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août 25, 2026

Une Europe indépendante signifie que Washington ne fera plus la loi.

Une Europe indépendante signifie que Washington ne fera plus la loi.

Washington devra s’habituer à une politique internationale transformée, où il n’est plus le centre de l’univers.

L'OTAN continue de se préparer à un avenir sans les États-Unis, du moins sans eux en tant que membre dominant de l'alliance. « Les Européens compensent déjà ce que les États-Unis ne peuvent plus garantir », a expliqué le secrétaire général Mark Rutte. 

Les tenants de l'establishment américain en matière de politique étrangère craignent depuis longtemps de perdre de l'influence en conséquence. En effet, en éloignant l'Europe de l'Amérique, Donald Trump pourrait, sans le vouloir, favoriser l'émergence d'un contrepoids sérieux face à Washington. Comme l'a souligné Fareed Zakaria (CNN) : « À mesure que les dépenses européennes augmentent, le continent deviendra moins dépendant des États-Unis et moins enclin à leur témoigner de la déférence. »  

 Les décideurs américains, a-t-il ajouté, pourraient donc regretter de voir disparaître ce continent qui, autrefois, n'était qu'une zone militaire secondaire dirigée par des médiocres obséquieux, servant de base commode aux troupes américaines pour mener des opérations à travers le monde. 

 L'affirmation de l'Europe en tant que puissance indépendante transformera presque inévitablement la politique internationale. Et ce processus pourrait s'avérer douloureux. L'un des défis résidera dans la difficulté de coordonner les forces armées de plus d'une vingtaine de pays aux points de vue souvent divergents au sein de l'Union européenne. Un autre enjeu majeur est le retour de l'Allemagne au rang de puissance militaire significative. Par ailleurs, alors que les États européens évoquent de plus en plus la possibilité — voire, pire, la probabilité — d'une guerre avec la Russie, Moscou pourrait percevoir une menace croissante venant de l'Occident et intensifier ses préparatifs militaires en conséquence.

Toutefois, les avantages pour l’Amérique l’emporteront toujours largement sur les inconvénients. 

 La dépendance des Européens vis-à-vis de Washington a longtemps freiné leur coopération mutuelle. Par exemple, en 2020 — des années après que Moscou a arraché la Crimée à l’Ukraine et soutenu les séparatistes du Donbass —, le Pew Research Center a demandé aux Européens s’ils étaient favorables à la défense de leurs voisins. Dans l’ensemble, l’opinion était défavorable à cette idée, à hauteur de 50 % contre 38 %. Ce n’est que dans trois des treize pays sondés qu’une majorité de personnes préférait se battre pour ses alliés présumés plutôt que de rester à l’écart en cas de guerre. Dans deux autres pays, une majorité relative s’y opposait. Une majorité a répondu par la négative dans huit pays, atteignant 66 % en Grèce. Pourtant, la plupart des Européens continuaient de croire que l’Amérique interviendrait en leur faveur. 

Cette passivité encourage l’irresponsabilité ailleurs. L’année dernière, l’Union européenne a capitulé sur le plan économique en cédant au chantage commercial du président Donald Trump. Les décideurs et commentateurs européens ont affirmé n’avoir pas d’autre choix, de peur de devoir assurer seuls leur propre défense. Ainsi, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a fait remarquer : « Il ne s’agit pas seulement… de commerce : il est question de sécurité, d’Ukraine et de la volatilité géopolitique actuelle. » 

 Il s’agit aussi de faire des économies ; comme le demandait Janan Ganesh, chroniqueur au *Financial Times* : « Comment financer un continent mieux armé, si ce n’est en réduisant l’État-providence ? » Le souci de tels arbitrages l’emportait, du moins jusqu’à récemment, sur des concepts désuets tels que la souveraineté et le respect de soi. Ainsi, la soumission européenne a encouragé non seulement la politique étrangère irresponsable de l’administration américaine, mais aussi sa politique économique mercantiliste, moderne et destructrice. 

Si les Européens, et en particulier l’UE, ne peuvent plus compter sur le parapluie militaire de Washington, ils devront davantage œuvrer pour leur propre sécurité. Cela exercera sur eux une pression accrue pour limiter une réglementation sclérosante et libéraliser les contrôles existants. Ils auront également de bonnes raisons de rejeter les exigences américaines douteuses et coûteuses. Enfin, ils seront plus enclins à tenir tête directement aux administrations américaines lorsque le prochain George W. Bush ou Donald Trump décidera de provoquer une nouvelle catastrophe internationale. 

