Une opération de transparence en trompe-l'œil pour sauver la soldate Ernotte
Sous la pression de la Commission d'enquête parlementaire, France Télévisions lance aujourd'hui une grande opération de "transparence financière" annoncée par Delphine Ernotte. Cinq rubriques, des graphiques colorés, des infographies en bulles pastel. Les chiffres publiés sont réels. Ce qu'ils taisent l'est tout autant.
ℹ️ Soulignons d'abord que c'est la 1ʳᵉ fois en dix ans de mandat que le public peut accéder à des chiffres réels avec sources datées. Bien, mais insuffisant. J'ai le rapport de la Cour des comptes sous la main, ça tombe bien nous allons pouvoir comparer dans le détail.
🙊 Spoiler : Le cadrage est entièrement défensif. Chaque donnée est accompagnée d'un narratif qui l'atténue, et les angles morts sont précisément ceux qui permettraient d'évaluer l'efficacité de la gestion. C'est de la transparence au sens où une vitrine de magasin est transparente : on voit ce qu'on a décidé de montrer.
I. Financement
Ce que dit France Télévisions
Les ressources du groupe s'élèvent à 2 856 M€ en 2025, dont 86% de dotation publique (2 454 M€), 10% de publicité (285 M€) et 4% d'autres activités commerciales (117 M€).
La France consacre 4,2€ par habitant et par mois à son audiovisuel public, soit "proche de la moyenne européenne" de 3,62€ — et moins que le Royaume-Uni (6,1€), le Danemark (7,3€) ou l'Allemagne (8,7€). En euros constants, FTV "coûterait 650 M€ de moins aux Français qu'il y a dix ans."
Lecture critique
La comparaison européenne est soigneusement tronquée. L'Italie (2,6€) et la Suède disparaissent du graphique. Surtout, comparer le coût par habitant sans comparer les ratios de productivité, les effectifs d'encadrement ou les coûts de structure, c'est comparer le prix au litre sans regarder la consommation du moteur.
Le chiffre "650 M€ de moins en euros constants" est construit en intégrant l'inflation de +20% côté dépenses, mais sans jamais appliquer le même raisonnement à la valeur des missions accomplies.
Ce que dit la Cour des comptes
Le tableau est nettement moins rose. La Cour relève que les concours publics ont subi "une baisse programmée" (c'est à dire prévisible) de 160 M€ entre 2018 et 2022. Mais surtout : sur la période 2017-2024, les déficits nets cumulés du groupe atteignent 81 M€, malgré un résultat d'exploitation officiellement présenté "à l'équilibre" chaque année — grâce à la neutralisation comptable d'opérations qualifiées d'"exceptionnelles" avec l'aval des commissaires aux comptes.
La Cour est explicite : "Jusqu'en 2024, France Télévisions a systématiquement présenté des prévisions budgétaires reposant sur un équilibre de son résultat d'exploitation, en neutralisant des opérations considérées comme exceptionnelles."
Résultat mécanique : les capitaux propres sont passés de 294 à 179 M€ en huit ans — sous le seuil légal de la moitié du capital social depuis 2021, seuil en dessous duquel le code de commerce impose à l'État actionnaire d'agir avant le 31 décembre 2026 sous peine de dissolution.
📌 À retenir : les comptes présentés au Parlement et à l'Arcom pendant huit ans reflétaient une réalité arrangée. France Télévisions est bien dans une situation de faillite.
II. Budget
Ce que dit France Télévisions
Le coût total des antennes et programmes s'élève à 2 738 M€. La ventilation présentée valorise l'offre de service public : information régionale (434 M€), information nationale (335 M€), séries et fiction (288 M€), documentaires (95 M€), cinéma (82 M€).
Les "frais de structure — RH, finance, juridique" sont affichés à 125 M€, soit "0,4€ sur 10 investis." Un chiffre présenté comme la preuve d'une gestion sobre.
Lecture critique
Le chiffre de 125 M€ est un tour de passe-passe par omission. Il exclut le poste "Conception et pilotage des offres, communication" — 210 M€ — qui recouvre précisément les coûts de direction éditoriale, de stratégie et de communication institutionnelle, autrement dit ce qu'une entreprise privée comptabiliserait sans hésitation en frais de structure.
En les additionnant : 335 M€ de coûts non-programmes, soit 12,2% du budget total — près de trois fois le chiffre mis en avant.
Mais le problème est plus profond encore. La page "transparence" reproduit exactement le mode de présentation que FTV utilise en interne depuis des années : le budget par "coût de grille", c'est-à-dire par activité éditoriale, jamais par nature de charges. Ce choix de présentation rend structurellement impossible toute évaluation externe des coûts de structure réels.
Ce que dit la Cour des comptes
C'est précisément ce point que la Cour cible dans sa section sur le pilotage financier — et c'est l'une des critiques les plus cinglantes du rapport. La Cour constate que FTV "présente invariablement ses prévisions budgétaires par métier et non par nature de charges (achats, charges de personnel, provisions etc.)."
Cette présentation "présente le défaut de rendre peu lisibles les évolutions de masse salariale et les charges d'exploitation hors dépenses de personnels."
Le plus accablant : "la direction du budget et le contrôle général économique et financier ont à maintes reprises demandé à l'entreprise de présenter son budget prévisionnel en nature, pour mieux identifier les charges sur lesquelles des économies seront portées, sans que France Télévisions ait jamais donné suite à cette demande, également formulée par l'inspection générale des finances et la Cour."
En clair : depuis des années, les tutelles réclament la ventilation par nature de charges. FTV refuse. Et sa page "transparence" de mars 2026 reproduit exactement ce refus — en ajoutant des infographies en bulles colorées.
Les chiffres de la Cour confirment l'ampleur de ce que la présentation par "coût de grille" dissimule. Pour l'année 2024 : masse salariale 658,5 M€, dépenses de personnel totales 962,2 M€ — un écart de 303 M€ qui correspond aux charges patronales, aux indemnités et aux avantages sociaux, jamais visibles dans la présentation FTV. Le coût de la grille lui-même a été ramené de 1 010 M€ à 898 M€ entre 2019 et 2023 — effort réel — mais les économies réalisées sur les programmes ont été absorbées par la dérive de la masse salariale et des frais de mission.
La Cour pointe également que les frais de mission s'établissent en moyenne à 42,8 M€ par an hors Covid, avec un pic à 46 M€ en 2024. Ces frais sont totalement absents de la page "transparence".
Quant aux "économies" annoncées pour 2025 — 80 M€ affichés — la Cour note que 42 M€ visent à compenser l'inflation, soit des "économies" qui ne font que maintenir les charges constantes en euros réels.
📌 À retenir : FTV refuse depuis des années de présenter son budget par nature de charges, malgré les demandes répétées de ses tutelles, de l'IGF et de la Cour. Sa page "transparence" perpétue exactement ce refus. On ne sait toujours pas combien coûte réellement l'appareil administratif — on sait seulement ce que FTV a décidé de ne pas montrer.
III. Fournisseurs
Ce que dit France Télévisions
En 2024, FTV a investi 864 M€ en programmes auprès de 743 fournisseurs différents. La diversité est affichée comme preuve de pluralisme éditorial. France TV Studio, filiale de production interne, est citée comme "deuxième fournisseur" — résultat d'une "stratégie de développement des recettes propres."
La part de production dépendante est passée de 5% à 20% en dix ans, présentée comme un "rééquilibrage."
Lecture critique
Les 743 noms masquent deux logiques de concentration radicalement opposées dans leur nature mais convergentes dans leur effet.
D'un côté, les groupes intégrés type Mediawan, Banijay et Newen qui captent une part croissante du marché sous des dizaines de marques indépendantes en apparence. Le groupe Mediawan représente à lui seul 12,8% du CA programmes, fédérant 28 sociétés de production sous une même holding.
De l'autre — et c'est le fait le plus structurel — la part de "production dépendante" allouée à France TV Studio est passée de 5% à 20% en dix ans, soit jusqu'à 88 M€ par an sur 2025-2027, par accord signé avec le secteur en 2024.
Quadruplement de la captivité interne. FTV présente cela comme un "succès industriel" ; c'est aussi, juridiquement, une dérogation croissante à l'obligation de recourir à la production indépendante — obligation qui fonde précisément le modèle de diversité qu'elle affiche.
Les données 2025 sur les fournisseurs, elles, "seront disponibles d'ici fin mars 2026" : la page transparence ouvre donc avec des chiffres vieux d'un an sur ce point précis.
Ce que dit la Cour des comptes
Le rapport de la Cour contient une analyse beaucoup plus précise et plus dérangeante que ce que FTV veut bien montrer. Sur la concentration des fournisseurs : "la part du chiffre d'affaires des dix premiers fournisseurs dans le chiffre d'affaires total de France Télévisions est passée de 37 à 41% entre 2017 et 2023" — soit une concentration notable en six ans, que FTV qualifie pudiquement de "légère."
Le secteur est "structuré autour de très grands acteurs tels que Mediawan, Banijay et Newen", dont les "refacturations intra-groupes" sont "souvent peu transparentes" — au point que les auditeurs internes "n'ont pas toujours accès aux comptes de produits et ne peuvent pas vérifier l'exhaustivité des recettes perçues par le producteur."
Sur France TV Studio, la Cour est précise là où FTV est vague. La filiale a vu ses effectifs passer de 323 ETP en 2018 à 636 en 2024 — doublement en six ans. Son chiffre d'affaires atteint 114 M€ en 2024, mais son potentiel contractuel en "production dépendante" est de 88 M€ au titre de la création seule (fictions, documentaires, captations) — soit 46,9 M€ réalisés sur ce segment en 2024. La "marge de progression reste importante", note la Cour — ce qui signifie que FTV se donne encore de la place pour augmenter la part captée en interne.
