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septembre 02, 2026

Une France pré-révolutionnaire et des bilans....sans fin !

 

La France flirte avec la récession, ses dirigeants avec la médiocrité. Et si 2027 ressemblait davantage à 1789 qu’à une élection ordinaire ?

 

La situation de la France est-elle prérévolutionnaire ?


L'édito de Franz-Olivier Giesbert
➡️  https://l.lepoint.fr/8dw

La France flirte avec la récession, ses dirigeants avec la médiocrité. Et si 2027 ressemblait davantage à 1789 qu’à une élection ordinaire ?

La campagne présidentielle n’est pas à la hauteur. Sans doute le serait-elle si notre pays était bien portant, comme dans les années 1960 ou 1970. Or, ce n’est pas le cas, il s’en faut. À une ou deux exceptions près, nous n’avons droit, pour l’heure, qu’à des boniments de boutiquiers ou de braillards du monde d’hier.

L’Histoire n’est pas un conte pour enfant qui finirait toujours bien. L’Insee venant de réviser à la baisse les chiffres de la croissance – négative au premier trimestre (– 0, 2 %) et nulle au deuxième (0 %) –, il ne fait plus de doute que la France est au bord de la récession. Déjà, le nombre de faillites d’entreprise bat des records, de même que le taux d’intérêt à dix ans pour notre dette publique, au plus haut depuis vingt ans après avoir franchi la barre des 4 %.

C’est une révolution qu’il nous faut, copernicienne s’entend, du nom de l’astronome Nicolas Copernic, qui avait placé à juste titre notre étoile, et non plus la

                                                                                                                    La garde nationale de Paris, rassemblée sur le pont Neuf,  part pour l'armée en septembre 1792. Peinture de Leon Cogniet, 1833-1836. BRIDGEMAN IMAGES VIA AFP/

Terre, au centre du Système solaire. Eh bien, il s’agit maintenant de privilégier enfin la bonne gestion au lieu de boucler des budgets stupides, ultra-déficitaires et porteurs de récession, en augmentant, comme l’an dernier, à la fois les dépenses et les impôts pour complaire au PS. Gageons que ce sera encore le cas, faute de majorité, de la prochaine loi de finances.

Si nous continuons sur la voie de la facilité en 2027 avec d’autres gouvernants invertébrés sans vision ni courage, c’est peut-être une autre révolution qui nous attend, tragique celle-là, comme ces chamboule-tout qui frappent les vieilles sociétés vermoulues pour les asservir, au nom d’une prétendue « justice sociale », sous la tyrannie de minorités agissantes. Même si l’Histoire ne repasse pas toujours les plats, on peut considérer que pas mal d’éléments déclencheurs sont en place, en cet automne, pour une énième resucée de la Révolution française, après celles de Juillet (1830), de Février (1848) ou de la Commune (1871).

Sommes-nous vraiment en 1789 ? Comme il y a deux cent trente-sept ans, notre pays est confronté à au moins cinq défis. Le spectre d’une crise financière provoquée par un endettement faramineux – la moitié des rentrées fiscales étant, à la fin de l’Ancien Régime, affectée au service de la dette. La paralysie d’une monarchie croulant sous les institutions, impôts, réglementations inutiles. La plus haute cour de justice, jadis le Parlement de Paris, qui se dresse contre l’État. La marmelade idéologique qui tient lieu de cervelle à une partie de l’opinion et de notre jeunesse. Sans parler du dérèglement climatique avec des canicules délirantes suivies par des intempéries démentielles comme celles qui, en 1788, un an avant l’explosion, ravageaient les récoltes. Que de similitudes dans cette convergence des crises !

C’est pourquoi La Révolution française*, le livre de Jean-Christian Petitfils, tombe à pic. Après plusieurs biographies de référence – notamment son Jésus ou son Louis XVI –, l’auteur nous donne un bel exemple d’histoire totale, comme si on y était, où se mêle, dans un grand récit fluvial, tout ce qu’il a pu dénicher au terme d’un travail titanesque dans les trous de serrure, les ouvrages de l’époque, les publications officielles, les journaux personnels, etc. Chapeau, l’historien ! N’étant pas une sensibilité de gauche, il se veut objectif, ménageant ses (nombreux) collègues robespierristes qu’il cite souvent. Il est certes moins virulent qu’Hippolyte Taine dans son sublime chef-d’œuvre Les Origines de la France contemporaine (Bouquins). Mais, à la fin, le bilan de la Révolution, bonne et mauvaise conscience de notre héritage politique, n’en est pas moins cruel.

