août 18, 2026

Ah la belle Laffer politico-économique socialiste !

Sommaire

A) - Et si nous administrions surtout l’administration ?

B) - Arthur Laffer et la courbe Laffer

C) - Divers liens sur ce thème ici !

 

 

A) - Et si nous administrions surtout l’administration ?

Arthur Laffer, économiste américain devenu célèbre à l’époque de Reagan, avait popularisé une idée assez simple : à 0 % d’impôt, l’État ne perçoit rien ; à 100 %, plus grand monde n’a intérêt à produire pour tout donner. Entre les deux existe donc un point au-delà duquel augmenter encore l’impôt peut finir par rapporter moins. Personne ne sait exactement où se situe ce sommet.
Mais je me demande parfois si, en France, nous n’avons pas inventé une autre courbe, beaucoup plus difficile encore à inverser : celle de l’administration.
Une administration est évidemment nécessaire. Il faut organiser, gérer, contrôler. Mais nous avons parfois créé de l’emploi pour administrer la complexité, puis créé de la complexité pour justifier l’emploi qui l’administre.


Et la machine finit par s’auto-alimenter.

Il y a ceux qui sont sur le terrain : ceux qui soignent, protègent, enseignent, rendent la justice ou répondent directement aux besoins des citoyens.
Puis ceux qui les administrent.
Puis ceux qui administrent ceux qui les administrent.
Et probablement encore quelques étages chargés de coordonner, contrôler et évaluer l’ensemble.
À force, notre administration ressemble parfois à une pyramide à l’envers : tout son poids repose sur la pointe, constituée de ceux qui font réellement le travail.
Alors suffirait-il de sortir la tronçonneuse, de supprimer commissions, agences, hauts-commissariats et services par dizaines, puis d’additionner leurs budgets pour annoncer fièrement les milliards économisés ?
Ce serait trop facile.
Supprimer une structure qui coûte 100 ne permet pas d’économiser immédiatement 100. Les fonctionnaires restent fonctionnaires, certaines dépenses demeurent et certaines missions doivent continuer à être assurées.


Mais réduire la bureaucratie ne signifie pas seulement dépenser moins. Cela peut aussi vouloir dire dépenser mieux.

Supprimer ce qui fait doublon, ce qui ne sert plus ou ce qui finit par ne servir qu’à administrer l’administration ; réaffecter lorsque c’est possible ; profiter des départs pour réduire progressivement certains effectifs et recruter davantage là où les besoins sont réels.
Car lorsque l’hôpital manque d’infirmières et d’aides-soignantes, lorsque la justice manque de magistrats et de greffiers, lorsque la sécurité manque de femmes et d’hommes sur le terrain, la question n’est peut-être pas seulement de savoir combien de personnes l’État emploie.
Elle est aussi de savoir où il les emploie.


Reste alors la question la plus difficile : qui sera capable de faire marche arrière ?

Depuis des décennies, les gouvernements nous promettent de simplifier l’administration. Pourtant, la machine possède une remarquable faculté à survivre à ceux qui prétendent la simplifier.
À l’approche des prochaines échéances électorales, nous entendrons donc certainement, une fois encore, des candidats nous expliquer comment ils vont réduire les dépenses, simplifier l’État et rendre l’administration plus efficace.


Cette fois, nous pourrions peut-être laisser les promesses de côté.

Ce n’est certainement pas à moi de faire un classement, et je ne vois d’ailleurs pas au nom de quelle compétence particulière je serais qualifié pour vous dire qui choisir.
En revanche, si chacun pouvait prendre juste un peu de temps pour faire sa propre enquête, cela conforterait peut-être certaines convictions. Cela pourrait aussi en ébranler quelques-unes. Et peut-être même modifier notre façon de choisir.
Regardons ce que ceux qui ont déjà exercé des responsabilités ont réellement fait lorsqu’ils en avaient le pouvoir : les dépenses, les effectifs, les structures qu’ils ont créées, celles qu’ils ont supprimées, les doublons qu’ils ont réellement éliminés et les moyens qu’ils ont rapprochés du terrain.
Et appliquons exactement le même examen à tous : à celui dont nous nous sentons politiquement proches, mais aussi à celui que nous aurions spontanément écarté. Et pas seulement aux ténors que l’on nous présente déjà comme les principaux candidats.
Pour ceux qui promettent aujourd’hui ce qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de mettre en pratique, une autre question mérite au moins d’être posée : qu’ont-ils réellement dirigé qui permette de juger leur capacité à le faire ?
Nous sommes tous tentés de chercher ce qui confirme ce que nous pensions déjà et d’être beaucoup plus sévères avec celui que nous n’aimons pas qu’avec notre préféré.
Alors peut-être vaut-il mieux faire cette petite enquête seul, sans chercher à convaincre personne et sans même avoir à en donner le résultat.
Simplement pour soi.


