janvier 01, 2026

Dossier Iran: Histoire et révolution

Iran !
Le pays en pleine révolution en cours
 
Alors que des manifestations d’ampleur ont lieu en Iran depuis deux jours contre le régime des mollahs, aucune chaîne d’information, à l’exception de CNews, n’a évoqué cette actualité majeure depuis ce matin.
 
Le soulèvement iranien est un cauchemar pour la gauche occidentale.
Pas de Gaza, pas de victimisation rentable, pas de voile à défendre, juste un peuple qui veut la liberté.
Alors on détourne le regard, on étouffe, on se tait.
La vérité dérange plus que les mollahs.
La foule scande pour le retour de Pahlavi et contre les proxys de Khamenei
« Ceci est notre dernière bataille, Pahlavi va rentrer « ainsi que « ni Gaza, Ni Liban, je ne donne ma vie que pour l’Iran » 
 

 
Vous ne pouvez pas parler de ce qu’il se passe en Iran et vouloir cacher les slogans ! Le peuple iranien ne cesse de scander pour la chute du régime et le retour du Prince Reza Pahlavi.
 
Les étudiants de l'université Khajeh Nasir de Téhéran se joignent aux manifestations nationales, manifestant leur solidarité avec les citoyens qui réclament la justice économique et la fin de la répression. Ce qui est intéressant avec les manifestations, notamment celles des étudiants, dans tout l'Iran, c'est qu'il s'agit des premières manifestations au monde depuis deux ans et trois mois où les étudiants protestent CONTRE les terroristes et leurs soutiens, ainsi que pour leur propre liberté, plutôt que de protester POUR les terroristes comme on l'a vu faire à des millions d'étudiants attardés et à faible QI partout en Occident.
 
" UN COMMANDANT DE LA SÉCURITÉ IRANIEN ÉLIMINÉ

 
Selon des informations en provenance d'Iran, Mohammad Kowsari, commandant du renseignement et des opérations de l'unité de sécurité Imam Hassan à Kermanshah, a été éliminé.
Kowsari était impliqué dans des activités de renseignement, des arrestations et la répression de manifestations dans l'ouest de l'Iran, notamment dans les régions kurdes.
Cet incident survient dans un contexte de troubles sociaux à travers le pays, de grèves dans les bazars et d'escalade des manifestations
Les confirmations indépendantes restent limitées. La situation évolue."
Mossad
 
Le Lion rugit au cœur de la grande Perse !
Soutien indéfectible aux combattant de la liberté, aux défenseurs de la Lumière, aux porteurs de l’Humanité !
En France, la meute des chacals, complices des régimes de terreur, prosternés devant l’islamisme, ennemis des libertés humaines, se terre dans le silence comme un aveu : celui de la trahison suprême, de l’éternelle hypocrisie, de l’irrémissible abandon des Lumières.
Honneur aux résistants !
 
 
 
Iran Libre ?
Il y a une heure, 80 % des grandes villes iraniennes ont été annexées par notamment les étudiants et une grande partie de la population, les femmes ont été dit-on des lionnes...farouches opposantes aux mollah.
 

Le peuple iranien a pris le contrôle de la base des Gardiens de la révolution à Asadabad.
Qu'en sera t-il en plus haut lieu ?
Une économie en chute libre -40% Trump comme Israël auront été les précurseurs de cette paupérisation, des manifestations qui s'ensuivent...
Qu'en sera t-il aussi des groupes terroristes que l'Iran rançonnait ?
A suivre, le chemin de la liberté est parfois long !
 

Les villes tombées:
📍 Tehran
📍 Hamadan
📍 Qeshm
📍 Karaj
📍 Malard
📍 Abbasabad
📍 Shiraz
📍 Kermanshah
📍 Kerman
📍 Isfahan
📍 Ahvaz
📍 Yazd
📍 Vanak
📍 Mashhad
📍 Arak
📍 Kuhdasht
📍 Zahedan
📍 Urmia
📍 Yasuj
📍 Rasht
📍 Khorramabad
Les dernières informations rapportent que les Gardiens de la révolution utilisent désormais des balles réelles contre les manifestants,bien que débordés
 
Iran, confronté à des troubles, notamment économique !
Dans le Figaro Magazine, entretien de Sa Majesté l'Impératrice d'Iran en exil, Farah Pahlavi, que nous avons réalisé il y a quelques semaines, avec mon co-auteur Jean-Marie Montali. 
 

 
 Photos: Alfred Yaghobzadeh.
 

 

Iran, dans le miroir de la révolution

1 janvier 2026

2026, année de la libération pour l’Iran ?
Malgré la répression, des manifestations d’une ampleur inédite depuis des décennies ébranlent le régime des mollah. Animées par la force du désespoir économique, elles évoquent une version inversée de la révolution de 1979.

Le fantôme de 1979*

Janvier 1979. À Neauphle-le-Château, dans les Yvelines, à une trentaine de kilomètres de Paris, un vieil homme en turban noir reçoit chaque jour des journalistes venus du monde entier. À ses côtés, quelques étudiants iraniens traduisent ses paroles et expédient ses cassettes vers Téhéran. Ce religieux austère, que l’on disait oublié dans son exil, s’appelle Rouhollah Moussavi Khomeini. Il sera bientôt le Guide suprême de la République islamique, la plus haute autorité politique et religieuse du pays. En quelques semaines, son exil français devient le centre d’une révolution. Depuis son salon meublé d’un simple tapis, Khomeini dicte la chute d’un empire.

À des milliers de kilomètres de là, l’Iran du Shah vacille. Après trente-sept ans de règne autoritaire, Mohammad Reza Pahlavi a fait de son pays le laboratoire d’une paradoxale modernité autoritaire. Le « Roi des Rois » voulait rivaliser avec l’Occident, vantant ses réformes agraires, sa volonté d’industrialiser le pays, de l’alphabétiser et d’être le chantre de l’émancipation des femmes.

Mais la Révolution blanche qu’il avait lancée en 1963 a tourné court. Les mollahs, dépossédés de leurs terres et de leur pouvoir sur les zones rurales, crient vengeance. Quant aux paysans, beaucoup ont rejoint les villes et se sont entassés à leurs périphéries. Malgré l’émergence d’une classe moyenne ayant accédé à un certain confort, les bazaris, la bourgeoisie commerçante traditionnelle, étouffent sous la corruption et les exactions de la SAVAK, la police politique et le service de renseignement du Shah. L’Iran s’est enrichi, mais la modernité de Mohammad Reza Pahlavi n’a profité qu’à une élite. Le reste du pays vit dans la peur et la ferveur religieuse, un mélange explosif, nourri par la naïveté des communistes qui embarquent les fanatiques dans leur quête de justice sociale avant d’être emprisonnés, exterminés ou contraints à l’exil.

