L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

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octobre 17, 2014

PASCAL SALIN : Libéralisme (un classique à redécouvrir)

L'Université Libérale, vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.

On ne parle jamais assez du libéralisme. Il est tellement caricaturé, déformé, que les libéraux doivent s'astreindre sans cesse à le réhabiliter et, pour ce faire, à l'expliquer. Dans cette oeuvre d'hygiène intellectuelle indispensable, la contribution de Pascal Salin est parmi les plus précieuses. Il avait déjà forgé des armes pour les libéraux avec "L'Arbitraire Fiscal" (2° édition Slatkine Paris-Genève, 1996), "La Vérité sur la Monnaie" (Odile Jacob, Paris 1990), "La Concurrence" (PUF Que Sais-je Paris 1995), "Libre Echange et Protectionnisme" (PUF Que Sais-je, Paris 1991). Voici qu'il nous offre maintenant "Libéralisme", publié ces jours-ci chez Odile Jacob (500 pages, 180 Frs).( Aleps)
 
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 « Cette conception selon laquelle, sur la longue période, ce sont les idées (et donc les gens qui mettent en circulation les idées nouvelles) qui gouvernent l’évolution – et parallèlement la conception selon laquelle les cheminements individuels dans ce cours des choses doivent être orientés par un ensemble cohérent de concepts – ont depuis longtemps constitué une partie fondamentale du credo libéral. »
 
Friedrich HAYEK, La constitution de la liberté

Nous pouvons dire avant tout de cet ouvrage qu'il est "magistral". C'est bien un maître de la pensée libérale qui délivre son enseignement. Le libéralisme, il le connaît sur le bout des doigts. Dès le début de sa carrière universitaire Pascal Salin avait créé, avec d'autres agrégatifs, le "séminaire Jean Baptiste Say", une initiative courageuse qui consistait à faire connaître dans les milieux universitaires français la pensée libérale, les travaux de Hayek et de Friedman, alors que la mode était aux idées marxistes ou keynésiennes. Ensuite, il ne cessera de professer sa foi libérale non seulement à Paris Dauphine, mais dans toutes les conférences internationales, ce qui lui a valu une reconnaissance par la communauté scientifique du monde entier, et la présidence de la très prestigieuse Société du Mont Pèlerin fondée par Hayek et présidée par des intellectuels aussi brillants que Milton Friedman, George Stigler, James Buchanan, Gary Becker, tous prix Nobel d'Economie.



Hélas cette "grosse pointure" de la science économique n'a jamais eu dans son propre pays l'écoute et la célébrité qu'il avait ailleurs. C'est un des signes de l'exception française. Seul le petit cénacle de l'ALEPS a reconnu ses talents, et Pascal Salin, aujourd'hui membre du Collège Présidentiel, a été pendant plus de dix ans Vice-Président, et assume aujourd'hui la lourde mission de présider le Jury du Prix de la Pensée Libérale (qui a distingué successivement Philippe Manière et Patrick Simon). La publication de "Libéralisme" rompra sans doute la conspiration du silence, et on va peut-être pouvoir enfin parler et de l'auteur et du livre. Le livre est une invitation à la réflexion en profondeur sur ce qu'est véritablement le libéralisme. Après deux chapitres introductifs, consacrés à poser le problème du libéralisme, et des faux nez qu'on lui fait porter en France, viennent trois chapitres inédits sur "les Piliers du Libéralisme". On appréciera la maîtrise de la démonstration, la profondeur de l'analyse et l'élégance d'une langue simple et précise.

Cinq chapitres qui suivent nous permettent de relever un certain nombre d'erreurs commises à propos du libéralisme. L'opinion publique, notamment en France, a une fausse idée de ce qu'est l'entreprise, le profit, le monopole et la concurrence, la finance. Des questions d'actualité, comme la participation, le capitalisme populaire et la privatisation, y sont également évoqués. Des lecteurs plus intéressés par les problèmes concrets que par la philosophie sociale ou l'analyse économique prendront leur plaisir à la lecture des six chapitres suivants, qui sont autant d'exemples retenus par Pascal Salin pour expliquer ce qu'il faut et ce qu'il ne faut pas faire dans la vie quotidienne : comment les libéraux considèrent-ils l'immigration, l'urbanisme et la propriété immobilière, les limitations de vitesse et la ceinture de sécurité, l'assurance maladie, la retraite, la réglementation anti-tabac, la défense de l'environnement ? Pascal Salin prend ici des positions que d'aucuns qualifieront de "libertariennes", pour signifier qu'elles sont inspirées par un libéralisme radical, sans compromission, dans toute sa pureté. De quoi faire fuir les politiciens sans doute, mais de quoi faire rêver les jeunes (et les moins jeunes) épris de liberté...


