, la pensée libérale estime que tout protectionnisme, car celui-ci ne pouvant être qu'imposé, s'oppose au libéralisme.
Examinons les différentes formes que peut prendre le protectionnisme. Tout d'abord il existe un « protectionnisme des idées ». Ce protectionnisme soutient la censure et le non-respect de la liberté d'expression. Il s'agit, pour les personnes qui mettent en place ce type de protectionnisme, de protéger une pensée, une parole, contre une autre car cette dernière est jugée néfaste, nuisible pour la société, ou pour le groupement d'individus qui forment la communauté. Cette forme de protectionnisme a largement été utilisée par les régimes nazis et communistes pour manipuler l'opinion publique. Le but étant de former la population, d'en faire des moutons bien dociles, et de limiter la liberté d'expression des moutons noirs en les enfermant, en les avertissant, et au pire des cas en les tuant. Ainsi, la pensée libérale stipule un respect total de la liberté d'expression. En effet, un des pouvoirs, dont dispose l'individu critique, réside justement dans cette liberté de penser, de publier des idées qui, si elles peuvent heurter la sensibilité de certains, expriment la pensée de l'individu et donc sa liberté de penser. Dans cette vision, le libéralisme s'oppose aux susceptibles, aux partisans de la pensée unique. Le libéralisme est donc un mouvement fortement humaniste puisque le libéral accepte toutes les pensées dès lors que ces pensées ou ces actions ne violent pas les libertés individuelles.
Le protectionnisme s'exprime aussi dans la sphère économique : en effet, l'État est un champion du protectionnisme. Tout d'abord sur le plan interne, de par les subventions, les aides qu'il accorde à des activités, les impôts qui handicapent l'échange… Cette forme de protectionnisme est presque plus néfaste que la précédente puisqu'elle se justifie par l'intérêt général, celui-ci étant jugé supérieur à l'intérêt individuel. Le protectionnisme stipule donc fondamentalement le collectivisme, ou plus précisément un collectivisme inconscient. Or, on peut se demander si son but principal n'est pas de défendre la classe dirigeante et les privilèges dont celle-ci dispose, et non un intérêt général fictif. Adam Smith ne pensait-t-il pas qu'un des rôles de l'État est de défendre les riches contre les pauvres ?
Enfin, le protectionnisme peut être extérieur : il s'agit de protéger le marché intérieur du commerce extérieur (droits de douane, accords d'autolimitation…). Il se justifie donc aussi par l'intérêt général : l'intérêt que les nations ont à protéger leurs industries. Or, en réalité la protection ne concerne pas l'intérêt général mais bien l'intérêt des industriels qui cherchent à défendre leurs activités. Plusieurs penseurs, comme Friedrich List (Système national d'économie politique, 1841) estiment qu'il faut protéger les industries « naissantes » contre la concurrence extérieure. En effet, les industries à leur naissance ne peuvent pas lutter contre la production internationale. Ainsi, le commerce international ne peut être bénéfique qu'entre nations ayant un niveau de développement comparable. J-M. Jeanneney pense que l'Europe subit une mutation aussi importante que celle qui justifiait la position de List au XIXe siècle, du fait de l'émergence de la Chine par exemple. Plus généralement, les nations appliquent le protectionnisme de manière visible ou plus camouflé en se référant à la doctrine japonaise: « les affaires c'est la guerre ».
Le protectionnisme, sous toutes ses formes, a donc largement été utilisé par toutes les formes de pouvoir, d'autorité, qui cherchent à limiter les libertés individuelles. L'intérêt général, ou les intérêts d'un groupe, étant largement sa justification première. Or, l'intérêt général est une fiction non mesurable, une utopie qui ne peut que conduire au totalitarisme.
Est-ce que vous percevez le protectionnisme tous les jours?