Et essayer, pendant quelques minutes, de ne pas se mentir.

Peut-être découvrirons-nous que notre candidat préféré n’a pas fait, lorsqu’il en avait le pouvoir, ce qu’il nous promet aujourd’hui. Peut-être aussi que celui que nous avions écarté d’avance a obtenu des résultats que nous ne lui connaissions pas.
Cela ne suffira évidemment pas à décider d’un vote. Mais cela mettra au moins quelques faits dans la balance, à côté des promesses.
Car une infirmière, un policier, un magistrat ou un enseignant qui manque là où nous avons besoin de lui n’a pas de couleur politique.
Pas davantage qu’un déficit, une dette ou un impôt.
Les actes passés constituent parfois un programme électoral beaucoup plus instructif que celui qu’on imprime pour le prochain scrutin.


Arthur Laffer cherchait le point à partir duquel trop d’impôt finit par tuer l’impôt.

Nous devrions peut-être chercher celui à partir duquel trop d’administration finit par administrer principalement… l’administration.
Mais pour l’instant, entre la courbe de Laffer et le laisser-faire, j’ai parfois l’impression que la France a choisi.

Pierrick Chesnais 

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B) - Arthur Laffer et la courbe Laffer

Arthur Laffer, né le 14 août 1940 à Youngstown (Ohio), est un économiste américain. Père de la célèbre « courbe de Laffer », il fait partie des supply siders (école de l'offre) qui ont trouvé un certain écho dans la politique économique conduite par Ronald Reagan (reaganomics) aux États-Unis et celle de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne

Présentation

Il est professeur d'économie à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA). Lors d'un diner en décembre 1974 avec ses étudiants, il explique, au cours du repas, que le taux fiscal élevé entraîne une baisse des recettes fiscales à partir d'un certain niveau. Il dessine, donc, sur la nappe en papier, une courbe qui devint célèbre sous le nom de courbe de Laffer

Il explique la forme en cloche par la préférence des contribuables en faveur des loisirs (ou de l'inaction) quand l'effort marginal entraîne une taxation plus que proportionnelle au gain de revenu. Il est préférable, dans ces cas là, de rester inactif. La difficulté est, cependant, de connaître, le point des recettes maximales.

Sa découverte engendre un mouvement de réflexion de la population. En Californie, en 1978, une révolte fiscale mène au vote de la proposition 13 qui visait à réduire fortement la pression fiscale. Le gouverneur de la Californie, d'alors, était Ronald Reagan.

Arthur Laffer et Jan Seymour publient The economics of the tax revolt (L'économie de la révolte fiscale) et expliquent comment « trop d'impôts tue l'impôt ». En France, cette théorie est suivie par les associations de contribuables comme Contribuables Associés, créée par Bernard Zimmern sur la proposition de François Laarman.

La formule « Les hauts taux tuent les totaux » est souvent attribuée à Arthur Laffer, mais elle est due en réalité à l'homme politique français Joseph Barthélemy (1874-1945).

En 2018, il reçoit la médaille présidentielle de la liberté (Presidential Medal of Freedom).

Publications

  • 1975, avec D.I. Meiselman, dir., "The Phenomenon of Worldwide Inflation", American Enterprise Institute of Public Policy Research, Washington
  • 1980, "Reinstatement of the Dollar", The Blueprint, Rolling Hill Estates, CA, A.B. Laffer Associates.
  • 1982.
    • a. avec Marc A. Miles, "International Economics in an Integrated World", Glenview, Ill.: Scott, Foresman.
    • b. avec Charles W. Kadlec, 'The Point of Linking the Dollar to Gold', Wall Street Journal, October 13, p32.
  • 1983, avec Victor Canto et Douglas H. Joines, "Persistent Growth Rate Differentials Among States in a National Economy." In Foundations of Supply-side Economics. New York: Academic Press.
  • 2004. "The Laffer Curve: Past, Present, and Future", Heritage Foundation Backgrounder N°1765, juin, 1.
  • 2016, "What’s wrong with Keynesian economists?", In: Steven Kates, dir., "What's wrong with Keynesian economic theory?", Northampton: Edward Elgar, pp165-182

Littérature secondaire

  • 2012, Karol Betta, "Arthur Laffer", In: Mathieu Laine, dir., "Dictionnaire du libéralisme", Paris: Larousse, pp354-355

