septembre 08, 2026

La vision de l'être selon les génies du bien comme du mal !

Sommaire:

A) - La différence entre la vision de l'homme selon Rand et celle de Mises ne pourrait être plus marquée.

B) - GÉNIES DU MAL

C) - Ayn Rand

D) - Ludwig von Mises

 


A) - La différence entre la vision de l'homme selon Rand et celle de Mises ne pourrait être plus marquée.

La différence entre la vision de l'homme selon Rand et celle de Mises ne pourrait être plus marquée. 

Rand écrit : 

 « Ce n'est que grâce à des principes que l'on peut se fixer des objectifs à long terme et évaluer les alternatives concrètes à tout moment donné. Seuls les principes permettent à l'homme de planifier son avenir et de le réaliser. » 

Comparons avec Mises : 

« L'incertitude de l'avenir est l'une des caractéristiques fondamentales de la condition humaine. Elle imprègne toutes les manifestations de la vie et de l'action. » 

 Cela semble sévère, n'est-ce pas ?  

Mais il ne fait que commencer. 

« L'homme est à la merci de forces et de puissances qui le dépassent. Il agit pour éviter autant que possible ce qui, selon lui, lui nuira. Mais, au mieux, il ne peut réussir que dans une marge étroite. Et il ne peut jamais savoir à l'avance dans quelle mesure son action atteindra le but recherché... » 

La situation s'aggrave : 

« L'ingénierie technologique n'élimine pas la part d'aléa de l'existence humaine ; elle en restreint simplement un peu le champ. Il subsiste toujours une sphère qui, pour la connaissance limitée de l'homme, apparaît comme relevant du pur hasard et fait de la vie un pari. L'homme et ses œuvres sont toujours exposés aux répercussions d'événements imprévus et incontrôlables. Il ne peut que compter sur la chance pour ne pas en être frappé. Même les esprits les plus simples ne peuvent manquer de réaliser que leur bien-être dépend, en fin de compte, de forces qui échappent à la sagesse, à la connaissance, à la prévision et à la prévoyance humaines. Face à ces forces, toute planification humaine est vaine. » 

Ainsi, pour Rand, les principes guident l'homme dans sa planification à long terme en vue d'atteindre des objectifs futurs. Pour Mises, des forces extérieures rendent toute planification vaine. 

Leonard Peikoff résume assez bien la position objectiviste sur cette question : 

 « Bien que les accidents et les échecs soient possibles, ils ne constituent pas, selon l'objectivisme, l'essence de la vie humaine. Au contraire, la réalisation de valeurs est la norme — si l'on parle ici de l'homme moral, moral selon la définition objectiviste. Le succès et le bonheur sont ce à quoi l'on peut s'attendre sur le plan métaphysique. En d'autres termes, l'objectivisme rejette l'idée selon laquelle l'épanouissement humain serait impossible, l'homme voué à la misère et l'univers malveillant. Nous défendons le postulat d'un "univers bienveillant". » --- 

Je me suis montré sévère à l'égard de Mises ces derniers temps. On pourrait se demander pourquoi j'agis ainsi alors qu'il était, dans l'ensemble, partisan du libre marché. 


 Voici mes raisons :
 

1. C'était un penseur de premier plan qui, non content de promouvoir un système économique particulier, en a également exposé les fondements philosophiques. En tant que figure majeure de l'École autrichienne — ayant aussi influencé le courant néoclassique par l'intermédiaire de Lionel Robbins —, il est essentiel de comprendre ses travaux. 

2. Mises fonde sa théorie économique sur ses prémisses philosophiques. Je ne pense pas que l'on puisse pleinement saisir la première sans avoir d'abord assimilé les secondes. 

3. De nombreux partisans du capitalisme considèrent Mises comme la référence en matière d'économie rationnelle (c'était le cas même pour Ayn Rand, bien que je soupçonne qu'elle n'ait pas étudié son système en profondeur). Si sa pensée économique repose sur sa philosophie, il est fort peu probable que sa théorie économique soit solide alors que sa philosophie serait erronée. Je ne dis pas que c'est impossible, mais c'est très improbable. 

 4. Certains déplorent l'état actuel du Mises Institute, estimant qu'il ternit la réputation de l'homme dont il porte le nom. J'examine cette question en partant de l'hypothèse que le Mises Institute constitue le prolongement logique de la pensée de Mises. 

5. Sa théorie économique est erronée. Le libre marché doit reposer sur une théorie économique solide. Certes, l'argument éthique joue un rôle prépondérant sur le plan culturel et sociétal, mais la mise en œuvre de politiques économiques nécessite une véritable théorie économique. C'est cette base que je compte fournir.

The Enlightened Examiner 

@MrExaminer

 


 

B) - GÉNIES DU MAL

Ceux-ci sont les responsables intellectuels de la décadence de l'Occident, pour les 3 raisons suivantes : 

1. Ils ont inoculé en Occident la tendance à haïr son propre succès. Ils ont transformé le libre-échange, la propriété privée et la liberté d'expression, qui furent les fondements de la prospérité de notre hémisphère, en nos propres ennemis, en utilisant des concepts fantasques comme l'aliénation, l'exploitation ou la plus-value. 

 2. Ils ont transformé la culture en cheval de Troie. Ils ont compris qu'il fallait occuper les idées, les universités, l'art, le langage, la morale et l'éducation. Ils n'avaient pas besoin de brûler les bâtiments, il suffisait de convaincre la population que ressentir de la honte pour son héritage était le signe du progrès. 

3. Ils ont promis une société parfaitement égalitaire pour justifier les pires atrocités. En transformant l'utopie en objectif prioritaire, n'importe quel moyen pouvait être présenté comme nécessaire : exproprier, censurer, persécuter, emprisonner ou éliminer ont cessé d'être un crime pour devenir une nécessité historique. Cela nous rappelle que lorsque le paradis est une excuse, le bourreau trouve toujours une justification. 

Avec ces 3 pointes de lance, ils ont obtenu 3 choses : mettre l'Occident en échec, retarder le progrès, au moins, de plus d'un siècle, et capturer l'appareil étatique pour leur propre usage et plaisir. 

Mais enfin, le moment est venu de nous libérer, le grand Mouvement libéral est en train de renaître à nouveau dans toute la planète. Nous ne pouvons pas nous relâcher, continuez à faire pression. 

Diego Angulo 

@AmoaHamlet 

 

 


C) - Ayn Rand

Ayn Rand, née Alissa Zinovievna Rosenbaum[1] le 2 février 1905 et morte le 6 mars 1982, est une philosophe et romancière américaine (juive russe émigrée), connue pour sa philosophie : l'objectivisme. Sa principale œuvre est La Grève - Atlas Shrugged en version originale - (1957), un roman qui met en scène des entrepreneurs en butte à l'étatisme d'une société socialiste pré-totalitaire

Biographie d'Ayn Rand

Ayn Rand naît à Saint-Pétersbourg en 1905 dans une famille juive agnostique de trois enfants dont elle est l'aînée. Elle s'intéresse très jeune à la littérature et au cinéma, écrivant dès l'âge de 7 ans des romans ou des scénarios. Elle nourrit son imagination des romans de Sir Walter Scott ou d'Alexandre Dumas et s'enthousiasme pour le courant romantique. En particulier, elle découvre à 13 ans celui qui deviendra son auteur favori et qu'elle considérait comme le plus grand romancier : Victor Hugo. L'arrivée au pouvoir des bolchéviks, en 1917, contraint sa famille à la fuite en Crimée, jusqu'à ce que celle-ci soit envahie par les révolutionnaires en 1921. Elle brûle alors son journal intime qui contenait des passages anticommunistes.