Pendant ce temps, le budget du programme national a été comprimé sous la barre des 900 M€ en 2023 — contre plus de 1 Md€ en 2019 — et FTV a imposé aux producteurs indépendants une ristourne de 5% acceptée par 80% d'entre eux, "l'économie escomptée se situant entre 15 et 20 M€." En d'autres termes : on comprime les indépendants tout en élargissant la part de la filiale captive.
La Cour soulève enfin un problème de gouvernance que FTV ne mentionne nulle part : la direction de l'audit interne chargée du contrôle des producteurs ne comprend que cinq personnes — "en réalité quatre de février 2022 à octobre 2023" après un départ non remplacé pendant 18 mois.
C'est cette structure sous-dimensionnée qui est censée contrôler 743 fournisseurs et des enveloppes de plus de 860 M€. Le taux de mise en œuvre des recommandations d'audit s'établit à 35%, 51% et 75% selon les audits de suivi de 2024 — quand les taux d'acceptation affichés sont de 70%, 82% et 88%. Accepter les recommandations sans les appliquer : l'écart dit tout.
📌 À retenir : Derrière les 743 noms, deux dynamiques de concentration convergentes que FTV ne nomme pas : la consolidation du secteur autour de Mediawan, Banijay et Newen d'un côté, le quadruplement de la part captée par sa propre filiale de l'autre. La "diversité des fournisseurs" est le paravent d'un marché qui se concentre aux deux extrémités — et FTV en est acteur, pas spectateur.
IV. Équipes
Ce que dit France Télévisions
8 720 salariés en 2025, répartis en 190 métiers sur 130 implantations. Réduction de 1 200 ETP en dix ans (-12%), présentée comme "un effort avec très peu d'exemples similaires dans la sphère publique." Salaire moyen contractuel : 61 000 € brut annuel. Salaire médian : 57 000 €. Rémunération PDG : 322 000 € fixe + variable jusqu'à 78 000 € — "fixée depuis 2010, inchangée." Comité de direction (13 membres) : rémunération moyenne 151 000 €, avec variable de 12,5% à 20%.
Lecture critique
FTV présente la réduction de 1 200 ETP comme une prouesse de gestion. Elle omet deux choses. D'abord, que cette réduction a été financée par l'État à hauteur de 78 M€ via le plan de recomposition des effectifs (2019-2022) — et qu'elle n'a produit qu'une "stabilisation ponctuelle de la masse salariale", selon la Cour.
Ensuite, que si les effectifs ont baissé de 12%, les dotations publiques n'ont baissé que de 7% en nominal : les effectifs ont donc été réduits presque deux fois plus vite que les budgets. La question que FTV n'abordera jamais : où est parti l'écart ? Dans la masse salariale par tête, dans la sous-traitance externalisée vers France TV Studio et France TV Publicité — ou dans les deux.
Sur les rémunérations, FTV choisit soigneusement son indicateur : le "salaire moyen contractuel" à 61 000 € plutôt que le Salaire Moyen Par Tête (SMPT) à 73 690 € en 2024, calculé par le Contrôle général économique et financier. L'écart de 21% correspond à des indemnités de licenciement, de départ en retraite, de primes et avantages — sommes bien réelles, versées à des salariés bien réels avec de l'argent public bien réel.
Sur le comité de direction : 13 membres pour 8 720 salariés, soit un pour 671. FTV publie leurs fourchettes de rémunération mais ne publie pas le nombre total de cadres dirigeants au-delà du comdir. Ce chiffre — que j'avais établi dans une précédente analyse — reste absent.
L'accord collectif de 2013 a été dénoncé par la direction en juillet 2025 et est en cours de renégociation — fait mentionné sans explication ni contexte. C'est pourtant l'aveu que le modèle social de l'entreprise est à reconstruire de fond en comble.
Ce que dit la Cour des comptes
Le rapport est dévastateur sur ce point — c'est son chapitre le plus dense et le plus documenté. Le constat de base : entre 2017 et 2023, les effectifs ont baissé de 10,3% mais la masse salariale n'a baissé que de 1,95%. La Cour documente la mécanique de cette déconnexion : l'accord collectif de 2013 a été rédigé en systématisant "la clause la plus avantageuse" des trois références applicables (code du travail, convention collective télédiffusion, convention journalistes), créant une structure salariale rigide où l'ancienneté génère une augmentation mécanique et continue des charges. Résultat : 22 écarts identifiés par l'IGF par rapport à la convention collective nationale, représentant un surcoût total théorique de 61,9 M€ — dont 26,6 M€ pour la seule prime d'ancienneté, 19,9 M€ pour l'indexation Outre-mer, 4,7 M€ pour la compensation forfait-jour.
Sur les licenciements : les indemnités versées sur la période 2017-2024 atteignent 133 M€ au total, soit une moyenne de 16,7 M€ par an — un régime "largement plus favorable aux salariés de France Télévisions" que le code du travail, avec des grilles d'indemnisation allant jusqu'à trois quarts de mois de salaire par année d'ancienneté pour les personnels techniques. Sur les départs en retraite : 27,5 M€ d'indemnités versés sur la période. Le plan de recomposition des effectifs (1 238 départs en rupture conventionnelle collective), financé à 78 M€ par l'État, n'a "eu que des effets limités" et n'a "conduit qu'à une stabilisation ponctuelle de la masse salariale" — les personnes parties étant remplacées par des salariés plus jeunes mais dont l'ancienneté, mécaniquement, augmente chaque année.
Sur les avantages en nature, la Cour va plus loin que FTV. Les 53 véhicules de fonction recensés au 1er janvier 2025 représentent un loyer mensuel cumulé de 21 466 € et un montant total de location de 1 727 658 €, avec des modèles allant jusqu'à 53 000 €.
La Cour note que "l'importance du parc de véhicules de fonction n'a pas d'équivalent chez d'autres entreprises publiques ni même chez la plupart des ministères." Sur les comités sociaux et économiques (13 CSE) : la dotation annuelle aux activités sociales et culturelles représente 2,2% de la masse salariale brute, soit 14,2 M€ en 2024 — dont 63% vont au comité interentreprises ex-ORTF, propriétaire du château de Lalinde en Dordogne (115 hectares, piscine ayant coûté 1 M€).
Sur les salaires cumulés : la Cour pointe que "certains niveaux de salaires chez France Télévisions étonnent au regard de la disponibilité des personnes concernées dans l'entreprise et de leur charge de travail" — une formulation administrative qui signifie, en langage clair, que des cadres touchent un plein salaire pour une présence partielle.
La conclusion de la Cour sur l'accord collectif résume tout : "Depuis sa mise en œuvre en 2013, l'accord collectif a conduit mécaniquement à alourdir les charges et à creuser le déficit d'exploitation."
FTV l'a dénoncé en juillet 2025 — soit douze ans après sa signature, neuf ans après que la Cour l'avait déjà qualifié en 2016 d'"accord contenant des dispositions généreuses, source de surcoûts pérennes." La dénonciation est la recommandation n°5 du rapport de la Cour : "Renégocier dans les meilleurs délais l'accord collectif du 28 mai 2013 en cours de dénonciation."
📌 À retenir : La Cour l'écrit noir sur blanc : l'accord collectif de 2013 "a conduit mécaniquement à alourdir les charges et à creuser le déficit d'exploitation." Il a fallu douze ans, 376 M€ de déficits d'exploitation cumulés sur la seule SA, et une recommandation explicite de la Cour pour que la direction le dénonce. Ce que FTV présente comme une réforme courageuse est l'exécution tardive d'un constat formulé dès 2016. La masse salariale, elle, n'a attendu personne pour continuer à croître.
V. CONCLUSION
Ce dossier, publié le 17 mars 2026 — soit aujourd'hui, en pleine séquence parlementaire sur l'audiovisuel public — n'est pas un exercice de transparence. C'est une plaidoirie.
Chaque rubrique répond point par point aux critiques du rapport de la Cour des comptes de septembre 2025. Chaque chiffre est réel mais encadré d'un narratif qui l'atténue. Chaque angle mort est précisément celui qui permettrait d'évaluer l'efficacité managériale : nombre total de cadres au-delà du comité de direction, masse salariale ventilée par catégorie, évolution du ratio encadrement/production, conditions exactes du barter de Cannes, détail des 150 M€ d'économies annoncées pour 2026.
La Cour des comptes, elle, ne plaide pas. Elle constate : des capitaux propres tombés de 294 à 179 M€ en huit ans, passés "en dessous de la moitié du capital social" depuis 2021 — seuil légal en dessous duquel la pérennité de l'entreprise est considérée comme non assurée, obligeant l'État actionnaire à agir. Elle constate des déficits d'exploitation cumulés de 376 M€ sur la seule société anonyme. Elle constate une masse salariale qui ne baisse pas malgré la réduction des effectifs, structurellement rigidifiée par un accord collectif que la direction elle-même a finalement dénoncé en juillet 2025.
France Télévisions a publié ce matin ce qu'elle était contrainte de publier. Ce qu'elle ne publie pas, c'est ce qui dérange : pas les chiffres bruts, mais leur mise en relation. Le ratio entre la réduction des effectifs (-12%) et la quasi-stagnation de la masse salariale (-1,95%). Le quadruplement de la part de production interne — de 5% à 20%, soit jusqu'à 88 M€ captés par la filiale France TV Studio. Les 46 M€ de frais de mission en année olympique. Les capitaux propres sous le seuil d'alerte légal depuis 2021.
Une dernière question qui mérite d'être posée
Le rapport de la Cour des comptes a été délibéré le 10 juillet 2025 — deux mois après la reconduction de Delphine Ernotte par l'Arcom le 14 mai. Calendrier normal, assure la Cour.
