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janvier 23, 2026

France - internationales news !

Sommaire:

A) - Pourquoi la France devrait quitter l’UE : l’analyse percutante de Philippe de Villiers

B) - La fin programmée des zones à faibles émissions ? 

C) - La France cède encore du terrain : vers une Europe sans frontières ni horizons ultramarins ?

D) - Vers une détente russo-américaine ? 

E) - La réponse ironique de Vladimir Poutine au « conseil de paix » de Donald Trump

F) - L’Europe, vassale des États-Unis : une dépendance géopolitique inéluctable ?

 


 

A) - Pourquoi la France devrait quitter l’UE : l’analyse percutante de Philippe de Villiers

Dans une chronique publiée ce matin dans Le Journal du Dimanche, Philippe de Villiers, fondateur du Puy du Fou et ancien ministre, lance un cri d’alarme sans ambiguïté : il est temps pour la France de quitter l’Union européenne (UE).

Selon lui, ce qui était autrefois présenté comme un rêve de paix, de prospérité et de civilisation s’est mué en un cauchemar de dépendance, de contrôle et de perte de souveraineté.

Inspiré par ses arguments, explorons les raisons profondes qui, d’après Philippe de Villiers, rendent ce départ inévitable.

 

Les promesses trahies de l’UE

L’UE est née avec de grandes ambitions, portées par les Pères fondateurs comme Robert Schuman, Alcide De Gasperi et Konrad Adenauer. Elle se voulait un bastion de civilisation européenne, ancré dans des racines chrétiennes symbolisées par son emblème – douze étoiles sur fond bleu, évoquant la Vierge Marie du vitrail de la cathédrale de Strasbourg. Mais aujourd’hui, argue de Villiers, l’UE a renié cette promesse. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a récemment déclaré le 10 décembre 2025 : « Nous devons ouvrir davantage de voies sûres vers l’Europe pour faire face à nos besoins économiques. » Cette politique d’immigration massive, selon lui, favorise un « chassé-croisé démographique » entre l’Europe et l’Afrique, préparant le terrain à un « califat européen » imposé par des groupes comme les Frères musulmans. Le patron du renseignement territorial français a d’ailleurs alerté sur leur infiltration, visant à imposer la charia. L’identité européenne, autrefois célébrée, est en train de s’effacer.

La deuxième promesse brisée est celle de la paix. L’UE, fille de l’OTAN, risque de mourir par elle, prévient de Villiers. Les erreurs cumulées :

L’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, le sabotage des accords de Minsk (voir ici et ici) et l’envoi annoncé de soldats ont transformé l’Europe en belligérante.

Ignorant les avertissements d’Henry Kissinger, l’UE nous entraîne dans une guerre hors de ses frontières, comme en Ukraine ou potentiellement au Groenland. Au lieu de pacifier, elle militarise et intervient, contrôlant même les exportations d’armement françaises.

 

Le mirage de la prospérité et de la liberté

La prospérité promise s’est évaporée. Le choc tarifaire douanier imposé par les États-Unis le 27 juillet 2025 a révélé que l’Europe n’est plus un allié protégé, mais un marché consommable. Pendant ce temps, la concurrence chinoise dévore l’industrie européenne, tandis que le continent décroche dans la « Silicium Economy » du Pacifique. Nos semi-conducteurs dépendent désormais des États-Unis et de l’UE elle-même, signant une perte d’autonomie économique. Philippe De Villiers pointe aussi les nouveaux accords de libre-échange avec l’Inde, la Malaisie, l’Australie et les Émirats arabes unis, qui resserrent le « nœud coulant » autour des nations membres. L’agriculture européenne, berceau de l’UE, est sacrifiée : les protestations des agriculteurs contre le Mercosur en témoignent, avec des mairies retirant le drapeau européen en solidarité.

Enfin, la liberté tant vantée cède la place à une servitude numérique. L’UE prépare un système de notation sociale à la chinoise, transformant les citoyens en « QR codes » fichés, scannés et géolocalisés. Ce virage totalitaire punit déjà les délits d’opinion et impose une censure croissante. De Villiers évoque une « pieuvre » super-étatique qui étouffe les nations.

Retrouver la souveraineté : un impératif vital

Pour de Villiers, le bilan est clair : l’UE est atteinte de « fièvre mortelle ». Née de promesses, elle s’effondre sous le poids de ses fruits amers. Il est temps de partir pour reconquérir les quatre attributs de la souveraineté : faire la loi (au lieu de transposer des normes), rendre justice (sans ingérence des cours suprêmes), battre monnaie (l’euro étouffant les alarmes économiques) et déclarer la guerre (sans marché unique de défense imposé). Comme le disaient les Anciens : « Le pouvoir, c’est quand on l’a. »

Cette sortie de l’UE, ou « Frexit », n’est pas un saut dans l’inconnu, mais un retour aux fondamentaux de la nation.

Elle permettrait à la France de négocier ses propres accords, de protéger son agriculture et son industrie, et de préserver son identité. Dans un monde où les États-puissances reviennent en force – comme le montre la capture de Nicolás Maduro marquant la fin de l’ordre post-Guerre froide –, seule la souveraineté peut nous armer contre la prédation.

Philippe de Villiers, avec son franc-parler habituel, nous invite à méditer : le rêve européen est devenu cauchemar. Il est temps d’agir.

https://multipol360.com/pourquoi-la-france-devrait-quitter-lue-lanalyse-percutante-de-philippe-de-villiers/

 


B) - La fin programmée des zones à faibles émissions ?  

Les Zones à Faibles Émissions (ZFE), ces périmètres urbains destinés à bannir les véhicules les plus polluants des centres-villes, sont sur le point de connaître une fin abrupte.

Le 20 janvier 2026, une commission mixte paritaire du Parlement français a validé un compromis actant leur disparition progressive, marquant un tournant majeur dans les politiques écologiques du pays.

Cette décision, issue d’un projet de loi initialement axé sur la simplification administrative, répond à une vague de contestations populaires et politiques qui dénoncent ces zones comme un symbole d’écologie déconnectée des réalités sociales. Au cœur des critiques : l’idée que les ZFE orchestrent une véritable « chasse aux pauvres » dans les grandes agglomérations françaises, excluant les classes modestes des cœurs urbains au profit d’une élite plus aisée.

Les ZFE : un outil écologique aux objectifs louables mais contestés

Instaurées par la loi d’orientation des mobilités de 2019 et renforcées par la loi Climat et Résilience de 2021, les ZFE visent à améliorer la qualité de l’air en interdisant progressivement les véhicules classés Crit’Air 3, 4 et 5 dans les métropoles de plus de 150.000 habitants. À l’origine, 43 agglomérations étaient concernées, avec des villes comme Paris, Lyon, Marseille ou Toulouse en tête de file. Les bénéfices environnementaux sont réels : des études montrent une baisse des concentrations de dioxyde d’azote et de particules fines (même si de nombreuses autres sources sont aussi responsables), suceptibles de causer des milliers de décès prématurés annuels en France. Par exemple, à Paris et Lyon, les niveaux de pollution ont diminué de manière notable depuis leur mise en place.

Pourtant, ces mesures ont rapidement suscité un tollé. Les opposants soulignent que les ZFE exacerbent les inégalités sociales en pénalisant les ménages modestes, contraints de choisir entre l’achat coûteux d’un véhicule propre ou l’abandon de leurs déplacements essentiels. Avec 11,4 millions de véhicules impactés – soit près de 29 % du parc automobile français – ces zones touchent particulièrement les résidents des périphéries et des zones rurales, où les transports en commun sont souvent insuffisants ou inexistants. Les aides publiques, jugées inégales et insuffisantes, n’ont pas suffi à atténuer l’impact sur les budgets serrés.

La « chasse aux pauvres » : une exclusion géographique et sociale

Au-delà des arguments environnementaux, les ZFE sont accusées de créer une ségrégation urbaine flagrante.

Dans les grandes agglomérations, ces zones transforment les centres-villes en enclaves réservées aux plus fortunés, capables d’investir dans des véhicules électriques ou récents.

Les classes populaires, artisans, forains, travailleurs de nuit et ruraux se retrouvent relégués à la périphérie, privés d’accès aux emplois, services publics, commerces et lieux culturels essentiels. Cette dynamique évoque une « chasse aux pauvres », où l’écologie punitive sert de prétexte à une marginalisation accrue, assignant les modestes à des zones délaissées comme un « bracelet électronique » invisible.

Cette fracture sociale s’inscrit dans une vision plus large de la « France périphérique », où les élites métropolitaines imposent des normes déconnectées des réalités quotidiennes.

Les véhicules anciens, souvent indispensables pour les ménages aux revenus limités, deviennent des symboles d’exclusion : une vieille Twingo est bannie tandis qu’une Ferrari récente passe sans encombre. Ajoutez à cela la hausse des taxes sur l’essence (représentant 60 % du prix à la pompe), les contrôles techniques sévères et l’obsolescence programmée des modèles modernes, et l’automobile – pilier de mobilité pour 80 % des Français – se mue en fardeau insurmontable. Les ZFE amplifient ce sentiment d’abandon, rappelant les origines des Gilets jaunes en 2018, où une taxe carbone avait déjà cristallisé la colère contre une fiscalité écrasante.