Citations

  • « L'idéal n'est pas de rendre les riches pauvres, mais de rendre les pauvres riches. »
  • « Les emplois et les richesses sont créés par ceux qui sont imposés, et non pas par ceux qui taxent. Le gouvernement, par sa nature même, ne crée pas de richesses, mais les redistribue. Afin de minimiser les dommages infligés à l'économie par les impôts, la meilleure façon de faire est d’avoir une large assiette avec un faible taux uniforme qui offre aux personnes et aux entreprises le moins d'incitations à éviter de déclarer un revenu imposable, et le moins grand nombre de niches fiscales pour échapper à l'imposition. »
  • « Les impôts ne créent pas de richesse. Les dépenses de relance créent bien des emplois et ont des répercussions en cascade dont on peut analyser l’effet multiplicateur, mais le Trésor ne crée pas de ressources, il les redistribue : la dépense publique équivaut à une taxe. Elle n’a qu’un effet de substitution, c’est-à-dire que la richesse provenant des revenus de transferts reçus par les uns (prestations sociales par exemple) est égale à la perte de revenus des contribuables taxés, comme l’a expliqué l’économiste John Hicks dans son livre Valeur et Capital. En pratique, ce n’est même pas un jeu à somme nulle, car une partie de ces ressources s’évapore dans ce processus. » (Les Echos/Enjeux, 03/10/2018)

Voir aussi

 


 La courbe de Laffer ou effet Laffer (du nom de l'économiste américain Arthur Laffer) montre qu'au-delà d'un certain seuil de prélèvement fiscal, plus la pression fiscale augmente, plus les recettes fiscales diminuent, en raison de l'effet désincitatif sur l'offre de travail ; les mêmes recettes fiscales auraient été plus élevées avec des taux d'imposition plus bas. On parle aussi d'effet Laffer pour qualifier la baisse des recettes fiscales quand on augmente les impôts.

Définition simple de la Courbe de Laffer

La Courbe de Laffer montre qu'il n'est pas fiscalement rentable de dépasser un certain taux de prélèvement. Elle est résumée par la formule « trop d'impôt tue l'impôt » (ou parfois : « les hauts taux tuent les totaux »). Si la formule « Les hauts taux tuent les totaux » est souvent attribuée à tort à Arthur Laffer, elle est due en réalité à l'homme politique français Joseph Barthélemy (1874 - 1945).

Cette règle était en fait connue depuis longtemps (on peut la faire remonter au moins au XIVe siècle, avec Ibn Khaldoun). Jean-Baptiste Say disait déjà qu'un « impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte », et l'Ancien Régime français affirmait :

« L'expérience, cette leçon souvent tardive, a démontré une vérité dont il n'est pas permis de douter : c'est que les impôts ont des bornes au-delà desquelles ils se nuisent réciproquement ; c'est que, ces bornes passées, ils ne sont plus qu'une charge pour les peuples et une ressource faible, quelquefois même illusoire pour l’État. »
    — Arrêté du Parlement, 1782

Exemples concrets de la Courbe de Laffer

Même si cette courbe n'est pas définie précisément (en dehors des deux points qui coupent l'axe des abscisses), des applications positives de l'effet de la diminution de la pression fiscale ont été mises en évidence à de nombreuses occasions.