Elle entame des études d'histoire et de philosophie à l'université de Petrograd (Saint-Pétersbourg) et y découvre les œuvres de Rostand, Schiller et Dostoïevski. Elle en sort diplômée le 13 octobre 1924. Elle continue à écrire et entre à l'Institut d'État des arts cinématographiques en 1924. À la fin de 1925, on lui accorde un visa pour rendre visite à des proches, habitant aux États-Unis.

Elle arrive à New York en février 1926. Ses premières impressions devant les gratte-ciel la marquent profondément et inspireront les descriptions de La Source vive. Elle choisit de ne pas retourner en Union soviétique et part pour Hollywood où elle devient scénariste. C'est alors qu'elle change son nom en Ayn Rand, en référence selon elle à la transcription en cyrillique du nom de sa famille.

Elle fait des petits boulots puis, grâce à une rencontre fortuite avec Cecil B. DeMille, obtient un emploi dans un de ses films. Elle y rencontre Frank O'Connor, jeune acteur qu'elle épouse le 15 avril 1929. Elle est naturalisée américaine en 1931.

Son premier succès littéraire est la vente de son scénario Red Pawn en 1932 à Universal Studios. Elle écrit en 1934 la pièce de théâtre Night of January 16th qui est produite à Broadway. La pièce était un procès dont le jury, choisi parmi les spectateurs, pouvait choisir la fin.

En 1936, elle publie Nous, les vivants (We the living) sur la cruauté de la vie sous le régime communiste russe puis, en 1938, Anthem, qui décrit une société dans laquelle le collectivisme a triomphé. Anthem ne fut accepté par aucun éditeur aux États-Unis et We the Living ne rencontra pas un grand succès. Stephen Cox, de l'Objectivist Center, considère que cela est dû à l’époque : We the Living « fut publié quand la popularité du socialisme russe était au plus haut parmi les faiseurs d'opinions américains »[2].

Son premier grand succès arrive avec la publication de La Source vive, en 1943, après sept années d'écriture. Refusé par douze éditeurs, il est finalement accepté par la maison d'édition Bobbs-Merrill. Le livre devient un succès planétaire, adapté en France en 1949 au cinéma sous le titre Le Rebelle. Le livre s'est vendu depuis à plus de 6 millions d'exemplaires et il s'en vend encore 100 000 par an[3].

En 1957 est publiée sa principale œuvre, Atlas Shrugged, un roman qui met en scène des entrepreneurs en butte à l'étatisme d'une société socialiste pré-totalitaire. Le tirage initial est de 100 000 exemplaires et le livre devient rapidement un best-seller mondial. Selon une étude de 1991 de la Bibliothèque du Congrès américain, le livre est cité par les Américains comme le livre qui les a le plus influencés après la Bible[4]. Sa description de la crise et des actions des gouvernants qui l'empirent trouve une résonance toute particulière aujourd'hui, comme le reflète les ventes de l'ouvrage[5].

En 1950, elle crée un groupe qui prend le nom, par provocation, Le collectif avec Alan Greenspan, futur président de la Fed et Nathanael Blumenthal (qui deviendra Nathaniel Branden)[6]. Le cercle d'amis prend un rôle plus important, aidant Ayn Rand à diffuser ses idées (l'objectivisme) à travers le Nathaniel Branden Institute. Il éditera bientôt un périodique, The Objectivist.

Ayn Rand enseigna dans de nombreuses universités à partir de 1960, année où elle débute à l'université de Yale, à l'université de Princeton et à la Columbia University. Elle enseigna également à Harvard et au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Sa santé se détériore au début des années 1970, elle est opérée en 1974 pour un cancer du poumon. La fin de la relation avec Branden signe la fin du NBI et certains amis objectivistes s'éloignent d'elle. Ses activités au sein du mouvement objectiviste se raréfient à la fin des années 1970, situation amplifiée par la mort de son époux, l'acteur Frank O'Connor, le 9 novembre 1979. L'un de ses derniers projets était une adaptation télévisée d'Atlas Shrugged ainsi qu'un roman, To Lorne Dieterling, dont elle n'a laissé que des brouillons préparatoires.

Elle meurt d'une insuffisance cardiaque le 6 mars 1982, chez elle, à New York. De nombreux compagnons objectivistes se rendent à son enterrement dont Alan Greenspan et David Kelley qui y lira If de Rudyard Kipling.

Les personnages de ses romans sont devenus des références dans la culture américaine, comme John Galt, Dagny Taggart ou Kira Argonouva, interprétées au cinéma par Gary Cooper pour le premier, Angelina Jolie pour la seconde et Alida Valli pour la troisième.

Idées

Ayn Rand rejette l'étiquette libertarienne[7]. Sa philosophie repose sur une commande ou un ordre que l'être humain doit s'imposer à lui-même : se surpasser durant toute sa vie. L'idéal n'est pas de se comparer aux autres mais de vivre le potentiel qui réside en chacun de nous. Il s'agit de se stimuler par l'émulation et non par la concurrence compétitive.

L'influence de Ayn Rand

La seule influence que reconnaît Ayn Rand en philosophie est celle d'Aristote ; pour le reste, elle affirme avoir construit sa philosophie par sa seule réflexion. Bien qu'elle s'en défende, sa philosophie a beaucoup de points communs avec celle de Friedrich Nietzsche, notamment l'individualisme, un certain élitisme, le refus d'une morale d'esclave et la recherche de valeurs qui dépassent le nihilisme (l'absence de valeurs) et le ressentiment (valeur des faibles). Cependant, bien que les personnages de ses romans puissent évoquer l'Übermensch nietzschéen, Rand estime que l'homme n'est pas quelque chose à dépasser, mais à réaliser pleinement, et que le but de la vie n'est pas la volonté de puissance mais la recherche du bonheur sur une base rationnelle (voire rationaliste, ce que Nietzsche n'aurait pas forcément approuvé).

Elle a influencé un certain nombre de disciplines et d'auteurs :

Sur le plan politique, Ayn Rand était déçue à la fois par l'attitude intellectuelle de la droite et de la gauche. Lors d'une conférence à Boston en 1961, elle déplorait le fait que les socialistes (libérals aux États-Unis) et les conservateurs étaient en faillite idéologique, avec trop de socialistes se tournant avec sympathie vers un État au pouvoir illimité et trop de conservateurs remontant intellectuellement au Moyen Âge. Elle cherchait à s’adresser aux socialistes non totalitaires et aux conservateurs non traditionalistes. Son message qui résonne encore dans la tête de nombreux libéraux (au sens européen) est celui d'un combat moral sans compromis pour un idéal moral qu'elle pensait depuis longtemps abandonné des deux côtés du champ politique. Cela signifie que la vie, la liberté, la propriété et la recherche du bonheur sont des droits de l'individu. Chaque être humain dispose d'un droit moral de suivre son propre jugement raisonné en parcourant sa vie dans le monde et en essayant d'atteindre son bonheur.

