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septembre 17, 2026

France politique politicienne...en vue les Présidentielles !

 Sommaire: 
A) - Rentrée: quand le RN a du vent dans les voiles
B) - La démocratie donne t-elle tous les droits à la majorité ?
C) - Christelle Morençais attaque Lisnard et Knafo
D) - Abroger la taxe SEQE2 
E) - Le modèle de l'état providence est mort
F) - Révolution permanente incarne une extrême gauche qui a troqué les livres contre les likes

 
 


  
A) - Rentrée : quand le RN a du vent dans les voiles
 
« 60 % des Français sont pour, 99 % des médias sont contre. Voilà qui devrait interroger. »
 
Dans une chronique pour Polémia, Pierre Boisguilbert décortique la relance des offensives médiatiques contre le Rassemblement national à huit mois de l'élection présidentielle de 2027.
 
 
 
Voici les grands axes de cette rentrée politique :
 
1. La réactivation du barrage républicain. L'appareil médiatique instrumentalise les débats sur le voile et les retraites pour caricaturer le projet du RN et susciter un réflexe de peur au sein de l'électorat.
 
2. L'effondrement du bloc central et le piège de la gauche radicale. Face au déclin du centre et de la droite classique, le système cherche à imposer une diabolisation renforcée du camp patriote pour présenter l'extrême gauche comme la seule alternative possible.
 
3. La fin du monopole idéologique. Les campagnes de dénigrement perdent leur efficacité historique. L'émergence de canaux comme CNews et la puissance des réseaux sociaux brisent le récit officiel pour refléter la droitisation réelle de l'opinion publique.
 
4. Les limites de la récupération médiatique. L'intégration de figures de droite sur des chaînes comme BFMTV reste une manœuvre d'audience qui se heurte rapidement aux réflexes d'exclusion de l'écosystème progressiste.
 
Malgré la hostilité du système médiatique, le décalage croissant entre les aspirations populaires et le récit dominant alimente la dynamique électorale du RN
 
 

À huit mois de l’élection présidentielle, la rentrée politique donne déjà le ton : tandis que Marine Le Pen lance sa campagne et que le RN s’installe plus que jamais au cœur du débat national, les vieux réflexes du « barrage républicain » refont surface. Les controverses autour du voile et des retraites servent désormais à alimenter le procès en division et en dangerosité du parti patriote. Mais, pour Pierre Boisguilbert, face à un pouvoir à bout de souffle et à des oppositions discréditées, le vent électoral pourrait bien se montrer plus fort que la tempête médiatique.

Polémia

Le RN face à une nouvelle campagne de diabolisation

L’idéologie médiatique encore dominante a commencé sa campagne de huit mois contre le RN. Objectif : nouvelle diabolisation.

Le prétexte en a été une déclaration rappelant que, dans le programme du parti, figurait l’interdiction du voile dans l’espace public. 60 % des Français sont pour, 99 % des médias sont contre. Voilà qui devrait interroger.

Certes, il n’était sans doute pas opportun d’évoquer, dès le tout début de la campagne, une mesure difficilement applicable, sauf à changer la Constitution et à faire évoluer un État de droit obsolète, car incapable de nous défendre contre l’islamisation de la société française. Ce sera à gérer en priorité, mais après la victoire.

Et voilà Marine accusée de préparer, dès son élection, un putsch institutionnel. Cela permet à l’une des propagandistes en chef de la cause ukrainienne sur LCI de poser la question de la nécessité de reconstituer un barrage républicain.

On comprend bien leur inquiétude : sauf guerre mondiale – qu’ils annoncent tous les jours et qui permettrait à Macron de faire, comme son idole Zelensky, de se maintenir au pouvoir sans élections –, les carottes sont cuites pour le centre discrédité et éclaté, la droite de compromission et la gauche nombriliste.

Une seule solution : la victoire, donc, de Mélenchon. Mais il faut pour cela le dédiaboliser, ou trouver un diable encore plus effrayant : celui du fascisme voilé du RN.

Toute déclaration du RN sera donc l’objet du vocable « contesté » et sera exploitée pour montrer une division entre Le Pen et Bardella… C’est déjà le cas sur le voile et les retraites.

Le principal obstacle pour le RN, qui a tout de même positivement le vent dans les voiles, c’est donc le dénigrement médiatique systématique. Entre « ce n’est pas sérieux » et « c’est dangereux », on doit bien sûr s’en inquiéter, car cela vise à influencer l’auditeur-électeur. Il y a bien, en France, une « ingérence » médiatique. 

 

La recomposition du paysage médiatique

Cela étant dit, elle n’est plus l’arme fatale qu’elle a pu être au temps du « détail ». Elle peut même être contre-productive, par rejet d’informateurs partiaux qui ne trompent plus personne. CNews a fracturé le manichéisme médiatique et les réseaux sociaux l’ont marginalisé. Ça change tout.

Cependant, l’État médiatique profond, dont la survie est liée à l’audience et donc au fric, a bien compris la droitisation rebelle de l’opinion publique et tente de faire avec, en allumant des contrefeux.

D’où l’arrivée en fanfare sur BFMTV de Sonia Mabrouk. Le problème, c’est que, de commentaires personnels en invités identifiés, Sonia fait une tranche de CNews dans un gigot BFM : c’est l’alouette dans le pâté de cheval.

Et ça rue déjà dans les brancards. Le rejet va s’amplifier et la fausse bonne idée peut se retourner contre ses inventeurs et, hélas, contre elle-même.

Elle croit en la liberté d’opinion et au respect de la diversité. Ceux qui veulent interdire CNews n’accepteront pas Mabrouk sur BFM… Il faudrait pour cela qu’elle se voile. Or, elle a bien montré, sur ce sujet comme sur d’autres, qu’elle restait ferme et droite, très à droite même.

Encore une femme à diaboliser au nom de la liberté des femmes à penser, mais à gauche, avec le voile islamique comme nouvel étendard contre le RN. Pierre Boisguilbert est journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère.

Ils auraient pu trouver mieux, mais c’est certain : canicule ou non, ils feront feu de tout bois.

Évitons de leur livrer des fagots.

Pierre Boisguilbert

Pierre Boisguilbert est journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère. 
03/09/2026

https://www.polemia.com/rentree-quand-le-rn-a-du-vent-dans-les-voiles/?fbclid=IwY2xjawUY6QZwZG9mAWV4dG4DYWVtAjEwAGJyaWQRMHBRNUhDZU1ZNFpVN0N0R29zcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEewFmGZw0boC3TgBquoVG_GP_dhYX7t7jJyc75eEI2aO90dBQFRvVZGw-LwAE_aem_VcFWkmr-4rDLHwAiehmlhw 


 

 
B) - La démocratie donne-t-elle tous les droits à la majorité ?
 
Dans une tribune que je publie dans Le Monde avec Jean-Philippe Feldman, nous répondons clairement : non.
 