Exemples contemporains

  • en 2026, Bercy révèle que les résultats des hausses d'impôts (en l'occurrence la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus ou CDHR) sont cinq fois inférieurs aux attentes. Comme le note alors la presse, : « Les contribuables visés par cette taxe « ont anticipé leurs versements de dividendes » avant le 31 décembre 2024, dans une stratégie d’évitement de l’impôt, explique-t-on dans l’entourage d’Amélie de Montchalin, sans préciser le montant finalement perçu. »[1] Pire, le rendement de cette taxe est quasi certainement négatif en raison des effets indirects sur les autres recettes fiscales non réalisées à cause de celle-ci, comme le constate l'économiste Antoine Lévy[2].
  • en 2025, la baisse de la fiscalité au Portugal fait monter les recettes fiscales. En excédent budgétaire record, le pays « doit » baisser encore plus sa fiscalité[3].
  • en 2024, le Royaume-Uni observe une baisse de 18% des rentrées fiscales de l'impôt sur les revenus du capital après avoir augmenté la fiscalité de ces revenus et rendu 30% de contribuables imposables en plus. Cette baisse est suivie d'une nouvelle chute de 10% l'année suivante[4]
  • sous la présidence d'Emmanuel Macron en France, la baisse du taux d'impôt sur les sociétés, passé de 33 % à 25 % a permis de générer une croissance de +32 % des recettes du même impôt sur les sociétés, entre 2016 et 2021[5].
  • en 2016, la Belgique augmente massivement les taxes sur les boissons alcoolisées. Au lieu de générer une hausse des revenus fiscaux de 200 millions d'euros, cette hausse des taxes fait baisser de 22 millions les revenus de l'État à cause de la diminution de consommation et du déplacement d'achat de boissons alcoolisées vers les pays proches[6]
  • en 2013, le gouvernement socialiste augmente fortement les impôts en France ; les recettes de TVA reculent alors de 2,3 %, le déficit est plus élevé que prévu et se rapproche des 4 % du PIB[7]. De manière particulièrement marquée, la hausse massive de la fiscalité du patrimoine par François Hollande généra un effet Laffer avec une baisse des recettes fiscales (détaillée dans l'article dédié « flat tax »)
  • en 2010, le Royaume-Uni augmenta le taux marginal de l'impôt sur le revenu à 50 %. Loin de rapporter ce qui avait été prévu, cette mesure rapporta au mieux 45 % du montant attendu et aurait même probablement réduit les recettes fiscales selon le Trésor britannique[8].
  • en avril 2006, le Trésor américain a annoncé que les recettes fiscales avaient atteint leur second point le plus haut de l'histoire à la suite des baisses d'impôts de 2003. Pour les défenseurs de Laffer, c'est une nouvelle illustration de son efficacité.
  • l'économiste Florin Aftalion cite l'exemple américain de 2004-2005 : l'année où les mesures de réduction d'impôt sont entrées en vigueur, les recettes fiscales du gouvernement ont augmenté de 8 % et 9 %. La hausse s'est poursuivie en 2006, avec +10 % au premier semestre alors que la croissance de l'économie a été de 3,9 % par an[9].
  • au Royaume-Uni, la tranche marginale de l'impôt sur le revenu[10] passa sous Margaret Thatcher de 83 % à 60 % puis 40 %, ce qui entraîna simultanément une hausse des recettes fiscales de 1,2 milliard de livres en 1985-1986[11].
  • le ministre néo-zélandais Maurice McTigue rapporte également une application de la courbe de Laffer dans les années 1980 : « Ainsi, nous avons réduit de moitié le taux de l'impôt sur le revenu et supprimé un certain nombre de taxes annexes. Paradoxalement, les recettes de l'État ont augmenté de 20 %. Oui ! Ronald Reagan avait raison : réduire les taux de l'impôt a effectivement pour conséquence l'augmentation des recettes fiscales. »[12]

Exemples historiques

  • En 1933, John Maynard Keynes, qu'on ne taxera pas d'ultralibéralisme, écrivait : « L’argument selon lequel les impôts peuvent être si élevés qu’ils vont à l’encontre de leur objectif ne devrait pas non plus paraître étrange et que, si l’on dispose de suffisamment de temps pour récolter les fruits, une réduction des impôts aura plus de chances qu’une augmentation d’équilibrer le budget. » [13]
  • en 1803 déjà, l'effet Laffer était documenté par Jean-Baptiste Say : « Lorsque Turgot, en 1775, réduisit à moitié les droits d’entrée et de halle sur la marée qui se débitait à Paris, le montant total de ces droits resta le même. » [14]
  • Dans son Testament politique, le Cardinal de Richelieu écrivait : « Il y a plus : l’augmentation des impôts est capable de réduire un grand nombre de sujets du Roi à la fainéantise, étant certain que la plus grande partie du pauvre peuple et des artisans employés aux manufactures aimeront mieux demeurer oisifs et les bras croisés que de consommer toute leur vie en un travail ingrat et inutile, si la grandeur des [impôts] les empêche de recevoir [le salaire] de la sueur de leur corps » [15]
  • Barthélémy de Laffémas (1545-1612), équivalent du ministre des Finances à l'époque de Henri IV, résumait l'effet Laffer, déjà bien connu, en « Trop d’impôt tue l’impôt ». On lui attribue aussi parfois l'expression « les hauts taux tuent les totaux »
  • Dès le XIVe siècle, le lettré arabe Ibn Khaldoun écrivait : « Il faut savoir qu'au début d'une dynastie, l'impôt engendre des recettes importantes moyennant une petite assiette fiscale. À la fin de la dynastie, l'impôt ramène de petits revenus malgré une assiette large. » [16]

L'effet Laffer

L'effet Laffer désigne les situations où une hausse des impôts entraîne une baisse des recettes fiscales. Cela est largement nourri par l'exil fiscal ainsi que les comportements d'évitement, comme le fait de travailler moins car cela ne rapporte plus assez aux yeux du travailleur. Par exemple, un médecin qui s'arrêterait de travailler un jour par semaine car tout revenu additionnel est taxé à 70 %.

