83% des Français jugent que le bilan économique d'Emmanuel Macron est un échec.
Le sondage porte notamment sur 8⃣ critères : pouvoir d'achat, retraites, croissance,…
Dans ce fil, nous allons voir que certaines données expliquent le sentiment des Français
1⃣ Pouvoir d'achat :
89% des Français jugent le bilan mauvais.
En effet, malgré une inflation plus faible qu'ailleurs, l'évolution du pouvoir d'achat déçoit. En cause : la faible hausse des salaires.
En France, la progression du revenu moyen est la plus faible de la zone euro
2⃣ Retraites :
85% des Français trouvent que le bilan est mauvais.
Il est vrai qu'en deux quinquennats, aucun des projets de réforme du système de retraites n'aura été mis en œuvre, le dernier en date étant suspendu.
Notre système reste l'un des plus coûteux au monde.
3⃣ Croissance :
85% des Français estiment que le bilan est mauvais.
Difficile de leur donner tort : la France a la 5e plus mauvaise croissance économique de la zone euro et même de l'UE, depuis 2017.
Toutefois, nous ne connaissons heureusement pas la même crise que l'Allemagne.
4⃣ Fiscalité :
81% des Français jugent le bilan mauvais.
En réalité, depuis 2017 les prélèvements obligatoires ont augmenté moins vite que le PIB.
Mais la France reste malgré tout le pays le plus taxé de la zone euro.
5⃣ Chômage :
77% des Français trouvent le bilan mauvais.
Pourtant le taux de chômage a nettement reculé, passant d'environ 9% à un peu plus de 7% aujourd'hui.
Mais ce recul est clairement moins marqué que dans le reste de la zone euro, dont on devient l'un des mauvais élèves.
6⃣ Développement des entreprises :
76% des Français trouvent le bilan mauvais.
Oui, nous venons d'atteindre le plus haut niveau de défaillances d'entreprises jamais enregistré par la Banque de France.
Cela dit, les créations d'entreprises restent en hausse, même hors micro-entreprises. Ce qui peut aussi contribuer à la hausse les chiffres des défaillances.
La question pouvait aussi être comprise de différentes manières, ce qui limite la confrontation avec les statistiques.
7⃣ L'attractivité de la France :
69% des Français jugent le bilan négatif.
Le concept "d'attractivité" est peu précis.
S'il s'agit des investissements étrangers, on est certes passés de 27% à 29% du PIB, mais cet indicateur est-il vraiment gage de robustesse économique ?
Les stocks cumulés de capitaux étrangers n'est que de 23% du PIB en Allemagne, contre 56% en Espagne, 60% au Portugal, et plus encore dans certains pays baltes ou en Hongrie.
68% des Français estiment que le bilan est mauvais.
Il est vrai qu'on est le grand pays européen avec la plus mauvaise évolution de sa dépense de recherche et développement depuis 2017.
Cela dit, d'autres chiffres sont plus favorables, comme le Global Innovation Index, qui classe la France dans le top-15 depuis 2020.
Sur cet item et les 2-3 précédents, les répondants expriment peut-être davantage leur ressenti général sur notre situation économique.
Une situation finalement très bien résumée par la faible croissance du PIB français depuis 2017 : à quoi bon être "attractif" ou "innover" s'il n'y a aucune traduction concrète dans la création de richesses ?
Démographie :
Nous vivons une réalité plus extrême que les scénarios extrêmes de l'INSEE publiés en 2021.
- Beaucoup moins de naissances
- Beaucoup plus d'immigration
🇫🇷🇪🇺 La France est contributrice nette à l'Union Européenne.
Au total, elle lui donne 9,4 milliards d'euros de plus qu'elle n'en reçoit (PAC et subventions inclues).
Les derniers chiffres des comptes publics pour 2025 viennent d'être publiés.
Les 4⃣ choses à retenir dans ce fil
1⃣ La France sera encore sur le podium des pires déficits de la zone euro
2⃣ Notre déficit est toujours à un niveau élevé, à plus de 5% du PIB, mais est en recul de 0,7 points.
3⃣ Si le déficit a baissé c'est uniquement parce que les Français paient plus d'impôts, de taxes, et de prélèvements obligatoires.
La dépense publique, elle, a augmenté.
4⃣ Conséquence directe des déficits, la dette publique a poursuivi sa folle augmentation : elle dépasse maintenant le niveau atteint en 2020 au plus fort de la crise Covid.
Dans un contexte économique tendu, avec la crise au Moyen-Orient, les déséquilibres des comptes publics mettent la France dans une situation périlleuse.
La dernière grande réforme de notre système social remonte à 2023 et a été suspendue. Le budget 2026 repose sur des hypothèses fragiles.
L'assainissement de nos comptes publics est une urgence.
Il faut regarder la vérité en face. Notre Etat providence ne fonctionne plus et il n’est plus financé. La vérité, c’est que 60% de la dépense publique se concentrent sur les dépenses sociales, qui sont financées par une dette et un déficit aujourd’hui insoutenables.
La France face à l’Europe. Huit pays, huit systèmes différents.
Ce qui fonctionne, ce qui échoue.
Les modes de financement des retraites de la plupart de nos plus proches voisins européens, Royaume-Uni compris, au banc d’essai selon neuf critères. La semaine prochaine, nous étudierons les systèmes de sécurité sociale.