Des sondages révèlent un rejet massif : jusqu’à 80 % des Français souhaitent leur disparition, transcendant les clivages politiques. Les populations les plus vulnérables, souvent exposées aux pollutions environnementales dans leurs quartiers populaires, subissent paradoxalement les effets indirects des politiques de transition, qui pèsent plus lourd sur leurs budgets. Sans alternatives viables comme des transports publics renforcés ou des aides substantielles, ces mesures risquent de transformer les villes en « zones à forte exclusion », creusant les inégalités et alimentant un ras-le-bol généralisé face à un État perçu comme défaillant.

Une mobilisation populaire et parlementaire triomphante

La contestation n’est pas restée lettre morte. Des mouvements citoyens, fédérés par des collectifs comme Stop ZFE, ont orchestré des manifestations massives, des pétitions et des alliances transpartisanes impliquant motards, commerçants, artisans et élus locaux. Des maires de communes périphériques ont refusé d’appliquer les restrictions, tandis que des sondages commandés par ces groupes ont mis en lumière un consensus populaire contre ces zones. Cette mobilisation exemplaire, amplifiée par les réseaux sociaux et des figures publiques dénonçant le mépris envers les « gueux » de la République, a créé un rapport de force inédit.

Au Parlement, la pression a payé. Dès mars 2025, des amendements portés par la droite et le Rassemblement national ont été adoptés en commission, malgré l’opposition du gouvernement. Le 28 mai 2025, l’Assemblée nationale a voté la suppression des ZFE, une mesure confirmée en juin malgré des craintes de cavalier législatif. Le compromis de janvier 2026 supprime le cadre national obligatoire, laissant aux élus locaux le choix de maintenir ou non ces zones. Cette victoire, saluée comme une résilience républicaine, défie même les directives européennes sur la qualité de l’air, risquant des sanctions de Bruxelles mais affirmant une souveraineté nationale sur les priorités sociales.

Des enjeux persistants : équilibre entre climat et pouvoir d’achat

Si les ZFE ont permis de considérer sérieusement les problèmes de polution urbaine, leur suppression soulève des questions sur l’avenir de la transition écologique. Des voix, comme celle de l’ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher, dénoncent exagérément un recul qui pourrait coûter des mois d’espérance de vie aux citadins exposés à la pollution. Cependant, des études soulignent que les bénéfices des ZFE seraient socialement répartis, y compris pour les plus modestes, surexposés aux pollutions. Le défi reste donc de concilier impératifs environnementaux et justice sociale, via des aides élargies, des alternatives de mobilité et une écologie plus humaniste.

Cette décision parlementaire pourrait marquer le début d’une ère où les politiques vertes intègrent enfin les angoisses sociales, évitant que l’écologie ne devienne un outil de division. Mais avec des votes finaux prévus fin janvier 2026 et un possible recours au Conseil constitutionnel, l’avenir des ZFE reste suspendu à un fil – tout comme la mobilité des millions de Français modestes.

https://multipol360.com/la-fin-programmee-des-zones-a-faibles-emissions/


C) - La France cède encore du terrain : vers une Europe sans frontières ni horizons ultramarins ?

Dans un contexte où l’intégration européenne semble primer sur les intérêts nationaux, la France apparaît de plus en plus comme un État en retrait, prêt à diluer sa souveraineté pour s’aligner sur une vision continentale étriquée.

L’idée d’une Europe sans frontières, promue comme un idéal de fluidité et d’unité, masque en réalité une amputation progressive des attributs qui font la grandeur d’une nation : ses territoires éloignés, ses zones économiques exclusives et son rayonnement mondial. Les récents développements concernant Saint-Pierre-et-Miquelon et la Nouvelle-Calédonie illustrent cette tendance alarmante, où Paris, sous la présidence d’Emmanuel Macron, semble favoriser des arrangements qui érodent l’autorité française au profit d’une Europe recentrée sur son cœur continental, expurgée de ses extensions ultramarines. Cette critique examine ces cas, en soulignant comment ils contribuent à une perte d’identité et de puissance, loin des promesses d’une souveraineté partagée.

Saint-Pierre-et-Miquelon : un abandon aérien sous couvert technique

L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, petit joyau français au large des côtes canadiennes, symbolise parfaitement cette érosion sournoise.

Annick Girardin, sénatrice de l’archipel et ancienne ministre des Outre-mer, a récemment alerté le président Macron sur un projet qui vise à transférer le contrôle d’une partie de l’espace aérien français à Ottawa.

Plus précisément, il s’agit de la zone d’approche en dessous de 6.000 pieds (environ 1.800 mètres), justifiée par des motifs administratifs et techniques. Girardin qualifie cela d’« abandon de souveraineté », affirmant qu’« on ne sous-traite pas sa souveraineté ». Découvert par hasard mi-décembre, ce plan risque d’être perçu localement comme un renoncement manifeste, envoyant un signal d’abdication incompréhensible de la part de la France.

 Historiquement, la souveraineté française dans ce bassin nord-américain n’a jamais été remise en question. Saint-Pierre-et-Miquelon, en tant que territoire d’outre-mer (PTOM) lié à l’Union européenne via la France, partage des similarités avec le Groenland sous souveraineté danoise. Pourtant, ce transfert aérien ouvre la porte à une dépendance accrue vis-à-vis du Canada, potentiellement influencée par des accords commerciaux comme le CETA (Accord économique et commercial global entre l’UE et le Canada). Critiquement, cela affaiblit la crédibilité diplomatique de Paris, surtout dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis sur le Groenland. Comment la France peut-elle défendre son influence stratégique si elle ne protège pas ses propres confins ? La sénatrice Girardin propose une coopération internationale avec le Danemark et le Groenland pour contrer le « retour assumé des impérialismes », mais l’Élysée semble sourd à ces appels. Ce cas n’est pas anodin : il préfigure une Europe qui, pour fluidifier ses relations transatlantiques, sacrifie les marges françaises, rendant l’Hexagone plus vulnérable et moins global.

Nouvelle-Calédonie : Des accords qui masquent une capitulation progressive

Plus au sud, en Nouvelle-Calédonie, les accords récents accélèrent cette dynamique de recul souverain. L’accord Élysée-Oudinot, signé le 19 janvier 2026 sous l’égide de Macron et de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, complète celui de Bougival de juillet 2025. Il instaure un « État calédonien » associé à la France, avec une citoyenneté locale, des compétences élargies en fiscalité, immigration et relations internationales (bien que limitées), un droit à l’autodétermination futur, et des transferts conditionnels en sécurité, justice et défense. Des investissements massifs de l’État pour les comptes sociaux, une double nationalité, et la capacité de signer des traités internationaux tout en maintenant des liens avec la France pour l’euro et la diplomatie : sur le papier, cela semble équilibré. Mais en réalité, cela contourne les résultats des référendums d’autodétermination de 2018 (53,3 % pour le maintien dans la France), 2020 (56,7 %) et 2021 (96,5 %, boycotté par les indépendantistes).

 Les critiques fusent : cet accord dilue le poids des Kanaks autochtones en ouvrant le corps électoral aux résidents récents, modifiant les équilibres démographiques. Des voix comme Nicolas Dupont-Aignan y voient une capitulation préparant une indépendance de facto, un déni de démocratie. Les loyalistes évoquent un parallèle avec l’exode des pieds-noirs d’Algérie en 1962, avec perte de propriétés et trahison par la métropole. Géopolitiquement, la Nouvelle-Calédonie représente 25 % des réserves mondiales de nickel, essentiel pour les technologies vertes, et renforce la position maritime française dans l’Indo-Pacifique via sa zone économique exclusive. Perdre le contrôle expose l’archipel à l’influence chinoise, américaine ou australienne, affaiblissant Paris dans un contexte de tensions régionales.

L’accord de juillet 2025, dit « Le Pari de la confiance », né des émeutes de mai 2024 (14 morts), crée déjà un « État de Nouvelle-Calédonie » au sein de la République avec autonomie accrue et transferts de compétences régaliennes. Macron le salue comme un « chemin d’avenir partagé », mais il est perçu comme un renoncement, contredisant la République indivisible et ouvrant à une fragmentation. Les indépendantistes y voient une étape vers la souveraineté pleine, les loyalistes un compromis précaire risquant de nouvelles violences. Cet effet domino pourrait toucher la Polynésie ou la Réunion, amplifiant la perte territoriale.

Vers une Europe expurgée : Implications pour l’UE et la souveraineté française

Ces cas s’inscrivent dans une tendance plus large : une Europe sans frontières qui, pour se consolider, expurge les territoires ultramarins ne s’intégrant pas parfaitement à son modèle. Les PTOM comme Saint-Pierre-et-Miquelon ou la Nouvelle-Calédonie sont des OCT sous droit UE, hors marché intérieur mais bénéficiant de liens préférentiels. Pourtant, leur statut hybride – citoyens UE mais territoires éloignés – pose problème dans une Union obsédée par l’harmonisation. La stratégie indo-pacifique de Macron, lancée depuis la Nouvelle-Calédonie en 2018, vante la souveraineté française comme atout européen, mais les transferts d’autonomie contredisent cela.

