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octobre 28, 2026

Déjà une quarantaine d'année qu'un libertarien vous mettait en garde de l'autoritarisme des nationalistes conservateurs, cette nouvelle droite !

Il y a 40 ans, un libertarien mettait en garde contre l’autoritarisme de la « Nouvelle Droite » ; les nationaux-conservateurs d’aujourd’hui lui donnent raison.

 Les termes « vieille droite » (*Old Right*) et « nouvelle droite » (*New Right*) sont couramment employés aujourd’hui, mais il est utile de savoir qu’ils possèdent une longue généalogie. 

La « vieille droite » des années 1940, 1950 et du début des années 1960 — représentée sur le plan politique par Robert Taft et, sur le plan intellectuel, par des figures comme Frank Chodorov — privilégiait généralement le libre marché à l’intérieur du pays et le libre-échange à l’international, tout en accordant une grande importance à la liberté individuelle. Dans les années 1970 et 1980, un groupe de personnalités a émergé, se revendiquant de la « nouvelle droite ». Leur objectif était d’orienter le Parti républicain vers une ligne plus nationaliste, protectionniste et socialement conservatrice. Nombre de « conservateurs nationaux » (*national conservatives* ou *NatCons*) actuels ont volontiers adopté l’étiquette de « nouvelle droite » pour se distinguer des conservateurs qui continuent de soutenir certains aspects du credo de la « vieille droite » et qui demeurent attachés à des pans importants du projet de leurs prédécesseurs. Bien que ces deux « nouvelles droites » ne soient pas identiques, elles partagent de nombreuses convictions — notamment celle de recourir à la puissance publique pour faire avancer leur programme —, ce qui constitue une menace pour la liberté économique et la liberté individuelle. 


 

Le libertarien Roy A. Childs, Jr. a mis en garde contre ces idées dans son essai intitulé « The New Authoritarians » (« Les nouveaux autoritaires »), publié en 1982 dans le magazine *Inquiry*. Cet article, qui consiste en une analyse critique de trois ouvrages consacrés à la « nouvelle droite », figure dans l’édition 2026 de *Liberty against Power* (« La liberté contre le pouvoir »), un recueil d’essais de Childs publié par Libertarianism.org, un projet du Cato Institute. Liberty against Power

Childs décédé en 1992, fut une figure intellectuelle majeure du mouvement libertarien ,  libertarian movement reconnu pour sa grande intelligence et son amour de la liberté. Il a dirigé la *Libertarian Review*,  Libertarian Review a accompagné de nombreux jeunes auteurs, a travaillé comme analyste politique au Cato Institute et a été le principal critique littéraire chez *Laissez Faire Books*. Laissez Faire Books

 Dans « The New Authoritarians » (Les nouveaux autoritaires), Childs avertissait que la « Nouvelle Droite » (New Right) abandonnait les principes d’un gouvernement limité et du libre marché au profit de l’imposition de sa propre vision sociale et économique. Sa mise en garde mettait en lumière un mouvement qui se présentait pourtant comme un défenseur de la liberté. 

La Nouvelle Droite cherche « le remplacement de ce qu’elle perçoit comme un establishment libéral par son propre mouvement populiste et autoritaire », écrivait Childs. « Elle a rejeté l’ancien principe conservateur d’un gouvernement limité ainsi que le principe libertarien du libre marché. […] Les partisans de la Nouvelle Droite acceptent bon nombre des institutions créées par les libéraux ; mais, au lieu d’un État puissant manipulant la société pour promouvoir des valeurs libérales, ils souhaitent utiliser la puissance publique pour promouvoir des valeurs conservatrices sur le plan social et nationalistes. » 

Ils prônaient une version conservatrice de la technocratie, intégrant des éléments de planification centrale et un partenariat étroit entre le monde des affaires et l’État. Citant l’activiste et auteur Kevin Phillips, Childs note que la Nouvelle Droite « ne reposerait pas sur la nostalgie d’une économie de libre marché, mais sur une approche corporatiste — ce que l’on pourrait qualifier d’"État de sécurité économique" ». 