Si comparaison n’est pas raison, le fait que la plupart des pays du continent sont confrontés aux mêmes contraintes démographiques et de vieillissement de leurs populations permet néanmoins de juger de leurs approches respectives en matière de retraite. D’ici 2050, le ratio actifs/retraités dans l’UE devrait passer de 3,3 pour 1 aujourd’hui à moins de 2 pour 1. Face à ce défi commun, chaque pays a fourni des réponses très différentes. La France, elle, patine, et même sa dernière réforme à l’ambition limitée est suspendue sur l’autel des interminables débats budgétaires et de son instabilité politique. Et pourtant, il y aurait urgence à agir tant notre système de retraite se singularise par le poids écrasant qu’il fait peser sur les finances publiques et par un déséquilibre démographique alarmant. Si l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne peinent elles aussi avec des régimes majoritairement par répartition, sans réserves substantielles pour amortir le choc du vieillissement, la France finance presque exclusivement les pensions grâce aux actifs d’aujourd’hui. Le rapport cotisants par retraité, proche de 1,7, se dégrade plus rapidement que chez la plupart de nos voisins, rendant un système apparemment généreux profondément vulnérable à l’horizon des prochaines décennies. En contraste, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont, à des degrés divers, avancé vers des régimes par points ou une capitalisation significative, qui répartissent les risques entre générations et atténuent la charge sur l’État. Même l’Italie, malgré ses faiblesses structurelles persistantes, a introduit des comptes notionnels (soit un mécanisme de retraite par répartition où les cotisations sont capitalisées fictivement puis converties en pension selon l’espérance de vie) pour injecter une dose de flexibilité. C’est dans cette mosaïque de trajectoires – où la France apparaît souvent comme l’exception la plus rigide – que s’impose la valeur d’une comparaison approfondie.
Critères de comparaison
Les neuf critères principaux.
1 - Structure du système (répartition pure, capitalisation forte ou modèle mixte)
2 - Âge légal de départ et âge effectif réel
3 - Taux de remplacement brut et net (pourcentage du dernier salaire – ou revenu d’activité – de la pension de retraite versée à une personne une fois à la retraite)
4 - Montant moyen mensuel de la pension nette
5 - Ratio niveau de vie retraités/actifs
6 - Capital moyen accumulé par les retraités
7 - Dépenses publiques consacrées aux retraites
8 - Dette implicite (soit l’ensemble des engagements futurs de l’État — retraites, soins de santé, etc. — qui ne sont pas encore comptabilisés comme dette officielle mais qu’il devra payer)
9 - Classement Mercer 2025 (le Mercer CFA Institute Global Pension Index évalue 52 systèmes de retraite mondiaux sur plus de 50 indicateurs)
Les pays retenus (France, Allemagne, Italie, Espagne, Suède, Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni) ont été choisis pour leur poids économique et la diversité de leurs modèles, avec une attention particulière aux pressions budgétaires actuelles et futures que font peser les retraites sur les États.
France : une référence généreuse mais intenable
- Structure : Répartition quasi exclusive + régimes complémentaires/spéciaux et légère capitalisation dans la fonction publique → Modèle historiquement protecteur, mais devenu un piège intergénérationnel.
- Âge légal 2025 : 62 ans 6 mois → 64 ans d’ici 2030 → Le plus bas d’Europe continentale : un luxe que peu de pays peuvent encore se permettre. La France non plus.
- Taux de remplacement : ~72 % → Élevé, gage de forte générosité immédiate.
- Pension moyenne nette : ~1 545 €/mois → Correcte en apparence, mais très en retrait des leaders capitalisés.
- Ratio niveau de vie retraités/actifs : 94-96 % → Les retraités français comptent parmi les rares en Europe à ne presque rien perdre, voire à gagner légèrement par rapport aux actifs.
- Capital moyen : ~288 000 € (très majoritairement immobilier) → Matelas confortable, mais largement insuffisant pour absorber le choc démographique sans l’État, indiquant une forte proportion liée à l’héritage.
- Dépenses publiques retraites : ~14 % du PIB → Charge écrasante qui plombe les comptes publics.
- Dette implicite : > 300 % du PIB → Passif caché colossal qui hypothèque l’avenir.
- Classement Mercer 2025 : B (score ~70,3 ; ~20e mondial) → Bonne adéquation immédiate, mais durabilité faible.
Allemagne – rigueur et mixité modérée
- Structure : Répartition par points + capitalisation privée modérée → Système pragmatique et maîtrisé.
- Âge légal 2025 : 66 ans 2 mois → 67 ans → Réforme digérée depuis vingt ans, mais susceptible de se durcir.
- Taux de remplacement : ~55 % → Volontairement modéré.
Les Pays-Bas et le Danemark offrent tout ce que la France ne peut plus tenir : un niveau de vie retraités/actifs proche ou supérieur à 95 %, des pensions plus élevées, un capital privé gigantesque et une charge publique deux fois plus légère.
La France, l’Italie et l’Espagne sont les derniers pays où les retraités actuels vivent encore comme des privilégiés – au prix d’une facture publique explosive et sans filet privé suffisant pour les générations suivantes.
L’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni ont déjà fait le choix de la responsabilité : un peu moins de confort aujourd’hui pour garantir la dignité demain. Même si, observé à la loupe, le Royaume-Uni présente de très sévères disparités entre catégories sociales.
Quelles leçons pour la France ?
La France offre aujourd’hui l’un des meilleurs niveaux de vie aux retraités actuels, mais elle se situe dans la moyenne basse des classements internationaux quand on intègre la durabilité, et surtout dans le bas du panier pour l’impact budgétaire : ses 14 % du PIB en dépenses et 300 % en dette implicite la placent en première ligne des risques européens. Les modèles danois et néerlandais montrent qu’il est possible de concilier pensions élevées et solidité financière, à condition d’accepter une part massive de capitalisation, un âge de départ plus tardif et une culture du travail prolongé – des leviers qui pourraient diviser par deux la charge publique d’ici 2050. Rester uniquement en répartition tout en maintenant un âge légal parmi les plus bas d’Europe apparaît de plus en plus comme une exception difficilement tenable à long terme, menaçant non seulement les retraites futures mais l’ensemble de l’économie. La prochaine décennie dira si la France saura évoluer vers un modèle hybride pour alléger son fardeau budgétaire ou si elle choisira de défendre jusqu’au bout son exception française au prix d’une dette explosive.