Un avantage tout aussi important serait de réduire la capacité de l’Amérique à s’ingérer dans les affaires du monde, surtout si cela aboutit, à terme, à un retrait militaire total des États-Unis du continent. La Russie ne serait plus perçue comme une menace existentielle probable, du moins à Washington, ce qui permettrait aux États-Unis de renoncer à la fois à leur engagement guerrier et à la structure de forces nécessaire pour y faire face. Les Américains pourraient alors affecter plus utilement ailleurs les ressources ainsi libérées. 

Ainsi, ce que certains considèrent comme un problème probable constituerait en réalité un avantage considérable. Certes, Washington risque de perdre une Europe docile, prête à soutenir ses ingérences politiques et à servir de base de départ à ses interventions militaires. Toutefois, ces politiques se sont, le plus souvent, soldées par des désastres. Même une puissance hégémonique dont la domination est, en principe, bienveillante, se doit de faire preuve de retenue.

Le problème, comme l’a souligné l’historien John Dalberg-Acton — plus connu sous le nom de Lord Acton — est que « le pouvoir tend à corrompre, et le pouvoir absolu corrompt absolument ». Cette maxime s’applique même aux personnes bien intentionnées qui détiennent un pouvoir écrasant et largement incontrôlé. Cela inclut les États-Unis, surtout lorsque la nation est dirigée par un narcissique au jugement politique lamentable. 

 Les erreurs de jugement de Washington durant la guerre froide sont légendaires. Le Vietnam fut la pire d’entre elles, mais loin d’être la seule. Avec le recul de soixante-treize ans, le soutien au coup d’État qui a conféré un pouvoir absolu à Mohammad Reza Pahlavi en Iran apparaît comme désastreux. Des décisions telles que le soutien au gouvernement islamiste pakistanais du général Muhammad Zia-ul-Haq, ou l’acheminement d’aide aux moudjahidines afghans via les régimes pakistanais ultérieurs — renforçant ainsi les insurgés les plus radicaux — semblent terribles à la lumière du 11 septembre et des événements qui ont suivi. 

Toutefois, ces erreurs peuvent être comprises, sinon excusées, au regard de la guerre froide et de la rivalité avec l’Union soviétique. Cette dernière était bien un « empire du mal », comme l’affirmait Ronald Reagan, même si elle n’était peut-être pas aussi agressive militairement qu’on le craignait à l’époque. On ne peut en dire autant des faux pas de Washington après l’effondrement de l’URSS. « C’est nous qui décidons », déclarait le président George H.W. Bush à une époque où les décideurs américains croyaient sincèrement que les États-Unis étaient la seule superpuissance, la nation indispensable et infaillible. 

Hélas, l’orgueil a pris le pas sur le discernement, menant aux débâcles de la Somalie, de l’Irak et de l’Afghanistan. Après un quart de siècle de « guerre mondiale contre le terrorisme », près de 5 millions de personnes ont péri, la plupart en conséquence indirecte de ces nombreux conflits. Peu de gens à Washington semblaient comprendre que parcourir le globe pour bombarder, envahir et occuper d’autres nations — tout en soutenant celles qui agissaient de même — allait engendrer des ennemis prêts à riposter, avec des conséquences souvent terribles. 


Contrairement au triomphalisme confortable de George W. Bush, les Américains n’ont pas été attaqués le 11 septembre parce qu’ils étaient libres et généreux. C’est plutôt une succession d’administrations agissant en leur nom qui a passé des années à s’approprier les conflits d’autres nations. Malheureusement, si l’on s’attaque à un nid de frelons, on risque fort de se faire piquer. Les habitués des cercles de pouvoir à Washington ont tendance à commettre la même erreur que Zakaria en confondant leur capacité à intervenir sur la scène internationale avec l’intérêt national des États-Unis. Or, cette capacité a souvent des conséquences négatives. Les membres de l’« establishment » de politique étrangère prennent généralement plaisir à diriger le monde, ou du moins à tenter de le faire. Malheureusement, c’est le reste d’entre nous qui en paie le prix.

Si le président renforce l'Europe par inadvertance, tant mieux pour les Américains comme pour les Européens. Les décideurs américains ont démontré que leur puissance, tout comme celle des gouvernements adverses, nécessite des limites. Une Europe plus puissante et plus dynamique pourrait contribuer à en instaurer.

Doug Bandow

 

février 24, 2026

USA/Europe, Marco Rubio pour un Ancien Monde entre traditions et prospectives; Éveil - Vassalisation !

🇺🇲 Discours bouleversant de Marco Rubio🇺🇲
 
Discours potentiellement historique du Secrétaire d'État américain, à Munich.
 