Critiquement, ces abandons affaiblissent la France : perte de 350.000 km² de ZEE dans des disputes comme celles avec Vanuatu sur des îlots calédoniens, exposition à des puissances rivales, et repli sur un espace continental amoindri. L’Europe sans frontières devient une Europe sans ambitions globales, où la France, jadis impériale, se mue en simple province. Macron, accusé de faiblesse, ignore les référendums et cède aux pressions, motivé par des intérêts obscurs. Cette politique contredit le « non » français au traité constitutionnel européen de 2005 et risque un effet domino sur la Corse ou la Guyane.

En conclusion, ces renoncements ne sont pas des évolutions naturelles mais des choix politiques qui érodent l’essence de la France. Pour retrouver sa souveraineté, Paris doit rejeter cette Europe expurgée et réaffirmer son ancrage ultramarin, sous peine de devenir une nation diminuée dans un monde multipolaire.

https://multipol360.com/la-france-cede-encore-du-terrain-vers-une-europe-sans-frontieres-ni-horizons-ultramarins/


D) - Vers une détente russo-américaine ?  

La rencontre Poutine-Witkoff ouvre la voie à des négociations sur l’Ukraine

Dans un contexte géopolitique marqué par des tensions persistantes autour de l’Ukraine, une rencontre significative s’est tenue ce vendredi au Kremlin entre le président russe Vladimir Poutine et une délégation américaine menée par Steve Witkoff, envoyé spécial du président des États-Unis Donald Trump.

Accompagné de Jared Kushner et de Joshua Grunbaum, conseiller principal à la Maison Blanche spécialisé dans les questions économiques, Witkoff a transmis des messages directs de Washington, soulignant une volonté commune de paix entre Moscou et la Maison Blanche.

Cette entrevue, qualifiée de « substantielle et constructive » par le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov, marque un pas supplémentaire vers un dialogue diplomatique, écho des efforts déployés depuis la rencontre au sommet d’Anchorage en août dernier.

Un échange franc et confiant au kremlin

La discussion, qui a duré environ quatre heures, s’est déroulée dans une atmosphère de « franchise et de confiance maximales », selon Ouchakov. Les représentants américains, tout juste arrivés de Davos où ils ont participé à des événements aux côtés de Donald Trump – y compris une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky –, ont partagé des impressions de première main sur ces échanges. Cette proximité avec les événements récents a permis d’aborder en profondeur la crise ukrainienne, avec un accent mis sur la nécessité d’une résolution politique et diplomatique.

Comme l’a rappelé Ouchakov, Vladimir Poutine a réaffirmé la position russe : une aspiration sincère à un règlement pacifique, tout en maintenant que la Russie poursuivra ses objectifs militaires tant qu’une solution diplomatique n’est pas trouvée. « Nous souhaitons sincèrement un règlement de la crise ukrainienne par des méthodes politiques et diplomatiques », a insisté le président russe, tout en soulignant que les forces armées russes conservent l’initiative stratégique sur le terrain. Cette déclaration fait écho au discours de Vladimir Poutine lors de la conférence de presse conjointe avec Trump à Anchorage le 15 août, où il avait exprimé l’espoir que les ententes russo-américaines ouvrent « la voie vers la paix en Ukraine », en appelant Kiev et les capitales européennes à éviter toute provocation.

Du côté américain, la volonté de paix est tout aussi évidente. L’administration Trump, par l’intermédiaire de ses émissaires, démontre un désir de comprendre les racines du conflit et de contribuer activement à sa résolution. Comme l’avait noté Poutine à Anchorage, « nous voyons l’aspiration de l’Administration américaine et personnellement du Président Trump à contribuer à la résolution du conflit ukrainien ». Cette convergence d’intérêts – loin des confrontations de l’ère précédente – illustre une volonté partagée de passer de la confrontation au dialogue, bénéfique non seulement pour les deux superpuissances mais pour la stabilité mondiale.

Des accords concrets pour avancer vers la paix

 Les négociations ont abouti à des avancées tangibles. Dès ce vendredi 23 janvier, une première réunion d’un groupe de travail trilatéral sur la sécurité – impliquant la Russie, les États-Unis et l’Ukraine – se tiendra à Abu Dhabi. Parallèlement, un groupe bilatéral russo-américain sur les questions économiques, dirigé par Kirill Dmitriev (côté russe) et Steve Witkoff (côté américain), se réunira au même endroit. La délégation russe, déjà formée et en route pour les Émirats arabes unis, est conduite par l’amiral Igor Kostioukov, chef de la Direction générale de l’État-major des forces armées russes. Poutine a personnellement donné des instructions détaillées à cette équipe, intégrant les éléments discutés avec les Américains.

Un point central des échanges a été la question territoriale, indispensable à un règlement durable. Ouchakov a insisté sur le fait qu’aucune paix ne sera possible sans une résolution conforme à la « formule convenue à Anchorage », un cadre bilatéral établi lors du sommet d’août qui vise à équilibrer les intérêts des parties.

Cette approche pragmatique reflète la détermination de Moscou et Washington à prioriser la diplomatie, tout en reconnaissant les réalités sur le terrain.

Initiatives économiques et le « conseil de la paix »

Au-delà de l’Ukraine, la rencontre a porté sur des initiatives plus larges. Notamment, l’idée de Donald Trump de créer un « Conseil de la paix » a été discutée, avec une contribution russe proposée à hauteur de 1 milliard de dollars, financée par les actifs russes bloqués sous l’administration précédente. Le reste de ces réserves pourrait être alloué à la reconstruction des territoires affectés par les hostilités, une fois un traité de paix signé entre Moscou et Kiev. Cette proposition symbolise une volonté de transformer les sanctions passées en outils de réconciliation.

Les discussions ont également effleuré des questions régionales, comme la situation au Groenland, et le potentiel de coopération bilatérale dans divers domaines. Ouchakov a souligné que « nos pays ont un énorme potentiel de coopération », marquant un virage conceptuel vers une relation plus constructive.

Les deux parties se sont engagées à maintenir des contacts étroits, non seulement sur l’Ukraine mais sur d’autres dossiers internationaux.

Une étape prometteuse dans un contexte fragile

Cette rencontre au Kremlin, la première impliquant Joshua Grunbaum dans l’équipe américaine, intervient après une période de gel des relations bilatérales, qualifiée par Poutine à Anchorage comme la plus basse depuis la Guerre froide. Elle confirme l’actualité d’un redémarrage du dialogue, préparé minutieusement, et alimente l’espoir d’un règlement en Ukraine. Cependant, comme l’avait averti le président russe, tout progrès dépendra de la coopération de Kiev et de l’Europe, sans « provocations ou intrigues en coulisses ».

En somme, cette entrevue illustre une volonté de paix affirmée tant par Washington que par Moscou. L’administration Trump, avec son approche pragmatique, et le Kremlin, avec son insistance sur des solutions diplomatiques, semblent alignés pour dénouer la crise. Reste à voir si les réunions d’Abu Dhabi transformeront ces intentions en actions concrètes, ouvrant une nouvelle ère de stabilité en Europe de l’Est.

https://multipol360.com/vers-une-detente-russo-americaine/ 

 


E) - La réponse ironique de Vladimir Poutine au « conseil de paix » de Donald Trump

Dans un monde où les institutions internationales comme l’ONU peinent à imposer la paix, Donald Trump, fidèle à son style disruptif, propose un « Conseil de la Paix » comme alternative. Annoncé lors du sommet de Davos le 21 janvier 2026, ce conseil vise à résoudre des conflits majeurs, notamment à Gaza et en Ukraine, avec un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent.

Mais lorsque Trump invite Vladimir Poutine à rejoindre cette initiative, la réponse russe n’est pas une adhésion enthousiaste : c’est une riposte conditionnelle, teintée d’ironie, qui met en lumière les limites des négociations américaines.

Comme le soulignent certains observateurs, Vladimir Poutine, connaissant bien les Américains et Trump en particulier – ce maître des deals qui négocie tout et n’importe quoi –, ne s’engage pas vraiment. Cette réponse semble plus une pirouette diplomatique qu’une proposition économique sérieuse, exposant les faiblesses d’un projet perçu comme une « ONU version MAGA ».

Le contexte : un conseil de paix à l’américaine

Le « Conseil de la Paix », présidé par Donald Trump lui-même (potentiellement à vie, selon des fuites), est conçu pour contourner l’ONU, jugée inefficace par Washington.

Les membres permanents doivent verser un milliard de dollars, une somme qui financerait des opérations de paix, à commencer par la reconstruction de Gaza après des mois de conflit. Trump a envoyé des invitations à des alliés traditionnels comme la France, l’Allemagne ou le Canada, mais aussi à des figures jugées controversées par l’establishment : Vladimir Poutine, Javier Milei (Argentine), Viktor Orban (Hongrie), Recep Tayyip Erdogan (Turquie), et même Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil). Le Kremlin a confirmé le 19 janvier que Vladimir Poutine avait reçu cette invitation via des canaux diplomatiques, et qu’il demandait à son ministère des Affaires étrangères d’étudier la proposition. Donald Trump, de son côté, a rapidement affirmé à Davos que Vladimir Poutine avait « accepté », mais cela semble une déclaration hâtive qui ignore les nuances russes.

Cette initiative s’inscrit dans une phase deux du plan Trump pour Gaza, après un cessez-le-feu fragile obtenu sous pression américaine. Mais au-delà du Moyen-Orient, elle touche l’Ukraine : Trump voit ce conseil comme un levier pour négocier avec Moscou, potentiellement en reliant les avoirs russes gelés (environ 300 milliards de dollars bloqués depuis 2022) à des accords de paix.