À la semaine prochaine, pour un comparatif des sécurités sociales dans les mêmes pays. La France peut-elle encore s’enorgueillir du meilleur système du monde ? Suspense.
C’est une faute majeure. Historique.
Tous les politiques au pouvoir depuis 30 ans ont une terrible responsabilité.
Toutes les oppositions, tous les syndicats, tous ceux qui se sont arc-boutés sur un système qui tue le pays à petit feu, tous devraient répondre de leur inconséquence.
Et je n’ose même pas évoquer ceux qui persistent aujourd’hui.
C'est même pas ça le plus choquant. Le plus choquant c'est que les fonctionnaires bénéficient depuis 20 ans déjà d'une retraite par capitalisation, dans le plus grand silence, au mépris de l'ensemble de la population française et particulièrement du secteur privé !
La France face à ses concurrents, deuxième volet de notre comparatif européen. Huit pays, huit systèmes. Les modes de financement et fonctionnement des sécurités sociales de la plupart de nos plus proches voisins du continent, Royaume-Uni compris, passés au banc d’essai, selon neuf critères. La semaine prochaine, focus sur l’assurance chômage, selon le même processus.
La sécu ! En France, comme ailleurs en Europe, elle représente le pilier de la protection sociale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais partout, elle fait face à des défis croissants dans un contexte de vieillissement, de tensions budgétaires et d’inégalités régionales persistantes. En 2023, les dépenses sociales publiques dans l’Union européenne ont atteint en moyenne 28 % du PIB, avec une hausse notable des investissements en santé et en soins de longue durée pour répondre à l’augmentation de l’espérance de vie qui avoisine désormais 81 ans en moyenne.
Les pays nordiques misent sur un modèle fiscal généreux favorisant les services universels, tandis que les systèmes allemands et français reposent sur des cotisations sociales paritaires, et que le Royaume-Uni opte pour un service public centralisé, hélas sous pression. Cette diversité révèle une tendance commune matérialisée par une augmentation des coûts de 3 à 5 % par an, mais aussi par des disparités en termes d’accès aux soins, avec des co-paiements plus élevés dans le sud de l’Europe comme en Italie ou en Espagne.
Notre pays, souvent mythifié comme disposant du « meilleur système de santé du monde », cache en réalité des fragilités. Il déplore de nombreux déserts médicaux, une lourde dette de la Sécurité sociale, et une efficacité contestée par des classements internationaux comme celui de la Commission européenne, qui le place au milieu du peloton pour la qualité de ses soins primaires. La générosité française pèse sur la compétitivité sans toujours se traduire par la qualité des services, ni en termes d’espérance de vie en bonne santé. D’où notre « étonnement » face à la récente déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur LCI : « Nous ne sommes pas le pays le plus taxé du monde : ce n’est pas vrai ! Notre Sécurité sociale coûte 5 fois moins cher que n’importe quel système assurantiel ». Un mensonge lunaire, faisant probablement référence aux modèles privés américains. Nos dépenses totales de protection sociale s’élèvent en réalité à 31,6 % du PIB en 2022, contre une moyenne de 21 % dans l’OCDE. Cette sortie ignore que la générosité française coûte cher précisément parce qu’elle est publique et universelle, contrairement aux États-Unis où 28 millions de personnes restent non assurées. Elle omet aussi que notre système repose sur des cotisations sociales parmi les plus élevées d’Europe, contribuant à un taux de prélèvements obligatoires de 45 % du PIB, deuxième plus haut de l’OCDE.
Ce débat pose finalement la question essentielle sur cette fameuse sécu. Comment concilier protection accrue et soutenabilité budgétaire dans un Europe où les déficits sociaux menacent la croissance ?
Les neuf critères de comparaison et leurs sources principales
1 - Couverture santé universelle : mesure l’accès à l’assurance maladie pour la population. OCDE Health at a Glance 2023
3 - Part des paiements directs en santé (2023) : indique le poids financier réellement supporté par les ménages. Our World in Data 2023
4 - Taux de remplacement des indemnités journalières de maladie (brut, ouvrier moyen, 2023) : quantifie la générosité pour les arrêts maladie courts. OCDE Health at a Glance 2023
5 - Taux de remplacement des prestations d’invalidité (brut, ouvrier moyen, 2023) : mesure le soutien pour les incapacités permanentes. OCDE Pensions at a Glance 2023
France : un universalisme généreux mais sous tension
- Couverture santé universelle : La Sécurité sociale couvre 99 % de la population via la branche maladie, complétée par des mutuelles obligatoires pour 90 % des assurés. Et protection des plus précaires via la CMU-C.
- Dépenses de santé totales en % du PIB : 11,5 %, très élevé. L’État et les cotisations financent massivement hôpitaux et consultations, pesant sur les déficits.
- Part des paiements directs en santé : 9 %, parmi les plus bas. Les Français paient peu de leur poche grâce à des remboursements de 70 à 100 %.
- Taux de remplacement des indemnités journalières de maladie : 50 %, modéré après carence. Mais avec un plafond bas, quand il n’est pas compensé par un maintien de salaire à la charge de l’employeur.
- Taux de remplacement des prestations d’invalidité : 50 %, complété par aides. La pension d’invalidité couvre la moitié du salaire précédent, plus l’AAH pour les plus pauvres.
- Durée du congé maternité payé : 16 semaines à 100 %, incluant les trois semaines prénatales.
- Dépenses de soins de longue durée en % du PIB : 1,5 %, en hausse modérée.
- Déficit du système de santé : -13,8 Milliards d’euros pour la branche maladie en 2024. Le plus important.
- Classement de la qualité des soins : 6ème (sur 8) Note 75/100
Allemagne : un équilibre paritaire robuste
- Couverture santé universelle : via les assurances mutualistes. 90 % des Allemands sont couverts par des caisses maladie publiques, avec choix libre. Mais les complémentaires privées creusent des inégalités pour les hauts revenus.