Dans sa philosophie du féminisme, Ayn Rand y intègre la maternité et le rôle de la mère dans l'éducation d'un enfant. Elle part du principe que l'éducation d'un enfant est une entreprise personnelle et immense. Par conséquent, une femme doit avoir la liberté du choix d'avoir des enfants et quand elle veut en avoir. Elle refuse aussi d'assimiler un embryon à un être humain, un potentiel d'être humain à un réel être humain. Par conséquent, elle critique la position de l'Église relative à l'interruption de grossesse, car c'est abandonner la raison et la science. Aucun gouvernement, aucun État ne doit avoir le pouvoir de dicter à une femme ce qu'elle doit faire en de telles circonstances, il s'agit de sa vie et elle seule doit prendre sa décision en toute raison et en totale indépendance.

L'objectivisme : un réalisme épistémologique

Ayn Rand a dénommé sa philosophie « objectivisme », parce que celle-ci est basée sur la prémisse que la réalité est un objectif absolu. Chacun d'entre nous a l'obligation de percevoir et de comprendre la réalité afin de survivre. Et la qualité ultime est la capacité de raisonner.

Plus précisément, en suivant la présentation faite par Alain Laurent[11], l'objectivisme accorde à la réalité une priorité lexicale, c'est un fondement objectif sur lequel cette philosophie s'appuie. La pensée de Rand s'articule autour de quatre temps, comme elle l'a elle-même explicitement exprimé. [12]

  • une métaphysique : la réalité existe en tant qu'absolu objectif
  • une épistémologie : la raison est le seul moyen qu'a l'homme de percevoir la réalité, sa seule source de connaissance, son seul guide pour l'action et son moyen basique de survie
  • une éthique : l'homme est une fin pour lui-même, et non un moyen pour les autres
  • une politique : le système politico-économique idéal est le capitalisme de laissez-faire.

Une métaphysique fondée sur la réalité objective

La réalité existe indépendamment de la conscience de celui qui perçoit. Elle est intangible et dans un contexte donné, une seule réponse est vraie. La vérité n'est pas automatiquement donnée à la conscience. Ce métaphysiquement donné est donc une ontologie, et plus exactement encore, une onto-téléologie impliquant une causalité omniprésente, où tout n'est qu'effet de causes finales découlant de la nature des entités considérées. La liberté de l'homme est l'expression d'une causalité descendante, non déterministe, lui permettant d'accomplir les fins assignées par sa nature.

Une épistémologie centrée sur la raison

Comment l'homme découvre-t-il la nature du réel ? C'est par la raison, par la connaissance humaine - qui repose sur un travail fondamental de conceptualisation - que l'on saisit l'exacte nature de la réalité. Ces concepts axiomatiques sont les gardiens de l'esprit humain et le fondement de la raison. Ils s'expriment sous la forme d'une redondance : l'existence existe ; A est A ; la conscience est consciente. Le moteur de ce travail de conceptualisation, c'est la raison. La méthode qu'emploie la raison dans ce processus est la logique, et la logique est l'art d'identifier les contradictions. La raison est la perception du réel et repose sur un seul axiome : la loi de l'identité (ce qui existe existe, et ne peut pas ne pas exister simultanément).

Une éthique de l'intérêt particulier rationnel

L'éthique d'Ayn Rand est basée sur ce que Robert Nozick appelle l'argument randien : l'homme doit, pour se maintenir en vie, agir autrement que ne font tous les autres êtres vivants. Il a besoin de valeurs, non automatiquement données, de type conceptuel et en adéquation avec la réalité du contexte où il vit. Ces valeurs ne peuvent provenir que de sa conscience. Un code d'un genre inédit sur Terre lui est nécessaire : un code de valeurs pour guider les choix et actions. L'éthique objectiviste considère la vie de l'homme comme le fondement de toute valeur, et sa propre vie comme le but éthique de chaque individu. C'est donc pour chacun sa vie personnelle et la conservation de soi en vie, la survie selon la raison, qui constituent la valeur ultime. Avec une précision toutefois : l'enjeu n'est pas tant de survivre à tout prix au sens purement biologique, mais en être humain bien décidé à vivre en accord profond avec ses valeurs rationnelles[13]. N'est moralement justifié et donc juste que le bénéfice de ce qu'un individu produit par ses propres efforts rationnels.

Une politique qui promeut le capitalisme de laissez-faire

Il ressort des développements précédents une réaffirmation par Rand des droits humains fondamentaux (le droit à sa propre vie, le droit de propriété, la propriété de soi, la nécessité d'une liberté individuelle de décision et d'action, la non-initiation de la force envers les autres). La tâche du gouvernement est de faire respecter ces droits, en prévenant l'initiation de la force, et en la punissant le cas échéant. Il se limite donc à la police, à l'armée, à la justice. Rand s'oppose vertement aux conceptions intégralement privatisées de la société, qui laisseraient libre cours à des interprétations subjectives et arbitraires de la justice. Il en découle, pour elle, que le seul régime économique en adéquation avec ces fondamentaux, c'est le capitalisme de laissez-faire, car il est fondé sur la séparation de l'État et de l'économique, de la même façon et pour les mêmes raisons que la séparation de l'État et de l'Église[14]".

La psycho-épistémologie

Ayn Rand a défini la psycho-épistémologie comme « l'étude des processus cognitifs humains vus à partir de l'interaction entre l'esprit conscient et les fonctions automatiques de l'inconscient ». Harry Binswanger a repris ces observations sur le rôle du subconscient dans la réflexion et sur les opérations spécifiques par lesquelles chaque individu peut « programmer » son subconscient. L'esprit conscient est le gestionnaire du subconscient, remplissant et récupérant les données d'information, ce qui est et ce qui n'est pas directement volontaire. Cette approche permet d'appréhender une nouvelle théorie de la créativité.

La théorie du libre arbitre

Selon la théorie du libre-arbitre, l'individu contrôle fondamentalement sa propre vie, il se forge son propre caractère, et il est moralement responsable de ses propres actions. Ayn Rand avance une théorie originale du libre arbitre où la volonté est contrainte par un seul choix fondamental : penser ou de ne pas penser. Car l'individu peut faire de véritables choix qui sont entièrement de son fait et qu'il peut générer sans qu'on les lui impose. Le libre arbitre refuse une conception de l'être fondamentalement passif, qui réagirait aux facteurs en dehors de son contrôle.

Le théorie du libre-arbitre explique l'importance vitale de la compréhension de soi-même et de la nature humaine en général. Ayn Rand fait valoir que la volition du contrôle de son propre esprit est un axiome qui doit être considéré comme implicitement vrai, même si des auteurs comme Karl Marx, Sigmund Freud ou Burrhus Frederic Skinner ont tenté de le nier.