C’est ainsi que nous vivons depuis, au rythme d’une guerre civile froide qui, le terrorisme intellectuel aidant, atteint des niveaux paroxysmiques. D’où, observe Jean-Christian Petitfils, « ce cancer de la jalousie » et la haine obsessionnelle des « riches ». D’où la volonté de « faire taire l’adversaire au nom de la loi », à défaut de pouvoir le guillotiner. L’Histoire bégaye et, sous les drapeaux rouges de La France insoumise, les sans-culottes sont revenus, comme les tristement célèbres « exagérés » et « enragés » de 1793. La famille Addams est de toutes les époques. C’est pourquoi on ne peut lire cette fresque sans un léger malaise, comme si elle nous parlait de nous aujourd’hui. Comme disait Elie Wiesel, « ceux qui ne connaissent pas l’Histoire s’exposent à ce qu’elle recommence ».

* La Révolution française, de Jean-Christian Petitfils (Perrin, 960 p., 29,90 €).

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/fog-la-situation-de-la-france-est-elle-prerevolutionnaire-JZQQWERJZVHDNNFNJ3DPIH6UCI/?at_variante=Community%20Management

 

Quand le centre et la droite font tout pour perdre la présidentielle de 2027…

À moins d’un an de l’échéance, le « bloc central » se voit en challenger et cherche un chemin vers le second tour. Sans forcément bien s’y prendre.

Le « bloc central », expression valise mélangeant choux et carottes, pro et anti-Macron, ne part pas favori, loin de là, pour 2027 : à moins d’un an du scrutin, la France porte aux nues le RN et tout ce qui est à droite de la droite. Le soi-disant « bloc » a cependant l’espoir, comme les socialistes, de se qualifier pour le second tour à la place de Mélenchon.

Ce qui ne l’empêche pas d’aligner au moins trois candidats à la présidentielle, comme s’il avait décidé de zapper 2027. Avec son profil de rassembleur, Édouard Philippe, qui fait la course en tête, a un « atout » : c’est le chouchou des médias, ce qui, dans le passé, porta malheur à Balladur (en 1995) ou à Jospin (en 2002). Apparemment, il a tout pour lui. Sauf la dynamique.

Édouard Philippe doit encore prouver qu’il pourrait avoir un jour du courage après avoir consenti, sur instruction du président, quand il était à Matignon, à saborder le nucléaire, annonçant même fièrement la fermeture de Fessenheim. Certes, il est le seul à avoir osé se prononcer pour un allongement de l’âge de la retraite à 67 ans, qui réglerait une partie de notre surendettement, mais depuis, il se tortille plus ou moins. Pourquoi, à la fin, avoir proposé sur cette question un référendum qui, s’il était perdu, ruinerait d’emblée son mandat ?

Gabriel Attal, lui, parle beaucoup mais ne dit pas grand-chose. Après Macron, les Français n’en ont-ils pas soupé de la fringance pour la fringance ? Si doué soit-il, et il l’est, Attal semble faire un tour de chauffe avant les scrutins de… 2032, 37, 42 ou 47. Même s’il a rompu avec son ex-mentor, dont il a été le Premier ministre pendant sept mois et vingt-sept jours, il reste perçu comme un héritier de Macron dont il partage la passion pour le tout-à-la-com. Il y a quelque chose en lui du Petit Prince, auquel Saint-Exupéry fait dire : « J’ai appris que le monde est le miroir de mon âme. »

Malgré ses qualités d’homme d’État, Bruno Retailleau n’a pas fait la percée, sous son plafond de verre à 10 %. Politique à l’ancienne, c’est-à-dire cultivé, le président des Républicains, apparaît comme le moins bien placé des trois candidats. La nature l’ayant doté d’une vraie bienveillance, le pas de deux de Laurent Wauquiez avec Philippe aura été pour lui une aubaine ; il s’est fait les dents en déclarant qu’il ne voulait pas « suffisamment de mal » au maire du Havre pour que Wauquiez le soutienne, lequel, ajouta-t-il, « le rend un peu plus sympathique ». Son obstination de moine-soldat peut finir par payer. Mais la situation actuelle peut encourager aussi d’autres candidatures.

David Lisnard et Robert Ménard, deux ovnis hors système, sont fondés à faire prévaloir quelques prétentions. Forts de leurs résultats impressionnants aux municipales - respectivement réélus dès le premier tour à Cannes (81,1 %) et à Béziers (63,6 %)-, ils ont montré, sur le plan local, une réelle capacité à rassembler large, bien au-delà de leur pré carré idéologique : le libéralisme économique pour le Cannois, le rétablissement de l’autorité pour le Biterrois. Armés d’un mélange de punch et de parler vrai, ils incarnent une sensibilité de la droite qui peut séduire une partie de la gauche ou du centre et qui devra être représentée, d’une manière ou d’une autre, à la présidentielle.