- Dépenses de santé totales en % du PIB : 11,7 %, le plus important. Les cotisations paritaires financent un système ambulatoire fort, évitant la sur hospitalisation. Mais les hausses de cotisations pèsent sur les salaires.
- Part des paiements directs en santé : 10,7 %, bien maîtrisée. Les franchises annuelles limitent les dépenses personnelles.
- Taux de remplacement des indemnités journalières de maladie : 100 %, plein salaire initial. L’employeur paie 100 % les six premières semaines, puis la caisse 70-90 %. Protecteur.
- Taux de remplacement des prestations d’invalidité : 66 %. Les pensions couvrent deux tiers du salaire, avec rééducation obligatoire.
Durée du congé maternité payé : 14 semaines à 100 % pour pères et mères.
- Dépenses de soins de longue durée en % du PIB : 1,6 %. L’assurance dépendance couvre domicile et institutions, soulageant les familles.
Déficit du système de santé : -6,2 Milliards d’euros pour l’assurance maladie statutaire en 2024. Les caisses font face à une hausse des coûts de 6,8 % supérieure à celle des revenus, menant à des cotisations supplémentaires.
- Classement de la qualité des soins : 4ème (sur 8) Note 77/100
Italie : un système public sous pression régionale
- Couverture santé universelle : Via service national. Il couvre tous les résidents pour soins essentiels, mais des disparités Nord-Sud persistent ; cela garantit l’accès, mais les listes d’attente freinent l’efficacité.
- Dépenses de santé totales en % du PIB : 9,0 %. Stable mais tendu. Le financement public priorise les hôpitaux, avec coupes budgétaires récurrentes. Insuffisant face au vieillissement.
- Part des paiements directs en santé : 22,3 %, le plus élevé du groupe. Les Italiens payent cher pour les médicaments et les spécialistes, aggravant les inégalités.
- Taux de remplacement des indemnités journalières de maladie : 50-66 %, progressif. Décent pour les courts arrêts, mais la durée limitée (180 jours max) pousse à un retour rapide.
- Taux de remplacement des prestations d’invalidité : 60 %, moyen avec contrôles. Les fraudes passées ont conduit à durcir les critères.
- Durée du congé maternité payé : 21 semaines à 80 %. Les mères ont cinq mois payés, plus options parentales ; c’est généreux pour booster la natalité basse.
- Dépenses de soins de longue durée en % du PIB : 1,4 %. Les régions gèrent les aides à domicile, complétées par le réseau familial.
- Déficit du système de santé : non spécifié nationalement, mais sous-financement de 43 Milliards d’euros par rapport à la moyenne européenne.
- Classement de la qualité des soins : 8ème (sur 8) Note 70/100
Espagne : en progrès
- Couverture santé universelle : système national décentralisé. Il couvre 99 % de la population via les régions, gratuit pour l’essentiel.
- Dépenses de santé totales en % du PIB : 9,5 %.
- Part des paiements directs en santé : 21 %, en diminution, soulageant un peu les ménages ; même si le coût reste élevé, surtout pour les maladies chroniques.
- Taux de remplacement des indemnités journalières de maladie : 60-75 %, par convention. Variable selon les secteurs, souvent 75 % ; c’est flexible, protégeant les travailleurs précaires, courants en Espagne.
- Taux de remplacement des prestations d’invalidité : 60 %, réformé récemment.
- Durée du congé maternité payé : 16 semaines à 100 %. Égal pour les deux parents depuis 2021.
- Dépenses de soins de longue durée en % du PIB : 0,7 %, le plus bas. Régional et sous-financé, reposant sur les familles.
- Déficit du système de santé : Les régions gèrent les dépenses en hausse (santé +14,9 %), mais le système national reste proche de l’équilibre grâce à un rebond de la croissance.
- Classement de la qualité des soins : 7ème (sur 8) Note 75/100
Suède : exemplaire
- Couverture santé universelle : Les comtés la financent via les impôts. Avec une importante gestion numérique. Gratuité quasi-totale.
- Dépenses de santé totales en % du PIB : 11,2 %, haut et efficient avec un effort de prévention. Une santé publique de premier plan.
- Part des paiements directs en santé : 13,4 %, plafonné annuellement. Co-paiements max 1 200 €/an.
- Taux de remplacement des indemnités journalières de maladie : 80 %. Haut niveau.
- Taux de remplacement des prestations d’invalidité : 64 %, avec rééducation. Excellent pour les handicapés, avec soutien psychosocial.
- Durée du congé maternité payé : 16 semaines (stricte), plus parental. Égalitaire, pour booster la natalité.
- Dépenses de soins de longue durée en % du PIB : 3,4 %, leader nordique. Les services gratuits à domicile dominent.
- Déficit du système de santé : -20 milliards de couronnes suédoises (environ -1,8 milliards d’euros) pour les régions en 2024.
- Classement de la qualité des soins : 3ème (sur 8) Note 80/100
Danemark : la flexisécurité en action
- Couverture santé universelle : Payée par l’impôt et décentralisés via les municipalités.
- Dépenses de santé totales en % du PIB : 10,5 %, équilibré.
- Part des paiements directs en santé : 14 %. Soins majoritairement gratuits ; protège les plus vulnérables, mais avec des plafonds.
- Taux de remplacement des indemnités journalières de maladie : 100 %, jusqu’à 22 semaines. Plein salaire et flexisécurité poussant au retour à l’emploi.
- Taux de remplacement des prestations d’invalidité : 60 %.
Durée du congé maternité payé : 18 semaines à 100 %. Plus parental partagé.
- Dépenses de soins de longue durée en % du PIB : 2,9 %, avec maintien à domicile fort.
- Déficit du système de santé : non spécifié, mais dépenses en hausse de 4 % sans alerte de déséquilibre.
- Classement de la qualité des soins : 2ème (sur 8) Note 83/100
Pays-Bas : assurance privée obligatoire
- Couverture santé universelle : Privée mais régulée. Assurances obligatoires couvrent tous, choix libre ; compétitif, mais lourdeurs administratives.