C’est un an plus tôt que l’étincelle jaillit. Une rumeur publiée dans un quotidien pro-régime insulte Khomeini. Les manifestations s’enchaînent, la répression s’abat. Les « vendredis noirs » de septembre font des centaines de morts sur la place Jaleh de Téhéran. L’armée tire sur la foule, mais les cortèges grossissent. Dans les mosquées, les prêches enregistrés de Khomeini circulent sous le manteau. Depuis la banlieue parisienne, sa voix promet la justice et l’humiliation des puissants.

Le 1er février 1979, le vol Air France n° 472 atterrit à Téhéran. À bord, Khomeini, 76 ans, rentre au pays. Deux millions d’Iraniens l’attendent sur la route de Mehrabad. Le cortège s’avance lentement dans un vacarme de klaxons et de prières. Ce jour-là, la monarchie millénaire prend fin. Le Shah, réfugié au Caire, ne remettra plus jamais les pieds sur sa terre. Dans les semaines qui suivent, les commissariats brûlent, la SAVAK est dissoute, les officiers du Shah exécutés. La République islamique est proclamée le 1er avril 1979, scellant la fusion du pouvoir spirituel et temporel sous la velayat-e faqih — le gouvernement du jurisconsulte.

La révolution iranienne ne se contente pas de chasser un monarque. Elle entend renverser l’ordre mondial et lancer un défi direct à l’Occident. Le 4 novembre 1979, une foule de jeunes islamistes franchit les grilles de l’ambassade américaine de Téhéran. Ils se baptisent « Étudiants musulmans suiveurs de la ligne de l’Imam ». Ils manifestent contre l’arrivée aux États-Unis du Shah, accueilli par Washington pour y être soigné. Le symbole leur est insupportable. Celui qui est tenu pour le despote corrompu de la Perse occidentalisée trouve refuge chez l’ennemi de la révolution. En quelques heures, cinquante-deux diplomates et membres du personnel sont pris en otages. Le monde bascule dans une crise diplomatique qui va durer 444 jours. Khomeini adoube les preneurs d’otages, qualifie l’ambassade de « nid d’espions » et transforme la crise en acte fondateur du nouveau régime. L’humiliation infligée à Washington devient un sacrement national. Sur les murs de Téhéran, on peint la haine du « Grand Satan ». Dans les cours d’école, les enfants apprennent à chanter « Marg bar Âmrikâ » comme une prière. Les manifestations s’étendent dans tout le pays.

À Washington, le président Jimmy Carter tente de dialoguer. En vain. Les sanctions économiques s’abattent : gel de 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens, embargo commercial, rupture des relations diplomatiques. En avril 1980, l’opération Eagle Claw — la tentative de sauvetage des otages par une unité spéciale américaine — tourne au désastre. Huit GI’s meurent dans le désert iranien après une collision entre un avion de transport militaire C-130 et un hélicoptère. Les images font le tour du monde. Khomeini y voit un signe divin, triomphant : « Ils ont voulu porter atteinte à notre révolution avec cette opération ridicule. […] Que Carter sache que cette défaite est un nouveau scandale pour lui. […] C’est Dieu qui a fait échouer leur complot. Les sables du désert les ont arrêtés. »

Dans ce contexte, les Pasdaran, les Gardiens de la Révolution, prennent le contrôle des ports, des routes, des frontières et des télécommunications. Ils représentent l’armée idéologique de la République islamique, créée le 5 mai 1979 par décret de l’ayatollah Khomeini pour protéger la révolution contre ses ennemis intérieurs et extérieurs. Il ne s’agit pas d’une simple armée. C’est une structure parallèle aux forces régulières (Artesh), avec ses propres moyens terrestres, aériens, navals, la Force al-Qods pour les opérations extérieures et les Bassidj pour la répression interne. C’est par leur biais que le blocus va créer sa propre économie et opprimer la population sous le manteau d’un islamisme à la fois radical et hypocrite.

La libération des otages intervient le 20 janvier 1981, le jour même de l’investiture de Ronald Reagan. Le régime de Téhéran a attendu que Carter quitte la Maison-Blanche pour signer les Accords d’Alger, prévoyant la restitution des otages contre le déblocage partiel des avoirs iraniens gelés. Le message est clair — l’Amérique ne dicte plus le tempo. Mais le prix de cette victoire symbolique est immense. L’Iran se retrouve coupé de tout. Les sanctions financières s’étendent, les entreprises occidentales se retirent, les relations bancaires sont suspendues. Les exportations de pétrole s’effondrent. Les médicaments, les pièces détachées, les devises manquent. C’est la naissance du blocus iranien. Les cargaisons de pétrole brut s’entassent dans les ports du Golfe, sans acheteurs. En 1981, les revenus liés aux hydrocarbures chutent de plus de 70 %, passant d’environ 20 milliards de dollars à moins de 8 milliards. C’est un étranglement progressif, voulu par Washington pour épuiser la jeune République islamique. Dans ses sermons, Khomeini exhorte le peuple à l’autarcie, la khod-kafa’i. En surface, la rhétorique est celle du sacrifice. En profondeur, c’est la naissance d’une économie fondée sur les réseaux parallèles où le clergé bénit les trafics nécessaires à la survie de la révolution, dont ceux de drogues et d’armes…


Décembre 2025, la révolution inversée ?

Quarante-six ans après cette révolution à laquelle communistes et moudjahiddines du peuple (organisation islamo-marxiste) ont participé, avant d’être à leur tour victimes du régime, le pouvoir des mollahs vacille sous le poids de ses crimes et de son absence de réaction face à la terrible crise économique qui frappe le pays. Si les contestations ont été multiples et toujours réprimées dans le sang ces dernières années, comme celle née en 2022 après l’assassinat par la police des mœurs de la jeune Mahsa Amini, pour un voile mal porté, les manifestations qui secouent l’Iran en cette fin décembre semblent de nature à véritablement mettre le règne des ayatollahs en danger. Elles expriment une profonde colère accumulée contre un système corrompu, égoïste et brutal, qui a transformé un pays riche en ressources en enfer — le blocus n’y étant pas non plus étranger.

Tout est parti de la dégradation fulgurante de la situation économique. Une hyperinflation galopante, atteignant 48,6 % en octobre et 42,2 % en décembre 2025, a fait exploser les prix alimentaires et vu la monnaie locale, le rial, chuter à un niveau abyssal. Il faut désormais échanger plus de 1,4 million de rials pour obtenir 1 dollar. Les commerçants, premiers touchés, ont fermé boutique à Téhéran dès le 29 décembre, notamment dans le bazar, le poumon économique de la ville. La révolte s’étend rapidement. Après les bazaris, les étudiants sont maintenant dans la rue et affrontent les forces de l’ordre, tandis qu’Ispahan et Mashhad rejoignent le soulèvement, lui donnant de l’ampleur. Un mouvement qui rappelle une version inversée de la révolution de 1979, déjà largement fondée sur des motifs économiques. Reste à attendre encore la réaction, potentiellement décisive, des Kurdes, dont Mahsa Amini était originaire, déjà largement impliqués dans la révolte de 2022.

