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septembre 05, 2026

Small is Beautiful by Hans-Hermann Hoppe on June 7, 2026

La démocratie est un système où deux loups et un mouton votent pour décider du menu du déjeuner, et où le mouton croit qu'il s'agit de liberté. 

Hans-Hermann Hoppe a exposé le problème structurel dès 2001 : les gouvernements démocratiques dévaluent systématiquement l'avenir. Un homme politique en poste pour quatre ans a tout intérêt à piller demain pour acheter des voix aujourd'hui. Il ne possède pas le pays ; il ne fait que le gérer temporairement. Il creuse donc les déficits, dévalue la monnaie et hypertrophie la bureaucratie. La facture finit par vous retomber dessus une fois qu'il a quitté ses fonctions, emportant avec lui sa pension et le butin accumulé durant son mandat. 

 

 Comparez la dette fédérale américaine de 1971 (environ 400 milliards de dollars) aux 40 000 milliards prévus pour 2026. Chaque chiffre intermédiaire est le fruit d'une décision démocratique. Les électeurs ont systématiquement porté au pouvoir des politiciens promettant des avantages immédiats tout en repoussant indéfiniment les sacrifices nécessaires. Le système fonctionne exactement comme il a été conçu. 

 Mais il existe un problème plus profond encore. Aucune instance centrale, élue ou non, ne possède les connaissances dispersées nécessaires pour fixer le prix des biens, allouer le capital ou déterminer ce à quoi des millions d'individus accordent réellement de la valeur. Ludwig von Mises l'a écrit dès 1920 : sans prix de marché, le calcul économique socialiste se réduit à de simples conjectures. Les majorités démocratiques qui votent sur des résultats économiques souffrent du même défaut rédhibitoire. Le fait que 51 % des électeurs approuvent l'encadrement des loyers ne supprime pas pour autant la courbe de l'offre. 

 Ce que l'on obtient, génération après génération, c'est un État tentaculaire qui cherche à s'attacher la loyauté des électeurs par le biais de programmes entraînant une mauvaise allocation du capital, freinant la production et transférant la richesse des futurs épargnants vers les consommateurs actuels. L'État-providence, l'appareil réglementaire, la machine à créer de la monnaie fiduciaire : tout cela est issu de mandats démocratiques, et tout cela est économiquement destructeur. 

L'urne électorale n'a jamais contenu de mécanisme permettant de découvrir la vérité. Elle se contente de comptabiliser des préférences. 

 « Le principe de la majorité est un principe socialiste qui favorise le socialisme. Il favorise également le centralisme politique. » 


 

H.H.HOPPE

Handre 

@Handre 


 

Small is Beautiful

Hans-Hermann Hoppe, « Débat : Small is Beautiful », Monat suisse (04.06.2026) : « Le monde politique européen est en train de se diviser en plusieurs parties politiques. Le secteur humide de l'État s'est développé de manière stable et a commencé l'innovation et l'innovation. Actuelle. Tendenzen bedrohen diesen Mechanismus zunehmend – aussi in der Schweiz. [Le succès économique de l’Europe est étroitement lié à sa fragmentation politique. La concurrence entre États a limité l’intervention gouvernementale et a favorisé l’innovation et la croissance. Les tendances actuelles menacent de plus en plus ce mécanisme – y compris en Suisse.]  

Related: David Dürr, On Switzerland: The Worst Form of Government Except for All the Others.

Contre la centralisation et la démocratie : Les cas de l’Union européenne et de la Suisse Les États, quelle que soit leur constitution, ne sont pas des entreprises économiques.  

Contrairement à ces dernières, ils ne se financent pas en vendant des produits et des services à des clients consentants, mais par le biais de prélèvements obligatoires : des impôts perçus sous la menace et par l’usage de la force (ainsi que grâce à de la monnaie fiduciaire qu’ils créent, littéralement, à partir de rien). C’est pourquoi, de manière significative, les économistes ont qualifié les gouvernements — c’est-à-dire les détenteurs du pouvoir étatique — de « bandits sédentaires ». Les gouvernements et tous ceux qu’ils rémunèrent vivent du butin extorqué à autrui. Ils mènent une existence parasitaire aux dépens d’une population asservie qui leur sert d’« hôte ».

Cela conduit à plusieurs autres enseignements. 

Par nature, les bandits sédentaires préfèrent une proie plus importante à une plus petite. En d'autres termes : les États chercheront toujours à accroître leurs recettes fiscales et à augmenter encore davantage leurs dépenses par la multiplication de la monnaie fiduciaire. Plus le butin est important, plus ils peuvent s'octroyer de faveurs, ainsi qu'à leurs employés et à leurs partisans. Toutefois, cette activité se heurte à des limites naturelles. 