- Dépenses de santé totales en % du PIB : 10,2 %. Des subventions assurent l’équité pour une haute qualité de soins.
- Part des paiements directs en santé : 13 %, couvert par les assurances. Franchises modérées ; accessibles, via concurrence.
- Taux de remplacement des indemnités journalières de maladie : 70 %, par employeur. Public après deux ans.
- Taux de remplacement des prestations d’invalidité : 75 %, haut. Généreux, mais avec contrôles stricts.
- Durée du congé maternité payé : 16 semaines à 100 %. Plus six pour les pères.
- Dépenses de soins de longue durée en % du PIB : 3,5 %.
- Déficit du système de santé : le mix public-privé maintient l’équilibre, malgré l’augmentation des soins de longue durée.
- Classement de la qualité des soins : 1er (sur 8) Note 83/100
Royaume-Uni : un National Health Service (NHS) sous-financé
- Couverture santé universelle : Centralisée. Le NHS couvre tous, gratuitement. Mais files d’attente critiques et soins de qualité inégale.
- Dépenses de santé totales en % du PIB : 10,0 %. Budget NHS tendu post-Brexit et manque de personnel.
- Part des paiements directs en santé : 15 %. Mais dentaire/optique payants ; inéquitable pour bas revenus.
- Taux de remplacement des indemnités journalières de maladie : 20-30 %, très bas
- Taux de remplacement des prestations d’invalidité : 40 %, critique.
- Durée du congé maternité payé : 39 semaines. Favorables aux familles monoparentales.
- Dépenses de soins de longue durée en % du PIB : 1,2 %, sous-financé.
- Déficit du système de santé : -787 livres (-930 millions d’euros)
- Classement de la qualité des soins : 5ème (sur 8) Note 76/100
La France n’est plus un modèle
La France dépense plus que presque tous ses voisins (11,5 % du PIB en santé publique, 31 % au total pour la protection sociale) mais accumule des déficits records (−13,8 milliards d’euros pour la seule branche maladie en 2024), creuse la dette et n’obtient ni l’accès ni la qualité de soins des meilleurs élèves du continent. Au surplus, indépendamment des critères analysés, 9 % de la population vit dans un désert médical, contre moins de 5 % au Danemark, en Suède ou aux Pays-Bas. Les délais explosent, les urgences saturent et les inégalités territoriales s’aggravent, alors que les indemnités maladie et invalidité sont parmi les moins généreuses d’Europe occidentale et l’espérance de vie en bonne santé inférieure à celle des pays nordiques. Bref, nous payons le prix fort pour un système qui protège moins bien les plus vulnérables qu’on ne le prétend, entretient des rigidités coûteuses et refuse les réformes qui ont permis à l’Allemagne, aux Pays-Bas ou au Danemark d’allier générosité réelle, accès rapide et bonne gestion. Sans changement profond, notre modèle continuera de s’enfoncer dans une spirale de dépenses incontrôlées et de promesses non tenues.
La France face à ses concurrents. Huit pays, huit systèmes. Les modes de financement et de fonctionnement des assurances chômage confrontés à la situation du marché du travail de la plupart de nos plus proches voisins du continent, Royaume-Uni compris, passés au banc d’essai selon dix critères.
Dans une Europe où le taux de chômage moyen oscille autour de 6 %, sa prise en charge confronte les États membres à des défis structurels amplifiés par les mutations rapides du marché du travail, notamment sous l’impulsion de l’intelligence artificielle qui redessine les contours des emplois et accentue les vulnérabilités générationnelles. À cela s’ajoute le vieillissement accéléré des populations, avec un ratio de dépendance des seniors qui dépasse déjà 35 % dans plusieurs pays comme l’Italie et l’Allemagne et qui pourrait atteindre 50 % d’ici 2050, selon les projections d’Eurostat
. Ce phénomène réduit la taille de la main-d’œuvre active, accroît la pression sur les systèmes de protection sociale et complique le financement des allocations chômage.
Les pays du Sud, comme l’Espagne et l’Italie, voient leurs jeunes émigrer, aggravant le déséquilibre, tandis que les modèles nordiques compensent partiellement par une immigration ciblée et un taux d’emploi élevé des seniors.
La France, avec un ratio de dépendance autour de 33 % et une fertilité persistante sous le seuil de renouvellement, doit aussi anticiper une hausse mécanique des dépenses sociales dont elle est déjà championne, d’autant plus que l’emploi des plus de 55 ans reste faible, même s’il progresse.
Les habituels leaders de nos comparatifs, tels le Danemark ou les Pays-Bas, continuent de briller par leur flexisécurité, alliant indemnités généreuses et activation intensive pour des taux d’emploi records, tandis que l’Espagne et l’Italie peinent à résorber un chômage important, aggravé par des fractures régionales et une économie souterraine persistante.
La France, forte de son modèle contributif protecteur et de dépenses publiques de plus en plus déraisonnables à 1,2 % du PIB, maintient une indemnisation relativement longue et (trop ?) généreuse, mais voit son taux d’emploi freiné par un chômage structurel, particulièrement chez les jeunes et les immigrés. L’émergence fulgurante de l’IA, qui automatise déjà des tâches cognitives routinières et frappe en premier lieu les postes d’entrée de gamme, notamment et paradoxalement dans la tech — avec une hausse notable du chômage des moins de 25 ans dans les métiers exposés, comme observé aux États-Unis et en écho en Europe —, menace d’exacerber ces disparités. Pourtant, cette révolution n’annonce pas un chômage de masse irréversible. Des études récentes soulignent que l’IA pourrait créer autant, sinon plus, d’emplois qu’elle n’en détruit à long terme, boostant la productivité et favorisant des rôles hybrides requérant créativité et intervention humaine. À voir néanmoins si cette tendance pourra s’observer sur le long terme.