Un régime divisé et à bout de forces

Les divisions au sein du gouvernement éclatent maintenant au grand jour, révélant les failles d’un système autoritaire théocratique où le clergé chiite exerce un pouvoir absolu, incorporant des éléments démocratiques factices comme l’élection du président. Ce dernier, le « réformiste » — un mot dépourvu de toute réalité — Masoud Pezeshkian, élu en 2024, appelle à « écouter les revendications légitimes des manifestants », sans que la police ne l’entende.

Le président du Parlement, du même camp que le chef de l’État, évoque les « difficultés économiques » du peuple, trahissant une peur palpable au sommet. Mais ces voix « modérées » se heurtent à la surdité du Guide suprême, Ali Khamenei, terré dans son bunker, qui refuse tout compromis, préférant la répression via les Bassidj et les Pasdaran.

Pourtant, selon nos informations, nombre de réformistes, sentant le vent tourner, commencent à fuir le Titanic institutionnel et rejoignent, les uns l’opposition centriste, les autres la frange nationaliste des contestataires, les derniers, les tenants d’un retour à une monarchie constitutionnelle incarnée par le fils du Shah renversé en 1979, Reza Pahlavi.



 

Les manifestants profitent également d’un contexte favorable, marqué par les difficultés internes et externes rencontrées par les mollahs — retour de Trump à la Maison-Blanche, pressions sur le programme nucléaire, guerre contre Israël via ses proxies comme le Hezbollah, le Hamas ou les Houthis yéménites.

Les forces de l’opposition : vers une cause commune sous la bannière de Reza Pahlavi ?

Face à cette tyrannie agonisante, l’opposition iranienne, longtemps fragmentée, sent poindre son heure. Ses courants divers — monarchistes, républicains, libéraux démocrates, activistes des droits des femmes, prisonniers politiques et familles de victimes — convergent vers une volonté de faire cause commune pour renverser la République islamique. Le débat sur la forme future du gouvernement — monarchie constitutionnelle ou république — est reporté à l’après-chute, priorisant l’unité contre l’ennemi commun.

Au centre de ces adversaires du pouvoir émerge effectivement la figure de Reza Pahlavi, dont le nom résonne dans les rues de Téhéran et au-delà. Il incarne un visage rassembleur, à même d’orchestrer une transition démocratique. En exil depuis 1979, il appelle à la désobéissance civile massive, invitant les forces de sécurité à rejoindre le peuple contre un régime « incompétent et criminel ». 

Soutenu par des prisonniers politiques, des personnalités publiques et une diaspora active, il dépasse les clivages, prônant une démocratie laïque, les droits humains, la défense des minorités et l’intégrité territoriale. Lors d’une récente conférence de presse, il a exhorté les manifestants à rester unis pour « mettre fin au régime des ayatollahs », appelant tous les segments de la société — commerçants, étudiants, militaires — à se joindre au mouvement.

Des rassemblements comme celui de Munich, en juillet 2025, où il a réuni des dissidents pour un « moment historique », illustrent cette unification. Encore néanmoins relative, tant il existe de dissensions historiques entre les différents courants. Pahlavi sera-t-il reconnu comme leader pouvant incarner la phase de transition vers un gouvernement provisoire et des élections libres ? La question demeure. Mais des activistes pro-républicains, autrefois opposés, le soutiennent désormais.

La jeunesse technophile : l’arme secrète de la résistance iranienne

Dans cette bataille pour la liberté, la particularité de la résistance iranienne réside dans sa jeunesse, dans un pays dont la population ne dépasse pas 32 ans de moyenne d’âge. Très éduquée, hyperconnectée et farouchement technophile, comme Les Électrons libres, elle amplifie le mouvement avec une ingéniosité qui défie la censure du régime. Habituée à contourner les barrières numériques imposées par les mollahs (via des applications cryptées comme Signal et Telegram, ou des VPN pour masquer les IP), cette jeunesse coordonne des manifestations éclairs, courtes et précises, permettant de fuir avant l’arrivée des Bassidj ou de la police, tout en assurant une synchronisation nationale. Grâce à elle, les mêmes slogans, les mêmes actions se déploient simultanément à Téhéran, Ispahan ou Mashhad.

Ce lien technologique tisse aussi un pont solide avec la diaspora iranienne, malgré les récits antagonistes propagés par le régime pour semer la discorde. Les deux mondes restent connectés, alimentant des dossiers explosifs (comme ceux sur la contrebande d’or par la Force al-Qods), produits par des binationaux enquêteurs. Parfois, ces connexions infiltrent même le cœur du régime, où certains acteurs, contraints par la nécessité de nourrir leur famille, ne soutiennent pas les mollahs par conviction mais par volonté de survivre.

Une clé de cette opposition réside aussi dans des réseaux de hackers, qui contrecarrent les cyberopérations du régime menées par des agents entraînés par la Russie, experte en ingérence étrangère. Face à un réseau internet bas débit maîtrisé par le gouvernement, les résistants iraniens ont obtenu le repositionnement de satellites occidentaux pour accéder à un haut débit, facilitant la coordination des mouvements. Des rassemblements comme le « Free Iran Rally » à Paris en février 2025, ou les « Assises de la jeunesse iranienne », en octobre, soulignent comment cette génération insurgée, assoiffée de liberté, entretient le flambeau de la résistance.

En cette fin 2025, l’Iran arrive à un carrefour historique de son chemin. La puissance de la contestation, aidée par des circonstances plus favorables que jamais, permettra-t-elle à ce grand pays, vieux de 2 500 ans, de retrouver sa splendeur et son rôle de guide de la civilisation moyen-orientale ? Nous l’ignorons, mais nous l’espérons.

* La première partie de cet article est librement inspirée du chapitre XV du livre de l’auteur de l’article, La drogue au pouvoir, à paraître aux Éditions du Cerf, début 2026.

Benjamin Sire 

https://lel.media/iran-dans-le-miroir-de-la-revolution/

Article fascinant du New York Times de 1979 sur l'ayatollah Khomeini, qui est apparemment :

(1) un homme honnête, 

(2) entouré de modérés soucieux des droits de l'homme, 

(3) un homme qui laissera ses ennemis intérieurs (juifs, athées, gauchistes) libres de s'exprimer, et 

(4) dans l'ensemble un phare d'espoir pour l'avenir de la région.
 