Ayn Rand et l'humour

Pour Ayn Rand, l'humour est avant tout destructeur : c'est une négation de l'importance métaphysique de la chose dont on rit. Pour elle, « il est monstrueux de rire de ce qui est bien, de rire des héros ou des valeurs, et par-dessus tout de rire de soi-même. C'est le pire que vous puissiez faire, psychologiquement : cela revient à vous cracher vous-même au visage. »[15]

Fidèle à ce point de vue, Ayn Rand utilise l'humour pour montrer l'absurdité du collectivisme et des "bons sentiments" irrationnels. Voici quelques exemples de passages humoristiques (d'un humour parfois involontaire) tirés de La Grève :

« Dagny, elle, ignorait tout de la nécessité d'entretenir des relations avec Washington et n'en mesurait pas les implications. Mais cela paraissait bel et bien une nécessité, et elle classa la chose, se disant qu'il existait quantité de boulots repoussants, mais nécessaires, comme de nettoyer les égouts. Quelqu'un devait s'en charger, et Jim semblait aimer ça. »

« Quel mérite y a-t-il à donner un emploi à quelqu'un qui le mérite ? En donner à ceux qui ne le méritent pas, ça, c'est du mérite ! »

« Si tu tiens vraiment à faire oublier que tu sors des quartiers pauvres, tu devrais être un peu plus sensible aux principes de l'action sociale. Les pauvres ont rarement la fibre humanitaire. Il faut être né riche pour comprendre les subtilités de l'altruisme. »

« La centralisation détruit ce fléau qu'est le monopole. »

« — [Un article de loi] dit que tous les salaires, prix, rémunérations, dividendes, bénéfices et ainsi de suite seront gelés à la date d'entrée en application du décret. Les impôts aussi ? — Ah non ! hurla Mouch. Comment savoir de quelles sommes nous aurons besoin à l'avenir ? »

« Le problème avec notre monde moderne, c'est que trop de gens pensent trop. [...] Il ne faut plus se fier à la raison, c'est dépassé. »

« Si le Rearden Metal ne vaut rien, c'est un danger public. S'il est bon... c'est un danger social. »

« Il se promenait avec un pistolet automatique dans une poche et une patte de lapin dans l'autre. »

« C'est le discours le plus pervers que j'aie jamais entendu ! Il va inciter les gens à exiger d'être heureux. »

« Si vous souhaitez une économie libérale, ordonnez aux gens d'être libres ! »

Citations

  • « Ma philosophie conçoit essentiellement l'Homme comme un être héroïque dont l'éthique de vie est la poursuite de son propre bonheur, la réalisation de soi son activité la plus noble, et la Raison son seul absolu. »
  • « Le bien, disent les mystiques de l’esprit, c’est Dieu, un être qui se définit uniquement par l’incapacité de l’homme à le concevoir ; une définition qui stérilise la conscience de l’homme et démolit ses concepts d’existence. Le bien, disent les mystiques du muscle, c’est la Société ; quelque chose qu’ils définissent comme un organisme sans forme physique, un super être qui ne s’incarne dans personne en particulier et dans tout le monde en général excepté vous. » - Atlas Shrugged
  • « La foi des mystiques n’a jamais abouti à rien d’autre qu’à la destruction, comme vous pouvez le constater autour de vous une fois de plus. Et si les ravages occasionnés par leurs actes ne les ont pas incités à s’interroger sur leurs doctrines, s’ils prétendent être animés par l’amour alors qu’ils empilent des montagnes de cadavres, c’est parce que la vérité de leurs intentions est encore pire que l’excuse obscène que vous leur trouvez, selon laquelle ces horreurs sont au service de nobles fins. La vérité est que ces horreurs sont leurs fins. » - Atlas Shrugged
  • « Vous proposez d’établir un ordre social fondé sur le principe suivant : que vous êtes incapables de diriger votre vie personnelle, mais capables de diriger celle des autres ; que vous êtes inaptes à vivre librement, mais aptes à devenir des législateurs tout puissants ; que vous êtes incapables de gagner votre vie en utilisant votre intelligence, mais capables de juger des hommes politiques et de les désigner à des postes où ils auront tout pouvoir sur des techniques dont vous ignorez tout, des sciences que vous n’avez jamais étudiées, des réalisations dont vous n’avez aucune idée, des industries gigantesques dans lesquelles, selon votre propre aveu, vous seriez incapables d’exercer les fonctions les plus modestes. » - Atlas Shrugged
  • « Je n'ai besoin ni de justification ni de sanction pour être ce que je suis. Je suis ma propre justification et ma propre sanction. » (I need no warrant for being, and no word of sanction upon my being. I am the warrant and the sanction.)
  • * La plus petite minorité sur Terre est l'individu. Ceux qui nient les droits individuels ne peuvent pas prétendre être des défenseurs des minorités. Les droits individuels ne peuvent pas être soumis au vote du public.
  • * Le terme "droits individuels" est redondant, il n'y a pas d'autres types de droit et personne d'autre ne les possèdent.

Citations sur Ayn Rand

  • Sa philosophie (car elle se voulait philosophe, un peu comme Sartre se voulait écrivain) a exercé et continue à exercer une influence considérable sur tous les courants de la droite américaine la plus musclée - du courant libertarien à l’anarcho-capitalisme en passant par les ultra-conservateurs du Tea Party - mais aussi auprès de nombreuses personnalités de premier plan du gouvernement républicain. (Stéphane Legrand, Ayn Rand, femme capital, 2017)
  • La vie est comme un roman d'Ayn Rand, sauf qu'elle est mieux écrite. (Nassim Nicholas Taleb, Twitter, 28/06/2015)
  • Nous avons eu un échange de vues très bref. Elle se gonfla de colère et s'en alla, en ayant juste le temps de me dire : « Vous êtes un homme de compromis ». (Friedrich Hayek, cité par Theodore J. Lowi, letter to New York Times, November 12, 2009)
  • De l'esquisse initiale fournie par Ayn Rand, une philosophie très riche et très puissante émerge — par exemple, elle résout des problèmes tels que la science versus le libre arbitre et la responsabilité morale, la connaissance par rapport à la faillibilité. Simplement parce que les idées de Rand ne sont pas nées dans le monde académique ou développées en détail par elle, on ne peut conclure qu'elles sont infondées. (Tibor Machan, lettre au New York Times, 3 août 1986)
  • Nous concluons notre analyse de la secte de Rand avec l'observation qu'elle constituait un exemple extrême de contradiction entre la croyance exotérique et la croyance ésotérique. Au nom de l'individualité, de la raison et de la liberté, la secte de Rand prêchait dans les faits quelque chose de totalement différent. La secte de Rand ne s'intéressait pas à l'individualité de chaque homme, mais seulement à l'individualité de Rand, pas à la saine raison de chacun, mais seulement à la raison de Rand. La seule individualité qui a pu s'épanouir au point d'effacer toutes les autres, était Ayn Rand elle-même ; tout le monde allait devenir un zéro soumis à l'esprit de Rand et à sa volonté. (Murray Rothbard, "The Sociology of the Ayn Rand Cult", 1972)

Publications

Pour une liste détaillée des œuvres d'Ayn Rand, voir Ayn Rand (bibliographie)

Notes et références

  • Il existe plusieurs hypothèses sur l'origine du surnom qu'elle a adopté. Il ne s'agirait pas de la marque de machine à écrire Remington-Rand, mais d'une contraction de son nom en cyrillique. Quant au prénom Ayn, Rand le disait d'origine finnoise, mais certains biographes le rattachent à l'hébreu עין (ayin, œil)

  • Anthem, an appreciation, Stephen Cox

  • (en)The Fountainhead sur le site du Cato Institute

  • (en)Le classement sur le site du New-York Times

  • "Atlas felt a sense of déjà vu", The Economist, 26 février 2009, [lire en ligne]

  • La relation amicale entre Branden et Ayn Rand devient amoureuse au fil des années, au vu et su de leurs conjoints respectifs. Leur histoire prend fin en 1968, après des séparations temporaires. Elle rompt définitivement avec Branden et sa femme, ne se réconciliant jamais avec cette dernière. Barbara Branden dans sa biographie célèbre, The Passion of Ayn Rand, sera d'ailleurs très critique sur la relation de la philosophe avec son époux.