Position libérale

Les économistes libéraux ont depuis la Richesse des nations d'Adam Smith (1776) beaucoup critiqué les théories mercantilistes des protectionnistes. Selon les libéraux, le protectionnisme est une imposture intellectuelle qui ne sert qu'à favoriser des groupes d'intérêt aux dépens du plus grand nombre et du bien public. Lire par exemple les Sophismes Économiques de Frédéric Bastiat (1845), et sa Pétition des fabricants de chandelle.
Alors que le libre marché est une démocratie de consommateurs, le protectionnisme est le socialisme des producteurs, qui consiste à faire peser sur le contribuable la protection politique de secteurs économiques défaillants. Défendre le protectionnisme, c'est cautionner la raréfaction autoritaire des marchandises et la hausse artificielle des prix. Cela revient donc à gruger le consommateur, obligé de se contenter de biens et services moins bons ou plus coûteux quand l'accès aux biens ou services qui l'intéressent lui est interdit. Des patrons de sociétés qui demandent des aides à l'État ne sont pas de vrais entrepreneurs, mais des confiscateurs de richesses.
Comme toute intervention étatique, le protectionnisme a des effets positifs, mais qui ne concernent qu'une minorité et sont financés par l'impôt ou par les consommateurs, c'est-à-dire par des effets négatifs pesant sur les autres. La propagande étatique montrera les effets positifs (« on protège l'emploi » en achetant « national », on « sauvegarde nos industries », etc.) et dissimulera soigneusement les effets négatifs (renchérissement des biens et services, perte de qualité et de compétitivité, alourdissement de la charge fiscale).
D'un point de vue économique, l'erreur du protectionnisme est de croire qu'il n'y a pas de relation entre importations et exportations, et qu'on peut agir sur les unes, supposées néfastes (les importations), sans conséquence sur les autres, supposées favorables (les exportations). Il n’y a pas d’exemple dans l'histoire d’un pays qui ait été ruiné par le libre échange, alors que le protectionnisme appauvrit tout le monde, tant le pays qui l'instaure que les pays émergents auxquels on refuse ainsi le droit de se développer.
Un des arguments parfois avancés par les partisans du protectionnisme est celui de la symétrie : « notre pays doit se protéger, parce que les autres pays en font autant et protègent leur marché intérieur ». C'est un non sequitur : si les autres pays décident de renchérir le prix des produits importés par des mesures protectionnistes, ils sont les premiers perdants, et il n'y a aucune raison pour les imiter dans leurs erreurs. Le protectionnisme motivé par des raisons exclusivement politiques (comme le fut le Blocus continental napoléonien de 1806 à 1814) relève d'un masochisme absurde, un jeu perdant-perdant : on est prêt à s'appauvrir en espérant qu'en contrepartie cela appauvrisse également l'ennemi.
Certains libéraux assimilent le protectionnisme à un racisme qui ne dit pas son nom : faire du commerce avec les nationaux serait bien, tandis que faire du commerce avec les étrangers serait mal, car « cela détruit des emplois nationaux ».
Le mensonge central du protectionnisme consiste à faire croire qu'il désavantage les étrangers et profite aux seuls nationaux, et notamment aux entreprises nationales. Or le protectionnisme viole non seulement les droits des consommateurs, mais aussi ceux de nombreux producteurs. Il nuit automatiquement à toutes les entreprises autres que celles qu'il privilégie en amputant le pouvoir d'achat général, et plus directement à celles qui dépendent d'approvisionnements étrangers pour maintenir leur compétitivité, ainsi qu'aux exportateurs qui ont besoin que l'étranger vende dans le pays pour avoir les moyens d'acheter des produits du pays.

Psychologie du protectionnisme

Le protectionnisme a un avantage psychologique sur le libre-échange : il a des partisans, ceux qui en bénéficient directement (entrepreneurs protégés) ou indirectement (politiciens, nationalistes), tandis que ceux qu'il désavantage ne comprennent pas de quelle façon ils sont dépouillés :
Même si on démontrait d'une façon tout à fait évidente que la protection entraîne toujours une destruction de richesse, si on arrivait à l'enseigner à tous les citoyens, tout comme on leur apprend l'ABC, la protection perdrait un si petit nombre de partisans, le libre-échange en gagnerait si peu, que l'effet peut en être à peu près négligé, ou complètement. Les raisons qui font agir les hommes sont tout autres. (Vilfredo Pareto, Manuel d'économie politique))

Erreur courante : « protéger l'emploi »