Iran

L’Iran (persan : ايران), historiquement appelé la Perse, en forme longue la République islamique d'Iran, est un pays d'Asie de l'Ouest. Il est bordé au nord par la mer Caspienne, au sud par le golfe Persique et le golfe d'Oman. Il partage des frontières avec l'Afghanistan, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, l'Irak, le Pakistan, le Turkménistan et la Turquie. Sa capitale est Téhéran, située dans le nord du pays. 

Liens externes

 

Iran et le business transgenre: Liberté - Mutilation ou peine de mort !

L'islamo-fascisme - islamo-gauchisme - Islamisme - wahhabisme - salafiste - chiite - sunnite

 

« C’est un massacre à huis clos » : en Iran, le régime des mollahs multiplie les pendaisons

Le régime iranien intensifie sa répression depuis la guerre des Douze-Jours, et les condamnations à mort sont en nette augmentation. → https://l.lefigaro.fr/85dw
 

« C’est un massacre à huis clos dans les prisons iraniennes », ose un activiste iranien, qui préfère taire son nom. À Téhéran, où il habite, rares sont les habitants, pris dans la tourmente de la crise actuelle, qui mesurent la gravité de l’augmentation vertigineuse des condamnations à mort. Pourtant, les chiffres sont sans appel : selon le tout nouveau rapport de l’organisation indépendante HRANA, 1 922 exécutions ont été recensées du 1er janvier au 20 décembre 2025 contre 975 en 2024 et 853 en 2023. Ce bilan, qui confirme les tendances relevées par d’autres instituts indépendants (l’ONG Iran Human Rights fait état d’au moins 1 500 victimes sur la même période et Amnesty International recense plus de 1 000 victimes entre janvier et septembre) est particulièrement alarmant : il est, selon les experts, le symptôme d’un pays qui a fait de la peine de mort un « outil de répression politique » .

 



Iran : la révolution "Femme, Vie, Liberté" peut-elle enfin faire tomber le régime ?, par Anne Rosencher

Moyen-Orient. L’Histoire ridiculisera ceux des militants dits progressistes qui ont rivalisé de pudeurs et de prudences sur cette révolution féministe inédite.

 
L’Histoire ridiculisera ceux des militants dits progressistes qui ont rivalisé de pudeurs et de prudences sur cette révolution féministe inédite.
 

 
 
On n’ose y croire. L’information fiable qui nous provient d’Iran est si rare ; il nous faut nous accrocher aux images charriées par les réseaux sociaux. On y voit, dans plusieurs villes, le courage prendre à nouveau comme un feu dans la pampa. Des cortèges. Des cris. Des chants. Et en face : des tirs. Des arrestations. Un homme, vêtu de sombre, se tient, assis à même le bitume, devant les motards du régime qui attendent, interdits, comme attendirent naguère les chars devant l’homme de Tian'anmen. Moment suspendu. Image à jamais gravée dans les rétines de l’Histoire. À Téhéran, à Chiraz, à Ispahan et dans bien d'autres villes encore… les étudiants ont rejoint, depuis le 29 décembre, les manifestations qui avaient débuté quelques jours avant. Et le monde libre retient son souffle : cette fois, est-ce la bonne ?

Voilà plus de trois ans que nous assistons à une révolution folle en Iran. Une révolution dont le caractère

 

 

 
 

Le Grand Entretien avec Faraj Alexandre Rifai – Iran : Quels scénarios possibles pour l’après-mollahs ?

Depuis plusieurs jours, l’Iran est traversé par une vague d’émeutes et de manifestations d’ampleur, sur fond de crise économique, de tensions sociales et d’essoufflement politique du régime. Au-delà de l’actualité immédiate, ces événements posent une question centrale : quelles seraient les conséquences d’un éventuel effondrement du pouvoir des mollahs — ou, à l’inverse, d’un échec du soulèvement — pour l’Iran et l’ensemble du Moyen-Orient ?

Pour éclairer ces scénarios et leurs implications régionales et internationales, Le Diplomate média s’entretient avec Faraj Alexandre Rifai auteur d’Un Syrien en Israël : à la rencontre de l’ennemi désigné

Faraj Alexandre Rifai est écrivain et essayiste franco-syrien, diplômé de l’ESSEC, fondateur de l’initiative Ashteret dédiée au dialogue interculturel et à la coexistence. Il publie tribunes et analyses sur son site et dans la presse internationale. Il est reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes francophones de la question syrienne et des dynamiques de coexistence liées à Israël.

Son blog : https://1001histoires.fr/

Propos recueillis par Angélique Bouchard 

Le Diplomate : En cas de chute du régime des mollahs, quels seraient selon vous les scénarios les plus plausibles pour l’Iran à court et moyen terme : transition contrôlée, effondrement chaotique ou reconfiguration autoritaire sous une autre forme ?

Faraj Alexandre Rifai : 

Ce que nous observons aujourd’hui constitue d’abord une confirmation, puis une amplification, de la révolte profonde de la société iranienne ; initiée par les femmes, mais désormais portée par des segments de plus en plus larges de la population. À très court terme, le mouvement gagne en structuration : les grandes métropoles sont progressivement isolées, tandis que les villes petites et moyennes basculent plus rapidement dans la contestation. Le régime peine à déployer ses forces répressives de manière homogène et commence à perdre le contrôle de certains territoires. Le fait qu’il tente désormais de requalifier la crise en simple problème de « vie chère » et promette des réformes économiques est en soi un aveu de fragilité politique.

Si le régime venait à tomber, le scénario le plus plausible me semble être celui d’une transition relativement maîtrisée, plutôt qu’un effondrement chaotique. La société iranienne – très majoritairement jeune, urbaine et politisée – rejette à la fois la théocratie et le chaos. Elle aspire clairement à un système démocratique, souverain et laïque. Contrairement à d’autres contextes régionaux, l’Iran dispose d’un fort capital étatique, administratif et culturel, qui limite le risque de désintégration totale.

Un élément nouveau mérite d’être souligné : la montée en visibilité et en légitimité d’une figure comme Reza Pahlavi. Son rôle n’est pas nécessairement celui d’un restaurateur de la monarchie d’avant 1979, en tout cas, il ne le dit pas, mais plutôt celui d’un repère symbolique et fédérateur, capable d’offrir un point de ralliement transpartisan à une opposition plurielle. Son implication plus assumée, ses appels directs à la mobilisation et son discours sur une transition inclusive marquent une évolution importante.

Un scénario de chaos total comme le laissent supposer les plus pessimistes me paraît donc moins probable, à condition que l’opposition parvienne à maintenir une cohésion minimale autour de principes communs : rejet de la théocratie, refus de la violence aveugle et volonté de reconstruction politique. Le véritable enjeu sera, après la probable chute du régime, c’est donc la capacité des forces post-islamistes à organiser l’après sans reproduire d’autres formes d’autoritarisme.