 Ces idées collectivistes sont aujourd’hui en pleine ascension au sein du courant du « conservatisme national » (NatCons). Parmi ses figures intellectuelles, on trouve des personnalités telles que les philosophes Patrick Deneen, de l’université de Notre Dame, et Yoram Hazony, de l’Edmund Burke Foundation. Certains exercent également une influence au sein du Parti républicain et ont occupé des fonctions dans l’administration Trump. Des personnalités éminentes de ce mouvement, dont le vice-président JD Vance, soutiennent les droits de douane, le protectionnisme, le nationalisme économique, des restrictions en matière d’immigration et d’autres formes d’interventionnisme. Plutôt que de limiter le pouvoir de l’État pour protéger la liberté individuelle, ce mouvement cherche à utiliser ce pouvoir pour imposer sa propre vision de l’intérêt national — ce qu’il qualifie souvent de « conservatisme axé sur le bien commun ». C’est précisément ce contre quoi Childs mettait en garde il y a plus de quarante ans. 

Dans le document intitulé « National Conservatism: A Statement of Principles »  National Conservatism: A Statement of Principles (Conservatisme national : une déclaration de principes), les signataires vantent les mérites d’un gouvernement limité, de l’État de droit, de la famille et de la non-discrimination — autant de principes louables. Toutefois, ils soutiennent l’interventionnisme et affirment que « le libre marché ne saurait être absolu », ajoutant que « la politique économique doit servir le bien-être général de la nation ». Ils ne définissent pas précisément le « bien-être général de la nation » ou le « bien commun » — un terme souvent employé par les « conservateurs nationaux » (NatCons). Il s’agit d’un concept indéfini et indéfinissable. Les responsables politiques peuvent justifier pratiquement n’importe quelle intervention en prétendant qu’elle sert la nation, et ils orienteront la politique économique dans ce but. 

Comme ils l’écrivent : « Une politique économique nationale prudente devrait promouvoir la libre entreprise, mais elle doit aussi atténuer les menaces pesant sur l’intérêt national… » Il est certes nécessaire de répondre aux menaces réelles qui pèsent sur la sécurité nationale. Toutefois, l’histoire montre que les responsables politiques invoquent régulièrement l’intérêt national — ou une « urgence nationale » — pour faire avancer leurs propres objectifs et favoriser certains secteurs industriels, le tout aux dépens des consommateurs. favored industries

Un responsable politique pourrait, par exemple, déclarer : « Nous devons protéger l’acier américain, car sa production est stratégiquement importante pour la nation. » Mais, comme l’aurait soutenu Ayn Rand : « Si l’acier américain n’est pas compétitif, le gouvernement n’a pas le droit de contraindre les consommateurs à l’acheter. » Le même principe s’applique au secteur automobile. Le gouvernement devrait-il restreindre votre liberté d’acheter une Toyota afin de protéger Chrysler ? Pourquoi les responsables politiques devraient-ils décider quels produits les Américains sont autorisés à acheter, et quelles industries doivent bénéficier d’un traitement de faveur ?

 L’approche des « conservateurs nationaux » (NatCons) semble négliger le fait que ce sont les consommateurs — et non les responsables gouvernementaux ou les dirigeants d’entreprise — qui déterminent ce qui est produit. Comme l’a fait remarquer Ludwig von Mises, même les grandes entreprises « dépendent entièrement de la faveur de ceux qui achètent leurs produits. La plus grande entreprise perd son pouvoir et son influence lorsqu’elle perd ses clients. » L’entreprise existe pour servir les consommateurs, et non l’inverse. 

 American Compass — un groupe de réflexion qui reprend bon nombre des idées des conservateurs nationaux et qui a publié l’an dernier un recueil d’essais intitulé *The New Conservatives* claims — soutient que « le déclin du capitalisme américain au cours du dernier demi-siècle se manifeste surtout par son incapacité à assurer une prospérité généralisée au peuple américain ». Mais ce diagnostic omet de prendre en compte à quel point les politiques gouvernementales ont faussé les marchés, entravé la concurrence et protégé certains intérêts privilégiés. 

Quant à la prospérité, les Américains d’aujourd’hui disposent de revenus — corrigés de l’inflation — nettement supérieurs à ceux de leurs homologues d’il y a un siècle ; ils vivent plus longtemps, consacrent une plus petite partie de leur vie à travailler pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, et ont accès à des technologies et à des commodités qui étaient autrefois inimaginables. 

 Il s’agit là, semble-t-il, d’un point secondaire pour les conservateurs nationaux et, ironiquement, pour une grande partie de la gauche politique également. Les deux camps souhaitent subordonner l’entreprise libre à des objectifs politiques, souvent au nom de l’intérêt national ou du bien commun. 