Enfin, et non le moindre, l'ouvrage se termine par une prospective de l'Etat :
que fera-t-il désormais ? 
Aura-t-on tiré les leçons de l'échec généralisé de la macro-économie ? 
Va-t-il enfin se retirer de la scène économique et sociale pour laisser jouer les individus ? 
Va-t-il enfin cesser de spolier les Français par une fiscalité aussi ruineuse qu'arbitraire ? 

Il y sera sans doute contraint par la mondialisation, et il est souhaitable que le libre-échange mondial poursuive sur sa lancée au lieu d'envisager des replâtrages comme les veulent certains dirigeants européens, trop aveugles pour ne pas avoir compris l'erreur de l'euro. A votre réflexion, parce qu'il y a là un bon échantillon des plus belles pages de cet ouvrage, et parce que ce sont deux conclusions majeures de Pascal Salin, nous livrons deux passages : l'un se rapporte aux perspectives de la mondialisation, l'autre aux exigences de la liberté. 
NATIONALISME (pp. 489-490) : 

"Qu'il s'agisse de monnaie, d'échanges commerciaux ou d'immigration (comme nous l'avons vu précédemment), on est confronté à un conflit majeur, celui qui oppose la liberté des personnes à la prétention des États de décider de ce qui est censé étre bon pour la "nation".
 Or, qu'est-ce que la nation, si ce n'est un ensemble d'hommes et de femmes ? 
Et comment pourrait-il y avoir des objectifs " nationaux " indépendamment des objectifs individuels ? 
Pour un libéral, l'appartenance d'un individu à une collectivité quelconque, qu'elle soit nationale, religieuse, culturelle ou sportive, si elle est importante pour l'individu concerné, ne concerne pas l'observateur extérieur. Un "étranger" a autant de vaIeur qu'un concitoyen et la liberté d'entrer en contact avec lui pour échanger des biens, des idées, des signes d'amitié, doit être préservée aussi rigoureusement que la liberté d'entrer en contact avec un concitoyen. Aucune vertu particulière, aucune valeur supérieure ne peut être accordée à un individu ou à une activité du fait qu'ils portent le label "national". Il n'y a pas de différence de nature entre l'échange intra-national et l'échange inter-national, car l'échange se fait toujours entre des individus et le fait qu'ils se trouvent sur le même territoire national ou sur d'autres territoires nationaux n'a strictement aucune importance. Pour un libéral le nationalisme n'est donc pas compréhensible, mais la nation l'est, parce que les communautés humaines existent et sont des faits sociaux concrets. Une nation est en effet une réalité immatérielle qui résulte d'un sentiment d'appartenance à une même communauté - forgée par l'Histoire, la langue, les coutumes - et l'existence de ce sentiment dans les consciences d'un certain nombre de personnes constitue la nation comme un réseau de relations interpersonnelles. I1 n'est donc pas question de nier la nation en tant qu'objet de perception, mais de rejeter la prétention à ériger la nation en une entité abstraite ayant ses propres exigences, sa propre volonté, ses propres fins ; de rejeter aussi la "nationalisation de la nation" par l'Etat, c'est-à-dire sa prétention à représenter la nation, à parler et à agir en son nom, car il est illégitime de monopoliser des sentiments d'appartenance. L'État-nation, caractéristique des sociétés modernes, est par nature incompatible avec une société de liberté individuelle. C'est pour cette raison profonde que la mondialisation, si elle contribuait effectivement à la destruction des Etats-nations, serait un bienfait pour l'humanité. Les politiques d'intégration régionale sur tous les continents doivent alors étre considérées non pas comme des progrès, mais plutôt comme des réponses à l'éclatement inéluctable des frontières étatiques et comme des efforts pour retarder une véritable mondialisation et la disparition des Etats-nations".



 L'économiste Pascal Salin rappelle au journaliste Jean-François Kahn que le libéralisme n'a jamais été tenté en France, pays qui reste très attaché à son État obèse.

Le Monde : La voie libérale n'a jamais été essayée en France
http://www.lemonde.fr/idees/article/2...
DU COURAGE POUR ETRE LIBÉRAL (p. 500) : "On ne peut pas vouloir une chose et son contraire, on ne peut pas proclamer la liberté et accepter l'esclavage. Rechercher une troisième voie mythique entre le collectivisme et l'individualisme, se prétendre tolérant parce qu'on admet les compromis, ce n'est pas seulement un manque de lucidité c'est une véritable trahison. Il faut du courage pour être libre, mais il faut aussi du courage pour être libéral dans ce monde de fausses valeurs, d'alibis douteux, de compromis idéologiques, de mimétisme intellectuel et de démagogie politicienne où l'humanisme libéral est ignoré, déformé, caricaturé jusqu'à la haine. Dans l'ouragan idéologique qui a balayé le XXème siècle et où nazisme, communisme, mais aussi social-démocratie ont failli faire périr l'idée éternelle et universelle de la liberté individuelle, c'est l'honneur de quelques hommes, de quelques grands penseurs d'avoir pris le risque intellectuel et personnel de sauver cette idée, de la développer, d'en rechercher sans relâche les implications, de la diffuser.
 