À l’inverse, si le soulèvement actuel échoue, le régime peut-il réellement revenir au statu quo, ou assistera-t-on à une radicalisation accrue du pouvoir et à une instabilité chronique durable ?

Non, un retour au statu quo d’avant les grandes vagues de contestation est désormais illusoire. Même si le soulèvement actuel devait échouer à court terme, le régime ne retrouverait pas pour autant la situation antérieure. La légitimité du pouvoir est profondément et durablement entamée, l’économie est exsangue, et la société iranienne est entrée dans une phase de polarisation irréversible.

Depuis au moins 2009, les Iraniens se soulèvent à intervalles réguliers. À chaque cycle, la contestation ne disparaît pas : elle revient plus large, plus déterminée et plus radicale dans ses slogans. Ce qui a changé aujourd’hui, c’est la nature même de la rupture. Les manifestants ne se contentent plus de dénoncer des politiques ou des conditions de vie ou la liberté ; ils visent directement le cœur du système, en scandant des slogans hostiles à Ali Khamenei et, fait inédit, en revendiquant ouvertement une alternative symbolique, notamment autour de Reza Pahlavi.

Dans ce contexte, même une répression « réussie » ne ferait que repousser l’échéance. Le régime pourrait survivre au prix d’une radicalisation accrue du pouvoir : surveillance renforcée, purges internes, fermeture politique et idéologique encore plus stricte. Mais cette stratégie de survie alimenterait une instabilité chronique. Les frustrations sociales, économiques et politiques s’accumuleraient et resurgiraient de manière cyclique, rendant le pays de plus en plus difficile à gouverner à moyen terme.

Il faut aussi souligner que la pression extérieure, même indirecte, joue un rôle. Les mises en garde répétées de figures comme Donald Trump, peuvent contribuer à fragiliser la posture du régime en appelant à son isolement. Cela ne suffit pas à provoquer une chute, mais cela accélère l’érosion. 

L’histoire montre que les régimes qui s’accrochent exclusivement par la coercition finissent rarement par se stabiliser durablement. Ils tiennent un temps, parfois longtemps, mais leur chute devient structurelle. En Iran, ce point de non-retour est en train d’être franchi : la question n’est plus de savoir si le régime tombera, mais quand et à quel coût pour la société iranienne.

Quel impact un affaiblissement — ou une chute — du régime iranien aurait-il sur ses principaux relais régionaux : les milices pro-iraniennes en Irak, le régime syrien, le Hezbollah libanais et les Houthis au Yémen ? Peut-on parler d’un possible effet domino ?

Oui, l’effet domino est non seulement probable, mais il est déjà en partie à l’œuvre, notamment depuis la chute du régime d’Assad et l’affaiblissement du Hezbollah. L’affaiblissement du régime iranien se traduit mécaniquement par une fragilisation de l’ensemble de son réseau régional. Ce système repose avant tout sur trois piliers fournis par Téhéran : le financement, l’armement et la coordination stratégique. Dès lors que ce centre de gravité vacille, tous les relais périphériques se retrouvent exposés.

Les conséquences seraient particulièrement lourdes pour le Hezbollah, dont la capacité militaire, la dissuasion face à Israël et l’emprise politique interne dépendent largement du soutien iranien. Les milices pro-iraniennes en Irak perdraient, elles aussi, une grande partie de leur cohérence et de leur capacité d’action sans un commandement régional structurant. Quant aux Houthis, leur capacité de projection stratégique — notamment en mer Rouge — serait difficilement soutenable sans l’appui logistique et technologique iranien. D’ailleurs, l’Arabie saoudite n’a pas tardé à tirer parti de la fragilité du régime des mollahs pour intensifier ses frappes contre les Houthis ces derniers jours.

Au-delà des aspects matériels, l’impact le plus déterminant serait psychologique et symbolique. L’Iran n’est pas seulement un bailleur de fonds : il est le parrain idéologique et politique de ce que Téhéran appelle « l’axe de la résistance ». Voir ce parrain affaibli, voire à terre, briserait un mythe fondateur : celui d’une puissance révolutionnaire capable de défier durablement l’ordre régional et occidental. Sans ce pivot central, ces mouvements perdraient à la fois leur boussole stratégique et leur sentiment d’impunité.

À terme, un Iran durablement affaibli ouvrirait la voie à une recomposition profonde du Moyen-Orient : moins idéologique, sans doute plus fragmentée, mais aussi potentiellement plus propice à de nouveaux équilibres régionaux et à des dynamiques de désescalade.

L’effet domino ne serait donc ni instantané ni mécanique, mais structurel. Il redessinerait les rapports de force sur plusieurs années, avec une conclusion centrale : sans l’Iran des mollahs comme moteur et coordinateur, l’« axe » qu’il a patiemment construit perdrait sa raison d’être. Par contre, un autre Iran libéré de ce régime islamiste serait un moteur pour un nouveau Moyen-Orient.

Israël observe ces événements avec une attention particulière. Quel rôle joue-t-il aujourd’hui, directement ou indirectement, dans cette séquence iranienne, et quels seraient ses intérêts stratégiques en cas de recomposition du pouvoir à Téhéran ?

Israël n’a pas attendu la séquence actuelle pour agir ou alerter. Il est, depuis des années, le seul à avoir constamment désigné la dangerosité stratégique du régime iranien, non seulement pour Israël, mais pour l’ensemble du Moyen-Orient. Cette lucidité s’est traduite par des actions concrètes : en Syrie, au Liban, contre les infrastructures iraniennes et leurs relais, bien avant la chute du régime d’Assad, et plus récemment encore à travers les frappes de juin 2025. Sans ces opérations, la capacité de nuisance régionale de Téhéran serait aujourd’hui bien moins entamée.

Il faut aussi souligner un phénomène nouveau et significatif : une partie croissante de la population iranienne perçoit ces actions israéliennes non plus uniquement à travers le prisme de la propagande officielle, mais comme un soutien indirect à leur combat pour la liberté. Ce renversement de perception, même s’il n’est pas majoritaire, est réel. Il marque une rupture idéologique profonde avec des décennies de discours imposé.

Les intérêts stratégiques d’Israël sont clairs et constants : voir émerger un Iran qui renonce définitivement au projet nucléaire militaire et à l’exportation de l’idéologie islamiste chiite, pour devenir un État normalisé, laïque et tourné vers la coopération régionale plutôt que la confrontation permanente. Dans cette perspective, une recomposition du pouvoir à Téhéran – si elle s’inscrivait dans un cadre démocratique et souverain – alignerait largement les intérêts iraniens et israéliens autour de la stabilité régionale.