Sauf que la commission d'enquête Alloncle a produit un mail — dont l'existence n'a été ni confirmée ni démentie sous serment par la Cour ni par Christophe Tardieu, secrétaire général de France Télévisions — dans lequel la direction aurait demandé à reporter la publication du pré-rapport "non plus en mars 2025, mais après la reconduction de la présidente", au motif qu'un envoi avant "risquait de modifier les termes du débat" et aurait pu "heurter la sincérité de cette compétition."
Tardieu, auditionné, n'a pas dit qu'il n'avait pas envoyé ce mail. Il a dit qu'il ne l'avait "pas trouvé" dans sa messagerie.
Si ce rapport avait été publié en mars 2025 comme initialement prévu, l'Arcom aurait-elle pu, en toute connaissance de cause, reconduire Delphine Ernotte pour un troisième mandat ?
Le Président de la commission d'enquête, Jérémie Patrier-Leitus, ne serait PAS IMPARTIAL mais "favorable" aux cadres de France Télévision selon une note de cadrage de France Télévisions.
Cette note a été remise à toutes celles et ceux convoquées à la commission d'enquête sur l'Audiovisuel public.
« Les services de FTV ont établi une note de cadrage pour préparer les auditions des cadres convoqués par la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'AVP
Extraits
Commission créée à l'initiative du groupe UDR en réaction à l'affaire Cohen-Legrand et en se fondant sur les déclarations selon lesquelles "on ne représente pas la France telle qu'elle est ...mais on essaie de représenter la France telle qu'on voudrait qu'elle soit."
Élargissement du champ d'enquête à la faveur de la publication du rapport de la Cour des Comptes.
Nous aurons tout intérêt à être très factuel pour objectiver ce que nous cherchons à démontrer = contribuer à faire dégonfler le caractère polémique de l'initiative et ne pas nous aliéner les autres groupes plutôt réservés.
Composition de la CE (31 députés dont 12 connus pour leurs positions plutôt favorable à FTV)
Vigilance pour toutes les Auditions
Le questionnaire qui nous est transmis au nom du rapporteur en amont des auditions est indicatif.
Durée 1h30 / 2 h max avec liminaire de 15 min autorisé. Hors audition présidente.
Obligation pour toutes les personnes dont la commission d'enquête a jugé l'audition utile de se rendre à la convocation
Obligation de d'écluses liens d'intérêts
Obligation de répondre aux questions posées et sous serment.
Possibilité de poursuite pour faux témoignage
En pratique les suites judiciaires données par le parquet ( qui ne peut-être saisi que par le président de la CE -qui nous est plutôt favorable en l'espèce -) sont très rares.»
Source : Blog CGC des Medias
A) - Mainmise de la gauche sur l’audiovisuel public
B) - Il faut supprimer le service public d’audiovisuel
C) - L’Entretien du Diplomate
avec Claude Chollet (OJIM) – L’affaire Legrand–Cohen : « En termes de
grand banditisme, ça s’appelle un flagrant délit ! »
Audiovisuel public : le rapport Alloncle censuré par la caste ?
27 avril 2026. À 14h30, dans une salle à huis clos de
l’Assemblée nationale, trente députés vont décider si le rapport de la
commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le
financement de l’audiovisuel public sera publié ou enterré à jamais. Ce
rapport, fruit de six mois de travaux menés par le député UDR Charles
Alloncle, met au jour un scandale d’État : un service public financé par
4 milliards d’euros par an – soit près de 100 euros par foyer français,
qu’on ait une télévision ou non – transformé en outil de propagande
idéologique au service d’une seule famille politique et de quelques
cercles d’influence.
Le post viral de ce matin sur X résume
l’affaire en une phrase : le rapport ne serait pas publié, mais les
vidéos des auditions resteraient en ligne. Une demi-mesure qui sent le
compromis de couloir. Une manipulation classique pour étouffer les faits
tout en feignant la transparence. Car ce que révèle ce travail
parlementaire inédit est explosif : une mainmise totale de la gauche sur
l’audiovisuel public, doublée d’une concentration sans précédent des
médias français aux mains d’une poignée de milliardaires et d’intérêts
industriels. Le tout payé par le contribuable.
Une commission qui a osé poser les questions que tout le monde évite
Créée à l’initiative du groupe UDR, cette commission est historique : jamais l’Assemblée n’avait scruté avec une telle intensité le fonctionnement de France Télévisions et Radio France. Dans une interview récente, Charles Alloncle, rapporteur, expliquait sans détour pourquoi il fallait agir :
« On
a par exemple madame Adèle Van Reeth qui est directrice de France Inter
qui assume que France Inter doit être une radio résolument
progressiste. Première rupture majeure avec cette obligation légale […] Madame
Ernotte à la tête de l’une des premières rédactions européennes […]
nous explique qu’en fait France Télévisions n’a pas un devoir de
retranscrire le réel […] mais plutôt de présenter la France telle
qu’elle voudrait qu’elle soit. »
Delphine Ernotte elle-même l’a dit sans fard : « Nous voulons montrer la France telle qu’on voudrait qu’elle soit et non pas la France telle qu’elle est. » Patrick Cohen et Thomas Legrand, journalistes vedettes de France Inter, ont été filmés en train de comploter dans un café de Montparnasse avec des hiérarques du Parti socialiste pour « amener » des invités et préparer la campagne. Des échanges payés par l’argent public. L’audimat est là : une audience captive, majoritairement de gauche, que l’on flatte pour ne pas la perdre.
Les chiffres sont accablants. Une étude de
l’institut Thomas More (février 2024) montrait que moins de 4 % des
intervenants sur les chaînes et radios publiques pouvaient être classés à
droite ou libéraux. Sur certaines matinales de France Inter ou
France Info, la proportion d’invités de gauche frôle les 70 %. Le
pluralisme, principe constitutionnel rappelé par le Conseil
constitutionnel et inscrit dans la loi Léotard de 1986, n’est plus qu’un
slogan. La diversité ? On la brandit partout sauf quand il s’agit
d’idées divergentes.
La caste intouchable : conflits d’intérêts, portes tournantes et enrichissement
Mais le scandale ne s’arrête pas à l’idéologie. Il est aussi financier et structurel. Alloncle l’a détaillé point par point :
« J’ai
auditionné le président de l’ARCOM […] ce monsieur s’est présenté mais
il a omis un élément : il était passé par un certain nombre de cabinets
ministériels. […] Il n’a travaillé que pour des ministres socialistes. »
Le collège de l’ARCOM, censé garantir l’indépendance, est truffé de profils militants. Un membre nommé en juillet 2025 avait appelé publiquement à une manifestation « antifasciste
» contre Vincent Bolloré quelques mois plus tôt. L’omerta règne. Les
cadres de France Télévisions qui osent parler en off à Alloncle exigent
l’anonymat total : « Il y a un système de pression, une omerta. »
Les
conflits d’intérêts avec les sociétés de production sont édifiants.
Nathalie Darrigrand, ancienne directrice des programmes de France
Télévisions, signe des contrats massifs pour la société de production de
Renaud Le Van Kim, puis se fait licencier avec une indemnité de 300 à
400.000 euros payée par le contribuable… avant de reprendre la tête des
mêmes émissions dans cette même société. Même schéma avec d’autres
grands noms.
Des centaines de millions d’euros d’argent public qui atterrissent dans les poches d’un petit cercle d’amis politiques.
La
Cour des comptes, dans un rapport récent, a été accablante. Déficit
cumulé de 81 millions d’euros sous Delphine Arnault, qui pourtant se
félicite chaque année d’équilibrer les comptes. Salaire moyen chez
France Télévisions : 72.000 euros par an. Une trentaine de directeurs
mieux payés que le président de la République. Cinquante voitures de
fonction avec chauffeur pour un avantage en nature de 30 à 40.000 euros
par an chacune. 126.000 euros par jour de frais de réception et de
mission. Un CSE (Comité Social et Économique) avec piscine rénovée pour 1 million d’euros. Des frais de taxi à 10.000 euros par jour.
Alloncle compare sans détour :
« 4 milliards d’euros par an, c’est 400 écoles, 8 hôpitaux, le salaire de 100.000 professeurs. »
Ou encore de quoi réhabiliter des centaines de monuments historiques en ruine ou sécuriser le Louvre. Pendant ce temps, la France peine à boucler son budget et augmente les impôts des classes moyennes.
La carte qui dit tout : 11 milliardaires contrôlent l’essentiel de la presse française
Cette
mainmise idéologique sur le service public n’est pas isolée. Elle
s’inscrit dans une concentration extrême de l’ensemble des médias
français. La carte célèbre du Monde diplomatique (mise à jour régulièrement avec Acrimed) est implacable :
une poignée de milliardaires et d’intérêts industriels contrôle l’immense majorité des médias qui « font l’opinion ».
Vincent
Bolloré (Vivendi, CNews, Europe 1), Bernard Arnault (Les Échos, Le
Parisien), Xavier Niel (Le Monde, L’Obs), Rodolphe Saadé (BFM, RMC),
Matthieu Pigasse…
Au
total, 11 grandes fortunes détiennent 81 % des ventes de la presse
quotidienne nationale et 95 % des hebdomadaires généralistes.
L’audiovisuel
public, censé être le contre-pouvoir financé par tous, est en réalité
le prolongement de cette même logique : une caste qui se sert de
l’argent public pour imposer son récit.
On est en plein cycle orwellien : on parle de « diversité » tout en pratiquant l’uniformité idéologique ; on invoque la « libertéd’expression » tout en labellisant les médias « bons » ou « mauvais » ; on prétend défendre la démocratie tout en enterrant les rapports qui la dérangent.