La démocratie ne se réduit pas à la souveraineté populaire ni au seul fait majoritaire. Une majorité élue reste un pouvoir et, comme tout pouvoir, elle doit rencontrer des limites.
 
C’est tout le sens de l’État de droit : protéger les libertés fondamentales contre l’arbitraire, y compris lorsque celui-ci prétend s’exercer au nom de la volonté du peuple.
 
Nous renouons ici avec une tradition libérale ancienne, notamment celle de Benjamin Constant : la souveraineté du peuple ne saurait être absolue. Il existe une sphère de liberté individuelle sur laquelle ni un monarque, ni un gouvernement, ni même une majorité ne devraient pouvoir empiéter sans limites.
 
On peut bien sûr discuter du rôle du Conseil constitutionnel, de sa jurisprudence ou encore de l’étendue du bloc de constitutionnalité. Mais cette discussion est d’une autre nature que la remise en cause du principe même de limitation du pouvoir.
 
À l’heure où la souveraineté populaire est souvent invoquée comme réponse à la crise démocratique, nous voulons rappeler une distinction essentielle : le gouvernement de la majorité ne saurait signifier le pouvoir illimité de la majorité.
 
Alain Madelin   

 

C) - Dans un article paru dans Le Point hier, Christelle Morançais attaque Lisnard et Knafo. 

Elle déclare ne pas vouloir d’une image d’ultralibérale à la tronçonneuse, ne veut pas être comparée à David Lisnard car « elle au moins, elle fait » et encore moins à Sarah Knafo et à ses recettes « gros rouge qui tache ». 

Non mais franchement, vous êtes moins d’une dizaine d’élus à vous revendiquer libéraux en France, ne vous tirez pas dans les pattes ! 

 La présidente des Pays de la Loire est connue pour avoir résisté aux pressions des gaspilleurs d’argent public en tous genres et mis un coup de rabot de 100 millions d’euros dans le budget de sa région. C’est bien. Mais elle utilise cette aura libérale pour rassurer le milieu des affaires sur la ligne économique de son candidat à la présidentielle… Édouard Philippe. 

 Ah c’est sûr que ton Édouard avec zéro baisse des dépenses, zéro effort, zéro norme supprimée, il ne va tacher personne ! Oui, Milei a des allures de bourrin. Le rocker gueulard, le fou à la tronçonneuse. Mais vous savez quoi ? Ça marche ! Non seulement il gagne des élections mais en plus il redresse un pays ruiné par le socialisme ! 

La pauvreté chute, la croissance explose, les citoyens respirent. Ce n’est pas en étant timorée, encore moins en tapant sur ses rares potentiels alliés, que Morançais et son candidat ramollo ont la moindre chance de sauver ce pays. Tu es libérale pourquoi ? 

Parce que tu sais que tu as raison et qu’il faut trancher dans les dépenses le plus possible et le plus rapidement possible. 

 Il est temps d'assumer.

@Mileistesfr 

 https://x.com/Mileistesfr/status/2100531761616928768

 

 En finir avec la caste ! Preuve est apportée qu’on peut donner les signes du libéralisme tout en faisant allégeance à l’étatisme. L’alibi libéral d’Édouard Philippe, tout comme Kasbarian, ne sont que des faire-valoir et des attrape-mouches. Des faux-semblants.

 @OlivierRegipa

 

Il y a deux façons de faire de la politique : avoir pour cap la préservation de ses intérêts personnels ou avoir pour cap de défendre ceux de notre pays. Christelle Morançais a un cap qui n’est pas celui de @davidlisnard. C’est aussi pour cela qu’un candidat a exposé son programme qui est déjà dans le débat public et l’autre (soutenu par CM) toujours pas. 

 


 

 D) - Hier, j’ai déposé un amendement pour ABROGER la taxe SEQE2 sur le carburant. 

Il a été rejeté. J'ai donc voté POUR un GARDE-FOU à cette taxe scandaleuse. D'autres ont refusé ce garde-fou pour s'enfermer dans une posture politicienne. Ils ont donc voté pour que votre plein soit plus cher, afin de pouvoir s'en scandaliser après. Du théâtre. 

 La posture, c'est de laisser les Français payer plein pot. La défense des Français, c'est d'être CONTRE le SEQE 2 et POUR chaque centime de pouvoir d'achat rendu. Gardez vos postures. Moi, je défendrai toujours les Français. 


 Partout en France, dans mes dédicaces : des électeurs du RN, des abstentionnistes, des centristes, des fonctionnaires me disent qu'ils nous rejoignent grâce au Casse du siècle. 

 Les faits et les chiffres nous rapprochent tous, là où les théories pouvaient nous séparer




 
Sébastien Lecornu annonce 54 milliards d’économies et propose les quelques maigres expédients habituels. Il veut seulement freiner la hausse : nous voulons BAISSER LA DÉPENSE.
 
Il dit que l’État sera exemplaire, mais il ne supprime pas UN SEUL poste. Nous proposons d’en supprimer 800 000.
 
Il veut diminuer l’enveloppe des agences. Nous voulons en supprimer. Tout est listé, chiffré, sourcé.
Voici mon plan à 140 milliards d’euros d’économies par an. Les Français ont trop payé. Il est temps de dépenser moins pour taxer moins 

@knafo_sarah 

  


 

Le paradoxe Knafo : LE CHIFFRE LE PLUS INTÉRESSANT SUR KNAFO N’EST PEUT-ÊTRE PAS SES 120 000 LIVRES VENDUS. 

Son livre est devenu un phénomène éditorial. Première semaine NielsenIQ : 60 584 EXEMPLAIRES. Deux semaines : 120 000 annoncés et désormais repris par plusieurs médias. Mais parallèlement, Knafo ne connaît pas de percée comparable dans les baromètres politiques. Voilà le paradoxe. 

 LE LIVRE DÉBORDE L’ÉLECTORAT DE KNAFO. Des dizaines de milliers de Français peuvent manifestement vouloir lire : la critique de la dépense publique, la bureaucratie, les impôts, la capitalisation, Milei, la réduction de l’État, sans pour autant devenir immédiatement électeurs Reconquête. Et c’est peut-être le phénomène politiquement le plus important. Parce qu’un livre à succès n’est pas un sondage. Mais il peut révéler une DEMANDE avant qu’un parti ne sache la convertir. 

 

 Et François Hollande vient lui-même de contribuer à transformer ce succès éditorial en fait politique national en contestant publiquement son explication. Pendant ce temps, Knafo déplace progressivement son image : moins seulement : IMMIGRATION / IDENTITÉ et davantage : ÉTAT / IMPÔTS / RETRAITES / PROPRIÉTÉ / ÉCONOMIE. La question n’est donc pas : « 120 000 lecteurs = 120 000 électeurs ? » Évidemment non. Elle est : COMBIEN DE CES LECTEURS N’AURAIENT JAMAIS ACHETÉ UN LIVRE DE RECONQUÊTE IL Y A ENCORE UN AN ? C’est là que le phénomène devient réellement intéressant.  