  • I’ve read nothing by a Libertarian...that wasn’t my ideas badly mishandled—i.e., had the teeth pulled out of them—with no credit given. ("Ayn Rand's Q&A on Libertarians.". Retrieved on 2006-03-22 at the Ayn Rand Institute. stated in 1980)

  • Robert Mayhew est un professeur de philosophie à l'Université Seton Hall, reconnu pour ses contributions savantes et son expertise en philosophie antique, notamment celle d'Aristote. Son parcours académique et ses travaux littéraires l'ont établi comme une figure reconnue dans le discours philosophique.
    • . Formation académique et œuvres. La compétence académique de Robert Mayhew est évidente dans son rôle de professeur de philosophie. Ses travaux notables comprennent La Critique d'Aristote de La République de Platon et La Femme dans la Biologie d'Aristote : Raison ou Rationalisation. Ces publications mettent en lumière son engagement profond pour la pensée philosophique d'Aristote et sa capacité à explorer des aspects nuancés de la philosophie classique.
    • . Traduction et travaux éditoriaux. Au-delà de ses recherches, Robert Mayhew a contribué de manière significative à la diffusion de la littérature classique. Il a traduit la pièce d'Aristophane, L'Assemblée des femmes, soulignant son engagement à rendre les œuvres classiques accessibles à un public plus large. De plus, son travail éditorial sur des documents inédits d'Ayn Rand, tels que Les Marginalia d'Ayn Rand, L'Art de la non-fiction : un guide pour les écrivains et les lecteurs, et Questions et Réponses d'Ayn Rand, souligne son dévouement à préserver et présenter l'héritage intellectuel d'Ayn Rand.
    • . Recherches et projets achevés. Les recherches académiques de Robert Mayhew se poursuivent avec l'achèvement d'un livre axé sur le témoignage d'Ayn Rand devant le Comité des activités anti-américaines (HUAC). Ce projet témoigne de son intérêt à explorer et contextualiser l'engagement de Rand avec les questions socio-politiques de son époque. De plus, ses intérêts de recherche actuels s'étendent aux Lois de Platon, illustrant une large portée d'engagement avec des textes philosophiques classiques.

  • En l'an 2004, Scott McConnell occupait le poste de chercheur aux Archives Ayn Rand, où il jouait un rôle central dans la supervision du programme d'histoire orale et la gestion de divers projets de recherche russes liés à Ayn Rand. Son travail impliquait une plongée dans l'héritage historique et intellectuel riche d'Ayn Rand, la philosophe et romancière influente. En tant que responsable du programme d'histoire orale, Scott McConnell était chargé de recueillir et de préserver les témoignages directs de personnes ayant eu une connexion personnelle avec Ayn Rand, contribuant ainsi à une compréhension globale de sa vie et de ses idées. De plus, il a dirigé plusieurs projets de recherche axés sur l'impact de Ayn Rand et sa réception dans les cercles intellectuels russes. L'expertise de Scott McConnell s'étend au-delà du domaine archivistique, comme en témoigne son rôle de conférencier. Il partageait ses idées et connaissances sur la vie d'Ayn Rand lors de conférences non seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe et en Australie. Cette portée internationale souligne l'importance mondiale des idées et de l'héritage d'Ayn Rand. De plus, le parcours professionnel diversifié de Scott McConnell inclut des expériences à Hollywood en tant qu'analyste de scénarios, où il appliquait ses compétences analytiques pour évaluer les structures narratives et les éléments thématiques des scénarios. À Los Angeles, il a occupé le poste de directeur de la communication, mettant en évidence sa capacité à transmettre efficacement des idées complexes à des publics variés. Son incursion dans l'éducation l'a conduit en Australie, où il a travaillé en tant qu'enseignant de littérature et d'histoire, démontrant son engagement à transmettre des connaissances dans des environnements académiques divers. Les contributions de Scott McConnell s'étendent également au domaine du journalisme, avec la publication de ses articles dans diverses publications en Europe, aux États-Unis et en Australie. Cela indique sa capacité à interagir avec un large public et à diffuser des idées sur la vie et la philosophie d'Ayn Rand. Notamment, en 2004, il était également en train de préparer un livre intitulé 100 Voices: An Oral History of Ayn Rand, un projet promettant d'offrir une perspective nuancée et multifacette sur la vie d'Ayn Rand à travers les voix de ceux qui la connaissaient. Dans l'ensemble, Scott McConnell apparaît comme une personnalité polyvalente avec une riche expérience en recherche, éducation, communication et analyse littéraire, centrée autour de la figure influente d'Ayn Rand et de son impact durable sur le discours intellectuel.

  • Le parcours académique et professionnel de Richard E. Ralston se caractérise par une diversité d'expériences, marqué par son engagement envers l'éducation, le journalisme et la défense des droits.
    • . Formation académique et service militaire. Après avoir servi sept ans dans l'armée américaine, Richard E. Ralston a poursuivi ses intérêts académiques en obtenant une licence en histoire de l'université du Maryland. Cette base en histoire lui a fourni des perspectives précieuses sur les complexités des sociétés humaines et leur développement.
    • . Études approfondies en relations internationales. Richard Ralston a ensuite élargi ses horizons académiques en obtenant un master en relations internationales à l'université de la Californie du Sud. Ce diplôme avancé témoigne de sa compréhension des dynamiques mondiales, de la politique et de l'interconnexion des nations.
    • . Leadership dans le journalisme et l'édition. Le parcours professionnel de Ralston inclut des rôles importants dans le journalisme et l'édition. Il a été Directeur général de l'Ayn Rand Institute, une position qui impliquait probablement la supervision de divers aspects organisationnels et d'initiatives liées à la promotion de la philosophie d'Ayn Rand. De plus, il a occupé des postes clés tels que Directeur de la circulation et Directeur de l'édition au sein de The Christian Science Monitor, démontrant son expertise dans la gestion des médias et l'édition.
    • . Contributions éditoriales. En tant qu'éditeur, Ralston a joué un rôle central dans la conception de deux livres notables : Communism: Its Rise and Fall in the 20th Century et Why Businessmen Need Philosophy. Ces ouvrages suggèrent un vif intérêt pour l'exploration et la diffusion d'idées liées aux idéologies politiques et à l'intersection de la philosophie avec le monde des affaires.
    • . Plaidoyer pour la libre choix en médecine. Richard E. Ralston a occupé le poste de directeur exécutif d'Americans for Free Choice in Medicine. Ce rôle le place à l'avant-garde de la défense de l'importance du choix individuel et de la liberté dans le domaine de la santé, mettant en avant les principes d'une approche de marché libre pour les services médicaux.

  • Alain Laurent, Ayn Rand ou la passion de l'égoïsme rationnel, Les Belles Lettres, 2011

  • Los Angeles Times, 17 juin 1962.

  • Idée formulée très clairement par John Galt dans Atlas Shrugged : « un homme qui meurt en luttant pour sa liberté ne fait aucun sacrifice ; c'est juste qu'il n'est pas disposé à vivre en esclave ».

  • Objectivist Ethics et American Free Entreprise, 1959.

  • Ayn Rand Lexicon: Humor

    1. L'auteur l'adapta en scénario pour le cinéma : Le Rebelle, réalisé par King Vidor

    Annexes

    Littérature secondaire

    Voir les écrits qui ont été effectués en référence à Ayn Rand : Ayn Rand (Littérature secondaire)

    Articles connexes

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    D) - Ludwig von Mises

    Ludwig von Mises, né le 29 septembre 1881 Lemberg (aujourd'hui, Lviv en Ukraine) et mort le 10 octobre 1973 à New York, est le représentant le plus éminent de l'école autrichienne d'économie, dont il est considéré comme l'un des ténors. Cette école de pensée économique et philosophique défend le capitalisme et le libéralisme classique. D'autres économistes notables, comme Friedrich Hayek, Israel Kirzner ou Murray Rothbard ont clarifié, élargi et continué les enseignements de Mises.