 Comme l’a écrit Norbert Michel, du Cato Institute : «wrote Les populistes progressistes comme les conservateurs nationalistes partagent le postulat erroné selon lequel les planificateurs centraux à Washington sauraient mieux gérer le capital que des individus libres agissant au sein de marchés concurrentiels. Or, l’histoire a démontré à maintes reprises que lorsque l’État passe outre les signaux de prix du marché au nom du "bien commun", il détruit la prévisibilité économique, engendre des pénuries et fait grimper les coûts. »

 Recourir à l’État pour imposer des résultats souhaités — que ce soit par la droite ou par la gauche — ne résout pas ces problèmes ; cela ne fait que les aggraver. Un camp peut invoquer l’intérêt national ou le bien commun, tandis que l’autre peut mettre en avant l’égalité économique ou la justice sociale. 

 En 1965, Rand écrivait : « Lorsque le "bien commun" d’une société est considéré comme quelque chose de distinct et de supérieur au bien individuel de ses membres, cela signifie que le bien de certains individus prime sur celui des autres. » Dans un essai consacré au nationalisme, Alex Nowrasteh et Ilya Somin, du Cato Institute, le décrivent comme « une idéologie fondée sur les droits des groupes, qui dénigre l’individualisme au profit d’une abstraction appelée "la nation". […] À bien des égards, le nationalisme n’est rien d’autre que du socialisme, arborant simplement des drapeaux différents et empreint d’un chauvinisme ethnique plus marqué. » 

Le danger ne réside pas dans le fait que chaque intervention étatique transforme, en soi, une économie en système socialiste. C’est plutôt l’accumulation de ces interventions qui fausse les marchés et appelle, par ricochet, à de nouvelles interventions. Ludwig von Mises a souligné que l’interventionnisme étatique constant « constitue une méthode permettant de transformer le capitalisme en socialisme, étape par étape ». Ce n’est pas un hasard si le *Wall Street Journal* a publié, en 2025, un article intitulé : « Trump continue d’estomper la frontière entre capitalisme et socialisme. » Trump Keeps Blurring the Line Between Capitalism and Socialism.

 Childs avait identifié le problème fondamental : il s’agit d’une guerre civile permanente, dans laquelle « progressistes et conservateurs cherchent, chacun, à imposer leurs propres valeurs par le biais de l’action étatique — c’est-à-dire par la force ». 

 Il existe une meilleure voie : le libertarianisme. Celui-ci repose sur le respect de la liberté et des droits individuels, permettant à chacun de mener sa vie comme il l’entend, sans pour autant imposer ses choix à autrui. Cela implique de rejeter aussi bien le nationalisme économique et la planification étatique prônés par la « nouvelle droite » que la vision utopique d’une société sans classes, défendue par les progressistes. 

 Comme le disait Childs, il faut « vivre et laisser vivre ». Son avertissement demeure, aujourd’hui encore, d’une importance capitale. Ni la droite ni la gauche ne peuvent légitimement prétendre utiliser le pouvoir de l’État pour imposer leur propre vision de la « société idéale » à l’ensemble de la population. Une société libre ne se résume pas à placer les « bonnes » personnes au pouvoir ; elle exige, avant tout, de limiter le pouvoir que l’État peut exercer sur chacun d’entre nous.  

 Michael Chapma

Pour obtenir un exemplaire de *Liberty against Power*, cliquez ici.  À noter : la bibliothèque de recherche du Cato Institute, située à son siège de Washington, D.C., porte le nom de Roy A. Childs, Jr.

 Liberty against Power, click here

 https://www.cato.org/blog/libertarian-warned-new-rights-authoritarianism-40-years-ago-todays-national-conservatives-are?


 

Roy A. Childs Jr. 

Roy A. Childs, Jr., né le 4 janvier 1949 à Buffalo, dans l’État de New York et décédé le 22 mai 1992[1], était un conférencier et auteur libertarien américain.

Biographie

Roy Childs devint libertarien à l’adolescence grâce à la lecture d'ouvrages d'Ayn Rand[2], de Ludwig von Mises[3], de Rose Wilder Lane[4] et de la campagne politique de Barry Goldwater en 1964. Il obtient son diplôme universitaire en 1966. Il désire continuer ses études mais hésite entre le SUNY à Buffalo et l'enseignement prodigué par Robert LeFevre avec son concept de Freedom School. En 1967, son choix fut fait en obtenant une bourse complète pour les cours de Robert LeFevre.