Les socialistes n’ont pas dit leur dernier mot. Même si Olivier Faure, le gardien de cimetière aux commandes du PS, manœuvre pour se présenter, François Hollande est, selon les derniers sondages, placé en tête par les électeurs de la gauche non éléfiste, talonné par Raphaël Glucksmann. Rien n’est joué, mais la force de l’ancien président est toujours d’être… sous-estimé. Il semble pourtant fait pour les temps de crise. La preuve, une étude du sérieux institut Fipeco, de l’excellent François Ecalle : dans son classement des gouvernements de la Ve qui ont fait le plus d’efforts structurels, hors conjoncture, pour rétablir les comptes, ceux du mandat de Hollande (mais oui!) sont arrivés en deuxième position – certes en augmentant les impôts !- derrière l’assainissement de Juppé au début du premier septennat de Chirac. Lanterne rouge, Macron, avec Philippe, son Premier ministre de 2017 à 2020, fait figure de cancre avéré.

Sismiques sont les défis qu’auront à relever les vainqueurs de 2027 qui sera, selon Bruno Retailleau, « l’élection de la dernière chance ». C’est ce qu’on dit avant chaque scrutin. Mais, alors que se multiplient les crises systémiques – dette, immigration, justice, désindustrialisation, etc. -, on est fondé à croire que ça n’a jamais été aussi vrai.

Franz-Olivier Giesbert 

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/quand-le-centre-et-la-droite-font-tout-pour-perdre-la-presidentielle-de-2027-X6IW6CRNWVEZBFJIQRUMG6UBFU/



 

 Coincée entre une conjoncture mondiale défavorable et une situation budgétaire inquiétante, la France se retrouve contrainte de payer toujours plus cher pour financer ses dépenses publiques. → https://l.lefigaro.fr/FPrQ

Bonnet d’âne de la zone euro, la France voit son taux d’emprunt à 10 ans atteindre 4,27%, au plus haut depuis 2008

L’indicateur est suivi comme le lait sur le feu par les experts de Bercy et il vient de largement déborder. Le taux d’intérêt payé par la France sur ses emprunts à 10 ans a atteint 4,27% ce mercredi. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis la crise financière de 2008. Concrètement, cela signifie que le prix payé par Paris pour obtenir l’argent nécessaire afin de combler son déficit et faire face à ses échéances de dette va grimper. Une mauvaise nouvelle de plus, alors que le pays fait face à une situation budgétaire très dégradée et que la préparation du budget 2027 s’annonce comme un long chemin de croix.

Quand la gérontocratie française doit retourner à l’école…

 La rentrée 2026 risque pour les Français de ressembler à un stage de remise à niveau express, avec travaux pratiques immédiats. AFP

Spreads, désindexation des retraites, dépenses publiques : la rentrée 2026 s’annonce comme un brutal cours de rattrapage.

C'était l’époque où la France – et la planète avec elle, il faut le dire – bachotait frénétiquement. La crise des subprimes, de 2007 à 2009, a imposé à tout le monde un grand rattrapage forcé en économie et en finance. On découvrait, souvent, ce qu’étaient les swaps, les ratios prudentiels des banques, les risques systémiques et le fameux bailout – ou sauvetage sur fonds publics. Le grand tremblement de l’euro, de 2010 à 2012, a, lui, été le déclencheur d’une formation accélérée en finances publiques, comprenant, par exemple, une initiation aux spreads, ces différentiels de taux d’intérêt qui s’accroissent dangereusement, quand tout va mal, entre les pays qui ont les reins solides et ceux qui sont considérés comme des maillons faibles. On constatait alors, avec stupéfaction, à quelles extrémités certains États au bord du gouffre étaient réduits : baisse brutale des retraites, des salaires des fonctionnaires, etc.