 


 

E) - David Lisnard, candidat à l’élection présidentielle : «Le modèle de l’État-providence est mort !»

RUPTURE. Immigration, sécurité, budget… David Lisnard fustige les promesses grandiloquentes des gouvernants qui alimentent les déceptions. Il prône une reprise en main du pouvoir. Le candidat de Nouvelle Énergie plaide pour une primaire élargie entre tous ceux qui ne se reconnaissent ni dans la gauche ni dans le Rassemblement national.

Le JDD. L’Europe est confrontée à une crise migratoire dans l’enclave espagnole de Ceuta. Les Vingt-Sept sont-ils condamnés à l’impuissance ?

  

David Lisnard. L’Europe n’a pas perdu le contrôle par fatalité, mais parce que ses dirigeants ont confondu le droit et l’impuissance. Toute nation doit pouvoir maîtriser son peuplement : décider combien d’immigrés elle accueille et d’où ils viennent. L’Europe, elle, doit être un acteur de régulation : un Frontex renforcé, des traités clairs, des frontières extérieures tenues. Ce n’est pas une question de moyens, c’est une question de volonté.

On parle de « crise » pour 60 000 migrants. À l’horizon 2050, l’Afrique à nos portes représentera un quart de la population mondiale, dont la moitié de moins de 25 ans. Comment faire face ?

Il n’y a aucune fatalité migratoire. Mais rien ne sera réglé tant que nous n’aurons pas admis ce que je répète sans relâche : le modèle d’État-providence est mort, et il est devenu un aspirateur à pauvreté, donc à immigration. Surendettés et surfiscalisés, nous subventionnons et importons la pauvreté d’un côté ; en décourageant le travail et l’investissement, nous laissons filer nos talents et nos capitaux de l’autre. Voilà la base : remettre en ordre l’appareil d’État et notre système social.

Et cessons de ne regarder que l’immigration irrégulière. L’immigration légale, donc acceptée, assumée, décidée par le gouvernement, c’est 384 230 premiers titres de séjour hors droit d’asile en 2025. Un record historique, en hausse de plus de 10 % en un an. Ajoutez-y 955 000 renouvellements. Ce n’est pas une crise : c’est une politique.

Que répondez-vous à ceux, le patronat notamment, qui défendent l’idée d’une immigration économique nécessaire compte tenu du déclin démographique de la France ?

Je ne prône pas l’immigration zéro, mais une immigration fortement diminuée, maîtrisée et choisie. Le motif économique, y compris dans la bouche d’une partie du patronat, est démenti par les faits : l’an dernier, 13 % seulement des premiers titres de séjour ont été délivrés pour du travail. Nous ne sommes pas face à une immigration de travail, mais à une immigration de peuplement hors de contrôle. Et ne soyons pas naïfs : certaines associations, sous couvert d’aider leur prochain, instrumentalisent l’immigration à des fins idéologiques et de déstabilisation de nos sociétés. Quant aux filières mafieuses de passeurs, elles vivent de la misère humaine et l’achèvent en drames.

Concrètement, quelles mesures peut-on prendre pour être plus efficace ?

Sortir de l’État-providence, d’abord. Cesser de subventionner des structures qui font le jeu des passeurs. Traiter les demandes d’asile dans les pays d’origine, via nos consulats, hors du territoire européen. Rétablir le délit de séjour irrégulier, supprimé en 2012. Expulser les étrangers condamnés et les fichés S, en conditionnant les visas et l’aide au développement à la délivrance des laissez-passer consulaires. Renforcer Frontex sur le renseignement, le partage d’informations et les retours. Tout cela suppose de faire sauter des verrous juridiques, pour qu’en matière d’immigration, la loi française prime le droit international et les règlements européens. D’où la nécessité d’un référendum constitutionnel. Ce que 10 millions de Danois ont obtenu, 68 millions de Français doivent pouvoir l’obtenir. C’est une évidence.

La France fait face à des mégafeux sans précédent. A-t-on sous-estimé l’impact du réchauffement climatique ?

Sous-estimé, non : le réchauffement est acté et reconnu par tous depuis longtemps. Ce qui manque, ce sont les réponses rationnelles. Il y en a deux, complémentaires. La première : réduire la part de l’activité humaine dans le dérèglement, en donnant la priorité à une énergie décarbonée, le nucléaire et l’hydroélectrique. Emmanuel Macron a commis là une faute majeure, en démantelant Fessenheim et en programmant la fermeture de quatorze réacteurs lors de son premier mandat, avant de rétropédaler en 2022. Entre-temps, c’est une filière entière qui a reculé. La seconde : adapter notre territoire à ces évolutions. Et là, nous butons sur la folie bureaucratique et sur les effets pervers de l’écologisme politique. 

Depuis des années, au contact des élus et des forestiers, je vois des hommes qui veulent entretenir la forêt, réaliser des pare-feux, organiser les débroussaillements, et qui sont entravés par les recours d’associations écologistes et par les absurdités administratives. Le Code forestier prévoit l’entretien de la forêt, qui reste la meilleure arme contre le feu ; une jurisprudence du Conseil d'État du 6 février dernier vient le compliquer, voire le bloquer. Il faut aussi un plan de réserves d’eau, indispensables aux pompiers et à l’agriculture, les cultures agricoles étant d’ailleurs souvent le meilleur pare-feu. Elles aussi sont attaquées par les écologistes d’extrême gauche. On ne protège pas une forêt avec des procédures : on la protège en l’entretenant.

Emmanuel Macron s’était engagé à renouveler la flotte de Canadair. Douze ont été commandés, cinq seulement sont disponibles. Y a-t-il un manque d’anticipation coupable de l’État ?

Rappelons les faits. Douze Canadair n’ont pas été commandés : ils ont été annoncés. Seize, même ! Pour une livraison avant 2027, douze en renouvellement de la flotte et quatre supplémentaires. Deux seulement ont été effectivement commandés ! Et l’argument des chaînes de production disparues ne tient pas : quand il y a des commandes, les industriels les relancent. Ce dossier est révélateur d’un pouvoir qui se gargarise d’annonces martiales que rien ne suit. Préparation aux catastrophes naturelles, justice des mineurs, sécurité : la parole publique a été dévaluée par des dirigeants qui dénoncent le populisme des autres et le pratiquent eux-mêmes, avec des discours grandiloquents proportionnels à leur impuissance.

Tenir le déficit à 5 % cette année sera compliqué. Comment Sébastien Lecornu doit-il s’y prendre pour le prochain budget ?

En sortant du laxisme politique et de la « Bercycratie ». En cessant de répéter ce qui échoue et en appliquant ce qui fonctionne : réduire les dépenses de fonctionnement, traquer les doublons et les triplons, privatiser quand on peut, internaliser quand il faut. C’est ce que j’ai mis en œuvre partout où l’on m’a confié des responsabilités, dans le privé comme dans le public. À Cannes, une ville à fort taux d’immigration et de pauvreté, nous avons réduit le nombre d’agents de 20 %, avec des agents mieux payés et plus motivés, parce que nous avons redonné du sens aux missions. La dette de la ville a baissé de 84 millions d’euros en douze ans, la fiscalité de 3,6 %. Ce n’est pas une théorie, c’est un bilan et une méthode.