Il fut une des figures marquantes du mouvement libertarien américain dès les années soixante et jusqu’à sa mort en 1992, ainsi qu'un ami personnel de la plupart de ses représentants les plus connus (Murray Rothbard, Nathaniel Branden, etc.). Au printemps de 1969, il est devenu le membre fondateur et secrétaire du Radical Libertarian Alliance, la première organisation libertarienne du territoire américain dont le coordinateur national n'était autre que Karl Hess et le trésorier, Walter Block. Il prononce un discours très remarqué lors de la convention de la Society for Individual Liberty qui s'est tenue le 15 et 16 novembre 1969 à l'université de Pennsylvanie. Son allocution intitulée « Big Business and the rise of American Statism » fut publiée et republiée plusieurs fois, tant elle marque une rupture entre le mouvement libertarien et le mouvement conservateur. Au printemps de 1970, il déménagea à Silver Spring, dans le Maryland, pour devenir rédacteur en chef associé de la revue The Individualist. Puis de 1972 à 1974, Robert Kephart l'engage pour devenir le rédacteur en chef de la newletter Books for Libertarians. Après avoir été rédacteur en chef du Libertarian Review, il a travaillé comme chercheur pour le Cato Institute et ensuite pour le Laissez Faire Books en qualité de critique.

En 1974, il obtient un prix de la Société du Mont-Pèlerin suite à la présentation de son article : « The Defense of Capitalism in our time » (la défense du capitalisme à notre époque) et récompensé par le jury composé de Arthur Shenfield, Benjamin Rogge et Henry Manne.

Roy Childs fut membre et candidat du Libertarian Party aux élections au Congrès de 1980.

Malheureusement, s’il a été un conférencier très actif, cet essayiste pénétrant a assez peu écrit. Il annonça la sortie de son livre en 1975 mais celui-ci ne fut jamais écrit. Ses articles les plus connus sont « An Open Letter to Ayn Rand » (1969), une critique anarchiste[5] de l'objectivisme d'Ayn Rand. Ce courrier qu'il envoya le 4 juillet 1969, jour symbolique de la fête nationale aux États-Unis, avec en copie Nathaniel Branden, Leonard Peikoff, Robert Hessen et Murray Rothbard. En rassemblant ses écrits pour en faire un ouvrage posthume, Joan Kennedy Taylor a retrouvé parmi les affaires de Roy Childs un fragment de document de trois pages qui n'avait jamais été publié auparavant, et dont nul ne sait la date précise où il a été écrit. La directrice de collection de ce livre prit l'initiative d'insérer ces feuillets, intitulés « illusions anarchistes » sans être certaine que Roy Childs estimait que son texte était abouti, définitif et devait être publié. Quoiqu'il en soit, si Roy Childs prend plus de distance avec l’anarchisme à la fin de sa vie, c'est moins pour des raisons philosophiques que pour des questions d'application politique. En 1977, il se fait remarquer aussi par une réfutation des thèses de Anarchie, État et Utopie du philosophe américain Robert Nozick, dans un article, « The Invisible Hand Strikes Back » paru dans la revue The Journal of Libertarian Studies.

La quête d’un fondement philosophique pour le libertarianisme

Roy Childs voit dans les idéologies d’Ayn Rand et de Murray Rothbard l’aboutissement de la philosophie des Lumières, celle qui avait nourri l’esprit de la Révolution américaine. Pour lui, l’Objectivisme présenté par Nathaniel Branden[6] constitue un cadre nécessaire, bien que non suffisant, au développement du libertarianisme. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une adhésion inconditionnelle, mais de la reconnaissance d’une base rationnelle et morale sur laquelle fonder la défense du capitalisme et de la liberté individuelle.

Cette insistance sur la dimension morale est centrale. Childs reproche aux grands économistes libéraux comme Ludwig von Mises et Milton Friedman de défendre le capitalisme avant tout pour son efficacité, sans le présenter comme un système juste. Or, à ses yeux, il ne suffit pas de vanter la supériorité économique du marché : il faut montrer en quoi il repose sur des principes de justice. Sur ce point, il rejoint Ayn Rand, qui faisait de la rationalité et de la justice les véritables piliers du capitalisme.

Childs insiste également sur la force de l’éthique objectiviste, qui ne s’appuie ni sur la religion ni sur le relativisme nihiliste. Elle place la vie humaine comme valeur suprême : tout ce qui favorise la vie et le bonheur de l’individu est bon, tout ce qui les détruit est mauvais. On retrouve là une convergence profonde entre le libertarianisme, centré sur la liberté individuelle et le refus de la coercition, et l’Objectivisme, centré sur la rationalité, l’intérêt personnel bien compris et le rejet du sacrifice imposé.