L'argument central en faveur du protectionnisme qu'avancent ses partisans est le plus souvent la préservation des emplois nationaux : un pays à haut niveau de vie et salaires élevés ne pourrait soutenir la concurrence de pays où les salaires sont beaucoup plus bas, et par conséquent où les produits et services sont moins chers. Des droits de douane (droits d'entrée pour les marchandises importées) ou des quotas d'importation seraient donc nécessaires pour rétablir l'équilibre vis à vis de cette concurrence « déloyale ».
En réalité, le protectionnisme accélère le déclin. Il permet certes de sauver temporairement quelques emplois et industries, mais en réduisant le niveau de vie et le revenu des consommateurs de produits étrangers (car ce sont eux qui payent les droits de douane !), en augmentant les coûts de production interne (les producteurs employant des produits du secteur protégé, plus chers), en rendant par conséquent moins compétitifs les producteurs au niveau international. Finalement, il diminue l'attractivité du pays pour les étrangers qui, ne pouvant y vendre leurs produits, ne disposent pas en retour de fonds dans la monnaie du pays protectionniste.
Le résultat est que, pour sauver quelques emplois inefficaces, un bien plus grand nombre d'emplois efficaces sont détruits ou non créés. Au lieu de profiter de la loi des avantages comparatifs en se spécialisant dans des secteurs à forte valeur ajoutée, le pays préfère prolonger la survie de secteurs non rentables.
Les politiciens protectionnistes ne mettront évidemment en exergue que les côtés positifs, visibles (« on a sauvé des emplois ») sans insister sur les côtés négatifs (voir aussi la parabole de la vitre cassée). Quand le coût des emplois « sauvés » devient excessif et ne peut plus être assumé, on assiste à des reconversions douloureuses : le protectionnisme n'a servi qu'à repousser le problème à un peu plus tard, au bénéfice des politiciens du moment.
Si la logique protectionniste était poussée jusqu'au bout par les politiciens, on aboutirait à des pays qui vivraient en autarcie totale et emploieraient des techniques complètement dépassées : n'aurait-il pas fallu protéger l'emploi des charrons, sabotiers, forgerons, conducteurs de diligence, vendeurs de bougies, porteurs d'eau, allumeurs de réverbères, etc. Le rêve secret du protectionniste, c'est d'aboutir à un monde figé pour toujours, en contradiction avec toute réalité[2]. Le protectionniste est un réactionnaire !
Il est d'ailleurs étonnant de voir resurgir, de la part de certains intellectuels (par exemple Emmanuel Todd, et avant lui Maurice Allais), la préconisation d'instaurer un "protectionnisme continental", cela plus de deux cents ans après le Blocus Continental napoléonien qui avait réussi à appauvrir davantage le continent...
Si le but affiché du protectionnisme est d'entraver les importations étrangères et de favoriser l'exportation des produits nationaux (mercantilisme), on peut dire que le protectionnisme est contradictoire puisqu'il va à l'encontre même de ce but, les étrangers ne disposant pas de suffisamment de monnaie nationale pour acheter les produits nationaux (du fait de la barrière protectionniste qui les empêche de vendre leurs produits). Le protectionniste, méconnaissant la nature de l'échange économique, croit qu'exportations et importations sont déconnectées, et qu'on peut agir sur les unes sans impact en retour sur les autres.

Interventionnisme

De Wikiberal
L'interventionnisme désigne un type de politique par laquelle l'État s'ingère dans l'économie ou dans les structures sociales d'un pays à des fins diverses.  
L'interventionnisme est intrinsèquement lié à la raison d'être de la politique et de l'État. Il s'agit pour cette organisation d'accorder des faveurs à telle ou telle corporation au détriment des droits des individus (notamment, au travers de la taxation, de la règlementation, ou d ela subvention).
Toutes les activités humaines sont susceptibles d'être perturbées par les interventions de l'État, depuis la production de la sécurité (monopole policier, judiciaire et militaire) jusqu'à l'industrie du divertissement (ex: les litanies sur l' « exception culturelle ») en passant par le secteur de l'alimentation (fixation du prix du pain) ou le marché immobilier (contrôle des loyers), etc. La liste pourrait s'allonger indéfiniment.
L'interventionnisme est le plus souvent d'ordre domestique, mais il peut aussi se traduire par des actions dirigées vers des zones extérieures à la juridiction habituelle de l'État; pensons aux politiques bellicistes. Chaque fois, la liberté des administrés s'en voit réduite, tandis que ces politiques bénéficient à quelques privilégiés, amis du pouvoir.
L'interventionnisme social-démocrate s'exerce avec le plus de vigueur dans le domaine de l'économie, par la subvention, le protectionnisme, les réglementations en faveur de certains acteurs économiques, etc. Comme le disait Jean-Baptiste Say, dans son Traité d'économie politique: "S'il y a quelque bénéfice à retirer d'une entreprise, alors elle n'a pas besoin d'encouragement; s'il n'y a point de bénéfice à en retirer, alors elle ne mérite pas d'être encouragée."
On parle parfois d'"ingénierie sociale" pour désigner tous les "efforts" que la technocratie (les "ingénieurs sociaux") déploie pour "améliorer" la société, efforts qui n'aboutissent qu'à l'aggravation de la situation :
En apparence, il semble à beaucoup que le libre marché est un endroit chaotique et anarchique, alors que l'intervention du gouvernement impose des valeurs d'ordre et de communauté à cette anarchie. En fait, la praxéologie - l'économie - montre que la vérité est tout à fait l'inverse. (Murray Rothbard)