Cela paraît simple à l’échelle d’une ville. Pourquoi ne l’est-ce pas à l’échelle du pays ?

Parce que le conformisme technocratique qui accompagne les gouvernements depuis trop longtemps ne connaît qu’un seul outil : la dépense publique inconsidérée. Le « quoi qu’il en coûte » est devenu le « n’importe quoi qu’il en coûte », pour gagner la présidentielle de 2022. Quand nos voisins réduisaient la voilure après le Covid, nous avons continué à dépenser l’argent de nos enfants et de nos petits-enfants. C’est cynique et c’est scandaleux. Et quand la difficulté revient, le gouvernement sort le rabot et l’impôt : le degré zéro de l’efficacité budgétaire.

« Nous sur-cotisons pour un État qui ne se réforme pas »

On grève l’investissement, on s’acharne sur les entreprises, les collectivités et le pouvoir d’achat des ménages, c’est-à-dire sur tous ceux qui font tourner le pays. Les faits sont têtus. Tous les Européens ont subi le Covid, la guerre en Ukraine, le blocage du détroit d’Ormuz. Là où la Grèce, l’Italie ou le Portugal se redressent, la France décroche. Notre chômage augmente bien plus qu’ailleurs. Notre PIB par habitant est passé sous la moyenne européenne. C’est une première dans notre histoire contemporaine. Voilà le bilan d’Emmanuel Macron et de ses gouvernements, avec les mêmes qui continuent à nous donner des leçons. Je ne participerai pas au théâtre de la fausse rigueur : il n’est que la prolongation d’un système à l’agonie.

En 2025, vous avez appelé à censurer le budget. Ferez-vous de même avec le prochain, au risque de compromettre votre première année de mandat ?

Une dissolution quelques semaines avant la présidentielle serait absurde : elle accentuerait le chaos politique et risquerait de bloquer le futur occupant de l’Élysée. Mais une censure n’entraîne pas mécaniquement une dissolution : celle-ci relève du seul président de la République. Ne parlons pas encore de censure, nous ne connaissons pas les orientations des prochaines lois de finances. Si le budget est aussi trompe-l’œil et hypocrite que le précédent, s’il confirme le renoncement à la réforme des retraites, qui explique une grande part de nos déficits et de notre dette, il ne sera pas acceptable. L’État doit retrouver de la force en se concentrant sur ses fonctions essentielles plutôt que d’intervenir partout avec une administration excessive. Les structures administratives se superposent, se contredisent et bloquent les projets. Je propose de réduire le back-office bureaucratique, de remettre plus d’agents au contact du public et d’appliquer la subsidiarité : décider au niveau le plus proche et le plus efficace.

À vous écouter, les collectivités locales devraient être exemptées du redressement des comptes publics. Pourquoi échapperaient-elles à cet effort collectif ?

Je n’ai jamais dit cela. Et j’en ai assez des questions qui reprennent le prêchi-prêcha de Bercy, comme si les collectivités étaient des enfants que l’on gronderait pour qu’elles fassent des « efforts ». Depuis 2014, l’État a prélevé plus de 80 milliards d’euros sur la DGF (dotation globale de fonctionnement) des communes et intercommunalités. Or, elle n’est pas un don de l’État, c’est un dû : c’est l’argent des contribuables locaux, qui transite par Bercy avant de leur revenir. Pendant ce temps, le gouvernement augmentait les dépenses, la dette et le déficit. Où est allé cet argent ? Où va d’ailleurs l’argent des contribuables dans le pays qui a le record des prélèvements et des dépenses, et qui parallèlement voit les services publics essentiels se dégrader ? Une collectivité, elle, ne peut emprunter que pour investir. Il y a bien sûr des collectivités mal gérées. Mais la dette du millefeuille territorial représente 8,8 % de la richesse française, contre 9 % il y a trente ans : elle est stable. Celle de l’État a triplé. Les dépenses des collectivités pèsent 19 % de la dépense publique, contre 35 % en moyenne en Europe, et moins de 11 % du PIB, contre 18 % chez nos voisins. Nous sur-cotisons pour un État qui ne se réforme pas et qui nous transfère toujours plus de charges. En vingt ans, 1 153 organismes d’État ont été créés et près de 500 000 agents recrutés. Ça suffit !

 

Certains maires font de la gratuité un marqueur politique : les transports à Montpellier, les fournitures scolaires à Saint-Denis. Qu’en pensez-vous ?

Chaque maire fait ce qu’il veut chez lui, et ce sont ses habitants qui jugent. Mais la gratuité est un mythe destructeur, car c’est toujours l’argent des autres. Les bus s’achètent, les chauffeurs se paient, le carburant a un coût. Quand l’usager ne paie pas, ce sont les seuls contribuables qui paient, les propriétaires en premier, faute d’impôt local universel. Chez moi, les transports publics comme les cantines scolaires sont financés en partie par l’intercommunalité, donc par le contribuable, et en partie par l’usager selon un équilibre que nous pensons juste. J’ajoute que se priver de la participation des usagers, c’est d’une part les déresponsabiliser, d’autre part dévaloriser le service rendu, enfin se priver de moyens pour développer le service lui-même. On peut toujours décider que tout est gratuit en apparence, cela s’appelle le paradis communiste : cela finit toujours dans la pauvreté, la misère et la répression.

Démunis face à la délinquance, certains maires mettent en place des couvre-feux pour les mineurs. Y voyez-vous un symptôme de la défaillance de l’État ?

Absolument, et d’abord dans les zones relevant de la Police nationale. Toute mesure coercitive doit être légitime, proportionnée et motivée : je comprends donc que des maires y recourent dans certaines circonstances. Nos policiers sont courageux et compétents, mais la Police nationale n’échappe pas à la gangrène de la bureaucratie et des procédures. Dans les faits, nous n’avons quasiment plus de Police nationale la nuit. Je n’ai pas pris une telle mesure dans ma commune, mais heureusement que nous disposons d’une police municipale H24, financée par le contribuable local. Car à partir d’une heure du matin, côté État, il n’y a plus personne.

En juillet, un vide juridique a entraîné la remise en liberté de plusieurs mineurs placés en détention provisoire pour des crimes. Cela aurait-il pu être évité ?

Bien sûr. Le Conseil constitutionnel avait laissé un an au gouvernement et au Parlement pour adopter les dispositions nécessaires. Rien n’a été fait, et plusieurs mineurs ont été libérés, dont un multirécidiviste placé en détention provisoire pour des faits criminels.

À chaque drame, les déclarations martiales se succèdent, avec des trémolos dans la voix ; à chaque fois, la grandiloquence masque l’impuissance. Il faut revoir l’architecture légale de la justice pénale des mineurs, et surtout se donner les moyens d’exécuter les décisions. Une sanction qui n’est pas exécutée n’est pas une sanction. Or, la sanction protège la société !