La riposte russe : conditions et ironie sous-jacente

La réponse de Vladimir Poutine, diffusée lors d’une réunion du Conseil de sécurité russe le 21 janvier, est tout sauf une capitulation.

Il accepte en principe d’étudier l’invitation et de payer le milliard requis, mais avec une condition astucieuse : prélever cette somme sur les avoirs russes gelés aux États-Unis.

Les fonds restants pourraient servir à reconstruire les territoires ukrainiens endommagés et à aider la Palestine, en soulignant les « relations particulières » entre Moscou et le peuple palestinien. Cette proposition force Washington à « rendre » indirectement de l’argent perçu comme « détourné » par les sanctions, tout en liant l’Ukraine et Gaza – deux fronts où les intérêts russes et américains s’opposent.

Ici réside l’ironie profonde : Vladimir Poutine ne négocie pas vraiment. Connaissant Donald Trump, cet homme d’affaires qui transforme toute discussion en deal opportuniste, le leader russe sait que les Américains excellent dans les promesses non tenues. Depuis leur amitié affichée lors du premier mandat de Trump (marquée par des sommets comme Helsinki en 2018), Poutine a vu les volte-face : sanctions persistantes, soutien à l’Ukraine sous Biden, et maintenant une invitation qui sent le piège. En posant des conditions impossibles sans concessions majeures de Washington (comme lever les gels d’avoirs), Vladimir Poutine transforme l’offre en une « moquerie ». Ce n’est pas une négociation économique sérieuse – après tout, un milliard est une goutte d’eau pour la Russie – mais une façon de « ridiculiser » l’arrogance américaine. Comme le note Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, Moscou veut « clarifier toutes les nuances » avec les États-Unis, une formule diplomatique pour dire : « Nous ne nous précipitons pas dans votre piège. »

Réactions internationales : scepticisme et rejets

Les réactions ne se font pas attendre. La France, invitée mais dubitative, n’entend pas donner suite, estimant que le projet « soulève des questions majeures ». L’Allemagne et d’autres alliés européens partagent ce scepticisme, craignant une marginalisation de l’ONU et une légitimation de figures comme Poutine ou Loukachenko (Biélorussie). En Russie, les médias d’État présentent cela comme une ouverture, mais les analystes y voient une stratégie pour regagner des actifs perdus. Sur les réseaux, comme sur X, des voix comme celle de François Asselineau qualifient cela de « réponse du berger à la bergère », soulignant l’humour piquant de Vladimir Poutine.

Géopolitiquement, ce épisode illustre un monde multipolaire où les puissances comme la Russie ou la Chine (potentiellement invitée via les BRICS) ne se soumettent plus aux diktats américains. 

Donald Trump, en invitant Vladimir Poutine, espère diviser pour régner, mais risque d’exposer les faiblesses de son conseil : sans consensus large, il pourrait devenir une farce impériale.

L’ironie comme arme diplomatique

En fin de compte, la réponse de Vladimir Poutine n’est pas une négociation authentique, mais une ironie calculée. Connaissant les Américains et Donald Trump – ce négociateur en série qui voit le monde comme un casino –, le président russe utilise cette invitation pour retourner la situation à son avantage, sans céder un pouce. Ce n’est pas économique, c’est stratégique : une façon de rappeler que la paix ne s’achète pas à un milliard. Dans ce contexte, le « Conseil de la Paix » risque de rester une chimère trumpienne, tandis que la multipolarité s’affirme, ironie du sort.

https://multipol360.com/la-reponse-ironique-de-vladimir-poutine-au-conseil-de-paix-de-donald-trump/

 


F) - L’Europe, vassale des États-Unis : une dépendance géopolitique inéluctable ?

En 2026, l’Europe se trouve à un carrefour historique, marquée par une dépendance croissante vis-à-vis des États-Unis. Ce qui était autrefois une alliance transatlantique équilibrée s’est muée en une relation asymétrique, où l’Union européenne (UE) agit souvent comme un simple prolongement des intérêts américains. Cette « vassalisation » – un terme de plus en plus employé par les analystes – s’illustre par des accords commerciaux imposés, une subordination militaire via l’OTAN et une rupture forcée avec la Russie, accélérée par la guerre en Ukraine. Basé sur des analyses récentes, cet article explore comment l’Europe est devenue un « jouet » des États-Unis, selon l’expression de Günther Burbach, et les voies possibles pour retrouver une souveraineté stratégique.

Les racines historiques de la dépendance : du plan Marshall à la fin de la guerre froide

La vassalisation de l’Europe n’est pas un phénomène récent, mais le fruit d’une évolution post-Seconde Guerre mondiale.

Le Plan Marshall, lancé en 1947 par les États-Unis, a fourni une aide massive à l’Europe dévastée, mais en échange d’une intégration économique centrée sur le dollar.

Avec seulement 1 milliard de dollars en prêts initiaux, les États-Unis ont forcé la moitié du continent à adopter le billet vert pour rembourser, établissant ainsi une suprématie monétaire qui perdure. L’OTAN, créée en 1949, a scellé cette dépendance militaire :

comme l’a dit Lord Ismay, son premier secrétaire général, l’alliance visait à « garder les Américains dedans, les Allemands en bas et les Russes dehors ».

La fin de la Guerre froide en 1991 aurait pu marquer l’émancipation de l’Europe. Au lieu de cela, l’élargissement de l’OTAN et de l’UE a approfondi la dépendance. Les États-Unis ont promu l’ « élargissement » des démocraties de marché sous leur parapluie sécuritaire, transformant l’Europe en une sphère d’influence américaine. Depuis les années 1990, les pays européens ont démilitarisé, profitant d’un « dividende de la paix » qui a réduit leurs budgets défense, les rendant encore plus tributaires de Washington. Aujourd’hui, l’Europe représente 5 % de la population mondiale, mais sa voix géopolitique est étouffée par cette subordination.

La guerre en Ukraine : accélérateur de la vassalisation

La crise ukrainienne, déclenchée en 2014 par le Maïdan et exacerbée par l’invasion russe de 2022, a servi de catalyseur. Les États-Unis ont investi plus de 5 milliards de dollars en « promotion de la démocratie » en Ukraine avant 2014, selon Victoria Nuland, alors sous-secrétaire d’État. Armes, formations militaires et intégration d’ONG américaines ont aligné Kiev sur l’Occident, sans adhésion formelle à l’OTAN, isolant ainsi la Russie de l’Europe. Le sabotage des pipelines Nord Stream en 2022 a forcé l’UE à se détourner du gaz russe bon marché, optant pour du gaz naturel liquéfié (GNL) américain, vendu à prix premium.

Cette rupture énergétique n’a pas accru l’autonomie européenne ; elle l’a remplacée par une nouvelle dépendance. Des terminaux GNL en Allemagne (Wilhelmshaven, Brunsbüttel) illustrent cette bascule, au détriment de l’industrie européenne, qui souffre de coûts énergétiques élevés et d’une déindustrialisation accélérée. Le rapport RAND de 2019, « Extending Russia », révèle une stratégie américaine pour affaiblir Moscou en exploitant les divisions européennes. Résultat : l’Europe paie le prix économique, tandis que les États-Unis renforcent leur hégémonie.

L’accord commercial de 2025 : symbole d’une capitulation économique

L’accord commercial signé en juillet 2025 entre Donald Trump et Ursula von der Leyen marque un point d’inflexion. Présenté comme un « compromis », il impose à l’UE d’importer 750 milliards de dollars de gaz de schiste américain et d’investir 600 milliards aux États-Unis, tout en subissant des tarifs douaniers de 15 % sur ses exportations clés (voitures, machines, semi-conducteurs). Les produits américains entrent quasi duty-free, transformant l’Europe en un marché captif. Trump a exploité la dépendance militaire : l’OTAN, avec son « parapluie nucléaire » et ses systèmes cyber, logistiques et satellitaires, est devenu un levier pour exiger des paiements.

Les élites européennes, comme von der Leyen (vue comme « ambassadrice de Washington« ) et Friedrich Merz (ex-BlackRock), gèrent cette impuissance sans résistance réelle. Macron critique timidement, mais reste silencieux sur les sanctions américaines ou la déindustrialisation. Cette dépendance s’étend aux logiciels (Microsoft, AWS, Palantir), à la finance (dollar dominant, SWIFT) et à la défense (F-35, systèmes antimissiles). Un scénario hypothétique – Trump exigeant 2.000 milliards d’euros annuels pour la protection – expose l’absence de « plan B » européen.

Vers une autonomie stratégique ? les défis et les perspectives

Malgré les appels à l’« autonomie stratégique » – un concept cher à Emmanuel Macron et Josep Borrell – l’Europe peine à s’affirmer. Le Conseil européen des relations étrangères (ECFR) avertit que l’UE devient un « vassal » des États-Unis, perdant son indépendance en suivant la stratégie anti-Chine de Washington. Des accords bilatéraux hors OTAN émergent (comme entre le Royaume-Uni et l’Allemagne), et l’UE accélère ses capacités de défense communes, mais ces efforts sont surpassés par l’expansion de l’OTAN et la doctrine américaine.