[...] l’Europe et l’Amérique ont triomphé (du communisme) Un continent a été reconstruit. Nos peuples ont prospéré. L’Est et l’Ouest ont été réunifiés. Une civilisation a de nouveau été rassemblée.
Ce mur infâme, qui avait coupé une nation en deux, est tombé — et avec lui un empire du mal. L’Est et l’Ouest ne faisaient plus qu’un.
 
 

 
 
Mais l’euphorie de cette victoire nous a conduits à une dangereuse illusion : celle d’être entrés dans « la fin de l’Histoire ». Celle de croire que chaque nation deviendrait une démocratie libérale. Que le commerce remplacerait à lui seul l’idée de nation. Que « l’ordre mondial fondé sur des règles » — une expression galvaudée — se substituerait à l’intérêt national. Que les frontières s’effaceraient et que chacun deviendrait citoyen du monde.
 
C’était une idée insensée. Elle ignorait la nature humaine et cinq mille ans d’histoire écrite. Et elle nous a coûté cher.
 
Nous avons adopté une vision dogmatique d’un libre-échange sans entraves, tandis que certaines nations protégeaient leurs économies et subventionnaient leurs entreprises afin de sous-coter systématiquement les nôtres. Nous avons fermé nos usines, désindustrialisé des pans entiers de nos sociétés, expédié à l’étranger des millions d’emplois de la classe moyenne et des classes populaires, et remis le contrôle de nos chaînes d’approvisionnement critiques à nos rivaux et à nos adversaires.
 
Nous avons, de plus en plus, confié notre souveraineté à des institutions internationales. Tandis que de nombreux pays investissaient dans des États-providence massifs au détriment de leur capacité à se défendre, d’autres se lançaient dans l’accélération de réarmement la plus rapide de toute l’histoire humaine, sans hésiter à recourir à la force pour poursuivre leurs intérêts.
 
Pour complaire à un culte climatique, nous avons imposé à nos propres sociétés des politiques énergétiques qui appauvrissent nos peuples, tandis que nos concurrents exploitent pétrole, charbon, gaz naturel — et tout le reste — non seulement pour faire tourner leurs économies, mais aussi comme levier contre les nôtres.
 
Et au nom d’un monde sans frontières, nous avons ouvert nos portes à une vague sans précédent de migration de masse, qui menace la cohésion de nos sociétés, la continuité de notre culture et l’avenir de nos peuples.
 
Nous avons commis ces erreurs ensemble. Et désormais, ensemble, nous devons faire face à ces faits et avancer, pour reconstruire.
 
Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis d’Amérique entreprendront à nouveau une œuvre de renouveau et de restauration, guidés par une vision d’avenir aussi fier, souverain et vital que le passé de notre civilisation. Et si nous sommes prêts, si nécessaire, à le faire seuls, nous préférons — et nous espérons — le faire avec vous, nos amis européens. Car les États-Unis et l’Europe vont ensemble.
 
L’Amérique a été fondée il y a 250 ans, mais ses racines commencent ici, sur ce continent, bien avant. Les hommes qui ont colonisé et bâti la nation où je suis né sont arrivés sur nos rivages en portant la mémoire, les traditions et la foi chrétienne de leurs ancêtres comme un héritage sacré — un lien indestructible entre l’Ancien Monde et le Nouveau.
 
Nous appartenons à une même civilisation : la civilisation occidentale. Nous sommes liés les uns aux autres par les liens les plus profonds que des nations puissent partager : forgés par des siècles d’histoire commune, de foi chrétienne, de culture, d’héritage, de langues, d’ascendance, et par les sacrifices consentis ensemble par nos pères pour cette civilisation commune dont nous avons hérité.
C’est pourquoi, nous, Américains, pouvons parfois paraître un peu directs et insistants dans nos conseils. C’est pourquoi le président Trump exige du sérieux et de la réciprocité de la part de nos amis européens. 
 La raison, mes amis, c’est que nous nous en soucions profondément.
 
Nous nous soucions de votre avenir comme du nôtre. Et si parfois nous divergeons, c’est parce que nous sommes profondément préoccupés par une Europe à laquelle nous sommes liés non seulement économiquement, non seulement militairement, mais aussi spirituellement et culturellement.
Nous voulons une Europe forte. Nous croyons que l’Europe doit survivre, car les deux grandes guerres du siècle dernier nous rappellent sans cesse que, finalement, notre destin est — et sera toujours — étroitement mêlé au vôtre. Nous savons que le sort de l’Europe ne sera jamais indifférent au nôtre.
La sécurité nationale, qui est au cœur de cette conférence, n’est pas seulement une série de questions techniques [....]. 
 