Le problème, bien sûr, est que nous faisons désormais office de cancre. « La France remplace l’Italie comme plus grosse inquiétude des investisseurs obligataires européens », titrait la semaine dernière le Financial Times. Ceci n’est pas un jugement arbitraire : Rome a réduit son ratio de dette par rapport au PIB de 154 % en 2020 à 139 % cette année. Paris, dans le même temps, est passé de 114 à 117 %…

Plus très loin de l’accident

La rentrée 2026 risque pour les Français de ressembler à un stage de remise à niveau express, avec travaux pratiques immédiats. Le fait que la désindexation des retraites, qui était un sujet explosif, et donc un peu tabou ces derniers temps, revienne soudainement dans les discours de nombreux politiques, y compris de gauche, est un aveu : cela dit à quel point la suspension de la réforme des retraites était un mensonge cynique et que nous ne sommes plus très loin de l’accident. Cette rentrée des classes pour tous fera ressortir d’autres vérités, enfouies sous le moelleux « quoi qu’il en coûte » de ces dernières années. « Il n’y a pas de meilleure éducation que l’adversité », disait l’ancien Premier ministre et écrivain britannique Benjamin Disraeli…

François Villeroy de Galhau, qui fut gouverneur de la Banque de France de 2015 à 2026, l’un des esprits les plus brillants de notre pays, entame cette semaine au Point une chronique mensuelle sur l’économie. Quel meilleur professeur pouvait-on imaginer ? Dans ce numéro, il nous raconte cette inquiétante déambulation française « entre aveugles et illusionnistes », nous rappelant au passage que la France, si ses dépenses, rapportées au PIB, étaient comparables à celles des autres membres de la zone euro, brûlerait chaque année 270 milliards d’euros en moins…

La classe politique française ne pourra s’extraire longtemps de ces réalités. À part, bien sûr, les habituels vendeurs d’élixirs miraculeux.

Le début du sursaut ?

Il faut, à cet égard, se réjouir de la tournure prise par la campagne ces derniers jours. Entre la Rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le Medef, et le Laboratoire de la République, créé par Jean-Michel Blanquer et qui s’est tenu cette année à Sens, les sujets qui fâchent ont été abordés de manière plus franche. Est-ce le début du sursaut ?

Entendons-nous, la France ne fera pas faillite : nous trouverons toujours des prêteurs, mais ce sera de plus en plus cher.

Villeroy de Galhau

Si nous pouvions, au moins, nous mettre d’accord sur quelques vérités comme celles que souligne François Villeroy de Galhau : « Entendons-nous, la France ne fera pas faillite : nous trouverons toujours des prêteurs, mais ce sera de plus en plus cher. Nous ne sommes donc pas menacés par l’écroulement, mais par l’étouffement, étendu par contagion au coût des emprunts des entreprises comme des ménages. Et nous perpétuons nos choix gérontocratiques, contre la jeunesse et les dépenses d’avenir en sa faveur. »

En clair, non seulement la France doit retourner en cours pour réapprendre les fondamentaux, mais elle doit aussi commencer par saisir que ce qu’elle fait aujourd’hui est une faute morale contre ses écoliers, au sens propre du terme 

Étienne Gernelle

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/quand-la-gerontocratie-francaise-doit-retourner-a-lecole-J6THWITXXFFKJNJADGHNP2R5F4/ 


Emmanuel Macron, les 35 heures et la suite de sa carrière

 

 

 

septembre 18, 2025

Dégradation de la notation de la France : le symptôme d’un système en déroute

La France, jadis fière de son rang économique et politique en Europe, traverse une tempête dévastatrice qui culmine avec la récente dégradation de sa note souveraine par l’agence Fitch Ratings. Le 12 septembre 2025, l’agence a abaissé la notation de la dette publique française d’un cran, passant de AA- à A+, un coup dur qui relègue l’Hexagone au rang de « mauvaise élève » du continent.


Ce n’est pas un simple ajustement technique : c’est un signal d’alarme sur la fragilité d’un État paralysé par l’instabilité politique, une dette galopante et une gouvernance erratique.

Derrière cette décision se profile le portrait d’un président, Emmanuel Macron, dont les choix – de la valse des Premiers ministres à un bellicisme effréné – creusent un fossé abyssal avec le peuple français. Cet article décrypte les rouages de cette notation, ses enjeux, et dénonce une présidence qui, au lieu de protéger la nation, semble la précipiter vers le chaos.

Les agences de notation : un mécanisme impitoyable qui évalue la confiance

Pour comprendre l’importance de cette dégradation, il faut d’abord en saisir le fonctionnement. Les agences de notation comme Fitch, Moody’s ou Standard & Poor’s sont des entités privées qui évaluent la solvabilité des États, des entreprises ou des collectivités. Elles attribuent des notes allant de AAA (risque minimal) à D (défaut de paiement), basées sur des critères quantitatifs et qualitatifs : niveau d’endettement, croissance économique, stabilité politique, et capacité à rembourser. Une note élevée comme AA- signifie une « très bonne qualité » avec un faible risque de défaut ; A+ reste solide mais signale une vulnérabilité accrue.