    Biographie de Ludwig von Mises

    Né en Autriche-Hongrie, il obtient en 1906 son diplôme en droit canon (l'économie étant alors uniquement enseignée en faculté de Droit). À la même époque il participe au séminaire organisé par Eugen von Böhm-Bawerk. Puis il enseigne à l'université de Vienne de 1913 à 1934, tout étant conseiller économique du gouvernement autrichien. Il quitte l'Autriche en 1934 lors de la montée en puissance du nazisme ; il enseigne à l'université de New York de 1945 à 1969 (il obtient la nationalité américaine en 1946). Durant à peu près 20 ans Ludwig von Mises organise des séminaires, en plus de ses cours à l'université de New York. Les membres sont issus de l'université et de l'extérieur. Ils se réunissent tous les jeudis de 19 h 15 à 21 h 15. Parmi les participants les plus assidus, on trouve les 4 étudiants qui ont soutenu une thèse avec Ludwig von Mises : Israel Kirzner, Louis M. Spadaro, George Reisman et Hans Sennholz. Et on compte un grand nombre d'étudiants ayant fait une brillante carrière par la suite : Bettina Bien [Greaves], Paul Cantor, Percy L. Greaves, Henry Hazlitt, Joseph Keckeissen, George Koether, Toshio Murata, Sylvester Petro, Robert G. Anderson, Mary Homan Sennholz, Robert J. Smith, Richard L. Fruin[1], Edward Facey[2], Dwight D. Murphey[3] ainsi que d'autres plus anonymes[4].

    La pensée méthodologique et épistémologique de Ludwig von Mises

    La théorie économique de Ludwig von Mises a un fondement épistémologique réaliste et non pas positiviste. Partant de prémisses générales, elle procède d'une analyse praxéologique et thymologique de la nature humaine et du concept de l'action humaine qui en découle. L'individualisme méthodologique a un caractère de présupposé irréductible qui conduit à une solution scientifique.

    Ludwig von Mises poursuit la position de la plupart des économistes et des philosophes classiques qui l'ont précédé, mais il s'agit d'un individualisme méthodologique avec des particularités, différent d'un individualisme métaphysique. Pour lui, le monde s'analyse à partir de l'individu. C'est-à-dire que les éléments constitutifs de l'univers sont les individus. Cette position contraste avec le holisme méthodologique. Car les marchés, les États ou les institutions n'existent que parce que des individus les composent. Les entités holistiques mentionnées dans le discours ordinaire (ou scientifique) peuvent toutes être éliminées en faveur des individus et de leurs inter-relations. Les comportements intentionnels, en particulier dans les phénomènes économiques, sont explicables à partir des désirs et des finalités de chacun des agents. L'être humain dispose d'une capacité instinctive à aspirer à des objectifs ou à des fins supérieurs. C'est la même affirmation de dire que l'homme agit parce qu'il désire remplacer un état de satisfaction par un autre davantage satisfaisant. L'insatisfaction permanente est la signification même de l'action humaine.

    Dans la vision particulière de Ludwig von Mises, l'homme peut être défini comme un homo sapiens agens ou un homo agens sapiens. Les deux termes sont coextensifs. L'homme est tel qu'il agit de façon rationnelle et sa rationalité se manifeste dans sa manière d'agir. Ludwig von Mises ajoute donc à la définition classique des économistes de la structure des préférences individuelles, une explication de la nature humaine à agir. La théorie de l'action nommée praxéologie diffère de l'action psychologique en ce sens où cette dernière étudie les facteurs (psychologiques) qui produisent l'action ; tandis que la praxéologie étudie la structure de l'action, c'est-à-dire l'utilisation par l'être humain de moyens rares pour atteindre des objectifs supérieurs.

    Ludwig von Mises souligne le dualisme méthodologique par la différence entre science naturelle et science humaine. Dans le premier cas, il est possible de formuler des lois en raison de la constance des connexions entre les facteurs et les effets, ce qui n'est pas possible de prouver dans le second cas. Toutefois, Ludwig von Mises introduit même du scepticisme dans l'inductivisme pour justifier les lois de régularité dans les sciences naturelles et physiques. Car, précise-t-il, ce type d'expérience est toujours une expérience passée ou présente, il n'y a aucune expérience des phénomènes naturels du futur. Par conséquent, même les lois naturelles peuvent échouer. Il n'y a aucune raison logique pour affirmer leur vérité, seulement la croyance pragmatique que le futur restera comme le présent le prévoit.

    Ludwig von Mises a introduit le concept de la praxéologie en première place dans le champ scientifique des sciences sociales. La praxéologie étudie l'action humaine en tant que telle. L'économie est une branche de la praxéologie. En tant que partie de celle-ci, les lois économiques sont valables pour toute action humaine sans tenir compte des motifs, des causes ou des fins. L'objet de la praxéologie est d'étudier les moyens, et non les fins. La praxéologie est théorique, formelle et systématique. Sa portée vise à étudier l'action humaine indépendamment de la situation individuelle des actes.

    Les énoncés de la praxéologie ne découlent pas de l'expérience, ils sont a priori comme les énoncés de la logique et des mathématiques. Ils ne font pas l'objet d'une vérification ou d'une falsification fondée sur l'expérience. Les énoncés praxéologiques sont logiques et existent temporellement avant toute compréhension des faits historiques. Mais alors que l'histoire applique la procédure thymologique de la compréhension, le cognition praxéologique est conceptuelle. La praxéologie est la recherche de la connaissance des universaux et des catégories, qui détermine ce qui est nécessaire dans l'action humaine.

    Les énoncés a priori de la praxéologie sont vrais par auto-évidence. Ils s'appuient sur une capacité spéciale, une connaissance directe comme la Verstehen (compréhension), appelée traditionnellement intuition chez Aristote et l'introspection. La connaissance par auto-évidence a les caractéristiques suivantes : elle est complète, elle est nécessaire et elle est une disposition réelle dans chaque esprit humain. La première vérité auto-évidente est que l'individu est dirigé vers des fins.

    Critique de la macroéconomie traditionnelle, qui analyse des grandeurs statistiques, des agrégats et des moyennes, Mises souligne le rôle prépondérant de la subjectivité en économie. Il insiste sur l'importance des opinions subjectives des individus dans la formation des phénomènes sociaux, sur les déséquilibres qui en découlent, et sur le rôle central de l'entreprise.

    En accord avec la théorie de l'utilité marginale décroissante, il définit la valeur comme le degré d'importance attribué par un sujet à une quantité donnée d'un bien, dans les circonstances du moment.

    En 1912, il publie sa Théorie sur la monnaie et le crédit, l'une de ses principales contributions à la pensée économique qui installe sa réputation en Europe. Il met déjà en garde contre la manipulation catastrophique de la masse monétaire, qui a conduit par la suite au Krach de 1929. Il explique que la loi de l'offre et de la demande s'applique aussi au pouvoir d'achat d'une monnaie, et lui confère son « prix ». Il était soucieux de bien distinguer la monnaie de la quasi-monnaie (ou substitut à la monnaie)[5].

    En 1922, dans Socialisme, il prédit la chute du communisme, et explique pourquoi tout système de planification centrale est non seulement moins efficace que le libre-marché, mais doit nécessairement finir par s'écrouler. Selon Mises, le marché, non entravé par des interventions étatiques, produit un ordre spontané optimal qu'aucune organisation ou planification ne saurait atteindre. La « planification individuelle » est supérieure à toute planification collective.