Plusieurs candidats déclarés ou pressentis à l’élection présidentielle ont été la cible d’opérations de déstabilisation étrangère. Cela vous inquiète-t-il ?

Il ne faut ni surestimer ni négliger ce risque. Des ingérences ont déjà eu lieu dans des campagnes électorales, à l’étranger comme en France, et les fermes de robots existent. Les services spécialisés de l’État nous ont alertés à plusieurs reprises. À l’Association des maires de France, nous proposons aux communes et aux intercommunalités des formations pour réduire les risques de cybercriminalité : nul n’est à l’abri, mais on peut limiter les attaques les plus courantes. La problématique est la même pour les sanctions. Les ingérences électorales ne relèvent pas d’une vue de l’esprit. Cela dit, les candidats évoqués auront d’autres raisons, très françaises, de perdre…

Depuis votre déclaration de candidature en mars dernier, vous peinez à franchir le mur du son. Pourquoi, selon vous ?

C’est une réalité, c’est logique et j’espère que c’est provisoire. J'ai fait le choix de ne pas exercer de fonctions nationales, ministérielles ou parlementaires, qui sont de puissants projecteurs de notoriété. J’ai choisi le travail de terrain. Ma vie, c’est le pays réel, et je veux être le candidat du pays réel. Ma progression se fait donc par capillarité. On espère toujours que la cristallisation viendra plus vite. Mais Nouvelle Énergie avance : nous allons passer le cap des 20 000 adhérents à jour de cotisation, nous avons davantage de donateurs, je recrute un directeur de campagne. Et j’ai la satisfaction de voir reprises les idées que je défends depuis des années : la retraite par capitalisation, la remise en cause de l’État-providence face à l’effondrement démographique, à l’immigration non maîtrisée et à la stagnation économique, la baisse des cotisations, parallèlement à celle des dépenses sociales, pour augmenter le salaire net et rétablir les comptes. Je dénonce aussi l’effondrement éducatif et propose de libérer l’école de la suradministration et de l’idéologie, de même que je propose de remplacer dans la Constitution le principe de précaution, qui bloque tant de projets, par un principe de responsabilité. Avant la victoire électorale, il y a la victoire des idées. Ce sont elles qui peuvent redonner espoir, rendre confiance dans la parole publique à la majorité silencieuse que l’on n’entend pas. Il est temps d’oxygéner notre démocratie et de respecter les engagements pris. Si je suis élu, les Français ne seront pas virés du pouvoir, comme ils l’ont été précédemment, dès les lendemains de second tour.

Êtes-vous toujours favorable à une grande primaire de la droite allant jusqu’à Reconquête ?

Oui. Je ne suis pas un partisan absolu des primaires, mais les voix sont dispersées et nous avons encore le temps d’organiser une grande compétition. Il faut un quart de finale avant la demi-finale que constitue le premier tour. Elle doit être ouverte à tous ceux qui ne se reconnaissent ni dans la gauche ni dans le Rassemblement national, c’est-à-dire de la droite au centre droit. Ceux qui veulent se présenter à la présidentielle ne devraient pas avoir peur d’une pré-compétition. Elle éviterait l’éparpillement des voix, qui fait perdre les élections, et les arrangements entre notables, qui font perdre le pays : ils aboutissent à des mesures marketing, puis à une nouvelle bouillie politique une fois au pouvoir.

En cas de second tour opposant Marine Le Pen à un candidat issu du bloc central, pour qui voteriez-vous ?

Je suis candidat à l’élection présidentielle, pas au commentaire d’un second tour dont je serais exclu. Soyez néanmoins sûr d’une chose : je voterais pour n’importe quel candidat opposé à Jean-Luc Mélenchon. À sa « Nouvelle France », j’oppose la « Belle France ». C’est cette belle France que je peux faire gagner. Et c’est ainsi que nous retrouverons la Grande France, prospère, sûre, respectée, capable d’innover et d’offrir un avenir à ses enfants. Les Français sont créatifs, mais freinés par les normes, la bureaucratie et la fiscalité. L’État doit moins entraver les entreprises, les collectivités et les travailleurs, et se concentrer sur ses missions essentielles : sécurité, justice, éducation, santé et aménagement du territoire. Le XXIe siècle sera celui de l’IA et des technologies : misons sur l’école, la recherche, l’investissement et la liberté d’entreprendre. Ma démarche porte une espérance

Antonin André, Victor-Isaac Anne 

 https://www.lejdd.fr/politique/david-lisnard-candidat-a-lelection-presidentielle-le-modele-de-letat-providence-est-mort-180804

 

 "Aucun candidat ne propose la sortie des 35 heures ? " .

@ChrisSaintEtien dans les experts de .@LaureClosier
Et si vous parliez de .@davidlisnard qui propose de réécrire entièrement le Code du travail pour libérer l'économie, sans en faire un simple retour obligatoire uniforme aux 39 heures, mais en privilégiant la liberté de travail et la baisse des charges pour augmenter les revenus nets.
 
 @JP_O

 


 
F) - Révolution permanente incarne une extrême gauche qui a troqué les livres contre les likes

Vive l’amnésie ! Révolution permanente, les révolutionnaires qui ne lisent rien

CHRONIQUE. Trois cents militants fougueux, zéro journal, aucun tract. Révolution permanente incarne une extrême gauche qui a troqué les livres contre les likes, nous raconte Christophe Bourseiller dans sa première chronique hebdomadaire,

Nous vivons décidément une époque formidable et, reconnaissons-le, sans équivalent. Une période historique aussi bigarrée, marquée qui plus est par une présidentielle décisive, méritait à l’évidence une chronique de la montée des extrêmes. J’aimerais la démarrer en beauté par un groupe d’extrême gauche à nul autre pareil. L’organisation trotskiste Révolution permanente me semble en effet représenter un cas d’école, merveilleusement représentatif de nos temps brumeux.

Il s’agit d’abord d’un groupe très médiatisé, dont les jeunes porte-parole crèvent l’écran du smartphone. Sur les chaînes info ou les réseaux sociaux, comment rater Elsa Marcel, Ariane Anemoyannis, ou le sémillant Anasse Kazib ? Ils et elles se distinguent par une volubilité rageuse. Les paroles sont saccadées, le débit est celui des mitraillettes. La colère n’est pas feinte et les haut-parleurs grésillent. Ielles ont la foi, celleux-ci !

Révolution permanente ne manque pas d’entregent. Le groupuscule se trouve entouré d’une meute fournie de compagnons de route, dont les plus fameux sont Assa Traoré, Adèle Haenel qui vient de sortir un livre joliment nommé Viser Juste, ou Frédéric Lordon. Parmi les adhérents figurent quelques Mohicans historiques et révérés, tel le fondateur d’Action directe Jean-Marc Rouillan. 