Pourquoi ce rapport doit être publié
Le
vote d’aujourd’hui n’est pas technique. Il est politique. La gauche et
une partie du centre, majoritaires dans la commission, ont déjà qualifié
le rapport de « pamphlet politique organisé par l’extrême droite
». Thomas Portes (LFI) l’a dit clairement. Ils veulent le faire
disparaître dans les archives confidentielles. Pourtant, les auditions
ont été filmées. Les Français ont vu. Les faits sont là.
Charles Alloncle l’a rappelé avec force : les personnes auditionnées ont prêté serment.
Mentir expose à des sanctions pénales. Le rapporteur dispose de
pouvoirs de contrôle sur pièces et sur place. Si des mensonges, des
prises illégales d’intérêt ou des pressions sur la Cour des comptes sont
avérés, l’article 40 du Code de procédure pénale peut être activé. La justice peut se saisir.
Ce
qui se joue dépasse l’audiovisuel public. C’est la question de la
souveraineté informationnelle des Français. Peut-on encore tolérer que 4
milliards d’euros par an – prélevés sur tous les foyers via la TVA
depuis la suppression de la redevance – servent à financer une machine idéologique qui méprise la moitié du pays ?
La
caste se sent intouchable. Elle vit grassement pendant que les Français
se serrent la ceinture. Elle censure les voix dissidentes pendant
qu’elle prêche la tolérance.
Ce
lundi 27 avril 2026, les députés ont donc choisi, de justesse, de ne
pas confirmer que l’audiovisuel public est une chasse gardée. Les Français regardent. Et ils n’oublieront pas.Le temps de la vérité est venu. Le temps de la réforme aussi.
Car
quand l’information est verrouillée par une seule famille politique et
quelques milliardaires, ce n’est plus une démocratie. C’est une
oligarchie médiatique financée par le peuple.
Partagez
cet article. Exigez la publication intégrale du rapport Alloncle le 4
mai. Et rappelez-vous : l’information n’appartient ni à la gauche, ni
aux milliardaires. Elle appartient au peuple qui la paie.
La perquisition des bureaux de X à Paris : une offensive politique contre la liberté d’expression ?
Le 3 février 2026, les autorités françaises ont lancé une perquisition dans les locaux parisiens de X (ex-Twitter),
la plateforme détenue par Elon Musk. Cette opération, menée par la
section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, avec le
soutien de la gendarmerie nationale et d’Europol, s’inscrit dans une
enquête ouverte en janvier 2025.
Officiellement,
elle vise à recueillir des preuves sur des suspicions de diffusion de
contenus illicites, incluant des images d’abus sexuels sur enfants, des
deepfakes sexuels générés par l’IA Grok, et des infractions pénales en
bande organisée comme la négation de l’Holocauste.
Elon Musk et l’ancienne directrice générale Linda Yaccarino ont été convoqués en audition libre pour le 20 avril 2026. Mais derrière ce discours récurrent sur la prétendue protection de la jeunesse et la lutte contre la pédocriminalité – martelé ad nauseam par les médias mainstream –, se profile une motivation profondément politique.
Cette action judiciaire n’est-elle pas une tentative de museler une
plateforme devenue un bastion de l’opposition et de la libre information
?
Cette perquisition représente une nouvelle perte pour la
liberté de parole, déjà érodée par des régulations européennes comme le
Digital Services Act (DSA).
En France, où la liberté d’expression est protégée par l’article 11 de
la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, intégrée à la
Constitution, cette intervention constitue une atteinte grave.
Elle semble cibler X pour son rôle dans la diffusion d’informations critiques, comme les fichiers Epstein, où Musk s’est engagé publiquement pour une transparence totale malgré les attaques personnelles : « Personne
n’a lutté plus ardemment que moi pour la publication intégrale des
dossiers Epstein et la poursuite des agresseurs d’enfants. » (voir ici ( Personne n'a lutté plus ardemment que moi pour la publication intégrale des dossiers Epstein et la poursuite des agresseurs d'enfants, sachant pertinemment que les médias traditionnels, les propagandistes d'extrême gauche et les véritables coupables :
1. N'avouez rien
2. Nier tout
3. Portez des contre-accusations contre moi
Je savais que je serais impitoyablement diffamée, alors que je n'avais jamais assisté à ses fêtes, ni voyagé à bord de son avion « Lolita Express », ni mis les pieds sur son île sinistre, ni fait quoi que ce soit de mal.
Néanmoins, la douleur extrême d'être accusé d'être l'opposé de ce que je suis en valait la peine.
Les forts doivent protéger ceux qui ne peuvent se protéger eux-mêmes, en particulier les enfants vulnérables. J'accepterai volontiers les souffrances futures que je devrai endurer pour mieux protéger les enfants et leur donner la chance de grandir et de vivre heureux.)).
Les motifs officiels : une façade pour justifier la censure ?
Selon
le parquet de Paris, l’enquête porte sur des infractions liées à la
modération insuffisante de contenus sensibles, y compris des deepfakes
générés par Grok et des contenus « sexuels et sexistes » illégaux. Des plaintes d’associations et de ministres ont alimenté cette procédure (voir ici et ici),
invoquant la protection des mineurs et la cybercriminalité. Le parquet a
même migré vers LinkedIn et Instagram, marquant une rupture symbolique.
Ces arguments s’alignent sur des affaires passées, comme l’arrestation de Pavel Durov (Telegram) en 2024 pour des motifs similaires, qualifiés par ce dernier d’ « absurdes ».
Pourtant,
le timing est révélateur : la perquisition survient après la démission
de Claire Dilé, directrice des affaires publiques de X France, une ancienne collaboratrice d’Emmanuel Macron au sein d’ En Marche !
Exfiltrée une semaine avant, elle est accusée d’avoir instauré une « censure invisible » via la politique « Freedom of Speech is not Freedom of Reach » (voir ici), déamplifiant les contenus « gris »
– sensibles mais non illégaux, comme les critiques des politiques
gouvernementales. Lors d’une audition parlementaire en juin 2025, elle a
admis : « On va mettre un filtre sur le contenu et le déamplifier algorithmiquement et empêcher les gens d’engager avec ce contenu. »
Des motivations politiques évidentes : contrôler l’information et museler l’opposition
Au-delà des justifications officielles, cette perquisition semble politiquement motivée. X a réagi en qualifiant l’opération d’ « acte judiciaire abusif reposant sur des motivations politiques », ignorant les mécanismes internationaux pour obtenir des preuves. Juan Branco, dans une interview, interroge : « A-t-elle [Claire Dilé] été protégée ? L’Élysée savait ? » Dilé, qualifiée de « taupe macroniste », aurait servi les intérêts de l’Élysée, transformant X en outil de « dictature numérique ».
LES PERQUISITIONS DE X
Le 3 février 2026, les autorités françaises ont lancé une perquisition dans les bureaux parisiens de X, l'ancien Twitter, propriété d'Elon Musk. Cette opération, menée par la section cybercriminalité du parquet de Paris avec l'appui de la gendarmerie nationale et d'Europol, s'inscrit dans une enquête ouverte en janvier 2025 sur des soupçons de manipulations algorithmiques, diffusion de contenus illicites comme la négation de l'Holocauste ou des images pédopornographiques, et des deepfakes sexuels générés par Grok, l'IA de xAI. Cette action soulève des questions sur la liberté d'expression et le contrôle étatique des plateformes numériques, dans un climat où les gouvernements européens multiplient les pressions sur les géants technologiques américains pour imposer leurs règles.
DÉTAILS DES PERQUISITIONS
Les perquisitions visent à recueillir des preuves sur la manière dont X gère ses algorithmes et modère ses contenus. Selon des sources proches de l'enquête, relayées sur X par des utilisateurs influents comme des analystes indépendants, l'opération fait suite à des plaintes déposées par des associations et des ministres français dénonçant des contenus "sexuels et sexistes" illégaux. Le parquet a quitté X récemment, migrant vers LinkedIn et Instagram, signe d'une défiance accrue. Des employés de X sont convoqués comme témoins la semaine du 20 avril. Cette intervention survient alors que Donald Trump, réélu, menace les pays attaquant les GAFAM, soulignant les tensions transatlantiques sur la régulation du web.
RÉACTIONS DE PAVEL DUROV
Pavel Durov, fondateur de Telegram, n'a pas encore réagi publiquement à cet événement précis, mais ses déclarations passées sur X résonnent fortement. Arrêté en France en août 2024 pour des accusations similaires de complicité dans des infractions sur sa plateforme, il avait qualifié son interpellation d'"absurde sur le plan légal et logique", accusant les autorités françaises d'ignorer leurs propres lois et de nuire à l'image de la France comme pays libre. Sur son canal Telegram et X, Durov a souvent dénoncé les "règles impossibles" imposées par l'UE pour censurer les contenus sans transparence. Des observateurs sur X spéculent que cette perquisition chez X pourrait l'inciter à commenter, voyant là une extension de la chasse aux sorcières contre les patrons de réseaux sociaux qui refusent de plier aux diktats gouvernementaux.
CONVOCATION D'ELON MUSK
Elon Musk est convoqué en audition libre le 20 avril 2026 à Paris, aux côtés de Linda Yaccarino, ex-directrice générale de X, en tant que gérants de fait et de droit. Cette convocation, envoyée par le parquet, vise à les interroger sur les pratiques de la plateforme au moment des faits allégués. Sur X, des partisans de Musk dénoncent une manœuvre politique pour intimider les innovateurs qui défendent la liberté d'expression contre les régimes bureaucratiques. Musk, connu pour ses critiques acerbes envers les régulations européennes, pourrait transformer cette audition en tribune pour exposer les hypocrisies des autorités, comme il l'a fait par le passé face à des enquêtes similaires.