    Son œuvre théorique vise à réfuter le collectivisme et l'étatisme sous toutes leurs formes, tant modérées comme le keynésianisme, qu'anti-libérales : socialisme, communisme ou nazisme (il remarque à ce propos que le premier gouvernement européen a avoir appliqué presque toutes les mesures économiques d'urgence prônées par le Manifeste du Parti communiste est celui de Hitler). Mises n'en est pas moins minarchiste.

    Mises est un partisan de l'étalon-or, parce qu'il soustrait la monnaie au contrôle de la politique et aux tendances inflationnistes de tous les gouvernements.

    Théorie de l'entrepreneur

    La théorie de l'entrepreneur ordinaire

    L'analyse misesienne de la fonction entrepreneuriale écarte les fins poursuivies par l'action et, au contraire, se focalise sur l'action elle-même, ce qui en constitue une science de moyens. En effet, dans la vision de Ludwig von Mises, toutes les actions sont entrepreneuriales. L'individu est un acteur qui choisit, en contexte de visualisation de l'avenir, parmi les différents moyens perçus et disponibles dans l'économie. Il agit donc afin de poursuivre ses propres préférences ordinales subjectives. Il y a donc un aspect entrepreneurial dans toutes les activités de chaque acteur du marché. L'action est donc entrepreneuriale. Elle se révèle d'être intrinsèque et inextricable à chaque individu. Selon Ludwig von Mises (1949), la vision du passé et du présent des entrepreneurs qui réussissent ressemble à celle des autres individus. Ce qui diffère, c'est leur compréhension anticipée spécifique ou leur perception de l'avenir. De ce point de vue, le succès entrepreneurial résulte de l'exercice d'un jugement supérieur aux autres personnes.

    L'action humaine introduit l'horizon temporel dans l'analyse car entre l'établissement de la stratégie d'action, sa réalisation et l'obtention des résultats souhaités, il y a une période de temps dans laquelle les individus font face à l'incertitude.

    Dans son essai, Profit and Loss (1951), Ludwig von Mises présente l'entrepreneuriat du point de vue de l'économie de marché. En particulier, il insiste sur les efforts constants des entrepreneurs pour améliorer le bien-être des consommateurs car ces derniers sont les souverains dans une économie de liberté. Par conséquent, les entrepreneurs doivent créer de la valeur pour les consommateurs s'ils souhaitent réussir. La concurrence entre les entrepreneurs ne donne pas un résultat à somme nulle, mais elle profite à tous les consommateurs. Dans les marchés non réglementés, les entrepreneurs sont constamment soumis aux souhaits des consommateurs. Il est par conséquent impossible aux entrepreneurs de réaliser des bénéfices sans servir les autres dans les conditions de délai où ils le souhaitent avec les produits qu'ils désirent et au prix qu'ils acceptent de payer. Grâce aux consommateurs et au système de pertes et de profits, les entrepreneurs tirent le meilleur parti des ressources rares de la société. Et, bien que les entrepreneurs effectuent de nombreuses tâches au sein de l'entreprise, leur prise de décision constitue leur caractéristique déterminante parmi les autres acteurs économiques pour contrôler les facteurs de production.

    Dans L'action humaine (1949) Ludwig von Mises souligne que l'entrepreneuriat ne coïncide pas nécessairement avec l'innovation ou l'invention, ce qui le distingue de la définition de Joseph Schumpeter sur l'entrepreneur innovant et perturbateur. Dans la vie quotidienne, il est courant de constater que la création de valeur implique souvent des choix banals des entrepreneurs sur la meilleure façon d'utiliser les ressources. Cette action n'est pas toujours héroïque ou particulièrement innovante comme le soutient Joseph Schumpeter. L'entrepreneur prend des décisions quasi quotidiennement dans des conditions très ordinaires. Même les entreprises qui ne transforment pas le monde sont très précieuses. Cette vision de l'entrepreneur de Ludwig von Mises est une approche mesurée qui contribue grandement à démystifier l'entrepreneuriat héroïque. Il relativise toutefois la banalité de l'entrepreneur ordinaire en mettant en valeur les entrepreneurs promoteurs. Ceux-ci sont particulièrement avides de profit en adaptant la production aux changements attendus des conditions du marché. Ce sont eux qui ont le plus d'initiative, le plus d'esprit d'aventure et la vision la plus rapide des masses. Ce sont les pionniers de l'initiative et de la promotion de l'amélioration économique. L'entrepreneur misésien se distingue aussi de l'entrepreneur bureaucrate. Dans le débat sur le calcul économique dans les années 1930, Ludwig von Mises argumente que même si les planificateurs centraux (bureaucrates) disposaient des informations nécessaires, ils n'auraient pas les mêmes incitations que les entrepreneurs ordinaires à prendre des décisions économiques judicieuses, c'est-à-dire rentables.

    Le rôle central de l'entrepreneuriat dans la communication économique

    Lors de la discussion sur le calcul économique dans les années 1920, Ludwig von Mises rejetait la proposition socialiste de nommer des managers parmi des hommes d'État en les faisant passer pour des entrepreneurs. Cette stratégie échoue à générer une communication économique significative.

    Dans le débat économique entre les tenants de la tradition capitaliste, représentée notamment par Ludwig von Mises, et les partisans du socialisme, la question de la communication économique efficace occupe une place centrale. Avec sa planification centrale et l'abolition de la propriété privée, le socialisme relègue les entrepreneurs à un rôle secondaire dans la détermination des prix et les prises de décisions économiques. Au lieu de cela, les socialistes proposent de nommer des managers d'État pour prétendre agir comme des entrepreneurs et prendre des décisions soi-disant entrepreneuriales.

    Cependant, les économistes défenseur de la liberté économique, à l'instar de Mises, soulèvent des objections fondamentales à cette proposition. En effet, les bureaucrates ne peuvent jamais véritablement remplacer les véritables entrepreneurs, car leur autorité découle du pouvoir politique et non de la responsabilité entrepreneuriale. Leur prise de décision reste déconnectée des réalités du marché, des signaux réels de rareté et de demande, et des besoins des consommateurs et des producteurs.

    De plus, les managers d'État sont incapables de générer une communication économique efficace en l'absence d'incitations concurrentielles et des mécanismes du marché. Les prix déclaratifs qu'ils pourraient fixer ou manipuler ne reflètent pas les véritables préférences et choix des acteurs économiques, et ne fournissent donc pas d'informations fiables pour orienter les décisions économiques.

    À l'opposé, une économie qui encourage et respecte l'entrepreneuriat actif permet aux véritables entrepreneurs de prendre des décisions éclairées basées sur les signaux réels du marché. Leurs actions sont guidées par des informations concrètes et des opportunités d'affaires, ce qui conduit à une communication économique significative. Les prix qui résultent de ces décisions entrepreneuriales reflètent fidèlement les préférences et les évaluations de la rareté relative.

    En conclusion, la proposition socialiste de nommer des managers d'État se faisant passer pour des entrepreneurs échoue à générer une communication économique efficace. Les véritables entrepreneurs, par leur prise de décisions fondées sur des incitations de profit et de perte, leur engagement dans l'activité entrepreneuriale réelle et leur adaptation au marché, sont les acteurs clés pour créer une communication économique significative dans une économie dynamique. Le respect de leur rôle central est essentiel pour permettre une allocation optimale des ressources, favoriser l'innovation et la prospérité économique.