Je précise que Révolution permanente se montre très en pointe sur la défense des minorités : le groupe appuie la théorie du genre, soutient la cancel culture, évolue avec délice dans l’ambiance woke, dénonce l’intersectionnalité, c’est-à-dire l’accumulation des oppressions dont nous sommes les victimes et défend le droit des femmes à porter le voile.

Il contrôle plusieurs structures spécifiques : un groupe étudiant nommé Le Poing levé, un collectif féministe, Du Pain et des roses, et une mouvance dont le nom résume la teneur : « Touche pas à ma Abaya » (sic). Comme le dit l’un des slogans du NPA-L’Anticapitaliste, dont est issue Révolution permanente : « Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider »

Une communication presque exclusivement en ligne

Mais le plus fascinant n’est pas là. Révolution permanente se distingue en effet de ses rivaux trotskistes par un trait tout à fait révélateur : le fait est que ce mouvement n’édite aucun journal et ne pond quasiment aucun tract. Tel est son style unique. Ce parti numérique n’a d’existence que sur le Web. Il ne communique quasi exclusivement que via Instagram, TikTok et j’en oublie, par le biais de vidéos furibardes, de clips incendiaires, de prêches exaltés.

Le résultat ne manque pas de saveur. Les quelque trois cents fougueux dévots qui peuplent la cohorte ignorent pour la plupart les écrits de Léon Trotski. Le Programme de transition ? Connais pas. Ils ne savent absolument pas que Révolution permanente est un lointain héritier du courant trotskiste moreniste, qui tire son nom de son fondateur argentin Hugo Miguel Bressano Capacete, dit Nahuel Moreno, mort le 25 janvier 1987 à Buenos Aires.

Ils ignorent que ce groupement a été officiellement fondé les 16, 17 et 18 décembre 2022 après son départ houleux du Nouveau Parti anticapitalistes (NPA), qu’il est la branche française d’une structure internationale fort minoritaire, le Courant pour la révolution permanente-Quatrième Internationale (CRP-QI), ex-Fraction trotskiste-Quatrième Internationale, dont l’organisation la plus puissante est le Parti des travailleurs socialistes (PTS) d’Argentine, dirigé par Jose Montès.

Ils ne savent rien, parce qu’ils ne lisent rien. Ils consomment des images. Ainsi à l’extrême gauche, force est de constater que le niveau intellectuel baisse de jour en jour… Conséquence ? Un embrouillamini théorique, un perpétuel louvoiement tactique, une exaltation de la gaminerie adolescente et des repères historiques qui s’abolissent. Vive l’amnésie ?

Christophe Bourseiller 

 

mai 15, 2021

Relations étrangères avec la France !!

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif)

 


Sommaire:

A) Les juges Soros de la CEDH et le silence gêné des quotidiens français de gauche - Observatoire du journalisme

B) Comment Biden va ruiner la France - Eric Verhaeghe

C) Vu de l’étranger. En coulisses, l’après-Marine Le Pen se prépare déjà - Politico - Bruxelles

 

 


A) Les juges Soros de la CEDH et le silence gêné des quotidiens français de gauche

 Puisque le Conseil de l’Europe discutait le mois dernier du problème posé par les liens avérés entre une partie conséquente des juges de la CEDH et les ONG liées à l’Open Society Foundations (OSF) de George Soros, c’est une bonne occasion de nous intéresser à manière dont les journaux français ont couvert cette importante affaire depuis les premières révélations sorties quatorze mois plus tôt, en février 2020. Le problème n’est en effet pas anodin et, comme l’avait signalé en son temps l’Observatoire du Journalisme, il avait été mis en exergue en France par l’hebdomadaire Valeurs Actuelles.

Pour rappel, ainsi que l’a révélé un rapport du Centre pour le droit et la justice (ECLJ) publié en février 2020 sous le titre « Les ONG et les juges de la CEDH – 2009–2019 » (téléchargeable ici), près du quart des juges siégeant à la CEDH entre 2009 et 2019 avaient des liens directs avec des ONG du réseau Soros. Pire encore, dans 88 affaires identifiées par l’ECLJ, des juges liées aux ONG financées par l’OSF ont eu à se prononcer dans des affaires où les mêmes ONG ou des ONG également liées à l’OSF étaient parties prenantes. Normalement, en présence d’un tel conflit d’intérêt, un juge doit se retirer et c’est le type de comportement que la CEDH attend des juridictions nationales. Malheureusement, la CEDH ne semble pas vraiment appliquer les normes à son propre fonctionnement les standards qu’elle attend des autres tribunaux. D’où plusieurs questions posées à la suite de ce rapport par des membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Des questions qui portent sur les thèmes suivant :

  • « Comment remédier à de potentiels conflits d’intérêts des juges de la Cour européenne des droits de l’homme ? »
  • « Restaurer l’intégrité de la Cour européenne des droits de l’homme »
  • « Le problème systémique des conflits d’intérêts entre ONG et juges de la Cour européenne des droits de l’homme »

Le 8 avril dernier, le Comité des ministres des 47 pays membres du Conseil de l’Europe a apporté une réponse écrite à ces questions. À la mi-avril, l’ECLJ se réjouissait d’une autre conséquence positive de son rapport : le Conseil de l’Europe venait de rejeter une candidature belge de « juge Soros » pour la CEDH. Ceci pour dire que le rapport de l’ECLJ est pris au sérieux au Conseil de l’Europe et il a d’ailleurs fait parler de lui dans la majorité des pays européens. Et en France ? En France, les médias n’ont pas été très bavards à son sujet. Si l’on fait une recherche sur les sites des quotidiens nationaux, on s’aperçoit même que certains ont préféré passer la question totalement sous silence. C’est apparemment le cas de Libération et de L’Humanité comme le montrent ces recherches Google faites le 11 mai par l’Observatoire du Journalisme :

 



Le troisième quotidien national de gauche, Le Monde, en a en revanche bien parlé dans un seul et unique article publié le 3 mars 2020 :


 

Le Monde n’évoque toutefois ce rapport que pour en dénigrer les auteurs, avec un parti- pris que n’ont heureusement pas eu les parlementaires de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ni les 47 États membres de cette organisation. Le titre de l’article du Monde résume la tonalité d’ensemble : « Des proches de Donald Trump au secours de La Manif pour tous ». Plutôt que de s’étendre sur le rapport de l’ECLJ, Le Monde préfère ensuite expliquer à ses lecteurs que l’ECLJ est lié à « l’un des avocats du président américain » (Donald Trump), que cet avocat est « à la tête d’une association ultraconservatrice » et qu’il est un « soutien actif du mouvement antimariage homosexuel ». En fait, ce à quoi se réfère Le Monde, c’est que l’European Centre for Law and Justice (ECLJ) est lié à l’American Center for Law and Justice (ACLJ) dont l’avocat en question est le conseiller en chef.