La question fondamentale, dès le départ, est celle-ci : que défendons-nous exactement ?
Les armées ne se battent pas pour des abstractions. Elles se battent pour un peuple. Elles se battent pour une nation. Elles se battent pour un mode de vie. Et c’est cela que nous défendons : une grande civilisation qui a toutes les raisons d’être fière de son histoire, confiante dans son avenir, et déterminée à demeurer maîtresse de son destin [....]
 
C’est ici que sont apparus l’État de droit, les universités et la révolution scientifique. C’est ce continent qui a produit le génie de Mozart et de Beethoven, de Dante et de Shakespeare, de Michel-Ange et de Léonard de Vinci, des Beatles et des Rolling Stones.[....]
 
Car c’est seulement en étant fiers de cette filiation commune que nous pouvons commencer ensemble le travail consistant à imaginer et façonner notre avenir économique et politique. [....]
 
Ensemble, nous pouvons réindustrialiser nos économies et reconstruire notre capacité à défendre nos peuples. Mais l’œuvre de cette nouvelle alliance ne doit pas seulement porter sur la coopération militaire ou la reconquête des industries du passé. Elle doit aussi porter sur l’avenir : faire progresser nos intérêts communs sur de nouveaux fronts, libérer notre ingéniosité, notre créativité et notre dynamisme afin de bâtir un nouveau siècle occidental. [....]
 
Ensemble, nous pouvons non seulement reprendre le contrôle de nos industries et de nos chaînes d’approvisionnement : nous pouvons aussi prospérer dans les domaines qui définiront le XXIe siècle.
Mais nous devons également reprendre le contrôle de nos frontières nationales — contrôler qui entre dans nos pays, et en quelle quantité. Ce n’est pas une expression de xénophobie. Ce n’est pas de la haine. C’est un acte fondamental de souveraineté nationale. Et ne pas le faire n’est pas seulement l’abandon d’un devoir essentiel envers nos peuples : c’est une menace urgente pour le tissu de nos sociétés et pour la survie même de notre civilisation.
 
Enfin, nous ne pouvons plus placer le prétendu ordre mondial au-dessus des intérêts vitaux de nos peuples et de nos nations.
 
Nous n’avons pas besoin d’abandonner le système de coopération internationale que nous avons créé. Nous n’avons pas besoin de démanteler les institutions de l’ancien ordre mondial que nous avons bâties ensemble. Mais elles doivent être réformées. Elles doivent être rebâties. [....]
 
Dans un monde idéal, tous ces problèmes et d’autres encore seraient résolus par des diplomates et des résolutions fermes. Mais nous ne vivons pas dans un monde idéal.
Et nous ne pouvons pas continuer à permettre à ceux qui menacent ouvertement nos citoyens et mettent en péril la stabilité mondiale de se protéger derrière des abstractions de droit international qu’ils violent eux-mêmes régulièrement.
 
C’est la voie sur laquelle le président Trump et les États-Unis se sont engagés. C’est la voie que nous vous demandons, ici en Europe, de rejoindre. C’est une voie que nous avons déjà empruntée ensemble — et nous espérons l’emprunter ensemble à nouveau.[....]
 
C’est pourquoi nous ne voulons pas d’alliés faibles, car cela nous affaiblit aussi.[....] C’est pourquoi nous ne voulons pas d’alliés enchaînés par la culpabilité et la honte. Nous voulons des alliés fiers de leur culture et de leur héritage, conscients que nous sommes les héritiers d’une même civilisation grande et noble, et prêts, avec nous, à la défendre.[.....]
 
Nous voulons une alliance qui ne soit pas paralysée par la peur : peur du climat, peur de la guerre, peur de la technologie. Nous voulons une alliance qui se précipite avec audace vers l’avenir. Et la seule peur qui devrait être la nôtre, c’est la honte de ne pas laisser à nos enfants des nations plus fières, plus fortes et plus prospères.
 
(Nous voulons) une alliance fondée sur la reconnaissance que ce que nous avons hérité ensemble est unique, distinctif, irremplaçable. Car c’est, au fond, le socle même du lien transatlantique.[.....]
 
Je suis ici aujourd’hui pour le dire clairement : l’Amérique trace la voie vers un nouveau siècle de prospérité. Et une fois encore, nous voulons le faire avec vous, nos chers alliés et nos plus vieux amis.
Avec une Europe fière de son héritage et de son histoire. Une Europe qui possède l’esprit de création et de liberté qui a envoyé des navires vers des mers inconnues et fait naître notre civilisation.
 
Avec une Europe qui a les moyens de se défendre et la volonté de survivre.
Nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli ensemble au siècle dernier. Mais maintenant, nous devons affronter et saisir les opportunités du nouveau siècle.
 
Car hier est terminé.
L’avenir est inévitable.
Et notre destin commun nous attend."

Nora Belk


 

UFR SHA - Poitiers








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