INDIGNATION AUX ÉTATS-UNIS
Aux États-Unis, l'opération provoque une vague d'indignation parmi les cercles conservateurs et libertariens, relayée massivement sur X. Des figures influentes comme des podcasteurs et analystes économiques qualifient cela d'attaque contre la souveraineté américaine et les principes de libre marché. En juillet 2025, des officiels US avaient déjà condamné une enquête française sur X pour ingérences étrangères, la voyant comme une ingérence dans les affaires privées. Avec Trump à la Maison Blanche, des menaces de représailles commerciales circulent sur X, des utilisateurs évoquant un "rapport de force" où la France défie les GAFAM au risque de sanctions. Cette perquisition est perçue comme un symbole de l'arrogance européenne, alimentant un discours sur la nécessité de protéger les technologies US des ingérences étrangères.
ANALYSE
Cette affaire illustre les tensions croissantes entre innovation technologique et contrôle étatique. Alors que les plateformes comme X et Telegram défendent une modération minimale pour préserver la liberté d'expression, les gouvernements invoquent la cybercriminalité pour justifier des intrusions. Sur X, des débats soulignent comment ces actions pourraient décourager les entrepreneurs et favoriser des alternatives décentralisées. L'issue pourrait redéfinir les relations transatlantiques, avec un risque d'escalade si Musk et Durov unissent leurs voix contre ce qu'ils perçoivent comme une censure déguisée. Restez vigilants : la vérité émerge souvent des sources indépendantes, loin des narratifs officiels.
L’opération coïncide avec des révélations sur l’espionnage
téléphonique de Macron et Attal par Israël, et la diffusion des fichiers
Epstein sur X, exposant des élites internationales. Macron, appelant
depuis 2023 à réguler les réseaux contre la « haine en ligne », utilise ces outils pour censurer les critiques. Des publications virales dénoncent une « mise en scène » pour intimider.
Aux États-Unis, l’indignation monte :
des menaces de représailles commerciales sous Trump qualifient cela
d’arrogance européenne.
Des utilisateurs français alertent sur un « délire totalitaire », où le gouvernement priorise le contrôle des algorithmes ouverts de X.
Une atteinte grave à la liberté constitutionnelle : vers une dictature numérique ?
Cette perquisition prolonge une série d’assauts contre la liberté de
parole, de Telegram à X, transformant les plateformes en instruments de
contrôle étatique.
Elle censure l’opposition politique –
débats sur les réformes macronistes ou l’immigration – et entrave la
liberté d’information, favorisant une « dictature numérique » où les algorithmes deviennent des armes pour enterrer les voix critiques.
Une fois de plus, la perte de liberté de parole est évidente : ce n’est pas la protection des enfants qui motive, mais le maintien du pouvoir. Des observateurs alertent : sans résistance, X pourrait devenir, en France, un média d’État, décourageant les investissements et poussant vers des alternatives décentralisées. Comme l’a dit un utilisateur : « C’est le Ministère de la vérité qui décide ce qu’est un contenu illicite ? »
En somme, derrière la rhétorique protectrice, cette perquisition est
une atteinte flagrante à la liberté d’expression. Il est temps d’exiger
une transparence réelle, plutôt que des opérations de façade servant des
intérêts politiques.
"Une attaque politique" : Elon Musk et X
dénoncent un "acte judiciaire abusif" après la perquisition menée dans
les locaux du réseau social en France
Le milliardaire à la tête de X a fustigé une "attaque politique"
mardi 3 février, après la perquisition menée dans ses locaux français.
Le réseau social a affirmé plus tôt qu'il ne se laisserait "pas
intimider".
Elon Musk répond. Le réseau social X a dénoncé
mardi 3 février un "acte judiciaire abusif" reposant "sur des
motivations politiques", après la perquisition menée dans ses locaux français,
affirmant qu'il ne se laisserait "pas intimider". "Les allégations
ayant justifié cette perquisition sont infondées et X réfute
catégoriquement avoir commis la moindre infraction", a affirmé le réseau
dans un post. En retweetant le message, le milliardaire à la tête du
réseau social a commenté : "C'est une attaque politique".
Dans un second message aussi posté
sur son réseau social, l'homme le plus riche du monde, également patron
et actionnaire du constructeur automobile Tesla, de la société spatiale
SpaceX et de la start-up d'intelligence artificielle xAI, a estimé que
les autorités françaises feraient mieux de lutter contre la délinquance
sexuelle.
"Les autorités judiciaires
françaises ont perquisitionné ce jour les bureaux parisiens de X dans le
cadre d'une enquête pénale reposant sur des motivations politiques et
faisant suite à des allégations de manipulation d'algorithmes et de
prétendues extractions frauduleuses de données. Nous sommes déçus par ce
développement mais il ne nous surprend pas", a indiqué le réseau d'Elon
Musk.
"Le parquet de Paris a donné un large écho
médiatique à cette mesure, démontrant ainsi qu'elle constitue un acte
judiciaire abusif visant à atteindre des objectifs politiques
illégitimes", a-t-il jugé.
"Une pression sur la direction générale de X aux États-Unis"
"Le
parquet de Paris tente manifestement d'exercer une pression sur la
direction générale de X aux États-Unis en visant notre entité française,
étrangère aux faits poursuivis, ainsi que ses employés, au mépris des
mécanismes procéduraux établis par les traités internationaux leur
permettant de collecter des preuves ainsi que du droit de X de se
défendre", a encore affirmé la plateforme.
Liberté d'expression, pas de contrôle : un point sur notre philosophie en matière d'application de la loi
Notre mission chez Twitter 2.0 est de promouvoir et de protéger le débat public.Nous croyons que les utilisateurs de Twitter ont le droit d'exprimer leurs opinions et leurs idées sans crainte de censure.Nous pensons également qu'il est de notre responsabilité de protéger les utilisateurs de notre plateforme contre les contenus enfreignant notre règlement.
Ces convictions sont le fondement de la liberté d'expression, et non de la liberté de diffusion – notre philosophie d'application du règlement. Cela signifie que, le cas échéant, nous limitons la portée des Tweets qui enfreignent notre règlement en rendant leur contenu moins visible.
Aujourd'hui, nous sommes heureux de vous présenter une mise à jour de notre approche d'application du règlement, qui aligne mieux cette philosophie sur notre engagement de transparence.
La limitation de la portée des Tweets, également appelée filtrage de visibilité, est l'une de nos mesures d'application existantes qui nous permet de dépasser l'approche binaire « laisser en ligne ou supprimer » de la modération de contenu.Cependant, comme d'autres plateformes sociales, nous n'avons pas toujours été transparents lorsque nous avons mis en œuvre cette mesure.Prochainement, nous ajouterons des étiquettes visibles publiquement aux Tweets identifiés comme potentiellement non conformes à notre règlement, afin de vous informer que nous avons limité leur visibilité.
Ces étiquettes apportent une transparence accrue aux mesures d'application en indiquant la règle potentiellement enfreinte par le Tweet, tant à son auteur qu'aux autres utilisateurs de Twitter.Les Tweets étiquetés seront moins visibles sur la plateforme.De plus, nous n'afficherons pas de publicités à proximité des contenus étiquetés.Pour en savoir plus sur les moyens de limiter la portée d'un Tweet, cliquez ici.
Les auteurs pourront nous faire part de leurs commentaires s'ils estiment que la visibilité de leur Tweet a été limitée à tort.Actuellement, l'envoi de commentaires ne garantit ni une réponse ni le rétablissement de la portée du Tweet.Nous travaillons à permettre aux auteurs de faire appel de notre décision.
Bien que ces étiquettes ne s'appliquent initialement qu'à certains Tweets susceptibles d'enfreindre notre Règlement sur les comportements haineux, nous prévoyons d'étendre leur application à d'autres domaines de règlement pertinents dans les prochains mois.Ce changement vise à rendre les mesures d'application plus proportionnées et transparentes pour tous les utilisateurs de notre plateforme.Notre engagement à faire de Twitter un espace sûr pour les échanges reste inchangé.Nous continuerons à supprimer les contenus illégaux et à suspendre les utilisateurs malveillants de notre plateforme.Pour en savoir plus sur nos différentes options de mise en application, consultez notre Centre d'aide.
Il y a quelque chose de révélateur dans le fait qu'une vaste bureaucratie politique décide de sanctionner un simple analyste suisse pour avoir contredit le discours officiel sur l'Ukraine.Si vos arguments sont solides, vous débattez avec lui.Si votre légitimité est incontestable, vous l'ignorez.Recourir à une liste de sanctions, c'est signaler autre chose : que le récit que Bruxelles fait de cette guerre – et de son propre rôle – n'est peut-être pas assez solide pour résister à un examen ouvert et sans filtre.
L'UE a commencé à utiliser son régime de sanctions contre la Russie non seulement contre les oligarques et les responsables, mais aussi contre les analystes occidentaux.
En décembre, Bruxelles a inscrit Jacques Baud – un citoyen suisse résidant en Belgique – sur sa liste de sanctions.Non pas pour avoir financé la guerre ou dirigé des unités cybernétiques, mais pour ses commentaires sur l'Ukraine et l'OTAN, qualifiés de « propagande pro-russe » et de « désinformation ».Gel des avoirs, interdiction de voyager dans toute l'UE, aucune condamnation pénale, aucun procès.
Il n'est pas nécessaire d'être d'accord avec Baud pour constater le problème.Lorsqu'un organe politique peut sanctionner la liberté d'expression par décret de politique étrangère, la frontière entre défense de la démocratie et gestion de l'orthodoxie s'estompe.