Au-delà, bien au-delà des simples recettes économiques, elle rencontre l'adhésion d'un nombre croissant d'hommes et de femmes de talent, de jeunes surtout, lassés du conformisme de leur époque. Ils découvrent, ils redécouvrent que l'humanisme n'est pas mort et que l'humanisme ne peut avoir d'autre visage que celui du libéralisme.
 
Autres critiques:
 
Que vous soyez pour ou contre, de droite ou de gauche, vous croyez tout savoir sur le libéralisme, "sauvage" pour les uns, "salutaire" pour les autres. Mais pourquoi faut-il supprimer la législation sur la concurrence, instaurer la liberté d’immigration, supprimer le monopole de la Sécurité sociale ou encore recourir aux privatisations pour résoudre les problèmes écologiques ? Pourquoi l’euro n’est-il pas une invention libérale ? Pourquoi la mondialisation est-elle préférable à l’intégration régionale ? Pourquoi la politique de stabilisation est-elle une source d’instabilité économique ? Une réévaluation en profondeur de la pensée libérale ; une contribution iconoclaste aux débats sur les principes et la philosophie qui doivent nous guider. Et si le libéralisme, fort des trois principes que sont la liberté, la propriété, la responsabilité, était le véritable humanisme, la seule vraie utopie réaliste qui autorise la plus belle des espérances pour notre temps : la confiance optimiste dans l’individu ?
 

 
 
 
 
 
Aurélien Véron


 

Pascal Salin

De Wikiberal
Pascal Salin (né le 16 mai 1939 à Paris) est un économiste et philosophe français, professeur à l'université de Paris IX Dauphine, spécialiste de la finance publique et ancien président de la Société du Mont-Pèlerin (1994-1996), succédant à Max Hartwell et cédant sa place à Edwin J. Feulner. Libéral et scientifique, il a également fait partie du bureau éditorial du Journal of Libertarian Studies.  
Après des études à la faculté de droit de Bordeaux, il effectue un cursus en économie à Paris, en parallèle à l'Institut d'études politiques de Paris. Diplômé de Sciences Po, il obtient un doctorat en économie ainsi qu'une licence de sociologie. Il passe parallèlement l'agrégation d'économie[1].
Il commence par être assistant universitaire à Paris entre 1961 à 1966, alors qu'il n'a que 22 ans. Puis il devient maitre de conférences à l'université de Poitiers et Nantes. En 1970, il rejoint comme professeur d'université l'université de Paris IX Dauphine[1]. Il y enseigne encore aujourd'hui. Il dirige le Centre de Recherche en Théorie Economique Jean-Baptiste Say[2], auquel a collaboré avec Georges Lane ou Alain Wolfelsperger. Il a compté parmi ses élèves François Guillaumat, alors doctorant, Philippe Lacoude, Bertrand Lemennicier, Cécile Philippe, Véronique de Rugy ou Frédéric Sautet.
Il a depuis travaillé comme consultant, notamment, pour service d’études du Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement du Niger, l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), et le Harvard Institute for International Development.
Entre 1994 et 1996, il préside la Société du Mont-Pèlerin, une organisation internationale fondée par Friedrich Hayek en 1947 et composée d'économistes, d'intellectuels et d'hommes politiques réunis pour promouvoir le libéralisme. Il a également exercé des responsabilités importantes au sein de l'Aleps.
Chevalier de la Légion d'honneur, il est également chevalier des Arts et des Lettres et officiers des Palmes académiques. Il a reçu le Prix renaissance de l'économie en 1986.

Travaux et prises de position

Il a effectué de nombreux travaux dans le champ de la finance publique ou sur les questions monétaires. Il défend en particulier le système de réserves fractionnaires.
D'inspiration libérale et libertarienne, son œuvre marche dans les traces de la tradition autrichienne : Frédéric Bastiat, Ludwig von Mises et Friedrich Hayek. Il défend généralement des positions minarchistes ou anarcho-capitalistes. Ainsi, dans Libéralisme (2000), il écrit sur l'État : « L'État n'a aucune justification morale ni scientifique, mais (...) constitue le pur produit de l'émergence de la violence dans les sociétés humaines ». A propos de l'impôt il déclare : « Prélevé en fonction d'une norme décidée par les détenteurs du pouvoir étatique, sans respect de la personnalité de chacun, l'impôt pénalise la prise de risque et est foncièrement esclavagiste, allant à l'encontre de son but recherché, bafouant les droits fondamentaux de l'être humain et la propriété de l'individu »[3].
Il contribue régulièrement au Québécois Libre. Il a pris position en faveur du projet de directive sur la libéralisation des services dans l'Union européenne (directive Bolkestein) et en défaveur du Traité de Rome de 2004.
 

1 commentaire:

Aleex Gonzalez Lopez a dit…

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