    Citations

    • « L'impôt progressif est un mode exagéré d'expropriation ».
    • « À la base de toutes les doctrines totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d'un esprit plus élevé que leurs sujets, qu'ils savent donc mieux qu'eux ce qui leur est profitable. »
    • « Il n'y a aucun moyen de soutenir durablement un « boom » économique résultant d'une expansion du crédit. L'alternative est ou bien d'aboutir à une crise plus tôt par arrêt volontaire de l'expansion monétaire, ou bien plus tard par l'effondrement complet de la monnaie qui est en cause. »
    • « Croire en la démocratie implique que l'on croie d'abord à des choses plus hautes que la démocratie. »
    • « Si les membres du gouvernement se considèrent comme les représentants non plus des contribuables, mais des bénéficiaires de traitements, appointements, subventions, allocations et autres avantages tirés des ressources publiques, c'en est fait de la démocratie. »
    • « Les gens qui se battent pour la libre entreprise ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd'hui être riches. »
    • « Du fait de la destruction du système des prix, le paradoxe de la « planification » tient à ce qu'il est impossible d'y faire un plan, faute de calcul économique. Ce que l'on dénomme économie planifiée n'est pas une économie du tout. C'est tout juste un système de tâtonnements dans le noir. »
    • « Le marxisme et le national-socialisme ont en commun leur opposition au libéralisme et le rejet de l'ordre social et du régime capitaliste. Les deux visent un régime socialiste. »
    • « L'homme devient un être social non pas en sacrifiant ses propres intérêts à un Moloch mythique appelé Société, mais en cherchant à améliorer son propre bien-être. »
    • « La quantité de monnaie disponible dans l'économie est toujours suffisante pour permettre à chacun tout ce que la monnaie fait et peut faire. » (The quantity of money available in the whole economy is always sufficient to secure for everybody all that money does and can do)
    • « L'économie de marché n'a pas besoin d'apologistes ni de propagandistes. [...] Si vous cherchez son monument, regardez autour de vous. »
    • « La prédilection du libéralisme pour la paix n'est pas un sport de bienfaisance qui s'accommode fort bien de toute sorte de convictions. Elle répond à l'ensemble de sa théorie sociale où elle s'insère harmonieusement. [...] Le pacifisme libéral est un produit logique de la philosophie sociale du libéralisme. Lorsqu'il entend protéger la propriété et rejeter la guerre, ce sont là deux expressions d'un même principe. »
    • « Le marxisme a arbitrairement réduit à un tel point le concept "État", que l'État socialiste n'y pouvait être inclus. On ne doit appeler "États" que les États et les formes d'État qui déplaisent aux publicistes socialistes ; ils repoussent avec indignation pour leur État futur cette appellation ignominieuse et dégradante. L'État futur s'appellera : société. C'est ainsi qu'on a pu voir d'un côté la social-démocratie marxiste donner libre cours à ses fantaisies sur la "débâcle" de la machine étatique, sur "l'agonie de l'État", et de l'autre combattre avec acharnement toutes les tendances anarchiques, et poursuivre une politique qui mène en droite ligne à l'omnipotence de l'État. »

    Beaucoup d'autres citations classées par thèmes dans l'ouvrage The Quotable Mises édité par Mark Thornton (disponible gratuitement en ebook).

    Informations complémentaires

    Notes et références

  • Richard L. Fruin fut médecin et chirurgien dans les forces armées américaines.

  • Edward Crowell Facey, né le 6 octobre 1929 né à Buffalo, État de New York, décédé le 16 août 2016. Américain vétéran de l'armée, il a travaillé comme professeur à l'université de Hillsdale. Au début des années 1960, il fut le colocataire avec Robert J. Smith et chercheurs associés au Mises New York Université. Certains jeunes libertariens du monde entier leur rendaient visite dans leur appartement du West 72nd Street et Riverside Drive, dont Eduardo Helguera d'Argentine et Juan Manzano Taylor des Philippines. Les deux amis passèrent d'excellents moments enrichissants intellectuellement à la Foundation for Economic Education (FEE) où ils travaillaient durant la journée. Ils passaient des moments de détente, également, pour jouer au softball avec d'autres jeunes chercheurs comme Joanne Toedtman, se lançaient en chœur dans des chansons folkloriques avec Robert E. Gaskins, et échangeaient avec Murray Rothbard et son épouse Joey. Edward Facey assista également aux conférences sur l'objectivisme au Plaza Trader Vic's et au Top of the Sixes.

  • Dwight D. Murphey est un économiste et juriste américain libéral, né à Tucson, dans l'Arizona, le 14 juin 1934. Il est diplômé de l'Université du Colorado en 1954 où il a étudié le pré-droit en sciences politiques. Il a passé un an à étudier en tant qu'étudiant spécial sous l'aile de Ludwig von Mises à la Graduate School of Business de l'Université de New York entre 1956 et 1957. Puis, il est entré à la faculté de droit de l'Université de Denver. Après avoir obtenu son diplôme en 1959, il a passé huit ans à pratiquer le droit au Colorado, six ans à Denver et deux ans à Colorado Springs. En 1966, alors qu'il était à Colorado Springs, il s'est présenté comme juge de district, mais a perdu les élections. L'année suivante, il est devenu membre du corps professoral de l'université d'État de Wichita, enseignant le droit des affaires. En 2003, il a pris sa retraite de l'université après 36 ans d'enseignement. À la fin de sa carrière, dans son ouvrage auto-diffusé en 2009, Dwight Murphey s'inquiète de la transformation interne des sociétés libérales occidentales. Il s'est alors laissé captivé par deux vagues de transformation qui traversent actuellement notre monde : l'entrée de la Chine et de l'Inde dans l'économie de marché mondiale. Il s'inquiète de leur impact sur les salaires au niveau de chaque pays, et l'automatisation croissante du travail qui transforme également le processus de la production mondiale. Il observe que le premier phénomène a nettement amélioré le niveau de vie dans les sociétés nouvellement industrialisées. Mais, en même temps, il a exercé une énorme pression à la baisse sur les salaires dans le monde développé. Il ajoute que les premiers entrants chinois et indiens dans l'économie mondiale étaient des sociétés relativement petites. Ils n'étaient en concurrence directe qu'avec une petite partie relativement peu qualifiée du marché du travail du monde développé. Mais il constate amèrement que ce n'est plus le cas aujourd'hui.
    Publications
    • 2009, "A ‘Shared Market Economy’: A Classical Liberal Rethinks the Market System", Self Published

  • William Burdick, Paul Fair, Richard Guarnieri, Ronald Herz, Isidore Hodes, Robert H. Miller, Frank Dirson et Wayne Holdman

    1. Le Traveler chèque, par exemple, est une quasi-monnaie.

    Publications

    Pour une liste détaillée des œuvres de Ludwig Von Mises, voir Ludwig von Mises (bibliographie)

    Littérature secondaire

    Pour voir les publications qui ont un lien d'étude, d'analyse ou de recherche avec les travaux et la pensée de Ludwig Von Mises : Littérature secondaire sur Ludwig Von Mises

    Articles connexes

    Liens externes

    B0.jpg Discussions sur le forum
    L'action Humaine, Traité D'economie, Par L. von Mises, abrégé par G. Dréan (for)
    Bouquins de et sur Mises (for)
    "l' Action Humaine, Traité D'économie" De Mises, bouleversant (for)



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