Critique de la Courbe de Laffer

La courbe de Laffer est critiquée par les libertariens car, par le fait même d'invoquer une augmentation des recettes fiscales, sans procéder pour autant à une remise en cause de l'accaparement par l’État des richesses produites par le citoyen, elle défend l'existence de l’État. Cette approche s'en tient seulement à la recherche d'une « efficacité fiscale » sans remettre en cause la dépense fiscale elle-même. Elle incite à chercher le niveau de taxation optimal compte tenu des charges à couvrir ; ce niveau peut être cependant très élevé. Elle est valable peut-être dans un enfer fiscal, mais pas dans un paradis fiscal. Elle peut contribuer à alimenter une illusion fiscale.

Selon le point de vue libertarien, ce n'est pas quand il devient excessif que l'impôt est nocif. Même à un taux très bas, l'impôt est systématiquement nocif, du fait qu'il est levé sans le consentement de ses victimes. Selon la loi de Bitur-Camember, il équivaut toujours à une destruction de richesse.

Citations

  • « Il me paraît que votre secret est surtout de diminuer les impôts pour augmenter la recette. Vous confirmez cette vérité, qu’on pourrait prendre pour un paradoxe, en rapportant l’exemple de ce que vient de faire un homme plus instruit peut-être que Sully, et qui a d’aussi grandes vues que Colbert, avec plus de philosophie véritable dans l’esprit que l’un et l’autre (il s’agit de Turgot). Pendant l’année 1774, il y avait un impôt considérable établi sur la marée fraîche ; il n’en vint, le carême, que 153 charriots. Le ministre dont je vous parle diminua l’impôt de moitié ; et cette année 1775, il en est venu 596 charriots ; donc le roi, sur ce petit objet, a gagné plus du double ; donc le vrai moyen d’enrichir le roi et l’État est de diminuer tous les impôts sur la consommation ; et le vrai moyen de tout perdre est de les augmenter. » (Voltaire, Lettre du 10 mai 1775 à l’abbé Baudeau)
  • « Le pouvoir de lever des impôts, une fois qu’on l'a accordé, n'a pas de limite ; il va croissant jusqu'au moment où l'impôt tue l'impôt. » (Robert Heinlein, Révolte sur la Lune)

Informations complémentaires

Notes et références

  • Budget : fiasco de la contribution sur les hauts revenus, qui rapportera un milliard d’euros de moins que prévu en 2026, 21 janvier 2026

  • Antoine Lévy sur X

  • Le Portugal a encore dégagé un excédent budgétaire, de quoi financer ses baisses d'impôts pour les jeunes

  • Capital gains tax receipts fall after big cuts in allowances, Financial Times, 25 juillet 2025

  • Revenu total généré par la collecte de l'impôt sur les sociétés en France de 2007 à 2021

  • une perte de 22 millions due à l'augmentation des accises en 2016, La Libre Belgique, 17 janvier 2017

  • L'impôt tue l'impôt

  • Acrobat-7 acidtux software.png [pdf](en)The Exchequer effect of the 50 per cent additional rate of income tax,

  • L'économie de l'offre se porte bien, Florin Aftalion

  • Scott W. Hahn, 1980, "The Outcome of the Income Tax. A historical review of the graduated income tax and today's conseéquences in the U.S", The Freeman, Vol 30, n°3, March, pp134-140

  • Jean-Pierre Dormois, Histoire économique de la Grande-Bretagne au XXe siècle, Hachette, p.148

  • « Réduire l'État a ses justes proportions », Maurice McTigue

  • « Nor should the argument seem strange that taxation may be so high as to defeat its object, and that, given sufficient time to gather the fruits, a reduction of taxation will run a better chance than an increase of balancing the budget. » In Path to Prosperity (1933), repris ici

  • Traité d'économie politique, Jean-Baptiste Say

  • La pensée politique de Richelieu, Jean-Baptiste Noé

    1. Mécanisme des impôts, traduction Monteil, 1967

    Bibliographie

    • 2003, Wim Heijman, Johan van Ophem, "The Laffer Curve Revisited", In: Jürgen Backhaus, Wim Heijman, Andries Nentjes, Johan van Ophem, dir., "Economic Policy in an Orderly Framework – Liber Amicorum for Gerrit Meijer", Münster: LIT Verlag, pp201-211

    Voir aussi

    Lien externe

    https://www.wikiberal.org/wiki/Courbe_de_Laffer


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