Il n’est pas anodin que Donald Trump ait évoqué, de manière encore très prospective, l’idée d’une intégration future de l’Iran dans les Accords d’Abraham. Nous n’en sommes évidemment pas là. Mais cette hypothèse, même lointaine, illustre l’ampleur du changement de paradigme que représenterait un Iran post-islamiste : un Moyen-Orient fondé moins sur la confrontation que sur des intérêts partagés, la sécurité collective et la coopération économique.

À lire aussi : TRIBUNE – Soulèvement en Iran : Des faux récits pour étouffer une révolte bien réelle

Enfin, comment les grandes puissances — États-Unis, Russie et Chine — se préparent-elles à ces différents scénarios ? Assiste-t-on à une convergence d’intérêts face à une possible instabilité iranienne, ou à une compétition stratégique accrue autour de l’après-mollahs ?

Nous assistons clairement davantage à une compétition stratégique qu’à une convergence d’intérêts entre les grandes puissances. Les États-Unis, en particulier sous l’administration Donald Trump, semblent prêts à assumer une ligne plus ferme face au régime iranien, en soutenant – au moins politiquement – une dynamique de transition vers davantage de liberté, et en coordonnant étroitement leur approche avec Israël. Le fait que Donald Trump ait récemment mis en garde publiquement le régime des mollahs contre la violence exercée à l’encontre des manifestants envoie un signal politique clair. C’est, à mon sens, le minimum que devraient faire l’ensemble des responsables occidentaux.

À l’inverse, l’Europe reste marquée par une prudence excessive, parfois proche de l’inaction. Le silence de dirigeants comme Emmanuel Macron, pourtant prompt à exprimer des solidarités sélectives sur d’autres dossiers régionaux, affaiblit le message occidental et français. Si l’Europe et l’Occident se présentaient unis face au régime islamiste des mollahs – comme ils auraient dû le faire plus fermement face au Hamas – le peuple iranien se sentirait moins isolé, et le régime serait davantage fragilisé sur le plan politique et diplomatique.

De leur côté, la Russie et la Chine privilégient clairement la survie du régime actuel. Pour Moscou comme pour Pékin, l’Iran constitue un contrepoids utile à l’influence occidentale, un partenaire stratégique dans les domaines énergétique, sécuritaire et géopolitique, et un maillon d’un ordre international alternatif fondé sur la contestation de « l’hégémonie occidentale ». Une transition démocratique à Téhéran représenterait pour eux un risque stratégique majeur, mais si cela arrive, je parie qu’elles prendront le train en cours de route. 

Il n’y a pas forcément une convergence globale face à la situation iranienne. Chaque acteur se positionne en fonction de ses intérêts propres. L’Occident conserve toutefois une carte essentielle à jouer : celle d’un soutien politique clair, cohérent et assumé aux aspirations du peuple iranien, plutôt que d’une prudence paralysante qui finit, de fait, par servir le statu quo.

Faraj Alexandre Rifai

Faraj Alexandre Rifai est écrivain et essayiste franco-syrien, diplômé de l’ESSEC, fondateur de l’initiative Ashteret dédiée au dialogue interculturel et à la coexistence. Il publie tribunes et analyses sur son site et dans la presse internationale. Il est reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes francophones de la question syrienne et des dynamiques de coexistence liées à Israël.

Faraj Alexandre Rifai est écrivain et essayiste franco-syrien, diplômé de l’ESSEC, fondateur de l’initiative Ashteret dédiée au dialogue interculturel et à la coexistence. Il publie tribunes et analyses sur son site et dans la presse internationale. Il est reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes francophones de la question syrienne et des dynamiques de coexistence liées à Israël.

Son blog : https://1001histoires.fr/

Son dernier livre Un Syrien en Israël : à la rencontre de l’ennemi désigné, récit d’un itinéraire intellectuel où l’auteur, né en Syrie et devenu franco-syrien, revisite l’« ennemi » israélien et plaide pour une déconstruction des récits de haine.

https://lediplomate.media/grand-entretien-faraj-alexandre-rifai-iran-scenarios-possibles-apres-mollahs/ 

 


 

Iran — qui pour succéder aux mollahs ?

Le régime des mollahs vacille. En coulisses, l’enjeu se porte sur la succession du pouvoir, sous la pression des puissances étrangères. De Reza Pahlavi à la société civile en passant par les Kurdes, la bataille s’annonce féroce, et les scénarios d’une transition sous haute tension.

L’Iran, ce géant du Moyen-Orient aux ressources immenses et à l’histoire plurimillénaire, se trouve aujourd’hui à un carrefour de son histoire. Le régime des mollahs, en place depuis la révolution islamique de 1979, pourrait enfin être dissous sur l’autel de la violente recomposition géopolitique mondiale actuelle et du volontarisme américain. Affaibli par la récente guerre des 12 jours menée par Israël, marqué par des sanctions internationales écrasantes, une économie chancelante et des soulèvements populaires récurrents qui appellent à un changement radical, il s’attend à subir une intervention conjointe des États-Unis et de l’État hébreu, appuyée par d’autres nations occidentales, avec le soutien de la résistance intérieure. Se pose alors ardemment la question de la succession, et des courants et figures qui pourraient l’incarner.
Pour le moment, l’opposition iranienne, fragmentée et souvent exilée, n’a pas su unir ses forces. Une démarche à laquelle elle s’emploie désormais au pas de charge, tout en regardant avec un intérêt méfiant la volonté d’intervention américano-israélienne, dont l’exécution serait de nature à déterminer la plupart des scénarios de transition, pour le meilleur ou pour le pire. Dans ce panorama complexe, plusieurs courants émergent, chacun avec ses figures emblématiques, ses forces et ses faiblesses, influençant non seulement l’avenir interne de l’Iran, mais aussi les équilibres géopolitiques régionaux.

