avril 08, 2026

L’audiovisuel public et la gauche, une histoire d'amour pour une liberté d'expression du camp du bien !

Sommaire:

A) - Mainmise de la gauche sur l’audiovisuel public

B) - Il faut supprimer le service public d’audiovisuel

C) - L’Entretien du Diplomate avec Claude Chollet (OJIM) – L’affaire Legrand–Cohen : « En termes de grand banditisme, ça s’appelle un flagrant délit ! »

 

A) - Mainmise de la gauche sur l’audiovisuel public

Conflits d’intérêts, fébrilité et défiance citoyenne à la commission d’enquête parlementaire

Alors que les Français exigent davantage de transparence sur l’utilisation de leurs impôts, la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public (créée le 28 octobre 2025 à l’initiative du groupe Union des droites pour la République d’Éric Ciotti) est devenue le théâtre de vives tensions. Présidée par le député Horizons (parti d’Édouard Philippe) du Calvados Jérémie Patrier-Leitus et rapportée par le député UDR Charles Alloncle, cette instance révèle au grand jour les dysfonctionnements d’un secteur public financé par plus de 3,9 milliards d’euros par an via la redevance et la TVA.

Deux articles de France-Soir publiés les 5 et 6 avril 2026 dressent un tableau saisissant : d’un côté, une majorité de Français (60 % selon le baromètre MIS Group pour France-Soir / BonSens.org de février 2026) considère ces commissions comme « très utiles » pour mettre au jour les dérives ; de l’autre, le président de la commission semble vouloir « rationaliser » les travaux pour imposer plus de « sérénité », une posture interprétée comme une tentative de reprise en main politique.

Conflits d’intérêts et « déport partiel » : le cas Patrier-Leitus

Le président Jérémie Patrier-Leitus n’arrive pas sur ce dossier en terrain neutre. Selon sa déclaration à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), il a été administrateur de LCP (octobre 2022-juin 2024), de Radio France (janvier 2023-juin 2024) et reste membre du conseil d’administration de France Médias Monde (France 24, RFI) depuis septembre 2024. En avril 2025, le déontologue de l’Assemblée l’avait déjà alerté sur un risque théorique d’enrichissement indirect via ses frais de mandat.

Face aux questions légitimes sur ces liens, le député affirme s’être « partiellement déporté » (s’abstenir de participer) uniquement pendant les auditions de France Médias Monde, sans présider ces séances. Or, comme le soulignent les critiques, un président de commission dispose de pouvoirs étendus (ordre du jour, déroulement des auditions, influence sur le rapport final). Un déport ponctuel ne suffit pas à dissiper l’apparence de conflit d’intérêts, surtout lorsque le mandat à France Médias Monde reste actif.

Le 6 avril 2026, sur RTL face à Thomas Sotto, Patrier-Leitus a ouvertement critiqué son rapporteur : « Avec le rapporteur, j’ai une différence de méthodes : moi je n’aime pas beaucoup les tribunaux politiques et la politique spectacle. » Une sortie qui traduit, selon France-Soir, une fébrilité croissante à l’approche de 2027, alors qu’Édouard Philippe (président d’Horizons) figure dans plusieurs sondages comme un candidat potentiel.

Les Français exigent la transparence… mais les présidents tranchent en circuit fermé

Le paradoxe : alors que les commissions d’enquête jouissent d’un crédit réel auprès des citoyens (pouvoirs d’investigation exceptionnels, convocation sous serment, accès aux documents), leurs présidents n’ont jamais consulté l’opinion publique via sondage ou consultation citoyenne. Pourtant, 60 % des Français estiment que la commission actuelle révèle déjà des « mauvais usages des fonds des Français ».

Les auditions ont mis au jour des gabegies financières, des contrats de production concentrés et des questions récurrentes sur la neutralité.

Mais pour beaucoup, le président Patrier-Leitus cherche à édulcorer le rapport final en « rationalisant » les règles, juste avant sa remise prévue fin avril 2026. Derrière les appels à la « sérénité » se profile la volonté de protéger un secteur historiquement proche des réseaux de la gauche et du centre.

La mainmise de la gauche sur l’audiovisuel public : un biais structurel confirmé par les faits

Les travaux de la commission interviennent dans un contexte où l’accusation de biais idéologique à gauche n’est plus une simple opinion, mais un constat étayé par des études indépendantes. Le rapport de l’Institut Thomas More de février 2026, réalisé par intelligence artificielle sur plus de 2000 heures de programmes de France Télévisions et Radio France, est particulièrement éclairant :

  • 57 % des émissions et chroniques présentent un angle idéologique marqué à gauche, contre seulement 16 % à droite ;
  • Sur 37 programmes analysés, 30 sont classés à gauche (notamment C Politique sur France 5 ou Complément d’enquête sur France 2) ;
  • 14 des 19 thématiques observées (climat, immigration, économie, etc.) affichent un traitement favorable à une grille de lecture centre-gauche.