La théorie de Murray Rothbard : l’intervention binaire et triangulaire

Rothbard invente des catégories d'analyse originales pour comprendre les effets économiques de l'intervention de l'État. Il fait la distinction entre l’intervention binaire dans laquelle l'envahisseur force un sujet à un échange ou à un don unilatéral d'un bien ou d’un service, et l’intervention triangulaire dans laquelle l'envahisseur force ou prohibe un échange entre un couple de sujets.
Tous les types d'intervention sont des cas de relation hégémonique, où entrent en relation l'ordre et l'obéissance :
  • le type binaire entre envahisseur et sujet,
  • le type triangulaire entre envahisseur et au moins deux sujets. Les interventions binaire et triangulaire sont des types de relation qui comportent l'échange de biens ou de services, la première entre deux personnes incluant l'envahisseur (l'envahisseur et le sujet), la deuxième entre deux personnes n’incluant pas l'envahisseur (un couple de sujets qui échangent).
Dans le premier cas, il y a un échange qui, autrement, ne se serait jamais produit sans intervention. Dans le second cas, s'insère un échange qui se produirait autrement dans des conditions différentes. En focalisant son attention sur l'intervention de l'État dans l'économie, Rothbard considère comme cas d'intervention binaire le budget du gouvernement, la taxation, les frais de fonctionnement du gouvernement, l'inflation ; et comme cas d'intervention triangulaire le contrôle des prix et des produits, dans lequel il fait même rentrer les analyses du monopole.

Les raisons profondes de l'interventionnisme étatique

L'interventionnisme est inséparable de l'étatisme :
  • contrairement à une entreprise, l’État n'a aucune exigence de rentabilité, le coût de ses actions n'est jamais évalué et les politiciens sont irresponsables, ne subissant jamais les conséquences de leurs actes : quelle que soit la décision politique, les décideurs ne sont pas les mêmes que les payeurs, qui ne sont pas les mêmes que les bénéficiaires ;
  • n'importe quelle intervention trouve toujours une justification, les politiciens s'ingéniant à cacher les conséquences négatives de leurs actions pour ne se prévaloir que des conséquences positives (parabole de la vitre brisée) ; la justification la plus courante, outre le prétendu "intérêt général", est la prétendue défaillance du marché ;
  • l'existence de l'État découlant de la loi du plus fort, rien ne peut entraver son action (si ce n'est une dette publique excessive, la désincitation causée par un impôt excessif ou une révolte politique des spoliés) : l'interventionnisme est donc extrêmement difficile à freiner ;
  • comme l'explique la théorie du choix public, l'interventionnisme permet aux élus et fonctionnaires de justifier leur existence en favorisant certains groupes sociaux au détriment d'autres : il y a toujours une clientèle pour l'interventionnisme, l'illusion fiscale empêchant les spoliés de prendre conscience de leur statut.

Mécanisme général de l'interventionnisme étatique

Thomas Sowell décrit ainsi les 3 phases successives qu'emprunte tout interventionnisme étatique :
  1. invoquant une "défaillance du marché", les hommes de l’État ou leurs intellectuels idéologues identifient un "problème" causé par ce "dysfonctionnement" du marché ;
  2. ils proposent une solution à ce problème, solution qui passe par un interventionnisme accru, qui leur permettra par la même occasion d'accroître leur pouvoir et leur richesse ;
  3. devant les nouveaux dégâts induits par l'intervention, les hommes de l’État expliquent que leurs idées n'ont pas été appliquées correctement ou trop timidement ; ils ont un nouveau plan pour faire face aux nouveaux dysfonctionnements (retour à la première étape).
Cette description rejoint le "principe des calamités" énoncé par Michel de Poncins : une calamité d'origine publique conduit toujours à une autre calamité publique pour soi-disant corriger la première.