Pour inverser la tendance, l’Europe doit construire une défense souveraine (avec la France, l’Italie, les pays scandinaves), un commandement cyber indépendant, des partenariats énergétiques diversifiés (Afrique, Asie, Amérique latine) et une souveraineté numérique (nuages propres, puces, normes). Restaurer des canaux diplomatiques avec la Russie, sans œillères idéologiques, est crucial. Sinon, l’Europe risque de se replier en une « coquille géopolitique vide ».

Trump n’est pas le problème, mais un miroir de l’oubli européen de l’indépendance. Face à des empires comme la Chine, la Russie et les États-Unis, l’UE doit choisir : fédération et autodétermination, ou déclin en vassal divisé. L’enjeu n’est pas seulement économique, mais civilisationnel : l’Europe doit-elle rester un centre de pouvoir, ou un simple théâtre des grandes puissances ?

 

décembre 09, 2025

Prospective - Dossier thorium: Inde; Chine.....et les autres !

 Qu’est-ce que le thorium ?

Le thorium est un métal très lourd de couleur argentée qui se trouve naturellement et abondamment dans la croûte terrestre, souvent associé à d'autres minéraux radioactifs.

 


 

Il est principalement étudié pour son potentiel en tant que combustible nucléaire, en raison de son abondance et de sa capacité à produire de l'énergie sans générer autant de déchets à longue durée de vie que l'uranium. Le thorium est ainsi considéré comme une alternative plus sûre et plus durable pour l'énergie nucléaire.

                            Thorium utilisé au Bhabha Atomic Research Centre à Mumbai en Inde.
 

Origine et numéro atomique

Le thorium a été identifié en 1829 par le chimiste suédois Jöns Jacob Berzelius, après avoir été extrait sous forme de minerai dans l'île de Løvøya en Norvège. Le nom de ce minerai provient du dieu du tonnerre dans la mythologie nordique, Thor.

La radioactivité du thorium a été découverte en 1898 par la physicienne Marie Curie et par le chimiste Gerhard Carl Schmidt.

Le thorium se situe en fin du tableau de Mendeleïev (numéro atomique = 90) dans la famille des actinides, tout comme l’uranium naturel (Z = 92)(1). Il dispose d’un seul isotope : le thorium 232.

Usages et intérêts

Le thorium possède des qualités physico-chimiques exceptionnelles : il ne fond qu’à 1 750°C et se vaporise vers 4 800°C (Pa). Il a de nombreuses applications industrielles comme matériau réfractaire, cathode en électronique, catalyseur en chimie, pour le cracking du pétrole, etc.

Une voie prometteuse pour le thorium comme combustible nucléaire semble être celle l'utilisation du mélange thorium-uranium sous la forme de sel fluorés fondus, servant à la fois de combustible et de caloporteur dans un réacteur à sel fondus (RSF). La filière thorium-uranium 233 avait déjà suscité l’intérêt des chercheurs dès les années 1950. Elle avait alors été rejetée, au bénéfice de la filière uranium-plutonium car les conditions de radioprotection n’étaient alors pas maîtrisées.

Le thorium peut également être utilisé par des réacteurs de cette nouvelle génération dans des surgénérateurs à neutrons rapides. 

Différences avec l'uranium

Le thorium est 3 à 4 plus abondant que l’uranium naturel (voir pargraphe sur les ressources plus bas dans l'article) et est très faiblement radioactif (demi-vie de 14 milliards d’années). 

Le thorium n'est pas fissile (l’uranium est le seul élément naturel à comporter un isotope fissile (uranium 235). mais fertile, c'est-à-dire qu’il et peut se transformer par absorption d’un neutron en uranium 233, élément fissile tout comme l’uranium 235 utilisé dans les réacteurs actuels à eau pressurisée (type des réacteurs du parc nucléaire français). Or, la fission de l’uranium 233 produit un peu plus de neutrons que celle de l’uranium 235, ce qui permettrait de produire davantage d’énergie avec une quantité donnée de minerai.

Dans le cas de l'uranium, la réaction en chaîne est donc amorcée par de l'uranium 235 présent dans le minerai naturel puis dans le combustible préparé à partir de ce minerai. Dans le cas du thorium, « il faut ajouter artificiellement un élément fissile (ici de l'uranium 235) dans le combustible préparé à partir de minerai naturel de thorium qui est non fissile », explique le CEA(2) (comme l'illustre son schéma suivant).


      Le couple Th232-U233 permet, comme U238-Pu239, la surgénération avec des neutrons rapides.

Contraintes économiques

L'exploitation du thorium implique des méthodes d'extraction plus coûteuses que celle de l'uranium, selon l'AIEA(3). « La recherche, le développement et les essais d'installations nucléaires alimentées au thorium sont tout aussi coûteux en raison d'un manque d'expérience significative avec la prééminence historique du thorium et de l'uranium dans l'énergie nucléaire », souligne l'Agence.

Le retraitement des combustibles usés au thorium nécessite par ailleurs le développement, au niveau industriel, d’un procédé spécifique (procédé thorex), distinct de celui utilisé pour l’uranium, ajoute le CEA.


 

Le thorium dans le monde

Ressources estimées

La proportion de thorium dans la croûte terrestre est « de l'ordre de un cent-millième, c'est-à-dire qu'il est plus abondant que l'étain, l'arsenic et les métaux précieux. Il y en a deux fois moins que le plomb, quatre fois moins que le zinc, dix fois moins que le cuivre, mais il est de trois à quatre fois plus abondant que l'uranium », selon le CEA. L'AIEA évoque un même ratio entre la concentration estimée de thorium (10,5 parts par million) et celle d'uranium (3 ppm).

L'AIEA estimait les ressources mondiales de thorium à 6 355 000 tonnes à fin 2016. Ces ressources de thorium seraient principalement situées dans 7 pays selon les connaissances actuelles (par ordre d'importance)(4) :

  • en Inde (846 000 tonnes, soit environ 13% des ressources mondiales) ;
  • au Brésil (632 000 tonnes);
  • en Australie (595 000 tonnes) ;
  • aux États-Unis (595 000 tonnes) ; 
  • en Égypte (380 000 tonnes) ;
  • en Turquie (374 000 tonnes);
  • au Venezuela (300 000 tonnes).

Inde, Norvège, Chine...

L’Inde consacre actuellement un programme important de recherche pour l'utilisation du thorium dans des surgénérateurs à neutrons rapides, ce pays possédant également d’importantes ressources de ce minerai longtemps resté dans l’ombre de l’uranium (et de faibles ressources d'uranium par ailleurs).

La Chine a pour sa part annoncé à l'été 2021 l'achèvement d'un premier réacteur nucléaire expérimental au thorium, au milieu du désert de Gobi.

En Norvège, Thor Energy a réalisé une série d’essais avec du thorium dans le réacteur nucléaire de recherche de Halden (au sud-ouest de la Norvège), avant son arrêt en 2018.

Sources / Notes

  1. Pour rappel, l’uranium est constitué de deux isotopes : l’uranium 238 (99,3%) et l’uranium 235 (0,7%) qui est le seul atome fissile présent dans la nature et utilisé industriellement pour produire de l’électricité.
  2. Une filière nucléaire au thorium, CEA.
  3. Thorium’s Long-Term Potential in Nuclear Energy: New IAEA Analysis, AIEA, 13 mars 2023.
  4. Thorium, World Nuclear Association, 2 mai 2024.

https://www.connaissancedesenergies.org/questions-et-reponses-energies/quest-ce-que-le-thorium 

 



Quels sont les avantages du thorium ?

Le thorium présente plusieurs avantages par rapport au combustible nucléaire classique, l’uranium 235. Il peut générer plus de matière fissile (uranium 233) qu’il n’en consomme pour alimenter les réacteurs nucléaires refroidis par eau ou à sels fondus et il génère moins d’actinides mineurs à longue période que les combustibles au plutonium. On estime que la couche supérieure de la croûte terrestre compte en moyenne 10,5 parties par million (ppm) de thorium contre environ 3 ppm d’uranium.

« Du fait de son abondance et de sa capacité à produire des matières fissiles, le thorium pourrait offrir une solution à long terme pour répondre aux besoins énergétiques de l’humanité », explique Kailash Agarwal, spécialiste des installations du cycle du combustible à l’AIEA et l’un des auteurs du rapport de l’AIEA.

Outre le fait que lorsqu’ils sont en service, les réacteurs alimentés au thorium – et l’énergie d’origine nucléaire en général – n’émettent pas de gaz à effet de serre, l’un des autres avantages que présentent ces réacteurs est qu’ils génèrent moins de déchets nucléaires à longue période que les réacteurs actuels alimentés à l’uranium.

https://www.iaea.org/fr/bulletin/le-potentiel-a-long-terme-du-thorium-pour-la-production-denergie-nucleaire


 

L'Inde mise sur le thorium comme nouveau combustible nucléaire

Le pays, qui possède le quart des réserves mondiales de cet élément, veut s'affranchir de l'uranium, et ainsi assurer son indépendance énergétique.

L'Inde va lancer la construction, dans les prochaines semaines, d'un prototype de réacteur à eau lourde fonctionnant au thorium, qui inaugurera une voie nouvelle dans le nucléaire civil. Le premier réacteur à vocation commerciale de ce type devrait entrer en service en 2020. L'Inde est un des seuls pays au monde à envisager sérieusement cette alternative aux combustibles nucléaires traditionnels que sont l'uranium et le plutonium.