Les monarchistes : la nostalgie d’une ère prospère et laïque

Le courant monarchiste, ancré dans la nostalgie de l’ère Pahlavi, qui symbolise pour ses soutiens une modernité laïque, une prospérité économique et une puissance régionale, pourrait aspirer à restaurer une monarchie parlementaire. Ce mouvement met l’accent sur la stabilité, le nationalisme persan et une transition pacifique vers des élections libres. Il gagne du terrain parmi les classes moyennes urbaines et les exilés. Les manifestations actuelles, qui émaillent le pays de slogans comme « Reza Reza Pahlavi, ceci est notre slogan national » ou « Pahlavi reviendra », en témoignent, même si beaucoup se souviennent de la répression pratiquée par le régime du Shah après la « Révolution blanche » de 1963.
Reza Pahlavi, fils du dernier shah, Mohammad Reza Pahlavi, incarne cette tendance. Exilé aux États-Unis, il se positionne comme un leader de transition, promouvant une plateforme de coopération nationale qui aurait déjà attiré des dizaines de milliers d’officiers et de fonctionnaires du régime prêts à déserter. Ses interventions récentes, comme ses appels à « inonder les rues » pour prendre le contrôle jusqu’à la chute du régime, ou ses messages saluant les « vrais héros » des manifestations et honorant les martyrs, soulignent sa volonté de jouer un rôle central dans la transition. Il ne s’annonce pas directement en successeur des mollahs, mais comme facilitateur de la transition démocratique, souhaitant que le peuple se prononce sur la forme de régime qu’il veut voir adoptée. Cependant, au cas où la monarchie parlementaire se dégagerait, le rôle pourrait difficilement lui échapper.
Si les États-Unis orchestraient la chute du pouvoir, les chances de ce courant seraient élevées, car Washington, prudent après les échecs en Irak et en Afghanistan, l’envisage comme une option stable et pro-occidentale, évitant le chaos d’une révolution populaire incontrôlée, même si le format monarchique ne lui complaît pas forcément. En Iran, le poids réel des promoteurs de Pahlavi reste significatif, mais variable selon les régions, avec une base estimée entre 25 et 35 % selon certaines analyses, renforcée par les récentes manifestations où des drapeaux Lion et Soleil ont été brandis.
À l’international, ce courant pèse par son réseau d’exilés, particulièrement aux États-Unis et en Europe, où il bénéficie d’une visibilité médiatique croissante. Ses rapports avec les grandes puissances sont favorables. Reza Pahlavi s’est rapproché du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Selon le grand reporter franco-iranien Emmanuel Razavi, interviewé par Atlantico : « Il a d’ailleurs un projet d’“accords de Cyrus”, qui ont vocation à créer un pacte d’amitié et d’entente avec les voisins de l’Iran, et avec Israël. » Quant à l’administration Trump, elle a exprimé un soutien clair aux manifestants, que Pahlavi a salué comme un encouragement décisif pour restaurer les liens historiques Iran-Amérique. L’Arabie saoudite sunnite, elle, y voit un allié potentiel pour contenir l’influence chiite iranienne et, surtout, restaurer la quiétude du commerce régional perturbé par le contexte.

Les « réformistes » : des « collabos » en quête de porte de sortie

Le terme « réformiste » en Iran n’a pas beaucoup de sens. Il désigne des figures intégrées au système théocratique qui promettent de pseudo-ajustements sans remettre en cause les fondements du pouvoir, dont ils profitent, en plus d’être partie prenante dans le narcotrafic qui incrimine les mollahs et détermine leurs liens avec le Venezuela. L’illustration en a été donnée par l’élection de Masoud Pezechkian, ancien pasdaran, à la présidence de la République islamique. Présenté comme un modéré, son mandat n’a pas atténué la répression, ni influé sur la terrible crise économique qui frappe le pays. Ces réformistes, autrefois représentés par des présidents comme Mohammad Khatami ou Hassan Rouhani, se révèlent être des illusions, souvent disqualifiées par le Conseil des gardiens de la Révolution ou boycottées par la population. Les 41 % de participation à la dernière présidentielle en sont l’expression, le taux le plus bas enregistré depuis 1979, reflétant un rejet massif du système.
Certes, des figures comme Azar Mansouri, tête du Front réformiste d’Iran, ont accueilli favorablement les licenciements dans les forces de sécurité, mais leur influence reste limitée à des cercles élitistes cooptés par le régime. D’autres, tels que Mostafa Tajzadeh, conseiller de Pezechkian, critiquent ouvertement la corruption depuis l’intérieur, mais leur action est entravée par la surveillance et les arrestations.
En cas d’intervention sur le sol iranien, les chances de survie de ce courant seraient faibles, car Washington privilégie des options plus pro-occidentales. Mais il faut toujours se méfier avec Trump, comme en témoigne l’exemple vénézuélien. Même si les réformistes sont totalement compromis, une éventuelle volonté de ne pas trop changer le (dés)ordre établi dans le pays leur offre une chance de jouer un rôle.
Pourtant, au sein de la population, leur poids est marginal, et ils sont incapables de mobiliser les masses, qui les perçoivent comme des complices de l’enfer qu’elles vivent. À l’international, ils sont le reflet conspué de la pérennité d’un régime honni, même si certains, des États-Unis à l’Europe, les voient comme des interlocuteurs potentiels pour un dialogue. Méfiance.

La société civile : une mosaïque éclatée

Au sein d’un pays dont il ne faut pas ignorer la dimension tribale (Perses, Azéris, Kadjars, Kurdes, Lors, Baloutches, Arabes iraniens, Turkmènes, Qashqai, Gilaks, Mazandaranis, Talyches, etc.), la société civile iranienne forme un réseau dynamique et décentralisé d’activistes, d’intellectuels et de citoyens qui défient le régime par des protestations spontanées et des campagnes pour les droits humains, représentant l’espoir d’un changement organique au-delà des structures politiques traditionnelles. Au sein de cette mouvance, plusieurs courants se distinguent, notamment le féminisme, incarné par le mouvement « Femme, Vie, Liberté », né en 2014 — voire bien avant concernant ses prémices — mais revivifié en 2022 après l’assassinat de Mahsa Amini pour un voile islamique mal porté. Ensuite, les mouvements syndicaux, où ouvriers et enseignants organisent des grèves massives contre l’inflation et les salaires impayés, comme les fermetures de boutiques à Téhéran et Ispahan récemment.
En tête de ces dynamiques se dégagent les noms de Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, qui, depuis sa prison d’Evin, dénonce les exécutions et appelle à une convergence pluraliste pour un ordre post-islamique, mais aussi celui de Masih Alinejad, exilée aux États-Unis, parfois suspectée d’être trop proche des « réformistes », qui mobilise largement via les réseaux sociaux, ou encore Hamed Esmaeilion, porte-voix des familles des victimes du vol PS 752 abattu en 2020, et des cinéastes dissidents comme Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof, qui exposent la censure et la corruption à travers leurs œuvres.
Les chances de cette nébuleuse d’approcher le pouvoir restent assez minces en l’absence d’unité en son sein, et ce, même si son poids en interne est considérable parmi les classes éduquées, les jeunes, les étudiants et les travailleurs, formant le cœur des protestations actuelles.