D'une part, les bandits doivent veiller à ne pas accabler leur « hôte » — dont le travail et la productivité rendent possible leur existence parasitaire — au point que celui-ci cesse de travailler. D'autre part, ils doivent craindre que leurs « hôtes » — et surtout les plus productifs d'entre eux — ne quittent leur domaine pour s'installer ailleurs. 

Dans ce contexte, un certain nombre de tendances et de processus historiques deviennent compréhensibles. 

Premièrement, on comprend mieux la tendance à l'expansion territoriale et à la centralisation politique : 

Les États parviennent ainsi à placer sous leur contrôle un nombre croissant d'« hôtes » et à rendre plus difficile leur migration vers des territoires étrangers. Ils escomptent ainsi un butin plus important. Il apparaît également clairement que l'aboutissement de ce processus — l'instauration d'un État mondial — ne constituerait nullement une bénédiction pour l'humanité entière, comme on l'affirme souvent. En effet, il est impossible d'émigrer hors d'un État mondial ; il n'existe aucune possibilité d'échapper au pillage étatique par l'émigration. Par conséquent, il faut s'attendre à ce que, avec l'avènement d'un État mondial, l'ampleur et l'étendue de l'exploitation étatique — mesurées notamment par le volume des recettes et des dépenses publiques, par l'inflation monétaire ainsi que par le nombre et l'étendue des « biens publics » et des personnes employées dans le « service public » — continuent de croître au-delà de toute mesure connue jusqu'alors. Et cela ne représente assurément pas une bénédiction pour la « population hôte » qui doit nourrir et soutenir cette superstructure étatique ! 

Deuxièmement, on comprend mieux une raison majeure pour laquelle l'« Occident » s'est hissé au rang de première puissance économique, scientifique et culturelle mondiale.  

Contrairement à la Chine notamment, l'Europe s'est caractérisée, du haut Moyen Âge jusqu'à une époque récente, par une forte décentralisation politique, avec des centaines, voire des milliers de domaines indépendants. Certains historiens ont qualifié cette situation d'« anarchie politique ordonnée ». Aujourd'hui, les historiens de l'économie voient couramment dans cet état quasi anarchique une raison essentielle de ce que l'on appelle le « miracle européen ». En effet, dans un environnement où coexistent à proximité immédiate une grande variété de petits domaines indépendants, il est relativement aisé de « voter avec ses pieds » et d'échapper aux prédations des dirigeants en migrant. Pour conjurer ce risque et maintenir les producteurs sous contrôle, ces dirigeants subissent une pression constante les incitant à modérer l'exploitation qu'ils exercent. Cette modération favorise, en retour, l'esprit d'entreprise, la curiosité scientifique et la créativité culturelle. 

À la lumière de ces considérations, il devient alors possible de classer et d'évaluer l'Union européenne (UE) sur des bases historiques solides : 

l'UE constitue un exemple frappant de la tendance susmentionnée à l'expansion territoriale et à la centralisation politique, avec les conséquences qui en découlent : une multiplication des mesures étatiques d'exploitation et une croissance concomitante de la superstructure étatique parasitaire (mot-clé : Bruxelles). 

Plus concrètement, l'UE et la Banque centrale européenne (BCE) constituent la première étape vers la création d'un super-État européen, appelé à fusionner à terme au sein d'un gouvernement mondial dominé par les États-Unis et leur banque centrale, la Réserve fédérale (Fed). Contrairement aux discours politiques aux accents séduisants, l'UE et la BCE n'ont jamais eu pour vocation de promouvoir le libre-échange international et la concurrence. De tels objectifs ne nécessitent pas des milliers de pages de réglementations et de décrets ! Il s'agissait bien plutôt, et avant tout, d'harmoniser par le haut les régimes fiscaux, juridiques et réglementaires de tous les États membres, afin de réduire, voire d'éliminer, toute concurrence économique entre les territoires. En effet, si les taux d'imposition et les réglementations publiques sont identiques partout — ou de plus en plus harmonisés —, les raisons économiques poussant les individus productifs (les « hôtes ») à délocaliser leurs activités se raréfient ; les « bandits sédentaires » peuvent ainsi poursuivre sans entrave leurs activités de spoliation et de redistribution du butin. — Par ailleurs, l'UE actuelle, en tant que cartel de divers gouvernements, ne tient que parce que — et aussi longtemps que — les bandits les plus riches (qui peuvent se repaître d'une « population hôte » plus productive, au premier rang desquels le gouvernement allemand) sont disposés et capables de soutenir financièrement, de manière pérenne et à grande échelle, leurs homologues plus démunis du Sud et de l'Est, aux prises avec des « hôtes » moins productifs. Le tout aux dépens des producteurs nationaux ! 