Ces résultats prolongent des études antérieures du même institut (2024 et novembre 2025 sur les matinales de Radio France) et confirment une réalité que dénoncent depuis longtemps une partie des téléspectateurs et auditeurs : le service public, financé par tous, ne représente pas équitablement la diversité des opinions françaises. La gauche modérée et les écologistes bénéficient d’un traitement plus favorable, tandis que la droite et les courants plus radicaux sont souvent sous-représentés ou problématisés.

Ce déséquilibre n’est pas nouveau. Il s’inscrit dans une longue tradition où les nominations aux postes clés de France Télévisions, Radio France ou France Médias Monde ont souvent été influencées par des réseaux progressistes. L’ARCOM (ex-CSA) veille au pluralisme formel (temps de parole), mais peine à corriger le pluralisme substantiel : le choix des angles, des invités et du vocabulaire oriente durablement le débat public.

Vers un rapport explosif ou une « rationalisation » de façade ?

La commission doit rendre son rapport fin avril 2026. Les Français, qui paient la facture, attendent des réponses concrètes sur les déficits, les coûts de production, les contrats et surtout la neutralité réelle du service public. Les tensions internes – suspensions d’auditions, rappels à l’ordre de la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, accusations mutuelles de « spectacle » ou de « tribunal politique » – montrent que l’enjeu dépasse le simple contrôle parlementaire : il s’agit de la confiance des citoyens dans leurs médias financés par l’impôt.

Dans une démocratie où la défiance envers les élites et les médias atteint des sommets, ignorer cette mainmise idéologique reviendrait à creuser encore un peu plus le fossé entre le peuple et ses institutions.

La commission d’enquête a déjà le mérite de poser les bonnes questions. Reste à savoir si son rapport final osera y répondre sans concession. Les Français, eux, ont déjà tranché : ils exigent la transparence.

https://multipol360.com/mainmise-de-la-gauche-sur-laudiovisuel-public/ 

 


 

B) - Il faut supprimer le service public d’audiovisuel

Tribune de H16 – Son blog : https://h16free.com

En termes de propagande, les médias de service public n’ont qu’un seul réglage et il est maintenant au maximum. Quant au réglage pour l’information, il est malheureusement de plus en plus proche du minimum. 

Ainsi, quelqu’un à la direction des services audiovisuels publics a par exemple fermement coincé la manette sur « Tout le temps » lorsqu’il s’est agi de traiter du sujet « taxe Zucman » et depuis, on se demande si des efforts sont faits, même symboliques, pour décoincer cette manette. Apparemment pas, tant on voit ce Zucman et ce sujet sur les chaînes du service public, goulûment relayées par les émanations privées (mais courroies de transmission du pouvoir) comme BFM et LCI. 

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Gabriel Zucman, c’est cet « économiste » dont les efforts sont commodément payés par la fondation OpenSociety de Soros – hasard pratique, dont le directeur de thèse était Piketty – coïncidence simple – et qui aide le Parti socialiste dans l’élaboration de ce que ses membres – au premier rang desquels Glucksman – appellent hardiment « programme économique » – mais tout ceci est purement fortuit, décidément. 

Il propose de taxer non pas les revenus mais les patrimoines, y compris putatifs lorsqu’ils sont constitués par la valorisation boursière d’une startup en plein développement, explorant ainsi avec gourmandise une nouvelle forme de fiscalité créative dont tout indique pourtant qu’elle va fusiller durablement l’innovation et l’incitation économique dans le pays qui n’en a vraiment pas besoin.

D’un plateau à l’autre, de France Télévisions à France Info puis France Inter, le frétillant professeur semble avoir pris son bâton de pèlerin pour taxer les riches (aider les pauvres n’est jamais au programme). Et ça marche : rapidement, les journalistes, joyeusement embobinés, se pressent pour l’interroger ou faire de la retape pour ses élucubrations.

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En l’espace de deux semaines, c’est une véritable Zucmania qui s’est emparée des journalistes du service public qui, les uns après les autres, tentent d’expliquer à quel point cette taxe est une idée géniale, facile à mettre en place et surtout, indolore (pensez donc, 2% du patrimoine, c’est si petit).