Pourquoi cela compte-t-il tant ? Une bonne note permet à un pays d’emprunter à bas coût sur les marchés financiers, essentiels pour financer les déficits budgétaires. En France, la dette publique avoisine les 114,1 % du PIB au premier trimestre 2025, soit plus de 3.345 milliards d’euros. La dégradation par Fitch fait grimper les taux d’intérêt : le 15 septembre, le rendement des obligations françaises à 10 ans s’établissait à 3,49 %, un écart record avec l’Allemagne. Cela alourdit les charges d’intérêt – déjà estimées à 60 milliards d’euros par an – et pourrait ajouter des milliards supplémentaires, au détriment des services publics, de l’éducation ou de la santé. Pire, si Moody’s (revue prévue le 24 octobre) ou S&P suivent le mouvement, la dette française pourrait sortir de la catégorie « investment grade core », repoussant les investisseurs prudents et amplifiant la spirale.

Fitch pointe explicitement deux facteurs : un déficit structurel à 5,4 % du PIB en 2025, loin des 3 % exigés par l’UE, et une « instabilité politique » qui entrave les réformes. La France n’est plus dans le club des AAA nord-européens (Allemagne, Pays-Bas) ; elle rejoint la Belgique et l’Estonie au niveau A+, tandis que l’Espagne et le Portugal, eux, voient leurs notes améliorées grâce à une gestion plus rigoureuse. Ce n’est pas une fatalité : c’est le prix d’une gouvernance qui privilégie les postures aux actes concrets.


L’absence de gouvernement : une valse des premiers ministres qui paralyse l’économie

Au cœur de cette dégradation trône l’absence criante d’un gouvernement stable. Depuis la dissolution ratée de l’Assemblée nationale en 2024, la France est en proie à une instabilité chronique qui évoque les années 1930. Le 8 septembre 2025, le gouvernement de François Bayrou, nommé en juillet comme quatrième Premier ministre en deux ans sous Emmanuel Macron, a été renversé par un vote de confiance massif : 364 voix contre, 194 pour. Bayrou, artisan d’un plan d’austérité pour juguler la dette, n’a pas tenu face à une Assemblée fragmentée et à une opposition unie contre les coupes budgétaires.

Cette « valse des Premiers ministres » – Attal, Barnier, Bayrou, et maintenant un intérim incertain – n’est pas un accident.

C’est le fruit d’une stratégie macronienne : dissoudre pour imposer une majorité artificielle, échouer, et recommencer. Résultat ? Un pays ingouvernable, comme le titre La Revue de Presse Internationale de Radio France du 9 septembre : « La France est-elle devenue ingouvernable ? » Sans gouvernement, le budget 2026 est en suspens, les réformes bloquées, et les marchés nerveux. Macron, affaibli sur la scène internationale, voit son autorité érodée : la chute de Bayrou le place « en première ligne pour sortir de l’ornière », dixit Les Échos.

Cette paralysie n’est pas anodine. Elle amplifie la dette en empêchant toute consolidation fiscale. Et qui paie ? Les Français, avec des taux d’emprunt qui grimpent et une croissance anémique. La crise politique de 2024-2025, véritable « tourbillon institutionnel », marque un point de non-retour : la Ve République craque sous le poids d’un président qui refuse de lâcher prise.

Le refus de démissionner : un entêtement face à la colère populaire

Malgré cette débâcle, Emmanuel Macron s’accroche au pouvoir comme à une bouée percée. Les sondages sont accablants : en septembre 2025, sa cote de confiance plonge à 15-17 %, un record d’impopularité depuis 2017, pire qu’à l’ère des Gilets jaunes. Près de deux tiers des Français (65 %) appellent à sa démission immédiate, selon un sondage Ifop (certainement sous-estimé) pour Sud Ouest du 5 septembre. À droite comme à gauche, les voix s’élèvent : les Républicains exigent une présidentielle anticipée, le RN accentue la pression lors de sa rentrée à Bordeaux et demande un retour aux urnes alors qu’ils ont refusé de voter sa destitution.

Pourtant, Macron exclut toute démission, refusant même une dissolution supplémentaire. « Même la démission d’Emmanuel Macron ne résoudra pas la crise », ironise Courrier International du 9 septembre, soulignant un président « sans pouvoir » mais têtu. Sur X, les réactions fusent : « Macron ne se contente plus d’ingérence : il flirte avec la belligérance », reflétant une exaspération populaire. Un autre utilisateur dénonce un « discours délirant, manipulatoire » pour masquer ses échecs.