Mon nouvel article analyse les conséquences de ce précédent pour les citoyens européens ordinaires, qui subissent déjà le coût financier de la guerre et qui voient désormais se restreindre progressivement ce qu'ils peuvent dire sans risque sur les événements qui nous ont menés à cette situation.
L'affaire Jacques Baud : la liberté d'expression est-elle en train de mourir en Europe ?
Les
sanctions, quasi saluées par les médias romands, témoignent du mépris
croissant pour la liberté d'expression des élites continentales. Et me
rappellent une autre affaire, vieille de presque 50 ans
“Un individu controversé, apprécié des médias complotistes”
Jacques Baud, ancien colonel de l’Armée suisse, analyste en stratégie et ancien membre du renseignement stratégique suisse, vient donc d’être sanctionné, par le Conseil de l’Union Européenne. Vous en aurez peut-être entendu parler à la RTS, dans l’émission Forum,
où il était décrit comme “un individu controversé”, qui se voit
sanctionner “après la propagandiste suisso-camerounaise Nathalie Yamb”.
“Apprécié
des sites complotistes, (…) l’ancien fonctionnaire est aussi apparu
dans un congrès antivaccins et conspirationniste à Winterthour”
Le ton y était donné très rapidement :
“L’UE
le qualifie de “porte-parole de la propagande pro-russe” et l’accuse de
diffuser des théories du complot, comme l’idée que Kiev aurait
orchestré sa propre invasion pour rejoindre l’OTAN. Présent dans des
médias complotistes ou pro-russes…”
Le tout présenté
avec une photo du Kremlin à l’arrière-plan, du meilleur goût, comme
vous le verrez dans cet extrait, dans lequel on précise que Jacques Baud
a refusé de répondre aux questions de la rédaction :
On notera que Jacques Baud conteste avoir “refusé de répondre”.
Il était simplement indisponible quand ils lui ont demandé de
commenter, et ils ne l’ont jamais rappelé, ce qui est tout de même,
comment le dire poliment, très différent de ce qui était affirmé ci-dessus.
Mais peut-être préférez-vous lire la presse ? Le quotidien 24 Heures, par exemple?
Vous y aurez lu la même information, et surtout trouvé le même vocabulaire. Morceaux choisis :
“Apprécié
des sites complotistes, (…) l’ancien fonctionnaire est aussi apparu
dans un congrès antivaccins et conspirationniste à Winterthour”
Le
ton est donné : si la décision de sanctionner Jacques Baud est
présentée de façon plutôt objective et neutre, le vocabulaire choisi
pour qualifier l’analyste, lui, ne l’est pas du tout.
On ne sent guère de sympathie pour Jacques Baud.
De la sympathie, il en aurait pourtant besoin. Ce qui l’attend risque d’être difficile.
“Impossible de payer mon loyer, mes assurances, mes impôts…”
Les
sanctions européennes, qui incluent blocage de l’accès aux comptes
bancaires et interdiction de voyage ou de survol au sein de l’UE, sont
très loin d’être symboliques. Pour s’en faire une idée, le mieux est
sans doute de lire ou d’écouter le témoignage de Nathalie Yamb, la
“propagandiste suisso-camerounaise” (on appréciera une fois de plus le
vocabulaire choisi) dont il était question plus haut, sanctionnée, elle,
depuis juin 2025 :
Il est techniquement
interdit à quiconque de l’aider financièrement, même pour un café ou un
cadeau, sous peine de risquer la prison pour « contournement des
sanctions », une infraction pénale. L’État allemand ne lui accorde
l’accès qu’à environ 56 euros par mois
“L'une
après l'autre, mes cartes de crédit sur des comptes en Suisse, en
Afrique et dans des banques en ligne ont été bloquées. Mes comptes
eux-mêmes ? Bloqués. Mes cryptos, inaccessibles.
Mes comptes PayPal et GoFundMe, fermés. Tout comme mes comptes Amazon, Airbnb, Booking, eBay. (…)
Impossible
de payer mon loyer, mes assurances. mes impôts, mes avocats, mes
médicaments. Impossible d'acheter un billet d'avion, d'écouter de la
musique, de regarder Netflix, de prendre un Uber, de passer une commande en ligne, de régler une note d'hôtel.
Mais
il y a mieux : impossible de retourner en Suisse pour gérer les
urgences puisque les sanctions comprennent une interdiction de survol du
territoire de l'Union européenne alors que la Suisse y est complètement
enclavée, entourée par la France, l'Autriche, l'Allemagne et l'Italie.
une dinguerie.”
C’est cette “dinguerie” qui est promise à Jacques Baud : être
prisonnier d’un seul pays, celui où il réside actuellement, la Belgique,
sans possibilité de revenir en Suisse (qui “étudie” la possibilité de
reprendre les sanctions), et connaître une détresse économique à peu
près inévitable.
Hüseyin Doğru,
citoyen allemand résidant à Berlin, sanctionné, lui, en mai de cette
année, décrit une situation où lui et sa famille (dont les avoirs ont
aussi été gelés) sont complètement privés de revenus. Il explique qu’il
est techniquement interdit à quiconque de l’aider financièrement, même
pour un café ou un cadeau, sous peine de risquer la prison pour «
contournement des sanctions », une infraction pénale. L’État allemand ne
lui accorde l’accès qu’à environ 56 euros par mois de ses propres
fonds, une somme évidemment incompatible avec une vie normale pour un
père de famille à Berlin.
Pire, chaque paiement (comme des
frais médicaux ou un loyer) nécessite une permission spéciale des
banques centrales ou des ministères, qui peuvent arbitrairement refuser
des demandes légales, comme le paiement pour le remplacement d’une carte
d’identité.
C’est d’une violence inouïe.
Existe-t-il des voies de recours ?
Pas
vraiment. Puisqu’il n’existe aucune loi interdisant d’être
“propagandiste”, aucune infraction n’a été commise, aucun procès n’a eu
lieu, aucun jugement n’a été rendu. Il s’agit d’une décision politique
et administrative, basée sur une conception de la “guerre hybride” qui
permet d’assimiler la parole à une arme.
Saisir la Cour de
Justice de l’UE n’entraînera aucun effet suspensif. Pire encore, les
sanctions, même si elles étaient levées, pourraient être rétablies
immédiatement après (c’est déjà arrivé). Ces sanctions sont conçues pour
conduire à la mort sociale et économique de la personne qu’elles
visent, et pour un citoyen suisse résidant en Belgique, leur efficacité
risque d’être redoutable.
“Un porte-parole de la propagande pro-russe” ?
Qu’a fait Jacques Baud pour mériter restriction de ses mouvements et pauvreté ?
Il sert de porte-parole à la propagande pro-russe et élabore des
théories du complot, accusant par exemple l’Ukraine d’avoir orchestré sa
propre invasion afin de rejoindre l’OTAN.
Très bien, prenons ces accusations l’une après l’autre.
Est-il un “porte-parole de la propagande russe” ?
On
voit mal comment cette accusation pourrait être défendue face à un juge
ou un jury. Heureusement pour le Conseil de l’UE, il n’aura pas à se
justifier devant quelque instance juridique que ce soit.
Dans plusieurs interviews récentes (1, 2),
Jacques Baud s’en défend. Il affirme n’avoir aucune connexion avec la
Russie, aucun bien en Russie, n’avoir jamais reçu d’argent de la Russie.
Il évite soigneusement d’apparaître dans des médias russes, refusant
toutes les invitations, pourtant nombreuses. Finalement, Il utilise
exclusivement, dans ses analyses, des sources occidentales ou
ukrainiennes. Si le Conseil de l’Union Européenne devait défendre cette
accusation devant un tribunal, gageons que la tâche serait impossible,
parce que c’est tout simplement faux.
A-t-il au moins “accusé l’Ukraine d’avoir orchestré sa propre invasion afin de rejoindre l’OTAN ?”
Il
s’en défend aussi. Il se serait contenté, comme beaucoup d’autres
d’ailleurs, d’attirer l’attention sur une déclaration d’un conseiller de
Zelenski, Oleksiy Arestovych, datant de 2019 et largement partagée sur les réseaux sociaux.
C’est Arestovytch lui-même qui avait, donc, déclaré :
“Avec une probabilité de 99,9%, le prix à payer pour rejoindre l’OTAN est une guerre totale avec la Russie.”
Jacques
Baud n’accuse pas, il présente seulement un témoignage, venant d’une
source crédible. Ici aussi, on voit mal comment cette accusation
pourrait être défendue face à un juge ou un jury.
Heureusement pour le Conseil de l’UE, il n’aura pas à se justifier devant quelque instance juridique que ce soit.
Un coupable manque d’enthousiasme pour la stratégie européenne
S’il n’est pas “porte-parole de la propagande pro-russe”, que reproche-t-on vraiment
à Jacques Baud ? Excellente question. L’explication la plus plausible,
c’est que Jacques Baud est avant tout condamné pour son rejet, argumenté
et, surtout, persuasif, de la stratégie occidentale, en particulier
européenne, face à la guerre entre l’Ukraine et la Russie, qu’il voit
comme une aventure sans issue favorable possible pour la population
ukrainienne.
“sur l’Ukraine, avoir eu raison quand tant d’autres se sont plantés, c’est être dans le camp de Poutine. “
Depuis
2022, l’ancien officier n’a cessé d’argumenter, au travers
d’interviews, d’articles et de livres, que l’impasse sanglante actuelle
est le fruit d’un aveuglement stratégique occidental. Il soutient que le
conflit était évitable si les accords de Minsk n’avaient pas été
instrumentalisés pour préparer la confrontation, et accuse Washington et
ses alliés d’avoir sciemment bloqué les opportunités de paix au
printemps 2022 dans le seul but d’affaiblir le Kremlin. Il dénonce aussi
une arrogance occidentale qui, en sous-estimant la résilience
économique et militaire russe et en gommant la réalité complexe du
Donbass, a fini par sacrifier l’Ukraine dans une guerre par procuration
inefficace.