L'utilisation du thorium dans le cycle de combustion présente de nombreux avantages. Le minerai produit moitié moins de déchets radioactifs que l'uranium et est disponible en quantité supérieure. Les réserves indiennes de thorium sont ainsi estimées à 290 000 tonnes contre seulement 70 000 tonnes dans le cas de l'uranium. De plus, au rythme de consommation actuel, les ressources mondiales identifiées en uranium pourraient s'épuiser d'ici cinquante à soixante-dix ans - sauf à recourir à la surgénération, qui était mise en oeuvre en France dans Superphénix.

Pour répondre à la croissance de ses besoins énergétiques, l'Inde n'a guère d'autre choix que de se tourner vers le thorium. Le pays veut augmenter la part de l'énergie nucléaire dans sa production d'électricité à 25 % en 2050, contre 3,7 % aujourd'hui, mais il manque d'uranium. L'Inde ne possède en effet sur son sol que 1 % des réserves mondiales de cet élément et n'est plus autorisé à en importer depuis 1974, date de son premier essai nucléaire.

La négociation d'un accord avec les Etats-Unis pourrait lever cette interdiction. Mais sa signature semble compromise en raison de l'opposition d'une partie de la coalition au pouvoir à New Delhi. "Si nous ne signons pas l'accord nucléaire avec les Etats-Unis, et faute de ressources suffisantes en uranium, nous devrons réviser à la baisse d'au moins 6 000 mégawatts (MW) notre objectif de production de 20 000 MW d'énergie nucléaire d'ici à 2020", a reconnu, le 29 octobre, Anil Kakodkar, le président du département indien de l'énergie atomique.

Reste donc le thorium, qui pourrait bien devenir le combustible de l'indépendance énergétique de l'Inde. Le pays en possède le quart des ressources mondiales. "L'idée consiste à se diriger vers l'autonomie grâce aux réacteurs à thorium", a confirmé, en octobre, Abdul Kalam, ancien président de la République, qui est considéré comme un des pères de l'arme atomique indienne.

Pour ce faire, New Delhi a lancé, à la fin des années 1970, un programme nucléaire en trois étapes. Le pays a d'abord importé des technologies étrangères pour construire des centrales classiques, à eau lourde, fonctionnant avec de l'uranium et produisant du plutonium. Douze réacteurs fonctionnent déjà et quatre autres sont en construction.

Le plutonium ainsi obtenu permettra le passage à la deuxième étape en 2010, avec la construction d'un surgénérateur d'une puissance de 300 MW. Ce réacteur utilisera comme combustible le plutonium inclus dans un "manteau" de matières fertiles, constitué d'uranium. L'Inde a finalement abandonné l'idée d'utiliser un manteau en thorium, quitte à dépendre encore de l'uranium. "Nous sommes dans la même situation qu'un investisseur. Avec le peu de ressources en plutonium que nous détenons, nous préférons miser sur un manteau en uranium, car l'énergie y est produite en plus grande quantité qu'avec un manteau en thorium", explique Ratan K. Sinha, le directeur du département "développement et conception des réacteurs" au centre de recherche atomique Bhabha.

La troisième étape, qui est initiée ces jours-ci avec le prototype au thorium, mènera à l'abandon définitif de l'uranium. Elle aboutira à la construction, dès 2020, de réacteurs fonctionnant au thorium, lit-on dans le plan d'orientation publié par le département atomique indien. Le pays a déjà construit un mini-réacteur test d'une puissance de 30 MW, pouvant convertir le thorium en uranium 233, une matière fissile qui n'existe pas à l'état naturel.

Cette technologie permet désormais à l'Inde d'envisager, à terme, la construction de réacteurs qui utiliseront, comme combustibles, l'uranium 233 et une légère quantité de plutonium. "Nous avons encore besoin de temps pour concevoir des installations sûres. En 2020, nous serons les seuls au monde à produire de l'énergie nucléaire à grande échelle à partir du thorium", assure M. Sinha. La conviction que le thorium a de l'avenir est partagée par la société américaine Novastar Ressources, qui veut se placer comme leader sur le futur marché de cet élément et vient de racheter une mine aux Etats-Unis.

 

 Afrique:

L’innovation technologique indienne

L’Inde développe ses propres technologies nucléaires, notamment les réacteurs PHWR (Pressurized Heavy Water Reactor) de 700 MW. Le premier exemplaire a été connecté au réseau en 2021 à Kakrapar, démontrant la maîtrise technologique du pays. 

L’Inde développe activement son programme de réacteurs au thorium, s’appuyant sur ses importantes réserves nationales estimées à 846 000 tonnes. Le pays conçoit un cycle du combustible en trois étapes, incluant des réacteurs surgénérateurs et des systèmes avancés au thorium. Ce programme vise à réduire la dépendance aux importations d’uranium et à établir une filière énergétique autonome. Un prototype de réacteur rapide de 500 MW est en construction à Kalpakkam, marquant une étape cruciale dans cette stratégie


L’Inde prend les devants avec sa filière à neutrons rapides

Le directeur du Conseil scientifique du Premier ministre indien, C.N.R. Rao, a déclaré à des journalistes à Bangalore que le prototype de surgénérateur indien de 500MW (le PFBR, un réacteur semblable au réacteur français SuperPhénix fermé en décembre 1998 par le gouvernement Jospin) est prêt à entrer en service au début de l’année prochaine. Il a dit que le réacteur à neutrons rapides, en construction au Centre Indira Gandhi pour la recherche atomique (IGCAR) à Kalpakkam, près de Chennai, est le premier de ce type en Inde, et que « s’il s’avérait un succès, nous deviendrons un chef de file dans l’énergie nucléaire avec cette technologie entièrement nouvelle, que nous avons maîtrisée ». Le réacteur a été entièrement conçu par IGCAR.

Le PFBR indien est un surgénérateur à sels de sodium fondus qui utilise des oxydes d’uranium appauvri et du plutonium, connus sous le nom de MOX, comme combustible. Une couverture fertile contient de l’uranium appauvri pour absorber l’excès de neutrons générés par les réactions de fission à l’intérieur du cœur du réacteur. Au bout de quelques années, les éléments de la couverture sont retraités pour en extraire le plutonium, qui sera utilisé pour alimenter les futurs surgénérateurs. Tandis que les palettes de combustibles seront placés au cœur du réacteur, les éléments de la couverture fertile resteront autour de la paroi du réacteur. Le PFBR aura 181 assemblages combustibles et 120 éléments de couverture.

Le complexe de fabrication du combustible nucléaire Hyderabad fabrique les grappes de combustible du réacteur, qui sont ensuite assemblées dans un atelier de l’IGCAR. Deux autres tranches de 500MW du même type de réacteur sont actuellement en construction. L’Inde souhaite construire six surgénérateurs de ce type d’ici 2020.

La prochaine série de PFBR sera recouverte de thorium-232. Une couverture fertile de thorium autour du combustible à l’intérieur du PFBR serait convertie en uranium-233, fissile, qui peut être ensuite extrait pour servir comme nouveau combustible. Les réacteurs indiens de troisième génération devraient utiliser de l’uranium comme combustible, plus du thorium dans leur couverture fertile.  Plusieurs scientifiques spécialisés dans le nucléaire estiment qu’un programme nucléaire utilisant du thorium permettrait de produire de l’électricité pour une période allant jusqu’à 600 ans.

Source

 


Thorium : la Chine domine l’énergie Infinie, un séisme géopolitique

La quête d’une énergie abondante, propre et sécurisée hante l’humanité depuis des décennies. Dans une vidéo récente sur YouTube, Idriss Aberkane, analyste géopolitique,

met en lumière un développement qui pourrait redessiner le paysage mondial : les avancées chinoises dans les réacteurs nucléaires à thorium.

 


 

Ce métal, souvent relégué aux oubliettes par l’Occident, promet une source d’énergie quasi inépuisable, capable de transformer une simple boule de la taille d’une orange en l’équivalent de la consommation énergétique d’une vie entière, y compris pour des applications comme l’intelligence artificielle. Mais au-delà de la prouesse technique, la maîtrise du thorium par la Chine annonce un véritable séisme géopolitique. Elle pourrait propulser Pékin vers une domination énergétique absolue, affaiblir les puissances dépendantes des hydrocarbures et remodeler les alliances mondiales. Cet article explore ces implications, en s’appuyant sur les temps forts de la vidéo et des développements récents, pour comprendre comment cette technologie pourrait accélérer le déclin de l’Europe tout en renforçant l’hégémonie chinoise.

Le thorium : une alternative nucléaire révolutionnaire

Le thorium, nommé d’après le dieu nordique Thor, est un élément radioactif abondant dans la croûte terrestre – environ quatre fois plus que l’uranium. Contrairement à ce dernier, il n’est pas fissile mais fertile : il se transforme en uranium-233 sous l’effet de neutrons, libérant une énergie colossale. Une vidéo explicative souligne que tenir une boule de thorium de la taille d’une orange équivaut à sécuriser toute l’énergie nécessaire pour une vie humaine, surpassant de loin le pétrole, les biocarburants ou les éoliennes qui altèrent les paysages et la biodiversité.