Cet entêtement n’est pas du courage : c’est de l’inconscience. Face à une pression « très forte du peuple », comme l’attestent les manifestations post-Bayrou, Macron préfère ignorer les urnes. Il incarne une élite déconnectée, prête à tout pour perdurer, au risque de fracturer la nation.

L’incapacité à conduire les affaires : priorité à l’UE au mépris du souverainisme français

Pire que l’instabilité, l’incapacité de Macron à « conduire les affaires de l’État » se manifeste par une soumission obsessionnelle à l’Union européenne.

Les Français ont voté « non » à la Constitution européenne en 2005 (54,7 %), un rejet clair de la technocratie bruxelloise. Pourtant, Macron, auto-proclamé « européen convaincu », brade la souveraineté nationale au profit de l’UE. La dette française ? Disciplinée par les règles budgétaires européennes, qui imposent des coupes sans égard pour les spécificités hexagonales. L’instabilité politique ? Elle affaiblit l’UE entière, comme s’inquiète Euronews du 5 septembre : « Quelles conséquences pour l’UE ? »

Macron priorise l’intégration européenne – mutualisation de la dette, défense commune – au détriment des Français. Son plan pour l’Ukraine, financé par des milliards d’euros publics, illustre cette dérive : la France verse sans compter, tandis que les hôpitaux ferment et les retraites s’effritent. Ce n’est pas de la gouvernance : c’est de la vassalisation. Le peuple, qui a dit « non » en 2005, paie aujourd’hui les pots cassés d’un président qui ignore le référendum comme un caprice historique.


Le bellicisme délirant de macron : un danger mortel pour les Français

Au-delà de l’économie, le vrai péril réside dans le bellicisme délirant de Macron, qui expose les Français à des risques existentiels. Depuis 2022, il agite le spectre d’une guerre avec la Russie, promettant des « garanties de sécurité » pour l’Ukraine et envisageant l’envoi de troupes françaises – jusqu’à 40.000 soldats, postés à 80 km du front. Le 5 mars 2025, il déclare : « Jamais depuis 1945 la liberté n’avait été autant menacée », annonçant 6,5 milliards d’euros supplémentaires pour l’armée, portant le budget à 64 milliards annuels d’ici 2027. Des drones, de l’IA, de la guerre cybernétique : un « plan de guerre » qui transforme la France en base OTAN.

Ce n’est pas de la défense : c’est de la provocation. Macron « dramatise » et « provoque », s’agace Hervé Morin en mars 2025. Sur les réseaux sociaux, beaucoup s’agacent : « Macron prend des décisions graves sans consultation du peuple pour provoquer un incident avec la Russie et rester au pouvoir », d’autres soutiennent qu’Emmanuel Macron veut envoyer les Français à la mort. Henri Guaino (député et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy), quant à lui alerte : « C’est le ton qu’on emploie dans un pays au bord de la guerre. »

Les dangers ? Une escalade nucléaire, des sanctions auto-infligées qui ruinent l’économie française (déjà en « économie de guerre »), et une mobilisation forcée qui sacrifierait la jeunesse pour des « fantasmes technocratiques ». Macron, « l’incarnation du diable sur terre » pour certains, joue avec le feu pour distraire de ses échecs domestiques. 

La France n’est pas menacée par la Russie, mais par un président qui rêve d’héroïsme au prix du sang français.

Il est pourtant très facile de s’en convaincre : la Russie est grande comme quatre fois l’Europe et peu peuplée (8,5 hab./km²) comparée à l’UE (environ 106 hab./km²); de plus, elle est maintenue dans une russophobie patente qui créerait bien des soucis à un éventuel appétit russe : à quoi bon ?

Le fossé abyssal avec le peuple : un rejet total

Ce bellicisme n’est que la pointe de l’iceberg d’un fossé qui se creuse entre Macron et le peuple. Sa popularité, à 17 % en septembre selon Elabe, est un effondrement historique. Les Français le voient comme « hors-sol » et totalement déconnecté de leurs préoccupations.

Ce rejet n’est pas conjoncturel : c’est structurel. Macron méprise le « peuple » qu’il théorise comme une « masse à éduquer ». Résultat ? Une France divisée, où les banlieues s’embrasent et les ruraux se sentent abandonnés. Son « petit air de démission » gagne même la droite, note L’Express.