En attendant, nous avons sélectionné dix critères comparatifs pour analyser les solutions proposées par la France et ses voisins.
Les voici.
Les dix critères de comparaison et leurs sources principales :
2 - Conditions d’éligibilité
Durée minimale de cotisations ou d’emploi requise, incluant les seuils pour indépendants et précaires.
Sources principales : Unédic, Panorama des systèmes d’assurance chômage en Europe 2025 ; Vie-publique.fr
, L’assurance chômage en Europe : éléments de comparaison 2025
.
9 - Taille de l’économie souterraine et travail au noir
Sources principales : OCDE/Eurostat, Informal Economy Estimates 2025 (via DARES) ; Trésor, Économie informelle en Europe 2025.
France : un rempart contributif très généreux mais trop coûteux
1 - Structure du système d’assurance chômage : Modèle contributif classique, géré par Pôle emploi et l’Unédic, avec une assurance chômage liée aux cotisations salariales et patronales, complétée par des aides sociales pour les non-indemnisables.
2 - Conditions d’éligibilité : 6 mois de travail sur les 24 derniers mois requis, avec ajustements pour seniors, intermittents du spectacle et indépendants ; exclusion des démissionnaires sauf motif légitime ou rupture amiable.
3 - Taux de remplacement des allocations chômage : 57 % du salaire journalier de référence brut pour un ouvrier moyen, dégressif après 6 mois à 57 % net, plafonné à 7 980 € net mensuels (après CSG/CRDS 6,7 % et cotisation retraite 3 %). Un record.
4 - Durée maximale d’indemnisation : Jusqu’à 18 mois pour les moins de 53 ans, 30 mois pour les 53-54 ans et 36 mois pour les 55+, ajustée à l’ancienneté.
5 - Montant moyen mensuel des allocations nettes : 1 042 € pour un profil type (salaire antérieur de 2 000 € brut), couvrant 70 % des besoins de base mais insuffisant pour les familles monoparentales.
6 - Dépenses publiques en assurance chômage (% du PIB) : 1,2 % en 2024, alourdi par la crise post-Covid et les réformes Macron, avec un déficit structurel de l’Unédic.
7 - Taux de chômage et de chômage de longue durée : 7,6 % global (18,3 % chez les 15-24 ans, 6 % pour 25-49 ans, 6,9 % chez les 50+), avec 13,3 % de longue durée, impacté par l’IA pour les jeunes.
8 - Taux d’emploi et dynamiques du marché du travail : 68,8 % (15-64 ans), freiné par 16,8 % de contrats précaires ; disparités régionales modérées (Île-de-France 70 % vs Outre-mer 50 %), avec hausse des CDI mais précarité persistante.
9 - Taille de l’économie souterraine et travail au noir : Estimée à 12 % du PIB, favorisant le cumul d’allocations et d’emplois dissimulés dans le BTP et les services, avec 500 000 cas annuels détectés.
10 - Chômage lié à l’immigration : 12 % pour les immigrés contre 7 % pour les natifs, écart de 5 points dû à la non-reconnaissance des diplômes et aux barrières linguistiques.
Allemagne : une flexibilité fédérale au service de la stabilité
1 - Structure du système d’assurance chômage : Modèle contributif fédéral via l’Agence pour l’emploi, avec une assurance chômage (ALG I) contributive et une aide sociale (ALG II) pour les bas revenus, intégrant activation via formations.
2 - Conditions d’éligibilité : 12 mois de cotisations sur 30 mois, accessible aux indépendants sous conditions ; sanctions rapides pour refus d’emploi.
3 - Taux de remplacement des allocations chômage : 60 % du salaire antérieur net (67 % à l’Est pour les familles), généreux pour les bas salaires mais dégressif pour les hauts revenus. Plafonné à 3 425 € net mensuels (après déductions fiscales et sociales ~20 % sur le brut plafonné, pour classe I sans enfants).
4 - Durée maximale d’indemnisation : 12 mois maximum (jusqu’à 24 pour les seniors), avec transition vers l’ALG II illimitée mais conditionnée à des recherches actives.
5 - Montant moyen mensuel des allocations nettes : 1 500 € pour un profil type, ajusté régionalement et complété par des aides locales en Bavière ou à Berlin.
6 - Dépenses publiques en assurance chômage (% du PIB) : 0,8 % en 2024, soutenable grâce à un marché du travail capable d’absorber les chocs économiques grâce à l’apprentissage, au chômage partiel (Kurzarbeit), à une négociation collective flexible, à des politiques d’activation rapides et à des cotisations paritaires.
7 - Taux de chômage et de chômage de longue durée : 3,9 % global (6,7 % jeunes, 3 % adultes, 2,5 % seniors), 6,6 % de longue durée.
8 - Taux d’emploi et dynamiques du marché du travail : 76 % (15-64 ans), dynamique avec 7 % de précaires ; disparités Est-Ouest (72 % vs 80 %), mais forte inclusion via l’apprentissage en alternance.
9 - Taille de l’économie souterraine et travail au noir : 12 % du PIB, modérée mais concentrée et assez forte à l’Est, avec contrôles stricts limitant les fraudes à 5 % des allocations.
10 - Chômage lié à l’immigration : 6,5 % pour les immigrés vs 3 % pour les natifs, écart de 3,5 points atténué par des programmes d’intégration comme les Integrationskurse. Mais débordé par les vagues migratoires récentes.
Italie : un système mixte miné par les fractures territoriales
1 - Structure du système d’assurance chômage : Modèle mixte contributif et assistance (pour indépendants), géré par l’INPS, avec une activation faible et des aides régionales variables.
2 - Conditions d’éligibilité : 3 mois de travail sur 48, critères laxistes pour les précaires mais excluant les saisonniers sans historique.
3 - Taux de remplacement des allocations chômage : 75 % du salaire moyen des 4 derniers mois, dégressif à 50 % après 6 mois, plafonné à 1 550 € net mensuels (après cotisations INPS ~9-10 %).