Concernant le rôle de l’État, Childs note que Branden défend une conception objectiviste du gouvernement limité, inspirée du constitutionnalisme classique. Mais il juge cette position insuffisante, car elle ne prend pas en compte les critiques avancées par les anarchistes libertariens, auxquels il porte une grande attention. Cela laisse entendre qu’en dépit de son intérêt marqué pour l’Objectivisme, Roy Childs reste plus radical, penché vers une vision proche de l’anarcho-capitalisme.

Enfin, Childs perçoit dans l’Objectivisme une arme philosophique contre la crise de valeurs qui menace la civilisation occidentale. C’est, selon lui, un antidote au nihilisme, une défense morale du capitalisme, et une réponse à l’approche strictement technique et dénuée de sens moral des économistes « sans valeurs ». Pour le libertarianisme, un tel socle philosophique est indispensable s’il veut s’imposer culturellement et politiquement.

En conclusion, Roy Childs révèle que le libertarianisme ne peut se contenter d’une justification économique ou pragmatique. Il a besoin d’un fondement philosophique solide, que l’Objectivisme de Rand et Branden fournit en grande partie. Toutefois, Childs conserve une distance critique : conscient de ses limites, il se situe lui-même dans une perspective plus radicale, tendant vers l’anarcho-capitalisme.

La preuve de la charge est du côté des étatistes

Pour Roy Childs, l’anarchisme est d’abord une proposition méthodologiquement négative : il n’a rien de “positif” à prouver ; la charge de la preuve « est toujours du côté de l’avocat de l’État ». Autrement dit, on part par défaut de l'anarchisme et l’on exige des étatistes qu’ils démontrent la nécessité ou la légitimité d’un État ; si leurs raisons échouent, l’anarchisme est établi, comme l’athéisme qui n’a pas à démontrer l’inexistence d’un dieu mais seulement à montrer l’insuffisance des arguments en sa faveur. Childs formule explicitement ce principe dans Anarchism & Justice (1971), souvent cité ainsi : « the burden of proof is always on the advocate of a State » et « we must start out as anarchists, and have the advocates of the State make out their case »[7].

Cette thèse s’inscrit dans l’itinéraire intellectuel où Childs soutient que l’Objectivisme cohérent mène à l’anarchisme, position développée dès sa lettre ouverte à Ayn Rand, « Objectivism and the State » (1969), et reconnue par les synthèses académiques sur le libertarianisme.

Informations complémentaires

Notes et références

  1. Roy Childs est décédé à Miami à l’âge de 43 ans, après avoir souffert de nombreuses années de problèmes de santé liés à son obésité.
  2. Il fut déçu par la lecture de The Fountainhead en 1965, qu'il déclara, de façon violente et provocante, avoir brûlé. Mais il apprécia par la suite Anthem et Atlas Shrugged.
  3. Il déclara avoir été séduit par L'action Humaine de Ludwig von Mises, le jour de Noël de ses 17 ans.
  4. L'ouvrage, Discovery of Freedom de Rose Wilder Lane, lui fit comprendre qu'il était libertarien.
  5. Roy Childs se considérait comme un anarchiste de libre marché tentant de convaincre les objectivistes par l'intermédiaire de leur leader intellectuel, Ayn Rand.
  6. Roy Childs, 1974, commentaire des enregistrements audios, "Basic Principles of Objectivism" de Nathaniel Branden, Books for Libertarians, Vol III, n°8, August
  7. "Introducing Anarchism & Justice, by Roy A. Childs, Jr., Part 5", le 16 octobre 2012, George H. Smith conclut la série en examinant l'évolution des opinions de Roy Childs sur l'anarchisme.

Publications

Pour une liste détaillée des œuvres de Roy Childs, voir Roy Childs (bibliographie)

Littérature secondaire

  • 1994,
    • Joan Kennedy Taylor, dir., « Liberty Against Power, Essays by Roy A. Childs, Jr. », Fox & Wilkes, San Francisco
    • Joan Kennedy Taylor, "Roy A. Childs: A biographical Sketch", In: Joan Kennedy Taylor, dir., « Liberty Against Power, Essays by Roy A. Childs, Jr. », Fox & Wilkes, San Francisco, ppxi-xviii
    • Thomas Szasz, Remembering Roy, In: Joan Kennedy Taylor, dir., « Liberty Against Power, Essays by Roy A. Childs, Jr. », Fox & Wilkes, San Francisco, ppix-x

Liens externes


https://www.wikiberal.org/wiki/Roy_A._Childs_Jr.

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