Un rejet international : macron, le paria des dirigeants

À l’étranger, Macron est affaibli : la chute de Bayrou le rend « architecte du déclin français », titre Le Monde du 9 septembre. Ses relations ? Tendues avec Donald Trump, distantes avec Xi Jinping, et conflictuelles avec Vladimir Poutine. Même avec Merz, les frictions sur la défense européenne persistent. Au Shangri-La Dialogue en mai dernier, il alerte sur un « ordre mondial en risque », mais sans alliés solides. Avec Luiz Inácio Lula da Silva, les tensions sur le Mercosur persistent encore, avec une visite à l’Élysée qui a tourné à l’humiliation pour Macron, loin d’un renforcement des liens avec le Brésil. Macron, rejeté par « la plupart des dirigeants », paie son atlantisme forcené et son impérialisme résiduel.

Vers une démission inéluctable ?

La dégradation par Fitch n’est qu’un symptôme d’une présidence en lambeaux. Instabilité, bellicisme, soumission à l’UE, rejet populaire : Macron a transformé la France en otage de ses ambitions. Le peuple, qui a voté « non » en 2005 et crie « démission » en 2025, mérite mieux qu’un chef qui risque la guerre pour masquer ses ruines.

https://multipol360.com/degradation-de-la-notation-de-la-france-le-symptome-dun-systeme-en-deroute/

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Dégradation de la note Fitch : la classe politique incapable ou impuissante ?

Deux spécialistes de la finance reviennent sur la manière dont les responsables politiques ont réagi à la dégradation de la note française par l’agence Fitch. Selon ces experts, la séquence illustre le manque de connaissances économiques de ceux qui nous gouvernent et la sclérose institutionnelle de la France.

Le 12 septembre, trois jours après son arrivée à Matignon, Sébastien Lecornu hérite d’un dossier épineux de plus à gérer. L’agence Fitch a abaissé la note de la France de AA- à A+. Une nouvelle étape qui fait du pays le mauvais élève de l’Europe. En 2013, la seconde puissance économique de l’UE avait encore son triple A. Douze ans plus tard, la note a reculé de quatre crans. La situation est avant tout le reflet d’une impuissance de la classe politique à rétablir l’équilibre des comptes publics. Engoncée dans des querelles d’appareil, coincée dans une pensée unique et dans des certitudes, peu formée à l’économie, il est peu probable qu’elle puisse renverser la table.

La faute à la chute de Bayrou ?

Il suffit de se pencher sur les déclarations des principales figures de l’opposition pour constater le problème. Sitôt la note connue, Jean-Luc Mélenchon a fustigé François Bayrou et critiqué sa décision de demander un vote de confiance à l’Assemblée nationale : "Il a provoqué la note Fitch en dévalorisant la France comme premier ministre sur les marchés pendant quinze jours".

Une fake news en bonne et due forme reprise par une grande partie de l’opposition. Les agences de notation annoncent des mois à l’avance la publication de leurs rapports et le vote de confiance n’a pas été déterminant. Moody’s se prononcera le 24 octobre et Standard & Poor’s le 28 novembre.

"Les marchés s’attendaient à cette dégradation depuis des mois et l’agence avait déjà annoncé une perspective défavorable. Si François Bayrou était resté en poste, rien n’aurait changé puisqu’aucune mesure forte n’avait été prise ces derniers mois", pointe l’économiste Nathalie Janson, professeur associée d’économie au sein du département Finance à Neoma Business School. Un avis partagé par Alexis Karklins-Marchay, entrepreneur et essayiste, qui souligne le côté "attendu" de la dégradation. "La France avait des taux d’intérêt à dix ans trop élevés par rapport à sa notation, ça ne collait pas", complète-t-il. Si le bail de François Bayrou à Matignon n’a pas amélioré la situation, c’est surtout parce qu’il incarne l’instabilité politique. Or, les marchés ont horreur de la valse des gouvernements et de l’incertitude qu’elle engendre.

"Les marchés s’attendaient à cette dégradation depuis des mois et l’agence avait déjà annoncé une perspective défavorable. Si François Bayrou était resté en poste, rien n’aurait changé puisqu’aucune mesure forte n’avait été prise ces derniers mois"

L’instabilité sanctionnée

"Parmi les pays qui voient leur note abaissée, l’instabilité est une raison qui revient souvent", explique Alexis Karklins-Marchay qui cite notamment les cas de la Belgique ou de l’Italie. Or, c’est bel et bien le contexte politique de l’Hexagone avec, notamment, quatre premiers ministres en un an qui a incité Fitch à sanctionner la France. Dans son rapport, l’agence souligne que "la chute du gouvernement lors d’un vote de confiance illustre la fragmentation et la polarisation croissante de la politique intérieure". Selon elle, "cette instabilité affaiblit la capacité du système politique à mettre en œuvre une consolidation budgétaire d’ampleur". En clair, il était improbable que l’exécutif tienne sa promesse de ramener le déficit public sous la barre des 3 % en 2029, comme cela avait été initialement promis. Et cette impuissance se paie cash.