La position prise par Le Monde est claire dès les premières lignes, si quelqu’un avait encore un doute après avoir aperçu le titre :

 


La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), l’instance juridique suprême du Conseil de l’Europe, on ne décolère pas, deux semaines après la publication dans l’hebdomadaire français d’extrême droite Valeurs actuelles d’un long article expliquant comment George Soros aurait « infiltré » l’institution. Selon cette enquête, une dizaine de juges seraient « liés » (comprendre qu’ils ont pu y travailler par le passé) à des ONG comme Amnesty International, qui reçoivent elles-mêmes des subsides de la part d’Open Society, organisation caritative du milliardaire américain d’origine hongroise. Suffisant aux yeux du magazine pour faire sa « une » sur un « scandale Soros ».

Utilisation du conditionnel et des guillemets, minimisation des chiffres (« une dizaine » de juges pour parler des 22 concernés) : tout est fait pour que le lecteur ne prenne pas ce rapport de l’ECLJ au sérieux. Plus loin, Le Monde continue son entreprise de discrédit en expliquant que ces « révélations » (en italiques et entre guillemets dans le texte) « ont surtout fait réagir dans la sphère conservatrice française, de la présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen à Philippe de Villiers », et aussi que ce rapport est « rédigé par un homme, le docteur en droit Grégor Puppinck, pour le compte de l’organisation qu’il dirige, le Centre européen pour la justice et le droit (European Center for Law and Justice, ECLJ) ».

À propos de l’ECLJ, il est encore dit que « Ce groupe de défense d’intérêts veut dénoncer une “influence” progressiste exercée sur la CEDH. Peu connue en France, l’ECLJ hante depuis deux décennies les arcanes de la CEDH, pour y porter la voix du conservatisme chrétien. Le lobby, dont la devise, “Justice et Droit sont l’appui de ton trône, Amour et Vérité marchent devant ta face”, est tirée des Psaumes de la Bible, relaie au plan européen nombre des combats de La Manif pour tous, le mouvement français antimariage homosexuel, encore mobilisé mardi 3 mars contre la loi bioéthique. Grégor Puppinck, était présent sur le podium de nombreux rassemblements contre le mariage gay ou la procréation médicalement assistée (PMA), de 2013 à 2019. »

En bref, ce que dit Le Monde à ces lecteurs, c’est : Circulez, c’est l’extrême droite, c’est nauséabond et y a rien à voir…

Alors circulons et allons plutôt voir dans un dernier quotidien national de gauche, ou de droite, plus personne ne le sait encore vraiment, c’est-à-dire La Croix :


 

À titre de comparaison, la même recherche effectuée sur le site de Valeurs Actuelles le 11 mai 2021 renvoie 29 résultats, soit 29 articles différents s’étendant sur les liens entre une partie des juges de la CEDH et la nébuleuse Soros. Mais maintenant que nous avons fait le tour du sujet dans La Croix, jetons donc un œil au quotidien de référence du centre-droit, Le Figaro.

Le Figaro n’avait apparemment pas pris le sujet au sérieux il y a un an, puisque seul son chroniqueur Gilles-William Goldnadel avait évoqué le sujet en 2020 dans un de ses articles. Sans doute la rédaction du Figaro s’était-elle laissé influencer par l’article du Monde. Ce n’est qu’après la réponse officielle donnée en avril 2021 par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe sur cette question que Le Figaro semble s’être aperçu qu’il s’était fait avoir et que les accusations relayées 14 mois plus tôt par Valeurs Actuelles étaient tout à fait sérieuses.

Dans l’article intitulé « Le Conseil de l’Europe se penche sur l’indépendance de la Cour européenne des droits de l’Homme » et publié le 22 avril, Le Figaro explique que « Sollicité par une question écrite de parlementaires, le Comité des ministres a réitéré son attachement à l’indépendance des juges de la Cour et envisage des moyens de contrôle supplémentaires. Un rapport récent dénonçait la surreprésentation d’une poignée d’ONG à la CEDH. » Et le journal de rappeler « les conclusions d’un rapport du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) montrant que sur la centaine de juges qui ont siégé à la CEDH depuis dix ans, vingt-deux d’entre eux émanaient directement d’une même ONG ou d’associations financées par cette ONG, l’Open Society », et aussi le fait que, dans leurs questions aux représentants des pays membres du Conseil de l’Europe, « les parlementaires ont notamment pointé du doigt le faible nombre de juges européens ayant préalablement exercé comme magistrats, et accusent la CEDH de donner trop d’importances aux juristes émanant de lobbies ; ils dénonçaient par ailleurs l’absence de procédure effective de déport et de récusation en cas de possible conflit d’intérêts. »

Nous apprenons encore dans cet article du Figaro que les problèmes soulevés dans le rapport de l’ECLJ sur lequel Le Monde avait d’emblée jeté le discrédit ont poussé le Conseil de l’Europe à décider de « l’examen à venir des moyens additionnels d’assurer la reconnaissance du statut et de l’ancienneté des juges de la Cour, offrant ainsi des garanties supplémentaires pour préserver leur indépendance, y compris après la fin de leur mandat ». Ainsi, explique Le Figaro, « de nouvelles mesures pourraient donc être prises d’ici 2024 pour renforcer l’indépendance des juges ».

Finalement, il y a un an, un seul quotidien national français avait relayé sans chercher à les désavouer les informations publiées par l’ECLJ et l’hebdomadaire Valeurs Actuelles : le journal Présent, qui avait même consacré la couverture de son numéro du 22 février à son article « Mainmise du milliardaire Soros sur l’UE » publié le 21 février 2020 sur son site.

Lire aussi : Projet Syndicate et Soros : vers une opinion publique mondiale unifiée

Source : Observatoire du journalisme

 


 

 B) Comment Biden va ruiner la France

Biden et la folie qu’il suscite en France se termineront mal pour ceux qui en chantent les louanges. Mais ils sont probablement trop imbus de leur prétendue supériorité, trop arrogants et trop ignares en économie pour le comprendre.

En France, Biden et les Bidenomics font fureur et nourrissent tous les fantasmes des étatistes naturels, y compris parmi les esprits de droite qui devraient se défier d’une politique de la relance par la consommation alimentée par l’Etat.

Mais les précautions sont à peu près inaudibles aujourd’hui, tant une partie importante de l’intelligentsia française attendait avec impatience de pouvoir chanter les louanges du planisme public.

Sauf que… dans quelques mois, la remontée des taux qui devrait suivre la fièvre inflationniste tuera purement et simplement notre capacité à financer des déficits publics élevés.

Voici pourquoi…

La folie Biden va pousser l’Etat français à la faillite

Le point fondamental est que l’helicopter money pratiquée par Biden a des effets bien plus redoutables que prévu. Les chèques distribués en mars aux ménages américains ont produit leurs effets : partout, le choc sur la demande a entraîné des pénuries et des hausses de prix.

Le chiffre de l’inflation en avril outre-Atlantique, tombé ce mercredi, en apporte la preuve : la hausse des prix sur un an serait à plus de 4% !