4 - Durée maximale d’indemnisation : De 1,5 à 24 mois selon l’ancienneté, avec de rares extensions pour les seniors malgré le chômage structurel.
5 - Montant moyen mensuel des allocations nettes : 800 € pour un profil type, insuffisant face à l’inflation, aggravant la précarité au Sud.
6 - Dépenses publiques en assurance chômage (% du PIB) : 0,9 % en 2024, sous-financé par rapport aux besoins, avec déficits chroniques de l’INPS.
7 - Taux de chômage et de chômage de longue durée : 6,1 % global (20,6 % jeunes, 5,5 % adultes, 6,5 % seniors), 11,8 % de longue durée.
8 - Taux d’emploi et dynamiques du marché du travail : 62,2 % (15-64 ans), alourdi par 16,8 % de précaires ; disparités extrêmes (Sud 15 % vs Nord 4 %), avec économie saisonnière fragile.
9 - Taille de l’économie souterraine et travail au noir : 15-20 % du PIB, massive au Sud (jusqu’à 30 %), alimentant le travail dissimulé dans l’agriculture et le tourisme. Sans compter la part captée par les mafias.
10 - Chômage lié à l’immigration : 13,1 % pour les immigrés vs 7,3 % pour les natifs, écart de 5,8 points exacerbé par la précarité saisonnière et les quotas restrictifs.
Espagne : une protection stricte face à un chômage endémique
1 - Structure du système d’assurance chômage : Modèle contributif, avec allocations contributives et non contributives, intégrant des aides régionales comme en Catalogne.
2 - Conditions d’éligibilité : 12 mois de travail sur les 6 dernières années, strict pour les jeunes mais ouvert aux indépendants via des fonds mutuels.
3 - Taux de remplacement des allocations chômage : 70 % du salaire de base les 6 premiers mois, puis 50 %, plafonné à 1 350 € net mensuels (après retenues sociales ~6,35 % sur le brut plafonné, pour un adulte sans enfants).
4 - Durée maximale d’indemnisation : De 4 à 24 mois selon les jours cotisés, avec prolongations pour seniors mais sanctions pour inactivité.
5 - Montant moyen mensuel des allocations nettes : 1 000 € pour un profil type, couvrant à peine 60 % des besoins, avec compléments régionaux variables.
6 - Dépenses publiques en assurance chômage (% du PIB) : 1,7 % en 2024, niveau élevé post-crise, financé par des hausses de cotisations patronales.
7 - Taux de chômage et de chômage de longue durée : 10,5 % global (25 % jeunes, 8,5 % adultes, 9 % seniors), 12,1 % de longue durée.
8 - Taux d’emploi et dynamiques du marché du travail : 66,1 % (15-64 ans), miné par 13,7 % de précaires ; fractures régionales (Andalousie 18 % vs Catalogne 8 %), avec tourisme saisonnier dominant.
9 - Taille de l’économie souterraine et travail au noir : 20 % du PIB, concentrée dans le Sud, favorisant l’informel avec 1 million de travailleurs dissimulés estimés.
10 - Chômage lié à l’immigration : 20 % pour les immigrés vs 10 % pour les natifs, écart de 10 points dû aux crises sectorielles, à la pression migratoire récente et à la non-intégration
Suède : une universalité nordique au cœur de la flexisécurité
1 - Structure du système d’assurance chômage : Modèle de citoyenneté via l’assurance volontaire (A-kassa), complétée par une base universelle, avec activation obligatoire.
2 - Conditions d’éligibilité : 60 heures par mois pendant 6 mois ou 420 heures sur 6 mois consécutifs dans les 12 derniers mois, accessible à tous les résidents ; inclusion large des indépendants et migrants.
3 - Taux de remplacement des allocations chômage : 80 % du salaire antérieur, plafonné à 2 360 € brut mensuels, avec compléments familiaux généreux.
4 - Durée maximale d’indemnisation : Illimitée sous conditions d’activation (recherches et formations), mais limitée à 300 jours sans activité.
5 - Montant moyen mensuel des allocations nettes : 1 200 € pour un profil type, soutenant un niveau de vie élevé malgré les impôts.
6 - Dépenses publiques en assurance chômage (% du PIB) : 0,7 % en 2024, efficace grâce à la faible durée moyenne du chômage.
7 - Taux de chômage et de chômage de longue durée : 8,7 % global (23 % jeunes, 6,5 % adultes, 4,5 % seniors), 11,6 % de longue durée.
8 - Taux d’emploi et dynamiques du marché du travail : 76,7 % (15-64 ans), avec 19,5 % de précaires ; disparités urbaines modérées (Stockholm 80 % vs rural 70 %), forte mobilité.
9 - Taille de l’économie souterraine et travail au noir : 10 % du PIB, limitée par la transparence fiscale et les contrôles numériques.
10 - Chômage lié à l’immigration : 15 % pour les immigrés vs 5 % pour les natifs, écart de 10 points atténué par des cours de langue obligatoires. Mais en croissance avec les très fortes vagues d’immigration qui ont augmenté la population de 20 % depuis 1995 dans ce pays historiquement ouvert.
Danemark : l’excellence de la flexisécurité en action
1 - Structure du système d’assurance chômage : Modèle de citoyenneté contributive via les caisses A-kasse, avec activation intensive et filet de sécurité universel.
2 - Conditions d’éligibilité : Évaluation des revenus sur 3 ans, accessible aux résidents ; inclusion des indépendants via cotisations volontaires.
3 - Taux de remplacement des allocations chômage : 90 % du salaire antérieur, plafonné à 3 359 € net mensuels (après cotisations sociales ~8 % sur le brut plafonné, pour membre à temps plein). Après épuisement, bascule vers des aides sociales moindres (kontanthjælp), conditionnées.
4 - Durée maximale d’indemnisation : 2 ans maximum, suivis d’aides sociales conditionnées à 37 heures/semaine de recherches.