Les Moudjahidines du peuple et le CNRI : l’opposition la plus connue en France, mais la plus controversée

Cette tendance islamo-marxiste, incarnée par l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien, représente la force d’opposition la plus structurée et la plus active à l’étranger. Fondée dans les années 1960, elle a participé à la révolution de 1979 avant de passer à la lutte armée contre les mollahs, subissant des exécutions massives dans les années 1980. Maryam Rajavi dirige ce courant depuis son exil en France, puis en Albanie. Elle multiplie les discours et les rassemblements, saluant les protestataires actuels comme une « armée de la liberté » et avertissant les forces de sécurité que « les tribunaux d’un Iran libre vous attendent ».
En réalité, ses chances d’accéder au pouvoir sont infimes. Beaucoup d’Iraniens ne lui pardonnent pas son rôle dans la révolution de 1979 et son alliance passée avec Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak, perçue comme une trahison nationale.
En Iran même, son influence reste très limitée à des réseaux clandestins et des unités de résistance, malgré les affirmations du régime qui en fait un ennemi déterminant. À l’international, les Moudjahidines pèsent grâce à un lobbying intense en Occident, mais c’est un leurre. Si Washington les a retirés de sa liste des organisations terroristes en 2012, leur passé les rend toxiques pour la plupart des acteurs concernés.

Les Kurdes : un miroir à deux faces

Parmi les forces ethniques susceptibles de jouer un rôle dans l’avenir post-mollahs, les Kurdes occupent une place particulière par leur implantation territoriale dans le nord-ouest de l’Iran et leur longue tradition de résistance armée face au centralisme théocratique de Téhéran. Ces mouvements mêlent revendications autonomistes, défense des droits culturels et aspirations démocratiques dans un contexte de répression intense, accentuée depuis les soulèvements de 2022. Souvent en exil ou dans des camps frontaliers en Irak, ils opèrent sous la menace permanente d’assassinats ciblés et de bombardements iraniens. Bien qu’ils partagent un rejet commun du régime, les divisions idéologiques et stratégiques entre factions d’obédience marxiste et nationaliste démocratique rendent leur unification difficile.
Le Parti démocratique du Kurdistan iranien (KDPI), fondé en 1945, est l’un des plus anciens et des plus établis parmi les mouvements kurdes d’opposition. Il incarne un rude courant nationaliste qui revendique une fédération iranienne accordant aux Kurdes une large autonomie culturelle, linguistique et politique, tout en ayant abandonné depuis les années 1990 la lutte armée comme moyen principal, au profit d’une stratégie diplomatique et d’un soutien aux protestations populaires intérieures. Dirigé depuis 2004 par Mustafa Hijri, le KDPI maintient des bases au Kurdistan irakien, où il dispose de forces peshmergas et d’un réseau clandestin actif en Iran.
Son influence reste significative dans les régions kurdes de Mahabad, Sanandaj ou Kermanshah, où il inspire grèves et manifestations, même si les attaques répétées du régime et les divisions internes limitent son rayonnement. À l’international, il bénéficie d’alliances avec d’autres partis kurdes régionaux et d’un lobbying en Europe pour obtenir des sanctions ciblées, mais il se montre très sceptique envers Israël, craignant d’être utilisé sans véritable engagement pour un changement de régime. Ses relations avec les grandes puissances sont pragmatiques. Il recherche le soutien diplomatique des États-Unis et de l’Europe, se méfie de la Turquie et de l’Arabie saoudite en raison de leur hostilité historique envers les Kurdes, tandis que la Chine et la Russie le considèrent comme un facteur de déstabilisation régionale, sachant qu’il a plusieurs fois exprimé son désir de voir émerger un Kurdistan unifié, au-delà de l’Iran.
L’autre grand mouvement kurde s’incarne dans le Komala, ou Organisation des travailleurs révolutionnaires du Kurdistan iranien. Fondé en 1969, il représente un courant d’inspiration marxiste-léniniste, centré sur la lutte armée et la révolution sociale contre le capitalisme théocratique. Il met l’accent sur l’égalité de classe, le respect de l’identité kurde et une transformation socialiste de l’Iran. Divisé depuis les années 2000 en plusieurs factions, dont le Komala Party of Iranian Kurdistan, dirigé par Abdullah Mohtadi, il conserve des camps en Irak et soutient activement les soulèvements nationaux, comme en témoigne son appel récent à transformer les grèves des commerçants et des ouvriers en insurrection généralisée contre le régime.
Il connaît depuis peu une modification profonde de ses structures, et sa direction commence à être dépassée par sa base, jeune, éduquée et bien moins attachée aux fondamentaux marxistes que ses aînés, en plus d’être très largement féminisée et d’affirmer son attachement à la nation iranienne, en plus de son appartenance kurde. Raison pour laquelle les puissances étrangères entretiennent avec lui un nouveau cycle de relations plus apaisé.
Mais ni le KDPI ni le Komala ne peuvent être envisagés comme des options nationales. L’enjeu les concernant consiste à voir leurs revendications d’autonomie s’éloigner d’une tentation de guerre civile — que le Komala rejette massivement — en les intégrant dans une potentielle fédération iranienne dans laquelle, comme pour d’autres tribus historiques, seraient respectées leurs particularités ethniques et leur attachement territorial, fondant une nation diverse mais soudée.
Restent enfin les nationalistes laïcs non monarchistes. Ils constituent un courant important, mais relativement discret, dans l’opposition au régime des mollahs. Ils s’inspirent souvent de l’héritage de Mohammad Mossadegh (Premier ministre du Shah, écarté par les Américains en 1953 après la nationalisation du pétrole de l’Anglo-Iranian Oil Company) et du Front national de l’Iran, la plus ancienne organisation pro-démocratique opérant encore en partie à l’intérieur du pays malgré une répression extrême. Ce groupe historique, fondé en 1949, regroupe des libéraux laïcs, des sociaux-démocrates et des nationalistes qui défendent une république démocratique, la séparation stricte entre religion et État et une identité iranienne centrée sur l’histoire préislamique et la souveraineté nationale. Mais leur poids réel en Iran reste limité par la surveillance et l’absence d’organisation de masse. Ils pèsent surtout parmi les intellectuels, les classes moyennes urbaines et les nostalgiques du nationalisme mossadeghiste.
Monarchistes, réformistes, nationalistes, Kurdes et mouvements issus de la société civile, chacun essaie aujourd’hui de se rapprocher de l’autre pour structurer une opposition de poids face à un régime des mollahs sous la menace de l’intervention militaire israélo-américaine qui se dessine. Lequel sera considéré, lequel tirera au mieux son épingle du jeu ? Surtout, face à un peuple iranien soucieux de déterminer seul son avenir, même s’il ne rejette pas un soutien étranger pour y parvenir, quelle sera la capacité d’une Amérique aux volontés hégémoniques de le laisser manœuvrer à sa guise sans provoquer le chaos ? Réponses bientôt.

Benjamin Sire


 

https://x.com/lel_media/status/2008407489033699699

 

 

 

 
Powered By Blogger