À tel point que lorsqu’un tweet facétieux et parodique a dressé une liste (exagérée) des apparitions de Zucman sur les plateaux radio et télé, cette liste fut reprise par les Grandes Gueules (RMC) puis Pascal Praud (CNews) et ce malgré des intitulés d’émissions parfois grotesques. 

En fait, la réalité est devenue si caricaturale qu’une parodie ne choque plus personne, montrant à quel point les services publics sont devenus complètement partisans, sans plus aucune retenue, rejoignant leur caricature de façon crédible…

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À l’opposé de ce traitement ultra-favorable du trentenaire rondouillard à la taxation compulsive, les mêmes médias jouent une tout autre partition lorsqu’il s’agit de revenir sur les notes de frais d’Anne Hidalgo dont on a récemment découvert l’opulence scandaleuse frôlant l’abus de bien public du mauvais côté de la tangente. 

Si la presse s’est bien fendue de quelques articles expliquant la polémique et s’interrogeant sur les montants et les achats dispendieux enfilés avec gloutonnerie, la plupart des autres articles apparus depuis la première publication de Médiapart semblent présenter les choses sous un jour encore moins critique.

Outre les inévitables articles de « debunking » cherchant à minimiser toute cette polémique, on trouve sans mal d’autres articles expliquant comment et pourquoi la Maire de Paris ne va pas se laisser faire par cette véritable campagne de dénigrements calomnieux.

Pour le service public, un fois les bots russes (en maintenance ?) et le réchauffement climatique écartés, pas de doute, c’est un coup de l’extrême-droite. En tout cas, c’est ce que laissait penser le chapô d’un article de France Info qui, une fois repéré, s’est empressé de camoufler ses penchants gauchistes.

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Et malgré l’empilement de plus en plus ahurissant d’utilisations scandaleuses des fonds publics, la Maire de Paris voit se multiplier de nombreux soutiens, tous commodément à gauche de l’échiquier politique et – coïncidence – dans le monde des médias et de l’information. De Françoise Degois à De La Gontrie, on voit s’empiler les bonnes raisons d’oublier les frasques d’Hidalgo, alors que les mêmes n’étaient pas en reste pour dénoncer les costumes de Fillon (pourtant payés avec de l’argent privé, au contraire des 4 pantalons à 4 tailles différentes d’Hidalgo, achetés le même jour). 

Le « Deux Poids, Deux Mesures » est ici aussi visible que la propagande de Zucman.

Enfin, pour l’affaire Cohen Legrand qui a démontré la collusion complète entre les deux loustics pourtant payés par le contribuable et le Parti Socialistes, c’est tout juste si on en parle encore : pour tout dire, depuis que Cohen a bien expliqué qu’il était inattaquable et blanc comme une colombe, plus personne n’ose revenir sur les révélations qui s’empilent pourtant et montrent que le service public n’est plus que l’officine de la gauche, depuis le parti socialiste jusqu’à LFI. 

Les dernières révélations – timidement relayées sur X par une plateforme dont la censure française commence à se voir – qui remettent pourtant fondamentalement en cause les discours lénifiants et hypocrites de Cohen et Legrand ne sont plus du tout évoqués. 

La collusion Cohen-Legrand avec le PS ? Évaporée !

Cette gradation dans les traitements (l’avalanche Zucman, le scandale Hidalgo en cours d’étouffement et la disparition totale de l’affaire Cohen-Legrand) illustre de façon éclatante le biais des services publics, complètement dévoués au pouvoir socialo-macroniste en place, et devient tellement grossier qu’il en fait fuir les cibles, les citoyens naïfs. 

À ce sujet, les couinements hystériques de Delphine Ernotte, la PDG de France Télévisions (qui accuse CNews d’être d’extrême-droite) ne sont pas autre chose que des cris de douleur devant le constat, abominable pour eux, que leur propagande n’est plus étanche et qu’un nombre croissant d’individus s’en échappe. 

Or, une fois réveillés, ils ne reviendront pas : le service public de propagande les a perdus, et avec eux les éventuels soutiens aux politiques pourtant débiles qu’il tente d’asseoir. Cette attrition continue, de plus en plus visible. 

Espérons qu’elle soit le plus rapide que possible car sinon, ce pays est foutu.

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H16 


 

– Son blog : https://h16free.com

https://lediplomate.media/tribune-supprimer-service-public-daudiovisuel/ 

 

 

 

 


 

C) - L’Entretien du Diplomate avec Claude Chollet (OJIM) – L’affaire Legrand–Cohen : « En termes de grand banditisme, ça s’appelle un flagrant délit ! »

Début septembre 2025, une vidéo tournée à l’insu des participants montre une conversation entre des éditorialistes du service public, Thomas Legrand et Patrick Cohen, et deux responsables du PS, en train d’évoquer une stratégie susceptible de nuire à Rachida Dati, candidate LR à la mairie de Paris et où l’on entend notamment « On fait ce qu’il faut pour Dati ». La diffusion de ces extraits — notamment par L’Incorrect — a déclenché une crise médiatique : suspension de Thomas Legrand par France Inter, tandis que Patrick Cohen évoque une plainte au titre de la vie privée. L’Incorrect a publié une mise au point défendant la légitimité de sa publication. 

Au-delà de l’anecdote, cette séquence cristallise une crise bien plus grave, symptôme d’une chape de plomb idéologique dans le service public et surtout d’un malaise démocratique en France : la connivence — au moins présumée — entre des journalistes majoritairement de gauche, payés par les contribuables, qui s’érigent en acteurs voire en véritable inquisiteurs de la vie politique française…

Le Diplomate média s’entretient avec Claude Chollet, fondateur et directeur de l’Observatoire du journalisme(OJIM), association qui ausculte depuis 2012 les relations entre pouvoir et médias et publie portraits, enquêtes et analyses sur l’écosystème médiatique français.

Propos recueillis par Angélique Bouchard

Le Diplomate : Claude Chollet, pouvez-vous tout d’abord rappeler les faits et dresser rapidement les pédigrés, comme vous l’avez fait sur votre site, des deux journalistes mis en cause ?

Claude Chollet : Thomas Legrand et Patrick Cohen (voir leur portrait sur www.ojim.com) sont des journalistes chevronnés, tous deux officiant surtout sur le service public. Tous deux sur France Inter (depuis 17 ans pour Legrand comme éditorialiste politique). Legrand a collaboré également à RTL, à Slate, aux Inrocks, il est éditorialiste à Libération et il a son rond de serviette sur Arte. Cohen a travaillé à RTLEurope 1France Culture. Ce ne sont pas des perdreaux de l’année, ils sont expérimentés et ils disposent d’une réelle influence.

Et que révèle, selon vous, la séquence « On fait ce qu’il faut pour Dati » sur les liens PS–éditorialistes du service public : simple échange privé ou collusion politique ?

En termes de grand banditisme ça s’appelle un flagrant délit. Qu’un journaliste rencontre un homme politique dans un café pour recueillir des informations, rien à redire. Par contre que deux journalistes du service public soient pris comme partenaires pour déstabiliser une candidate à la mairie de Paris par un parti politique révèle une collusion – connue des spécialistes mais pas forcément du grand public – une opération concertée pour un objectif politique, en l’espèce électoral. Un des interlocuteurs du PS n’est autre que Pierre Jouvet, monsieur stratégie électorale du parti socialiste et d’autres propos sur Glucksmann, Ruffin, indiquent clairement qu’une opération commune était en train de se monter. Elle était destinée à rester discrète, elle éclate au grand jour.

Les réactions institutionnelles et judiciaires vous semblent-elles relever d’une saine déontologie… ou d’un déplacement du débat du fond vers la procédure ?

La présidente de Radio France a suspendu d’antenne Thomas Legrand. Rappelons que Jean-François Achilli a été licencié séance tenante pour un simple projet non encore commencé de livre co-écrit avec Jordan Bardella pour une biographie de celui-ci. Attendons la suite, mais la direction de France Inter est un peu coincée, sa rédaction oscille entre gauche et extrême gauche. Elle est obligée de faire quelque chose sans aller trop loin. Je ne serais pas étonné que Legrand s’en tire avec une petite tape sur la main sans plus. Mais sa réputation me semble ruinée tout comme celle de Patrick Cohen. Le roi est nu au vu de tous et sa parole s’en trouve dévalorisée.

Les journalistes de L’Incorrect, qui ont publié la vidéo, sont-ils injustement cloués au pilori pour un document d’intérêt public ?

Ils sont accusés d’atteinte à la vie privée, c’est une plaisanterie ! En février 2018 des étudiants avaient enregistré à son insu des propos de Laurent Wauquiez, utilisés ensuite contre lui. Le même Patrick Cohen avait justifié le procédé comme émanant d’une « saine curiosité d’un étudiant ». Ici, juste retour des choses, nous avons la saine curiosité d’un voisin de café. Illustration de l’image de l’arroseur arrosé.