5 - Montant moyen mensuel des allocations nettes : 2 000 € pour un profil type, parmi les plus élevés d’Europe.
6 - Dépenses publiques en assurance chômage (% du PIB) : 1,0 % en 2024, équilibré par une productivité élevée.
7 - Taux de chômage et de chômage de longue durée : 6,1 % global (13,9 % jeunes, 5 % adultes, 3,5 % seniors), 10,9 % de longue durée, l’IA intégrée via upskilling massif.
8 - Taux d’emploi et dynamiques du marché du travail : 78,8 % (15-64 ans), dynamique avec 24,3 % de précaires mais forte rotation ; disparités régionales minimes.
9 - Taille de l’économie souterraine et travail au noir : 8 % du PIB, faible grâce à la digitalisation des déclarations.
10 - Chômage lié à l’immigration : 10 % pour les immigrés vs 4 % pour les natifs, écart de 6 points réduit par des formations ciblées.
Pays-Bas : un équilibre contributif-assistance innovant
1 - Structure du système d’assurance chômage : Hybride contributif (WW) et assistance (bijstand), géré municipalement avec activation stricte via l’UWV.
2 - Conditions d’éligibilité : 6 mois de travail sur 36, avec sanctions immédiates pour refus ; ouvert aux indépendants.
3 - Taux de remplacement des allocations chômage : 75 % les 2 premiers mois, puis 70 %, plafonné à 4 741 € net (après cotisations sociales ~27 % sur le brut plafonné, pour les 2 premiers mois à 75 %).
4 - Durée maximale d’indemnisation : De 3 à 38 mois selon l’âge et l’ancienneté, avec transition vers aides locales.
5 - Montant moyen mensuel des allocations nettes : 1 400 € pour un profil type, complété par des subventions régionales.
6 - Dépenses publiques en assurance chômage (% du PIB) : 0,8 % en 2024, optimisé par la décentralisation.
7 - Taux de chômage et de chômage de longue durée : 4,0 % global (8,8 % jeunes, 3,5 % adultes, 2,5 % seniors), 22 % de longue durée (atypique en raison de la flexibilité), l’IA dynamisant les services.
8 - Taux d’emploi et dynamiques du marché du travail : 82,3 % (15-64 ans), record avec 42,2 % de temps partiel ; disparités Nord-Sud (85 % vs 78 %).
9 - Taille de l’économie souterraine et travail au noir : 9 % du PIB, contrôlée par des audits municipaux.
10 - Chômage lié à l’immigration : 7,9 % pour les immigrés vs 4,1 % pour les natifs, écart de 3,8 points géré par activation stricte.
Royaume-Uni : service minimum…
1 - Structure du système d’assurance chômage : Système forfaitaire hybride via Universal Credit, remplaçant les allocations contributives par un crédit universel conditionné.
2 - Conditions d’éligibilité : Revenus récents évalués, accessible sans durée minimale stricte mais avec recherche obligatoire.
3 - Taux de remplacement des allocations chômage : Forfait fixe de 400 £ (environ 470 € brut) par mois, indépendant du salaire antérieur, complété pour les familles.
4 - Durée maximale d’indemnisation : 6 mois pour l’allocation contributive, puis illimitée via Universal Credit sous sanctions.
5 - Montant moyen mensuel des allocations nettes : 458 € net fixes, trop modeste mais indexé sur l’inflation, avec compléments régionaux en Écosse.
6 - Dépenses publiques en assurance chômage (% du PIB) : 0,5 % en 2024, minimal au regard du faible taux d’indemnisation.
7 - Taux de chômage et de chômage de longue durée : 4,3 % global (13,3 % jeunes, 3,5 % adultes, 3 % seniors), 6,5 % de longue durée, l’IA favorisant la gig economy.
8 - Taux d’emploi et dynamiques du marché du travail : 75 % (15-64 ans), fluide avec 19,6 % de précaires ; disparités (Londres 78 % vs Nord 70 %).
9 - Taille de l’économie souterraine et travail au noir : 10 % du PIB, concentrée dans les services, avec contrôles accrus post-pandémie.
10 - Chômage lié à l’immigration : 6 % pour les immigrés vs 3,5 % pour les natifs, écart de 2,5 points réduit par le marché libéral.
Pour conclure
La France, avec sa générosité proverbiale en matière d’indemnisation, se distingue comme un rempart social dans un paysage européen où les modèles nordiques privilégient la flexibilité pour contenir le chômage sous les 7 %, au prix d’une précarité assumée via le travail à temps partiel. Si le taux d’emploi français de 68,8 % pâtit d’un chômage structurel à 7,6 %, particulièrement virulent chez les jeunes (18,3 %), il surpasse toutefois l’Italie et l’Espagne, engluées dans des disparités régionales abyssales et une économie souterraine vorace (15-20 % du PIB), qui minent l’efficacité des aides et gonflent le travail dissimilé au détriment d’une vraie solidarité.
Les leçons de ce benchmark pour l’Hexagone devraient l’inspirer à adopter un système mieux contrôlé, plus en phase avec le marché du travail, à pratiquer une baisse du plafond des indemnités et à investir massivement dans des formations ciblées pour les jeunes, les seniors et les nouveaux arrivants — comme en Allemagne ou au Danemark — afin d’anticiper les transitions imposées par l’IA et de booster un taux d’emploi vers les 75 % européens.
Au fond, la France pourrait hybrider sa protection haute avec une dose de flexisécurité, enrichie d’une stratégie proactive face à l’intelligence artificielle. Mais surtout s’efforcer de transformer son filet social en trampoline vers l’emploi durable, et ainsi reconquérir une compétitivité qui, aujourd’hui, la relègue derrière les locomotives nordiques tout en la préservant des pièges méditerranéens et de la dureté britannique.
Épisodes précédents :
Retraites
Sécurité sociale
À l’année prochaine, avec notre épisode suivant sur les marchés du logement…