Comme le soulignait, dans un article antérieur aux sanctions, le Journal du Dimanche, Jacques
Baud a, souvent, eu raison contre et surtout avant tout le monde, se
montrant beaucoup plus réaliste que des médias occidentaux qui
présentaient constamment l’armée russe comme étant au bord de
l’effondrement.
Le JDD concluait :
En d’autres termes, sur l’Ukraine, avoir eu raison quand tant d’autres se sont plantés, c’est être dans le camp de Poutine.
C’est plutôt bien résumé.
Jacques
Baud est donc puni pour avoir rejeté une guerre dont la poursuite à
tout prix est voulue par des dirigeants européens qui ne semblent guère
se préoccuper des morts ukrainiens. “J’ai de la peine avec les gens qui
font la guerre avec le sang des autres”, a-t-il notamment déclaré.
Il
est absurde d’affirmer qu’un homme sans aucun lien financier avec la
Russie soit un porte-parole de la propagande russe. Et comme nous
l’avons vu, il n’a pas non plus “accusé l’Ukraine d’avoir orchestré sa
propre invasion”. Tout est faux. Jacques Baud est en réalité sanctionné
pour avoir exercé sa liberté d’expression, pour avoir dénoncé sans
relâche l’absurdité de la stratégie occidentale en Ukraine, et pour
l’avoir fait d’une façon sourcée, argumentée, et, malheureusement pour
lui, persuasive.
Dans l’indifférence complète des médias
traditionnels, la RTS se permettant même d’être mollement hostile à cet
“individu controversé” “présent dans les médias complotistes”, les
autorités européennes viennent en somme, tout simplement, de punir un
citoyen suisse pour ses opinions.
Il n’a pas été averti à
l’avance des sanctions, n’a pas pu défendre son point de vue. Il n’a pas
non plus de réelle possibilité de recours. L’Etat veut, et va,
peut-être, détruire la vie d’un homme, limitant ses déplacements,
bloquant ses sources de revenus, simplement parce qu’il dénonce une
stratégie guerrière qu’il juge insensée.
Cela ne vous rappelle rien ?
Moi, si.
Un très vieux souvenir venu d’une autre époque.
Andrei Sakharov, des différences importantes, et… des similitudes inquiétantes
Nous sommes en 1980, début janvier. En pleine guerre froide. Un autre
homme, Andrei Sakharov, est sur le point, lui aussi, de commettre le
crime de s’opposer au récit officiel concernant une autre guerre,
l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS.
Ce jour-là, bravant la
doctrine officielle du Kremlin, le physicien dissident et prix Nobel
soviétique appelle publiquement l'ONU et le gouvernement soviétique à
organiser le retrait des troupes d'Afghanistan. Il avertit que cette
rupture de l'équilibre des forces en Asie centrale risque de provoquer
une escalade incontrôlable menant à une troisième guerre mondiale
nucléaire.
Il faut toutefois souligner
évidemment un point fondamental : si la logique de la sanction est
comparable (neutraliser une voix dissidente par des moyens
administratifs), l’intensité de la coercition est incomparablement plus
brutale dans le cas soviétique (comme on s’y attend).
Sakharov,
comme Jacques Baud, dispose d’une expertise reconnue. Il est le père de
la bombe H, et à ce titre comprend mieux que quiconque les risques
d’une escalade militaire. Comme Baud également, il conteste la vision
proposée par son gouvernement de la guerre (une aide fraternelle à un
régime allié). Selon lui, c’est évidemment une guerre d’agression.
Enfin, comme Baud toujours, il ne cherche pas la polémique, mais
conteste posément le calcul cynique de ses dirigeants, qui misent sur un
gain géopolitique permanent au prix de dommages diplomatiques jugés
temporaires. Il propose une désescalade pour restaurer la stabilité
stratégique régionale.
Les réactions ne se font pas attendre, et,
comme prévu, elles sont très différentes selon de quel côté du rideau de
fer on se place. Pour les médias publics soviétiques, Sakharov est un
traître. Pour une majorité des médias occidentaux, il devient “la
conscience morale de l’URSS”.
Le récit alternatif
de la guerre qu’il propose est naturellement rejeté par les autorités
soviétiques, tout comme l’est, aujourd’hui, celui de Baud par les
autorités européennes. Et il se voit, comme Baud, sanctionné. Il faut
toutefois souligner immédiatement un point fondamental : si la logique de la sanction est comparable (neutraliser une voix dissidente par des moyens administratifs), l'intensité
de la coercition est incomparablement plus brutale dans le cas
soviétique (comme on s’y attend de la part d’un régime totalitaire
avéré), même si la comparaison de la sévérité des mesures, révèle, comme
on le verra, quelques surprises.
Assigné à résidence à Gorki, Sakharov n’est pas seulement limité dans ses mouvements, comme Baud, mais prisonnier
de son propre domicile. Son accès à l’information se voit strictement
limité. Et il sera à plusieurs reprises, notamment lors de ses grèves de
la faim, maltraité physiquement. Son intégrité physique n’était pas
respectée par les autorités soviétiques, ce qui n’est pas le cas de
Jacques Baud et de ses compagnons suspendus.
Sur le
plan financier, en revanche, on pourrait argumenter qu’Andrei Sakharov a
été mieux traité que Jacques Baud. Certes, on lui retire par décret ses
titres de «Héros du travail socialiste», lui donnant accès à des primes
mensuelles substantielles, une retraite dorée, l’accès aux magasins Beryozka
(produits occidentaux), une datcha et une voiture avec chauffeur. Il
perd aussi l’accès à ses économies en devises étrangères (les droits
d’auteur de ses livres à l’Ouest et son prix Nobel), bloquées par la
Vneshtorgbank, la banque du commerce extérieur. En revanche, resté
membre de l’Académie des sciences, il continuera à toucher son salaire
d’académicien (400 roubles) et ne sera jamais exclu du système
monétaire. Il pouvait payer en liquide n’importe où et accéder à son
salaire librement.
Il faudra attendre plus de 6 ans pour qu’Andrei Sakharov soit finalement réhabilité par Mikhaïl Gorbatchev.
Autre époque, même intolérance à la critique
Je
suppose qu’il ne se trouve pas beaucoup de journalistes à la RTS parmi
mes lecteurs. S’il y en avait, il est probable qu’ils glousseraient et
poufferaient en découvrant ma comparaison entre Jacques Baud et Andrei
Sakharov.
Qu’on en arrive à trouver, sans
trop d’effort de notre imagination, des similitudes entre l’URSS de 1980
et l’Union Européenne de 2025 devrait, dans un monde normal, suffire à
nous alarmer.
Quoi, comparer une “conscience morale” à un
“individu controversé” ? Comparer un homme brutalisé et assigné à
résidence à un homme dont l’intégrité physique n’a jamais été menacée,
et qui peut se déplacer librement en Belgique, où il réside?
Je
n’affirme pas que les deux situations soient semblables. Elles ne le
sont pas. Je me borne à signaler que le motif des sanctions, lui, est
exactement le même : ces deux hommes sont punis pour avoir eu le culot
d’exercer leur liberté d’expression en contestant la stratégie guerrière
de leurs autorités politiques respectives.
Qu’on en arrive à
trouver, sans trop d’effort, des similitudes entre l’URSS de 1980 et
l’Union Européenne de 2025 devrait, dans un monde normal, suffire à nous
alarmer. D’autant que ce régime de sanctions administratives n’est, et
de loin, pas la seule menace qui pèse sur la liberté d’expression en
Europe.
La liberté d’expression est en danger en Europe
Il y a aussi le Digital Services Act,
ou DSA, qui impose aux plateformes des obligations de suppression de
contenus jugés “nocifs” (désinformation, discours de haine), avec des
amendes massives (jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial). Les
contenus à censurer sont signalés en priorité par des ONG, désignées de
façon très orwellienne comme “signaleurs de confiance” (évidemment)
triées sur le volet.
Lucy Connolly, une femme d’une quarantaine d’années, a ainsi été condamnée à 31 mois de prison pour un tweet
Il y a enfin le projet Chat Control,
qui menaçait de rendre obligatoire le scan systématique de tous les
messages, y compris sur des messageries encryptées, mettant un terme
définitif à la protection de la sphère privée en ligne en Europe.
Fortement contesté, le texte est en voie de révision, mais il n’a pas
été retiré.
On observe plus généralement, sur tout le
continent, une désacralisation de la liberté d’expression, qui se
manifeste aussi bien dans les discours que dans les actes. La France
arrête Pavel Durov, le fondateur de la messagerie cryptée Telegram. En
Allemagne, le rédacteur en chef du média conservateur
Deutschland-Kurier est condamné à sept mois de prison avec sursis pour
un tweet satirique visant la ministre de l’Intérieur qu’il accusait de…
détester la liberté d’expression !
C’est
probablement au Royaume-Uni que la répression est la plus massive. Des
dizaines de milliers de personnes y sont arrêtées pour des tweets chaque
année. Lucy Connolly, une femme d’une quarantaine d’années, a ainsi été
condamnée à 31 mois de prison pour un tweet impulsif, raciste et
violent, pourtant vite regretté et effacé. Isabel Vaughan-Spruce,
militante pro-life, a été arrêtée et inculpée pour
avoir simplement prié silencieusement, à distance d’un centre qui
pratique des IVG, sans tenir aucune pancarte ni avoir adressé la parole à
qui que ce soit. Quant à Graham Linehan, célèbre scénariste irlandais
il a été arrêté à son arrivée à l’aéroport d’Heathrow à Londres par cinq
policiers armés et placé en détention pendant plus de 12 heures ,
interrogé et menotté, pour… trois tweets critiquant l’idéologie
transgenre.