Culture de la dépense

Si l’instabilité est un facteur aggravant, il y a peut-être pire. Même si un gouvernement avait été stable et avait pu s’appuyer sur une large majorité, il est probable qu’il ne serait pas parvenu à tenir ses promesses pour des raisons politiques.

Pour redevenir AAA+ ou, à défaut, pour mettre fin à la dégringolade, les responsables politiques n’ont pas le choix, ils doivent améliorer l’efficacité de l’État et stimuler le tissu économique : "C’est possible, cela a été fait par l’Espagne, le Portugal, l’Italie avec à la manœuvre des gouvernements qui peuvent être de gauche ou de droite", observe Alexis Karklins-Marchay.

Mais, en France, ces réformes structurelles sont vues comme de l’austérité ou du libéralisme. Dans notre pays, ces deux mots sentent le soufre et un responsable politique qui ose les prononcer est cloué au pilori par ses pairs, la majorité des médias et, par extension, l’opinion. Mieux vaut donc faire le dos rond et "refiler la patate chaude" au gouvernement suivant qui agira de même. Cette procrastination peut se comprendre, estime Nathalie Janson : " La dette française reste un placement sûr, il y a une stabilité de la demande des titres français qui se placent à des taux qui demeurent relativement faibles. En outre, la BCE a un mécanisme qui permet d’acheter la dette des pays membres pour éviter que les spreads de taux ne soient trop dispersés". Dès lors, pourquoi engager des réformes impopulaires ? Après tout, nous sommes too big to fail.

Pourquoi engager des réformes impopulaires ? Après tout, nous sommes too big to fail pensent de nombreux élus

"Chez nous, le mantra de la classe politique est “je dépense donc je suis”", déplore Alexis Karklins-Marchay, qui appelle à changer de logiciel. D’après lui, le fait de s’opposer au dogme en vigueur devrait être vendu à l’opinion comme une solution qui permettrait de "rendre de l’argent aux Français". "Ce discours commence à infuser dans plusieurs partis, par exemple chez Renaissance avec Guillaume Kasbarian, chez Horizons avec Christelle Morançais ou chez LR avec David Lisnard", se réjouit-il. Pour le moment, les choses changent lentement.

 Le poids des médias et de l’enseignement supérieur

Les coupables ? L’enseignement supérieur et les médias, estiment à l’unisson les deux experts interrogés. De plus en plus, nos élus sont formés dans des facultés de sciences sociales ou des instituts d’études politiques. L’enseignement prodigué a tendance à donner une mauvaise image du secteur privé, à mettre en avant des économistes keynésiens, au détriment d’autres écoles d’économie.

Cela explique les biais dans les politiques publiques, les réflexes pavloviens dans les prises de parole, mais aussi une certaine incompétence sur les sujets économiques. "Éric Coquerel, qui dirige la commission des Finances du Palais Bourbon, ne comprend pas la différence entre la richesse réelle et la richesse liée à des actions par nature volatiles. Il confond la valeur et le chiffre d’affaires, c’est incroyable !", s’indigne Nathalie Janson. Les connaisseurs des arcanes du monde de l’entreprise se souviennent également de l’audition de Florent Menegaux, patron de Michelin, devant une commission parlementaire. Le capitaine d’industrie a été contraint d’expliquer le b-a-ba de la trésorerie ou de la gestion d’une entreprise à des députés peu au fait de certaines notions de base.

Cette méconnaissance ruisselle également dans les médias où les journalistes ont la même formation, ou déformation, que leurs anciens condisciples engagés en politique. "La conséquence de tout cela, c’est que les économistes qui ont leur rond de serviette dans les médias, notamment publics, sont presque tous des keynésiens de gauche, comme Thomas Piketty, Thomas Porcher ou Gabriel Zucman", se désole Alexis Karklins-Marchay qui déplore une "anesthésie de l’opinion publique". Il n’est pas le seul à être sur cette ligne. Lors de la REF, Nicolas Dufourcq, président de BPIFrance, avait exhorté les dirigeants d’entreprise à prendre d’assaut les médias. Si l’on en juge par la composition des plateaux d’émissions liées à l’économie et à la politique, il n’a pas encore fait d’émules…

Lucas Jakubowicz: https://www.decideurs-magazine.com/politique-societe/62277-degradation-de-la-note-fitch-la-classe-politique-incapable-ou-impuissante.html

 


 

 

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