Ainsi, l'UE et la BCE constituent des monstruosités morales et économiques. On ne peut impunément pénaliser en permanence la productivité et la réussite économique tout en récompensant le parasitisme, le gaspillage et l'échec économique sans provoquer un désastre. L'UE ira de crise économique en crise économique pour finir par se disloquer. 

Enfin, dans ce contexte, la situation particulière de la Suisse devient compréhensible.  

D'une part, en tant que petit État entouré de membres de l'UE, la Suisse doit offrir aux individus productifs ou créateurs de valeur des avantages de localisation plus attrayants que ceux de l'UE, afin d'éviter un exode et le déclin économique qui en résulterait. En d'autres termes, le taux de prélèvement étatique doit être comparativement plus faible. C'est effectivement le cas jusqu'à présent : alors que l'Allemagne (membre de l'UE), par exemple, perd ses forces vives productives, la Suisse connaît un afflux de personnes productives qui sont des contributeurs nets au fisc. De plus, la part de l'État comparativement plus faible et l'avantage concurrentiel qui en découle ont permis à la Suisse, autrefois pauvre, d'atteindre un niveau de prospérité dépassant largement celui de tous les États voisins de l'UE. Cette concurrence est une épine dans le pied de l'UE ; Bruxelles tente donc de contraindre Berne à adhérer à l'Union en jouant sur la carotte et le bâton. Pour la classe politique — ces « bandits politiques » —, une adhésion promet certes des avantages considérables : davantage de pouvoirs et de postes, plus de compétences, plus de voyages, des relations lucratives et plus d'argent ; ces dirigeants sont donc constamment tentés. En revanche, pour la Suisse dans son ensemble, une adhésion entraînerait une perte de prospérité sensible : rejoindre l'UE reviendrait non seulement à renoncer à son propre avantage concurrentiel, mais aussi à devoir subventionner financièrement la mauvaise gestion d'autrui. 

Deuxièmement, la Suisse elle-même offre un exemple instructif de centralisation politique et de ses conséquences. 

La Suisse n'est pas seulement un petit État. Avec ses nombreux cantons distincts, elle présente également un degré élevé de décentralisation interne. Toutefois, ce haut degré de décentralisation et la concurrence intercantonale qui l'accompagne — avec ses effets stimulants pour l'économie à l'échelle nationale — se sont progressivement érodés au fil du temps. Le gouvernement central a accaparé de plus en plus de compétences cantonales. Si ce processus a entraîné une croissance constante de la superstructure étatique parasitaire à Berne, la concurrence intercantonale pour attirer les entreprises a parallèlement été progressivement restreinte par de nombreuses mesures d'harmonisation, de subventionnement et ce que l'on appelle la péréquation financière. Au fond, Berne mène en interne la même politique que Bruxelles à une échelle bien plus vaste. Et la raison valable pour laquelle Berne a jusqu’ici refusé d’adhérer à l’UE et de se soumettre à Bruxelles vaut également pour les relations entre le canton et le pouvoir central : un canton économiquement prospère n’a aucune raison impérieuse de se rattacher à un pouvoir central et de se soumettre inconditionnellement à ses directives. Dès lors, pourquoi ne chercherait-il pas aussi, au nom de la logique économique, à rompre les liens existants avec le pouvoir central ou à récupérer certaines compétences qui lui reviennent ? 

Si la petite taille de la Suisse et sa décentralisation interne sont des facteurs essentiels de sa prospérité et de sa puissance économique, la démocratie — qu'elle soit directe ou indirecte — n'y est pour rien, contrairement à ce que suggère le folklore helvétique tant vanté. C'est même tout le contraire qui est vrai. 

La démocratie implique la règle de la majorité ; elle constitue donc une forme de socialisme ou de communisme. 

La propriété privée se transforme en propriété commune. Une majorité décide de ce qui m'appartient ou non, et de ce que je suis autorisé ou non à en faire. De plus, la démocratie légitime et encourage ce que le dixième commandement biblique interdit : l'envie et l'égalitarisme. Elle permet aux majorités de s'approprier les biens d'autrui et de s'enrichir à leurs dépens, elle engendre de l'animosité et crée une classe d'individus (les politiciens) qui passent leur temps à bâtir des majorités pour imposer diverses spoliations « populaires » — sous forme de mesures d'expropriation et de redistribution — à leur propre profit et à celui de leurs partisans. Un environnement démocratique représente donc, en tout lieu et en toute circonstance, un fardeau et une menace pour les propriétaires privés, et plus particulièrement pour tous les entrepreneurs productifs engagés dans l'entreprise privée. (Il n'en va autrement que si les membres d'une coopérative ou d'une association, par exemple, ont convenu à l'unanimité d'une procédure de décision à la majorité pour la gestion de leur propriété coopérative commune — et uniquement celle-ci.) 