Exemples

Un exemple en bande dessinée

Dans Obélix et Compagnie, bande dessinée parfois prise à tort pour une critique de la spéculation capitaliste[1], les Romains décident de corrompre les irréductibles Gaulois en leur achetant à prix fort des menhirs, dans l'espoir que la richesse les transforme en "décadents" et qu'ils cessent ainsi d'être une menace[2]. Attiré par la perspective de devenir "l'homme le plus important du village", Obélix se transforme en un riche entrepreneur fabricant de menhirs. Le village change rapidement d'aspect et s'organise selon une nouvelle division du travail tirée par la "demande" romaine. Astérix et Panoramix décident de prendre les Romains à leur propre piège en suscitant une concurrence dans le village en matière de fabrication de menhirs. Jules César et l'État romain se trouvent submergés de menhirs et s'emploient à les revendre à Rome, en créant une demande chez les Romains par une astucieuse campagne de marketing (d'autant plus remarquable que le menhir n'a aucun usage pratique). La forte demande de menhirs qui s'ensuit suscite une nouvelle concurrence à Rome même ("achetez le menhir romain"), ce qui fait chuter les prix. Le résultat final est que l’État romain s'est appauvri davantage sans être parvenu à réaliser aucun des buts initiaux de son interventionnisme.
Cet album illustre brillamment plusieurs caractéristiques de l'interventionnisme étatique :
  • l'action vise un but très douteux, voire irréalisable (s'il était réalisable et utile, il se produirait sans interventionnisme, étant pris en charge par la société civile et les entreprises) ;
  • les coûts de cette action sont, soit ignorés, soit largement sous-estimés (la politique est conduite sans qu'on se préoccupe de son coût) ;
  • l'interventionnisme a des effets indéniables à court terme (notamment des effets d'aubaine), qui s'estompent rapidement car l'interventionnisme, absurdité économique, devient insoutenable pour l’État (qui ne dispose pas de ressources infinies) ;
  • l'échec inévitable ou les conséquences négatives de l'action étatique se heurtent à l'irresponsabilité institutionnelle des gouvernants (les décideurs ne sont pas les payeurs, les payeurs ne sont pas les bénéficiaires) ;
  • quand on tire le bilan de l'intervention, on n'a abouti qu'à une destruction nette de richesse (voir aussi la loi de Bitur-camember).
Notes :
  1. Dans l'album, contrairement à ce qui se passe dans la spéculation ordinaire, c'est l'État romain (en fait son représentant, Caius Saugrenus) qui décide complètement des prix et de la demande (du fait qu'il ne peut ni canaliser l'offre ni empêcher la concurrence, sa stratégie échoue : revanche de l'économie sur la politique).
  2. L'idée de corrompre les Gaulois revient à un "néarque", Caius Saugrenus, sorti de la « Nouvelle École d'Affranchis », caricature de l'ENA. Uderzo a d'ailleurs donné à Saugrenus les traits de Jacques Chirac, premier ministre de l'époque (1976).

Mercantilisme

De Wikiberal
Le mercantilisme est une doctrine économique qui prône le développement économique par l'enrichissement des nations au moyen du commerce extérieur. Elle se situe historiquement à la fin du Moyen Âge. Elle marque aussi la fin de la prééminence des doctrines de l'Église (la chrématistique) dans l'organisation sociale.
Le mercantilisme constitue un système simple dans la mesure où l'analyse du système social n'est pas prise en compte. Les écrits mercantilistes développent une problématique triviale : celle de l'enrichissement. Son élaboration s'est faite de la fin du XVe siècle jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Sur une telle période les hypothèses ont bien sûr évolué, rendant la doctrine assez vague. Elle se répandra dans la plupart des nations d'Europe en s'adaptant aux spécificités nationales.
On distingue ainsi parfois le bullionisme (ou « mercantilisme espagnol »), le colbertisme (ou « mercantilisme français », voire « industrialisme ») et le commercialisme (ou « mercantilisme anglais »). 

Les principaux concepts

  • La richesse est constituée de métaux précieux qu'il faut thésauriser.
  • L'accumulation de la richesse des nations découle du solde positif des échanges extérieurs. D'où les efforts de chaque nation pour drainer les excédents monétaires dérivés du commerce international et de l'exploitation coloniale.
  • Mise en place de mesures pour garantir une balance commerciale positive, notamment en stimulant ou créant des productions nationales.
  • En taxation des importations, et protection du marché intérieur pour les manufactures locales, au bénéfice de monopoles de production. Et destruction des productions concurrentes des nations dominées.
  • Subsides à l'exportation, aux monopoles, commandes publiques.
  • Affaiblissement des corporations et du petit producteur indépendant au profit des manufactures dans les villes portuaires ou sous la protection spéciale du roi.
  • L'économie est un jeu à somme nulle dont la mise est le stock de métaux précieux. Tout le monde ne pouvant gagner, ce que certains gagnent, d'autres le perdent.


Aucun commentaire: