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février 12, 2026

France Politique News Février 2026

Sommaire:

A) - Raul Magni Berton : Pour réduire la dette publique changeons de régime, plutôt que de gouvernement

B) - Les municipales : préfiguration de la présidentielle ?

C) - L’impasse politique française

 


 

A) - Raul Magni Berton : Pour réduire la dette publique changeons de régime, plutôt que de gouvernement

Depuis 50 ans, les gouvernements français ont beaucoup changé, mais, tous, ont creusé la dette. Nos représentants sont-ils tous mauvais gestionnaires ? S’ils échouent tous à cette tâche malgré leurs promesses, cela semble plutôt indiquer que les règles du jeu en elles-mêmes sont mal faites. Un regard sur les résultats des recherches scientifiques sur la question permet de conclure qu’un contrôle citoyen fort sur les décisions touchant les finances publiques conduit à favoriser un usage plus raisonnable des fonds publics et à réduire la dette.

Depuis 1975, pas un seul budget n’a été voté à l’équilibre. Les trente-huit gouvernements, qu’il s’agisse de la gauche, de la droite ou du centre, ont contribué à creuser la dette. Aujourd’hui, nous atteignons un sommet, avec une ardoise qui s’est alourdie de plus de mille milliards d’euros depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Il était pourtant très attendu dans ce domaine, surnommé le « Mozart de la finance ».

Le problème ne vient pas d’un manque de motivation. Tous nos gouvernements ont été conscients du problème de la dette, à l’image de Jacques Chirac qui, à la veille de sa réélection en 2002, affirmait : « Nous devons contenir l’évolution des déficits publics. Chacun sait bien que les déficits excessifs d’aujourd’hui seraient les impôts et les coupes sombres de demain ». Quatre présidents et vingt et un gouvernements plus tard, notre dette a été multipliée par trois.

Si changer de gouvernement ne semble donc pas produire les effets attendus, changer de régime, en revanche, peut-être la solution. À l’époque où Jacques Chirac prononçait ces mots, deux économistes suisses, Lars Feld et Gebhard Kirchgässner, publiaient une étude sur l’effet économique de la démocratie directe suisse. En se plongeant dans la gouvernance de 134 municipalités suisses en 1990, ils concluaient que « renforcer le pouvoir du peuple grâce à des procédures de démocratie directe semble être un moyen plus prometteur de réduire la dette publique que d’utiliser des règles de procédure spéciales [lire « règle d’or »] au sein du gouvernement ou entre le gouvernement et le parlement ».

Plusieurs fois répliqué lors des années suivantes, ce résultat est devenu consensuel, du moins en Suisse : lorsque les citoyens peuvent voter directement sur les questions fiscales, la dette est plus faible. John Matsusaka et ses collègues ont retrouvé cet effet dans les états américains qui disposaient de ces outils de démocratie directe. Des études ultérieures sur l’Allemagne, ou sur des comparaisons internationales menées par Voigt et ses collaborateurs en 2009 et 2015 retrouvent cet effet vertueux pour certains outils de la démocratie directe comme les referendums obligatoires, mais des effets négatifs pour d’autres comme l’initiative populaire. Pourquoi cette différence ? Dans les municipalités allemandes et dans beaucoup de pays au monde, les citoyens ne peuvent pas légiférer directement sur le budget. À l’inverse, dans les cantons suisses et états américains ils le peuvent. Cela peut expliquer pourquoi dans ces derniers, l’initiative populaire réduit la dette : quand les citoyens peuvent voter sur le budget, ils sont plus disciplinés que leurs représentants.

Pour comprendre cet effet surprenant, imaginez qu’un parti au gouvernement représente les intérêts des professeurs. Leurs syndicats viendront lui demander des avantages pour cette catégorie. Si le gouvernement leur accorde, il devra financer le manque à gagner soit en augmentant les impôts, soit en s’endettant. L’avantage pour les professeurs sera substantiel, alors que le coût sera partagé par tous les autres, mais extrêmement faible. Cela ne justifiera pas une campagne de l’opposition, d’autant qu’elle aura aussi besoin de ce type de manœuvres pour fidéliser son propre électorat. Le gouvernement aura donc tout à gagner à le faire. À noter aussi que, pour supprimer des niches fiscales et avantages spéciaux déjà existants, le problème se pose de la même manière : l’hostilité du groupe touché sera beaucoup plus forte que la gratitude de tous les autres.

La différence entre la démocratie représentative et la démocratie directe réside dans la prise en compte de ce qu’on appelle les « préférences faibles », c’est à dire celles qui ne sont pas assez marquées pour justifier d’investir sur une bataille politique ou de rejeter son candidat préféré, mais suffisamment marquées pour voter « contre » si on a la possibilité de le faire.

On pense souvent que les systèmes représentatifs présentent justement un avantage en donnant plus de poids aux préférences fortes par rapport aux préférences faibles. En effet, on peut considérer que les personnes très concernées par une décision devraient peser plus que ceux qui sont peu concernés. Mais cela produit également des problèmes, comme le risque d’explosion de la dette publique. Chaque groupe a une préférence forte pour son propre régime fiscal, et une préférence faible pour le régime fiscal des autres. Si les préférences fortes l’emportent, la dette publique continuera à se creuser à coups de faveurs fiscales pour tels ou tels groupes sociaux.

Si l’on veut mettre fin à la spirale de la dette qui se creuse d’année en année, changer les gouvernants en votant pour les partis qui promettent de réduire la dette ne semble pas être une stratégie gagnante. Il faut un véritable changement de régime en introduisant des mécanismes de démocratie directe. En exigeant des votes systématiques sur le budget, nous trouverons le meilleur rempart contre l’accumulation des déficits publics.

Raul Magni Berton, 

 Professeur de science politique à l’Université Catholique de Lille, chercheur associé à Génération Libre

https://nouvellerevuepolitique.fr/raul-magni-berton-pour-reduire-la-dette-publique-changeons-de-regime-plutot-que-de-gouvernement/ 

 

 

B) - Les municipales : préfiguration de la présidentielle ?

Elles approchent et elles seront peut-être plus déterminantes qu’on ne peut le penser à ce stade. Dans un peu plus d’un mois, le premier tour des élections municipales donnera une indication nationale sur les rapports de forces locaux mais aussi hexagonaux, à un an des présidentielles.

Ce scrutin de mars pourrait annoncer, en effet, les recompositions à venir d’un champ partisan en mutation profonde. Il faudra regarder de près ce qui se passe d’abord du côté du RN et de son allié UDR. Sur le pourtour méditerranéen, des possibilités de gains se dessinent, des alliances se profilent à bas bruit aussi, sous le radar des villes moyennes, entre autres ; ailleurs, dans les Hauts-de-France mais également dans de nombreuses localités de cette France que l’on dit « périphérique », le potentiel électoral de la droite nationale pourrait trouver des débouchés municipaux, de manière soutenue une marque politique en quête d’enracinement. L’entre-deux-tours constituera également un laboratoire grandeur nature de la porosité ou de l’imperméabilité de l’axe RN/LR et, plus largement, divers droite. Tout laisse à penser que les configurations seront sans doute contrastées en fonction des régions, mais le degré et la vitesse de coagulation des différentes forces de droite seront à observer avec attention. L’activité fusionnelle de la forge locale explicitera les restructurations en cours. Évidemment, dans les grandes métropoles, à Marseille où le RN fait jeu égal avec le maire sortant et à Paris où Sarah Knafo bénéficie d’une dynamique de début de campagne possiblement handicapante pour madame Dati, la tectonique entre les droites de gouvernement et les droites des droites interrogera avec une intensité renouvelée les interdits hérités du passé. Jamais la pression ne s’exercera sans doute avec autant de vigueur sur LR. Le phénomène ne manquera pas, à l’instar d’une onde de choc, de gagner petites et villes moyennes.

De l’autre côté de l’échiquier politique, le panorama est susceptible également de prodiguer des enseignements. L’impact de LFI sur les seconds tours dira si, oui ou non, la gauche choisit l’unité : dans la capitale ou dans la cité phocéenne, les insoumis privilégieront-ils le maintien de leurs listes au risque de faire perdre les socialistes ou se rallieront-ils à une démarche unitaire ? Les candidats PS qui disent ne pas vouloir s’unir avec LFI se résigneront-ils, realpolitik oblige, à un rapprochement avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, notamment, entre autres, là où le RN peut l’emporter ? Là où la pièce tombera, côté pile ou côté face, se dégagera une grande partie des stratégies présidentielles à venir. Le combat frontal, disposition susceptible d’être celle de l’insoumission pour tendre encore plus le rapport de forces endogène à la gauche, est l’hypothèse la plus probable pour préparer le rêve mélenchoniste d’un second tour présidentiel contre le RN. Pour autant, l’assouplissement n’est pas à exclure, ne serait-ce que pour respectabiliser l’image allergisante et provocante de Jean-Luc Mélenchon dans le but d’activer le rassemblement du « peuple de gauche ».

Dans tous les cas de figure, les mouvements électoraux et tactiques des deux bords les plus opposés du spectre partisan constitueront des marqueurs déterminants de la future cartographie politique. C’est là que pourrait se jouer l’essentiel, le bloc central et les anciennes forces de gouvernement, PS et LR, étant de ce point de vue tributaires des pressions électorales du RN d’une part, de LFI d’autre part. À un an de la mère de toutes les batailles que constitue la course à l’Élysée, la nationalisation de l’enjeu municipal sera forte. Dans ce contexte d’anomie politique où la démonétisation des partis gouvernementaux, anciens et actuels, est tendanciellement toujours plus croissante, les résultats électoraux et l’impact de ceux-ci, des grandes forces de clarification incarnées par le « Rassemblement national » et « La France insoumise », auront valeur de banc d’essai pour 2027 et au-delà.

Arnaud Benedetti
 
Ancien rédacteur en chef de la Revue politique et parlementaire, Arnaud Benedetti est professeur associé à Sorbonne-Université, essayiste et spécialiste de communication politique. Il intervient régulièrement dans les médias (Le Figaro, Valeurs actuelles, Atlantico, CNews, Radio France) pour analyser les stratégies de pouvoir et les mécanismes de communication. Parmi ses ouvrages figurent Le Coup de com’ permanent (Cerf, 2018), Comment sont morts les politiques ? Le grand malaise du pouvoir (Cerf, 2021), ainsi qu’Aux portes du pouvoir : RN, l’inéluctable victoire ? (Michel Lafon, 2024). Ses travaux portent sur les transformations du discours public et les évolutions de la vie politique française.
 https://nouvellerevuepolitique.fr/les-municipales-prefiguration-de-la-presidentielle/

 

 

C) - L’impasse politique française

« Un budget, et après ? » se demandent nombre de commentateurs. L’adoption sans vote du budget lundi, via un énième usage de l’art. 49 alinéa 3, pose très légitimement la question, et celle d’une schrizophrénie bien française. L’impasse paraît durable pour la politique française. 2026, année inutile, mais 2027 année impossible aussi ?  

 

Certes, l’État va pouvoir désormais fonctionner et ce n’est pas rien, après cette non-censure décisive d’un budget. Les taux d’intérêt français n’ont pas augmenté non plus et c’est important. La crise politique et financière est donc repoussée et la fin de mandat du Président Macron ne semble plus être remise en cause. Mais rien n’est réglé pour le pays. Et rien ne semble pouvoir l’être, même en regardant à l’horizon 2027 et au-delà.

 

2026, année déjà inutile

À court terme, on ne voit pas comment et à quoi 2026 pourrait être « utile », selon le vœu du chef de l’État, hormis à lui laisser finir son mandat et réussir quelques coups diplomatiques, comme à Davos, pour soigner sa sortie. La capacité d’action du gouvernement Lecornu est des plus limitées. Le 1ᵉʳ tour des municipales aura lieu dans un gros mois et toute la classe politique entre en campagne locale.  En septembre commenceront les pré-campagnes des potentiels candidats à la présidentielle, alors qu’en octobre débutera un nouveau marathon budgétaire. Il ne reste guère qu’un petit printemps, entre les deux, pour mener une activité législative Et toujours sans majorité bien sûr, mais avec une droite blessée par le compromis avec le Ps et un PS qui voudra réaffirmer son ancrage à gauche. On ne voit guère quelle réforme d’ampleur, hormis peut-être la loi sur la fin de vie (peut-être…), pourrait passer dans ces conditions.

Quant au futur budget 2027, débattu à l’automne prochain, il constitue un casse-tête encore plus difficile qu’en 2025 et 2026. Car pour tenir les engagements européens de la France (et surtout« rassurer » les marchés), l’effort budgétaire devrait être encore plus important, donc plus impopulaire, qu’en 2026 et 2025 puisqu’à chaque fois le compromis parlementaire a eu pour prix de le réduire. Et un tel effort douloureux devrait se décider, à l’automne, en pleine pré-campagne présidentielle, ce qui poussera tous les candidats, même ceux du bloc dit central, à se distinguer sinon à s’opposer à la politique proposée… Mission tout à fait impossible.

La solution à laquelle chacun commence à penser, celui du vote d’une loi spéciale qui reconduise le budget 2026 en 2027, en attendant 6 mois (élection présidentielle suivie des législatives) les nouvelles lois de finances, ne fait que repousser la question pendante et brûlante. Avec encore plus de pression financière, pour le futur président (e) et sa future majorité parlementaire.

 

2027 année déjà impossible ?

Le salut (la sortie de l’impasse) serait donc pour 2027, puisqu’en 2026 on n’y arrivera pas ! Il serait bien temps en effet que le pays redémarre avec une impulsion politique légitimée par les urnes. Après 3 ans et demi d’immobilisme forcé (janvier 2024, juin 2027), puisqu’avant même la dissolution, la nomination de G. Attal à Matignon n’avait en rien permis l’accord nécessaire entre bloc central et LR, et les européennes encore moins.

Notre croyance en la vertu de la présidentielle repose sur la qualité du débat public et sur celle des candidats. Or même quand le débat public n’était pas ce jeu de clashs et de punchlines auquel nous assistons et assisterons ; même quand les candidats avaient de l’envergure, il n’a pas été rare, dans le passé, qu’une campagne présidentielle contourne les sujets les plus douloureux. En 2027, est-on sûr que cette fois, « ce sera la bonne », alors que les candidats démagogues ne manquent pas, (et non les moindres) et que les conditions du débat se sont dégradées (sans parler de l’instabilité géopolitique) ?

À vrai dire, on ne voit guère comment cette campagne présidentielle tant attendue, comme une baguette magique, permettra au pays de « trancher » avec courage tous les problèmes saillants qui l’assiègent et dont la liste ne fait que s’allonger. Lequel sera d’ailleurs privilégié, pour devenir l’enjeu de l’élection ? Jamais une présidentielle n’aura eu à légitimer autant de solutions difficiles à des problèmes compliqués mais urgents… À commencer bien sûr par celui qui ennuie tout le monde, qui ne sera pas « l’enjeu » de l’élection, mais qui va se reposer avec plus d’acuité dès juin 2027 : nos finances publiques et sociales.

On n’aperçoit pas à ce jour les candidats, les forces politiques, ni d’ailleurs les électeurs, qui pourraient construire une majorité pour sortir de l’impasse financière dans laquelle la France s’est enfoncée. C’est-à-dire une protection sociale devenue intouchable, dépenses de retraites et de santé en tête, puisque leurs principaux bénéficiaires, les retraités « font » l’élection et que personne ne veut risquer de se les aliéner. Et un effort budgétaire qui dès lors se répartit entre hausse d’impôts sur les plus riches et sur les grandes entreprises, avec des risques économiques évidents, et des rabotages successifs sur le fonctionnement de l’État, sans réforme structurelle. Au risque cette fois d’abimer les services publics et l’efficience des administrations.

L’État en France, et le politique qui le dirige, est face à cette contradiction non surmontée. Ses obligations (et dépenses) régaliennes augmentent, car les armées, la justice et les forces de l’ordre demandent à être consolidées et réformées, au vu des évolutions géopolitiques, de la pression migratoire et de la montée des violences en France. Mais les Français ont comme intériorisé un « quoi qu’il en coûte » perpétuel. Au point que la providence de l’État désormais s’étend à leur « pouvoir d’achat », première de leurs préoccupations, sans que l’économie, la production, le travail et les entreprises soient assez encouragées à y répondre, quand ils ne sont pas pénalisés.

Là est la schizophrénie française, qui font des dirigeants politiques des suiveurs de l’opinion sans grand courage et des Français des « suivis » insatisfaits, englués dans le déni.

Quel candidat parviendra à prévenir et surmonter cette impasse, dans laquelle l’après 2027 risque de se fracasser ?

Philippe Guibert
 

Philippe Guibert est consultant, enseignant et chroniqueur TV. Il a publié en 2024 Gulliver Enchainé, le déclin du chef politique en France (Cerf). Il a été directeur du service d information du gouvernement (SIG) et directeur de la communication dans diverses structures publiques. Il a dirigé la rédaction de la revue Medium de Régis Debray.

 https://nouvellerevuepolitique.fr/limpasse-politique-francaise/


 

 

 

mai 13, 2017

Un libéralisme à toutes les sauces franco-françaises, (réactualisé mai 2017)

Ce site n'est plus sur FB, alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes, comme sur vos propres murs respectifs. D'avance merci. L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses. 

Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 



Sommaire:


A) Cette France à qui on ne cesse de diagnostiquer une crise aigüe d’ultra-libéralisme alors qu’elle se meurt d’un abus chronique de socialisme - Drieu Godefridi - Atlantico

B) Emmanuel Macron : « Le libéralisme est une valeur de la gauche » -

C) Agnès Verdier-Molinié - "Si j'étais présidente..." - Le Figaro Magazine - Ghylain de Montalembert

D) Macron et Fillon : l’asservissement déguisé en libéralisme - Pierre Chaillot - Agoravox via son site

E) Le programme de Macron est moins libéral que prévu, selon Génération Libre (Gaspard Koenig) - Challenge





A) Cette France à qui on ne cesse de diagnostiquer une crise aigüe d’ultra-libéralisme alors qu’elle se meurt d’un abus chronique de socialisme

Ce dont la France souffre d'abord, c'est de l'aveuglement de ses élites intellectuelles. Et si le pays ne veut pas "crever" du socialisme, il serait temps de retrouver le chemin de quelques vérités élémentaires.
J'ai toujours détesté l’esprit de meute et de lynchage : le dernier crachat sur un homme à terre est le plus vil. Quand je lis les analyses du débat entre Mme Le Pen et M. Macron, je suis surpris de constater que s’agissant de Marine Le Pen — pourtant une femme ! — il n’existe virtuellement aucune limite dans l’injure. Si je ne l’avais pas regardé, je croirais que le débat était entre un Rottweiler et un jeune prince souriant.

Ce débat, je l’ai regardé. La forme ne m'intéresse pas. En revanche, j'ai été surpris par l’impréparation de Mme Le Pen. Bien sûr son programme de sortie de l’euro, nationaliste et protectionniste au sens strict s’inspire directement des thèses de ses conseillers économiques d’extrême gauche dans la ligne de Jacques Sapir et, plus haut, J. Stiglitz et P. Krugman. Mais après tout ces critiques de l’euro ont une thèse, partagée du reste par des libéraux qui ont de ces questions une intelligence réelle (je pense à Charles Gave et Henri Lepage).

Encore faut-il être capable de la soutenir, ce qui n’était pas son cas.

Pour le reste, le programme économique de Mme Le Pen est socialiste au sens strict : 

retraite à 60 ans, maintien des 35h, 
“évitement” de la concurrence entre entreprises même françaises (sic), 
protection des Français “contre” l’économie, 
aucune remise en cause de l’hyperinflation législative ni des 57% de PIB en dépense publique annuelle, soit le record mondial et dans l'histoire de France.

Cette doctrine est la doctrine française depuis 40 ans, transcendant les clivages et partis. En ce sens Mme Le Pen est tout autant un produit du “système” que l’est M. Macron — et sans doute l’est-elle, sur le plan idéologique, encore davantage que lui.

La France tombe, tout le monde le "sent" et — plus signifiant — les chiffres (chômage, dette, exode des Français qui s'en vont créer de la richesse à l'étranger) désormais en attestent. 

Mais ce dont la France souffre d'abord, c'est de l'aveuglement de ses élites intellectuelles.
Il y a toujours eu, sinon en fait, du moins en théorie, une hostilité française à l'égard du libéralisme et du libre-échange. Cette hostilité est liée au positionnement géopololitique historique de la France, plus autonome économiquement que ne l'a jamais été l'Angleterre ouverte aux vents du large.

Mais les précédentes générations d'intellectuels étaient capables de faire la part de l'atavisme et du fait. Ce n'est plus le cas. Triomphent aujourd'hui dans la droite et l'extrême droite intellectuelles les thèses d'un Jean-Claude Michéa, selon lequel c'est du libéralisme — ou du "modèle libéral-libertaire" — que souffre la France. Il n'est pas jusqu'aux éditorialistes les plus en vue de la presse de droite qui ne se définissent comme socialistes, anti-libéraux et décroissants (sic).

On peut être ce que l'on veut, c'est la beauté des idées et des valeurs. Mais si la France ne veut pas "crever" du socialisme en étant persuadée que c'est la liberté qui la tue, il serait temps de retrouver le chemin de quelques vérités élémentaires.

Jamais, dans l'histoire de France, les prélèvement obligatoires n'ont été aussi élevés.
Jamais, dans l'histoire de France, l'individu n'a été soumis à un volume de normes, lois et règles ne serait-ce que vaguement comparable à celui qui s'abat sur le Français dès le pas de sa porte — et jusque dans sa chambre. Je dirige actuellement une équipe internationale de chercheurs sur ce sujet, et nos recherches montrent que la France produit désormais davantage de normes chaque année — dans les 50 à 60.000 pages par an — qu'il s'en est produit entre Saint-Louis et 1789 ! Cela sans même tenir compte des 150.000 pages du droit européen. Un grand nombre de ces lois — le principe libéral de l'Etat neutre ayant été sacrifié depuis beau temps — sont désormais morales au sens strict, aussi vrai que la domination, le harcèlement, la violence psychologique, la discrimination, etc. sont moralement insupportables ! Tout se mesure désormais à l'aune du critère de l'inégalité matérielle comme mal en soi, et tout est bon pour y remédier.

La France crève du socialisme. Depuis l'URSS, modèle du socialisme dur, la France constitue l'expérience la plus aboutie de socialisme appliqué.

(*) Auteur et venture capitalist. À paraître : La passion de l'égalité — Essai sur la civilisation socialiste.

Drieu Godefridi est docteur en philosophie (Sorbonne), juriste, et dirigeant d'entreprise. Il est notamment l'auteur de Le GIEC est mort, vive la science ! (Texquis, 2010), La réalité augmentée (Texquis, 2011) et De la violence de genre à la négation du droit (Texquis, 2013).




B) Emmanuel Macron : « Le libéralisme est une valeur de la gauche »

Plutôt que d’arpenter un bitume parisien ensoleillé et débarrassé, pour quelques heures, de la majorité de ses voitures, près de 150 personnes sont venues écouter le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, se livrer à un exercice de pédagogie probablement jugé nécessaire face aux critiques dont il fait l’objet dans son camp.

Détendu mais offensif, il a répondu pendant un peu plus d’une heure aux questions du directeur éditorial du Monde, Arnaud Leparmentier, présenté au public par ce bon mot de Jérôme Fenoglio, directeur du quotidien : « Arnaud Leparmentier est au Monde ce qu’Emmanuel Macron est au gouvernement… » S’en est suivie une conversation courtoise mais animée pendant laquelle Emmanuel Macron a voulu convaincre : « Je suis de gauche, mais… » 

«… Je vais continuer », a répondu le ministre après qu’Arnaud Leparmentier lui a demandé s’il « le faisait exprès » de susciter la polémique par ses sorties peu conformes à la doxa socialiste. « Il faut rénover la pensée profonde de la gauche, a-t-il martelé, j’ai rarement vu des gens aller au bout du bovarysme parlementaire », dénonçant l’inaction de ceux qui ne vont pas au bout de leurs souhaits de réforme.

«… J’assume qu’il y ait un libéralisme. Le libéralisme est une valeur de gauche. » Déterminé à montrer qu’il ne s’est pas trompé de famille politique, le ministre a exposé sa conception de la lutte contre les inégalités, qui n’est pas, selon lui, « la correction ex post de [ces] inégalités » mais « l’égalité des chances » et la « valorisation de la réussite ». Et de prendre en exemple l’ouverture des lignes d’autocar pour le transport des passagers : « On a rouvert de la mobilité, c’est une lutte contre l’inégalité. »

«… Les partis sont beaucoup moins dans la production d’idées. Est-ce que la pensée économique sort des partis aujourd’hui ? Beaucoup moins. » Faisant référence à la polémique consécutive à ses considérations sur le statut des fonctionnaires, il réplique : « Les réactions sur ce que j’ai pu dire montrent une gêne à accepter qu’un politique puisse réfléchir, en marge de son action. » Répondant à une question sur la place grandissante des discours clivants d’intellectuels comme Michel Onfray ou Eric Zemmour, il a d’abord précisé qu’il n’était pas sur la même ligne qu’eux, avant de souligner qu’on « s’affaiblit en refusant de voir ce que ces pensées disent de l’état du monde, de l’état de la gauche ». Reconnaissant que « ce pays a le paradoxe de surinvestir la chose publique et de la critiquer en même temps », il s’est toutefois prononcé pour « une culture de l’évaluation et du suivi » pour l’action politique.

«… J’ai été très heureux dans le métier de banquier. » « Rien ne me prédestinait à être ici devant vous », a-t-il ajouté, avant de rappeler ses origines – fils de médecins, ayant passé des concours « ouverts à tous ». Face aux procès en illégitimité qui lui sont faits pour avoir travaillé dans la banque, il a souligné qu’il avait été plus longtemps fonctionnaire que banquier, et regretté qu’aujourd’hui « on vous demande d’où vous venez plutôt que ce que vous faites ».


« L’Etat a parfois pris trop de place »

«… Nous devons penser à la réforme des fonctionnaires. » Emmanuel Macron persiste et signe : sans réforme, un jour viendra où le statut des fonctionnaires sera purement et simplement « déchiré ». « L’Etat a sa place, mais il en a parfois trop pris », avait-il déclaré quelques minutes avant, admettant néanmoins qu’on « ne peut faire une réforme dure sans la présenter au peuple ». 

… Il faut réparer ce pays et l’ouvrir à la mondialisation », une mission impossible si l’on est « faible sur le plan économique et social ». Ces deux terrains sont pour lui ceux sur lesquels il y a le plus de « convergences entre la gauche de gouvernement et la droite de gouvernement ». « Il faut plus d’adaptabilité pour les entreprises, déconflictualiser le travail, je me méfie beaucoup des tabous », a-t-il précisé, évoquant les accords sur le temps de travail, travail qui est selon lui « une valeur du progressisme » et dont notre économie manque en ce moment, « en quantité ».

«… Je n’ai jamais voulu être candidat. » La réponse est claire : pour l’instant, le ministre de l’économie n’a pas l’intention de briguer un quelconque mandat de député en 2017. « Parce qu’il faut aller à une élection pour exercer les fonctions qu’on veut exercer au moment où vous les exercez. Beaucoup de gens qui disent ça, disent ou vous le présentent comme tel : pour être dans la vie politique, pour peser au parti, pour être qui ministre, qui premier ministre, qui président de la République, il faut être député mais ça c’est le cursus honorum d’un ancien temps. »

Macron veut un « Parlement de la zone euro »

«… Si rien ne bouge, il n’y a plus de zone euro dans dix ans. » Très offensif sur les sujets européens, Emmanuel Macron estime que « depuis 10 ans, nous sommes dans une forme de langueur des idées » et que la crise des migrants, sans être un sujet purement européen, montre ses fragilités et ses vitalités. Plus inquiet sur le sort économique de l’eurozone, il a déclaré que « l’absence de proposition [était] un choix : c’est la sortie de l’Europe ». Pour ne pas en arriver là, il souhaite la création d’un poste de « commissaire responsable de la zone euro, ainsi qu’un Parlement de la zone euro ». « Le temps est venu de proposer pour l’Europe, à ne pas la penser on laisse le terrain à ceux et celles qui doutent », a-t-il averti.

«… La gauche doit réconcilier responsabilité et solidarité, réconcilier l’égalité et la liberté. » Lors de la courte séance de questions-réponses qui a suivi la conversation, le ministre a bouclé son exercice en se positionnant clairement du côté d’une gauche qui se veut moderne et renouvelée, débarrassée des totems et ouvertement adepte de la flexisécurité, terme qu’il a d’ailleurs employé dans un de ses derniers échanges : « Aujourd’hui la loi dit trop, il faut trouver la bonne flexisécurité sur le marché du travail. »

Visiblement, l’auditoire ne lui en tient pas rigueur, bien au contraire : le ministre quitte l’estrade sous les applaudissements et s’éclipse rapidement, non sans avoir donné une adresse e-mail personnelle à l’ensemble des participants afin qu’ils puissent leur soumettre leurs projets. Pédagogue jusqu’au bout.





C) Agnès Verdier-Molinié - "Si j'étais présidente..."















D) Macron et Fillon : l’asservissement déguisé en libéralisme

Le libéralisme est un courant qui prône la fin de l'asservissement de l'Homme. Macron et Fillon par les politiques qu'ils défendent ne libèrent par les citoyens. Ils détruisent les lois protégeant les plus vulnérables sous couvert de libéralisme et par la même occasion les asservissent à la nouvelle oligarchie dominante, celle des détenteurs de capitaux, des financiers et de leurs marionnettes au pouvoir. Le vrai libéral veut l'accès libre et garanti pour tous aux besoins fondamentaux : l'eau, le logement, l'énergie. Le vrai libéral veut la fin de la monarchie présidentielle pour assurer un vrai contre-pouvoir aux citoyens. Le vrai libéral est contre la publicité qui nuit à la bonne information sur les produits. Le vrai libéral est contre le contrôle de l'information par une poignée d'industriels et de financiers. Le vrai libéral veut une concurrence saine sur le marché des biens où les citoyens peuvent réellement entreprendre et ne pas se faire manger par les puissants. Enfin le vrai libéral ne veut pas la compétition forcée entre citoyens ou des maîtres esclaves les regarde se battre entre eux pour leur survie. Il faut sortir du matraquage que nous subissons sur la "bonne politique libérale". Elle ne libère de rien mais nous asservit aux puissants en place.

Le libéralisme prône la fin de l'asservissement de l'homme. Il s'agit de garantir la liberté du choix pour chacun d'entre nous. Cette liberté permet a chacun de se différencier des autres, d'être vraiment soi-même. Ce courant de pensée existe aussi bien en philosophie qu'en économie.

Le libéralisme prend ses racines au XVIème siecle pendant les lumières. Après la monarchie absolue, la nouvelle pensée est de reconnaître a chacun un droit d'exister. Ce droit d'exister s'exprime par le choix. Il s'agit donc de combattre la servitude des hommes à toute autorité non nécessaire afin que puissent s'exprimer librement les choix de chacun. Il ne s'agit pas de supprimer les règles de la société, ni l'État, ni les lois et encore moins de transmette le pouvoir à une quelconque oligarchie (de la finance ou des détenteurs de capitaux par exemple...)

Le vrai libéral veut que chacun accède à ses besoins sans contrainte
La première des libérations est celle d'obtenir ses besoins nécessaires sans contrainte. Être libéral c'est s'assurer que personne n'est forcé d'une manière ou d'une autre de faire quelque chose pour survivre. Le libéral s'occupe de garantir à tous de l'eau pour boire et se laver, de la nourriture et un logement chauffé. Ces éléments ne sont pas des choix, ils sont nécessaires. Toute entité qui se les accapare pour elle va pouvoir forcer les autres à accepter ses conditions pour les obtenir. C'est de la servitude. Le libéral est pour les premiers litres d'eau, de gaz gratuits, le droit au logement et la cantine gratuite au moins pour les enfants. Seule une société pour laquelle les citoyens sont libérés des besoins primaire peut aller vers le libéralisme. Où sont Macron et Fillon quand il s'agit de garantir ces droits ? Ils font de la distribution de l'eau, autrefois bien public, un soit-disant marché. Vous êtes libres de payer leurs copains ou de ne pas avoir l'eau courante, quel est votre choix ? Ils imposent la même logique de marché à l'énergie. Où sont-ils pour défendre le droit de se chauffer l'hiver ? Ils vous prônent aussi la soi-disant libéralisation du logement où les nouvelles libertés vont aux détenteurs de logements au détriment des logés. Nous sommes libres de payer leurs copains ou de dormir dehors, dans le froid sans eau potable.

Le vrai libéral veut la fin de la monarchie de la 5e république.

Le libéral n'est pas pour la destruction totale de l'état. Les libéraux, philosophes ou économistes dès Adam Smith font la distinction entre les activités sur lesquelles l'état ne peut pas être remplacé par de l'initiative privée (personne n'a intérêt de payer les routes pour les autres, seul l'état peut intervenir en prélevant l'impôt pour réaliser et entretenir cette infrastructure utile a tous). Par contre le libéral est pour le contre-pouvoir. Le libéral refuse le principe d'une élection qui consiste a élire un monarque intouchable pour 5 ans. Le libéral veut pouvoir contrer un élu à tout moment. Le référendum révocatoire est un minimum ! Où sont leur propositions pour contrer le tout pouvoir des élus ? N'est-ce pas étonnant de la part de personnes voulant détruire la suprématie de l'État de se garder tout pouvoir quand ils l'obtiennent ? Bien évidemment qu'ils ne veulent pas de contestation possible quand leurs décisions vont aller favoriser une oligarchie déjà toute-puissante. La palme pour Macron qui demande tout pouvoir sans même afficher les mesures qu'il prendra. Ne devinez-vous pas qui seront les grands gagnants en regardant ses financeurs ?

Le vrai libéral est contre la publicité et pour des médias libres

En philosophie comme en économie, le libre-choix n'existe qu'en information pure et parfaite. Par exemple pour les produits, il nous faut connaître tous leurs prix et toutes leurs caractéristiques. Une publicité nuit a la qualité de l'information, elle ne nous montre qu'un champ reduit des produits et surjoue sa qualité réelle. Dans un monde libéral, seul des comparateurs de prix indépendants (les enseignent ne peuvent donc en etre actionnaire) peuvent être autorisés. Récupérer les espaces publicitaires privés (pour une utilisation culturelle par exemple) est nécessaire. Que faire quand les soutiens de ces deux candidats vivent de la publicité ?

L'information pure et parfaite nécessite des médias libres (pas forcément publics), un vrai libéral ne peut pas laisser des grandes fortunes, des multinationales ou des industriels en prendre le contrôle pour vous fournir la bonne parole qui les arrange ! Regardez quels personnages détiennent les médias français. Comme il est étonnant de ne pas voir ces candidats contrer les pratiques de leurs financeurs... Ils ne nous libèrent pas, ils nous asservissent par l'information contrôlée.

Le vrai libéral veut la fin des multinationales

Le vrai libéral défend la liberté du choix. 
Aucun monopole privé ne saurait être toléré car il crée nécessairement un asservissement de toute personne désirant le produit. Pour cette raison, les économistes libéraux supposent une concurrence libre et non faussée. Les multinationales interdisent tout concurrent d'entrer en jeu en le rachetant ou en lui opposant une concurrence déloyale jusqu'à disparition. Le vrai libéral veut un contre-pouvoir public qui empêche les multinationales de racheter leurs concurrents ou de faire de l'optimisation fiscale déloyale pour les empêcher de survivre sur le marché. Où sont les propositions de Macron et Fillon pour aider de nouvelles entreprises à concurrencer leurs copains ? Ils ne nous libèrent pas, ils nous asservissent aux multinationales.

Le vrai libéral considère que chaque individu s'occupe de son intérêt, son intérêt n'est pas de combattre les autres mais de coopérer avec eux

Il suffit de regarder les riches se comporter pour comprendre qu'on a tout à gagner à la coopération. N'avez-vous jamais entendu parlé du bottin mondain ? Où lorsque vous êtes suffisamment riches vous pouvez entrer dans le monde des supers-fortunes et organiser des rencontres pour vous soutenir en toute discrétion ? Ne savez-vous pas que toutes les marques automobiles ont des liens commerciaux, des accords de brevets, des parts de capitaux chez les autres ? Que les magasins de la grande distribution s'arrangent pour aligner leurs prix et augmenter leurs marges (vous participez à ça à chaque fois que vous allez vous faire "rembourser la différence," on demande alors à l'autre magasin de remonter son prix) ?

Nous avons déjà vu que Macron et Fillon n'en veulent pas de cette concurrence qui nuirait aux intérêts particuliers de leurs financeurs. Ils s'arrangent donc pour n'imposer la concurrence qu'entre êtres humains. Et ce n'est pas libéral. La fin du code du travail, la baisse du salaire minimal ça n'est pas libéral. Puisque les français doivent prendre un travail pour subvenir à leur besoins vitaux, ils ne sont pas en position d'avoir un contre-pouvoir face aux embaucheurs. En particulier dans une situation où 6 millions de personnes cherchent un emploi. Cette suppression de droits correspond très exactement à un asservissement d'une population en difficulté envers de nouveaux maître-employeurs. Cet asservissement ce traduit mécaniquement par un salaire plus faible que le salaire juste (puisque seul l'embaucheur à du pouvoir de négociation). Bien évidemment, ils veulent continuer dans cette voie, non pas pour "libérer" les travailleurs mais pour les asservir.

Que vous soyez salarié, chômeur ou petit patron, ne cherchez aucune libération chez les faux libéraux. Il vous font miroiter qu'ils vont vous libérer de l'État, ça n'est que pour vous asservir à intérêt privés. Faites attention à d'autres discours qui vous parlent de vous libérer d'autre chaînes, que ça soit l'Europe, les États-Unis ou d'autres mais qui bizarrement ne remettent pas en cause la première raison de cet emprisonnement : le fonctionnement de la 5e république, avec d'un côté des élus tout puissants intouchables et de l'autre des milliardaires donneurs d'ordre et financeurs.

Pierre Chaillot

Pierre Chaillot
Citoyen excédé par le discours économique ambiant. Des lois économiques fausses ou désuettes relayées par des soit disant "experts" médiatisés qui concourent au modèle de pensée unique et nous envoient droit dans le mur.
  1. L’arnaque de la dette
  2. Pourquoi les investisseurs étrangers font la ruine de la France ?
  3. Dette d’État / Dette du bon père de famille
  4. Macron et Fillon : l’asservissement déguisé en libéralisme
  5. Europe : la France peut-elle la changer ?





E) Le programme de Macron est moins libéral que prévu, selon Génération Libre (Gaspard Koenig)

Durée légale du travail, Europe, statut de la fonction publique, GPA... Le think tank libéral Génération Libre a passé au crible les mesures phares d'Emmanuel Macron. D'après sa note publiée ce mercredi, il en ressort un programme nettement plus conservateur qu'il n'y paraît de prime abord.

Le club de réflexion fondé par Gaspard Koenig, déplore la "libéralisation trop timide" du programme d'Emmanuel Macron, sur plusieurs fronts.