Les réacteurs à thorium, souvent basés sur la technologie des sels fondus (Molten Salt Reactors ou MSR), fonctionnent à haute température mais à pression atmosphérique, évitant les risques d’explosion comme à Tchernobyl. Le combustible, dissous dans des sels fondus, sert aussi de fluide caloporteur, rendant le système intrinsèquement stable et autorégulé. En cas de surchauffe, le sel se dilate, ralentissant la réaction sans intervention humaine. De plus, ces réacteurs produisent beaucoup moins de déchets radioactifs – potentiellement zéro à terme via des cascades de réactions – et sont moins propices à la prolifération nucléaire, bien que des essais comme Teapot aux États-Unis aient démontré la possibilité de bombes à base d’uranium-233.

Les avantages sont multiples : efficacité énergétique supérieure, déchets gérables et sécurité accrue.

La vidéo note que le thorium est un sous-produit de l’extraction des terres rares, domaine où la Chine domine déjà. Ses gisements, souvent en Scandinavie ou en Chine, sont moins géopolitiquement sensibles que l’uranium du Niger, par exemple. Mais des défis persistent : les sels fondus sont corrosifs, nécessitant des alliages innovants. Malgré cela, la technologie promet une révolution, car elle s’adapte aux environnements hostiles comme les déserts, sans besoin massif d’eau pour le refroidissement (contrairement aux centrales nucléaires classiques).

L’histoire oubliée : des États-Unis à l’abandon occidental

Les racines du thorium remontent aux années 1970 aux États-Unis, avec des expériences prometteuses à Oak Ridge National Laboratory (ORNL). Le réacteur expérimental MSR y a fonctionné sans incident majeur, démontrant la viabilité de la technologie. Pourtant, les Américains l’ont abandonnée au profit des réacteurs à eau pressurisée (PWR), optimisés pour les sous-marins nucléaires comme l’USS Nautilus. Ces PWR, représentant aujourd’hui 96 % des réacteurs civils mondiaux, étaient plus simples à adapter du militaire au civil, malgré leurs inconvénients : besoin d’eau abondante, risques de surpression et production de déchets à longue vie.

La vidéo pointe du doigt cette inertie industrielle, comparant le nucléaire à l’aviation civile : changer un simple siège d’avion est un calvaire réglementaire, imaginez pour une filière entière. Les régulations, les investissements massifs dans les PWR et une focalisation sur l’uranium – plus adapté à la production de plutonium pour les armes – ont scellé le sort du thorium en Occident. L’Europe, leader historique via la France, a suivi : influencée par des figures comme Dominique Voynet, elle a délaissé la R&D sur le thorium pour privilégier les énergies renouvelables intermittentes, accélérant son « suicide énergétique » .

Pendant ce temps, la Chine, avec sa vision millénaire – comme l’exprime l’acclamation « Zhōngguó wànsuì » signifiant « Vive la Chine » ou littéralement « Chine pour dix mille ans » – a repris le flambeau. Inspirée des travaux américains, elle investit massivement depuis les années 2010.

Les avancées chinoises : un bond en avant en 2025

En 2025, la Chine a franchi des étapes décisives, confirmant son leadership mondial. Le réacteur expérimental TMSR-LF1, situé dans le désert de Gobi en Gansu, est opérationnel depuis juin 2024. En avril 2025, des scientifiques chinois ont réussi à le recharger sans arrêt, une première démontrant la flexibilité des MSR. En novembre 2025, une percée majeure : la conversion thorium-uranium a été achevée, marquant la première mondiale en réacteur à sels fondus. Cela permet d’engendrer plus d’énergie qu’il n’en consomme (l’uranium-233) à partir du thorium, vers une énergie indépendante et durable.

Pékin vise un réacteur civil commercial d’ici 2035, mais les applications innovantes émergent déjà.

Adaptés aux déserts, ces réacteurs fonctionnent sans eau massive, couplables à la pyrolyse anaérobie pour traiter déchets domestiques et industriels. La vidéo évoque des centrales mobiles, comme des « groupes électrogènes » géants, déplaçables selon les besoins. Plus audacieux : les navires nucléaires. En 2025, la Chine a approuvé un porte-conteneurs de 14.000 TEU (Un TEU correspond aux dimensions d’un conteneur standard de 20 pieds de long -environ 6 mètres-, 8 pieds de large et 8 pieds de haut.) propulsé par un MSR au thorium, potentiellement autonome et automatisé, éliminant le fuel bunker et les émissions portuaires. Cela pourrait révolutionner le transport maritime, rendant les flottes chinoises invincibles en termes d’autonomie.

Ces progrès s’intègrent à l’économie chinoise : production d’hydrogène, engrais, dessalement d’eau de mer, data centers alimentés par clusters nucléaires. La chaleur haute température des MSR facilite des réactions chimiques, changeant le jeu pour la synthèse d’ammoniac ou les biocarburants. Près des ports ou zones minières, un cercle vertueux émerge : énergie locale, mobilité hydrogène, réseaux d’eau – le tout sans émissions massives.

 


 

Le séisme énergétique : une source quasi inépuisable et ses impacts

La maîtrise du thorium créerait un séisme planétaire. Imaginez une énergie inépuisable : 1 kg d’uranium-233 issu du thorium libère théoriquement 23 GWh, surpassant le charbon ou le gaz. Une tonne pourrait générer 23 TWh – assez pour alimenter des nations entières. Avec des rendements même modestes, cela éclipse les renouvelables intermittents. La vidéo insiste : les civilisations progressent en transformant plus d’énergie ; le thorium, imbattable, propulsera ses maîtres vers la domination.

Répercussions immédiates : fin de la dépendance aux hydrocarbures. Les navires thorium feraient le tour du monde sans ravitaillement, automatisés via drones chinois. Sous-marins ou torpilles comme le Poseidon russe gagnent en autonomie infinie, sans limites alimentaires pour les équipages. Offshore, forage zéro fuel ; onshore, micro-réacteurs pour climats artificiels ou exploitation de l’Antarctique – bien que controversée, défiant les accords comme le Protocole de Madrid.

Pour l’industrie, couplage avec pyrolyse transforme déchets en ressources. Data centers, IA gourmands en énergie, deviennent viables partout. Dessalement massif combat la pénurie d’eau ; production d’hydrogène vert accélère la transition. Ce séisme rend obsolètes les infrastructures actuelles : adieu pipelines gaziers, champs éoliens géants. Les économies basées sur le thorium gagnent en résilience, produisant localement sans vulnérabilités géopolitiques.

Répercussions géopolitiques : domination chinoise et déclin occidental

Géopolitiquement, les enjeux sont énormes. La Chine, avec ses réserves de thorium et brevets, accède à une souveraineté énergétique totale. Elle exportera ces réacteurs vers l’Afrique ou l’Algérie d’ici 2050, concurrençant de nombreuses nations et renforçant son influence via la « Nouvelle route de la soie » . Des centrales mobiles ou navales sécurisent routes maritimes, protégeant intérêts en mer de Chine méridionale.

Pour l’Europe, c’est un cataclysme. Idriss Aberkane dépeint un « suicide » historique : guerres passées, puis abandon nucléaire sous influence verte. L’Allemagne, dépendante du gaz russe saboté par les sanctions, voit son industrie s’effondrer. Les Verts implorent la guerre, mais sans énergie bon marché, l’Europe stagne. La France, ex-leader nucléaire, a gaspillé son avance ; l’UE, obsédée par le Net Zero, ignore le thorium. Résultat : pollution importée, dépendance au GNL américain cher, et vulnérabilité face à la Chine.

Les États-Unis réagissent : relance de R&D sur le thorium, influencée par Trump et ses tarifs contre la Chine. Mais Pékin mène : pas de « projet lunaire » surcommuniqués comme Musk, mais une progression silencieuse, évitant pertes de face. Les Américains, endettés, doivent financer leurs projets en créant un engouement médiatique exagéré ; les Chinois, centralisés, investissent patiemment. 

Globalement, le thorium redessine les alliances. Pays émergents optent pour des réacteurs chinois abordables et sécurisés, affaiblissant l’OPEP et les exportateurs de gaz. La prolifération diminue, mais la Chine gagne en soft power. L’Europe risque l’inutilité : sans thorium, elle cède la primauté énergétique, accélérant son déclin démographique et industriel.

l’Europe face à son destin : un appel à la réaction

Idriss Aberkane conclut sur l’impuissance face au « suicide » européen : pulsions destructrices, de la Guerre de Trente Ans au wokisme énergétique. Les Chinois, pensant sur des millénaires, saisissent l’opportunité ; l’Occident, figé par des régulations contre-productives, rate le train. Pourtant, des signes émergent : aux USA, résurgence du thorium ; en Europe, débats sur la relance nucléaire.

Pour éviter le désastre, l’Europe doit investir massivement : R&D (recherche et développement) sur la technologie MSR, partenariats avec la Chine ou les USA. Sans cela, elle subira : l’énergie chinoise bon marché inondera les marchés, rendant obsolètes ses industries. Géopolitiquement, une Chine énergétique hégémonique dictera sa loi, forçant des alliances asymétriques.

