Discours potentiellement historique du Secrétaire d'État américain, à Munich.
[...] l’Europe et l’Amérique ont triomphé (du communisme) Un continent a été reconstruit. Nos peuples ont prospéré. L’Est et l’Ouest ont été réunifiés. Une civilisation a de nouveau été rassemblée.
Ce mur infâme, qui avait coupé une nation en deux, est tombé — et avec lui un empire du mal. L’Est et l’Ouest ne faisaient plus qu’un.
Mais l’euphorie de cette victoire nous a conduits à une dangereuse illusion : celle d’être entrés dans « la fin de l’Histoire ». Celle de croire que chaque nation deviendrait une démocratie libérale. Que le commerce remplacerait à lui seul l’idée de nation. Que « l’ordre mondial fondé sur des règles » — une expression galvaudée — se substituerait à l’intérêt national. Que les frontières s’effaceraient et que chacun deviendrait citoyen du monde.
C’était une idée insensée. Elle ignorait la nature humaine et cinq mille ans d’histoire écrite. Et elle nous a coûté cher.
Nous avons adopté une vision dogmatique d’un libre-échange sans entraves, tandis que certaines nations protégeaient leurs économies et subventionnaient leurs entreprises afin de sous-coter systématiquement les nôtres. Nous avons fermé nos usines, désindustrialisé des pans entiers de nos sociétés, expédié à l’étranger des millions d’emplois de la classe moyenne et des classes populaires, et remis le contrôle de nos chaînes d’approvisionnement critiques à nos rivaux et à nos adversaires.
Nous avons, de plus en plus, confié notre souveraineté à des institutions internationales. Tandis que de nombreux pays investissaient dans des États-providence massifs au détriment de leur capacité à se défendre, d’autres se lançaient dans l’accélération de réarmement la plus rapide de toute l’histoire humaine, sans hésiter à recourir à la force pour poursuivre leurs intérêts.
Pour complaire à un culte climatique, nous avons imposé à nos propres sociétés des politiques énergétiques qui appauvrissent nos peuples, tandis que nos concurrents exploitent pétrole, charbon, gaz naturel — et tout le reste — non seulement pour faire tourner leurs économies, mais aussi comme levier contre les nôtres.
Et au nom d’un monde sans frontières, nous avons ouvert nos portes à une vague sans précédent de migration de masse, qui menace la cohésion de nos sociétés, la continuité de notre culture et l’avenir de nos peuples.
Nous avons commis ces erreurs ensemble. Et désormais, ensemble, nous devons faire face à ces faits et avancer, pour reconstruire.
Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis d’Amérique entreprendront à nouveau une œuvre de renouveau et de restauration, guidés par une vision d’avenir aussi fier, souverain et vital que le passé de notre civilisation. Et si nous sommes prêts, si nécessaire, à le faire seuls, nous préférons — et nous espérons — le faire avec vous, nos amis européens. Car les États-Unis et l’Europe vont ensemble.
L’Amérique a été fondée il y a 250 ans, mais ses racines commencent ici, sur ce continent, bien avant. Les hommes qui ont colonisé et bâti la nation où je suis né sont arrivés sur nos rivages en portant la mémoire, les traditions et la foi chrétienne de leurs ancêtres comme un héritage sacré — un lien indestructible entre l’Ancien Monde et le Nouveau.
Nous appartenons à une même civilisation : la civilisation occidentale. Nous sommes liés les uns aux autres par les liens les plus profonds que des nations puissent partager : forgés par des siècles d’histoire commune, de foi chrétienne, de culture, d’héritage, de langues, d’ascendance, et par les sacrifices consentis ensemble par nos pères pour cette civilisation commune dont nous avons hérité.
C’est pourquoi, nous, Américains, pouvons parfois paraître un peu directs et insistants dans nos conseils. C’est pourquoi le président Trump exige du sérieux et de la réciprocité de la part de nos amis européens.
Nous nous soucions de votre avenir comme du nôtre. Et si parfois nous divergeons, c’est parce que nous sommes profondément préoccupés par une Europe à laquelle nous sommes liés non seulement économiquement, non seulement militairement, mais aussi spirituellement et culturellement.
Nous voulons une Europe forte. Nous croyons que l’Europe doit survivre, car les deux grandes guerres du siècle dernier nous rappellent sans cesse que, finalement, notre destin est — et sera toujours — étroitement mêlé au vôtre. Nous savons que le sort de l’Europe ne sera jamais indifférent au nôtre.
La sécurité nationale, qui est au cœur de cette conférence, n’est pas seulement une série de questions techniques [....].
La question fondamentale, dès le départ, est celle-ci : que défendons-nous exactement ?