Ce chiffre déjoue les prévisions les plus pessimistes et indique que les dégâts causés par les Bidenomics, tant vantés par la caste française, risquent d’être bien pires que ce que nous avions imaginé. Face à l’érosion de la valeur de la monnaie que l’inflation provoque, les acteurs économiques devraient en effet proposer des taux d’intérêt de plus en plus élevés pour emprunter sur les marchés.

Par un effet de cascade, les taux d’intérêt auxquels les Etats empruntent devraient donc mécaniquement remonter. C’est déjà le cas aux Etats-Unis, où les taux longs ont commencé à remonter et où le Nasdaq a perdu 1,5%.

On comprend la mécanique : les liquidités qui cherchent de la rentabilité s’orientent vers les titres les plus rémunérateurs. Jusqu’ici, les valeurs technologiques apparaissaient comme le meilleur pis-aller. Mais des taux d’emprunt élevés pour les dettes publiques pourraient réserver des conditions bien supérieures !

L’argent commence donc à fuir le risque pour se réfugier vers les dettes publiques qui sont sûres, et qui deviennent attractives financièrement.

Là encore, intuitivement, on comprend comment cet effet de domino va contaminer la France : pour attirer les investisseurs, Bercy devra revoir à la hausse ses taux d’intérêt à chaque emprunt, et la charge de la dette, ridiculement basse aujourd’hui (moyennant quoi Emmanuel Macron n’a pas jugé utile d’adopter une politique préventive de réduction drastique de la gabegie publique), ne va cesser d’augmenter dans les mois à venir.

Le poids de la dette va donc fortement augmenter.

Cette augmentation ne sera pas immédiate, parce que le Trésor a profité des derniers mois pour troquer de la dette coûteuse contre de la dette à long terme à taux bas. Le mouvement est enclenché, cependant, et les pertes vont tomber par milliards – et même par dizaines de milliards.

Ces sommes seront autant de moins que l’Etat ne pourra pas dépenser en éducation, en santé, en moyens de surveillance de la population.

Il faut donc bien comprendre que, sauf à augmenter fortement les impôts, l’Etat en sera réduit à restreindre le train de vie des fonctionnaires, ce qu’il déteste faire.

Les impôts sur l’épargne et le patrimoine vont fleurir

Intuitivement, nous savons quels sont les réflexes de l’Etat lorsqu’il a besoin urgemment de liquidités pour financer ses besoins sans brusquer la caste des fonctionnaires : il confisque l’épargne, en tout ou partie, pour renflouer les caisses, avec le couteau des coupes sombres dans les dépenses pour aiguillon.

Le scénario est d’ores et déjà écrit. Il suffit de lire les écrits de l’OCDE pour savoir que ce sont les successions qui seront taxées en premier.

Concrètement, les leçons à retenir de la situation qui s’annonce sont simples : l’inflation galopante est lâchée aux Etats-Unis. Elle contaminera l’Europe en 2022. La France sera, dans les douze mois, étouffée par sa dette publique et une crise de l’euro, doublée d’une crise politique, devrait mettre l’Union en difficulté.

Le résultat est connu : un matraquage fiscal pour les épargnants. En tout cas pour les épargnants français, car des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas n’ont aucune raison, en l’état, de suivre cette voie.

Toute la question est désormais de savoir à quelle vitesse l’inflation galopante lancée par Joe Biden contaminera la vieille Europe – et surtout ses éléments les plus faibles.

Eric Verhaeghe est ancien président de l'APEC (l'Association pour l'emploi des cadres) et fondateur du cabinet Parménide. Il est aussi l'auteur de Jusqu'ici tout va bien (éditions Jacob-Duvernet, 2011), Au coeur du MEDEF : Chronique d'une fin annoncée, (Jacob-Duvernet, septembre 2011) et de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : lecourrierdesstrateges.fr. Diplômé de l'ENA (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un DEA d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

 


C) Vu de l’étranger. En coulisses, l’après-Marine Le Pen se prépare déjà

 Considérant un échec de Marine Le Pen à la présidentielle 2022 comme quasi assuré, certains dans son parti ont discrètement entamé les discussions sur le Rassemblement national après l’ère Le Pen, rapporte Politico.

Cette couverture ne se demande pas si Marine Le Pen a, oui ou non, une chance d’être la prochaine présidente de la France. À Bruxelles, Politico se penche sur “l’après : après sa probable défaite à la présidentielle de 2022. Et c’est surtout la question de savoir si la présidente du Rassemblement national peut tenir son rang au sommet du parti qui intéresse le magazine américain.

Pour en savoir plus, il a interrogé les participants (anonymes) aux “réunions du vendredi” de certains membres du RN, où cette question est fréquemment soulevée. L’ambiance dans ce “groupe de mécontents qui rassemble des membres du conseil national, des dirigeants régionaux et des élus locaux” se résume dans cette phrase d’un des participants : “Nous sommes tous convaincus que Marine Le Pen ne va pas remporter les prochaines élections. Nous devons trouver une nouvelle candidate.”

Une piste donnée par le député RN Nicolas Bay, qui dit ne pas participer aux réunions en question : il n’est pas certain que la prochaine personne à présider le RN portera le nom Le Pen, ce dernier étant à la fois le plus grand atout et le plus grand obstacle pour la course à l’Élysée.

“Le nom Le Pen a fait son temps”

“Force est de reconnaître que Le Pen a beaucoup fait pour rendre son parti plus présentable, notamment en liquidant le passé xénophobe du FN et en cessant d’appeler à quitter la zone euro. Mais sa personnalité commence à déplaire aux électeurs.”

En effet, Marine Le Pen est loin de faire l’unanimité, à la fois parmi les cadres et dans la base du parti. Ainsi, des militants du RN déclarent à Politico : “Je pense que le nom Le Pen a fait son temps” ; “elle n’est pas à la hauteur, elle manque de charisme” ; “elle aurait dû passer la main”. Parmi les possibles nouveaux chefs, ils citent Jordan Bardella, Marion Maréchal ou encore Éric Zemmour.

Mais voilà, constate le magazine, plus on monte haut dans le parti, plus rare se fait le discours mettant en question Marine Le Pen. Signe que la fille de Jean-Marie tient le parti d’une main de fer et n’hésite pas à éloigner tout potentiel rival. Pour l’heure, Marine déjoue les complots. “Ils ont tous peur d’elle”, raconte un ancien conseiller, au point que Politico estime qu’“aujourd’hui les ténors du parti sont plus unis qu’ils ne l’ont été depuis longtemps”. Et la personnalité capable de défier Le Pen n’a pas encore percé.

Lancé le 21 avril 2015 dans le but avoué de “secouer” la couverture journalistique de l’Union européenne, Politico est avant tout l’extension du site américain créé par deux signatures importantes du Washington Post, John F. Harris et Jim VandeHei, en 2007.
L’édition européenne, qui s’appuie sur une équipe de 70 personnes, se concentre sur la politique de l’Union européenne et de ses États membres, et a su attirer de belles plumes.
Une version papier est distribuée chaque semaine dans les capitales européennes. Politico propose également chaque mois des dossiers spéciaux.

 

 

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