Vers un monde thorium-dominé

Le thorium n’est pas une utopie : c’est une réalité chinoise en 2025, avec des percées confirmées. Sa maîtrise déclenche un séisme : énergie inépuisable bouleverse économies, transports et géopolitique. La Chine domine, l’Europe décline, les USA réagissent. Comme le dit Idriss Aberkane, les civilisations transforment l’énergie pour survivre ; celles ignorant le thorium périront. Il est temps de réveiller l’Occident avant qu’il ne soit trop tard.

https://multipol360.com/thorium-la-chine-domine-lenergie-infinie-un-seisme-geopolitique/ 

 


 

Le thorium peut-il rivaliser avec l’uranium comme combustible nucléaire ?

En bref
  •  Le thorium pourrait être utilisé dans les réacteurs à sels fondus, l’un des modèles d’énergie nucléaire de nouvelle génération dans lequel le liquide de refroidissement du réacteur et le combustible lui-même sont un mélange de sels fondus chauds.
  • Le Th-232 présente un intérêt pour la production d’énergie nucléaire car il peut facilement absorber des neutrons et se transformer en Th-233. Le Th-233 peut devenir du protactinium-233, qui devient à son tour un isotope fissile et producteur d’énergie : le U-233.
  • Le thorium possède de nombreuses qualités mais également de nombreux inconvénients : difficile à manipuler, métal fertile et non fissile, risques plus élevés.
  • Mais il produit moins de déchets que le plutonium ou l’uranium et reste une option attrayante pour l’avenir de l’énergie nucléaire.

En bref 

Le thorium pourrait être utilisé dans les réacteurs à sels fondus, l’un des modèles d’énergie nucléaire de nouvelle génération dans lequel le liquide de refroidissement du réacteur et le combustible lui-même sont un mélange de sels fondus chauds. Le Th-232 présente un intérêt pour la production d’énergie nucléaire car il peut facilement absorber des neutrons et se transformer en Th-233. Le Th-233 peut devenir du protactinium-233, qui devient à son tour un isotope fissile et producteur d’énergie : le U-233. Le thorium possède de nombreuses qualités mais également de nombreux inconvénients : difficile à manipuler, métal fertile et non fissile, risques plus élevés. Mais il produit moins de déchets que le plutonium ou l’uranium et reste une option attrayante pour l’avenir de l’énergie nucléaire.

L’idée d’utiliser le thorium comme combustible nucléaire a été abandonnée dans le passé car, traditionnellement, l’énergie nucléaire était liée à la recherche et au développement du nucléaire militaire – et l’uranium comme le plutonium permettaient la fabrication de bombes atomiques. Pour la production d’énergie, le thorium pourrait toutefois présenter de réels avantages et plusieurs pays investissent dans cet élément chimique (voir encadré). Ce métal pourrait être utilisé dans les réacteurs à sels fondus, l’un des modèles de nouvelle génération dans lequel le liquide de refroidissement du réacteur et le combustible lui-même sont un mélange de sels fondus chauds. Ces types de réacteurs peuvent atteindre des températures très élevées, ce qui augmente considérablement l’efficacité de la production d’électricité. Le problème, toutefois, est que plus de 400 centrales nucléaires en service dans le monde utilisent principalement l’uranium (U) comme combustible. Bien que cet élément soit abondant, moins de 1 % de l’uranium sur Terre est de l’U‑235, l’isotope d’uranium qui est fissile. Le reste est de l’U-238. L’U-235 contenu dans l’uranium doit donc être concentré puis enrichi selon des procédés complexes et coûteux. Et ce n’est pas tout, la fission de l’U-235 produit des déchets hautement radioactifs qui doivent être manipulés avec soin, puis stockés dans un endroit sûr pendant des périodes extrêmement longues. Ces déchets contiennent également un type de plutonium qui peut être exploité pour fabriquer des armes nucléaires.
 
Les réacteurs au thorium dans le monde 
 
La Chine a achevé la construction d’un réacteur expérimental au thorium à Wuwei, à la périphérie du désert de Gobi (1). Le thorium a été testé comme combustible dans d’autres types de réacteurs nucléaires dans des pays comme les États-Unis, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Il fait également partie d’un programme nucléaire en Inde, en raison de l’abondance naturelle de l’élément dans ce pays. En France, des études sont menées par le CNRS qui développe un projet appelé MSFR (pour Molten Salt Fast Reactor), utilisant le thorium (2).
 
Quatre fois plus abondant que l’uranium 
 
Le thorium (Th) a été découvert en 1828 par le chimiste suédois Jons Jakob Berzelius, qui lui a donné le nom de Thor, le dieu nordique du tonnerre. C’est un métal légèrement radioactif que l’on trouve dans les roches et les sols et qui est assez abondant dans la croûte terrestre. En effet, son principal isotope, le Th-232, est environ quatre fois plus abondant que l’U-238 (3) et aussi abondant que le plomb. La quantité que l’on trouve aux États-Unis, par exemple, pourrait répondre aux besoins énergétiques de ce pays pendant un millier d’années, et ce sans l’enrichissement requis pour les combustibles à base d’uranium. C’est le minéral phosphate de terre rare, la monazite, qui contient le plus de thorium – jusqu’à environ 12% de phosphate de thorium (4). La monazite se trouve dans des roches ignées et autres roches et les ressources mondiales de monazite sont estimées à environ 16 millions de tonnes, dont 12 Mt dans des gisements de sables minéraux lourds sur les côtes sud et est de l’Inde. Le Th-232 présente un intérêt pour la production d’énergie nucléaire car il peut facilement absorber des neutrons et se transformer en Th-233. Ce nouvel isotope émet un électron et un antineutrino en quelques minutes pour devenir du protactinium-233 (Pa-233). Cet isotope, quant à lui, se transforme en U‑233, qui est une excellente matière fissile. En effet, la fission d’un noyau d’U-233 libère environ la même quantité d’énergie (200 MeV) que celle de l’U-235.
 
Le problème du refroidissement 
 
Dans les réacteurs conventionnels, l’uranium est stocké dans des barres de combustible solides, qui sont refroidies par d’énormes quantités d’eau. Sans ce refroidissement, les barres fondraient, libérant des radiations dangereuses. Le thorium subirait ses réactions dans un type de réacteur tout autre, appelé réacteur à sels fondus (ou MSR pour molten salt reactor) qui contient un mélange de sels fluorés dans lequel le combustible nucléaire est fondu. Ce type de réacteur n’a pas besoin d’être construit à proximité d’un cours d’eau, puisque les sels fondus eux-mêmes servent de liquide de refroidissement. Les réacteurs peuvent de ce fait être installés dans des régions éloignées des côtes et même arides. Ces réacteurs ne peuvent donc pas non plus « fondre » au sens classique du terme et, en cas d’urgence, le combustible peut être rapidement évacué du réacteur. Les MSRs déployant du thorium sont également plus sûrs car ils fonctionnent à des pressions proches de la pression atmosphérique. Comme l’uranium, le thorium absorbe aussi les neutrons, comme nous l’avons mentionné, mais contrairement à l’uranium, il ne libère pas davantage de neutrons pour perpétuer la réaction nucléaire en chaîne. Cette réaction commence lorsqu’un atome d’uranium est frappé par un neutron, libérant de l’énergie qui entraîne l’éjection d’autres neutrons des atomes d’uranium, relançant le cycle. En réduisant la quantité de neutrons injectés dans le combustible, c’est le thorium lui-même qui limite la vitesse de la réaction nucléaire.
 
Des investissements en R&D nécessaires 
 
L’utilisation du thorium comme nouvelle source d’énergie primaire est une perspective séduisante depuis de nombreuses années, mais l’extraction de sa valeur énergétique latente d’une manière rentable est un défi. Le développement de nouvelles centrales nucléaires alimentées au thorium nécessitera donc d’importants travaux de recherche et développement, ainsi que des essais – des démarches qui pourraient être difficiles à justifier étant donné que l’uranium est relativement bon marché et abondant. Autre inconvénient : le thorium est « fertile » et non fissile, de sorte qu’il ne peut être utilisé comme combustible qu’en association avec une matière fissile, telle que le plutonium recyclé, en tant que conducteur afin de maintenir une réaction en chaîne (et donc une réserve de neutrons excédentaires). L’U-233 produit à la fin du cycle est également difficile à manipuler, car il contient des traces d’U-232, qui émet activement des rayons gamma. Si certains chercheurs soutiennent l’utilisation du thorium comme combustible parce que ses déchets sont plus difficilement à transformer en armes atomiques que ceux de l’uranium, d’autres affirment que des risques subsistent5. Le bon côté des choses, c’est qu’il y a globalement moins de plutonium produit pendant le fonctionnement du réacteur. À tel point que certains scientifiques affirment que les réacteurs au thorium pourraient même contribuer à épuiser les tonnes de plutonium qui nous avons créées et stockées depuis les années 1950. 
 
2https://www.ecologie.gouv.fr/reacteurs-du-futur↑ 
3https://www.sciencedirect.com/book/9780081011263/molten-salt-reactors-and-thorium-energy↑ 4https://world-nuclear.org/information-library/current-and-future-generation/thorium.aspx↑ 5https://doi.org/10.1038/492031a↑
 
Isabelle Dumé, journaliste scientifique 


 

 

Le thorium peut-il rivaliser avec l’uranium comme combustible nucléaire ?

 

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