Cette affaire illustre-t-elle une connivence durable pouvoir/médias — particulièrement à gauche — et, en miroir, la marginalisation (modération/censure) des médias indépendants et alternatifs et sur les réseaux sociaux ?

Rien de nouveau sous le soleil, hélas… Une majorité (pas tous je précise bien) des journalistes appartient au monde libéral libertaire, plus libéral aux Échos, plus libertaire à Libération mais défendant sur le fond les mêmes intérêts moraux et matériels, les premiers justifiant les seconds. En parallèle les médias indépendants qui ne sont pas financés par Nicolas qui paie, qui ne reçoivent aucune subvention (environ 6M€ par an rien que pour Libération) sont parfois étouffés sous divers prétextes, persécutions bancaires, censures, etc. A titre d’exemple, TVL a vu son compte en banque supprimé sans explication, l’Institut Iliade également. Nemesis vient de voir son compte Instagram supprimé par Meta. Il y a bien une guerre médiatique avec des enjeux à la fois politiques et économiques. Les évolutions depuis une dizaine d’années incitent à un relatif optimisme ou à un moindre pessimisme, comme vous voudrez. Une petite brise souffle avec des médias alternatifs devenus plus prégnants et des médias de transition comme CNews ou Europe1.

On se souvient de l’ARCOM qui a lourdement sanctionné C8/CNews ces dernières années ; voyez-vous un “deux poids, deux mesures” quand l’audiovisuel public est en cause, et que devrait faire le régulateur ici ?

Il n’y pas « deux poids deux mesures » mais il y a bien « un poids et deux mesures ». L’ARCOM, 320 personnes, 50M€ de budget a prouvé à l’envie sa partialité. N’en attendons rien, c’est une institution à supprimer et à remplacer par une autre autorité de régulation – il en faut une – qui reflète le pluralisme des opinions de la société et qui ne soit pas une simple machine de guerre anti Bolloré.

Autre polémique : Le cas Léa Salamé — désormais au 20 h de France 2 et compagne de l’homme politique Raphaël Glucksmann — crée-t-il un risque structurel de conflit d’intérêts dans l’audiovisuel public ? Quelles garanties (récusation, transparence, pare-feu éditoriaux) vous paraissent indispensables ?

On ne peut pas reprocher sa vie privée à Léa Salamé et elle peut bien vivre avec qui elle veut. Elle a œuvré à la matinale de France Inter dans une fonction de journaliste politique. Il en sera de même au JT de France 2. Comment croire un instant qu’elle ne soit pas influencée par son compagnon ? Elle devrait dès maintenant se mettre en réserve au moins jusqu’à l’élection présidentielle de 2027 à laquelle Glucksmann est candidat. Il est douteux qu’elle le fasse en-dehors de la courte période électorale officielle, alors que chacun sait que la course est lancée dès maintenant. Elle ne peut pas être neutre quand bien même elle le voudrait. La direction de France Télévisions devrait intervenir. Je passe sous silence l’ARCOM qui ne fera bien entendu rien.

Quelles réformes concrètes peut-on imaginer pour restaurer la confiance : transparence des rendez-vous politiques, registre des contacts, clauses d’indépendance éditoriale, droit de suite/équité d’antenne pour les médias non-mainstream ou encore, comme le préconise certains, une privatisation pure et simple des médias du service public ?

Je ne suis pas favorable à la privatisation totale des médias du service public. France Culture et France Musiqueremplissent des missions publiques – imparfaites mais réelles – qui doivent échapper au secteur marchand. Mais privatiser France Inter ou les stations régionales de France 3 pourquoi pas ? 

Je préconise une mesure simple et révolutionnaire. La taxe de 135€ sur l’audiovisuel a été soi-disant supprimée, en réalité c’est un tour de passe-passe et le budget des médias de service public a été pris sur la TVA et c’est encore Nicolas qui paie. A la place des subventions (économies entre 4 et 6 milliards d’euros) attribuons un budget de 135€ par foyer fiscal avec liberté d’attribution. Chaque foyer donne à qui il veut, à un média ou plusieurs dans la limite des 135€. Vous pouvez donner au Figaro au Diplomate, à Libé, à CNews, à l’Huma, à Éléments, à France Musique etc. Si un foyer ne répartit rien ou pas la totalité, le reliquat part au service public. Les médias seront bien financés par leurs lecteurs ou par ceux qui sentent proches de tel ou tel média. Une sorte d’opération vérité qui pourrait révéler des surprises. Chiche ? 

Claude Chollet 


 

(OJIM)

 

 

 

 

 

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