Toutefois, la menace que la démocratie et le principe majoritaire font peser sur les propriétaires et les entrepreneurs économiques peut varier : elle est d'autant plus forte que la majorité décisionnelle est large, et inversement. Par conséquent, les dégâts sont moindres à l'échelle locale, celle du village. Là où tout le monde se connaît, il est difficile de réunir une majorité en faveur de mesures d'expropriation et de redistribution. C'est d'autant plus vrai que les partisans de telles mesures ne restent pas anonymes, mais doivent s'afficher ouvertement lors des scrutins. En effet, lorsque l'on croise régulièrement les personnes dont on convoite les biens et que l'on doit les regarder dans les yeux, on hésite à exprimer publiquement ce désir. À l'inverse, plus la majorité est vaste et anonyme, et plus les victimes de ses décisions sont impersonnelles, plus les inhibitions morales à l'égard de la propriété d'autrui s'effacent. 

En fait, la démocratie villageoise, où la majorité ne décide que des affaires locales, implique généralement un niveau de prélèvements obligatoires et de mesures redistributives inférieur à celui de la démocratie urbaine. La démocratie cantonale, qui traite de questions tant cantonales que locales, est généralement plus « à gauche » — caractérisée par davantage de prélèvements, de dépenses ou de redistribution — que la démocratie locale. Les grands cantons ont tendance à être plus orientés à gauche que les petits. Or, c’est de loin dans le cadre des élections démocratiques « générales » et des décisions majoritaires concernant l’ensemble de la Suisse que l’on observe l’ampleur la plus considérable de la fiscalité obligatoire et de la redistribution sous toutes ses formes. Il arrive certes que les décisions des autorités issues de la démocratie indirecte soient contrecarrées et annulées par voie de référendum — par la démocratie directe —, mais cela ne modifie pas la tendance constatée selon laquelle toute extension de la démocratie (par exemple, l’introduction du droit de vote des femmes) s’accompagne d’un glissement progressif de l’ensemble du spectre politique vers la gauche ou l’alliance gauche-écologie. Il en résulte une hostilité croissante envers la propriété privée, une charge accrue pesant sur l’entrepreneuriat économique et, inversement, une expansion constante de la superstructure étatique parasite. Certes, la Suisse accuse encore un retard notable par rapport aux pays voisins de l’UE dans cette marche apparemment inéluctable vers le socialisme. Toutefois, ici aussi, l’influence des forces politiques de gauche et écologistes qui encouragent cette évolution n’a cessé de croître, comme en témoignent aisément les résultats de divers référendums. 

Afin d’inverser cette tendance (si tant est que l’on le souhaite) et de favoriser la puissance économique suisse plutôt que de continuer à l’affaiblir, il est donc vivement recommandé de renoncer à tout nouveau « renforcement de la démocratie » (mots-clés : droit de vote des étrangers, abaissement de l’âge du droit de vote, etc.), que ce soit par des voies directes ou indirectes. Le principe majoritaire est un principe socialiste qui favorise le socialisme. Il favorise également le centralisme politique. En effet, si une décision majoritaire, en tant que telle, jouit d’une légitimité particulière, alors une majorité plus large (mot-clé : UE) est manifestement encore plus légitime qu’une majorité plus restreinte. Il convient plutôt de réfléchir au véritable secret du succès suisse — sa décentralisation interne — et de concentrer tous les efforts sur le transfert, vers les différents cantons et localités, d’une part croissante des compétences et des pouvoirs que l’État central s’est démocratiquement arrogés au fil du temps. Et si, pour des raisons relevant de la nostalgie ou du folklore, on ne peut renoncer totalement à la démocratie, il convient alors, à tout le moins, de renforcer la démocratie décentralisée — celle des cantons et des échelons locaux — au détriment de la version centralisée et étatique. 

https://propertyandfreedom.org/2026/06/small-is-beautiful/ 

 


Ami(e)s suisses, le nouvel ordre mondial intercepte votre neutralité, attention à votre votation d'automne !


Sommaire:

A) - NEUTRALITÉ SUISSE: L’ÉDIFICE FISSURÉ 

B) - Suisse

C) - La neutralité suisse — le tour de passe-passe du siècle

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