Les armées ne se battent pas pour des abstractions. Elles se battent pour un peuple. Elles se battent pour une nation. Elles se battent pour un mode de vie. Et c’est cela que nous défendons : une grande civilisation qui a toutes les raisons d’être fière de son histoire, confiante dans son avenir, et déterminée à demeurer maîtresse de son destin [....]
C’est ici que sont apparus l’État de droit, les universités et la révolution scientifique. C’est ce continent qui a produit le génie de Mozart et de Beethoven, de Dante et de Shakespeare, de Michel-Ange et de Léonard de Vinci, des Beatles et des Rolling Stones.[....]
Car c’est seulement en étant fiers de cette filiation commune que nous pouvons commencer ensemble le travail consistant à imaginer et façonner notre avenir économique et politique. [....]
Ensemble, nous pouvons réindustrialiser nos économies et reconstruire notre capacité à défendre nos peuples. Mais l’œuvre de cette nouvelle alliance ne doit pas seulement porter sur la coopération militaire ou la reconquête des industries du passé. Elle doit aussi porter sur l’avenir : faire progresser nos intérêts communs sur de nouveaux fronts, libérer notre ingéniosité, notre créativité et notre dynamisme afin de bâtir un nouveau siècle occidental. [....]
Ensemble, nous pouvons non seulement reprendre le contrôle de nos industries et de nos chaînes d’approvisionnement : nous pouvons aussi prospérer dans les domaines qui définiront le XXIe siècle.
Mais nous devons également reprendre le contrôle de nos frontières nationales — contrôler qui entre dans nos pays, et en quelle quantité. Ce n’est pas une expression de xénophobie. Ce n’est pas de la haine. C’est un acte fondamental de souveraineté nationale. Et ne pas le faire n’est pas seulement l’abandon d’un devoir essentiel envers nos peuples : c’est une menace urgente pour le tissu de nos sociétés et pour la survie même de notre civilisation.
Enfin, nous ne pouvons plus placer le prétendu ordre mondial au-dessus des intérêts vitaux de nos peuples et de nos nations.
Nous n’avons pas besoin d’abandonner le système de coopération internationale que nous avons créé. Nous n’avons pas besoin de démanteler les institutions de l’ancien ordre mondial que nous avons bâties ensemble. Mais elles doivent être réformées. Elles doivent être rebâties. [....]
Dans un monde idéal, tous ces problèmes et d’autres encore seraient résolus par des diplomates et des résolutions fermes. Mais nous ne vivons pas dans un monde idéal.
Et nous ne pouvons pas continuer à permettre à ceux qui menacent ouvertement nos citoyens et mettent en péril la stabilité mondiale de se protéger derrière des abstractions de droit international qu’ils violent eux-mêmes régulièrement.
C’est la voie sur laquelle le président Trump et les États-Unis se sont engagés. C’est la voie que nous vous demandons, ici en Europe, de rejoindre. C’est une voie que nous avons déjà empruntée ensemble — et nous espérons l’emprunter ensemble à nouveau.[....]
C’est pourquoi nous ne voulons pas d’alliés faibles, car cela nous affaiblit aussi.[....] C’est pourquoi nous ne voulons pas d’alliés enchaînés par la culpabilité et la honte. Nous voulons des alliés fiers de leur culture et de leur héritage, conscients que nous sommes les héritiers d’une même civilisation grande et noble, et prêts, avec nous, à la défendre.[.....]
Nous voulons une alliance qui ne soit pas paralysée par la peur : peur du climat, peur de la guerre, peur de la technologie. Nous voulons une alliance qui se précipite avec audace vers l’avenir. Et la seule peur qui devrait être la nôtre, c’est la honte de ne pas laisser à nos enfants des nations plus fières, plus fortes et plus prospères.
(Nous voulons) une alliance fondée sur la reconnaissance que ce que nous avons hérité ensemble est unique, distinctif, irremplaçable. Car c’est, au fond, le socle même du lien transatlantique.[.....]
Je suis ici aujourd’hui pour le dire clairement : l’Amérique trace la voie vers un nouveau siècle de prospérité. Et une fois encore, nous voulons le faire avec vous, nos chers alliés et nos plus vieux amis.
Avec une Europe fière de son héritage et de son histoire. Une Europe qui possède l’esprit de création et de liberté qui a envoyé des navires vers des mers inconnues et fait naître notre civilisation.
Avec une Europe qui a les moyens de se défendre et la volonté de survivre.
Nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli ensemble au siècle dernier. Mais maintenant, nous devons affronter et saisir les opportunités du nouveau siècle.
Car hier est terminé.
L’avenir est inévitable.
Et notre destin commun nous attend."
Nora Belk
UFR SHA - Poitiers
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