Andreï Sakharov, père de la bombe H soviétique, est passé de savant du régime à dissident emblématique de l’URSS. Après avoir contribué à l’arme la plus destructrice de l’histoire, il a risqué sa vie pour dénoncer les dérives du pouvoir soviétique et défendre les droits humains.
Une résistance inattendue venue des Etats-Unis
On
attendra en vain une prise de conscience des élites européennes, qui,
depuis des années, sont tout autant acquises que les journalistes de la
RTS à l’idée que la liberté d’expression doit être strictement contrôlée
pour éviter désinformation (notamment antivax), propagande (notamment russe), et discours de haine (dont la définition ne cesse de s’élargir pour inclure un nombre croissant de groupes protégés).
Ironie
suprême, cette toute petite sanction a transformé les plus fervents
disciples européens de la censure et du contrôle en ardents défenseurs
des libertés
Le salut viendra-t-il, alors, des
Etats-Unis ? L’administration Trump, qui est elle-même loin d’être
exemplaire dans son respect de la liberté d’expression, se montre
pourtant de plus en plus critique à l’encontre des velléités européennes
de censure des plateformes numériques , et vient tout juste de sanctionner plusieurs de ses principaux architectes, dont le français Thierry Breton, qui, loin de voir, lui, sa vie détruite par des sanctions, se fait simplement interdire d’entrer sur le sol américain.
Ironie
suprême, cette toute petite sanction, qui aura été, elle, rapportée
avec la plus digne des sobriétés par la RTS, a soudain transformé les
plus fervents disciples européens de la censure et du contrôle en
ardents défenseurs des libertés ! Thierry Breton dénonce ainsi un “vent de McCarthysme”, tandis qu’Ursula Von der Leyen fait la leçon aux Etats-Unis, leur rappelant fermement que “la liberté d’expression est le fondement de notre forte et vive démocratie européenne” (il fallait oser).
J’ai d’abord beaucoup ri.
(On me jure que c’est encore permis. Pour l’instant.)
Mais
ensuite, j’ai pensé à Jacques Baud et à toutes les personnes
suspendues, privées de leur liberté de mouvement et de leurs moyens de
subsistance parce que la détestation par l’Etat de la liberté de dire et
de penser est exactement la même en 2025 qu’en 1980.
Pensée
pour eux. Je vous laisse avec une petite biographie de Sakharov, qui,
surtout si vous êtes moins vieux que moi, vous apprendra sûrement
quelque chose :
Jacques Baud, ancien colonel suisse, affirme être ciblé par l'Union européenne pour ses analyses controversées sur le conflit en Ukraine. Sanctionné depuis le 15 décembre 2025, il est bloqué à Bruxelles et dénonce une atteinte à sa liberté d'expression.
L'ex-colonel Jacques Baud sanctionné par l'UE
A quel point ce retraité suisse est-il dangereux?
Jacques
Baud, ancien colonel suisse, affirme être ciblé par l'Union européenne
pour ses analyses controversées sur le conflit en Ukraine. Sanctionné
depuis le 15 décembre 2025, il est bloqué à Bruxelles et dénonce une
atteinte à sa liberté d'expression.
Jacques Baud, ancien colonel de l'armée suisse et ex-collaborateur du
Service de renseignement stratégique, affirme que l'on cherche à le
faire taire parce que ses analyses seraient politiquement indésirables.
Lors d'un entretien avec un vidéoblogueur français, il s'est comparé à
Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, poursuivi et détenu durant
des années par les autorités américaines après la publication de
documents secrets.
Mais,
dans le cas de Jacques Baud, le «persécuteur» ne serait pas les
Etats-Unis, mais l'Union européenne. Et au lieu d'être emprisonné, il se
retrouve bloqué à Bruxelles. Le 15 décembre, l'UE a inscrit le
ressortissant suisse sur sa liste de sanctions liées à la Russie.
Bruxelles lui reproche de servir de relais à la propagande russe,
d'apparaître régulièrement dans des médias prorusses et de diffuser des
récits émanant de Moscou.
Les Russes présentés comme des libérateurs
Depuis
le début de la guerre en Ukraine, en février 2022, de nombreuses
interviews et prises de position de Jacques Baud circulent sur les
réseaux sociaux, les forums et les canaux Telegram. Il a notamment
affirmé que l'invasion russe n'était «certainement pas dirigée contre la
population ukrainienne» et qu'elle aurait été provoquée par de
prétendues attaques ukrainiennes dans les régions de Lougansk et de
Donetsk. Il a également remis en question publiquement le massacre de
Boutcha.
L'Union européenne lui reproche en outre de diffuser des théories du
complot, par exemple l'idée selon laquelle l'Ukraine aurait elle-même
mis en scène la guerre afin d'obtenir son adhésion à l'OTAN. Jacques Baud conteste ces accusations et affirme n'avoir fait que citer une source ukrainienne.
Les
sanctions prises à son encontre sont lourdes: ses comptes ont été
gelés, toute aide financière dans l'UE est interdite, et une
interdiction d'entrée et de transit est en vigueur. Se trouvant
actuellement en Belgique, il n'est pas certain qu'il puisse rentrer en
Suisse. Ses avocats ont déposé des recours auprès du Conseil européen et
de la Cour de justice de l'Union européenne. Dans la «Weltwoche»,
Jacques Baud qualifie sa situation de «pire que la prison».
«Comme un roi au Moyen Age»
Pour
les détracteurs de l'Union européenne, en Suisse comme à l'étranger,
l'affaire est une aubaine. Jacques Baud est présenté comme un symbole du
prétendu recul de la liberté d'expression en Europe. Lui-même soigne sa
mise en scène: dans les «médias alternatifs», sur YouTube et sur les
réseaux sociaux, il met en garde contre des dérives autoritaires et
multiplie les comparaisons radicales. Comme au Moyen Age, affirme-t-il,
un «roi» déciderait seul de qui est coupable. Dans son cas, ce «roi»
serait le Conseil européen.
Jacques Baud déplore l'absence du
droit d'être entendu et parle d'une condamnation sans procès. Il omet
toutefois de préciser que l'efficacité des sanctions repose précisément
sur leur mise en oeuvre sans avertissement préalable, notamment
lorsqu'elles concernent des avoirs financiers.
Il s'est également
exprimé dans une longue interview de 90 minutes accordée à Roger Köppel,
son soutien médiatique et rédacteur en chef de la «Weltwoche». Il y a
dénoncé le manque de soutien de la Suisse, affirmant bénéficier d'appuis
dans tous les pays, sauf le sien. Selon lui, son cas ferait l'objet de
discussions ministérielles à l'étranger et serait même suivi aux
Etats-Unis par la directrice des services de renseignement. Aucun
élément ne vient étayer ces affirmations. Le Département fédéral des
affaires étrangères indique par ailleurs que Jacques Baud n'a,
jusqu'ici, pas sollicité la protection consulaire suisse.
Des reproches peu détaillés
Face
aux autres rédactions suisses, Jacques Baud se montre nettement plus
discret. Il n'a notamment pas répondu à une sollicitation de Blick. Les
accusations précises formulées par l'Union européenne restent floues.
Les informations communiquées depuis Bruxelles sont succinctes et aucun
détail n'est fourni sur d'éventuels flux financiers ou des contacts
directs avec Moscou. Selon la «NZZ am Sonntag», les reproches détaillés
figureraient dans un document classifié.
De son côté, Jacques Baud
nie avoir diffusé de la propagande. Il affirme d'ailleurs ne jamais
être apparu dans les médias russes afin d'éviter toute
instrumentalisation. Cette affirmation est toutefois incomplète. La
chaîne internationale Russia Today ne s'est pas contentée de reprendre
ses déclarations: Jacques Baud a également été invité à deux reprises
dans l'émission «Going Underground», intégrée aux plateformes de Russia
Today.
Durant l'été 2024, il a par ailleurs déclaré que la Russie
ne cherchait pas à conquérir de nouveaux territoires en Ukraine. Selon
lui, l'unique objectif de l'«intervention» serait de protéger la
population du Donbass contre les forces armées ukrainiennes. Il
reprenait ainsi des arguments centraux avancés par Vladimir Poutine pour
justifier l'invasion de l'Ukraine en février 2022.
L'UE entend poursuivre sa politique de sanctions
Jacques
Baud n'est pas le seul en Europe à relayer ce type de récits. Reste à
savoir ce que signifie l'élargissement de la politique de sanctions de
l'UE aux présumés propagandistes. Le gouvernement allemand a en tout cas
annoncé vouloir poursuivre sa lutte contre la désinformation. «Toute
personne qui s'engage sur ce terrain doit s'attendre à ce que ce qui est
arrivé à Jacques Baud puisse lui arriver également», a déclaré un
porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères lors d'une
conférence de presse.
Cette position alimente les spéculations. Le
rédacteur en chef de la «Weltwoche», Roger Köppel, pourrait lui aussi
être concerné. Depuis le début de la guerre, il s'est rendu à plusieurs
reprises en Russie et a rencontré des propagandistes d'Etat. Certains
médias allemands évoquent une «connexion suisse à Moscou».
Reste
enfin la question de la réaction de la Suisse face à une éventuelle
nouvelle intervention de ce type de la part de l'Union européenne. Dans
le cas de Jacques Baud, les autorités fédérales se sont jusqu'ici
abstenues de tout commentaire public.