S'affichant volontiers comme le héraut d'une société ouverte et d'une économie décloisonnée, Emmanuel Macron est-il aussi libéral qu'il le prétend? Pas tant que ça, à en croire l'analyse des experts de Génération Libre, publiée mercredi 12 avril, qui ont passé au crible le programme du leader d'En Marche!. "Sur plusieurs points, le candidat a reculé. Son discours contre les rentes et les statuts est passé au second plan. Les totems français (35 heures, statut de la fonction publique, questions de société…) auxquels il osait s'attaquer de front sont désormais ménagés", regrette ainsi le think tank libéral, qui place pourtant Emmanuel Macron en tête des candidats à la présidentielle les plus libéraux, ex-aequo avec François Fillon.

Si Génération Libre salue toutefois des pistes intéressantes -telles que la priorité donnée à l'individu via l'universalisation de l'assurance-chômage, l'instauration d'un régime unique de retraite ou encore l'investissement massif prévu en faveur de la formation professionnelle- le club de réflexion fondé par Gaspard Koenig, déplore la "libéralisation trop timide" du programme d'Emmanuel Macron, sur bien d'autres fronts.
A commencer par celui du maintien de la durée légale de travail. Après l'avoir vivement critiqué en tant que ministre de l'Economie, le candidat à la présidentielle propose désormais seulement de déroger au dispositif actuel par accord d'entreprise ou référendum. "Cette proposition n'apporte rien de nouveau, tranche Emmanuelle Barbara, avocate associée chez August Debouzy, spécialiste en droit du travail et de la protection sociale et l'une des expertes mises à contribution dans le cadre de cette publication. "La volonté du candidat d'En Marche! de 'simplifier' le droit du travail en faisant croire que le droit des accords collectifs peut tout, est un leurre', ajoute-t-elle.

"Vision paternaliste"

Le think tank revient sur un autre "recul" de taille du candidat: celui de la réforme du statut de la fonction publique. En la matière, les aménagements proposés par le candidat sont loin d'être jugés convaincants. "Le programme actuel du candidat prévoit de moderniser le système, d'introduire plus de souplesse dans la gestion des carrières et de développer le recrutement sous contrat dans les fonctions non régaliennes mais 'le statut des fonctionnaires ne sera pas remis en cause'. Or aujourd'hui, cette souplesse est rendue impossible par la rigidité du statut", critique Génération Libre. 
Sur le plan sociétal également, le programme d'Emmanuel Macron est jugé comme assez conservateur. Le think tank dénonce en particulier la "vision encore paternaliste du rôle de l'Etat" dont fait preuve le candidat sur les questions de gestation pour autrui (GPA) et de légalisation du cannabis, auxquelles il est fermement opposé. 

"Trop protectionniste" sur l'Europe

Fait étonnant, alors qu'Emmanuel Macron s'impose de loin dans cette campagne comme l'un des candidats  les plus europhiles, le club de réflexion juge son programme "encore trop protectionniste". Le think tank libéral cite, pour étayer cette affirmation, trois mesures phares d'En Marche!: l'instauration d'un "Buy European Act" (réservant l'accès aux marchés publics à des entreprises localisant au moins la moitié de leur production en Europe), l'introduction d'un mécanisme de contrôle des investissements étrangers en Europe visant à préserver "nos intérêts et secteurs stratégiques", et la limitation du travail détaché. Pour Génération Libre ces dispositifs reposent "sur une vision biaisée de la concurrence et du "dumping social"".
Sur la question du "Buy European Act", "aujourd'hui, les produits manufacturés, qui représentent environ 70% du commerce mondial, sont composés de multiples composants provenant de pays divers. Prendre comme critère géographique le dernier lieu de transformation n'a donc plus grand sens", argue l'un des experts, Hervé Guyader, avocat au barreau de Paris et président du Comité français pour le Droit du commerce international. Quant à la notion d'"intérêts stratégiques", "elle mérite d'être précisée", avance l'avocat qui pointe le caractère actuel très flou de cette mesure notamment sur le volet des critères retenus et de la procédure de contrôle.
Pour ce qui concerne l'encadrement du travail détaché, le think tank déplore là encore une vision trop réductrice et faussement protectrice. "Cette exportation de main-d'œuvre est en réalité une des formes les plus efficaces de solidarité intra-européenne", précise Vincent Delhomme, expert de Génération Libre, actuellement au Collège d'Europe. La remettre en cause menacerait l'équilibre politique et économique du marché européen. D'autant que ce statut est, en droit, relativement protecteur. Si l'on prend le simple cas de la rémunération, celle-ci ne peut être inférieure au salaire minimum en vigueur dans l'Etat d'accueil." Ainsi, la proposition d'Emmanuel Macron visant à limiter à un an la durée autorisée de séjour d'un travailleur détaché ne s'attaquerait pas directement au fond du problème qui demeure la lutte contre la fraude et les abus du système actuel, en particulier via le renforcement des règles de contrôle, pourtant déjà initiées... par la loi Macron.

Mesures "électoralistes"

Enfin, Génération Libre regrette "un certain nombre de mesures typiquement électoralistes" comme la prise en charge à 100% des lunettes et des prothèses auditives et dentaires d'ici 2022, la création d'un "Pass Culture" qui permettra à chaque Français âgé de plus de 18 ans d'effectuer 500 euros de dépenses culturelles par an et surtout la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des Français. Ce cadeau fiscal "flatte le contribuable sans résoudre les vraies difficultés", regrette Gaspard Koeing. "Une option alternative ambitieuse serait de renforcer l'autonomie fiscale des collectivités territoriales en leur attribuant le pouvoir, aujourd'hui détenu par le Fisc, de fixer l'assiette", avance ainsi le think tank.

Consultez la note de Génération Libre:

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